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Décès de Hamid Berrada | La presse maghrébine perd l’un de ses piliers

27. September 2026 um 13:31

Le journaliste marocain Hamid Berrada, ancien grand reporter à Jeune Afrique connu pour ses interviews d’éminentes personnalités maghrébine et arabes, est décédé dans la nuit de vendredi 25 à samedi 26 septembre 2026, à l’âge de 87 ans.

Né en 1939 à Tanger, Hamid Berrada, diplômé en philosophie, en droit et en sociologie politique, s’était fait connaître lors de son passage dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, fondé et dirigé par le Tunisien Béchir Ben Yahmed. Il était rédacteur en chef de l’hebdomadaire parisien de 1974 à 1985 et y a collaboré régulièrement, jusqu’à la fin des années 1990, avant d’être nommé directeur Maghreb/Moyen-Orient de la chaîne francophone TV5.

Berrada a été aussi le présentateur et animateur, entre 2007 et 2018, de l’émission ‘‘Mais Encore ?’’ sur la chaîne de télévision marocaine 2M. Il était connu pour la qualité de ses analyses des affaires maghrébines et des interviews des grands acteurs politiques. Les Tunisiens d’un certain âge se souviennent encore de l’entretien qu’il avait réalisé avec Rached Ghannouchi, du temps où il était exilé à Londres.

«Hamid Berrada avait une façon particulière d’écrire ses ‘‘papiers’’, pas de machine à écrire, ni ordinateur ou PC, mais un crayon noir et une gomme, un carnet en poche… Il me rappelait un seigneur du journalisme ayant marqué ma jeunesse et mes débuts dans la presse : Albert Londres !», se souvient l’un des anciens collègues et amis Hassan Aaloui. Qui ajoute : «Hamid était un esprit curieux, honnête jusqu’au bout des ongles, très ouvert et pas un seul ni le moindre préjugé ne guidaient sa démarche… Très exigeant avec lui-même, l’honnêteté hissée comme un mât, il veillait aux détails et vérifiait deux, trois fois ou plus ses textes rédigés ou ‘‘gribouillés’’ au crayon noir.»

«Pour l’avoir côtoyé de près à Jeune Afrique dans les années 1990 et beaucoup appris à ses côtés, notamment sur son pays, le Maroc, où il m’a ouvert beaucoup de portes, je garde des souvenirs émus de nos échanges», se souvient, de son côté, Ridha Kéfi, fondateur et directeur de Kapitalis. Qui ajoute : «Il avait toujours le bon mot pour détendre une atmosphère guindée. Il savait aussi mettre de l’esprit là où les partis-pris politiques prennent le pas sur les idées et les principes. Certains de ses échanges à fleurets mouchetés avec feu Béchir Ben Yahmed, lors des réunions de rédaction matinales, étaient restés dans les mémoires. Les deux journalistes s’appréciaient beaucoup, mais le respect mutuel n’interdisait pas, chez l’un comme chez l’autre, une certaine franchise qui traduisait leur hauteur d’esprit».

«Le départ de Barrada du 57 bis rue d’Auteuil a été ressenti comme un arrachement, et d’abord par le défunt lui-même qui a maintenu des liens amicaux avec plusieurs de ses anciens collègues», conclut Ridha Kéfi.   

I. B.

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La crise de l’eau pourrait coûter à la Tunisie 6,4 % du PIB d’ici 2050

27. September 2026 um 12:38

La pénurie d’eau risque de devenir l’un des principaux freins structurels à la croissance tunisienne et, en l’absence de mesures adéquates, pourrait réduire le PIB du pays de 6,4 % d’ici 2050. C’est l’alerte lancée par la Banque mondiale (BM) dans son dernier rapport Tunisia Economic Monitor intitulé «Tunisia’s Water Challenge: From Scarcity to Resilience» (Le défi de l’eau en Tunisie : de la pénurie à la résilience).

Ce rapport identifie la sécurité hydrique comme un facteur de plus en plus déterminant pour la croissance, l’emploi et la compétitivité.

Selon l’institution de Washington, la Tunisie ne dispose aujourd’hui que de 380 mètres cubes d’eau douce renouvelable par habitant et par an, un niveau nettement inférieur au seuil international de pénurie d’eau absolue, qui est de 500 mètres cubes.

Le secteur agricole est particulièrement exposé ; il emploie environ 14 % de la population active nationale et jusqu’à la moitié des travailleurs dans les zones rurales. Sans mesures correctives, le stress climatique et le manque d’eau pourraient entraîner la perte d’au moins 30 % des emplois agricoles d’ici le milieu du siècle, avec des répercussions également sur l’agro-industrie, le tourisme et l’industrie.

Le rapport s’inscrit dans un contexte économique toujours marqué par une croissance modérée. Après une hausse de 2,7 % en 2025 et de 2,4 % en rythme annuel au premier semestre de cette année, la BM prévoit une progression du PIB de 2,3 % en 2026 et une croissance moyenne de 2,1 % sur la période 2027-2028. Le taux de chômage a reculé à 14,9 % au deuxième trimestre, mais demeure à 21,6 % chez les femmes.

Pour transformer le «Plan Eau 2050» tunisien en une réponse structurelle, la BM préconise des investissements de l’ordre de 900 millions de dollars par an jusqu’au milieu du siècle, assortis d’une réforme de la gouvernance du secteur, d’une réduction des pertes sur les réseaux, de la réutilisation des eaux usées traitées, de la numérisation et d’une meilleure gestion de l’irrigation.

Le programme RESEau, soutenu par la BM elle-même, devrait générer, lors de sa première phase, environ 4 000 emplois permanents et 13 400 emplois temporaires.

I. B.

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Les USA financent un centre militaire naval tunisien à Bizerte

27. September 2026 um 12:20

Les États-Unis ont attribué à la société turque Biltek Uluslararasi Insaat Limited Sirketi un contrat de 998 000 dollars pour la troisième phase du Maritime Center of Excellence (MCOE), actuellement en construction sur la base navale tunisienne de Bizerte.

Selon l’agence Ansa, l’attribution du marché a été publiée le 22 septembre sur SAM.gov par le Department of the Navy, par l’intermédiaire du Naval Facilities Engineering Systems Command Europe Africa Central (Navfac Euracent).

L’Award Notice ou avis d’attribution, relatif au contrat N33191-26-C-0010, précise que Biltek a remporté le marché à l’issue d’une procédure concurrentielle à prix fixe.

La phase III prévoit une tour d’entraînement à la descente en rappel et aux opérations en hauteur, ainsi qu’une zone d’atterrissage pour hélicoptères. L’appel d’offres inclut également, en option, une installation pour véhicules et embarcations ainsi qu’une rampe de mise à l’eau avec ponton. Ce centre est destiné à l’entraînement des commandos et des forces spéciales navales tunisiennes et s’inscrit dans le cadre des programmes américains de renforcement des capacités des partenaires (Building Partner Capacity).

