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L’ONU a redessiné le monde. L’Afrique, elle, attend toujours l’ascenseur

06. September 2026 um 21:24

Le 4 septembre 2026, 164 pays ont levé la main pour dire une vérité que n’importe quel élève un peu curieux découvre en cinq minutes sur internet : l’Afrique est grande. Très grande. Assez grande pour avaler les États-Unis, la Chine, l’Inde, une bonne partie de l’Europe et le Japon, avec de la place pour le dessert.

Il aura fallu attendre 457 ans après Gerardus Mercator et sa boussole pour que l’Assemblée générale s’en émeuve officiellement. On appelle ça la diplomatie internationale : le temps que la vérité géométrique traverse les couloirs feutrés de New York est proportionnel, lui aussi, à une projection assez déformée.

Une seule voix contre, et on devine laquelle

Sur 164 voix pour, une seule voix s’est dressée contre ce crime de lèse-cartographie. On ne sait pas exactement qui a jugé bon de défendre bec et ongles la taille du Groenland, mais on imagine la scène : un diplomate solitaire, debout dans l’hémicycle, prêt à mourir pour l’honneur démesuré de son sous-continent glacé. Six abstentions se sont ajoutées, probablement des délégations qui n’avaient toujours pas fini de charger la carte Equal Earth* sur leur ordinateur portable.

La carte n’est pas le territoire, mais le territoire, lui, ne bouge toujours pas

Soyons honnêtes deux secondes : cette résolution n’a strictement aucune valeur contraignante. L’article 10 de la Charte de l’ONU est on ne peut plus clair, l’Assemblée générale ne fait que « recommander », ce doux mot diplomatique qui signifie en réalité « on a voté, on est content, mais personne n’est obligé de faire quoi que ce soit ». Même l’Union européenne a pris soin de préciser, dans un réflexe presque comique de prudence juridique, que tout ça ne change rien aux frontières, aux zones maritimes ni aux différends territoriaux. Autrement dit : l’Afrique aura enfin la bonne taille sur les cartes, mais gardera exactement les mêmes frontières héritées de la conférence de Berlin (de 1884-1885), les mêmes dettes, et les mêmes accords commerciaux défavorables qu’avant le vote. La carte grandit, le rapport de force, lui, ne bronche pas d’un pixel.

De la « justice cognitive » au manuel scolaire, il y a une marge… administrative

L’Union africaine parle de « justice cognitive » et de « réparation mémorielle ». De belles formules, généreuses, qu’on aimerait voir se traduire vite dans les salles de classe de Lomé à Tunis. Sauf que remplacer une carte murale coûte de l’argent, imprimer de nouveaux manuels scolaires prend des années, et convaincre Google Maps ou les manuels français, chinois ou américains de changer leur projection par défaut relève moins de la bonne volonté que du rapport de force économique. La résolution « appelle à un dialogue constructif » avec les géants du numérique. Un dialogue constructif, en langage diplomatique, ça veut souvent dire : « on demande poliment », et « on croise les doigts ».

Le vrai test, ce sera la 83e session

À sa décharge, l’ONU a déjà prévu de remettre le sujet à l’ordre du jour de sa prochaine session. C’est peut-être là que se jouera la vraie question : cette résolution est-elle le début d’un mouvement de fond qui ira jusque dans les salles de classe et les applications de smartphone, ou un symbole confortable qu’on agite une fois puis qu’on range dans le tiroir des bonnes intentions votées à l’unanimité ?

Alors, ça change quoi pour les Africains, concrètement ? À court terme : pas grand-chose. Le PIB ne bouge pas parce qu’un continent gagne quelques centimètres sur une carte scolaire. Les visas restent aussi difficiles à obtenir, les taux d’intérêt des emprunts souverains africains restent aussi punitifs, et les matières premières continuent de partir brutes pour revenir transformées, chères, et… sur une carte enfin à la bonne échelle.

À plus long terme, en revanche, il y a quelque chose d’assez politique dans le symbole : une génération d’enfants qui grandit en voyant son continent occuper toute la place qu’il mérite visuellement pourrait, à la marge, se raconter une histoire différente d’elle-même. La carte ne nourrit personne, mais elle façonne discrètement l’imaginaire, l’estime de soi collective, et parfois, avec le temps, les ambitions. Reste à savoir si Equal Earth arrivera vraiment dans les salles de classe tunisiennes et africaines, ou si elle restera, comme tant de bonnes résolutions onusiennes, une belle carte encadrée au mur d’un bureau climatisé à New York.

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*« Equal Earth » est une projection cartographique créée en 2018 par quatre chercheurs (Bojan Šavrič, Tom Patterson, Bernhard Jenny et un autre collaborateur), pensée comme une alternative moderne à Mercator.

Son principe : elle est équivalente (equal-area), ce qui veut dire qu’elle préserve les proportions réelles des surfaces des continents les unes par rapport aux autres. Concrètement, si l’Afrique est 14 fois plus grande que le Groenland dans la réalité, elle apparaîtra bien 14 fois plus grande sur la carte — contrairement à Mercator, où les deux semblent à peu près de la même taille.

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La Tunisie prend la présidence tournante du Conseil de la Ligue arabe

06. September 2026 um 19:18

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, conduira la délégation tunisienne à la 166ᵉ session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes, qui se tiendra lundi 7 septembre 2026 au Caire. À cette occasion, la Tunisie exercera la présidence tournante du Conseil au niveau ministériel pour un mandat de six mois, de septembre 2026 à mars 2027.

Selon le ministère des Affaires étrangères, Tunis entend mettre cette présidence au service du dialogue, de la concertation et de la coordination entre États arabes, en cherchant à rapprocher les positions et à renforcer l’unité arabe face aux défis régionaux.

Les travaux de la session ministérielle porteront essentiellement sur l’évolution de la situation dans la région arabe, avec un accent particulier sur les Territoires palestiniens, notamment la poursuite des agressions dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, ainsi que sur d’autres dossiers arabes inscrits à l’ordre du jour. Les ministres examineront également les principaux axes de la coopération arabe dans les domaines du développement, de l’économie, du social et de la sécurité.

En marge de la session, Mohamed Ali Nafti mènera plusieurs entretiens bilatéraux avec ses homologues arabes, afin d’évoquer les relations bilatérales et les moyens de consolider la coopération entre la Tunisie et ses partenaires arabes, dans le cadre de la présidence tunisienne du Conseil.

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Crédits en Tunisie, qui paie le plus cher ?

06. September 2026 um 14:23
Keynes le citait déjà comme un vieux dicton, en 1945. Devez mille dinars à votre banque et vous êtes à sa merci. Devez-lui un million, et c’est elle qui est à la vôtre. La sagesse tunisienne le dit à sa façon, un crédit de mille dinars, c’est la banque qui te tient, un crédit d’un […]

Treize pays à l’exercice Phoenix Express sur les côtes tunisiennes

06. September 2026 um 13:09

Du dimanche 6 septembre au 18 septembre 2026, la Tunisie accueille l’exercice naval multilatéral Phoenix Express 26, organisé en collaboration avec le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom) et visant à renforcer la coopération régionale en matière de sécurité maritime.

Selon le ministère de la Défense, environ 400 militaires et observateurs issus de 13 pays — outre la Tunisie, pays hôte — participeront à cet exercice. Des représentants de l’Italie, de l’Algérie, de la Libye, du Maroc, de l’Égypte, de la Turquie, de Malte, de la France, de l’Espagne, de la Belgique, de la Géorgie et des États-Unis prennent part à ces manœuvres militaires.

La Tunisie accueillera également cinq navires militaires qui prendront part aux différentes phases de l’exercice dont l’objectif est de développer des capacités opérationnelles conjointes et d’améliorer la coordination entre les forces navales des pays participants, en mettant l’accent sur les opérations de sécurité maritime.

L’exercice prévoit des activités consacrées à l’utilisation et à l’intégration de systèmes, d’équipements et de moyens modernes dans les opérations en mer, ainsi que des entraînements visant à lutter contre les activités illégales et les menaces liées au crime organisé.

Parmi les domaines identifiés figurent notamment la contrebande et la traite des êtres humains, considérées comme des facteurs de risque pour la sécurité des routes méditerranéennes.

Le programme inclut également un volet formation, avec des cours théoriques et des ateliers pratiques destinés aux participants.

Les activités couvrent divers secteurs de la sécurité maritime, tels que l’utilisation de véhicules de surface sans équipage, les procédures de visite et d’inspection des navires, le renseignement maritime et la gestion des menaces liées aux armes biologiques et chimiques.

Des modules sont par ailleurs consacrés à l’assistance médicale et aux premiers secours, ainsi qu’aux aspects juridiques des activités maritimes et aux normes régissant les opérations en mer.

L’exercice Phoenix Express 26 s’inscrit ainsi dans le cadre des initiatives de coopération entre les pays méditerranéens et leurs partenaires internationaux pour le renforcement de la sécurité maritime. La participation conjointe de pays d’Afrique du Nord, d’Europe, de Méditerranée orientale et des États-Unis vise à favoriser l’adoption de procédures opérationnelles communes et à renforcer la capacité de réponse coordonnée face aux menaces et aux activités illicites en mer. Pour la Tunisie, située au carrefour des principales routes maritimes de la Méditerranée centrale et à proximité immédiate des zones de crise en Afrique du Nord, cet exercice constitue également une opportunité d’entraînement conjoint et de consolidation de la coopération avec les pays voisins et les partenaires internationaux dans le domaine de la sécurité. Le ministère tunisien de la Défense souligne que ces activités visent à contribuer au maintien de la sécurité et de la stabilité en Méditerranée, grâce au renforcement des capacités nationales et de la coopération opérationnelle entre les forces navales participantes.

