Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a annoncé dans la soirée de ce samedi 5 septembre 2026, que Mohamed Yousfi a été opéré en urgence alors qu’il était en garde à vue.
Dans son communiqué, le SNJT précise que Mohamed Yousfi a été victime d’un malaise et qu’il a été transporté à l’hôpital , où il a été opéré en urgence de l’appendicite dans la nuit du 4 septembre 2026.
Le syndicat soutient que les contraintes et la pression de la détention sont incompatibles avec les soins post-opératoires et la convalescence requis par son état, en affirmant que la santé et l’intégrité physique du journaliste relèvent de la responsabilité directe des autorités compétentes.
La même source a rappelé que la place d’un professionnel de l’information et des médias n’est pas en prison quelles que soient ses prises de position, tout en réclamant l’abandon des poursuites visant Mohamed Yousfi et sa remise en liberté afin qu’il puisse se soigner dignement tout en exerçant ses droits de défense.
Au premier semestre 2026, l’illusion d’une embellie financière plane sur le continent africain. Selon la treizième édition de l’Africa Sovereign Credit Rating Review – une étude publiée conjointement par le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) -, la trajectoire du crédit souverain s’est légèrement redressée.
Dans ce cadre, le document recense 5 relèvements de notes accordés par les grandes agences internationales (Fitch, S&P, Moody’s) à destination du Cap Vert, du Ghana, du Kenya, du Nigeria et de l’Afrique du Sud, contre deux dégradations (Botswana et Mozambique).
Cependant, ce vernis de respectabilité, mis en avant par le rapport pour saluer la « stabilisation macroéconomique » de ces pays, masque mal une réalité générale bien plus sombre : beaucoup d’analystes assurent, preuve souvent à l’appui, que « l’Afrique continue de s’endetter à des conditions usurières, principalement pour éponger ses créances passées plutôt que pour bâtir son avenir ».
14 milliards de dollars levés par 9 Etats africains
Profitant d’un retour d’appétit très sélectif des investisseurs internationaux, 9 États africains se sont précipités sur les marchés obligataires pour lever plus de 14 milliards de dollars. Si l’engouement des souscripteurs a été au rendez-vous – par exemple, l’émission du Bénin ayant été sursouscrite 8 fois -, l’addition financière s’avère particulièrement salée. En effet, les données du MAEP et de la CEA révèlent que les marchés de capitaux ne font aucun cadeau : les coupons exigés atteignent des sommets intolérables, grimpant jusqu’à 9,80 % pour l’Angola et 9,50 % pour la République du Congo et la RDC par exemple. On repassera pour le capital « bon marché ».
Le véritable problème de cette frénésie obligataire réside dans la destination des fonds. Au lieu d’injecter ces capitaux dans des projets d’infrastructures, d’énergie ou de transformation industrielle capables de générer de la richesse future, certains gouvernements, en l’occurrence le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Kenya, l’Angola et Maroc entre autres, ont affecté leurs émissions « au simple financement budgétaire ou au réaménagement du passif ». En clair : ces nations contractent de nouveaux emprunts à près de 10 % d’intérêt uniquement pour racheter d’anciennes obligations et repousser l’échéance de leurs remboursements.
Mozambique, Sénégal… et les recommandations du MAEP et de la CEA
Nombre d’experts attribuent cette gestion défensive et court-termiste à une fuite en avant. Heureusement certains pays font l’exception. C’est le cas par exemple de la RDC et de l’Égypte qui affectent une fraction des fonds reçus vers le développement social, tandis que la majorité du continent s’enferme dans un « piège de liquidité ». Comme le soulignent les révisions négatives attribuées au Gabon, au Mali ou au Sénégal pour manque de transparence budgétaire, les fragilités restent profondes. L’exemple le plus alarmant analysé par Fitch demeure le Mozambique, menacé d’une restructuration imminente de sa dette alors que celle-ci devrait dépasser les 90 % du PIB sur la période 2026-2027. Le Sénégal constitue un autre cas : le gouvernement vient de conclure un accord avec le FMI, mais l’opposition, conduite désormais par Ousmane Sonko, alerte sur un éventuel rééchelonnement de la dette sénégalaise…
Face à ce constat, le rapport du MAEP et de la CEA formule plusieurs recommandations, appelant notamment à renforcer les compétences des ministères des Finances, à accélérer la diversification économique par le biais de chaînes de valeur régionales, et à finaliser l’implantation de la future Agence africaine de notation à Maurice. Mais en l’état, sans réinvestissement productif immédiat, ces levées de fonds ne font que financer le passé au détriment de l’avenir.
Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a annoncé qu’il ajustera la production dans le secteur avicole, en tenant compte des pertes enregistrées suite à la vague de chaleur record qu’a connue la Tunisie en juillet et août. Les professionnels du secteur signalent, quant à eux, un déficit de production qui n’a toutefois pas atteint, selon eux, le stade de la crise.
Saloua Dhaouadi, de la Direction générale de la production agricole du ministère, qui intervenait, jeudi 3 septembre 2026, a déclaré à la Radio nationale : «En coordination avec les acteurs du secteur, nous évaluerons avec précision l’ampleur des pertes afin d’envisager un ajustement de la production.»
Les coupures fréquentes d’électricité et d’eau survenues cet été ont perturbé les systèmes de ventilation et de refroidissement dans de nombreux élevages avicoles, provoquant l’asphyxie et la mortalité de cheptels de volailles, en particulier dans les petites et moyennes exploitations, ont indiqué les professionnels.
Mme Dhaouadi a ajouté, pour sa part, que «la production a été affectée par la mortalité, les retards de croissance et la baisse de productivité, notamment dans le secteur du poulet de chair», signalant également l’impact subi par «certains abattoirs».
L’adaptation aux changements climatiques et la préparation des exploitations face aux coupures d’électricité imprévues nécessitent d’investir dans les énergies renouvelables et d’en généraliser l’usage, a préconisé la responsable.
Interrogée sur l’éventuel soutien que le ministère de l’Agriculture prévoit d’apporter dans ce domaine, Mme Dhaouadi a précisé qu’il prendrait la forme d’une «ligne de financement», d’«avantages fiscaux» ou d’une «révision des facilités», ainsi que d’un «encadrement technique et sanitaire en coordination avec les vétérinaires».
Baisse de production mais pas encore la crise
L’aviculture est un secteur industriel par excellence et que les systèmes de ventilation et de refroidissement constituent des équipements vitaux pour les unités de production. La Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), a fait état, mercredi dernier, d’une pénurie dans la production mensuelle de volaille, tout en estimant que la situation «n’atteint pas, pour l’heure, le stade de crise».
Les vagues de chaleur exceptionnelles qu’a connues la Tunisie récemment ont engendré des difficultés pour la production avicole, notamment en raison des coupures d’électricité et d’eau ; ces perturbations ont entraîné la mortalité de volailles et une baisse de la productivité. Il s’agit désormais de prendre des mesures urgentes et proactives pour limiter les pertes, garantir la continuité de la production et préserver l’équilibre du marché.
Il s’agit aussi d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes à moyen et long terme pour assurer la pérennité du secteur et améliorer sa capacité à faire face aux phénomènes climatiques exceptionnels.
Le maintien d’un suivi rigoureux de la situation et la prise de mesures proactives sont, par ailleurs, nécessaires pour sécuriser la production et faire face aux éventuels imprévus. Pour cela, il convient de surmonter les difficultés liées à l’approvisionnement en vaccins et médicaments vétérinaires, de réviser certaines législations et procédures afin de faciliter l’importation des médicaments et produits biologiques requis et d’en garantir la disponibilité en temps opportun, renforçant ainsi la protection des élevages avicoles et du cheptel en général.
