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Tajani pour une «alliance stratégique» entre l’Italie et la Tunisie  

25. Juni 2026 um 13:38

«J’encourage les entrepreneurs italiens à faire confiance à la Tunisie, à y investir et à s’intéresser de près au pays ; le gouvernement mettra tout en œuvre pour faciliter cette démarche», tout comme «nous aiderons les entrepreneurs tunisiens souhaitant investir en Italie à surmonter les obstacles afin que cette collaboration puisse prospérer», a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, lors de son intervention au Forum d’affaires Tunisie-Italie qui s’est ouvert ce mercredi 25 juin 2026, à Tunis.

«Nous sommes là pour vous soutenir, pour affirmer que l’Italie et la Tunisie sont deux rives d’une même mer — des rives que nous rapprocherons toujours davantage au nom de la croissance, de la compétitivité et de la prospérité», a-t-il lancé aux responsables et aux hommes d’affaires présents dans la salle, estimant que les entreprises des deux pays «ne doivent pas manquer cette opportunité d’alliance stratégique.» «Une belle voie de croissance s’ouvre devant nous, et nous voulons la parcourir ensemble», a-t-il insisté. Et de poursuivre : «C’est dans cet esprit que nous participons à ce forum d’affaires, et nous sommes convaincus qu’il sera une réussite tant pour les entreprises tunisiennes qu’italiennes. Nous nous réjouissons de vous accueillir [en Italie] pour renouveler l’expérience de ce forum d’affaires avec d’autres entreprises tunisiennes et italiennes.»

Alliance stratégique entre Rome et Carthage

Ces propos très volontaristes ont été tenus par le responsable italien «à un moment particulièrement difficile : nous avons des guerres à nos portes et des questions liées aux droits de douane», a-t-il averti, en rappelant également la crise dans le détroit d’Ormuz. «Pourtant, malgré tout cela, les entrepreneurs italiens et tunisiens veulent aller de l’avant, bâtir, œuvrer pour la croissance et collaborer ; ils ne veulent pas manquer l’occasion d’une alliance stratégique (..) De nombreux entrepreneurs italiens trouvent attrayant, rentable et bénéfique d’investir, d’opérer et d’exporter en Tunisie, car le pays est devenu un partenaire de plus en plus important pour une croissance partagée, et les chiffres confirment la force de ce lien : la solidité de notre relation se reflète dans le volume des échanges commerciaux, qui a atteint 6,5 milliards en 2025 et a continué de croître au cours des deux premiers mois de 2026. Ce sont des chiffres significatifs qui nous encouragent à viser encore plus haut et à poursuivre dans cette voie», a encore déclaré M. Tajani.

«Nous croyons en la Tunisie», dans le cadre de ce qu’il appelle une «diplomatie de la croissance», en favorisant les coentreprises, les exportations et l’attraction des investissements. «Lorsqu’on décide de se développer à l’international, la réussite passe par la collaboration. Ce n’est pas un hasard si nous avons décidé de publier un ouvrage — en collaboration avec notre ambassade — spécifiquement consacré à la Tunisie en tant que destination pour nos intérêts économiques et ceux de notre communauté d’affaires. Nos entreprises emploient 85 000 collaborateurs tunisiens qui font partie intégrante de nos activités ; les entreprises choisissent la Tunisie parce qu’elles croient au potentiel immense du pays. De son côté, la Tunisie aspire à être toujours plus accueillante, non seulement pour les touristes, mais aussi pour les entreprises italiennes. Un environnement favorable, la sécurité juridique, un gouvernement stable et une atmosphère accueillante facilitent notre présence. Je crois que ce partenariat doit se tourner de plus en plus vers l’avenir», a insisté M. Tajani.

Ensemble face au défi de l’Afrique

    «Nous sommes également confrontés à un défi commun majeur : l’Afrique, un continent voué à la croissance, avec une explosion démographique attendue dans les années à venir. C’est un continent riche, même s’il subsiste des poches de pauvreté. J’estime qu’il serait juste et opportun d’organiser des coentreprises italo-tunisiennes pour explorer de nouveaux marchés ou initiatives à travers le continent africain», a poursuivi le chef de la diplomatie italienne. Et d’ajouter : «Si nous voulons miser sur la croissance — si nous souhaitons mener une politique industrielle moderne favorisant le développement et la compétitivité des systèmes tunisien et italien (un sujet que nous avons longuement abordé avec le Chef du gouvernement) — alors la formation est capitale. En tant que gouvernement et entreprises italiens, nous sommes prêts à collaborer avec vous sur des initiatives de formation permettant aux nombreux Tunisiens travaillant en Italie de rentrer au pays et de contribuer à la stratégie de croissance industrielle de la Tunisie.»

    «Nous étendons également notre partenariat et notre collaboration à l’échelle européenne ; fidèles à notre amitié séculaire, nous voulons nous faire vos porte-parole à Bruxelles, en agissant comme des ambassadeurs de la Tunisie auprès des institutions de l’UE», a conclu le vice-Premier ministre italien.

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    Projet en faveur de l’emploi des « Jeunes binationaux » tuniso-italiens

    25. Juni 2026 um 13:07

    En marge du Forum économique et d’affaires Tunisie-Italie, qui s’est tenu à Tunis ce jeudi 25 juin 2025, le président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Samir Majoul, et Sandro Fratini, fondateur et président du Delta Center, un centre d’affaires consacré à la promotion des investissements et des relations économiques entre l’Italie, l’Europe et l’Afrique, ont signé un protocole d’accord visant à collaborer sur le projet «Giovani Binazionali» («Jeunes binationaux»).

    La cérémonie de signature s’est déroulée en présence de la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzeri et du ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Antonio Tajani.

    Cette initiative, destinée à faciliter l’intégration des jeunes citoyens italo-tunisiens résidant en Tunisie dans le secteur industriel, marque une nouvelle étape dans le renforcement des relations entre l’Italie et la Tunisie.

    La phase finale du projet se déroulera en juillet, à l’occasion d’un événement organisé par le Comites Tunisia (Com.It.Es) à Tunis.

    Le projet — mis en œuvre par le Com.It.Es Tunisie avec le soutien de la Direction générale pour les services aux citoyens à l’étranger et les politiques migratoires (DGIT) du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale — vise à réaliser une enquête structurée sur les compétences professionnelles et les parcours éducatifs des jeunes citoyens italo-tunisiens vivant en Tunisie. L’objectif est de valoriser leur potentiel et de faciliter leur insertion sur le marché du travail, tant en Tunisie qu’en Italie.

    Grâce à une plateforme numérique et à des actions de contact direct, une base de données sera constituée au service des institutions, des entreprises et des organismes de formation, générant ainsi des retombées concrètes en matière d’employabilité et de coopération économique entre les deux pays.

    «C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis décembre dernier et qui entre désormais dans sa phase finale», a déclaré M. Fratini, précisant que le Comites a recueilli «des dizaines et des dizaines de CV» de jeunes binationaux en Tunisie.

    Selon M. Fratini, le projet a également permis d’entrer en contact avec des personnes ayant récemment redécouvert leurs liens juridiques avec l’Italie. «Beaucoup d’entre eux, entre autres, ont récemment découvert qu’ils possédaient la citoyenneté italienne et détenaient donc un passeport italien», a déclaré le président du Comites. Après les étapes de collecte et de sélection, le projet va maintenant passer à une phase plus opérationnelle, grâce à la mise en réseau avec le tissu économique tunisien et italo-tunisien. «À la suite de ce recensement, nous avons sélectionné une cinquantaine de binationaux et conclu un accord avec l’Utica», a expliqué M. Fratini à l’Agenzia Nova, ajoutant qu’«un second accord sera ensuite signé avec la Chambre de commerce tuniso-italienne». Lors d’un événement prévu en juillet, le Comites remettra les CV sélectionnés aux deux organisations professionnelles. «Ces organisations transmettront les CV à leurs membres — entrepreneurs italiens, tunisiens et mixtes — afin de les aider à trouver un emploi en Tunisie», a conclu M. Fratini.

    «C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis décembre dernier et qui entre désormais dans sa phase finale», a déclaré M. Fratini, précisant que le Comites a recueilli «des dizaines et des dizaines de CV» de jeunes binationaux en Tunisie.

    Selon M. Fratini, le projet a également permis d’entrer en contact avec des personnes ayant récemment redécouvert leurs liens juridiques avec l’Italie. «Beaucoup d’entre eux, entre autres, ont récemment découvert qu’ils possédaient la citoyenneté italienne et détenaient donc un passeport italien», a déclaré le président du Comites. Après les étapes de collecte et de sélection, le projet va maintenant passer à une phase plus opérationnelle, grâce à la mise en réseau avec le tissu économique tunisien et italo-tunisien. «À la suite de ce recensement, nous avons sélectionné une cinquantaine de binationaux et conclu un accord avec l’Utica», a expliqué M. Fratini à l’Agenzia Nova, ajoutant qu’«un second accord sera ensuite signé avec la Chambre de commerce tuniso-italienne». Lors d’un événement prévu en juillet, le Comites remettra les CV sélectionnés aux deux organisations professionnelles. «Ces organisations transmettront les CV à leurs membres — entrepreneurs italiens, tunisiens et mixtes — afin de les aider à trouver un emploi en Tunisie», a conclu M. Fratini.

    I. B.

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    CRLDHT | «Saadia Mosbah n’est pas une criminelle»  

    25. Juni 2026 um 12:28

    Dans un communiqué publié le 24 juin 2026, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) commente la condamnation en appel de la militante antiraciste Saadia Mosbah, à 8 ans de prison et à une lourde amende et dénonce ce qu’il qualifie de «criminalisation de l’antiracisme», qui  «franchit un nouveau seuil en Tunisie », selon ses termes.

    Tout en exprimant sa «profonde indignation» à la suite de la confirmation en appel de la condamnation de Mme Mosbah, présidente de l’association Mnemty, à 8 ans d’emprisonnement et à une amende de plus de 120 000 dinars, le CRLDHT affirme que «cette décision intervient après plus de deux années de détention, de stigmatisation et de campagnes de diffamation» et qu’«elle constitue une nouvelle étape dans une affaire devenue emblématique des reculs que connaît la Tunisie en matière d’État de droit, d’indépendance de la justice et de protection des défenseurs des droits humains.»

    L’Ong rappelle que Saadia Mosbah, incarcérée depuis le 6 mai 2024, est une femme noire qui a elle-même subi les discriminations et les préjugés qui touchent encore de nombreux Tunisiens noirs, et ajoute que cette figure importante de la lutte contre le racisme en Tunisie a choisi de transformer sa douloureuse expérience personnelle en un combat pour l’égalité, la dignité et la justice.

    «Son engagement a contribué à faire reconnaître l’existence du racisme en Tunisie et à l’adoption de la loi de 2018 contre les discriminations raciales», rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris, qui considère que «cette affaire porte toutes les marques d’un ciblage politique.»

    «La solidarité est criminalisée, les défenseurs des droits humains sont poursuivis et les discours les actes et crimes racistes (impunis) se banalisent», dénoncent le CRLDHT, qui s’en prend, également, aux autorités européennes. «En faisant de la Tunisie un partenaire privilégié dans le contrôle des migrations et un gardien des frontières européennes (un pays sûr), l’Union européenne et ses États membres ont trop souvent fermé les yeux sur la régression des libertés publiques, la répression de la société civile et la montée du racisme», note l’Ong, qui dénonce, également, «le silence et la complaisance de nombreux responsables européens face à la criminalisation de la solidarité contribuent à renforcer l’impunité de ceux qui portent atteinte aux droits fondamentaux.»

    Enfin, le CRLDHT demande la libération de Saadia Mosbah  et appelle à mettre fin à la criminalisation du travail citoyen, de l’humanisme et de la solidarité.

    I. B.

    Les détails des jugements en appel :

    Saadia Mosbah : condamnée à 8 ans de prison et à une amende de plus de 120 000 dinars.

    Ghofrane Binous : condamnée par contumace à 3 ans de prison.

    Zied Rouine, Amina Boukamcha, Farès Gueblaoui et Hiba Abassi ont bénéficié d’un sursis à l’exécution des peines d’emprisonnement prononcées en première instance (3 ans de prison).

    Zied Rouine a été condamné à une amende de 34 113 dinars et 500 millimes.

    Farès Gueblaoui a été condamné à une amende de 23 665 dinars.

    Les non-lieux totaux prononcés en faveur d’Ilhem Kaâouachi, Slim Soukni et Rabii Al-Garfi ont été confirmés.

    Les non-lieux partiels accordés à Hiba Abassi et Amina Boukamcha ont également été maintenus.

    Cette décision confirme la peine prononcée contre Saadia Mosbah tout en aménageant ou en allégeant certaines condamnations prononcées à l’encontre des autres prévenus..

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    Tunisie, le bon élève qui joue au cancre !

    25. Juni 2026 um 11:46

    La Tunisie a toujours su attirer les investissements directs étrangers (IDE), et ce depuis la fameuse Loi de 1972, qui lui a valu un statut de pionnière en Afrique. Mais aujourd’hui, dans la crise où il se morfond depuis 2010, notre pays gagnerait à méditer de nouveau sérieusement sur les normes internationales de compétitivité et d’attractivité des IDE qu’il semble avoir oubliées entre-temps.

    Elyes Kasri *

    A l’instar de dizaines de milliers de ses propres citoyens et compétences qui votent avec les pieds à la recherche de cieux plus cléments, les investissements par des Tunisiens et a fortiori étrangers n’acceptent pas d’être les otages d’une administration d’une autre époque et d’une fiscalité étouffante en plus d’un coût punitif de l’argent avec des taux d’intérêt qui réduisent en peau de chagrin toute chance de rentabilité durable.

    Il est vrai que les entreprises communautaires, innovation tunisienne qui mérite déjà un bilan objectif, semblent être l’unique domaine où les avantages semblent aller à l’encontre des embûches sur le chemin de toute entreprise dans le secteur formel.

