Dans un communiqué publié ce soir, le Parti destourien libre (PDL) a exprimé son indignation suite aux jugements rendus le 26 mars 2025 par le tribunal de première instance de Tunis dans l’affaire de l’agression de sa présidente, Abir Moussi, remontant à 2021.
La chambre correctionnelle a prononcé des peines de prison à l’encontre d’anciens députés impliqués dans cette agression perpétrée à l’Assemblée : Seifeddine Makhlouf a été condamné par contumace à un an de prison, Sahbi Smara à six mois de prison ferme, et une députée d’Ennahdha a écopé de trois mois de prison.
Le PDL a qualifié ces verdicts d’« inadéquats par rapport à la gravité des actes reprochés » et a estimé que les peines prononcées ne reflètent pas la violence de l’agression subie par Abir Moussi au sein du Parlement le 30 juin 2021, un incident qu’il considère comme un « flagrant délit sans équivoque ».
La même source a par ailleurs dénoncé des « violations et des abus juridiques graves » qui auraient entaché la procédure judiciaire et le comité de défense d’Abir Moussi a annoncé son intention de faire appel des jugements et prévoit également d’organiser une conférence de presse pour détailler les « injustices » subies par la présidente du PDL.
Amnesty International a lancé un appel aux autorités tunisiennes pour libérer Abir Moussi et abandonner les charges retenues contre elle. Car elles ne concernent que l’exercice de ses droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, poursuit l’organisation.
Cet appel intervient suite à la décision du tribunal pénal de Tunisie du 24 mars 2025 de reporter le procès d’Abir Moussi au 24 avril 2025. Ce report concerne l’examen du dossier soulevé à son encontre par l’ISIE et lié à des déclarations médiatiques faites lors d’une conférence de presse du PDL en décembre 2022.
La neuvième chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis a rendu son verdict dans l’affaire de l’agression de la députée et présidente du Parti destourien libre, Abir Moussi, au sein du Parlement en 2021. Le tribunal a condamné, par contumace, l’ancien député du Parlement dissous, Seifeddine Makhlouf, à une peine d’un an de […]
Nous fêterons demain, jeudi 27 mars 2025, le 5e anniversaire de la mort de l’ancien Premier ministre Hamed Karoui. L’auteur, qui l’avait connu de près, rend hommage ici à cette figure majeure de l’histoire tunisienne contemporaine, dont le parcours mérite d’être mieux connu et célébré. Car il reste une source d’inspiration pour tous les Tunisiens. *
Foued Mouakhar
Le 27 mars 2020, la Tunisie a perdu l’un de ses plus grands serviteurs : le Dr Hamed Karoui. Homme d’une intégrité légendaire, d’une modestie exemplaire et d’un dévouement sans faille. Il a consacré sa vie à son pays, tant dans la lutte pour l’indépendance que dans la construction de la Tunisie moderne. Ce témoignage vise à éclairer une jeunesse souvent peu informée des pages glorieuses de notre histoire, en retraçant le parcours exceptionnel de cet homme qui a marqué son époque par son engagement et son humilité.
Origines familiales
Hamed Karoui est né le 30 décembre 1927 dans une famille tunisienne respectée. Son père, Belhassen Karoui, appartenait à une lignée de magistrats, tandis que son oncle, feu Mohamed Karoui, est considéré comme l’un des pères fondateurs du Code du statut personnel, une pierre angulaire de la modernisation de la Tunisie. Sa mère, Lalla Aïchoucha Nour Eddine, était une femme de caractère, connue pour son authenticité, sa détermination et sa douceur.
Dès son enfance, Hamed Karoui est imprégné des valeurs de justice, de rigueur et de service public. Ces principes guideront toute sa vie, tant dans son engagement politique que dans sa carrière médicale.
A gauche de Taieb Mehiri.Scout : debout, 2e à partir de la gauche.
Engagement précoce
Dès son plus jeune âge, Hamed Karoui s’engage dans la lutte pour l’indépendance de la Tunisie. Il rejoint les Scouts Tunisiens, où il gravit les échelons pour devenir chef de la région du Sahel. Cette expérience forge en lui un esprit de leadership et de discipline, tout en renforçant son attachement à la cause nationale.
Dans les années 1940, alors qu’il est encore lycéen, il rejoint secrètement le Néo-Destour, le parti nationaliste dirigé par Habib Bourguiba. Malgré son jeune âge, il participe activement à des actions de sensibilisation, de collecte de fonds et de diffusion clandestine de la presse nationaliste, notamment le journal Al-Kifah (La Lutte). Ces activités, bien que risquées, témoignent de son engagement précoce et de sa détermination à libérer la Tunisie du joug colonial.
