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L’été du mécontentement en Tunisie

16. August 2026 um 12:46

Cinq ans après sa prise de pouvoir, le président tunisien Kaïs Saïed est confronté à son défi le plus sérieux à ce jour. Les pénuries d’eau et d’électricité, survenant durant un été aux chaleurs records (frôlant les 49 °C dans certaines régions), suscitent un mécontentement croissant à l’égard de sa gouvernance. Ces coupures amènent les Tunisiens à se détourner du populisme.

Sharan Grewal *

Le 25 juillet [2021], date anniversaire de la prise de pouvoir de Saïed, a été marqué par certaines des plus importantes manifestations organisées contre lui jusqu’à présent. La persistance des coupures d’eau et d’électricité a de nouveau déclenché des protestations les 4 et 5 août dans plusieurs régions du pays, et une autre manifestation est prévue à Tunis pour le 20 août.

Pendant des années, Saïed a réussi à surmonter les difficultés économiques en désignant des boucs émissaires : partis politiques, hommes d’affaires, migrants et puissances étrangères, entre autres. Mais aujourd’hui, ces discours populistes ne fonctionnent plus ; en partie parce que cinq ans se sont écoulés depuis sa prise de pouvoir, une période durant laquelle la population attend désormais des résultats concrets. Qui plus est, les pénuries d’eau et d’électricité sont objectivement plus graves que sous l’ère démocratique. Elles sont ressenties de manière viscérale : les Tunisiens constatent concrètement que le pays ne fonctionne plus. Les coupures de courant, y compris dans les hôpitaux, ont même entraîné la mort de certaines personnes. Pire encore, Saïed est resté largement absent, se contentant de promettre de s’en prendre aux comploteurs responsables des pénuries — un discours populiste éculé auquel peu de gens croient encore.

À cela s’ajoutent les atteintes perçues à la souveraineté de la Tunisie de la part de l’Algérie voisine, l’un des plus fervents soutiens de Saïed, avec qui un accord controversé de coopération en matière de défense a été signé l’an dernier.

En réaction aux manifestations, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a menacé d’intervenir en Tunisie pour éliminer les «terroristes» présumés (les manifestants ?), provoquant une levée de boucliers nationaliste, y compris chez certains des premiers partisans de Saïed.

Le mécontentement gagne les rangs du régime

Fait peut-être le plus surprenant, Saïed fait face à des critiques émanant du sein même du régime, alors que les membres de son entourage semblent prendre conscience de l’inéluctabilité de la situation.

Le Parlement, longtemps perçu comme une simple chambre d’enregistrement, compte désormais des membres qui critiquent ouvertement et directement le gouvernement, voire Saïed lui-même. Le député Hamdi Ben Salah a demandé que Saïed comparaisse devant le Parlement pour y être interrogé ; le député Ammar Al-Aidoudi a qualifié d’illégitime le second mandat de Saïed (au cours duquel il a recueilli un score supposé de 91 % des suffrages) ; et le député Ali Zaghdoud a entrepris de préparer une motion de censure contre le gouvernement.

On dirait que certains députés cherchent à quitter le navire en prévision de la chute du régime. Sur fond de rumeurs concernant l’état de santé de Saïed, ses [proches] eux-mêmes se livreraient à une lutte d’influence pour déterminer qui pourrait lui succéder.

De son côté, Saïed a déployé l’armée et la Garde nationale pour assurer l’approvisionnement en eau et a obtenu par la suite de l’électricité en provenance d’Algérie ; toutefois, il ne s’agit pas de solutions durables aux pénuries. Il pourrait tenter de rejeter la faute sur le Premier ministre et de remanier le gouvernement, mais après avoir vu défiler quatre Premiers ministres depuis sa prise de pouvoir, rien ne garantit qu’une telle mesure apaisera la colère de la population.

Les experts estiment que ces pénuries résultent d’années de sous-investissement public dans les entreprises d’État chargées de l’eau et de l’électricité (respectivement la Sonede et la Steg), lesquelles sont trop lourdement endettées pour entreprendre des améliorations d’infrastructure.

Ce n’est pas le premier été marqué par des coupures d’électricité et d’eau, ce qui amène les Tunisiens à se demander pourquoi le gouvernement n’a pas davantage anticipé la chaleur et pris des dispositions en amont.

Les limites des promesses populistes

Toutefois, il faut reconnaître qu’après avoir tourné le dos au Fonds monétaire international et à de nombreux alliés étrangers, le gouvernement dispose de peu de fonds pour investir. Comme l’a récemment souligné l’ancien Premier ministre Hichem Mechichi (évincé par Saied lors de sa prise de pouvoir) : «Saïed est totalement opposé aux bailleurs de fonds internationaux, mais il ne propose aucune alternative. Il a des idées populistes, mais elles n’ont aucun impact sur le terrain.»

Rached Ghannouchi, le chef d’Ennahdha âgé de 85 ans et ancien président du Parlement — qui croupit aujourd’hui en prison alors que sa santé se dégrade — se montrait déjà optimiste en 2022, estimant que les Tunisiens finiraient par comprendre que le populisme ne repose que sur des promesses vaines. «Le populisme est comme une drogue», m’a-t-il confié lors d’un entretien. Il a ajouté : «Il vous anesthésie, vous procure une euphorie passagère, mais vous finissez par vous réveiller face à une triste réalité. Les gens voient désormais cette triste réalité : ils constatent la hausse des prix, la pénurie de produits de première nécessité, le chômage, les atteintes aux droits humains, l’emprisonnement de blogueurs, etc.»

Ghazi Chaouachi, ancien dirigeant du parti Courant démocrate — également emprisonné — m’a tenu des propos similaires. «Kais Saïed tient un discours populiste comparable à celui de Donald Trump», déclarait Chaouachi en 2022. Il a ajouté : «Avec le temps, les Tunisiens comprendront que toutes ses promesses sont sans lendemain et qu’elles mèneront à la ruine de la Tunisie plutôt qu’à sa réussite… Je pense qu’après ce que Kais Saïed a fait, la population sera traumatisée. Par la suite, le populisme refluera et perdra en popularité.»

Cinq ans plus tard, les Tunisiens prennent peut-être enfin conscience de la triste réalité. Les accusations populistes de Saied concernant des complots, des élites corrompues et des manigances étrangères sonnent de plus en plus creux lorsque les robinets s’assèchent et que la climatisation tombe en panne. Il reste incertain que la crise actuelle débouche sur une ouverture démocratique. Toutefois, si elle contribue à délégitimer enfin le populisme en Tunisie, cela facilitera le retour du pays à la démocratie lorsque cette transition finira par se produire.

Traduit de l’anglais.

* Chercheur principal non résident – ​​Politique étrangère, Centre pour la politique au Moyen-Orient.

Source : Brookings.  

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Tunisie | PIB en hausse de 2,3% au terme du 2e trimestre 2026

16. August 2026 um 10:12

Les estimations issues des comptes nationaux trimestriels de la Tunisie montrent que le produit intérieur brut (PIB) en volume, corrigé des variations saisonnières, a enregistré une croissance au taux de 2,3% sur un an au cours du deuxième trimestre de 2026.

C’est ce que signale l’Institut national de la statistique (INS) dans son rapport périodique sur la croissance économique, ajoutant que le PIB en volume, au cours de la même période, et en glissement trimestriel, c’est-à-dire par rapport au premier trimestre de 2026, a augmenté de 1,4%.

S’agissant des variations trimestrielles, le PIB a enregistré une croissance de 1,4 % au cours du deuxième trimestre 2026 par rapport au premier trimestre de la même année.

Sur cette base, le PIB a enregistré une croissance de 2,4 % au cours du premier semestre de l’année en cours, par rapport à la même période de l’année précédente.

Les activités agricoles ont enregistré une accélération de leur croissance au cours du deuxième trimestre 2026, le volume de la valeur ajoutée du secteur progressant de 5,5 % en glissement annuel.

Ce secteur a contribué à hauteur de 0,51 point de pourcentage au taux de croissance de 2,3 % enregistré pour le PIB.

De même, les activités de services ont maintenu une dynamique de croissance positive au cours du deuxième trimestre de l’année en cours ; le volume de la valeur ajoutée a augmenté de 1,9 % par rapport au deuxième trimestre 2025, contribuant pour 1,18 point de pourcentage au taux de croissance du PIB de 2,3 %.

Cette évolution est principalement portée par la hausse de la valeur ajoutée dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration (+4,6 %), de l’information et de la communication (+3,5 %) et des transports (+1,7 %).

S’agissant des industries manufacturières, le volume de la valeur ajoutée a progressé de 0,9 % au cours du deuxième trimestre 2026, porté par la croissance de l’agroalimentaire (2,1 %), des industries mécaniques et électriques (1,6 %) et des industries diverses (3,7 %).

À l’inverse, le secteur de l’énergie, des mines, de l’eau, de l’assainissement et du traitement des déchets a enregistré un recul de 1,7 % de sa valeur ajoutée ; ce repli est principalement imputable à la baisse de la valeur ajoutée dans le secteur minier et dans celui de l’extraction de pétrole et de gaz naturel, en baisse respective de 9,6 % et de 1,1 %.

Dans l’ensemble, le secteur industriel a enregistré une croissance de 0,3 % au cours du deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025. Celui de la construction a également affiché une croissance positive, le volume de la valeur ajoutée augmentant de 3,6 % en glissement annuel par rapport au deuxième trimestre de 2025.

La répartition du PIB par composante de la demande pour le troisième trimestre 2026 fait apparaître une hausse de 3,3 % du volume de la demande intérieure — incluant les dépenses de consommation et la formation brute de capital fixe (investissement) — par rapport au deuxième trimestre 2025 (en glissement annuel). Cette évolution positive a contribué à hauteur de 3,61 points de pourcentage au taux de croissance du PIB de 2,3 %.