    En cas de succès avéré, le modèle des entreprises communautaires gagnerait à être généralisé en vue de la mise en place d’une économie communautaire vertueuse et durable ou bien, en cas d’absence de success stories et d’un bilan convaincant, il faudrait se résigner à considérer ce modèle comme une subvention à caractère politique en temps de crise budgétaire au détriment de secteurs plus prometteurs tant du point de vue de la rentabilité socioéconomique que des effets d’entraînement économiques et technologiques.

    Le recours intensif à l’endettement nécessite une rigueur poussée en matière d’orientation des avantages financiers et fiscaux pour favoriser dans la mesure du possible une relance et une sortie de l’abysse de l’endettement afin de pouvoir échapper à sa spirale corrosive pour la souveraineté et même la survie du pays.

    * Ancien ambassadeur.

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    Exposition à Tunis sur le football et les vignettes Panini

    25. Juni 2026 um 10:56

    À l’occasion de la 23e Coupe du Monde Fifa, l’Institut culturel italien de Tunis, en collaboration avec l’ambassade d’Italie et l’association Mo’ Better Football Aps, a inauguré, hier soir, mercredi 24 juin 2026, à la Maison des Arts du Belvédère, Dar El Founon, une exposition consacrée au football comme phénomène culturel et visuel, à travers l’un de ses objets les plus emblématiques : la vignette. Ouverte au public jusqu’au 23 juillet, l’exposition présente une chronologie ponctuée par les couvertures des albums Panini dédiés à la Coupe du Monde, accompagnée d’une sélection de vignettes de joueurs ayant marqué l’histoire de la compétition.

    L’exposition est née du désir de célébrer non seulement le plus grand événement footballistique au monde, mais aussi le 65e anniversaire de la collection «Calciatori Panini», un jalon dans l’histoire de l’édition sportive italienne et de la culture populaire footballistique, ainsi que le lien culturel profond qui unit l’Italie et la Tunisie, tissé également autour du langage et de la mémoire du football.

    À travers des albums et des autocollants, l’exposition propose un parcours historique, esthétique et culturel retraçant l’évolution de la représentation visuelle du football au fil du temps. L’objectif, explique Fabio Ruggirello, directeur de l’Institut culturel italien de Tunis, est d’offrir «une expérience capable de réactiver des mémoires collectives : des événements inoubliables, des victoires et des défaites qui ont marqué l’histoire du sport, des visages et des personnages qui évoquent l’enfance, les loisirs et des formes d’appartenance partagées». Pour les jeunes générations, l’exposition est l’occasion de redécouvrir «un langage visuel suspendu entre archives, culture populaire et mémoire analogique», ajoute M. Ruggirello.

    Entre culture et mémoire collective

    L’exposition présente une chronologie ponctuée des couvertures d’albums Panini consacrés à la Coupe du Monde, accompagnée d’une sélection de vignettes de joueurs ayant marqué l’histoire de la compétition par leurs records et leurs exploits mémorables. Elle propose également un voyage à travers la mémoire visuelle de la Serie A, au fil des saisons, des couleurs, des maillots et des visages qui ont contribué à façonner l’imaginaire footballistique de générations entières.

    Une section spéciale est dédiée au football tunisien, avec une galerie des équipes tunisiennes ayant participé à la Coupe du Monde et une sélection de documents issus de l’album «Football 1998-99», une collection historique consacrée à la Ligue Professionnelle 1.

    L’exposition présente également des illustrations de deux artistes italiens : Sergio Ponchione et Simone Ferrarini. Ponchione, l’un des auteurs les plus

    mportants de la bande dessinée italienne contemporaine, a illustré les visages des protagonistes de l’équipe nationale italienne lors de la Coupe du Monde 1982, l’une des équipes les plus emblématiques de l’histoire du football italien.

    Ferrarini, muraliste et écrivain, a réinterprété cinq buts célèbres de l’équipe nationale italienne, perpétuant ainsi une tradition d’illustration sportive qui remonte aux représentations publiées dans la presse italienne entre les années 1950 et 1990.

    Un langage visuel au service du sport

    Les autocollants ont acquis de multiples significations, se transformant peu à peu en véritables icônes culturelles. Les origines de ce langage visuel sont cependant moins connues. Dès la fin du XIXe siècle, les entreprises commerciales et les grands magasins ont commencé à utiliser des autocollants sportifs comme outils promotionnels, contribuant à la diffusion d’une culture visuelle populaire liée au football.

    Parmi les premières productions figurent les séries publiées par Liebig, Wills et Stollwerck entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle.

    Avec la popularité croissante du football, notamment à partir des années 1920, les autocollants se sont progressivement transformés en objets de collection et les albums ont commencé à adopter une structure éditoriale reconnaissable. Des collections dédiées aux joueurs, aux équipes et aux compétitions internationales ont émergé dans plusieurs pays européens, tandis qu’une véritable culture ludique, liée au commerce et à la collection, se développait en parallèle.

    La première Coupe du monde de 1930 a contribué à la consécration définitive des autocollants de football : les albums permettaient d’associer un visage aux protagonistes décrits à la radio, renforçant ainsi les formes d’identification et d’appartenance collective.

    En Italie, les stickers ont rapidement acquis une forte valeur esthétique et identitaire, grâce à un langage graphique de plus en plus reconnaissable.

    Le sticker comme produit éditorial à part entière

    Après l’interruption due à la Seconde Guerre mondiale, l’essor de l’impression couleur et la multiplication des collections dédiées à la Serie A ont transformé, dans l’après-guerre, le sticker en un produit éditorial à part entière. C’est dans ce contexte que la société Panini a vu le jour, destinée à devenir la référence internationale du secteur. Cette année marque le 65e anniversaire de la collection Calciatori. Le premier album, consacré à la saison 1961-1962, mettait en vedette Nils Liedholm en couverture et s’enrichissait de quinze stickers dédiés au Grande Torino.

    À l’origine, les photographies en noir et blanc étaient colorisées à la main par des coloristes, qui travaillaient sur les carnations, les cheveux et les maillots, conférant aux images une forte expressivité et un caractère artisanal, toujours très prisés des collectionneurs aujourd’hui.

    Pour le marché international, la première collection Panini fut «Mexico 70», tandis que «Calciatori 1971-72» fut la première collection entièrement composée d’autocollants. Parmi les albums les plus marquants figure «España 82», avec ses autocollants imprimés sur papier argenté et d’une qualité photographique exceptionnelle.

    La collection Calciatori est le produit emblématique de Panini : le logo représentant le célèbre retourné acrobatique de Carlo Parola est devenu l’une des images les plus reconnaissables de la culture visuelle du sport international.

    Un imaginaire footballistique italo-tunisien

    L’exposition comprend également une section consacrée aux liens culturels entre l’Italie et la Tunisie, tissés notamment grâce à la diffusion de la télévision italienne. Celle-ci a contribué pendant plusieurs décennies à la circulation de langues, de modèles culturels et de références partagés. Les années 1980 et 1990 – période d’une importance internationale exceptionnelle pour la Serie A – ont constitué un moment charnière dans la construction d’un imaginaire footballistique commun, alimenté par les retransmissions télévisées, les commentaires sportifs et des figures emblématiques restées gravées dans la mémoire collective des deux rives méditerranéennes.

    Au cœur de l’exposition se trouve la production Panini, née à Modène en 1961 et devenue au fil du temps un phénomène d’édition mondial.

    De la première édition consacrée à la saison 1961-1962 aux productions contemporaines, les vignettes Panini racontent non seulement l’histoire du football, mais aussi celle du graphisme, de la culture populaire et de l’évolution des techniques d’édition.

    La figure du footballeur en buste est l’une des images les plus profondément ancrées dans la mémoire collective contemporaine. Au fil du temps, les visages imprimés sur ces petits autocollants rectangulaires se sont chargés d’une multitude de significations.

    L’un des thèmes centraux de l’exposition est l’évolution du langage visuel des autocollants et des publications Panini. Des premières éditions, caractérisées par une esthétique simple et élégante, on observe une évolution progressive vers une imagerie plus riche, plus dynamique et plus populaire. Cette transformation reflète non seulement l’évolution des goûts esthétiques, mais aussi celle des références culturelles et des modes de représentation du football.

    Tout en conservant un attrait intergénérationnel, les albums ont introduit de nombreuses innovations : autocollants métalliques, différents matériaux, séries plus courtes, informations de plus en plus détaillées et, plus récemment, des collections dédiées au football féminin. C’est précisément cette transformation constante qui a renforcé la puissance symbolique et évocatrice des autocollants.

    L’exposition se présente ainsi comme un voyage à travers l’édition visuelle du football : une histoire qui traverse les générations, les souvenirs et les frontières culturelles, unissant esthétique populaire, identité collective et culture sportive dans un langage universel.

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    70e anniversaire de l’armée tunisienne | Neutralité politique et loyauté à l’Etat

    25. Juni 2026 um 10:15

    L’armée nationale tunisienne célèbre le 70e anniversaire de sa création en 1956, quelques mois après l’indépendance, acquise le 20 mars 1956. Devenue l’une des institutions piliers de l’État tunisien, engagée dans la lutte pour la pleine souveraineté nationale ainsi que dans les défis de sécurité, de développement et de coopération internationale, elle s’est toujours gardée, à la différence de la plupart des armées arabes et africaines, de se mêler directement à la politique, et c’est ce qui fait sa spécificité et sa différence, malgré les tentatives visant à l’impliquer davantage dans la gestion des conflits internes.

    Latif Belhedi

    Selon l’agence de presse officielle Tap, cet anniversaire rappelle le rôle des forces armées dans la consolidation de la souveraineté nationale en prenant part aux événements de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, à la bataille de Remada en mai de la même année et à la bataille de l’évacuation de Bizerte en juillet 1961, qui s’est achevée le 15 octobre 1963 avec le départ du dernier soldat français du pays.

    Aujourd’hui, l’armée tunisienne est engagée non seulement dans la défense du territoire et la protection des frontières, mais aussi dans la lutte contre le terrorisme, la lutte contre l’immigration irrégulière, la réponse aux catastrophes naturelles et le soutien logistique à l’État.

    Pour marquer cet anniversaire, le ministère de la Défense organise, du 20 au 26 juin, une exposition documentaire sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis, consacrée à l’histoire, aux missions et à l’évolution de l’institution militaire. L’exposition met également en lumière la contribution de l’armée à la formation professionnelle, au développement des régions intérieures et sahariennes, ainsi qu’aux missions internationales de maintien de la paix.

    Un contexte régional marqué par l’instabilité

    Cette célébration intervient dans un contexte régional marqué par l’instabilité en Libye, les flux migratoires et les tensions en Méditerranée et au Sahel.

    Dans ce contexte, le 70e anniversaire revêt également une importance politique : il réaffirme le rôle de l’armée comme institution républicaine centrale, garante de la souveraineté et de la stabilité tunisiennes. Sa mission ne se limite pas à la protection de l’intégrité territoriale, elle consiste aussi au soutien au développement du pays.

    La création de l’armée tunisienne s’inscrivait dans le cadre du processus de consolidation de l’indépendance. Les forces armées furent appelées à combattre les derniers bastions de la présence coloniale française, notamment lors des événements de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, de la bataille de Remada en mai de la même année et de la bataille de Bizerte en juillet 1961, qui s’achèvera par le retrait définitif des troupes françaises le 15 octobre 1963.

    Aujourd’hui, l’armée continue de jouer un rôle central dans la sécurité nationale, contribuant à la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, la contrebande, le trafic d’êtres humains et l’immigration clandestine. Elle participe également aux opérations de protection civile, à la lutte contre les incendies et apporte son aide lors de situations d’urgence et de catastrophes naturelles.

    60 ans au service de la paix dans le monde

    Sur le plan international, la Tunisie peut se targuer de plus de soixante ans de participation aux missions de maintien de la paix des Nations Unies. En 1960, le président Habib Bourguiba décida d’envoyer 3 000 soldats au Congo, inaugurant une collaboration avec l’Onu qui a permis, à ce jour, la participation à 26 missions internationales et le déploiement de contingents de soldats tunisiens. Actuellement, plus de 800 personnes sont engagées dans la mission de l’Onu en République centrafricaine.

    Ces dernières années, la Tunisie a investi dans la production militaire nationale afin de réduire sa dépendance aux importations et de maîtriser ses dépenses de défense. Parmi les réalisations les plus significatives figurent le véhicule blindé résistant aux mines «Barb», conçu et construit par des techniciens militaires tunisiens, et la construction de navires de guerre de fabrication locale, dont le patrouilleur «Istiqlal B201». Un nouveau patrouilleur de 52 mètres pour la Marine tunisienne est également en construction, avec une mise en service prévue pour fin 2026.

    Cette stratégie de production militaire répond non seulement aux besoins de sécurité, mais constitue également un moteur de croissance industrielle, d’innovation technologique, de formation professionnelle et de création d’emplois.

    A l’écart des manœuvres politiciennes pour le pouvoir

    L’armée tunisienne a certes souvent été entraînée à gérer des situations extrêmes et a fait face à de nombreuses tentatives du pouvoir politique de l’entraîner dans le sillage de ses conflits internes, mais elle a toujours su résister, jusque-là, à la tentation de s’y impliquer. Sous Bourguiba, comme sous Ben Ali et même après, elle s’est toujours tenue à l’écart des manœuvres politiciennes pour le pouvoir. Ce fut le cas après la fuite de Ben Ali le 14 janvier 2011. Ce soir-là, lors d’une réunion de crise au ministère de l’Intérieur, le chef d’état-major de l’époque, le général Rachid Ammar, avait répondu vertement au Premier ministre Mohamed Ghannouchi qui lui demandait de prendre les commandes du pays. «Ce sont les politiciens qui ont créé cette situation. Et c’est à eux de la gérer de la meilleure façon possible. Le rôle de l’armée consiste à protéger le pays et à garder ses frontières».

