L’activiste politique et homme d’affaires Khayam Turki, cumule désormais plusieurs condamnations assorties de lourdes peines de prison et d’importantes sanctions financières.
La Cour d’appel de Tunis a ainsi confirmé une condamnation à quatre ans de prison ferme et à une amende de 200 000 dinars à l’encontre de Khayam Turki, et ce, dans le cadre d’affaires de fraude et de contentieux fiscaux, selon une source citée par Mosaïque FM, ce samedi 17 octobre 2026.
Cette décision intervient parallèlement à un autre jugement prononcé par la Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis, qui l’a condamné à 14 ans de prison ferme, accompagnés d’une amende, pour des accusations de blanchiment d’argent, d’escroquerie et d’exploitation illégale de ses activités professionnelles et sociales.
Ce verdict prévoit également une surveillance administrative pour une durée de cinq ans à l’issue de sa peine ainsi qu’une confiscation de l’ensemble de ses avoirs déposés auprès des établissements financiers tunisiens.
« La Tunisie vous appelle aujourd’hui. » C’est par ces mots que le secrétaire général de l’UGTT, Salah Eddine Salmi, a ouvert son allocution lors de la marche de la société civile dans la capitale, samedi 17 octobre. Son message : le silence n’est plus acceptable, et l’objectif n’est pas un retour au passé.
Le cadre de coordination, qui réunit des organisations nationales, civiles, professionnelles et de défense des droits humains, « ne sera pas un cadre conjoncturel qui prendrait fin avec cette marche », a déclaré le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). La coordination entend l’élargir et le développer « en s’ouvrant aux forces nationales vives », a ajouté M. Salmi.
L’allocution s’ouvrait sur un appel à « unifier les rangs » et à « élever la voix pour défendre la patrie, le peuple, les droits et les libertés ». La marche a lieu, selon M. Salmi, « parce que le silence n’est plus acceptable, parce que l’intimidation ne saurait tenir lieu de politique de gouvernement, et parce que la patrie ne se gouverne pas par l’exclusion ». Pour le responsable syndical, l’expérience a prouvé que « la concentration des pouvoirs ne produit pas un gouvernement efficace, que l’éviction des compétences et des forces sociales et politiques ne résout pas les problèmes mais les accumule, et que l’absence de reddition de comptes n’éradique pas la corruption mais affaiblit la capacité à la mettre au jour ».
Justice, barreau et services publics
Le service judiciaire est, selon M. Salmi, victime d’un « détournement des procédures » et utilisé « pour écarter des adversaires ». La détention préventive est devenue, a-t-il jugé, « l’une des principales manifestations de l’usage abusif de la loi », dans un contexte marqué par « la vacance du Conseil supérieur de la magistrature, l’accaparement de ses attributions par le ministère de la Justice et l’absence de mise en place de la Cour constitutionnelle ».
Sur le plan social, M. Salmi a déploré « l’érosion du pouvoir d’achat, l’aggravation du chômage, la pénurie de médicaments, l’accumulation des dettes des hôpitaux et la faillite des caisses sociales ». Mise en garde également contre « les risques qui menacent l’école publique et l’université, la propagation des stupéfiants parmi les élèves et la dégradation des institutions du secteur public, qu’il s’agisse du transport, de l’électricité, de l’eau, de l’énergie ou des mines ».
Souveraineté et dialogue national
« Les problèmes de la Tunisie doivent être résolus par les Tunisiens, par leur volonté, leur dialogue et leurs compétences, dans le cadre de leur souveraineté nationale », a insisté M. Salmi. La souveraineté, a-t-il précisé, « n’est pas un slogan brandi dans les discours, ni un chèque en blanc remis au pouvoir pour agir au nom du peuple sans contrôle ».
Au nom de la coordination, le secrétaire général a appelé à la transparence dans les accords touchant aux intérêts stratégiques du pays, en particulier les dossiers de migration. Autre annonce : « le refus de la coordination de voir la Tunisie se transformer en gardien des frontières des autres ».
La mobilisation ne vise ni « le retour au passé », ni « l’absolution de quiconque de ses responsabilités », ni « la reproduction des mêmes erreurs », a assuré M. Salmi. Et le secrétaire général d’ajouter : « Nous n’acceptons pas que notre peuple ait à choisir entre un ancien système de gouvernance et un nouveau, car il mérite bien mieux que cela : une liberté que ne menace aucune poursuite, une dignité qui ne se mesure pas à l’aune de l’allégeance. »
Le vice-président de l’Organisation des jeunes médecins, Baha Eddine Rabai, a appelé les Tunisiens à se rassembler massivement avenue Habib Bourguiba pour défendre les droits sociaux et les libertés. Faute de changement, le cadre de coordination n’exclut ni nouvelles manifestations ni grèves.
Dans une déclaration aux médias avant le départ de la marche nationale organisée ce samedi 17 octobre 2026 par neuf organisations nationales, Baha Eddine Rabai a invité la population à venir exprimer publiquement sa colère et réaffirmer son attachement aux droits sociaux et politiques.
Si la situation ne change pas, le cadre de coordination entend recourir à d’autres formes de protestation : nouveaux rassemblements, grèves ou tout autre moyen d’action qui sera débattu.
Le responsable plaide pour une alternative politique portée par les organisations nationales et la société. Selon lui, la Tunisie ne doit pas se réduire à une opposition binaire entre la période antérieure au 25 juillet et celle qui l’a suivie : un autre modèle de société demeure possible.
Sur le plan social, les revendications portent en priorité sur la garantie des droits fondamentaux des citoyens, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des transports. Sur les plans judiciaire et politique, le vice-président réclame une justice équitable et la protection de la liberté d’expression, afin que chaque Tunisien puisse exprimer ses opinions ou publier ses avis sans craindre l’emprisonnement.
Neuf organisations de la société civile ont lancé à Tunis une marche nationale pour le travail, la liberté et la dignité nationale.
Le bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie, Boubaker Ben Thabet, a exposé les objectifs de la mobilisation dans une déclaration aux médias, avant le départ du cortège. D’autres acteurs citoyens ont rejoint les neuf organisations à l’origine de l’appel.
Les organisateurs ont écarté toutes les bannières institutionnelles et associatives pour ne conserver que l’emblème tunisien. Ce geste symbolique vise à réaffirmer l’attachement à un système républicain garant des droits économiques, sociaux, politiques, individuels et collectifs inscrits dans la Constitution.
Descendre dans la rue relève, selon le bâtonnier, d’une contrainte plutôt que d’un choix. Il a de nouveau réclamé un canal de communication direct avec les autorités : le dialogue avec les citoyens, la société civile et l’électorat devrait, a-t-il estimé, figurer parmi les priorités des dirigeants.
Le mot d’ordre se décline en trois volets : le travail, levier d’emploi pour tous, de développement, de croissance et de construction nationale ; la liberté, qui s’exerce dans le cadre strict des garanties constitutionnelles ; la dignité nationale, enfin, qui suppose le respect constant de l’État envers la population ainsi qu’envers ses représentants au sein de la société civile et des cadres légaux. Un bilan sera dressé à l’issue de la marche pour en évaluer les résultats et définir la suite, sans préjuger des décisions à venir.
