Normale Ansicht

Kaïs Saïed appelle à un partenariat Tunisie–UE « plus équilibré et plus juste »

31. August 2026 um 21:00

Le président de la République Kaïs Saïed a reçu, le 31 août à Carthage, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul. Il a salué la longévité et la profondeur des relations tuniso-allemandes, tout en appelant à réviser plusieurs accords, notamment le partenariat Tunisie–UE, pour le rendre plus équilibré et plus juste.

Le communiqué de la présidence de la République précise que Kaïs Saïed a notamment insisté sur la nécessité de réexaminer de nombreux accords, parmi lesquels, et non des moindres, l’accord de partenariat conclu entre la Tunisie et l’Union européenne, en œuvrant à ce que cet accord soit plus équilibré et plus juste.

 

Lire aussi : TRIBUNE – Tunisie-Allemagne : de la coopération à la coproduction, le nouveau pacte de souveraineté

 

Il a également réaffirmé la volonté de la Tunisie de renforcer davantage la coopération entre les deux pays, en particulier dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la formation professionnelle, de l’énergie et de l’innovation technologique.

Le chef de l’État a par ailleurs évoqué la question de la transformation des prêts en investissements, soulignant que la nation n’en a pas bénéficié ou qu’une grande partie des fonds a été détournée, tandis que le peuple tunisien en supporte un coût élevé.

Enfin, il a appelé à de nouvelles conceptions internationales fondées sur la liberté et la justice pour garantir la  stabilité et la sécurité.

L’article Kaïs Saïed appelle à un partenariat Tunisie–UE « plus équilibré et plus juste » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Algérie : Tebboune veut rétablir la peine de mort contre les pyromanes

31. August 2026 um 12:25
Suite aux incendies meurtriers, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ordonné le rétablissement de la peine de mort contre les pyromanes.   En bref Abdelmadjid Tebboune veut rétablir la peine de mort contre les pyromanes. Le Code pénal doit être…

L’article Algérie : Tebboune veut rétablir la peine de mort contre les pyromanes est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

L’Algérie, telle qu’elle doit s’assumer, légataire du fardeau colonial

31. August 2026 um 12:08

L’auteur réagit ici à la réponse du Dr Abderrahmane Cherfouh intitulée L’Algérie face à l’histoire : De la souveraineté à la reconquête à un précédent article qu’il avait publié dans Kapitalis : Tunisie : du souverainisme à la question numide.

Dr Mounir Hanablia *

Suite à l’intervention de mon collègue algérien, qui semble avoir perdu  le fil de l’essentiel de mon précédent écrit, à savoir le caractère inutile et nuisible d’une guerre du gaz entre nos deux pays, ou bien d’entreprises qui pourraient remettre en cause leur intégrité territoriale mutuelle, et qui finit  par se lancer dans un récit apologétique dénué d’intérêt sur l’Histoire de l’Algérie contemporaine,  je me dois de rappeler que beaucoup de nations ne furent que les conséquences du fait colonial. Leurs citoyens doivent-ils pour autant porter cela comme une marque d’infamie ? L’Inde est une création anglaise. Aucun Indien ne le niera aujourd’hui, pas plus qu’aucun Pakistanais. Pourtant lors de la bataille de Plassey en 1757, l’Inde possédait les attributs au moins nominaux de l’État unitaire, même si celui-ci miné par les sécessions n’était plus que l’ombre de lui-même.

Un bébé né d’un viol

L’Algérie aujourd’hui est un état libre et indépendant reconnu par la communauté internationale. Et nul ne prétend minimiser l’ampleur du combat héroïque de son peuple contre le colonialisme. Cela n’est nullement antinomique avec la réalité que ce pays, dépourvu à l’origine d’Etat unitaire, ait été réunifié bon gré mal gré par la puissance destructrice de l’armée française. C’est un fait, même si la France n’avait aucun droit légitime à occuper un sol qui ne lui appartenait pas.

Si les gouvernements européens ont établi entre eux des protocoles et des droits de conquête fondés sur des traités inégaux ou illégaux signés avec des chefs indigènes pour légitimer leurs entreprises respectives, cela ne constitue pas un argument valable pour justifier une conquête, tant bien même la négation ou l’absence d’un État en servirait de couverture juridique. Mais quand le bébé est né d’un viol, il faut avoir le courage de le reconnaître, et non pas prétendre à la légitimité du mariage. Et que les colonialistes usent de cet argument pour nier tout droit algérien à l’indépendance ne signifie pas plus qu’ils aient raison de le faire, face à la reconnaissance internationale. Et celle-ci se rapporte à l’Onu, créée par le Président Roosevelt et consolidée par Truman, avec l’assentiment de l’URSS. Et lorsque la Tunisie, l’Algérie et le Maroc sont passés à l’indépendance, celle-ci n’est devenue effective que par la communauté internationale.

En 1943 à Casablanca c’est un fait que le Président Roosevelt ait promis l’indépendance au Sultan Mohamed V et que à la suite de cela les agents américains aient diffusé la bonne nouvelle sur la fin proche du colonialisme français chez les leaders indépendantistes maghrébins.

La protection conférée par Robert Murphy à Bourguiba contre les représailles françaises pour ses contacts avec les Italiens ne démentira certes pas cette réalité. 

Le rôle américain dans la décolonisation du Maghreb

Le statut de l’Algérie demeure particulier du fait de l’intégration du territoire algérien à la France. Et si Messali Hadj fut le véritable père de l’indépendance algérienne, il n’en a pas moins été renié et combattu par le Front de libération national (FLN) algérien. Il est vrai que ses tendances socialisantes ne l’auraient pas fait considérer d’un bon œil de la part des Américains.

Or au moment du débarquement américain en Afrique du Nord, le FLN n’existait pas encore. Ferhat Abbès, fondateur de l’Union démocratique du Manifeste algérien et futur président du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), lui, écrivait quelques années auparavant : «J’ai erré parmi les cimetières, la nation algérienne n’existe pas, notre avenir est avec la France».

Ainsi on ne peut pas prétendre que l’indépendance du Maghreb ait été l’œuvre de Roosevelt et je ne l’ai pas fait. Par contre sans les pressions américaines il est fort probable que la France n’eût pas quitté au moins l’Algérie, tout comme l’Allemagne n’eût pas évacué la France.

Naturellement l’historiographie indépendantiste algérienne prétend que ce départ des Français s’est opéré sous la pression militaire des fellagas. Rien ne le prouve. Outre que cela est nié par de nombreux Français, en particulier les militaires, ce qui est naturel, il n’y a pas eu de Dien Bien Phu algérien.

Ce qui est admis ailleurs que dans le discours officiel algérien, c’est que les combattants algériens de l’intérieur aient été écrasés dans des opérations d’encerclement, par exemple celle dite Courroie, après avoir été enfermés grâce à ligne Morrice qui a coupé leurs approvisionnements et les lignes de communication avec la Tunisie.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a entraîné le putsch des généraux contre De Gaulle en avril 1961 qui ne comprenaient pas les raisons de quitter l’Algérie alors que les opérations militaires tournaient à leur avantage contre les résistants algériens. Ceux qui ont survécu ont été les combattants massés à la frontière et que les lignes de haute tension déployées depuis Tabarka jusqu’au Sahara ont empêchés de traverser. Cela a d’ailleurs provoqué des frictions entre les maquis de l’intérieur et l’armée des frontières commandée par le colonel Boumediene accusé d’être un planqué.

Donc sans prétendre que les Algériens n’aient pas lutté pour leur indépendance, il n’en demeure pas moins que l’élément décisif a été la volonté américaine de liquider les colonies anglaises et françaises, non dans un souci de liberté, mais pour ouvrir ces pays au commerce et à l’influence américains.

Le cas d’Israël prouve bien à l’inverse que le soulèvement populaire et la lutte pour l’indépendance nationale seuls aussi légitimes soient ils ne suffisent pas à abattre une puissance coloniale.

Pour en revenir à l’Etat algérien tel que nous le connaissons, qu’il ait été forgé par le fer et par le sang ainsi que je l’ai indiqué, ne signifie nullement que Bugeaud et le Duc d’Aumale eussent été de grands hommes. Evoquer cela ne laisse d’autre opportunité aux détracteurs de la fiction nationaliste algérienne que d’apparaître comme des colonialistes. Houcine Ait Ahmed, l’un des chefs historiques du FLN, tout comme Krim Belkacem, auraient-ils donc été des colonialistes pour s’être opposés au Clan de Oujda ?