I. B.

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Tunisie | Les partis politiques indésirables au «cadre de coordination»

06. September 2026 um 11:41

Othman Jallouli, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) chargé du département de l’information et des publications, a déclaré vendredi 4 septembre à Diwan FM que le cadre de coordination — dont le lancement a été annoncé avec la participation de l’Ordre national des avocats et de la Ligue tunisienne des droits de l’homme — vise à rassembler le plus grand nombre possible d’organisations et d’acteurs de la société civile, ainsi que diverses forces vives du pays, afin que «le peuple tunisien puisse faire entendre sa voix», selon ses termes.

M. Jallouli a expliqué que la mise en place de cette structure de coordination intervient dans un contexte marqué par ce qu’il considère comme «l’incapacité du pouvoir politique à résoudre les problèmes accumulés», ajoutant que ces problèmes se sont aggravés et que les Tunisiens font face désormais à des difficultés qui perdurent depuis des décennies.

«Il y a un champ politique bloqué, incapable jusqu’à présent de rassembler les Tunisiens autour d’une position commune face à la situation actuelle», a estimé Othman Jallouli. C’est ce qui a incité les trois organisations à se mobiliser «pour rendre la parole aux Tunisiens», lesquels, a-t-il affirmé, «sont restés silencieux tout en subissant les conséquences de politiques défaillantes, tant anciennes que nouvelles».

«Lorsque les partis politiques et la politique elle-même sont absents, les Tunisiens ne peuvent rester de simples spectateurs d’une situation insoutenable», a encore souligné Othman Jallouli, précisant qu’ils «ont le droit d’exprimer leurs opinions et de défendre leur point de vue par tous les moyens pacifiques et civiques».
Les partis politiques ne sont pas les bienvenus au sein du cadre de coordination, a encore précisé le responsable syndical, ajoutant que les discussions en cours portent sur «l’adhésion de nombreux acteurs de la société civile, qui ont un avis sur diverses questions, qu’elles soient sectorielles ou d’intérêt général».

M. Jallouli a souligné que «le cadre de coordination n’a aucun lien avec l’expérience du Dialogue national» de 2015, expliquant que ce dernier «revêtait un caractère spécifique et relevait d’une expérience passée non transposable dans la phase actuelle». Le dirigeant syndicaliste a fait remarquer, à ce propos, qu’auparavant, «il y avait des responsables politiques au pouvoir et une opposition active, alors qu’actuellement, le pouvoir prend des décisions de manière unilatérale».

Le cadre de coordination en cours de constitution examine actuellement une série d’actions qui restent à définir et qui ont vocation à rassembler les forces vives du pays autour d’un projet de redressement national.

Il convient de noter que ce cadre de coordination, dont le lancement a été annoncé jeudi 3 septembre, vise à défendre les droits et les libertés, à promouvoir l’État de droit et les institutions, ainsi qu’à préserver l’indépendance de la société civile.

I. B.

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Messages de prison de Saâdia Mosbah

06. September 2026 um 10:50

Nous publions ci-dessous le témoignage prononcé par Affet Bent Mabrouk Mosbah, le 1er septembre 2026, à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, en Belgique, dans le cadre de l’action menée par Protect Humanitarians en vue d’obtenir la libération de sa sœur Saâdia Mosbah, présidente de l’association antiraciste Mnemty. Il s’agit d’un dialogue recomposé, fait à partir d’extraits de lettres de Saâdia, suivis des réponses d’Affet. Au-delà du cas évoqué, celui d’une militante antiraciste condamnée à huit ans de prison, c’est la vie carcérale en Tunisie en général qui transparaît de ce témoignage poignant.  

Il faut parler, que cela se sache ! Je parle donc pour porter la voix de Saâdia Mosbah, ma sœur, aujourd’hui acculée au silence : le calendrier judiciaire et carcéral, hors normes, s’affolant en Tunisie, elle est dans la situation d’un grand nombre de martyrs de l’arbitraire.

Quelques dates :

• En 2013 est créée l’association Mnemty, mon rêve, en hommage au discours de Martin Luther King «I have a dream». L’objet de l’association est de lutter contre les discriminations raciales en Tunisie.

• En 2018, adoption de la loi criminalisant les discriminations raciales : Saâdia aura œuvré via Mnemty pour ce résultat, unique du genre dans la région et le monde arabe.

• En 2021- Un coup d’État est perpétré contre le parlement.

• En 2023 – Un pacte d’externalisation migratoire signé entre l’Europe et la Tunisie est ratifié à Tunis. Il fait des Tunisiens, contre rémunération, les garde-frontières européennes. […] En juillet de la même année, Saâdia, ma sœur, reçoit cependant, un prix des mains du démocrate Antony Blinken au sein des Nations Unies, pour son travail en matière de lutte contre les discriminations raciales. A l’aller comme au retour, sa valise est perdue, son portefeuille dérobé.

• Et le 6 mai 2024 – Un appel m’apprend que Saâdia est en détention préventive pour un motif inconnu ! Nos lettres, quand nous les recevons, ne se répondent pas, au vu du temps qu’elles mettent à nous parvenir ; elles sont décalées.

Voici des extraits chronologiques de nos échanges réels :

– 3 novembre 24, Saâdia à son fils : …Ce que je vis ici est surprenant et à peine croyable. J’ai appris la méfiance. Je sais le sens des mots méchanceté, mensonge, envie, vengeance, vol et j’en passe, hélas ! Tu peux donc imaginer mon désarroi… orpheline de toi, de ma vie, de mes amis et amies… On vit ici continuellement dans un brouhaha terrible. Nous sommes 57 depuis hier. Tu diras à Affet qu’elle est le plus bel héritage de nos parents.

– Saâdia, je sais combien toi et moi tenons à la verticalité héritée de nos géniteurs. Farès, ton fils, est un homme debout… Nous survivrons à cette période inattendue et pas facile.

– 10 novembre 24 : Nous sommes 61 dans la chambrée désormais. Il commence à faire très froid et l’eau est très froide, pas encore glacée. Sans commentaire. A la fin de l’année 2024, elles seront 95 détenues dans la même chambrée.

– 11 novembre 24 : Réveillée ce matin pour passer devant le juge d’instruction. Après deux heures d’attente, on me fait regagner la chambrée. Les autres détenues sont passées quand-même. Mon fils, réorganise ta vie sans moi, continue à vivre et à rêver.

Affet, petite sœur, je vais bien malgré tout ; je pense chaque jour à toi et à nos parents et quelque part contente qu’ils n’aient pas vu ces jours.

– Saâdia, c’est cela l’arbitraire. Il est étrange ce bonheur que je ressens, aujourd’hui, à la pensée qu’ils ne sont plus de ce monde, histoire de les préserver de notre épreuve. Bizarre sentiment qui consiste à se réjouir de l’absence de ceux que nous aimons.

– 1er décembre 24 : Affet, Pardonne-moi pour tous les tracas que je te fais subir. Ne t’inquiète pas pour moi : nous avons appris à nous adapter à toutes les situations. Nous sommes 79 dans la chambrée. En espérant que nous serons réunis pour les fêtes…

– Saâdia, la dignité dont tu fais preuve force le respect sans me surprendre toutefois. Dans certaines circonstances, une mère ne s’épanchera pas devant son fils. Nous sommes sœurs et je sais ce mutisme-là.

– 8 décembre 24 : … une carte de Nina datant de juillet m’est parvenue le 18 novembre. C’est le premier et unique courrier que j’ai reçu. L’espoir fait vivre dit-on. Saâdia, il ne s’agit plus de détention préventive, mais d’une torture blanche. Détenue, certes ; coupée de tous, pourquoi ? Dans quel but exactement ?

– 16 février 25 : … Nous devons nous souvenir que nos acquis peuvent nous être retirés. Soyons vigilants, car les droits ne s’offrent pas : ils s’arrachent… Plus que 4 jours avant le 3e rendez-vous avec le juge… Notre chambrée a été évacuée en raison des problèmes d’évacuation d’eau.

– Saâdia, tu ne le dis pas : il s’agissait de débordement des égouts publics. Ton transfèrement vers une autre prison s’est fait dans des conditions difficiles. Pour te faire sourire, sais-tu que l’architecte de la prison est… en prison ? Comme tout le monde. La PDG qui a licencié ton fils aussi…

– 29 mars 25 à son fils : Te voir à travers une vitre et te parler à travers un appareil, c’est tout simplement inhumain. Saâdia, ton fils, unique, parle peu de la souffrance qu’il ressent, mais il agit.

– 14 avril 25 : J’écris tout en sachant que mes lettres restent lettres mortes. Pourquoi ? … Un coup de poignard après chaque parloir où des détenues disent que leurs parents ont reçu leurs lettres. A Affet ma petite sœur, tout l’amour et plus encore.

– Saâdia, cette citation de Rainer Maria Rilke : «Car au fond, et précisément pour les choses les plus profondes et les plus importantes, nous sommes inqualifiablement seuls.»

– 25 avril 2025 à son fils : … Je ne compte plus le nombre de lettres que je t’envoie mais que tu ne reçois pas. Rien ne m’arrêtera : j’ai écrit, j’écris et j’écrirai encore et encore et encore. Ici on prend des mesures sanitaires importantes en prévention de la gale. On nous fera désormais chauffer le lait le matin. Je n’aurai plus à boire un verre d’eau chaude puisée dans la douche, mais je continuerai à prendre un verre d’eau chaude le soir à la place de la soupe. Mon mal de dents persiste malheureusement.

– Saâdia, c’est en relisant tes lettres que j’ai accepté d’entendre ta souffrance. Mon cerveau oblitérait les passages insupportables… la soupe était réclamée pour que vous mangiez chaud une fois par jour, en prévention des problèmes dentaires précisément. Un soir, une détenue a vu un lézard flotter dans son assiette. Je comprends pourquoi tu préfères l‘eau de douche à la soupe. Qui en voudrait ?