Washington et Tunis visent également à en faire un pôle régional pour des activités et des exercices multinationaux.

Biltek avait déjà été chargée, en 2024, de réaliser une première tranche du complexe, comprenant une zone d’entraînement au combat rapproché, des champs de tir, un parcours d’obstacles et des installations pour embarcations.

En juin, le ministre de la Défense, Khaled Sehili, avait présenté ce projet comme l’un des moyens de renforcer la capacité opérationnelle des forces navales d’élite ainsi que le rôle de la Tunisie en tant que centre régional de formation militaire.

Ce même mois, le commandant des forces navales américaines en Europe et en Afrique, l’amiral George Wikoff, avait visité le centre en construction à Bizerte.

I. B.

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Décès de Me Lassaad Mechri, un grand défenseur des droits humains

27. September 2026 um 10:44

Me Lassaad Mechri, avocat et fervent défenseur des droits humains, toujours présent dans les prétoires et les parloirs pour défendre les victimes de la répression politique, est décédé hier soir, samedi 26 septembre 2026, chez lui, à la cité El Ghazela, à l’Ariana, des suites d’une crise cardiaque foudroyante. Il laisse une épouse et deux enfants éplorés.

Ses collègues du Conseil de l’ordre des avocats de Tunisie pleurent aujourd’hui un être cher, attentionné et affectueux, toujours disponible pour les autres et à l’écoute de leurs souffrances. Plus qu’un avocat à la force de l’âge et au faîte de sa carrière professionnelle que la Tunisie perd, c’est un homme au grand cœur qui disparaît en un clin d’œil, comme une lumière étouffée par la noirceur d’une interminable nuit. Celle que traverse aujourd’hui la Tunisie, le pays qu’il aimait tant et qui n’a cessé de le décevoir et d’éteindre ses espoirs.

Son ami, le journaliste Fahem Boukaddous lui a rendu un hommage poignant dans un post facebook où il a notamment écrit : «Il avait en lui quelque chose de ces enfants que la vie n’a pas corrompus. Spontané, enjoué, d’une bonté presque insoutenable, il possédait un rire malicieux, un sourire qui devançait ses paroles et un cœur ouvert aux autres comme à leurs souffrances. Pour lui, la loyauté était une seconde nature, l’amitié une responsabilité, et la mémoire un engagement qui ne s’éteignait pas, même après la disparition de ceux qu’il chérissait.» Et de conclure : «Comment croire que tu ne seras plus là, désormais ? Qui nous adressera ces mots spontanés ? Qui prendra l’initiative de demander des nouvelles ? Qui portera les nouvelles des vivants aux vivants, et celles des disparus jusqu’à notre mémoire ? Qui laissera derrière lui cet espace chaleureux que tu comblais si naturellement ? Tu es parti, mais les traces de ta présence demeurent en nous. Il reste ta voix, ton rire, ta bonté, ton courage, ta loyauté, ainsi que tous ceux que tu aimais et que tu défendais.»

I. B.

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Football | L’Espagne s’impose face à une Angleterre brillante mais inconstante

27. September 2026 um 09:11

Abstraction faite du manque de chance sur le penalty raté de Harry Kane, il y a deux raisons qui expliquent la défaite de l’équipe d’Angleterre, hier soir, samedi 26 septembre 2026, face à l’Espagne (2-3) : les erreurs inexcusables de sa défense.

Dr Mounir Hanablia *

Si le sort avait été juste, les deux équipes auraient dû se retrouver en finale de Coupe du Monde. Mais l’option défensive choisie par l’entraîneur Thomas Tuchel avait grandement facilité la tâche du gang argentin. Cette fois les Anglais menés dès la deuxième minute sur un but de Lamine Yamal à la suite d’une grossière erreur d’un de leurs défenseurs ont attaqué et ont réussi l’exploit de dominer une équipe espagnole qui quoique privée du ballon n’a jamais paniqué, et s’est même procurée des occasions nettes sur des fautes de placement de la défense anglaise décidément perméable.

Néanmoins les intentions offensives anglaises et le pressing finirent par payer grâce à deux buts dont l’avant Anthony Gordon, transfiguré depuis son transfert à Barcelone, fut soit à la transformation après une déviation géniale et une remise de Bellingham, soit à l’origine en démarquant sur l’aile Nico O’Reilly, son défenseur latéral sociétaire de Manchester City, dont le centre trouva la tête de Harry Kane aidé par l’indécision de Marc Cucurella. En seconde mi-temps les Anglais obtinrent dès le début un penalty à la suite d’une faute de Rodri, mais Harry Kane, victime d’une glissade au moment du tir, percuta la transversale. Ce fut le tournant du match. L’équipe d’Espagne retrouva alors la maîtrise du ballon comme par enchantement et réussit deux jolis buts par Oyarzabal bien démarqué lobant tout en finesse le gardien, puis par Ferran dont le tir bien travaillé contourna les défenseurs pour se ficher au bas de la lucarne.

Puissance physique et manque de précision

Les Anglais finirent bien par dominer la fin de la rencontre grâce à leur puissance physique mais plutôt brouillons et manquant de précision, ils ne réussirent pas à exploiter les possibilités intéressantes qui se présentèrent à eux. Finalement la victoire espagnole fut logique.

Néanmoins l’équipe d’Angleterre fut par moments brillante. Abstraction faite du manque de chance sur le penalty raté, il y a deux raisons qui expliquent sa défaite : les erreurs inexcusables de la défense souvent mal placée et le choix de Bukayo Saka dont le jeu stéréotypé n’apporta absolument rien à son équipe.

Tuchel a encore du pain sur la planche afin de trouver le juste équilibre entre attaque et défense et la confrontation avec les Croates risque de ne pas être facile.

Cependant, il est certain que les supporters du onze de la Rose ont beaucoup plus de raisons d’espérer de cette défaite contre le champion du monde en titre comparativement à celle sans gloire subie contre les Argentins, ou même à la victoire chanceuse contre les Norvégiens. 

* Médecin de libre pratique.

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Presse | Mohamed Benchicou inhumé finalement à Alger

27. September 2026 um 08:30

La dépouille du journaliste, écrivain et ancien directeur du quotidien Le Matin Mohamed Benchicou a finalement été rapatriée en Algérie et inhumée samedi 26 septembre 2026 au cimetière de Garidi, à Alger. Son retour au pays avait été précédé d’un épisode d’incertitude qui avait suscité l’émotion dans les milieux de la presse.

L’inhumation s’est déroulée en présence de sa famille, de proches, de journalistes et de nombreux confrères venus lui rendre un dernier hommage.

Quelques heures auparavant, le retour de sa dépouille à Alger paraissait encore incertain.