Je me refuse à entrer dans ce sujet qui m’apparaît témoigner d’une volonté de détournement du cœur du débat, à savoir si l’Etat algérien actuel est bien le successeur de celui dont l’armée de Massu et de Salan a constitué un des piliers fondamentaux.

Afin de répondre à cette question, et indépendamment de celle des frontières issues de la colonisation française, que Bourguiba, conscient des réalités, a choisi de régler définitivement avec une grande sagesse, il m’apparaît nécessaire de rappeler qu’en 1991 alors que le Front islamique du salut (Fis) gagnait les élections, éventualité dont je reconnais volontiers le caractère funeste pour l’Algérie et le Maghreb dans son ensemble, c’est bien l’armée algérienne appelée à la rescousse par des intellectuels se qualifiant de démocrates qui a mis fin au processus électoral et engagé le pays dans la décennie noire. Aurait-elle été en droit de le faire sans l’emprise exercée sur le régime qui n’en était que l’émanation ?

Le déroulement de la lutte contre-insurrectionnelle, ou si vous voulez antiterroriste, a apporté la preuve que les méthodes utilisées ne différaient en rien de celles utilisées par l’armée coloniale pour écraser la résistance algérienne, depuis la guerre psychologique, la bleuite et les faux maquis, jusqu’à la torture et aux liquidations extrajudiciaires.

La guerre d’Algérie a été loin du stéréotype Maghrébin contre Français

Je vous invite à ce sujet à lire le livre de Habib Souaïdia un ex officier du DRS, ‘‘La sale guerre’’, ainsi que les comptes-rendus du procès en diffamation après une plainte déposée auprès du parquet de Paris par le Général Khaled Nezzar. Un autre livre, ‘‘Françalgérie, crimes et mensonges d’Etat’’ de Louis Aggoun et Jean Baptiste Rivoire, éclairera sur tous les liens occultes entretenus par les élites de la métropole et celles du nouvel Etat algérien indépendant, loin des mystifications et de la langue de bois, dans le cadre des accords d’Evian, cela va sans dire, qui n’étaient que les obligations contractées par le nouvel Etat vis-à-vis de l’ancienne puissance occupante.

Si d’aucuns s’estiment offensés par le rappel de ces réalités, c’est plutôt à leurs dirigeants qu’ils doivent en faire reproche, plutôt que les nier.

Il n’empêche ! En tant que Tunisien, j’ai beaucoup d’admiration pour Mustapha Ben Boulaïd, Larbi Ben M’hidi, Abane Ramdane, Djamila Bouhired, ou Yassef Saadi. J’ai en ai aussi pour le Docteur Cholet et sa femme qui cachaient les deux résistants kabyles Krim Belkacem et le capitaine Ouamrane dans leur voiture et risquaient d’être arrêtés et exécutés par les Parachutistes. Tout comme j’ai de l’admiration pour l’aspirant Maillot ou bien l’instituteur Maurice Labbene, cet ancien internationaliste d’Espagne fondateur du maquis rouge dans l’Ouarsenis, et qui sont morts en patriotes algériens dans un accrochage avec les harkis du bachaga Boualem au service de l’armée coloniale française.

Cela démontre combien la guerre d’Algérie a été loin du stéréotype Maghrébin contre Français. L’Histoire de l’Algérie m’intéresse donc même si mon interprétation en est différente. Je n’ai à ce sujet pas de complexe. Les Hambli se trouvent de part et d’autre de la frontière algéro-tunisienne et Ali Hambli un résistant qui ne voulait pas tenir le rôle à lui assigné a été liquidé par le FLN avec la complicité des autorités tunisiennes qui le trouvaient trop proche de ses propres fellagas. Ma grand-mère paternelle était originaire d’au-delà la frontière, tout comme mon aïeule maternelle. Mon grand-père maternel a exercé la médecine pendant de nombreuses années en Algérie, à Souk Ahras, et après la guerre sa maison a été confisquée par le FLN qui en a fait une bibliothèque. Il n’a jamais pu se faire dédommager. Mais cela ne pèse d’aucun poids dans ma réflexion. Je n’en demeure pas moins convaincu que tout comme les peuples sont les seuls à même de choisir les dirigeants qui les gouvernent sans aucune interférence extérieure,  la Tunisie et l’Algérie, tout comme le Maroc, sont appelés à plus de coopération pour faire face à un environnement international de plus en plus hostile.

* Médecin de libre pratique. 

L’article L’Algérie, telle qu’elle doit s’assumer, légataire du fardeau colonial est apparu en premier sur Kapitalis.

Diplomatie : le ministre allemand des AE, Johann Wadephul, à Tunis

31. August 2026 um 11:50

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, effectue, lundi 31 août 2026, une visite en Tunisie, au cours de laquelle il s’entretiendra avec le président de la République, Kaïs Saïed, ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti.

Le chef de la diplomatie allemande rencontrera également des représentants du secteur privé, y compris des startups tunisiennes.

Selon l’ambassade d’Allemagne à Tunis, sa visite est axée sur les relations entre les deux pays, qui célèbrent cette année le 70e anniversaire de leur établissement.

L’article Diplomatie : le ministre allemand des AE, Johann Wadephul, à Tunis est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Tunisie | Une mise sous tutelle onusienne temporaire ?

31. August 2026 um 07:30

La Tunisie étant incapable de s’administrer correctement, faudrait-il un mandat du type SDN ou de tutelle, type Onu, en assurant temporairement la gestion ?

Faïk Henablia *

Le plus grave et le plus inquiétant dans cet état de délabrement atteint par le pays est l’absence totale de perspective d’amélioration en raison du déni dont font preuve les autorités, préférant incriminer, encore et toujours on ne sait quel complot.

Un pays non géré 

Faut-il être atteint de cécité pour ne pas se rendre compte de l’incompétence au sommet de l’État ? 

Rares sont les domaines dans lesquels celle-ci ne se manifeste pas, que ce soit dans l’impuissance à protéger les frontières et à contenir l’invasion des immigrés illégaux Sub-sahariens, dans l’incapacité de fournir un système correct d’éducation et de santé publiques, dans celle de contenir une inflation galopante, dans celle de maintenir un minimum de propreté environnementale ou sur la voie publique et, maintenant, dans celle de tout simplement fournir un débit correct d’eau et d’électricité au pays.

Un déni officiel de la réalité

Face à cette situation peu reluisante, et plutôt que de prendre le problème à bras le corps, en présentant au pays un plan d’action convaincant en vue de le traiter, apparitions présidentielles nocturnes et quasi spectrales, çà et là, mises à part, le pouvoir oppose le déni de la réalité, fustigeant, encore et toujours, on ne sait quel complot, naturellement ourdi par «ceux que vous savez» en vue de déstabiliser le pays. Pour lui il n’y aurait pas pénurie d’eau minérale et les coupures d’eau et de courant seraient préméditées, (encore heureux qu’elles le soient, cela s’appelle des délestages et vise à prévenir une panne généralisée). 

Quelque regrettable que soit l’attitude de certaines élites, pas loin de partager ce point de vue, le pire n’est pas là ; il est dans l’absence totale de perspective d’amélioration que cette attitude de déni laisse entrevoir car pourquoi résoudre un problème s’il n’existe pas ?

Autrement dit, circulez, il n’y a rien à voir.

Comment sortir du blocage ? 

A l’issue de la première guerre mondiale, la SDN avait confié à des puissances coloniales des mandats d’administration sur des territoires «non encore capables de se diriger eux-mêmes»

Cette disposition a été reprise par les chapitres XII et XIII de la charte de l’Onu, relatifs au régime international de tutelle. Si ce type de tutelle a été suspendu, sa mission historique dans certains territoires africains et du pacifique, achevée, l’Onu n’en a pas moins, parfois, administré des territoires de façon temporaire, l’exemple le plus récent étant celui du Kosovo.

Si la Tunisie a été, jusqu’à un passé récent, fort capable de s’administrer, et parfois avec brio, force est de constater, non seulement qu’elle ne l’est plus, mais, plus grave, qu’elle n’entend pas l’être, car comment, alors, interpréter autrement cette attitude de déni systématique, ce refus de reconnaître la plongée sans fin vers les abîmes ?

Que les détenteurs du pouvoir se rassurent, une tutelle temporaire ne vaudrait que pour la gestion économique et n’affecterait nullement leur repos bien mérité au sommet de l’État, à moins que cette suggestion, bien entendu, en forme de boutade, ne serve à les réveiller afin de s’atteler sérieusement au redressement du pays. 