– 1er décembre 25 : … le froid n’arrange hélas, pas les choses ! … grâce à toi, je n’en souffre pas beaucoup. Ta super cape verte tombe à pic ; je ne la quitte plus, même la nuit je la mets sur la couverture. Finalement, je m’adapte sans pouvoir m’habituer… mon fils m’a dit que tu m’écrivais tous les jours, je n’ai rien reçu de toi. Une seule carte postale m’est parvenue, celle de Nina. … Le 22 décembre approche et je ne sais plus quoi penser. Ma santé est bonne encore et je peux tenir le coup grâce à votre soutien. Merci du fond du cœur, ma petite sœur.

Saâdia, tu ne dis pas qu’après ou pendant l’épisode des égouts, vous avez eu soif aussi, sous 48 degrés. Il ne s’agit pas que de froid.

– 22 décembre 25 : De retour du Tribunal de première instance de Tunis. 15h. Mon fils, je n’ai vécu que pour le moment où j’allais enfin pouvoir te voir, sentir ton odeur. Et j’ai pu te prendre dans mes bras. Quel bonheur ! Le monde s’est arrêté. La vérité éclatera et ta maman va être innocentée de toutes les fausses accusations.

– Saâdia, afin de ne pas t’inquiéter nous t’avions caché que ton fils avait été licencié. Tu l’as appris lors de la plaidoirie de son avocat. Cette séance au tribunal a arraché beaucoup de larmes lorsque tu t’es écriée : «Laissez-moi sentir mon fils !» Dans un sursaut d’humanité la juge t’a autorisée à l’embrasser, plus d’une année et demi après ta détention… toujours préventive.

– 5 janvier 26 : … comme si on m’arrachait un membre lentement pour faire durer la douleur. Je sais que je ne mérite pas tout ça. Qu’aurions-nous fait si tu n’étais pas ma sœur ? J’ai reçu la nouvelle du licenciement en pleine audience ; j’ai failli en perdre le souffle.

– Saâdia, ce que nous traversons est fait de silence : curieusement, je ne ressens ni le vide de toi, ni ton silence. Nous sommes issues du même ventre, nous aurons côtoyé la même enfance, la même jeunesse, la même maturité et, entamons ensemble nos prochaines années. Ton rire, tes colères m’accompagnent comme toujours. … Nous sommes indéfectiblement unies.

– 14 février 26 : Cela fait une année que je suis à la prison de Belli… Dans douze jours, j’espère être dans la salle d’audience… Pour ma dent je pense qu’il est trop tard.

– Saâdia, ta dent t’a été arrachée sans anesthésie… L’accès aux soins pour tous est calamiteux, criminel.

– 8 mars 26, journée de la femme : Ici, certaines pensent que c’est une fête. Saâdia, Simone de Beauvoir écrit : «N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.»

Suit un extrait de la lettre publiée via son avocate, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes : «…21 mois sans jugement… Ma situation concerne aussi les mères en détention et les victimes de l’arbitraire… Raison pour laquelle, je plaide coupable d’être humaine. Il y a deux ans, à New-York, j’avais remarqué que celles et ceux qui défendent la dignité et les droits sont en danger ; ils ne sont pas toujours protégés par ceux qui en portent la responsabilité. Que faisons-nous pour protéger les défenseurs des droits ? Que faisons-nous pour que cessent les injustices ? J’ai honoré la Tunisie, j’ai honoré mon pays, où que je sois, même en prison. Et c’est ainsi qu’IL m’honore aujourd’hui ? Quel est le sens de ma détention ? Après près de deux ans, je peux mourir ici, loin de mon fils et des miens ; je me prépare à cette réalité. Debout. Je suis afro-tunisienne. Je suis fière de ce que je suis… je ne suis pas une criminelle. Je suis ici parce que la solidarité devient une tare. Parce que Mnemty, l’association que j’ai fondée pour lutter contre la discrimination raciale… Parce qu’un autre humaniste, Martin Luther King, ailleurs, a hurlé : I have a dream. J’ai donné mon temps, ma jeunesse, mes moyens à mon pays. Je le répète : Je n’ai jamais détourné quoi que ce soit, ni qui que ce soit…»

– Saâdia, Socrate t’accompagne : «Il vaut mieux subir l’injure que la commettre.»

– 5 juin 2026 : Affet, ma sœur. Enfin tes cartes me sont parvenues, c’est le premier courrier que je reçois de ma famille après plus de 25 mois de détention.… Les premiers mois, j’écrivais beaucoup, jusqu’au jour où l’on est venu me saisir mes cahiers numérotés de 1 à 6.

– Saâdia, je sais en partie ce que tu as rapporté dans tes cahiers : les agressions racistes, jusqu’à la blessure physique ; le manque de soins ; les humiliations. Dis, sœur, que caches-tu à ton fils pour l’épargner ? Je ne peux aller te visiter sous peine d’être arrêtée moi-même. Benjamin Constant : «L’unique garantie des citoyens contre l’arbitraire, c’est la publicité.» Nous en sortirons. Je vais parler…

Conclusion

Depuis son arrestation le 6 mai 2024, puis son incarcération, puis sa condamnation à huit années de privation de liberté, à être déchue de ses droits civiques, à une amende de plus de 30.000€, enfin à une confiscation de sa retraite – les sons de nos voix ne parviennent plus l’une à l’autre. Rien, absolument rien pourtant, n’entravera la force des âmes et du lien : ni les geôles, ni les murs, ni les silences, ni les sanctions financières. Je parle !

Affet Bent Mabrouk Mosbah, 1er septembre 2026

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Kmar Douagi crée les Éditions Métèque à Marseille

06. September 2026 um 09:47

À Marseille, une jeune maison d’édition a choisi un nom qui constitue déjà une prise de position : Métèque. Fondées en 2025 par la Tunisienne Kmar Douagi, les Éditions Métèque se définissent comme une maison indépendante dédiée aux écritures radicales, décoloniales et «indisciplinées». Leur catalogue revendique des textes poétiques, subversifs, islamo-politiques et insurgés, avec une volonté assumée de s’affranchir des limites du discours dominant.

Djamal Guettala

Le ton affiché par la maison est volontairement frontal. Métèque revendique une conception militante de l’édition et présente la circulation de ses livres comme une manière de participer à une «décolonisation» des imaginaires. Une posture qui tranche avec le langage généralement consensuel du monde éditorial.

Le projet prend racine à Marseille, ville où Kmar Douagi a commencé à écrire et qu’elle considère comme une maison choisie. Née à Tunis et installée dans la cité phocéenne, l’artiste, poétesse et éditrice avait auparavant cofondé en 2023 l’Uncivilized Collective, un espace éditorial et artistique consacré à la réappropriation des récits des peuples de la «majorité mondiale».

Le choix du mot «métèque» résume cette démarche. Historiquement utilisé pour désigner l’étranger installé dans la cité sans bénéficier pleinement des droits du citoyen, il est ici retourné contre sa charge d’exclusion. Le mot devient une identité assumée plutôt qu’une étiquette imposée.

Qui raconte qui ?

C’est la question centrale du projet. Le premier livre publié par Métèque est ‘‘République indépendante des immigré·es de Marseille’’, un ouvrage collectif consacré aux récits et aux expériences de celles et ceux qui font la ville depuis les trajectoires migratoires. Le livre a connu une deuxième réimpression en avril 2026, signe concret qu’une proposition éditoriale militante peut aussi rencontrer un lectorat.

L’enjeu dépasse le seul cas marseillais. L’ouvrage entend faire entendre des voix qui parlent depuis l’expérience migratoire plutôt que sur celle-ci.

Dans une partie de la littérature et de la production intellectuelle consacrées aux populations immigrées, celles-ci apparaissent encore comme objets d’étude, catégories sociologiques ou personnages de fiction enfermés dans des représentations stéréotypées. Métèque veut déplacer le centre de gravité : permettre aux premiers concernés de produire leurs propres récits, leurs contradictions et leurs imaginaires.

L’expérience de ce premier livre a également mis en évidence une difficulté moins visible : l’accès aux réseaux de publication. Un appel à textes ne touche pas nécessairement ceux qui pourraient y répondre. Encore faut-il voir l’appel, connaître les codes, fréquenter les bons réseaux et se sentir légitime pour se présenter comme écrivain.

Métèque envisage donc une démarche inverse : aller vers ceux qui écrivent sans forcément se définir comme auteurs. Une manière de considérer que l’absence de certains récits dans les librairies ne signifie pas leur inexistence, mais peut révéler l’absence de dispositifs permettant leur émergence.

Une équipe qui travaille aussi les frontières de la langue

Cette volonté ne repose pas uniquement sur la figure de sa fondatrice.

Métèque s’appuie sur un réseau de traductrices, traducteurs, correctrices et membres d’un comité de lecture issus de différents horizons. Zaynab Ghaïs-Mortada, Selen Okumuş, Aïda El Yassem-Mastari et Djenane Shafei participent notamment au travail de traduction anglais-français. Mustapha Slimani intervient entre l’anglais, l’arabe et le français.

Le comité de lecture rassemble également des profils venus de la littérature, des arts visuels, de l’architecture, de la recherche et de la création.

Cette organisation révèle une conception particulière du travail éditorial. Traduire n’est pas ici une simple opération technique : c’est décider quels textes doivent franchir les frontières linguistiques et intellectuelles.

Islam et anarchisme : un choix éditorial qui fait débat

Après ‘‘République indépendante des immigré·es de Marseille’’, le deuxième axe fort du catalogue est ‘‘Islam et anarchisme : relations et résonances’’, de Mohamed Abdou. Traduit pour la première fois en français, le livre explore les rapports entre traditions islamiques, pensée anarchiste et luttes décoloniales.

Le rapprochement peut surprendre dans un débat public où islam et anarchisme sont généralement présentés comme deux univers incompatibles. C’est précisément cette frontière que le livre entreprend d’interroger.