Dans ce même contexte, il convient de renforcer l’encadrement technique et sanitaire des éleveurs, afin de favoriser la prévention des maladies, l’amélioration des conditions d’élevage et une intervention précoce pour limiter les pertes, notamment face aux conditions climatiques difficiles.
Concernant la préparation des exploitations à faire face aux coupures d’électricité imprévues, les professionnels du secteur ont insisté sur la nécessité de soutenir et de généraliser l’investissement dans les énergies renouvelables et appelé à faciliter l’acquisition de groupes électrogènes afin de garantir le fonctionnement continu des équipements vitaux au sein des unités de production — notamment les systèmes de ventilation et de refroidissement — dans le but de protéger le cheptel et de limiter les risques de mortalité lors des périodes de fortes chaleurs.
Par ailleurs, une attention doit être portée sur les moyens de développer un système de gestion des volailles mortes fondé sur une approche environnementale durable, axée sur la valorisation écologique et la transformation de ces déchets en ressources à valeur ajoutée, et ce dans le respect des normes sanitaires et environnementales en vigueur. Cette démarche vise à réduire les risques pour la santé et l’environnement tout en améliorant les méthodes de gestion des résidus de production.
Le journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigation Alqatiba, arrêté et placé en garde-à-vue hier soir, vendredi 4 septembre 2026, a fait parvenir, par le biais de son avocate Hela Ben Salem, cette lettre à ses collègues journalistes et aux Tunisiens en général, pour les exhorter à défendre leur dignité et leurs droits. Nous traduisons cette lettre de l’arabe et la reproduisons ci-dessous…
Mohamed Yousfi *
Mon message aux journalistes indépendants de ce pays : N’ayez pas peur ; continuez à écrire, à vous exprimer, à porter la voix des citoyens, celle des personnes marginalisées et opprimées.
Défendez l’État de droit, les droits humains et la dignité du citoyen tunisien — une dignité que nous avons perdue dans ce pays.
Je m’adresse tout particulièrement à mes collègues d’Alqatiba : Poursuivez le chemin que nous avons tracé ; n’ayez crainte ; j’ai une immense confiance en vous. Les tentatives de harcèlement et d’acharnement dont je fais l’objet ne visent en réalité qu’à atteindre Alqatiba et à entraver la ligne éditoriale indépendante de cette entreprise.
Tous les Tunisiens connaissent la valeur de cette plateforme, ainsi que ses réalisations et sa contribution au droit d’accès à l’information et au journalisme d’investigation.
Aujourd’hui, les faits, enquêtes et données présentés par Alqatiba sont utilisés par la justice elle-même comme référence dans des affaires majeures d’évasion fiscale, de blanchiment d’argent et de corruption ; c’est l’un des derniers bastions de la liberté de pensée, d’expression et de la presse.
Ce n’est pas Mohamed Yousfi qui est sanctionné aujourd’hui, mais Alqatiba, pour son attachement à son indépendance et aux valeurs journalistiques léguées par la Révolution, au prix du sang des martyrs et des blessés. Il est donc impératif de poursuivre ce chemin, et j’ai une confiance totale en mes collègues d’Alqatiba.
Mon message aux Tunisiens : si je suis actuellement en garde à vue, c’est pour une raison très simple : j’exerce mon métier de journaliste de manière indépendante et professionnelle.
Je défends votre droit à une vie digne, à l’eau, à l’électricité, à la santé et à l’enseignement public, ainsi que votre droit de défendre votre dignité, de bénéficier d’une presse libre et d’accéder à l’information.
Les véritables criminels sont ces blogueurs corrompus qui tentent de salir la réputation des journalistes libres du pays ; mais le mensonge a les jambes courtes.
Aujourd’hui, j’ai été enlevé alors que j’exerçais mes fonctions de journaliste. On m’a appréhendé comme si j’avais été pris en flagrant délit ou que je tentais de fuir, alors qu’il aurait suffi de me convoquer : mon identité et mon adresse sont connues, et il n’y avait aucune raison de faire une telle démonstration de force.
Tenter de me discréditer en m’accusant de blanchiment d’argent relève de l’absurde et témoigne de la faillite de ce système.
Au moment de mon arrestation, je ne possédais rien : ni argent, ni biens immobiliers. Je vis de mon salaire et mon compte bancaire est même débiteur de quelques dinars.
Espérons que cette épreuve passera ; la vérité finira par éclater, tôt ou tard.
La Tunisie sera représentée par 42 athlètes (25 hommes et 17 femmes), a fait savoir le Comité national olympique tunisien (CNOT), dans un communiqué publié jeudi sur sa page officielle.
Les athlètes tunisiens seront engagés dans 16 disciplines, a indiqué la même source.
En effet, alors que le rideau est tombé sur les Jeux Méditerranéens « Tarente 2026 », tous les regards du mouvement sportif se tournent désormais vers la capitale sénégalaise, Dakar, qui accueillera la quatrième édition des Jeux Olympiques de la Jeunesse du 31 octobre au 13 novembre 2026. Cet événement planétaire réunira 2700 jeunes athlètes issus des comités olympiques nationaux du monde entier, dont celui de la Tunisie.
Selon le même communiqué, les Jeux Olympiques de la Jeunesse constituent bien plus qu’une simple compétition : ils offrent aux jeunes du monde entier un véritable tremplin vers les records, et figurent comme une étape clé dans l’agenda de chaque comité olympique national pour préparer la relève aux grands rendez-vous mondiaux et olympiques à venir.
Le 12 septembre prochain, la flamme olympique fera son entrée dans la capitale sénégalaise dans une atmosphère résolument africaine, ponctuée de cérémonies qui mettront à l’honneur la culture du Sénégal et son attachement aux valeurs olympiques. Ce moment historique marquera le coup d’envoi du relais de la flamme « Dakar 2026 », qui traversera les 14 régions du Sénégal avant de rejoindre la cérémonie d’ouverture des Jeux, prévue le 31 octobre prochain.
Voici la répartition des 42 athlètes tunisiens en lice selon les spécialités:
Dans un communiqué publié ce samedi 5 septembre 2026, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) s’est jointe au Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), pour exiger la libération immédiate du journaliste Mohamed Yousfi, arrêté la veille devant les locaux d’Express FM, à Tunis, alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission consacrée à la politique de l’eau en Tunisie.
Le journaliste, rappelons-le, a été conduit à la troisième brigade centrale d’enquête sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, située à El Aouina, à Tunis et placé en garde.
Selon les informations recueillies par le SNJT auprès de son équipe juridique, Mohamed Yousfi a été interrogé sur des publications diffusées sur Facebook, mais aussi sur son travail journalistique et la ligne éditoriale d’Alqatiba, l’un des médias indépendants de référence en Tunisie. Son arrestation intervient après une campagne de dénigrement et d’incitation menée contre lui sur les réseaux sociaux.
«Mohamed Yousfi vient allonger la liste des journalistes emprisonnés en Tunisie en raison de leur travail ou de leurs prises de position. Il rejoint notamment Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes, détenus depuis mai 2024 et condamnés à de lourdes peines de prison, ainsi que Zied El Heni, arrêté en avril 2026 et condamné à un an de prison après avoir critiqué une décision judiciaire», souligne la FIJ.
Zied Dabbar, président du SNJT et vice-président de la FIJ, a déclaré : «L’arrestation de Mohamed Yousfi est directement liée à son travail journalistique indépendant et à ses prises de position critiques. Lorsqu’un journaliste peut être arrêté sur le chemin d’un studio de radio, c’est à toute la profession qu’un message d’intimidation est adressé. Les journalistes tunisiens ne renonceront pourtant ni à enquêter, ni à interroger les responsables publics, ni à exercer leur indispensable mission d’information.»
Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, a déclaré : «Je connais personnellement Mohamed Yousfi. Je connais son engagement, son courage et son attachement à un journalisme libre, rigoureux et de qualité. Son travail au sein d’Alqatiba et ses interventions critiques dérangent manifestement le pouvoir. Son arrestation s’inscrit directement dans la politique répressive tunisienne, qui vise, poursuit et emprisonne les journalistes. La Tunisie s’enfonce chaque jour davantage dans la criminalisation du journalisme indépendant. Nous exigeons la libération immédiate de Mohamed et de tous les journalistes détenus.»
Mohamed Ali, député de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), a réagi sur les réseaux sociaux à l’interpellation du journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média Alqatiba, qui a eu lieu, dans la soirée du vendredi 4 septembre 2026, devant les locaux de la radio Express FM, où il devait intervenir à 18 heures, aux côtés de son confrère Walid Ben Rhouma, dans une émission consacrée à la crise de l’eau en Tunisie.
«Toute ma solidarité avec le journaliste indépendant Mohamed Yousfi, interpellé dans un contexte précédé d’une campagne d’incitation systématique sur les réseaux sociaux», a écrit le député, ajoutant que «la concomitance entre cette incitation et l’interpellation soulève des questions sérieuses qu’il n’est plus possible d’ignorer ; en effet, les campagnes de diffamation et de pression exercées sur les journalistes ne sauraient constituer un prélude ‘‘normal’’ ou une justification tacite à des arrestations et à des poursuites [judiciaires]»
«Mohamed Yousfi est un journaliste qui a choisi d’exercer son métier en toute indépendance et de poser les questions qu’il juge d’intérêt public. Être en désaccord avec ses écrits ou ses propos ne saurait constituer un délit ; de même, la critique et le débat public ne justifient pas que l’on fasse d’un journaliste une cible d’incitation à la haine, pour ensuite le placer en détention», a encore écrit le député.
«La solidarité avec Mohamed Yousfi ne se limite pas à la personne ; elle constitue une défense du droit du journaliste à travailler librement et du droit de la société à une presse affranchie de l’intimidation, de l’incitation à la haine et des arrestations. Nous refusons que l’incitation à la haine contre les journalistes devienne une banalité. Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’interpellation de Mohamed Yousfi et que ses droits légaux soient garantis. Nous refusons également que les réseaux sociaux se transforment en un espace où l’on décide arbitrairement qui doit être poursuivi et qui doit être laissé tranquille», a souligné Mohamed Ali. E de conclure : «Liberté pour Mohamed Yousfi, et solidarité avec tout journaliste qui paie le prix de son attachement à sa liberté et à son indépendance».
Placé en garde-à-vue, Mohamed Yousfi serait visé par une information judiciaire du Pôle judiciaire économique et financier. Il serait soupçonné d’entente pour nuire aux personnes et aux biens, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent liés à des flux financiers associatifs de son média d’investigation. Ses collègues affirment qu’il a été arrêté pour faire taire sa voix indépendante et libre et, à travers lui, intimider les journalistes soucieux de faire honnêtement leur travail d’information et d’analyse de la grave situation régnant dans le pays.
Le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines a accordé des autorisations de construction de centrales photovoltaïques à 309 entreprises, sur un total de 344 dossiers déposés dans le cadre de la 6ᵉ session du système des autorisations.
Sidi Bouzid arrive en tête des gouvernorats bénéficiaires avec 57 projets retenus, devant Gafsa qui en compte 50. Médenine totalise 39 projets, tandis que Kébili en regroupe 37. Suivent Sfax (23), Sousse (20). Le Kef (18), Kairouan (12), Gabès (11), Tataouine et Kasserine en comptent 10 chacun, Tozeur (9), Zaghouan (3), Monastir, Ben Arous et Siliana en totalisent chacun 2. Nabeul, Mahdia, Ariana et Béja ferment la liste, avec un seul projet chacun.
Le ministère de la Santé ouvre 544 postes de recrutement dans le secteur public, selon des décisions publiées au Journal officiel de la République tunisienne (JORT) du 4 septembre 2026. Le principal concours porte sur 434 médecins spécialistes, tandis que 52 postes sont réservés aux pharmaciens, 53 aux médecins-dentistes, deux aux médecins des hôpitaux et trois aux médecins principaux des hôpitaux. Pour les médecins spécialistes, le concours sur titres et travaux débutera le 16 novembre 2026, avec une clôture des candidatures fixée au 16 octobre.
434 médecins spécialistes à recruter
Les 434 postes destinés aux médecins spécialistes constituent le principal volet de cette opération de recrutement. 433 postes sont prévus pour le ministère de la Santé, dans différentes spécialités médicales.
Le 434e poste concerne un spécialiste en médecine préventive et médecine communautaire, qui sera affecté par voie de détachement auprès de l’Instance nationale d’évaluation et d’accréditation en santé.
Les candidats à ce concours sur titres et travaux devront donc prendre en compte l’échéance du 16 octobre 2026 pour le dépôt des candidatures. Le concours est prévu à partir du 16 novembre.
42 autres spécialistes par détachement
Un point mérite d’être distingué dans la lecture des chiffres publiés au JORT : 42 autres postes de médecins spécialistes sont prévus par détachement au profit des ministères des Finances, de l’Intérieur et de la Défense.
Le ministère des Finances bénéficiera de trois spécialistes, en médecine d’urgence, radiologie et imagerie médicale et pédiatrie. Le ministère de l’Intérieur compte 24 postes, notamment en biologie médicale, psychiatrie et médecine de famille.
Le ministère de la Défense bénéficiera, pour sa part, de 15 spécialistes dans plusieurs disciplines, dont l’anesthésie-réanimation, la chirurgie pédiatrique, l’urologie, l’imagerie médicale, la cardiologie, la pneumologie, la dermatologie et l’hématologie clinique.
Ces 42 postes sont distincts des 434 postes du concours principal. Ils ne doivent donc pas être ajoutés aux 544 postes correspondant aux différents concours annoncés pour le secteur de la santé publique.
52 pharmaciens et 53 médecins-dentistes
Le dispositif comprend également 52 postes de pharmaciens de la santé publique et 53 postes de médecins-dentistes de la santé publique. S’y ajoutent deux postes de médecins des hôpitaux et trois postes de médecins principaux des hôpitaux.
Le total de 544 postes se décompose ainsi : 434 médecins spécialistes, 52 pharmaciens, 53 médecins-dentistes, deux médecins des hôpitaux et trois médecins principaux des hôpitaux.
Pour les 434 médecins spécialistes, la date limite d’inscription est fixée au 16 octobre 2026, tandis que le concours sur titres et travaux débutera le 16 novembre.
Ces derniers mois, les Tunisiens ont manifesté pour dénoncer la dégradation des conditions socio-économiques et du niveau de vie dans le pays. Pourtant, officiellement, les indicateurs de croissance économique sont à la hausse. Que se passe-t-il donc ?
Sahar Mechmech *
Au cours des dernières semaines, des manifestations ont éclaté dans toute la Tunisie pour dénoncer des coupures massives d’électricité et d’eau imposées par le gouvernement en pleine vague de chaleur, alors que les infrastructures du pays peinaient à répondre à la demande énergétique. Ces coupures surviennent dans un climat social tendu, les Tunisiens manifestant déjà contre la hausse du coût de la vie. Ainsi, le 16 mai, des centaines de Tunisiens sont descendus dans la rue pour dénoncer la répression ainsi que la détérioration des conditions socio-économiques et du niveau de vie. Pourtant, fin avril encore, le président Kais Saied vantait le succès de la politique d’autosuffisance de la Tunisie, affirmant qu’elle avait permis de réduire l’inflation et de relancer la croissance. Il n’a pas tort. Officiellement, la croissance s’est quelque peu améliorée, l’inflation a effectivement baissé et la situation de l’emploi s’est légèrement redressée. Qu’est-ce qui alimente alors la colère de la population ?
