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Tunisie : première en Afrique du Nord, mais 75e mondiale… le paradoxe de la prospérité

16. August 2026 um 17:50

Sur 161 pays étudiés, la Tunisie se classe au 75e rang mondial dans le Legatum Prosperity Index 2026, devançant de fait tous ses voisins nord-africains : Maroc (76e), Algérie (83e), Libye (115e), Égypte (120e) et Soudan (152e). Une première place régionale qui réconforte même si elle n’enthousiasme pas.

Il n’est pas inutile de rappeler que le meilleur classement de la Tunisie dans cet index remonte à 2017, où elle occupait la 66e place mondiale. Depuis, la trajectoire est celle d’un déclin progressif. Autrement dit, huit rangs perdus en moins d’une décennie, dans ce classement publié chaque année depuis 2007.

Si la Tunisie conserve sa première place régionale, c’est en grande partie grâce aux avancées socio-économiques réalisées entre les années 1990 et 2010, période durant laquelle la croissance annuelle moyenne avoisinait voire dépassait les 5 %. Mais on l’aura compris, c’est un héritage qui s’érode, faute d’avoir été renouvelé.

En effet, sur le plan économique, la Tunisie affiche un PIB nominal dépassant les 51 milliards de dollars, avec pour principales exportations l’huile d’olive, les dattes, les machines électriques et les produits textiles, tandis que ses importations couvrent notamment le blé, les produits pétroliers raffinés, le gaz naturel et les véhicules. Une structure productive qui reflète une économie encore peu diversifiée et, par ricochet, vulnérable aux chocs externes.

Le vrai message de ce classement n’est donc pas dans le rang, il est dans la dynamique. Première en Afrique du Nord, certes. Mais dans une région qui, globalement, recule. Autrement dit, être le premier d’un peloton à la traîne n’est pas un titre de gloire, c’est un avertissement.

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L’UGTT en crise financière : Des locaux régionaux fermés pour impayés de loyer

16. August 2026 um 15:55

La crise financière que traverse l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) commence désormais à se traduire concrètement dans le fonctionnement de ses structures régionales et locales. Au Kef, la fermeture des locaux des unions locales de Tajerouine et Dahmani, faute de paiement des loyers pendant plusieurs mois, vient illustrer les difficultés auxquelles fait face la centrale syndicale.

Dans un communiqué destiné à l’opinion syndicale, l’Union régionale du travail du Kef a expliqué que la fermeture des deux locaux intervient en raison de plusieurs mois d’impayés. La décision a été prise par le service chargé des locations au sein de l’UGTT.

L’organisation précise toutefois que la mesure ne concerne pas uniquement Tajerouine et Dahmani. Elle s’inscrit dans une démarche plus large touchant les différentes structures locales de l’UGTT installées dans des locaux loués.

L’Union régionale du travail du Kef a notamment remercié les propriétaires des deux locaux pour leur patience et pour avoir accepté de patienter plusieurs mois sans engager de procédures judiciaires ni procéder à une saisie des équipements de l’organisation.

Face à cette situation, les responsables syndicaux du Kef ont appelé les syndicalistes à contribuer à la recherche de solutions permettant de sortir de cette crise et d’en limiter les conséquences sur l’activité syndicale aux niveaux régional et national.

Une crise financière qui ne date pas d’aujourd’hui

La situation au Kef intervient dans un contexte de difficultés financières plus larges au sein de l’UGTT. La principale centrale syndicale tunisienne a vu ses ressources se contracter après la suspension, par le gouvernement, du mécanisme de prélèvement direct des cotisations syndicales sur les salaires.

Ce mécanisme constituait depuis des années une source de financement régulière pour l’organisation. Sa suspension au début de 2026 a privé l’UGTT d’une partie importante de ses recettes automatiques et l’a contrainte à compter davantage sur le paiement volontaire des cotisations par ses adhérents.

Lire aussi : L’UGTT en mode austérité : Coup de frein sur les primes, la voiture du SG mise en vente

Cette décision est intervenue alors que les relations entre le pouvoir exécutif et la centrale syndicale étaient déjà particulièrement tendues. L’UGTT avait vivement contesté la remise en cause du prélèvement direct, présenté par ses dirigeants comme un mécanisme facilitant le financement de l’activité syndicale.

Des mesures d’austérité au niveau national

La nouvelle direction de l’UGTT, issue du congrès extraordinaire de mars 2026 et dirigée par Salah Eddine Salmi, a elle-même reconnu l’ampleur des difficultés financières.

Dès le mois d’avril, le nouveau bureau exécutif national avait décidé de mettre en place une commission composée d’experts et de syndicalistes afin d’élaborer une stratégie destinée à traiter les difficultés financières de l’organisation. Il avait également décidé de suspendre les indemnités accordées aux membres du bureau exécutif national et annoncé la cession du véhicule mis à la disposition du secrétaire général afin de renforcer les ressources de la centrale.

En juillet, l’UGTT a encore renforcé ses mesures de rationalisation des dépenses. Une note adressée aux unions régionales a notamment indiqué que les recettes provenant des cotisations devaient être affectées en priorité au paiement des salaires des employés de l’organisation.

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Le ministère des Finances appelle à reformuler l’appel d’offres du futur complexe culturel

Von: farhat
16. August 2026 um 15:11

Le Ministère des finances a appelé à reformuler l’appel d’offres relatif au projet de construction du complexe culturel à Manouba en raison de l’offre financière soumise au quatrième et unique appel d’offres, jugée élevée par rapport au fonds alloué.

En réponse à la question écrite de la députée, Asma Derouich, concernant le projet de construction du complexe culturel à Manouba, le Ministère des affaires culturelles a expliqué qu’il avait demandé un financement supplémentaire de 5,230 millions de dinars, compte tenu de l’écart financier entre la valeur du quatrième appel d’offres (13,765 millions de dinars) et celui du fonds alloué (8,535 millions de dinars).

Il a suggéré de renégocier cette proposition financière jugée excessive, sachant que le comité de tri des offres n’a reçu qu’une seule offre.

De son côté, le Ministère des finances a demandé la révision de l’appel d’offre du projet en question, étant donné que l’écart financier entre la valeur de l’offre et celui du financement alloué, dépasse de 61% le coût initial des travaux.

Il a souligné qu’il œuvre avec les parties concernées à assurer les fonds nécessaires à la réalisation des projets programmés, selon les priorités fixées par les services compétents.

(D’après TAP)

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Index mondial de la prospérité | La Tunisie en tête des pays d’Afrique du Nord

16. August 2026 um 13:53

La Tunisie s’est classée au 75e rang mondial sur 161 pays au Legatum Prosperity Index 2026. Malgré ses difficultés économiques actuelles, la Tunisie devance tous les autres pays d’Afrique du Nord : Maroc (76e), Algérie (83e), Libye (115e), Egypte (120e) et Soudan (152e). Il n’y a pas de quoi être fier, mais comme dit le proverbe français «Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console».    

Dans ce rapport publié annuellement depuis 2007 et qui offre un éclairage unique sur l’évolution de la prospérité à travers le monde, le meilleur classement de la Tunisie remonte à 2017 : 66e. Depuis elle n’a cessé de péricliter, mais ses voisins africains du nord n’ont pas fait mieux. Si elle reste en tête du classement régional c’est grâce à ses avancées socio-économiques réalisées dans les années 1990-2010 avec une croissance annuelle moyenne de près de 5%. C’était le bon vieux temps de… Ben Ali, dirait l’autre.

On peut toujours dénoncer a postériori la dictature de l’ancien président, mais on ne peut pas dire qu’on a beaucoup avancé depuis qu’on l’a chassé du pays le 14 janvier 2011. Au contraire, le déclin de notre pays a commencé depuis cette date fatidique qui devait être celle d’une libération et qui s’est révélée être, au final, celle du début de la décadence.

Malgré tout, et même s’ils continuent de se plaindre de leur situation, les 12,4 millions d’habitants que compte la Tunisie s’en tirent toujours mieux que tous leurs voisins immédiats. Ils sont choyés par la géographie avec leurs 1200 km de côtes méditerranéennes, leurs plaines fertiles du nord et du Sahel et la richesse de leurs régions désertiques. Sans oublier bien sûr l’ingéniosité de ses enfants, ou de certains d’entre eux.

L’économie tunisienne est modérément industrialisée, avec un PIB nominal dépassant les 51 milliards de dollars. Parmi ses principales exportations figurent l’huile d’olive, les dattes, les machines électriques et les produits textiles, tandis que ses importations incluent le blé, les produits pétroliers raffinés, le gaz naturel et les véhicules, rappellent à juste titre les auteurs de l’Index. Ils auraient pu ajouter en observation : peut mieux faire !

I. B.

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Réforme de l’éducation : Le Conseil supérieur, dès lundi, dans sa phase opérationnelle

16. August 2026 um 13:02

Le Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement tiendra, lundi 17 août 2026, sa séance inaugurale, marquant le début de la mise en place effective de cette instance appelée à jouer un rôle central dans la réflexion et l’orientation des politiques éducatives en Tunisie.

Cette séance intervient quelques jours après la publication au Journal officiel de la République tunisienne des textes fixant la nouvelle composition de l’instance. L’ordonnance n°203 de 2026, datée du 12 août, a officialisé la nomination de sept membres de la haute instance du Conseil : Tijani Gmati, Youssef Ben Othmane, Chiraz Stambouli, Rim Aribi, Kamel Hneid, Mohamed Habib Alani et Mohamed Seifallah Ben Abderrazak.

Dans le même mouvement institutionnel, l’ordonnance n°204 de 2026 a chargé l’ancien ministre de l’Éducation Mohamed Ali Boughediri des fonctions de secrétaire général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement.

Une instance au cœur de la réforme du système éducatif

La création et l’organisation du Conseil s’inscrivent dans le processus de réforme globale du système éducatif tunisien. Le texte portant organisation du Conseil définit notamment sa composition, ses attributions et ses modalités de fonctionnement. L’objectif est de disposer d’une instance institutionnelle dédiée aux grandes orientations en matière d’éducation et d’enseignement.

La mise en place du Conseil intervient également dans un contexte où plusieurs dossiers structurels du secteur restent au centre des débats, notamment la réforme du système éducatif, les conditions de travail des enseignants, l’intégration des enseignants suppléants et la modernisation de l’école tunisienne.