Militant du Néo-Destour à Paris.Militant de l’Uget à Paris.
Combat pour l’indépendance
En 1946, Hamed Karoui obtient son baccalauréat et part étudier la médecine à Paris où il continue son combat pour l’indépendance, cette fois sur le sol français. Il devient président de la cellule destourienne de Paris. Une position stratégique qui lui permet de mobiliser les étudiants tunisiens et de sensibiliser l’opinion publique française à la cause tunisienne.
Avec ses camarades, il fonde l’Union générale des étudiants tunisiens (Uget). Une organisation qui joue un rôle crucial dans la lutte anticoloniale. Elle devient une plateforme pour internationaliser la cause tunisienne, en établissant des liens avec des étudiants maghrébins, arabes et africains.
Président de l’Etoile du Sahel, avec Abdelmajid Chettali à sa droite.A gauche de Habib Bourguiba, avec Bechir Ben Yahmed, Bibi Junior et Taieb Mehiri.
Karoui représente l’Uget lors de conférences internationales à Prague et Colombo, contribuant à faire entendre la voix de la Tunisie sur la scène mondiale.
En parallèle, Karoui et ses camarades utilisent les médias français pour dénoncer les exactions coloniales. Ils organisent des campagnes médiatiques autour d’événements comme les incidents de Sousse, Téboulba et Tazerka… amplifiant ainsi la pression sur le gouvernement français. Leur stratégie de communication habile, inspirée de la méthode bourguibienne de «l’alliance du dialogue et de la pression», contribue à affaiblir le moral du colonisateur et à accélérer la marche vers l’indépendance.
Médecin et bâtisseur de la nation
Juste à l’aube de l’indépendance, Karoui obtient son doctorat en médecine et se spécialise en pneumologie. Animé par la volonté de contribuer à la reconstruction du pays, il rentre immédiatement en Tunisie et entame une carrière médicale.
Il lance une campagne nationale contre la tuberculose, une maladie alors endémique en Tunisie. Chaque vendredi, il ouvre les portes de son cabinet privé pour offrir des consultations gratuites aux patients démunis, venus de toutes les régions du Sahel. Il dirige également le service de pneumologie à l’hôpital Farhat Hached de Sousse, tout en maintenant un rythme de travail effréné.
Avec Saddam Hussein.Avec Jacques Chirac.
Au service de Sousse et de la Tunisie
Parallèlement à sa carrière médicale, Karoui s’engage en politique. Il devient maire de Sousse, député, et vice-président du Parlement. Sous son mandat, Sousse se transforme en un pôle touristique, industriel et culturel majeur. Il contribue à la modernisation de la ville, tout en préservant son patrimoine historique.
Sur le plan national, Karoui occupe plusieurs postes ministériels, dont celui de Premier ministre sous le président Zine El Abidine Ben Ali de 1989 à 1999. Pendant cette période, il joue un rôle clé dans la stabilisation du pays et la mise en œuvre de réformes économiques et sociales. Malgré les défis, il reste fidèle à ses principes d’intégrité et de modestie, refusant tout privilège indu et vivant simplement.
Avec Yasser Arafat.Avec Hafedh Assad.
Un modèle de service désintéressé
Tout au long de sa carrière, Karoui est reconnu pour son intégrité et sa discrétion. Il refuse de se mettre en avant, affirmant souvent : «Je n’ai fait que mon devoir sacré envers mon pays.» Cette humilité, alliée à une rigueur et une ponctualité légendaires, en fait un modèle pour ses pairs et pour les générations futures.
Même après sa retraite, Karoui continue à servir son pays discrètement. En 2013, face à la dérive de la Tunisie, il lance le Mouvement Destourien pour redonner espoir aux Tunisiens et transmettre son héritage politique à la jeune génération. Il soutient des figures comme Abir Moussi, qu’il considère comme une digne héritière de l’esprit destourien.
Avec Abir Moussi.Avec Nelson Mandela.
Héritage et postérité
Hamed Karoui restera dans les mémoires comme un patriote intègre et dévoué, dont la vie et les actions ont grandement contribué à l’indépendance et au développement de la Tunisie. Son engagement sans faille, sa modestie et son refus de toute forme de reconnaissance personnelle en font un modèle pour les générations futures.
En cette période de turbulences, son parcours nous rappelle l’importance de l’intégrité, du service désintéressé et de l’amour de la patrie. Puissent les jeunes Tunisiens s’inspirer de son exemple pour bâtir un avenir meilleur.