    Le pouvoir était à prendre, mais l’armée s’était gardée de faire le pas, et cela mérite d’être souligné.  

    Très récemment, et en réaction à des appels politiques interpellant l’armée tunisienne sur la situation politique intérieure dans le pays, relayés par certains médias, le ministère de la Défense nationale a rompu son silence habituel pour rappeler, dans un communiqué au ton ferme, diffusé le 21 mai 2026, les fondements républicains de l’armée tunisienne : sa neutralité, son refus d’être impliquée dans des «tiraillements politiques» et son attachement aux lois de l’État.

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    L’aéroport de Tozeur-Nefta passera bientôt au solaire

    25. Juni 2026 um 09:08

    Pour ses besoins énergétiques, l’aéroport international de Tozeur-Nefta va bientôt passer au solaire avec une centrale de 4 mégawatts s’inscrivant dans le cadre du programme national de transition énergétique pour les infrastructures publiques.

    Le contrat d’exécution du projet de construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 4 mégawatts à l’aéroport de Tozeur-Nefta a été signé le 19 juin 2026, au siège de l’Agence nationale de l’énergie (ANME), lançant ainsi l’une des initiatives d’autoproduction d’énergie les plus importantes du secteur des transports publics.

    Cette centrale vise à réduire les coûts d’approvisionnement en électricité et à promouvoir un transport aérien plus durable grâce à un recours accru aux énergies renouvelables.

    La cérémonie de signature s’est déroulée en présence du directeur général de l’ANME, Nafaa Baccari, du directeur général par intérim de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca), Habib Toumi, et de représentants de l’entreprise chargée de la construction.

    Selon l’ANME, cette centrale représente la plus grande unité d’autoproduction d’électricité jamais prévue dans le secteur public tunisien.

    M. Baccari a qualifié le projet de «tournant qualitatif» dans la décarbonation des institutions publiques, insistant sur la nécessité de respecter les délais contractuels.

    M. Toumi a souligné que la centrale couvrira une part importante des besoins énergétiques de l’aéroport de Tozeur-Nefta et contribuera également à l’alimentation électrique de l’aéroport de Djerba-Zarzis, améliorant ainsi son efficacité énergétique et réduisant sa dépendance au réseau national.

    I. B.

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    Football | Où ira Mo Salah ?

    25. Juni 2026 um 08:51

    La semaine prochaine, Mohamed Salah sera officiellement libre de tout contrat. À moins que son avenir ne soit réglé d’ici là, le capitaine des Pharaons et gloire de Liverpool pendant une décennie pourrait se retrouver dans la situation inhabituelle de continuer à disputer la Coupe du monde sans être lié à aucun club.

    Imed Bahri

    The Athletic, le journal sportif en ligne du New York Times, indique que bien que le joueur de 34 ans ne manque pas d’offres et que les considérations financières ne soient pas un obstacle pour l’un des joueurs les mieux payés au monde, son avenir reste un mystère. Alors que plusieurs stars en fin de contrat ont déjà choisi leur prochaine destination ou sont sur le point de le faire, Salah demeure le plus grand nom à ne pas avoir encore révélé sa décision. 

    Son agent Ramy Abbas a tenu à mettre fin aux spéculations il y a deux semaines, confirmant via son compte X que le joueur préfère garder la confidentialité sur ses projets. Il a déclaré que Salah «va bien» et que «ni lui ni son agent ne souhaitent discuter de projets d’avenir sensibles avec des personnes non impliquées», indiquant clairement qu’aucune décision ne sera annoncée prématurément.

    La piste européenne

    Malgré les nombreuses rumeurs, un retour à Liverpool semble très improbable. Après neuf saisons à Anfield, Salah a fait ses adieux au club et à ses supporters à la fin de la saison anglaise, acceptant de résilier son contrat et de partir libre. Un retour en arrière est donc pratiquement impossible.

    De plus, un transfert vers un autre grand club de Premier League paraît compliqué. Arsenal et Manchester City n’ont pas de besoin évident d’un joueur à son poste, tandis qu’un transfert à Manchester United est difficilement envisageable compte tenu du choc qu’il provoquerait chez les supporters de Liverpool. Aston Villa, bien que propriété du milliardaire égyptien Nassef Sawiris (jeune frère de Naguib Sawiris) n’a pas les moyens financiers de se positionner pour le recruter, et l’aventure à Chelsea s’est terminée après son départ de Stamford Bridge en 2016, suite à une période décevante.

    Néanmoins, Salah reste très respecté en Europe, notamment après ses passages réussis en Serie A à la Fiorentina et à la Roma avant son arrivée en Angleterre. Un retour en Italie semble possible, mais le principal obstacle est son salaire élevé. Le Milan AC et la Juventus ne participent pas à la Ligue des Champions, ce qui impose des contraintes financières, tandis qu’Inter, Naples, la Roma et Côme (Como 1907) ont des priorités différentes sur le marché des transferts.

    Salah reste animé par la soif de titres et jouer simplement pour participer ne correspond pas à sa personnalité. C’est un joueur habitué à gagner et il croit toujours en sa capacité à faire la différence.

    Bien que sa dernière saison à Liverpool ait été marquée par un nombre de buts, de passes décisives et de matchs joués inférieur à celui des saisons précédentes, cela ne signifie pas nécessairement que son niveau a baissé de manière significative, surtout s’il rejoint un championnat moins compétitif que la Premier League anglaise.

    Selon The Athletic, le style de jeu de Mo Salah repose en grande partie sur la présence d’un latéral droit solide qui le soutient offensivement et assure ses tâches défensives, comme c’était le cas avec Trent Alexander-Arnold à Liverpool. Ce facteur pourrait dissuader certains clubs d’entamer des négociations pour le recruter.

    Par ailleurs, les portes des autres grands championnats européens semblent pour l’instant fermées. Le Bayern Munich privilégie le recrutement de jeunes joueurs, et le Paris Saint-Germain, qui dispose déjà d’une attaque de stars, cible également d’autres joueurs sur le marché des transferts. Rien n’indique que le Real Madrid, le FC Barcelone ou l’Atlético de Madrid soient intéressés par le capitaine égyptien, même si son style de jeu semble parfaitement adapté à la Liga.

    Face à l’incertitude qui plane toujours sur la situation européenne, trois options principales hors du continent se dégagent.

    Une aventure extra-européenne ? 

    La première est le championnat turc, où le nouveau président de Fenerbahçe Aziz Yıldırım a révélé durant sa campagne électorale que Salah réclamait un salaire annuel de 20 millions d’euros, pouvant atteindre environ 30 millions d’euros après impôts. Un contrat de trois ans pourrait donc s’élever à 90 millions d’euros, même s’il a insisté sur le fait que la décision finale revenait au comité technique du club.

    Le championnat saoudien reste un candidat sérieux pour attirer le joueur, notamment grâce à son statut de plus grande star arabe du football mondial. Sa présence constituerait un atout marketing et sportif majeur pour la compétition. Si les dépenses saoudiennes ne sont plus au même niveau qu’en 2023, année où Salah a reçu une offre lucrative d’Al-Ittihad de Djeddah, le championnat a encore le potentiel de proposer un projet attractif, en particulier avec la présence de stars internationales comme Cristiano Ronaldo.

    Cependant, un transfert au Moyen-Orient pourrait signifier la fin de sa carrière européenne. Il aura 36 ou 37 ans à l’expiration de son prochain contrat, un âge qui rend un retour en Ligue des Champions extrêmement difficile.

    La troisième option est la Major League Soccer (MLS), un club auquel Salah a été régulièrement associé ces derniers mois. Le commissaire de la MLS, Don Garber, a confirmé son désir de voir le capitaine égyptien aux États-Unis, citant le succès de Lionel Messi à l’Inter Miami, où l’Argentin a inscrit 78 buts en 91 matchs depuis son arrivée il y a trois ans.

    Bien que le niveau technique de la MLS soit inférieur à celui de la Premier League, il est en constante évolution, et le mode de vie y pourrait convenir à Salah et à sa famille en fin de carrière.

    Alors que plusieurs stars ont déjà trouvé leur nouvelle destination, comme Ibrahima Konaté et Bernardo Silva, qui ont rejoint le Real Madrid, et Casemiro, qui semble proche de signer à l’Inter Miami, l’avenir de Mohamed Salah reste l’un des sujets les plus intrigants du mercato.

    Malgré ses 34 ans, le capitaine égyptien possède toujours le talent nécessaire pour briller dans n’importe quel championnat, comme il le prouve lors de cette Coupe du Monde. Il a mené son équipe nationale à sa toute première victoire en Coupe du Monde, marquant un but et délivrant une passe décisive à «Trézéguet» (de son vrai nom Mahmoud Ahmed Ibrahim Hassan) contre la Nouvelle-Zélande, faisant étalage de son flair habituel avec des courses sur le flanc droit et des incursions dans la surface.

    Dès lors, la question n’est plus de savoir si Mo Salah trouvera un nouveau club, mais plutôt quel projet il choisira pour conclure l’une des plus grandes carrières de l’histoire du football arabe et africain. Annoncera-t-il sa prochaine destination avant la fin de la Coupe du Monde, ou continuera-t-il d’écrire l’histoire du tournoi en tant que joueur libre le plus célèbre du monde du football ?

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    La Colombie élit un président trumpiste !

    25. Juni 2026 um 08:23

    Une vague trumpiste déferle sur l’Amérique latine, préfigurant un bouleversement majeur du paysage politique régional. La Colombie est la dernière en date à s’inscrire dans cette tendance et ce, suite à l’annonce de la victoire d’Abelardo de la Espriella, avocat américano-colombien populiste de droite soutenu par le locataire de la Maison Blanche, à l’élection présidentielle.

    Imed Bahri

    Selon le Wall Street Journal (WSJ), Donald Trump a atteint son objectif lors des élections latino-américaines successives. Les candidats de tendance droite populiste, proches de l’Américain, ont vaincu leurs rivaux de gauche dans toute la région, tandis que l’administration américaine actuelle poursuit son interventionnisme le plus agressif en Amérique centrale et du Sud depuis des décennies. 

    L’Argentine, le Honduras, le Costa Rica, le Chili, la Bolivie et l’Équateur ont tous vu leurs gouvernements basculer à droite et devenir pro-Trump ou lui être favorables. La Colombie rejoint désormais cette tendance après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle.

    Un populiste atypique

    De la Espriella, 47 ans, également citoyen américain et qui n’hésite pas à afficher sa richesse, est une figure populiste extérieure à l’establishment politique traditionnel. Il n’a jamais occupé de fonction publique et a fait carrière comme avocat, défendant des chefs paramilitaires et des personnalités controversées.

    Son programme repose sur une répression sécuritaire sévère contre le crime organisé et les trafiquants de cocaïne. Cette approche est similaire à celle du président salvadorien Nayib Bukele qui a emprisonné plus de 85 000 personnes dans le cadre de sa campagne sécuritaire, sans que nombre d’entre elles n’aient bénéficié d’un procès équitable.

    Le président élu s’est engagé à construire d’immenses prisons et camps de concentration pour ceux qu’il qualifie de terroristes narcotrafiquants.

    Il a également annoncé l’abandon du plan de paix global et des efforts de négociation initiés par le président de gauche sortant Gustavo Petro avec les groupes armés afin de les persuader de déposer les armes.

    De la Espriella a déclaré lors d’une interview à la radio et à la télévision locales : «Notre gouvernement fera vivre les hors-la-loi et les criminels dans la peur. Nous avons vaincu le système, l’establishment politique et les élites habituelles. Nous avons gagné sur tous les plans et contre toute attente»

    Critiques de l’ingérence américaine

    L’ascension de De la Espriella avait été favorisée par le soutien public de Trump qui l’a décrit comme un dirigeant intelligent, fort et déterminé. Trump s’en est pris à son rival Cepeda, le qualifiant de marxiste d’extrême gauche et affirmant que la Colombie «bénéficiera du soutien total des États-Unis si le Tigre l’emporte»

    Des alliés de Trump, comme le consultant politique conservateur Roger Jason, avaient exprimé leur soutien à la vague populiste en Colombie. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a rapidement félicité le nouveau président via la plateforme X, affirmant que des jours meilleurs attendaient la Colombie sous sa nouvelle direction.

    L’ingérence américaine dans les élections a suscité de vives critiques de la part de onze membres démocrates du Congrès américain. Ces parlementaires ont signé une lettre dénonçant l’ingérence flagrante de responsables américains en faveur d’un candidat au passé trouble, en contradiction avec les intérêts et les lois des États-Unis.

    La lettre accuse De la Espriella d’avoir fait l’éloge de chefs paramilitaires et d’avoir profité de fonds prétendument destinés à corrompre des hauts responsables judiciaires.

    Le président sortant Gustavo Petro avait auparavant condamné la détention aux États-Unis d’un militant colombien qui le soutenait, accusant De la Espriella d’y avoir contribué.

    Le déclin de la droite traditionnelle

    Les partisans du nouveau président ont défendu son style trumpien et sa rhétorique simple et passionnée, qu’il a utilisée pour rallier des sympathisants et lancer une marque de vêtements et d’alcool. Cette rhétorique lui a permis de se démarquer du parti conservateur (droite traditionnelle) de l’ancien président Álvaro Uribe Vélez.

    Selon les analystes politiques locaux, la popularité déclinante d’Uribe et les allégations de corruption ont conduit les dirigeants de droite à abandonner la droite traditionnelle et à apporter leur soutien à De la Espriella. Ce soutien témoigne de la frustration généralisée de la population face à une augmentation de 55% de la production de cocaïne par rapport à 2000 et au doublement des effectifs des milices.