Dans un communiqué, la famille avait annoncé que les autorités algériennes refusaient, dans un premier temps, le rapatriement de la dépouille pour son enterrement prévu à Alger. «Même après sa mort, il continue d’être harcelé», dénonçait la famille, estimant que personne ne pouvait priver un ressortissant algérien d’être enterré dans son pays.

La situation s’est finalement débloquée. «Dernière nouvelle : selon les autorités, mon père sera finalement inhumé au cimetière de Garidi», annonçait ensuite la famille, faisant part de son soulagement.

La dépouille a ainsi pu rejoindre Alger où un hommage lui a été rendu à la Maison de la presse Tahar-Djaout, lieu particulièrement symbolique pour plusieurs générations de journalistes algériens, avant son transfert vers le cimetière.

Selon Le Matin d’Algérie, environ 150 personnes ont assisté à l’inhumation, mais aucun représentant officiel n’a été signalé parmi les présents.

Des années de débats, de combats et d’amitié

Dans un hommage publié après l’inhumation, le journaliste Maâmar Farah a fait revivre une partie de cette histoire commune : «Nous étions voisins», écrit-il en évoquant les années où Benchicou travaillait au journal Le Matin et lui aujournal Le Soir. Il rappelle notamment la solidarité de Le Soir lorsque Le Matin avait été confronté à des difficultés, jusqu’à lui ouvrir une page de son édition pour permettre au journal de continuer à s’adresser à ses lecteurs.

Maâmar Farah revient également sur les années du quotidien El Moudjahid, les combats syndicaux et journalistiques menés avec Benchicou, ainsi que sur cette période où une partie de la rédaction avait tenté de desserrer l’emprise de la censure.

Son témoignage dépasse ainsi le seul parcours de Benchicou. Il restitue une époque de la presse algérienne où les journalistes, encore jeunes, avaient la conviction que le journal pouvait contribuer à changer les choses : «Nous savions surtout que le journaliste ne possède peut-être rien d’autre que sa plume et sa conscience», écrit Maâmar Farah.

Mohamed Benchicou avait marqué la presse algérienne par son indépendance de ton et ses prises de position critiques. Ancien directeur du Matin, il avait également publié plusieurs ouvrages consacrés à l’Algérie et à sa vie politique.

Son parcours avait été marqué par son emprisonnement au début des années 2000, après la publication de son livre ‘‘Bouteflika : une imposture algérienne’’. Cette période demeure l’un des épisodes les plus connus de son parcours de journaliste et d’écrivain.

Sa disparition a suscité des réactions nombreuses en Algérie et à l’étranger. Des médias algériens, maghrébins et internationaux ont consacré des articles à son décès et à son parcours. Mais son histoire ne se résume pas à ses confrontations avec le pouvoir. Elle appartient aussi à une génération de journalistes qui ont accompagné les transformations profondes de la presse algérienne, au prix parfois de leur liberté, de leur carrière ou de leur sécurité.

Dans son hommage, Maâmar Farah évoque enfin le retour de Benchicou sur cette terre qu’il avait tant aimée.

«L’Algérie, cette terre que tu as tant aimée, t’a repris sans bruit», écrit-il.

À Garidi, le journaliste a ainsi été accompagné par ceux qui avaient partagé avec lui des années de journalisme, de débats, de combats et d’amitié.

Djamal Guettala

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Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis

27. September 2026 um 08:30

Alors que le prince Mohammed ben Salmane, héritier du trône saoudien et homme fort du Royaume, a traversé différentes tempêtes notamment celle de l’affaire Khashoggi et a réussi à s’en sortir, il semble aujourd’hui fragilisé par le conflit avec les Houthis yéménites car lâché par Donald Trump qui ne bouge pas le petit doigt pour l’aider. Le président américain lui tient rancune parce qu’il n’a pas soutenu sa guerre contre l’Iran. De plus, Trump ne veut pas ouvrir un autre front au Moyen-Orient à seulement quelques semaines des élections de mi-mandat. 

Imed Bahri

La réticence des États-Unis à soutenir l’Arabie saoudite contre les Houthis a confirmé aux dirigeants de Riyad que Washington est un partenaire «peu fiable», ont affirmé James Politi, Steff Chavez et Andrew England dans un article publié par le Financial Times. Sous le titre « MBS n’oubliera pas », en référence à l’acronyme désignant le prince héritier saoudien, souvent utilisé par les médias occidentaux, le journal indique que l’hésitation du président Trump à s’engager dans la guerre contre les Houthis au Yémen a exacerbé les tensions entre Washington et Riyad, dont les relations sont déjà fragilisées par la guerre américaine contre l’Iran.

Sous la pression de la hausse des prix de l’essence et de l’impopularité de la guerre d’Iran au sein de l’opinion publique américaine, le président américain qui joue gros lors des élections de mi-mandat du 3 novembre prochain s’est jusqu’à présent abstenu de toute nouvelle action militaire pour soutenir les efforts de l’Arabie saoudite visant à réprimer l’offensive houthie et leurs attaques contre les infrastructures du royaume.

Le journal britannique estime que l’hésitation de Trump risque de tendre les relations avec le prince héritier saoudien, compromettant davantage la crédibilité de Washington en tant que partenaire clé de la défense pour Riyad.

Washington refuse de participer à des frappes contre les Houthis

Mona Yacoubian, directrice du programme Moyen-Orient au Center for Strategic and International Studies (CSIS) à Washington a déclaré au FT : «Les États-Unis hésitent et leur décision, du moins pour l’instant, de ne pas se joindre aux Saoudiens exacerbe les tensions bilatérales. Cela suscite également, chez les Saoudiens, des inquiétudes supplémentaires quant au rôle qu’ils peuvent attendre des États-Unis».

Le journal britannique a fait état de discussions récentes suite à une demande saoudienne en faveur de frappes aériennes américaines contre les Houthis mais Washington a refusé d’y participer. La Maison-Blanche n’a pas fait de commentaire.

Karen Gibson, générale à la retraite et ancienne directrice du renseignement du Commandement central des États-Unis (Centcom *), a déclaré : «Mohammed ben Salmane ne l’oubliera pas», ajoutant que l’hésitation de l’administration démontre que «les États-Unis ne s’engageront pas nécessairement dans un conflit armé lorsqu’ils estiment que des intérêts vitaux de l’Arabie saoudite sont menacés».

Ces tensions entre les deux pays concernant une action conjointe contre les Houthis marquent un tournant dans la relation parfois tendue entre Trump et MBS, une relation caractérisée par une alternance de périodes d’éloges mutuels enthousiastes et de tensions.

Trump a mentionné le prince Mohammed lors d’un discours prononcé lors d’une conférence sur l’investissement organisée par l’Arabie saoudite à Miami en mars dernier. Il a d’abord fait l’éloge du prince saoudien, le qualifiant de «grand ami» et de «guerrier». Vingt minutes plus tard, il a fait remarquer que le prince saoudien «ne s’attendait pas à me flatter» et est allé jusqu’à utiliser un langage vulgaire à son propos, illustrant l’attitude grossière et imprévisible du président américain.

