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Comment les Émirats ont-ils conquis Washington ?

12. August 2026 um 09:18

Il y a vingt ans, les Émirats arabes unis ont voulu acquérir, via leur entreprise de gestion portuaire DP World (Dubai Ports World), six ports américains ce qui a provoqué une levée de boucliers à Washington et l’opération a fini par capoter. Après deux décennies, la situation a complètement changé et les Émirats sont devenus le chouchou des États-Unis au Moyen-Orient. Ce changement a nécessité un investissement de sommes colossales dans le lobbying et le recours massif aux sociétés de relations publiques mais également la lune de miel entre Abou Dhabi et Tel Aviv a consolidé la place des Émirats à Washington. L’inamovible ambassadeur émirati aux États-Unis Youssef Al-Otaiba, en poste depuis juillet 2008, a également joué un rôle clé.

Imed Bahri

Dans le Financial Times, Abigail Hauslohner, correspondante du journal britannique à Washington, a révélé comment les Émirats ont gagné les faveurs de Washington. Selon elle, Abou Dhabi a déployé une stratégie mêlant argent et charme pour devenir l’un des alliés les plus importants des États-Unis au Moyen-Orient. 

Pour parvenir à cette position, les Émirats ont tiré les leçons de leurs erreurs passées. Il y a vingt ans, précisément en février et mars 2006, ils se trouvaient au cœur d’une tempête politique à Washington lorsqu’une offre de l’État du Golfe visant à acquérir six grands ports maritimes américains par le biais de DP World, la multinationale émiratie basée à Dubaï, reconnue comme l’un des leaders mondiaux de la logistique et de la gestion portuaire, a suscité une vive controverse au sein du Congrès américain.

Cette offre intervenait cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, dont deux des pirates de l’air étaient Emiratis. À l’époque, certains membres du Congrès affirmaient que les Émirats étaient une plaque tournante du financement d’Al-Qaïda et un «problème persistant en matière de lutte contre le terrorisme», mettant en garde contre une grave menace pour la sécurité nationale américaine si les Émirats étaient autorisés à gérer des ports stratégiques.

Ni les membres du Congrès ni les opposants à l’offre ne semblaient se soucier du fait que les Émirats étaient le seul pays arabe à avoir déployé des troupes en soutien à la guerre américaine en Afghanistan et que l’administration Bush avait soutenu l’accord portuaire. Ce tollé avait contraint DP World à retirer son offre.

Cette affaire marqua un tournant pour les Émirats et leurs relations avec les États-Unis. À Abou Dhabi, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, alors prince héritier d’Abou Dhabi, convoqua une réunion d’urgence avec ses conseillers. Il expliqua que cette «crise» avait révélé une profonde incompréhension chez la plupart des Américains au sujet des Émirats et qu’il était temps de corriger cette idée fausse.

L’un des plus fidèles alliés des États-Unis au Moyen-Orient

Vingt ans plus tard, ils y parvinrent. Mohammed ben Zayed devint président des Émirats et l’État du Golfe se transforma en l’un des plus fidèles alliés des États-Unis au Moyen-Orient.

Le 28 juillet, l’armée américaine annonça sa collaboration avec les Émirats pour accélérer le développement de l’intelligence artificielle militaire. Outre ses liens militaires, les Émirats ont investi massivement aux États-Unis, via leur fonds souverain de 1 700 milliards de dollars et des entreprises publiques, ainsi que dans les intérêts commerciaux de la famille du président Donald Trump. Le Congrès, à majorité républicaine, se montre moins préoccupé qu’auparavant par les investissements dans des secteurs sensibles pour la sécurité nationale américaine. Trump a récemment accordé aux Émiratis l’accès à certaines des puces informatiques américaines les plus récentes, quelques mois seulement après qu’un prince émirati a investi 500 millions de dollars dans l’entreprise de cryptomonnaies de la famille Trump.

Cependant, tout n’a pas toujours été rose. Les Émirats ont notamment été irrités par la signature, par Washington, de l’accord sur le nucléaire iranien en 2015. La guerre menée par Trump contre l’Iran a mis à l’épreuve les limites de l’influence de Ben Zayed, les Émirats devenant une cible privilégiée des représailles iraniennes. Le déluge de missiles et de drones iraniens a soulevé des questions quant à la stabilité du pays et à la viabilité de son ambition de devenir un pôle technologique mondial.

Le FT cite Barbara Leaf, ancienne ambassadrice des États-Unis à Abou Dhabi (2014-2018) puis secrétaire d’État adjointe américaine aux Affaires du Proche-Orient : «Les Émiratis savent qu’ils ont une influence et une présence, mais en fin de compte, ils n’ont eu aucun mot à dire dans une guerre qui a éclaté à leur frontière et ont subi de plein fouet les attaques».

Le renforcement des liens avec Israël

Néanmoins, la guerre a renforcé la conviction, largement répandue à Abou Dhabi, qu’il était nécessaire de consolider les liens. Abou Dhabi a stratégiquement fondé sa relation avec les États-Unis sur son partenariat et sur le renforcement de ses liens avec Israël. Les autorités affirment que le pays entend non seulement poursuivre sur cette voie mais aussi approfondir ces liens.

Mais comment ce partenariat et cette coopération se sont-ils développés ? Selon le journal britannique, cela est lié au rôle de l’ambassadeur d’Abou Dhabi à Washington, Youssef Al Otaiba, ancien conseiller de Ben Zayed et diplômé de l’université de Georgetown. Il a été envoyé à Washington en 2008 afin de présenter aux Américains une image différente des Émirats. Grâce à un vaste réseau de lobbyistes influents, il a réussi. Quel est son principal outil ? L’argent. Les Émirats ont dépensé plus de 270 millions de dollars à Washington au cours de la dernière décennie, selon OpenSecrets, un site web qui analyse les flux financiers de la politique américaine. Avec leurs voisins du Golfe, l’Arabie saoudite (422 millions de dollars) et le Qatar (269 millions de dollars), les Émirats figurent parmi les dix premiers pays au monde en matière de dépenses dans les relations publiques.

Les Émirats ont également investi massivement dans certains des plus importants think tanks de Washington, notamment l’Atlantic Council, le Center for Strategic and International Studies et la Rand Corporation. Ils ont aussi accueilli des dizaines de conférences et de séminaires internationaux.

Un ancien haut responsable du Département d’État a décrit le rôle de l’ambassadeur des Émirats en ces termes : «Al-Otaiba n’a ménagé aucun effort pour organiser des événements mondains afin de s’attirer les faveurs de ses partisans au sein des deux partis». Le responsable a ajouté : «Il est étonnant de constater le nombre d’anciens responsables qui ont publié des tribunes vantant les mérites de la relation prétendument mutuellement avantageuse entre les États-Unis et les Émirats».

Une oasis de libéralisme de façade dans un région conservatrice

Le journal souligne qu’Al-Otaiba a exploité l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en Turquie en 2018 pour présenter les Émirats comme un phare de modernité et d’espoir, abritant un Dubaï modéré et favorable aux entreprises, une oasis de libéralisme de façade dans une région majoritairement musulmane et conservatrice.

Al-Otaiba a incité les responsables politiques américains à se rendre aux Émirats, a piloté les efforts de l’ambassade auprès du Congrès, des groupes de réflexion, des universités, des écoles et des médias, et a organisé des réceptions pour l’élite de Washington.

Lors de la première campagne de Trump, Al-Otaiba a tissé des liens étroits avec Jared Kushner, le gendre du président, devenu par la suite l’un de ses principaux conseillers pour les affaires du Moyen-Orient.

Cette relation a conduit les Émirats à normaliser leurs relations avec Israël en 2020 et ce, dans le cadre des Accords d’Abraham. Un ancien responsable du Département d’État a décrit la décision des Émiratis de normaliser leurs relations en ces termes : «Ils ont su anticiper l’avenir et comprendre les priorités des États-Unis et ils ont réalisé qu’Israël était un moyen de se rapprocher de l’administration Trump». Il a ajouté: «Cette relation étroite avec Israël leur a permis d’échapper aux critiques dont ils faisaient l’objet»

Citant des sources proches de la famille régnante, le FT indique que le renforcement des liens avec les États-Unis sert plusieurs objectifs stratégiques pour Ben Zayed notamment diversifier l’économie et réduire sa dépendance aux revenus pétroliers, faire des Émirats un pôle mondial de l’IA et s’affranchir de la domination de l’Arabie saoudite, principale puissance régionale.

Après deux décennies d’échecs dans la conquête de grands ports maritimes américains, les Émirats ont progressivement commencé à investir dans un secteur bien plus lucratif. Des fonds d’investissement publics, tels que Mubadala, le fonds souverain d’Abu Dhabi, et MGX, dirigé par le conseiller à la sécurité nationale des Émirats et frère du président, Cheikh Tahnoun bin Zayed Al Nahyan, ont noué d’importants partenariats avec des entreprises technologiques comme OpenAI et XAI.

Ces fonds ont également acquis une participation majoritaire dans le fabricant de semi-conducteurs GlobalFoundries et réalisé des investissements significatifs dans Cerebras Systems, un autre fabricant de semi-conducteurs, et Allied Data Centers, un développeur de centres de données. Abu Dhabi a également connu une avancée majeure avec la décision du département du Commerce américain d’autoriser la vente de puces électroniques de pointe aux Émirats et de lever les restrictions sur leurs exportations. L’ambassadeur Al Otaiba a salué cet accord, le qualifiant de «réalisation importante fruit d’une coopération continue». Cependant, les démocrates ont une opinion différente. La représentante de l’Arizona Yasmin Ansari l’a décrit «comme peut-être l’un des cas de corruption les plus importants et les plus flagrants de l’histoire des États-Unis».

Depuis des années, des responsables de la sécurité nationale et des membres du Congrès mettent en garde contre les risques liés à l’accès des Émirats aux puces électroniques de pointe. Selon eux, cela exposerait les technologies américaines les plus sensibles à un risque d’acquisition par la Chine, leur principal rival mondial, avec laquelle les Émirats arabes unis entretiennent des liens commerciaux et technologiques étroits. L’administration Trump et les Émirats arabes unis affirment avoir pris des mesures pour protéger ces technologies.

Une politique étrangère qui fait grincer des dents

Cependant, certains responsables et anciens parlementaires restent sceptiques. «Abou Dhabi a cultivé avec les États-Unis une relation qui sert largement les intérêts des Émirats mais qui nuit à la politique étrangère américaine et à nos intérêts nationaux», déclare un ancien responsable du Département d’État.

Même au sein de l’administration Trump, la politique d’Abou Dhabi peut faire grincer des dents comme cela a été le cas à cause de la livraison d’armes lourdes aux Forces de soutien rapide, la milice soudanaise de Hemedti Dagalo accusée de crimes de guerre.

L’année dernière, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que les Émirats arabes unis «soutenaient ouvertement une entité commettant un génocide au Soudan», une accusation que les Émirats arabes unis réfutent. Cependant, les membres du Congrès ont systématiquement voté contre les tentatives du Congrès de bloquer les ventes d’armes à Abou Dhabi, arguant qu’il s’agit d’un allié stratégique. 

Les Émirats ont également échappé à des sanctions sévères pour leur rôle de plaque tournante du financement illicite de l’Iran. Ce rôle était crucial pour la survie du régime iranien avant la guerre, au point que Trump a déclaré cette année que les Émirats arabes unis étaient «le banquier de l’Iran».

