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Quand trouver devient plus important que choisir : La Tunisie bascule dans une économie de pénuries ?

22. August 2026 um 15:54

Eau, électricité, eau minérale, médicaments, produits alimentaires subventionnés… Après les files d’attente observées devant les stations-service ces derniers jours, une question s’impose dans le débat public : la Tunisie est-elle en train de basculer vers une économie où la rareté devient une donnée ordinaire du quotidien ? L’expression est forte. La réalité, elle, mérite d’être analysée avec davantage de précision.

Les longues files de voitures devant certaines stations-service du Grand Tunis ont ravivé une inquiétude désormais familière. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont immédiatement vu dans ces images l’annonce d’une nouvelle pénurie : après l’eau, l’électricité, l’eau minérale ou certains médicaments, le carburant allait-il rejoindre la liste des produits et services devenus difficiles à obtenir ?

Le diagnostic doit pourtant être nuancé. Dans le cas du carburant, il ne s’agissait pas, à ce stade, d’une pénurie nationale de produits pétroliers. La perturbation est née d’une grève surprise des chauffeurs de camions de transport de carburant dans la zone pétrolière de Radès, qui a momentanément bloqué la distribution vers les stations-service. La grève a ensuite été levée et l’approvisionnement a repris. Mais les files ont parfois persisté, notamment en raison du retard dans la normalisation de la distribution et de la ruée des automobilistes vers les pompes.

C’est précisément là que se trouve l’un des aspects les plus intéressants du phénomène actuel : une perturbation ponctuelle suffit désormais à déclencher une réaction collective de stockage, de précaution et parfois de panique.

Le problème n’est pas seulement la pénurie, mais l’anticipation de la pénurie

Les économistes distinguent généralement la pénurie physique — lorsque l’offre est réellement insuffisante — des difficultés de disponibilité provoquées par la distribution, la spéculation, le stockage, les défaillances logistiques ou les comportements d’achat exceptionnels.

Or, en Tunisie, ces différentes situations semblent aujourd’hui se superposer dans l’imaginaire collectif.

Lorsqu’un Tunisien voit une station-service avec une file d’attente, son réflexe n’est plus nécessairement de se dire qu’il attendra demain. Il peut décider de remplir immédiatement son réservoir. Lorsqu’un produit manque dans un magasin, le consommateur peut en acheter davantage dès qu’il réapparaît. Ce comportement, individuellement rationnel, peut collectivement aggraver le déséquilibre : la peur de la pénurie produit une demande supplémentaire et contribue elle-même à vider les stocks disponibles.

Autrement dit, la Tunisie ne vit pas nécessairement une pénurie permanente de tout, mais elle semble être entrée dans une période où l’incertitude sur la disponibilité de certains produits essentiels est devenue suffisamment forte pour modifier les comportements.

Une succession de crises qui finit par produire un sentiment de rareté

C’est cette accumulation qui explique l’apparition, sur les réseaux sociaux, de l’expression « économie des pénuries ».

L’eau potable est devenue un sujet récurrent, notamment pendant les périodes de forte chaleur et de stress hydrique. Les coupures et perturbations électriques ont également marqué l’été 2026 dans plusieurs régions. Le marché de l’eau minérale a connu récemment des tensions et des difficultés d’approvisionnement, dans un contexte de forte demande et de problèmes de disponibilité. Les services du contrôle économique ont d’ailleurs annoncé avoir relevé 291 infractions dans le secteur de l’eau minérale et saisi plus de 186 000 litres au cours de la première moitié du mois d’août.

Le secteur de la santé n’est pas épargné. En mars dernier, la présidence du gouvernement a elle-même fait état de pénuries et de ruptures répétées de certains médicaments essentiels et spécifiques, une situation ayant conduit les autorités à examiner des mesures urgentes et une réforme plus profonde du système d’approvisionnement.

À cela s’ajoutent les difficultés périodiques concernant certains produits alimentaires, particulièrement ceux dont les prix sont administrés ou subventionnés : sucre, huiles végétales, dérivés des céréales et autres produits de base.

La liste n’est donc pas imaginaire. Mais elle ne signifie pas que le pays aurait officiellement adopté une « économie des pénuries ».

Une économie des pénuries suppose une organisation durable de la rareté

Historiquement, l’expression « économie de pénurie » renvoie à une situation plus profonde qu’une succession de ruptures d’approvisionnement. Elle désigne généralement un système dans lequel les déséquilibres entre l’offre et la demande deviennent structurels, les prix ne jouent plus pleinement leur rôle d’ajustement et les consommateurs doivent consacrer du temps et de l’énergie à trouver des produits ou des services pourtant ordinaires.

Les files d’attente deviennent alors une institution économique. Le consommateur ne choisit plus seulement entre plusieurs produits ou plusieurs prix : il doit d’abord trouver le produit.

C’est ici que la Tunisie se situe dans une zone intermédiaire. Le pays n’est pas une économie administrativement organisée autour de la rareté. Les marchés fonctionnent, les produits continuent globalement de circuler et les ruptures ne touchent pas en permanence l’ensemble des biens essentiels. Mais plusieurs secteurs présentent des fragilités structurelles qui rendent les tensions répétitives : dépendance aux importations, difficultés financières de certaines entreprises publiques, infrastructures vieillissantes, contraintes hydriques et énergétiques, système de subventions complexe, problèmes logistiques et spéculation.

Lire aussi : Tunisie : Kais Saied dénonce les « cartels » et appelle à lutter contre les pénuries

Le système tunisien de compensation contribue, par exemple, à maintenir des prix accessibles pour plusieurs produits et services essentiels. Depuis des décennies, les pouvoirs publics interviennent directement sur les prix des produits alimentaires de base, des hydrocarbures et de certains médicaments. Mais ce mécanisme peut aussi créer des tensions lorsque le coût réel du produit augmente, que l’approvisionnement est perturbé ou que les circuits de distribution sont détournés. L’OCDE relevait déjà les limites et les effets pervers d’un système de subventions généralisées, notamment les risques de contrebande et de mauvaise allocation des ressources.

Le ministère des Finances continue, pour sa part, de présenter les dépenses de compensation comme un instrument destiné à soutenir le pouvoir d’achat et à stabiliser les prix des produits de base, des carburants et des transports.

Le vrai changement est peut-être dans le comportement des Tunisiens

C’est sans doute le point le plus important du débat. Les textes largement partagé sur les réseaux sociaux parle d’un citoyen qui deviendrait progressivement un « gestionnaire de crise », préoccupé non plus par l’amélioration d’un service mais par la nécessité de le trouver.

L’idée mérite d’être entendue, mais elle doit être formulée sans caricature. Oui, les habitudes de consommation peuvent changer lorsque les ruptures deviennent répétitives. Les ménages développent des stratégies d’adaptation : conserver des réserves, acheter davantage lorsqu’un produit est disponible, multiplier les solutions alternatives, s’informer sur les réseaux sociaux, appeler des proches ou se déplacer vers plusieurs points de vente.

Le temps devient alors lui-même un coût économique. Faire la queue pour acheter du carburant, chercher une pharmacie disposant d’un médicament, stocker de l’eau ou modifier son organisation quotidienne en fonction des coupures n’apparaît pas nécessairement dans les statistiques du PIB. Pourtant, ces heures perdues et cette énergie mobilisée représentent un coût réel pour les ménages et pour l’économie.

Lorsque les perturbations se répètent, le citoyen peut finir par considérer comme normal ce qui devrait rester exceptionnel. Une coupure devient « habituelle », une rupture « prévisible », une file d’attente « ordinaire ». La capacité d’adaptation de la société, qui constitue au départ une force, peut alors avoir un effet paradoxal : elle réduit la pression immédiate créée par la crise parce que chacun finit par trouver, individuellement, ses propres solutions.

Mais attention au raccourci politique

Faut-il pour autant conclure que « personne ne demande plus de comptes » ou que les Tunisiens se seraient résignés à vivre dans la pénurie ?

Ce serait aller trop loin. L’existence d’une forte capacité d’adaptation ne signifie pas l’absence de mécontentement. Les réactions massives sur les réseaux sociaux, les critiques contre la qualité des services publics et les demandes d’explication montrent au contraire que la question reste au cœur du débat.