Durant la guerre contre l’Iran, l’Arabie saoudite a subi des attaques répétées contre ses infrastructures, conséquences des frappes de représailles iraniennes, ainsi que les répercussions économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz.

Durant la guerre d’Iran, l’Arabie saoudite a informé Washington qu’elle n’autoriserait pas les avions de combat américains à utiliser ses bases ou son espace aérien pour cibler l’Iran. Elle voulait se prémunir d’attaques de plus grande envergure. Cette décision a fortement déplu à Trump.

Tout a changé quand les Houthis ont entraîné Riyad dans un conflit qu’elle avait longtemps cherché à éviter en imposant un blocus aux ports saoudiens, en attaquant des pétroliers et en lançant des missiles et des drones sur le royaume.

Les Houthis intensifient leurs attaques contre l’Arabie saoudite

Ces deux dernières semaines, les Houthis ont intensifié leurs attaques, ciblant les installations pétrolières saoudiennes dans le sud du royaume et lançant une offensive éclair le long de la côte yéménite de la mer Rouge. Ils ont mis en déroute les forces yéménites soutenues par l’Arabie saoudite et progouvernementales et consolidé leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, un autre point de passage stratégique pour le transport maritime mondial.

Le week-end dernier, les Houthis ont tiré un missile balistique sur Riyad, la capitale saoudienne, pour la première fois depuis la reprise des hostilités. MBS, qui, à l’instar d’autres dirigeants du Golfe, a mis en garde Trump contre une guerre contre l’Iran, peine à contenir une crise qui menace de faire dérailler ses ambitions de faire de son pays une plaque tournante régionale de la finance, du commerce et du tourisme.

Si par le passé les États-Unis ont lancé des campagnes militaires contre les Houthis aussi bien sous les administrations Trump et Biden en réponse aux attaques menées par les  Houthis contre des navires commerciaux en mer Rouge, l’administration Trump est désormais confrontée à une pénurie de ressources et à un épuisement de ses stocks de munitions ainsi qu’aux répercussions politiques et électorales de la crise au Moyen-Orient.

Elizabeth Dent, chercheuse principale au Washington Institute for Near East Policy, a déclaré: «Il sera très difficile pour Trump de s’engager sur un autre front dans cette guerre avant les élections de mi-mandat de novembre».

Bien que les États-Unis ne soient pas directement impliqués dans les opérations militaires contre les Houthis, ils continuent de fournir au royaume des armes et des renseignements. L’Arabie saoudite possède également des systèmes de défense aérienne américains. La semaine dernière encore, l’administration Trump a approuvé une vente potentielle de chasseurs F-35 à l’Arabie saoudite pour un montant de 24,3 milliards de dollars, même si la livraison prendrait des années.

Les Houthis sont perçus par les Occidentaux comme un problème saoudien

«Il y a une certaine frustration mais un constat que c’est la façon d’être de Trump», a déclaré un analyste saoudien sous couvert d’anonymat qui a ajouté : «L’Arabie saoudite a la capacité de tout bombarder et les États-Unis nous fournissent les informations de ciblage dont nous avons besoin». Et l’analyste d’ajouter que même un soutien aérien américain symbolique au début du conflit aurait remonté le moral des combattants yéménites.

Asaad al-Shamlan, de l’Institut Prince Saud al-Faisal d’études diplomatiques, a indiqué que les relations entre Riyad et Washington demeurent «excellentes». Cependant, alors qu’aux États-Unis et en Europe, les Houthis sont perçus «essentiellement» comme un problème saoudien, Riyad les considère comme un «défi international». Selon Al-Shamlan, cette différence de perception explique l’hésitation américaine à intervenir.

Après la rupture par les Houthis d’une trêve de quatre ans avec l’Arabie saoudite, l’administration Trump a mené des pourparlers avec le groupe rebelle par l’intermédiaire du Sultanat d’Oman. Un responsable houthi a déclaré que la cible était l’Arabie saoudite et non les intérêts américains.

Firas Maksad, directeur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au sein d’Eurasia Group, a estimé que les tensions sont inévitables à mesure que Washington se retire de son rôle historique de partenaire clé en matière de sécurité dans la région du Golfe. Il a ajouté: «Le vide laissé par Washington offrira des opportunités à ses concurrents stratégiques. Riyad cherche à diversifier ses partenaires en matière de sécurité tout en tentant de trouver des compromis avec Téhéran et les tensions dans ses relations avec Washington pourraient accélérer ce processus».

* Le Commandement central des États-Unis  (Centcom) est l’un des onze commandements interarmées et permanents des forces armées des États-Unis, il chapeaute les opérations militaires des États-Unis au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans une partie de l’Asie du Sud (Afghanistan et Pakistan). Depuis 2002, le Centcom est basée au Qatar sur la base militaire d’Al Oudeid qui est la plus grande base américaine du Moyen-Orient.

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La Conect met l’accent sur l’investissement et la compétitivité

27. September 2026 um 08:00

C’est dans le cadre feutré de l’hôtel Kasbah de Kairouan que le Conseil d’administration (CA) de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) s’est rassemblé, le samedi 26 septembre 2026, sous la conduite de son dynamique président, Aslan Berjeb. Autour de la table, les figures clés du réseau étaient au rendez-vous : les membres du Bureau exécutif national, le président de la Conect Internationale, le Comité des sages, ainsi que l’ensemble des présidents et délégués des bureaux régionaux et des groupements professionnels de l’organisation patronale.

Lotfi Sahli

Les échanges se sont ouverts sur un exposé consacré à la Plate-forme nationale de l’investisseur, présenté par Atef Belkadhi Jamoussi, au nom de l’Agence tunisienne de l’investissement (TIA). Saisissant toute l’importance de ce levier, le CA a appuyé chaque mesure propre à alléger le parcours des investisseurs et à accélérer les calendriers.

Dans ce droit fil, il a vivement invité les équipes régionales et sectorielles de la Conect à se faire le relais actif de cet outil auprès du tissu d’entreprises adhérentes.

Par la suite, les membres ont découvert avec attention la feuille de route de la Cité médicale des Aghlabides à Kairouan, dévoilée par Ridha Hentati, président-directeur général du projet. Une initiative chaleureusement saluée par la Conect, qui y voit l’illustration éclatante de l’attractivité de la région et du rôle moteur de l’initiative privée pour façonner des projets structurants au cœur des territoires. Il reste cependant à lever les obstacles, à trouver les financements et à accélérer la réalisation du projet pour qu’il ne reste pas éternellement à l’état de projet.   