Une analyse du Financial Times sur les sanctions du Trésor américain contre l’Iran a révélé que les Émirats étaient le deuxième pays le plus fréquemment cité après la Chine, malgré la position traditionnellement intransigeante d’Abou Dhabi à l’égard de Téhéran. Sur les 1 573 entités et individus sanctionnés pour leurs liens avec un pays autre que l’Iran, 22% possèdent la nationalité émiratie ou ont une adresse ou une entreprise enregistrée aux Émirats.

«Les Émirats exercent une influence considérable ici à Washington, une influence excessive», déclare le sénateur Van Hollen, démocrate du Maryland, qui ajoute : «Ils ont donc pu agir impunément, contrairement à d’autres pays». Malgré toute cette influence, les Émirats n’ont pas été en mesure d’empêcher les États-Unis et Israël de déclencher une guerre contre l’Iran cette année.

Cependant, depuis le début du conflit, les Émirats ont pris la décision radicale de renforcer leurs liens avec Washington et Israël, allant jusqu’à lancer des dizaines de frappes aériennes contre l’Iran.

Les Émirats se sont davantage rapprochés d’Israël et, en mai, se sont retirés de l’Opep dirigée par l’Arabie saoudite, renforçant ainsi leur position aux côtés de Trump, qui a toujours désapprouvé l’influence de l’Opep sur les prix du pétrole. Un responsable émirati ajoute que l’Arabie saoudite n’est plus la puissance dominante qu’elle était lors de la visite de Trump dans le Golfe l’année dernière.

Certains experts prévoient que privilégier les relations avec les États-Unis et Israël au détriment des alliances arabes régionales aura des conséquences néfastes. Andrew Leber, spécialiste du Moyen-Orient à l’Université de Tulane, affirme qu’en agissant ainsi, les Émirats risquent de sacrifier leur indépendance stratégique à ces pays.

Certains démocrates estiment également que les Émirats arabes unis devront rendre des comptes si le Parti démocrate reprend le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat de novembre, ce qui pourrait ouvrir la voie à des enquêtes parlementaires.

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Al-Qods : 3.000 enfants au programme « Ecoles d’été »

12. August 2026 um 08:39
Le programme « Ecoles d’été », financé par l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif avec l’appui du Maroc au profit de la population palestinienne, s’est achevé mardi 11 août. En bref Le programme « Ecoles d’été » s’est achevé mardi 11…

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Ghannouchi suspend sa grève de la faim, Ennahdha réclame sa libération

11. August 2026 um 20:29

​Le chef du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, a mis fin à la grève de la faim et à la suspension de son traitement médical, ce mardi 10 août 2026.

​Dans un communiqué, son comité de défense affirme que la direction de la prison civile de Mornaguia a informé ses avocats que Rached Ghannouchi avait accepté de lever son mouvement de protestation entamé le 6 août courant, et ce, à la demande de l’équipe médicale assurant son suivi à l’hôpital.

De son côté, Ennahdha s’est félicité de la décision de son président de suivre les recommandations médicales afin de préserver sa santé, soulignant son âge avancé et l’existence de maladies chroniques.

Le parti a par ailleurs exigé la levée de ce qu’il qualifie « d’isolement imposé par la ministre de la Justice », tout en réaffirmant le droit de Rached Ghannouchi de recevoir les visites de ses avocats et de sa famille, conformément à la loi.

La même source a aussi réclamé la libération de Rached Ghnannouchi, estimant que sa détention est arbitraire, tout en imputant aux autorités la responsabilité de toute dégradation de son état de santé et en annoçant avoir engagé des démarches légales contre « tous les responsables de cette situation ».

Y. N.

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Kaïs Saïed : « La Tunisie mène une guerre sur tous les fronts »

11. August 2026 um 10:32

Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu, dans l’après-midi du 10 août, sur la plage de « Chatt Essalam » à Gabès pour examiner la situation environnementale locale.

Il a insisté sur la nécessité d’éviter la répétition des incidents de l’année précédente et a qualifié la protection de l’environnement d’enjeu national. Tout en rappelant que Gabès a payé un prix particulièrement lourd à cause du Groupe chimique tunisien (GCT), dont certains avaient envisagé la cession à des prix dérisoires, une logique qu’il a dénoncée comme récurrente depuis 2011 et même avant.

Un discours centré sur l’environnement et la souveraineté des institutions publiques

Le chef de l’État a souligné que les établissements et infrastructures publics ne sont ni à vendre ni à brader. Selon lui, le peuple exige le démantèlement des réseaux de corruption et une reddition de comptes équitable. Il a décrit Gabès, dotée de montagnes, de plages et d’oasis, comme l’une des villes les plus affectées, victime non seulement de la pollution industrielle, mais aussi d’une « pollution politique ».

Des exigences claires : un environnement sain et des unités réhabilitées uniquement

Kaïs Saïed a affirmé que les citoyens ont le droit d’évoluer dans un cadre de vie sain, exempt de toute forme de pollution, au sens littéral comme au sens figuré. Il a précisé que seules les unités du GCT ayant fait l’objet de réhabilitations conformes seront remises en service, les installations polluantes devant rester à l’arrêt, afin de garantir un environnement sûr aux habitants de Gabès. Il a salué la résistance de la population locale, qu’il a présentée comme ayant fait échec à des tentatives d’instrumentalisation de leurs souffrances et à des projets visant non seulement à céder le complexe, mais aussi à attiser les tensions.

Suite de la visite : gouvernorat, hôpital et oued

Kaïs Saîed s’est rendu au siège du gouvernorat, où il a rencontré le Wali et plusieurs députés de la région. Il y a déclaré que la Tunisie mène une « guerre sur tous les fronts »  et que, tant que le peuple reste aussi conscient, tous les complots échoueront. Il s’est ensuite rendu à l’hôpital universitaire de Gabès, où il a constaté la surcharge et le manque de moyens. Tout en notant que des citoyens avaient fait des dons de leurs propres fonds pour améliorer les conditions des patients, un geste qu’il a illustré par le verset coranique : « Et ils se privent pour eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin. » Enfin, il a inspecté l’oued qui sera curé et réaménagé après des décennies d’accumulation de déchets.

Kaïs Saïed : « Le temps est venu d’agir »

Kaïs Saïed a conclu que le diagnostic est clair et que l’heure est désormais à l’action. Il a averti que quiconque n’assumerait pas ses responsabilités comme il se doit, devra céder sa place à quelqu’un d’autre, prêt à les assumer avec intégrité, citant : « Et acquittez-vous de l’engagement, car l’engagement sera demandé en compte.

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Naila Bali nommée à la tête de l’Office des Tunisiens à l’Étranger

11. August 2026 um 09:51

La Professeure Naila Bali, directrice générale de l’Institut supérieur de l’éducation spécialisée (ISES), relevant de l’Université de la Manouba (UMA), vient d’être nommée à la tête de l’Office des Tunisiens à l’Étranger (OTE).

Cette nomination vient consacrer son parcours académique ainsi que son engagement au service de l’enseignement supérieur, de la formation et de l’action institutionnelle.

À la tête de l’ISES, la Professeure Naila Bali a contribué au développement de l’enseignement supérieur spécialisé et au rayonnement de l’Université de la Manouba, en plaçant l’expertise, l’innovation et la qualité au cœur de son action.

Dans ses nouvelles fonctions, elle mettra son expérience et ses compétences au service des Tunisiens à l’étranger. Elle aura notamment pour mission de renforcer les liens entre la communauté tunisienne établie à l’étranger et la Tunisie, ainsi que de promouvoir de nouvelles initiatives et de nouveaux partenariats au bénéfice de nos concitoyens.

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Gironde : Aminata Pouye, candidate LFI, victime d’une attaque raciste

11. August 2026 um 09:51
Aminata Pouye a dénoncé une violente agression près de Bordeaux samedi soir. Quatre hommes l’ont insultée et lui ont jeté un liquide irritant au visage. En bref Aminata Pouye, candidate LFI aux sénatoriales en Gironde, dénonce une attaque raciste. Quatre…

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Tunisie | Que peut-on sérieusement attendre de la visite de Saïed à Gabès ?

11. August 2026 um 09:41

Les solutions pratiques au problème de la pollution industrielle à Gabès et de ses conséquences sur l’environnement et la santé des habitants, notamment la hausse des affections respiratoires, des cancers et d’autres maladies, tardent à être mises en œuvre et les nombreuses visites des responsables politiques dans la région n’ont pas été suivies d’une amélioration notable de la situation. Au contraire : les Gabésiens, se sentant sacrifiés, s’impatientent et le font tapageusement savoir.  

Latif Belhedi

Le président Kaïs Saïed a effectué, hier soir, lundi 10 août 2026, une «visite surprise» dans le gouvernorat de Gabès, au sud-est de la Tunisie, pour faire le point sur la situation environnementale de la région et constater sur place les problèmes majeurs dont se plaignent les habitants, en particulier la pollution industrielle induite par les usines du Groupe chimique tunisien (GCT), qui produisent des engrais chimiques et rejettent quotidiennement dans l’air, le sol et la mer des tonnes de déchets chimiques très nocifs pour la santé et l’économie de la région.

Au cours de cette visite M. Saïed a souligné, selon l’agence officielle Tap, la nécessité d’adopter des «mesures immédiates et efficaces pour s’attaquer aux sources de pollution et en limiter les conséquences sur la population et l’environnement». Selon la même source, le président a réaffirmé que la situation environnementale à Gabès devait être traitée par une «intervention globale, capable d’agir tant sur les sources de la pollution que sur ses répercussions», tout en parlant de «solutions structurelles à long terme». L’objectif, a-t-il expliqué, est de mettre fin aux causes de l’urgence environnementale plutôt que de se limiter à en gérer les effets.

La «Tchernobyl de la Méditerranée»

A Gabès, ville de la côte sud-est de la Tunisie historiquement connue pour son oasis maritime, où prospéraient l’agriculture, la pêche et le tourisme, la situation environnementale et sanitaire a atteint un stade critique. Surnommée la «Tchernobyl de la Méditerranée», la région subit depuis des décennies l’impact de l’industrie lourde des phosphates.

L’origine de la crise environnementale de Gabès remonte à 1972, avec l’installation du pôle industriel du GCT, destiné à la transformation des phosphates en acide phosphorique et en engrais destinés à l’exportation.

Au fil des décennies, l’activité industrielle a eu un impact majeur sur l’environnement, notamment par le rejet en mer d’importantes quantités de phosphogypse — un résidu du traitement des phosphates contenant, entre autres, des métaux lourds, du fluor et des éléments radioactifs — ainsi que par des émissions atmosphériques de dioxyde de soufre, d’ammoniac et de composés fluorés.

La pollution a également affecté les ressources en eau, en raison de l’exploitation progressive des nappes phréatiques par le complexe industriel et de ses conséquences sur l’écosystème de l’oasis côtière.

La situation est revenue au cœur de l’actualité après des épisodes de forte pollution atmosphérique ayant provoqué, depuis septembre dernier, des intoxications et des hospitalisations : selon des sources locales, plus de 120 personnes ont nécessité des soins pour des symptômes tels que des difficultés respiratoires, des évanouissements ainsi que des irritations oculaires et des voies respiratoires.

La population au bord de la crise de nerfs

Par ailleurs, des associations écologistes et des militants organisent régulièrement des marches de protestation, à Gabès mais aussi à Tunis, devant le siège du GCT, pour dénoncer les conséquences de la pollution industrielle sur la santé des populations locales, notamment l’augmentation des pathologies respiratoires, des cancers et d’autres maladies.