Le problème est plutôt celui de la transformation de la colère collective en stratégies individuelles de survie quotidienne. Quand la priorité devient de trouver de l’eau, de l’électricité, un médicament ou du carburant, le débat public peut effectivement se déplacer. La question « pourquoi ce service dysfonctionne-t-il ? » risque d’être remplacée, temporairement, par « où puis-je le trouver aujourd’hui ? ».

Ce déplacement est moins une preuve de soumission politique qu’un mécanisme classique de gestion de l’incertitude.

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Tunisie | Le TGV Bizerte-Ben Guerdane verra-t-il, un jour, le jour ?

22. August 2026 um 13:27

A défaut de pouvoir inaugurer de vraies infrastructures qui améliorent la vie des gens ou, tout au moins, allègent leurs souffrances quotidiennes, les autorités tunisiennes se contentent d’annoncer des plans, des stratégies ou des projets dont on sait pertinemment qu’ils ne seront réalisés que dans vingt ou trente ans ou ne seront jamais réalisés. Les effets d’annonce leur tiennent lieu de… bilan.

Dans ce contexte, la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), qui fait face à de lourdes difficultés financières et a du mal à faire circuler convenablement ses vieux trains, a annoncé avoir lancé la phase de faisabilité du corridor ferroviaire nord-sud, pompeusement appelé TGV Bizerte-Ben Guerdane, et des liaisons avec l’Algérie et la Libye.

Cette «première étape concrète» vers la réalisation d’un grand corridor ferroviaire à hautes performances destiné à relier Bizerte, à l’extrême nord du pays, à Ben Guerdane, dans le sud-est, près de la frontière libyenne, selon les termes utilisés par les médias, consiste en la publication d’un avis de présélection de cabinets d’études spécialisés pour la première phase du projet de «corridor ferroviaire Nord-Sud».

On n’en est clairement encore qu’au stade préliminaire de ce projet présenté comme le futur «TGV tunisien», annoncé par le président de la République Kaïs Saïed, lors de sa campagne pour les présidentielles de 2019.

La SNCFT entend donc sélectionner des entreprises et des groupements tunisiens et internationaux spécialisés dans le secteur ferroviaire pour leur confier l’étude de faisabilité ainsi que les premières études d’ingénierie de ce projet.

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 24 septembre à 11 heures, l’ouverture publique des offres devant avoir lieu quinze minutes plus tard.

Le projet s’inscrit dans le cadre des grandes infrastructures stratégiques prévues par le Plan de développement tunisien 2026-2030. L’axe devrait relier Bizerte à Ben Guerdane en desservant les principaux pôles urbains, ports, centres de fret et zones logistiques du pays, avec pour objectif de renforcer les liaisons entre le nord et le sud et d’accroître le rôle du rail dans le transport de marchandises. Une dimension régionale est également envisagée. Vers l’ouest, une connexion avec le réseau algérien en direction d’Annaba est à l’étude via l’axe Tabarka-Nefza-Mateur-Jdeida. Au sud, le corridor pourrait être prolongé jusqu’au poste-frontière de Ras Jedir, à la frontière libyenne, en passant par Mareth et Médenine, avec une bifurcation vers le port de Zarzis.

À terme, ce projet pourrait constituer l’un des principaux axes ferroviaires pour passagers et marchandises du Maghreb.

Cependant, le tracé définitif, les caractéristiques techniques, les coûts et la viabilité économique restent encore à définir : le lancement des travaux n’a pas été décidé et dépendra des résultats des études qui viennent de faire l’objet d’un appel d’offres.

Reste une question : quand les Tunisiens verront-ils la concrétisation et l’inauguration de ce projet ? Dans vingt ou trente ans ? Ou jamais ?

Quand on sait que les premières études relatives au port en eau profondes d’Enfidha remontent aux années 1990 et que, près de trente ans après, ce projet est encore dans les cartons, on est en droit d’esquisser un sourire de scepticisme face aux vaines agitations de ces ronds de cuir de l’administration publique, des incompétents notoires qui croient pouvoir nous berner avec des effets d’annonce qui n’engagent que ceux qui y croient.

I. B.

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La Tunisie, goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie

22. August 2026 um 11:22

L’agitation cyclique autour du Galsi Pipeline, le projet de gazoduc sous-marin algéro-italien censé contourner la Tunisie par la Sardaigne, est l’arme maîtresse d’une guerre psychologique menée contre la Tunisie qui traverse une crise énergétique passagère. Elle vise à persuader l’opinion publique tunisienne que le pays est remplaçable et susceptible d’être soumis à «la sanction énergétique» quitte à «vivre dans le noir» afin de donner un alibi suffisant aux adeptes de la capitulation contractuelle. La présente analyse vise à déconstruire ce narratif de l’effacement par les faits, en démontrant que la Tunisie dispose, au contraire, d’un levier d’interdépendance majeure pour exiger un rééquilibrage global de ses partenariats. (Carte : Principaux gisements d’hydrocarbures au Maghreb et pipelines transméditerranéens).  

Elyes Kasri *

1. La valeur stratégique décuplée du TransMed face aux crises mondiales

Le rôle de pivot énergétique de la Tunisie n’est plus seulement régional, il est devenu névralgique à l’échelle mondiale. La convergence de trois crises géopolitiques majeures a décuplé la valeur stratégique du réseau terrestre trans-tunisien (TransMed) pour l’ensemble du continent européen :

– l’onde de choc de la guerre en Ukraine : la rupture historique et définitive des approvisionnements en gaz russe a privé l’Europe de sa principale source d’énergie fossile. Dans cette quête absolue de diversification, l’Afrique du Nord, et particulièrement l’axe Algérie-Tunisie-Italie, est devenue l’alternative immédiate la plus fiable pour sécuriser l’Europe du Sud et le cœur industriel de l’Union européenne;

– la paralysie des détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz : les tensions militaires dans le golfe d’Aden et le golfe Persique ont gravement compromis la sécurité des routes maritimes globales. Le transit du gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar et d’autres fournisseurs du Golfe par méthaniers est soumis à des goulots d’étranglement permanents, à des détours maritimes pharaoniques (via le Cap de Bonne-Espérance) et à une explosion des coûts d’assurance ;

– le TransMed comme sanctuaire d’approvisionnement : face à l’insécurité des détroits et à la fin du gaz russe, le TransMed s’impose comme une infrastructure géographiquement immunisée contre les crises du Moyen-Orient. Ce pipeline terrestre offre un flux continu, direct et insensible aux blocus maritimes, propulsant le sol tunisien au rang de corridor de sécurité absolue pour la survie énergétique de l’Europe.

2. La centralité du TransMed dans l’économie algérienne :

L’examen des indicateurs macroéconomiques sectoriels démontre la dépendance de l’Algérie envers ce réseau terrestre trans-tunisien, faisant du gazoduc Enrico Mattei (TransMed) le véritable poumon financier du régime d’Alger :

– le poids des hydrocarbures dans les recettes algériennes : les hydrocarbures représentent 93 % à 95 % des recettes d’exportation de l’Algérie et alimentent le budget de l’État algérien à hauteur de plus de 60 % via la fiscalité pétrolière ;

– la part du TransMed dans les exportations de gaz algérien : selon les bilans énergétiques compilés, l’Algérie exporte environ 52 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz naturel par an. Le TransMed en achemine à lui seul entre 22 et 25 bcm directement vers l’Italie, soit près de 45 % à 50 % de la totalité des exportations gazières algériennes, et plus de 70 % de son gaz acheminé par pipeline;

– valorisation financière pour Alger : au cours moyen du gaz sur le marché européen (TTF), le flux transitant par le sol tunisien génère pour l’Algérie des revenus directs estimés entre 10 et 12 milliards de dollars par an. Une interruption ou une réduction structurelle de ce flux provoquerait un choc budgétaire immédiat et ingérable pour la paix sociale algérienne suffisamment fragile et menacée par un Hirak qui couve sous les cendres.