À l’inverse, le solde du commerce extérieur a contribué par une baisse de -1,33 point de pourcentage à ce taux de croissance du PIB. Cette situation s’est inscrite dans un contexte de progression de 10,4 % du volume des exportations de biens et services et de 11,2 % du volume des importations au cours de la même période.

Le rapport en arabe.

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Comment naissent et meurent les partis politiques

16. August 2026 um 08:30

Les fondations d’une idée collective, la cohésion, le leadership et la discipline du premier noyau ; ou comment naissent les partis politiques et pourquoi certains réussissent-ils à s’imposer durablement alors que d’autres disparaissent rapidement ou restent confinés à un rôle marginal ? L’histoire récente de la Tunisie montre que la survie d’un parti ne dépend pas seulement des élections ou de la popularité de ses dirigeants, mais surtout de la solidité de son noyau fondateur, de sa cohésion interne et de sa capacité à préserver une vision commune. Derrière chaque formation politique durable se trouve une première équipe soudée autour d’une idée, capable de résister aux divisions et aux épreuves. À l’inverse, les rivalités personnelles, l’absence de stratégie claire et les fractures internes conduisent souvent à l’affaiblissement des partis.

Zouhaïr Ben Amor *

Toute grande construction collective commence souvent par quelque chose de remarquablement simple : une idée portée avec suffisamment de conviction par une personne pour qu’elle cesse d’être seulement une conviction individuelle et commence à devenir une proposition faite aux autres. Avant les structures, les statuts, les bureaux, les commissions, les programmes et les manifestations publiques, il y a presque toujours un commencement humain. Un homme ou une femme formule une vision, la défend, la raconte, la précise, puis cherche autour de lui quelques personnes capables de comprendre cette vision et surtout de croire qu’elle mérite d’être transformée en action collective.

C’est à ce moment extrêmement précoce que se joue une partie essentielle de l’avenir du mouvement. Une idée peut rester une belle intuition individuelle, ou devenir progressivement une force organisée. Entre les deux, il existe une étape souvent négligée : la constitution du premier noyau. Une dizaine de personnes, parfois moins, parfois davantage, qui acceptent de consacrer du temps, de l’énergie et une partie de leur crédibilité personnelle à une idée encore fragile. Ce premier cercle n’est pas encore une organisation pleinement constituée. Il en est plutôt la matrice.

La tentation est alors grande de considérer que la première nécessité est l’unité absolue. Il faut, pense-t-on, que chacun soit fidèle au fondateur, que personne ne cherche à devenir son concurrent, qu’aucune rivalité ne divise le groupe et que toutes les décisions soient prises collectivement avant d’être présentées à l’extérieur. Cette intuition contient une part importante de vérité : un groupe naissant qui passe son énergie à se quereller sur les personnes avant même d’avoir défini son projet risque effectivement de disparaître avant d’avoir commencé.

Mais cette nécessité de cohésion ne doit pas être confondue avec l’obligation de penser tous de la même manière. C’est précisément ici que commence le véritable problème du leadership collectif. La solidarité peut être une force extraordinaire ; transformée en conformisme, elle peut devenir une faiblesse. Les travaux d’Irving Janis sur le «groupthink» montrent qu’un groupe très cohésif peut parfois rechercher tellement l’unanimité qu’il finit par réduire son examen critique des décisions et par écarter les alternatives importantes (Janis, 1972).

Le premier noyau doit donc être conçu comme un lieu de confiance, mais aussi comme un lieu de réflexion. Sa première mission n’est pas simplement de protéger le leader : elle est de protéger l’idée contre les improvisations, les ambitions personnelles, les malentendus et les erreurs collectives.

1er cercle : transformer une conviction individuelle en projet commun

Lorsqu’une idée commence à attirer quelques personnes, la première difficulté consiste à passer du langage de la conviction personnelle à celui du projet collectif. Le fondateur peut avoir une intuition claire, mais ceux qui le rejoignent n’ont pas nécessairement compris cette intuition de la même façon. Ils peuvent être attirés par des aspects différents du projet, lui attribuer des objectifs différents ou imaginer des méthodes contradictoires.

Il faut donc un temps de maturation. Le groupe doit parler longuement. Il doit étudier. Il doit poser des questions parfois inconfortables. Il doit revenir sur les mêmes sujets jusqu’à ce que les notions essentielles soient suffisamment précises pour être partagées par tous.

Cette période peut sembler improductive à ceux qui veulent immédiatement passer à l’action. Elle est pourtant fondamentale. Une organisation qui se construit trop rapidement risque de découvrir ses contradictions lorsque la pression extérieure sera déjà forte. À l’inverse, un groupe qui prend le temps de clarifier ses objectifs acquiert une forme de solidité intellectuelle.

Il faut alors distinguer deux types d’accord. Le premier est l’accord sur les finalités : pourquoi sommes-nous ensemble ? Quelle transformation voulons-nous produire ? Quelles valeurs ne voulons-nous pas abandonner ? Quels principes doivent demeurer même lorsque les circonstances changent ?

Le second concerne les moyens : comment atteindre ces objectifs ? Sur ce terrain, l’accord peut être moins immédiat. Il peut même être souhaitable que plusieurs solutions soient examinées avant qu’une décision commune soit adoptée.

C’est cette distinction qui permet de préserver simultanément l’unité et l’intelligence collective. Un groupe peut être parfaitement uni autour d’une finalité tout en discutant vivement des moyens d’y parvenir. La contradiction n’est alors pas une maladie du groupe ; elle constitue une étape normale de sa maturation.

La solidarité véritable ne signifie donc pas : «nous sommes obligés d’être d’accord sur tout». Elle signifie plutôt : «nous pouvons être en désaccord sur certains moyens sans devenir des adversaires». Cette nuance est essentielle.

La fidélité au fondateur et la fidélité à l’idée

Dans les premières étapes, le fondateur joue naturellement un rôle particulier. C’est lui qui a formulé l’intuition initiale, qui a probablement pris les premiers risques et qui a commencé à convaincre les autres. Son autorité est donc souvent davantage une autorité d’origine qu’une autorité institutionnelle.

Il est logique que les premiers membres lui accordent une confiance particulière. Ils connaissent son parcours, sa motivation et la cohérence de son engagement. Dans un groupe très jeune, cette confiance peut même être indispensable pour éviter la dispersion.

Mais une question fondamentale apparaît rapidement : les membres sont-ils fidèles à la personne ou à l’idée ?

La différence peut sembler théorique. Elle ne l’est pas.

Si la fidélité porte exclusivement sur la personne, l’organisation risque de devenir dépendante d’un individu. Toute critique du leader pourra être interprétée comme une trahison. Toute proposition alternative pourra apparaître comme une tentative de prise de pouvoir. Le groupe risque alors de transformer une confiance légitime en personnalisation excessive de l’autorité.

Si, au contraire, la fidélité première porte sur l’idée, le fondateur conserve une place centrale tout en restant lui-même soumis aux principes qui ont permis au groupe de se constituer.

La meilleure fidélité est ainsi celle qui dit : «je te fais confiance parce que je crois à ce que nous construisons ensemble», et non : «je suis obligé d’approuver tout ce que tu dis parce que tu es le fondateur».

Cette distinction est particulièrement importante lorsque le mouvement grandit. Une organisation capable de survivre à son fondateur possède généralement une structure intellectuelle et institutionnelle plus robuste qu’une organisation entièrement construite autour d’une personnalité.

Rivalité personnelle : le danger qui peut détruire un groupe avant sa naissance

Dans un petit groupe, les ambitions individuelles peuvent rapidement devenir un problème. Lorsque dix personnes se réunissent autour d’une même idée, chacune possède son histoire, son caractère, ses compétences et ses aspirations. Certaines peuvent naturellement prendre davantage de place dans les discussions. D’autres peuvent être plus à l’aise avec le public, la communication, l’organisation ou les relations extérieures.

Il serait cependant dangereux de transformer toute différence de compétence en compétition pour le pouvoir.

La rivalité personnelle détourne l’attention de la mission. Au lieu de demander «comment faire avancer notre projet ?», les membres commencent à se demander «qui est le plus important ?», «qui parle au nom du groupe ?», «qui est le plus proche du fondateur ?», «qui pourrait lui succéder ?».

À partir de là, les discussions peuvent devenir des luttes de position.

La solution n’est pas nécessairement de supprimer toute possibilité de désaccord ou d’interdire toute expression personnelle. Il faut plutôt créer une culture dans laquelle la reconnaissance ne dépend pas de la conquête d’un rang. Une personne peut avoir de l’influence sans devenir le rival d’une autre.

Cette distinction entre influence et pouvoir est fondamentale. Un membre particulièrement compétent peut devenir une référence dans un domaine précis sans être transformé en «numéro deux». Il peut coordonner un travail, présenter une proposition, représenter temporairement le groupe ou diriger une commission sans que cela signifie qu’il constitue une alternative au leader.

Le groupe doit donc apprendre très tôt à distinguer les responsabilités fonctionnelles des positions de succession.

Faut-il éviter de désigner un «numéro deux» ?

L’idée de ne pas créer immédiatement un numéro deux répond à une préoccupation compréhensible : empêcher la formation précoce de deux camps. Dans un groupe encore fragile, une personnalité présentée comme le successeur naturel ou comme l’adjoint permanent peut involontairement devenir un centre de gravité concurrent.

Mais cette prudence doit être maniée avec intelligence.

L’absence de «numéro deux» ne doit pas signifier l’absence de délégation. Une organisation incapable de distribuer les responsabilités finit par épuiser son dirigeant et par créer une dépendance dangereuse à son égard.