Pour Kmar Douagi, le choix est également personnel. Elle explique avoir longtemps été attirée par l’anarchisme sans parvenir à se reconnaître dans sa dimension athée. La découverte de l’«anarcha-islam» lui a permis de mettre un nom et une histoire intellectuelle sur une manière de penser l’émancipation dans laquelle elle se reconnaissait.

La publication du livre sera accompagnée d’une rencontre publique à Marseille, samedi 12 septembre à 17h30, la librairie Transit, 51 boulevard de la Libération, Mrseille.

Cette rencontre donne une dimension concrète au projet de Métèque : ne pas seulement publier des textes, mais créer les conditions de leur circulation, de leur lecture et de leur discussion.

Le troisième titre, ‘‘Khouya’’, de Chems Bakkali, prolonge cette démarche. Le livre est né d’une rencontre entre deux autrices publiées dans la revue Comme nous brûlons.

Pour Kmar Douagi, le texte de Bakkali a joué un rôle décisif dans la naissance même de la maison. Un texte qui donne envie de créer une maison d’édition pour pouvoir être publié devait naturellement devenir l’un des premiers livres de Métèque.

Trois titres, donc, et déjà une ligne lisible : publier ce qui manque, traduire ce qui reste difficile d’accès et faire émerger des écritures qui ne trouvent pas nécessairement leur place dans les circuits éditoriaux traditionnels.

Une bataille aussi économique

L’indépendance éditoriale ne se décrète pourtant pas. Elle se finance. Impression, distribution, diffusion, rémunération des auteurs : chaque étape représente un obstacle pour une petite structure. Métèque s’appuie notamment sur les précommandes, les souscriptions et le soutien direct des lecteurs.

Cette dimension économique est essentielle. Revendiquer une ligne éditoriale radicale suppose de pouvoir assumer les conséquences commerciales de choix qui ne répondent pas nécessairement aux attentes du marché. La solidarité devient alors une infrastructure de publication.

Le choix de Marseille n’est pas décoratif. La ville concentre une histoire faite d’immigration, de circulations méditerranéennes, de ségrégation urbaine et de solidarités populaires. Elle constitue, pour Métèque, un lieu d’ancrage autant qu’un laboratoire.

Depuis Marseille, la maison regarde vers Tunis, Alger, Casablanca et, plus largement, vers les différentes rives et diasporas qui composent la cité.

Son projet tient finalement dans une inversion : ne plus attendre que les récits minorisés soient validés par les institutions culturelles dominantes, mais construire les outils permettant de les publier directement.

Le catalogue reste jeune, mais sa trajectoire commence déjà à se dessiner. La deuxième réimpression de son premier livre, la traduction d’un texte consacré aux relations entre islam et anarchisme et l’arrivée de nouvelles écritures témoignent d’une maison qui cherche moins à occuper une niche éditoriale qu’à déplacer les frontières de ce qui peut être publié.

Dans une industrie du livre où les rapports de force déterminent aussi la visibilité des idées, les Éditions Métèque posent une question qui dépasse largement Marseille : qui a le pouvoir de raconter, qui décide des récits qui circulent et qui reste encore condamné à être raconté par les autres ?

À Marseille, Métèque a choisi sa réponse : ne plus demander une place, mais la prendre, écrire, publier et faire circuler les textes d’une rive à l’autre.

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La Tunisie a besoin de 4 nouvelles centrales pour combler son déficit électrique

06. September 2026 um 08:18

Selon le secrétaire général adjoint de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Elyes Ben Ammar, la Tunisie aurait besoin de construire au moins quatre nouvelles centrales électriques afin de résorber le déficit enregistré durant les heures de pointe et éviter les coupures d’électricité intermittentes auxquelles la Société tunisienne d’électricité de gaz (Steg) est acculée depuis la mi-juillet en raison de la forte consommation induite par la climatisation en pleine canicule estivale.  (Photo: Centrale électrique de Sousse).

Habib Glenza

Le déficit de production au niveau des centrales relevant de la Steg atteindrait environ 2 000 mégawatts quotidiennement pendant les pics de consommation. Cette situation s’explique par plusieurs années de retard dans l’adaptation de la production à l’évolution de la demande et dans la réalisation de certains projets de centrales électriques, ainsi que la lenteur des procédures et des autorisations.

Les solutions conjoncturelles, notamment le recours au soutien de l’Algérie, ne suffisent pas à combler un écart de cette ampleur, estime le responsable syndical qui déplore, également, l’absence d’investissements significatifs dans le secteur énergétique depuis 2020 et avertit que l’été 2027 pourrait être encore plus difficile que celui de 2026 si le retard actuel n’est pas surmonté rapidement.

Les raisons des coupures de l’électricité

Les raisons des coupures de l’électricité en Tunisie sont multiples. L’une des raisons principales est la surcharge du réseau. Elle survient lorsque trop d’abonnés sont alimentés par un même circuit, ou quand la puissance demandée dépasse ce que le câble peut supporter. Chaque section de câble correspond à une capacité de courant maximale. Si un câble trop fin est utilisé pour alimenter un appareil puissant, il va chauffer excessivement jusqu’à fondre. 

Le réseau électrique tunisien a été conçu et réalisé, il y a plusieurs années, pour subvenir aux besoins d’environ 6 à 7 millions de citoyens. Aujourd’hui, la Tunisie compte environ 12 millions d’habitants et 15 millions voire plus pendant la saison estivale. Par conséquent, les câbles électriques vont chauffer jusqu’à fondre si le courant n’est pas immédiatement coupé. Tour cela peut conduire à un blackout                       

Confrontés à de sérieux problèmes techniques, les ingénieurs et agents de la Steg sont en train de faire un travail gigantesque pour pallier tous les problèmes et dangers liés aux surcharges du réseau électrique. Mais ils ne peuvent pas faire des miracles lorsque la demande outrepasse de beaucoup l’offre et que le réseau montre son insuffisance structurelle. Accuser certains d’entre eux de provoquer sciemment les coupures d’électricité pour susciter la colère de la population et la remonter contre le régime est pour le moins absurde et frappé du sceau de l’ingratitude.

Le solaire photovoltaïque s’impose aux opérateurs économiques  

Actuellement, la Tunisie n’a pas les moyens financiers nécessaires pour moderniser le réseau électrique ou encore créer de nouvelles centrales électriques ; elle doit donc réserver son réseau électrique, en priorité, aux besoins des abonnés des zones urbaines. Les hôpitaux, les hôtels, les écoles, les fermes agricoles, les industries lourdes, métallurgiques, manufacturières, agroalimentaires, les mines, les stations de carburants et de services, etc., doivent, sans tarder, opter pour l’énergie photovoltaïque avec stockage. Ce système autonome et fiable serait une bonne solution durable pour éviter les pertes humaines, matérielles et financières dues aux coupures électriques, notamment durant la saison estivale.

Aujourd’hui nombreux sont les pays dans le monde qui utilisent l’énergie photovoltaïque avec stockage même s’ils n’ont pas de problèmes de coupures d’électricité, et d’abord parce que l’énergie solaire est propre, ensuite parce qu’elle est gratuite dans un pays à fort ensoleillement comme la Tunisie. Certes, les équipements coûtent encore relativement cher à l’achat mais ils ne coûtent presque rien à la consommation, et puis ils constituent un investissement rentable à moyen et long terme.

On ne comprend pas d’ailleurs pourquoi ce secteur soit encore si peu développé en Tunisie, où l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (AMNE), créée pour promouvoir les énergies renouvelables, vient de fêter son 40e anniversaire. Qu’a fait cette agence en 40 ans ? Cette question est d’autant plus légitime que la part des énergies renouvelables ne dépasse guère 5 à 6 % du mix énergétique national qui reste très fortement dominé par les énergies non renouvelables.

Nous avons donc aujourd’hui un grand retard à rattraper, qui plus est, dans un contexte de déficits financiers aigus, de faible croissance allant de 1,5 à 2,5% par an et de baisse des investissements publics. Et nous n’avons à nous prendre qu’à nous-mêmes pour n’avoir pas pris le taureau du déficit énergétique par les cornes lorsqu’il a commencé à pointer du nez au début des années 2000, lorsque le taux de croissance annuelle du pays était de 5 à 6 %.

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Maroc : 10 000 emplois menacés dans les centres d’appels

06. September 2026 um 08:11
Une loi française interdisant les appels téléphoniques commerciaux non sollicités commence à produire ses premiers effets sur le secteur des centres d’appels au Maroc , même si son impact total reste difficile à mesurer trois semaines après son entrée en vigueur. Adoptée en France le 11 août, la loi impose aux consommateurs de donner leur […]

SNJT | Placé en garde à vue, le journaliste Mohamed Yousfi opéré en urgence

05. September 2026 um 21:54

​Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a annoncé dans la soirée de ce samedi 5 septembre 2026, que Mohamed Yousfi a été opéré en urgence alors qu’il était en garde à vue.

Dans son communiqué, le SNJT précise que Mohamed Yousfi a été victime d’un malaise et qu’il a été transporté à l’hôpital , où il a été opéré en urgence de l’appendicite dans la nuit du 4 septembre 2026.

​Le syndicat soutient que les contraintes et la pression de la détention sont incompatibles avec les soins post-opératoires et la convalescence requis par son état, en affirmant que la santé et l’intégrité physique du journaliste relèvent de la responsabilité directe des autorités compétentes.

La même source a rappelé que la place d’un professionnel de l’information et des médias n’est pas en prison quelles que soient ses prises de position, tout en réclamant l’abandon des poursuites visant Mohamed Yousfi et sa remise en liberté afin qu’il puisse se soigner dignement tout en exerçant ses droits de défense.

Y. N.

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Dette souveraine : l’Afrique prise au piège du cercle vicieux du refinancement

05. September 2026 um 16:30

Au premier semestre 2026, l’illusion d’une embellie financière plane sur le continent africain. Selon la treizième édition de l’Africa Sovereign Credit Rating Review – une étude publiée conjointement par le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) -, la trajectoire du crédit souverain s’est légèrement redressée.