Lire aussi : Conseil supérieur de l’Education : L’ancien ministre Mohamed Ali Boughdiri nommé secrétaire général

En janvier 2025, l’intégration des enseignants et professeurs suppléants avait notamment été présentée par la présidence comme une étape avant une réforme plus globale de l’éducation, dans l’attente de la mise en place effective du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement.

Mohamed Ali Boughediri revient au premier plan

La nomination de Mohamed Ali Boughediri constitue l’un des éléments les plus remarqués de cette nouvelle étape. Ancien ministre de l’Éducation, il avait été nommé à la tête du ministère en janvier 2023 et a quitté ses fonctions en avril 2024, lorsque le président de la République a décidé de le remplacer par Salwa Abassi.

Durant son passage au ministère, Boughediri avait notamment été associé aux discussions autour de la réforme du système éducatif, à la consultation nationale sur l’éducation ainsi qu’à plusieurs dossiers liés aux enseignants et aux examens nationaux.

Son retour dans le dispositif institutionnel consacré à la réforme de l’éducation lui confère ainsi une position importante dans la phase de lancement du Conseil : il sera chargé de ses fonctions de secrétaire général tandis que les sept membres nouvellement désignés composent sa haute instance.

Une nouvelle étape après plusieurs années de préparation

La séance inaugurale du 17 août constitue donc une étape importante dans un processus engagé depuis plusieurs années. La Constitution de 2022 avait consacré le Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement comme une instance constitutionnelle, avant que son cadre d’organisation ne soit précisé par les textes réglementaires.

Avec la nomination de ses membres et de son secrétaire général, puis la tenue de sa première séance, le Conseil passe désormais de la phase de construction juridique à celle de son fonctionnement effectif.

Les prochaines étapes seront particulièrement suivies, notamment en ce qui concerne les priorités qui seront retenues par la nouvelle instance et la manière dont ses travaux s’articuleront avec les politiques conduites par le ministère de l’Éducation.

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L’été du mécontentement en Tunisie

16. August 2026 um 12:46

Cinq ans après sa prise de pouvoir, le président tunisien Kaïs Saïed est confronté à son défi le plus sérieux à ce jour. Les pénuries d’eau et d’électricité, survenant durant un été aux chaleurs records (frôlant les 49 °C dans certaines régions), suscitent un mécontentement croissant à l’égard de sa gouvernance. Ces coupures amènent les Tunisiens à se détourner du populisme.

Sharan Grewal *

Le 25 juillet [2021], date anniversaire de la prise de pouvoir de Saïed, a été marqué par certaines des plus importantes manifestations organisées contre lui jusqu’à présent. La persistance des coupures d’eau et d’électricité a de nouveau déclenché des protestations les 4 et 5 août dans plusieurs régions du pays, et une autre manifestation est prévue à Tunis pour le 20 août.

Pendant des années, Saïed a réussi à surmonter les difficultés économiques en désignant des boucs émissaires : partis politiques, hommes d’affaires, migrants et puissances étrangères, entre autres. Mais aujourd’hui, ces discours populistes ne fonctionnent plus ; en partie parce que cinq ans se sont écoulés depuis sa prise de pouvoir, une période durant laquelle la population attend désormais des résultats concrets. Qui plus est, les pénuries d’eau et d’électricité sont objectivement plus graves que sous l’ère démocratique. Elles sont ressenties de manière viscérale : les Tunisiens constatent concrètement que le pays ne fonctionne plus. Les coupures de courant, y compris dans les hôpitaux, ont même entraîné la mort de certaines personnes. Pire encore, Saïed est resté largement absent, se contentant de promettre de s’en prendre aux comploteurs responsables des pénuries — un discours populiste éculé auquel peu de gens croient encore.

À cela s’ajoutent les atteintes perçues à la souveraineté de la Tunisie de la part de l’Algérie voisine, l’un des plus fervents soutiens de Saïed, avec qui un accord controversé de coopération en matière de défense a été signé l’an dernier.

En réaction aux manifestations, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a menacé d’intervenir en Tunisie pour éliminer les «terroristes» présumés (les manifestants ?), provoquant une levée de boucliers nationaliste, y compris chez certains des premiers partisans de Saïed.

Le mécontentement gagne les rangs du régime

Fait peut-être le plus surprenant, Saïed fait face à des critiques émanant du sein même du régime, alors que les membres de son entourage semblent prendre conscience de l’inéluctabilité de la situation.

Le Parlement, longtemps perçu comme une simple chambre d’enregistrement, compte désormais des membres qui critiquent ouvertement et directement le gouvernement, voire Saïed lui-même. Le député Hamdi Ben Salah a demandé que Saïed comparaisse devant le Parlement pour y être interrogé ; le député Ammar Al-Aidoudi a qualifié d’illégitime le second mandat de Saïed (au cours duquel il a recueilli un score supposé de 91 % des suffrages) ; et le député Ali Zaghdoud a entrepris de préparer une motion de censure contre le gouvernement.

On dirait que certains députés cherchent à quitter le navire en prévision de la chute du régime. Sur fond de rumeurs concernant l’état de santé de Saïed, ses [proches] eux-mêmes se livreraient à une lutte d’influence pour déterminer qui pourrait lui succéder.

De son côté, Saïed a déployé l’armée et la Garde nationale pour assurer l’approvisionnement en eau et a obtenu par la suite de l’électricité en provenance d’Algérie ; toutefois, il ne s’agit pas de solutions durables aux pénuries. Il pourrait tenter de rejeter la faute sur le Premier ministre et de remanier le gouvernement, mais après avoir vu défiler quatre Premiers ministres depuis sa prise de pouvoir, rien ne garantit qu’une telle mesure apaisera la colère de la population.

Les experts estiment que ces pénuries résultent d’années de sous-investissement public dans les entreprises d’État chargées de l’eau et de l’électricité (respectivement la Sonede et la Steg), lesquelles sont trop lourdement endettées pour entreprendre des améliorations d’infrastructure.

Ce n’est pas le premier été marqué par des coupures d’électricité et d’eau, ce qui amène les Tunisiens à se demander pourquoi le gouvernement n’a pas davantage anticipé la chaleur et pris des dispositions en amont.

Les limites des promesses populistes

Toutefois, il faut reconnaître qu’après avoir tourné le dos au Fonds monétaire international et à de nombreux alliés étrangers, le gouvernement dispose de peu de fonds pour investir. Comme l’a récemment souligné l’ancien Premier ministre Hichem Mechichi (évincé par Saied lors de sa prise de pouvoir) : «Saïed est totalement opposé aux bailleurs de fonds internationaux, mais il ne propose aucune alternative. Il a des idées populistes, mais elles n’ont aucun impact sur le terrain.»

Rached Ghannouchi, le chef d’Ennahdha âgé de 85 ans et ancien président du Parlement — qui croupit aujourd’hui en prison alors que sa santé se dégrade — se montrait déjà optimiste en 2022, estimant que les Tunisiens finiraient par comprendre que le populisme ne repose que sur des promesses vaines. «Le populisme est comme une drogue», m’a-t-il confié lors d’un entretien. Il a ajouté : «Il vous anesthésie, vous procure une euphorie passagère, mais vous finissez par vous réveiller face à une triste réalité. Les gens voient désormais cette triste réalité : ils constatent la hausse des prix, la pénurie de produits de première nécessité, le chômage, les atteintes aux droits humains, l’emprisonnement de blogueurs, etc.»

Ghazi Chaouachi, ancien dirigeant du parti Courant démocrate — également emprisonné — m’a tenu des propos similaires. «Kais Saïed tient un discours populiste comparable à celui de Donald Trump», déclarait Chaouachi en 2022. Il a ajouté : «Avec le temps, les Tunisiens comprendront que toutes ses promesses sont sans lendemain et qu’elles mèneront à la ruine de la Tunisie plutôt qu’à sa réussite… Je pense qu’après ce que Kais Saïed a fait, la population sera traumatisée. Par la suite, le populisme refluera et perdra en popularité.»

Cinq ans plus tard, les Tunisiens prennent peut-être enfin conscience de la triste réalité. Les accusations populistes de Saied concernant des complots, des élites corrompues et des manigances étrangères sonnent de plus en plus creux lorsque les robinets s’assèchent et que la climatisation tombe en panne. Il reste incertain que la crise actuelle débouche sur une ouverture démocratique. Toutefois, si elle contribue à délégitimer enfin le populisme en Tunisie, cela facilitera le retour du pays à la démocratie lorsque cette transition finira par se produire.

Traduit de l’anglais.

* Chercheur principal non résident – ​​Politique étrangère, Centre pour la politique au Moyen-Orient.

Source : Brookings.  

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Tunisie-Libye | Vers la facilitation du transport terrestre

16. August 2026 um 11:57

La Tunisie et la Libye ont discuté des moyens d’étendre la coopération dans le domaine du transport terrestre et de faciliter la circulation des passagers et des marchandises entre les deux pays. Ces pourparlers se sont tenus lors d’une réunion du comité technique mixte chargé du transport terrestre, organisée à Tunis les 11 et 12 août 2026. (Photo: Poste frontalier de Ras Jedir).

La délégation libyenne était conduite par Fadlallah Rafallah Ashour, vice-ministre des Transports chargé du secteur terrestre, tandis que la délégation tunisienne était dirigée par Tarek Bouazizi, directeur général du transport terrestre.

La Libye a présenté des propositions visant à développer son système de transport terrestre et a souligné la nécessité de mettre en œuvre l’accord bilatéral sur le transport routier de passagers et de marchandises, signé le 31 juillet 1996.

Les deux parties ont également débattu de l’amélioration des services et de la simplification des procédures de transport aux postes-frontières.

Elles ont réaffirmé les liens étroits unissant la Libye et la Tunisie, ainsi que l’importance d’une coordination continue pour faciliter la circulation des personnes et des marchandises et pour améliorer les services aux postes-frontières.

I. B. (d’après The Libya Observer).

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Le classement du bonheur en Afrique du Nord

16. August 2026 um 11:37

Le classement fera sourire beaucoup de lecteurs et paraîtra même farfelu pour certains d’entre eux, mais il mérite d’être connu : la Libye figure en tête des dix pays africains où le revenu nécessaire pour atteindre le «pic de bonheur» (sic !) en 2026 est le plus élevé.

