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Heute — 24. April 2026Haupt-Feeds

L’Irak, l’autre bras de fer entre les États-Unis et l’Iran

24. April 2026 um 08:30

L’administration Trump a suspendu les envois de dollars américains à l’Irak et gelé les programmes de coopération en matière de sécurité avec son armée dans le but d’accroître la pression sur Bagdad pour qu’il démantèle les puissantes milices soutenues par l’Iran.

Imed Bahri

Selon le Wall Street Journal, un envoi d’environ 500 millions de dollars en espèces, provenant des recettes pétrolières irakiennes détenues sur des comptes de la Réserve fédérale, a récemment été bloqué par le Trésor américain en raison des inquiétudes suscitées par ces milices. 

Il s’agit du deuxième envoi de ce type retardé depuis l’escalade des tensions avec l’Iran fin février, quelques semaines après que des milices ont lancé des attaques contre des positions américaines en Irak et dans les pays voisins en soutien à Téhéran.

Les milices de la discorde

Washington a informé Bagdad qu’il suspendrait le financement de certains programmes de lutte contre le terrorisme et de formation militaire jusqu’à ce que les attaques des milices cessent et que le gouvernement irakien prenne des mesures concrètes pour les démanteler. 

Ces mesures soulignent la pression croissante exercée sur Bagdad pour qu’elle s’aligne plus clairement sur les États-Unis et réduise ses liens étroits avec l’Iran depuis le début de la guerre israélo-américaine contre Téhéran, qui dure depuis près de huit semaines.

Dans un communiqué publié mardi 21 avril 2026, ne faisant aucune mention de la suspension des livraisons, la Banque centrale d’Irak a déclaré ne pas connaître de pénurie de dollars, affirmant avoir «satisfait toutes les demandes de devises américaines émanant des banques et des bureaux de change». 

Depuis l’invasion américaine de l’Irak en 2003, Washington a accepté de conserver les recettes pétrolières irakiennes –qui s’élèvent à plusieurs dizaines de milliards de dollars par an– auprès de la Réserve fédérale de New York. Afin de réinjecter ces fonds dans l’économie irakienne. Jusqu’à 13 milliards de dollars par an sont acheminés à Bagdad en espèces pour soutenir une économie fortement dépendante des transactions en espèces.

Les États-Unis ont brièvement interrompu ces livraisons en 2015, craignant que les dollars ne tombent entre les mains de l’État islamique (EI), et ont menacé à plusieurs reprises de les suspendre par la suite.

Bien que l’Irak ait réduit sa dépendance au dollar, les avions transportent toujours d’importantes quantités de devises américaines vers la Banque centrale, ce qui confère à Washington un levier considérable sur Bagdad.

Une suspension temporaire

Les responsables américains affirment que la suspension de ces livraisons est temporaire mais ils n’ont pas précisé les conditions nécessaires à leur reprise.

Le porte-parole du département d’État Tommy Pigott a déclaré : «L’incapacité du gouvernement irakien à empêcher ces attaques alors que certains de ses alliés continuent d’apporter un soutien politique, financier et opérationnel aux milices nuit aux relations américano-irakiennes. Les États-Unis ne toléreront aucune attaque contre leurs intérêts et attendent du gouvernement irakien qu’il prenne des mesures immédiates pour démanteler les groupes armés soutenus par l’Iran». 

Depuis le début du conflit, les milices ont mené des centaines d’attaques de faible envergure à l’aide de drones et de roquettes, ciblant des bases militaires, des consulats et des installations diplomatiques américaines, notamment au sein de l’aéroport international de Bagdad. Washington a également imputé à des groupes soutenus par l’Iran une tentative d’attaque contre un convoi de sécurité américain transportant un otage libéré hors d’Irak au début du mois.

En réponse, les États-Unis mènent des frappes aériennes contre ces groupes en Irak depuis le début de la guerre.

Malgré la réduction de sa présence militaire en Irak ces dernières années, Washington continue de fournir des renseignements sur l’EI et d’apporter son soutien aux forces irakiennes en matière de formation et d’équipement.

Les milices les plus puissantes d’Irak, telles que l’Organisation Badr, Kataïb Hezbollah et Asaïb Ahl al-Haq, exercent une influence considérable au sein du gouvernement et du secteur financier. L’Irak est actuellement en négociations pour la nomination d’un nouveau Premier ministre, sous la pression de ces milices et de Téhéran qui souhaitent la désignation d’une personne maintenant des liens étroits avec l’Iran. Certaines de ces factions ont également été formellement intégrées aux forces armées, ce qui complique la tâche de tout Premier ministre souhaitant les affronter.

L’actuel Premier ministre, Mohammed Shia al-Sudani, en fonction depuis 2022, sollicite le soutien de Washington pour un second mandat, tout en évitant une confrontation directe avec les milices.

Trump dicte sa loi

Ces groupes bénéficient également de l’accès de l’Irak aux dollars américains. En 2023 et 2024, le département du Trésor américain a sanctionné plus de 20 banques irakiennes pour leur implication dans le transfert illégal de dollars depuis les comptes irakiens auprès de la Réserve fédérale, via des transactions frauduleuses.

Par la suite, des milices ont été impliquées dans l’achat en Irak d’importantes quantités de cartes Mastercard et Visa préchargées, qu’elles ont ensuite transférées aux Émirats arabes unis et dans les pays voisins pour retirer l’argent en dollars avant de le renvoyer en Irak et de le convertir en dinars afin de profiter des fluctuations du taux de change, selon le département du Trésor.

Ces milices trouvent leurs origines dans le chaos qui a suivi l’invasion américaine il y a plus de vingt ans. Elles ont émergé pour défendre les zones chiites et affronter les groupes armés sunnites et ont combattu les forces américaines que leurs dirigeants ont qualifiées d’occupation. L’Iran a fourni des armes à nombre de ces groupes avant de jouer un rôle important dans la lutte contre Daech en 2014.

En janvier dernier, le président Trump avait averti qu’il suspendrait l’aide américaine à l’Irak si l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, proche allié de l’Iran, revenait au pouvoir. Maliki s’est récemment retiré de la course et sa coalition, connue sous le nom de Cadre de coordination, a désigné un autre candidat, Basim al-Badri, figure du parti Dawa.

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Gestern — 23. April 2026Haupt-Feeds

Prolongation de la trêve avec l’Iran : ni guerre ni paix

23. April 2026 um 12:30

Disant vouloir donner davantage de temps au temps, Donald Trump a annoncé, mardi 21 avril, une prolongation sine die du cessez-le-feu avec l’Iran, à quelques heures de son expiration. Quant à la reprise des négociations entre Washington et Téhéran, l’incertitude est totale.

Une nouvelle fenêtre pour la diplomatie, susceptible de faire taire les canons au Moyen-Orient ? Dans un revirement spectaculaire dont il a le secret, Donald Trump a annoncé, mardi 21 avril au soir, la prolongation sine die de la trêve en vigueur depuis quinze jours avec l’Iran ; alors même que son échéance était imminente. Une décision justifiée, selon lui, par la nécessité de laisser se poursuivre les négociations avec Téhéran.

Cette décision de prolonger le cessez-le-feu marque toutefois une nouvelle reculade pour Donald Trump. Celui-ci avait déclaré plus tôt dans la semaine que si aucun accord n’était conclu d’ici mercredi, il s’attendait à « bombarder, car c’est une meilleure approche ». Tout en ajoutant que l’armée était « prête à intervenir ».

Réaction désabusée de la part d’un chroniqueur politique sur la chaîne CNN, pourtant pro Trump : « Le président veut à tout prix  trouver une solution diplomatique à la guerre, par peur de raviver un conflit impopulaire. Or, cette dernière annonce aura pour effet de dévaluer un peu plus sa parole et sans doute sa crédibilité, à la fois face à l’Iran, mais également face aux Américains et son propre camp. »

Une folle journée

Pourtant, au terme d’une journée chaotique et pleine de rebondissements, où il n’a cessé d’alterner menaces et reculades, l’imprévisible milliardaire républicain avait, quelques heures plus tôt, agité le spectre d’une reprise des bombardements.

« Je m’attends à bombarder à nouveau, car c’est la meilleure idée pour avancer. On est prêt à le faire. Les militaires ont hâte » déclarait-il, dans la matinée du mardi 21 avril.

Entre temps, le président américain demande aussi à Téhéran de libérer huit femmes condamnées à la pendaison. Ce que dément le régime. « Ne leur faites pas de mal, écrit-il sur son réseau social, ce serait un très bon début pour les négociations. »

Revirement dans la soirée. Après avoir réuni ses plus proches conseillers à la Maison-Blanche, il a finalement annoncé que les États-Unis s’abstiendraient d’attaquer l’Iran, dans l’attente d’une proposition de Téhéran et de l’issue des discussions. Ouf !

« J’ai ordonné à nos forces armées de poursuivre le blocus. Par conséquent, je prolongerai le cessez-le-feu jusqu’à ce que l’Iran présente une proposition visant à mettre fin au conflit » a annoncé Donald Trump.

Humiliation

Or, il s’avère que la décision de prolonger le cessez-le-feu a été prise de manière unilatérale par les Etats-Unis, sans aucune coordination ou consultation préalable avec Téhéran. Résultat : le vice-président, J. D. Vance est contraint de reporter le déplacement à Islamabad pour une deuxième séance de négociations… faute d’interlocuteurs !

Et comble d’humiliation, des responsables américains auraient, rapporte le Washington Post, exhorté le principal médiateur pakistanais, le maréchal Asim Munir, à obtenir « au moins » une réaction iranienne avant que J.D. Vance n’embarque à bord de l’Air Force Two vers Islamabad. En vain.

Pour rappel, le vice-président américain était à la tête de la délégation qui a rencontré il y a dix jours au Pakistan des représentants iraniens de haut rang. Et ce, avant de regagner dare-dare Washington au bout d’une seule journée de négociations, en évoquant l’absence de promesse ferme de Téhéran concernant l’abandon de son programme nucléaire.

Mais comment expliquer, devant son opinion publique, l’affront infligé à la première puissance mondiale par les dirigeants iraniens, qui ont délibérément ignoré « la main tendue » et refusé jusqu’à se rendre à Islamabad ?

Pour l’administration américaine, la réponse coule de source. Si la République islamique est restée silencieuse sur les propositions d’accords de paix américaines, c’est surtout en raison de divisions internes au sein de l’actuelle direction iranienne. « Sur la base du fait que le gouvernement iranien est sérieusement fracturé […] on nous a demandé de tenir notre attaque contre le pays de l’Iran jusqu’à ce que leurs dirigeants et représentants puissent proposer une proposition unifiée », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social. « Le cessez-le-feu durera jusqu’à ce que leur proposition soit soumise et que les discussions soient conclues, d’une manière ou d’une autre », a-t-il poursuivi.

Côté iranien, et en attendant l’arbitrage décisif de la part de Mojtaba Khamenei- nouveau Guide suprême, dont l’état de santé demeure très incertain- Téhéran a publiquement exigé que Donald Trump lève le blocus imposé aux navires entrant ou sortant des ports iraniens du détroit d’Ormuz avant d’entamer de nouvelles négociations.

Méfiance

La prolongation du cessez-le-feu « n’a aucun sens », a déclaré Mahdi Mohammadi, conseiller à la sécurité nationale du président parlementaire iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Tout en ajoutant que « le côté perdant ne peut pas fixer de conditions. La poursuite du blocus n’est pas différente des bombardements et doit être traitée militairement. De plus, la prolongation du cessez-le-feu par Trump signifie certainement gagner du temps pour livrer une frappe surprise. C’est le moment pour l’Iran de prendre l’initiative ».

Au final, y aurait-il de nouveaux pourparlers entre l’Iran et les États-Unis ? Pour l’instant, c’est le flou le plus total qui règne autour des négociations qui étaient prévues pour se tenir cette semaine au Pakistan.

Au final, en dépit de la suspension provisoire des hostilités entre Washington et Téhéran, les deux parties continuent de se parler sans réellement s’écouter. Un véritable dialogue de sourds nourri par des décennies de défiance et d’animosité.

