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Gestern — 27. März 2025Haupt-Feeds

Pourquoi la BCT baisse-t-elle son taux directeur en 2025 ?

Von: hechmi
26. März 2025 um 23:02

Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie a décidé, lors de sa réunion du 26 mars 2025, de réduire le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie de 50 points de base à 7,5%. A cet effet, les facilités de dépôt et de prêt à 24 heures ont été ramenées à 6,5% et 8,5%, respectivement. Cette décision entrera en vigueur à partir du 27 mars 2025.

Également, le Conseil a décidé d’abaisser à 6,5% le taux minimum de rémunération de l’épargne.

Le Conseil d’Administration de la Banque centrale a tenu une réunion le 26 mars 2025, au cours de laquelle il a passé en revue les derniers développements économiques et financiers aussi bien à l’échelle internationale que nationale, ainsi que les perspectives de l’inflation.

Sur le plan international, l’apaisement quasi généralisé des tensions sur les prix internationaux des principaux produits de base et des matières premières a soutenu la poursuite du processus désinflationniste à l’échelle globale durant l’année 2024. Néanmoins, la persistance d’une inflation sous-jacente a continué de maintenir l’inflation globale au-dessus des cibles des banques centrales durant les premiers mois de l’année 2025. Ces évolutions, qui interviennent dans un contexte d’incertitude géopolitique et commerciale inhabituellement élevée, ont conduit à une révision à la hausse des perspectives de l’inflation à court terme et à une pause dans les réductions des taux directeurs par plusieurs banques centrales dans les principales économies.

Sur le plan national, la croissance économique s’est maintenue sur une tendance haussière au dernier trimestre 2024 pour atteindre 2,4% (en glissement annuel) contre 1,8% le trimestre précédent et ce, grâce, notamment, au renforcement de l’activité dans le secteur des services et de l’agriculture.

Au niveau du secteur extérieur, le déficit courant s’est situé à 1.654 MDT (ou 0,9% du PIB) au terme du mois de février 2025 contre 113 MDT (ou 0,1% du PIB) un an auparavant, en raison, notamment, du creusement du déficit commercial (-3.518 MDT contre -1.780 MDT à fin février 2024), et ce en dépit de la bonne tenue des recettes touristiques et des revenus de travail.

A la date du 25 mars 2025, les avoirs nets en devises se sont élevés à 22,9 milliards de dinars (ou 100 jours d’importations) contre 27,3 milliards (ou 121 jours) à fin décembre 2024. Le taux de change du dinar reste résilient vis-à-vis des principales devises.

S’agissant de l’inflation, elle continue à montrer des signes de ralentissement pour s’établir à 5,7% au mois de février 2025 contre 6% le mois précédent. Cette atténuation a été favorisée, particulièrement, par la détente de l’inflation des produits à prix administrés (2,2% contre 3,8%) en relation avec la réduction de la TVA sur les prix à la consommation de l’électricité et le maintien du gel des prix des principaux produits et services. En revanche, l’inflation sous-jacente « hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés » a légèrement augmenté pour s’établir à 5,1% en février 2025 contre 5,0% le mois précédent. De leur côté, les prix des produits alimentaires frais continuent à évoluer sur un palier relativement élevé, soit 13,3% contre 13,2% en janvier 2025.

Les réalisations récentes de l’inflation ont engendré une révision à la baisse des perspectives de l’inflation au cours de la période à venir. Toutefois, les augmentations des salaires, aussi bien dans le secteur privé que public devraient occasionner des pressions à la hausse sur les coûts de production et stimuler davantage la demande dans un contexte des capacités de production moins dynamiques, en relation particulièrement avec le stress hydrique persistant et le rythme lent dans la mise en place des réformes stratégiques. Cette situation pourrait entraver une baisse plus sensible de l’inflation à court terme. En termes de moyennes annuelles, le taux d’inflation devrait revenir de 7% en 2024 à 5,3% en 2025.

La trajectoire future de l’inflation reste entourée de plusieurs risques haussiers. Elle serait particulièrement tributaire de l’évolution des prix internationaux des principaux produits de base et des matières premières, de la dynamique de la demande et de la capacité de gérer le déséquilibre du budget de l’Etat.