à noter que le cadre de coordination réunit l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats de Tunisie, la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH) et le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), ainsi que l’Organisation des jeunes médecins, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et l’Union des diplômés chômeurs (UDC), aux côtés du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et de l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET).
Des milliers de Tunisiennes et de Tunisiens ont répondu à l’appel des neufs organisations nationales, dont l’UGTT, le SNJT, l’Ordre des avocats, la LTDH et le FTDES, pour une marche de protestation à Tunis, ce samedi 17 octobre 2026, sous le slogan rassembleur : «La Tunisie d’abord, et le peuple avant tout» (ou «Travail, liberté, dignité nationale»).
Le rassemblement a commencé au milieu de la matinée devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), place Mohamed Ali, au centre-ville de la capitale, et la foule des manifestants a grossi au fil des heures et s’est rassemblée devant le théâtre municipal de Tunis. La marche pacifique se déroule encore ans heurts notables et les slogans scandés dénoncent le pouvoir en place, incarné par l’hyperprésidence de Kaïs Saïed, et son refus de tout dialogue politique ou social.
Les manifestants protestent aussi contre la détérioration de la situation socio-économique et politique, des libertés publiques et appellent à l’indépendance de la justice et la libération des détenus d’opinion.
Une marche de protestation est prévue ce samedi 17 octobre 2026 à Tunis, organisée à l’appel d’organisations nationales et de partis politiques de différentes obédiences. Mise sous le slogan : «La Tunisie d’abord, et le peuple avant tout», elle vise à protester contre la détérioration de la situation économique, sociale et politique et la concentration des pouvoirs entre les mains de l’exécutif et exiger le respect des droits et des libertés et la libération des détenus politiques et d’opinion.(Photo d’archives: Manifestation anti-Saïed du 20 août 2026).
Latif Belhedi
La marche a été décidée et annoncée, le 29 septembre, suite à une réunion des principales organisations nationales : l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et le Conseil de l’ordre des avocats tunisiens (Coat), qui avaient reçu le Prix Nobel de la Paix en 2015 pour leur rôle dans la réussite du dialogue national avant alors sauvé le pays d’une grave crise politique. Elle a reçu le soutien de plusieurs autres organisations, tel que le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), ainsi que de partis politiques de diverses obédiences dont les militants vont devoir défiler sans arborer leur appartenance partisane, une manière de taire leurs divergences doctrinaires et politiques et présenter le visage d’une opposition unie face aux périls menaçant le pays.
Cette marche n’est pas la première du genre, elle fait suite à plusieurs autres qui partaient d’un même constat : la détérioration de la situation générale dans le pays marquée par la baisse du pouvoir d’achat, la hausse du chômage et la précarité croissante de franges importantes de la population. Sans oublier la dégradation des services publics (santé, éducation et transport) et les inquiétudes quant aux libertés publiques et individuelles, notamment la liberté d’expression et d’association et le droit de manifester pacifiquement.
Un contexte tendu
Tout en insistant sur l’indépendance de la justice et le droit à un procès équitable et en rejetant toute restriction aux activités politiques, associatives et syndicales, les initiateurs de la marche défendent le droit à un travail décent, à une rémunération équitable et à une vie digne.
La marche d’aujourd’hui intervient dans un contexte tendu. Les relations entre l’UGTT et les autorités sont dégradées depuis des années et le dialogue social est quasiment à l’arrêt. La centrale syndicale a d’ailleurs annoncé une grève générale pour le 21 janvier 2026, invoquant la défense des libertés syndicales.
Estiment ne plus être entendues par le pouvoir politique, aujourd’hui incarné par l’hyperprésidence de Kaïs Saïed, en poste depuis 2019, les organisations nationales ont choisi la rue pour faire entendre leurs voix et leurs revendications.
Il reste cependant à savoir si la mobilisation d’aujourd’hui, quelle que soit son ampleur, trouvera un écho auprès du locataire du palais de Carthage, qui est resté, jusque-là, totalement indifférent aux protestations populaires, assimilant ses opposants à des agents de l’extérieur traitres à la nation, dont il pense être l’unique incarnation.
Alors que le président français Emmanuel Macron vitses derniers mois à l’Elysée, c’est bien pire qu’une ambiance de fin de règne qui prévaut en France mais celle d’un pays qui se morfond dans de multiples crises dont il a du mal à sesortir. Le fringuant banquier d’affaires élu à seulement 39 ans en 2017 et qui promettait de réformer la France et d’assainir ses finances publiques laisse aujourd’hui un bilan désastreux. Les oligarques qui l’ont porté à l’Elysée, eux, sont plus riches aujourd’hui qu’il ne l’étaient il y a dix ans. Eux, au moins, ne se plaignent pas : la mission pour laquelle ils l’ont destiné a été bien accomplie.
Imed Bahri
Dans le New York Times, Mujtaba Rahman, directeur du cabinet d’analyse en risques politiques Eurasia Group, affirme que la France se trouve aujourd’hui au bord du gouffre. Il dresse un tableau sombre du pays européen dans une analyse intitulée «La France ne maîtrise plus son destin», où il souligne qu’il existe en français un terme qui décrit parfaitement la situation à savoir «engrenage» signifiant une spirale inquiétante. C’est précisément l’état actuel du pays où s’accumulent depuis longtemps de multiples crises, chacune menaçant d’aggraver les autres.
La première est la crise de la démocratie libérale. Les sondages suggèrent une possible accession de l’extrême droite au pouvoir lors de l’élection présidentielle du printemps prochain.
La deuxième concerne la mauvaise gestion des finances publiques. La dette publique française a atteint un niveau record de 4 000 milliards de dollars, tandis que le coût des nouveaux emprunts de l’État a grimpé, dépassant désormais ceux de l’Italie et de la Grèce.
La troisième est celle du mécontentement de la jeunesse. Pour protester contre la dégradation des établissements scolaires et la réduction de leurs perspectives d’avenir, des lycéens français ont bloqué près de la moitié des lycées du pays ces dernières semaines.
Par leurs affrontements avec la police et leurs pancartes aux slogans percutants, ces jeunes ont attiré l’attention du monde entier. Tout de même, il faut reconnaître les violences et les dérapages qui ont émaillé ce mouvement de protestation.
Si ces mouvements de contestation tout comme la montée de l’extrême droite sont marquants et révélateurs, c’est la crise financière qui s’avère la plus périlleuse, elle est à la racine de nombreux problèmes du pays et menace de le détruire.
Selon l’auteur, la France se trouve bel et bien au bord du gouffre. Le mouvement des lycéens a débuté mi-septembre dans les banlieues défavorisées de Paris, avant de s’étendre aux établissements publics à travers tout le pays, des grandes métropoles aux petites communes. Les élèves, âgés de 15 à 18 ans, se révoltent contre la longueur des journées scolaires, le surpeuplement des classes, les absences fréquentes des enseignants et la vétusté des établissements scolaires. Ils s’inquiètent également du réchauffement climatique, de la montée de l’extrême droite et de la menace que fait peser l’intelligence artificielle sur les perspectives d’emploi des jeunes. Au cœur de leurs griefs se trouve un manque chronique d’investissement.