Dans ce cadre, le document recense 5 relèvements de notes accordés par les grandes agences internationales (Fitch, S&P, Moody’s) à destination du Cap Vert, du Ghana, du Kenya, du Nigeria et de l’Afrique du Sud, contre deux dégradations (Botswana et Mozambique).

Lire aussi: Tunisie- BAD: L’initiative africaine pour créer un mécanisme africain de stabilité financière présentée à Tunis

Cependant, ce vernis de respectabilité, mis en avant par le rapport pour saluer la « stabilisation macroéconomique » de ces pays, masque mal une réalité générale bien plus sombre : beaucoup d’analystes assurent, preuve souvent à l’appui, que « l’Afrique continue de s’endetter à des conditions usurières, principalement pour éponger ses créances passées plutôt que pour bâtir son avenir ».

14 milliards de dollars levés par 9 Etats africains

Profitant d’un retour d’appétit très sélectif des investisseurs internationaux, 9 États africains se sont précipités sur les marchés obligataires pour lever plus de 14 milliards de dollars. Si l’engouement des souscripteurs a été au rendez-vous – par exemple, l’émission du Bénin ayant été sursouscrite 8 fois -, l’addition financière s’avère particulièrement salée. En effet, les données du MAEP et de la CEA révèlent que les marchés de capitaux ne font aucun cadeau : les coupons exigés atteignent des sommets intolérables, grimpant jusqu’à 9,80 % pour l’Angola et 9,50 % pour la République du Congo et la RDC par exemple. On repassera pour le capital « bon marché ».

Le véritable problème de cette frénésie obligataire réside dans la destination des fonds. Au lieu d’injecter ces capitaux dans des projets d’infrastructures, d’énergie ou de transformation industrielle capables de générer de la richesse future, certains gouvernements, en l’occurrence le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Kenya, l’Angola et Maroc entre autres, ont affecté leurs émissions « au simple financement budgétaire ou au réaménagement du passif ». En clair : ces nations contractent de nouveaux emprunts à près de 10 % d’intérêt uniquement pour racheter d’anciennes obligations et repousser l’échéance de leurs remboursements.

Mozambique, Sénégal… et les recommandations du MAEP et de la CEA

Nombre d’experts attribuent cette gestion défensive et court-termiste à une fuite en avant. Heureusement certains pays font l’exception. C’est le cas par exemple de la RDC et de l’Égypte qui affectent une fraction des fonds reçus vers le développement social, tandis que la majorité du continent s’enferme dans un « piège de liquidité ». Comme le soulignent les révisions négatives attribuées au Gabon, au Mali ou au Sénégal pour manque de transparence budgétaire, les fragilités restent profondes. L’exemple le plus alarmant analysé par Fitch demeure le Mozambique, menacé d’une restructuration imminente de sa dette alors que celle-ci devrait dépasser les 90 % du PIB sur la période 2026-2027. Le Sénégal constitue un autre cas : le gouvernement vient de conclure un accord avec le FMI, mais l’opposition, conduite désormais par Ousmane Sonko, alerte sur un éventuel rééchelonnement de la dette sénégalaise…

Face à ce constat, le rapport du MAEP et de la CEA formule plusieurs recommandations, appelant notamment à renforcer les compétences des ministères des Finances, à accélérer la diversification économique par le biais de chaînes de valeur régionales, et à finaliser l’implantation de la future Agence africaine de notation à Maurice. Mais en l’état, sans réinvestissement productif immédiat, ces levées de fonds ne font que financer le passé au détriment de l’avenir.

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Tunisie | Mesures pour éviter l’effondrement de la filière avicole

05. September 2026 um 13:57

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a annoncé qu’il ajustera la production dans le secteur avicole, en tenant compte des pertes enregistrées suite à la vague de chaleur record qu’a connue la Tunisie en juillet et août. Les professionnels du secteur signalent, quant à eux, un déficit de production qui n’a toutefois pas atteint, selon eux, le stade de la crise.

Saloua Dhaouadi, de la Direction générale de la production agricole du ministère, qui intervenait, jeudi 3 septembre 2026, a déclaré à la Radio nationale : «En coordination avec les acteurs du secteur, nous évaluerons avec précision l’ampleur des pertes afin d’envisager un ajustement de la production.»

Les coupures fréquentes d’électricité et d’eau survenues cet été ont perturbé les systèmes de ventilation et de refroidissement dans de nombreux élevages avicoles, provoquant l’asphyxie et la mortalité de cheptels de volailles, en particulier dans les petites et moyennes exploitations, ont indiqué les professionnels.

Mme Dhaouadi a ajouté, pour sa part, que «la production a été affectée par la mortalité, les retards de croissance et la baisse de productivité, notamment dans le secteur du poulet de chair», signalant également l’impact subi par «certains abattoirs».

L’adaptation aux changements climatiques et la préparation des exploitations face aux coupures d’électricité imprévues nécessitent d’investir dans les énergies renouvelables et d’en généraliser l’usage, a préconisé la responsable.

Interrogée sur l’éventuel soutien que le ministère de l’Agriculture prévoit d’apporter dans ce domaine, Mme Dhaouadi a précisé qu’il prendrait la forme d’une «ligne de financement», d’«avantages fiscaux» ou d’une «révision des facilités», ainsi que d’un «encadrement technique et sanitaire en coordination avec les vétérinaires».

Baisse de production mais pas encore la crise

L’aviculture est un secteur industriel par excellence et que les systèmes de ventilation et de refroidissement constituent des équipements vitaux pour les unités de production. La Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), a fait état, mercredi dernier, d’une pénurie dans la production mensuelle de volaille, tout en estimant que la situation «n’atteint pas, pour l’heure, le stade de crise».

Les vagues de chaleur exceptionnelles qu’a connues la Tunisie récemment ont engendré des difficultés pour la production avicole, notamment en raison des coupures d’électricité et d’eau ; ces perturbations ont entraîné la mortalité de volailles et une baisse de la productivité. Il s’agit désormais de prendre des mesures urgentes et proactives pour limiter les pertes, garantir la continuité de la production et préserver l’équilibre du marché.

Il s’agit aussi d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes à moyen et long terme pour assurer la pérennité du secteur et améliorer sa capacité à faire face aux phénomènes climatiques exceptionnels.

Le maintien d’un suivi rigoureux de la situation et la prise de mesures proactives sont, par ailleurs, nécessaires pour sécuriser la production et faire face aux éventuels imprévus. Pour cela, il convient de surmonter les difficultés liées à l’approvisionnement en vaccins et médicaments vétérinaires, de réviser certaines législations et procédures afin de faciliter l’importation des médicaments et produits biologiques requis et d’en garantir la disponibilité en temps opportun, renforçant ainsi la protection des élevages avicoles et du cheptel en général.

Dans ce même contexte, il convient de renforcer l’encadrement technique et sanitaire des éleveurs, afin de favoriser la prévention des maladies, l’amélioration des conditions d’élevage et une intervention précoce pour limiter les pertes, notamment face aux conditions climatiques difficiles.

Concernant la préparation des exploitations à faire face aux coupures d’électricité imprévues, les professionnels du secteur ont insisté sur la nécessité de soutenir et de généraliser l’investissement dans les énergies renouvelables et appelé à faciliter l’acquisition de groupes électrogènes afin de garantir le fonctionnement continu des équipements vitaux au sein des unités de production — notamment les systèmes de ventilation et de refroidissement — dans le but de protéger le cheptel et de limiter les risques de mortalité lors des périodes de fortes chaleurs.

Par ailleurs, une attention doit être portée sur les moyens de développer un système de gestion des volailles mortes fondé sur une approche environnementale durable, axée sur la valorisation écologique et la transformation de ces déchets en ressources à valeur ajoutée, et ce dans le respect des normes sanitaires et environnementales en vigueur. Cette démarche vise à réduire les risques pour la santé et l’environnement tout en améliorant les méthodes de gestion des résidus de production.

I. B.

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Le mensonge a les jambes courtes, la vérité finira par éclater !

05. September 2026 um 12:51

Le journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigation Alqatiba, arrêté et placé en garde-à-vue hier soir, vendredi 4 septembre 2026, a fait parvenir, par le biais de son avocate Hela Ben Salem, cette lettre à ses collègues journalistes et aux Tunisiens en général, pour les exhorter à défendre leur dignité et leurs droits. Nous traduisons cette lettre de l’arabe et la reproduisons ci-dessous…  

Mohamed Yousfi *

Mon message aux journalistes indépendants de ce pays : N’ayez pas peur ; continuez à écrire, à vous exprimer, à porter la voix des citoyens, celle des personnes marginalisées et opprimées.

Défendez l’État de droit, les droits humains et la dignité du citoyen tunisien — une dignité que nous avons perdue dans ce pays.

Je m’adresse tout particulièrement à mes collègues d’Alqatiba : Poursuivez le chemin que nous avons tracé ; n’ayez crainte ; j’ai une immense confiance en vous. Les tentatives de harcèlement et d’acharnement dont je fais l’objet ne visent en réalité qu’à atteindre Alqatiba et à entraver la ligne éditoriale indépendante de cette entreprise.

Tous les Tunisiens connaissent la valeur de cette plateforme, ainsi que ses réalisations et sa contribution au droit d’accès à l’information et au journalisme d’investigation.

Aujourd’hui, les faits, enquêtes et données présentés par Alqatiba sont utilisés par la justice elle-même comme référence dans des affaires majeures d’évasion fiscale, de blanchiment d’argent et de corruption ; c’est l’un des derniers bastions de la liberté de pensée, d’expression et de la presse.

Ce n’est pas Mohamed Yousfi qui est sanctionné aujourd’hui, mais Alqatiba, pour son attachement à son indépendance et aux valeurs journalistiques léguées par la Révolution, au prix du sang des martyrs et des blessés. Il est donc impératif de poursuivre ce chemin, et j’ai une confiance totale en mes collègues d’Alqatiba.