Après discussion et délibération, le Conseil estime que le processus de désinflation a achevé des progrès significatifs, et qu’il est important de soutenir sa poursuite pour atteindre des niveaux soutenables. Dans ce contexte, le Conseil a décidé de réduire le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie de 50 points de base à 7,5%. Cette décision reflète l’engagement du Conseil en faveur de la stabilité des prix, sans négliger le soutien à la croissance. Au vu des incertitudes grandissantes, le Conseil continuera de surveiller de près les risques aussi bien internes qu’externes entourant les perspectives d’inflation et se tiendra prêt à prendre les décisions nécessaires.

Également, le Conseil a décidé d’abaisser à 6,5% le taux minimum de rémunération de l’épargne.

EN BREF

Décision de la Banque Centrale de Tunisie – Mars 2025

  • Taux directeur abaissé à 7,5 % (–50 points de base), effectif dès le 27 mars 2025.
  • Facilités de dépôt : 6,5 % | Facilités de prêt : 8,5 %
  • Taux minimum de rémunération de l’épargne réduit à 6,5 %.
  • Inflation en recul : 5,7 % en février 2025 (contre 6 % en janvier).
  • Croissance économique : +2,4 % au T4 2024 (glissement annuel).
  • Objectif : soutenir la croissance tout en maintenant la stabilité des prix.

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BCT : Evolution du Taux d’intérêt Directeur 2020 – 2025

Von: hechmi
26. März 2025 um 22:48

Depuis 2020, le taux directeur de la Banque centrale de Tunisie a connu des fluctuations notables, reflet des tensions économiques et des ajustements monétaires successifs.

Après un net repli en 2020 (de 7,75 % à 6,25 %) pour soutenir l’économie durant la pandémie, le taux est resté stable en 2021. En 2022, les premiers signes de pressions inflationnistes ont conduit à un relèvement progressif, atteignant 7,25 % en fin d’année.

L’année 2023 a marqué un durcissement de la politique monétaire avec un taux maintenu à 8 %, niveau conservé tout au long de 2024 et jusqu’au premier trimestre 2025. Toutefois, dans un contexte de ralentissement de l’inflation et pour relancer le crédit, la Banque centrale a annoncé une baisse du taux directeur à 7,5 % à partir du 27 mars 2025. Cette mesure signale un premier assouplissement monétaire depuis plus de deux ans.

Ce changement pourrait marquer un tournant, en lien avec l’évolution du contexte économique national et les anticipations sur la croissance.

Taux BCT

Dates de modifications des Taux d’intérêts directeurs

  • 01/2020 : 7,75%
  • 03/2020 : 6,75%
  • 10/2020 : 6,25%
  • 05/2022 : 7%
  • 10/2022 : 7,25%
  • 01/2023 : 8%
  • 03/2025 : 7,5%

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Banque Centrale de Tunisie (BCT) : Baisse du Taux d’intérêt Directeur à 7,5%

Von: hechmi
26. März 2025 um 17:41

Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie a décidé, lors de sa réunion du 26 mars 2025, de réduire le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie de 50 points de base à 7,5%.

A cet effet, les facilités de dépôt et de prêt à 24 heures ont été ramenées à 6,5% et 8,5%, respectivement. Cette décision entrera en vigueur à partir du 27 mars 2025.

Le Conseil a également décidé d’abaisser à 6,5% le taux minimum de rémunération de l’épargne.

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Dette extérieure : La Tunisie portée par un effet Momentum selon Akram Gharbi

25. März 2025 um 08:48

Le pays est en voie de réduire ses déficits et de comprimer sa dette extérieure. En persévérant à soigner son profil de risque, la Tunisie pourra capitaliser sur son image positive et revenir, à horizon proche, sur le marché international de la dette.

Akram Gharbi, Responsable Investissement Crédit chez Crédit Mutuel Asset Management a répondu aux questions de WMC.