La Libye, qui est classée 81e sur le plan mondial, est suivie par l’Algérie (83e), la Tunisie (105e), le Maroc (112e), la Mauritanie (120e) et l’Égypte (139e).

Le World Happiness Report 2026 est réalisé par Remitly,  fournisseur mondial de services financiers, sur la base des données de Purdue University, établies sur la base des revenus annuels requis pour satisfaire les besoins de la vie, en rapport avec le pouvoir d’achat et les conditions générales du bien-être individuel et social.

À l’échelle mondiale, l’Islande affiche le score le plus élevé à 7 764, tandis que l’Afghanistan présente le plus bas, à 1 446.

La Libye avec un score 5 731, l’Algérie (5 714) et la Tunisie (4 798) affichent les seuils du «prix du bonheur» les plus élevés en Afrique du Nord.

Le score pour le Maroc s’établit à 4 646, la Mauritanie à 4 473 et l’Égypte à 3 862.

Ce classement, fondé sur les prix locaux et le pouvoir d’achat, révèle qu’un seuil plus élevé n’est pas synonyme d’un bonheur accru et que des facteurs tels que l’éducation, la santé et la qualité de vie jouent un rôle déterminant.

I. B.

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Phosphate : pendant que l’Algérie investit, la Tunisie décroche

16. August 2026 um 11:35

L’accélération algérienne autour du gisement phosphatier géant de Tébessa (Blad el Hadba) marque un changement de dimension. En confiant deux contrats stratégiques au chinois CHEC et à l’italien Saipem, Alger ne se contente pas d’un projet minier : elle construit une filière intégrée, de l’extraction à la transformation, avec l’ambition assumée de devenir un acteur majeur du marché mondial des engrais : une production annoncée de 10,5 millions de tonnes par an. Le satisfecit de l’ambassadrice d’Italie, citée par le site TSA, qui qualifie le projet de « visionnaire » et le situe au-delà du simple cadre minier, confirme que l’Algérie mobilise ses partenariats économiques les plus solides (Chine, Italie en l’occurrence) pour transformer une ressource géologique en levier géopolitique et industriel.

En fait, c’est cet article de nos confrères algériens qui nous a alertés en décidant d’écrire cet article, en espérant qu’il fera bon effet, comme on dit.

La Tunisie : le même potentiel, une trajectoire inverse

Le contraste est brutal quand on regarde les chiffres tunisiens. La Tunisie a produit 8,131 millions de tonnes de phosphate en 2010, avant de chuter fortement les années suivantes, avec un effondrement immédiat à seulement 2,281 millions de tonnes dès 2011. Depuis, le pays plafonne : la production de la CPG aurait atteint environ 3,9 millions de tonnes en 2025, contre 3,04 millions en 2024, loin des niveaux d’avant-crise. L’objectif officiel pour 2026 n’est que de 4,5 millions de tonnes, avec une ambition à 9,4 millions de tonnes seulement à l’horizon… 2035, soit un quart de siècle pour espérer retrouver le niveau de 2010.

Les causes du blocage sont connues et documentées depuis plus d’une décennie : difficultés de transport, faiblesse du réseau ferroviaire, insuffisance des ressources en eau industrielle nécessaires au lavage du phosphate, problèmes d’approvisionnement en ammonitrate et tensions de trésorerie. Le Groupe chimique tunisien (GCT), principal client industriel de la CPG, subit en cascade cette fragilité : baisse des taux d’utilisation de ses unités de production et diminution des quantités de phosphate transformé, en raison de la vétusté des équipements et de l’augmentation des pannes. Et pour couronner le tout, les mouvements sociaux continuent d’aggraver la situation : en mai 2026 encore, la production était totalement paralysée à Metlaoui, Redeyef, Moularès et Mdhilla par des mouvements de protestation liés aux primes de l’Aïd et de productivité, dont les montants avaient subi une baisse drastique.

Le plus inquiétant n’est pas la stagnation de la production, mais sa traduction commerciale : sur les deux premiers mois de 2026, l’INS a signalé une baisse de 24,6 % des exportations du secteur mines, phosphates et dérivés, preuve que même le potentiel de redressement affiché reste extrêmement fragile.

Pourquoi le projet algérien constitue un danger direct

La réponse à cette interrogation en quatre points qui devraient, selon nous, réveiller les pouvoirs publics.

Course à la part de marché mondiale. Si l’Algérie atteint son objectif de 10,5 millions de tonnes annuelles avec un outil neuf et intégré (CHEC + Saipem), elle produira à elle seule plus du double de l’ambition tunisienne à 2035. Avec dix ans d’avance. La Tunisie, déjà marginalisée sur le marché mondial des engrais depuis 2011, risque d’être définitivement reléguée face à un voisin doté d’une infrastructure moderne et de partenaires financiers solides.

Effet ciseau sur les investissements étrangers. Un projet salué comme « visionnaire » par l’Italie attire des capitaux et une expertise que la Tunisie, empêtrée dans des grèves récurrentes et une trésorerie exsangue, ne parvient pas à mobiliser au même rythme.

Risque de dépendance régionale inversée. Historiquement puissance phosphatière de référence au Maghreb, la Tunisie pourrait voir l’Algérie devenir le hub régional de transformation et d’exportation, redessinant les rapports de force économiques dans la région à son détriment.

Fenêtre de temps qui se referme. Le redressement tunisien, qualifié par les analystes de « progressif » et « non linéaire », s’étale sur près de dix ans. Or le marché mondial des engrais, sous tension géopolitique (guerre au Moyen-Orient, demande alimentaire croissante), pourrait se recomposer bien plus vite, ce qui laisserait la Tunisie hors-jeu au moment où elle espère enfin remonter en puissance.

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Hôpital La Rabta : 1,8 million de dinars pour moderniser l’immunologie et renforcer les diagnostics spécialisés

16. August 2026 um 11:33

Le service d’immunologie de l’hôpital universitaire La Rabta, à Tunis, vient d’achever une opération complète de rénovation et de modernisation, pour un investissement global proche de 1,8 million de dinars. Mais au-delà du montant consacré à ce projet, c’est surtout le renforcement des capacités de diagnostic immunologique qui devrait changer la prise en charge de certains patients.

Selon les informations communiquées par le ministère de la Santé, environ 800 000 dinars ont été consacrés à la rénovation des locaux et à leur mise à niveau, tandis que près d’un million de dinars ont été mobilisés pour l’acquisition de nouveaux équipements médicaux et de laboratoire.

L’un des principaux équipements introduits est le système Luminex–LABScan 3D, une plateforme de haute technologie permettant d’effectuer des analyses immunologiques spécialisées avec une importante capacité de multiplexage, c’est-à-dire la possibilité d’analyser simultanément plusieurs marqueurs ou réactions immunologiques dans un même échantillon.

Concrètement, qu’est-ce que cette technologie permet ?

L’un des intérêts majeurs du système Luminex–LABScan 3D concerne la détection et l’identification fine des anticorps dirigés contre les antigènes HLA, particulièrement importants dans le domaine de la transplantation.

Ces analyses permettent notamment de rechercher des anticorps anti-HLA, d’identifier leurs spécificités et de suivre leur évolution chez les patients candidats à une greffe ou déjà transplantés. Elles peuvent ainsi contribuer à évaluer le risque de réaction immunologique contre un organe greffé. Des laboratoires spécialisés utilisent précisément les plateformes Luminex/LABScan 3D pour le dépistage et la caractérisation des anticorps anti-HLA.

Lire aussi : Tunisie : Généralisé avant fin 2026, à quoi servira l’identifiant santé unique?

Dans le contexte de la transplantation, cette capacité est particulièrement importante. L’identification des anticorps spécifiques d’un donneur, appelés DSA (donor-specific antibodies), peut aider les équipes médicales à évaluer le risque de rejet médié par les anticorps et à assurer un suivi plus précis après la greffe.

La technologie peut également être utilisée pour certains travaux de typage HLA, notamment avec des tests reposant sur des microparticules codées et des techniques de biologie moléculaire. Des applications de LABScan 3D ont ainsi été documentées pour le typage HLA à haute résolution.

Un enjeu important pour les patients transplantés

Pour un patient inscrit sur une liste de transplantation, la caractérisation du profil immunologique est déterminante. La présence d’anticorps anti-HLA peut réduire le nombre de donneurs compatibles et compliquer la recherche d’un organe adapté.

Le suivi régulier de ces anticorps après transplantation permet également de détecter des modifications du profil immunologique du patient et d’aider les équipes à apprécier le risque de complications immunologiques.

La modernisation du laboratoire de La Rabta pourrait donc permettre de renforcer localement cette expertise et de réduire, selon l’organisation du parcours de soins, le recours à des capacités d’analyse extérieures pour certains examens spécialisés.

Un laboratoire appelé à jouer un rôle de référence

Le ministère de la Santé présente cette modernisation comme un moyen de renforcer le rôle de La Rabta en tant que structure de référence dans le domaine de l’immunologie. Le projet porte ainsi à la fois sur l’environnement de travail et sur le plateau technique, avec l’objectif d’améliorer la précision des analyses et les capacités diagnostiques du service.

L’enjeu des 1,8 million de dinars investis ne se limite donc pas à la rénovation d’un service hospitalier. Avec l’introduction d’équipements capables d’effectuer des analyses immunologiques complexes et à haut débit, La Rabta se dote d’un outil particulièrement important pour la transplantation, l’immunologie spécialisée et le suivi de patients présentant des profils immunologiques complexes.

Il faudra toutefois distinguer les capacités techniques de la plateforme des examens effectivement disponibles pour les patients : le type précis d’analyses proposées, leur fréquence et les indications cliniques dépendront des réactifs, des protocoles validés et de l’organisation du laboratoire.

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Tunisie : Croissance en hause, chômage en baisse mais 58 200 actifs occupés disparaissent

16. August 2026 um 10:32

La croissance économique tunisienne a accéléré au deuxième trimestre 2026, avec une progression de 1,4 % du PIB par rapport au premier trimestre. Pourtant, cette amélioration ne s’est pas traduite par une hausse de l’emploi. Selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique (INS), le nombre de personnes occupées a au contraire reculé de 58 200 en trois mois.

