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Conseils d’administration : la parité progresse, la gouvernance doit suivre

25. September 2026 um 11:28

Transparence, gestion des risques, lutte contre la corruption : le président de l’Institut tunisien des administrateurs, Moez Joudi, a appelé, jeudi 24 septembre 2026, les entreprises tunisiennes à consolider leurs pratiques de gouvernance. Alors que le nombre de femmes présidant des conseils d’administration a dépassé la trentaine.

Les entreprises tunisiennes doivent muscler leur gouvernance pour répondre à des exigences internationales de plus en plus strictes. C’est le message porté par Moez Joudi, président de l’Institut tunisien des administrateurs, qui s’exprimait ce jeudi 24 septembre 2026.

A cette occasion, il a relevé que les normes internationales accordent une importance croissante à plusieurs dimensions : la transparence, la gestion des risques, la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent, ainsi que les critères environnementaux et sociaux. Ces normes de gouvernance recouvrent l’ensemble des règles et pratiques encadrant la direction et le contrôle d’une entreprise, notamment la transparence des décisions, la responsabilité des dirigeants et administrateurs, la prévention des conflits d’intérêts, la gestion des risques et la prise en compte des intérêts des différentes parties prenantes.

En Tunisie, ce cadre s’appuie notamment sur les règles fixées par la Banque centrale de Tunisie pour les secteurs bancaire et financier, ainsi que sur celles du Conseil du marché financier pour les entreprises et les banques cotées en Bourse.

Moez Joudi a par ailleurs souligné que le respect de ces critères devient un élément important pour les entreprises souhaitant se développer et accéder à des financements extérieurs, au regard notamment des exigences liées à l’environnement, aux droits des salariés et à la responsabilité sociale.

En outre, Moez Joudi a indiqué que plusieurs entreprises tunisiennes ont réalisé des progrès en matière de gouvernance, certaines étant devenues des références à l’échelle maghrébine, africaine et internationale. D’autres doivent en revanche encore renforcer leurs pratiques dans ce domaine.

Plus de 30 femmes à la tête de conseils d’administration

La représentation des femmes figure également parmi les bonnes pratiques de gouvernance mises en avant par le président de l’Institut. Les banques et les entreprises sont ainsi encouragées à confier davantage de responsabilités aux femmes qualifiées au sein de leurs conseils d’administration, en particulier dans les domaines de la gestion des risques, de la gouvernance et de la définition des stratégies.

Un progrès est déjà mesurable sur ce plan : alors qu’environ quatre femmes siégeaient auparavant aux conseils d’administration d’entreprises cotées en Bourse, elles sont aujourd’hui plus de 30 à occuper ces fonctions.

L’Institut tunisien des administrateurs entend poursuivre cette dynamique, en collaboration avec la Bourse de Tunis, le Conseil du marché financier et d’autres institutions publiques et privées, en Tunisie, au Maghreb et en Afrique, notamment à travers des programmes de formation continue.

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Les gouvernances archaïques face à l’IA partagée

15. September 2026 um 08:10

Le débat mondial sur le ralentissement de la course à l’intelligence artificielle (IA) est quasi systématiquement présenté sous l’angle des failles sécuritaires, de la cybersécurité ou des risques d’alignement. L’actualité récente — entre restrictions d’accès aux modèles de frontière, souveraineté sur les données et contrôles à l’exportation des briques algorithmiques — semble donner raison aux prudents. Pourtant, cette lecture purement technologique occulte l’essentiel : la rupture provoquée par l’IA n’est pas d’ordre technique, elle est éminemment politique et systémique. (Illustration de l’article gérée par IA).

Abdelwaheb Ben Moussa *

Les structures d’autorité traditionnelles — qu’elles soient technocratiques, bureaucratiques ou patriarcales — ont historiquement fondé leur hégémonie sur trois piliers : la rétention d’information, le monopole de l’expertise et l’opacité des arbitrages. Dans ces systèmes verticaux, le statut social, le réseau de cooptation et le poids de la hiérarchie ont longtemps prévalu sur la rigueur de la preuve et l’efficacité opérationnelle.

Contrairement aux idées reçues, l’IA ne constitue ni une entité autonome étrangère à notre espèce, ni une boîte noire magique dispensée d’expertise humaine. Elle est le réceptacle et le condensateur de la mémoire, de la logique et de la connaissance accumulées par l’humanité depuis des siècles. Certes, l’outil nécessite un cadre d’ingénierie rigoureux pour éviter les biais et les hallucinations, mais en rendant ce patrimoine intellectuel collectif immédiatement accessible à tout individu, l’IA opère une redistribution radicale de la puissance cognitive.

L’IA vient désintégrer ce modèle de domination.

Dès lors que la donnée devient vérifiable et le savoir partagé, l’asymétrie d’information s’effondre. Un citoyen, un cadre bancaire ou un chercheur armé d’une capacité d’analyse globale et impartiale peut instantanément challenger un dogme administratif, pointer l’incohérence d’un choix d’investissement ou exposer les failles d’une décision publique. L’argument d’autorité cède irréversiblement la place à l’exigence d’objectivité.

La véritable menace perçue par les gouvernances vieillissantes ne réside donc pas dans les risques de cybersécurité — que l’ingénierie sait parfaitement cloisonner par des architectures souveraines —, mais dans cette démocratisation sans précédent de la raison analytique. Une population disposant d’un accès direct à une intelligence partagée devient infiniment plus difficile à maintenir dans la dépendance, la bureaucratie ou la soumission statutaire.

Il ne s’agit pas de prôner un utopisme technologique naïf ou de nier la nécessité d’un cadre réglementaire strict. Il s’agit de refuser que le prétexte sécuritaire serve de bouclier au statu quo. Plutôt que d’agiter le spectre de la menace technologique pour préserver des rentes de position dépassées, nos institutions doivent opérer leur propre mutation : passer d’une gouvernance fondée sur la rétention et le statut à une gouvernance fondée sur la transparence, la logique de la preuve et l’ingénierie d’exécution.

* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.

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Tribune | Nul homme au pouvoir ne peut gouverner seul

01. September 2026 um 08:50
Nul pouvoir politique ne peut se passer de la consultation de ses collaborateurs, comme le montre l’histoire. Confondre l’autorité et l’autoritarisme confine l’exercice du commandement politique à la solitude de la décision, à la non-solution des problèmes et à la…

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