Mon message aux Tunisiens : si je suis actuellement en garde à vue, c’est pour une raison très simple : j’exerce mon métier de journaliste de manière indépendante et professionnelle.

Je défends votre droit à une vie digne, à l’eau, à l’électricité, à la santé et à l’enseignement public, ainsi que votre droit de défendre votre dignité, de bénéficier d’une presse libre et d’accéder à l’information.

Les véritables criminels sont ces blogueurs corrompus qui tentent de salir la réputation des journalistes libres du pays ; mais le mensonge a les jambes courtes.

Aujourd’hui, j’ai été enlevé alors que j’exerçais mes fonctions de journaliste. On m’a appréhendé comme si j’avais été pris en flagrant délit ou que je tentais de fuir, alors qu’il aurait suffi de me convoquer : mon identité et mon adresse sont connues, et il n’y avait aucune raison de faire une telle démonstration de force.

Tenter de me discréditer en m’accusant de blanchiment d’argent relève de l’absurde et témoigne de la faillite de ce système.

Au moment de mon arrestation, je ne possédais rien : ni argent, ni biens immobiliers. Je vis de mon salaire et mon compte bancaire est même débiteur de quelques dinars.

Espérons que cette épreuve passera ; la vérité finira par éclater, tôt ou tard.

Traduit de l’arabe.

* Journaliste, rédacteur en chef d’Alqatiba.

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JOJ Dakar 2026 : 42 jeunes athlètes tunisiens engagés dans 16 disciplines

Von: tmps
05. September 2026 um 12:05

La Tunisie sera représentée par 42 athlètes (25 hommes et 17 femmes), a fait savoir le Comité national olympique tunisien (CNOT), dans un communiqué publié jeudi sur sa page officielle.

Les athlètes tunisiens seront engagés dans 16 disciplines, a indiqué la même source.

En effet, alors que le rideau est tombé sur les Jeux Méditerranéens « Tarente 2026 », tous les regards du mouvement sportif se tournent désormais vers la capitale sénégalaise, Dakar, qui accueillera la quatrième édition des Jeux Olympiques de la Jeunesse du 31 octobre au 13 novembre 2026. Cet événement planétaire réunira 2700 jeunes athlètes issus des comités olympiques nationaux du monde entier, dont celui de la Tunisie.

Selon le même communiqué, les Jeux Olympiques de la Jeunesse constituent bien plus qu’une simple compétition : ils offrent aux jeunes du monde entier un véritable tremplin vers les records, et figurent comme une étape clé dans l’agenda de chaque comité olympique national pour préparer la relève aux grands rendez-vous mondiaux et olympiques à venir.

Le 12 septembre prochain, la flamme olympique fera son entrée dans la capitale sénégalaise dans une atmosphère résolument africaine, ponctuée de cérémonies qui mettront à l’honneur la culture du Sénégal et son attachement aux valeurs olympiques. Ce moment historique marquera le coup d’envoi du relais de la flamme « Dakar 2026 », qui traversera les 14 régions du Sénégal avant de rejoindre la cérémonie d’ouverture des Jeux, prévue le 31 octobre prochain.

Voici la répartition des 42 athlètes tunisiens en lice selon les spécialités:

Athlétisme (6) : 3 hommes, 3 femmes

Taekwondo (4) : 2 hommes, 2 femmes

Natation (4) : 2 hommes, 2 femmes

Tir (2) : 1 homme, 1 femme

Cyclisme (1) : 1 homme

Escrime (1) : 1 homme

Gymnastique artistique (2) : 1 homme, 1 femme

Boxe (1) : 1 femme

Judo (1) : 1 femme

Wushu (1) : 1 femme

Tennis de table (2) : 1 homme, 1 femme

Handball de plage (10) : hommes

Volley-ball de plage (2) : femmes

Aviron (2) : 1 homme, 1 femme

Voile (2) : 1 homme, 1 femme

Triathlon (1) : 1 homme

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Tunisie | La FIJ exige la libération immédiate du journaliste Mohamed Yousfi

05. September 2026 um 11:47

Dans un communiqué publié ce samedi 5 septembre 2026, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) s’est jointe au Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), pour exiger la libération immédiate du journaliste Mohamed Yousfi, arrêté la veille devant les locaux d’Express FM, à Tunis, alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission consacrée à la politique de l’eau en Tunisie.

Le journaliste, rappelons-le, a été conduit à la troisième brigade centrale d’enquête sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, située à El Aouina, à Tunis et placé en garde.

Selon les informations recueillies par le SNJT auprès de son équipe juridique, Mohamed Yousfi a été interrogé sur des publications diffusées sur Facebook, mais aussi sur son travail journalistique et la ligne éditoriale d’Alqatiba, l’un des médias indépendants de référence en Tunisie. Son arrestation intervient après une campagne de dénigrement et d’incitation menée contre lui sur les réseaux sociaux.

«Mohamed Yousfi vient allonger la liste des journalistes emprisonnés en Tunisie en raison de leur travail ou de leurs prises de position. Il rejoint notamment Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes, détenus depuis mai 2024 et condamnés à de lourdes peines de prison, ainsi que Zied El Heni, arrêté en avril 2026 et condamné à un an de prison après avoir critiqué une décision judiciaire», souligne la FIJ.

Zied Dabbar, président du SNJT et vice-président de la FIJ, a déclaré : «L’arrestation de Mohamed Yousfi est directement liée à son travail journalistique indépendant et à ses prises de position critiques. Lorsqu’un journaliste peut être arrêté sur le chemin d’un studio de radio, c’est à toute la profession qu’un message d’intimidation est adressé. Les journalistes tunisiens ne renonceront pourtant ni à enquêter, ni à interroger les responsables publics, ni à exercer leur indispensable mission d’information.»

Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, a déclaré : «Je connais personnellement Mohamed Yousfi. Je connais son engagement, son courage et son attachement à un journalisme libre, rigoureux et de qualité. Son travail au sein d’Alqatiba et ses interventions critiques dérangent manifestement le pouvoir. Son arrestation s’inscrit directement dans la politique répressive tunisienne, qui vise, poursuit et emprisonne les journalistes. La Tunisie s’enfonce chaque jour davantage dans la criminalisation du journalisme indépendant. Nous exigeons la libération immédiate de Mohamed et de tous les journalistes détenus.»

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Le député Mohamed Ali solidaire avec le journaliste Mohamed Yousfi

05. September 2026 um 11:22

Mohamed Ali, député de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), a réagi sur les réseaux sociaux à l’interpellation du journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média Alqatiba, qui a eu lieu, dans la soirée du vendredi 4 septembre 2026, devant les locaux de la radio Express FM, où il devait intervenir à 18 heures, aux côtés de son confrère Walid Ben Rhouma, dans une émission consacrée à la crise de l’eau en Tunisie.

«Toute ma solidarité avec le journaliste indépendant Mohamed Yousfi, interpellé  dans un contexte précédé d’une campagne d’incitation systématique sur les réseaux sociaux», a écrit le député, ajoutant que «la concomitance entre cette incitation et l’interpellation soulève des questions sérieuses qu’il n’est plus possible d’ignorer ; en effet, les campagnes de diffamation et de pression exercées sur les journalistes ne sauraient constituer un prélude ‘‘normal’’ ou une justification tacite à des arrestations et à des poursuites [judiciaires]»

«Mohamed Yousfi est un journaliste qui a choisi d’exercer son métier en toute indépendance et de poser les questions qu’il juge d’intérêt public. Être en désaccord avec ses écrits ou ses propos ne saurait constituer un délit ; de même, la critique et le débat public ne justifient pas que l’on fasse d’un journaliste une cible d’incitation à la haine, pour ensuite le placer en détention», a encore écrit le député.

«La solidarité avec Mohamed Yousfi ne se limite pas à la personne ; elle constitue une défense du droit du journaliste à travailler librement et du droit de la société à une presse affranchie de l’intimidation, de l’incitation à la haine et des arrestations. Nous refusons que l’incitation à la haine contre les journalistes devienne une banalité. Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’interpellation de Mohamed Yousfi et que ses droits légaux soient garantis. Nous refusons également que les réseaux sociaux se transforment en un espace où l’on décide arbitrairement qui doit être poursuivi et qui doit être laissé tranquille», a souligné Mohamed Ali. E de conclure : «Liberté pour Mohamed Yousfi, et solidarité avec tout journaliste qui paie le prix de son attachement à sa liberté et à son indépendance».

Placé en garde-à-vue, Mohamed Yousfi serait visé par une information judiciaire du Pôle judiciaire économique et financier. Il serait soupçonné d’entente pour nuire aux personnes et aux biens, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent liés à des flux financiers associatifs de son média d’investigation. Ses collègues affirment qu’il a été arrêté pour faire taire sa voix indépendante et libre et, à travers lui, intimider les journalistes soucieux de faire honnêtement leur travail d’information et d’analyse de la grave situation régnant dans le pays.

I. B.

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Photovoltaïque : 455 MW débloqués avec le feu vert accordé à 309 projets

05. September 2026 um 11:04

Le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines a accordé des autorisations de construction de centrales photovoltaïques à 309 entreprises, sur un total de 344 dossiers déposés dans le cadre de la 6ᵉ session du système des autorisations.

Sidi Bouzid arrive en tête des gouvernorats bénéficiaires avec 57 projets retenus, devant Gafsa qui en compte 50. Médenine totalise 39 projets, tandis que Kébili en regroupe 37. Suivent Sfax (23), Sousse (20). Le Kef (18), Kairouan (12), Gabès (11), Tataouine et Kasserine en comptent 10 chacun, Tozeur (9), Zaghouan (3), Monastir, Ben Arous et Siliana en totalisent chacun 2. Nabeul, Mahdia, Ariana et Béja ferment la liste, avec un seul projet chacun.