Ce décalage entre la reprise de l’activité économique et l’évolution du marché du travail constitue l’un des principaux enseignements des données publiées le 15 août 2026.

Un PIB en hausse, mais moins d’occupés

D’après l’INS, le PIB en volume, corrigé des variations saisonnières, a progressé de 1,4 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au premier trimestre. Sur un an, la croissance s’établit à 2,3 %.

Dans le même temps, le nombre de personnes occupées est passé de 3,6263 millions au premier trimestre à 3,5681 millions au deuxième trimestre, soit une diminution de 58 200 personnes.

Il convient toutefois de distinguer une baisse statistique du nombre d’occupés d’une destruction nette de 58 200 emplois au sens strict. Les chiffres de l’INS mesurent l’évolution de la population occupée entre deux enquêtes. Ils montrent néanmoins une contraction significative de l’emploi sur la période.

Le secteur des services demeure le principal employeur, avec 49,9 % des personnes occupées, devant les industries manufacturières (20,4 %), l’agriculture et la pêche (16,3 %) et les industries non manufacturières (13,5 %).

Le chômage baisse… parce que la population active se contracte

À première vue, les chiffres du chômage semblent plus favorables. Le taux de chômage est passé de 15 % au premier trimestre à 14,9 % au deuxième trimestre 2026. Le nombre de chômeurs a également diminué de 19 300, passant de 641 700 à 622 400.

Mais cette baisse doit être interprétée à la lumière de l’évolution de la population active.

Celle-ci a reculé de 77 500 personnes en trois mois, passant de 4,268 millions à 4,1905 millions. Le taux d’activité a également diminué de 1,2 point, pour atteindre 44,7 %, contre 45,9 % au trimestre précédent.

Autrement dit, la légère amélioration du taux de chômage ne correspond pas à une dynamique de création d’emplois. Elle intervient dans un contexte où le nombre de personnes présentes sur le marché du travail diminue fortement.

Le chômage des diplômés repart à la hausse

Autre signal préoccupant : la situation des diplômés de l’enseignement supérieur s’est nettement dégradée. Le taux de chômage de cette catégorie est passé de 24,2 % au premier trimestre à 26,6 % au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 2,4 points en trois mois.

La situation est encore plus difficile chez les femmes diplômées de l’enseignement supérieur. Leur taux de chômage atteint 35,6 %, contre 14,2 % chez les hommes diplômés.

Lire aussi : Kaïs Saïed : Les indicateurs économiques s’améliorent, mais les Tunisiens n’en ressentent pas les effets

Cette évolution contraste avec celle du chômage global : si le taux général baisse légèrement, celui des diplômés augmente, révélant une persistance des difficultés d’insertion des jeunes et des personnes hautement qualifiées.

Chez les 15-24 ans, le taux de chômage a en revanche reculé, passant de 37,5 % à 35,4 %. Il reste néanmoins élevé, avec 34,6 % chez les jeunes hommes et 37,1 % chez les jeunes femmes.

Une reprise économique qui ne bénéficie pas encore au marché du travail

Les données du deuxième trimestre mettent ainsi en évidence un paradoxe : la Tunisie enregistre une accélération de son activité économique entre avril et juin, mais cette amélioration coïncide avec une baisse du nombre de personnes occupées et une contraction de la population active.

La baisse de 0,1 point du taux de chômage ne doit donc pas être lue isolément. Elle intervient alors que 77 500 personnes sortent de la population active et que le nombre d’occupés diminue de 58 200.

La situation des diplômés constitue par ailleurs un autre indicateur de fragilité, avec un taux de chômage supérieur à un quart de cette population et un niveau qui dépasse 35 % chez les femmes diplômées.

Les prochains trimestres permettront de déterminer si la progression du PIB se transforme effectivement en créations d’emplois ou si le décalage entre croissance économique et marché du travail persiste.

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Tunisie | PIB en hausse de 2,3% au terme du 2e trimestre 2026

16. August 2026 um 10:12

Les estimations issues des comptes nationaux trimestriels de la Tunisie montrent que le produit intérieur brut (PIB) en volume, corrigé des variations saisonnières, a enregistré une croissance au taux de 2,3% sur un an au cours du deuxième trimestre de 2026.

C’est ce que signale l’Institut national de la statistique (INS) dans son rapport périodique sur la croissance économique, ajoutant que le PIB en volume, au cours de la même période, et en glissement trimestriel, c’est-à-dire par rapport au premier trimestre de 2026, a augmenté de 1,4%.

S’agissant des variations trimestrielles, le PIB a enregistré une croissance de 1,4 % au cours du deuxième trimestre 2026 par rapport au premier trimestre de la même année.

Sur cette base, le PIB a enregistré une croissance de 2,4 % au cours du premier semestre de l’année en cours, par rapport à la même période de l’année précédente.

Les activités agricoles ont enregistré une accélération de leur croissance au cours du deuxième trimestre 2026, le volume de la valeur ajoutée du secteur progressant de 5,5 % en glissement annuel.

Ce secteur a contribué à hauteur de 0,51 point de pourcentage au taux de croissance de 2,3 % enregistré pour le PIB.

De même, les activités de services ont maintenu une dynamique de croissance positive au cours du deuxième trimestre de l’année en cours ; le volume de la valeur ajoutée a augmenté de 1,9 % par rapport au deuxième trimestre 2025, contribuant pour 1,18 point de pourcentage au taux de croissance du PIB de 2,3 %.

Cette évolution est principalement portée par la hausse de la valeur ajoutée dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration (+4,6 %), de l’information et de la communication (+3,5 %) et des transports (+1,7 %).

S’agissant des industries manufacturières, le volume de la valeur ajoutée a progressé de 0,9 % au cours du deuxième trimestre 2026, porté par la croissance de l’agroalimentaire (2,1 %), des industries mécaniques et électriques (1,6 %) et des industries diverses (3,7 %).

À l’inverse, le secteur de l’énergie, des mines, de l’eau, de l’assainissement et du traitement des déchets a enregistré un recul de 1,7 % de sa valeur ajoutée ; ce repli est principalement imputable à la baisse de la valeur ajoutée dans le secteur minier et dans celui de l’extraction de pétrole et de gaz naturel, en baisse respective de 9,6 % et de 1,1 %.

Dans l’ensemble, le secteur industriel a enregistré une croissance de 0,3 % au cours du deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025. Celui de la construction a également affiché une croissance positive, le volume de la valeur ajoutée augmentant de 3,6 % en glissement annuel par rapport au deuxième trimestre de 2025.

La répartition du PIB par composante de la demande pour le troisième trimestre 2026 fait apparaître une hausse de 3,3 % du volume de la demande intérieure — incluant les dépenses de consommation et la formation brute de capital fixe (investissement) — par rapport au deuxième trimestre 2025 (en glissement annuel). Cette évolution positive a contribué à hauteur de 3,61 points de pourcentage au taux de croissance du PIB de 2,3 %.

À l’inverse, le solde du commerce extérieur a contribué par une baisse de -1,33 point de pourcentage à ce taux de croissance du PIB. Cette situation s’est inscrite dans un contexte de progression de 10,4 % du volume des exportations de biens et services et de 11,2 % du volume des importations au cours de la même période.

Le rapport en arabe.

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Après la chaleur, les pluies gagnent plusieurs régions tunisiennes

16. August 2026 um 10:11

La situation météorologique reste instable en Tunisie, avec des précipitations enregistrées au cours des dernières heures dans plusieurs régions du pays, dans le prolongement de l’épisode orageux observé depuis samedi.

Selon les données publiées par l’Institut national de la météorologie (INM), des quantités de pluie ont été relevées durant les 24 heures comprises entre samedi 15 août à 07h00 et dimanche 16 août 2026 à 07h00.

Passage de cellules orageuses

Cette situation intervient alors que l’INM avait annoncé le passage de cellules orageuses accompagnées de pluies parfois fortes dans plusieurs régions, avec un risque localement important notamment dans les zones de l’Ouest du Nord et du Centre avant une extension vers certaines régions orientales.

Les gouvernorats du Centre-Ouest, notamment Kasserine, figuraient parmi les zones susceptibles d’enregistrer les précipitations les plus importantes. Les prévisions faisaient état de cumuls généralement compris entre 20 et 40 millimètres, pouvant atteindre localement 60 millimètres, notamment dans la région de Kasserine et dans le Sahel.

Ces zones toujours concernées

Le Nord-Ouest et les zones montagneuses restent également concernés par cette situation instable, avec un développement de cellules orageuses pouvant générer des averses localement intenses.

L’INM maintient par ailleurs une vigilance météorologique pour dimanche 16 août, faisant état de cellules orageuses locales accompagnées de pluies et, par endroits, de phénomènes météorologiques plus intenses.

Lire aussi : Météo : Orages, fortes pluies et vents violents attendus dans plusieurs régions

Cette évolution intervient après un mois de juillet marqué par une chaleur exceptionnelle en Tunisie : selon l’INM, la température moyenne nationale avait atteint 31,7 °C, soit 3,4 °C au-dessus de la moyenne de référence.

Les précipitations observées ces dernières heures apportent ainsi une parenthèse inhabituelle en cette période estivale, mais leur caractère orageux appelle à la prudence, notamment dans les zones où les pluies peuvent être fortes en peu de temps.

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Passeport, CIN, permis… à distance : Ce que prépare le gouvernement

16. August 2026 um 10:01

Le gouvernement entend accélérer la transformation numérique de l’administration, avec plusieurs projets destinés à permettre aux citoyens d’effectuer davantage de démarches à distance, notamment pour le renouvellement du passeport, de la carte d’identité nationale et du permis de conduire.

La question de l’avancement de ces projets était au centre d’un Conseil ministériel restreint tenu samedi 15 août 2026 au Palais du gouvernement à la Kasbah, sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri.

Parmi les services déjà lancés figure notamment le renouvellement à distance du passeport au profit des Tunisiens résidant à l’étranger. Le gouvernement travaille également à la généralisation de ce service, afin d’élargir progressivement l’accès au renouvellement du passeport en ligne.

D’autres démarches devraient suivre. Le Conseil a notamment fait état de l’avancement du projet permettant de demander à distance le renouvellement de la carte d’identité nationale, ainsi que du projet de renouvellement du permis de conduire à distance.