Le mouvement écologiste «Stop Pollution» a organisé de nombreuses mobilisations pour réclamer la fin de la pollution industrielle et la délocalisation des installations du GCT. La pression croissante de la population a replacé la question environnementale de Gabès parmi les priorités de l’agenda institutionnel national. Kaïs Saïed avait déjà chargé un groupe de travail d’élaborer des propositions pour répondre en urgence à la crise environnementale dans la région. Le rapport final et les recommandations du groupe avaient été présentés au président en janvier 2026. Mais on attend toujours des mesures concrètes pour faire face au fléau de la pollution industrielle à Gabès.

Certaines annonces ont été faites ces derniers mois pour calmer la colère des habitants, mais elles sont davantage des déclarations d’intention que des décisions exécutives. Et les Gabésiens qui avaient espéré voir la visite du chef de l’Etat d’hier soir s’accompagner de la mise en route de mesures concrètes de lutte contre la pollution et ses conséquences socio-économiques en ont finalement eu pour leur frais. Beaucoup ont d’ailleurs scandé d’une seule voix au passage du président : «Le peuple veut le démantèlement des unités industrielles», détournant ainsi, ironiquement, le slogan de la campagne présidentielle de Saïed en 2019 : «Le peuple veut».

Jusque-là, on ne peut pas dire que les cris de détresse des Gabésiens ont été entendus ou que les visites des responsables dans la région aient été suivies d’une amélioration de leur situation. Il faut dire que pour l’Etat tunisien, la marge de manœuvre est très étriquée : la crise financière qu’il traîne depuis 2011 ne lui permet pas de se passer des recettes des exportations d’engrais chimiques. C’est la quadrature du cercle, en somme.

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Le Hezbollah tend la main à la Syrie d’Ahmed al-Charaa

11. August 2026 um 08:00

L’annonce par le secrétaire général du Hezbollah Naïm Qassem de la disposition du parti chiite libanais à dialoguer avec les dirigeants syriens marque un tournant dans son discours politique à l’égard de Damas après la chute du régime de Bachar Al-Assad qui appartenait au même axe pro-iranien que le mouvement chiite libanais et aux côtés duquel il s’était engagé militairement durant la guerre civile en Syrie.

Imed Bahri

Selon le journal londonien arabophone Al-Quds al-Arabi, cette ouverture intervient alors que le Hezbollah fait face à des pressions internes et régionales croissantes, coïncidant avec les efforts de Damas pour redéfinir sa politique régionale en fonction de ses priorités sécuritaires et de ses relations officielles avec d’autres pays.

Dans ce contexte, plusieurs questions se posent quant aux motivations de cette ouverture, à ses chances de succès et aux limites auxquelles elle sera confrontée. 

Les experts et les analystes interrogés par Al-Quds al-Arabi sur ce sujet livrent des analyses divergentes. Certains y voient une tentative du Hezbollah de sortir de son isolement et de contenir les pressions qu’il subit, tandis que d’autres y voient un élément d’une stratégie iranienne plus large. Les interprétations des motivations de ce changement et de l’ampleur de la réaction syrienne divergent également.

Le Hezbollah cherche à desserrer l’étau

En analysant les implications de ce changement, le chercheur et analyste politique Mahmoud Allouch estime que l’ouverture du Hezbollah au dialogue avec les dirigeants syriens ne se limite pas à la nature des relations entre les deux parties. Elle reflète aussi une évolution des calculs politiques et sécuritaires du parti, compte tenu des pressions internes et régionales auxquelles il est confronté, parallèlement au rôle que Damas cherche à consolider dans le règlement de la question libanaise.

Il explique à Al-Quds al-Arabi que la déclaration du Hezbollah, se disant prêt au dialogue avec les nouveaux dirigeants syriens, témoigne d’un changement significatif dans l’approche du parti vis-à-vis de Damas et, simultanément, dynamise l’initiative syrienne visant à résoudre la crise libanaise par la voie politique.

Il estime que le parti a pris conscience de l’importance de tirer parti de l’approche syrienne actuelle, qui vise à promouvoir un règlement politique global au Liban incluant toutes les parties, y compris le Hezbollah.

Allouch souligne que cette voie constitue, à l’heure actuelle, une alternative à toute intervention militaire syrienne potentielle au Liban. Il explique que le parti comprend que la poursuite et l’escalade de la crise libanaise pourraient contraindre Damas, pour des raisons de sécurité nationale et de proximité régionale, à adopter des options plus interventionnistes. Dans cette perspective, il estime que le parti «cherche à limiter les facteurs susceptibles de pousser la Syrie vers une future intervention militaire en démontrant sa volonté de s’engager dans un processus politique». Il ajoute : «Le Hezbollah subit actuellement une pression croissante à plusieurs niveaux, compte tenu de la confrontation en cours avec l’Iran, conjuguée à une tendance régionale et internationale visant à réduire l’influence iranienne dans la région, notamment en Irak».

Selon Allouch, ces facteurs poussent le parti à tenter de se positionner dans tout futur accord politique, plutôt que de se retrouver confronté à un accord qui lui est imposé sans sa participation, notamment sur la scène libanaise.

À l’inverse, Allouch estime que les dirigeants syriens sont disposés à dialoguer avec le Hezbollah. Il souligne toutefois qu’à Damas, ce dialogue n’est pas perçu comme une fin en soi mais plutôt comme un instrument au service de l’initiative syrienne concernant le Liban.

Cette initiative repose essentiellement sur l’intégration de la question du désarmement du Hezbollah dans le cadre d’un règlement politique global pour le Liban.

Cette approche syrienne bénéficie du «soutien américain, ainsi que d’un appui régional, ce qui renforce ses chances de succès dans les prochains mois», note-t-il également, tout en soulignant que la situation reste ouverte à de multiples éventualités et que le contexte politique et sécuritaire des relations entre la Syrie et le Hezbollah n’est pas encore stabilisé.

Il est donc difficile de prévoir l’évolution de ces relations dans un avenir proche et ce, malgré des signes suggérant une évolution possible dans le cadre d’accords plus larges concernant la situation libanaise.

Les calculs sous-jacents iraniens

À l’inverse, l’analyste politique Mohammed Al-Attar attribue ce changement aux pressions que subit le Hezbollah et aux calculs de l’Iran quant au maintien de son influence en Syrie et dans la région. Il souligne que toute communication entre Damas et le Hezbollah reste soumise aux considérations de souveraineté étatique et au rôle des institutions officielles.

Al-Attar explique à Al-Quds Al-Arabi que, pour comprendre l’annonce par le Hezbollah de sa disposition au dialogue avec les dirigeants syriens, il est nécessaire d’examiner les intérêts iraniens sous-jacents à cette démarche. Il s’interroge sur les objectifs de Téhéran qui encourage le Hezbollah à ouvrir des canaux de communication avec Damas à ce stade.

Il estime que l’Iran perçoit cette approche comme un moyen de préserver son influence en Syrie en cherchant à réactiver les voies sur lesquelles il s’appuyait auparavant pour transporter des armes et du matériel et faciliter les déplacements de ses réseaux et agents dans le sud de la Syrie et sur la côte. Ceci, selon lui, garantit la continuité de sa présence régionale après les transformations observées sur la scène syrienne. «Le Hezbollah traverse une phase très délicate, confronté à des défis qui pourraient constituer une menace existentielle, compte tenu de la poursuite des frappes israéliennes, de l’escalade des tensions internes au Liban et de la réduction drastique de sa marge de manœuvre ces dernières années», dit-il, tout en doutant que l’annonce par le parti de sa disposition au dialogue avec Damas soit une initiative indépendante, affirmant qu’elle pourrait être coordonnée avec l’Iran, dont les «calculs dépassent les intérêts immédiats du parti, même si ce dernier a également ses propres motivations liées à l’atténuation des pressions qu’il subit».

L’analyste estime que le parti chiite cherche à réduire le nombre de fronts ouverts car aucun accord avec Israël ou les forces politiques libanaises sur le plan interne ne semble se profiler à l’horizon. Cela le pousse à tirer profit des déclarations du président syrien Ahmed Al-Charaa, qui s’est dit ouvert au dialogue si celui-ci sert la stabilité du Liban et de la région.

Selon Al-Attar, le parti vise deux objectifs principaux par cette ouverture. Le premier est d’atténuer l’isolement et la pression qu’il subit du côté syrien. Le second, et le plus important, est de servir les intérêts iraniens en maintenant l’influence de Téhéran en Syrie et en rétablissant l’axe de communication entre l’Irak et la Syrie, permettant ainsi la continuité des lignes de soutien logistique.

Néanmoins, le second objectif est irréaliste étant donné que le président syrien Ahmed Al-Charaa allié des États du Golfe ne jouera jamais le rôle que jouait jadis Bachar Al-Assad en acceptant que son territoire soit une courroie de transport des armes entre l’Irak et le Liban.

Par ailleurs, Al-Attar exclut la possibilité que Damas accepte d’ouvrir un dialogue avec le Hezbollah indépendamment de l’État libanais, considérant que «tout accord de ce type doit être conclu par l’intermédiaire des autorités légitimes de Beyrouth qui ont le pouvoir de signer des accords internationaux et de gérer les relations entre États».

Il conclut qu’il est naturel pour l’État syrien de chercher à contribuer à la consolidation de la sécurité et de la stabilité au Liban mais par la coopération avec l’État libanais et ses institutions et non en s’engageant auprès d’un groupe armé ou en prenant part aux conflits internes libanais.

Le dilemme du Hezbollah

Se fondant sur l’héritage des relations entre le Hezbollah et la Syrie durant les années de guerre, l’écrivain et politologue Ahmed Al-Hawas estime que toute discussion sur un rapprochement mutuel est indissociable du rôle joué par le parti chiite en Syrie ainsi que des bouleversements de l’équilibre des pouvoirs après la chute du régime de Bachar Al-Assad. Le parti se préoccupe davantage d’atténuer les pressions croissantes qu’il subit que de nouer de nouvelles relations avec Damas, soutient-il.

Dans un entretien accordé à Al-Quds Al-Arabi, il explique que le problème fondamental entre le Hezbollah et la Syrie ne réside pas tant dans l’État syrien en tant que système politique mais que c’est plutôt un problème avec le peuple syrien. Il considère que le Hezbollah a fait partie intégrante du système qui, selon lui, a contribué aux massacres, aux déplacements de population et aux bouleversements démographiques, sans parler des tentatives d’implantation idéologique visant à diffuser le chiisme dans des régions majoritairement sunnites.

On estime que l’intervention du Hezbollah dans la guerre civile syrienne ne s’est pas limitée à empêcher la chute du régime précédent mais a également contribué à prolonger le conflit et à aggraver les souffrances des Syriens, ce qui a profondément terni l’image du parti au sein de la société syrienne.

Le retrait du Hezbollah de Syrie et son retour au Liban l’ont privé de nombreux acquis, que ce soit le réseau de milices locales qu’il avait constitué ou à ses activités liées au Captagon et au trafic de drogue, souligne l’analyste. De plus, le déclin de sa présence, aux côtés des forces iraniennes et des milices irakiennes, a affaibli l’une des principales voies d’influence iraniennes, qui s’étendait à travers le territoire syrien jusqu’aux frontières de la Palestine occupée.