* Ex-gérant de portefeuille. 

L’article Tunisie | Une mise sous tutelle onusienne temporaire ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Changer les hommes sans changer de cap n’est qu’une illusion d’optique

31. August 2026 um 06:51

Dans le tumulte des crises qui s’entrecroisent, comme c’est le cas aujourd’hui en Tunisie, l’opinion publique s’épuise souvent à guetter le bal des visages. On espère le sauveur, on scrute le prochain remaniement, on parie sur les noms. Pourtant, la science de l’État nous enseigne une vérité plus austère : changer les hommes sans changer de cap n’est qu’une illusion d’optique, un sursis que l’on s’achète à l’aube du naufrage.

Elyes Kasri *

Face à une crise polymorphe, là où tout s’effondre en cascade, la véritable urgence n’est pas de redistribuer les portefeuilles, mais de rebâtir la doctrine.

1- Le courage de la clarté et du mandat populaire : une feuille de route ne peut plus se réduire à une gestion comptable des urgences de la veille. Sortir de la tempête exige un programme lisible, mais surtout porté par un mandat populaire indiscutable. Aucune réforme d’envergure ne peut être imposée par la seule force des décrets, surtout lorsqu’elle porte en elle sa part d’amertume et de pénibilité.

C’est cette adhésion démocratique initiale qui transforme la contrainte en un effort collectif consenti. Sans cette racine, toute mesure est perçue comme une violence institutionnelle et se heurte, tôt ou tard, au mur du rejet.

2- Une vision d’avenir partagée et une exécution équitable, les deux chevaux d’un même attelage : on ne demande pas à une nation de traverser un désert sans lui montrer la terre promise, pas plus qu’on ne peut lui imposer des sacrifices s’ils ne sont pas partagés. La vision d’avenir et l’équité de l’exécution sont les deux chevaux d’un même chariot : ils doivent avancer dans la même direction et à la même cadence. Si l’un flanche ou s’égare, c’est tout l’attelage qui se renverse. La rigueur des réformes ne devient tolérable que si elle sert une ambition commune.

Mais ici, le premier réflexe sera inévitablement l’appréhension. La mémoire collective reste marquée par les mauvais souvenirs des libéralisations passées, ces époques où l’effort demandé s’est dissous dans les dérapages du népotisme, du régionalisme et du clientélisme.

Pour que le fardeau soit accepté aujourd’hui, il faut rompre avec ces spectres. Chaque citoyen doit avoir la certitude absolue que les privilèges sont abolis, les passe-droits bannis, et l’action publique est menée avec une probité obsessionnelle. L’équité n’est pas seulement une valeur morale, c’est le seul remède au poison du soupçon.

3- Une diplomatie tous azimuts face au fracas du monde : cette exigence de justice interne ne peut se concevoir en vase clos. Elle se déploie au cœur d’un voisinage immédiat fébrile et d’une scène internationale d’une extrême volatilité. Face aux secousses géopolitiques, le salut ne réside plus dans les alignements passifs, mais dans une diplomatie tous azimuts, résolument tournée vers le développement et le partenariat international.

C’est en affirmant cette souveraineté pragmatique que la Tunisie pourra enfin réaliser son potentiel historique : s’ériger en véritable hub régional de services et en pôle d’excellence pour ses compétences à haute valeur ajoutée.

4- Des compétences requises et octroyées : diriger par temps calme réclame des gestionnaires ; gouverner le chaos exige des architectes du risque. Les profils requis aujourd’hui doivent posséder une ingénierie systémique, capable d’articuler cette vision internationale avec les réalités nationales, et de comprendre comment un arbitrage budgétaire résonne dans le tissu social, aujourd’hui et demain.

Mais le talent n’est rien sans le pouvoir d’agir. Exiger des résultats d’une équipe sans lui octroyer les leviers institutionnels réels et l’autonomie d’exécution face aux lourdeurs bureaucratiques est un contresens tragique. Sans ces compétences octroyées, le meilleur des programmes reste une lettre morte.

Le débat ne doit donc plus porter sur qui occupera le siège, mais sur la force de la méthode, l’honnêteté de l’exécution et la clarté du dessein démocratique. Ce ne sont pas les chiffres seuls qui redressent un pays, c’est la confiance retrouvée d’un peuple qui se sait enfin respecté, écouté et guidé de manière équitable. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que la Tunisie retrouvera la stature historique qui lui revient et regagnera son rayonnement international.

Notre crédibilité dans le monde se mesurera à la solidité de notre cohésion et à la clarté de notre cap.

* Ancien ambassadeur.

L’article Changer les hommes sans changer de cap n’est qu’une illusion d’optique est apparu en premier sur Kapitalis.

Aurélien Maillet est le nouveau consul général de France à Tunis

29. August 2026 um 19:54
Screenshot

Aurélien Maillet est le nouveau consul général de France à Tunis. Sa nomination, qui succède à Dominique Mas – appelé à d’autres fonctions -, a été actée par un décret du président Emmanuel Macron signé le 27 juillet 2026 et publié au Journal officiel le 29 juillet.

Secrétaire des affaires étrangères, Aurélien Maillet occupait jusque-là le poste de chargé de mission auprès du directeur d’Asie et d’Océanie au ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, une fonction confirmée par plusieurs actes de délégation de signature publiés au Journal officiel en 2025 et 2026. Il avait intégré le corps des secrétaires des affaires étrangères en 2012 comme stagiaire à l’issue du concours interne, avant d’être titularisé l’année suivante.

Sa prise de fonctions intervient dans un contexte où le Consulat général de France à Tunis reste un point de contact essentiel pour la communauté française de Tunisie, en particulier pour les services consulaires et l’accompagnement des ressortissants.

Le 16 août, Laurent Caizergues, conseiller des Français de l’étranger pour la Tunisie et la Libye, lui a souhaité la bienvenue dans un message insistant sur la nécessité de maintenir un dialogue constructif entre le Consulat, les élus et les acteurs de terrain. Il a souligné que les attentes des Français établis en Tunisie et en Libye demeuraient nombreuses, et que la qualité de ce dialogue conditionnerait la capacité à y répondre.

Cette nomination s’inscrit plus largement dans une série de désignations de consuls généraux français actées par décrets du 27 juillet 2026 et publiées au Journal officiel du 29 juillet.

L’article Aurélien Maillet est le nouveau consul général de France à Tunis est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Pénurie d’eau embouteillée | Mais que fait le gouvernement ?  

29. August 2026 um 12:10

On n’avait jamais vu cela en Tunisie. C’est dégradant et humiliant : ces longues files d’attente devant les magasins et les supermarchés pour acheter de l’eau minérale embouteillée, ou encore cette vidéo circulant sur les réseaux sociaux et qui montre des citoyens dévalisant un camion transportant des bouteilles d’eau minérale opportunément bloquée dans un embouteillage, sans jeu de mot de mauvais goût. Si elle a prouvé quelque chose, cette pénurie en pleine canicule estivale a levé le voile, s’il en est encore besoin, sur l’incompétence crasse des gouvernants et l’arrogante indiscipline des gouvernés, souvent animés par linstinct et rarement par la raison.

Latif Belhedi

Pourtant, les unités tunisiennes de production et d’embouteillage d’eau minérale tournent à plein régime pour tenter de normaliser l’approvisionnement du marché, encore marqué par des pénuries dans de nombreux points de vente.

C’est ce que ne cesse d’affirmer la Chambre syndicale nationale des producteurs de boissons non alcoolisées (affiliée à l’Utica), selon laquelle la demande a augmenté d’environ 30 % cet été par rapport aux niveaux habituels, principalement en raison des vagues de chaleur à répétition.

À cette hausse exceptionnelle de la consommation se sont ajoutées des coupures d’électricité dans plusieurs régions du pays, entraînant l’arrêt temporaire des lignes d’embouteillage pour des durées variables.

La conjonction de ces deux facteurs a également conduit à l’épuisement des stocks de sécurité constitués durant l’hiver précisément pour faire face au pic de la demande estivale.

Cherchez les responsables !

La Chambre assure que la capacité de production nationale est désormais mobilisée au maximum et qu’un suivi continu de la situation est assuré grâce à des réunions entre les producteurs, le ministère du Commerce et du Développement des exportations, ainsi que l’Office national du thermalisme et de l’hydrothérapie.

Les quantités disponibles sont acheminées vers les différentes régions en fonction des besoins, sous la supervision des directions régionales du Commerce, nous assure-t-on.