Plus de 40 services administratifs depuis une seule application

Le gouvernement a également annoncé le lancement prochain de l’application mobile « Khadamet », qui devrait être accessible au public dans les prochains jours.

Cette application permettra d’accéder à plus de 40 services administratifs à travers l’identité numérique. Elle intégrera également des moyens de paiement électronique, notamment par cartes bancaires et postales ainsi que via les portefeuilles électroniques.

Cette évolution s’inscrit dans la volonté de réduire les déplacements des citoyens vers les administrations et de simplifier les procédures administratives.

Le gouvernement indique par ailleurs que 114 projets de transformation numérique sont actuellement en cours de réalisation, certains ayant déjà dépassé les 90% d’avancement.

Parmi ces projets figurent notamment la demande à distance du certificat de résidence, le paiement électronique des taxes municipales, l’échange électronique des actes d’état civil entre les consulats à l’étranger et les municipalités, ainsi que le registre national des diplômes universitaires.

Vers une administration davantage numérisée

Au cours du Conseil, plusieurs projets déjà achevés durant le premier semestre 2026 ont également été présentés. Il s’agit notamment de la plateforme nationale de l’investisseur, de la numérisation des transactions du Registre national des entreprises et de la plateforme unique des services administratifs.

Le programme prévoit également le développement de « l’hôpital numérique », la mise en place de services numériques dans différents secteurs ainsi que le déploiement de 34 maisons de services numériques réparties dans 21 gouvernorats.

Lire aussi : Services publics : 34 maisons de services numériques achevées dans 21 gouvernorats

Le gouvernement mise également sur le développement des infrastructures nécessaires à cette transformation, avec la généralisation de la fibre optique, l’amélioration de la couverture des zones encore non desservies et le renforcement de la connectivité internationale à Internet via les câbles sous-marins.

La Tunisie prévoit par ailleurs de renforcer l’utilisation des portefeuilles électroniques et du paiement numérique, notamment pour les petits achats, le stationnement et certains services de transport.

Intelligence artificielle : une stratégie nationale 2026-2030

Le Conseil ministériel a également examiné les grandes orientations de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle pour la période 2026-2030.

Présentée par le ministre des Technologies de la communication, Sofiane Hemissi, cette stratégie vise à accompagner l’utilisation de l’intelligence artificielle tout en mettant l’accent sur la protection des données personnelles, des droits constitutionnels et de la souveraineté numérique.

La cheffe du gouvernement a, dans ce contexte, insisté sur la nécessité d’anticiper les risques liés aux nouvelles technologies et de garantir un espace numérique sécurisé.

L’objectif affiché par le gouvernement dépasse ainsi la simple dématérialisation des procédures. Il s’agit, selon la présidence du gouvernement, de repenser les parcours administratifs, d’améliorer leur efficacité et de construire progressivement une administration numérique davantage centrée sur les besoins du citoyen.

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Tunisie | Le taux de chômage se stabilise autour de 15%

16. August 2026 um 09:34

Selon les résultats de l’enquête sur l’emploi du deuxième trimestre 2026 réalisé par l’Institut national de la statistique (INS), la population active en Tunisie s’est établie à 4 190 500 personnes, contre 4 268 000 au premier trimestre de la même année, soit une baisse de 77 500 personnes.

La population active se répartit entre 2 887 700 hommes et 1 302 800 femmes, représentant respectivement 68,9 % et 31,1 % de l’ensemble de la population active.

Par ailleurs, le taux d’activité a enregistré un recul de 1,2 point de pourcentage au cours du deuxième trimestre 2026 pour s’établir à 44,7 % de la population âgée de 15 ans et plus, contre 45,9 % au premier trimestre 2026.

Au deuxième trimestre 2026, le nombre d’occupés a atteint 3 568 100, contre 3 626 300 au trimestre précédent, soit une baisse de 58 200 occupés. La population occupée se compose de 2 546 000 hommes et de 1 022 100 femmes, représentant respectivement 71,4% et 28,6 % de l’ensemble de la population occupée.

Les personnes occupées se répartissent comme suit par secteur d’activité : 49,9 % dans les services, 20,4% dans les industries manufacturières, 13,5 % dans les industries non manufacturières et 16,3 % dans l’agriculture et la pêche.

Le nombre de chômeurs s’est établi à 622 400 personnes au deuxième trimestre 2026, contre 641 700 au premier trimestre, soit une baisse de 19 300 chômeurs. Le taux de chômage a ainsi diminué à 14,9 %, contre 15 % au trimestre précédent.

Par sexe, ce taux a reculé de 0,5 point de pourcentage chez les hommes pour s’établir à 11,8 %, tandis qu’il a augmenté de 0,9 point chez les femmes pour atteindre 21,6 % au deuxième trimestre 2026.

Le taux de chômage s’est établi à 14,8 % en milieu urbain et à 15,0 % en milieu rural au cours du deuxième trimestre de 2026, contre respectivement 14,4 % et 16,5 % au premier trimestre de la même année.

Le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a diminué au cours du deuxième trimestre 2026, atteignant 35,4 % contre 37,5% au premier trimestre 2026. Ce taux se répartit entre 34,6 % pour les hommes et 37,1% pour les femmes.

Chez les diplômés de l’enseignement supérieur, le taux de chômage a augmenté pour atteindre 26,6 % au deuxième trimestre 2026, contre 24,2 % au premier trimestre de la même année. Ce taux s’élève à 14,2 % chez les hommes et à 35,6 % chez les femmes.

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L’Italie consolide sa position de 1er fournisseur européen de la Tunisie

16. August 2026 um 09:04

L’Italie s’impose donc comme le principal fournisseur de la Tunisie au sein de l’Union européenne (UE) et réduit l’écart structurel avec la Chine.

Au cours des sept premiers mois de 2026, l’Italie demeure le premier fournisseur européen de la Tunisie et le classe au deuxième sur le plan mondial derrière la Chine, avec un écart qui s’est réduit 206 millions de dinars (environ 61 millions d’euros).

Les échanges commerciaux entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 13,67 milliards de dinars (environ 4,03 milliards d’euros) entre janvier et juillet, enregistrant une hausse de 12,4 % par rapport à la même période en 2025, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS) de Tunisie.

Cette hausse est principalement portée par les ventes des produits importés d’Italie sur le marché tunisien, dont la valeur a atteint 6,66 milliards de dinars (environ 1,97 milliard d’euros), soit une augmentation de 16,6 % sur un an.

Au cours de la même période, les exportations tunisiennes vers l’Italie ont progressé de 8,7 %, s’élevant à environ 7,01 milliards de dinars (2,07 milliards d’euros).

Ces rythmes de croissance divergents modifient également la balance commerciale bilatérale. La Tunisie conserve un excédent commercial vis-à-vis de l’Italie d’environ 347 millions de dinars (102 millions d’euros), mais cet excédent a plus que diminué de moitié par rapport aux 733 millions de dinars (environ 216 millions d’euros) enregistrés au cours des sept premiers mois de 2025.

Les chiffres témoignent ainsi d’un rééquilibrage progressif des échanges en faveur de l’Italie, qui occupe désormais une place prépondérante parmi les fournisseurs de la Tunisie.

Sur les sept premiers mois de l’année, les produits chinois sont restés en tête des ventes sur le marché tunisien, avec une valeur d’environ 6,87 milliards de dinars, suivie par l’Italie (6,66 milliards) et la France (environ 6,36 milliards).

L’Italie s’impose donc comme le principal fournisseur de la Tunisie au sein de l’Union européenne (UE) et réduit l’écart avec la Chine.

Ce renforcement de la position italienne en Tunisie s’inscrit dans un contexte plus large où l’UE demeure le premier partenaire commercial de la Tunisie.

Au cours des sept premiers mois de 2026, 70,4 % des exportations tunisiennes étaient destinées à l’UE-27, pour une valeur de 28,63 milliards de dinars, tandis que 45,3 % des importations — totalisant 25,16 milliards — provenaient de l’UE.

Les importations tunisiennes en provenance d’Italie ont augmenté de 16,6 %, contre une hausse de 18,4 % pour celles venant de France. L’Italie occupe également une place de premier plan pour les exportations tunisiennes. L’agence ICE classe l’Italie comme la deuxième destination des marchandises tunisiennes et le deuxième fournisseur de la Tunisie ; une position que les données de 2026 viennent consolider, notamment en ce qui concerne les ventes italiennes.

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Comment naissent et meurent les partis politiques

16. August 2026 um 08:30

Les fondations d’une idée collective, la cohésion, le leadership et la discipline du premier noyau ; ou comment naissent les partis politiques et pourquoi certains réussissent-ils à s’imposer durablement alors que d’autres disparaissent rapidement ou restent confinés à un rôle marginal ? L’histoire récente de la Tunisie montre que la survie d’un parti ne dépend pas seulement des élections ou de la popularité de ses dirigeants, mais surtout de la solidité de son noyau fondateur, de sa cohésion interne et de sa capacité à préserver une vision commune. Derrière chaque formation politique durable se trouve une première équipe soudée autour d’une idée, capable de résister aux divisions et aux épreuves. À l’inverse, les rivalités personnelles, l’absence de stratégie claire et les fractures internes conduisent souvent à l’affaiblissement des partis.

Zouhaïr Ben Amor *

Toute grande construction collective commence souvent par quelque chose de remarquablement simple : une idée portée avec suffisamment de conviction par une personne pour qu’elle cesse d’être seulement une conviction individuelle et commence à devenir une proposition faite aux autres. Avant les structures, les statuts, les bureaux, les commissions, les programmes et les manifestations publiques, il y a presque toujours un commencement humain. Un homme ou une femme formule une vision, la défend, la raconte, la précise, puis cherche autour de lui quelques personnes capables de comprendre cette vision et surtout de croire qu’elle mérite d’être transformée en action collective.

C’est à ce moment extrêmement précoce que se joue une partie essentielle de l’avenir du mouvement. Une idée peut rester une belle intuition individuelle, ou devenir progressivement une force organisée. Entre les deux, il existe une étape souvent négligée : la constitution du premier noyau. Une dizaine de personnes, parfois moins, parfois davantage, qui acceptent de consacrer du temps, de l’énergie et une partie de leur crédibilité personnelle à une idée encore fragile. Ce premier cercle n’est pas encore une organisation pleinement constituée. Il en est plutôt la matrice.