Selon Rahman, il s’agit d’une crise majeure. L’État français consacre pourtant des sommes considérables à l’éducation, environ 100 milliards de dollars par an soit 5,1% du produit intérieur brut (PIB), un taux supérieur à la moyenne de l’Union européenne (UE).
Que se passe-t-il donc ? Le fait est qu’une part importante de ces fonds —plus d’un quart— n’est pas allouée à la jeunesse mais aux générations plus âgées, pour financer les pensions des enseignants retraités.
Cela met en lumière l’une des causes profondes des problèmes du pays. Près d’un quart des dépenses publiques totales est consacré aux retraites, tandis qu’un autre quart est alloué aux services sociaux, allant des soins de santé aux allocations chômage.
Rahman souligne qu’aucun gouvernement français n’est parvenu à équilibrer le budget national depuis 52 ans. Cela étant, la dette publique française, qui s’élève à 119% du PIB, demeure inférieure à celle observée dans certains autres pays, notamment les États-Unis.
En 2019, le président Macron est parvenu à ramener le déficit annuel en dessous du seuil de 3% du PIB, fixé comme objectif par l’UE. Puis est survenue la pandémie de coronavirus. L’engagement pris par Macron de dépenser autant que nécessaire pour préserver l’économie française durant la période de confinement (le fameux«quoi qu’il en coûte») a entraîné une forte augmentation du déficit, qui a atteint 9,2% du PIB en 2020. La dette cumulée a, quant à elle, progressé de 335 milliards de dollars en une seule année. À cette époque, la France a été plus lente que les autres pays de l’UE à réduire ses mesures de soutien face à la pandémie.
Par ailleurs, le gouvernement a déboursé 95 milliards de dollars supplémentaires pour protéger le pays contre la hausse des prix de l’énergie, consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Par la suite, Macron a perdu le contrôle de la situation bien qu’il ait été réélu en 2022, il n’a pas obtenu de majorité à l’Assemblée nationale. En 2023, il a imposé une réforme modeste du système des retraites, relevant progressivement l’âge légal de départ de 62 à 64 ans. Il a justifié cette mesure en expliquant que la France devait travailler plus longtemps pour financer ses généreuses pensions de retraite et son système de protection sociale. Toutefois, plus de 70% des Français s’y sont opposés, certains avec une grande virulence.
Les élections européennes du 9 juin 2024 ont été marquées par la victoire historique du Rassemblement national (RN). Menée par Jordan Bardella, la liste du parti d’extrême droite est arrivée largement en tête du scrutin (31,37%). Renaissance, la formation politique de Macron, n’a recueilli que 14,60%.
En réponse, Macron a convoqué des élections anticipées en 2024, qui se sont révélées défavorables réduisant ainsi la taille de sa coalition centriste à l’Assemblée nationale, l’empêchant d’avoir une majorité absolue ce qui a rendu le pays ingouvernable.
Depuis lors, deux Premiers ministres (Michel Barnier et François Bayrou) ont proposé des solutions au problème des dépenses excessives de la France mais ils ont été évincés par une majorité de députés issus de la gauche et de l’extrême droite. Le résultat est un mélange singulier d’immobilisme et de chaos.
Selon Rahman, Macron porte une part de responsabilité dans ce chaos, tout comme l’opposition —allant de la formation d’extrême gauche La France insoumise (LFI) au RN dirigé par jadis par Marine Le Pen et aujourd’hui par Bardella (président depuis le 5 novembre 2022).
Ces derniers ont privilégié les manœuvres politiques plutôt que de s’attaquer à la catastrophe financière qui s’aggrave, notamment le poids étouffant des retraites et des autres prestations sociales.
En février, les socialistes (centre-gauche) ont permis l’adoption du budget de l’année en cours mais à la condition que la réforme des retraites proposée par Macron soit suspendue, condition à laquelle s’est plié le Premier ministre Sébastien Lecornu ce qui lui a permis de sauvegarder son poste. Cet épisode lui a valu beaucoup de critiques lui reprochant de privilégier le prolongement de son bail à Matignon que le sauvetage des finances publiques.
Lecornu, propose cet automne des ajustements pour le budget 2027 —douloureux certes mais pas brutaux— visant à ramener le déficit à 5% du PIB. Un premier vote crucial est attendu à l’Assemblée nationale le 20 octobre. Si son gouvernement ne parvient pas à faire adopter ce budget, le coût du service de la dette française pourrait grimper en flèche. La France se verrait alors contrainte de solliciter l’aide du Fonds monétaire international (FMI), voire de la Banque centrale européenne (BCE), une perspective qui constituerait un véritable camouflet pour la septième économie mondiale et une fin de mandat humiliante pour Macron.
Un système politique profondément fragmenté
Cela étant, souligne Rahman, la France demeure, à bien des égards, une nation puissante et prospère. Toutefois, la méfiance des marchés à l’égard du pays relève moins de l’économie que de la politique. Les marchés doutent en effet de la capacité d’un système politique profondément fragmenté
—de plus en plus dominé par les extrêmes à droite comme à gauche— à valider les réformes difficiles nécessaires pour assainir les finances publiques. Ils craignent que le pays ne sombre dans des troubles sociaux et une paralysie institutionnelle. C’est cette érosion de la confiance qui a propulsé les coûts d’emprunt de la France vers des niveaux records.
En fin de compte, note Rahman, il n’existe pas de solution miracle. Quel que soit l’issue de l’élection présidentielle de mai, le futur président aura probablement du mal à dégager une majorité parlementaire lors des élections législatives qui suivront en juin, ce qui laisse présager de nouvelles turbulences politiques.
Beaucoup s’interrogent sur la volonté réelle de Mme Le Pen, actuellement donnée favorite, d’affronter la crise avec franchise. La semaine dernière, elle a présenté un plan budgétaire quinquennal empreint de préoccupations idéologiques et de calculs tortueux.
Par ailleurs, et concernant le vote du budget le 20 octobre prochain, Le Pen cherche à démontrer qu’elle est une femme politique aguerrie et non une force de déstabilisation. C’est pourquoi il est fort probable qu’elle donne pour consigne à son groupe parlementaire – fort de 139 députés – de s’abstenir, permettant ainsi l’adoption du budget. Une telle manœuvre pourrait, dans l’immédiat, éviter un effondrement comparable à celui qu’a connu la Grèce au lendemain de la crise financière. Toutefois, la France ne maîtrise plus son propre destin et l’engrenage infernal demeure inéluctable.
L’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) organise une rencontre-débat autour de l’ouvrage ‘‘Le sionisme, une invention européenne. Genèse d’une idéologie’’ de Sonia Dayan-Herzbrun, professeure émérite de sociologie politique à l’Université Paris-Cité (Lux Editeur, Québec, Canada, 17 octobre 2025, 128 pages), le mardi 20 octobre 2026 à partir de 17h30, en présence de l’auteure de l’ouvrage.