Les producteurs rejettent par ailleurs les accusations, relayées notamment sur les réseaux sociaux, selon lesquelles une partie des bouteilles serait délibérément retenue pour alimenter la pénurie ou à des fins spéculatives. Selon la Chambre, une telle stratégie de stockage ne serait pas économiquement rentable, car la demande devrait diminuer progressivement avec la baisse des températures dans les semaines à venir, ramenant l’offre à un niveau supérieur aux besoins du marché.

Les difficultés d’approvisionnement des consommateurs perdurent depuis plusieurs semaines et se sont révélées particulièrement marquées au cours d’un été également caractérisé par des interruptions fréquentes de la distribution d’eau potable.

Le secteur compte actuellement 31 unités d’embouteillage, avec une capacité globale déclarée d’environ 520 000 bouteilles par heure. Ces derniers jours, le président Kaïs Saïed a visité des unités de production et d’embouteillage à Oueslatia, dans le gouvernorat de Kairouan, s’attardant notamment sur les difficultés liées à la distribution. Pour lui, le produit existe en quantités suffisantes, mais ce sont des spéculateurs qui provoquent les pénuries et complotent contre l’Etat.

Depuis cette visite, la situation ne s’est pas améliorée, au contraire, la pénurie est devenue encore plus aiguë. C’est à se demander à quoi servent ces visites officielles qui sont rarement suivies de décisions concrètes qui aident à régler les problèmes constatés. Cela rappelle la célèbre phrase d’un ancien chef de gouvernement, Hamadi Jebali en l’occurrence, qui, en 2012, constatant les dysfonctionnements du système d’évacuation dans un quartier populaire de Tunis, s’était exclamé devant les caméras : «Mais que fait le gouvernement ?» C’est justement la question que se posent depuis toujours les Tunisiens sans y trouver de réponse.

L’article Pénurie d’eau embouteillée | Mais que fait le gouvernement ?   est apparu en premier sur Kapitalis.

Géopolitique et supplychains : l’IA, nouveau bouclier de résilience – une opportunité pour le Maghreb

29. August 2026 um 09:05

Détroits sous tension, conflits régionaux, dépendances énergétiques : les chaînes d’approvisionnement mondiales évoluent dans un environnement de plus en plus instable. Pour les économies du Maghreb, cette reconfiguration n’est pas qu’une menace : elle ouvre aussi une fenêtre, celle du nearshoring vers la rive sud de la Méditerranée.

 

Pendant plusieurs décennies, les chaînes d’approvisionnement mondiales se sont structurées autour d’un objectif dominant : l’optimisation des coûts. Ce modèle révèle aujourd’hui ses limites. La pandémie de COVID-19 a constitué un premier choc systémique, suivi d’une succession de perturbations : guerre en Ukraine, tensions énergétiques, instabilités au Moyen-Orient, blocages maritimes récurrents. Les supplychains ne sont plus exposées à des risques ponctuels, mais à des chocs multiples et interdépendants.

L’ampleur de cette vulnérabilité est mesurable : selon Gartner (2024), 68 % des entreprises ont subi une perturbation supplychain sévère ou modérée en un an. La crise de la mer Rouge en est l’illustration la plus récente : depuis fin 2023, plus de 80 % des porte-conteneurs empruntant le canal de Suez ont dû se dérouter vers le cap de Bonne-Espérance, allongeant les délais de livraison de 7 à 10 jours (Banque mondiale, 2024). La résilience est devenue le premier critère de performance des supplychains modernes – et la région méditerranéenne y gagne en attractivité relative.

Les systèmes d’information, fondation invisible de la résilience

La résilience des chaînes d’approvisionnement dépend de plus en plus de la capacité à capter, traiter et exploiter l’information en temps réel. Les risques supplychain ne sont plus localisés dans les seules zones de conflit : ils deviennent systémiques et diffus, capables d’affecter des chokepoints à distance par des effets économiques ou sécuritaires. Les systèmes d’information – ERP, TMS, WMS, control towers – offrent une visibilité end-to-end des flux et une détection précoce des signaux faibles, transformant progressivement la chaîne logistique en système adaptatif.

L’IA comme couche de décision

Dans les zones géopolitiques instables, la difficulté n’est pas l’absence de données mais leur dégradation : information fragmentée, contradictoire, décalée. L’intelligence artificielle intervient ici comme couche d’anticipation : le machine learning détecte des signaux faibles avant leur matérialisation, l’IA géospatiale cartographie en temps réel les zones de congestion. Les résultats sont mesurables : selon McKinsey (2024), les entreprises ayant adopté la prévision de demande par IA réduisent leurs erreurs de prévision de 20 à 50 %. UPS recalcule dynamiquement 55 000 itinéraires quotidiens via sa plateforme ORION, pour plus de 400 millions de dollars d’économies annuelles. Gartner (2026) anticipe qu’à l’horizon 2031, 60 % des perturbations supplychain seront résolues sans intervention humaine directe.

Une carte à jouer pour le Maghreb

Cette reconfiguration mondiale n’est pas neutre pour les économies maghrébines. En réponse à la guerre en Ukraine, de nombreuses entreprises européennes ont engagé des programmes de nearshoring : celui-ci représente désormais 15 % des achats des marques et distributeurs européens (QIMA, 2024). Le Maroc, avec ses écosystèmes automobile et aéronautique déjà intégrés aux chaînes de valeur européennes, et la Tunisie, avec ses zones franches et sa proximité avec l’Italie et la France, sont directement concernés par ce mouvement de relocalisation partielle.

Mais pour transformer cette opportunité en avantage compétitif durable, la région ne peut se contenter d’une main-d’œuvre compétitive : elle doit investir dans les systèmes d’information et les compétences en IA qui rendent ses écosystèmes logistiques visibles, fiables et attractifs pour des donneurs d’ordre européens de plus en plus exigeants en matière de traçabilité et de gestion du risque.

La multiplication des chokepoints géopolitiques marque une rupture durable dans la manière de concevoir les chaînes d’approvisionnement. Les entreprises – et les économies – qui réussiront ne seront pas seulement celles qui disposent des meilleures technologies, mais celles qui sauront les intégrer dans une gouvernance cohérente du risque. Pour le Maghreb, cet enjeu dépasse la seule entreprise : c’est aussi celui de la compétitivité régionale dans la nouvelle géographie des échanges mondiaux.

Hana Rabbouch

Enseignante-chercheuse en Business Computing, spécialisée en intelligence artificielle, systèmes d’information et data science appliquée à la supplychain et aux systèmes complexes.

L’article Géopolitique et supplychains : l’IA, nouveau bouclier de résilience – une opportunité pour le Maghreb est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Naissance des Constitutions | Quand les peuples ont voulu écrire les règles du pouvoir

29. August 2026 um 08:03

Depuis que les sociétés humaines se sont organisées en communautés politiques, une question fondamentale n’a cessé de revenir : qui détient le pouvoir et selon quelles règles doit-il être exercé ? Pendant des siècles, les royaumes et les empires ont reposé principalement sur l’autorité d’un souverain, souvent considérée comme héritée de la tradition, de la religion ou d’une prétendue légitimité naturelle. Mais progressivement, une idée nouvelle a émergé : le pouvoir ne doit plus seulement appartenir aux hommes qui gouvernent, il doit être encadré par des règles supérieures acceptées par la collectivité. C’est ainsi qu’est née l’idée moderne de Constitution. (Ph. La première constitution tunisienne moderne promulguée en 1861).

Zouhaïr Ben Amor *

Une Constitution n’est pas simplement un texte juridique parmi d’autres. Elle représente une tentative de répondre à une grande interrogation politique : comment organiser la vie commune tout en protégeant les citoyens contre l’arbitraire ? Elle définit les institutions, répartit les pouvoirs, précise les droits et les devoirs, mais elle exprime également une vision de la société et du rapport entre l’État et les individus. Son histoire est donc intimement liée à celle des luttes pour la liberté, la représentation politique et la justice.

La naissance des Constitutions n’a pas suivi un modèle unique dans tous les pays. Chaque nation a construit son système constitutionnel selon son histoire, ses conflits internes, ses traditions culturelles et son évolution sociale. Certaines Constitutions sont nées d’une révolution, d’autres d’une longue évolution progressive, tandis que certaines ont été imposées par des dirigeants cherchant à moderniser ou à consolider leur pouvoir.