3. L’irréalisme technique et le péril sécuritaire du Galsi :

Selon les données techniques validées par les registres officiels du Global Energy Monitor (mis à jour en juillet 2024), le projet Galsi est une impossibilité industrielle et financière à court et moyen terme:

– profondeur abyssale : le tracé maritime (565 km de section offshore) impose une pose de conduites à une profondeur record de 2 885 mètres sous la mer Méditerranée, ce qui représente une complexité d’ingénierie exceptionnelle;

– capacité limitée : le Galsi a été configuré pour un débit maximal de 8 milliards de m³ par an. Il ne pourrait donc absorber qu’un quart du flux du TransMed (capacité de 32 milliards de m³), rendant tout contournement total physiquement impossible ;

– impasse financière et réglementaire : estimé initialement à 3 milliards de dollars, sa réévaluation dépasse aujourd’hui 5 à 6 milliards de dollars. Dans le cadre du Green Deal de l’Union Européenne et du gel des financements fossiles lourds par les institutions bancaires internationales, sa levée de fonds est irréalisable, maintenant le projet au statut officiel de projet «mis de côté» (shelved), comme le confirme l’étude technique de l’Eurasia Review ;

– le fardeau critique de la vulnérabilité sous-marine : au-delà des barrières financières, l’impératif de sécurité internationale condamne les alternatives purement offshores ;

– le précédent Nord Stream 1 et 2 : le sabotage spectaculaire des gazoducs Nord Stream en mer Baltique (septembre 2022) a définitivement démontré la vulnérabilité intrinsèque des infrastructures sous-marines profondes face aux attaques asymétriques, au terrorisme d’État ou aux actes de guerre hybride. En haute mer, la surveillance constante et la protection physique de milliers de kilomètres de conduites immergées sont matériellement impossibles ;

– l’avantage du tracé terrestre tunisien : face à ce péril sous-marin, le corridor trans-tunisien offre une résilience stratégique inégalée, soulignée dans l’étude sectorielle de l’Observatoire Méditerranéen de l’Énergie. Un tracé terrestre permet un accès immédiat pour la maintenance, une surveillance continue par satellite et par patrouilles, ainsi qu’un contrôle souverain permanent, garantissant à Rome et à Alger une continuité de flux qu’aucune conduite immergée ne peut promettre.

4. Argumentaire pour une réévaluation à la hausse des redevances de transit :

Le taux actuel de la redevance tunisienne (5,25 %, prélevé majoritairement en nature) est obsolète et dérisoire. La Tunisie est légitimement en position d’exiger une réévaluation substantielle (objectif : 8 % à 10 %) :

– le coût de la sécurisation : la Tunisie assure à ses frais exclusifs la protection militaire et technologique de 400 km de conduites terrestres et de stations de compression critiques (Cap Bon). Ce service de sécurité environnementale et industrielle, qui protège l’approvisionnement européen contre les risques de déstabilisation, devrait être intégré dans le coût du transit ;

– l’indexation sur la prime de substitution : si l’Algérie devait substituer le TransMed par du transport de GNL par voie marine pour livrer l’Italie, le coût de l’infrastructure portuaire et maritime augmenterait le coût de livraison de 25 % à 30 %. La redevance tunisienne actuelle est donc une décote majeure et une concession exorbitante accordée par la Tunisie à Alger ;

– valorisation budgétaire actuelle : les recettes de cette redevance sont passées à plus de 1,8 milliard de dinars tunisiens (TND) par an. Ce gaz couvre entre 60 % et 66 % des besoins de consommation en gaz naturel de la Tunisie, ce qui prouve la valeur critique de cet actif dans notre équilibre énergétique national.

5- Pour une diplomatie de l’interdépendance active et équitablement profitable

Céder à la panique face à l’alternative Galsi relève d’une asymétrie psychologique savamment entretenue par des officines étrangères à travers la cinquième colonne de la «khawakhawanomanie» ambiante, et non d’une contrainte technique réelle.

La Tunisie détient une carte maîtresse mondiale : la sécurité, la viabilité et la supériorité stratégique terrestre de l’autoroute énergétique tunisienne vers l’Europe dans un monde marqué par la fermeture des détroits et les crises climatiques.

La Tunisie est incontestablement le verrou énergétique d’une Europe qui paie au prix fort le boycott du gaz russe et l’instabilité qui prévaut, sans perspective de stabilisation à court et à moyen termes, dans les détroits d’Ormuz et Bab El Mandeb.

Elle tient également le régime algérien par la jugulaire, car en dépit de toutes les fanfaronnades, ce régime se trouve confronté à une population frustrée et prête à en découdre ne pourra pas se passer à moyen et même à long terme du Transmed et des recettes financières et des garanties sécuritaires offertes par le transit par la Tunisie plus qu’aucun autre itinéraire.

Il appartient aux négociateurs tunisiens d’exploiter ce nœud vital pour redresser les torts asymétriques hérités de l’histoire — qu’il s’agisse des redevances énergétiques, de la spoliation de l’Albien ou du développement de nos infrastructures critiques de transport et de logistique — et arracher un accord digne, global et protecteur des intérêts supérieurs de la Nation.

Le célèbre philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) a bien dit que «la liberté est le droit de ne pas être soumis à la fatalité extérieure».

* Ancien ambassadeur.

Note de la rédaction : On a dû réduire cet article de près de la moitié de son volume, tout en l’allégeant de son appareil critique (références, sources, etc.)

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Le capital de Poulina Group Holding grimpe à 189 MD

22. August 2026 um 10:24

Poulina Group Holding (PGH) va augmenter son capital par incorporation de réserves. Les actionnaires recevront une action gratuite pour vingt actions détenues, avec un détachement des droits fixé au 7 septembre 2026.

L’opération, décidée lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire du 3 juin 2026, porte le capital social de la société d’environ 180 millions de dinars à environ 189 millions de dinars. Cette hausse d’environ 9 millions de dinars provient de réserves incorporées au capital.

Concrètement, PGH va créer environ 9 millions de nouvelles actions, d’une valeur nominale d’un dinar chacune. Ces titres seront attribués gratuitement aux actionnaires existants selon une parité d’une action nouvelle pour vingt actions anciennes détenues.

Le 3 août 2026, une seconde Assemblée Générale Extraordinaire a délégué au Conseil d’Administration tous les pouvoirs nécessaires pour fixer le calendrier et les modalités de l’opération. Le même jour, le Conseil d’Administration a fixé au 7 septembre 2026 la date de détachement des droits d’attribution.

À partir de cette date, les actionnaires pourront soit recevoir gratuitement leurs actions nouvelles selon la parité prévue, soit céder leurs droits d’attribution en Bourse. L’exercice de ces droits débutera également le 7 septembre 2026.

Les nouvelles actions porteront jouissance en dividendes dès le 1er janvier 2026 et seront assimilées aux actions anciennes. À compter du 7 septembre 2026, les actions anciennes seront négociées en Bourse droit détaché, tandis que les actions nouvelles et les droits d’attribution seront cotés sur la même ligne que les titres existants. Tunisie Clearing prendra en charge ces nouveaux instruments à la même date.

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USA–Canada : échec des négociations commerciales

22. August 2026 um 09:41

Les négociateurs américains et canadiens n’ont pas réussi à conclure un accord avant l’échéance fixée par Donald Trump. Washington doit ainsi appliquer à partir de samedi 22 août des droits de douane de 50 % sur quelque 20 milliards de dollars de produits canadiens…

Les discussions entre les États-Unis et le Canada se sont prolongées jusqu’aux dernières heures de vendredi 21 août à Washington, sans parvenir à déboucher sur un accord commercial. Les deux parties restent confrontées à des divergences suffisamment importantes pour empêcher un compromis immédiat.

Le gouvernement américain a confirmé que les nouveaux droits de douane de 50 % visant environ 20 milliards de dollars d’importations canadiennes entreraient en vigueur peu après minuit samedi. Cette nouvelle mesure s’ajoute aux droits déjà appliqués à certains produits canadiens, notamment l’acier, l’aluminium, le bois et les automobiles.

Les discussions portaient notamment sur une réduction des droits américains sur les automobiles fabriquées au Canada, qui pourraient passer de 25 % à 15 %, ainsi que sur une diminution de moitié des tarifs frappant l’acier et l’aluminium, à 25 %.

Mais plusieurs dossiers sont restés bloqués, notamment les règles concernant la part de contenu canadien ou américain dans les produits bénéficiant d’allégements tarifaires. L’accès au marché canadien des produits américains, notamment dans les secteurs des produits laitiers et des boissons alcoolisées, figurait également parmi les points de friction.