Il est donc préférable, dans certains contextes, de ne pas construire trop tôt une hiérarchie personnelle, mais de construire des responsabilités clairement définies. Une personne peut être responsable de l’organisation, une autre de la communication, une autre de l’analyse, une autre des relations avec les membres, sans qu’aucune ne soit officiellement présentée comme le rival ou le successeur du fondateur.

Cette architecture possède un avantage : elle permet aux compétences de se développer sans transformer immédiatement les compétences en compétition politique.

Mais elle doit également prévoir une question essentielle : que se passe-t-il si le leader devient indisponible ? Une organisation sérieuse doit pouvoir fonctionner même lorsque son fondateur n’est pas présent. La cohésion ne peut pas reposer sur la présence physique permanente d’une seule personne.

La véritable force d’un fondateur est donc peut-être moins de fabriquer un groupe qui ne peut fonctionner sans lui que de créer progressivement un groupe capable de poursuivre son projet avec lui, puis éventuellement sans lui.

L’unanimité : une apparence de force qui peut devenir une faiblesse

L’idée selon laquelle « aucune note discordante ne doit apparaître » mérite une réflexion particulière.

À l’extérieur, l’unanimité donne effectivement une impression de puissance. Un groupe qui parle d’une seule voix paraît discipliné, déterminé et sûr de lui. Dans certaines circonstances, cette cohérence publique est nécessaire. Une organisation qui expose constamment ses désaccords internes peut donner l’impression de ne pas savoir ce qu’elle veut.

Cependant, l’unanimité publique ne nécessite pas nécessairement l’unanimité intellectuelle.

Le groupe peut discuter librement à huis clos, examiner plusieurs scénarios, identifier les risques et entendre les objections, puis adopter une décision commune. Une fois cette décision prise, chacun peut la défendre publiquement comme position collective.

Cette méthode est très différente de celle qui consiste à interdire le désaccord dès le début.

La première produit une décision collective après confrontation des arguments. La seconde produit parfois une décision avant même que les arguments contradictoires aient été entendus.

C’est précisément le problème étudié par Janis : lorsque la cohésion et la pression à la conformité deviennent excessives, les membres peuvent s’autocensurer et confondre le silence avec l’accord.

Le silence est donc ambigu. Un groupe silencieux peut être profondément uni. Mais il peut aussi être composé de personnes qui ont des doutes qu’elles n’osent pas exprimer.

La vraie cohésion se reconnaît davantage à la capacité de traverser le désaccord qu’à son absence.

Étudier ensemble avant d’agir ensemble

Le premier noyau doit consacrer une partie importante de son énergie à l’étude. Une idée politique, sociale ou associative ne peut pas durablement reposer sur l’enthousiasme de ses fondateurs.

Il faut connaître le terrain sur lequel cette idée doit s’appliquer. Il faut comprendre les obstacles, les attentes, les forces susceptibles de soutenir le projet et celles qui peuvent s’y opposer. Il faut examiner l’histoire des expériences comparables, leurs réussites mais aussi leurs échecs.

Surtout, il faut accepter de rechercher les informations qui contredisent les convictions initiales.

C’est peut-être l’un des exercices les plus difficiles pour un groupe fondateur. Lorsque plusieurs personnes ont investi émotionnellement dans une idée, elles cherchent spontanément les informations qui la confirment. Or une organisation sérieuse doit parfois faire exactement l’inverse : chercher les arguments qui pourraient démontrer que son hypothèse est incomplète.

Cette discipline intellectuelle peut être institutionnalisée. Pour chaque grande décision, le groupe peut demander : quelles sont les objections les plus fortes ? Quelle hypothèse pourrait nous conduire à l’échec ? Quelles informations nous manquent ? Que disent ceux qui ne partagent pas notre vision ?

Cette méthode n’affaiblit pas le leadership. Elle lui donne au contraire une base plus solide.

L’adversité comme révélateur de la qualité du noyau

Tout groupe paraît solide lorsque personne ne l’attaque. La véritable épreuve arrive lorsque les critiques apparaissent, lorsque les adversaires se mobilisent, lorsque certains membres sont découragés ou lorsque les premières difficultés montrent les limites du projet.

C’est dans ces moments que le premier noyau révèle sa qualité.

Un groupe fondé uniquement sur l’enthousiasme peut se disperser rapidement. Un groupe fondé sur une compréhension profonde de son projet peut au contraire utiliser l’adversité pour renforcer sa cohésion.

Mais là encore, il existe une différence entre solidarité et fermeture.

Face à l’opposition, un groupe peut être tenté de considérer toute critique extérieure comme hostile et toute critique intérieure comme suspecte. Cette attitude procure momentanément un sentiment de protection. Pourtant, elle peut conduire à l’isolement intellectuel.

Les recherches sur le groupthink soulignent justement que l’isolement du groupe, combiné à une forte pression de conformité et à un leadership trop directif, peut réduire la qualité de l’examen des alternatives (Janis, 1982).

La résistance à l’adversité doit donc être construite autrement. Le groupe doit pouvoir dire : «nous sommes solidaires entre nous, mais nous ne sommes pas incapables d’entendre une critique».

Cette attitude demande davantage de maturité que la simple fermeture.

Une discipline collective, mais pas une obéissance aveugle

Toute organisation a besoin de discipline. Sans elle, les décisions collectives restent théoriques. Si chacun agit selon son humeur personnelle, aucun projet durable ne peut être construit.

La discipline signifie alors respecter les décisions régulièrement adoptées, tenir ses engagements, protéger la confiance interne, éviter les conflits personnels inutiles et ne pas transformer chaque divergence en crise.

Mais la discipline n’est pas l’obéissance aveugle.

Une organisation mature doit posséder des mécanismes permettant à un membre de signaler une erreur grave sans être immédiatement considéré comme un traître. Elle doit pouvoir distinguer la critique constructive du sabotage, l’ambition personnelle de la compétence, la divergence stratégique de la volonté de destruction.

Cette distinction est difficile, mais elle est indispensable.

Le leader lui-même a intérêt à l’existence de cette culture. Un entourage qui approuve toujours son jugement peut lui donner une impression de sécurité tout en le privant d’informations essentielles. Des recherches expérimentales ont notamment montré que des dirigeants très directifs peuvent réduire la discussion des solutions alternatives, tandis qu’un leadership encourageant la participation favorise davantage leur examen (Leana, 1985).

Le dirigeant fort n’est donc pas celui qui ne tolère aucune contradiction. C’est celui qui peut écouter une contradiction sans perdre son autorité.

Le temps comme instrument de construction

Une erreur fréquente des mouvements naissants consiste à vouloir immédiatement apparaître comme une organisation achevée. On cherche un nom, un logo, des fonctions, une communication, une présence publique, parfois même une structure complexe, alors que l’idée elle-même n’a pas encore été suffisamment travaillée.

Or le premier noyau a besoin de temps.

Il doit apprendre à se connaître. Il doit découvrir les forces et les limites de chacun. Il doit observer comment les membres réagissent lorsqu’une décision leur déplaît. Il doit savoir qui reste lorsque l’enthousiasme initial disparaît.

La durée joue alors le rôle d’un filtre.

Certains viennent parce que l’idée leur paraît séduisante. D’autres restent parce qu’ils ont véritablement intégré le projet. Certains recherchent une position. D’autres recherchent une mission. Avec le temps, ces motivations deviennent visibles.

C’est pourquoi une organisation ne devrait pas avoir peur d’une phase relativement longue de maturation. Une décennie de confiance ne se fabrique pas en quelques réunions, et une culture collective ne se décrète pas par un règlement intérieur.

La force d’un noyau n’est pas son uniformité, mais sa confiance

Au fond, le problème revient à une question simple : qu’est-ce qui rend un premier noyau réellement solide ?

Ce n’est pas uniquement le nombre de ses membres. Ce n’est pas seulement leur proximité avec le fondateur. Ce n’est même pas leur capacité à répéter le même discours.

Sa force réside dans la confiance.

La confiance signifie que chacun sait que les autres ne transformeront pas une divergence en règlement de comptes. Elle signifie que les ambitions individuelles ne détruiront pas la mission commune. Elle signifie également que le fondateur peut entendre une objection sans soupçonner immédiatement une conspiration.

Un groupe de dix personnes qui se font confiance peut être plus efficace qu’une organisation de cent personnes divisée en factions.

Mais la confiance exige des règles morales et organisationnelles. Elle exige la loyauté, la confidentialité lorsque celle-ci est légitime, la parole tenue, le respect des décisions et l’absence de manipulation des autres membres.

Elle exige surtout une conception du pouvoir comme responsabilité.

Si le fondateur considère le groupe comme sa propriété personnelle, la relation finit par devenir fragile. Si les membres considèrent le fondateur comme un obstacle à leur propre ascension, la rivalité finit également par apparaître.

Entre ces deux extrêmes existe une conception plus saine : le fondateur est le dépositaire initial d’une idée, tandis que les premiers membres sont les gardiens de sa cohérence et de son développement.

Construire une organisation capable de durer

Une idée ne devient durable que lorsqu’elle dépasse les personnes qui l’ont lancée.

C’est probablement le paradoxe ultime du leadership fondateur. Le meilleur fondateur est celui qui parvient à transmettre une vision suffisamment forte pour qu’elle ne disparaisse pas avec lui.

Cela suppose de former les membres, de développer leurs compétences, de documenter les décisions importantes, de clarifier les principes et de créer progressivement des mécanismes permettant la continuité.

Il ne faut donc pas confondre l’absence de rivalité avec l’absence de relève. Une organisation qui refuse toute émergence de nouvelles compétences par peur de voir apparaître un concurrent risque de fabriquer sa propre fragilité.