« La paix est la vertu de la civilisation. La guerre en est le crime », dixit Victor Hugo.

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Trump – Al Khayyat | Une amitié affairiste américano-syrienne

23. April 2026 um 08:09

Les frontières poreuses voire tout simplement inexistantes entre relations internationales et business familial ne sont plus l’apanage des pétromonarchies du Golfe, c’est devenu le mantra de la famille Trump. Le mélange des genres ne semble aucunement déranger le clan du président américain. Cela a un seul nom : corruption à la plus haute sphère de l’Etat. C’est à se demander si les Etats-Unis sont encore un modèle de démocratie dont on puisse s’inspirer ans le reste du monde. (Photo: Moataz et Ramez Khayyat à Doha, au Qatar).

Imed Bahri

Le New York Times a enquêté sur les tentatives de la famille syrienne Khayyat d’influencer la politique étrangère américaine alors qu’elle était, parallèlement, en pleines négociations commerciales avec la famille Trump. C’est là une pratique de plus en plus fréquente du second mandat du président Trump. 

Le journal américain rapporte que l’été dernier, le membre de la Chambre des représentants Joe Wilson, républicain de Caroline du Sud, écoutait attentivement, depuis son bureau du Capitole, des investisseurs du Moyen-Orient présenter par visioconférence leurs plans pour un projet immobilier côtier en Syrie. Ces plans incluaient un port pour les navires de croisière, un club de polo, une concession Bugatti et un parcours de golf conforme aux standards internationaux, le tout dans un pays récemment ravagé par la guerre civile.

Un complexe hôtelier portant le nom de Trump   

Mais ce n’était pas tout. Pendant que Mohamad Al Khayyat, l’influent homme d’affaires syrien, présentait le projet, ses frères obtenaient des milliards de dollars de contrats gouvernementaux pour reconstruire de larges pans de l’économie syrienne dévastée. Mais les Khayyat avaient besoin d’une faveur majeure du Congrès, appuyée par le président Trump : la levée des sanctions paralysantes imposées à la Syrie du temps de Bachar Al-Assad. 

À cette époque, Wilson, ancien avocat spécialisé dans l’immobilier et partisan de la levée des sanctions, a fait une proposition pragmatique au clan Khayyat. Connaissant le narcissisme de Trump et le fait qu’il adore que son ego soit flatté, il proposa que le parcours de golf porte le nom du président américain. 

Cependant, Mohamad Al Khayyat l’a déjà devancé en annonçant son intention de proposer que tout le complexe hôtelier soit sous la marque Trump.

Ivanka Trump et Jared Kushner à la manœuvre

Parallèlement, ses deux frères aînés négociaient un partenariat immobilier d’envergure avec Ivanka Trump, la fille aînée du président, et Jared Kushner, son époux, afin de contribuer au financement d’un complexe hôtelier de plusieurs milliards de dollars en Albanie.

Ce flou entre affaires personnelles et diplomatiques, courant dans les pays du Moyen-Orient, est également devenu le modus operandi de Washington durant le second mandat de Trump.

Les discussions d’affaires impliquant la famille du président, qu’elles soient ambitieuses comme le projet de parcours de golf ou pragmatiques comme le projet Kushner, sont systématiquement liées à des décisions politiques cruciales ou à des négociations internationales déterminantes.

Le NYT affirme que cela témoigne également du pouvoir de Trump, car pour faire avancer les choses dans la capitale fédérale, il faut non seulement éviter de s’attirer les foudres d’un président vindicatif et imprévisible mais aussi l’apaiser autant que possible. Il en résulte un système perverti de clientélisme où des investisseurs versent des millions de dollars aux projets favoris du président ou investissent aux côtés de la famille Trump, espérant ainsi servir leurs ambitions politiques, même sans demande explicite.

Cependant, la Maison-Blanche et la Trump Organization maintiennent qu’elles n’étaient pas au courant du projet de complexe de golf de Trump en Syrie et la Trump Organization affirme qu’aucune discussion à ce sujet n’était en cours.

Les responsables de la Maison Blanche ont nié toute suggestion selon laquelle les discussions immobilières impliquant la famille Trump auraient eu un quelconque impact sur les choix de politique étrangère du président concernant la Syrie. La famille Khayyat a déclaré que son partenariat financier avec Kushner était sans lien avec les efforts de levée des sanctions.

Les législateurs des deux partis ont soutenu la levée des sanctions pour permettre à la Syrie d’obtenir les centaines de milliards de dollars nécessaires à la reconstruction du pays sinistré. Trump lui-même a soutenu la levée des sanctions au début de son mandat actuel et il l’a fait temporairement au printemps de l’année dernière.

La proposition de baptiser le parcours de golf au nom de Trump fait désormais partie d’un effort de lobbying au Capitole, montrant à quel point le simple fait d’exploiter le nom de Trump est devenu politiquement utile pour certaines questions.

Mohamad Al Khayyat s’est rendu à Washington avec une pierre commémorative spéciale du parcours de golf proposé, gravée de l’emblème de la famille Trump, et la présentant à Wilson dans son bureau de Capitol Hill pour qu’il la remette à la Maison-Blanche. Khayyat s’est ensuite joint à des réunions avec d’autres législateurs pour faire pression en faveur de l’abrogation des sanctions. Quelques semaines plus tard, la loi d’abrogation permanente a été approuvée par le Congrès et Trump l’a promulguée fin décembre.

Le journal indique que la relation entre la famille Trump et Al Khayyat remonte à 2022, lorsqu’Ivanka Trump et Jared Kushner, alors qu’ils étaient au Qatar pour assister aux matchs de la Coupe du monde de football, ont rencontré la famille syrienne et ont dîné au restaurant Carbon Doha, une succursale du célèbre restaurant new-yorkais, situé sur une île surplombant l’horizon de Doha. Ce restaurant ainsi que tous les restaurants de la même rue appartiennent à Ramez Al Khayyat et à sa famille et sont situés sur une île artificielle que la famille a construite en seulement six mois, à la demande de la famille royale qatarie pour créer un espace de divertissement pour la Coupe du monde de football.

Kushner a récemment bénéficié du soutien des fonds souverains du Moyen-Orient, y compris des fonds du Qatar, pour créer une société d’investissement privée d’une valeur de 3 milliards de dollars, après avoir servi à la Maison-Blanche pendant le premier mandat de Trump.

Ramez et ses frères se sont installés définitivement au Qatar en 2011 et y ont connu du succès mais ils n’ont en aucun cas abandonné leur espoir de retourner en Syrie. La situation a changé fin 2024, lorsque Bachar Al-Assad a été évincé et que Trump est revenu à la présidence.

Les Khayyat invités à l’investiture de Trump

Quelques semaines plus tard, Ramez et son frère aîné, Moataz, se rendaient à l’investiture de Trump. À Washington, pour les festivités, les Khayyat rencontrèrent les parents de Jared Kushner, ainsi que Michael Boulos, époux de la plus jeune fille du président, Tiffany Trump, et le père de ce dernier, Massad Fares Boulos, qui avait contribué à coordonner les efforts de mobilisation des électeurs syro-américains lors de la campagne de réélection de Trump, comme en témoignent des photos publiées sur les réseaux sociaux.

Le même mois, les Khayyat se rendirent à Damas pour rencontrer le nouveau président syrien, Ahmed Al-Charaa, qui venait de prendre le pouvoir dans un pays en ruines et dont les infrastructures nécessitaient une reconstruction urgente.

Les Khayyat et leurs partenaires ont obtenu un contrat de 4 milliards de dollars pour reconstruire l’aéroport délabré et en faire une plaque tournante essentielle au Moyen-Orient, ainsi qu’un autre contrat de 7 milliards de dollars pour la construction de quatre centrales électriques au gaz naturel. Ils ont également négocié un troisième accord avec Chevron pour développer des sites de forage de gaz naturel en mer Méditerranée, au large des côtes syriennes.

Tom Barrack, envoyé spécial du président américain pour la Syrie, a apporté son soutien aux frères Khayyat et leur a réaffirmé l’appui de l’administration Trump à leurs projets. Le long de la côte syrienne, Mohamad Al Khayyat travaille à son projet de construction d’un terminal de croisière et d’un complexe hôtelier, comprenant le parcours de golf sous la marque Trump, un projet qui devait être réalisé sur des terres contrôlées par le gouvernement syrien. Le NYT a relevé que les efforts de lobbying entrepris pour obtenir le soutien du Congrès à la levée des sanctions ont inclus notamment des vols gratuits vers la Syrie à certains membres du Congrès. La levée des sanctions a également reçu un large soutien de la part des groupes syro-américains et de certains parlementaires, qui ont fait valoir qu’une telle mesure dynamiserait la reprise économique de la Syrie en encourageant les investissements étrangers après le départ du président Assad.

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JPMorgan étend son programme d’investissement de 1 500 milliards de dollars à l’Europe

22. April 2026 um 15:04

JPMorgan Chase a annoncé le 21 avril l’extension de son programme d’investissement de 1 500 milliards de dollars dédié au renforcement de la sécurité et de la résilience économique des États-Unis à l’Europe, une initiative visant à soutenir des secteurs stratégiques tels que les chaînes d’approvisionnement, la défense, l’énergie et les technologies de pointe comme l’intelligence artificielle.

Le PDG de la banque, Jamie Dimon, a déclaré que les États-Unis et l’Europe dépendaient depuis longtemps de sources peu fiables de matériaux et de technologies essentiels, et que relever conjointement ces défis était devenu une nécessité pour la sécurité et la croissance économique.

L’initiative se concentre sur cinq pays européens clés : la France, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie et le Royaume-Uni, dans le cadre d’une stratégie plus large qui inclut les États membres de l’UE et les membres de l’OTAN.

Cette initiative reflète une tendance croissante à lier la sécurité économique à la finance et à l’investissement, à un moment où les secteurs de la défense et de la technologie en Europe connaissent un essor fulgurant, stimulé par les bouleversements géopolitiques et l’augmentation des dépenses consacrées à la sécurité industrielle et militaire.

« Le rêve américain »

Il convient de noter que le PDG et président de JPMorgan Chase a lancé un avertissement frappant selon lequel le « rêve américain » s’estompe et devient de plus en plus inaccessible pour une partie croissante des Américains, soulignant que cette érosion menace non seulement les individus, mais a également un impact négatif sur la croissance économique, la cohésion sociale et l’avenir des générations futures.

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La guerre d’Ukraine a inspiré les stratèges iraniens

22. April 2026 um 08:50

Une enquête du Financial Times se basant sur plus de 300 articles parus dans 12 revues et périodiques militaires iraniens au cours des cinq dernières années, a révélé qu’avant le dernier conflit avec les États-Unis et Israël, l’Iran a cherché à comprendre comment les Ukrainiens s’étaient défendus et avaient pu résister à l’offensive russe qui durait depuis plus de trois ans. 

Imed Bahri

Ces articles offrent un aperçu unique et révélateur du fonctionnement opaque du pouvoir iranien, notamment de ses discussions internes, de l’évolution de ses tactiques et de ses technologies prioritaires. Ils révèlent que l’Iran a étudié de près l’Ukraine afin d’en tirer des enseignements, en particulier concernant les drones et s’est concentré sur la modernisation de ses capacités de cyberguerre. Ses dirigeants ont exprimé leur inquiétude quant à la planification proactive de leurs forces. Ils montrent également que Téhéran a suivi de près les performances de la Russie et la manière dont l’Ukraine s’est adaptée pour affronter un adversaire bien plus puissant.

Le journal rapporte que Hossein Dadvand, haut gradé de l’armée, dirige une importante académie militaire au nord de Téhéran. Il est chargé de former des milliers de soldats iraniens aux tactiques de combat et à la victoire sur le champ de bataille. Dans la période précédant la guerre de plusieurs semaines contre Israël et les États-Unis, Dadvand figurait parmi les responsables militaires iraniens qui ont tiré des enseignements stratégiques du conflit en Ukraine.

