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La Colombie élit un président trumpiste !

25. Juni 2026 um 08:23

Une vague trumpiste déferle sur l’Amérique latine, préfigurant un bouleversement majeur du paysage politique régional. La Colombie est la dernière en date à s’inscrire dans cette tendance et ce, suite à l’annonce de la victoire d’Abelardo de la Espriella, avocat américano-colombien populiste de droite soutenu par le locataire de la Maison Blanche, à l’élection présidentielle.

Imed Bahri

Selon le Wall Street Journal (WSJ), Donald Trump a atteint son objectif lors des élections latino-américaines successives. Les candidats de tendance droite populiste, proches de l’Américain, ont vaincu leurs rivaux de gauche dans toute la région, tandis que l’administration américaine actuelle poursuit son interventionnisme le plus agressif en Amérique centrale et du Sud depuis des décennies. 

L’Argentine, le Honduras, le Costa Rica, le Chili, la Bolivie et l’Équateur ont tous vu leurs gouvernements basculer à droite et devenir pro-Trump ou lui être favorables. La Colombie rejoint désormais cette tendance après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle.

Un populiste atypique

De la Espriella, 47 ans, également citoyen américain et qui n’hésite pas à afficher sa richesse, est une figure populiste extérieure à l’establishment politique traditionnel. Il n’a jamais occupé de fonction publique et a fait carrière comme avocat, défendant des chefs paramilitaires et des personnalités controversées.

Son programme repose sur une répression sécuritaire sévère contre le crime organisé et les trafiquants de cocaïne. Cette approche est similaire à celle du président salvadorien Nayib Bukele qui a emprisonné plus de 85 000 personnes dans le cadre de sa campagne sécuritaire, sans que nombre d’entre elles n’aient bénéficié d’un procès équitable.

Le président élu s’est engagé à construire d’immenses prisons et camps de concentration pour ceux qu’il qualifie de terroristes narcotrafiquants.

Il a également annoncé l’abandon du plan de paix global et des efforts de négociation initiés par le président de gauche sortant Gustavo Petro avec les groupes armés afin de les persuader de déposer les armes.

De la Espriella a déclaré lors d’une interview à la radio et à la télévision locales : «Notre gouvernement fera vivre les hors-la-loi et les criminels dans la peur. Nous avons vaincu le système, l’establishment politique et les élites habituelles. Nous avons gagné sur tous les plans et contre toute attente»

Critiques de l’ingérence américaine

L’ascension de De la Espriella avait été favorisée par le soutien public de Trump qui l’a décrit comme un dirigeant intelligent, fort et déterminé. Trump s’en est pris à son rival Cepeda, le qualifiant de marxiste d’extrême gauche et affirmant que la Colombie «bénéficiera du soutien total des États-Unis si le Tigre l’emporte»

Des alliés de Trump, comme le consultant politique conservateur Roger Jason, avaient exprimé leur soutien à la vague populiste en Colombie. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a rapidement félicité le nouveau président via la plateforme X, affirmant que des jours meilleurs attendaient la Colombie sous sa nouvelle direction.

L’ingérence américaine dans les élections a suscité de vives critiques de la part de onze membres démocrates du Congrès américain. Ces parlementaires ont signé une lettre dénonçant l’ingérence flagrante de responsables américains en faveur d’un candidat au passé trouble, en contradiction avec les intérêts et les lois des États-Unis.

La lettre accuse De la Espriella d’avoir fait l’éloge de chefs paramilitaires et d’avoir profité de fonds prétendument destinés à corrompre des hauts responsables judiciaires.

Le président sortant Gustavo Petro avait auparavant condamné la détention aux États-Unis d’un militant colombien qui le soutenait, accusant De la Espriella d’y avoir contribué.

Le déclin de la droite traditionnelle

Les partisans du nouveau président ont défendu son style trumpien et sa rhétorique simple et passionnée, qu’il a utilisée pour rallier des sympathisants et lancer une marque de vêtements et d’alcool. Cette rhétorique lui a permis de se démarquer du parti conservateur (droite traditionnelle) de l’ancien président Álvaro Uribe Vélez.