Akram GHARBIComment les marchés déterminent-ils le profil de risque-pays ? Prennent-ils en considération les avis des agences de notation ?

Les marchés sont indépendants et par conséquent déterminent leur propre appréciation des risques pays. Ils procèdent à leur évaluation, en toute autonomie, étant en prise directe avec la réalité du terrain. C’est sans mystère car les marchés font un tracking permanent et en temps réel de la situation financière et donc de la solvabilité des pays émetteurs. Pour leur part les agences de notation se retrouvent ‘’Behind the curve’’, comprenez qu’elles interviennent avec un certain retard.

A titre d’exemple quel a été le scénario dans le cas de la Tunisie à la suite du relèvement de sa notation souveraine ?

Rappelons que Fitch, il y a quelques mois a relevé le rating de la Tunisie de deux crans passant de CCC- à CCC. Et que, plus récemment, au cours du mois de février dernier Moody’s a rehaussé d’un cran sa notation. Je préciserais que le marché a préalablement anticipé cette amélioration du risque de la Tunisie. Et il a acté ce fait en cotant la prime de risque du pays au-dessus du grade CCC. Sachez que le marché use de discernement. A titre d’illustration, je citerai l’exemple d’un pays proche. En ce moment la prime de risque du Sénégal est à 10%, (soit 3 points au-dessus de la Tunisie) alors que ce pays est noté simple B soit deux crans au-dessus.

Que retiennent les marchés des appréciations récentes de Moody’s ?

Les appréciations des experts des marchés et des agences se rejoignent. Il y a à retenir que le pays a significativement baissé son besoin de refinancement extérieur. A fin 2023 la Tunisie était appelée à rembourser en deux ou trois séquences, une enveloppe de 2,5 milliards équivalent dollars US. Souvenez-vous qu’à ce moment le pays n’avait pas les faveurs des pronostics. Et la dette était décotée avec des CDS élevés.

«La Tunisie a réussi à rassurer les marchés financiers sans avoir recours au FMI, grâce à une gestion rigoureuse de sa dette et une stratégie réaliste : c’est cela, l’effet Momentum.»

 

Le pays aurait-il pu profiter de la circonstance et racheter sa dette à un prix inférieur à sa valeur faciale ?

C’est envisageable. Cependant les agences de notation désapprouvent. Cette pratique est répandue chez les entreprises, américaines notamment. Celles-ci mobilisent leur trésorerie pour réaliser ce deal avantageux.

Sur quels éléments alors les marchés adossaient leur scepticisme quant au bon dénouement de la dette tunisienne ?

Le contexte était quelque peu contrariant. Souvenez-vous, la crise du Covid survenait alors que le pays achevait son chantier de transition démocratique. Là-dessus la guerre en Ukraine se déclenche mettant le feu aux marchés des matières premières. Ajouter à cela toute l’agitation autour du libre change qui laisse planer un doute sur le commerce mondial. Comprenez que les marchés étaient sceptiques sur la capacité de la Tunisie à honorer ses remboursements lui prédisant un dénouement fâcheux. Envers et contre tout, le pays s’est montré résilient se tenant vent debout, à la grande satisfaction des marchés, lesquels ont fini par réagir en conséquence. Et ce, sans le concours du FMI, mais simplement en comptant sur ses seuls moyens.

Quels sont les arguments dont pourrait se prévaloir la Tunisie ?

Il y d’abord cette capacité à faire bouger les lignes. Le pays au mois de janvier 2025 à a honoré une échéance d’un milliard de dollars US, soit un montant important. Cependant il a disposé depuis d’un matelas de réserves de change lui garantissant 120 jours d’importation. Le cours du Dinar n’a pas vrillé. Certains éléments favorables ont, certes, joué. Je citerais la progression régulière des transferts de la diaspora. Outre cela et c’est au crédit du pays, les recettes du tourisme ont augmenté. Dans le même temps le pays a réduit le déficit de son solde extérieur de 8%, deux ans plus tôt et même davantage certaines années à 2 %, actuellement. Pareil le déficit budgétaire a été abaissé de 8 % en 2022 à 6 %, actuellement. Croyez bien que tous ces éléments mis cote à cote annoncent une meilleure tonicité macro-économique, rehaussant l’image du pays.