Le sionisme, dans ses différentes déclinaisons, est et a toujours été une idéologie coloniale dont on constate aujourd’hui les conséquences effroyables. Ce n’est pas dans la tradition rabbinique mais bien au cœur de la modernité européenne que le sionisme plonge ses racines. Dans l’Occident chrétien, on considérait les diverses communautés de religion juive comme un peuple en exil, originaire d’une terre mythique à la géographie indéterminée. Jusqu’à l’ère moderne, la relation à ce lieu est restée pour les Juifs essentiellement symbolique, voire mystique. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle qu’elle cherchera à s’ancrer dans une réalité géographique et politique, sous l’impulsion de ce qu’on appelle le «sionisme chrétien». Une forme de messianisme se combine alors au projet de colonisation de la Palestine et d’expansion de l’Empire britannique.
Répondant aux attentes du sionisme chrétien, le sionisme politique de Theodor Herzl et de ses successeurs s’inscrit au confluent de plusieurs courants d’idées très présents en Europe entre le XIXe et le XXe siècle : les nationalismes, les utopies coloniales et l’orientalisme. L’unité de la nation se fait autour d’un récit qui transforme la Bible en livre historique fiable et nie le passé de la terre sur lequel il est censé se dérouler. Toutes les manipulations politiques deviennent alors possibles jusqu’à l’instauration de l’Etat d’Israël, son expansion par l’expropriation violente des terres des Palestiniens et les interminables guerres contre ses voisins au Proche-Orient : Egypte, Liban, Syrie et jusqu’en Iran.
Cet expansionnisme est illustré par concept géopolitique et religieux du Grand Israël (Eretz Yisrael HaShlema, en hébreu) qui désigne l’extension de l’État d’Israël sur l’ensemble de ses supposées frontières bibliques, la fameuse «Terre promise» décrite dans la Bible et qui s’étendrait du Nil à l’Euphrate, c’est-à-dire de l’Egypte à l’Irak. Ce concept colonialiste, illustré par le drapeau même d’Israël (où les deux traits bleus symbolisent les deux fleuves), fonde la politique belliqueuse et expansionniste du gouvernement d’extrême-droite actuel en Israël, conduit par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Prennent part à la discussion de l’ouvrage : Amin Allal, chercheur en science politique (IRMC), et Adrien Thibault, chercheur en sociologie et science politique (IRMC).
Bilan inconnu, Des édiles, principalement d’Île-de-France, ont signé un texte commun pour réclamer la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961.
En bref
Une trentaine de maires demandent la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961 comme un crime d’État.…
Le président de la République Kaïs Saïed a présidé, à Bizerte, la commémoration du 63e anniversaire de la fête de l’Évacuation, en rendant hommage aux martyrs des combats de juillet 1961. Lors de rencontres avec les citoyens, il a affirmé que la Tunisie mène une “guerre de libération” et attribué les difficultés du pays à la corruption, au sabotage et à l’impunité.
À l’issue de la cérémonie, le président de la République s’est rendu au centre-ville de Bizerte, où il a rencontré un grand nombre de citoyennes et de citoyens. Il a affirmé que la Tunisie mène une guerre de libération, comme l’ont menée nos prédécesseurs, et qu’elle n’acceptera que la victoire. Il a souligné que les défis sont importants, mais que la volonté de les surmonter l’est davantage.
Il a estimé que le peuple tunisien comprend profondément, avec une conscience historique, que nombre d’obstacles résultent de décennies de corruption et de sabotage, auxquels s’ajoutent d’autres entraves artificielles créées par ceux qui se croient encore au-dessus de la reddition de comptes et de la loi.
Kaïs Saïed a insisté sur le fait que la cause est nationale et exige de tous un profond sens des responsabilités, afin de réaliser les objectifs de la Révolution et d’honorer la mémoire des nobles martyrs qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance et la libération.
Il a ensuite inauguré, à la base navale de Bizerte, une vedette de guerre fabriquée en Tunisie, présentée comme une étape vers une plus grande autonomie dans l’industrie de défense et l’innovation nationale.
Alors que l’Arabie saoudite figure parmi les plus grands acheteurs d’armes au monde, elle peine à contrer les tactiques du groupe yéménite Ansar Allah, communément appelé les Houthis, soutenu par l’Iran. Cette boulimie d’achats militaires est clairement inefficace et ne permet pas de protéger le Royaume face aux incessantes attaques des Houthis qui frappent des cibles vitales comme l’infrastructure aéroportuaire, les installations pétrolières ou le siège d’Aramco, ciblé le mardi 13 octobre 2026. Nous sommes tentés de dire que ces achats compulsifs servent à nourrir l’ogre qu’est le complexe militaro-industriel américain, c’est en partie vrai cependant la situation est plus complexe que cela.(Photo : Capture d’écran issue d’une vidéo fournie par les Houthis, montrant des combattants en train d’examiner les débris d’un avion de combat F-15 saoudien après l’avoir abattu).
Imed Bahri
L’Arabie saoudite possède 353 avions de chasse dont un F-15 abattu en septembre dernier par les Houthis. Elle est dotée de l’un des meilleurs systèmes de défense antiaérienne, 108 lanceurs de missiles Patriot, 6 lanceurs de missiles Thaad, d’autres lanceurs de missiles d’interception comme Avenger, Mistral et Rapid Ranger ainsi que des missiles sol-air, des drones intercepteurs, des réseaux de radars, des équipements de guerre électronique et même le Sky Shield, une arme laser à fibre optique de fabrication chinoise destinée à contrer les drones.
En dépit de tout cela, le groupe yéménite pro-iranien frappe là où ça fait mal et les Saoudiens peinent à se protéger. Comment cela est-il possible alors que l’Arabie Saoudite possède cet immense arsenal ?
Dans une enquête du Financial Times, Charles Clover, Chloe Cornish et Ahmed Al Omran se sont penchés sur le sujet pour pouvoir comprendre cette situation.
Des centaines de milliards de dollars investis pour rien
L’Arabie saoudite a dépensé des centaines de milliards de dollars pour se doter de l’un des arsenaux militaires les plus redoutables du Moyen-Orient, composé d’équipements américains allant des missiles Patriot aux avions de chasse F-15. Cependant, ce mois-ci, des attaques houthies ont frappé jour après jour des cibles situées au cœur du royaume —notamment l’aéroport international du roi Khaled à Riyad— révélant brutalement les limites de ces investissements.
Mardi 13 octobre, les rebelles houthis ont pris pour cible le siège de Saudi Aramco, la plus grande compagnie pétrolière au monde, situé à Dhahran.
Bien que le royaume ait réussi à se défendre contre des salves de missiles iraniens au début du conflit, des analystes et des experts du secteur militaire saoudien estiment qu’il a du mal à s’adapter à l’évolution rapide des tactiques et des technologies employées par les Houthis. L’épuisement des stocks régionaux d’intercepteurs, après des mois de bombardements iraniens, a également compliqué la défense de ce vaste territoire, ont-ils ajouté.
Manque de coordination des systèmes de défense saoudiens
«La défense parfaite n’existe pas, il faut toujours s’attendre à des failles. Cela dit, les aéroports —et pas seulement les installations énergétiques— devraient figurer sur la liste des infrastructures critiques à protéger absolument», a déclaré Bilal Y. Saab, directeur général du cabinet de conseil Trends US à Washington et chercheur associé au groupe de réflexion Chatham House. Selon M. Saab, la situation révèle les tactiques des Houthis et le manque de coordination des systèmes de défense antimissile côté saoudien.