* Une version complète de cet article peut être consultée sur la page Facebook de l’auteur.
La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter l’audience de Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL) au 24 avril prochain, sur demande du procureur, selon Express fm. En effet, Abir Moussi a refusé de recourir à un avocat, d’où la demande du procureur de reporter l’audience afin […]
La justice a décidé de reporter l’audience dans l’affaire opposant la présidente du Parti destourien libre (PDL) Abir Moussi, à l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie).
La Chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a entamé, ce lundi 24 mars 2025, l’examen de cette affaire liée à des déclarations faites par Abir Moussi sur les législatives lors d’une conférence de presse qui remonte à décembre 2022.
Lors de l’audience de ce jour, Abir Moussi a totalement refusé d’être représentée par un avocat en rappelant qu’elle se considère comme « une victime visée par une injustice politique ».
Le procureur de la République a de ce fait décidé de reporter l’audience afin de permettre la désignation d’un avocat commis d’office pour assurer la défense de l’Abir Moussi et l’affaire a été reportée au 24 avril prochain.
La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a entamé, ce lundi 24 mars 2025, l’examen de l’affaire intentée contre Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre, par l’Instance supérieure indépendante pour les élections. Cette procédure fait suite à des déclarations qu’elle avait tenues lors d’une conférence de presse de son parti en […]
Le comité de défense d’Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), a tenu une conférence de presse ce samedi 22 mars 2025 pour dénoncer ce qu’il qualifie de « procès politique ». Cette affaire fait suite à une plainte déposée par l’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE) après une conférence de presse tenue par Moussi en décembre 2022, où elle aurait critiqué le processus électoral.
Le comité a annoncé son boycott des audiences du 24 mars 2025 Une demande de confrontation avec le représentant légal de l’ISIE a été rejetée, ce qui, selon les avocats, compromet l’équité du procès. Maître Karim Krifa, membre du comité, a affirmé : « L’affaire pour laquelle Abir Moussi est jugée est, j’en suis presque certain, une affaire politique où ils ont excellé dans la violation des procédures et ont adapté les faits comme ils le souhaitaient dans un seul but convenu par tous : l’empêcher de se présenter aux élections présidentielles »
Maître Krifa a également soulevé une question troublante concernant l’article 24 du décret 54, sur lequel reposent les accusations contre Moussi. Il a expliqué que l’article cité par le ministère public n’existe pas dans le texte officiel du décret. « Ils ont pris deux lignes du premier paragraphe, les ont combinées avec une ligne du deuxième paragraphe et ont terminé par une ligne du troisième paragraphe, créant ainsi un article de loi sur mesure pour Abir Moussi… », a-t-il déclaré
Nafaa Laribi, membre du comité de défense a mis l’accent sur plusieurs irrégularités dans la procédure, notamment l’absence de preuves matérielles et la base juridique contestable du décret 54. Selon lui, le procureur aurait agi sur la base de déclarations d’une personne non habilitée, sans examen technique des faits. L’acte d’accusation repose sur un assemblage de différents extraits de textes, aboutissant à une peine disproportionnée et injustifiée.
Il convient de noter que le procès a été dénoncé par plusieurs organisations internationales, dont le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, « qui a qualifié la détention de Moussi d’illégale. »
Nafaa Laribi a également mis en lumière des dysfonctionnements graves au sein du système judiciaire, notamment la nomination des juges par des notes de service et la paralysie du Conseil supérieur de la magistrature, ce qui remet en question l’indépendance des décisions judiciaires.
Le procès opposant l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) à la présidente du Parti destourien libre (PDL) Abir Moussi, détenue depuis le 3 octobre 2023, est fixé au 24 mars 2025.
Le comité de défense de la présidente du PDL a annoncé, ce lundi 17 mars 2025, son boycott de l’audience, en dénonçant au passage un « procès politique » ainsi que des violations en rapports avec l’affaire et le procès.
La Défense estime que l’application du décret 54 est «abusive et obsolète » avec la fin des mesures exceptionnelles : « Ce décret est contraire aux conventions internationales et à la Constitution tunisienne », lit-on encore dans le communiqué qui s’appuie également sur l’avis de l’ONU, qui considère la détention de Mme Moussi comme « arbitraire et discriminatoire ».
D’autre part, Abir Moussi assistera au procès, mais gardera le silence, ajoute encore la défense, qui a demandé une retransmission en direct de l’audience à la télévision nationale ainsi que l’accès du public et de la presse.