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Tunisie | La FIJ exige la libération immédiate du journaliste Mohamed Yousfi

05. September 2026 um 11:47

Dans un communiqué publié ce samedi 5 septembre 2026, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) s’est jointe au Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), pour exiger la libération immédiate du journaliste Mohamed Yousfi, arrêté la veille devant les locaux d’Express FM, à Tunis, alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission consacrée à la politique de l’eau en Tunisie.

Le journaliste, rappelons-le, a été conduit à la troisième brigade centrale d’enquête sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, située à El Aouina, à Tunis et placé en garde.

Selon les informations recueillies par le SNJT auprès de son équipe juridique, Mohamed Yousfi a été interrogé sur des publications diffusées sur Facebook, mais aussi sur son travail journalistique et la ligne éditoriale d’Alqatiba, l’un des médias indépendants de référence en Tunisie. Son arrestation intervient après une campagne de dénigrement et d’incitation menée contre lui sur les réseaux sociaux.

«Mohamed Yousfi vient allonger la liste des journalistes emprisonnés en Tunisie en raison de leur travail ou de leurs prises de position. Il rejoint notamment Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes, détenus depuis mai 2024 et condamnés à de lourdes peines de prison, ainsi que Zied El Heni, arrêté en avril 2026 et condamné à un an de prison après avoir critiqué une décision judiciaire», souligne la FIJ.

Zied Dabbar, président du SNJT et vice-président de la FIJ, a déclaré : «L’arrestation de Mohamed Yousfi est directement liée à son travail journalistique indépendant et à ses prises de position critiques. Lorsqu’un journaliste peut être arrêté sur le chemin d’un studio de radio, c’est à toute la profession qu’un message d’intimidation est adressé. Les journalistes tunisiens ne renonceront pourtant ni à enquêter, ni à interroger les responsables publics, ni à exercer leur indispensable mission d’information.»

Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, a déclaré : «Je connais personnellement Mohamed Yousfi. Je connais son engagement, son courage et son attachement à un journalisme libre, rigoureux et de qualité. Son travail au sein d’Alqatiba et ses interventions critiques dérangent manifestement le pouvoir. Son arrestation s’inscrit directement dans la politique répressive tunisienne, qui vise, poursuit et emprisonne les journalistes. La Tunisie s’enfonce chaque jour davantage dans la criminalisation du journalisme indépendant. Nous exigeons la libération immédiate de Mohamed et de tous les journalistes détenus.»

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Tunisie | L’arrestation du journaliste Mohamed Yousfi suscite une vague d’indignation

05. September 2026 um 07:36

Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigation Alqatiba (الكتيبة), est l’un des meilleurs journalistes de sa génération. Il est réputé pour sa rigueur professionnelle et sa liberté de ton. On comprend dès lors que son arrestation et son placement en garde à vue, le vendredi 4 septembre 2026, ait suscité une vague d’indignation et des interrogations sur les motivations d’une telle décision où beaucoup ont vu une volonté du régime de faire taire une voix jugée trop libre.

Mohamed Yousfi a été interpellé par la Brigade nationale d’El Gorjani alors qu’il s’apprêtait à intervenir sur Express FM pour présenter une enquête d’Alqatiba sur les politiques hydrauliques en Tunisie.

Alqatiba est un média en ligne indépendant et un magazine d’investigation tunisien spécialisé dans le journalisme de données et la presse d’enquête.

Fondé en 2019, le média est géré par l’organisation non gouvernementale Taqallam pour la liberté d’expression et de création (تكلّم من أجل حرية التعبير والإبداع), basée à Tunis. Il se positionne comme une plateforme alternative axée sur la transparence, les droits de l’homme, la gouvernance, le climat et la justice sociale et fiscale.

Selon les premières informations, Mohamed Yousfi serait visé par une information judiciaire du Pôle judiciaire économique et financier. Il serait soupçonné d’entente pour nuire aux personnes et aux biens, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent liés à des flux financiers associatifs de son média d’investigation. Mais la réputation du journaliste, ses positions critiques à l’égard du pouvoir entourent son arrestation d’un soupçon de règlement de compte politique dans un contexte où, selon beaucoup d’organisations nationales et internationales, les droits et les libertés sont de plus en plus bafoués et réprimés dans le pays.