Le premier noyau doit plutôt devenir une école de responsabilité. Chacun doit pouvoir apprendre à prendre des décisions, à organiser, à communiquer, à analyser et à assumer les conséquences de ses choix.

Dans cette perspective, le fondateur ne perd rien en formant des personnes capables. Au contraire, il augmente la valeur de son propre travail.

Une idée véritablement forte n’a pas besoin que tous ses membres soient faibles autour du leader pour que celui-ci demeure fort. Elle a besoin que les membres deviennent suffisamment solides pour porter ensemble le projet.

Ainsi apparaît une conception plus profonde de la solidarité : nous ne sommes pas solidaires parce que nous sommes identiques ; nous sommes solidaires parce que nous avons choisi une même direction et que nous avons accepté de construire ensemble les moyens de l’atteindre.

Le premier noyau peut alors devenir une force remarquable. Il connaît ses principes, il connaît ses limites, il sait discuter avant de décider et il sait se rassembler après la décision. Il ne gaspille pas son énergie dans les rivalités personnelles. Il protège son projet contre les ambitions individuelles sans étouffer les compétences. Il soutient son leader sans transformer cette confiance en culte de la personnalité.

C’est probablement là que se trouve la différence entre un cercle de fidèles et une véritable organisation.

Un cercle de fidèles dépend d’une personne. Une organisation durable dépend d’une culture.

La première peut être puissante pendant un temps. La seconde peut survivre aux crises, aux changements de circonstances et même aux générations.

L’histoire des organisations montre ainsi que la cohésion est une condition importante de l’action collective, mais qu’elle ne suffit pas à garantir la qualité des décisions. Une cohésion excessive peut même produire l’effet inverse lorsqu’elle transforme le désaccord en faute morale et le silence en preuve d’unanimité. Les travaux consacrés au groupthink ont précisément attiré l’attention sur ce paradoxe : le groupe peut être très uni et pourtant prendre de mauvaises décisions parce que la recherche de l’accord a pris le dessus sur l’examen critique (Janis, 1972).

Le véritable défi du premier noyau est donc de construire une solidarité assez forte pour résister aux divisions personnelles, mais assez intelligente pour laisser circuler les arguments. Il faut une loyauté suffisamment profonde pour empêcher les ambitions de détruire le projet, mais suffisamment mature pour reconnaître qu’un membre loyal peut aussi dire : « je pense que nous nous trompons ».

C’est peut-être même la forme la plus élevée de loyauté.

Car approuver constamment le leader est facile. Lui dire, au moment nécessaire, qu’une décision mérite d’être reconsidérée demande davantage de courage.

Une organisation naissante doit donc rechercher non pas l’unanimité permanente, mais l’unité consciente. Elle doit apprendre à distinguer le débat interne de la division, la critique de la trahison, la compétence de la rivalité et l’autorité de l’autoritarisme.

Le premier noyau est alors bien davantage qu’un groupe de personnes réunies autour d’un fondateur. Il devient le laboratoire dans lequel se construit une culture politique, sociale ou associative. Les premières habitudes deviennent les habitudes futures. La manière dont les membres se parlent au commencement préfigure souvent la manière dont l’organisation traitera ses désaccords lorsqu’elle sera devenue beaucoup plus grande.

C’est pourquoi les premières réunions ont une importance disproportionnée par rapport à leur taille. Dix personnes peuvent sembler insignifiantes face à une société entière. Pourtant, c’est souvent parmi ces dix personnes que se dessinent les règles invisibles qui détermineront la vie future du mouvement.

Il faut donc prendre le temps de bâtir.

Bâtir la confiance.

Bâtir la discipline.

Bâtir la connaissance.

Bâtir la loyauté.

Bâtir le respect du fondateur sans confondre l’homme avec l’idée.

Bâtir surtout une capacité collective à décider sans se déchirer.

Et, peut-être plus important encore, bâtir une organisation qui n’a pas peur de la discussion parce qu’elle possède une identité suffisamment solide pour ne pas s’effondrer au premier désaccord.

Une idée durable ne naît pas seulement lorsqu’un homme ou une femme réussit à convaincre dix personnes. Elle naît lorsque ces dix personnes découvrent progressivement qu’elles peuvent transformer une conviction individuelle en responsabilité commune. Le fondateur allume l’étincelle ; le premier noyau doit apprendre à protéger la flamme. Mais protéger une flamme ne signifie pas l’enfermer dans une boîte hermétique. Une flamme a besoin d’oxygène pour continuer à brûler.

Il en va de même pour une idée collective.

La cohésion lui donne sa force. Le débat lui donne son intelligence. La discipline lui donne sa continuité. La confiance lui donne sa durée.

C’est dans cet équilibre, beaucoup plus difficile à atteindre que l’unanimité apparente, que se trouve probablement le véritable fondement d’une organisation capable de traverser l’adversité sans perdre ni son âme ni sa capacité de penser.

* Universitaire.

Bibliographie

Janis, I. L. (1972). Victims of Groupthink: A Psychological Study of Foreign-Policy Decisions and Fiascoes. Houghton Mifflin.

Janis, I. L. (1982). Groupthink: Psychological Studies of Policy Decisions and Fiascoes. Houghton Mifflin.

Leana, C. R. (1985). “A Partial Test of Janis’ Groupthink Model: Effects of Group Cohesiveness and Leader Behavior on Defective Decision Making.” Journal of Management, 11(1), 5–18.

Paul ‘t Hart, P. (1994). Groupthink in Government: A Study of Small Groups and Policy Failure. Johns Hopkins University Press.

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« La plage nous appartient à tous » | Campagne de nettoyage et de sensibilisation

16. August 2026 um 00:11

L’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), en partenariat avec l’Agence nationale de gestion des déchets (Anged) et le Fonds mondial pour la nature (WWF Afrique du Nord) et le ministère de l’Environnement, lance la campagne nationale de sensibilisation à la propreté des plages.

Sous le slogan « La plage nous appartient à tous : une heure suffit pour la nettoyer », cette initiative conjointe prévoit trois grands rassemblements éco-citoyens étalés sur le mois d’août 2026.

La première action se tiendra le 16 août sur la plage de Gammarth, suivie le 23 août par celle de Nabeul, avant de s’achever le 26 août sur le littoral de Sousse.

Au programme de ces journées mobilisatrices, des opérations manuelles de nettoyage et de tri des déchets seront organisées avec l’archivage des données collectées dans le cadre du projet « Adopt a Beach ».

Les organisateurs prévoient également des sessions d’information axées sur la réduction des plastiques à usage unique, la préservation de la biodiversité marine, la protection des tortues et la valorisation des Aires Marines et Côtières Protégées (AMCP).

D’autre part, des ateliers ludiques, des jeux interactifs ainsi que des activités culturelles et sportives destinées aux enfants et aux familles sont prévus lors de ces journées, indique encore le WWF Afrique du Nord.

Y. N.

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Tunisie | Protection des îles Kneiss dans le golfe de Gabès

15. August 2026 um 13:38

Le projet Pik («Préserver les îles Kneiss») visant à renforcer la protection de cet archipel de petites îles situées situé dans le golfe de Gabès, à quelques kilomètres des côtes et cinquante kilomètres au sud de Sfax, vient d’être achevé par un atelier à Tunis, organisé le mardi 11 août 2026 par l’Association pour la Continuité des Générations (ACG).  

Pour protéger la biodiversité de l’archipel, ce projet financé par le Programme de microfinancements du Fonds pour l’environnement mondial (PMF-FEM) a mis mené une série d’actions dont la mise en place de nids artificiels pour favoriser la reproduction des oiseaux, le suivi des herbiers marins, la restauration de la végétation côtière, la collecte de déchets plastiques et la plantation de salicornes pour lutter contre l’érosion.  

Situées à environ 25 kilomètres au sud-est de Mahrès, dans le gouvernorat de Sfax, les îles Kneiss constituent l’une des zones humides les plus précieuses de Tunisie sur le plan écologique. Le site est reconnu comme zone humide d’importance internationale au titre de la convention de Ramsar et figure sur la liste des Aires spécialement protégées d’importance méditerranéenne (Aspim).

L’archipel peut accueillir jusqu’à 330 000 oiseaux hivernants et est considéré comme un site d’hivernage régional clé pour diverses espèces d’oiseaux d’eau.

Des écosystèmes les plus fragiles

Le projet Pik s’est concentré tout particulièrement sur des solutions fondées sur la nature afin de renforcer la résilience de l’écosystème face aux effets du changement climatique, notamment l’élévation du niveau de la mer et l’érosion côtière. Des nids artificiels ont été installés sur l’île d’El Bassila pour améliorer les conditions de reproduction d’espèces telles que la spatule blanche, le flamant rose et l’huîtrier pie.

Selon les responsables du projet, les premières observations indiquent que les oiseaux ont déjà commencé à utiliser ces structures et à s’y adapter.

Un autre volet du projet a porté sur le suivi scientifique des herbiers de Zostera noltii (une espèce de zostère naine), un habitat marin d’une importance capitale pour l’archipel. La cartographie de ces herbiers permet de suivre l’évolution d’écosystèmes qui servent de zones de nurserie pour de nombreuses espèces de poissons et contribuent à stabiliser les fonds marins.

Par ailleurs, la réintroduction de la salicorne — une plante halophile capable de consolider le sol et de réduire l’érosion — a été expérimentée le long du littoral.

Parmi les participants à ces activités figuraient l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), la Direction générale des forêts, l’Institut national des sciences et technologies de la mer (INSTM), The MedFund et des communautés locales de la délégation de Ghraiba.

Le projet comprenait également des opérations de collecte de déchets plastiques sur les îles.

Les îles Kneiss sont depuis longtemps au cœur de programmes de conservation de la biodiversité. Des initiatives antérieures, soutenues par le Programme de microfinancements du FEM, avaient déjà identifié l’archipel comme une zone prioritaire pour la protection des habitats marins, de l’avifaune et des ressources naturelles locales.