«Ce que les marchés saluent aujourd’hui, c’est la capacité de la Tunisie à honorer ses engagements, dans un contexte international incertain et sans appui extérieur : une trajectoire que peu de pays émergents peuvent revendiquer.»

 

Moody’s assortit son appréciation d’une perspective stable. Alors que vous laissez espérer une issue plus positive. Comment concilier les deux avis ?

Je relève que le pays a amorcé une dynamique de relance. Il est vrai qu’a priori le taux de croissance annoncé pour 2026 est de 1,6 %, à prix constants. Cependant la croissance potentielle du pays serait, de mon point de vue, de 5 à 6 %. Les marchés tableraient sur une relance qui serait énergique. Le réchauffement économique annoncerait de mon point de vue un rehaussement de notation à simple B, dans quelques mois. Le pays s’étant inscrit en dynamique vertueuse pourrait capitaliser sur un effet Momentum !

Même à simple B, le pays restera en grade spéculatif. Où serait l’avantage du reclassement ?

Il faut d’abord se réjouir de ce que le pays a quitté la zone de très haut risque. Le marché retiendra une opinion positive de cette ‘’remontada’’ spectaculaire déjouant toutes les prédictions contraires, alors que le pays n’a pas bénéficié des concours du FMI. Ce faisant la Tunisie a reconfiguré son profil de risque. La part de la dette extérieure de la Tunisie a baissé de 20 % à 6 % de l’encours global de la dette. Je vois que l’obligation de 700 millions de dollars à échéance du mois de septembre . Elle est regardée avec sérénité par le marché. D’ailleurs elle est raisonnablement cotée à 9,5 % soit 7 % au-dessus de l’obligation considérée comme sans risque, celle de la RFA dont le rendement est de 2,5 %.

Et au-delà il reste un encours de dette extérieure modeste. Il est libellé en yen japonais et son remboursement s’étale entre 2027 et 2030.

«En remboursant une échéance d’un milliard de dollars début 2025, la Tunisie a envoyé un message fort : elle est capable de tenir ses engagements, même dans l’adversité.»

 

Est-ce à dire que le pays pourrait retourner sur le marché international de la dette?

En bonne logique si le pays parvient à doper sa croissance et renforcer ses finances publiques, cela tonifierait son profil de risque. Cela ferait qu’à terme pas très éloigné la Tunisie, pourrait, de nouveau, émettre sur le marché international de la dette. Et il est plausible qu’elle échappe aux scénarios de l’Egypte et du Ghana qui ont dû d’abord conclure avec le FMI.

Une fois encore l’effet Momentum servirait la cause de la Tunisie.

Amel BelHadj Ali

EN BREF

Dette extérieure : L’effet Momentum

  • Profil de risque amélioré : les marchés ont anticipé le relèvement de la note souveraine.
  • « La Tunisie a défié les pronostics sans l’aide du FMI. » — Akram Gharbi
  • 1 milliard $ remboursé en janvier 2025, sans assistance extérieure.
  • Dette extérieure en baisse.
  • Réserves de change couvrant jusqu’à 120 jours d’importation.
  • Recul des déficits, hausse du tourisme et des transferts de la diaspora.

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Tunisie: Inflation à 5,7%, un signe de bonne santé économique ou le contraire ?

18. März 2025 um 16:48

inflation

Un taux d’inflation se replie à 5,7% au mois de février contre 6% en janvier 2025. Une manne pour tous les Tunisiens qui appellent à réajuster le TMM maintenant que l’inflation est maîtrisée. Mais…

Nous aurions crié victoire si la baisse de l’inflation reflétait une prospérité économique et n’était pas le symptôme de la faiblesse de notre économie.

Pour l’Institut national des Statistiques, le fléchissement observé au niveau du rythme annuel d’augmentation des prix du groupe « produits alimentaires » est reflété par une baisse de 0,1%.