    Inquiétudes économiques et politiques

    L’arrivée au pouvoir de Abelardo de la Espriella soulève des inquiétudes économiques et politiques, étant donné que son parti ne détient que quatre sièges au Sénat et un seul au Congrès colombien. Cette faiblesse parlementaire entrave son plan économique visant à réduire les dépenses de 40%, à fermer neuf ministères et à licencier 700 000 employés.

    De plus, des experts internationaux en surveillance des conflits ont averti que le recours à la force militaire plutôt qu’à la négociation risque d’aggraver les abus de pouvoir et de raviver les conflits armés.

    Ce nouveau discours politique imite les opérations militaires américaines dans les Caraïbes, fondées sur le principe de tirer d’abord et d’enquêter ensuite.

    Avec ces pays ayant basculés successivement dans la droite populiste et ayant pour modèle Trump mais également avec le changement de régime au Venezuela en janvier dernier avec le kidnapping de Nicolás Maduro et le blocus imposé à Cuba visant à faire tomber le régime, l’administration américaine actuelle qui a subi un camouflet au Moyen-Orient avec la guerre d’Iran est par contre en train de réussir son pari en Amérique latine en se débarrassant de la gauche et en ayant à sa place des dirigeants qui lui sont dociles.

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    Amnesty International appelle la Tunisie à libérer Saadia Mosbah

    25. Juni 2026 um 08:19

    Amnesty International a publié le communiqué de presse suivant, daté du 24 juin 2026 et intitulé «Le procès de Saadia Mosbah et de ses collègues n’est pas une affaire financière… mais un message d’intimidation», appelant la Tunisie à libérer la militante antiraciste et à annuler les condamnations prononcées à son encontre ainsi qu’à celles de ses collègues de l’association Mnemty.

    « Amnesty International condamne avec la plus grande fermeté la décision rendue le 23 juin 2026 par la Cour d’appel de Tunis, qui a confirmé le verdict initial injuste prononcé contre la célèbre militante tunisienne antiraciste Saadia Mosbah — présidente de l’association Mnemty — ainsi que les peines infligées aux membres et collaborateurs de l’association.

    La confirmation de la peine de huit ans de prison et des sanctions financières prononcées à l’encontre de Saadia Mosbah constitue un grave revers pour la justice et le droit à un procès équitable. Ce verdict envoie un message clair d’intimidation à tous les défenseurs des droits humains, en particulier à ceux qui luttent contre le racisme et défendent les droits des migrants et des personnes noires en Tunisie.

    L’organisation souligne que ce verdict ne peut être dissocié du contexte plus large marqué par les restrictions imposées à la société civile, le recours à des accusations financières vagues et dénuées de preuves crédibles pour cibler associations et militants, ainsi que la criminalisation de la solidarité et du travail légitime en faveur des droits humains.

    Amnesty International condamne également la décision de la Tunisie d’interdire aux représentants de l’organisation et d’autres groupes de la société civile d’assister aux audiences des 19 et 23 juin, y voyant une violation du principe de publicité des audiences ainsi qu’une source de vive inquiétude quant aux garanties d’un procès équitable et à la transparence des procédures judiciaires.

    Par conséquent, Amnesty International appelle les autorités tunisiennes à :

    – libérer immédiatement et sans condition Saadia Mosbah ;

    – annuler sa condamnation ainsi que celles de ses collègues de l’association Mnemty ;

    – garantir le plein respect de leur droit à un procès équitable ;

    – mener une enquête sérieuse et indépendante sur toutes les allégations de racisme et de mauvais traitements en détention ;

    – et mettre fin à l’instrumentalisation de la justice pour criminaliser le travail en faveur des droits humains et restreindre la société civile.»

    Communiqué.

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    Kaouther Ben Hania au jury de la 83e Mostra de Venise

    24. Juni 2026 um 13:34

    La réalisatrice et scénariste tunisienne Kaouther Ben Hania fera partie du jury international de la compétition officielle de la 83e Mostra de Venise, qui se tiendra du 2 au 12 septembre 2026. Le jury sera présidé par l’actrice, réalisatrice, scénariste et productrice américaine Maggie Gyllenhaal.

    Cette désignation représente une nouvelle reconnaissance internationale pour Kaouther Ben Hania, l’une des figures les plus importantes du cinéma tunisien contemporain.

    La cinéaste a consolidé sa réputation grâce à un style mêlant documentaire et fiction, abordant les thèmes de la violence, de l’injustice et de la condition individuelle au sein des systèmes de pouvoir. Son dernier film, ‘‘La Voix de Hind Rajab’’, présenté en compétition à la Mostra de Venise, a remporté le Lion d’argent, le Grand Prix du Jury et a été nommé à l’Oscar du meilleur film international.

    Auparavant, ‘‘Les Filles d’Olfa’’ avait remporté l’Œil d’or, le prestigieux prix du documentaire décerné chaque année lors du Festival de Cannes, et avait été nommé à l’Oscar du meilleur documentaire, tandis que ‘‘L’Homme qui vendit sa peau’’ avait figuré parmi les cinq meilleurs films en lice pour le titre de meilleur film international.

    Pour la Tunisie, la présence de Ben Hania au sein du jury de Venise confirme l’importance croissante du cinéma national sur la scène internationale, après une saison marquée par des sélections, des prix et des nominations qui ont offert une nouvelle visibilité à la production tunisienne et, plus généralement, au cinéma arabe et africain.

    Outre Kaouther Ben Hania, le jury sera composé du compositeur et artiste britannique Daniel Blumberg, du professeur italien Francesco Casetti, du réalisateur et scénariste français Xavier Giannoli, de la réalisatrice et scénariste afghane Shahrbanoo Sadat et du réalisateur et producteur hongkongais Johnnie To.

    I. B.

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    Les raisons de l’échec des entreprises communautaires en Tunisie

    24. Juni 2026 um 12:34

    Les entreprises communautaires sont un échec. Je l’expliquais déjà il y a des années et je le répète aujourd’hui… L’avantage même que leur accorde le décret présidant à leur création est l’une des causes de leur échec. Lorsque nous désignons ce type d’entreprise et le présentons comme une solution alternative pour la création de richesse et le développement local, au détriment du tissu économique constitué par d’autres types d’entreprises, nous condamnons non seulement un système économique existant à l’échec, mais aussi un nouveau système mort-né.

    Sami Jallouli *

    Au-delà de l’aspect législatif er réglementaires, analysons les raisons structurelles de cet échec :

    1. La plupart de ces entreprises disposent de ressources d’autofinancement très limitées. Il est illogique de créer une société avec 50 associés et un capital qui n’excède parfois pas 20 000 dinars. Cela traduit une volonté de mutualiser les ressources sans modèle économique clair garantissant la pérennité de l’activité.

    Même en cas de succès, la répartition des bénéfices entre un si grand nombre d’associés rendrait les rendements individuels négligeables, décourageant ainsi les actionnaires de développer l’entreprise et affaiblissant leur sens des responsabilités et leur propension à prendre des risques. Ceci conduit souvent à une négligence de la gestion ou à un abandon au premier obstacle…

    2. L’une des principales raisons de l’échec de ce modèle réside dans son lien avec un agenda politique plutôt que commercial ou d’investissement. Historiquement, la Tunisie a une expérience douloureuse avec ce type d’organisation économique. Le mouvement coopératif (promu dans les années 1960 par Ahmed Ben Slah, Ndlr) et les tragédies qu’il a engendrées restent une plaie ouverte dans la conscience collective, plus de 50 ans après son échec.

    3. Les banques abordent ces entreprises avec une extrême prudence, les considérant comme des projets politiques dépourvus de viabilité commerciale. La plupart des banques appartenant au secteur privé, elles rechignent à risquer les fonds de leurs partenaires sur un avenir incertain. En s’abstenant de financer ces entreprises, les banques privées les rendent dépendantes du soutien public, ce qui s’apparente à une recherche de rente et perpétue leur soumission au pouvoir central.

    4. Bien que ces sociétés soient régies par un décret présidentiel, l’idée même que leur émergence soit liée à une décision politique imposée d’en haut constitue une faille majeure. L’expérience tunisienne avec des mécanismes de financement similaires, tels que la Banque de solidarité et le Fonds 26-26, en est un exemple frappant. Malgré leur dynamisme relatif, un pourcentage significatif des projets qu’ils ont financés a échoué, comme en témoigne le volume des prêts n’ayant pas été remboursés. Parce que ces sociétés privées sont liées à la vision du président, elles sont devenues les victimes d’un conflit entre ceux qui les soutiennent par simple loyauté et ceux qui les entravent pour des raisons politiques… ce qui engendre un climat d’investissement instable.

    5. La plupart des fondateurs sont des jeunes ou des personnes sans emploi qui manquent d’expérience en matière de gestion de grandes entreprises, de logistique et de marketing. Ce manque d’expérience constitue un obstacle majeur pour toute entreprise naissante. Nommer des personnes sans emploi à la tête d’entreprises par décret politique, sans formation ni perfectionnement intensifs, représente un pari risqué pour leur avenir et pour les ressources publiques.

    6. Quels que soient les efforts déployés par l’État pour promouvoir ces entreprises, elles se heurteront à une concurrence féroce de la part du secteur privé structuré, qui dispose de réseaux, d’une expertise technique et de circuits de distribution sophistiqués. Sans parler du manque de confiance au sein de leurs conseils d’administration et de la difficulté à prendre des décisions collectives… et, plus inquiétant encore, du risque que ces entreprises se transforment en groupes de pression, déviant de leurs objectifs économiques pour poursuivre des visées politiques…

    Reconnaître l’échec d’un modèle économique n’est pas honteux ; la honte réside dans la persistance de cet échec… La Tunisie a besoin de réformes profondes et globales de son système économique… Et les entreprises communautaires ne sont clairement pas la réponse adéquate à ce besoin.  

    Article traduit de l’arabe.

    * Consultant juridique.

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    Programme pour renforcer l’emploi dans le secteur automobile en Tunisie

    24. Juni 2026 um 11:14

    Une journée «Formation, insertion et partenariat automobile» s’est tenue le mardi 23 juin 2026 à l’hôtel Radisson Blu Tunis, dans le cadre d’une mobilisation conjointe tuniso-européenne pour renforcer l’employabilité et les compétences dans le secteur automobile en Tunisie.

    La journée, organisée sous l’égide du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, s’est tenue en présence de Jacqueline Groth, cheffe de la coopération allemande auprès de l’ambassade de l’Allemagne, de Aude Galli, attachée de coopération auprès de la Délégation de l’Union européenne en Tunisie, de Mariem Elloumi, présidente de l’Association tunisienne de l’automobile (TAA), ainsi que de représentants des entreprises du secteur automobile, des structures publiques, des organisations professionnelles et des partenaires institutionnels.

    La journée partenariat automobile s’inscrit dans le cadre du projet Pase co-financé par l’UE et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par la GIZ Tunisie en partenariat avec le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

    Cette initiative vise à renforcer les partenariats public-privé dans les domaines de la formation et de l’insertion professionnelle, à travers une meilleure compréhension des besoins et des attentes des acteurs publics et privés du secteur automobile ; la valorisation des mécanismes existants et des opportunités de coopération en matière de développement des compétences et de formation professionnelle; l’identification des besoins des entreprises en ressources humaines et en qualifications professionnelles; l’engagement concret de recrutement et d’insertion professionnelle (+ de 1600 postes d’emploi à pourvoir) ; le renforcement du dialogue entre les différents intervenants afin de favoriser l’émergence de nouveaux partenariats sectoriels durables; et la promotion des expériences réussies et des bonnes pratiques développées dans le cadre des projets soutenus par le ministère et la GIZ.

    La rencontre a également été marquée par la signature de conventions de partenariat entre le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et la TAA, ainsi qu’entre six entreprises du secteur et l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (Aneti), concrétisant des engagements pour plus de 1600 opportunités d’emploi dans le secteur automobile, traduisant ainsi une volonté de renforcer l’insertion professionnelle des chercheurs d’emploi et de rapprocher durablement les dispositifs de formation des besoins réels des entreprises.

    À cette occasion, trois entreprises ont reçu le label “Entreprise Formatrice”, en reconnaissance de leur contribution au développement des compétences, à l’accueil des stagiaires et à l’accompagnement des parcours de formation professionnelle.

    Cette initiative devrait contribuer à renforcer la visibilité des dispositifs publics d’appui à l’emploi et à la formation, à favoriser de nouveaux engagements de recrutement et d’insertion professionnelle, et à consolider la coopération entre les acteurs publics et privés au service du développement du capital humain et de la compétitivité du secteur automobile tunisien.

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    La Place du Maghreb à Kairouan bientôt inaugurée après son réaménagement

    24. Juni 2026 um 09:36

    La Place du Maghreb Arabe, située au cœur de la ville historique de Kairouan, sera officiellement inaugurée le samedi 4 juillet 2026, au terme d’un processus de réaménagement urbain participatif et sensible au genre.

    Cette action est menée conjointement par la Municipalité de Kairouan et Cities Alliance, avec le soutien de la Coopération suisse en Tunisie et d’Affaires mondiales Canada, et ce dans le cadre du programmeFemmedina, qui vise à intégrer systématiquement les besoins, les usages et les aspirations des femmes dans les processus de planification urbaine.

    Bien plus qu’un simple projet d’aménagement, la transformation de la Place du Maghreb Arabe traduit une nouvelle manière de concevoir l’espace public dans les médinas tunisiennes : une approche fondée sur l’écoute des habitantes et habitants, la participation citoyenne, l’inclusion sociale et la prise en compte des besoins spécifiques des femmes.

    À travers des ateliers de co-création, des marches exploratoires de sécurité, des cartographies communautaires sensibles au genre et des consultations de proximité, les femmes du quartier ; habitantes, commerçantes, artisanes et mères de famille, ont activement contribué à identifier les contraintes rencontrées dans l’espace public et à proposer des solutions adaptées à leurs besoins.