La tentation est alors grande de considérer que la première nécessité est l’unité absolue. Il faut, pense-t-on, que chacun soit fidèle au fondateur, que personne ne cherche à devenir son concurrent, qu’aucune rivalité ne divise le groupe et que toutes les décisions soient prises collectivement avant d’être présentées à l’extérieur. Cette intuition contient une part importante de vérité : un groupe naissant qui passe son énergie à se quereller sur les personnes avant même d’avoir défini son projet risque effectivement de disparaître avant d’avoir commencé.

Mais cette nécessité de cohésion ne doit pas être confondue avec l’obligation de penser tous de la même manière. C’est précisément ici que commence le véritable problème du leadership collectif. La solidarité peut être une force extraordinaire ; transformée en conformisme, elle peut devenir une faiblesse. Les travaux d’Irving Janis sur le «groupthink» montrent qu’un groupe très cohésif peut parfois rechercher tellement l’unanimité qu’il finit par réduire son examen critique des décisions et par écarter les alternatives importantes (Janis, 1972).

Le premier noyau doit donc être conçu comme un lieu de confiance, mais aussi comme un lieu de réflexion. Sa première mission n’est pas simplement de protéger le leader : elle est de protéger l’idée contre les improvisations, les ambitions personnelles, les malentendus et les erreurs collectives.

1er cercle : transformer une conviction individuelle en projet commun

Lorsqu’une idée commence à attirer quelques personnes, la première difficulté consiste à passer du langage de la conviction personnelle à celui du projet collectif. Le fondateur peut avoir une intuition claire, mais ceux qui le rejoignent n’ont pas nécessairement compris cette intuition de la même façon. Ils peuvent être attirés par des aspects différents du projet, lui attribuer des objectifs différents ou imaginer des méthodes contradictoires.

Il faut donc un temps de maturation. Le groupe doit parler longuement. Il doit étudier. Il doit poser des questions parfois inconfortables. Il doit revenir sur les mêmes sujets jusqu’à ce que les notions essentielles soient suffisamment précises pour être partagées par tous.

Cette période peut sembler improductive à ceux qui veulent immédiatement passer à l’action. Elle est pourtant fondamentale. Une organisation qui se construit trop rapidement risque de découvrir ses contradictions lorsque la pression extérieure sera déjà forte. À l’inverse, un groupe qui prend le temps de clarifier ses objectifs acquiert une forme de solidité intellectuelle.

Il faut alors distinguer deux types d’accord. Le premier est l’accord sur les finalités : pourquoi sommes-nous ensemble ? Quelle transformation voulons-nous produire ? Quelles valeurs ne voulons-nous pas abandonner ? Quels principes doivent demeurer même lorsque les circonstances changent ?

Le second concerne les moyens : comment atteindre ces objectifs ? Sur ce terrain, l’accord peut être moins immédiat. Il peut même être souhaitable que plusieurs solutions soient examinées avant qu’une décision commune soit adoptée.

C’est cette distinction qui permet de préserver simultanément l’unité et l’intelligence collective. Un groupe peut être parfaitement uni autour d’une finalité tout en discutant vivement des moyens d’y parvenir. La contradiction n’est alors pas une maladie du groupe ; elle constitue une étape normale de sa maturation.

La solidarité véritable ne signifie donc pas : «nous sommes obligés d’être d’accord sur tout». Elle signifie plutôt : «nous pouvons être en désaccord sur certains moyens sans devenir des adversaires». Cette nuance est essentielle.

La fidélité au fondateur et la fidélité à l’idée

Dans les premières étapes, le fondateur joue naturellement un rôle particulier. C’est lui qui a formulé l’intuition initiale, qui a probablement pris les premiers risques et qui a commencé à convaincre les autres. Son autorité est donc souvent davantage une autorité d’origine qu’une autorité institutionnelle.

Il est logique que les premiers membres lui accordent une confiance particulière. Ils connaissent son parcours, sa motivation et la cohérence de son engagement. Dans un groupe très jeune, cette confiance peut même être indispensable pour éviter la dispersion.

Mais une question fondamentale apparaît rapidement : les membres sont-ils fidèles à la personne ou à l’idée ?

La différence peut sembler théorique. Elle ne l’est pas.

Si la fidélité porte exclusivement sur la personne, l’organisation risque de devenir dépendante d’un individu. Toute critique du leader pourra être interprétée comme une trahison. Toute proposition alternative pourra apparaître comme une tentative de prise de pouvoir. Le groupe risque alors de transformer une confiance légitime en personnalisation excessive de l’autorité.

Si, au contraire, la fidélité première porte sur l’idée, le fondateur conserve une place centrale tout en restant lui-même soumis aux principes qui ont permis au groupe de se constituer.

La meilleure fidélité est ainsi celle qui dit : «je te fais confiance parce que je crois à ce que nous construisons ensemble», et non : «je suis obligé d’approuver tout ce que tu dis parce que tu es le fondateur».

Cette distinction est particulièrement importante lorsque le mouvement grandit. Une organisation capable de survivre à son fondateur possède généralement une structure intellectuelle et institutionnelle plus robuste qu’une organisation entièrement construite autour d’une personnalité.

Rivalité personnelle : le danger qui peut détruire un groupe avant sa naissance

Dans un petit groupe, les ambitions individuelles peuvent rapidement devenir un problème. Lorsque dix personnes se réunissent autour d’une même idée, chacune possède son histoire, son caractère, ses compétences et ses aspirations. Certaines peuvent naturellement prendre davantage de place dans les discussions. D’autres peuvent être plus à l’aise avec le public, la communication, l’organisation ou les relations extérieures.

Il serait cependant dangereux de transformer toute différence de compétence en compétition pour le pouvoir.

La rivalité personnelle détourne l’attention de la mission. Au lieu de demander «comment faire avancer notre projet ?», les membres commencent à se demander «qui est le plus important ?», «qui parle au nom du groupe ?», «qui est le plus proche du fondateur ?», «qui pourrait lui succéder ?».

À partir de là, les discussions peuvent devenir des luttes de position.

La solution n’est pas nécessairement de supprimer toute possibilité de désaccord ou d’interdire toute expression personnelle. Il faut plutôt créer une culture dans laquelle la reconnaissance ne dépend pas de la conquête d’un rang. Une personne peut avoir de l’influence sans devenir le rival d’une autre.

Cette distinction entre influence et pouvoir est fondamentale. Un membre particulièrement compétent peut devenir une référence dans un domaine précis sans être transformé en «numéro deux». Il peut coordonner un travail, présenter une proposition, représenter temporairement le groupe ou diriger une commission sans que cela signifie qu’il constitue une alternative au leader.

Le groupe doit donc apprendre très tôt à distinguer les responsabilités fonctionnelles des positions de succession.

Faut-il éviter de désigner un «numéro deux» ?

L’idée de ne pas créer immédiatement un numéro deux répond à une préoccupation compréhensible : empêcher la formation précoce de deux camps. Dans un groupe encore fragile, une personnalité présentée comme le successeur naturel ou comme l’adjoint permanent peut involontairement devenir un centre de gravité concurrent.

Mais cette prudence doit être maniée avec intelligence.

L’absence de «numéro deux» ne doit pas signifier l’absence de délégation. Une organisation incapable de distribuer les responsabilités finit par épuiser son dirigeant et par créer une dépendance dangereuse à son égard.

Il est donc préférable, dans certains contextes, de ne pas construire trop tôt une hiérarchie personnelle, mais de construire des responsabilités clairement définies. Une personne peut être responsable de l’organisation, une autre de la communication, une autre de l’analyse, une autre des relations avec les membres, sans qu’aucune ne soit officiellement présentée comme le rival ou le successeur du fondateur.

Cette architecture possède un avantage : elle permet aux compétences de se développer sans transformer immédiatement les compétences en compétition politique.

Mais elle doit également prévoir une question essentielle : que se passe-t-il si le leader devient indisponible ? Une organisation sérieuse doit pouvoir fonctionner même lorsque son fondateur n’est pas présent. La cohésion ne peut pas reposer sur la présence physique permanente d’une seule personne.

La véritable force d’un fondateur est donc peut-être moins de fabriquer un groupe qui ne peut fonctionner sans lui que de créer progressivement un groupe capable de poursuivre son projet avec lui, puis éventuellement sans lui.

L’unanimité : une apparence de force qui peut devenir une faiblesse

L’idée selon laquelle « aucune note discordante ne doit apparaître » mérite une réflexion particulière.

À l’extérieur, l’unanimité donne effectivement une impression de puissance. Un groupe qui parle d’une seule voix paraît discipliné, déterminé et sûr de lui. Dans certaines circonstances, cette cohérence publique est nécessaire. Une organisation qui expose constamment ses désaccords internes peut donner l’impression de ne pas savoir ce qu’elle veut.

Cependant, l’unanimité publique ne nécessite pas nécessairement l’unanimité intellectuelle.

Le groupe peut discuter librement à huis clos, examiner plusieurs scénarios, identifier les risques et entendre les objections, puis adopter une décision commune. Une fois cette décision prise, chacun peut la défendre publiquement comme position collective.

Cette méthode est très différente de celle qui consiste à interdire le désaccord dès le début.

La première produit une décision collective après confrontation des arguments. La seconde produit parfois une décision avant même que les arguments contradictoires aient été entendus.

C’est précisément le problème étudié par Janis : lorsque la cohésion et la pression à la conformité deviennent excessives, les membres peuvent s’autocensurer et confondre le silence avec l’accord.

Le silence est donc ambigu. Un groupe silencieux peut être profondément uni. Mais il peut aussi être composé de personnes qui ont des doutes qu’elles n’osent pas exprimer.

La vraie cohésion se reconnaît davantage à la capacité de traverser le désaccord qu’à son absence.

Étudier ensemble avant d’agir ensemble

Le premier noyau doit consacrer une partie importante de son énergie à l’étude. Une idée politique, sociale ou associative ne peut pas durablement reposer sur l’enthousiasme de ses fondateurs.

Il faut connaître le terrain sur lequel cette idée doit s’appliquer. Il faut comprendre les obstacles, les attentes, les forces susceptibles de soutenir le projet et celles qui peuvent s’y opposer. Il faut examiner l’histoire des expériences comparables, leurs réussites mais aussi leurs échecs.