Il ajoute que le Hezbollah est désormais confronté à une situation plus complexe, compte tenu des pressions croissantes au Liban pour que l’État ait le monopole de la possession des armes ainsi que des discussions sur le rôle potentiel de Damas dans le soutien à l’État libanais sur cette question. Il exclut toutefois toute intervention militaire syrienne au Liban, suggérant que le rôle de la Syrie se limiterait à fournir des conseils et un soutien politique et sécuritaire aux autorités libanaises.

L’improbable trêve avec Damas

Selon lui, le Hezbollah, conscient de sa marge de manœuvre réduite, cherche à alléger la pression en améliorant ses relations avec Damas. Il estime cependant que le parti ne recherche pas tant un rapprochement qu’une trêve ou une position de neutralité afin d’éviter l’ouverture d’un nouveau front contre lui.

Al-Hawas doute que l’État syrien réponde favorablement à cette proposition, car elle concerne les États et leurs institutions officielles, et non les milices ou les groupes armés.

Il souligne que tout rapprochement avec la Syrie, s’il devait avoir lieu, resterait conditionné par un certain nombre de points qu’il juge fondamentaux, notamment des excuses au peuple syrien, l’indemnisation des victimes, la reconnaissance des violations commises pendant les années de guerre civile, le retrait des troupes de la frontière syrienne, la cessation du trafic de drogue et la divulgation des noms des groupes locaux ayant collaboré avec le Hezbollah en Syrie.

Il conclut que ces exigences rendent difficile la recherche d’un véritable accord, leur mise en œuvre étant hors de portée du Hezbollah.

Par conséquent, il estime que l’objectif principal du parti chiite libanais à ce stade est de surmonter sa situation délicate et de rechercher une relation apaisée avec Damas afin d’éviter que ce dernier ne devienne une source de pression supplémentaire sur le parti à l’avenir.

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Nations unies | Une juive costaricienne brigue la succession de Guterres

11. August 2026 um 07:04

Une économiste juive costaricienne, qui a fait ses études en Israël et dont une partie de la famille vit dans l’Etat hébreu, est devenue la favorite pour succéder à António Guterres. Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, est devenue la favorite de ce début de course pour succéder au secrétaire général des Nations unies. Si elle est choisie, elle deviendrait la première femme et la première personne juive à occuper le poste le plus élevé de l’Onu.

Grynspan, économiste, est actuellement secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), l’organe onusien consacré au commerce mondial, aux investissements, aux finances et au développement économique, en particulier dans les pays en développement.

Lors d’un scrutin consultatif non contraignant parmi les 15 membres du Conseil de sécurité, Grynspan a reçu 10 votes «encourageants», devançant l’ancienne ministre guyanienne des Affaires étrangères Carolyn Rodrigues-Birkett (9 votes) et Rafael Grossi, l’Argentin à la tête de l’agence nucléaire de l’Onu (7 votes).

Les membres du Conseil de sécurité sont invités à voter pour ou contre un candidat, ou à exprimer une «sans opinion» sur sa candidature lors de ce premier scrutin anonyme. Le prochain tour de vote révélera si l’un des cinq membres permanents du Conseil – la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni ou les USA – a opposé son veto effectif à une nomination.

Une fois qu’un consensus sera trouvé entre les membres du Conseil de sécurité, la nomination sera soumise à l’Assemblée générale de l’Onu, où le candidat sera officiellement nommé. Un calendrier précis n’a pas encore été publié, mais le second mandat de Guterres se terminera le 31 décembre, et le prochain secrétaire général lui succédera alors.

Ses parents ont fui la Pologne

Grynspan a déclaré dans un entretien podcast en 2022 que ses parents juifs avaient fui la Pologne pour l’Union soviétique avant la Seconde Guerre mondiale, alors que l’antisémitisme s’intensifiait et que la menace nazie grandissait. Son père s’est échappé avec la majeure partie de sa famille, tandis que sa mère s’est enfuie avec ses deux sœurs, laissant derrière elle ses parents, qui furent plus tard tués pendant l’Holocauste. Après la guerre, ils tentèrent tous deux de rejoindre la Palestine mandataire mais furent détenus par les Britanniques à Chypre, où ils se rencontrèrent, avant de s’installer au Costa Rica.

Selon un communiqué de presse de l’Onu de 2006, elle a étudié à l’Université hébraïque de Jérusalem, où elle a suivi des études d’économie et de sociologie. En 2020, elle a pris la parole lors d’un événement technologique israélien coparrainé par des ministères du gouvernement israélien.

La sœur de Grynspan, Frida, a émigré en Israël à l’âge de 17 ans, où elle a également fréquenté l’Université hébraïque, selon un portrait familial de 2014 publié par le média costaricien en anglais The Tico Times. Le neveu et la nièce de Grynspan ont tous deux servi dans l’armée israélienne, selon le même article.

Avant de diriger la Cnuced, Grynspan a été secrétaire générale du Secrétariat général ibéro-américain, qui organise les réunions annuelles des dirigeants des pays de langue espagnole et portugaise. Auparavant, elle a été administratrice adjointe du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ainsi que deuxième vice-présidente du Costa Rica, entre 1994 et 1998.

En 2017, Grynspan a été l’oratrice principale d’un événement organisé par B’nai B’rith Uruguay pour marquer le 79e anniversaire de la Nuit de Cristal – les pogroms de novembre 1938 contre les Juifs et leurs biens dans l’Allemagne nazie.

Des positions équilibrées sur le conflit israélo-palestinien

Ses positions sur Israël, les Palestiniens et le conflit au Moyen-Orient ne semblent pas différer sensiblement de celles de la direction de l’Onu. Dans un discours de novembre 2023, à la suite de l’attaque du Hamas du 7 octobre contre le sud d’Israël, Grynspan a condamné «la perte horrible de vies civiles» tant lors de l’attaque du Hamas que lors des bombardements israéliens sur Gaza qui ont suivi, y compris les frappes touchant des civils, des hôpitaux, des abris, des écoles et des installations de l’Onu.

Faisant écho à Guterres, Grynspan a appelé à un cessez-le-feu immédiat à Gaza. «Cela signifie la libération inconditionnelle des otages à Gaza, maintenant. La protection des civils, des hôpitaux, des installations de l’Onu, des abris et des écoles, maintenant. Un accès sans entrave pour acheminer des fournitures à toutes les personnes dans le besoin à Gaza, maintenant. Et la fin de l’utilisation des civils comme boucliers humains, maintenant. Aucun de ces appels ne devrait être conditionné par les autres», a-t-elle déclaré.

Sous sa direction, l’organe onusien qu’elle dirige a publié des rapports sur l’impact économique de la guerre entre Israël et Gaza. En 2024, il a constaté que l’économie palestinienne avait subi son déclin le plus marqué en temps de guerre, l’ensemble de la population de Gaza tombant sous le seuil de pauvreté. Il ajoutait que même dans un scénario de reconstruction optimiste soutenu par une aide étrangère substantielle, Gaza aurait besoin de plusieurs décennies pour retrouver son niveau de vie d’avant-guerre.

Un rapport de 2025 a révélé que les restrictions israéliennes imposées à Gaza après la prise de contrôle par le Hamas en 2007, combinées à des guerres répétées, avaient vidé son économie avant même le 7 octobre. Il estimait que Gaza avait perdu 35,8 milliards de dollars de PIB potentiel entre 2007 et 2023. La dernière guerre a ensuite provoqué un autre effondrement dévastateur, avec des dommages aux infrastructures estimés à 18,5 milliards de dollars en janvier 2024.

Bien que les responsables israéliens n’aient pas encore commenté publiquement la possibilité que Grynspan succède à Guterres, l’ONG de droite pro-israélienne UN Watch a décrit sa candidature comme «soulevant des inquiétudes quant à la persistance des mêmes schémas de partialité et de politisation [à l’Onu]».

L’ONG, connue pour sa vive opposition aux positions de l’Onu, a qualifié les rapports économiques de «série de rapports durs et unilatéraux sur Israël, soulevant des inquiétudes quant à l’impartialité et renforçant les craintes qu’elle puisse être trop encline à s’aligner sur le parti pris enraciné du système».

D’après Haaretz

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Kaïs Saïed effectue une visite surprise à Gabès

10. August 2026 um 22:21

Lundi 10 août 2026, le président de la République , Kaïs Saïed, a effectué une visite surprise à Gabès, selon ce qu’a indiqué le correspondant de Diwan FM ce lundi soir. La même source a ajouté que le chef de l’État a visité la zone industrielle. Et ce pour examiner la situation environnementale. Il a souligné à cette occasion l’importance de trouver des solutions urgentes aux problèmes environnementaux en suspens, en particulier la pollution.

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Grands projets : lancement immédiat de Borj El Amri, l’hôpital de Thala et la ville numérique d’Ennahli

10. August 2026 um 21:51

La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé ce lundi 10 août 2026 la 12e réunion de la Commission des grands projets, qui a décidé le lancement immédiat de trois chantiers stratégiques.

A savoir, l’extension de la centrale de Borj El Amri avec une nouvelle turbine de 250–400 MW (600 MD, opérationnelle à l’été 2027) pour sécuriser l’approvisionnement électrique face à une demande en hausse et des pointes record ; l’achèvement de l’hôpital régional de type « B » à Thala (Kasserine), de 105 lits, pour un coût total de 69 MD ; et l’achèvement de la ville numérique d’Ennahli (Ariana), visant à étendre le pôle « Tunisia Smart Technoparks » et à renforcer l’économie de la connaissance.

La commission a insisté sur l’accélération des projets publics comme priorité nationale pour stimuler la croissance, réduire les disparités régionales et améliorer la qualité de vie, avec un suivi de terrain renforcé pour garantir le respect des délais et des spécifications.

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La défense alerte sur la détérioration de la santé de Ghannouchi en prison

10. August 2026 um 13:07

Le collectif de défense de l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, a annoncé que son client, incarcéré depuis avril 2023, avait entamé une grève de la faim en prison et cessé de prendre ses médicaments depuis le jeudi 6 août 2026, pour protester contre son isolement total et la privation de ses droits, ultime recours pour les défendre.

Dans un communiqué, le collectif a précisé que M. Ghannouchi, condamné à de lourdes peines de prison dans plusieurs procès intentés contre lui, avait été transféré à l’hôpital le 29 juillet dernier, ajoutant qu’il s’était vu interdire toute visite ou communication avec ses avocats et sa famille pendant 12 jours consécutifs, alors même qu’aucune information sur son état de santé n’était divulguée, malgré les demandes répétées adressées aux autorités compétentes.

Le collectif de défense a fait porter aux autorités tunisiennes l’entière responsabilité des dépassements constatés ainsi que de toute complication susceptible de menacer la santé et la vie de son client, estimant que le traitement qui est infligé à l’ancien président du parti islamiste Ennahdha constitue une atteinte à son intégrité physique, d’autant plus qu’il est âgé de 85 ans et présente un état de santé fragile.

Le collectif a également exigé que l’équipe d’avocats et la famille de Ghannouchi soient autorisées à lui rendre visite et à constater directement l’état réel de sa santé à l’hôpital.

Le 5 février 2025, il est condamné à 22 ans de prison pour « conspiration contre la sûreté de l’État ». La peine est alourdie en appel en février 2026, ce qui porte la condamnation totale à plus de 40 ans de prison.

I. B.

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Accord de la Mecque | Pacte de défense entre trois puissances régionales sunnites

10. August 2026 um 07:58

L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé, vendredi 8 août 2026, «l’Accord de défense conjointe de La Mecque». Cet accord est une concrétisation du rapprochement opéré entre les trois puissance régionales sunnites. Samedi 9 août, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a indiqué que l’Égypte rejoindra ce pacte de défense. L’accord vise à renforcer la dissuasion conjointe face à toute agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il porte également sur le développement de la coopération en matière de défense dans tous les domaines.