L’inflation passant de 7,1% en janvier 2025 à 7% au mois de février. Une hausse due principalement à l’augmentation des prix de la viande d’agneau de 21,4%, des légumes frais de 18,7%, des fruits secs de 14,2%, du poisson frais de 13,4% et des volailles de 10,5%, seuls les prix des huiles alimentaires ont diminué de 16,2%. Un peu plus bas dans le communiqué de l’INS, il est indiqué que les prix des produits alimentaires ont augmenté de 0,5 %, baisse de 0,1% ou hausse de 0,5% : Cela mérite éclairage…

“Les chiffres ne mentent pas, mais leur interprétation peut induire en erreur.”

 

Aussi, avec des taux d’augmentation par rubrique à deux chiffres (de 10,5% à 21,4%), nous ne comprenons pas comment le taux moyen de l’augmentation est de 7,1%, quelles que soient les pondérations retenues.

Les prix de l’habillement et chaussures ont augmenté de juste 8,6% en février contre 9,7% en janvier 2025, les services de santé de 4% seulement en février 2025 contre 9,1% en janvier 2025, et le « logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles » de 3,8% en février 2025 contre 4,1% en janvier 2025.

Les prix des produits manufacturés et les services ont pour leur part augmenté de 5,2% sur un an en raison de la hausse des prix des produits de l’habillement et chaussures de 9,7% et des produits d’entretien courant du foyer de 4,8%.

L’INS étant tenue aux chiffres et expliquant tout phénomène socioéconomique par les chiffres, ne s’étale pas sur les raisons de la baisse de l’inflation ce qui peut donner lieu à de mauvaises interprétations s’agissant de la santé économique de la Tunisie. Car nous ne pouvons parler du recul de l’inflation sans aborder l’impact de la loi sur les chèques sur les consommateurs en Tunisie et ce principalement dans la partie habillement et santé où la baisse a été plus que significative passant comme signifié plus haut de 9,1% à 4%. Et parlant de santé, n’omettons surtout pas tous ceux, et ils se comptent par dizaines de milliers, qui achètent les médicaments fréquemment avec des chèques antidatés.

“Derrière chaque baisse de prix, il y a une réalité économique à comprendre.”

 

Cela dit, le recul de l’inflation dans le cas tunisien, n’est pas lié à l’augmentation de l’offre et à la croissance économique mais plutôt à une contraction de la demande due à la diminution du pouvoir d’achat des consommateurs. Un exemple édifiant que celui de la saison des soldes dont le démarrage a été avancé mais qui n’a pas été une réussite selon nombre de commerces.

La situation économique du pays ne doit pas nous rassurer mais nous inciter à trouver des pistes de sorties pour une véritable relance économique loin des demi-mesures. Un recul vertueux de l’inflation signifie une hausse de la productivité, plus d’investissements et plus de concurrence accrue pour une offre plus abondante sur le marché pas une contraction de la demande.

Dans le cas tunisien, les chiffres doivent être analysés avec beaucoup de vigilance et prudence parce que nous ne pouvons pas nous autoriser de faux espoirs sur une situation économique qui n’est pas des plus brillantes. Notre lecture des chiffres ne doit pas être biaisée par un optimisme béat. Derrière les chiffres, nous devons avoir une idée sur le pourquoi et envisager des solutions par le comment.

Amel Belhadj Ali

Inflation en Tunisie : Une baisse trompeuse ?

  • Taux d’inflation : 5,7 % en février 2025 (contre 6 % en janvier).
  • Augmentation des prix alimentaires : Viande d’agneau (+21,4 %), légumes frais (+18,7 %), fruits secs (+14,2 %), poisson frais (+13,4 %), volailles (+10,5 %).
  • Baisse du pouvoir d’achat : La contraction de la demande plutôt qu’une reprise économique.
  • Facteur clé : Impact des restrictions sur les chèques, notamment sur l’habillement et la santé.
  • Interprétation prudente : Derrière les chiffres, une situation économique fragile qui appelle à des solutions durables.

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Baisse du prix du pétrole : Une aubaine pour l’économie tunisienne ?