Un examen plus approfondi des perspectives et des réalités économiques intérieures de la Tunisie révèle une certaine fragilité, de fortes tensions sociales et des divisions politiques internes, exacerbées — en grande partie — par le fait que les indicateurs économiques ne se reflètent pas dans le quotidien des Tunisiens. Cette situation est toutefois nuancée par le financement croissant des partenaires internationaux qui, tantôt allège les pressions, tantôt les aggrave.
Excès d’optimisme ou triomphalisme prématuré
En 2026, le gouvernement ne propose pas de rupture avec les politiques économiques en vigueur avant le 25 juillet 2021 [date de la proclamation de l’état d’exception par Kaïs Saïed, Ndlr], caractérisées par des restrictions des dépenses publiques et des réductions d’impôts pour les entreprises et les hauts revenus. Alors que des réformes fiscales radicales en 2025 avaient amélioré la répartition de la charge fiscale et accru la contribution des entreprises, la loi de finances 2026 échoue à s’attaquer aux problèmes structurels de l’économie tunisienne. La hausse des dépenses sociales ne suffit pas à compenser l’inflation, ce qui se traduit par une réduction implicite des services sociaux.
Par ailleurs, aucune réforme structurelle profonde ne vise les acteurs en situation de monopole ou de rente qui constituent la trame de l’économie tunisienne. Depuis l’indépendance de la Tunisie dans les années 1950, ce groupe d’acteurs économiques bénéficiant de soutiens politiques a érigé un arsenal de barrières réglementaires à l’entrée dans des secteurs clés et contrôle la majeure partie du financement privé au sein de l’économie. La loi perpétue également une pratique risquée, en vigueur depuis des années, consistant à emprunter auprès de la Banque centrale à un taux d’intérêt de 0 % sans générer une croissance proportionnelle à l’endettement, ce qui menace d’alimenter l’inflation.
Malgré l’absence de réformes structurelles, le budget de l’État pour 2026 prévoit une croissance de 3,3 % sur l’année, un chiffre supérieur aux 2,1 % anticipés par le Fonds monétaire international (FMI), ce qui représente un écart significatif. Une croissance plus faible signifie moins de ressources pour l’État afin de répondre à des besoins sociaux croissants en pleine crise du coût de la vie.
Le budget table également sur un prix du pétrole avoisinant les 60 dollars le baril, une hypothèse mise à mal par la flambée des coûts de l’énergie consécutive à la guerre en Iran. Le prix a dépassé les 100 dollars le baril à plusieurs reprises cette année et s’établissait autour de 90 dollars le baril au 29 juillet.
La Tunisie reste un pays importateur d’énergie pratiquant des subventions énergétiques ; la hausse imprévue du prix du pétrole alourdira sa facture d’importation, entamant ainsi ses précieuses réserves de devises (dollars et euros) nécessaires au règlement des importations essentielles auprès de ses partenaires commerciaux. Cette hausse des prix pétroliers augmentera également les dépenses de l’État consacrées aux subventions énergétiques afin de maintenir la stabilité des prix des hydrocarbures sur le marché intérieur. La hausse des prix, supérieure aux prévisions, entraînera un creusement des déficits budgétaires, un besoin accru d’emprunt et, potentiellement, une pression croissante pour réduire les dépenses afin de remédier aux déséquilibres budgétaires.
L’inflation mondiale découlant de la guerre impliquant l’Iran menace également d’éroder les envois de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger ; ces transferts constituent une source essentielle de devises pour les importations et représentaient 30 % des réserves en 2024. Le conflit suscite de vives inquiétudes quant à l’inflation en Europe — où vit la majeure partie de la diaspora tunisienne — ce qui pourrait entraîner une baisse de ces transferts de fonds.
Le secteur du tourisme, autre source majeure de devises, est lui aussi exposé à des risques. Malgré les assurances du gouvernement affirmant que le tourisme tunisien n’était pas affecté par le conflit régional, les premiers indicateurs font état d’un ralentissement et d’une baisse des réservations.
Les tensions sur les devises compromettent la capacité de la Tunisie à importer des produits de première nécessité — notamment des denrées alimentaires, des médicaments et de l’énergie — et pourraient provoquer des pénuries comparables à celles observées en 2023.
Les signes de telles restrictions sont déjà manifestes. En mars, la Banque centrale de Tunisie a émis de nouvelles directives visant à limiter les importations afin de préserver ses réserves limitées de dollars et d’euros. Ces directives stipulent que les importations de produits «non essentiels» — tels que les vêtements, le dentifrice et le papier toilette — doivent être réglées au comptant et non à crédit. Cette décision a été critiquée par des organisations influentes comme la Conect, qui représente les employeurs et les entreprises ; celle-ci a qualifié ces directives d’obstacle potentiel à la croissance.
De son côté, Alert, une organisation luttant contre les monopoles en Tunisie, a averti que ces mesures risquaient d’ancrer davantage les pratiques monopolistiques dans le secteur de l’import-export, les grandes entreprises disposant plus facilement de liquidités que les petites.
Ces restrictions à l’importation menacent d’aggraver les pénuries actuelles de médicaments, de denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité.
Fissures naissantes entre la présidence et le parlement
Parallèlement à la montée des pressions économiques, le gouvernement de Saïed fait face à des tensions politiques croissantes. L’Assemblée, qui était étroitement alignée sur Saïed à la suite des élections législatives de 2022, est de plus en plus en désaccord avec le gouvernement sur les questions économiques. En avril 2025, elle a refusé d’approuver un emprunt, invoquant le manque de clarté quant à ses retombées. Lors de l’examen de la loi de finances pour 2026, l’Assemblée a rejeté certaines propositions du ministère des Finances et en a adopté d’autres tout en émettant de vives réserves. Le ministre des Finances a même quitté une séance parlementaire après une vive altercation avec certains députés.
Lors des débats sur des contrats de concession controversés dans le domaine de l’énergie solaire, plusieurs députés ont dénoncé ces textes, les qualifiant tour à tour de dangereux, coloniaux, humiliants et contraires à la souveraineté énergétique. En réaction à cette levée de boucliers et avant le vote sur ces concessions, le président Saïed a limogé le ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie ainsi que le directeur général de l’Électricité et des Énergies renouvelables, bien que tous les contrats aient finalement été adoptés.
Plus récemment, à la suite de coupures massives d’électricité et d’eau survenues en juillet, le Parlement a tenu une séance le 27 juillet pour débattre de la situation ; les députés y ont critiqué la conjoncture ainsi que l’absence de réaction officielle du gouvernement. Ils ont également reproché au gouvernement son absence lors de cette séance, bien qu’un député ait précisé que l’Assemblée n’avait adressé aucune invitation ou convocation officielle au gouvernement pour y participer.
Ces tensions ne doivent pas être interprétées comme une rupture franche avec Kaïs Saïed. L’Assemblée continue de donner la priorité à bon nombre de ses réformes clés — celles qu’il qualifie de «révolution législative» et qui ont profondément restructuré l’arsenal juridique tunisien — et de les adopter. Il convient plutôt de voir dans ces tensions une tentative de l’Assemblée de se démarquer quelque peu de Saïed, dont le bilan économique est jugé insuffisant, alors même que la Tunisie se dirige vers les élections législatives de 2027.
Ces tensions dépassent le cadre politique pour s’étendre à l’espace civique dans son ensemble.
Les boucs émissaires, anciens comme nouveaux
Face à la montée des tensions économiques et politiques, le gouvernement tente de reproduire la stratégie qu’il a appliquée avec succès en 2023 : désigner des boucs émissaires.