L’an dernier, le royaume a consacré l’équivalent de 6,5% de son PIB aux dépenses militaires ce qui en fait l’un des taux les plus élevés au monde selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).
Ce chiffre atteignait 13% en 2015, année où le prince Mohammed ben Salmane —alors ministre de la Défense— a déployé une coalition militaire pour soutenir le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale dans sa lutte contre les Houthis soutenus par l’Iran.
Le royaume allait passer des années enlisé dans ce conflit, lançant une vaste et coûteuse campagne aérienne contre les rebelles dans le cadre d’une guerre civile que l’Onu qualifierait de pire crise humanitaire d’origine humaine au monde, avant qu’un cessez-le-feu n’intervienne en 2022.
Après les attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran en février, les défenses aériennes saoudiennes semblaient initialement bien armées pour protéger le royaume des frappes iraniennes, affichant des taux d’interception élevés.
Toutefois, si la trêve avec les Houthis a tenu au début, elle n’a pas perduré. En juillet, après que Riyad a frappé une piste d’aéroport à Sanaa, la capitale contrôlée par les Houthis, affirmant vouloir empêcher l’atterrissage d’un avion iranien, ces derniers ont annoncé un blocus des navires saoudiens, lancé une offensive pour s’emparer de la côte de la mer Rouge et commencé à bombarder des installations énergétiques saoudiennes, perturbant ainsi les exportations de pétrole du royaume. Une autre attaque, menée par des milices chiites en Irak, a également entraîné la fermeture temporaire de l’oléoduc stratégique reliant l’est à l’ouest du royaume.
Lesrebelles houthis attaquent des cibles critiques
Ce mois-ci, les rebelles ont intensifié leur campagne contre les aéroports saoudiens après l’annonce d’une contre-offensive par la coalition yéménite soutenue par l’Arabie saoudite, provoquant l’annulation de milliers de vols. La frappe du samedi 10 octobre ayant ciblé l’aéroport international du roi Khaled à Riyad —toujours fermé— a fait 13 morts et 309 blessés, constituant l’attaque la plus meurtrière de ce type depuis près de dix ans.
Les pilotes de chasse saoudiens ont accumulé des années d’expérience dans la lutte contre les Houthis. Des personnes ayant collaboré avec l’armée saoudienne affirment que le problème ne réside pas dans le manque d’expertise. «J’ai passé beaucoup de temps à travailler avec le commandement des Forces royales de défense aérienne saoudiennes», a déclaré David Des Roches, professeur au sein du cabinet de conseil et organisme de formation Thayer Marshall Institute. Ayant dispensé des formations à de hauts responsables de la défense saoudienne, il les décrit comme étant «incroyablement compétents».
Les Houthis ont appris à déjouer les systèmes de défense
Selon les analystes militaires, les Houthis ont tiré parti des années de guerre contre l’Arabie saoudite, Israël et les États-Unis pour bien mieux comprendre comment déjouer les radars et les systèmes d’interception modernes. Par ailleurs, la trêve de quatre ans avec Riyad leur a permis de se réarmer avec l’aide de l’Iran. Une personne informée de ces attaques a indiqué que les Houthis avaient utilisé des drones-vraisemblablement des modèles Samad-2 ou Samad-3, des drones de frappe à longue portée et à voilure fixe pour cartographier la portée des intercepteurs. Ils ont ensuite eu recours à des missiles de croisière, peut-être dérivés du modèle iranien Quds-4, ces engins volent plus bas et plus lentement tout en pouvant modifier leur trajectoire, ce qui les rend difficiles à détecter. «Un mélange de chance et de stratégie», a commenté une source au FT.
«Ce que nous observons actuellement donne à penser que les Houthis ont également acquis une précieuse expérience opérationnelle. Ils tirent les leçons de leurs attaques infructueuses, adaptent leurs tactiques et renforcent leur capacité à défier des systèmes de défense aérienne sophistiqués», a déclaré Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet de conseil Basha Report, basé à Washington.
Les Houthis ont également tiré parti des leçons apprises par l’Iran et ses alliés régionaux lors de leurs confrontations avec les États-Unis et Israël, notamment en ce qui concerne les frappes de missiles contre des bases militaires et des infrastructures critiques dans tout le Golfe. «Les Houthis et leurs soutiens iraniens ont appris une chose ou deux sur les forces et les limites des systèmes de défense aérienne occidentaux», a déclaré Basha.
Les défenses aériennes saoudiennes sont étendues et comprennent des systèmes Patriot et Thaad, des missiles sol-air, des drones intercepteurs, des réseaux de radars, des équipements de guerre électronique et même le Sky Shield, une arme laser à fibre optique de fabrication chinoise destinée à contrer les drones.
Les stocks de munitions se sont progressivement épuisés
Toutefois, l’approvisionnement en missiles intercepteurs constitue une variable critique, bien qu’ambiguë, selon les analystes. Depuis février, les États du Golfe se sont défendus contre les attaques de missiles iraniens en utilisant massivement les systèmes Patriot et Thaad or, il est de notoriété publique que les stocks actuels —bien que jalousement gardés secrets— sont faibles. Les États-Unis ont averti même leurs alliés les plus proches que les stocks de missiles intercepteurs Patriot étaient très limités, Washington privilégiant ses propres besoins militaires.
L’Arabie saoudite a vu la pression s’accentuer sur ses défenses aériennes car elle devait désormais anticiper les menaces venant à la fois de l’Iran, à l’est, et des Houthis, au sud, ce qui signifie, selon Des Roches, qu’il «faut diviser ses capacités par deux».
Robert Tollast, chercheur au Royal United Services Institute de Londres, a affirmé qu’avec une planification adéquate, les Houthis pourraient concentrer leurs tirs de missiles pour saturer les défenses, même celles de cibles pourtant bien protégées.
«Les Saoudiens se retrouvent dans la même situation que les Ukrainiens, les Israéliens ou les Américains. La production de ces intercepteurs est manifestement sous tension et il est difficile d’établir des priorités», explique-t-il.
M. Tollast a ajouté que la défense de l’Arabie saoudite était bien plus complexe que celle d’Israël, par exemple, en raison de la dispersion des bases militaires, des aéroports, des installations pétrolières et des villes sur un vaste territoire qu’aucun réseau de défense aérienne ne peut protéger intégralement.
Les attaques houthis menées à travers le pays s’inscrivaient dans une stratégie visant à disperser les moyens de défense aérienne saoudiens, a expliqué Sascha Bruchmann, chercheur basé à Bahreïn pour le groupe de réflexion International Institute for Strategic Studies (IISS). «Les insurgés vont cibler un élément important pour vous pendant plusieurs jours d’affilée, jusqu’à ce que vous commenciez à y déplacer des ressources limitées. Ils vous dispersent et vous forcent à déplacer vos moyens, pour ensuite frapper une autre cible qui vous est chère», a expliqué Bruchmann.
Selon Tollast, se défendre contre des attaques de missiles d’une telle ampleur implique de détruire les lanceurs situés en territoire houthi et cela nécessite une combinaison de collecte minutieuse de renseignements et de missions de frappe confiées à l’imposante flotte de chasseurs F-15 saoudiens, à l’instar de la manière dont les avions de combat américains et israéliens ont localisé et frappé des lance-missiles iraniens depuis les airs.