Des premières limitations du pouvoir aux Constitutions modernes

L’idée de limiter l’autorité du pouvoir politique apparaît très tôt dans l’histoire. L’un des exemples souvent cités est celui de la Magna Carta signée en Angleterre en 1215. Ce document n’était pas une Constitution moderne au sens actuel, mais il représentait une première tentative de soumettre le roi à certaines règles et de reconnaître des garanties face à l’absolutisme royal. Plusieurs siècles plus tard, l’évolution politique anglaise a progressivement donné naissance à un système fondé davantage sur les institutions, les coutumes et le contrôle parlementaire que sur un texte constitutionnel unique.

L’expérience anglaise montre une première grande différence entre les traditions constitutionnelles. Certains pays ont privilégié une Constitution écrite et clairement définie, alors que d’autres ont développé un ensemble de règles issues de l’histoire, des pratiques politiques et des décisions judiciaires. Le Royaume-Uni reste aujourd’hui l’exemple emblématique d’une Constitution largement non codifiée.

À l’inverse, les États-Unis ont choisi une autre voie après leur indépendance en 1776. La Constitution américaine adoptée en 1787 est devenue l’un des modèles les plus influents du monde. Elle repose sur une séparation stricte des pouvoirs entre le président, le Congrès et la Cour suprême. Elle affirme également certains principes fondamentaux comme la limitation du pouvoir gouvernemental et la protection des libertés individuelles.

La Révolution française de 1789 a constitué une autre étape majeure dans l’histoire constitutionnelle. En renversant l’ordre monarchique traditionnel, les révolutionnaires français ont affirmé que la souveraineté appartenait à la nation et non plus uniquement au roi. Les différentes Constitutions françaises adoptées après la Révolution témoignent d’une recherche permanente d’équilibre entre autorité politique, représentation populaire et protection des droits.

Des modèles constitutionnels différents selon les histoires nationales

L’une des grandes erreurs consiste à considérer la Constitution comme un modèle universel identique qu’il suffirait de copier. En réalité, chaque Constitution est le produit d’un contexte historique particulier. Une règle qui fonctionne dans un pays peut rencontrer des difficultés dans un autre si elle ne correspond pas aux réalités sociales ou politiques locales.

Dans les démocraties occidentales, les Constitutions ont souvent été conçues pour empêcher le retour de régimes autoritaires et garantir un équilibre entre les pouvoirs. Après les grandes guerres du XXe siècle, plusieurs pays européens ont renforcé le rôle des cours constitutionnelles afin de protéger les droits fondamentaux et contrôler l’action des gouvernements.

L’Allemagne, par exemple, après la Seconde Guerre mondiale, a adopté une Constitution appelée Loi fondamentale, pensée pour éviter les dérives qui avaient permis l’arrivée du nazisme au pouvoir. Le système allemand accorde une place importante à la protection de la dignité humaine et au contrôle constitutionnel.

Dans d’autres régions du monde, les Constitutions ont parfois accompagné les mouvements d’indépendance. De nombreux pays d’Afrique et d’Asie ont adopté des textes constitutionnels après la fin de la colonisation. Cependant, ces expériences ont été très diverses. Certaines Constitutions ont permis l’installation d’institutions démocratiques solides, tandis que d’autres ont été rapidement affaiblies par les coups d’État, les crises économiques ou la concentration du pouvoir entre les mains d’un dirigeant.

Dans le monde arabe, l’histoire constitutionnelle présente également des trajectoires différentes. Certains pays ont connu des Constitutions dès le début du XXe siècle dans une volonté de modernisation politique, alors que d’autres ont développé leurs cadres institutionnels plus tardivement. Dans plusieurs cas, les textes constitutionnels ont affirmé des principes démocratiques mais leur application réelle est restée dépendante de l’équilibre des forces politiques.

La Constitution entre idéal juridique et réalité du pouvoir

Une Constitution peut être un symbole d’espoir, mais son existence ne garantit pas automatiquement la démocratie. L’histoire montre que certains régimes ont adopté des Constitutions très modernes dans leur formulation tout en maintenant des pratiques autoritaires. Un texte peut proclamer la séparation des pouvoirs, les libertés publiques et l’État de droit, mais tout dépend de la manière dont les institutions fonctionnent réellement.

La véritable force d’une Constitution réside moins dans ses mots que dans la culture politique qui l’accompagne. Elle nécessite des institutions indépendantes, une justice capable de contrôler le pouvoir, une société civile active et des citoyens conscients de leurs droits. Sans ces éléments, la Constitution risque de devenir un simple document symbolique.

La question de la modification des Constitutions est également centrale. Certaines Constitutions sont très difficiles à réviser afin de protéger leur stabilité. D’autres permettent des changements plus fréquents pour s’adapter aux évolutions sociales. Le défi consiste à trouver un équilibre entre la nécessité de préserver les principes fondamentaux et celle de répondre aux transformations de la société.

Les débats contemporains montrent que les Constitutions continuent d’évoluer. Les nouvelles technologies, la protection de l’environnement, les questions liées aux données personnelles ou encore les nouvelles formes de participation citoyenne posent de nouveaux défis aux systèmes constitutionnels. Les sociétés ne cessent de redéfinir le rapport entre liberté individuelle, intérêt collectif et autorité publique.

La Constitution comme contrat entre les citoyens et l’État

Au-delà de son aspect juridique, la Constitution peut être considérée comme un contrat moral et politique entre les citoyens et l’État. Elle exprime une promesse : celle que le pouvoir sera exercé selon des règles connues, que les droits seront protégés et que les institutions serviront l’intérêt général.

La naissance des Constitutions représente donc une étape essentielle dans l’histoire de l’humanité politique. Elle marque le passage d’un pouvoir fondé principalement sur la personne du dirigeant vers un pouvoir organisé autour de principes et d’institutions. Mais cette évolution n’est jamais définitivement acquise. Chaque génération doit défendre et actualiser les valeurs constitutionnelles.

Une Constitution vivante n’est pas seulement un texte conservé dans les archives nationales. Elle doit être comprise, respectée et incarnée dans les pratiques quotidiennes. Elle doit permettre aux citoyens de se sentir réellement acteurs de leur destin collectif.

L’histoire des Constitutions révèle finalement une grande diversité de chemins. Certains pays ont avancé par la révolution, d’autres par la réforme progressive. Certains ont privilégié des textes rigides, d’autres des traditions institutionnelles souples. Mais derrière toutes ces différences existe une même ambition : empêcher que le pouvoir soit sans limites et rappeler que l’État existe d’abord au service de la société.

La Constitution demeure ainsi l’un des grands instruments par lesquels les peuples tentent d’organiser leur avenir. Elle n’est jamais parfaite, car elle reflète les tensions et les espoirs d’une époque. Mais elle reste une œuvre collective en construction, un miroir de la maturité politique d’une nation et un engagement permanent entre gouvernants et gouvernés.

* Universitaire.

L’article Naissance des Constitutions | Quand les peuples ont voulu écrire les règles du pouvoir est apparu en premier sur Kapitalis.

Gaza | Mohammed Dahlan tire les ficelles depuis Abou Dhabi

28. August 2026 um 10:52

Il a initié et financé le nouveau gouvernement d’Ali Chaath qui administre Gaza, conseille la Maison-Blanche et fournit une partie des aides fournies aux personnes déplacées. Les dirigeants du Hamas coopèrent avec lui mais ils n’oublient pas que son objectif ultime est de les destituer. Lui, c’est le très décrié Mohammed Dahlan, ancien chef des Forces de sécurité préventive (liées à l’OLP) dans la bande de Gaza et exilé à Abou Dhabi depuis bientôt deux décennies. Un homme de l’ombre, très soluble dans l’argent et dont les liens avec les Israéliens sont un secret de polichinelle.

Imed Bahri

Jacky Hugi a consacré une enquête au rôle actuel de Dahlan intitulée «Entre Kushner et le Hamas: comment Mohammed Dahlan reconstruit son pouvoir à Gaza?», publiée dans le journal israélien Maariv.  

«Voici Mohammed Dahlan de retour sur le devant de la scène, comme s’il était sorti de nulle part. Ce vétéran de la politique palestinienne est devenu l’une des figures les plus influentes des initiatives internationales concernant la bande de Gaza», cest par ces mots que Jacky Hugi a commencé son enquête. Ce n’est pas l’Autorité palestinienne, mais Dahlan lui-même, exclu du Fatah, qui a été présent dans tous les événements importants concernant Gaza au cours de l’année écoulée : de l’aide alimentaire à l’accord de cessez-le-feu et au projet de reconstruction mené par la Maison-Blanche, a-t-il écrit.