Imed Bahri

Le journal londonien arabophone Al-Sharq Al-Awsat rapporte que cette signature a eu lieu lors de l’Accord de défense conjointe de La Mecque signé par le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, par ailleurs Premier ministre d’Arabie saoudite; le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shahbaz Sharif.

Cet accord témoigne de l’engagement des trois pays à renforcer leur sécurité et à instaurer la paix et la stabilité dans la région et dans le monde, en vue d’un avenir sûr et prospère. Il s’appuie sur les liens historiques profonds qui unissent les trois pays, fondés sur la fraternité et la solidarité islamique, et ancrés dans des intérêts stratégiques communs et une étroite coopération en matière de défense.

Renforcement de la dissuasion conjointe

L’accord vise à renforcer la dissuasion conjointe face à toute agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il porte également sur le développement de la coopération en matière de défense dans tous les domaines.

Il convient de noter que la visite d’Erdoğan et de Sharif en Arabie saoudite s’est déroulée à l’invitation du Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le roi Salman ben Abdelaziz, et qu’ils ont été reçus par le prince héritier Mohammed Ben Salmane au palais Al-Safa à La Mecque. Le Sommet conjoint de défense de La Mecque a permis de passer en revue les relations privilégiées entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, ainsi que plusieurs questions d’intérêt commun.

De son côté, le président turc a déclaré sur la plateforme de médias sociaux X que «cet accord, fondé sur le principe de dissuasion collective, contribuera à renforcer notre coopération en matière de sécurité et de défense, à développer des projets communs dans les industries de défense et à lutter contre le terrorisme», soulignant qu’il est «ouvert à la participation de tous les pays frères qui aspirent à la paix, à la prospérité et à la stabilité dans notre région».

M. Erdogan a souligné que cet «accord réaffirme le droit à la légitime défense tel que stipulé à l’article 51 de la Charte des Nations Unies et n’est dirigé contre aucun pays», insistant sur le fait que «la Turquie maintiendra fermement sa position de principe dans la résolution des conflits et des crises par le dialogue et la diplomatie, dans le respect du droit international et conformément à sa vision de la souveraineté régionale».

De son côté, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, s’est félicité de la signature de l’accord, le qualifiant d’avancée majeure qui renforcera la paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde. Il a souligné que «l’accord renforcera les capacités de défense conjointes des trois pays et témoigne de leur engagement à bâtir un avenir sûr, stable et prospère pour leurs peuples», selon un communiqué publié par l’agence de presse pakistanaise.

Réaffirmation du droit à la légitime défense

Zardari a souligné que cet accord représente une étape importante dans le renforcement du partenariat stratégique entre les trois pays, et a exprimé l’espoir que cet accord historique contribuera à améliorer la sécurité, la paix et la prospérité et sera bénéfique au monde musulman.

De son côté, le Premier ministre Shahbaz Sharif, via son compte officiel sur X, a affirmé que cet accord «représente un moment charnière dans la coopération entre trois nations sœurs, dont les relations reposent sur la confiance mutuelle, un destin commun et la conviction de l’importance de consolider la sécurité et la stabilité et de préserver la paix régionale».

Il a ajouté que «la signature de cet accord dans la ville sainte de La Mecque lui confère une dimension historique et symbolique qui reflète la profondeur de notre responsabilité commune envers la sécurité de nos pays, au service des intérêts de nos peuples et au renforcement de la stabilité du monde musulman», espérant qu’il constituera «le fondement d’un partenariat stratégique durable qui permettra d’accroître la sécurité et la prospérité de nos trois pays et contribuera au bien-être du monde musulman et à la sécurité régionale».

Pour sa part, le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, a déclaré sur son compte X que «cet accord établit un cadre pour un partenariat de défense à long terme, renforçant la dissuasion, la coordination et l’intégration entre nos nations sœurs et contribuant à la sécurité et à la stabilité de la région et du monde».

Dans le même esprit, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a expliqué que la signature de l’accord confirme la profondeur des relations fraternelles et stratégiques entre les trois pays soulignant qu’elle représente une étape importante dans leur coopération en matière de défense et concrétise la volonté commune d’unir les efforts pour faire face aux défis et aux menaces qui affectent la sécurité et la stabilité de la région.

Le prince Faisal bin Farhan a ajouté dans une publication sur X que «cet accord incarne la volonté politique commune des trois pays de protéger la sécurité et la stabilité, et de soutenir un environnement régional plus sûr, au service de nos pays et de leurs peuples, avec un impact positif sur l’ensemble de la région, et ouvre la voie à un avenir sûr où les opportunités de développement et de prospérité seront renforcées».

Intégration des capacités de défense

D’autre part, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que l’accord réaffirme les liens fraternels unissant les trois pays face aux défis sécuritaires et aux menaces militaires. Il leur permet également de développer des capacités de défense communes, une dissuasion stratégique, d’améliorer leur niveau de préparation et de travailler au développement et à l’intégration de leurs capacités de défense.

Par ailleurs, le diplomate Raed Qarmali, responsable au ministère saoudien des Affaires étrangères chargé de la diplomatie publique, a indiqué qu’outre le développement des capacités de défense communes et  leur intégration afin de faire face conjointement à toute menace à la sécurité de leurs territoires, toute attaque armée extérieure contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il a toutefois souligné que cet accord ne reflète aucune intention de constituer un axe militaire ou un bloc sectaire ou religieux et n’est lié ni à des ambitions nucléaires ni à une course aux armements mais vise plutôt à renforcer durablement l(autonomie du pays.

Qarmali a précisé que cet accord ne compromet pas les solides relations stratégiques que l’Arabie saoudite entretient dans le Golfe, au niveau arabe et international, ne menace pas la sécurité d’aucun pays de la région et n’exacerbe pas les tensions entre les pays. Il a clarifié qu’il n’annule ni ne remplace aucun accord bilatéral ou multilatéral conclu entre ces pays ou avec d’autres pays et organisations.

Commentant cet accord, le professeur de communication politique Abdullah Al-Rifaï l’a qualifié d’«extrêmement important» puisqu’il contribue à garantir l’équilibre dans la région et renforce ainsi la sécurité et la stabilité au cœur du monde dans une région qui est une source d’énergie majeure et un axe maritime essentiel entre l’Est et l’Ouest. De ce fait, il estime que l’Accord de la Mecque renforce les perspectives de sécurité, de stabilité et de paix régionales.

Dans sa déclaration à Asharq Al-Awsat, Al-Rifaï note que la présence d’une puissance régionale capable de contrebalancer les autres puissances concurrentes dans la région favorisera le processus de sécurité, de paix et de stabilité, d’autant plus que les trois pays aspirent à la sécurité, à la stabilité et au développement et que l’accord s’inscrit dans ce cadre.

Le professeur de communication politique rappelle que l’accord ne vise aucun pays en particulier mais vise plutôt à renforcer les perspectives de paix et l’équilibre qui y conduit.

Dans un contexte similaire, l’expert en stratégie et en affaires militaires Faisal Al-Hamad a déclaré à Asharq Al-Awsat que «la signature de cet accord témoigne de la volonté de l’Arabie saoudite de coopérer avec les pays frères et amis afin de préserver la sécurité et la stabilité régionales et mondiales».

Un droit souverain des États

Al-Hamad a souligné que cet accord de défense relève du droit souverain de tout État et qu’aucune injonction extérieure ne s’applique à ce droit. Il a ajouté que cet accord n’est pas une réaction à la situation actuelle, mais le fruit de plusieurs années de discussions. Il ne constitue pas une alliance, il s’agit d’un accord de défense qui engage trois pays à préserver leur sécurité et leur stabilité, ce qui a un impact positif sur la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.

L’expert en stratégie et en affaires militaires a souligné que cet accord est purement défensif, c’est-à-dire qu’il n’a pas pour but d’attaquer un pays ni de nuire aux intérêts d’un autre pays de la région ou d’ailleurs et qu’il n’affectera pas les diverses relations stratégiques que les trois pays entretiennent avec d’autres pays, qu’elles soient économiques, militaires ou politiques.

On remarquera au passage qu’aucun responsable ou analyste n’a cité Israël ou l’Iran, comme constituant des menaces potentielles pour la paix régionale et particulièrement pour les trois pays, mais il n’échappe à personne que ces menaces-là étaient présentes à l’esprit des dirigeants saoudiens, turcs et pakistanais au moment de la signature dudit accord. Ces trois alliés historiques des Etats-Unis savent qu’ils ne peuvent plus compter sur ce pays pour assurer leur protection en cas d’agression extérieure.    

Concernant les domaines de coopération inclus dans l’accord, Al-Hamad a déclaré: «Cette alliance de défense repose sur le principe que toute attaque contre un pays sera considérée comme une attaque contre les trois. Cependant, il ne s’agit pas simplement d’une question d’action et de réaction. En effet, lorsqu’un pays attaqué demande l’assistance des autres pays pour des opérations militaires et une entrée en guerre, les autres pays se joindront à lui. Ceci est similaire à l’article 5 du traité de l’Otan».

Quant aux futurs domaines de coopération, l’expert a évoqué les exercices militaires conjoints, le partage de renseignements, la coopération dans les industries de défense, la recherche et le développement, le transfert de technologies militaires et une coordination opérationnelle renforcée entre les forces armées des trois pays. Il a souligné que l’aspect le plus important est que «l’accord signé représente le cadre politique et juridique de cette alliance de défense trilatérale».

En attendant l’Égypte 

Selon le turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le président Recep Tayyip Erdogan souhaite voir l’alliance s’élargir et l’Égypte figure au nombre des candidats potentiels à une adhésion. M. Fidan a déclaré : «L’Égypte est déjà notre partenaire naturel sur toutes les questions. Je pense qu’à la prochaine étape, l’Égypte sera également avec nous au sein de l’alliance». Il a ajouté: «Selon la vision de notre président, nous ne devons pas nous limiter à trois pays. Nous devons nous développer et, si nécessaire, rassembler tous les pays sous ce même toit».

Il est à indiquerai que ces derniers mois, la Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan et l’Égypte se sont regroupés pour traiter des questions régionales dont la guerre d’Iran. La Turquie a indiqué que ce groupe baptisé R4 visait à consolider son partenariat grâce à des mécanismes concrets.

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Mort de Maurice Buttin, l’avocat infatigable de l’affaire Ben Barka

09. August 2026 um 21:54
Maître Maurice Buttin aura permis de laisser ouvert le dossier Ben Barka au tribunal de Paris. Cela dure depuis la disparition du leader nationaliste marocain en 1965. Au cœur de l’affaire Ben Barka, figure centrale de l’un des plus grands…

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Tunisie – Algérie | Non à la spoliation, à l’intimidation et à la vassalisation !

09. August 2026 um 09:20

À la demande pressante d’amis chers et de confrères dont le patriotisme commande le respect, il convient aujourd’hui — à contre-cœur et en me pinçant très fort le nez — de descendre dans l’arène. L’objectif est de dissiper le tissu de contes de fées et de contre-vérités crasses que le soi-disant Dr Abderrahmane Cherfouh a commis dans les colonnes de Kapitalis pour tenter de faire taire la critique et de délégitimer mes analyses sur les relations tuniso-algériennes. **

Elyes Kasri *

Ce texte de la plume indigeste du Dr Cherfouh ne relève ni de la réflexion ni du débat d’idées, mais d’une tentative de voltige informationnelle assez pathétique.