Saïed continue d’évoquer de mystérieux saboteurs sans jamais les nommer. Il persiste à sacrifier des membres de son gouvernement pour apaiser la colère populaire, comme en témoigne le limogeage d’un ministre mentionné plus haut. Ses partisans — qu’ils siègent à L’Assemblée, soient présents sur le terrain ou actifs sur les réseaux sociaux — continuent de présenter les migrants subsahariens en situation irrégulière comme un fardeau pour les ressources économiques et une menace pour la sécurité nationale. Le conflit qui l’oppose depuis des années à la principale centrale syndicale du pays, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), s’est intensifié au cours de l’année écoulée. Parallèlement, la répression à l’encontre de la société civile — dont les acteurs sont perçus par Saïed comme des agents de l’ingérence étrangère — s’est accentuée ces derniers mois : les autorités suspendent des organisations, engagent des poursuites pour obtenir leur dissolution définitive et emprisonnent militants, journalistes, magistrats et même des députés dissidents.
La vague d’enquêtes pénales la plus récente vise des fonctionnaires chargés du dossier de l’électricité. Cette initiative, couplée aux déclarations du président qualifiant ces coupures d’«événements inhabituels» et affirmant que «l’État ne restera pas les bras croisés face à quiconque cherche à harceler les citoyens et à attiser les tensions», semble viser à présenter ces perturbations majeures comme le fruit d’un complot contre le pays.
Cette interprétation contredit les déclarations du syndicat de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), qui attribue les coupures à une hausse de la demande dépassant les capacités de production lors de la récente vague de chaleur. Le défi de répondre à la demande en électricité est aggravé par le manque d’investissements dans la production, la dernière grande centrale électrique ayant été inaugurée en 2019.
Pour expliquer ce déficit d’investissement, certains experts pointent du doigt l’insuffisance des ressources allouées par l’État, le non-paiement intégral par le gouvernement et les entreprises publiques de leurs dettes envers la Steg pour leur consommation d’électricité, ainsi que le défaut de paiement par le gouvernement des subventions universelles à l’électricité accordées aux citoyens.
Tout comme en 2023, cette répression vise à détourner l’attention des problèmes économiques chroniques et à vider l’espace politique et civique de toute opposition, laissant Saïed comme seul arbitre des décisions en Tunisie et unique interlocuteur pour les partenaires internationaux du pays.
La diplomatie tunisienne en quête d’alliances internationales
En contraste avec les divisions internes, la Tunisie intensifie sa coopération et ses emprunts financiers auprès de plusieurs partenaires internationaux.
À l’échelle régionale, la Tunisie poursuit son rapprochement avec l’Algérie, ayant signé fin 2025 plus de vingt accords de coopération dans des domaines variés, dont un accord controversé de coopération militaire. Récemment, lors d’une interview, le président algérien a tenu des propos fermes liant la sécurité des deux pays et réaffirmant l’engagement de l’Algérie à défendre la Tunisie contre le terrorisme.
Les relations avec la Libye semblent également s’être intensifiées, marquées par une rencontre de haut niveau entre le Premier ministre tunisien et le président du Parlement libyen, la signature d’un nouveau protocole d’accord sur la coopération en matière de marché du travail, ainsi que l’annonce de projets concernant une nouvelle liaison maritime et la gestion partagée d’une nappe phréatique commune.
Ces initiatives témoignent de la volonté de la Tunisie de s’affirmer comme un partenaire actif en Afrique du Nord, s’assurant ainsi un accès privilégié aux ressources énergétiques de ses deux voisins riches en hydrocarbures.
La Tunisie a par ailleurs renforcé ses liens avec ses partenaires de l’autre rive de la Méditerranée ainsi qu’avec les institutions financières internationales. Cela s’est traduit par l’octroi de nouveaux prêts — notamment de la part de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), de la Banque européenne d’investissement (BEI), de la Banque mondiale (BM) et de la Banque africaine de développement (BAD)— par le renforcement des accords euro-tunisiens et par la mise à jour de la coopération migratoire avec l’Italie.
Une grande partie de ces financements vise à stabiliser le pays et à réduire la migration irrégulière, la Tunisie étant à la fois un pays d’origine et un pays de transit.
Toutefois, les retombées des récentes concessions dans le secteur de l’énergie solaire démontrent clairement que, sans adhésion de l’opinion publique, les financements internationaux risquent de susciter une levée de boucliers et de ne pas apporter de réponse aux tensions sociales et politiques.
Dans le domaine des énergies renouvelables, et bien que celles-ci soient indispensables à la sécurité énergétique du pays, la population a le sentiment que le gouvernement et le parlement offrent des contrats avantageux à des investisseurs étrangers et mettent en place un câble sous-marin pour exporter de l’électricité vers l’Italie, alors même que les entreprises tunisiennes peinent à opérer dans un contexte difficile et que le pays subit des coupures de courant à répétition.
Sortir de la crise pour aller vers la prospérité
Malgré l’intensification du soutien financier international, le statu quo politique et social en Tunisie demeure extrêmement fragile.
Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale.
Sur le plan intérieur, il est nécessaire de faire preuve de plus de sérieux pour identifier et démanteler les structures qui entravent la concurrence et perpétuent les monopoles, notamment les coûts élevés des prêts à l’investissement ainsi que les barrières administratives complexes et changeantes qui freinent la création et la gestion d’entreprises. Ces mesures permettraient aux petites et moyennes entreprises — véritables moteurs d’une croissance économique durable — de mieux accéder aux opportunités commerciales et aux financements.
Le gouvernement doit également rétablir sa crédibilité auprès de la population en investissant judicieusement dans les infrastructures et les dépenses sociales afin de répondre aux besoins des citoyens. Enfin, il doit mettre un terme à toutes les pratiques répressives contre-productives qui n’ont fait qu’attiser la colère et le sentiment de dépossession au sein de la population.
De leur côté, les alliés internationaux de la Tunisie doivent réorienter le financement pour s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière : les problèmes structurels du pays et l’insuffisance des dépenses sociales. Les initiatives de coopération économique, y compris dans le secteur de l’énergie, doivent susciter l’adhésion du public en faisant preuve d’une plus grande transparence concernant la propriété des projets, les tarifs, les créations d’emplois prévues, les recettes publiques et l’impact environnemental. En l’absence de transparence et de redevabilité, les risques de rejet et de tensions continueront de s’accumuler.
Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale. Seules des réformes structurelles profondes, un nouveau contrat social et un retour à un contexte démocratique et ouvert permettront d’apaiser la colère sociale actuelle et de bâtir une économie stable, durable et inclusive, capable de répondre aux besoins fondamentaux de la population.
Traduit de l’anglais.
* Responsable du programme «Économies inclusives» au sein de Tahrir institute for Middle East Policy. (Timep).
Un total de 309 demandes relatives à l’installation de projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque a été accepté, dans le cadre du sixième round du régime des autorisations, a fait savoir, vendredi, le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.
L’annonce du ministère intervient suite à l’achèvement du processus d’évaluation des demandes relatives à l’installation de projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque parvenues au ministère jusqu’au 30 juin 2026.
Les projets approuvés représentent une puissance globale de 455 mégawatts (MW). Il s’agit de 187 projets de 1 MW, 119 projets de 2 MW et de 3 projets de 10 MW.
Le ministère a indiqué que l’intégralité des résultats est accessible directement sur son site.
Le régime des autorisations régit la réalisation de projets de moyenne taille d’une puissance inférieure aux seuils fixés par l’article 14 du décret n°2016-1123 à savoir 10MW pour le solaire, 30MW pour l’éolien, 15MW pour la biomasse et 5MW pour les autres sources d’ER.