La plupart de ses actions se déroulent discrètement et ne font donc pas la une des journaux mais une chose est sûre, lorsqu’il veut se faire un nom, il sait parfaitement comment s’y prendre.

Dahlan a conseillé les Américains tout au long de cette période, depuis le début de la guerre jusqu’à aujourd’hui. Ses conseils ont notamment porté sur la manière de communiquer avec le Hamas. Il a également mis en place un réseau de fidèles et d’agents dans toute la bande de Gaza, ce qui lui permet de sonder l’opinion publique sur l’ensemble du territoire.

Il y a environ cinq ans, il a fondé le parti Courant démocratique national, dont les représentants sont très actifs dans la bande de Gaza et ont été impliqués dans des échanges avec les services de renseignement égyptiens concernant un cessez-le-feu.

Depuis sa résidence à Abou Dhabi, Dahlan a mis en place un système d’aide alimentaire et matérielle aux populations déplacées, financé par ses propres fonds et par le gouvernement des Émirats arabes unis.

L’économie de Gaza est quasiment paralysée, avec un taux de chômage dépassant les 80%. De ce fait, les besoins fondamentaux de la population dépendent actuellement en grande partie des dons.

Parmi les entités et les pays qui soutiennent l’acheminement de nourriture et de produits de première nécessité à la population de Gaza figurent le Qatar, la Jordanie, les Nations Unies, des associations turques et même certains pays de l’UE. Cependant, Dahlan et les Émirats les ont tous surpassés et certainement pas pour des raisons liées uniquement à la charité.

Ensemble, Dahlan et les fonds gouvernementaux d’Abou Dhabi ont investi plus d’un milliard de dollars dans la bande de Gaza depuis le début du conflit. Et ce n’est sans doute pas par simple philanthropie.

Liens avec les Israéliens

Aujourd’hui, grâce à ses relations et à ses activités dans la bande de Gaza, Dahlan est considéré par beaucoup comme la figure politique la plus influente parmi les différentes factions qui gèrent actuellement la situation.

Il bénéficie d’une ligne de communication directe avec Jared Kushner, conseiller et gendre de Trump. Il entretient également des liens étroits avec le président égyptien Abdel Fattah Sissi depuis des années, en plus de ses contacts avec les services de renseignement égyptiens.

Dahlan n’a pas non plus rompu ses relations avec les dirigeants israéliens. Selon l’enquête de Maariv, presque tous les hauts responsables israéliens qui se sont rendus à Abou Dhabi au cours de la dernière décennie l’ont rencontré secrètement.

Cette semaine, Dahlan a envoyé ses hommes au Caire pour rencontrer des dirigeants du Hamas et d’autres factions palestiniennes. Le sujet de discussion portait sur la coordination des positions pour les mois à venir, jusqu’à la proclamation des résultats des élections israéliennes.

Chacun s’accorde à dire que le plan en quinze points proposé par les Américains a peu de chances d’être mis en œuvre rapidement en raison de l’opposition israélienne.

De nombreux points nécessitent une coordination entre les différentes parties. La bande de Gaza est actuellement une zone d’intense activité politique, militaire et internationale.

Les premiers soldats marocains sont arrivés dans la bande ces derniers jours et ont commencé à prendre position. Le projet de reconstruction est également en cours et, cette semaine, grâce aux pressions exercées par Jared Kushner lors de sa rencontre avec Benjamin Netanyahu, Israël a autorisé pour la première fois l’entrée de bulldozers pour déblayer les décombres.

Au Caire, le gouvernement technocratique palestinien d’Ali Chaath attend le feu vert pour entrer dans la bande. Israël continue d’empêcher son entrée en raison du refus du Hamas de rendre les armes.

Parallèlement, Israël et le Hamas continuent d’échanger des tirs, l’armée israélienne attaquant et tuant presque quotidiennement des chefs de la branche armée du Hamas

Dimanche dernier a marqué une nouvelle étape politique importante. Jared Kushner a rencontré Khalil al-Hayya, chef du bureau politique du Hamas.

Depuis le début du conflit, des responsables américains ont rencontré des dirigeants du Hamas mais une rencontre de cette ampleur est sans précédent. Le plus haut responsable du Hamas face à face avec le plus haut envoyé du président américain!

Tout cela se déroule alors que les États-Unis considèrent le Hamas, dans son intégralité, comme une organisation terroriste en vertu de leur législation.

Une fortune amassée grâce aux conseils en sécurité

Mohammed Dahlan, âgé de 64 ans, est né et a grandi à Khan Younis. Il a bâti sa fortune considérable en fournissant des services de conseil en sécurité aux gouvernements, se spécialisant dans la protection des personnes et des infrastructures étatiques.

Il a acquis son expérience dans sa jeunesse auprès des Soviétiques, lorsqu’il était officier au sein du Fatah. Durant la Première Intifada, il fut expulsé vers la Jordanie, puis s’installa en Tunisie où il rejoignit la direction palestinienne.

Après les accords d’Oslo, il retourna dans la bande de Gaza et devint un proche collaborateur de Yasser Arafat. Ce dernier le nomma à la tête du Service de sécurité préventive de la bande de Gaza et il devint par la suite ministre de l’Intérieur de l’Autorité palestinienne.

Les dirigeants du Hamas et du Jihad islamique, ainsi que leurs branches armées, figuraient parmi ses principales cibles sécuritaires. Il entreprit alors une répression féroce contre eux, œuvrant à déjouer les attaques contre les Israéliens.

Cependant, un profond désaccord éclata rapidement entre Dahlan et Arafat, Dahlan jugeant le style administratif d’Arafat obsolète et la promotion de personnes non qualifiées à des postes clés.

Lorsque la bande de Gaza tomba aux mains du Hamas en 2007, Dahlan se trouvait à Ramallah et n’occupait aucune fonction officielle. Il demeura néanmoins l’artisan de la doctrine de sécurité de l’Autorité palestinienne à Gaza.

L’affrontement avec Abou Mazen

Dahlan s’installa en Jordanie puis à Abou Dhabi où il commença à se constituer une base populaire en soutenant les Palestiniens indépendamment de l’Autorité palestinienne. Il se distingua notamment par le financement de colis alimentaires pour les personnes démunies dans les camps de réfugiés. Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, considéra cela comme une activité subversive contre son autorité et tenta de l’arrêter. Au plus fort de leur conflit, il exclut Dahlan du Fatah.

Aujourd’hui, en l’absence d’un leader palestinien charismatique, Dahlan représente pour les Américains et les Israéliens un interlocuteur de premier plan. Il est à leurs yeux relativement jeune, modéré, laïc et très éloigné de l’appareil pléthorique de l’Autorité palestinienne. Politiquement, il est perçu comme modéré, pragmatique et indépendant mais aussi comme un homme politique avisé et difficile à gérer.

Le partenariat actuel entre Dahlan et le Hamas pourrait être trompeur. À ce stade, le Hamas avait désespérément besoin de lui pour défendre sa position face aux Américains. Et c’est précisément ce qui s’est produit. Dahlan a été l’un des principaux facteurs ayant conduit la Maison-Blanche à privilégier la reconstruction de Gaza plutôt que de poursuivre ses efforts pour éliminer le Hamas. Cependant, pour le mouvement, Dahlan demeure un adversaire politique. Nul ne peut prédire l’évolution de la situation et il pourrait redevenir un ennemi du Hamas. Les dirigeants du mouvement se souviennent encore très bien des dures années 1990, lorsque Dahlan agissait comme le shérif de Gaza, les traquant sans relâche.

Une force de police de deux mille membres

Outre ses autres responsabilités, Dahlan a obtenu avec succès le financement nécessaire à la création de la nouvelle force de police palestinienne. Dans sa phase initiale, cette force devrait compter deux mille officiers en uniforme, tous originaires de la bande de Gaza, déjà recrutés, certains ayant reçu une formation en Égypte et en Jordanie. Cette force est destinée à remplacer la police du Hamas. Sa mission principale sera le maintien de l’ordre public mais elle sera également chargée de récupérer les armes du Hamas et de protéger les membres du mouvement contre les représailles.

Si le Hamas ainsi que les milices armées par Israël pour combattre le Hamas étaient désarmés, cette force de police deviendrait la seule force de sécurité restante dans la bande de Gaza. Cependant, cette force serait loyale à celui qui la paie, à savoir Mohammed Dahlan.

Le rapport indique que le Hamas est pleinement conscient des implications de ce plan, Dahlan est en train de bâtir sa propre force privée sur les ruines de l’appareil dirigeant du mouvement.

