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Edito – Perspective

31. August 2025 um 05:45

Divine surprise ! La croissance a atteint selon l’INS 3,2% au cours du deuxième trimestre 2025. Déjouant ainsi tous les pronostics. Autant dire une forte reprise, comparée au régime minceur des quinze dernières années. On ne voyait pas venir une telle éclaircie. La croissance a été assez poussive – 2,4% – tout au long du premier trimestre et rien ne laissait présager un tel rebond.

Les contraintes financières et les tensions sociales autant que les vents contraires véhiculés par les bouleversements géopolitiques faisaient même craindre le pire: recul de la croissance déjà réduite à sa plus simple expression quand elle existe, prix qui repartent à la hausse après une brève et relative accalmie, explosion du chômage et de la pauvreté… Ces craintes étaient d’autant plus légitimes que les effets de la nouvelle loi sur les chèques n’ont pas tardé à impacter lourdement le niveau d’activité économique… Exit le chèque comme moyen de financement de l’économie. Il agissait comme substitut au crédit bancaire coûteux, peu accessible et fort aléatoire. Là où il fallait un choc de croissance, il y a eu un coup de massue, de quoi anéantir les chances de survie d’un grand nombre d’entreprises.

 

Le pic de croissance qui confine à l’exploit tranche avec les estimations, du reste révisées à la baisse, des principaux organismes financiers mondiaux (BM, FMI, BEI, BAD, BERD…)

 

Le pic de croissance qui confine à l’exploit tranche avec les estimations, du reste révisées à la baisse, des principaux organismes financiers mondiaux (BM, FMI, BEI, BAD, BERD…) ; il laisse perplexes économistes et experts, qui ne font pas mystère de leurs interrogations. Ils ne voient pas les raisons de ce rebond, alors que les moteurs de la croissance – consommation, investissement, exportation – sont en panne quand ils ne sont pas à l’arrêt. Les principaux indicateurs macro-économiques sont loin d’être au beau fixe.

Entendons-nous bien. Il n’y a aucun motif qui nous fait douter de la crédibilité de l’Institut national de la statistique, connu pour son professionnalisme, sa rigueur scientifique et son sens de l’exactitude. Cela ne signifie pas pour autant que notre perception soit à ce point décalée et guère en cohérence avec la réalité. La question relève davantage du prisme à travers lequel on observe les chiffres que de la validité des chiffres eux-mêmes.

Si la croissance a dépassé « miraculeusement » le cap des 3% au cours du deuxième trimestre, en plein contraste avec la réalité économique et sociale, il est à craindre qu’il ne pourrait s’agir que d’un artifice statistique, au mieux, d’une question d’échelle, de repère et de champ d’analyse. Ce résultat serait le reflet d’une économie duale. Auquel cas, nous nous devons de reconsidérer notre vision et notre perception de l’économie informelle, en passe de devenir la première économie du pays. Cette économie souterraine, opaque, est la terre de prédilection et le principal théâtre d’opération des chèques antidatés et de l’argent liquide qui n’entrent pas dans le champ de vision de l’Administration. C’est ici que résonne en premier et pour l’essentiel l’onde de choc de la loi sur les chèques.

L’économie grise est l’épicentre du séisme monétaire et bancaire. Les dégâts économiques et sociaux sont immenses, sans que cela apparaisse dans les comptes de la nation. C’est en cela que les chiffres présentés par l’INS sont assez trompeurs. Ils ne concernent que l’économie formelle. La transparence en matière de gouvernance, de financement et de paiement met à l’abri sinon atténue les convulsions provoquées par le choc de la nouvelle loi sur les chèques. Les chiffres en question éludent la débâcle, les dégâts, la mise à mort d’unités de production, petites et moins grandes, qui ne figurent pas dans l’écran radar de l’INS et moins encore sous les feux des projecteurs de l’administration fiscale.

Il ne fera pas tomber la température. Il finira même par la porter à ébullition, au vu de la chute drastique de la consommation et de l’investissement, du recul des exportations et du délitement de la confiance. Le moral des chefs d’entreprise est loin d’être au zénith.

 

Qu’est-ce à dire sinon, qu’en la matière, le pic de 3,2% est plus inquiétant qu’il n’y paraît. Il faut y voir plus le signal d’alarme que la manifestation en trompe-l’œil d’un redressement qui n’en est pas un. Il est porteur d’orage plus qu’il n’annonce de véritable éclaircie à la veille d’une rentrée économique et sociale qui se présente pour le moins chaude. Il ne fera pas tomber la température. Il finira même par la porter à ébullition, au vu de la chute drastique de la consommation et de l’investissement, du recul des exportations et du délitement de la confiance. Le moral des chefs d’entreprise est loin d’être au zénith.

La ligne de fracture traverse, à des degrés divers, tous les secteurs d’activité, de quelque côté de la barrière où ils se trouvent, avec les dommages directs ou collatéraux que l’on imagine. La hausse du PIB « formel » ne serait, dans ces conditions, qu’une illusion d’optique, une sorte de permis de tuer les entreprises marginales quand près de 50% de « l’autre économie » est déjà à l’agonie.