Une nouvelle escalade commerciale

L’échec des négociations marque un nouveau durcissement des relations commerciales entre les deux partenaires nord-américains. Le conflit dure depuis près de deux ans et a déjà conduit à plusieurs séries de droits de douane et de mesures de rétorsion.

Le gouvernement de Mark Carney se retrouve désormais sous pression. Le Canada dépend fortement du marché américain pour ses exportations, ce qui limite sa marge de manœuvre, même si Ottawa dispose de moyens de représailles…

Le secteur automobile constitue l’un des principaux enjeux des discussions. Washington souhaite que les réductions tarifaires soient davantage liées à l’utilisation de composants fabriqués aux États-Unis, tandis que le Canada plaide pour une définition plus large du contenu nord-américain.

L’acier et l’aluminium constituent un autre dossier majeur. Le projet d’accord évoqué ces derniers jours prévoyait de ramener les droits américains de 50 % à 25 %, avec un quota annuel de quatre millions de tonnes ; au-delà de ce volume, le taux de 50 % aurait continué de s’appliquer…

Même si les produits concernés ne représentent qu’une fraction des exportations canadiennes vers les États-Unis, les nouvelles taxes pourraient fragiliser certaines industries et accentuer l’incertitude pesant sur les investissements et l’emploi.

Pour Ottawa, le risque est également politique : toute concession supplémentaire pourrait être difficile à faire accepter par l’opinion publique et les provinces.

Le conflit dépasse désormais les seuls tarifs

L’affrontement commercial s’inscrit dans la renégociation plus large des relations économiques nord-américaines et dans la perspective de la révision de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (USMCA).

Washington et Ottawa devront donc probablement reprendre les discussions malgré l’échec de vendredi. Le Mexique observe également attentivement l’évolution des négociations, son gouvernement estimant pouvoir obtenir des conditions commerciales comparables à celles actuellement discutées entre Washington et Ottawa.

L’échec des négociations ne clôt donc pas le dossier : il ouvre une nouvelle phase de confrontation, dans laquelle les droits de douane deviennent à la fois un instrument de pression économique et un levier de négociation pour Washington.

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Agriculture | Le blues des producteurs de poivron rouge

22. August 2026 um 09:06

Durant la saison de récolte, les producteurs de poivrons du gouvernorat de Nabeul ont été confrontés à d’importantes difficultés liées à une pénurie de main-d’œuvre, auxquelles se sont ajoutés des problèmes de commercialisation du poivron rouge destiné à la transformation ; ils ont notamment dû subir de longues heures d’attente devant les unités de transformation, tout en voyant leurs quantités produites parfois refusées.

Le prix de vente actuel oscille entre 600 et 800 millimes le kilogramme, un niveau jugé très bas au regard des coûts de production, estimés à environ 20 000 dinars par hectare, selon les déclarations de Mohamed Ben Hassen, secrétaire général du Groupement régional de la tomate destinée à la transformation, à la radio Diwan FM.

Ben Hassen a ajouté que les petits agriculteurs subissent des pertes considérables tout en voyant leur endettement s’aggraver, sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs ayant affecté négativement le secteur, notamment la hausse des températures, les perturbations de l’irrigation et l’arrêt de l’activité de certaines unités de transformation.

Le responsable syndical a également lancé un appel urgent aux autorités compétentes — les ministères du Commerce, de l’Industrie et de l’Agriculture — pour qu’elles interviennent afin de réguler le marché et d’améliorer les prix, garantissant ainsi une marge bénéficiaire aux agriculteurs.

I. B.

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Huile d’olive tunisienne | Exportations en hausse de 55%

22. August 2026 um 08:22

Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri) rapportées par l’agence Tap, il y a eu une évolution notable des performances du secteur de l’huile d’olive en Tunisie au cours des neuf premiers mois de la campagne actuelle, avec des quantités exportées record, atteignant 368 000 tonnes contre 236 900 tonnes durant la même période de la campagne précédente, soit une augmentation de 55,3 %.

Selon un rapport publié vendredi 21 août 2026 par l’Onagri sur sa page Facebook officielle, ce dynamisme des exportations a eu un impact positif sur les recettes financières du pays : la valeur des exportations s’est élevée à 4 605,3 millions de dinars (MDT), enregistrant une croissance de 44,4 % par rapport à la campagne précédente (3 190 MDT).

Cette hausse est portée par une demande mondiale croissante, notamment pour l’huile d’olive vierge extra, qui a représenté à elle seule 83,6 % du volume total exporté.

Les exportations d’huile d’olive conditionnée ont également enregistré une progression de 50,8 %, les quantités exportées passant de 34 1000 tonnes à 51 500 tonnes ; elles représentent ainsi 14 % du volume total des exportations, contre 86 % pour l’huile d’olive exportée en vrac.

La part des exportations d’huile d’olive conditionnée a atteint 18,6 % des recettes totales d’exportation au cours des neuf premiers mois de la campagne actuelle.

Par ailleurs, le prix moyen de l’huile d’olive a augmenté de 1,4 % en juillet 2026 par rapport à la même période de la campagne précédente, passant de 12,97 dinars le kilogramme à 13,16 dinars ; les prix ont varié, selon les variétés, entre 8,22 et 17 dinars le kilogramme.

Plus de 70 marchés

À la fin du mois de juillet 2026, les exportations d’huile d’olive tunisienne étaient réparties sur plus de 70 pays, témoignant ainsi de la diversité des marchés extérieurs.

Le marché de l’Union européenne absorbe la plus grande part des exportations, soit 57,1 %, avec en tête l’Espagne (32,1 %) et l’Italie (20 %).

L’Amérique du Nord occupe la deuxième place avec une part de 24 %, répartie principalement entre les États-Unis (19,2 %) et le Canada (4,8 %).

Les marchés asiatiques représentent 11,3 % du volume total des exportations, l’Arabie saoudite 4,6 %, la Jordanie 3,1 %, le marché africain 3,8 % et le marché égyptien 3,3 %.

673,4 MDT de recettes pour l’huile bio

Concernant l’huile d’olive biologique, les quantités exportées au cours des neuf premiers mois de la campagne 2025/2026 ont atteint environ 51 200 tonnes, pour une valeur avoisinant les 673,2 MDT.

La part de l’huile d’olive biologique conditionnée n’a pas dépassé 6,2 % du volume total des exportations de cette catégorie.

Le prix moyen de l’huile d’olive biologique s’est établi à 13,16 dinars le kilogramme, oscillant entre 12,93 dinars le kilogramme pour l’huile «en vrac» et 16,56 dinars le kilogramme pour l’huile «conditionnée».

L’Italie arrive en tête des pays importateurs d’huile d’olive biologique tunisienne, avec une part de 38 % du volume total exporté, suivie par l’Espagne (26 %), les États-Unis (23 %) et la France (8 %).

Tap

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Tunisie : après l’eau et l’électricité, la peur de manquer d’essence

21. August 2026 um 17:02
L’été 2026 n’en finit décidément pas d’ajouter une crise à une autre en Tunisie. Après les coupures d’eau, les difficultés d’approvisionnement en eau minérale et les épisodes de perturbations électriques, voilà que la Tunisie a connu, jeudi 20 août, une…

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Les importations tunisiennes de pétrole brut azerbaïdjanais ont triplé

21. August 2026 um 10:57

La Tunisie aurait importé 368 916,3 tonnes de pétrole brut d’Azerbaïdjan entre janvier et juillet 2026. La valeur de cette transaction s’est élevée à 225,47 millions de dollars, selon les données communiquées par les services de douanes azerbaïdjanais et rapportées par le site Report.az.

Par rapport à la même période de 2025, les importations tunisiennes de pétrole brut azerbaidjanais ont été multipliées par 2,9 en volume et par 3,3 en valeur, en raison des récentes hausses des prix, précise la même source, ajoutant que la Tunisie a représenté 2,9 % du total des exportations de pétrole brut de l’Azerbaïdjan au cours de la période considérée.