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Santé publique : 544 postes ouverts, dont 434 médecins spécialistes

05. September 2026 um 10:57

Le ministère de la Santé ouvre 544 postes de recrutement dans le secteur public, selon des décisions publiées au Journal officiel de la République tunisienne (JORT) du 4 septembre 2026. Le principal concours porte sur 434 médecins spécialistes, tandis que 52 postes sont réservés aux pharmaciens, 53 aux médecins-dentistes, deux aux médecins des hôpitaux et trois aux médecins principaux des hôpitaux. Pour les médecins spécialistes, le concours sur titres et travaux débutera le 16 novembre 2026, avec une clôture des candidatures fixée au 16 octobre.

434 médecins spécialistes à recruter

Les 434 postes destinés aux médecins spécialistes constituent le principal volet de cette opération de recrutement. 433 postes sont prévus pour le ministère de la Santé, dans différentes spécialités médicales.

Le 434e poste concerne un spécialiste en médecine préventive et médecine communautaire, qui sera affecté par voie de détachement auprès de l’Instance nationale d’évaluation et d’accréditation en santé.

Les candidats à ce concours sur titres et travaux devront donc prendre en compte l’échéance du 16 octobre 2026 pour le dépôt des candidatures. Le concours est prévu à partir du 16 novembre.

42 autres spécialistes par détachement

Un point mérite d’être distingué dans la lecture des chiffres publiés au JORT : 42 autres postes de médecins spécialistes sont prévus par détachement au profit des ministères des Finances, de l’Intérieur et de la Défense.

Le ministère des Finances bénéficiera de trois spécialistes, en médecine d’urgence, radiologie et imagerie médicale et pédiatrie. Le ministère de l’Intérieur compte 24 postes, notamment en biologie médicale, psychiatrie et médecine de famille.

Le ministère de la Défense bénéficiera, pour sa part, de 15 spécialistes dans plusieurs disciplines, dont l’anesthésie-réanimation, la chirurgie pédiatrique, l’urologie, l’imagerie médicale, la cardiologie, la pneumologie, la dermatologie et l’hématologie clinique.

Ces 42 postes sont distincts des 434 postes du concours principal. Ils ne doivent donc pas être ajoutés aux 544 postes correspondant aux différents concours annoncés pour le secteur de la santé publique.

52 pharmaciens et 53 médecins-dentistes

Le dispositif comprend également 52 postes de pharmaciens de la santé publique et 53 postes de médecins-dentistes de la santé publique. S’y ajoutent deux postes de médecins des hôpitaux et trois postes de médecins principaux des hôpitaux.

Le total de 544 postes se décompose ainsi : 434 médecins spécialistes, 52 pharmaciens, 53 médecins-dentistes, deux médecins des hôpitaux et trois médecins principaux des hôpitaux.

Pour les 434 médecins spécialistes, la date limite d’inscription est fixée au 16 octobre 2026, tandis que le concours sur titres et travaux débutera le 16 novembre.

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L’économie tunisienne sous pression

05. September 2026 um 10:44

Ces derniers mois, les Tunisiens ont manifesté pour dénoncer la dégradation des conditions socio-économiques et du niveau de vie dans le pays. Pourtant, officiellement, les indicateurs de croissance économique sont à la hausse. Que se passe-t-il donc ?

Sahar Mechmech *

Au cours des dernières semaines, des manifestations ont éclaté dans toute la Tunisie pour dénoncer des coupures massives d’électricité et d’eau imposées par le gouvernement en pleine vague de chaleur, alors que les infrastructures du pays peinaient à répondre à la demande énergétique. Ces coupures surviennent dans un climat social tendu, les Tunisiens manifestant déjà contre la hausse du coût de la vie. Ainsi, le 16 mai, des centaines de Tunisiens sont descendus dans la rue pour dénoncer la répression ainsi que la détérioration des conditions socio-économiques et du niveau de vie. Pourtant, fin avril encore, le président Kais Saied vantait le succès de la politique d’autosuffisance de la Tunisie, affirmant qu’elle avait permis de réduire l’inflation et de relancer la croissance. Il n’a pas tort. Officiellement, la croissance s’est quelque peu améliorée, l’inflation a effectivement baissé et la situation de l’emploi s’est légèrement redressée. Qu’est-ce qui alimente alors la colère de la population ?

Un examen plus approfondi des perspectives et des réalités économiques intérieures de la Tunisie révèle une certaine fragilité, de fortes tensions sociales et des divisions politiques internes, exacerbées — en grande partie — par le fait que les indicateurs économiques ne se reflètent pas dans le quotidien des Tunisiens. Cette situation est toutefois nuancée par le financement croissant des partenaires internationaux qui, tantôt allège les pressions, tantôt les aggrave.

Excès d’optimisme ou triomphalisme prématuré

En 2026, le gouvernement ne propose pas de rupture avec les politiques économiques en vigueur avant le 25 juillet 2021 [date de la proclamation de l’état d’exception par Kaïs Saïed, Ndlr], caractérisées par des restrictions des dépenses publiques et des réductions d’impôts pour les entreprises et les hauts revenus. Alors que des réformes fiscales radicales en 2025 avaient amélioré la répartition de la charge fiscale et accru la contribution des entreprises, la loi de finances 2026 échoue à s’attaquer aux problèmes structurels de l’économie tunisienne. La hausse des dépenses sociales ne suffit pas à compenser l’inflation, ce qui se traduit par une réduction implicite des services sociaux.

Par ailleurs, aucune réforme structurelle profonde ne vise les acteurs en situation de monopole ou de rente qui constituent la trame de l’économie tunisienne. Depuis l’indépendance de la Tunisie dans les années 1950, ce groupe d’acteurs économiques bénéficiant de soutiens politiques a érigé un arsenal de barrières réglementaires à l’entrée dans des secteurs clés et contrôle la majeure partie du financement privé au sein de l’économie. La loi perpétue également une pratique risquée, en vigueur depuis des années, consistant à emprunter auprès de la Banque centrale à un taux d’intérêt de 0 % sans générer une croissance proportionnelle à l’endettement, ce qui menace d’alimenter l’inflation.

Malgré l’absence de réformes structurelles, le budget de l’État pour 2026 prévoit une croissance de 3,3 % sur l’année, un chiffre supérieur aux 2,1 % anticipés par le Fonds monétaire international (FMI), ce qui représente un écart significatif. Une croissance plus faible signifie moins de ressources pour l’État afin de répondre à des besoins sociaux croissants en pleine crise du coût de la vie.

Le budget table également sur un prix du pétrole avoisinant les 60 dollars le baril, une hypothèse mise à mal par la flambée des coûts de l’énergie consécutive à la guerre en Iran. Le prix a dépassé les 100 dollars le baril à plusieurs reprises cette année et s’établissait autour de 90 dollars le baril au 29 juillet.

La Tunisie reste un pays importateur d’énergie pratiquant des subventions énergétiques ; la hausse imprévue du prix du pétrole alourdira sa facture d’importation, entamant ainsi ses précieuses réserves de devises (dollars et euros) nécessaires au règlement des importations essentielles auprès de ses partenaires commerciaux. Cette hausse des prix pétroliers augmentera également les dépenses de l’État consacrées aux subventions énergétiques afin de maintenir la stabilité des prix des hydrocarbures sur le marché intérieur. La hausse des prix, supérieure aux prévisions, entraînera un creusement des déficits budgétaires, un besoin accru d’emprunt et, potentiellement, une pression croissante pour réduire les dépenses afin de remédier aux déséquilibres budgétaires.

L’inflation mondiale découlant de la guerre impliquant l’Iran menace également d’éroder les envois de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger ; ces transferts constituent une source essentielle de devises pour les importations et représentaient 30 % des réserves en 2024. Le conflit suscite de vives inquiétudes quant à l’inflation en Europe — où vit la majeure partie de la diaspora tunisienne — ce qui pourrait entraîner une baisse de ces transferts de fonds.

Le secteur du tourisme, autre source majeure de devises, est lui aussi exposé à des risques. Malgré les assurances du gouvernement affirmant que le tourisme tunisien n’était pas affecté par le conflit régional, les premiers indicateurs font état d’un ralentissement et d’une baisse des réservations.

Les tensions sur les devises compromettent la capacité de la Tunisie à importer des produits de première nécessité — notamment des denrées alimentaires, des médicaments et de l’énergie — et pourraient provoquer des pénuries comparables à celles observées en 2023.

Les signes de telles restrictions sont déjà manifestes. En mars, la Banque centrale de Tunisie a émis de nouvelles directives visant à limiter les importations afin de préserver ses réserves limitées de dollars et d’euros. Ces directives stipulent que les importations de produits «non essentiels» — tels que les vêtements, le dentifrice et le papier toilette — doivent être réglées au comptant et non à crédit. Cette décision a été critiquée par des organisations influentes comme la Conect, qui représente les employeurs et les entreprises ; celle-ci a qualifié ces directives d’obstacle potentiel à la croissance.

De son côté, Alert, une organisation luttant contre les monopoles en Tunisie, a averti que ces mesures risquaient d’ancrer davantage les pratiques monopolistiques dans le secteur de l’import-export, les grandes entreprises disposant plus facilement de liquidités que les petites.

Ces restrictions à l’importation menacent d’aggraver les pénuries actuelles de médicaments, de denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité.

Fissures naissantes entre la présidence et le parlement

Parallèlement à la montée des pressions économiques, le gouvernement de Saïed fait face à des tensions politiques croissantes. L’Assemblée, qui était étroitement alignée sur Saïed à la suite des élections législatives de 2022, est de plus en plus en désaccord avec le gouvernement sur les questions économiques. En avril 2025, elle a refusé d’approuver un emprunt, invoquant le manque de clarté quant à ses retombées. Lors de l’examen de la loi de finances pour 2026, l’Assemblée a rejeté certaines propositions du ministère des Finances et en a adopté d’autres tout en émettant de vives réserves. Le ministre des Finances a même quitté une séance parlementaire après une vive altercation avec certains députés.

