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Rafaa Tabib : « Erdogan est tombé dans le piège tendu par l’administration Biden »

24. März 2025 um 13:25

Rafaa Tabib, expert en géopolitique, a abordé plusieurs sujets liés aux dynamiques régionales et internationales, notamment le rôle de Recep Tayyip Erdogan dans les crises en Méditerranée et en Afrique du Nord, lors de son intervention sur les ondes d’Express fm.

Rafaa Tabib considère qu’Erdogan est tombé dans le piège tendu par l’administration Biden. Il qualifie cette approche de pragmatique mais non stratégique. Ce qui a conduit au recul de l’influence turque et à un prix à payer pour Erdogan.

Il précise dans ce contexte : « La Turquie, et en particulier Erdogan, paient-ils aujourd’hui le prix de leurs choix en Syrie? Ces choix incluaient un alignement avec les factions armées comme Hayat Tahrir al-Sham (HTS) dirigée par Al-Joulani, en échange d’une expansion de l’influence turque sur le territoire syrien. Les stratégies suivies par Erdogan étaient peut-être intelligentes à court terme, mais manquaient d’une vision prospective. »

De plus, il a rappelé que la région est marquée par plusieurs conflits majeurs : la guerre en Ukraine, le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie (où l’Arménie occupe une place importante pour la Russie en raison de considérations religieuses communes), ainsi que les développements récents en Syrie.

Par ailleurs, un accord stratégique approfondi entre l’Iran et la Russie a été signé récemment, consolidant leur coopération sécuritaire et militaire. Cela a donné naissance à un axe Moscou-Téhéran qui s’éloigne de l’ancien partenariat entre Moscou et Ankara.

En Ukraine, il est probable que le conflit se solde par un accord reconnaissant la victoire russe. Quant aux États-Unis, ils pourraient réduire leur dépendance à l’égard de la Turquie après avoir investi massivement dans cette guerre sous l’administration Biden. En Arménie, un coup d’État récent a vu certains politiciens influents se rapprocher de la Russie pour reconstruire une alliance brisée.

Sur le plan intérieur turc, il estime qu’Erdogan fait face à une opposition forte mais bénéficie également du soutien des « tigres anatoliens », une classe influente d’entrepreneurs et commerçants. Cependant, son parti AKP semble avoir perdu sa cohésion historique après le départ de figures clés comme Babacan. La Turquie pourrait entrer dans une phase de repli sur elle-même pour résoudre ses problèmes économiques internes.

Erdogan a également tenté récemment d’améliorer ses relations avec les Kurdes, notamment via des appels historiques à mettre fin au conflit armé avec Abdullah Öcalan et le PKK. Cela pourrait être une tentative de renforcer ses positions politiques.

Enfin, les dynamiques régionales restent complexes avec des tensions persistantes en Syrie et des désaccords croissants entre la Turquie et ses anciens alliés comme la Russie et l’Iran.

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Syrie | Ahmed Al-Charaa pourra-t-il tenir longtemps?

15. März 2025 um 08:08

Le nouveau président syrien catapulté à la tête du principal pays du Levant à la suite de la chute vertigineuse de Bachar Al-Assad il y a seulement trois mois se trouve aujourd’hui face une équation pour le moins compliquée à résoudre. 

Imed Bahri

Ahmed Al-Charaa, ancien djihadiste lui-même, doit à la fois imposer son pouvoir à des factions islamistes qui sont légion, peu disciplinées et dont certaines sont très violentes, les derniers événements meurtriers dans la zone côtière à forte densité alaouite en attestent. S’il ne parvient pas à le faire, c’est le spectre de la désintégration de la Syrie qui pointe. Et en même temps, les troupes du nouveau pouvoir sont souvent confrontées à des embuscades tendues par des groupes armés liés à l’ancien pouvoir qui veulent que le pays sombre dans le chaos à la fois pour se venger et pour montrer que le nouveau président est incapable de tenir le pays. Et comme si tout cela ne suffisait pas, le pays est détruit par quinze ans de guerre civile et se trouve étranglé économiquement. Ahmed Al-Charaa peut-il réussir cette mission quasi-impossible? 

Le magazine britannique The Economist indique dans un récent éditorial que le temps presse pour le président syrien et qu’il ne doit pas accaparer le pouvoir mais associer et impliquer les différentes parties pour préserver l’unité de son pays. 