I. B.

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Tunisie-Inde | Cap sur 1 milliard de dollars d’échanges d’ici 2030

21. August 2026 um 08:00

La Tunisie et l’Inde affichent leur volonté de donner une nouvelle dimension à leur partenariat économique et commercial. Du 18 au 20 août 2026, Conect International, en collaboration avec l’ambassade de l’Inde à Tunis et la Confederation of Indian Industry (CII), a contribué à l’organisation d’un programme économique et institutionnel réunissant responsables publics, organisations patronales, institutions et opérateurs économiques des deux pays.

Lotfi Sahli

Cette mission a abouti à la tenue de l’India-Tunisia Joint Business Forum & B2B Meetings, organisé au Sheraton Tunis, le jeudi 20 août 2026. La rencontre a réuni notamment Aslan Berjeb, président de la Conect, Dr. Devyani Uttam Khobragade, ambassadrice de l’Inde en Tunisie, Najmeddine Lakhal, directeur général ‘Asie’ au ministère des Affaires Étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, de Gaurav Dhingra, chef de la délégation économique indienne et Ceo d’Axieva, Jalel Tebib, directeur général de Fipa-Tunisia, ainsi que Mourad Ben Hassine, PDG du Cepex.

L’un des principaux objectifs affichés est de porter les échanges commerciaux bilatéraux à un milliard de dollars à l’horizon 2030, contre environ 500 millions de dollars prévus fin 2026. Pour y parvenir, les participants souhaitent accélérer les rencontres B2B et transformer les contacts entre entreprises en contrats commerciaux, investissements, partenariats industriels et joint-ventures.

Le point d’orgue de cet événement a été la signature de l’acte fondateur du Tunisia-India Joint Business Forum. Cette nouvelle plateforme vise à pérenniser les liens entre les acteurs économiques des deux pays, à fluidifier les contacts et à stimuler l’émergence de projets inédits

La coopération existante offre déjà des exemples encourageants. Le développement de KPIT, acteur technologique indien présent en Tunisie dans les domaines de l’ingénierie, des technologies automobiles et de la mobilité, illustre notamment l’attractivité du pays en matière de talents, d’innovation et de services à forte valeur ajoutée. L’expérience de Tifert, active dans la transformation du phosphate, constitue également une référence industrielle importante dans les relations tuniso-indiennes.

Au-delà des rencontres institutionnelles, la réussite de cette dynamique se mesurera désormais à ses résultats : contrats, investissements, joint-ventures, transferts de technologie et nouveaux projets.

La mise en place de rencontres économiques régulières entre la Tunisie et l’Inde pourrait également assurer un meilleur suivi des engagements et inscrire cette coopération dans la durée.

Les rencontres B2B organisées durant cette mission ont mis en lumière de nouvelles perspectives dans des domaines clés tels que le numérique, l’automobile, la pharmacie, l’agroalimentaire, le textile, les énergies renouvelables et l’audiovisuel.

Interrogé sur la concrétisation de l’Acte de fondation du Tunisia–India Joint Business Forum, M. Berjeb a souligné que le marché indien représente un potentiel considérable. Au-delà de la consolidation de la présence tunisienne en Europe, le renforcement des relations avec l’Inde pourrait ouvrir de nouvelles perspectives et diversifier les débouchés pour les entreprises tunisiennes. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’orienter cette coopération vers un véritable transfert de technologies et de savoir-faire, afin de créer davantage de valeur et de favoriser le développement des entreprises tunisiennes.

De son côté, M. Tebib a estimé que cette coopération permettrait non seulement à la Tunisie de diversifier ses marchés, mais également de renforcer son rôle de passerelle entre l’Inde et l’Afrique, en s’appuyant notamment sur les accords commerciaux et les opportunités offertes par les marchés africains.

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Etude sur l’échec de la réforme économique en Tunisie

20. August 2026 um 13:51

Sabina Henneberg, chercheuse au Washington Institute, spécialiste de la Tunisie, vient de publier un ouvrage intitulé ‘‘Why Economic Reform Failed in Tunisia’’ (Pourquoi la réforme économique a échoué en Tunisie), une sorte de bilan de l’action des quatre principaux bailleurs de fonds dans un pays en transition depuis la «révolution» du 14 janvier 2026.

Dans cette étude approfondie, Sabina Henneberg retrace les efforts déployés par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, les États-Unis et l’Union européenne pour soutenir les réformes économiques en Tunisie au cours de la décennie ayant suivi la révolution.

Au cours de la décennie ayant suivi les soulèvements du Printemps arabe de 2011, la Tunisie s’est imposée comme le pays de la région offrant les meilleures perspectives de transition démocratique, fort de réalisations telles qu’une nouvelle Constitution, des élections libres et équitables, ainsi que la mise en place de commissions traitant de la corruption, de la liberté des médias et des droits des femmes. En réponse, les acteurs internationaux ont apporté un soutien politique marqué à ce pays d’Afrique du Nord, assorti d’importantes promesses d’aide financière.

Toutefois, tout en reconnaissant que la réussite politique de la Tunisie devait s’appuyer sur des réformes économiques, ces acteurs ne sont pas parvenus à s’adapter à des évolutions préoccupantes, notamment la résistance au changement du syndicat national, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), aux effets déstabilisateurs du terrorisme et aux ingérences d’acteurs extérieurs, analyse la chercheuse.

Si la porte peut sembler fermée aujourd’hui, alors que le président Kaïs Saïed consolide son pouvoir depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021, l’étude explique comment de futures initiatives pourraient rencontrer un succès accru en s’inscrivant dans une perspective à plus long terme, en conditionnant l’aide à la mise en œuvre de réformes et en privilégiant un dialogue soutenu avec le public tunisien.

I. B.

Lire l’étude en anglais.

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La crise de l’eau minérale en bouteille perdure en Tunisie

20. August 2026 um 12:52

La pénurie d’eau minérale en bouteille, apparue dans la seconde moitié du mois de juillet, se prolonge en Tunisie où elle reste visible dans de nombreux supermarchés et points de vente, malgré les annonces répétées d’un retour à la normale qui tarde à se concrétiser. Les assurances données ces dernières semaines par ls responsables du secteur ont été à maintes reprises démenties par la réalité du terrain.

Selon la Chambre syndicale nationale des producteurs de boissons non alcoolisées relevant de l’Utica, la centrale patronale, les difficultés sont principalement liées à la forte hausse de la demande provoquée par les températures élevées, qui a épuisé une grande partie des stocks de réserve. À cela se sont ajoutées des coupures d’électricité à répétition, entraînant des ralentissements et des arrêts sur certaines lignes d’embouteillage. Les 31 unités présentes dans le pays fonctionnent actuellement à pleine capacité, rapporte-t-on.

Les producteurs rejettent l’hypothèse d’une pénurie orchestrée par l’industrie, tandis que les autorités ont intensifié les contrôles visant le stockage anormal et les hausses de prix irrégulières.

La situation demeure particulièrement délicate dans les zones connaissant une forte affluence estivale. Dans le gouvernorat de Nabeul, les autorités ont ordonné mercredi 19 août 2026 la mise sur le marché d’un supplément d’environ 36 000 bouteilles pour pallier les difficultés d’approvisionnement.

Le retour à la normale, initialement prévu sous quelques jours, continue donc de se faire attendre, alors que les producteurs et le ministère du Commerce tentent de rééquilibrer la distribution entre les différents gouvernorats.

La spéculation, si elle existe, elle est à chercher du côté de certains détaillants de quartiers qui échappent à la vigilance – si vigilance il y a – des contrôleurs économiques. Peu nombreux et, surtout, peu efficaces.

I. B.  

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Tunisie. Vu sur les réseaux : les prêts « sur l’honneur » font réagir les Tunisiens

20. August 2026 um 12:16
Une loi récemment entrée en application en Tunisie suscite déjà de vives réactions, notamment sur les réseaux sociaux. Taxé d’angélisme, le texte impose aux banques privées de consacrer une part de leurs profits — fixée à 8 % — au…

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Hausse des prix | Jeu de dupes entre l’Etat et les commerçants

20. August 2026 um 11:51

L’Etat tunisien croit pouvoir encore administrer l’économie nationale et faire pression sur les prix, lesquels continuent pourtant de flamber. Dans ce jeu de dupes, les pouvoirs publics peuvent continuer à «imposer» par décrets et arrêtés interposés, c’est le marché, in fine, qui dispose… à sa guise et selon ses propres intérêts.