«C’est essentiellement un jeu de tape-taupe», a déclaré Tollast, soulignant que même les États-Unis et Israël avaient peiné à éliminer les lance-missiles mobiles iraniens, malgré le déploiement de moyens de surveillance satellitaire et de drones considérables.
On pense que les Houthis disposent de réseaux de grottes et de tunnels —naturels et artificiels— dans les zones montagneuses du nord du Yémen. Ils ont survécu à des années de frappes aériennes menées par l’Arabie saoudite et, plus récemment, à des campagnes de bombardements massives américaines et israéliennes.
L’Arabie saoudite s’est tournée vers ses alliés pour obtenir de l’aide. La France a annoncé le mois dernier l’envoi de soldats, de radars et de systèmes de défense pour protéger le terminal pétrolier de Yanbu tandis que le Royaume-Uni a accepté de fournir un avion de ravitaillement en vol afin de soutenir les activités défensives saoudiennes au Yémen.
L’offensive contre l’Arabie saoudite a également mis à l’épreuve un nouveau pacte de défense dit Pacte de la Mecque conclu avec la Turquie et le Pakistan. Le Pakistan, qui envoie depuis longtemps des troupes et des instructeurs militaires en Arabie saoudite, a dépêché des avions de chasse et des pilotes dans le royaume en avril pendant la guerre d’Iran battait son plein, tandis que la Turquie a déclaré fournir des «forces et capacités militaires» sans toutefois que cela n’inclue de troupes au sol.
Cependant, le principal partenaire de défense de l’Arabie saoudite semble, pour l’heure, faire preuve de moins d’engagement. Bien que le prince Mohammed ait appelé Donald Trump le mois dernier pour solliciter le soutien américain face aux insurgés, le président est resté évasif dans ses déclarations publiques quant à une éventuelle intervention. Selon les analystes, cette situation a suscité des tensions à Riyad alors même que Washington continue de fournir des renseignements et une aide au ciblage.
«Les États-Unis ont pour habitude de défendre des puissances plus faibles face à des puissances plus fortes mais il est difficile de se rappeler une époque où ils ont défendu des puissances plus fortes contre des puissances plus faibles. Leur attitude a été de dire aux Saoudiens: C’est votre rôle de vous défendre», a déclaré Jon Alterman, titulaire de la chaire Brzezinski pour la sécurité mondiale et la géostratégie au Center for Strategic and International Studies.
Cette photo réalisée par un photographe français (Cliché Vaguer) dans les années soixante au cimetière musulman de Ferryville, actuelle Menzel Bourguiba, représente deux fillettes devant la tombe d’un martyr tombé lors de la guerre de Bizerte, en 1961.
Nous remercions notre collègue et collaborateur Abdellatif Ben Salem qui nous l’a envoyée. Il l’avait trouvée, il y a quelques années, chez un antiquaire parisien et l’avait achetée pour sa valeur historique.
Le martyr dont la tombe est sur la photo s’appelle Mokhtar Ben Amor Ayari, né le 6 novembre 1934 et décédé sous les balles des soldats français le 19 juillet 1961. Il avait 27 ans et avait répondu à l’appel du devoir, comme des centaines d’autres martyrs tunisiens de cette guerre qui aurait pu être évitée si les responsables tunisiens et français de l’époque avaient fait parler non pas leurs ressentiments mais leur raison.
Trois députés LFI et un député écologiste ont été sanctionnés hier par le Bureau de l’Assemblée nationale pour avoir accusé la députée RN, Hélène Laporte, de raciste.
Lors de cette séance particulièrement houleuse, le 7 juillet dernier, Hélène Laporte…
Députée des Français établis hors de France, experte en cybersécurité et entrepreneuse, Amélia Lakrafi défend une conception exigeante de la justice, fiscale, sociale et climatique. Marquée par une expérience personnelle de la discrimination à l’embauche, elle plaide pour que la…
L’avant-première du film documentaire ‘‘Bourguiba – De Gaulle : Bras de fer à Bizerte’’, réalisé par Olfa Chakroun, est programmée pour le samedi 17 octobre 2026 à 10h30, au cinéma Africa à Tunis. Soixante ans plus tard, soldats français et forces tunisiennes brisent le silence. Soixante ans après, paras français et soldats tunisiens brisent le silence.
Cinq ans après l’indépendance tunisienne et un an avant celle de l’Algérie, la base navale française de Bizerte, qui contrôle l’accès au détroit de Sicile, devient un point de discorde majeur. Habib Bourguiba revendique sa rétrocession ; Charles De Gaulle refuse catégoriquement.
Ce documentaire est une investigation sur la guerre de Bizerte en 1961. Il fait parler, plus de soixante ans après, des paras français, des soldats tunisiens et plusieurs acteurs de la guerre.
Le film se concentre sur les enjeux historiques et mémoriels de la bataille, et se termine par un procès historique qui pointe l’immense responsabilité morale des politiques dans ce conflit : en quatre jours, l’attaque française tourne au massacre dans tout le gouvernorat de Bizerte, alors rempli de manifestants tunisiens, de bénévoles non armés et d’habitants.
Le documentaire développe le thème des lieux de la bataille à partir d’une investigation de terrain qui cherche la correspondance entre les témoignages des participants et l’image des lieux, d’hier dans les archives vidéo à aujourd’hui.
Les traces et les souvenirs de la guerre sont dispersés dans tout le gouvernorat : autour de la base aérienne de Sidi Ahmed, avec l’attaque terrestre des manifestants tunisiens par les paras français et l’attaque aérienne des soldats tunisiens dans les tranchées ; dans la ville de Bizerte, le quartier français, la Médina et la porte de Mateur, théâtres de combats de rue meurtriers où tombent manifestants, habitants, soldats tunisiens et bénévoles non armés ; à Ferryville, l’actuelle Menzel Bourguiba, où l’Arsenal compte ses victimes parmi les combattants non armés ; enfin à Menzel Abderrahmane et Menzel Jemil, avec le bombardement de la cimenterie et les pertes parmi les soldats tunisiens.
Le film retrace le déroulement des événements jour par jour, depuis les premiers préparatifs des forces tunisiennes et françaises jusqu’au cessez-le-feu et à l’intervention de l’Onu pour un retour au statu quo. Il décrit aussi la situation à Bizerte après le cessez-le-feu, durant un état de siège éprouvant de trois mois, puis le départ des Français de Bizerte et l’évacuation de la base le 15 octobre 1963, plus de deux ans après la bataille.
Derrière l’image convenue de la table en bois vernis, des costumes-cravates et des dossiers qui s’empilent, il y a une réalité amère : celle de nos infrastructures qui vieillissent, de nos chantiers qui s’éternisent, de nos équipements qui tombent en panne, et de nos citoyens qui voient les projets s’ouvrir, se prolonger, parfois changer d’ambition, sans toujours comprendre ce qui empêche leur aboutissement. Ce n’est pas seulement le béton qui se fissure ; c’est le lien de confiance entre l’État et le citoyen qui a craqué.(Photo: La place Barcelone à Tunis le jour de son inauguration après sa réhabilitation, en septembre 2025. Qu’est-elle devenue aujourd’hui ?)