Les résultats du projet PIK devraient désormais contribuer au processus de création de la future aire marine et côtière protégée des îles Kneiss, dans le but d’assurer une gestion plus durable de l’un des écosystèmes les plus fragiles et les plus importants du golfe de Gabès.

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Maroc | Projet de dessalement de l’eau de mer de 410 millions de m³/an

15. August 2026 um 08:22

Le gouvernement marocain a autorisé la société OCP Green Water, filiale du Groupe OCP, à créer deux nouvelles sociétés spécialisées dans le dessalement de l’eau de mer et son transport, dans le cadre d’un projet dont la capacité globale atteindra 410 millions de mètres cubes par an. A comparer avec les 92 millions de mètres cubes de capacité annuelle globale des quatre stations de dessalement tunisiennes basées à Djerba, Gabès Sfax et Sousse. A comparer aussi avec les 5 500 millions de mètres cubes produits actuellement par l’Arabie saoudite, premier producteur mondial d’eau dessalée, assurant à lui seul 20 % à 22 % du volume total d’eau dessalée dans le monde.

Habib Glenza, à Lodz.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts visant à développer de nouvelles ressources en eau face aux défis croissants liés au stress hydrique et à renforcer la souveraineté hydrique du Royaume.

L’autorisation est prévue par le décret n° 2.26.547, publié au Bulletin officiel n° 7531 du 3 août 2026. Signé le 23 juillet 2026 (8 Safar 1448), le texte permet à OCP Green Water de mettre en place deux entités distinctes dédiées aux activités de dessalement de l’eau de mer et son transport.

Cette opération s’inscrit dans la stratégie du Groupe OCP, actif dans le domaine d l’extraction et de la transformation du phosphate, visant à couvrir l’intégralité de ses besoins industriels en eau à travers le développement de ressources hydriques non conventionnelles. Elle répond également à une ambition plus large consistant à contribuer à la souveraineté hydrique nationale en mettant à disposition de l’eau destinée aux usages industriels, à la consommation humaine et à l’irrigation agricole.

Deux sociétés vont gérer les structures de dessalement. La première couvrira la zone centrale, comprenant les provinces et villes de Safi, Benguerir, Youssoufia et Marrakech. Sa capacité de production est fixée à 195 millions de mètres cubes d’eau dessalée par an.

La seconde interviendra dans la zone nord, qui englobe Jorf Lasfar, El Jadida, Casablanca et Khouribga. Elle disposera d’une capacité annuelle de 215 millions de mètres cubes.

Les deux structures en question, devraient donc produire 410 millions de mètres cubes d’eau dessalée chaque année, un volume appelé à renforcer significativement l’offre hydrique dans plusieurs régions stratégiques du pays.

Le décret précise que l’eau produite ne sera pas exclusivement destinée aux activités du Groupe OCP. Une partie de cette ressource devra également contribuer à l’alimentation en eau potable des populations des territoires concernés ainsi qu’à l’irrigation des périmètres agricoles.

Les deux sociétés auront pour mission d’assurer la production et la distribution de l’eau dessalée au profit des usagers urbains, industriels et agricoles. Elles s’appuieront sur des infrastructures modernes intégrant les énergies renouvelables, dans une logique de durabilité et d’optimisation des ressources.

Au-delà de l’augmentation des capacités de dessalement, le projet vise aussi à restructurer les actifs liés au dessalement et au transport de l’eau au sein d’entités spécialisées et autonomes. 

L’opération s’inscrit, selon le décret, dans les orientations de la politique actionnariale de l’État, notamment en matière de renforcement de la souveraineté hydrique, de développement des partenariats public-privé dans les infrastructures et de meilleure coordination des projets portés par les organismes publics.

L’autorisation gouvernementale est intervenue après consultation de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi de la performance des établissements et entreprises publics, sur proposition de la ministre de l’Économie et des Finances.

Le décret prévoit enfin que l’autorisation accordée demeure valable pendant une année à compter de sa publication au Bulletin officiel.

Rédigé à Rabat le 23 juillet 2026, le texte est signé par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et contresigné par la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah.

Avec cette décision, les autorités marocaines dotent OCP Green Water du cadre juridique nécessaire à la création de deux sociétés spécialisées dans le dessalement et le transport de l’eau de mer. L’objectif affiché est de mobiliser une capacité annuelle de 410 millions de mètres cubes, destinée à répondre aux besoins industriels, urbains et agricoles, tout en contribuant au renforcement de la sécurité et de la souveraineté hydriques du Royaume.

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Quand les Tunisiennes réécrivent Beauvoir

15. August 2026 um 07:47

Le 13 août 2026, la Tunisie a célébré les 70 ans du Code du statut personnel, promulgué le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance et près d’un an avant la proclamation de la République. Tout a été dit sur le caractère exceptionnel de ce texte et sur l’audace de Bourguiba, qui s’est attaqué à des règles que l’on croyait intangibles. Mais cette année, quelque chose trouble la célébration.

Monia Kallel *

Jamais peut-être la fête du 13-Août n’aura suscité autant de controverses. La femme tunisienne est à nouveau sommée de se justifier : sur ses acquis, ses vêtements, son corps. Les gardiens de la morale, de plus en plus décomplexés, ne se contentent plus de regarder : ils prescrivent.
Dans le même temps, les voix qui réclament une révision du CSP se font plus audibles, et de plus en plus radicales. Mais le plus inquiétant n’est peut-être pas que le CSP soit ouvertement remis en question. C’est que la contestation se déplace, gagne du terrain, change de visage — et qu’elle trouve parfois des alliées parmi celles-là mêmes qui ont bénéficié de ses avancées.

Le corps féminin, territoire à surveiller

Il y a d’abord cette campagne virulente autour des vêtements des femmes. Le corps féminin redevient un territoire à surveiller, à commenter, à corriger. On ne dit plus seulement à la femme ce qu’elle doit faire : on lui dit comment elle doit être vue.

Le moralisme se mêle au prosélytisme. On le perçoit aussi dans ces voix qui réclament le retour à ce qui fut, en 1956, l’une des ruptures les plus audacieuses avec la tradition juridique : la polygamie. Celle-ci redevient un sujet de discussion ; même des députés s’en mêlent.

Et puis il y a l’autre front, plus fort encore : celui qui conteste l’égalité dans l’héritage. Là, la situation devient presque vertigineuse. Car ce ne sont pas seulement les adversaires traditionnels des droits des femmes qui la contestent. De nombreux «modernistes», hommes et femmes, s’opposent à cette revendication. Et lorsqu’une responsable féministe affirme que l’égalité dans l’héritage doit désormais être au cœur du combat, elle se retrouve au centre d’une cabale qui dépasse largement la discussion juridique. Voilà le paradoxe.

Les femmes tunisiennes sont légitimement fières du CSP. Elles savent ce qu’il a changé dans leur vie et dans celle de leurs mères et de leurs grands-mères. Elles célèbrent l’audace de Bourguiba lorsqu’il a transgressé, interprété le texte, contextualisé, fait entrer le droit dans une société nouvelle.

Mais lorsqu’il s’agit de l’héritage, lorsqu’il s’agit de franchir un pas de plus, certaines invoquent soudain la règle «claire et nette» du texte religieux. Comme si l’histoire, l’évolution, le temps devaient s’arrêter exactement là où commencent nos hésitations et nos craintes. Comme si la famille tunisienne de 2026 était encore celle de 1956. Elle ne l’est évidemment plus. La structure de la famille a changé. Le rôle économique des femmes a changé. Leur niveau d’instruction, leur accès au travail, leur contribution aux revenus familiaux, leur espérance de vie, leur place dans l’espace public ont changé. La société elle-même a changé.

Pourquoi donc l’histoire serait-elle convoquée pour justifier certaines transgressions et congédiée lorsqu’il faudrait en accomplir une nouvelle ?

C’est peut-être là le paradoxe le plus profond de notre rapport aux droits des femmes. Nous aimons les droits lorsqu’ils nous arrivent sur un plateau d’argent. Nous les célébrons lorsqu’un État les inscrit dans la loi. Nous sommes fières lorsque l’histoire nous les offre. Mais sommes-nous prêtes à nous battre pour ceux qui ne sont pas encore acquis ? C’est une autre affaire.

Des droits jamais vraiment acquis

En 1949, Simone de Beauvoir écrivait : «N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis.» La Tunisie pourrait ajouter aujourd’hui quelque chose à cette phrase. Les droits des femmes sont d’autant plus fragiles lorsqu’ils ont été accordés par un pouvoir qui, même lorsqu’il se voulait progressiste, demeurait un pouvoir masculin.

Le CSP est l’une des grandes réussites de ce que l’on a appelé le féminisme d’État. Mais le féminisme d’État comporte une ambiguïté fondamentale : il peut faire gagner aux femmes plusieurs décennies en quelques années, mais il ne leur apprend pas nécessairement à devenir les sujets politiques de leurs propres droits.

Le CSP de 1956 n’est pas le produit d’une évolution spontanée de la société tunisienne : il est le résultat d’une volonté politique extraordinairement forte. Bourguiba a assumé une lecture politique et réformatrice de l’islam. Et nous continuons à en parler comme si le zaïm était encore là.

C’est peut-être notre problème. Le «sauveur» est une figure tenace. Chez les conservateurs, il prend parfois la forme du religieux qui vient expliquer aux femmes comment être de bonnes musulmanes. Chez les modernistes, il peut prendre celle du dirigeant éclairé qui vient expliquer aux femmes comment être libres. Dans les deux cas, le mécanisme est étrangement proche.