Tant qu’il continuera à faire avancer le projet de reconstruction et à envoyer des centaines de millions de dollars d’équipements et de vivres, il bénéficiera du soutien du Hamas mais le moment décisif surviendra lorsqu’il commencera à «recouvrer sa dette» et à étendre son influence sur la bande de Gaza par le biais de la police. À ce moment-là, le Hamas tentera probablement de l’entraver. Jacky Hugi conclut par une affirmation frappante : «Tant qu’ils sont en vie !», ce qui sous-entend que l’élimination physique des membres du Hamas même s’ils ont accepté le plan international et le nouveau gouvernement technocratique n’est pas définitivement exclue par les ennemis du mouvement. 

Ce qui est certain pour le moment c’est que Mohammed Dahlan a réussi deux choses, redevenir un protagoniste de premier plan à Gaza ce qui était impensable il y a encore quelques années et en même temps, il a pris sa revanche sur l’OLP et Abou Mazen qui sont complètement exclus du dossier de Gaza.

L’article Gaza | Mohammed Dahlan tire les ficelles depuis Abou Dhabi est apparu en premier sur Kapitalis.

Deauville : censure d’une photo de Gaza, la polémique enfle

28. August 2026 um 10:13
Mi-août, à Deauville, une photo de Gaza a été discrètement retirée d’une exposition en plein air. Élus de gauche et associations réclament sa réinstallation.   En bref Une photographie de Gaza a été retirée d’une exposition en plein air à…

L’article Deauville : censure d’une photo de Gaza, la polémique enfle est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

La Tunisie face aux intempéries socio-économiques

28. August 2026 um 10:12

Le monde traverse de grandes intempéries socio-économiques. Tous les observateurs s’accordent à dire qu’une transition vers un nouvel ordre mondial s’opère. Un processus irréversible qui semble hélas dominé par la guerre, l’injustice et le chaos s’est mis en place. Bien que tous les pays soient affectés à des degrés divers, les Tunisiens sont légitimement en droit de chercher les moyens d’intégrer cette mutation avec le minimum de désagréments. Pour y parvenir, il convient de faire un état des lieux sans complaisance.

Med-Dahmani Fathallah *

La Tunisie fait face à une crise structurelle profonde, née de l’interconnexion de trois cercles vicieux :

– le piège de la rente administrative et économique : la Tunisie souffre d’une économie duale. D’un côté s’impose un secteur privé corporatiste, protégé par des barrières à l’entrée et une bureaucratie asphyxiante ; de l’autre subsiste un secteur informel massif qui absorbe une jeunesse marginalisée. L’État-providence historique, jadis vecteur de mobilité sociale par l’éducation, est devenu budgétairement insoutenable ;

– l’épuisement du contrat social post-indépendance : la promesse d’ascension sociale par le diplôme est rompue, générant un chômage structurel massif chez les jeunes diplômés (de 25 % à 38 % selon les catégories). Il en résulte une fuite dramatique des cerveaux et une érosion de la confiance envers l’ensemble des institutions (partis, syndicats, justice, corporations, associations) ;

– le choc géopolitique et environnemental mondial : dépendante des importations d’énergie et de céréales, la Tunisie subit de plein fouet la fragmentation du commerce international, le resserrement financier mondial et la crise climatique (les sécheresses récurrentes frappant de plein fouet l’agriculture). À cela s’ajoutent des pressions extérieures étouffantes visant à forcer le pays à s’aligner sur l’une ou l’autre des puissances rivales.

Que peuvent faire les Tunisiens pour traverser la tempête ?

Face à l’inflation, à l’effondrement du pouvoir d’achat et à l’incertitude du quotidien, des tentations collectives surgissent fréquemment : le repli, la colère stérile et la confrontation. Pourtant, la sociologie des crises nous enseigne qu’aucun pays ne s’est jamais redressé par le chaos. Toute refondation durable exige deux préalables absolus : la sagesse collective et la non-violence méthodique, fondements de la résilience.

La violence, qu’elle soit physique, verbale ou institutionnelle détruit le capital social, effraie l’investissement et dégrade le tissu communautaire. Les révolutions sociales dépourvues de projet économique rationnel mènent invariablement à des récessions plus sévères. La sagesse consiste à reconnaître que les solutions miracles venues d’ailleurs ou dictées par des slogans partisans conduisent inévitablement à d’amers échecs.

Pour surmonter ces intempéries, l’effort doit devenir horizontal : il s’agit de mobiliser le pouvoir d’agir des citoyens à travers des actions concrètes, pacifiques et structurantes.

Nous avons identifié quatre leviers citoyens pour l’action :

– basculer de la culture de la rente vers celle de l’initiative : pendant des décennies, le modèle tunisien a habitué le citoyen à tout attendre de l’État. Aujourd’hui, l’État n’en a plus les moyens financiers ;

– s’orienter vers le micro-entrepreneuriat et les coopératives : plutôt que de viser l’emploi public, la jeunesse doit s’organiser en coopératives agiles, ciblant les secteurs d’avenir : agriculture durable, économie circulaire, traitement de l’eau et le numérique en intégrant l’IA comme technologie incontournable ;

– mettre le cap sur la simplification citoyenne : les communautés locales peuvent instaurer des réseaux d’entraide pour contourner les lourdeurs administratives, notamment en mutualisant l’outillage agricole ou en organisant des circuits courts entre producteurs et consommateurs ;

– réinventer le lien communautaire et la solidarité locale : la force historique de la Tunisie réside dans la solidité de son tissu familial et social. Face à la crise, ce réseau doit se structurer de manière novatrice :

– s’orienter vers les tontines d’investissement et la micro-épargne : structurer des fonds de solidarité de quartier afin de financer des micro-projets locaux, sans dépendre de taux bancaires prohibitifs ;

– miser sur l’économie du partage : généraliser l’entraide pour la garde d’enfants, le covoiturage et le soutien scolaire gratuit, garantissant ainsi le niveau éducatif des enfants issus de milieux défavorisés ;

– réorienter la diaspora vers l’investissement d’impact : la communauté tunisienne à l’étranger transfère chaque année des devises essentielles à la subsistance des familles. Toutefois, cet appui ne doit plus se limiter à la simple consommation et s’orienter vers des investissements rentables. La diaspora peut structurer des fonds d’investissement à impact social pour soutenir directement les startups et PME dans les régions de l’intérieur (investisseurs citoyens et «business angels») ;

– transférer les compétences : organiser des programmes de mentorat à distance pour former les jeunes aux compétences les plus recherchées sur le marché international.

Exercer une citoyenneté responsable et éclairée

Bien naviguer à travers les intempéries sociales exige une transformation des comportements individuels au quotidien.

Consommation locale et raisonnée : privilégier les produits nationaux pour limiter la fuite des devises et soutenir l’agriculture comme l’artisanat locaux.

Sobriété énergétique et gestion de l’eau : face aux défis climatiques, l’adoption de gestes civiques rigoureux pour la préservation des ressources constitue un acte de patriotisme économique direct.

Il convient de souligner que plusieurs de ces recommandations font déjà l’objet d’initiatives sur le terrain. Il importe de les soutenir et de les auditer régulièrement afin d’en assurer la pérennité.

Le rôle de l’État à l’avenir

L’État doit demeurer le socle indéfectible de cet édifice. Son rôle consiste à moderniser les infrastructures et, surtout, à abroger les lois obsolètes tout en promulguant un cadre légal incitatif pour stimuler l’effort citoyen.

En soi, la tempête actuelle n’est ni une fatalité, ni une sentence de souffrances infinies. Elle constitue le signal brutal qu’un modèle épuisé doit céder la place à une société de responsabilité.

En plaçant la retenue, le travail collaboratif et la non-violence au cœur de leur démarche, les Tunisiens ont l’opportunité de prouver que la véritable souveraineté d’un peuple ne réside pas dans la rhétorique politique, mais dans sa capacité à se prendre en charge avec dignité et solidarité.

* Universitaire.

Note de l’auteur : En tant qu’universitaire retraité, mon analyse est affranchie de toute posture partisane ou idéologique. Mon unique objectif est d’examiner rigoureusement les dynamiques de la crise tunisienne afin de proposer un cadre citoyen et pragmatique.

L’article La Tunisie face aux intempéries socio-économiques est apparu en premier sur Kapitalis.

Coopération sécuritaire : des policiers tunisiens en formation dans le Michigan

28. August 2026 um 09:44

Une délégation de la direction générale de la formation de la police tunisienne a passé plusieurs jours dans le Michigan pour observer les méthodes de formation des forces de l’ordre américaines, en visitant la police d’État locale et le collège de justice criminelle de l’université d’État.