Manel Albouchi *
Le 8 octobre 2026, la Commission des grands projets s’est réunie à la Kasbah pour examiner six dossiers majeurs, concernant notamment le stade olympique d’El Menzah, la protection de la colline de Sidi Bou Saïd, l’hôpital régional de Bir Ali Ben Khelifa, la centrale électrique de Borj El Amri, l’aéroport Tunis-Carthage et le port en eaux profondes d’Enfidha. Certains de ces projets, on en parle depuis dix, vingt, trente ans, comme le port en eaux profondes d’Enfidha, et ils sont toujours dans les cartons. Cette fois, comme d’autres fois auparavant, des décisions ont été prises, des marchés attribués, mais une question demeure : pourquoi est-il parfois si difficile de transformer une ambition publique affichée en résultat durable pour les citoyens ?
La cage des certitudes individuelles
Une administration peut réunir des cadres compétents, des responsables dévoués, pourtant le projet peut rester bloqué.
L’ingénieur signale le risque. Le juriste identifie la contrainte. Le financier attend la validation. L’entreprise suspend les travaux. Le ministre réclame une nouvelle note. Et, dans cette ronde administrative, la responsabilité du résultat final se dissout entre les responsabilités individuelles.
Pris isolément, chaque acteur protège son périmètre et a d’excellentes raisons d’agir ainsi. C’est l’un des paradoxes majeurs des grandes organisations : quand chacun répond strictly de son étape, personne ne répond nécessairement de l’arrivée.
En psychologie sociale, on parle de la dilution de la responsabilité ; un phénomène qui se conjugue au cloisonnement des services : chaque structure applique ses règles, poursuit ses objectifs et défend ses contraintes, tandis que la finalité commune perd en visibilité. La procédure bureaucratique, indispensable pour protéger l’intérêt général, devient alors un refuge face au risque de décision.
La question qu’on doit se poser est comment faire pour que le contrôle protège l’intérêt public sans rendre l’action impossible ?
Cela suppose non pas une signature supplémentaire dans un organigramme, mais une responsabilité effective : désigner un responsable de projet clairement identifié, doté d’un mandat réel, de moyens adaptés et d’un pouvoir d’arbitrage garanti.
De l’ambition au bruit d’un spectacle d’inauguration
L’impuissance organisationnelle ne se mesure pas seulement aux retards. Elle se manifeste parfois par une scénographie remarquable : la capacité d’isoler un sous-ensemble cosmétique d’un grand projet pour en faire un triomphe politique. C’est là que réside le malentendu démocratique majeur : une organisation publique ne doit pas être évaluée seulement sur sa capacité à annoncer, mais sur sa capacité à inaugurer le projet et à résoudre durablement le problème qui le justifiait.
Le projet de la réhabilitation de la Place Barcelone au centre-ville de Tunis en offre une illustration éclairante. À l’origine, le projet affichait une ambition métropolitaine : la création d’un grand pôle d’échange multimodal intégrant la réorganisation des lignes de métro léger, une gare routière souterraine, un parking enterré et la restructuration des flux de surface. Un projet d’infrastructure lourd, conçu pour désengorger durablement le cœur de la capitale.
Pourtant, au fil des blocages techniques, des contraintes financières et des arbitrages ajournés, le chantier de l’infrastructure souterraine s’est figé. C’est alors qu’est intervenue la magie de la résignation organisationnelle : redéfinir l’objectif à partir de ce que l’institution parvient encore à réaliser.
En septembre 2025, la Place Barcelone réhabilitée a été inaugurée en grandes pompes. Flashs des photographes, coupures de ruban, discours enthousiastes sous les nouveaux projecteurs et jaillissement inaugural des fontaines fraîchement rénovées. Officiellement, la capitale célébrait la «renaissance» d’un espace emblématique. Mais sous les vivats de la cérémonie et la verdure des nouvelles allées, la réalité fonctionnelle n’avait pas bougé d’un millimètre : les centaines de milliers d’usagers quotidiens continuaient de s’entasser aux mêmes arrêts saturés, sur la même dalle de surface, au milieu d’un nœud de transit inchangé.
On a fêté avec éclat la pose de bancs et le nettoyage de jets d’eau là où l’on avait promis une révolution des transports publics. La célébration a agi comme un anesthésique médiatique : on a substitué l’aménagement d’un square à la résolution d’un problème d’urbanisme lourd.
Or, installer un espace paysager au cœur d’un nœud ferroviaire et routier saturé, sans en avoir modifié la dynamique de transit, relève d’une illusion éphémère. Livré à la pression quotidienne d’une foule en transit et faute d’un plan de maintenance préventive sanctuarisé, un tel aménagement est condamné, à court terme, au piétinement, à la dégradation et au retour du désordre. L’inauguration en grandes pompes n’aura été que le vernis temporaire appliqué sur un renoncement structurel.
Il existe dans nos institutions une seconde faille : la fascination pour l’urgence.
Inaugurer un tronçon de route produit une image. Réparer une panne d’électricité en pleine nuit d’été fait un bon communiqué. Mais inspecter une conduite tous les six mois ? Assurer la maintenance préventive d’un scanner hospitalier ? Cela ne produit aucun récit, aucune médaille, aucun applaudissement.
Résultat : nous avons bâti un système qui récompense ceux qui éteignent les incendies, mais néglige ceux qui empêchent le feu de prendre. À force de reporter l’entretien ordinaire parce qu’il n’est «pas urgent», nous accumulons une dette invisible. Nous sommes tout simplement un pays qui passe son temps à courir derrière ses pannes.
Les leviers de la véritable souveraineté
La souveraineté d’un État ne se réduit pas à la prise de décision politique ou à la signature d’un décret. Elle réside dans sa souveraineté opérationnelle — c’est-à-dire sa capacité autonome à piloter, exécuter, entretenir et faire durer ses propres infrastructures publiques sans dépendre systématiquement de béquilles extérieures. Chaque fois que nous exportons l’exécution faute d’arbitrage interne, nous cédons une parcelle de notre autonomie d’action.
La différence ne réside pas dans la maîtrise technique ou la valeur de nos diplômes, mais dans l’architecture de la décision. Les systèmes qui réussissent là où nous bloquons s’appuient sur des leviers managériaux précis que nous devons d’urgence réintégrer :
Un responsable unique : désigner un pilote unique avec un périmètre clair, un calendrier et un mandat réels. Sa mission est de trancher les imprévus au fur et à mesure sans attendre qu’une chaîne interminable de validations ne paralyse le chantier.
Un seul référent institutionnel : établir une matrice explicite du qui décide, qui finance, qui exécute, qui contrôle et qui répond du résultat entre les ministères et les opérateurs publics, afin d’éliminer définitivement les zones grises où s’évapore la responsabilité.
Une évaluation par le résultat : évaluer la performance à la livraison effective et à la continuité du service, non à la conformité des seuls paraphes administratifs.
La maintenance préventive : la prévention doit devenir un indicateur politique majeur : la souveraineté se mesure à ce que l’on sait préserver des années après le départ des officiels.