Imprimantes 3D pour produire des drones

Dans un article, il expliquait que ces enseignements couvraient un large éventail de domaines, allant de la résilience de la production de défense ukrainienne à l’utilisation d’imprimantes 3D pour produire en masse des drones à bas coût. Ses recommandations avaient été publiées il y a deux ans dans une revue de défense iranienne de renom.

Dadvand exhortait ses supérieurs à encourager l’Iran à investir dans les drones, à déployer des unités de combat plus agiles et mobiles et à moderniser ses méthodes d’entraînement et de combat. Il suggérait également l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’arsenal militaire iranien.

Si les conclusions de Dadvand n’étaient pas surprenantes en soi, elles ont peut-être donné un premier aperçu de l’évolution de la situation en Iran. L’année dernière, lors d’une rare interview accordée dans un stand de tir récemment ouvert, il a révélé que Téhéran avait mis à jour ses manuels et ses méthodes d’entraînement pour tenir compte de l’expérience ukrainienne. «La guerre russo-ukrainienne a été l’un des cas que nous avons étudiés avec attention. Un aspect clé de ce conflit a été l’utilisation massive de petits drones et de l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, nous assistons à l’intégration de technologies de pointe, telles que l’intelligence artificielle, la mécanique quantique et les nanotechnologies dans le domaine militaire», a déclaré Dadvand. 

Le FT a noté que tous les articles analysés étaient publiés dans des revues accessibles au public, affiliées aux plus prestigieuses écoles d’état-major et instituts de formation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et des forces armées iraniennes régulières. Parmi leurs auteurs figurent de hauts gradés, des officiers ambitieux et des universitaires chargés d’analyser les défis stratégiques auxquels l’Iran est confronté.

Ces études offrent un éclairage fascinant sur la pensée militaire iranienne et permettent de tirer des enseignements applicables aux conflits futurs. «Ces documents sont destinés à l’apprentissage militaire», a déclaré Nicole Grajewski, spécialiste des affaires iraniennes à Sciences Po Paris, qui ajoute : «Ils servent à générer des idées et à observer les réactions, idées qui sont parfois réexaminées et modifiées».

Le journal britannique estime que l’enseignement le plus important que nous apportent ces articles réside dans la manière dont les hauts dirigeants iraniens ont évalué les vulnérabilités de leur pays, un sujet qu’ils avaient déjà abordé dans des écrits antérieurs à la guerre contre Israël et les États-Unis. Parmi ces éléments figure un article co-écrit par Kioumars Heidari et Abdolali Pourshasb, deux anciens commandants de l’armée iranienne, paru dans la revue Strategic Defense Studies. Ils y exprimaient leur inquiétude face au manque de planification proactive nécessaire pour contrer les «menaces émergentes».

En 2023, ils affirmaient que l’Iran devait accélérer le recrutement de spécialistes, réformer ses manœuvres militaires et planifier ses acquisitions d’armements en s’appuyant sur des technologies de pointe telles que les drones, les lasers et les plateformes spatiales. Ils citaient également le conflit en Ukraine comme source de «nouvelles menaces».

«Je pense que l’une des raisons pour lesquelles ils écrivent sur la guerre en Ukraine est qu’ils disposent de données sur ce conflit. Ils veulent que les étudiants soient familiarisés avec les opérations qui s’y déroulent et avec le mode opératoire des Russes», a commenté Grajewsky, ajoutant qu’écrire sur des conflits étrangers favorise une plus grande introspection.

Bien que les revues de recherche militaire iraniennes soient moins détaillées que leurs homologues russes, Grajewsky a noté qu’elles constituent un bon moyen pour les différentes branches de rivaliser pour obtenir des ressources et de l’attention.

Aziz Nasirzadeh, ancien commandant de l’armée de l’air, devenu ensuite ministre de la Défense et tué lors d’une frappe aérienne le 28 février, a co-écrit un article sur la guerre Iran-Irak qui se concluait par un appel urgent à Téhéran pour qu’il reconstruise sa flotte de chasseurs négligée en achetant des Su-35 à la Russie. Cet article a été publié dans la revue Defense Futures Studies, une publication de l’École d’état-major de l’armée iranienne.

L’acquisition des coûteux Su-35 auprès de la Russie semble être un point de discorde entre les différentes branches de l’armée iranienne. Bien que Téhéran ait confirmé son intention de procéder à l’achat de ces avions, qui n’ont pas encore été livrés, peu après la nomination de Nasirzadeh au poste de ministre de la Défense, son article est antérieur de plusieurs mois à cette nomination.

Dans cet article, Nasirzadeh recommandait également d’équiper l’armée de l’air iranienne de drones kamikazes et d’intégrer l’intelligence artificielle aux procédures de sélection des cibles. Il préconisait aussi la «rénovation des parties vétustes» des bases aériennes. Nasirzadeh avait co-écrit une étude affirmant que l’efficacité de l’armée de l’air américaine avait diminué en raison du vieillissement de ses appareils et de l’échec de ses programmes de modernisation.

Afshon Ostovar, spécialiste des affaires militaires iraniennes, a fait remarquer que ces articles figuraient parmi les rares sources d’information disponibles sur la manière dont l’Iran pourrait réagir dans certaines situations d’urgence.

Les articles analysés par le FT offrent un aperçu général de la façon dont les commandants pourraient gérer au mieux des situations telles que l’arraisonnement de navires dans le détroit d’Ormuz ou le refoulement d’un débarquement amphibie. Ces articles concluaient qu’une approche conflictuelle était préférable dans le premier cas, tandis que dans le second, ils suggéraient le minage des eaux côtières comme moyen de dissuasion.

Ostovar a déclaré : «Ces articles sont extrêmement intéressants lorsqu’ils abordent leurs propres pratiques, processus et procédures», ajoutant qu’en suivant les orientations éditoriales des revues importantes, on peut se faire une idée assez fiable des priorités de l’Iran. Il a poursuivi : «On peut se faire une idée, même imparfaite, de la manière dont elles évoluent et s’adaptent, et elles en disent souvent long par les sujets qu’elles traitent».

De nombreux articles traitent de la technologie, des tactiques et des communications des drones, ainsi que d’études évaluant l’efficacité des batteries de défense aérienne iraniennes. On constate également un intérêt marqué pour le renforcement des capacités de cyberguerre, notamment l’intégration de l’intelligence artificielle dans la prise de décision et les attaques.

Les analystes ont noté que les officiers, les commandants et les responsables du renseignement rédigent parfois des articles de recherche sous pseudonyme. Ils ont souligné que les articles écrits par de hauts responsables devraient être pris beaucoup plus au sérieux que ceux écrits par des étudiants ou des universitaires.

Farzin Nadimi, chercheur principal au Washington Institute for Near East Policy, affirme que la recherche scientifique et technique tend à être plus rigoureuse que l’analyse stratégique. Ces articles de politique étrangère étaient souvent si mal documentés qu’il a qualifié leurs conclusions d’«absurdes».

Nadimi a déclaré que les services de renseignement américains auraient examiné attentivement les publications iraniennes afin d’y trouver des informations précieuses, ajoutant que Téhéran a pris des mesures pour empêcher les fuites d’informations sensibles en émettant des directives interdisant aux officiers et aux ingénieurs travaillant sur des projets de défense de trop en divulguer.

Cependant, même des recherches superficielles peuvent être utiles pour comprendre l’état d’esprit des officiers iraniens. De nombreuses études ont dépeint Washington comme une puissance faible et ont perçu des opportunités pour l’Iran de remodeler le Moyen-Orient. L’Azerbaïdjan, de par ses liens étroits avec Israël, est considéré comme une menace pour la sécurité de l’Iran.

Le FT cite Michael Connell, ancien officier du renseignement américain et expert de l’Iran au Center for Naval Analyses, qui affirme que les articles les plus pertinents sont ceux qui incluent des enquêtes menées auprès d’experts et de militaires en service actif sur des sujets moins sensibles.

Une étude analysée par le FT souligne l’importance d’empêcher les soldats d’être recrutés par des «groupes déviants». Une autre révèle des problèmes chroniques dans les hôpitaux militaires, sujets à des crises en raison d’une dépendance excessive aux fournisseurs du secteur privé et d’une négligence de leurs «missions essentielles» au profit de la rémunération de civils générateurs de revenus.

D’autres études, publiées antérieurement, ont exploré les moyens de prévenir les idées suicidaires chez les soldats ou ont constaté que les élèves des prestigieuses académies militaires iraniennes faisaient état d’une discrimination importante fondée sur la pauvreté ou l’origine ethnique de leur famille. Connell ajoute : «Cela nous donne un aperçu de la vie quotidienne dans l’armée iranienne».

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Cette « flotte moustique » iranienne qui nargue la puissante marine américaine…

21. April 2026 um 11:11

Face à l’impressionnante armada américaine, Téhéran mise sur une stratégie navale atypique : la guérilla en mer par sa « flotte moustique ». Eclairage.

 

C’est la fable du moustique contre l’éléphant. Ce récit intemporel qui met en lumière l’écrasante disproportion des forces et l’arrogance des puissants. Tout en rappelant qu’un être minuscule peut tenir tête à un géant aux pieds d’argile.

C’est aussi l’essence même de la guerre asymétrique : lorsque le plus faible, loin de céder, oppose une résistance acharnée à une puissance militaire supérieure, en mobilisant des moyens limités, parfois artisanaux. Le cas de l’Iran, confronté à deux puissances nucléaires, en offre une illustration saisissante.

Capacité de nuisance

Ainsi, face à l’armada américaine composée d’une dizaine de navires de guerre dont le porte-avions USS Abraham Lincoln et des destroyers de classe Arleigh Burke visant à contrôler le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, Téhéran conserve une considérable capacité de nuisance en mer grâce à sa « flotte moustique » dotée d’armes légères, comme des mitrailleuses, des drones ou de petits lance-roquettes. Ces vedettes rapides, difficile à neutraliser, sont capables de menacer ou de frapper des bateaux commerciaux ou des pétroliers. Elles peuvent aussi perturber le trafic pétrolier mondial et faire monter la pression sur Washington. D’où la comparaison avec les insectes suceurs de sang.

« On les appelle les « flottes de moustiques » parce qu’elles sont petites et agaçantes et elles frappent fort », a déclaré au New York Post Alex Plitsas, ancien responsable du Pentagone et chercheur à l’Atlantic Council. « Mais elles suffisent à piquer et à être insupportables, ajoute-t-il. Ces navires sont d’autant plus redoutables lorsqu’ils attaquent à plusieurs, en nuées ».

Guérilla en mer

Et pour mener des attaques furtives et harceler le trafic maritime, les Gardiens de la révolution iraniens utilisent une flottille de bateaux rapides. Certains peuvent atteindre jusqu’à 180 km/h et sont équipés de mitrailleuses, de lance-roquettes ou bien de drones. Ces embarcations sont dissimulées dans des bases côtières ou des grottes creusées sur le littoral.

Plus petits que ceux de la flotte iranienne régulière et dissimulés tout au long des centaines de kilomètres de côtes iraniennes, les bateaux de la « flotte moustique » peuvent se cacher dans des grottes ou des abris construits sous les roches. En faisant des pics de vitesse parfois au-delà des 150 km/h, ils échappent au radar et peuvent s’approcher de navires beaucoup plus gros, qu’ils attaquent avec des armes légères, du drone au lance-roquettes, en passant par les mitrailleuses.

Peu coûteux et difficilement détectables par satellite, ces vedettes constituent un véritable danger, notamment pour les navires commerciaux qui ne sont pas équipés pour ce type de menace. Ainsi, l’Organisation maritime internationale estime qu’au moins 20 navires ont déjà été attaqués.

Cette flotte « fonctionne davantage comme une force de guérilla en mer » et « se spécialise dans la guerre asymétrique ». C’est ce qu’analyse Saeid Golkar, professeur de sciences politiques à l’université du Tennessee, interrogé par le New York Times. En misant sur des embarcations rapides et légères plutôt que sur de « grands navires de guerre », les Iraniens peuvent mener des « attaques éclair », loin des « batailles navales classiques », développe la même source.

« On ne sait jamais vraiment ce qu’ils préparent, ni quelles sont leurs intentions», indique pour sa part l’amiral Gary Roughead, ancien chef des opérations navales américaines, toujours  sur les colonnes du média newyorkais.