L’échange, confirmé par l’ambassade américaine à Tunis, s’inscrit dans une logique de coopération sécuritaire. Il doit permettre à la Tunisie de mieux faire face à des menaces communes, comme le trafic de stupéfiants, la criminalité transfrontalière ou le terrorisme. Les officiers tunisiens ont ainsi pu observer la gestion des académies de police et les mécanismes de contrôle de la qualité des formations.

Ces enseignements devraient profiter directement à l’Académie de police des sciences sécuritaires, construite avec le soutien des États-Unis. L’objectif est de former des spécialistes opérationnels capables de répondre aux priorités partagées par les deux pays.

L’ambassadeur américain, originaire du Michigan et très attaché à ses racines, a qualifié ce partenariat d’« étape importante » dans une relation bilatérale qui dure depuis près de 230 ans. Selon lui, ce rapprochement entre la police de son État d’origine et la police nationale tunisienne illustre la profondeur de l’amitié entre les deux nations.

L’article Coopération sécuritaire : des policiers tunisiens en formation dans le Michigan est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Tunisie | Le Conseil des bâtonniers appelle à libérer Me Chawki Tabib

28. August 2026 um 09:24

L’Ordre national des avocats de Tunisie (Onat) a publié, jeudi 27 août 2026, ce communiqué que nous traduisons ci-dessous de l’arabe émanant du Conseil des anciens bâtonniers et relatif à la situation du bâtonnier Chawki Tabib, placé en détention le 14 avril 2026, après s’être présenté devant le juge d’instruction près le pôle judiciaire économique et financier à Tunis.

À l’invitation du bâtonnier Boubaker Bethabet, le Conseil des anciens bâtonniers a délibéré, ce jour du 27 août 2026, sur la situation du bâtonnier Chawki Tabib. Ce dernier a entamé une grève de la faim pour protester contre les restrictions auxquelles il est soumis en détention, marquées par le refus de satisfaire aux droits les plus élémentaires garantis aux personnes détenues par la constitution et la loi. À cette occasion, le Conseil :

– réaffirme sa position de soutien au bâtonnier Chawki Tabib, adoptée dès le moment de son arrestation ;

– réitère l’exigence que soient garanties les conditions d’un procès équitable et que le bâtonnier Chawki Tabib soit remis en liberté afin de pouvoir assurer sa propre défense devant une justice indépendante.

– soutient les revendications du bâtonnier Chawki Tabib en tant que personne détenue ; des demandes restées sans réponse sous des prétextes fallacieux et bureaucratiques, ce qui s’apparente à une restriction des droits ainsi qu’à des manœuvres dilatoires injustifiées ;

– exige le respect des droits de la défense, la levée des restrictions imposées et la garantie du droit du bâtonnier Chawki Tabib à recevoir des soins médicaux, d’autant plus que les médecins de l’administration pénitentiaire ont donné leur feu vert à cet égard ;

– saluent le soutien apporté aux avocats par les organisations régionales et internationales, ainsi que la solidarité manifestée par leurs confrères et consœurs envers lui et les instances représentatives ;

– soutiennent également toutes les actions entreprises par le Conseil de l’Ordre national des avocats pour faire aboutir ces revendications ;

– exhortent le bâtonnier Chawki Tabib à mettre fin à sa grève de la faim, craignant pour sa santé, notamment en raison de la perte de poids rapide et des problèmes oculaires qu’il présente ;

– considèrent que ce communiqué, tout en s’adressant au bâtonnier Chawki Tabib, exprime également leur solidarité avec tous les avocats confrontés aux mêmes restrictions ; et s’adresse aussi à l’ensemble des avocats, en Tunisie et dans le monde entier, pour les appeler à poursuivre la lutte et à contribuer à la consécration des droits de la défense ainsi qu’à l’amélioration des conditions de détention.

Signataires :

Bâtonnier Abdeljalil Bouraoui

Bâtonnier Béchir Essid

Bâtonnier Abdessattar Ben Moussa

Bâtonnier Mohamed Fadhel Mahfoudh

Bâtonnier Ameur Meherzi

Bâtonnier Hatem Mziou

Bâtonnier Boubaker Bethabet.

L’article Tunisie | Le Conseil des bâtonniers appelle à libérer Me Chawki Tabib est apparu en premier sur Kapitalis.

État de santé d’Abir Moussi jugé « critique » par son avocat

28. August 2026 um 09:03

L’avocat Hatem Chelly affirme avoir constaté une dégradation « critique » de l’état de santé de la présidente du PDL, qui souffrirait notamment de difficultés respiratoires et d’un épuisement physique important.

L’état de santé d’Abir Moussi suscite des inquiétudes après son transfert en urgence vers un hôpital, jeudi 27 août 2026, à la suite d’une visite de son avocat à la prison de Bulla Regia. Dans une publication diffusée sur Facebook, Hatem Chelly rapporte avoir constaté chez la présidente du Parti destourien libre (PDL) des douleurs généralisées, des difficultés à respirer ainsi qu’un important état d’épuisement physique. Il qualifie sa situation de « critique ». Selon l’avocat, Abir Moussi se trouve par ailleurs dans des conditions de détention particulièrement difficiles. M. Chelly cite notamment les températures élevées régnant dans l’établissement, ainsi que l’absence de ventilation et de climatisation.

L’avocat tunisien affirme également que sa consœur demandait depuis plusieurs jours à pouvoir consulter un médecin, sans que cette requête n’ait, selon lui, été prise en compte. D’après son témoignage, les agents de l’établissement pénitentiaire n’ont décidé de son transfert à l’hôpital que jeudi, après avoir constaté que son état était particulièrement préoccupant.

L’avocat précise qu’Abir Moussi a été conduite en urgence vers l’hôpital après leur rencontre. Il convient de rappeler que la présidente du PDL avait été interpellée le 3 octobre 2023 alors qu’elle se trouvait au bureau d’ordre de la présidence de la République afin d’y déposer des recours contre des décrets présidentiels.

En mars 2026, la chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis l’avait condamnée, dans cette affaire, à dix ans de réclusion. La peine comprend neuf ans pour « tentative de porter atteinte à la forme de l’État, d’inciter les habitants à s’attaquer les uns aux autres avec des armes et de semer le trouble sur le territoire tunisien », six mois pour « traitement de données personnelles sans l’autorisation de leur titulaire », ainsi que six mois pour « entrave à la liberté du travail ». Aucun détail officiel n’a, à ce stade, été communiqué concernant l’état de santé d’Abir Moussi ou les examens médicaux auxquels elle aurait été soumise.

L’article État de santé d’Abir Moussi jugé « critique » par son avocat est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

La pseudo-liste d’espions de Jabaroot, un coup d’épée dans l’eau

28. August 2026 um 08:47
Finalement, la soi-disant liste de 70 000 agents des services de sécurité et de renseignement marocains, publiée par les apprentis sorciers du groupe Jabaroot, n’est qu’un coup d’épée dans l’eau. La Direction Générale de la Sûreté nationale (DGSN) et la…

L’article La pseudo-liste d’espions de Jabaroot, un coup d’épée dans l’eau est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

Tunisie | Selon ses avocats, Abir Moussi hospitalisée

28. August 2026 um 08:07

Le collectif de défense de Me Abir Moussi a annoncé qu’au cours de la visite rendue par Me Hatem Chelli à la prison civile de Bulla Regia (dans le gouvernorat de Jendouba), où la présidente du Parti destourien libre (PDL) est incarcérée, ce dernier a constaté chez la pionnière politique un état d’épuisement physique et de fatigue intense, diverses douleurs, des difficultés respiratoires ainsi que des souffrances dues aux températures record de ces derniers jours.

A la suite de cette visite, Me Abir Moussi a été transférée à l’hôpital, a indiqué son collectif de défense, dans un communiqué publié ce jeudi soir, 27 août 2026, ajoutant qu’il suit la situation de près afin de communiquer ultérieurement tous les détails sur l’évolution de l’état de Me Moussi.

Mme Moussi est incarcérée depuis le 3 octobre 2023. Elle est poursuivie dans plusieurs affaires en lien avec ses activités politiques. Ses avocats ont souvent dénoncé ses conditions de détention, notamment une privation de soins et la violation de ses droits.

I. B.

L’article Tunisie | Selon ses avocats, Abir Moussi hospitalisée est apparu en premier sur Kapitalis.

❌