Dans ce contexte, le ministère du Commerce et du Développement des exportations vient d’annoncer la fixation des marges bénéficiaires brutes maximales pour la vente d’eau minérale conditionnée à 15 % au stade de la distribution en gros et à 15 % au stade de la distribution au détail, et ce, à compter de ce mercredi 19 août 2026.

Selon le communiqué du ministère, ces marges bénéficiaires s’appliquent aux prix d’achat nets figurant sur les factures, sous réserve que les prix de vente au public n’excèdent en aucun cas les niveaux suivants : 600 millimes pour la bouteille de 0,5 litre, 800 millimes pour celle de 1 litre, 850 millimes pour celle de 1,5 litre et 950 millimes pour celle de 2 litres.

Le ministère a souligné que tous les intervenants du secteur de la distribution d’eau minérale sont tenus de recourir aux circuits de distribution réglementés, de régulariser leur situation fiscale, de respecter l’obligation de facturation (ainsi que ses conditions légales et mentions obligatoires) et de présenter les factures à la première demande lors de toute opération de contrôle dans les points de vente, les entrepôts et les moyens de transport.

Il a également insisté sur le fait que toute infraction à cette décision sera constatée, poursuivie et sanctionnée conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur.

Voilà pour la langue de bois officielle servie aux consommateurs via les médias officiels et officieux, sauf que tout le monde sait que l’eau minérale en bouteille est vendue aujourd’hui beaucoup plus cher par les détaillants. Ces derniers profitent de la pénurie actuelle pour marger comme ils l’entendent et imposer leurs prix à eux. Et les consommateurs, contents d’en trouver encore sur le marché, payent sans rechigner. Quant à ces chers contrôleurs du ministère du Commerce, quelqu’un les a-t-il vus passer dans son quartier et sanctionner les contrevenants ? Un jeu de dupes où tout le monde fait semblant mais qui semble convenir à toutes les parties…

I. B.     

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Conseil supérieur de l’éducation | Entre expertise pédagogique et efficience macroéconomique

20. August 2026 um 09:50

Le débat relancé ces derniers jours sur la gouvernance de l’école — opposant la légitimité des choix populaires à l’exigence d’une expertise à long terme — pose la bonne question, mais s’arrête au milieu du gué. Oui, les grandes nations éducatives ont sanctuarisé leur école contre les fluctuations politiques au profit des experts. Mais en Tunisie, le Conseil supérieur de l’éducation ne doit pas être une simple académie de réflexion pédagogique : il doit s’imposer comme une instance d’ingénierie macroéconomique et de souveraineté nationale.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Face à l’érosion continue du modèle éducatif public, la réponse ne peut plus être purement administrative ou incantatoire. Pour restaurer la confiance et stopper la fuite des cerveaux, le Conseil supérieur de l’éducation doit articuler son action autour de trois ruptures stratégiques majeures.

Le premier rôle macroéconomique de cette instance est de traiter l’impact direct du déclin de l’école publique sur le budget des ménages. L’explosion du recours aux cours particuliers et au secteur privé constitue une véritable taxe de défaillance qui asphyxie la classe moyenne tunisienne.

Mobiliser l’ingénierie financière pour la modernisation des infrastructures

En sanctuarisant la qualité des enseignements au sein même de l’école publique, l’institution agit directement comme un bouclier de pouvoir d’achat. Chaque dinar économisé par les familles sur le soutien scolaire informel est un dinar restitué à la consommation et à l’épargne nationale.

On ne peut exiger des performances de premier plan mondial avec des infrastructures obsolètes. Attendre les seuls arbitrages du budget de l’État pour rénover l’école est une impasse financière.

Le Conseil supérieur de l’éducation doit devenir le catalyseur de nouveaux modèles de financement public-privé. En s’appuyant sur des mécanismes d’obligations à impact social, l’écosystème financier national peut être associé au financement de la numérisation et de la mise à niveau des établissements, en conditionnant l’investissement à des indicateurs mesurables de réussite.

L’intelligence artificielle et l’alignement sur les métiers de souveraineté

L’expertise prônée par les modèles les plus performants repose sur une capacité d’anticipation des compétences de demain. L’école publique doit rompre avec la reproduction des programmes du passé pour intégrer massivement les outils de l’intelligence artificielle et des sciences de la donnée dès le secondaire.

Il s’agit de transformer l’école publique en une usine à talents capables de porter la souveraineté numérique de la Tunisie, tout en créant un écosystème d’excellence capable de retenir nos ingénieurs et nos compétences sur le sol national.

La question n’est donc plus seulement de savoir qui décide du système éducatif, mais vers quel modèle de société nous orientons nos ressources. Le Conseil supérieur de l’éducation dispose d’une opportunité historique : dépasser le corporatisme pour devenir l’architecte du renouvellement du capital humain tunisien.

* Ingénieur informatique, cadre de banque.

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L’Allemagne face à une vague de faillites sans précédent

20. August 2026 um 08:32

L’économie allemande traverse «sa crise la plus profonde de l’après-guerre», a averti mardi 18 août 2026 la première fédération industrielle du pays, reprochant au gouvernement son inaction malgré une quatrième année consécutive de production industrielle en chute.

Habib Glenza, à Lodz.  

Longtemps considérée comme le modèle économique à suivre, l’Allemagne traverse aujourd’hui une crise d’une ampleur rarement observée depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2025, plus de 17 600 entreprises ont déposé le bilan, un niveau inédit depuis plus de deux décennies, avec une accélération marquée ces derniers mois. Derrière ces chiffres, une réalité brutale : près de 48 entreprises ferment chaque jour. Ce phénomène ne concerne pas uniquement les petites structures, mais touche également des géants industriels, révélant un affaiblissement global du tissu économique. 

Le moteur économique de l’Europe en train de lâcher

Contrairement à un krach boursier brutal, la crise actuelle en Allemagne s’installe progressivement, rendant son impact encore plus dangereux. Les faillites augmentent mois après mois, affectant tous les secteurs clés, de l’industrie lourde à la construction. Ce caractère diffus empêche une réaction rapide des marchés et des gouvernements, laissant le temps aux déséquilibres de s’ancrer durablement.

Cette lente érosion du tissu économique est particulièrement préoccupante car elle pourrait contaminer l’ensemble de la zone euro. Dans ce climat d’incertitude prolongée, diversifier ses investissements devient vital, et l’achat d’or représente une valeur refuge fiable face aux crises systémiques qui s’installent dans la durée.

Le modèle allemand repose en grande partie sur le fameux «Mittelstand», un réseau dense de PME familiales, souvent très spécialisées et leaders mondiaux. Ces entreprises représentent plus de 99 % du tissu économique et emploient des millions de personnes. Pourtant, ce pilier historique montre aujourd’hui des signes de faiblesse inquiétants. La hausse des coûts, la baisse de la demande et les contraintes réglementaires pèsent lourdement sur leur rentabilité. Lorsque ce cœur industriel ralentit, c’est toute l’économie qui vacille. 

L’une des causes profondes : la rupture avec le gaz russe

Les sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie, notamment la rupture avec le gaz russe bon marché. En boycottant l’achat du gaz russe, les politiciens de l’UE, en particulier les Allemands, les Anglais, et les Français, ont cru mettre à plat l’économie russe. Aujourd’hui, les sanctions imposées à la Russie se sont retournées contre toutes les économies des pays de l’UE, en particulier contre celle de l’Allemagne qui entraînera dans sa chute les autres économies de l’Europe          

Par ailleurs, la crise actuelle résulte d’une accumulation de facteurs structurels. La flambée des prix de l’énergie, notamment après la rupture avec le gaz russe, a multiplié les coûts de production. À cela s’ajoute la hausse rapide des taux d’intérêt, qui freine les investissements et alourdit le coût du crédit. La transition énergétique, bien que nécessaire, impose également des dépenses considérables aux entreprises. Enfin, le ralentissement du commerce mondial et le retour du protectionnisme, à l’instigation des Etats-Unis de Donald Trump, compliquent les exportations, pilier du modèle allemand. Face à ce cocktail toxique, il devient indispensable d’adopter une stratégie patrimoniale défensive, en intégrant par exemple l’or comme actif de protection contre les turbulences économiques

Ce que traverse l’Allemagne dépasse largement une simple récession conjoncturelle. Il s’agit d’une transformation structurelle profonde de son modèle économique. L’industrie, historiquement basée sur une énergie abondante et bon marché, doit désormais se réinventer dans un environnement plus contraignant et compétitif.