    Ces consultations ont mis en évidence plusieurs défis liés à la sécurité, au manque d’espaces de rencontre, à l’accessibilité, à la faible visibilité des activités économiques féminines et à la qualité des aménagements urbains.

    En réponse, les travaux ont permis d’améliorer l’éclairage public, d’installer du mobilier urbain, de créer des espaces de repos et de rencontre, de renforcer l’accessibilité universelle et de valoriser le potentiel économique, culturel et patrimonial du site.

    Un cadre plus sûr pour les femmes

    Située au cœur de la médina de Kairouan, la Place du Maghreb Arabe occupe une position stratégique dans la vie quotidienne des habitantes et habitants. Longtemps perçue principalement comme un espace de passage, elle retrouve aujourd’hui sa vocation de lieu de rencontre, d’échange, de convivialité et d’expression citoyenne.

    La nouvelle place offre désormais un cadre plus sûr, plus accessible et plus accueillant pour les femmes, les familles, les jeunes et les personnes âgées. Elle contribue également à renforcer les liens sociaux, à encourager l’appropriation citoyenne de l’espace public et à redonner une visibilité accrue aux femmes dans la ville.

    «Aujourd’hui, nous avons enfin un espace où les femmes, les familles et les jeunes peuvent se rencontrer, participer à des activités et profiter pleinement de leur ville», témoigne une participante aux ateliers de co-création.

    À Kairouan, comme à Sousse, Mahdia et Msaken, Femmedina démontre qu’un urbanisme participatif et sensible au genre peut renforcer la qualité de vie, la sécurité, la cohésion sociale, la participation citoyenne, l’autonomisation économique des femmes et la durabilité des investissements publics.

    L’expérience de Kairouan constitue ainsi une référence en matière de réaménagement participatif des espaces publics dans les médinas tunisiennes et ouvre la voie à la reproduction de ce modèle dans d’autres villes du pays.

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    L’industrie automobile en Tunisie au rendez-vous de la mobilité de demain

    24. Juni 2026 um 09:16

    De l’étincelle des premières lignes de montage à l’ère de l’électromobilité connectée, la Tunisie réaffirme avec conviction sa position de hub industriel stratégique et de partenaire de référence pour l’automobile mondiale.

    Le 3 juin 2026 à Tunis, la Tunisian Automotive Association (TAA) a célébré un moment clé : «60 ans d’héritage, 10 ans d’accélération».

    Cet événement a réuni institutions, industriels, partenaires nationaux et internationaux de l’écosystème automobile, ainsi que des représentants des médias, afin de rendre hommage à six décennies de savoir-faire industriel et à une décennie de structuration, de transformation et de rayonnement collectif. Il a également permis de tracer, ensemble, les contours d’une filière résolument tournée vers l’avenir.

    Cette trajectoire illustre une épopée humaine et technologique faite d’expertise, de résilience et d’alignement sur les standards internationaux, portée par une vision commune : celle d’un secteur stratégique national en position de force, pleinement engagé dans les défis de la mobilité de demain.

    Face aux investisseurs mondiaux, aux capitaines d’industrie, aux équipementiers et aux acteurs de la mobilité de demain, ce rendez-vous ne s’est pas limité au bilan. Il s’est imposé comme un manifeste : celui d’un écosystème mature, résilient et interconnecté, ancré dans une histoire industrielle solide, propulsé par une décennie d’accélération souveraine, et résolument tourné vers un horizon ambitieux au service de la filière automobile tunisienne et de son rayonnement international.

    Une saga industrielle

    Chaque grande industrie possède sa partition originelle. Celle de la Tunisie automobile s’est ouverte depuis sa fondation en 1960. À l’origine, le geste ouvrier, précis, qui assemblait les premières lignes cinématiques. Puis, décennie après décennie, la montée en gamme technologique a transfiguré le tissu industriel national. Les lignes d’assemblage rudimentaires ont cédé la place à des unités de production avancées, des centres d’excellence où convergent mécatronique intelligente, injection plastique de haute précision, et architectures de câblages complexes.

    Ce ne sont plus seulement des composants qui sortent des usines tunisiennes, mais les systèmes nerveux et les structures critiques des véhicules qui circulent sur les routes du monde. L’industrie nationale a réussi une intégration profonde dans les chaînes de valeur mondiales (global supply chains), où la réactivité, le respect des standards de qualité les plus exigeants et l’excellence opérationnelle ont forgé une réputation internationale indélébile. La Tunisie n’est plus un sous-traitant en périphérie ; elle est un maillon systémique, exportateur et compétitif, ancré au cœur de la dorsale automobile mondiale.

    «Cette célébration a marqué un jalon fondateur dans l’histoire de l’industrie automobile tunisienne. Six décennies d’engagement, de savoir-faire et de résilience ont forgé un tissu industriel qui s’est imposé comme pilier de notre économie nationale et territoire de confiance pour les grands acteurs internationaux. La décennie de la TAA a été celle de la structuration de la filière, fédérer nos industriels et positionner notre pays sur la carte mondiale de l’industrie automobile. Une transformation collective au service d’un rayonnement de nos compétences. C’est notre plus grande fierté. Nous revenons sur cette histoire pour écrire ensemble les prochains chapitres», a déclaré Myriam Elloumi, présidente de la TAA.

    Disruption et innovation en première ligne

    En 2016, sous l’impulsion de visionnaires et de leaders industriels, la TAA voyait le jour avec une ambition claire : transformer une somme d’expertises isolées en un bloc écosystémique unifié et compétitif.

    En dix ans, la TAA est devenue le catalyseur de la compétitivité tunisienne, le porte-voix d’une filière qui fédère aujourd’hui plus de 80 entreprises membres, représentant un poids économique déterminant dans l’emploi et la dynamique exportatrice du pays.

    L’accélération menée par la TAA s’est matérialisée par des réalisations majeures, parmi lesquelles :

    – le Pacte de Compétitivité : une alliance stratégique public-privé pour sanctuariser l’attractivité du site Tunisie et sécuriser les conditions d’investissement à long terme ;

    – la Tunisian Automotive Management Academy (Tama) : véritable pépinière de talents, dédiée à la formation d’ingénieurs et de managers calibrés pour les exigences de l’excellence technologique automobile mondiale ;

    – la transition énergétique : le virage engagé vers la durabilité des processus de fabrication et l’intégration de composants dédiés au véhicule électrique, positionnant la Tunisie dans la chaîne de valeur durable de la mobilité de demain.

    «Depuis 2016, notre protocole d’accord avec la TAA et plus tard avec la Tama, a transformé un engagement commun en collaboration durable. Face à l’électrification et la digitalisation et la mobilité durable, la TAA est idéalement positionnée pour jouer un rôle moteur d’innovation et de passerelle internationale. Notre souhait est que la TAA renforce son rôle de passerelle entre l’industrie, les décideurs publics et les partenaires internationaux, et poursuit ce développement d’un écosystème automobile tunisien dynamique et tourné vers l’avenir», a déclaré Hildegard Müller, présidente de la VDA.

    Par son action, la TAA a redéfini le sourcing international en démontrant que la Tunisie possède l’agilité requise pour absorber les chocs logistiques mondiaux tout en maintenant des standards de rentabilité et d’innovation élevés pour ses partenaires investisseurs.

    «Ces dix ans se résument en un seul mot ‘‘convergence’’. Les forces de notre industrie existaient en ordre dispersé. Aujourd’hui, industriels, institutions et talents ont la capacité de parler d’une seule voix avec la TAA. Les exportations du secteur sont passées de 624 millions d’euros en 2010 à près de 4 milliards d’euros en 2025. Une croissance moyenne de 16% par an depuis 2018, avec des projections à 4,2 milliards d’euros fin 2026. Ce rayonnement résulte de partenariats stratégiques bâtis avec la VDA QMC, la FIEV et l’AAAM à l’échelle africaine, qui ont permis d’attirer les leaders mondiaux du câblage, de l’électronique embarquée et des systèmes de sécurité. Le secteur compte aujourd’hui 300 entreprises, et plus de 120 000 emplois directs, un hub automobile reconnu, agile et stratégique. Une reconnaissance internationale alignée avec les exigences des plus grands constructeurs mondiaux», a déclaré Imed Charfeddine, vice-président de la TAA.

    Cap sur les mobilités de demain

    Regarder vers l’avant, c’est décoder les signaux faibles d’une industrie en pleine mutation logicielle (Software-Defined Vehicles) et énergétique. La Tunisie est positionnée pour l’étape suivante : la transition vers l’électromobilité, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus industriels et la souveraineté technologique durable.

    Ce manifeste est une invitation ouverte aux donneurs d’ordre mondiaux : la Tunisie offre bien plus qu’une proximité géographique avec l’Europe. Au-delà du nearshoring, elle s’impose comme un choix de valeur, un bestshoring assumé mettant à disposition un écosystème mature, un vivier de compétences et d’ingénierie hautement qualifiée et une volonté politique et industrielle d’anticiper la transition énergétique et l’éco-responsabilité de la filière automobile. 

    «Aujourd’hui, l’enjeu est l’innovation : s’adapter à une industrie disruptive, portée par de nouveaux acteurs, de nouvelles technologies et de nouvelles exigences environnementales. La TAA accompagne cette transformation, notamment via un programme startups soutenu par l’AFD et la CDC, visant à dépasser le simple POC pour produire des prototypes industrialisables. Notre force reste notre communauté : talents tunisiens, ingénieurs, industriels nationaux et internationaux, tous engagés pour faire rayonner la Tunisie au-delà de ses frontières», a déclaré Lamia Fourati, vice-présidente de la TAA.

    Cette célébration du 10e anniversaire de la TAA s’est affirmée comme un manifeste expérientiel majeur, une commémoration dédiée aux forces vives qui pilotent la transformation de la filière rythmée par des séquences immersives à haute intensité et la présence d’invités nationaux et internationaux de premier plan. Ce fut un grand rendez-vous où se sont scellées les alliances de demain.

    Pour les analystes de marché, la Tunisie fait la démonstration de sa force : elle n’émet plus de promesses, elle déploie une capacité d’exécution éprouvée et s’impose comme un carrefour automobile névralgique reliant trois continents.

    Le message adressé à l’écosystème mondial résonne comme un signal sans équivoque : connectez-vous à la trajectoire d’une filière en pleine accélération, résolument configurée pour une croissance durable, décarbonée et hautement compétitive.

    L’avenir de la mobilité s’écrit aussi sur le sol tunisien. Et le futur y a déjà trouvé son ancrage.

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    Chérif Ferjani | De l’humain pluriel aux principes de liberté et de justice

    24. Juni 2026 um 09:00

    Nous reproduisons ci-dessous le texte de l’hommage que l’auteur a rendu à son collègue, enseignant universitaire, chercheur et penseur politique Mohamed Chérif Ferjani, dans le cadre de la Foire du livre à Sousse, le 17 mai 2026, à l’occasion de la sortie de l’ouvrage collectif intitulé ‘‘Le religieux, l’humain et la laïcité’’, des ‘‘Mélanges’’ offerts à Ferjani, réunis par trois de ses collègues, récemment paru aux éditions Nirvana, à Tunis.

    Moncef Ben Abdeljelil *

    Mes cher-e-s collègues et ami-e-s Permettez -moi de vous remercier toutes et tous pour cette opportunité qui nous permet aujourd’hui et dans cet espace du livre de rendre hommage à un ami commun qui a un parcours académique et humain exceptionnel. Chérif nous réunit aujourd’hui et en ces moments délicieux pour parler de ses qualités humaines certes, comme l’a fait d’ailleurs Si Ben Baya avant moi, mais pour présenter surtout ce livre auquel ont contribué huit collègues dans la partie arabe et trente-quatre dans la partie francophone et magistralement préparé par un collègue et compagnon de longue date, Dr. Mohsen Ismaïl, bien que l’initiative fût prise par feu Mohamed Seffahi et Abdellatif Chaouite qui ont organisé une journée d’hommage à Chérif Ferjani à l’Université Lyon 2, le 20 mars 2025, et à laquelle j’ai participé.

    Je tiens à le rappeler pour instruire les lecteurs qui vont trouver dans ce livre volumineux deux de mes contributions et pourraient ainsi poser des questions. C’est ainsi que ce livre que je vais brièvement présenter illustre une expression de reconnaissance, d’amitié et d’engagement intellectuel envers la personne de Chérif Ferjani.

    Alors venons à cette figure emblématique ! Je souhaiterais l’approcher par ses composantes académiques qui m’auraient donné une idée sur le parcours que ce livre intitulé ‘‘Le religieux, l’humain et la laïcité’’ illustre amplement. Mohsen Ismaïl qui a choisi ce titre, a bien su formuler le parcours de Chérif.

    Habilité à diriger les recherches en 1996, soit moins de dix ans après l’obtention de son doctorat en sciences politiques, de l’Université de Lyon 2, Chérif entame une carrière académique riche et impressionnante. Enseignement mis à part, il encadre au total 11 thèses, dont celle de ma propre fille Racha ; il publie 10 livres qui parcourent les champs de l’islam/le religieux, la laïcité et le politique en rapport aux droits humains. Son dernier livre intitulé ‘‘Le Néolibéralisme et la révolution conservatrice’’ provoque depuis sa parution un débat de grande envergure parmi les intellectuels de tous bords. Aussi la production de Chérif compte-t-elle plus de soixante-dix (71 recensés dans ces mélanges) articles publiés dans différentes publications scientifiques de renom.

    C’est pour dire que nous sommes en présence de trois formes d’activités académiques : enseignement, encadrement des jeunes, construction de nouvelles perspectives intellectuelles par la publication de livres et l’invitation à repenser «l’établi» à travers les articles qui touchent encore aux mêmes champs d’exploration.

    Le phénomène religieux face à la modernité

    Il me semble ainsi que Chérif a présenté ce que lui a semblé une école qui remet en cause les fondements du phénomène religieux face à la modernité dans toutes ses représentations. Sa réflexion marie magistralement une excellente connaissance des sources arabe et des nouvelles théories des sciences humaines et sociales, d’où son approche sur laquelle je souhaiterais m’attarder.