Institué pour encourager la production indépendante d’électricité verte, ce régime permet aux investisseurs privés et industriels de construire des centrales photovoltaïques (de 1 à 10 MW) et de vendre l’intégralité de la production à la STEG.
Elle était arrivée au pouvoir comme le visage de la droite radicale italienne. Quatre ans plus tard, Giorgia Meloni s’est imposée comme le symbole d’une stabilité politique presque inédite dans un pays habitué aux gouvernements éphémères. Comment, diable, cette femme de 49 ans, issue de l’extrême droite, a-t-elle réussi là où tant de premiers ministres italiens se sont cassé les dents ?
Le paradoxe est saisissant. L’Italie a longtemps été considérée comme l’incarnation de l’instabilité gouvernementale européenne. Depuis la naissance de la République en 1946, le pays aura connu 68 gouvernements et 31 présidents du Conseil. La durée moyenne d’un gouvernement n’avait guère dépassé quatorze mois. Un record en Europe.
Et pourtant, Giorgia Meloni a réussi l’exploit de maintenir intacte sa coalition depuis son arrivée au Palazzo Chigi en octobre 2022. Le 4 septembre 2026, son gouvernement est devenu le plus durable de l’histoire républicaine italienne, avec plus de 1 413 jours au pouvoir, dépassant ainsi le précédent record détenu par Silvio Berlusconi.
Quelle est la recette de cette longévité hors norme ? Une combinaison de discipline politique, de pragmatisme idéologique et de maîtrise de la communication.
Discipline
Primo : son gouvernement repose sur une alliance pour le moins contre nature entre Fratelli d’Italia, Forza Italia et LaLigue de Matteo Salvini. Un attelage qui, sur le papier, semblait difficile à maintenir sur la durée tant les trois formations, bien qu’issues de la droite, affichent des sensibilités, intérêts et autres stratégies parfois divergents.
Sachant que La Ligue de Salvini a longtemps cultivé une ligne souverainiste et une certaine proximité avec les positions de Vladimir Poutine. Forza Italia, héritière de Silvio Berlusconi, reste davantage attachée à une culture libérale, européenne et atlantiste. C’est pourtant cette coalition hétéroclite que Giorgia Meloni est parvenue à maintenir en équilibre. Une prouesse politique dans un pays où les rivalités au sein des coalitions ont souvent précipité la chute des gouvernements. Et c’est précisément cette capacité à éviter les affrontements existentiels avec ses partenaires qui a permis à la coalition de survivre.
Pragmatisme
Secundo : lorsque Giorgia Meloni accède au pouvoir en 2022, une partie de l’Europe regarde Rome avec inquiétude, voire avec suspicion. Et il y a de quoi : comment composer avec cette nouvelle dirigeante au parcours politique marqué par ses racines post-fascistes, dont l’ascension s’est construite sur un discours souverainiste, une ligne dure sur l’immigration et une critique assumée de certaines orientations de Bruxelles ?
Mais arrivée au pouvoir, la nouvelle présidente du Conseil italien a rapidement compris qu’il fallait rassurer sans renier son identité, gouverner avec ses alliés sans les laisser prendre le dessus, parler aux marchés sans abandonner son électorat et s’imposer à Bruxelles sans entrer en guerre avec l’Europe. Bref, il fallait rassurer trois interlocuteurs essentiels : les marchés financiers, Bruxelles et Washington.
Ainsi, sur le plan financier, même si la croissance reste faible – la Commission européenne prévoit une progression du PIB de seulement 0,5 % en 2026 et 0,6 % en 2027 -, et en dépit d’une dette publique qui demeure extrêmement élevée et devrait atteindre 139,2 % du PIB en 2027, le gouvernement Meloni a réussi à donner aux marchés financiers l’impression d’une certaine discipline budgétaire. Le déficit public devrait passer de 3,1 % du PIB en 2025 à 2,9 % en 2026.
Meloni peut également mettre en avant l’amélioration de l’emploi. Son gouvernement revendique plus d’un million de nouveaux emplois stables depuis son arrivée au pouvoir, même si l’opposition conteste la lecture politique de ces chiffres.
Avec l’Union européenne, elle a adopté une stratégie beaucoup plus pragmatique qu’idéologique. Plutôt que d’affronter frontalement Bruxelles, elle a cherché à peser à l’intérieur du système européen.
Enfin, avec Washington, Giorgia Meloni a réussi à établir une relation privilégiée avec Donald Trump en combinant proximité idéologique, habileté diplomatique et pragmatisme politique ; les deux dirigeants partagent une même sensibilité sur l’immigration, la souveraineté nationale et les valeurs conservatrices… ce qui a rapidement favorisé leur rapprochement.
Meloni a surtout compris qu’avec Trump, la relation personnelle compte autant que les rapports de force diplomatiques. En privilégiant le dialogue et en évitant les affrontements publics, elle a gagné la confiance du président américain sans renoncer pour autant aux intérêts italiens.
Cette proximité sert d’ailleurs les deux dirigeants. Trump voit en Meloni une alliée européenne fiable et capable de parler à Bruxelles. Meloni, elle, utilise son accès privilégié à Washington pour renforcer le poids de l’Italie sur la scène européenne.
Maîtrise de la communication
Tertio : Giorgia Meloni a fait de la communication une véritable arme politique. Son premier atout ? Un langage simple, direct et facilement identifiable, qui lui permet de parler à son électorat sans passer par les codes traditionnels de la politique.
Elle soigne également son image, cultivant une proximité calculée avec les Italiens, tout en multipliant les apparitions sur les réseaux sociaux. Meloni sait surtout imposer ses propres thèmes et transformer chaque prise de parole en séquence politique. Même lorsqu’elle est critiquée, elle cherche à reprendre l’initiative et à occuper l’espace médiatique. Une stratégie qui lui permet de rester visible, lisible et politiquement incontournable. Du grand art.
Selon plusieurs responsables américains au fait du dossier, les États-Unis auraient perdu au moins 25% de leur flotte de drones MQ-9 Reaper, des engins qui coûtent entre 30 et 50 millions de dollars. Une perte colossale qui s’élève à plus de 1,3 milliard de dollars pour ce seul système d’armes.
Habib Glenza
Le drone Reaper est principalement utilisé pour la surveillance ainsi que les frappes ciblées. Selon l’armée américaine, son coût varie entre 30 et 50 millions de dollars selon le type de capteur et d’armements embarqués.
Ces engins ont été largement utilisés dans le détroit d’Ormuz. Néanmoins, ces appareils volent lentement et souvent à basse altitude. Ces contraintes en font des cibles relativement faciles pour l’armée iranienne et ses alliés régionaux au Yémen et en Irak.
Un responsable américain, sous couvert d’anonymat, a indiqué que tous les drones Reaper disparus n’avaient pas été abattus. Un certain nombre se sont écrasés après une rupture de liaison de communication entre leurs opérateurs et ces derniers.
De nombreuses armes comme le Reaper ont été mises à mal par la guerre en Iran et par des années de soutien militaire américain à l’Ukraine dans son conflit avec la Russie.
Un stock considérablement épuisé
Durant le premier mois de la campagne contre l’Iran, les forces américaines ont tiré plus de 850 missiles de croisière Tomahawk et plus de 1.000 missiles Patriot et Thaad (Terminal High Altitude Area Defense), réduisant considérablement les stocks d’une capacité de frappe à longue portée essentielle et des systèmes de défense aérienne les plus demandés par l’armée, comme l’a rapporté le Washington Post.
Alors que les tensions avec Téhéran restent vives, ces pénuries ont limité les options militaires du président Donald Trump. Certains commandants américains ont été contraints de modifier leurs tactiques défensives et de conserver des missiles en réserve.