Bourguiba est justement célébré parce qu’il a osé. Mais qui, après Bourguiba, osera ? Et surtout : pourquoi faudrait-il encore attendre qu’un homme ose à notre place ?

C’est ici que la réflexion de Simone de Beauvoir, si précieuse, paraît à la fois prophétique et incomplète.

Il ne suffit pas de rester vigilantes. Il faut devenir actrices de la construction, de la défense et de l’extension de nos droits.
Car un droit que personne ne porte politiquement devient rapidement un droit que d’autres peuvent redéfinir. Et un droit dont les principales bénéficiaires ne se sentent pas responsables peut finir par paraître étranger à celles-là mêmes qu’il protège.

Que sommes-nous prêtes à conquérir ?

Voilà pourquoi la bataille actuelle ne se résume pas au CSP. Le CSP traversera probablement cette tempête. Il a traversé bien d’autres vents contraires. Et l’égalité successorale finira, tôt ou tard, par devenir une réalité, parce que les sociétés changent, parce que les familles changent, parce que les femmes changent, et parce que le droit ne peut indéfiniment prétendre que le monde est demeuré celui d’hier.

La vraie question est ailleurs. Sommes-nous capables de défendre ce que nous avons reçu et de conquérir ce que nous n’avons pas encore reçu ? Sommes-nous capables de passer du statut de bénéficiaires à celui de citoyennes qui savent que les droits ne sont pas des cadeaux ?

Le 13 août ne devrait donc pas être seulement la fête d’une femme à qui l’État a donné des droits. Il devrait être le jour où les Tunisiennes se demandent ce qu’elles sont prêtes à faire pour que ces droits deviennent réellement les leurs. Car il existe une autre manière de perdre ses droits que de les voir supprimer par une loi. C’est de renoncer à les défendre.

Ennahdha peut renaître de plusieurs manières. Ce parti conservateur peut renaître d’une crise politique, d’une crise économique, d’une poussée religieuse. Mais il peut aussi renaître d’une abdication beaucoup plus silencieuse : celle des femmes elles-mêmes.

Après le 13 août, la question n’est plus seulement : que nous a-t-on donné ? Mais : que sommes-nous prêtes à défendre et à conquérir ?

* Ecrivaine.

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Portrait. Ridha Dhib, l’artiste qui transforme ses marches en œuvres d’art

14. August 2026 um 15:31
Le plasticien franco-tunisien Ridha Dhib parcourt le monde à pied et transforme ses itinéraires en œuvres d’art. De Paris à Sousse, en passant par Compostelle ou Mardin, ses milliers de kilomètres donnent lieu à des lignes tracées sur les cartes.…

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Coup de cœur. Zohra, le premier orchestre féminin d’Afghanistan raconté en BD

14. August 2026 um 13:11
En 2015 naissait Zohra, le premier orchestre entièrement féminin d’Afghanistan. La BD documentaire retrace l’histoire de cet ensemble pionnier. À travers les parcours de Sahar, Zarifa et Fazila, la réalisatrice Sarah El Younsi et l’illustratrice Léa Taillefert‑Rolland montrent comment la…

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Tourisme local : quand les clients d’hôtels oublient certaines règles

Chaque année à pareille époque, les avis critiques sur les hôtels se multiplient sur les réseaux sociaux. Les groupes Facebook locaux sont légion et chacun y va de ses commentaires. Sauf que dans les milieux professionnels, on rappelle à qui veut bien l’entendre que le client a des droits, mais aussi des devoirs.

C’est devenu un sport national : à chaque période de vacances, les réseaux sociaux en Tunisie sont envahis par des commentaires et des critiques à l’égard des hôtels. Certains sont certes justifiés, d’autres sont pour le moins discutables.

Certains professionnels rappellent que la qualité d’un séjour ne dépend pas uniquement des prestations proposées par l’établissement, mais également du respect des règles de vie collective.

 Avant de juger l’hôtel, se regarder soi-même

Le constat est sans détour : le client est en droit d’attendre un service de qualité, mais il est également tenu de respecter les règles de l’établissement et les autres vacanciers.

« Avant de dénigrer, critiquer et évaluer des hôtels de façon subjective et infondée, il va de soi de s’auto-critiquer », estime un responsable d’une chaîne d’hôtels, estimant qu’une partie des difficultés rencontrées tient aussi au comportement de certains clients.

Sans vouloir généraliser, il dénonce des attitudes qu’il qualifie d’« égoïstes, incivilisées, irrespectueuses et arrogantes », allant jusqu’au vandalisme et à l’incivisme. Des comportements qui, selon lui, peuvent transformer le séjour des autres vacanciers et porter atteinte à l’image de l’établissement.

Le respect des règles commence dès l’arrivée

Pour ce professionnel, les devoirs du client commencent dès le check-in. Respecter l’heure d’arrivée prévue, libérer sa chambre à l’heure du départ ou encore éviter les nuisances sonores dans les couloirs et les chambres font partie des règles élémentaires de la vie hôtelière.

Chaises longues, piscine et espaces communs : le partage comme principe

Autre sujet sensible : l’utilisation des espaces communs. Le responsable pointe notamment la pratique consistant à réserver plusieurs transats avec des serviettes dès le matin, sans réellement les occuper.

« Mettez-vous des serviettes de bain sur cinq chaises longues à 8h du matin sans en bénéficier, et deux autres sur la plage en privant les autres de se détendre ? », demande-t-il.

La question de la piscine est également abordée, avec le respect des règles d’hygiène et la nécessité de prendre une douche avant la baignade, y compris pour les enfants.

 Les enfants, une responsabilité qui revient aussi aux parents

Dans son réquisitoire, il insiste particulièrement sur la surveillance des enfants dans les espaces communs.

« Surveillez-vous vos enfants ? Ou sont-ils délaissés toute la journée, libres de nuire aux autres résidents en toute impunité ? », écrit-il, regrettant que toute remarque adressée aux parents puisse parfois être mal accueillie.

Le même constat est dressé autour des buffets. Files d’attente non respectées, enfants qui se servent seuls, assiettes trop remplies et gaspillage alimentaire sont autant de comportements que le directeur considère comme incompatibles avec une expérience hôtelière respectueuse des autres.

« Éduquez-vous vos enfants à ne pas gaspiller la nourriture ? Donnez-vous le bon exemple ? », lance-t-il.

Le buffet n’est pas un libre-service sans limites

Le même professionnel s’interroge également sur certaines habitudes plus difficiles à justifier : nourriture emportée du buffet dans des sacs de plage ou serviettes en papier, gaspillage, absence de respect des files d’attente ou encore comportement désordonné autour des points de restauration.

Derrière ces exemples, c’est une certaine conception du « tout compris » : payer pour un séjour ne signifie pas que tout comportement devient acceptable.

« Le client est roi » ne signifie pas « le client peut tout se permettre ».

La relation entre les clients et le personnel constitue un autre volet de son coup de gueule.

« Êtes-vous courtois avec le personnel ? Ou est-ce le client est roi ? Le client est arrogant et impoli ? », questionne-t-il.

Une remarque qui renvoie à un débat récurrent dans l’hôtellerie : jusqu’où doit aller la disponibilité du personnel face à un client qui considère que le paiement de son séjour lui confère tous les droits ?

Pour lui, la qualité du service passe aussi par la qualité de la relation humaine entre ceux qui accueillent et ceux qui sont accueillis.

Des gestes simples qui ont un coût

Le responsable pointe enfin une série de comportements quotidiens qui peuvent sembler anodins mais qui ont, à l’échelle d’un établissement, un coût environnemental, matériel ou financier : laisser la climatisation et les lumières fonctionner inutilement, rentrer mouillé dans les ascenseurs et les espaces communs, ne pas tirer la chasse d’eau dans les toilettes communes, jeter des mégots dans les jardins ou sur la plage.

Il évoque également les objets emportés au moment du départ, allant des produits d’accueil jusqu’aux piles des télécommandes ou au linge de chambre.

Autant de pratiques qui, selon lui, dépassent largement la simple question du comportement individuel.

Une qualité de service qui se construit à deux

Au-delà du ton volontairement provocateur, le message revient finalement à une idée simple : l’expérience hôtelière est une relation à double sens.

Le client a le droit d’exiger une prestation conforme à ce qui lui a été vendu. Mais l’établissement, son personnel et les autres clients ont également droit au respect.

« Quand ce comportement changera, vous n’aurez plus à demander si un hôtel X ou Y est bien, car vous et nous sommes le point de départ d’un service de qualité ! », conclut le directeur.

Une manière de rappeler que derrière les étoiles, les équipements, les buffets et les services proposés, la réussite d’un séjour repose aussi sur une donnée beaucoup moins mesurable : le comportement de chacun.

D.T

Photo  d’illustration générée par IA

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Lyon : la préfecture interdit un rassemblement anti-immigration

14. August 2026 um 12:00
La préfecture du Rhône a décidé d’empêcher une manifestation prévue dimanche. Il s’agit d’un mouvement lancé par des partis souverainistes identitaires européens. En bref La préfecture du Rhône interdit un rassemblement anti‑immigration. L’initiative « Save Europe Act » est portée…

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Tribune | Tunisie. Déficit de civisme ou effritement du lien social ?