Un redoutable levier de négociations

Reste à savoir si cette guerre à coups de « piqûres » pouvait suffire à déstabiliser le commerce mondial ? Affirmatif, explique Farzin Nadimi, spécialiste de la marine du Corps des Gardiens de la révolution et auteur en avril 2020 d’un rapport sur l’« évolution de l’approche de l’Iran en matière de guerre navale asymétrique » pour le Washington Institute, un think tank basé dans la capitale fédérale américaine.

« Compte tenu de la dépendance des pays industrialisés vis-à-vis des importations de pétrole, même des perturbations mineures dans l’approvisionnement de pétrole ou de GNL mettraient le marché à rude épreuve, avec des conséquences économiques potentiellement importantes » affirme l’expert. Tout en ajoutant que « cette vulnérabilité confère à l’Iran quelques leviers de négociation face aux grandes économies mondiales ».

Alex Plitsas, ancien responsable du Pentagone et chercheur à l’Atlantic Council, souligne pour sa part que dans un passage stratégique comme le détroit d’Ormuz, il n’est pas nécessaire de contrôler totalement la mer : il suffit de la rendre trop risquée pour la navigation. Or ce détroit, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, constitue un levier majeur pour Téhéran. Sans chercher à le bloquer complètement, l’Iran miserait donc sur une stratégie moins coûteuse, mais très perturbatrice pour le trafic maritime et l’économie mondiale.

Reste l’issue diplomatique à la guerre, mais elle semble plus qu’incertaine : l’Iran n’ayant pas pris « à ce stade » de décision quant à sa participation aux nouveaux pourparlers avec les États-Unis, annoncés pour hier lundi à Islamabad. Le principal point de crispation pour Téhéran est le blocus naval étasunien qui constitue « non seulement une violation du cessez-le-feu », mais également « un acte illégal et criminel ». C’est mal barré, déplorent les plus optimistes.

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La dépendance à l’IA US menace notre souveraineté

21. April 2026 um 08:55

Imaginez : demain, un conflit éclate. Ou simplement, des tensions diplomatiques s’exacerbent. Les agents IA qui pilotent votre logistique, analysent vos renseignements ou optimisent votre réseau électrique se mettent soudain à dysfonctionner, à refuser des commandes critiques, ou pire, à divulguer des données sensibles. Ce n’est pas de la science-fiction. C’est la conséquence logique de la dépendance aux infrastructures et aux droits extraterritoriaux des États-Unis. Cet article décrypte le danger réel du droit américain, illustre les alternatives souveraines déjà déployées dans le monde, et présente les solutions concrètes comme Zetta-Spark.com en Tunisie pour reprendre le contrôle.

Héni Bouhamed *

1. Le mythe de la localisation des données

De nombreuses entreprises privés et institutions publiques (ministères & toutes autres administrations) pensent être protégées car leurs données sont hébergées sur des serveurs en Europe ou en Tunisie. C’est une illusion dangereuse. Le droit américain ne suit pas les données, il suit le prestataire.

Le paysage juridique américain en 2026 est plus menaçant que jamais pour les entités non-américaines. Deux piliers législatifs forment une tenaille mortelle :

Le Cloud Act (2018) : ce texte donne aux autorités américaines le pouvoir d’exiger d’une entreprise technologique US (Google, Microsoft, Anthropic, OpenAI) la communication de données, peu importe où elles se trouvent. Que vos serveurs soient à Francfort, à Singapour ou à Tunis, si votre fournisseur est américain, le gouvernement US peut y accéder via un mandat.

La Section 702 du Fisa : initialement conçue pour le contre-terrorisme, cette loi permet une surveillance sans mandat préalable des communications. Pire, des rapports récents montrent que ces outils de surveillance massive sont désormais utilisés pour la lutte contre l’immigration et pourraient être déployés contre des entreprises américaines elles-mêmes.

Le piège pour vos agents IA : si vous utilisez des modèles d’Anthropic, OpenAI ou Gemini, même via une interface locale, les prompts et les fragments de données sensibles voyagent vers les serveurs US. Le Cloud Act s’applique. En cas de crise, un «bouton off/on» ou une injection de biais dans les modèles n’est pas une théorie du complot, mais une possibilité technique et juridique offerte à Washington.

2- La réponse mondiale : la souveraineté numérique en action

Face à cette menace, des blocs entiers ne restent pas passifs. Un mouvement planétaire vers l’IA souveraine est en marche, où les États exigent que leurs données restent sous leur contrôle juridique et infrastructurel.

Voici des exemples concrets déjà en fonctionnement, classés par région :

Ces initiatives prouvent un basculement historique : on ne se contente plus d’acheter des services cloud américains «durcis». On construit des écosystèmes nationaux complets, de la couche physique (hardware) jusqu’aux modèles d’IA.

3. ZettaSpark Tunisie : une alternative souveraine

Dans ce mouvement, ZettaSpark Tunisie apporte une réponse adaptée aux entreprises et aux États qui possèdent déjà des infrastructures de données massives.

ZettaSpark est une plateforme logicielle complète conçue pour déployer et gérer des environnements Big Data directement au sein de l’infrastructure sur site d’une entreprise, afin de stocker des données hautement sensibles.

Historiquement expert en traitement distribué (Hadoop, Spark, Kafka), ZettaSpark Tunisie franchit un cap en intégrant l’IA générative et agentique directement dans vos clusters. Sa philosophie :«Vos données ne quittent jamais votre infrastructure».

Contrairement aux solutions cloud propriétaires, ZettaSpark Tunisie se déploie sur vos serveurs, dans votre datacenter, en Tunisie ou ailleurs. Vous bénéficiez ainsi :

  • de l’indépendance juridique : fin du Cloud Act. Pas de prestataire américain, pas de mandat extraterritorial ;
  • de la confidentialité totale : les modèles tournent en local. Vos secrets industriels, données de santé ou stratégies sensibles ne sont pas aspirés par une API étrangère ;
  • de la maîtrise des coûts : fini les surprises de facturation des tokens ;
  • d’un écosystème technique «vitaminé» par vos Big Data : ZettaSpark Tunisie ne se limite pas à un simple chatbot local. La plateforme permet à des agents intelligents d’interagir directement avec vos silos de données massives ;
  • de connecteurs MCP version locale : contrairement à l’utilisation standard de Claude Desktop qui envoie vos données aux US, ZettaSpark Tunisie force le MCP (Model Context Protocol) à fonctionner en local. Vos agents peuvent lire vos bases de données, vos lacs de données/Lake house (HDFS/Iceberg) et exécuter des tâches sans jamais exposer un octet à l’extérieur ;
  • de modèles agnostiques : utilisez Llama 4, Gemma 4, DeepSeek ou Qwen sur vos propres GPU, orchestrés par Spark ;
  • de sécurité renforcée : authentification Kerberos, contrôle d’accès, et chiffrement de bout en bout.

3- Une vision pour le tissu industriel

«Ne vous contentez plus d’analyser le passé. Donnez à votre entreprise les agents capables de construire le futur.»

ZettaSpark Tunisie permet à une banque de traiter ses données clients sensibles, à un ministère de la défense d’analyser du renseignement, ou à une usine d’optimiser sa maintenance prédictive, sans dépendre de la bonne volonté de Washington.

4. Le moment d’agir est maintenant

Le droit américain ne vous protégera pas. Les extensions du Fisa 702 sont votées dans l’urgence, souvent sans débat public approfondi, créant une insécurité juridique permanente pour les utilisateurs non-US.

La solution n’est pas dans la résistance isolée, mais dans l’architecture technique.

Comme l’ont compris l’Afrique de l’Est, le monde arabe ou l’Inde, la souveraineté numérique se gagne code par code, serveur par serveur.

ZettaSpark Tunisie vous donne les outils pour faire de votre infrastructure Big Data un bastion d’IA agentique indépendant.

Pour aller plus loin : découvrez comment déployer votre première flotte Big Data/Agents souverains sur ZettaSpark

* Senior Lecturer at Sfax University, Tunisia.

Sources : National Law Review (2026), East African Community (2026), Just Security (2026), Wiley Connect (2026), Digit India (2026), AICTO (2026), Oracle Blogs (2026).

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Le pétroyuan peut-il supplanter le pétrodollar ?

21. April 2026 um 07:36

Bien que le yuan chinois reste largement distancé par le dollar dans le commerce mondial, sa demande a augmenté depuis que l’Iran a renforcé son contrôle sur le détroit d’Ormuz et a commencé à accepter des paiements en yuans en échange du passage sécurisé des navires. Ainsi, la guerre en Iran a relancé l’idée que le yuan puisse rivaliser plus efficacement avec le dollar américain.

Imed Bahri

Selon une enquête de Bloomberg, la guerre d’Iran a enclenché le débat sur le «pétroyuan», un concept initialement proposé par le président chinois Xi Jinping lors de sa visite au Moyen-Orient en 2022, sans toutefois rencontrer de succès significatif à l’époque. 

Un chercheur chinois proche du gouvernement a déclaré la semaine dernière que les échanges de pétrole brut libellés en yuans avaient explosé suite au conflit, tandis que les médias d’État rapportaient que le système de paiement interbancaire transfrontalier chinois Cips (China International Payments System) avait atteint un niveau record de 1 220 milliards de yuans (179 milliards de dollars) en une seule journée, dépassant ainsi pour la première fois la barre des mille milliards de yuans.

La guerre en Iran relance le débat sur le pétroyuan

Dans une note récente, Mallika Sachdeva, stratégiste chez Deutsche Bank, a affirmé que cette guerre «pourrait jouer un rôle majeur dans l’érosion de la domination du pétrodollar et le début de l’essor du pétroyuan».

Cette analyse n’est pas l’apanage de la banque allemande. D’autres estiment qu’il est de plus en plus logique de fixer le prix du pétrole dans la monnaie du premier importateur mondial de brut.

La Chine a constamment renforcé ses liens économiques avec le Moyen-Orient, et les responsables du Parti communiste ont mis en place à Shanghai une infrastructure de négoce pétrolier incluant les contrats à terme. Ils ont également étendu le système Cips et travaillent, avec des partenaires du Moyen-Orient, au développement d’une plateforme internationale de monnaie numérique. La dynamique du yuan se heurte à la domination du dollar.

Selon les dernières données officielles, les transactions en yuans entre la Chine et le Moyen-Orient ont atteint environ 1 100 milliards de yuans en 2024, enregistrant un taux de croissance annuel moyen de 53% depuis 2020. Les transactions sur titres ont représenté la part la plus importante, contre seulement 18% pour les biens.

«Les conflits au Moyen-Orient vont inévitablement accroître l’incitation à utiliser le yuan dans le négoce pétrolier, notamment dans les pays en développement, mais ils n’entraîneront pas de bouleversement radical, car aucun concurrent n’est en mesure de détrôner le dollar dans un avenir proche», a déclaré Chi Lo, stratégiste en chef pour les marchés Asie-Pacifique chez BNP Paribas Asset Management.

Les enjeux sont considérables. Le pétrole brut représente environ un cinquième du commerce mondial libellé en dollars américains, et toute modification de ses mécanismes de prix et de règlement pourrait entraîner une fragmentation accrue, affaiblissant la domination du dollar dans le système monétaire international. Plusieurs économies émergentes ont déjà commencé à réduire leur dépendance à l’égard d’une monnaie que les États-Unis instrumentalisent de plus en plus.

Néanmoins, évaluer l’impact à long terme du conflit sur les prix du pétrole prendra du temps, et de nombreux analystes doutent de la capacité du yuan à concurrencer le dollar dans un avenir proche.

Le blocus des ports iraniens imposé par le président américain Donald Trump illustre l’ampleur des défis auxquels est confronté le pétroyuan car l’utilisation de la monnaie chinoise dans le commerce mondial du pétrole demeure limitée en dehors des pays soumis à des sanctions américaines et dépourvus d’alternatives viables.