Accuser un diplomate tunisien de «diaboliser» l’Algérie parce qu’il dissèque les leviers d’influence d’un pays voisin est un procédé d’intimidation intellectuelle usé jusqu’à la corde.

Passer au scalpel les impostures de ce censeur d’opérette permet de trancher dans le vif d’une relation bilatérale que certains tentent de faire avaler sous perfusion sentimentale.

1- L’imposture morale : avant d’ausculter la souveraineté tunisienne, Dr Chelfouh, en mal de reconnaissance, devrait interroger son effroyable désertion morale.

Voilà un clinicien qui a choisi de s’installer confortablement au Canada, fuyant la misère politique et économique de son propre pays pour aller soigner les rhumes à Montréal.

En s’exilant pour son confort personnel, il a délibérément choisi de priver ses concitoyens de ses prétendus talents, foulant aux pieds le serment d’Hippocrate avec un cynisme consommé.

C’est depuis son exil doré, bien au chaud à des milliers de kilomètres, que Dr Cherfouh s’improvise général en chef du patriotisme maghrébin.

Son indignation sélective et sa sémantique, si lourdement calquée sur les communiqués de presse des officines de la Mouradia, trahissent sa véritable fonction : celle de prête-nom pour la propagande d’un régime militaire aux abois.

La plume du Dr Cherfouh n’est pas guidée par la fraternité, elle est simplement téléguidée. Le public tunisien refuse de recevoir des ordonnances géopolitiques d’un expatrié qui a troqué son stéthoscope contre les basses œuvres de la guerre psychologique régionale.

2- La nature prédatrice de la junte d’Alger :  Dr Cherfouh tente de draper la junte d’Alger dans les vertus de la fraternité maghrébine. La réalité politique est une insulte à ce concept.

L’Algérie est gouvernée par une oligarchie militaire prédatrice, une gérontocratie de généraux à médailles qui maintient son propre peuple sous une chape de plomb d’un autre âge, étouffe l’expression populaire, embastille les journalistes au moindre mot et a totalement assassiné l’élan démocratique du Hirak.

Ce paternalisme de caserne, où un régime despotique, liberticide et corrompu se pique de donner des leçons de morale et de bon voisinage par l’intermédiaire du soi-disant Dr Chelfouh, est d’un comique absolu.

Au-delà de la farce rhétorique, il faut appeler les choses par leur nom : le régime militaire d’Alger s’est érigé en principale menace contre les aspirations démocratiques, de justice sociale et de progrès du peuple tunisien.

En exportant son modèle autocratique et liberticide par un chantage permanent, la Mouradia cherche activement à étouffer le pluralisme tunisien.

Ce pouvoir gérontocratique ne peut tolérer l’émergence d’une véritable démocratie moderne et progressiste à ses portes, de peur qu’elle ne serve d’exemple à une jeunesse algérienne opprimée.

Saboter le progrès institutionnel et social de la Tunisie est une stratégie de survie pour cette junte kleptocrate.

Un régime qui traite ses propres citoyens en sujets terrorisés n’a aucune légitimité pour venir dicter les frontières de la liberté d’expression ou des analyses diplomatiques en Tunisie.

Que ces messieurs les généraux balaient d’abord les cours de leurs propres prisons avant de vouloir régenter l’esprit critique tunisien.

De plus, de la «décennie noire» aux maquis du GSPC et d’Aqmi, Alger a toujours utilisé la porosité terroriste transfrontalière comme un bouton de pression politique pour forcer Tunis à l’alignement.

3- Le chantage au Transmed ou le paradoxe d’un cordon ombilical vital : l’arrogance d’Alger atteint son paroxysme lorsque, par la voix du Dr Cherfouh, elle présente le transit du gaz comme une «faveur» ou une obole charitable accordée à la Tunisie. C’est un contresens économique absolu.

Le régime algérien est en situation de faillite systémique sur tous les plans. Il ne survit artificiellement que grâce à la rente des hydrocarbures, dont une part majeure transite par le gazoduc Transmed via le sol tunisien pour alimenter l’Italie.

Le Transmed n’est pas une fleur faite à la Tunisie ; c’est le ballon d’oxygène vital de la Mouradia, la laisse énergétique sans laquelle le budget de l’État algérien s’effondrerait instantanément.

Et pourtant, par un renversement burlesque des réalités, Alger utilise ce tuyau indispensable à sa propre survie comme une arme de chantage pour vassaliser la Tunisie.

Ce piratage commercial s’appuie sur une spoliation tarifaire évidente :

1 – une redevance tunisienne dérisoire de 5,25 %. Pour 400 kilomètres d’infrastructures lourdes qui hypothèquent le territoire national, la Tunisie ne perçoit qu’une maigre redevance, un taux dérisoire bloqué par les menaces d’Alger depuis des décennies;

2- le modèle souverain du Maroc : à titre de comparaison, sur l’ancien gazoduc GME, le Maroc avait imposé un taux de 7 % à 10 % des volumes, assorti du transfert de la propriété intégrale des installations à l’État marocain après 25 ans.

Autant dire qu’à Alger, on sait compter quand il s’agit d’exploiter les voisins à vil prix, tout en se permettant de menacer de fermer les vannes à la moindre velléité d’indépendance diplomatique et d’expression des aspirations démocratiques de la Tunisie.

La diplomatie n’est pas une affaire de sensiblerie mémorielle ni de slogans lénifiants comme le «khawa-khawa» bon pour les naïfs.

La Tunisie n’a besoin ni de la protection étouffante ni des conseils d’un pays en faillite systémique qui ne produit rien d’autre que du ressentiment.

En analysant lucidement les risques de cette dépendance structurelle, les observateurs indépendants font leur strict devoir d’expertise et de patriotisme.

Les valets d’influence de la Mouradia, qu’ils écrivent masqués derrière la fausse identité du soi-disant Dr Cherfouh depuis son exil doré et pantouflard au Canada ou à découvert, doivent comprendre que la Tunisie n’est pas et ne sera jamais la 70e wilaya algérienne. Surtout qu’elle a toujours, tout au long de son histoire plusieurs fois millénaire, gouverné ce territoire voisin à partir de Carthage, Dougga, Kairouan, Mahdia et Tunis.

Le droit à la liberté d’opinion et d’analyse géopolitique restera libre, souverain et totalement imperméable aux intimidations des censeurs d’Alger ou d’ailleurs.

Un vieux proverbe tunisien dit :.ما دواء الفم الابخر كان السواك الحار

* Ancien ambassadeur.

** La rédaction : avec cette réponse, on clos ce débat qui ne saurait s’éterniser.

Les précédents éléments de ce débat tuniso-algérien sur Kapitalis :

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Tunisie – Algérie | Le litige frontalier entre l’histoire et le droit

09. August 2026 um 08:30

En réaction à l’article de M. Abderrahmane Fékih intitulé «Tunisie-Algérie / aux origines d’un contentieux territorial» et à sa prise de position ravivant des griefs territoriaux et énergétiques relatifs aux relations algéro-tunisiennes, ce texte entend apporter un point de vue fondé sur la rigueur du droit international public (uti possidetis juris, Convention de bornage de 1970) ainsi que sur la réalité des enjeux techniques et économiques (gisement d’El Borma, partenariat gazier TransMed). L’objectif de cette contribution est de proposer une analyse objective et apaisée, démontrant que la solidité stratégique entre la Tunisie et l’Algérie repose sur des traités souverains incontestables et ne saurait être altérée par des récits d’amertume ou des tentatives de déstabilisation mémorielle.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

Ceci dit, M. Fékih, je prends acte avec satisfaction de votre ton courtois et de votre attachement à la fraternité algéro-tunisienne, des sentiments que je partage du fond du cœur.

Cependant, la «vérité historique» que vous cherchez à me rappeler ne relève pas de faits oubliés, mais d’une grille de lecture anachronique. Rétablir la vérité, ce n’est pas déterrer des griefs éteints par le droit international ; c’est rappeler avec sérénité que la solidité de nos liens repose sur des traités souverains et des engagements que nos deux nations ont réellement choisis d’honorer.

Face à des récits qui risquent d’installer une défiance artificielle entre deux peuples frères, l’examen du droit, de la réalité du terrain et de nos accords bilatéraux le prouve : entre l’Algérie et la Tunisie, la solidarité stratégique n’est pas une illusion, mais un choix fondamental scellé par l’Histoire, basé sur le respect mutuel et le bon voisinage.

I. Le droit international et la souveraineté territoriale

Sur le plan du droit international, votre position repose sur une confusion majeure entre les différends franco-tunisiens de l’époque coloniale et les obligations d’un État algérien souverain ayant acquis son indépendance en 1962.

En qualifiant de «mauvaise foi» le refus de l’Algérie indépendante de céder des territoires délimités sous la colonisation, vous fermez les yeux sur une règle fondamentale du droit international public : le principe de l’uti possidetis juris («vous posséderez ce que vous possédiez»). Consacré en Afrique dès juillet 1964 par la Déclaration du Caire de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), ce principe veut que les nouveaux États accèdent à l’indépendance dans les frontières administratives héritées de la puissance coloniale.

Cette règle n’a pas été conçue pour avantager l’Algérie aux dépens de la Tunisie ou d’un autre pays, mais pour offrir un cadre clair, capable d’éviter les déchirements, la guerre, les luttes fratricides, le sang et le chaos sur le continent.

Remettre en cause les tracés hérités au nom de prétentions historiques antérieures ouvrirait une boîte de Pandore aux conséquences imprévisibles pour toute la région — qu’on pense aux découpages coloniaux ayant amputé l’Algérie à l’Ouest au profit de la Moulouya, ou aux dynamiques transfrontalières des populations touarègues au Sud.

C’est précisément pour prémunir le continent contre ces querelles sans fin que le droit international a tranché.

Dès son accession à la souveraineté le 5 juillet 1962, l’Algérie héritait donc légitimement de son territoire dans ses contours existants. Vouloir opposer un arrangement politique provisoire, discuté dans la douleur de la guerre de libération (comme les échanges entre Ferhat Abbas et Habib Bourguiba), à une norme internationale impérative constitue un anachronisme juridique.

La Tunisie souveraine du président Bourguiba l’avait d’ailleurs parfaitement compris. En signant la Convention de bornage du 6 janvier 1970, elle réglait définitivement, et dans un esprit de fraternité, la question des frontières communes. Parler aujourd’hui de «spoliation», c’est méconnaître le droit international, mais c’est aussi effacer la signature de l’État tunisien lui-même.

Par conséquent, vous tentez d’expliquer l’abandon des revendications tunisiennes par un soi-disant «rapport de forces» défavorable, suggérant que Habib Bourguiba aurait plié sous la contrainte face à une Algérie menaçante et mieux armée. Cette lecture simpliste fait injure à la mémoire et à la stature diplomatique du Combattant suprême.

Dans les années 1960, l’Algérie sortait à peine d’une guerre de libération éprouvante et se concentrait tout entière sur sa reconstruction. Elle n’a jamais menacé la Tunisie d’une quelconque intention belliqueuse. Habib Bourguiba, fin diplomate, intelligent et respecté sur la scène internationale, n’a pas cédé à la peur. Visionnaire, il a agi en homme d’État (voir mon article publié dans Kapitalis : «Israël-Palestine : Et si les Arabes et les Palestiniens avaient écouté Bourguiba en 1965 ?»). En adhérant à la Charte de l’OUA en 1964 et en signant la Convention de 1970, il a fait le choix de la raison, de la stabilité et de l’avenir du Maghreb. Réduire cette décision mûrie à une capitulation est une contrevérité qui altère la portée d’un engagement historique.