Rappelons, dans ce contexte, que plusieurs journalistes et chroniqueurs sont en prison depuis plusieurs années, condamnés dans des affaires similaires où la ligne de démarcation entre la liberté d’expression et le blanchiment d’argent est difficile à établir, tels Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies et Zied El Heni. D’autres ont fait de la prison avant de retrouver une liberté somme provisoire telles Chadha Hadj Mbarek et Sonia Dahmani. Khaoula Boukrim, quant à elle, a eu le temps de s’exiler en France. Elle a été condamnée par contumace à quatre ans de prison ferme.

I. B.

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Tunisie | Le Mouvement Nafas appelle à la libération de Seifeddine Arfaoui

22. August 2026 um 08:09

Le mouvement Nafas — qui a organisé des manifestations contre le régime de Kaïs Saïed le jeudi 20 août 2026 à Tunis — a publié un communiqué de soutien et de solidarité avec le militant Seifeddine Arfaoui, suite à son arrestation par les autorités. Selon certaines sources, cette arrestation fait suite aux slogans qu’il a scandés et qui ont été jugées offensantes et injurieuses pour le chef de l’Etat. Nous publions ci-dessous une traduction dudit communiqué.  

Le pouvoir autoritaire poursuit ses restrictions systématiques des droits et libertés, ainsi que la persécution des militants de la société civile, des acteurs politiques et des voix libres, dans une tentative désespérée d’intimider les citoyens et de les dissuader d’exercer leur droit à l’expression et de défendre leurs droits économiques et sociaux.

Dans ce contexte, ce vendredi 21 août 2026, à la suite d’une campagne systématique sur les réseaux sociaux, le blogueur, défenseur des droits humains et militant du mouvement Nafas, Seifeddine Arfaoui, a été conduit au siège de la Brigade de lutte contre la criminalité à El Gorjani pour y être interrogé. Après consultation du ministère public, celui-ci a ordonné sa garde à vue pour une durée de 48 heures, en raison d’une publication sur sa page Facebook personnelle reprenant des slogans scandés lors de la manifestation «Nafas» du 20 août 2026.
Il s’agit de la deuxième arrestation au sein du mouvement Nafas, après celle du journaliste Zied El Heni le 28 avril 2026, également intervenue à la suite d’une publication sur sa page Facebook personnelle.

Au vu de ce qui précède, le mouvement Nafas :

1- exprime son soutien total et inconditionnel au militant Seifeddine Arfaoui, exige sa libération et l’abandon de toute poursuite à son encontre, ainsi que la fin des poursuites visant les personnes exprimant leurs opinions et les militants de la société civile et du monde politique pour l’exercice de leurs droits légitimes ;

2- réitère son refus de voir l’exercice des droits et libertés ainsi que la participation à des mouvements civiques pacifiques servir de motifs de poursuites judiciaires, ou voir les appareils de l’État instrumentalisés pour intimider les militants et dissuader les citoyens d’exprimer leurs positions et de participer à des actions civiques pacifiques ;

3- fait part de sa conviction que la situation de Seifeddine Arfaoui est indissociable du climat général dans lequel la liberté d’expression, les positions dissidentes et l’engagement civique sont désormais exposés à la criminalisation et aux poursuites.

Défendre Seifeddine revient à défendre le droit de chaque Tunisien et de chaque Tunisienne à s’exprimer, à exprimer des opinions divergentes, à participer à la vie publique et à manifester pacifiquement.

Nous refusons que des publications sur les réseaux sociaux se transforment en chefs d’accusation, que l’expression d’une opinion devienne un délit et que l’engagement citoyen pacifique serve de motif à une arrestation.

Si ces pratiques visent à effrayer les gens et à les réduire au silence, nous affirmons que la répression et l’intimidation ne feront que renforcer notre détermination à exercer notre droit à l’expression, à la critique et à la contestation pacifique.

Liberté pour Seifeddine Arfaoui.

Liberté pour Zied El Heni.

Liberté pour les prisonniers d’opinion et les prisonniers politiques.

Communiqué traduit de l’arabe.

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Zied El-Heni devant la Cour d’appel le 12 juin

10. Juni 2026 um 13:02

Le journaliste Zied El-Heni sera de nouveau face à la justice. Son avocat, Ayoub Ghdamsi, a annoncé, mercredi 10 juin 2026, qu’il comparaîtrait le vendredi 12 juin 2026 devant la Cour d’appel. Cette audience s’inscrit dans le cadre de la procédure faisant suite à une condamnation prononcée en première instance, en mai, pour « atteinte...

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