Les défis à relever pour briser la domination du dollar

«L’administration Trump aborde avec prudence les conséquences d’une utilisation accrue du yuan dans le commerce pétrolier et ne peut se permettre que cela se produise», a déclaré Hui Feng, professeur à l’université Griffith en Australie et co-auteur de ‘‘L’essor de la Banque populaire de Chine’’. Il a ajouté : «L’issue de la guerre commerciale reste incertaine mais il est fort improbable que le yuan en profite».

L’attrait du dollar provient d’un accord conclu en 1974 entre les États-Unis et l’Arabie saoudite pour fixer le prix et le règlement du pétrole en dollars, Riyad s’engageant à investir ses recettes d’exportation dans des bons du Trésor américain. À cette époque, la Chine se remettait encore de la Révolution culturelle de Mao Zedong et n’avait pas encore réalisé son miracle économique.

Un demi-siècle plus tard, les financements en yuans continuent de se développer progressivement au même rythme que l’économie chinoise, les pays et les entreprises étrangères se tournant de plus en plus vers le marché obligataire chinois pour lever des fonds. Cependant, son volume reste limité par rapport à celui des États-Unis, ce qui explique la relative rareté, pour les pays riches en pétrole, d’actifs financiers liquides et investissables pour déployer leurs revenus.

À l’inverse, la volatilité des flux de capitaux spéculatifs inquiète les autorités chinoises, les incitant à la prudence quant au libre fonctionnement des marchés. Elles interviennent donc parfois pour restreindre les échanges, voire limiter la diffusion d’informations sur les prix, des pratiques inhabituelles sur les principaux marchés internationaux. La part des investisseurs étrangers dans les obligations d’État chinoises est tombée sous la barre des 5% en février, son niveau le plus bas depuis 2017.

Le pétroyuan entre dynamique et réalité

Bien que les transactions en yuans sur le réseau Cips atteignent des niveaux records, elles ne représentent encore qu’une faible part par rapport aux paiements quotidiens moyens en dollars transitant par le réseau Chips (Clearing House Interbank Payments System est le plus grand système privé de compensation et de règlement de paiements en dollars américains au monde), qui s’élèvent à environ 2 000 milliards de dollars.

En Arabie saoudite et dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l’essor du yuan dans les paiements pourrait susciter un débat sur ses conséquences pour l’ancrage de cette monnaie au dollar, pilier de la stabilité monétaire depuis des décennies. Donald Trump a également déjà exprimé son opposition aux initiatives visant à s’éloigner du dollar américain.

«Le concept de pétroyuan reste peu probable quant au renforcement de la position du yuan dans les paiements internationaux», a déclaré Eswar Prasad, professeur à l’université Cornell et ancien directeur de la division Chine du Fonds monétaire international qui ajoute : «Même si certaines transactions pétrolières étaient libellées et réglées en yuans pour contourner des sanctions financières ou autres, il est peu probable que cela entraîne un bouleversement fondamental du paysage monétaire mondial».

Concernant les règlements mondiaux des matières premières, Zhu Zhaoyi, directeur exécutif de l’Institut du Moyen-Orient de la HSBC Business School de l’Université de Pékin, a prédit que la part du dollar chuterait à environ 70% au cours des cinq prochaines années, contre environ 80% actuellement, tandis que la part du yuan passerait de 4 à 5% actuellement à un niveau compris entre 8 et 10%.

Les politiques de Trump offrent une opportunité au yuan

La réticence de Pékin à autoriser la pleine circulation des capitaux demeure un frein majeur à cette progression. Les autorités continuent de gérer le yuan, n’autorisant qu’une croissance limitée des échanges offshore. Selon les données de la Banque populaire de Chine, la liquidité du yuan offshore, basée sur les dépôts, s’élevait à environ 1 600 milliards de yuans (234 milliards de dollars) en mars de l’année dernière, un niveau modeste comparé aux plus de 15 000 milliards de dollars d’actifs libellés en dollars détenus hors des États-Unis.

«L’absence d’une monnaie pleinement convertible continuera de peser sur le rendement des investissements en actifs locaux libellés en yuan en Chine», a déclaré Edward Bell, directeur de la recherche par intérim et économiste en chef d’Emirates NBD, la plus grande banque des Émirats arabes unis. Il ajoute : «Ce type de risque n’existe pas pour le dollar américain».

Les économies sous sanctions en tête du mouvement

Jusqu’à présent, l’expansion de l’utilisation du yuan sur les marchés des matières premières a été impulsée par les économies sous sanctions. La plupart des échanges bilatéraux entre la Russie et la Chine sont réglés en yuans ou en roubles, selon un responsable russe. Cela inclut les importations chinoises de combustibles fossiles, d’une valeur d’environ 563 milliards de yuans (81,8 milliards de dollars), d’après les données douanières.

Les progrès réalisés consistent principalement à régler les transactions individuelles en yuans, une étape encore loin du changement structurel du mécanisme de fixation des prix nécessaire à l’avènement d’un pétroyuan. Ce dernier supposerait en effet que les prix du pétrole s’affranchissent du dollar. Si les contrats à terme sur le pétrole libellés en yuans ont commencé à être négociés à la Bourse internationale de l’énergie de Shanghai en 2018, le volume quotidien moyen des transactions, d’environ 170 000 contrats, demeure limité comparé au million de contrats échangés pour le pétrole brut West Texas Intermediate.

La Chine perçoit néanmoins cette voie comme un pari à long terme sans échéancier précis. L’histoire montre que l’ascension d’une monnaie à la domination du système mondial prend du temps, et les effets de réseau rendent difficile toute rupture avec le système actuel. Bien que l’économie britannique soit plus petite que son homologue américaine depuis 1900, la livre sterling a conservé sa domination mondiale jusqu’aux années 1940.

La Chine jette les bases de la tarification de l’énergie en yuan

La stratégie chinoise repose sur une approche progressive, consistant à développer l’utilisation du yuan dans les échanges commerciaux parallèlement à la mise en place des infrastructures de paiement nécessaires. En 2023, la Chine a réglé pour la première fois ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL) en yuans via la Bourse du pétrole et du gaz naturel de Shanghai, y compris des approvisionnements en provenance des Émirats arabes unis.

Cette même année a également vu la première transaction transfrontalière de pétrole brut en yuan numérique. L’année dernière, First Abu Dhabi Bank est devenue le premier participant au système Cips. 

Charles Chang, directeur général de S&P Global Ratings, responsable des notations d’entreprises en Grande Chine, a déclaré : «Avant même le conflit avec l’Iran, certains États du Golfe étaient enclins à développer leur diplomatie économique en explorant des moyens de commercer dans des devises autres que le dollar». Il a ajouté : «Si le conflit en Iran renforce cette tendance, davantage d’États du Golfe pourraient se montrer de plus en plus disposés à adopter progressivement le pétroyuan».

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Accord Iran–États-Unis : Washington joue la montre, les alliés craignent un piège

20. April 2026 um 14:55

Les alliés occidentaux des États-Unis redoutent qu’un accord-cadre précipité entre Washington et Téhéran ne produise l’effet inverse de celui recherché. Et ce, en figeant des désaccords profonds plutôt qu’en les résolvant, notamment sur l’enrichissement d’uranium.

Selon plusieurs diplomates européens expérimentés dans les négociations avec l’Iran, l’administration Trump chercherait à obtenir rapidement un succès diplomatique en concluant un accord de principe sur le programme nucléaire iranien a rapporté Capital dimanche 19 avril. Mais une telle approche pourrait aboutir à un compromis superficiel. Tout en laissant en suspens des questions techniques complexes qui exigeraient ensuite des mois, voire des années, de négociations supplémentaires.

Au cœur des divergences figure la question centrale de l’enrichissement de l’uranium. Washington exige un abandon total de cette activité. Alors que Téhéran insiste sur son droit à un programme nucléaire civil limité. Cette opposition fondamentale rend toute solution durable particulièrement difficile à atteindre.

D’autres points techniques sensibles compliquent encore davantage les discussions. En effet, les options envisagées pour traiter les stocks d’uranium enrichi — comme leur dilution ou leur transfert à l’étranger — nécessitent des mécanismes de vérification extrêmement complexes.

Parallèlement, l’Iran réclame un allègement progressif des sanctions ainsi que des garanties de sécurité, notamment une promesse de non-agression…

En somme, si un accord-cadre rapide peut offrir un gain politique immédiat; il risque aussi de créer un blocage technique durable. Ce qui rendait plus difficile la conclusion d’un accord global et stable sur le long terme.

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Trump, un président en mode-panique

20. April 2026 um 12:51

Il y a deux jours, Donald Trump accorda une interview à Fox News dans laquelle il a dit ceci : « J’ai connu la meilleure année, la meilleure première année de mandat dans l’histoire américaine. J’ai mis fin à huit guerres. L’économie est plus florissante qu’elle n’a jamais été. Mais, voyez-vous, dans notre pays, même un grand président peut avoir tendance à perdre les élections de mi-mandat. Je ne comprends pas. Nous avons connu la meilleure première année de l’histoire de la présidence américaine. Normalement, il faut nous féliciter pour ça. »

Comme s’il veut prouver au public américain et au monde qu’il est détaché de la réalité et qu’il vit dans son propre monde illusoire, il publie dans la nuit du 18 au 19 avril sur son Truth Social 47 tweets en seulement une heure. Un véritable acharnement qui révèle le véritable état de Donald Trump : un homme en mode-panique, plutôt qu’un président maitrisant les situations et gérant les conséquences de ses décisions tant à l’intérieur de son pays qu’à l’extérieur.

Donald Trump agit en mode-panique parce qu’il se sent entièrement dépassé par les conséquences de sa décision d’aller en guerre contre l’Iran. Ne sachant trop comment s’y prendre pour sortir du « bourbier persan » dans lequel il s’enfonça sous l’instigation de Netanyahu et du lobby sioniste.

C’est probablement une première dans l’histoire des guerres que le problème principal que Donald Trump tente désespérément de résoudre est celui qui n’existait pas au moment de l’agression américano-sioniste le 28 février contre l’Iran. C’est-à-dire l’ouverture du détroit d’Ormuz où le commerce maritime mondial du pétrole, du gaz et des fertilisants n’a jamais été menacé depuis la guerre Irak-Iran des années 1980…

C’est, à coup sûr, une première dans l’histoire qu’une guerre si dangereuse pour le monde est gérée par son initiateur par une profusion de tweets. Des tweets qui se télescopent, se contredisent, provoquent dans le monde consternation et sarcasme et finissent en objets de plaisanteries sur les réseaux sociaux.

C’est ce mode-panique sous l’emprise duquel se trouve le président américain qui explique pourquoi, en l’espace de quelques tweets, l’Iran est menacé de totale annihilation s’il persiste à ne pas capituler; que l’Iran supplie pour la négociation; qu’il a accepté de livrer à l’Amérique les 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60%; qu’aujourd’hui (18 avril) est « un grand jour pour l’humanité » parce que le détroit d’Ormuz est ouvert… Il va sans dire qu’aucun de ces tweets n’a aucun rapport avec la réalité.

Quand un journaliste posa à Trump la question : comment allez-vous réagir à la décision iranienne de fermer encore une fois le détroit d’Ormuz ? Trump a répondu : « Ah bon ! Ils l’ont refermé de nouveau ? Je vais voir ça. » Face à de telles péripéties « kafkaesques », on ne sait trop s’il faut en rire ou en pleurer.

Plus « kafkaesque » encore, Trump continue de réclamer le prix Nobel de la Paix parce qu’il a « arrêté huit guerres ». Auxquelles il a ajouté le 18 avril une « neuvième », celle qui oppose le Liban et Israël et que Trump a « arrêté pour la première fois depuis 1948 »…

Alors que Donald Trump continue de compter les guerres qu’il a arrêtées tout en exigeant un budget militaire de 1500 milliards de dollars pour 2027 (50 % d’augmentation par rapport à 2026), le Wall Street Journal nous informe que le Pentagone, désemparé face à l’épuisement des réserves de ces équipements militaires et des munitions dans les guerres d’Ukraine, de Gaza et d’Iran, a approché deux grands constructeurs automobiles américains (General Motors et Ford) pour leur demander de contribuer à la fabrication d’armements…

Un tel recours aux constructeurs automobiles pour leur demander de convertir leur chaines de production de voitures en chaines de production d’armements n’a pas été vu depuis la Deuxième Guerre mondiale. Après plus de 80 ans, c’est le président qui a promis d’arrêter toutes les guerres et de s’occuper des « infrastructures vétustes » de l’Amérique qui a recouru de nouveau à ce procédé !