La sécurité psychologique : créer un cadre où l’initiative responsable est encouragée et distinguée de la faute intentionnelle. Une organisation qui frappe indistinctement l’erreur de bonne foi et l’inertie condamne ses agents à la suspicion, à la peur de la sanction et au refuge procédural.
Si nous ne réformons pas notre chaîne de décision sur la base de ces leviers, nous continuerons de céder notre souveraineté opérationnelle, faute d’avoir su offrir à notre propre intelligence collective les moyens d’agir et de durer.
Une infrastructure n’est pas seulement une masse de béton, d’acier ou quelques mètres carrés de gazon inaugurés en musique : elle est le visage concret d’une promesse collective.
Dans notre rapport à l’action publique, je vois que nous ressemblons parfois à ces couples qui dépensent une fortune pour la cérémonie d’un mariage grandiose sous les projecteurs, mais dont l’union s’effrite en quelques mois, faute d’avoir su construire le soin, la maturité et le dialogue du quotidien. L’inauguration en grandes pompes est notre mariage-spectacle : on y célèbre l’illusion d’une réussite éphémère, tout en abandonnant la maintenance ordinaire et l’écoute du terrain.
Je crois que les blocages techniques ne sont que le symptôme de liens relationnels abîmés. Reconstruire nos infrastructures nécessitera une véritable alliance publique. Il s’agit de sortir du cercle névrotique où la peur du blâme paralyse l’administrateur, où la rigidité du contrôle bloque l’ingénieur, et où le renoncement de l’institution finit par désespérer le citoyen.
Il est venu le temps de faire converger les expertises, de sanctuariser la maintenance préventive et de privilégier la pérennité du service rendu sur le spectacle éphémère du ruban coupé. Et de rendre la considération au citoyen, non comme un spectateur ou un usager passif, mais comme un partenaire du cadre commun.
La solidité d’une nation ne se mesure pas au faste des cérémonies d’un jour ni au nombre de rubans coupés sous les projecteurs. Elle se mesure à la patience de ce qu’elle entretient, à la dignité de ce qu’elle répare avant la rupture, et à la continuité du service qu’elle garantit à ses citoyens.
* Psychologue, consultante en psychologie organisationnelle.
Secrétaire d’Etat à la Présidence (juillet 1957 – novembre 1969) et Secrétaire d’Etat à la Défense (juillet 1957 – juin 1966), considéré un temps comme le numéro deux du régime, il a été un acteur important de la bataille de la base navale de Bizerte et de son évacuation, il y a soixante-trois ans, le 15 octobre 1963.
« Mission accomplie ». Nombre de Tunisiens, qui ont vécu l’évacuation de la base navale de Bizerte, le 15 octobre 1963, se souviennent, sans doute, de cette phrase prononcée, à l’endroit du premier président de la République, Habib Bourguiba, sur le quai de cette base. Une phrase qui marque la fin d’une présence définitive de l’armée française en Tunisie de quatre-vingt-deux ans, qui avait commencé, en mai 1881. L’évacuation de la base navale de Bizerte étant intervenue effectivement sept ans après l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956.
L’auteur de cette phrase n’est autre que Bahi Ladgham, alors Secrétaire d’Etat à la Présidence et Secrétaire d’Etat à la Défense, qui communiquait au téléphone avec Habib Bourguiba. Le même jour, Bahi Ladgham avait hissé le drapeau tunisien dans la base de Bizerte. En présence d’« une petite foule, qui a envahi le port, entonnant l’hymne national tunisien et lançant des « Yahya Bourguiba ! » (« Vive Bourguiba ! ») Un acte hautement symbolique d’une souveraineté retrouvée d’une base militaire que la France ne comptait pas lâcher. Mais que Bourguiba a voulu, coûte que coûte, récupérer.
Le même jour, Bahi Ladgham avait hissé le drapeau tunisien dans la base de Bizerte. En présence d’ « Une petite foule, qui a envahi le port, entonnant l’hymne national tunisien et lançant des « Yahya Bourguiba ! » (« Vive Bourguiba ! »)
La présence de Bahi Ladgham sur les lieux était du reste une juste consécration d’un parcours militant pour l’indépendance commencé dans les années trente du siècle dernier. Originaire de Libye, comme l’était du reste le père de l’indépendance de la Tunisie, Bahi Ladgham était de tous les combats contre la colonisation française. Un parcours émaillé d’arrestations et de séjours en prison. A commencer par son engagement dans les manifestations contre le Congrès eucharistique mondial de Carthage, en mai 1930. « À l’occasion du centenaire de la colonisation française de l’Algérie, un symbole pour une Église impliquée dans le processus colonial ».
Bahi Ladgham a failli même être exécuté
Il connaîtra même le bagne d’El Harrach, en Algérie, réputé pour être un lieu de détention des plus humiliants, servant de centre de détention et de transit, notamment pour les condamnés aux travaux forcés ou les opposants politiques et nationalistes à l’époque coloniale française. Bahi Ladgham a même failli être exécuté dans une affaire d’attentat à la bombe organisé contre le mur de l’enceinte de la caserne militaire de La Kasbah.
Militant, donc, de la première heure, il jouera un rôle dans l’action du Néo-destour, dont la participation à la création de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA). De même, il a touché au journalisme militant en assurant la rédaction en chef du journal « Mission », dont le directeur n’est autre que son successeur, en 1970, à la tête du Premier ministère.
Bahi Ladghamconnaîtra même le bagne d’El Harrach, en Algérie, réputé pour être un lieu de détention des plus humiliants, servant de centre de détention et de transit notamment pour les condamnés aux travaux forcés ou les opposants politiques et nationalistes à l’époque coloniale française.
Le « verrou de la Méditerranée »
Secrétaire d’Etat à la Présidence (juillet 1957 – novembre 1969) et Secrétaire d’Etat à la Défense (juillet 1957 – juin 1966), considéré un temps comme le numéro deux du régime, il a été un acteur important de la bataille de Bizerte, commencée en juillet 1961, lorsque la France décide de prolonger les pistes de la base aérienne de Sidi Ahmed – « ce qui ressemblait à une installation définitive » – le président tunisien Habib Bourguiba décide d’aller de l’avant. En usant d’« une stratégie mêlant pression populaire, blocus militaire et diplomatie internationale ».
En réussissant à faire plier la France qui considérait la base navale de Bizerte comme le “verrou de la Méditerranée“ . En effet, « située à la pointe nord de l’Afrique, la base fait directement face au détroit de Sicile. Pour les stratèges militaires français, contrôler Bizerte, c’était contrôler le passage maritime obligé entre le bassin occidental et le bassin oriental de la Méditerranée », soutiennent des récits historiques de l’époque.
Après l’annonce de sanctions contre la CPI, les ONG appellent à une réaction mondiale pour soutenir cette institution. Des eurodéputés tentent d’organiser la résistance.
En bref
Les États-Unis ont annoncé des sanctions contre la Cour pénale internationale le 9 octobre.…
Le mercredi 14 octobre 2026 s’est tenu à Hambourg, le premier jour du procès de l’ancien officier Serhii K, qui est accusé du sabotage des gazoducs. Auparavant, en 2022, en France et en Europe, les gouvernements et les médias ont…