Selon les analystes politiques locaux, la popularité déclinante d’Uribe et les allégations de corruption ont conduit les dirigeants de droite à abandonner la droite traditionnelle et à apporter leur soutien à De la Espriella. Ce soutien témoigne de la frustration généralisée de la population face à une augmentation de 55% de la production de cocaïne par rapport à 2000 et au doublement des effectifs des milices.

Inquiétudes économiques et politiques

L’arrivée au pouvoir de Abelardo de la Espriella soulève des inquiétudes économiques et politiques, étant donné que son parti ne détient que quatre sièges au Sénat et un seul au Congrès colombien. Cette faiblesse parlementaire entrave son plan économique visant à réduire les dépenses de 40%, à fermer neuf ministères et à licencier 700 000 employés.

De plus, des experts internationaux en surveillance des conflits ont averti que le recours à la force militaire plutôt qu’à la négociation risque d’aggraver les abus de pouvoir et de raviver les conflits armés.

Ce nouveau discours politique imite les opérations militaires américaines dans les Caraïbes, fondées sur le principe de tirer d’abord et d’enquêter ensuite.

Avec ces pays ayant basculés successivement dans la droite populiste et ayant pour modèle Trump mais également avec le changement de régime au Venezuela en janvier dernier avec le kidnapping de Nicolás Maduro et le blocus imposé à Cuba visant à faire tomber le régime, l’administration américaine actuelle qui a subi un camouflet au Moyen-Orient avec la guerre d’Iran est par contre en train de réussir son pari en Amérique latine en se débarrassant de la gauche et en ayant à sa place des dirigeants qui lui sont dociles.

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Stupéfiants : Les pharmaciens plaident pour une réforme axée sur les soins

08. Mai 2026 um 09:32

Les débats autour de la réforme de la législation tunisienne sur les stupéfiants se poursuivent à l’Assemblée des représentants du peuple. Auditionnés jeudi par la Commission de la législation générale, les représentants des pharmaciens ont défendu une approche mêlant prévention, accompagnement thérapeutique et fermeté accrue contre les trafiquants.

Ils ont notamment appelé à alléger les peines de prison visant les consommateurs désireux de se soigner, tout en renforçant l’arsenal répressif contre les réseaux criminels organisés.

Une approche sanitaire pour les consommateurs

Les présidents du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie et du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie ont estimé que l’incarcération systématique des usagers ne permettait pas de traiter efficacement le phénomène de la toxicomanie.

Selon eux, la future réforme de la loi n°52 de 1992 devrait davantage privilégier la prise en charge médicale et psychologique des consommateurs, notamment ceux exprimant une volonté de suivre un traitement. Les pharmaciens ont ainsi proposé d’autoriser plusieurs recours au traitement volontaire, soulignant que les rechutes demeurent fréquentes et que les taux de guérison restent faibles.

En parallèle, ils ont plaidé pour un durcissement des sanctions à l’encontre des trafiquants et des réseaux structurés alimentant le marché des stupéfiants.

Drogues de synthèse et médicaments détournés : l’alerte des pharmaciens

Les représentants du secteur pharmaceutique ont également alerté sur l’essor rapide des drogues de synthèse, jugées particulièrement difficiles à identifier à travers les méthodes d’analyse classiques.

Ils ont aussi évoqué le détournement croissant de certains médicaments à effets addictifs, appelant les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle de leur distribution et à actualiser régulièrement les listes des substances psychotropes.

Autre point soulevé : l’inadaptation de la loi de 1969 relative aux substances toxiques. Les pharmaciens considèrent que ce texte ne répond plus aux réalités actuelles du secteur et ne garantit pas une protection juridique suffisante aux professionnels de la pharmacie.

Des députés divisés sur la question des sanctions

Les échanges au sein de la commission ont révélé des divergences entre députés. Certains ont insisté sur la nécessité de maintenir, voire d’alourdir, les peines visant les consommateurs afin de protéger les établissements scolaires et les quartiers résidentiels.

D’autres parlementaires ont défendu une vision davantage thérapeutique, considérant le consommateur de drogue comme une personne malade nécessitant un accompagnement spécialisé. Ils ont notamment proposé la création de centres régionaux dédiés à la prise en charge psychologique et sociale des personnes dépendantes.

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