Surtout, il faut accepter de rechercher les informations qui contredisent les convictions initiales.

C’est peut-être l’un des exercices les plus difficiles pour un groupe fondateur. Lorsque plusieurs personnes ont investi émotionnellement dans une idée, elles cherchent spontanément les informations qui la confirment. Or une organisation sérieuse doit parfois faire exactement l’inverse : chercher les arguments qui pourraient démontrer que son hypothèse est incomplète.

Cette discipline intellectuelle peut être institutionnalisée. Pour chaque grande décision, le groupe peut demander : quelles sont les objections les plus fortes ? Quelle hypothèse pourrait nous conduire à l’échec ? Quelles informations nous manquent ? Que disent ceux qui ne partagent pas notre vision ?

Cette méthode n’affaiblit pas le leadership. Elle lui donne au contraire une base plus solide.

L’adversité comme révélateur de la qualité du noyau

Tout groupe paraît solide lorsque personne ne l’attaque. La véritable épreuve arrive lorsque les critiques apparaissent, lorsque les adversaires se mobilisent, lorsque certains membres sont découragés ou lorsque les premières difficultés montrent les limites du projet.

C’est dans ces moments que le premier noyau révèle sa qualité.

Un groupe fondé uniquement sur l’enthousiasme peut se disperser rapidement. Un groupe fondé sur une compréhension profonde de son projet peut au contraire utiliser l’adversité pour renforcer sa cohésion.

Mais là encore, il existe une différence entre solidarité et fermeture.

Face à l’opposition, un groupe peut être tenté de considérer toute critique extérieure comme hostile et toute critique intérieure comme suspecte. Cette attitude procure momentanément un sentiment de protection. Pourtant, elle peut conduire à l’isolement intellectuel.

Les recherches sur le groupthink soulignent justement que l’isolement du groupe, combiné à une forte pression de conformité et à un leadership trop directif, peut réduire la qualité de l’examen des alternatives (Janis, 1982).

La résistance à l’adversité doit donc être construite autrement. Le groupe doit pouvoir dire : «nous sommes solidaires entre nous, mais nous ne sommes pas incapables d’entendre une critique».

Cette attitude demande davantage de maturité que la simple fermeture.

Une discipline collective, mais pas une obéissance aveugle

Toute organisation a besoin de discipline. Sans elle, les décisions collectives restent théoriques. Si chacun agit selon son humeur personnelle, aucun projet durable ne peut être construit.

La discipline signifie alors respecter les décisions régulièrement adoptées, tenir ses engagements, protéger la confiance interne, éviter les conflits personnels inutiles et ne pas transformer chaque divergence en crise.

Mais la discipline n’est pas l’obéissance aveugle.

Une organisation mature doit posséder des mécanismes permettant à un membre de signaler une erreur grave sans être immédiatement considéré comme un traître. Elle doit pouvoir distinguer la critique constructive du sabotage, l’ambition personnelle de la compétence, la divergence stratégique de la volonté de destruction.

Cette distinction est difficile, mais elle est indispensable.

Le leader lui-même a intérêt à l’existence de cette culture. Un entourage qui approuve toujours son jugement peut lui donner une impression de sécurité tout en le privant d’informations essentielles. Des recherches expérimentales ont notamment montré que des dirigeants très directifs peuvent réduire la discussion des solutions alternatives, tandis qu’un leadership encourageant la participation favorise davantage leur examen (Leana, 1985).

Le dirigeant fort n’est donc pas celui qui ne tolère aucune contradiction. C’est celui qui peut écouter une contradiction sans perdre son autorité.

Le temps comme instrument de construction

Une erreur fréquente des mouvements naissants consiste à vouloir immédiatement apparaître comme une organisation achevée. On cherche un nom, un logo, des fonctions, une communication, une présence publique, parfois même une structure complexe, alors que l’idée elle-même n’a pas encore été suffisamment travaillée.

Or le premier noyau a besoin de temps.

Il doit apprendre à se connaître. Il doit découvrir les forces et les limites de chacun. Il doit observer comment les membres réagissent lorsqu’une décision leur déplaît. Il doit savoir qui reste lorsque l’enthousiasme initial disparaît.

La durée joue alors le rôle d’un filtre.

Certains viennent parce que l’idée leur paraît séduisante. D’autres restent parce qu’ils ont véritablement intégré le projet. Certains recherchent une position. D’autres recherchent une mission. Avec le temps, ces motivations deviennent visibles.

C’est pourquoi une organisation ne devrait pas avoir peur d’une phase relativement longue de maturation. Une décennie de confiance ne se fabrique pas en quelques réunions, et une culture collective ne se décrète pas par un règlement intérieur.

La force d’un noyau n’est pas son uniformité, mais sa confiance

Au fond, le problème revient à une question simple : qu’est-ce qui rend un premier noyau réellement solide ?

Ce n’est pas uniquement le nombre de ses membres. Ce n’est pas seulement leur proximité avec le fondateur. Ce n’est même pas leur capacité à répéter le même discours.

Sa force réside dans la confiance.

La confiance signifie que chacun sait que les autres ne transformeront pas une divergence en règlement de comptes. Elle signifie que les ambitions individuelles ne détruiront pas la mission commune. Elle signifie également que le fondateur peut entendre une objection sans soupçonner immédiatement une conspiration.

Un groupe de dix personnes qui se font confiance peut être plus efficace qu’une organisation de cent personnes divisée en factions.

Mais la confiance exige des règles morales et organisationnelles. Elle exige la loyauté, la confidentialité lorsque celle-ci est légitime, la parole tenue, le respect des décisions et l’absence de manipulation des autres membres.

Elle exige surtout une conception du pouvoir comme responsabilité.

Si le fondateur considère le groupe comme sa propriété personnelle, la relation finit par devenir fragile. Si les membres considèrent le fondateur comme un obstacle à leur propre ascension, la rivalité finit également par apparaître.

Entre ces deux extrêmes existe une conception plus saine : le fondateur est le dépositaire initial d’une idée, tandis que les premiers membres sont les gardiens de sa cohérence et de son développement.

Construire une organisation capable de durer

Une idée ne devient durable que lorsqu’elle dépasse les personnes qui l’ont lancée.

C’est probablement le paradoxe ultime du leadership fondateur. Le meilleur fondateur est celui qui parvient à transmettre une vision suffisamment forte pour qu’elle ne disparaisse pas avec lui.

Cela suppose de former les membres, de développer leurs compétences, de documenter les décisions importantes, de clarifier les principes et de créer progressivement des mécanismes permettant la continuité.

Il ne faut donc pas confondre l’absence de rivalité avec l’absence de relève. Une organisation qui refuse toute émergence de nouvelles compétences par peur de voir apparaître un concurrent risque de fabriquer sa propre fragilité.

Le premier noyau doit plutôt devenir une école de responsabilité. Chacun doit pouvoir apprendre à prendre des décisions, à organiser, à communiquer, à analyser et à assumer les conséquences de ses choix.

Dans cette perspective, le fondateur ne perd rien en formant des personnes capables. Au contraire, il augmente la valeur de son propre travail.

Une idée véritablement forte n’a pas besoin que tous ses membres soient faibles autour du leader pour que celui-ci demeure fort. Elle a besoin que les membres deviennent suffisamment solides pour porter ensemble le projet.

Ainsi apparaît une conception plus profonde de la solidarité : nous ne sommes pas solidaires parce que nous sommes identiques ; nous sommes solidaires parce que nous avons choisi une même direction et que nous avons accepté de construire ensemble les moyens de l’atteindre.

Le premier noyau peut alors devenir une force remarquable. Il connaît ses principes, il connaît ses limites, il sait discuter avant de décider et il sait se rassembler après la décision. Il ne gaspille pas son énergie dans les rivalités personnelles. Il protège son projet contre les ambitions individuelles sans étouffer les compétences. Il soutient son leader sans transformer cette confiance en culte de la personnalité.

C’est probablement là que se trouve la différence entre un cercle de fidèles et une véritable organisation.

Un cercle de fidèles dépend d’une personne. Une organisation durable dépend d’une culture.

La première peut être puissante pendant un temps. La seconde peut survivre aux crises, aux changements de circonstances et même aux générations.

L’histoire des organisations montre ainsi que la cohésion est une condition importante de l’action collective, mais qu’elle ne suffit pas à garantir la qualité des décisions. Une cohésion excessive peut même produire l’effet inverse lorsqu’elle transforme le désaccord en faute morale et le silence en preuve d’unanimité. Les travaux consacrés au groupthink ont précisément attiré l’attention sur ce paradoxe : le groupe peut être très uni et pourtant prendre de mauvaises décisions parce que la recherche de l’accord a pris le dessus sur l’examen critique (Janis, 1972).

Le véritable défi du premier noyau est donc de construire une solidarité assez forte pour résister aux divisions personnelles, mais assez intelligente pour laisser circuler les arguments. Il faut une loyauté suffisamment profonde pour empêcher les ambitions de détruire le projet, mais suffisamment mature pour reconnaître qu’un membre loyal peut aussi dire : « je pense que nous nous trompons ».

C’est peut-être même la forme la plus élevée de loyauté.

Car approuver constamment le leader est facile. Lui dire, au moment nécessaire, qu’une décision mérite d’être reconsidérée demande davantage de courage.

Une organisation naissante doit donc rechercher non pas l’unanimité permanente, mais l’unité consciente. Elle doit apprendre à distinguer le débat interne de la division, la critique de la trahison, la compétence de la rivalité et l’autorité de l’autoritarisme.

Le premier noyau est alors bien davantage qu’un groupe de personnes réunies autour d’un fondateur. Il devient le laboratoire dans lequel se construit une culture politique, sociale ou associative. Les premières habitudes deviennent les habitudes futures. La manière dont les membres se parlent au commencement préfigure souvent la manière dont l’organisation traitera ses désaccords lorsqu’elle sera devenue beaucoup plus grande.

C’est pourquoi les premières réunions ont une importance disproportionnée par rapport à leur taille. Dix personnes peuvent sembler insignifiantes face à une société entière. Pourtant, c’est souvent parmi ces dix personnes que se dessinent les règles invisibles qui détermineront la vie future du mouvement.