Lors des débats sur des contrats de concession controversés dans le domaine de l’énergie solaire, plusieurs députés ont dénoncé ces textes, les qualifiant tour à tour de dangereux, coloniaux, humiliants et contraires à la souveraineté énergétique. En réaction à cette levée de boucliers et avant le vote sur ces concessions, le président Saïed a limogé le ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie ainsi que le directeur général de l’Électricité et des Énergies renouvelables, bien que tous les contrats aient finalement été adoptés.

Plus récemment, à la suite de coupures massives d’électricité et d’eau survenues en juillet, le Parlement a tenu une séance le 27 juillet pour débattre de la situation ; les députés y ont critiqué la conjoncture ainsi que l’absence de réaction officielle du gouvernement. Ils ont également reproché au gouvernement son absence lors de cette séance, bien qu’un député ait précisé que l’Assemblée n’avait adressé aucune invitation ou convocation officielle au gouvernement pour y participer.

Ces tensions ne doivent pas être interprétées comme une rupture franche avec Kaïs Saïed. L’Assemblée continue de donner la priorité à bon nombre de ses réformes clés — celles qu’il qualifie de «révolution législative» et qui ont profondément restructuré l’arsenal juridique tunisien — et de les adopter. Il convient plutôt de voir dans ces tensions une tentative de l’Assemblée de se démarquer quelque peu de Saïed, dont le bilan économique est jugé insuffisant, alors même que la Tunisie se dirige vers les élections législatives de 2027.

Ces tensions dépassent le cadre politique pour s’étendre à l’espace civique dans son ensemble.

Les boucs émissaires, anciens comme nouveaux

Face à la montée des tensions économiques et politiques, le gouvernement tente de reproduire la stratégie qu’il a appliquée avec succès en 2023 : désigner des boucs émissaires.

Saïed continue d’évoquer de mystérieux saboteurs sans jamais les nommer. Il persiste à sacrifier des membres de son gouvernement pour apaiser la colère populaire, comme en témoigne le limogeage d’un ministre mentionné plus haut. Ses partisans — qu’ils siègent à L’Assemblée, soient présents sur le terrain ou actifs sur les réseaux sociaux — continuent de présenter les migrants subsahariens en situation irrégulière comme un fardeau pour les ressources économiques et une menace pour la sécurité nationale. Le conflit qui l’oppose depuis des années à la principale centrale syndicale du pays, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), s’est intensifié au cours de l’année écoulée. Parallèlement, la répression à l’encontre de la société civile — dont les acteurs sont perçus par Saïed comme des agents de l’ingérence étrangère — s’est accentuée ces derniers mois : les autorités suspendent des organisations, engagent des poursuites pour obtenir leur dissolution définitive et emprisonnent militants, journalistes, magistrats et même des députés dissidents.

La vague d’enquêtes pénales la plus récente vise des fonctionnaires chargés du dossier de l’électricité. Cette initiative, couplée aux déclarations du président qualifiant ces coupures d’«événements inhabituels» et affirmant que «l’État ne restera pas les bras croisés face à quiconque cherche à harceler les citoyens et à attiser les tensions», semble viser à présenter ces perturbations majeures comme le fruit d’un complot contre le pays.

Cette interprétation contredit les déclarations du syndicat de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), qui attribue les coupures à une hausse de la demande dépassant les capacités de production lors de la récente vague de chaleur. Le défi de répondre à la demande en électricité est aggravé par le manque d’investissements dans la production, la dernière grande centrale électrique ayant été inaugurée en 2019.

Pour expliquer ce déficit d’investissement, certains experts pointent du doigt l’insuffisance des ressources allouées par l’État, le non-paiement intégral par le gouvernement et les entreprises publiques de leurs dettes envers la Steg pour leur consommation d’électricité, ainsi que le défaut de paiement par le gouvernement des subventions universelles à l’électricité accordées aux citoyens.

Tout comme en 2023, cette répression vise à détourner l’attention des problèmes économiques chroniques et à vider l’espace politique et civique de toute opposition, laissant Saïed comme seul arbitre des décisions en Tunisie et unique interlocuteur pour les partenaires internationaux du pays.

La diplomatie tunisienne en quête d’alliances internationales

En contraste avec les divisions internes, la Tunisie intensifie sa coopération et ses emprunts financiers auprès de plusieurs partenaires internationaux.

À l’échelle régionale, la Tunisie poursuit son rapprochement avec l’Algérie, ayant signé fin 2025 plus de vingt accords de coopération dans des domaines variés, dont un accord controversé de coopération militaire. Récemment, lors d’une interview, le président algérien a tenu des propos fermes liant la sécurité des deux pays et réaffirmant l’engagement de l’Algérie à défendre la Tunisie contre le terrorisme.

Les relations avec la Libye semblent également s’être intensifiées, marquées par une rencontre de haut niveau entre le Premier ministre tunisien et le président du Parlement libyen, la signature d’un nouveau protocole d’accord sur la coopération en matière de marché du travail, ainsi que l’annonce de projets concernant une nouvelle liaison maritime et la gestion partagée d’une nappe phréatique commune.

Ces initiatives témoignent de la volonté de la Tunisie de s’affirmer comme un partenaire actif en Afrique du Nord, s’assurant ainsi un accès privilégié aux ressources énergétiques de ses deux voisins riches en hydrocarbures.

La Tunisie a par ailleurs renforcé ses liens avec ses partenaires de l’autre rive de la Méditerranée ainsi qu’avec les institutions financières internationales. Cela s’est traduit par l’octroi de nouveaux prêts — notamment de la part de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), de la Banque européenne d’investissement (BEI), de la Banque mondiale (BM) et de la Banque africaine de développement (BAD)— par le renforcement des accords euro-tunisiens et par la mise à jour de la coopération migratoire avec l’Italie.

Une grande partie de ces financements vise à stabiliser le pays et à réduire la migration irrégulière, la Tunisie étant à la fois un pays d’origine et un pays de transit.

Toutefois, les retombées des récentes concessions dans le secteur de l’énergie solaire démontrent clairement que, sans adhésion de l’opinion publique, les financements internationaux risquent de susciter une levée de boucliers et de ne pas apporter de réponse aux tensions sociales et politiques.

Dans le domaine des énergies renouvelables, et bien que celles-ci soient indispensables à la sécurité énergétique du pays, la population a le sentiment que le gouvernement et le parlement offrent des contrats avantageux à des investisseurs étrangers et mettent en place un câble sous-marin pour exporter de l’électricité vers l’Italie, alors même que les entreprises tunisiennes peinent à opérer dans un contexte difficile et que le pays subit des coupures de courant à répétition.

Sortir de la crise pour aller vers la prospérité

Malgré l’intensification du soutien financier international, le statu quo politique et social en Tunisie demeure extrêmement fragile.

Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale.

Sur le plan intérieur, il est nécessaire de faire preuve de plus de sérieux pour identifier et démanteler les structures qui entravent la concurrence et perpétuent les monopoles, notamment les coûts élevés des prêts à l’investissement ainsi que les barrières administratives complexes et changeantes qui freinent la création et la gestion d’entreprises. Ces mesures permettraient aux petites et moyennes entreprises — véritables moteurs d’une croissance économique durable — de mieux accéder aux opportunités commerciales et aux financements.

Le gouvernement doit également rétablir sa crédibilité auprès de la population en investissant judicieusement dans les infrastructures et les dépenses sociales afin de répondre aux besoins des citoyens. Enfin, il doit mettre un terme à toutes les pratiques répressives contre-productives qui n’ont fait qu’attiser la colère et le sentiment de dépossession au sein de la population.

De leur côté, les alliés internationaux de la Tunisie doivent réorienter le financement pour s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière : les problèmes structurels du pays et l’insuffisance des dépenses sociales. Les initiatives de coopération économique, y compris dans le secteur de l’énergie, doivent susciter l’adhésion du public en faisant preuve d’une plus grande transparence concernant la propriété des projets, les tarifs, les créations d’emplois prévues, les recettes publiques et l’impact environnemental. En l’absence de transparence et de redevabilité, les risques de rejet et de tensions continueront de s’accumuler.

Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale. Seules des réformes structurelles profondes, un nouveau contrat social et un retour à un contexte démocratique et ouvert permettront d’apaiser la colère sociale actuelle et de bâtir une économie stable, durable et inclusive, capable de répondre aux besoins fondamentaux de la population.

Traduit de l’anglais.

* Responsable du programme «Économies inclusives» au sein de Tahrir institute for Middle East Policy. (Timep).

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Industrie : 309 projets de production d’électricité solaire photovoltaïque approuvés

Von: tmps
05. September 2026 um 10:05

Un total de 309 demandes relatives à l’installation de projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque a été accepté, dans le cadre du sixième round du régime des autorisations, a fait savoir, vendredi, le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.

L’annonce du ministère intervient suite à l’achèvement du processus d’évaluation des demandes relatives à l’installation de projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque parvenues au ministère jusqu’au 30 juin 2026.

Les projets approuvés représentent une puissance globale de 455 mégawatts (MW). Il s’agit de 187 projets de 1 MW, 119 projets de 2 MW et de 3 projets de 10 MW.

Le ministère a indiqué que l’intégralité des résultats est accessible directement sur son site.

Le régime des autorisations régit la réalisation de projets de moyenne taille d’une puissance inférieure aux seuils fixés par l’article 14 du décret n°2016-1123 à savoir 10MW pour le solaire, 30MW pour l’éolien, 15MW pour la biomasse et 5MW pour les autres sources d’ER.

Institué pour encourager la production indépendante d’électricité verte, ce régime permet aux investisseurs privés et industriels de construire des centrales photovoltaïques (de 1 à 10 MW) et de vendre l’intégralité de la production à la STEG.

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