    Philosophe de souche, Chérif s’est attaqué au champ religieux prenant l’islam, le politique et le comparatisme religieux comme perspectives d’investigation. Sa réflexion de philosophe a constitué la trame transversale de sa pensée. Au-delà de celle-ci, si possibilité est, Chérif embarque de plein pied dans la sociologie, dans l’anthropologie, faisant de l’histoire interprétative même un cadre de référence.

    A mon humble avis, Chérif s’est formé comme chercheur interdisciplinaire et a continué à s’assumer comme tel. Et ce faisant, il a découvert avec une sagesse irréfutable l’idée de l’humain pluriel, de la construction sociale et idéologique du religieux, l’essence du politique comme jeu des pouvoirs et le fondement de l’homme sur le principe de la liberté.

    Cette conviction, si j’avais bien compris mon ami, aurait été consolidée par une excellente réalité que Chérif avait connue : celle de voyager en Asie, en Amérique et à travers le monde arabo-musulman.

    Les configurations locales des cultures ne se soustrairaient jamais de l’universel. Gaza en fut un excellent exemple puisque la voix de l’humanité contre le sionisme n’a pas tardé de se consolider et de se développer même dans les pays de guerre.

    La même réalité que nous venons d’évoquer s’est consolidée magistralement par les groupes d’étudiant-e-s et de chercheur-e-s que Chérif a connus : ils sont eux-mêmes de tous pays et cultures, Africains, Asiatiques, Européens et Arabes ; Musulmans, Chrétiens, Juifs, Hindous, gnostiques et agnostiques…

    Une pareille expérience aussi riche que variée, aurait donné à notre collègue une vision d’ensemble de ce que l’humain serait dans ses dimensions locale et universelle. Cette situation magnifique d’échange aurait permis à Chérif un «travail de terrain» constant, d’où l’ancrage d’une approche interdisciplinaire dans ses travaux et dans sa vision. Tous ces chercheurs venants d’Afrique, d’Asie, et autres continents, seraient des informants dans le sens anthropologique du terme. L’enrichissement mutuel serait l’un des acquis que le directeur de recherche et le chercheur lui-même développent davantage au fil de leur échange.

    Ce livre, ‘‘Le religieux, l’humain et la laïcité’’, contient deux parties. La première évoque les qualités humaines de l’homme, la deuxième s’attaque plutôt à l’aspect académique tant par la revue de ses réflexions que par d’autres considérations sur des problématiques proches ou similaires.

    Penser autrement dans les enceintes académiques

    Je me suis intéressé, me concernant, aux débuts de l’islam pour continuer à poser des questions essentielles sur les fondements de la réception de la nouvelle religion, réception qui évolue dans le temps, qui change, et qui interpelle l’historien des idées surtout. Aurais-je dit, peut-être, que tout ne fut que construction à la recherche d’une légitimité et d’un pouvoir donc.

    Ceci n’est pas loin de ce que Chérif aurait dit aussi, mais je ne cherchais pas à m’aligner sur ses convictions ; j’aurais souhaité soulever des questions que les islamologues imprégnés des sciences humaines et sociales auraient appréciées.

    C’est ainsi que ce livre en hommage à Chérif Ferjani regroupe un collège de chercheurs de tous bords pour réfléchir, à l’occasion, sur une thématique féconde et toujours d’actualité, le religieux, l’humain et la laïcité, à laquelle un ami de longue date a dédié toute sa carrière sinon toute sa vie active. Certes, toutes sa vie active, puisqu’il est l’un des rares qui a su résoudre cette grande faille, celle de parler un autre langage et penser autrement dans les enceintes académiques; Chérif tient une seule pensée et un langage unique dans la salle de classe, dans les conférences et en public, sans renoncer pourtant à la qualité scientifique de ses propos.

    Je trouve, pour toutes ces raisons, que cet hommage est amplement mérité ! Et cette expression de reconnaissance est certainement louable. Merci Chérif pour nous avoir réunis ici et en ces moments ! Merci pour votre engagement académique qui fait plaisir et honneur ! Merci A Si Othman Babba, à Si Hechmi Ben Fredj et à toute l’équipe Perspectives-Al-Amel al-Tunsi pour cette initiative. Merci à Mohsen Isma’il pour avoir dirigé ce livre et réuni ces textes ! Merci à toutes celles et à tous ceux qui sont présents aujourd’hui pour célébrer ce beau livre qui continue à illustrer l’engagement des Editions Nirvana qui a toujours constitué un soutien sans faille. A tous les contributeurs mes souhaits les meilleurs pour la suite. Nous aurions peut-être une autre occasion de lire Chérif à qui je souhaite longue et sereine vie par ces temps de troubles !

    * Professeur d’histoire de la pensée islamique ancienne, membre de l’Académie tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts, «Beit al-Hikma».

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    La contribution des Arabes à la civilisation humaine, selon l’IA

    24. Juni 2026 um 08:37

    Dans cet article, l’auteur explore avec l’outil d’investigation extraordinaire que l’IA constitue, la contribution de nos ancêtres au développement de la civilisation humaine. Les résultats qui en sortent sont très instructifs, y compris pour les intellectuels les plus érudits et peuvent nous inspirer une certaine fierté qui contraste avec le racisme et le mépris dont sont souvent victimes les Arabes vivant en Europe à cause de leur race. La deuxième partie de l’article qui traite des causes du déclin de la civilisation arabo-musulmane et d’un possible renouveau dans un avenir plus ou moins est aussi sinon encore plus instructive.

    Sadok Zerelli *

    J’avais beau dénoncer dans mes derniers articles publiés par Kapitalis les faiblesses voire la menace que l’IA, avec le développement conjoint de la robotique, constitue pour l’existence même de l’humanité et que ChatGPT a lui-même reconnues puisqu’il a classé en premier ce risque parmi plusieurs autres causes possibles de la fin du monde (voir «Battre l’IA dans le jeu du  » ni oui ni non» et «L’IA, une menace existentielle pour l’humanité ?»), il n’en demeure pas moins que l’IA constitue une encyclopédie universelle et un outil d’investigation avec qui aucun esprit humain ne peut rivaliser. 

    Ainsi, sur un sujet aussi vaste que le titre de cet article, qu’un chercheur en Histoire et civilisation humaine mettrait des années pour en faire le tour, les réponses de l’IA sont concises, précises et fort instructives, y compris pour les spécialistes en la matière et les intellectuels les plus érudits.

    Personnellement, j’ai appris beaucoup sur la contribution de nos ancêtres à la civilisation humaine et je suis certain que tous les lecteurs et lectrices de Kapitalis en feront de même.

    Afin de rendre compte le plus fidèlement possible du dialogue que j’ai eu à ce sujet avec ChatGPT, ci-dessous la transcription des questions que je lui avais posées et ses réponses intégrales 

    Moi : Quel est l’apport des Arabes à la civilisation humaine ?

    ChatGPT : La question est vaste, car il faut distinguer les Arabes en tant que peuple et la civilisation arabo-musulmane, qui a réuni des Arabes, mais aussi des Persans, Berbères, Turcs, Kurdes, Juifs, Chrétiens, Syriens, etc.

    Entre le VIIIᵉ et le XVe siècle, cette civilisation a joué un rôle majeur dans la transmission, l’enrichissement et la création du savoir humain.

    Voici quelques contributions particulièrement importantes :

    1. Les mathématiques :

    – développement de l’algèbre par Muhammad ibn Musa al-Khwarizmi. Le mot «algèbre» vient de son ouvrage ‘‘Al-Jabr’’ ;

    – diffusion du système de numération indo-arabe (les chiffres 0 à 9) qui a remplacé progressivement les chiffres romains en Europe ;

    – le mot «algorithme» dérive du nom latinisé d’Al-Khwarizmi.

    2. L’astronomie :

    – construction d’observatoires et amélioration des instruments d’observation ;

    – calcul plus précis des mouvements des planètes et des étoiles ;

    – de nombreuses étoiles portent encore des noms d’origine arabe, comme Aldebaran, Altair ou Betelgeuse.

    3. La médecine :

    – Ibn Sina (Avicenne) a rédigé le ‘‘Canon de la médecine’’, utilisé dans certaines universités européennes pendant plusieurs siècles ;

    – Al-Razi a décrit avec précision plusieurs maladies et insisté sur l’observation clinique ;

    – développement des hôpitaux publics, de la pharmacie et de la formation médicale.

    4. L’optique et les sciences expérimentales :

    – Ibn al-Haytham est considéré comme l’un des pionniers de la méthode expérimentale. Ses travaux sur la lumière, la vision et la caméra obscure ont influencé la science européenne pendant des siècles.

    5. La philosophie :

    – les penseurs comme Ibn Rushd et Al-Farabi ont commenté et développé les œuvres de Aristote. Leurs écrits ont contribué à la redécouverte de la philosophie grecque en Europe médiévale.

    6. La géographie et la navigation :

    – cartographie plus précise du monde connu ;

    – voyages et descriptions détaillées de nombreuses régions par des explorateurs comme Ibn Battuta ;

    – amélioration de techniques de navigation utilisées ensuite par les marins européens.

    7. La littérature et la poésie :

    – développement d’une tradition poétique parmi les plus riches de l’histoire ;

    – œuvres célèbres comme ‘‘Les Mille et Une Nuits’’ ;

    – poètes tels que Al-Mutanabbi ou la légende de Qays ibn al-Mulawwah et Layla ont marqué durablement la culture mondiale.

    8. L’architecture :

    – création de styles architecturaux originaux caractérisés par les arcs, coupoles, mosaïques et motifs géométriques ;

    – des monuments comme Alhambra, Grande Mosquée de Cordoue ou Mosquée des Omeyyades témoignent encore de cet héritage.

    9. La transmission du savoir :

    L’une des contributions les plus importantes a été la préservation et la traduction d’œuvres grecques, persanes et indiennes, notamment dans la Maison de la Sagesse à Bagdad. Une partie de ce savoir est ensuite passée vers l’Europe médiévale, contribuant au développement intellectuel qui a précédé la Renaissance.

    Une nuance importante : les historiens soulignent aujourd’hui que les progrès de l’humanité sont le résultat d’échanges continus entre civilisations. Les savants de langue arabe ont hérité de connaissances grecques, persanes, indiennes et d’autres traditions, puis les ont développées avant qu’elles ne soient transmises à d’autres régions du monde. Leur contribution n’est donc pas isolée : elle constitue un maillon essentiel d’une chaîne mondiale du savoir.

    C’est pourquoi beaucoup d’historiens considèrent la civilisation arabo-musulmane médiévale comme l’un des grands centres intellectuels de l’histoire humaine, au même titre que la Grèce antique, la Chine impériale ou l’Europe de la Renaissance.

    Moi : Je relève que toutes ces contributions datent d’avant le XVe siècle. Comment expliques-tu le déclin de cette civilisation depuis ? 

    ChatGPT : C’est une question qui fait l’objet de débats entre historiens depuis longtemps. Il n’existe pas une cause unique du déclin relatif du monde arabe et de la civilisation islamique par rapport à l’Europe occidentale après le XVe siècle. Les chercheurs évoquent généralement une combinaison de facteurs.

    1. Le déplacement des routes commerciales mondiales : à partir de la fin du XVe siècle, les grandes découvertes maritimes européennes modifient profondément l’économie mondiale. Les routes commerciales qui passaient par le Moyen-Orient perdent une partie de leur importance au profit des routes atlantiques reliant l’Europe, l’Afrique, les Amériques et l’Asie.

    Des villes autrefois prospères comme Le Caire, Damas ou Bagdad voient leur rôle économique relatif diminuer.

    2. Les invasions et les conflits : la destruction de Bagdad lors de l’attaque de Hulagu Khan en 1258 est souvent citée comme un choc majeur. Plus largement, plusieurs régions ont connu des guerres prolongées qui ont affaibli les institutions, le commerce et la production intellectuelle.

    Cependant, cette explication seule est insuffisante : d’autres civilisations ont subi des invasions sans connaître un déclin durable.

    3. L’évolution des institutions politiques : de nombreux historiens soulignent que les États de la région sont devenus plus centralisés et parfois moins favorables à l’autonomie des villes, des universités et des groupes marchands que certaines régions d’Europe.

    En Europe, la concurrence entre plusieurs États a parfois favorisé l’innovation économique, militaire et scientifique. Aucun royaume n’y détenait durablement un monopole du pouvoir.

    4. La révolution scientifique européenne : entre le XVIe et le XVIIe siècle, l’Europe connaît des transformations intellectuelles majeures avec des figures comme Galileo Galilei, Johannes Kepler et Isaac Newton.

    Les institutions scientifiques modernes, les académies, l’imprimerie de masse et la méthode expérimentale se développent rapidement. Le monde islamique participe à certains échanges, mais ne devient plus le principal centre mondial d’innovation scientifique.

    5. La révolution industrielle : le facteur probablement le plus décisif est la révolution industrielle née en Royaume-Uni au XVIIIe siècle.

    L’industrialisation donne à l’Europe puis à l’Amérique du Nord une avance économique, militaire et technologique considérable. Beaucoup de régions du monde, y compris le monde arabe, la Chine et l’Inde, se retrouvent relativement distancées.

    6. Le colonialisme : aux XIXe et XXe siècles, une grande partie du monde arabe passe sous domination ou influence européenne : Algérie, Tunisie, Égypte, Irak, etc.

    Le colonialisme n’explique pas le début du déclin relatif, mais il a souvent freiné le développement autonome et laissé des institutions fragiles ou dépendantes.

    7. Les défis contemporains : depuis le XXe siècle, plusieurs facteurs ont continué à peser : conflits régionaux ; instabilité politique ; dépendance à certaines ressources naturelles ; fuite des cerveaux ; faibles investissements dans la recherche dans plusieurs pays ; systèmes éducatifs parfois mal adaptés à l’innovation scientifique.