L’envers du décor est peu rassurant : les populations que la croissance avait jadis tirées de la misère vont y retourner en plus grand nombre. Le PIB version 2025 est à l’opposé du BIB – bonheur intérieur brut. Et ce n’est pas visiblement la réforme du Code du travail, qui bannit sous-traitance et travail intérimaire, qui va élargir l’horizon des entreprises et les placer sur une trajectoire de forte croissance. Elle est en contradiction avec l’impératif de compétitivité. Elle prive les unités de production de flexibilité, d’agilité et de capacité d’adaptation, bref, de leur instrument de survie. Protéger les employés ? Oui et mille fois oui, mais pas quoi qu’il en coûte, au point de détruire le travail.

 

La poussée « miraculeuse » du deuxième trimestre 2025 est bonne à prendre. Reste qu’il importe de transformer l’essai pour enclencher une véritable dynamique de croissance à la fois durable et inclusive.

 

Le pays est à la croisée des chemins. Il peut profiter de ce contraste, de cette faille statistique pour réajuster et réévaluer le PIB à l’ins- tar d’autres pays, en intégrant à sa juste valeur la part de l’économie informelle. Cela ne résout pas le problème quand bien même cette mesure flatterait notre ego national. Cette forme de reconnaissance la légitime quand il faut la combattre. Elle prive l’Etat de ressources fiscales pour couvrir ses déficits abyssaux et réduire la pression, aujourd’hui à des niveaux peu compatibles avec une véritable politique d’offre.

Réévaluer le PIB sans rien changer au champ de désolation sociale ? Qu’y gagnerons-nous ? Et pour quoi faire, si ce n’est pour réduire artificiellement le poids de la dette sans que cela nous éloigne pour toujours du spectre du défaut de paiement ? Cela aurait l’apparence d’une fuite en avant, d’un déni de la réalité. Mieux vaut engager en toute urgence les réformes nécessaires pour libérer l’investissement et la croissance de la tyrannie bureaucratique et du trop-plein d’Etat. Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais elle l’annonce.

La poussée « miraculeuse » du deuxième trimestre 2025 est bonne à prendre. Reste qu’il importe de transformer l’essai pour enclencher une véritable dynamique de croissance à la fois durable et inclusive. C’est notre seule chance de survie. Le verre, s’il est à moitié plein, il n’en reste pas moins à moitié vide et c’est de là que vient précisément le danger.

Trop de zones d’ombre et de foyers de turbulences planent sur la rentrée 2025-2026, pour ne pas ajouter de la crise à la crise. Seul un discours vrai, juste, crédible et fédérateur peut remettre le pays sur la voie de l’apaisement, de l’effort et du désir d’entreprendre. Il n’en faut pas moins pour, sinon éradiquer, du moins tempérer les frustrations, la colère et l’indignation des jeunes et moins jeunes victimes du chômage, de l’inflation, de la dégradation du niveau de vie. Et de l’absence de perspective digne de  ce nom.

Cet édito est disponible dans le mag. de l’Economiste Maghrébin n° 926 du 27 août au 10 septembre 2025 

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Tunisie : industries, énergie, textile… quels secteurs attirent les IDE ?

Von: hechmi
29. August 2025 um 19:46

Investissement IDELa Tunisie doit mobiliser chaque année près de 4 milliards de dinars d’investissements étrangers sur la période 2026-2030 afin de porter son taux d’investissement de 16 % à 24-25 %. C’est ce qu’a déclaré Hatem Soussi, directeur central de la FIPA-Tunisie, qui appelle à accélérer les réformes structurelles pour atteindre cet objectif stratégique.

Selon lui, l’investissement public doit servir de levier pour stimuler les capitaux privés, locaux et étrangers. La digitalisation, le renforcement des infrastructures et l’ouverture internationale des entreprises tunisiennes constituent également des priorités, tout comme une meilleure intégration aux chaînes de valeur mondiales et une présence accrue sur le marché boursier.

Les résultats du premier semestre 2025 montrent une dynamique encourageante : 1 650,3 millions de dinars d’investissements extérieurs ont été enregistrés, soit près de la moitié de l’objectif annuel, avec une hausse de 20,8 % par rapport à 2024. Les IDE, en progression de 21,3 %, ont atteint 1 640,5 MD, tandis que les investissements de portefeuille ont reculé à 9,7 MD, faute de nouvelles introductions en Bourse.

Le secteur industriel reste le moteur principal avec 1 031,3 MD, notamment dans l’automobile et l’aéronautique. Le textile-habillement bénéficie d’une relance basée sur la qualité et la proximité avec l’Europe, tandis que l’énergie progresse de 60 %, portée par les renouvelables.

La répartition sectorielle confirme cette tendance :

  • industries manufacturières (62,9 %),
  • énergie (24,3 %),
  • services (11,6 %) et
  • agriculture (1,2 %).

Pour Soussi, le second semestre devrait accélérer encore les flux et permettre d’atteindre les objectifs fixés.

EN BREF

  • La Tunisie vise 4 milliards de dinars d’IDE par an entre 2026 et 2030.
  • Objectif : faire passer le taux d’investissement de 16 % à 24-25 %.
  • En S1 2025, 1 650 MD d’investissements étrangers ont été enregistrés (+20,8 %).
  • Les industries manufacturières restent dominantes (63 %), avec un essor de l’automobile et de l’aéronautique.
  • Le secteur de l’énergie bondit de 60 %, tiré par les énergies renouvelables.
  • Le textile se redéploie sur la qualité et la proximité européenne.

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