Sur le plan institutionnel, le CA a donné son aval au rapport financier et aux états financiers de la Conect pour l’exercice 2025, appuyés par le rapport du commissaire aux comptes. L’assistance s’est aussi penchée sur le bilan d’étape du deuxième trimestre 2026, analysant la feuille de route menée par la Conect centrale, ses maillages régionaux, ses métiers et la Conect Internationale. Cette tribune a permis de tracer les grandes lignes des rendez-vous clés inscrits au calendrier de la fin d’année.

Le référentiel et la gouvernance de la RSE

S’exprimant sur les enjeux d’avenir, Hosn El Woujoud Ben Mustapha a rappelé combien la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’impose désormais comme un pilier stratégique pour marier performance globale, pérennité et ancrage territorial. Un cadre qui repose sur 3 dimensions fondamentales : la démarche recherche un équilibre harmonieux entre volet social (santé, égalité, compétences), la  transition environnementale (décarbonation, efficacité énergétique, préservation des ressources) et l’impératif économique associé à la gouvernance (éthique, viabilité, transparence).

Le déploiement opérationnel se concentre sur 4 chapitres d’action : les ressources humaines, l’empreinte environnementale, la loyauté commerciale et l »implication dans la vie locale.

La réussite repose sur l’impulsion d’un Comité de pilotage (Copil) dédié, qui dresse l’état des lieux initial, hiérarchise les urgences, fixe le cap et pilote avec rigueur l’évolution des indicateurs.

Autre sujet brûlant au menu des discussions : l’avenir des bureaux de contrôle technique. Le CA a passé en revue les actions menées par le groupement sectoriel à l’approche de la date couperet du 16 octobre 2026, marquant le risque d’un arrêt total des activités selon le cahier des charges de la profession. Face à ce défi, la Conect a réitéré sa détermination à poursuivre le dialogue pour débloquer la situation et déboucher sur des réponses adaptées aux contraintes du secteur.

Un partenariat économique renforcé avec l’Algérie.

Tourné vers le large, le CA s’est félicité des démarches entreprises par la Conect pour tisser des liens forts à l’international et booster le commerce transfrontalier, tout particulièrement avec les pays voisins. Une dynamique illustrée par la mission économique menée en Algérie par la Conect Internationale du 22 au 24 septembre 2026. Ce déplacement a posé des jalons précieux vers la concrétisation d’un partenariat stratégique ambitieux entre la Tunisie et l’Algérie. L’ambition affichée est claire : transformer les zones frontalières en véritables viviers de création de richesse, en développant des corridors économiques et des projets conjoints et en stimulant l’innovation au service de l’intégration régionale.

L’élaboration du projet de loi de finances pour 2027 s’est imposée au cœur des arbitrages. Les participants ont écouté l’analyse éclairée de Soltane Jebniani, membre du bureau exécutif national, qui a esquissé les pistes de propositions de la Conect à destination des parlementaires, fruit d’une concertation menée sur le terrain avec les structures régionales et sectorielles. À cette occasion, la Conct s’est dite pleinement mobilisée pour nourrir le débat budgétaire 2027, guidée par la volonté de concevoir des réponses équilibrées capable d’allier rigueur des finances publiques et soutien indispensable au financement de l’appareil productif.

Bureaux régionaux et groupements professionnels.

Un panorama complet des activités régionales et des groupements professionnels nationaux a été dressé par leurs présidents respectifs. À cette occasion, un débat sans concession a permis de cibler les freins du secteur et de définir ensemble des solutions concrètes pour surmonter ces obstacles. Dans ce même esprit, les interventions ont exploré les leviers essentiels pour permettre aux entreprises tunisiennes de produire, d’investir sereinement et de soutenir l’emploi.

Au terme d’échanges d’une grande richesse, le CA a réaffirmé l’ambition de la Conect de demeurer cette force de proposition indépendante, lucide et constructive, résolument engagée au service du tissu économique et de la nation.

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Le poème du dimanche | ‘‘Dédicace’’ de Egito Gonçalves

27. September 2026 um 07:26

Né à Matosinho, au Portugal, en 1920, Egito Gonçalves, est poète, éditeur et traducteur. Sa poésie liée au surréalisme…

A publié dès 1950 et fait paraître plus de vingt six recueils qui comptent dans la poésie de langue portugaise contemporaine. Il est aussi le traducteur de nombreux poètes. Il décède en 2001. 

Tahar Bekri

Les caresses font fermenter le temps

J’étreins l’arbre, je soumets le jasmin,

au toucher de la langue nue

Tu te promènes dans les bruits du soir

On te met des habits d’été, les seins dansent

venus d’un pays d’eau, de glaciers

– On reçoit la lumière cadeau

    à conserver dans le miroir un cigare

    sera fumé avant que nous partions ; je contemple

    la fumée que je transformerai

    en pierre fumée déjà absence les mains

    avancent très vite, la musique

    de la peau, le sel

    d’une mer que je reconnais j’aime cette ville

    comme ton corps, j’écoute

    les paroles, leur envol ; tranches

    de pain qui soudain incendient je sais

    que je termine ici – que tu es l’ultime

    visage garde-moi

    dans ton ombre ; allume un cierge

    pour moi aussi couvre-moi : silence

    Traduit du portugais par René Poupart.

    ‘‘Poésie des régions d’Europe, Portugal’’, revue Sources n°10, Namur, 1992.

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    Entreprises tunisiennes et transition vers l’industrie 4.0

    26. September 2026 um 13:24

    Un séminaire consacré au lancement du «Programme d’accompagnement des entreprises industrielles dans leur transition numérique vers l’industrie 4.0» se tiendra le 30 septembre 2026 à l’Hôtel Royal Asbu, à Tunis.

    Cette rencontre, organisée par le Hub Industrie 4.0 de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (Apii), en partenariat avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et la Giz, l’agence de coopération pour le développement allemande, dans le cadre de l’initiative nationale «Vers une Industrie 4.0 en Tunisie», s’inscrit dans la dynamique nationale visant à accompagner les entreprises industrielles tunisiennes dans l’adoption des technologies numériques, l’amélioration de leur compétitivité et l’accélération de leur transformation vers des modèles de production plus intelligents et performants.

    Au programme, la présentation des services et dispositifs d’accompagnement proposés par le Hub Industrie 4.0, ainsi que du dispositif d’accompagnement à la transformation numérique des entreprises industrielles et de l’outil Tunisian Intelligent Manufacturing Assessment (Tima), destiné à évaluer le niveau de maturité Industrie 4.0 des entreprises et à identifier leurs axes prioritaires de transformation.

    Ce séminaire, qui réunira des représentants des institutions publiques, des partenaires de la coopération, des experts ainsi que des entreprises industrielles tunisiennes, constituera une occasion de présenter les mécanismes mis à leur disposition pour les accompagner concrètement dans leur parcours de transformation numérique.

    Ce sera aussi l’occasion pour des échanges autour des enjeux et des opportunités liés à la transition numérique de l’industrie tunisienne.