    Une précision importante : parler de «déclin arabe» peut être trompeur. Certains pays de la région ont connu des progrès rapides dans certains domaines : éducation, santé, infrastructures, finance ou technologies. De plus, les écarts entre pays arabes sont très importants.

    Enfin, l’histoire n’est pas linéaire. La Chine, l’Inde, le Japon ou l’Europe ont tous connu des périodes de grandeur suivies de périodes de recul relatif. Les historiens considèrent généralement que la domination scientifique et économique européenne des XIXe et XXe siècles est elle-même un phénomène historique particulier, et non un état permanent ou naturel.

    En résumé, le déclin relatif du monde arabe résulte probablement d’une combinaison de facteurs : changements économiques mondiaux, transformations politiques, révolution scientifique et industrielle ailleurs, puis colonialisme et difficultés institutionnelles plus récentes. Aucun de ces facteurs, pris isolément, ne suffit à expliquer l’ensemble du phénomène.

    Moi : Crois-tu à un renouveau de la civilisation arabo musulmane dans un avenir plus ou moins prévisible ?

    ChatGPT : on peut répondre à cette question de façon nuancée : oui, un renouveau est possible dans certains domaines, mais il ne s’agit pas d’un «retour» simple à une ancienne grandeur, plutôt d’une recomposition moderne.

    1. Il existe déjà des dynamiques de renouveau : dans plusieurs pays du monde arabo-musulman, on observe des progrès réels:

    – éducation et universités en forte expansion (ex : Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Qatar, Jordanie, Maroc) ;

     – recherche et innovation en hausse dans certains centres (notamment en ingénierie, énergie, IA appliquée) ;

    – développement d’infrastructures modernes et de villes globales comme Dubaï ou Riyad ;

    – croissance de scènes culturelles (cinéma, littérature, musique contemporaine).

    Cela ne constitue pas une «civilisation homogène», mais plutôt des trajectoires nationales différentes

    2. Les conditions d’un véritable renouveau : les historiens et économistes soulignent généralement quelques facteurs clés : a) Éducation et production de savoir. Les périodes de grande influence historique (comme à l’époque de la Maison de la Sagesse) reposaient sur la traduction, la recherche et l’innovation. Aujourd’hui, cela suppose des universités solides, la liberté académique, et l’investissement massif en science et technologie.

    b) Institutions stables :le développement durable dépend de la stabilité politique, l’État de droit et une administration efficace.

    c) Intégration dans l’économie mondiale : les pays qui réussissent le mieux sont ceux qui diversifient leur économie au-delà des ressources naturelles (pétrole/gaz), comme on le voit partiellement dans les pays du Golfe.

    3. Les obstacles actuels : il existe aussi des freins importants dans certaines régions : conflits prolongés (Syrie, Yémen, Libye) ; instabilité politique ; dépendance économique aux hydrocarbures ; fuite des talents vers l’Europe ou l’Amérique du Nord ; et les inégalités de développement entre pays.

    4. Une erreur fréquente, penser en «civilisation unique» : parler de «la civilisation arabo-musulmane» comme bloc uniforme est historiquement simplificateur. Aujourd’hui, il y a des pays très avancés technologiquement, d’autres en crise profonde, et beaucoup de situations intermédiaires.

    Le «renouveau» ne serait donc pas global et simultané, mais fragmenté et progressif.

    5. Une perspective historique plus large : l’histoire montre qu’aucune civilisation ne domine durablement :la Chine a connu des cycles, l’Europe aussi,et le monde islamique médiéval également.

    Les centres de gravité du savoir et de l’économie se déplacent avec le temps. Certains analystes pensent que le XXIᵉ siècle pourrait voir une multipolarité, où plusieurs régions (Asie, Europe, monde arabe, Afrique émergente) jouent des rôles complémentaires.

    Un «renouveau» est donc possible, mais il ne ressemblera probablement pas à un retour au passé. Il serait plutôt technologique, économique, culturel, et surtout différent de la civilisation médiévale, adaptée au monde globalisé actuel.

    Moi : Merci pour ces informations fort instructives

    En guise de conclusion

    Dans un podcast récent avec Elon Musk, le journaliste lui a demandé quelle est sa principale devise dans la vie qui lui a permis de réussir tout ce qu’il a entrepris et de devenir multimilliardaire et même le premier humain trillionnaire (avec l’entrée en bourse de SpaceX, sa fortune vient de dépasser les 1000 milliards de dollars), sa réponse est éloquente et devrait nous faire tous réfléchir : «Ma devise dans la vie est que le plus difficile n’est pas de trouver des réponses qu’on se pose mais de se poser les bonnes questions».

    Il nous suffit de transposer à l’IA sa réponse et savoir lui poser les bonnes questions qui nous enrichissent et nous éclairent tant dans notre vie personnelle que professionnelle.

    Dans des discussions avec des amis, j’ai comparé souvent l’invention de l’IA à l’invention de la voiture : on peut l’utiliser pour se rendre à son travail et gagner du temps ou faire des balades en famille, comme on peut l’utiliser pour se tuer dans un accident de de la route parce qu’on on ne sait bien conduire et l’utiliser correctement. Pareil pour l’IA : soit elle sera une merveilleuse source d’épanouissement et de culture générale pour les humains, soit elle causera leur perte.

    * Economiste et consultant international.

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    Keir Starmer | Du triomphe à la tragédie !

    24. Juni 2026 um 08:03

    Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission le lundi 22 juin 2026. Celui qui a été l’artisan de l’alternance de l’été 2024 qui a mis fin à 14 ans de domination des Conservateurs avec une éclatante victoire du Parti travailliste (411 des 650 sièges du Parlement) se retrouve aujourd’hui très impopulaire et très contesté et a été acculé de démissionner. Comment le triomphe s’est-il mué en tragédie ? 

    Imed Bahri

    Rares sont ceux qui qualifieraient Keir Starmer de figure dramatique bien que sa carrière politique ressemble à un parcours presque shakespearien : à peine onze ans pour entrer au Parlement, mener le Parti travailliste à une victoire électorale que beaucoup jugeaient impossible, puis, dans les deux dernières années, tout gâcher, écrit  Peter Walker dans The Guardian, considérant la chute de l’ex-Premier ministre comme le reflet d’une époque sans précédent où la loyauté des électeurs s’est atomisée, où l’hégémonie bipartite s’est fragmentée en cinq partis et où, pour la première fois, le Parti travailliste a dû faire face à une menace à sa gauche comme à sa droite.

    Le Guardian rapporte que même les plus proches alliés et partisans de Starmer admettent qu’il a largement commis des erreurs. Aucun Premier ministre moderne n’a semblé aussi bien préparé pour le poste sur le papier et aussi fondamentalement incompétent dans la pratique.

    «Starmer était incompétent à trois égards», a déclaré Anthony Seldon, l’historien qui a écrit les biographies de tous les Premiers ministres, de John Major à Rishi Sunak. Il poursuit : «Premièrement, il n’a jamais compris en quoi consistait le poste, que fait un Premier ministre ? Deuxièmement, il n’a jamais su ce qu’il voulait faire, surtout pas en matière de politique économique. Et troisièmement, il ne savait pas qui nommer. Une fois ces trois problèmes réunis, rien ne peut fonctionner. C’est juste une question de temps avant que tout ne s’effondre».

    Fossé entre la campagne et la gouvernance

    Pris comme un résumé, cela peut paraître dur mais il est difficile de nier l’impression générale d’un homme politique habile à conquérir la direction du Parti travailliste, puis à mener le parti à la victoire, avant d’être paralysé par les choix incessants du pouvoir, se cachant derrière un vocabulaire toujours plus fourni de missions, d’objectifs et de plans de changement.

    Ce fossé entre la campagne et la gouvernance a été constaté avec inquiétude par certains collaborateurs directs de Starmer dans les derniers jours précédant le triomphe électoral des Travaillistes en juillet 2024, une victoire écrasante en termes de sièges, sinon de suffrage populaire.

    Un membre du staff a raconté avoir demandé pourquoi aucun plan de gouvernement n’avait encore été présenté et s’être entendu répondre qu’il n’y en avait apparemment pas. «Après la victoire, nous nous attendions à une avalanche de mesures politiques majeures. Au lieu de cela, le Premier ministre sillonnait le Royaume-Uni à la rencontre des maires. Beaucoup disaient : Ce n’est pas possible. Ce n’est pas comme ça qu’on fait de la politique»

    Certains imputent une partie de la responsabilité de ce démarrage raté à Sue Gray, issue de la haute fonction publique qui était la directrice de cabinet de Starmer, un autre exemple de personne très compétente mais un poste inadapté à ses talents.

    Arrivé au 10 Downing Street sans aucun plan

    D’autres estiment que la faute incombe davantage à Starmer, incapable d’adapter son approche, lui qui était chef de l’opposition tentant de reconstruire son parti après les élections désastreuses de 2019, à celle de Premier ministre en devenir. Il est donc arrivé au 10 Downing Street sans aucun plan.

    David Runciman, politologue et auteur, a déclaré : «Starmer pensait que la tâche serait ardue et que le véritable enjeu était la discipline et l’optimisation des gains potentiels lors des prochaines élections. Mais en réalité, à partir du milieu de la précédente législature environ –quasiment dès la nomination de Kwasi Kwarteng comme chancelier de l’Échiquier par Liz Truss– le Parti travailliste était certain de remporter les élections suivantes, quoi qu’il arrive. Ils avaient deux ans pour se préparer, et ils ne l’ont pas fait».

    Gray fut rapidement remplacé par Morgan McSweeney, artisan de la renaissance fulgurante et inattendue du Labour après le départ de Jeremy Corbyn, mais tout aussi inadapté au poste et dont le principal héritage fut la nomination désastreuse de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington qui est aujourd’hui empêtré dans l’affaire Epstein. 

    Si Starmer est manifestement un homme politique différent de Boris Johnson, ils partagent néanmoins des similitudes, notamment les changements répétés et infructueux de leurs équipes dirigeantes, suivis d’une prise de conscience progressive. Le problème ne venait pas des conseillers, mais de l’homme à la tête du parti.

    Autre écho de l’ère Johnson : les documents relatifs à la nomination de Mandelson révèlent que Starmer n’était pas le décideur, les décisions étant prises ailleurs, le Premier ministre se contentant d’entériner les décisions.

    Un responsable travailliste affirme que Starmer a toujours eu à cœur de déléguer et de laisser une large marge de manœuvre à ses conseillers de confiance, une tendance qui lui a été profitable lorsqu’il dirigeait le Service des poursuites de la Couronne* (CPS) puis en tant que chef de l’opposition. Il ajoute : «Sauf que gouverner est différent et ce système n’a pas fonctionné. Il devient très difficile d’assurer la cohérence car on se retrouve avec des personnes différentes, aux opinions divergentes, détenant un pouvoir considérable et sans véritable raison de se rallier à une vision commune».

    D’autres ne partagent pas cet avis. Un proche ayant travaillé en étroite collaboration avec Starmer lorsqu’il était Premier ministre le décrit comme non seulement travailleur mais aussi efficace. Il déclare : «Il n’a pas le talent oratoire d’Obama mais rares sont ceux qui l’ont. Il possédait cependant de nombreux autres atouts pour ce poste, la plupart restés méconnus du public. Si vous recherchez un génie de la communication doté de toutes ces qualités, vous risquez d’attendre longtemps».

    Ce proche précise qu’une grande partie du travail de Starmer reposait sur sa conviction profonde en l’équité. D’autres, cependant, affirment que l’une des principales raisons de son échec résidait dans l’absence d’un système de convictions politiques clairement défini.

    «Une philosophie fondamentale, c’est ce qui vous maintient uni lorsque tout s’effondre», a déclaré Runciman qui ajoute : «Margaret Thatcher en était l’exemple parfait. Mais chez Starmer, je n’ai rien perçu de tel, et cette philosophie n’a jamais émergé. Si votre raison d’être au gouvernement est de se croire plus compétents que les autres, cela ne fonctionne pas quand la situation dégénère».

    Sur un point essentiel, Starmer se distingue nettement des quatre anciens occupants du 10 Downing Street sous les conservateurs après le Brexit. Theresa May, Johnson, Liz Truss et Rishi Sunak étaient tous des personnalités atypiques, parfois maladroites, voire misanthropes, bornées au point d’être excentriques, ou encore distantes et grincheuses.

    Ennuyeux, robotique et déconnecté de la réalité

    À l’inverse, tous ceux qui connaissent Starmer soulignent sa grande normalité. Issu d’un milieu modeste de banlieue, passionné de football et de pubs, il semble avoir été créé pour une étude de marché. On apprécie également sa sociabilité et son vaste cercle d’amis dont beaucoup sont en dehors du monde politique. 

    À la grande frustration de presque tous ceux qui ont travaillé avec Starmer, ce n’est pas cette personnalité qu’ils ont connue. Ils le décrivent comme non seulement ennuyeux et robotique mais aussi déconnecté de la réalité et –grâce à son titre de chevalier pour son travail au sein du CPS– très probablement aussi très snob.

    Starmer avait déjà 52 ans lorsqu’il est entré au Parlement mais avec une carrière aussi brillante, il a immédiatement été pressenti comme un futur leader. Il lui a fallu quelques mois pour accéder au premier plan puis au cabinet fantôme** peu après.

    C’était, bien sûr, sous Corbyn, une expérience éprouvante que Starmer a comparée plus tard à celle de jouer dans une équipe de football vouée à la relégation. Il a envisagé de démissionner à plusieurs reprises mais a estimé que le dossier du Brexit dont il était chargé était trop important pour être abandonné.