Parallèlement, le pays accuse un retard dans la digitalisation et les technologies émergentes comme l’intelligence artificielle. Cette double transition, énergétique et technologique, s’annonce longue, coûteuse et incertaine. Dans ce contexte, sécuriser une partie de son patrimoine avec de l’or tangible constitue une décision prudente et stratégique.

2026 : une année charnière aux perspectives incertaines             

Les prévisions économiques pour 2026 restent prudentes, avec une croissance faible et des faillites qui devraient continuer à augmenter, bien que plus lentement. Le pic de la crise pourrait être proche, mais ses effets s’inscriront dans la durée. De nombreuses entreprises envisagent déjà de délocaliser leur production vers des zones où les coûts sont plus compétitifs, notamment aux États-Unis ou en Europe de l’Est. Cette recomposition industrielle aura des conséquences majeures sur l’emploi et la stabilité économique du continent européen. 

Investir en Allemagne en 2026 nécessite une approche sélective et stratégique. Miser sur l’ensemble du marché peut s’avérer risqué, notamment en raison de l’exposition à des secteurs en difficulté comme l’automobile ou la chimie. En revanche, certaines niches, notamment dans les technologies industrielles avancées ou l’efficacité énergétique, peuvent encore offrir des opportunités intéressantes à long terme.

Toutefois, dans un environnement aussi incertain, il est essentiel de diversifier ses placements et de ne pas dépendre uniquement des marchés financiers traditionnels. 

La situation actuelle en Allemagne agit comme un signal d’alerte pour l’ensemble de l’économie européenne. Ce qui était autrefois un modèle de stabilité devient aujourd’hui un terrain d’incertitudes. Entre transition énergétique, mutation industrielle et tensions géopolitiques, les défis sont nombreux et les solutions encore floues. Pour les investisseurs, l’heure n’est plus à l’improvisation mais à la prudence et à l’anticipation. 

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Tunisie | Jusqu’à 3 ans de prison pour les contrevenants aux réglementations sur les plaques d’immatriculation

19. August 2026 um 12:47

La législation tunisienne prévoit des sanctions à l’encontre des conducteurs de véhicules ne respectant pas la réglementation relative aux plaques d’immatriculation pouvant aller jusqu’à trois ans de prison en plus de sanctions financières.

C’est ce qu’a indiqué Haithem Chaabani, chef de la section de la sécurité routière de la région du centre-ouest, dans une déclaration à Diwan FM, ce mercredi 19 août 2026, en expliquant que l’article 88 du Code de la route stipule une peine d’emprisonnement allant de six mois à trois ans et/ou une amende de 500 à 3 000 dinars pour quiconque :

* conduit un véhicule dépourvu de plaques d’immatriculation (ou auquel il manque une plaque, si le véhicule doit en comporter deux) ;

* masque délibérément la plaque d’immatriculation, totalement ou partiellement ;

* conduit un véhicule muni d’une plaque d’immatriculation qui ne lui appartient pas.

Chaabani a ajouté qu’il existe aussi des sanctions financières concernant les plaques d’immatriculation non conformes aux spécifications techniques homologuées :

* une amende de 40 dinars est infligée si la police des caractères, la couleur ou l’emplacement ne sont pas conformes aux spécifications techniques établies par la loi tunisienne ;

* une amende de 20 dinars est applicable à une remorque dont les plaques d’immatriculation ne sont pas conformes aux normes relatives à la couleur, aux dimensions ou à l’emplacement, ou si la plaque d’immatriculation ne bénéficie pas d’un éclairage suffisant pour permettre la lecture du numéro la nuit.

I. B.

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Tunisie | Des distributeurs de matériel médical menacés de faillite

19. August 2026 um 12:17

Les entreprises tunisiennes de distribution de fournitures médicales traversent actuellement une situation critique et peinent à reconstituer leurs stocks ou d’assurer l’approvisionnement régulier de ces hôpitaux.

Réuni hier, mardi 18 août 2026, au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), le bureau exécutif de la Chambre nationale des entreprises de distribution de matériel médical a discuté de la situation des créances détenues par ses trente entreprises membres sur les hôpitaux, ainsi que sur la grave crise financière que traverse le secteur.

Les participants ont exprimé leur vive inquiétude face à l’accumulation des impayés et aux retards de règlement imputés aux hôpitaux publics.

Selon un communiqué publié ce mercredi par l’Utica et cité par Diwan FM, cette situation a engendré une conjoncture financière extrêmement difficile, devenue intenable pour un grand nombre d’entreprises., qui ne sont plus en mesure d’obtenir les fonds nécessaires pour importer des fournitures et des équipements médicaux, ce qui les empêche de reconstituer leurs stocks ou d’assurer l’approvisionnement régulier de ces hôpitaux.

Selon le communiqué, certaines de ces entreprises sont au bord de la faillite et dans l’incapacité d’honorer leurs engagements financiers envers leurs fournisseurs étrangers ou de poursuivre leurs activités normales.

Les membres de la Chambre nationale des distributeurs de matériel médical ont appelé les autorités compétentes à intervenir d’urgence pour accélérer le règlement des arriérés dus par les hôpitaux et pour élaborer des solutions pratiques et rapides, susceptibles d’assurer la pérennité de ces entreprises et de garantir la continuité de l’approvisionnement des hôpitaux en équipements et matériels médicaux.

I. B.

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Tunisie | Retour de la canicule à partir de samedi

19. August 2026 um 11:55

La trêve n’aura été que de courte durée puisque l’Institut national de la météorologie (INM) prévoit un retour des fortes températures à partir de ce weekend. Espérons que ce nouveau pic de chaleur ne sera pas accompagné de coupures d’électricité et d’eau potable, et que la pénurie d’eau minérale en bouteille qui bat actuellement son plein sera résolue d’ici là. Quoiqu’en Tunisie, on commence à s’habituer à tous ces désagréments ! Et aux défaillances structurelles des services publics. Et cela a un nom : le sous-développement.

Selon un bulletin météorologique publié par l’Institut national de la météorologie (INM), la plupart des régions tunisiennes connaîtront une hausse des températures à partir du samedi 22 août 2026. Cette augmentation sera particulièrement marquée les dimanche 23 et lundi 24 août, avec des valeurs dépassant les moyennes saisonnières de 6 à 10 degrés. Les maximales oscilleront généralement entre 40 et 46 degrés Celsius, accompagnées du Chergui (vent chaud et sec).

Une baisse des températures est attendue le mardi 25 août, avant une nouvelle remontée jusqu’à la fin de la semaine, dépassant à nouveau les moyennes saisonnières de 4 à 8 degrés, indique aussi l’INM, cité par Diwan FM.

On est donc averti et on doit s’attendre à tous les désagréments qui accompagnent généralement les pics de chaleur dans notre pays. Car il est peu probable que la canicule sera plus clémente qu’elle l’a été en juillet dernier, et que, par miracle, les services publics seront cette fois à la hauteur de nos attentes. Ne rêvons pas !

I. B.

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Tunisie | Le Plan de développement 2026-2030, entre rêves et réalités

19. August 2026 um 09:16


Un plan de développement ne se mesure pas à la valeur des projets inscrits dans un document, mais à la capacité de les financer, de les réaliser et surtout de les rentabiliser économiquement et socialement.
** Explications…  

Dr. Sadok Zerelli

Le Plan de développement économique et social 2026-2030, adopté par l’Assemblée le 10 juillet 2026, est une tentative louable de mettre fin à une très mauvaise pratique de politique économique, qui dure depuis la Révolution de 2011, et qui est à mon avis la première responsable du marasme économique le pays connaît depuis des années, à savoir, le pilotage à vue de l’économie nationale.

Je dis bien une tentative et non pas une stratégie de développement économique et social cohérente et réaliste susceptible de relancer la croissance économique, corriger les déséquilibres structurels de notre économie, absorber le chômage massif et améliorer le niveau de vie de la population à l’horizon de ce Plan, à savoir 2030.