Le magazine note que la Syrie a été le théâtre des pires violences sectaires depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad il y a trois mois et peut-être depuis les attaques chimiques sur la Ghouta orientale en 2013. Le pays qui ressent encore l’impact de la très longue dictature et de la guerre civile et qui n’a pas encore pansé ses plaies a reçu un nouveau choc. On estime que 800 personnes ont été tuées dans les zones côtières de la Syrie considérées comme le bastion de la communauté alaouite à laquelle appartient la famille Al-Assad.

Le spectre de la désintégration

Les violences révèlent le dilemme de la gouvernance de la Syrie : le pays restera-t-il un État unifié avec un pouvoir concentré entre les mains d’un gouvernement central capable de faire régner l’ordre public, même si le président Ahmed Al-Charaa est un ancien djihadiste dont l’engagement à inclure d’autres protagonistes dans le projet de reconstruction du pays est douteux? Ou bien les minorités devraient-elles garantir leur propre sécurité dans les zones où elles vivent même si cela se fait au prix de la désintégration du pays?

Le The Economist note que les causes des récents événements restent floues, la meilleure hypothèse étant que des combattants de la minorité alaouite ont attaqué les forces gouvernementales et des hôpitaux le jeudi 6 mars 2025. En réponse, les milices sunnites se sont précipitées en convois dans les villages et les villes tuant des civils et incendiant des maisons. Comble de l’horreur, des vidéos ont montré que des civils étaient obligés d’aboyer comme des chiens avant d’être abattus.

The Economist estime que les milices sunnites sont probablement responsables de la plupart des meurtres. Certains pensent qu’Ahmed Al-Charaa n’est pas prêt à limiter le pouvoir des extrémistes parmi ses partisans quand d’autres considèrent qu’il a mis du temps à réagir aux événements et que son gouvernement n’a pas le contrôle de la situation. En tout état de cause, les événements violents dans les zones alaouites sont un signe de la désintégration de la Syrie.

Dans le nord du pays, les groupes kurdes ont leurs propres poches. Dans le sud, d’autres milices, notamment celles dirigées par les Druzes, ont eux aussi une sphère d’influence. Les puissances étrangères interviennent soit pour protéger leurs frontières du chaos soit pour saisir l’opportunité de contrôler l’avenir de la Syrie. Israël soutient les Druzes, la Turquie les groupes arabes sunnites et l’Amérique les Kurdes, du moins encore pour le moment.

Malgré qu’elle ait soutenu le régime détesté d’Al-Assad, la Russie reste réticente à réagir espérant conserver une certaine influence et peut-être l’accès à ses bases aériennes et navales.

Chef d’Etat ou chef de milice ?

Pour le magazine britannique, Al-Charaa a été jusqu’à présent décevant. Son expérience précédente consistait à diriger un régime illibéral dans la ville d’Idlib par l’intermédiaire de son groupe Hayat Tahrir Al-Cham. Jusqu’à présent, il dirige la Syrie en tant que chef de milice. Il n’a pas respecté les délais pour former un gouvernement inclusif, publier une déclaration constitutionnelle et nommer un organe législatif et il n’a montré aucun engagement envers les lois laïques, ne faisant preuve que d’une faible tolérance.

Cependant, les défauts de son gouvernement reflètent également la faiblesse de l’État syrien. Il ne dispose que d’un nombre relativement restreint de forces sous son contrôle direct. Les différentes milices ethniques sont également plus nombreuses et plus armées que l’armée et la police.

La Syrie a besoin d’un gouvernement central capable de déléguer son autorité aux provinces. L’Occident doit lever les sanctions économiques qu’il a imposées pour punir le régime odieux d’Al-Assad qui causent actuellement de graves difficultés financières à la Syrie.

Rétablir la confiance

Toutefois, la responsabilité incombe à Al-Charaa. Cette semaine, après les massacres, il a pris quelques mesures positives. Il a formé des comités pour enquêter sur les violences sectaires et a signé un accord pour intégrer les Kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) dans les forces de sécurité syriennes. Sauf qu’il doit faire plus et son armée doit être purgée des extrémistes et davantage de modérés doivent être invités à le rejoindre afin qu’il ait le pouvoir de réagir et n’apparaisse pas comme un instrument d’un pouvoir sunnite. Il doit également mettre en place des institutions et fixer un calendrier pour les élections qui rassureraient les Syriens sur le fait qu’un gouvernement fort ne serait pas l’expression de ce  pouvoir strictement sunnite. Il faudrait donc déléguer davantage de pouvoirs aux régions.