18. März 2025 um 09:55

PétroleC’est une simple opération de calcul. Le gouvernement tunisien a calculé son budget économique sur la base de l’hypothèse d’un prix moyen du baril de Brent à 77,4 dollars. Or, depuis janvier 2025, la tendance est à la baisse. Le prix du baril est en train de fluctuer entre 72 et 70 dollars le baril. Cette baisse est confirmée par les projections de la Banque mondiale qui estime que ce trend baissier va se poursuivre durant l’année 2025 à cause entre autres la baisse de la production en Chine.

Pour l’institution de Bretton Wood’, « les marchés mondiaux du pétrole devraient connaître un déséquilibre majeur entre l’offre et la demande. Dans son rapport sur cette question, elle indique que « la production mondiale de pétrole devrait surpasser la demande d’environ 1,2 million de barils par jour en moyenne en 2025. Un tel surplus, observé seulement deux fois auparavant – en 1998 et 2020 – pourrait faire baisser les prix des matières premières à leur niveau le plus bas depuis cinq ans ».

“Gagner un milliard de dinars grâce au pétrole ? Un coup de chance plus qu’une stratégie.”

 

Commentant ce trend baissier du prix du pétrole l’économiste et universitaire Ridha Chkoundali, estime que cette tendance « pourrait alléger considérablement les tensions sur les finances publiques. Concrètement, pour l’économiste « Si cette tendance se maintient jusqu’à la fin de l’année, cela représentera un gain de près d’un milliard de dinars pour le budget de l’État ».

Ce montant aurait normalement servi pour financer en devises les importations de produits énergétiques.

L’économiste, qui publiait son point de vue su sa page facebook, perçoit dans cette opportunité deux avantages.

Le premier consiste à alléger la pression sur les finances publiques. Pour lui,  ce surplus budgétaire inattendu permettra de renforcer les réserves en devises du pays et de stabiliser le dinar face aux monnaies étrangères. « C’est comme si la Tunisie bénéficiait d’un don extérieur », a-t-il écrit.

“Le pétrole bon marché est un avantage, tant que les tensions géopolitiques ne font pas tout basculer.”

 

Le second porte sur les effets positifs que pourrait avoir cet éventuel surplus budgétaire sur  l’économie réelle. “Le maintien des prix de l’énergie à un niveau bas limiterait les pressions inflationnistes et favoriserait une baisse du taux directeur de la Banque centrale. « Une réduction des taux d’intérêt encouragerait l’investissement et soutiendrait la création de richesses », précise Chkoundali.

L’économiste a tenu à préciser que ce scénario de trend baissier du prix du pétrole demeure fragile et provisoire. Il rappelle que les prix du pétrole sont influencés par de nombreux facteurs, notamment les tensions géopolitiques et les stratégies des grandes puissances pétrolières. Les sanctions occidentales contre la Russie et l’Iran, ainsi que les politiques de production de l’OPEP+, pourraient faire remonter les prix.

À l’inverse, une accalmie dans le conflit ukrainien ou une augmentation de la production de pétrole de schiste aux États-Unis pourraient les tirer vers le bas.

ABS

EN BREF

Baisse du prix du pétrole : Une opportunité pour la Tunisie ?

🔹 Prix du baril : Entre 70 et 72 $ depuis janvier 2025 (contre une prévision budgétaire à 77,4 $).
🔹 Impact budgétaire : Un gain potentiel de 1 milliard de dinars pour les finances publiques.

Effets économiques attendus :

  • Renforcement des réserves en devises.
  • Stabilisation du dinar.
  • Possibilité de baisse des taux d’intérêt et stimulation des investissements.
  • Un scénario fragile : Les tensions géopolitiques et les décisions de l’OPEP+ pourraient inverser cette tendance.

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RSE en Tunisie : Les entreprises sont-elles vraiment responsables ?

18. März 2025 um 09:00

Au temps du Bourguibisme, le combattant suprême (Bourguiba) qualifiait les entrepreneurs privés tunisiens de l’époque  d'”affairistes”, c’est-à-dire de personnes préoccupées par le profit et enclins à faire des affaires sans scrupule. Le Président Ben Ali, son successeur n’a pas ménagé à son tour cette catégorie d’acteurs sociaux. Il les qualifiait de “chasseurs de primes et de subventions”.