Le Pentagone a de son côté démenti les informations selon lesquelles ses stocks d’armes seraient épuisés. L’administration du président américain a demandé au Congrès des dizaines de milliards de dollars de financement pour compenser les coûts engendrés par la guerre en Iran et reconstituer les stocks.
Avant le début du conflit, l’armée comptait 185 drones Reaper selon les données budgétaires publiques et les différentes armées. Ces appareils opèrent principalement dans la zone Asie-Pacifique.
En mai, le lieutenant-général David Tabor, un officier supérieur de l’armée de l’air au Pentagone, s’est dit préoccupé, indiquant que le nombre de drones restant était tombé à environ 135.
Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie vient de trancher: sur les dossiers déposés jusqu’au 30 juin 2026 pour le sixième round du régime des autorisations, 309 projets photovoltaïques ont obtenu le feu vert, pour une puissance cumulée de 455 mégawatts.
Le portefeuille validé compte trois paliers: 187 unités de 1 MW, 119 de 2 MW et un noyau restreint de 3 projets calés sur le plafond maximal de 10 MW que le décret n°2016-1123 autorise pour le solaire dans ce cadre réglementaire.
Le même texte encadre aussi les autres filières vertes, avec des seuils qui grimpent à 30 MW pour l’éolien et 15 MW pour la biomasse, contre 5 MW seulement pour le reste des énergies renouvelables. Les sites retenus s’étalent d’ailleurs sur une bonne partie du territoire, de Gafsa à Nabeul en passant par Tataouine, Kébili, Sfax ou Kairouan.
455 MW sur le papier, pas encore sur le réseau
Il faut garder à l’esprit une nuance: ces 455 MW ne sont pour l’heure qu’une capacité autorisée, pas une production installée. Encore faut-il que les porteurs de projets bouclent le financement, la construction, puis le raccordement effectif au réseau de la STEG avant que cette puissance ne se traduise en électricité réellement livrée.
Pour les PME et investisseurs tunisiens, ce régime des autorisations reste l’une des portes d’entrée les plus accessibles de la transition énergétique: plafonds de puissance modérés, procédure allégée, débouché commercial garanti auprès de la STEG.
Avec 309 lauréats en une seule vague, cette dynamique confirme que le photovoltaïque de petite et moyenne puissance s’impose comme un segment d’investissement mûr, ouvert aussi bien aux industriels qu’aux porteurs de projets régionaux.
La circulaire gouvernementale n°05 du 2 septembre 2026 impose de nouvelles obligations de cybersécurité aux administrations et entreprises publiques. Elle prévoit notamment l’authentification multifacteur (MFA), l’hébergement auprès d’opérateurs agréés, l’utilisation du protocole HTTPS, un audit annuel de sécurité et le signalement immédiat des incidents. Elle interdit également la transmission de documents administratifs via les applications de messagerie ou les réseaux sociaux et réserve les échanges officiels aux courriels institutionnels en « .tn ».
Le MFA devient obligatoire
L’une des principales mesures concerne l’authentification multifacteur, qui doit renforcer la protection des accès aux systèmes et services numériques publics.
Concrètement, l’identifiant et le mot de passe ne doivent plus constituer l’unique barrière d’accès. Les administrations devront donc disposer des outils permettant aux agents d’utiliser un second facteur d’authentification.
Cette obligation implique un effort technique, mais aussi organisationnel, notamment pour les structures qui ne disposent pas encore d’une infrastructure adaptée.
Fin du partage de documents par les messageries
La circulaire entend également mettre fin à une pratique devenue courante : l’échange de documents administratifs via les applications mobiles de messagerie et les réseaux sociaux.
Les documents officiels devront désormais transiter par les canaux institutionnels prévus à cet effet, notamment les adresses électroniques nationales en « .tn ».
La mesure concerne directement les habitudes de travail des agents publics, en particulier lorsqu’ils échangent rapidement des fichiers ou des documents depuis leur téléphone. Sa mise en œuvre nécessitera donc des consignes claires et des moyens permettant de disposer d’alternatives sécurisées.
Hébergement et protection contre les attaques
Les services numériques concernés devront être hébergés auprès d’opérateurs agréés et utiliser le protocole HTTPS afin de sécuriser les communications.
La circulaire prévoit également une protection contre les attaques par déni de service distribué (DDoS), qui peuvent rendre une plateforme publique indisponible en la saturant de requêtes malveillantes.
L’objectif est donc de protéger à la fois les données, les accès et la continuité des services publics numériques.
Un audit chaque année
Autre obligation : les organismes concernés devront réaliser un audit annuel de sécurité informatique.
Cette disposition doit permettre d’identifier régulièrement les vulnérabilités et de corriger les failles avant qu’elles ne soient exploitées. Elle pourrait toutefois représenter une charge supplémentaire pour les administrations qui ne disposent pas de compétences spécialisées en interne et devront recourir à des prestataires.
Le point décisif : l’application
Le texte fixe désormais un cadre plus strict, mais son efficacité dépendra de sa traduction sur le terrain.
Plusieurs questions restent à préciser : quel calendrier pour la mise en conformité ? Quels budgets seront consacrés au déploiement du MFA, aux audits et à la protection des infrastructures ? Quels organismes contrôleront l’application des nouvelles règles ? Et quelles mesures seront prises en cas de non-respect ?
Pour les agents publics comme pour les prestataires informatiques, la circulaire marque en tout cas un changement important : la cybersécurité devient une obligation de fonctionnement des services publics numériques, avec des règles précises concernant les accès, les échanges de documents, l’hébergement, la surveillance et la gestion des incidents.
L’Instance administrative régionale de l’UGTT à Tunis s’est réunie, vendredi 4 septembre 2026, pour examiner la situation économique et sociale ainsi que plusieurs questions liées à l’activité syndicale.
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, la structure régionale évoque notamment l’évolution du pouvoir d’achat, les prix, l’approvisionnement de certains produits et le fonctionnement de plusieurs services publics.
L’instance régionale formule également plusieurs demandes concernant des syndicalistes licenciés ou faisant l’objet de procédures judiciaires.
Elle réaffirme par ailleurs son attachement au dialogue, à la négociation collective et au respect des droits syndicaux.
Une éventuelle mobilisation
La structure régionale indique qu’elle est disposée à participer aux actions qui pourraient être décidées par les instances nationales de l’UGTT.
Elle demande également à la direction nationale d’examiner la mise en œuvre de la décision de grève générale et indique être prête à organiser des actions au niveau régional, selon les décisions qui seront prises.
Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigationAlqatiba(الكتيبة), est l’un des meilleurs journalistes de sa génération.Il est réputé pour sa rigueur professionnelle et sa liberté de ton. On comprend dès lors que son arrestation et son placement en garde à vue, le vendredi 4 septembre 2026, ait suscité une vague d’indignation et des interrogations sur les motivations d’une telle décision où beaucoup ont vu une volonté du régime de faire taire une voix jugée trop libre.
Mohamed Yousfi a été interpellé par la Brigade nationale d’El Gorjani alors qu’il s’apprêtait à intervenir sur Express FM pour présenter une enquête d’Alqatiba sur les politiques hydrauliques en Tunisie.
Alqatiba est un média en ligne indépendant et un magazine d’investigation tunisien spécialisé dans le journalisme de données et la presse d’enquête.
Fondé en 2019, le média est géré par l’organisation non gouvernementale Taqallam pour la liberté d’expression et de création (تكلّم من أجل حرية التعبير والإبداع), basée à Tunis. Il se positionne comme une plateforme alternative axée sur la transparence, les droits de l’homme, la gouvernance, le climat et la justice sociale et fiscale.