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    Stress professionnel élevé chez les employées du secteur privé en Tunisie

    26. September 2026 um 12:22

    Une étude scientifique menée entre mai 2018 et décembre 2019, auprès de 1 042 femmes ayant une moyenne d’âge de 33,3 ans, employées dans des entreprises affiliées au groupement de médecine du travail du gouvernorat de Sousse, a mis en évidence l’impact significatif du stress professionnel sur la qualité de vie et la santé mentale des femmes travaillant dans le secteur privé en Tunisie.

    Pour parer à cette situation, l’étude préconise le renforcement des mécanismes de soutien et de gestion du stress au sein de l’environnement de travail.

    Les résultats, présentés par l’agence Tap, mettent en évidence un niveau élevé de stress professionnel chez 14,4 % des femmes, tandis que 11,3 % d’entre elles souffraient d’un stress professionnel associé à un isolement social.

    En ce qui concerne la qualité de vie, l’indice moyen de santé physique perçue chez les participantes s’est établi à 38,83 points, contre 43,19 points pour l’indice de santé mentale ; à titre de comparaison, une situation normale correspond à un indice compris entre 50 et 70 points, tandis que la situation idéale atteint 100 points.

    La santé mentale est apparue comme l’aspect le plus affecté, l’étude ayant relevé une détérioration de la qualité de vie mentale chez 86,8 % des participantes.

    L’étude conclut que le stress professionnel constitue un facteur déterminant de la qualité de vie perçue chez les femmes travaillant dans le secteur privé en Tunisie, en raison de ses répercussions sur leur santé mentale et physique ainsi que sur l’équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle.

    Elle préconise la mise en place de mesures de soutien psychosocial et de gestion du stress professionnel au sein des entreprises, ainsi que l’amélioration des conditions de travail, afin de favoriser le bien-être des travailleuses et d’atténuer les effets négatifs du stress lié au travail.

    I. B.

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    La production de la grenade tunisienne en hausse de 8%

    26. September 2026 um 12:01

    La production de la grenade en Tunisie a connu une croissance globale remarquable entre 2010 et 2026, hissant le pays parmi les 10 premiers producteurs mondiaux. Cette filière est passée d’un statut de culture traditionnelle à celui de secteur agro-industriel hautement stratégique.  La production est passée de 70 000 tonnes en 2016 à 106 000 tonnes en 2021 avec l’entrée en production des jeunes vergers. Pour cette saison 2026, les estimations affichent un net redressement de 8 % avec 98 000 tonnes attendues.

    La saison d’exportation des grenades tunisiennes débutera le 29 septembre courant pour les variétés locales, avec l’adoption d’un prix de référence évolutif, actualisé au fil de la saison en fonction des conditions du marché ainsi que de l’offre et de la demande.

    Tarek Tira, sous-directeur du développement des exportations au Groupement interprofessionnel des fruits (Gifruits), a déclaré à l’agence Tap que la fixation de cette date faisait suite à une réunion de travail tenue avant-hier, jeudi, au siège du groupement.

    Cette réunion a rassemblé la Direction générale de la production agricole, des représentants des Commissariats régionaux au développement agricole (CRDA) des principales zones de production, ainsi que des représentants de la profession.

    La détermination de la date de commercialisation à l’exportation de ce fruit a été décidée après le suivi des indicateurs de maturité et de coloration des grenades, et en coordination avec les différentes parties prenantes.

    Concernant la nouvelle récolte de grenades, le responsable a indiqué que la production nationale a atteint 98 000 tonnes, contre 91 000 tonnes l’année précédente, soit une hausse de 8 %, et ce, malgré une réduction de 15 % des superficies cultivées — une baisse principalement attribuée aux facteurs climatiques ayant affecté le secteur.

    M. Tira a précisé que les exportations de grenades ont atteint, au 31 décembre 2025, un volume de 9 791 tonnes pour une valeur avoisinant les 34,3 millions de dinars, contre 11 459 tonnes exportées à la même date en 2024 pour une valeur de 29,7 millions de dinars ; cela représente un recul de 15 % en termes de volume, mais une augmentation de 16 % en termes de valeur.

    Le porte-parole a indiqué qu’il a été convenu, lors de la réunion susmentionnée, d’élaborer un programme de promotion de la grenade sur le marché intérieur. Ce programme prévoit la création de supports publicitaires et d’un spot promotionnel pour la grenade tunisienne en arabe et en français, accompagnés de sous-titres en anglais.

    Par ailleurs, le groupement participera au Salon international de l’investissement agricole et de la technologie (Siat), prévu du 28 au 31 octobre 2026, ainsi qu’à diverses manifestations régionales et locales liées à la filière de la grenade, notamment le Festival de la grenade de Testour, le Festival de la grenade de Kettana et le Salon international des développements agricoles et hydrauliques de Gabès.

    Il a également été convenu d’organiser des activités de promotion de la grenade tunisienne et de ses dérivés en marge de la journée de présentation du salon MacFrut, prévue pour le 20 octobre 2026, au Rimini Expo Centre, en Italie, ainsi que de lancer une campagne d’affichage pour faire connaître la grenade tunisienne et ses atouts.

    Concernant le programme de promotion internationale de la grenade tunisienne, M. Tira a indiqué qu’une participation au salon Sial à Paris est prévue du 17 au 21 octobre 2026, l’objectif étant de renforcer la présence de la grenade tunisienne et de ses produits sur les marchés internationaux et d’établir des relations avec des opérateurs économiques et des importateurs.

    Un accord a été conclu avec les différentes parties prenantes pour participer au salon international Fruit Attraction à Madrid (Espagne), du 6 au 8 octobre 2026, afin de faire connaître et de promouvoir la grenade tunisienne, ainsi que d’explorer de nouvelles opportunités commerciales. Par ailleurs, des activités d’animation et de promotion seront organisées sur le marché italien — notamment aux marchés de gros de Rome et de Milan — pour stimuler la demande et faire découvrir aux professionnels et aux acheteurs les caractéristiques et la qualité du produit tunisien.

    Une campagne d’affichage sera également déployée au point de passage de Ras Jedir (sud-est) à la frontière avec la Libye pour promouvoir la grenade tunisienne et renforcer sa visibilité auprès des consommateurs et des opérateurs économiques, en particulier durant le pic de la saison.

    Il convient de noter qu’en 2025, la Tunisie a exporté des grenades vers une dizaine de pays à travers le monde.

    I. B.

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    Les trois raisons de la baisse des ressources halieutiques tunisiennes

    26. September 2026 um 11:35

    Les ressources halieutiques de la Tunisie sont en baisse constante, et ce pour trois raisons principales, résumée par Salah Charfeddine, président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche à Mahdia, lors de son intervention ce samedi 26 septembre 2026, sur Diwan FM.

    La première raison réside dans la prolifération de la pêche au chalut (technique de pêche qui consiste à tracter un grand filet en forme de cône à l’aide d’un ou plusieurs navires  ), une pratique qui, selon lui, n’a pas été combattue par les autorités compétentes, a expliqué Charfeddine.