II. La réalité technique d’El Borma et les enjeux énergétiques

Vous allez plus loin dans le procès d’intention en réveillant la légende urbaine du «puits oblique» que l’Algérie aurait creusé pour «détourner le pétrole tunisien» à El Borma. Ce récit spectaculaire, très populaire sur les réseaux sociaux, ne résiste pas un instant à la réalité géologique.

Le gisement d’El Borma est un réservoir pétrolier continu qui s’étend de part et d’autre de la frontière. En matière d’hydrocarbures, l’exploitation d’une nappe commune suit les lois de la physique des fluides, pas des scénarios de piraterie industrielle. Loin des théories du complot, la gestion d’El Borma a toujours fait l’objet d’échanges techniques réguliers entre les compagnies nationales des deux pays (Sitep et Sonatrach) pour exploiter la ressource de manière rationnelle et respectueuse de la souveraineté de chacun. Transformer un enjeu technique classique en preuve d’«ingratitude» relève du raccourci politique et déforme la réalité de notre coopération. Les ingénieurs tunisiens ne sont pas si naïfs ni aussi dupes pour ne pas découvrir un soi-disant détournement de pétrole à El Borma.

En qualifiant l’attitude de l’Algérie d’«acte prédateur», vous vous éloignez de la rigueur historique pour privilégier l’émotion et les accusations personnelles. Si l’Algérie s’était comportée en «prédateur», comment expliquer des décennies de partenariat stratégique, le partage des retombées du gazoduc TransMed qui traverse le territoire tunisien vers l’Europe, ou les approvisionnements énergétiques d’urgence accordés lors des moments critiques ?

Il n’y a pas meilleure illustration que le dernier message daté du 4 août 2026 adressé par la Tunisie à l’Algérie : une lettre de remerciement de la Steg aux dirigeants de Sonelgaz pour son soutien décisif en approvisionnement électrique, signée par Fayçal Trifa, PDG de la STEG.

La vraie fraternité ne consiste pas à ignorer les divergences, mais à savoir les résoudre par le dialogue et le droit. Réduire plus de soixante ans de solidarité à une rhétorique de la prédation est une posture qui ne sert ni la vérité, ni les intérêts de nos deux peuples.

En demandant «un peu d’humilité» et en ramenant la coopération énergétique à une simple fatalité géographique, vous faites une erreur de lecture sur la diplomatie interétatique.

La sécurité énergétique et la solidarité régionale ne relèvent ni de la charité paternaliste, ni de la condescendance, mais d’un partenariat réfléchi. Le passage du gaz algérien par la Tunisie via le TransMed est un accord équilibré : il offre à la Tunisie des redevances précieuses et une énergie sécurisée, tout en assurant à l’Algérie un accès fiable au marché européen.

Rappeler ces faits n’a rien d’arrogant ; c’est un acte de clarté. L’arrogance consisterait plutôt à balayer d’un revers de la main des décennies d’accords et de solidarité concrète pour nourrir une méfiance artificielle et préfabriquée entre deux peuples voisins.

En ironisant sur les livraisons de gaz, vous confondez aussi soutien tarifaire et don budgétaire. Personne n’a jamais prétendu que l’Algérie versait une aide directe sans contrepartie. La réalité repose sur deux leviers bien réels : la redevance de transit perçue par la Tunisie sous forme de gaz, et des contrats d’approvisionnement à long terme conclus entre Sonatrach et la Steg.

Bénéficier de ces conditions n’a rien d’un mythe : c’est le résultat concret d’une alliance solide. Nier cette réalité sous prétexte qu’il ne s’agit pas de charité relève de la querelle de mots et d’un orgueil mal placé. Sans ces accords stratégiques, la facture énergétique pèserait bien plus lourdement sur les ménages et les finances publiques tunisiennes.

III. Dépasser le ressentiment et construire le Maghreb

Voici une autre perle de votre part : en appelant à «rendre à César ce qui appartient à César» tout en peignant l’État algérien sous les traits d’un voisin dominateur, vous montrez les limites de votre démarche, qui préfère l’amertume à l’examen des faits.

Que faudrait-il «rendre» alors que le droit international, la déclaration de l’OUA de 1964 et la Convention de 1970 ont fixé nos frontières de manière claire et définitive ? L’Algérie n’a rien confisqué à la Tunisie, ne lui a rien annexé ; elle a partagé avec elle les épreuves de l’Histoire et les exigences du voisinage.

En tout état de cause, les relations privilégiées entre la Tunisie et l’Algérie ne font pas que des heureux. Nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil cette entente solide entre les deux États. Il faut porter un regard lucide sur ce phénomène récurrent : il existe des voix et des intérêts qui guettent le moindre grain de sable, la moindre tension diplomatique ou médiatique pour tenter de fragiliser les relations entre nos deux pays et les discréditer.

Ces entrepreneurs de la discorde exploitent chaque faille pour nourrir le ressentiment et affaiblir l’axe algéro-tunisien. Céder à la surenchère mémorielle, c’est offrir une victoire à ceux qui redoutent un Maghreb stable et uni.

La critique et le débat sont des droits fondamentaux. Chaque citoyen algérien ou tunisien a le droit de porter un regard exigeant sur l’axe Alger-Tunis, mais l’injure, la provocation, la haine et l’atteinte à la dignité sont à bannir et à dénoncer. La liberté d’expression trouve sa limite lorsqu’elle se transforme en insulte.

Réduire une alliance stratégique, essentielle à notre sécurité commune et à notre stabilité énergétique, à un procès d’intention est une erreur de perspective.

Les peuples tunisien et algérien sont unis par des liens fraternels trop anciens pour s’effriter face à des discours d’amertume. Ce que nous devons viser, ce n’est pas le réveil de vieilles querelles, mais une ambition partagée, fondée sur le respect mutuel, la vérité des faits et la souveraineté de nos nations.

* Médecin algérien basé au Canada.

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L’homme à abattre pour le lobby pro-israélien américain

08. August 2026 um 08:37

Le puissant lobby pro-israélien américain tentera de mobiliser à nouveau des soutiens pour faire battre Abdulrahman El-Sayed qui a battu une candidate fortement soutenue par l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac) lors de la primaire démocrate pour désigner le candidat du parti au poste de sénateur du Michigan. El-Sayed, Américain d’origine égyptienne, est un médecin, épidémiologiste et homme politique âgé de 41 ans. Il est membre du Parti démocrate et appartient à son aile gauche progressiste très critique à l’endroit d’Israël. La perspective de son élection en tant que sénateur inquiète beaucoup Israël et ses relais aux États-Unis.

Imed Bahri

Dans le New York Times, Jennifer Medina et Theodore Schleifer indiquent que le groupe de pression pro-israélien a informé ses alliés qu’il envisageait une campagne de levée de fonds massive pour soutenir le candidat républicain au Sénat lors des élections générales du Michigan cet automne après que la candidate démocrate soutenu par le lobby aux primaires démocrates ait perdu.

Le comité d’action politique de l’Aipac a dépensé 32 millions de dollars dans une tentative infructueuse de soutenir Haley Stevens au détriment du docteur Abdulrahman El-Sayed, un critique virulent d’Israël, lors de la primaire démocrate de l’État. 

80 millions de dollars pour battre El-Sayed

Après la victoire d’El-Sayed, l’organisation n’a pas reculé et semble désormais prête à investir des dizaines de millions de dollars pour soutenir Mike Rogers, le candidat républicain, selon six personnes ayant parlé avec des dirigeants du groupe.

Dans un communiqué, l’Aipac a indiqué que ses sympathisants participeraient à l’élection générale sans toutefois dévoiler de plan précis.

«Nos membres restent déterminés à faire en sorte que les électeurs rejettent le Dr El-Sayed et son programme anti-israélien extrémiste en novembre», a déclaré Deryn Abra Sousa, porte-parole de l’organisation. Dans une interview, Patrick Dorton, porte-parole du United Democracy Project, principal comité politique de l’Aipac, a affirmé qu’aucune décision formelle concernant les dépenses n’avait été prise pour cette élection. Selon les données de la Commission électorale fédérale, l’Aipac disposait d’environ 80 millions de dollars à la fin du mois de juin.

Le journal américain a souligné que soutenir un candidat républicain lors d’une élection générale très disputée, en particulier dans un État clé, constituerait une initiative sans précédent pour l’Aipac, qui s’est longtemps considérée comme non partisane et n’a commencé à financer les élections fédérales qu’en 2022.

Le journal rapporte que de nombreux sympathisants de l’Aipac perçoivent le Dr El-Sayed comme une menace, compte tenu de son rôle central dans la campagne contre Israël et de ses promesses répétées de voter pour couper les fonds alloués à cet État.

Le journal a cité Sam Markstein, directeur politique de la Coalition juive républicaine, dont le conseil d’administration compte plusieurs donateurs de l’Aipac : «L’époque où l’on nous faisait taire et où l’on nous apaisait est révolue. Cela n’arrivera pas ici. Nous ne nous laisserons ni intimider ni diffamer. Nous redoublerons d’efforts et ferons tout ce qu’il faut pour gagner. Nous préférons être respectés et vivre que d’être aimés et mourir».

L’Aipac finance les campagnes des candidats favorables à Israël

Dans son discours de victoire, mercredi 5 août 2026, El-Sayed a cherché à séduire l’électorat juif, tout en continuant de critiquer l’implication de l’Aipac dans les primaires. Il a déclaré : «À tous mes frères et sœurs de confession juive, ou de toute autre confession, ou même à ceux qui ne professent aucune religion, je tiens à ce que vous sachiez que mon engagement envers votre sécurité –envers la sécurité des Juifs– est le même que celui que j’ai envers la sécurité de mes propres filles»

Des militants démocrates et républicains liés à l’organisation ont confié en privé s’attendre à ce que les groupes affiliés à l’Aipac rompent avec la tradition et dépensent des millions de dollars pour soutenir Rogers en novembre.

Six personnes ayant discuté avec la direction de l’Aipac avant les primaires ont déclaré avoir eu la nette impression que l’organisation prévoyait de dépenser des sommes considérables contre le docteur El-Sayed s’il se qualifiait pour l’élection générale. Rogers s’est décrit à plusieurs reprises comme un fervent partisan d’Israël.

De nombreux analystes politiques estimaient que les dépenses de l’Aipac lors des primaires démocrates avaient eu l’effet inverse. El-Sayed semblait gagner en popularité dans les sondages et instrumentalisait l’implication de l’Aipac pour attaquer Stevens.

Selon plusieurs personnes proches de l’organisation, lors de conversations privées, les dirigeants de l’Aipac n’ont exprimé aucun regret quant à leur pari coûteux contre El-Sayed, car ils s’attendaient dès le départ à une course serrée. Dans les derniers jours de la campagne, certains donateurs politiques proches de l’organisation ont adressé leurs critiques non pas à l’Aipac mais à sa candidate, Mme Stevens, ou aux médias. Finalement, El-Sayed l’a emporté de justesse.

Pour l’Aipac, soutenir Israël est un choix politique judicieux pour les politiciens américains des deux partis. Cependant, une nouvelle dynamique politique se dessine, le soutien à Israël est devenu un point faible lors de certaines primaires démocrates. Un sondage récent a montré que près de la moitié des démocrates du Michigan ont une opinion négative de l’Aipac, contre seulement 12% qui ont une opinion favorable.