14. August 2026 um 10:58
L’incivisme n’est plus un cas isolé, il prend des proportions si dramatiques que cela conduit au reniement du contrat social et à l’acceptation passive de l’immoralisme. En bref Le civisme connaît un déclin en Tunisie depuis une quinzaine d’années. Les…

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L’Allemagne réforme ses services de renseignement

14. August 2026 um 09:23

La réforme approuvée par le gouvernement fédéral allemand mercredi 12 août 2026 élargit les prérogatives des renseignements et leur attribue des pouvoirs opérationnels car jusque-là les services allemands ont adopté une posture défensive. Considérée comme le ventre mou des pays européens, l’Allemagne est souvent sujette à des opérations de déstabilisation russes comme des actes de sabotage, d’espionnage et de piratage informatique ciblant des infrastructures sensibles et des fabricants d’équipements militaires. À l’ère des guerres hybrides, cette réforme est considérée comme indispensable par les autorités allemandes pour protéger leur pays. (Le siège du BND à Berlin se verra conférer de nouveaux pouvoirs pour faire face aux menaces émanant d’acteurs étatiques tels que la Russie et la Chine, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle. Photographie : Michael Sohn/Reuters).

Imed Bahri

Selon la correspondante du Guardian à Berlin, Deborah Cole, le gouvernement allemand a approuvé un projet de loi visant à lever de nombreuses restrictions imposées à ses services de renseignement depuis l’après-guerre, alors que le pays est sous le choc de deux attentats survenus en un mois et qui ont mis en lumière de graves failles de sécurité. 

Ces modifications controversées, qui doivent encore être approuvées par le Parlement, répondent en grande partie à une liste de souhaits établie par les services de renseignement extérieurs et intérieurs, qui déplorent depuis longtemps le retard de l’Allemagne par rapport à ses alliés et à ses ennemis.

«Nous transformons nos services de renseignement en véritables services secrets», a déclaré le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt au journal Bild qui a qualifié cette réforme de «révolution» et d’«historique» en matière de sécurité. Il a ajouté : «Il est grand temps que nous nous positionnions pour être compétitifs et sur un pied d’égalité avec nos partenaires internationaux. Cela exige des capacités opérationnelles et des pouvoirs actifs pour lutter plus efficacement contre le terrorisme d’État moderne et les groupes extrémistes.»

Un attentat à la voiture bélier perpétré fin juillet lors de la Gay Pride de Berlin par un individu qualifié comme islamiste connu des services de police a été suivi, la semaine dernière, de la découverte d’un drone chargé d’explosifs près d’un avion-cargo ukrainien à l’aéroport de Leipzig, plaque tournante majeure du transport de matériel de défense.

Le gouvernement de coalition impopulaire de Friedrich Merz, composé de centres-droit et de centre-gauche, est sous pression pour démontrer sa capacité à moderniser le pays afin d’assurer la sécurité de ses citoyens, tout en préservant les droits et principes inscrits dans la Loi fondamentale allemande.

Le niveau de menace a considérablement augmenté

Les plans de réforme des services de renseignement étaient en préparation depuis des mois et ont fait l’objet de nombreux ajustements avant d’être présentés au gouvernement mercredi dernier.

Le Service fédéral de renseignement extérieur (BND), qui a fêté ses 70 ans cette année et est dirigé par l’ancien ambassadeur en Ukraine, Martin Jäger, se verra octroyer de nouveaux pouvoirs pour faire face aux menaces émergentes émanant d’acteurs étatiques tels que la Russie et la Chine, avec moins d’obstacles et grâce à l’intelligence artificielle (IA).

Les autorités allemandes affirment que le niveau de menace a considérablement augmenté depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, des agents liés à Moscou ayant prétendument mené à plusieurs reprises des actes de sabotage, d’espionnage et de piratage informatique ciblant des infrastructures sensibles et des fabricants d’équipements militaires.

M. Jäger a déclaré que «l’Allemagne devait être en mesure de montrer à ses adversaires qu’elle est capable de faire de même, afin que l’autre camp en subisse également les conséquences».

Jusqu’à présent, le BND a principalement adopté une posture défensive, se limitant essentiellement à la collecte d’informations et disposant de peu de pouvoirs opérationnels.

Selon le projet de loi, qui compte plus de 700 pages, les services de renseignement allemands seront autorisés à manipuler ou à supprimer des données, une pratique connue sous le nom de hack back (contre-piratage), méthode de riposte aux cyberattaques.

Parmi les autres possibilités figurent la modification des instructions de fabrication des armes ou leur neutralisation lors de leur production.

Assouplissement des règles de protection des données

Les paiements en ligne versés à des agents subalternes employés ponctuellement par des gouvernements étrangers pourraient être bloqués afin de prévenir les attaques.

Le recours à la force par les services de renseignement à l’étranger restera interdit. Cependant, les agents pourront plus fréquemment porter des armes pour leur légitime défense sans autorisation explicite.

La loi, que le gouvernement espère voir entrer en vigueur le 1er janvier 2027, assouplirait les règles de protection des données, largement critiquées pour leur caractère excessif et contre-productif.

Le BND et l’Office de protection de la Constitution (BfV), organe de surveillance de la sécurité intérieure, seront autorisés à collecter, stocker et analyser davantage d’informations et ce, plus longtemps grâce à l’IA. Il sera également plus facile d’obtenir l’autorisation d’effectuer des recherches en ligne et de surveiller le domicile de personnes suspectées d’infractions.

L’Allemagne renforcera également le contrôle du BND et du BfV par un conseil indépendant, en plus des pouvoirs déjà conférés à la commission parlementaire de contrôle du renseignement.

Bien que les réformes soient largement perçues comme nécessaires et attendues depuis longtemps, certains responsables politiques ont mis en garde contre des excès.

Accès élargi aux images de vidéosurveillance publique

La commissaire fédérale à la protection des données, Louisa Specht-Riemenschneider, a déclaré que son ministère serait privé de tout pouvoir de contrôle sur le BND et a critiqué l’accès élargi aux images de vidéosurveillance dans les espaces publics, en Allemagne comme à l’étranger.

Konstantin von Notz, porte-parole du parti écologiste d’opposition s’est dit favorable à un renforcement des pouvoirs du BND mais a toutefois estimé que le projet de loi était «excessif». Il a notamment critiqué les pouvoirs accordés au BfV, qu’il a jugés difficiles à concilier avec le principe de séparation des pouvoirs entre les services de renseignement et la police, une leçon tirée des pages les plus sombres de l’histoire allemande.

Ce texte législatif pourrait faire l’objet de recours en justice de la part de ses détracteurs.

Face à une incertitude géopolitique croissante et aux doutes concernant le rôle des États-Unis comme garant de sa sécurité, l’Allemagne s’est également lancée dans un vaste programme de réarmement. Merz a pris ses fonctions l’année dernière en promettant de faire des forces armées allemandes, la Bundeswehr, l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe.

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Auto électrique | Dongfeng Box bouscule les Européennes de son segment 

14. August 2026 um 08:52

Alors que les amateurs des citadines électriques ont les yeux rivés sur les futures Renault 5 E-Tech et Peugeot e-208, une petite inconnue venue de Chine commence à faire parler d’elle en Europe. Son nom : Dongfeng Box, une citadine 100 % électrique qui ne paye pas de mine, mais qui commence déjà à bousculer les habitudes du marché automobile européen, avec des commodités, des performances et des prix défiant toute concurrence. Elle est déjà la voiture électrique la plus immatriculée en Tunisie en 2026.

Habib Glenza, à Lodz.

Ce modèle est le premier véhicule de la marque chinoise Dongfeng commercialisé en Europe, sur le très stratégique segment B, celui des Clio, 208 et bientôt Renault 5 électrique. Et il ne se contente pas d’exister : il dépasse déjà en ventes des rivales comme la Fiat Grande Panda sur le marché espagnol, avec un rapport prix/équipement qui fait réfléchir. Et quand on regarde son tarif et ce qu’il offre de série, on comprend pourquoi Renault et Peugeot ont une nouvelle raison de s’en méfier.

La citadine électrique chinoise bouscule le segment B

Le Dongfeng Box est une petite berline à hayon 100 % électrique, pensée d’abord pour la ville et les trajets périurbains. Sous son capot, on trouve une batterie LFP de 42,3 kWh qui alimente un moteur de 70 kW, soit 95 ch, pour un couple de 160 Nm envoyé aux roues avant. Le constructeur annonce un 0 à 100 km/h en 10,6 s et une vitesse de pointe de 140 km/h, des valeurs en phase avec une utilisation quotidienne tranquille. L’autonomie homologuée atteint 310 km selon le cycle WLTP.

La gamme Box est presque figée, avec très peu d’options en dehors des couleurs. Dongfeng mise sur la stratégie du «tout de série» pour son électrique abordable. Résultat, cette petite citadine chinoise arrive en concessions espagnoles avec un équipement qui ferait rougir plus d’une compacte :

– multiples airbags frontaux, latéraux et rideaux ;

– jantes alliage de 17 pouces et projecteurs full LED avec feux de jour LED ;

– tableau de bord numérique de 5 pouces et écran tactile central de 12,5 pouces avec USB, Bluetooth et radio numérique ;

– climatisation automatique, vitres électriques, accès et démarrage sans clé, verrouillage centralisé à distance ;

– sellerie en simili-cuir, accoudoir central avant, sièges avant chauffants, ventilés et à réglages électriques ;

– volant multifonction en cuir réglable en hauteur ;

– régulateur de vitesse adaptatif avec limiteur, aide au démarrage en côte ;

– capteurs de stationnement avant et arrière, caméra de vision 360° ;

– alerte de franchissement de ligne, alerte de trafic arrière transversal, surveillance de la pression des pneus ;

– système d’appel d’urgence e-Call.

Sur une citadine électrique, voir des sièges ventilés, une caméra 360° ou un régulateur adaptatif proposés d’office reste assez rare. C’est justement ce cocktail d’autonomie correcte, de prestations de confort et d’aides à la conduite qui commence à attirer des clients en Europe, là où les modèles européens misent plus souvent sur des packs et des options payantes.