    La deuxième raison tient aux mauvaises conditions météorologiques et aux coupures d’électricité, facteurs ayant entraîné une réduction du nombre de jours de travail, sachant qu’auparavant, la durée d’activité atteignait 180 jours, alors qu’elle ne dépasse pas actuellement les 100 jours.

    La troisième raison est la hausse des prix du carburant ainsi que l’augmentation de 100 % du coût du matériel de pêche.

    Ces facteurs, conjugués à l’absence de soutien, ont pesé sur l’activité des marins-pêcheurs.

    Rappelons que la production du secteur de la pêche en Tunisie tourne autour de 150 000 tonnes par an, pour une valeur globale dépassant les 1,5 milliard de dinars.

    Cependant, la production de la pêche et de l’aquaculture a connu une évolution contrastée entre 2010 et 2026, marquée par la stagnation de la pêche traditionnelle en mer et la forte progression de l’aquaculture.

    Pour compenser la baisse potentielle des ressources sauvages, l’aquaculture s’impose comme le nouveau moteur du secteur. La production aquacole est passée d’environ 11 700 tonnes au milieu des années 2010 à plus de 23 000 tonnes en 2024, avec un objectif étatique fixé à 35 000 tonnes d’ici 2030.

    Elle représente aujourd’hui 17% de la production totale.  

    I. B.

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    ‘‘Rêve(s)’’ de Baccar et Jaïbi | Autopsie d’un pays qui ne dort plus

    26. September 2026 um 10:12

    Avec ‘‘Rêve(s)… Comédie noire’’, présentée au Théâtre des Régions à Tunis, Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi signent bien plus qu’une nouvelle création de Familia Production. Ils livrent un diagnostic. Celui d’une société qui a cessé de distinguer la veille du cauchemar, et qui ne sait plus très bien si elle rêve encore ou si elle se contente de survivre à ses nuits.

    Abdelhamid Larguèche

    Il existe des œuvres qui divertissent, d’autres qui instruisent. Et puis il y a celles qui dérangent parce qu’elles disent tout haut ce que chacun sait tout bas. ‘‘Rêve(s)’’ appartient à cette dernière catégorie, la plus rare et la plus nécessaire. Dans une Tunisie éreintée par la précarité, désorientée par l’effondrement de ses repères, lassée des discours qui promettent et des institutions qui ne tiennent plus, Baccar et Jaïbi refusent la complaisance. Ils ne consolent pas. Ils montrent.

    On aurait tort de lire ‘‘Rêve(s)’’ comme une pièce isolée. Depuis la fondation de Familia Production en 1993, le tandem Baccar-Jaïbi mène une véritable anthropologie des passions tunisiennes. ‘‘Junun’’ (2001) avait exploré la folie, ‘‘Yahia Yaïch-Amnesia’’  (2010) l’oubli et la chute du pouvoir, ‘‘Tsunami’’ (2013) l’angoisse de l’après-révolution. Puis vinrent ‘‘Violence(s)’’ (2015) et‘‘Peur(s)’’ (2017), conçus comme les volets d’une trilogie sur la Tunisie post-2011, disséquant les affects qui gouvernent notre vie collective. On est tenté de voir dans ‘‘Rêve(s)’’ l’aboutissement de ce cycle. Cette parenthèse devenue signature, ce «(s)» du pluriel, dit l’essentiel : il n’y a pas une violence, une peur, un rêve, mais une multitude d’expériences fragmentées, que seul le théâtre peut rassembler sous un même regard.

    ‘‘Rêve(s)’’ prolonge ce travail en descendant d’un étage. Après les passions visibles, voici le territoire intime, celui que l’on croyait inviolable : le songe. Et le constat est terrible. Même là, le désordre du monde s’est installé.

    Le brutalisme, une éthique avant d’être une esthétique

    On a souvent parlé du dépouillement des mises en scène de Fadhel Jaïbi. Le mot «brutalisme» convient mieux. En architecture, le brutalisme désignait ce choix de laisser le béton à nu, de montrer la structure sans l’enduit qui la dissimule. C’est exactement ce que fait Jaïbi : il retire le décoratif, le confortable, le rassurant, pour ne laisser apparaître que l’ossature. Les corps des comédiens deviennent le seul matériau, la parole le seul ornement.

    Ce choix n’a rien d’une coquetterie formelle. Il est moral. Dans une époque saturée d’images lisses, de communication et de faux-semblants, montrer la charpente nue du réel est un acte de vérité. Le théâtre brutaliste ne cherche pas à plaire : il cherche à ce que l’on ne puisse plus détourner le regard.

    Au centre de la pièce se dresse l’immeuble délabré «El Mauro». L’historien ne peut s’empêcher d’y reconnaître ces bâtisses du centre-ville de Tunis, héritées d’un autre siècle, que l’on laisse pourrir faute de propriétaires, de volonté ou de mémoire. Patrimoine orphelin, sans héritiers déclarés, habité par ceux que la ville ne voit plus. Chaque fissure y est un chapitre de notre histoire non écrite.

    Mais l’immeuble est davantage qu’un décor : c’est un corps social. Ses murs lézardés sont nos institutions, ses escaliers branlants nos trajectoires sans issue, ses appartements cloisonnés nos solitudes juxtaposées. Ce qui s’effondre ici n’est pas seulement la pierre : c’est la transmission elle-même, ce lien fragile entre générations qui permet à une société de savoir d’où elle vient et où elle va.

    Les habitants de ce lieu, portés par Jalila Baccar, Jamel Madani, Mohamed Châabane, Mounir Khazri et Meriem Ben Hamida avec une justesse sans faille, ne sont ni des héros ni des victimes exemplaires. Ce sont des vivants cabossés, des êtres au bord de la déraison, qui ressemblent à nos voisins, à nos proches, à nous-mêmes.

    Le cadavre et la police : ce que l’ordre ne sait pas voir

    Puis survient la découverte d’un cadavre, et avec elle l’irruption de l’appareil policier. Tout bascule. Le mort, c’est ce que la communauté porte en elle sans oser le nommer : un deuil inachevé, une promesse enterrée, peut-être ces espérances de 2011 que personne n’a pris la peine d’inhumer dignement. La police, elle, arrive non pour comprendre mais pour classer, interroger, soupçonner. Face au mystère, l’État n’a qu’un réflexe : l’ordre.

    C’est là que la pièce touche au plus juste. Elle montre une société où la rationalité administrative ne sait plus répondre à la détresse humaine, où l’on traite les symptômes par la contrainte faute de savoir les écouter. Le masque de la normalité se fissure, et derrière lui apparaît le vertige d’une collectivité qui ne se reconnaît plus.