En effet, un examen approfondi des hypothèses sur lesquelles repose ce document stratégique, les objectifs quantitatifs et qualitatifs qu’il se fixe et les moyens qu’il met en face pour les atteindre, laissent perplexe un vieil enseignant universitaire de macroéconomie comme moi.

Un plan ambitieux qui n’a pas les moyens de son ambition

Le Plan vise une croissance annuelle moyenne de 4,2 %, contre environ 2,4 % réalisés durant le quinquennat précédent, avec l’ambition d’atteindre même 5,1 % en 2030, selon les projections présentées.

Lorsqu’on sait que durant la période 2023-2025 et selon les chiffres officiels publiés par l’INS, la croissance de l’économie tunisienne n’a été que d’environ 1,5 % par an, que celle réalisée en 2025 n’a pas dépassé 2,5% et que celle attendue pour 2026 ne dépassera pas 2,1%, selon le FMI et la BAD, alors que le gouvernent Tunisien tablait sur 3,3%, on est en droit de se demander si les auteurs de ce Plan ne rêvent pas.

Parmi les autres objectifs dont le réalisme laisse à désirer, figurent notamment :

– un montant global d’investissement d’environ 101,8 milliards de dinars ;

– la création de 21 100 projets et programmes ;

– la réduction progressive du déficit budgétaire à environ 3 % du PIB ;

– la baisse de la dette publique pour la ramener à 80 % du PIB.

Ces objectifs, très ambitieux, traduisent certes une volonté légitime de rupture avec les déséquilibres accumulés au cours des dernières décennies. Mais une question fondamentale demeure : la Tunisie dispose-t-elle des ressources financières, humaines, institutionnelles et technologiques nécessaires pour transformer ces ambitions en résultats concrets ?

Les points forts du Plan

L’un des principaux mérites du nouveau Plan réside dans la volonté de remettre en question un modèle de développement qui n’a pas permis de réduire suffisamment les disparités régionales, de créer suffisamment d’emplois qualifiés ou de stimuler durablement l’investissement.

Un deuxième mérite de ce Plan est qu’il adopte une démarche dite ascendante, partant du niveau local et régional pour remonter vers le niveau national. Cette approche cherche à donner davantage de poids aux besoins exprimés par les territoires et les collectivités. Cette évolution est importante, la Tunisie ayant longtemps souffert d’une concentration des activités économiques et des investissements dans le Grand Tunis et les principales zones côtières. Une politique de développement territorial mieux équilibrée pourrait en effet favoriser l’émergence de nouveaux pôles économiques à l’intérieur du pays.

Un troisième mérite de ce Plan est qu’il vise également à renforcer la souveraineté économique du pays, à valoriser davantage les ressources nationales et à réduire certaines dépendances extérieures.

Cette orientation est particulièrement pertinente dans un contexte international marqué par les crises énergétiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les tensions géopolitiques.

Un quatrième mérite et non des moindres est que le financement de ce Plan ne repose pas exclusivement sur le budget de l’État. Selon les données publiées, celui-ci devrait assurer environ 61,8 milliards de dinars, soit 61 % du financement, tandis que les entreprises et établissements publics devraient contribuer à hauteur d’environ 32 milliards de dinars. Cette diversification est positive en principe. Elle permettrait de limiter la pression exercée directement sur le budget de l’État.

Les faiblesses et les risques

La première interrogation concerne la capacité réelle de financement. En effet, La Tunisie demeure confrontée à des contraintes budgétaires importantes et à un niveau élevé d’endettement (84% du PIB, selon les dernières statistiques publiées par la BCT). Dans ces conditions, financer plus de 100 milliards de dinars d’investissements en cinq ans représente un défi considérable. Le risque est de voir apparaître un décalage entre les crédits annoncés et les crédits effectivement disponibles.

Un plan de développement ne se mesure pas à la valeur des projets inscrits dans un document, mais à la capacité de les financer, de les réaliser et surtout de les rentabiliser économiquement et socialement.

Ce risque d’incapacité de financement est d’autant plus à prendre au sérieux, que le rôle attribué par ce Plan au secteur privé demeure très insuffisant. C’est probablement l’une des lacunes majeures de ce Plan, car une croissance de 4,2 % par an ne pourra difficilement être obtenue uniquement grâce à l’investissement public. Une croissance durable nécessite une forte mobilisation de l’investissement privé, national et étranger.

Or l’environnement des affaires tunisien demeure marqué par la bureaucratie, la complexité réglementaire, la lenteur administrative et une certaine incertitude pour les investisseurs.

Enfin et peut-être que c’est le talon d’Achille de ce Plan, c’est la capacité de l’administration à réaliser et superviser simultanément plus de 21 000 projets.

Le problème de la Tunisie n’a jamais été uniquement l’absence de projets. Il réside également dans les délais d’exécution, les procédures administratives, les problèmes fonciers, les appels d’offres, les études techniques et la coordination entre administrations.

Les données disponibles montrent d’ailleurs l’ampleur de la sélection opérée : les conseils locaux, régionaux et de districts avaient proposé 40 748 projets, avant que le processus de sélection ne ramène le portefeuille à 6 467 projets en cours et 14 624 nouveaux projets.

Quant à l’objectif de réaliser 4,2 % de croissance annuelle, pour être honnête, cet objectif n’est pas irréaliste en soi, car la Tunisie dispose d’atouts importants : proximité de l’Europe, capital humain relativement élevé, infrastructures existantes, potentiel touristique, agriculture, industries exportatrices, services numériques et potentiel considérable en matière d’énergies renouvelables en construction.

Mais atteindre durablement 4,2 % supposerait une nette amélioration de la productivité et de l’investissement.

La question n’est donc pas de savoir si 4,2 % est mathématiquement possible. Elle est de savoir quelles transformations structurelles permettront de passer d’une croissance faible et irrégulière à une croissance durable supérieure à 4 %.

La Tunisie a besoin d’investir davantage dans les infrastructures, certes. Mais elle doit surtout investir dans la productivité.

Cela signifie :

– améliorer la qualité de l’éducation et de la formation professionnelle ;

– rapprocher la formation des besoins des entreprises ;

– accélérer la transformation numérique ;

– soutenir les PME et les entreprises innovantes ;

– faciliter l’accès au financement ;

– simplifier radicalement les procédures administratives ;

– développer les exportations ;

– attirer davantage d’investissements étrangers ;

– valoriser les ressources énergétiques renouvelables ;

– moderniser les entreprises publiques ;

– améliorer la gouvernance des projets publics, etc.

Conclusion

Sans réforme de la productivité, de l’administration, de l’éducation, de la fiscalité et du financement des entreprises, les objectifs très ambitieux de ce Plan risquent de rester des rêves difficiles à réaliser.

En particulier, sans une véritable amélioration du climat des affaires, l’objectif de croissance de 4,2% en moyenne par an risque de rester des chiffres sur du papier, comme le sont d’ailleurs restés les projections tout aussi ambitieuses des précédents plans de développement qui s’apparentent beaucoup plus à des wishful thinking qu’à des objectifs réalistes et réalisables.

Le véritable indicateur du succès de ce Plan ne sera donc pas le nombre de projets qui seront inaugurés, mais leur capacité à produire de la richesse, créer des emplois et augmenter durablement la productivité.

Pour cela, il est impératif de changer le rôle de l’État qui devrait passer de celui de producteur direct à celui de stratège, régulateur, investisseur dans les infrastructures et garant de l’équité territoriale et de la justice sociale.

Comme pratiquement dans tous mes articles, je reviens toujours à la politique, même après des analyses économiques très approfondies, car comme je l’ai déjà indiqué, le nom originel de l’«économie» en tant que discipline universitaire, était jusqu’aux années 1950, «économie politique».

* Economiste universitaire et consultant international.

** Avant de faire des projections irréalistes pour le Plan de développement 2026-2030 avec des ambitions irréalisables, on aurait été mieux inspiré de réaliser préalablement une étude sur les obstacles qui ont empêché la réalisation des projections, tout aussi irréalistes, du Plan de développement 2023-2025, rapidement enterré. Beaucoup de parlote, trop de paperasses, peu de réalisations… (NDLR).

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