Selon les premières informations, Mohamed Yousfi serait visé par une information judiciaire du Pôle judiciaire économique et financier. Il serait soupçonné d’entente pour nuire aux personnes et aux biens, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent liés à des flux financiers associatifs de son média d’investigation. Mais la réputation du journaliste, ses positions critiques à l’égard du pouvoir entourent son arrestation d’un soupçon de règlement de compte politique dans un contexte où, selon beaucoup d’organisations nationales et internationales, les droits et les libertés sont de plus en plus bafoués et réprimés dans le pays.
Rappelons, dans ce contexte, que plusieurs journalistes et chroniqueurs sont en prison depuis plusieurs années, condamnés dans des affaires similaires où la ligne de démarcation entre la liberté d’expression et le blanchiment d’argent est difficile à établir, tels Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies et Zied El Heni. D’autres ont fait de la prison avant de retrouver une liberté somme provisoire telles Chadha Hadj Mbarek et Sonia Dahmani. Khaoula Boukrim, quant à elle, a eu le temps de s’exiler en France. Elle a été condamnée par contumace à quatre ans de prison ferme.
La carte du monde telle que nous la connaissons pourrait progressivement changer. Soutenue par les 55 États membres de l’Union africaine, l’initiative « Correct the Map » veut remettre en question l’utilisation systématique de la projection de Mercator, qui déforme fortement les superficies réelles des continents, notamment celle de l’Afrique.
Le projet de résolution A/80/L.104, porté par le Togo au nom du Groupe africain, a été soumis ce vendredi 4 septembre à l’Assemblée générale des Nations unies. Il vise à « rééquilibrer la représentation cartographique mondiale » et à promouvoir une représentation plus équitable des différentes régions du monde, particulièrement de l’Afrique.
Pourquoi Mercator déforme-t-elle l’Afrique ?
Conçue au XVIe siècle par le cartographe Gerardus Mercator, cette projection répondait avant tout aux besoins de la navigation maritime. Elle permet notamment de conserver les angles et de représenter une route à cap constant par une ligne droite.
Mais cette propriété entraîne une importante déformation des superficies : plus les territoires sont éloignés de l’équateur, plus ils paraissent grands.
L’exemple le plus spectaculaire est celui du Groenland. Sur une carte de Mercator, il semble presque aussi vaste que l’Afrique alors que le continent africain est, en réalité, environ 14 fois plus grand.
C’est précisément cette perception que l’initiative africaine souhaite corriger. Ses promoteurs estiment que la représentation répétée d’une Afrique visuellement réduite peut influencer la manière dont sa place dans le monde est perçue.
Les 55 pays de l’Union africaine derrière l’initiative
L’initiative bénéficie du soutien des 55 États membres de l’Union africaine. Le Togo a été mandaté en avril 2025 pour la porter devant les Nations unies.
« Correct the Map » ne demande toutefois pas la disparition pure et simple de Mercator, qui conserve son utilité pour certains usages, notamment la navigation. L’objectif est plutôt de favoriser des projections respectant davantage les superficies lorsqu’il s’agit de représenter le monde dans son ensemble.
La démarche pourrait notamment concerner à terme les cartes utilisées par les institutions internationales, les médias, les plateformes numériques, les publications et les systèmes éducatifs.
La France passe à Eckert IV
Le mouvement africain vient d’obtenir un soutien particulièrement symbolique en Europe. La France a annoncé ce vendredi l’abandon de Mercator pour ses cartes du monde au profit de la projection Eckert IV.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a expliqué que les déformations cartographiques finissent par influencer les perceptions et qu’il était désormais temps de les corriger.
Eckert IV restitue beaucoup plus fidèlement les superficies relatives. Conséquence immédiatement visible : l’Afrique apparaît beaucoup plus grande relativement à l’Europe, à l’Amérique du Nord ou à la Russie.
Il faut toutefois distinguer le choix français de celui défendu par la campagne africaine : Paris privilégie Eckert IV, tandis que « Correct the Map » promeut notamment la projection Equal Earth. Les deux répondent cependant à la même volonté de mieux respecter les superficies réelles.
Une carte du monde aussi politique
Derrière une question apparemment technique se trouve donc un débat sur la représentation du monde. Les promoteurs de « Correct the Map » considèrent que les cartes peuvent contribuer à façonner les perceptions collectives du poids des continents.
Si la démarche se traduit progressivement dans les usages institutionnels et éducatifs, la carte du monde familière à plusieurs générations pourrait donc sensiblement changer d’apparence.
L’Assemblée générale des Nations unies avait inscrit l’examen de « Correct the Map » à sa 114e séance plénière de ce vendredi 4 septembre.
A la suite des verdicts du procès du complot contre la sûreté de l’Etat, le porte-parole de l’Union européenne a réagi dans un communiqué, dont voici le contenu complet.
« L’Union européenne a pris acte avec préoccupation des verdicts confirmés par la Cour de cassation tunisienne le 3 septembre dans le procès dit du « complot contre la sûreté de l’État », qui a conduit à de longues peines de prison pour des dizaines de personnalités politiques, d’activistes, défenseurs des droits de l’homme et de journalistes, dont des citoyens de l’Union européenne.
Certaines interrogations subsistent quant au plein respect des garanties liées à un procès équitable. Comme elle le fait régulièrement dans ses échanges avec les autorités tunisiennes, l’UE réitère l’importance de garantir le plein respect des droits de l’homme, y compris la liberté d’expression, et le respect du droit à un procès équitable.
L’Union européenne déplore que des contacts avec des diplomates accrédités en Tunisie, y compris européens, aient été utilisés comme motif d’inculpation ou élément à charge.
L’Union européenne réaffirme son engagement en faveur de son partenariat avec la Tunisie et continuera à soutenir son peuple dans les efforts pour consolider les institutions démocratiques et promouvoir les droits de l’homme. Nous appelons les autorités tunisiennes à rétablir les conditions nécessaires pour que le pluralisme et les voix indépendantes puissent contribuer au développement du pays ».
Une série de campagnes de contrôle sanitaire dans les marchés et les points de vente de fournitures scolaires a été lancé, à Kébili, par les équipes du service régional d’hygiène du milieu, relevant de la direction de l’hygiène du milieu et de la protection de l’environnement (DHMPE), rattachée à la direction régionale de la santé.
Ces opérations visent à vérifier la sécurité et la qualité des fournitures scolaires ainsi que des jouets destinés aux jardins d’enfants, et à garantir la santé et la sécurité des élèves et de l’ensemble des consommateurs, a indiqué le sous-directeur de la direction des soins de santé de base (DSSB) à la direction régionale de la santé, Ali Tabbal.
Dans une déclaration à l’Agence TAP, le responsable a précisé que ces campagnes, lancées depuis le 31 août dernier et qui se poursuivront jusqu’à la fin du mois de septembre, ont permis de saisir des quantités de fournitures scolaires non conformes à la réglementation en vigueur.
Il a également indiqué que les équipes de médecine scolaire ont assuré, durant la période estivale, les examens médicaux nécessaires pour les élèves qui intégreront pour la première fois l’enseignement primaire. Elles ont également effectué environ 80 examens médicaux pour les nouveaux étudiants et sont pleinement disposées à achever les autres examens médicaux ainsi qu’à administrer les vaccinations nécessaires aux élèves dès le lancement de cette opération dans les différents établissements éducatifs de la région.
Il a ajouté que, dans le cadre de l’orientation vers l’adoption d’un système informatique pour le dossier scolaire, communément appelé numérisation du dossier scolaire, un nombre suffisant de cadres a été formé afin de garantir la réussite de cette démarche. Celle-ci permettra notamment d’assurer le suivi de l’état de santé des élèves tout au long de leur parcours scolaire.