Malheureusement, ces étiquettes perdurent encore jusqu’à nos jours comme en témoignent les résultats de certaines enquêtes.

A l’origine de ce discours réducteur entretenu à l’endroit des entrepreneurs, l’absence d’une culture entrepreneuriale. Celle là même qui favorise la concrétisation d’un ensemble de valeurs concrètes, notamment l’innovation, l’engagement, la créativité, la responsabilité sociétale et autres. L’ultime finalité étant  de consacrer dans la société la légitimité sociale du métier d’entrepreneur ainsi qu’à donner à ce dernier une image plus crédible.

Nous sommes amenés à remettre à l’esprit ces qualitatifs d’antan au regard des résultats  d’un récent baromètre sur la maturité de la durabilité au sein des entreprises exportatrices, et ce, à l’occasion d’un séminaire organisé, au mois de février 2025,  par la Chambre de commerce et d’industrie de Tunis (CCIT), en partenariat avec le programme suisse de promotion de l’importation (SIPPO), sur le thème : « Mesurer pour agir, agir pour durer».

Objectif recherché des organisateurs : mesurer le degré d’intégration des pratiques durables au sein des entreprises exportatrices. Parmi ces pratiques figure en bonne place la Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE), une pratique pourtant en vigueur, depuis les années 50 et même bien avant.

La RSE date depuis les années 50 et même bien avant

Au temps de la colonisation française en Tunisie, la pratique était exercée. Les firmes privées  chargées de la construction de grands ouvrages, barrages et autres,  édifiaient parallèlement et en accompagnement de ces ouvrages,  des villages ex nihilo, des écoles, des établissements sanitaires et d’autres équipements collectifs (cas des barrages de Beni M’tir et de Mellègue au nord ouest de Tunisie).

En théorie le concept de RSE désigne la responsabilité d’une entreprise économique à l’égard de la société. C’est une notion mise en avant par des organisations de consommateurs, des partisans du développement durable et de l’intégration de l’éthique morale dans l’économie.

Les révélations du baromètre

Pour revenir aux résultats du baromètre précité et à propos justement de RSE,  ces derniers nous apprennent que sur 62 entreprises sondées, “seules 18 % des entreprises du secteur agroalimentaire tunisien ont mis en place une démarche structurée de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), tandis que 80 % ignorent encore l’existence de la loi RSE adoptée en 2018”.

Plus inquiétant encore, les résultats du baromètre nous informent également d’un manque criant d’engagement structuré en matière de RSE. “38 % des entreprises sondées n’ont aucune connaissance du concept, tandis que 56 % n’en perçoivent pas encore l’importance”.

Plus inquiétant encore, aucune entreprise du panel ne détient un label certifiant ses engagements en matière de RSE.

Interpellées lors de l’exécution de ce baromètre, sur les raisons qui les ont empêchées d’adopter cette pratique durable, les entreprises interrogées évoquent : le manque d’information, l’absence d’un cadre légal clair, le déficit d’appui public et des moyens financiers insuffisants.

Avec ces révélations arrachées -bien arrachées- à la faveur d’un financement suisse, les responsabilités sont, désormais, délimitées. Les régimes clientélistes ne se sont jamais préoccupés de la durabilité des entreprises et de leur rayonnement sur leur environnement. Ils assument aujourd’hui la responsabilité des dégâts.

Abou SARRA

EN BREF

Baromètre sur la RSE (2025, CCIT & SIPPO)

18 % des entreprises agroalimentaires ont une démarche RSE
80 % ignorent la loi RSE de 2018
38 % ne connaissent pas le concept
56 % n’en perçoivent pas l’importance
0 % de labels certifiants

Freins identifiés

  • Manque d’information
  • Absence de cadre légal clair
  • Déficit d’appui public et financier

Conclusion : La culture entrepreneuriale et la responsabilité sociétale doivent être renforcées pour assurer la durabilité des entreprises.

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