Il faut donc prendre le temps de bâtir.

Bâtir la confiance.

Bâtir la discipline.

Bâtir la connaissance.

Bâtir la loyauté.

Bâtir le respect du fondateur sans confondre l’homme avec l’idée.

Bâtir surtout une capacité collective à décider sans se déchirer.

Et, peut-être plus important encore, bâtir une organisation qui n’a pas peur de la discussion parce qu’elle possède une identité suffisamment solide pour ne pas s’effondrer au premier désaccord.

Une idée durable ne naît pas seulement lorsqu’un homme ou une femme réussit à convaincre dix personnes. Elle naît lorsque ces dix personnes découvrent progressivement qu’elles peuvent transformer une conviction individuelle en responsabilité commune. Le fondateur allume l’étincelle ; le premier noyau doit apprendre à protéger la flamme. Mais protéger une flamme ne signifie pas l’enfermer dans une boîte hermétique. Une flamme a besoin d’oxygène pour continuer à brûler.

Il en va de même pour une idée collective.

La cohésion lui donne sa force. Le débat lui donne son intelligence. La discipline lui donne sa continuité. La confiance lui donne sa durée.

C’est dans cet équilibre, beaucoup plus difficile à atteindre que l’unanimité apparente, que se trouve probablement le véritable fondement d’une organisation capable de traverser l’adversité sans perdre ni son âme ni sa capacité de penser.

* Universitaire.

Bibliographie

Janis, I. L. (1972). Victims of Groupthink: A Psychological Study of Foreign-Policy Decisions and Fiascoes. Houghton Mifflin.

Janis, I. L. (1982). Groupthink: Psychological Studies of Policy Decisions and Fiascoes. Houghton Mifflin.

Leana, C. R. (1985). “A Partial Test of Janis’ Groupthink Model: Effects of Group Cohesiveness and Leader Behavior on Defective Decision Making.” Journal of Management, 11(1), 5–18.

Paul ‘t Hart, P. (1994). Groupthink in Government: A Study of Small Groups and Policy Failure. Johns Hopkins University Press.

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Le poème du dimanche | ‘‘Le cadeau du printemps’’ de Fadhila Messai 

16. August 2026 um 07:48

Née en 1966 à Gafsa, Fadhila Messai (فضيلة مسعي), est écrivain et journaliste. Romancière, poète et critique.

Après des études supérieures en sociologie, elle poursuit des recherches universitaires en littérature. A l’origine de la fondation de Radio Gafsa, elle y est reconnue et réputée comme journaliste culturelle

Son œuvre littéraire compte de nombreux ouvrages : romans, recueils de poésie et essais, traduits et couronnés de diverses distinctions internationales.

Parmi ses recueils de poésie, (en arabe) : «Une femme de feu »; «L’hémorragie de la neige» ; « Le nectar de la passion» ; « Le camp de l’amour».

Tahar Bekri

Quand j’étais jeune fille

A haute voix je psalmodiais au printemps ses nombreuses histoires

Je portais ses lettres amoureuses à une rose

Une fleur

Une tulipe endormie dans un bosquet

Et tout innocence je courais sur les montagnes hautes

Je m’arrêtais sur les collines

Sur les cimes

Je ramassais les étoiles dans mon panier

Leur donnais la truffe enfouie dans mes yeux

Leur recommandais le bon voisinage de la lune

Je refusais les bijoux du monde

Ses diamants

Et quelques autres pierres précieuses

Me suffisais du présent modeste du printemps

Un bel œillet qui orne mes cheveux

Pour écrire sur son amour sa fascination mon meilleur poème

Traduit de l’arabe par Tahar Bekri

Extrait de  »Dans le creux de tes yeux », inédit (Remerciements à l’auteure).

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Biat Privilèges | Une marketplace bancaire dédiée aux avantages clients

16. August 2026 um 07:38

La Biat annonce le lancement de Biat Privilèges, une nouvelle application permettant l’accès à une marketplace bancaire qui offre un large univers de réductions et d’offres exclusives négociées auprès de centaines d’enseignes partenaires. A travers cette nouvelle offre innovante, la Biat enrichit l’expérience de ses clients au-delà des services bancaires traditionnels et contribue à renforcer leur relation avec la banque.

Dans le cadre de sa stratégie d’innovation et d’amélioration continue de l’expérience client, la Biat poursuit le développement de solutions à valeur ajoutée pour répondre aux nouvelles attentes et aux habitudes de sa clientèle.

C’est dans cette dynamique que la banque lance Biat Privilèges, une nouvelle application extra-bancaire permettant à ses clients de bénéficier d’avantages exclusifs auprès d’une large sélection de marques et d’enseignes partenaires.

Cette initiative traduit la volonté de la Biat d’enrichir sa proposition de valeur à travers une offre qui permet à ses clients de réaliser des économies sur leurs dépenses courantes, leurs loisirs et leurs projets de consommation.

Elaborée en partenariat avec FreeOui et d’autres partenaires de référence, l’application donne accès à plus de 450 enseignes représentant plus de 1 300 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire tunisien. Les clients de la Biat peuvent ainsi bénéficier d’avantages exclusifs dans de nombreux univers de consommation tels que le shopping, les loisirs, les voyages, la restauration, le bien-être, la santé et la culture.

Pensée pour être simple, rapide et accessible, Biat Privilèges permet aux utilisateurs de consulter les offres organisées par thématique et profiter des avantages proposés, en fonction de leurs centres d’intérêt et de leur localisation.

À travers le lancement de cette offre, la Biat enrichit l’expérience de ses clients tout au long de leurs parcours de consommation, en leur permettant de transformer leurs dépenses du quotidien en opportunités de réaliser des économies. Elle réaffirme ainsi son positionnement de banque innovante et son engagement constant à développer des solutions créatrices de valeur, en phase avec les nouveaux usages et les attentes de sa clientèle.   

Lien de téléchargement.

Contact : biat.privilèges@freeoui.com

Pour plus d’information, consultez le lien.

Pour toute demande d’information, contactez le Centre de Relation Clients Biat au 31 31 18 18

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TRIBUNE – Conseil supérieur de l’éducation : de l’affichage constitutionnel à la gouvernance macroéconomique du capital humain

16. August 2026 um 07:12

L’installation officielle du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement (CSEE), matérialisée par la publication au JORT de la composition de son Instance supérieure et la tenue de sa session inaugurale, parachève la mise en place d’un organe prévu par l’article 135 de la Constitution de 2022. Dans un contexte macroéconomique marqué par de fortes contraintes budgétaires et un modèle de croissance en quête de souffle, cette décision ne saurait être appréhendée comme un simple réaménagement administratif.

 

Toute la question est désormais de savoir si cette nouvelle instance saura s’imposer comme un véritable directoire de pilotage stratégique ou si elle viendra grossir le rang des structures consultatives sans prise sur le réel. Pour éviter l’écueil de la coquille vide, le CSEE doit opérer un changement de paradigme majeur : passer d’une gestion administrative des flux scolaires à une gouvernance macroéconomique et prospective du capital humain.

 

La dépréciation du capital humain : un risque systémique pour la croissance

En matière de finances publiques, la trajectoire du secteur éducatif a trop longtemps été traitée sous le seul angle de la dépense de fonctionnement et de la résorption de la masse salariale. Or, l’analyse des rendements factoriels montre que le capital humain tunisien subit une dépréciation accélérée, créant trois goulots d’étranglement majeurs pour l’économie :

Un déficit de rendement de l’investissement public : En dépit des ressources budgétaires mobilisées, l’inefficience des cycles de formation se traduit par un décalage croissant entre le coût de formation par élève/étudiant et les gains de productivité observés dans l’économie réelle.

Un décalage structurel sur le marché du travail : L’inadéquation quantitative et qualitative entre l’offre de diplômés et les besoins des secteurs à haute valeur ajoutée (finance, technologies de l’information, ingénierie, transition énergétique) entretient un chômage structurel tout en bridant la compétitivité des entreprises.

Une fuite des compétences assimilable à une fuite de capitaux : L’émigration massive des cadres, ingénieurs et professionnels de santé constitue un transfert net de valeur vers les économies développées, réduisant le rendement de l’effort fiscal national et affaiblissant le potentiel de croissance à long terme.

 

Lire aussi : Tunisie – Éducation : un ex-ministre limogé sans explication, de retour aux commandes

 

Vers une gouvernance par la donnée et l’efficience allocative

Pour agir comme un levier de transformation économique, le CSEE doit structurer ses travaux autour de mécanismes rigoureux de pilotage et d’incitations :

Un pilotage par les données et des KPI d’employabilité : Le Conseil doit introduire des indicateurs chiffrés pour mesurer la performance des filières : taux d’insertion professionnelle à 12 et 24 mois, niveau d’alignement avec les besoins du tissu productif et évaluation continue de la qualité de l’enseignement.

L’alignement stratégique avec le tissu industriel et financier : La gouvernance du capital humain ne peut se faire en vase clos. Le CSEE doit formaliser un cadre de concertation permanente avec les acteurs économiques, le secteur bancaire et les entreprises technologiques afin d’orienter les investissements pédagogiques vers les compétences du XXIe siècle (digitalisation, intelligence artificielle, ingénierie normative).

La sanctuarisation technologique face aux arbitrages de court terme : Pour préserver la valeur de la signature éducative tunisienne, l’instance doit prémunir le système des surenchères corporatistes et centrer la priorité sur la modernisation des infrastructures numériques, la révision de l’ingénierie des programmes et le développement de la culture d’entreprise.

 

L’éducation comme pilier de la souveraineté économique

À l’heure où la Tunisie s’attache à moderniser ses structures productives, à désamorcer les logiques de rente et à consolider sa souveraineté financière, la valorisation du capital humain constitue le facteur d’ajustement le plus déterminant. Sans un réservoir de compétences adapté aux exigences de la compétition internationale, aucune politique industrielle ou stratégie de numérisation ne pourra atteindre sa masse critique.

La séance inaugurale du Conseil supérieur de l’éducation offre l’opportunité d’installer une véritable doctrine d’efficience. Il appartient à cette nouvelle instance de dépasser la dimension protocolaire pour transformer une exigence constitutionnelle en une stratégie d’impact économique durable.

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