Avec la victoire de candidats anti-israéliens aux primaires démocrates à New York, en Californie et dans l’Illinois et qui ont de fortes chances d’être élus au Congrès en novembre, la prochaine législature adoptera probablement une position sceptique à l’égard d’Israël.

Le journal américain rappelle que le United Democracy Project de l’Aipac a déjà essuyé des défaites électorales mais n’a jamais dépensé autant d’argent.

Sur les trois cycles électoraux auxquels l’Aipac a participé jusqu’à présent, le lobby n’est intervenu que dans une seule élection générale opposant un candidat démocrate à un candidat républicain. Lors de cette élection, le United Democracy Project a dépensé près de 1,2 million de dollars contre la représentante Summer Lee de Pittsburgh, qui a facilement battu son adversaire républicain. L’Aipac a également envisagé de soutenir Susan Collins, la sénatrice républicaine du Maine, cet automne, mais il est peu probable qu’elle intervienne dans sa campagne.

La primaire sénatoriale du Michigan n’était pas la première élection où les dépenses de l’Aipac ont fait l’objet d’un examen minutieux. Lors des primaires démocrates pour la Chambre des représentants de l’Illinois cette année, plusieurs comités d’action politique affiliés à l’Aipac ont dépensé près de 4,4 millions de dollars pour soutenir la sénatrice sortante Laura Fine. Or, le maire d’Evanston, Daniel Pace, avait vivement critiqué Fine pour avoir accepté le soutien de cette organisation. Pace, juif et proche d’Israël, a remporté la primaire pour ce siège démocrate sûr et a clairement indiqué qu’il œuvrerait à modifier la politique américaine envers Israël s’il était élu au Congrès.

Les politiques américaines dictées par les intérêts d’un gouvernement étranger

Dans le Michigan, fort de sondages lui donnant une avance confortable dans les derniers jours de la campagne des primaires, El-Sayed a quasiment mis l’Aipac au défi de dépenser son argent pour le faire battre, il a déclaré : «Aipac, si vous m’entendez, dépensez et dépensez votre argent, ça me fait plaisir de cramer votre argent ! Ensuite, nous pourrons nous pencher sur les choses sérieuses et nous demander si notre politique étrangère doit être dictée par les intérêts d’un gouvernement étranger». Le journal américain a rapporté que l’AIPAC est de plus en plus encline à prendre des risques comme celui qu’elle envisage dans le Michigan.

Le journal a cité Jeremy Ben-Ami, président de J Street, un groupe libéral pro-israélien qui a toujours critiqué l’Aipac, affirmant que si le comité d’action politique de l’organisation apportait son soutien direct au républicain Rogers, ce serait une «grave erreur politique». Il a ajouté : «Chaque dollar dépensé aggrave un problème que tous ceux qui se soucient d’Israël devraient s’efforcer de résoudre, et non d’attiser. Leur incompréhension de la situation actuelle et du contexte actuel aux États-Unis me révolte et m’attriste».

Ron Weiser, ancien président du Parti républicain au Michigan pendant trois mandats, a fait un don de 125 000 dollars au United Democracy Project durant cette campagne électorale. Il a déclaré que l’Aipac devrait financer la campagne de Rogers, qu’il considère comme un ami, pour deux raisons : «Premièrement, parce que je suis républicain, et deuxièmement, je n’ai pas besoin d’une voix de plus pour réclamer l’arrêt du financement d’Israël et pour les autres mesures annoncées par les socialistes démocrates».

Dans un meeting à Las Vegas, le président Donald Trump qui exècre l’aile gauche du parti démocrate s’en est pris mercredi soir à Abdulrahman El-Sayed : «La saleté, la criminalité, la mort, la destruction, l’humiliation… On perd sa maison, on perd son appartement et c’est exactement là où les communistes nous mèneront, à 100%. Quand je regarde Abdul (diminutif de Abdulrahman, Ndlr), il ne raconte que des conneries. C’est un homme de haine. Il n’aime pas Israël. Il n’aime pas les juifs. Il les hait avec une passion qui lui brûle le cœur. Il n’y peut rien parce qu’il les hait».

El-Sayed lui a répondu sur CNN : «Il se concentre davantage sur moi et sur ce que je vais faire alors que nous traversons une crise du pouvoir d’achat qui est historique. Les gens paient près de 5 dollars l’essence à cause d’une guerre qu’il a déclenchée».

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Trump et l’Iran | L’échec d’une diplomatie du bluff

08. August 2026 um 07:46

Cinq mois après le lancement de l’opération Epic Fury, la stratégie américaine conduite par Donald Trump et ses conseillers   de «pression maximale» contre l’Iran s’est muée en impasse politique et militaire. Entre la réticence des alliés du Golfe, l’épuisement des stocks de missiles et l’approche des élections de mi-mandat, Donald Trump se retrouve pris au piège de sa propre diplomatie du bluff.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

Lorsque les premiers missiles américains et israéliens ont frappé le sol iranien fin février dans le cadre de l’opération Epic Fury, Donald Trump reprenait une rhétorique qu’il affectionne : celle de la «paix par la force» théâtralisée. Sur ses réseaux sociaux, le président américain promettait au peuple iranien une «libération imminente», affirmant que le moment était venu de se libérer une fois pour toutes du joug des ayatollahs.

Les analystes les plus avertis s’interrogeaient sur la viabilité d’une telle posture : s’agissait-il d’une réelle démonstration de puissance ou des prémices d’un aveuglement stratégique ? Cinq mois plus tard, la réponse ne fait plus de doute. Le calcul trumpien reposait sur une équation simpliste issue du monde des affaires : appliquer une pression maximale par un déluge de feu pour provoquer l’effondrement immédiat du régime ou forcer une capitulation sans condition. Mais la géopolitique des crises de haute intensité ne répond pas aux règles de la négociation immobilière.

La résilience de Téhéran face à l’impuissance de la surenchère

Au lieu de provoquer le soulèvement populaire escompté ou la panique au sommet de l’État théocratique, l’attaque a déclenché un réflexe de survie institutionnel à Téhéran. La République islamique a promptement verrouillé l’appareil sécuritaire intérieur, étouffant toute contestation naissante, tout en déployant une stratégie de riposte asymétrique et régionale.

Face aux ultimatums répétés de Washington promettant «une destruction encore jamais vue dans l’histoire», Téhéran a choisi la fermeté et le harcèlement à distance. L’incapacité de Donald Trump à faire plier le régime est devenue flagrante : la surenchère verbale, dépourvue de stratégie terrestre ou de vision politique à long terme, a fini par étaler les limites du pouvoir militaire américain.

L’évolution du conflit au cours des cinq derniers mois a mis à nu la méthode Trump : une alternance permanente entre menaces apocalyptiques, reculades précipitées et décisions impulsives dictées par l’humeur du moment plutôt que par une doctrine cohérente.

La régionalisation du conflit (mars-avril) : Téhéran réplique en ciblant les infrastructures stratégiques et les bases alliées à travers le Moyen-Orient, étendant l’instabilité bien au-delà des frontières iraniennes.

Illusion du «deal» et le répit éphémère (mai-juin) : Pris de court par l’enlisement et obsédé par les indicateurs économiques, Trump décrète unilatéralement un cessez-le-feu en proclamant prématurément «victoire». Sans accord politique de fond, cette trêve n’a été qu’un mirage.

Crise navale et suspension des frappes (juillet-août) : la reprise des tensions dans le détroit d’Ormuz pousse la Maison-Blanche à ordonner de nouvelles frappes, avant de devoir se résoudre à les suspendre face à l’absence de résultats probants.

Le tournant saoudien et la fracture des alliés du Golfe

L’élément déclencheur du récent changement de cap à Washington ne provient pas d’une prise de conscience interne, mais d’un rappel à la réalité venu du Golfe. Subissant de plein fouet les tirs de missiles et de drones iraniens sur leurs raffineries, leurs ports et leurs aéroports, les monarchies arabes ont exprimé un ras-le-bol stratégique.

Le point de rupture a été atteint lors d’un entretien téléphonique entre Mohammed Ben Salmane et Donald Trump. Le souverain saoudien a demandé sans détour au président américain de cesser immédiatement les bombardements sur l’Iran. Le constat présenté par Riyad était sans appel : faute de succès militaire décisif et sans perspective réelle de changement de régime, poursuivre ces frappes ne faisait que transformer les pays du Golfe en cibles privilégiées, tout en resserrant les rangs de la population iranienne derrière ses dirigeants.

En Europe, la gestion de la crise par Donald Trump a fini de détruire le peu de confiance qui subsistait envers le parapluie diplomatique américain. Dès le lancement d’Epic Fury, les chancelleries européennes (Paris, Berlin, Londres) avaient mis en garde contre les risques d’une escalade incontrôlée.

Aujourd’hui, l’exaspération des dirigeants européens est totale. Face aux revirements incessants de la Maison-Blanche — qui passe en quelques jours de la menace de guerre totale à des appels du pied pour négocier —, l’Europe déplore l’absence complète de concertation et l’aventurisme d’une administration incapable de fixer un cap stratégique clair. La diplomatie européenne se retrouve contrainte de gérer les répercussions sécuritaires et migratoires d’un conflit qu’elle n’a pas voulu et qu’elle ne peut pas enrayer seule.

Limites techniques et asphyxie économique

Sur le plan interne comme international, le coût de cette diplomatie du bluff est devenu insupportable. Sur le terrain militaire comme sur le plan politique domestique, Washington se heurte à des contraintes matérielles et électorales majeures.

Comme l’a analysé Sébastien Boussois, chercheur spécialiste du monde arabe et directeur de l’Institut géopolitique européen, la marge de manœuvre du président américain s’est considérablement réduite : «Donald Trump ne veut pas forcément frapper, n’en a pas forcément les moyens. Il y avait un problème de missiles, puis il avait un problème d’intercepteurs. Et puis, il y a aussi une opinion qui, à l’approche des élections de mi-mandat, risque de commencer à se détourner du président américain».

Ce double verrou — l’épuisement des stocks d’armement de haute précision et la crainte d’un désaveu dans les urnes — paralyse l’action américaine. Parallèlement, en perturbant gravement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz — canal vital par lequel transite un cinquième du pétrole mondial —, le conflit a provoqué une flambée spectaculaire des cours du baril. Les consommateurs du monde entier paient aujourd’hui au prix fort à la pompe les hésitations de Washington, alimentant une inflation globale qui menace de faire basculer plusieurs économies dans la récession.

Cinq mois après le lancement de l’opération Epic Fury, le bilan de Donald Trump est celui d’une impasse stratégique majeure. En pensant que des coups de bluff répétés, des ultimatums sur les réseaux sociaux et des sautes d’humeur diplomatiques tiendraient lieu de politique étrangère, le président américain a étalé les limites de son leadership.

Désormais contraint par le roi d’Arabie saoudite à suspendre ses frappes, contesté par son opinion publique, désavoué par ses alliés européens et sous la pression d’une crise économique mondiale qu’il a lui-même contribué à alimenter, Trump offre le spectacle d’une puissance paralysée. Les ultimatums non suivis d’effets ont créé l’accoutumance chez l’adversaire et la méfiance chez les alliés. L’étalage de force brute aura, in fine, mis à nu l’incapacité d’un homme à prendre les décisions justes face au temps long et complexe de la géopolitique.

* Médecin algérien basé au Canada.

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