A part un petit nombre de représentants et de sénateurs qui mettent en garde contre les agissement de « ce président qui perd la tête », le Congrès américain, avec ses deux chambres est inscrit aux abonnés absents, renonçant à toutes ses prérogatives constitutionnelles et gardant un silence assourdissant face aux développements dangereux dans le monde que provoque la conduite du 47ème  président, en cette année où la République américaine s’apprête à fêter son 250ème anniversaire.

Un président en mode-panique est dangereux parce que la panique est mauvaise conseillère. Le danger est autrement plus grand quand il s’agit d’un président qui a sous ses ordres un arsenal de 5000 têtes nucléaires.

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L’administration Trump charge le FMI et la BM

20. April 2026 um 07:45

Il y a des discours qui passent inaperçus, et d’autres qui sonnent comme une mise en demeure. Celui prononcé les 16-17 avril 2026 à Washington, lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), appartient clairement à la seconde catégorie. Dans cette déclaration officielle intitulée «Statement by Mr. Bessent, United States», le secrétaire au Trésor américain déroule une critique frontale, presque idéologique, de l’évolution récente de ces deux institutions.

Moktar Lamari *  

Derrière les formules diplomatiques, c’est une véritable tentative de redéfinition de leur rôle qui se joue — avec des implications lourdes pour des pays comme la Tunisie.

Dès l’ouverture, le ton est donné. L’administration de Donald Trump revendique une ligne économique claire : croissance robuste, discipline budgétaire, énergie abondante et dérégulation.

Ce cadrage n’est pas neutre. Il sert de référence pour juger l’action du FMI et de la BM, accusés d’avoir dérivé de leur mission originelle.

Le reproche central tient en deux mots : mission creep. Selon Washington, le FMI s’est dispersé dans des domaines jugés «extrinsèques» — climat, genre, développement social — au détriment de son cœur de métier : la stabilité macroéconomique et financière.

Le message est brutal : revenir aux fondamentaux ou perdre en crédibilité.
Derrière cette critique, il y a une vision du monde où l’économie est séparée du social et du politique, une vision qui tranche avec les approches plus holistiques défendues ces dernières années.

Moins de flexibilité et plus d’orthodoxie

Mais la critique ne s’arrête pas là. Les États-Unis exigent un FMI plus dur, plus discipliné dans ses prêts. Les programmes doivent être fondés sur des conditionnalités «significatives», des projections crédibles et une analyse rigoureuse de la soutenabilité de la dette.

Autrement dit, moins de flexibilité, plus d’orthodoxie. Pour les pays emprunteurs — dont la Tunisie — cela signifie une chose : les prochains programmes pourraient être encore plus exigeants, avec un accent accru sur les réformes structurelles, la mobilisation fiscale interne et la responsabilité des gouvernements.

Un passage clé du discours concerne la dette. Washington critique implicitement les situations où les ressources du FMI servent à rembourser d’autres créanciers officiels, transférant ainsi le fardeau sur les pays débiteurs.

Cette remarque vise en filigrane les tensions entre créanciers occidentaux et émergents, notamment la Chine. Le message est clair : il faut restructurer plus vite, plus franchement, au risque sinon d’asphyxier les économies fragiles.

Côté BM, la charge est tout aussi sévère. L’institution est appelée à abandonner son objectif de 45 % de financements climatiques, jugé «inefficace» et «distorsif». Là encore, le virage est idéologique : priorité à la croissance, à l’énergie — y compris fossile — et à l’emploi.

Haro sur les engagements climatiques

Le discours insiste même sur la nécessité de financer le gaz, le pétrole et le charbon pour soutenir le développement. Une ligne qui entre en contradiction frontale avec les engagements climatiques globaux.

Pour les pays du Sud, le message est ambivalent. D’un côté, Washington insiste sur la nécessité de soutenir les pays les plus pauvres, de renforcer leurs capacités et de promouvoir leur autonomie. De l’autre, il exige que les pays à revenu intermédiaire «graduent», c’est-à-dire sortent du système d’aide.

Pour la Tunisie, coincée dans cette catégorie intermédiaire sans réelle capacité d’autofinancement, le risque est évident : être jugée trop pour bénéficier d’un soutien substantiel, mais trop fragile pour s’en passer.

Et les «amis» et«ennemis» dans tout cela ? Le discours ne les nomme pas explicitement, mais les lignes sont visibles. Les alliés sont ceux qui adhèrent à une économie de marché ouverte, respectent les règles et favorisent le secteur privé. Les autres — ceux qui restreignent la demande intérieure, manipulent les politiques industrielles ou dominent via des entreprises publiques — sont implicitement ciblés. C’est une lecture géopolitique de l’économie mondiale, où les institutions financières deviennent des instruments d’influence.

Priorité à l’énergie abondante et bon marché

Sur l’inflation et la croissance, le discours reste étonnamment discret en apparence, mais lourd de sous-entendus. La priorité donnée à l’énergie «abondante et bon marché» traduit une inquiétude face aux tensions inflationnistes.

Pourtant, aucune remise en question des politiques américaines n’est évoquée. Or, pour beaucoup d’observateurs — notamment dans le monde arabe — les choix énergétiques et géopolitiques américains ont contribué à alimenter les chocs pétroliers récents et l’instabilité au Moyen-Orient.

C’est là que le lecteur tunisien doit lire entre les lignes. Quand Washington parle de stabilité, il parle aussi de contrôle. Quand il prône la croissance, il impose un modèle. Et quand il critique le FMI, il ne cherche pas à l’affaiblir, mais à le réaligner sur ses propres priorités.

Des champs de bataille minés

Au fond, ce discours marque un tournant : celui d’un retour assumé à une vision plus dure, plus stratégique, des institutions de Bretton Woods.

Pour la Tunisie, qui espère toujours un accord avec le FMI, le signal est clair : les marges de négociation se réduisent, les exigences vont s’intensifier, et le contexte géopolitique pèsera plus que jamais sur les décisions économiques.

Dans les couloirs feutrés de Washington, une réalité s’impose : le FMI et la BM ne sont pas seulement des institutions techniques. Ce sont des champs de bataille minés, et où se redéfinit l’ordre économique mondial. Et les pays comme la Tunisie restent des petits spectateurs — mais souvent, des grands perdants, les premiers impactés.

* Economiste universitaire.

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Spéculations sur la santé mentale de Trump : pathologie ou stratégie ?

18. April 2026 um 10:24

Le comportement erratique du président américain, Donald Trump, relance le débat sur sa santé mentale. Au point que des élus du Congrès  évoquent désormais le 25 amendement de la Constitution, qui permet de déclarer un chef d’Etat inapte et de confier ses pouvoirs au vice-président.

 

Entre comportements erratiques, instabilité émotionnelle, impulsivité, manque de cohérence dans les propos et dans les actes, langage ordurier et génocidaire… La question de la santé mentale du président américain Donald Trump – l’homme le plus puissant du monde, qui, de surcroît détient entre ses mains la puissance nucléaire – se pose avec insistance aux Etats-Unis et ailleurs.

N’a-t-il pas kidnappé un dirigeant étranger pour prendre le contrôle de son pays et de ses ressources pétrolières, le Venezuela ? Juste après, n’a-t-il pas menacé d’envahir le territoire de ses alliés, le Groenland ? Avant de créer un Conseil de la paix, parodie des Nations unies, en écrivant que c’est « le meilleur et le plus prestigieux conseil jamais formé ». Le tout en lettres capitales ?

Une stratégie délibérée ?

Si le pays a déjà eu des présidents dont les capacités ont été mises en doute, tout récemment encore avec Joe Biden, jamais dans l’histoire moderne, la santé mentale du chef de l’État n’avait été discutée aussi largement ni avec tant de détails médicaux et juridiques.

Ainsi, si les uns le traitent de fou ou de psychopathe, d’autres analysent son comportement comme une stratégie délibérée d’imprévisibilité, soit une arme destinée à frapper les esprits, imposer un rapport de force brutal, à contraindre ses adversaires à plier et, au final, à créer un déséquilibre tel que toute résistance apparaisse vaine.

En d’autres termes, la folie supposée du milliardaire républicain n’est qu’une stratégie politique visant à désarçonner ses adversaires, pour les tétaniser, les faire reculer. Pour leur faire peur. Il place ainsi ses adversaires devant une alternative implacable : se soumettre ou s’exposer à une escalade dont personne ne maîtrise ni le rythme ni l’issue.

Machiavel n’avait-il pas fait, il y a des siècles, l’éloge de la folie bien calculée : « Comme il est sage de feindre au bon moment la folie » ? L’exemple de la civilisation perse qu’il a menacée de « rayer de la carte » est édifiant.

Les démocrates brandissent l’arme de la destitution

Mais, calcul stratégique ou pathologie, pour de nombreux démocrates, l’affaire est entendue : si le président des Etats-Unis n’est pas totalement un fou, il est du moins hors de contrôle.

D’où le recours au 25e amendement revendiqué par quatre-vingt-cinq démocrates de la Chambre des représentants qui évoquent la possibilité d’une destitution du président américain. Ils ont même demandé, mardi 14 avril, au vice-président JD Vance de destituer le président américain.

« Il semble avoir perdu le contrôle », a ainsi accusé le sénateur démocrate Jack Reed, quand l’élue progressiste Alexandria Ocasio Cortez alertait sur « les facultés mentales du président [qui] sont en train de s’effondrer ». Le sénateur démocrate du Connecticut Chris Murphy n’a pas de mots assez forts pour qualifier l’état psychologique de l’occupant de la Maison Blanche. « Si j’étais un membre du cabinet Trump, je passerais Pâques à appeler des juristes constitutionnels au sujet du 25e amendement. C’est complètement, totalement délirant. Il a déjà tué des milliers de personnes. Il va en tuer des milliers d’autres ».

Quid du 25e amendement ?

Rappelons enfin que le fameux 25e amendement prévoit qu’un président puisse être déclaré “inapte“ à exercer ses fonctions. « Si le vice-président et une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs font parvenir au président du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les avisant que le président est dans l’incapacité d’exercer ses pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président assumera immédiatement ces fonctions en qualité de président par intérim ». Sachant que la section 4 dudit amendement mentionné a été ajoutée à la Constitution après l’assassinat de John F. Kennedy. Concrètement, cette mesure est censée organiser la continuité du pouvoir si le président est en incapacité intellectuelle d’exercer ses fonctions.

Dans ce cas, une majorité du cabinet peut user de cet amendement en signant une déclaration attestant que le président est inapte. La déclaration est ensuite transmise aux présidents de la Chambre des représentants et du Sénat. Mais le locataire de la Maison Blanche peut cependant contester la décision dans la foulée. En cas de désaccord persistant, le Congrès tranche : une majorité des deux tiers à la Chambre des représentants et au Sénat est nécessaire pour maintenir le vice-président comme président par intérim.

Par conséquent, une éventuelle destitution au terme de laquelle Donald Trump perdrait alors ses pouvoirs, tout en conservant son titre, serait aujourd’hui a priori inenvisageable, au vu de la composition du cabinet,  largement acquise à sa cause, comme celle du Congrès, à majorité républicaine.

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Le Dow Jones bondit de plus de 1 000 points après la réouverture du détroit d’Ormuz

18. April 2026 um 09:18

Les actions américaines sont en voie de réaliser une troisième semaine consécutive de fortes hausses.

L’indice Dow Jones a progressé le 17 avril de 1 020 points et les prix du pétrole ont chuté de plus de 11 % après l’annonce de la réouverture complète du détroit d’Ormuz par l’Iran, permettant ainsi aux pétroliers de quitter à nouveau le Golfe et de transporter du pétrole brut vers leurs clients du monde entier…

Les actions ont progressé de 12 % au total depuis fin mars, dans l’espoir que les États-Unis et l’Iran éviteront le scénario catastrophique qui menaçait l’économie mondiale.