Le prix sous 20 000 € inquiète Renault et Peugeot

Le vrai séisme pour les constructeurs européens vient du prix. En tarif catalogue, le Dongfeng Box est affiché à 27 265 € sur le marché espagnol, hors promotions. Les offres repérées actuellement appliquent un rabais qui atteint 8 890 €, ce qui ramène le prix de vente à 18 375 €.

Autrement dit, une citadine électrique bien équipée, avec plus de 300 km d’autonomie WLTP, passe sous la barre des 18 500 €.

La remise reste soumise à conditions, avec mention de disponibilité limitée et de financement obligatoire, et n’a pas de valeur contractuelle, mais le signal envoyé au marché est clair.

À ce niveau de tarif réel, le Dongfeng Box se retrouve frontalement face aux futures Renault 5 E-Tech et Peugeot e-208, mais aussi aux Citroën ë-C3 et Fiat Grande Panda électrique, dans un segment B qui s’électrifie à toute vitesse. Le fait qu’il surpasse déjà la Fiat Grande Panda en immatriculations en Espagne montre que des clients sont prêts à tenter l’aventure avec une marque chinoise quand le rapport prix/équipement s’envole. Les premiers crash-tests européens ont toutefois attribué au modèle une note de 3 étoiles, un point faible dont les constructeurs français ne manqueront pas de se servir pour défendre leurs citadines, même si la pression exercée par un tel ticket d’entrée sur le marché de l’électrique reste bien réelle.

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Officiel | Tunisie : Date de la fête du Mouled

13. August 2026 um 20:14

Dans un communiqué diffusé, ce jeudi 13 août 2026, par Diwan Al-Ifta, le Mufti de la République a annoncé la date officielle de la fête du Mouled.

Il est précisé dans le communiqué, que le premier jour du mois de Rabii al-Awal 1448 de l’Hégire correspond à demain, soit le vendredi 14 août 2026.

Ainsi en se basant sur l’observation de la lune et les calculs astronomiques, la célébration du Mouled, correspondant au 12 Rabii al-Awal 1448 H, aura lieu le mardi 25 août 2026.

Y. N.

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Samusocial de Paris : un campement de familles de migrants évacué

13. August 2026 um 11:28
Ils étaient installés dans l’enceinte d’un centre d’hébergement d’urgence. Jusqu’à 450 personnes. Le campement a été évacué ce matin sur arrêté préfectoral. En bref Un campement de familles de migrants installé depuis près de deux mois au Samusocial du 13e…

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Iran | Le come-back de Mohsen Rezaie !

13. August 2026 um 08:34

Avant la guerre israélo-américaine sur l’Iran qui a débuté le 28 février 2026, Mohsen Rezaie était un paisible retraité qui n’occupait plus que le poste de membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime. Avec le début de la guerre et l’avènement de Mojtaba Khamenei, il a d’abord été nommé par celui-ci comme conseiller militaire et cette semaine, il vient de le nommer au poste très stratégique de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Rezaie, 71 ans, est une légende vivante du Corps des Gardiens de la révolution. Il a dirigé ce corps de 1981 à 1997 et c’est sous son impulsion que cette institution est devenue puissante et omnipotente.

Imed Bahri

Dans le New York Times, Yeganeh Torabti, correspondante du journal en Iran, est revenu sur la nomination de Rezaie à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale estimant qu’elle représente un renforcement de l’autorité de l’appareil sécuritaire traditionnel. 

Un porte-parole du président iranien a annoncé dimanche sur les réseaux sociaux que Rezaie, qui a commandé les Gardiens de la révolution iraniens pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, occuperait le poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Jusqu’à cette annonce, Rezaie était le conseiller militaire du Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei.

Rezaie remplace Mohammad Baqer, qui avait lui-même succédé à Ali Larijani, tué lors d’une frappe aérienne israélienne pendant les frappes américano-israéliennes contre l’Iran en début d’année.

Le porte-parole de la présidence, Seyed Mehdi Tabatabaei, a annoncé sur les réseaux sociaux la démission de Zolqadr, sa nomination à un nouveau poste et son remplacement par Rezaie. Le NYT a souligné que Zolqadr est lui-même un ancien membre du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), la force de sécurité la plus puissante d’Iran, mais les analystes estiment qu’il ne dispose pas de l’autorité de certains hauts gradés militaires, actuels ou anciens.

Les plus conservateurs désormais aux commandes

Le Conseil, composé de hauts responsables civils et militaires, joue un rôle crucial dans la définition de la politique iranienne face au conflit en cours avec les États-Unis. En juin, le Conseil avait approuvé un mémorandum d’entente visant à mettre fin au conflit mais cet accord a rapidement volé en éclats en raison de désaccords entre les États-Unis et l’Iran concernant le contrôle du détroit d’Ormuz.

Hamid Reza Azizi, expert en questions de sécurité iraniennes basé à Berlin, a déclaré que la nomination de Rezaie est significative à plusieurs égards, notamment parce qu’elle indique que les hauts responsables de la sécurité du pays continuent de consolider leur pouvoir au lieu de permettre une transition vers une nouvelle génération d’élites politiques. Rezaie est une figure de proue des plus hautes sphères de l’establishment militaire et politique iranien depuis plus de quarante ans. Outre son rôle militaire, il s’est présenté à plusieurs reprises à l’élection présidentielle, sans succès.

Azizi a ajouté que cette nomination témoigne également d’une tentative de contrebalancer l’influence de Mohammad Bagher Qalibaf, qui dirige les négociations entre l’Iran et les États-Unis. Il a précisé que Qalibaf, autre commandant vétéran des Gardiens de la révolution, est président du Parlement et est connu pour ses liens étroits avec Zolqadr.

Azizi estime que ce changement à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale pourrait représenter une tentative de l’ayatollah Mojtaba Khamenei de limiter l’influence excessive de Qalibaf.

Qalibaf a défendu l’accord de cessez-le-feu conclu entre l’Iran et les États-Unis en juin malgré les critiques formulées par des éléments plus radicaux au sein du régime. Azizi a déclaré que «la nomination de Rezaie signifie que les plus conservateurs du régime sont désormais aux commandes».

Saeid Golkar, professeur à l’Université du Tennessee à Chattanooga et spécialiste des forces de sécurité iraniennes, a déclaré que la promotion de Rezaie confirme que les Gardiens de la révolution détiennent le pouvoir décisionnel suprême en Iran. Précédemment, le Conseil suprême de sécurité nationale était occupé par des profils civils à l’instar d’Ali Larijani et Saïd Jailli, tous deux universitaires. Le premier a fait des études de mathématiques et de philosophie et le second en sciences politiques. Avec Rezaie, c’est un profil militaire traditionnel mais aussi un homme de confiance de Mojtaba Khamenei qui via cette nomination prend en main cette institution clé de la République islamique.

Golkar estime toutefois que pour le moment ce changement n’implique pas de facto un durcissement de la politique ni au contraire un plus grand pragmatisme.  

Rezaie et Qalibaf finiront par s’affronter

Il est probable que Rezaie et Qalibaf finissent par s’affronter en raison de leurs ambitions divergentes. À l’instar de Rezaie, Qalibaf a déjà brigué la présidence. «Cette situation est vouée à l’échec», a conclu Golkar, ajoutant: «Chacun aspire au pouvoir»

Dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux la semaine dernière, Mohammad Baqer Kharrazi, un religieux conservateur apparenté par alliance à l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a prédit cette nomination, la décrivant comme une tentative de contenir le président iranien Masoud Pezeshkian. Ce dernier, ainsi que son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, étaient la cible d’attaques virulentes de la part des conservateurs iraniens en raison de leurs efforts diplomatiques auprès des États-Unis. Selon Kharrazi, Pezeshkian avait menacé à plusieurs reprises de démissionner de la présidence. Ces menaces répétées n’ont pas plu au Guide suprême qui l’a averti que sa patience commençait à s’épuiser qu’il accepterait sa démission la prochaine fois qu’il la proposerait.

Cette mise sur orbite de Rezaie par ce dernier en le nommant à un poste de premier plan pourrait être une façon de le préparer à la présidence au cas où Pezeshkian finirait par partir. Rezaie président conviendrait à la fois à Mojtaba Khamenei qui aura un président avec lequel il sera sur la même longueur d’onde et conviendrait aussi aux Gardiens de la révolution qui auront leur ancien patron et leur membre le plus illustre à la tête de l’exécutif.

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Robotique | 45 médailles et une 1ère place mondiale pour la Tunisie

12. August 2026 um 19:04

l’Association tunisienne pour l’avenir des sciences et des technologies (ATAST) a annoncé que la sélection nationale de robotique a décroché la première place mondiale et la coupe dans la catégorie programmation lors du Championnat du Monde de robotique en Chine.

Grâce à la présentation de 14 robots et de 7 projets scientifiques de pointe, nos jeunes prodiges ont brillamment conquis le sommet du podium. : au total, la délégation tunisienne ramène dans ses bagages pas moins de 45 médailles (or, argent et bronze confondues), obtenues dans l’ensemble des disciplines de la compétition.

Cette aventure victorieuse a été menée par 14 jeunes championnes et champions sous l’égide de l’ATAST :

  • Amine Ourajini
  • Kenza Aouani
  • Mohamed Ali Boulares
  • Fatma Sahli
  • Maram Ben Sidhom
  • Oussama El-Mestiri
  • Nour Ben Salah
  • Omar Kilani
  • Batoul Noqbi
  • Taha Kahloul
  • Aziz Gafsi
  • Iris Boussetta
  • Ayoub Aouine
  • Yasmine Touil

Ce triomphe remarquable est le fruit d’un travail collectif, indique l’ATAST en rendant un hommage « aux entraîneurs, aux parents ainsi qu’à l’ensemble des soutiens qui ont contribué, de près ou de loin, à concrétiser cette réussite historique pour la science et la technologie en Tunisie ».

Y. N.

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