La reconstruction de la Syrie est une question de confiance. Si davantage de personnes croient en un avenir harmonieux, les chances d’y parvenir augmenteront. Cependant, un autre massacre sous l’ère d’Al-Charaa pourrait mettre fin à son pouvoir et le pays implosera.

The Economist affirme que les événements survenus le 6 mars ont transformé l’ouest de la Syrie en une «zone de catastrophe avec des cadavres jonchant les rues et des gens fuyant vers les forêts ou vers le Liban». Le magazine ajoute qu’Al-Charaa semble déchiré entre son passé djihadiste et son présent de président en citant la vidéo qu’il a publiée le premier jour du soulèvement qui était pleine de références religieuses, incitait au conflit et louait «nos honorables combattants».

Cependant, pragmatique, et alors que les tensions dans le pays s’intensifiaient, il a habilement changé de cap. Dans un deuxième discours vidéo prononcé deux jours plus tard, il s’est fait passer pour le chef d’une nation et non d’une communauté. Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, il a nommé des Alaouites à des postes de direction et les a inclus dans deux comités: l’un pour enquêter sur les actes de violence et l’autre pour rétablir la paix civile. 

Maintenir l’unité du pays

Le lendemain, un accord a été annoncé pour intégrer les Forces démocratiques syriennes aux forces de sécurité gouvernementales. Il existe un possible accord avec les Druzes qu’Israël tente d’attirer. Le 11 mars, Al-Charaa a invité les imams à un iftar du Ramadan et les a exhortés à parler de l’égalité entre toutes les communautés syriennes dans leurs sermons et cours religieux. Parmi les participants se trouvait son ami d’enfance, Cheikh Abu Al-Khair Shukri.

Le défi auquel Al-Charaa est confronté est sa capacité à maintenir l’unité du pays qui, il y a une semaine, était au bord de l’effondrement. Les violences sur la côte ont rouvert des blessures sectaires qu’il avait pourtant promis de guérir.

Le The Economist note, à ce propos, que les Alaouites étaient également effrayés car le directeur de la radio de Damas, nommé par le nouveau pouvoir, a appelé à les jeter à la mer. Les nouveaux dirigeants syriens ont considéré la côte syrienne comme une zone militaire et de nombreux Alaouites ont fui cherchant protection à l’étranger et tentant de pénétrer dans les bases russes.

À Damas et dans d’autres villes, les minorités craignent que les djihadistes ne les prennent également pour cibles. Le calme apparent d’Al-Charaa leur rappelle celui de Bachar Al-Assad. Beaucoup craignent encore que leur nouveau président ne soit qu’un «terroriste» en costume.

Pour faciliter l’emploi et le logement aux sunnites, le nouveau président a dissous les anciennes forces armées, purgé la fonction publique et expulsé les anciens fonctionnaires de leurs logements de fonction. Comme dans le cas de la débaâsification en Irak, cela dissuade les minorités de rendre leurs armes et alimente le soutien à la rébellion. Ce qui fait dire au journal britannique que satisfaire à la fois les sunnites et les minorités est un défi majeur et difficile à relever.

Si Ahmed Al-Charaa veut avoir le contrôle sur les extrémistes, il doit mettre en place une justice transitionnelle. Il doit aussi veiller à ce que les Alaouites qui n’ont pas participé aux atrocités de l’ancien régime retrouvent leur emploi et une vie normale. Pour réussir sa mission, il a besoin d’argent qu’il n’a pas actuellement en raison des sanctions.

Lorsqu’il a pris le pouvoir, l’État était à court de main-d’œuvre et sans argent pour payer les salaires, il devait encore faire face au problème des partisans de la ligne dure qui défiaient l’armée et traitaient les minorités comme des butins de guerre. En fin de compte, il doit partager le pouvoir avec les autres composantes du pays. Sans cela, il perdra la confiance nationale et la détérioration de l’économie aggravera ses problèmes.

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