Le président américain Donald Trump a salué l’annonce de l’Iran concernant l’ouverture totale du détroit d’Ormuz à la navigation pendant le cessez-le-feu, un point clé des négociations entre Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre. Il a cependant déclaré que le blocus naval imposé aux ports iraniens resterait « pleinement en vigueur » jusqu’à ce qu’un accord soit conclu avec Téhéran.

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Défense | Lancement en Tunisie de l’African Lion 2026

18. April 2026 um 08:41

L’exercice African Lion 2026, officiellement inauguré le 13 avril 2026 en Tunisie, par les forces armées tunisiennes, américaines et de pays partenaires internationaux inauguré, devrait s’achever le 30 avril. Cet engagement international vise à renforcer la coopération régionale en matière de sécurité et à perfectionner le niveau de préparation des forces participantes dans un contexte sécuritaire mondial complexe. (Photo: Des dirigeants des forces armées américaines et tunisiennes posent pour une photo de groupe à l’issue de la cérémonie d’ouverture d’African Lion 2026 sur la base aérienne d’El Aouina, en Tunisie, le 13 avril 2026).

La Tunisie accueille African Lion pour la dixième année consécutive et est le premier des quatre pays à organiser l’édition 2026. Les phases suivantes de l’exercice devraient débuter au Ghana, au Maroc et au Sénégal dans le courant du mois.

«African Lion 2026 (AL26) vise à renforcer la préparation opérationnelle des forces combinées et interarmées, à approfondir la compréhension mutuelle entre partenaires et à améliorer l’interopérabilité en vue de la réponse aux crises», a déclaré Eldridge Browne, chef des exercices de la Force opérationnelle américaine pour l’Europe du Sud en Afrique. Il a ajouté : «Pour sa dixième édition en Tunisie, cet exercice s’appuie sur les acquis des précédentes. AL26 renforce notre capacité collective à lutter contre le terrorisme, à contribuer à la sécurité régionale et à améliorer notre efficacité dans de nombreux domaines fonctionnels.»

Le colonel Jorn Pung, de l’armée américaine (à gauche), attaché de défense à l’ambassade des États-Unis en Tunisie, discute du lancement d’African Lion 2026 avec le colonel Majid Mguidich, de l’armée de terre tunisienne.

Des manœuvres régionales synchronisées

Cet exercice témoigne d’une intégration internationale d’envergure, avec la participation de plus de 7 000 militaires de plus de 30 nations réparties dans les quatre pays hôtes. Environ 560 militaires sont actuellement déployés en Tunisie. Les forces tunisiennes et américaines sont rejointes par des alliés de l’Otan, dont la France et l’Italie, pour mener des manœuvres synchronisées.

Le programme d’AL26 est conçu pour renforcer les capacités de réponse multinationales aux crises émergentes grâce à une série de colloques universitaires et d’exercices de terrain.

L’exercice porte sur l’intégration des armes combinées, les simulations de postes de commandement et les modules de planification avancée afin de garantir une interopérabilité optimale entre les différentes structures militaires.

Les compétences clés évaluées comprennent la défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire.

Le colonel Drew Conover, de l’armée américaine (à gauche), avec le colonel Majid Mguidich, de l’armée tunisienne (au centre), et Emily Katkar, chef de mission adjointe de l’ambassade des États-Unis à Tunis, lors de la cérémonie d’ouverture d’AL25 sur la base aérienne d’El Aouina, en Tunisie.

Poursuite du partenariat Wyoming-Tunisie

Dans le cadre du Programme de partenariat d’État, la Garde nationale du Wyoming mène un entraînement conjoint avec les forces tunisiennes pour atténuer les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires. Cette année marque le 22e anniversaire du partenariat Wyoming-Tunisie.

L’entraînement comprend également l’intégration air-sol, les tactiques de lutte contre les engins explosifs improvisés et les manœuvres des forces spéciales. Des sessions stratégiques sur la cyberguerre et la formation à la sécurité sont également prioritaires afin de faire face aux menaces numériques modernes.

Le contingent américain en Tunisie représente une approche globale de la Force totale, intégrant des soldats d’active aux côtés de la Garde nationale, de la Réserve de l’Armée de terre, de l’Armée de l’air et du Corps des Marines.

En harmonisant les procédures et en renforçant les relations militaires professionnelles avec ses homologues tunisiens, européens et africains, l’exercice African Lion 2026 consolide l’engagement collectif en faveur de la stabilité régionale et du principe de la paix par la force.

En tant que pays hôte, la Tunisie affirme son rôle de chef de file régional dans la promotion de la stabilité et la prise en compte des enjeux de sécurité communs.

Traduit de l’anglais.

Source : US Army.  

Photos US Army.

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Iran–États-Unis : vers un accord intérimaire après les discussions d’Islamabad ?

17. April 2026 um 09:53

Les discussions entre les États-Unis et l’Iran ont permis de réduire certains désaccords, sans toutefois aboutir à un compromis global. Et ce, à l’issue de négociations menées sous médiation pakistanaise à Islamabad, ont indiqué des responsables iraniens.

Un haut responsable iranien précise que les deux parties ont commencé à envisager un accord intérimaire, faute de consensus sur un règlement global. L’objectif serait de stabiliser la situation à court terme et de gagner du temps pour des négociations plus approfondies.

Les États-Unis exigent un arrêt prolongé de l’enrichissement d’uranium, jusqu’à vingt ans. Tandis que l’Iran propose une suspension beaucoup plus courte, de trois à cinq ans. Tout en revendiquant son droit à un usage civil de cette technologie.

Autre point de friction : le devenir des stocks d’uranium hautement enrichi. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) estime que l’Iran dispose encore de plus de 200 kilogrammes de ces matériaux, principalement stockés à Ispahan et Natanz. Ce qui alimente les inquiétudes occidentales quant à un potentiel usage militaire.

Des signes d’ouverture ont néanmoins émergé. Téhéran pourrait accepter de transférer une partie de cet uranium vers un pays tiers. Alors que Washington envisagerait un allègement des sanctions et le déblocage d’avoirs iraniens gelés.

Les discussions ont également porté sur la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. L’Iran a évoqué la possibilité de garantir une circulation plus sûre dans cette zone en échange de concessions économiques, selon Investing.com.

Si un mémorandum de cessez-le-feu ou d’accord intérimaire venait à être conclu, les deux parties disposeraient d’un délai de 60 jours pour négocier un accord plus large, sous supervision internationale.

Pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour une nouvelle session de négociations. Mais les canaux diplomatiques restent ouverts, dans un contexte où les tensions militaires et économiques continuent de peser sur la région et les marchés mondiaux.

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La Chine, otage stratégique du bras de fer Washington-Téhéran

16. April 2026 um 13:57

Au cœur de la crise du détroit d’Ormuz, la Chine apparaît comme l’acteur silencieux, mais central, d’un affrontement qui la dépasse. Première importatrice mondiale de pétrole, elle dépend largement des flux énergétiques transitant par cette voie stratégique, aujourd’hui fragilisée par la guerre entre Washington et Téhéran.

Dans ce contexte, les déclarations de Donald Trump, mercredi 15 avril, sur une « réouverture » du détroit prennent une dimension particulière. Le président américain affirme vouloir garantir la liberté de navigation. Un objectif qui bénéficierait directement à Pékin, fortement exposée aux perturbations du Golfe.

La Chine n’a pas encore réagi au dernier message du dirigeant américain concernant la réouverture du détroit. Mais elle a auparavant nié à plusieurs reprises fournir un quelconque soutien militaire à l’Iran. Sachant que Pékin a accusé également Washington d’un comportement « dangereux et irresponsable » suite au blocus des navires iraniens.

Mais derrière cette rhétorique, la réalité est plus complexe. Les États-Unis imposent un contrôle naval strict dans le détroit d’Ormuz, ciblant notamment les flux liés à l’Iran. Cette stratégie de pression vise officiellement Téhéran. Mais elle place indirectement la Chine dans une position de dépendance accrue vis-à-vis de la puissance maritime américaine.

Pour Pékin, l’équation est délicate. D’un côté, la stabilité du détroit est vitale pour sécuriser ses approvisionnements énergétiques. De l’autre, l’hégémonie militaire américaine sur cette route commerciale contredit ses ambitions de puissance globale et son projet de diversification des routes énergétiques, notamment à travers les nouvelles routes de la soie.

Lire aussi : Pékin redoute la chute d’un allé stratégique au Moyen-Orient

En pratique, les compagnies chinoises se montrent prudentes. Plusieurs pétroliers ont réduit leurs passages ou modifié leurs itinéraires. Un signe que la pression américaine produit déjà des effets concrets. Cette adaptation illustre la vulnérabilité de la Chine face aux points d’étranglement maritimes contrôlés par d’autres puissances.

Face à cette situation, Pékin privilégie pour l’instant une posture mesurée : appels à la désescalade; refus d’une confrontation directe; et maintien de ses relations économiques avec l’Iran. Mais en filigrane, la crise d’Ormuz renforce une priorité stratégique chinoise : réduire sa dépendance aux routes maritimes sous contrôle occidental.

Ainsi, loin d’être un simple spectateur, la Chine se retrouve au cœur d’un jeu de puissance où se redessinent les équilibres énergétiques mondiaux; sans pour autant en maîtriser les règles.

Notons enfin que Trump doit effectuer une visite d’État en Chine le 14 mai prochain. Tandis que Xi devrait se rendre à Washington pour une visite réciproque à une date ultérieure.

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Rome se démarque d’Israël et s’attire les foudres de Trump

16. April 2026 um 10:32

Donald Trump s’est dit « choqué » par l’attitude de celle qu’il considérait comme son alliée européenne la plus proche. Et ce, suite à la décision de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, de suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense entre l’Italie et Israël. Eclairage.

 

En prenant ses distances avec Israël et les États-Unis, le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni semble s’aligner de plus en plus sur le gouvernement socialiste espagnol de Pedro Sánchez. Lequel vient d’appeler l’Union européenne à suspendre son accord d’association avec Tel-Aviv, dénonçant des violations « flagrantes » du droit international, à Gaza et au Liban. Une prise de position qui ravive les tensions diplomatiques entre Madrid et Tel-Aviv et place l’Espagne à l’avant-garde d’une ligne européenne plus ferme sur les droits humains.

Coup de froid

La présidente du Conseil italien a opéré, mardi 14 avril 2026, un tournant majeur dans sa politique étrangère en annonçant la suspension du renouvellement automatique de l’accord de défense entre l’Italie et Israël, portant sur l’échange de matériel militaire et la recherche technologique.

Ratifié en 2006 et renouvelé tacitement tous les cinq ans, l’accord de défense arrivait à son terme ces jours-ci. Il encadre la coopération entre les deux pays dans l’industrie de défense, la formation des militaires, la recherche et les technologies d’information, entre autres. L’opposition italienne demandait depuis plusieurs mois au gouvernement de suspendre ce renouvellement.

Rappelons que les tensions entre l’Italie et l’Etat hébreu s’étaient déjà intensifiées dernièrement après que Rome a accusé les forces israéliennes d’avoir tiré des coups de semonce sur un convoi de casques bleus italiens au Liban. Israël a de son côté convoqué l’ambassadeur d’Italie après les déclarations d’Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères, condamnant les « attaques inacceptables » menées par les forces israéliennes contre des civils libanais.

Une  proximité toxique

Une décision qui lui a valu la colère du président américain Donald Trump. Ce dernier s’est dit « choqué » par l’attitude de celle qu’il considérait comme son alliée européenne la plus proche. N’était-elle pas la seule dirigeante européenne à avoir eu « l’honneur » et « le privilège » d’assister à l’investiture du milliardaire républicain en 2025 ?

Mais comment expliquer un tel déchirement du couple italo-américain ? Des rumeurs qui bruissent à Rome affirment que la présidente du parti d’extrême droite, Fratelli d’Italia, serait en train de se repositionner. Alors qu’elle se trouve dans une position peu enviable sur la scène nationale, après avoir perdu le référendum sur la réforme de la justice le mois dernier. Une première défaite politique que les analystes attribuent en partie à sa proximité trop voyante avec Donald Trump.