    Après la démission de Corbyn suite à la défaite catastrophique aux élections de 2019, Starmer n’était pas initialement le favori. Les observateurs pensaient que les membres du Labour resteraient fidèles à la gauche du parti et choisiraient Rebecca Long-Bailey. Mais une campagne extrêmement bien organisée et les désormais célèbres dix promesses politiques de Starmer, intégrant des idées de gauche comme la nationalisation des services publics et la suppression des frais de scolarité, lui ont permis de remporter facilement l’élection. Commença alors ce que certains considèrent comme l’âge d’or de sa carrière politique, même si les germes de sa chute étaient déjà visibles.

    La plupart des travaillistes voyaient en Starmer un Neil Kinnock ou un John Smith, quelqu’un qui s’attellerait à la tâche ardue de redresser un parti moribond et toxique mais qui n’accéderait jamais au pouvoir. Et pendant un temps, cela semblait tout à fait plausible.

    Un peu plus d’un an après son accession à la tête du parti, Starmer envisagea brièvement de démissionner après la victoire du Parti conservateur de Johnson, galvanisé par l’effet positif de la vaccination contre la Covid-19, dans la circonscription travailliste de Hartlepool lors d’une élection partielle. L’écart que Starmer avait péniblement réduit dans les sondages nationaux s’est soudainement creusé à nouveau, offrant aux Conservateurs une avance de près de 20 points.

    Mais la chance allait sourire à Starmer. Johnson s’est effondré, avant que Truss ne ruine l’image des conservateurs au-delà des efforts limités de Sunak pour la redresser. De même que les circonstances des élections de 2019 auraient pu être orchestrées pour favoriser Johnson, il en fut de même en 2024 pour le Labour.

    Starmer avait néanmoins préparé son parti avec une brutalité bien connue de certains, y compris d’anciens collègues qui en ont fait les frais, mais surprenante pour d’autres, notamment publiquement, lorsqu’il a cherché à débarrasser le Labour de l’antisémitisme et du sentiment général que celui-ci avait été toléré sous Corbyn.

    Quelques semaines après son accession à la tête du parti, il a limogé Long-Bailey de son cabinet fantôme à cause d’un tweet republié. Quelques mois plus tard, Corbyn perdait son soutien au groupe parlementaire. Des centaines de membres furent suspendus ou exclus.

    Sous la direction de McSweeney, qui est passé du controversé think tank Labour Together à la tête de la campagne de Starmer pour diriger le parti, puis a été chargé de préparer les élections, le parti s’est fermement éloigné du populisme de gauche de Corbyn et les 10 promesses ont été largement oubliées.

    En tant que méthode de remodelage du parti, son efficacité était indéniable. Cependant, le zèle avec lequel McSweeney et ses alliés ont purgé, rétrogradé, marginalisé ou dénigré les membres de l’aile gauche du Labour a sans doute contribué à affaiblir l’autorité de Starmer.

    Une série de faux pas et de volte-face politiques

    Cette campagne acharnée a également, comme on l’a vu, favorisé la création d’un parti déterminé à conquérir le pouvoir mais dont la stratégie pour l’exercer restait floue.

    Il s’agit là d’une légère simplification. Le Labour de Starmer a mis en œuvre des propositions politiques assez radicales et planifiées de longue date, comme l’amélioration des droits des travailleurs et des locataires, ainsi que certaines avancées décidées une fois au pouvoir, telles que la suppression du plafond de deux allocations familiales.

    Dès sa première semaine, le gouvernement a été miné par une série d’erreurs, à commencer par une polémique dommageable sur les cadeaux électoraux, suivie d’une série de faux pas et de volte-face politiques, notamment sur la réforme de la protection sociale et la réduction des allocations de chauffage hivernales pour les retraités.

    Les efforts pour contrer Reform UK ont également échoué, avec un discours dur sur l’immigration culminant avec la référence de Starmer à une «île d’étrangers». Si cela n’a guère freiné le parti de Nigel Farage, un nombre croissant d’électeurs se sont tournés vers les Verts, se sentant activement indésirables par le Parti travailliste.

    En même temps, certaines choses n’étaient pas de la faute de Starmer. Il n’aurait certainement pas souhaité la réélection de Donald Trump, et encore moins l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, qui a porté un coup dur à une économie en voie de reprise.

    Parallèlement, la gestion de Trump et de la situation internationale délicate est l’un des rares domaines où Starmer a manifestement brillé et s’est attiré les faveurs de la population. Il a d’abord gagné l’affection de Trump –comment, Starmer l’a admis en privé, cela restait un mystère même pour lui– avant de faire face aux insultes avec dignité.

    Malgré tous les succès que les députés travaillistes pouvaient mettre en avant, ou encore la probité et le zèle de Starmer, les chiffres étaient implacables. Le Labour a chuté à seulement 17% des intentions de vote, se retrouvant parfois en quatrième position. La popularité de Starmer était si catastrophique que seule Liz Truss l’a empêché de devenir le Premier ministre le plus impopulaire de l’histoire moderne des sondages. Dans les groupes de discussion, on le comparait à une «méduse» ou à un «paillasson».

    Aujourd’hui, Starmer vient de démissionner et le parti profondément, si patiemment reconstruit, est meurtri va devoir tout recommencer à zéro. Le «starmerisme», s’il a jamais existé, sera enterré, rapidement et définitivement. Son projet étant désormais terminé et Andy Burnham, maire de Manchester, prêt à prendre la relève, Starmer restera probablement dans les mémoires, selon Runciman, comme un homme accablé par le poids d’une majorité écrasante qu’il n’a jamais su gérer et qui n’a jamais réussi la transition entre son rôle de bon chef de l’opposition et celui de Premier ministre.

    Selon Seldon, Starmer restera dans les mémoires comme le quatrième Premier ministre travailliste, après Attlee, Wilson et Blair, à remporter une victoire écrasante aux élections, mais le premier à n’en avoir pratiquement rien fait. Il a déclaré : «C’est un homme intègre, travailleur et sérieux, qui aurait pu réussir mais, et c’est là son erreur fatale, il n’a pas su apprendre à exercer la fonction».

    *Le Service des poursuites de la Couronne (The Crown Prosecution Service au Royaume-Uni ou procureur de la Couronne dans le système canadien) est l’autorité indépendante chargée de mener les poursuites pénales au nom de l’État.

    **Le cabinet fantôme (shadow cabinet) au Royaume-Uni est une équipe formée par le principal parti d’opposition. Chaque «ministre fantôme» est chargé de surveiller et de critiquer un membre spécifique du gouvernement officiel, tout en proposant des politiques alternatives.

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    Mondial Fifa | Sous Trump et Rubio, la coupe est vide

    24. Juni 2026 um 07:11

    En toute objectivité, indépendamment de ses qualités intrinsèques, l’équipe nationale des Etats-Unis de football possède les plus grandes chances de l’emporter. Elle a d’autant plus de chance que, après la calamiteuse campagne iranienne, Donald Trump en a un pressant besoin, et que son ami Gianni Infantino, le patron de la Fifa, ne le décevra certainement pas.

    Dr Mounir Habablia *  

    Si on s’en réfère au précédent le plus célèbre de machination ayant conduit une équipe nationale du pays hôte au succès final, la Coupe du monde de 1966 en Angleterre, alors il ne faudra pas s’étonner si un tacle trop appuyé met un de ces jours le célèbre Lionel Messi hors de combat, privant l’Argentine, le candidat le plus sérieux à la victoire finale, d’un de ses meilleurs arguments.

    Le fan le plus célèbre de l’équipe nationale de la République démocratique du Congo, le sosie de Patrice Lumumba, est finalement présent en Amérique pour soutenir son équipe nationale. On ne saura pas qui sponsorise son voyage. Après un premier refus, lié semble-t-il à l’Ebola, il a finalement obtenu son visa.

    Le plus étonnant, sous Trump et le secrétaire d’Etat Marco Rubio, c’est finalement que les autorités américaines ne se soient pas souvenues que l’ancien Premier ministre élu congolais, assassiné au début des années 60 à l’instigation des Belges, des Français, de la CIA, fût une figure de proue du socialisme et du tiers-mondisme, comparable à Fidel Castro dont il fut d’ailleurs l’ami. Que se serait-il passé si un sosie de Che Guevara s’était présenté au consulat américain de Buenos Aires pour une demande de séjour ? On ne dira pas de la Havane puisque le célèbre révolutionnaire était argentin, et cela fait plus de 60 ans que le gouvernement américain n’assure aucune présence à Cuba, mis à part la célèbre caserne-prison de Guantanamo.

    Une fois débarrassé de sa douloureuse épine iranienne, le président américain n’aura que l’embarras du choix entre envahir Cuba, le Groenland, ou pourquoi pas, le Mexique, et à ce titre, une victoire de sa sélection peut stimuler la fibre nationaliste yankee dans le sens qui servirait ce dessein.

    Heureusement que l’Amérique actuelle a la mémoire courte. Qui sait, peut-être dans 60 ans, un sosie de Ali Khamenei, de Kadhafi, ou de Ben Laden, pourra-t-il assister au Superbowl. 

    * Médecin de libre pratique.  

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    L’Italien Duferco lance un projet photovoltaïque en Tunisie

    23. Juni 2026 um 13:37

    Le groupe italien Duferco a annoncé qu’il signera demain, mercredi 24 juin 2026, à Tunis, un protocole d’accord stratégique avec un important groupe tunisien, dont il n’a pas cité le nom, pour développer de l’énergie photovoltaïque, et ce dans le cadre du Forum d’affaires et de commerce Italie-Tunisie, qui se tiendra les 24 et 25 juin dans la capitale tunisienne.

    Latif Belhedi

    Cet événement, parrainé, côté italien, par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et l’Agence pour le commerce extérieur (ICE), s’inscrit dans un contexte d’accélération significative des relations économiques bilatérales.

    Antonio Gozzi, président de Duferco Italia Holding, président de Federacciai et conseiller spécial de la Confindustria pour l’autonomie stratégique européenne, le plan Mattei et la compétitivité, a déclaré à l’Agenzia Nova, que «la question majeure de l’énergie est au cœur du projet, sur lequel nous travaillons chez Duferco, en partenariat avec un grand groupe tunisien», ajoutant qu’un accord sera signé avec un opérateur tunisien pour le développement des énergies renouvelables photovoltaïques.

    Selon M. Gozzi, le projet a une dimension industrielle initiale, les parties «ayant déjà signé des contrats avec des entreprises italiennes consommatrices d’énergie en Tunisie».

    Le développement des énergies renouvelables pourrait être lié à Elmed, le câble à courant continu promu par Terna et la Steg, reliant Partanna (Sicile) à Mlaabi (Cap Bon, Tunisie).

    Cette infrastructure aura une puissance de 600 mégawatts et une longueur d’environ 220 kilomètres, dont environ 200 kilomètres de câble sous-marin.

    De bonnes perspectives dans les deux sens

    Pour Gozzi, Elmed peut ouvrir des perspectives dans les deux sens. «Si de l’énergie verte peut être réimportée en Italie, cela pourrait constituer une nouvelle opportunité», a-t-il observé. Parallèlement, a-t-il ajouté, «il pourrait y avoir une opportunité d’exporter de l’électricité vers la Tunisie, car les besoins tunisiens, comme tous les besoins énergétiques, vont croître significativement dans les années à venir». Le président de Duferco Italia Holding a également souligné le rôle potentiel des entreprises italiennes énergivores. «Le consortium d’entreprises italiennes énergivores que je préside, Interconnector, a déjà fait part de sa volonté de financer un tronçon de câble en cas de besoins de financement non couverts», a-t-il déclaré. «C’est une proposition très concrète», a-t-il ajouté.

    Interconnector Energy Italia est le consortium qui rassemble de grandes entreprises énergivores désireuses de renforcer la sécurité et la compétitivité de l’approvisionnement en électricité.

    Ce dossier énergétique s’appuie sur une relation industrielle déjà bien établie. Pour Gozzi, la Tunisie n’est pas seulement un débouché pour les entreprises italiennes, mais aussi une plateforme de production intégrée aux chaînes d’approvisionnement européennes. «La Tunisie est un pays où le développement industriel a été très intéressant dans divers secteurs, notamment pour les industries italiennes, de la pharmacie à la sidérurgie, en passant par la construction, le ciment et, bien sûr, le textile, secteur le plus traditionnel», a-t-il déclaré.

    Les entreprises italiennes implantées en Tunisie, a-t-il ajouté, «sont désormais satisfaites» de leur implantation. Les données de l’Institut national de la statistique confirment également le renforcement de l’axe économique : au cours des cinq premiers mois de 2026, les échanges bilatéraux ont atteint 9,4 milliards de dinars, soit environ 2,8 milliards d’euros.

    Bilatéralité et symétrie et non néocolonialisme

    Le plan Mattei comprend également la formation professionnelle et la mobilité régulière, a également déclaré M. Gozzi, en rappelant l’accord conclu entre la Confindustria, Elis, la cellule de pilotage du Palazzo Chigi et l’Université Luiss pour recenser les initiatives de formation déjà en cours dans les pays partenaires.

    Elis est une organisation à but non lucratif qui œuvre pour la formation et la mise en relation des jeunes, des entreprises, des écoles et des universités. «Nous ne pouvons pas prendre le risque que ces activités soient interprétées comme du néocolonialisme», a averti M. Gozzi, insistant sur la nécessité de la «bilatéralité» et de la «symétrie» dans les programmes de formation.

    Le modèle, a-t-il précisé, ne se limite pas à la Tunisie : «Il est mis en œuvre en Algérie, au Maroc, au Gabon pour le cacao, en Côte d’Ivoire et en Éthiopie.»

    Le Forum tuniso-italien, qui s’ouvrira demain à Tunis, intervient dans un contexte d’accélération significative des relations économiques bilatérales : en 2025, selon les données de l’ICE, les échanges commerciaux entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 6,5 milliards d’euros, dont 3,4 milliards d’euros d’exportations italiennes.

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