« Alors que ses liens étroits avec les États-Unis et Israël lui causaient des problèmes politiques, elle pourrait adopter une position plus critique, tout en restant dans le cadre des alliances existantes ». C’est ce qu’explique Lorenzo Castellani, professeur de sciences politiques à l’université LUISS de Rome.

Fin de la lune de miel ?

En effet, la lune de miel n’a pas duré indéfiniment entre Giorgia Meloni et Donald Trump qui se sont déchirés par déclarations interposées sur la guerre en Iran ainsi que sur les attaques incessantes du président américain sur le pape. Faisant ainsi voler en éclat le couple italo-américain bien en place depuis le retour du milliardaire républicain à la Maison Blanche.

A cet égard, Donald Trump a vivement critiqué la cheffe du gouvernement italien pour avoir refusé d’impliquer son pays dans la guerre en Iran, se disant « sous le choc » et déçu de son manque de « courage ».

« Est-ce qu’ils [les Italiens] apprécient le fait que votre présidente ne nous aide pas à obtenir ce pétrole ? Est-ce que ça leur plaît ? Je n’arrive pas à l’imaginer. Je suis sous le choc. Je pensais qu’elle avait du courage, mais je me suis trompé », a déclaré le locataire de la Maison Blanche dans une interview accordée au quotidien italien Corriere della Sera.

Autre sujet de friction : les attaques répétées de Donald Trump contre le pape Léon XIV, qu’il a qualifié dimanche 12 avril de « faible » et « catastrophique » dans un message sur son réseau Truth Social. Une  diatribe qui n’est pas au goût de Giorgia Meloni qui l’a fait savoir par un communiqué lundi. « Je trouve inacceptables les paroles du président Trump à l’égard du Saint-Père », a-t-elle fustigé en rappelant qu’en tant que « chef de l’Église catholique », il est « juste et normal qu’il invoque la paix et qu’il condamne toute forme de guerre ».

Pour résumer, sous le poids de l’opinion, le revirement du gouvernement italien tranche avec la ligne jusque-là suivie. Puisque les critiques envers l’administration de Donald Trump étaient restées jusqu’alors mesurées. L’Italie allant même jusqu’à soutenir Washington sur le dossier vénézuélien, tout en évitant soigneusement toute friction sur des sujets sensibles comme le Groenland. Ce nouveau positionnement peut expliquer la décision de Rome de refuser aux avions militaires américains l’accès à la base militaire de Sigonella, en pleine guerre en Iran. Alors, désamour passager ou signes avant-coureurs d’une inévitable rupture ? L’avenir nous le dira.

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Le baiser mortel de Donald Trump à Viktor Orbàn

16. April 2026 um 09:00

Viktor Orbàn, qui a régné sans partage sur la Hongrie pendant seize ans, avait sollicité le soutien de l’administration Trump pour permettre à son parti, en difficulté, de remporter les élections législatives et ainsi conserver le pouvoir et continuer à façonner l’avenir de l’Europe en convergence avec l’idéal très à droite prôné par Trump. Or, il semble que le soutien du président américain ait paradoxalement nui à ses chances. C’est Tisza, principal parti d’opposition, qui a remporté les élections et son dirigeant Péter Magyar qui est devenu le nouveau Premier ministre hongrois. 

Imed Bahri

Il a fallu seize ans à Viktor Orbán pour façonner la Hongrie à son image mais une seule soirée a suffi pour renverser la situation, a noté James C. Reynolds dans les colonnes du journal britannique The Independent.

La victoire écrasante de Péter Magyar a été l’aboutissement de mois de campagne, durant lesquels il s’est présenté comme l’antidote à des années de dérive autocratique, tandis que le vétéran nationaliste hongrois renforçait ses liens avec Vladimir Poutine et Donald Trump.

Dans les jours précédant l’élection, Trump avait apporté son «soutien total et inconditionnel» au Premier ministre, exhortant les Hongrois à «ALLER VOTER POUR VIKTOR ORBÁN». Il est même allé jusqu’à envoyer son vice-président, J.D. Vance, faire campagne pour Orbán à Budapest, alors que les sondages donnaient Magyar largement en tête.

La malédiction de Trump

Trump est resté silencieux après la défaite électorale, il est toujours aux prises avec les conséquences de l’échec des négociations visant à mettre fin à la guerre en Iran. Alors que le conflit continue de nuire à sa popularité nationale et internationale, les experts s’interrogent : son soutien est-il une bénédiction ou une malédiction ?

Alors que la Hongrie exposait sa vision de la réintégration européenne lors de sa campagne électorale à la fin de l’année dernière, Orbán a rencontré Trump à la Maison Blanche pour consolider leurs relations. Le président a apporté un soutien sans réserve au Premier ministre pour sa position intransigeante sur l’immigration et a manifesté sa compréhension face à la dépendance de la Hongrie à l’égard de l’énergie russe. Orbán est ainsi parti avec une exemption des sanctions américaines contre la Russie et sans aucune protestation contre son rapprochement avec Moscou.

À l’approche des élections, Trump a intensifié son soutien à Orbán. Il faut dire que ce dernier est le dirigeant européen le plus trumpiste. Lors de la présidence hongroise de l’Union européenne (UE) en 2024, il a choisi comme slogan de cette présidence «Make Europe Great Again!» (Rendre sa grandeur à l’Europe), par référence au célèbre «Make America Great Again» de Trump. 

La semaine dernière, à Budapest, JD Vance s’est adressé aux partisans d’Orbán et a salué ce dernier comme «un défenseur de la civilisation occidentale» et promettant de «l’aider dans cette campagne». Mais cela n’a pas suffi à convaincre les 20% d’électeurs indécis qu’il méritait d’être réélu.

En réalité, les marchés des paris ont montré que le soutien à Orbán a légèrement baissé après le discours de Vance à ses partisans dans la capitale hongroise, selon une analyse de Newsweek. Cependant, les experts ont souligné que cela ne signifie pas nécessairement que le discours de Vance en soit la cause.

Le trumpisme ne fait plus recette

Diana Sosoaca, députée européenne roumaine d’extrême droite, a qualifié dimanche la visite de Vance en Hongrie de «grave erreur» compte tenu de la forte indignation suscitée par la guerre contre l’Iran sur le continent.

Dans le même ordre d’idées, le parti d’extrême droite allemand AfD prendrait ses distances avec l’administration Trump, le conflit impopulaire au Moyen-Orient s’éternisant. La co-présidente du parti, Alice Weidel, a demandé aux parlementaires le mois dernier de limiter leurs déplacements officiels aux États-Unis ayant pour objectif de se rapprocher des républicains Maga. 

Orbán avait dirigé la Hongrie pendant quatre années de récession et de reprise lorsqu’il a choisi de dévoiler son grand projet de «démocratie illibérale» lors d’un événement culturel en Roumanie en 2014. Dans son discours le plus important en tant que dirigeant, il a soutenu que la crise financière de 2008 avait mis en lumière les failles du projet libéral et qu’un État fort, n’étant plus obsédé par les libertés individuelles, était l’avenir de la Hongrie.

«Ce n’est pas parce qu’un système n’est pas libéral qu’il ne peut pas être une démocratie», avait-il déclaré, de façon prophétique. L’UE l’a qualifié d’«autocratie électorale».

Au cours des douze années suivantes, il a consolidé son pouvoir, justifiant son système alternatif comme une nécessité pour préserver l’héritage chrétien du pays et repousser les étrangers dangereux. Son parti, le Fidesz, a réprimé l’immigration, étouffé les droits des personnes LGBT et attaqué la liberté de la presse. Il a également restructuré le système judiciaire pour favoriser les nominations de magistrats parmi ses fidèles, redessiné les circonscriptions législatives afin de rendre les élections favorables aux candidats du Fidesz et contribué à la vente des entreprises médiatiques hongroises à des magnats alliés à Orbán.

Le sénateur Chris Van Hollen, démocrate du Maryland, a déclaré à l’AP : «Il faisait essentiellement ce que Donald Trump essaie de faire ici aux États-Unis. Selon moi, le peuple hongrois a rejeté ce système, tout comme les Américains le rejettent chez eux».

Éva Fodor, professeure à l’Université d’Europe centrale, a déclaré à The Independent avant les élections : «Avant chaque élection, ils avaient un ennemi différent : les immigrés, George Soros, Bruxelles et les groupes de pression féministes. Mais aujourd’hui, ils semblent incapables de trouver un nouvel ennemi à se créer. Alors, ils se contentent de surfer sur les mêmes thèmes»

La défaite écrasante d’Orbán a offert à Magyar une confortable majorité au Parlement hongrois (199 sièges), ouvrant la voie à des réformes significatives.

Jonathan Eyal, directeur adjoint du Royal United Services Institute, a expliqué avant les élections que la majorité des deux tiers était nécessaire pour désamorcer «les pièges» semés par le Fidesz pour le faire trébucher après son arrivée au pouvoir.

Mettant en garde contre des attentes trop élevées envers Magyar dans un premier temps, il affirmait que la principale tâche serait désormais de renverser le système en place face à une résistance acharnée. Le gouvernement a passé des années à développer des organes quasi gouvernementaux «délibérément créés pour entraver le fonctionnement d’un nouveau gouvernement d’alternance», précise-t-il.

Tisza, le parti de Magyar, devra probablement faire face à une «guérilla» sous forme de campagnes de désobéissance civile dans les campagnes et de blocages au Parlement.

Eyal a également déclaré : «Orbán a mené deux campagnes. La première était une attaque frontale très directe pour empêcher Magyar d’être élu. La seconde consistait à semer des embûches partout pour s’assurer que, s’il est élu, il ne puisse pas réussir»

Forte dépendance du pétrole et du gaz russes

«Pour garantir la réussite de Magyar, l’Europe devra débloquer des fonds pour qu’il puisse mettre en œuvre ses politiques et obtienne des résultats rapides avant qu’Orbán ne puisse le déstabiliser», a ajouté Eyal.

La Hongrie, pays enclavé, est largement dépendante du pétrole et du gaz russes, ce qui en fait un point d’accès précieux pour le Kremlin afin d’influencer le soutien à l’Ukraine en Europe.

La frustration face au blocage par la Hongrie de l’aide européenne destinée à l’Ukraine s’est transformée en accusations de collaboration pure et simple avec la Russie, après la fuite de conversations semblant montrer Orbán et son ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto en train de flatter Moscou et de saper les efforts visant à aider l’Ukraine.

Lors d’une conversation, Orbán aurait évoqué son amitié avec Poutine. Il aurait déclaré : «Je suis à votre service pour tout ce qui peut vous être utile».

Selon Eyal, Magyar restera probablement «méfiant» envers l’Ukraine, invoquant des désaccords d’avant-guerre. Il s’efforcera toutefois de ne pas faire obstruction en Europe, notamment en permettant l’adoption d’un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine.

Avant les élections, Magyar a plaidé pour le «pragmatisme» dans ce conflit, expliquant que «cela signifie que nous n’avons pas notre mot à dire sur les affaires intérieures de la Russie et qu’elle n’a pas son mot à dire sur les nôtres. Nous sommes deux pays souverains et nous nous respectons mutuellement mais nous ne sommes pas obligés de nous apprécier».

Il devra désormais veiller à trouver un équilibre entre les exigences de l’UE et l’opinion publique sur l’Ukraine. À l’échelle nationale, seuls 34% des électeurs souhaitent une nouvelle approche vis-à-vis de l’Ukraine. 

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Venezuela : Washington desserre l’étau financier

15. April 2026 um 12:32

Le département du Trésor américain a annoncé mardi 14 avril au soir la levée des sanctions contre la Banque centrale du Venezuela et trois autres banques du pays.

Cette décision s’inscrit dans le cadre du processus de normalisation progressive des relations entre le Venezuela et les États-Unis. Et ce, suite à l’annonce faite en mars par le département d’État américain de rétablir les relations diplomatiques entre Caracas et Washington, qui avaient été rompues en 2019.

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