    Et pourtant, on rit. Pas de ce rire léger qui fait oublier, mais d’un rire qui griffe, qui dérange, qui arrive par effraction. Le texte de Jalila Baccar, ciselé jusqu’à la dernière réplique, fait de la comédie noire la seule langue encore capable de dire l’indicible. Quand la tragédie devient quotidienne, elle ne peut plus être racontée sur le mode tragique : elle bascule dans l’absurde, et l’absurde appelle le rire.

    Ce rire s’inscrit dans une vieille tradition tunisienne, celle de la satire populaire qui, face aux puissants comme face au malheur, a toujours préféré la dérision au silence. Rire de sa propre folie, c’est encore refuser d’y sombrer entièrement. C’est une forme de dignité.

    Reste la question centrale, que la pièce pose sans jamais y répondre à notre place. Le rêve était le dernier territoire de liberté, l’espace où chacun pouvait encore imaginer autre chose que ce qui est. Que devient une société lorsque même ce refuge est envahi par l’angoisse, lorsque la nuit n’offre plus d’échappée mais prolonge le cauchemar du jour ?

    Un acte de santé publique

    Un peuple qui ne rêve plus est un peuple qui a cessé de se projeter. Il ne se révolte plus, il ne construit plus, il endure. C’est ce danger que Baccar et Jaïbi mettent en scène, avec une gravité que la comédie ne fait qu’aiguiser. Plus le tableau est sombre, plus l’exigence de lumière devient pressante.

    On ne sort pas de ‘‘Rêve(s)’’ apaisé. On en sort secoué, inquiet, mais réveillé. Et c’est précisément ce qui fait de ce spectacle une nécessité. Dans un pays qui souffre de toutes parts et risque de s’habituer à sa propre déchéance, ce théâtre n’est pas un luxe réservé à quelques initiés. C’est un service rendu à la collectivité, une forme de santé publique de l’esprit.

    Tant qu’il se trouvera des artistes pour nous tendre ce miroir sans fard, et un public pour oser s’y regarder, cette société n’aura pas tout à fait renoncé à elle-même. La folie que nous voyons sur scène est la nôtre. La reconnaître, c’est déjà commencer à en guérir.

    * Historien, professeur émérite à l’Université de la Manouba.

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    Intelligence artificielle | Un débat qui nous manque en Tunisie

    26. September 2026 um 09:23

    À l’heure où le monde se prépare à la révolution technologique qui vient, la véritable question en Tunisie n’est peut-être pas seulement de savoir combien nous pouvons investir, mais aussi combien de talents nous risquons de perdre si nous continuons à leur fermer les portes de l’innovation. (Image d’illustration réalisée par IA.)

    Lassaad Bouazzi *

    Suivre les débats des candidats français à l’élection présidentielle sur des sujets ô combien techniques, mais aussi porteurs d’avenir, me donne parfois beaucoup à réfléchir. Comparer ces débats à ceux organisés par notre télévision nationale lors de l’élection présidentielle de 2019 relève presque de l’impossible, tant la différence de niveau est importante, aussi bien entre les candidats français et les nôtres qu’entre les journalistes qui ont animé ces débats.

    Hier, j’ai pu suivre un débat consacré à l’intelligence artificielle et je me suis régalé : ses avantages, ses inconvénients, les risques que pourrait engendrer le mariage entre l’IA et la robotique, ainsi que la nécessité d’une régulation, ont été abordés en détail et d’une manière pédagogique. Cela témoigne d’un véritable effort de préparation et de vulgarisation de sujets pourtant particulièrement complexes.

    Il apparaît d’ailleurs que les data centers sont de très grands consommateurs d’énergie, ce qui pourrait, à terme, avoir des répercussions importantes sur les ressources énergétiques et, indirectement, sur le bien-être de la population.

    Notre pays, dont une partie de la population connaît encore les coupures d’électricité, s’il aspire réellement à développer de grands centres de données, doit dès maintenant réfléchir à une stratégie énergétique à long terme, y compris à la question du nucléaire, afin d’être au rendez-vous des besoins de demain.

    La Tunisie dispose pourtant d’ingénieurs et de compétences capables de nous rendre compétitifs dans des domaines aussi prometteurs que l’IA, la robotique, la monnaie électronique, les énergies renouvelables et bien d’autres secteurs susceptibles de nous apporter innovation, savoir-faire et richesse.

    Ce qui accable notre jeunesse et la tire vers le fond, ce n’est pas seulement le manque de financement. C’est aussi, et peut-être surtout, une législation trop contraignante qui freine l’initiative et l’innovation.

    Posséder un drone pour lancer une activité est déjà soumis à des contraintes réglementaires extrêmement lourdes, qui peuvent finir par décourager les plus entreprenants. Que dire alors de la possibilité de concevoir et de fabriquer un drone en Tunisie ?

    À l’heure où le monde se prépare à la révolution technologique qui vient, la véritable question n’est peut-être pas seulement de savoir combien nous pouvons investir, mais aussi combien de talents nous risquons de perdre si nous continuons à leur fermer les portes de l’innovation.

    * Officier retraité de la marine nationale.  

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    Notre regard sur la tentative de coup d’État contre Bourguiba en 1962

    26. September 2026 um 08:06

    Il est des épisodes de l’histoire nationale qui, parce qu’ils ont été immédiatement enfermés dans un récit officiel, cessent presque de faire l’objet d’une véritable enquête historique. La tentative de coup d’État de décembre 1962 contre Habib Bourguiba est de
    ceux-là.

    Abdelhamid Larguèche *

    L’affaire semblait depuis longtemps classée : un groupe de militaires et de civils, conduit par Lazhar Chraïti, aurait projeté d’assassiner le président de la République et de renverser le régime. L’échec du complot, les arrestations, le procès devant le tribunal militaire et les condamnations avaient fourni les éléments d’un récit devenu dominant.

    Le mérite premier du nouveau livre de Mohamed El May, ‘‘محاولة الانقلاب على بورقيبة: مؤامرة 1962’’, publié en 2026, est précisément de rouvrir ce dossier à partir des documents judiciaires et des paroles des principaux protagonistes.

    Ce n’est pas seulement un nouveau récit de l’affaire. C’est une invitation à relire une séquence décisive de l’histoire de la Tunisie indépendante.

    Faire parler ceux qui avaient été condamnés

    L’apport le plus important du livre réside dans la publication d’un ensemble documentaire considérable : vingt-cinq interrogatoires de prévenus, quatre plaidoiries de la défense, les dernières déclarations des accusés et le jugement. Ce choix est historiquement précieux.

    Pendant longtemps, les condamnés de 1962 ont surtout existé dans la mémoire publique à travers les accusations portées contre eux et le récit politique qui accompagna le procès. El May restitue leurs propres paroles. Non pas pour les transformer automatiquement en vérité, encore moins pour les réhabiliter, mais pour permettre à l’historien et au lecteur de mesurer la diversité de leurs positions, de leurs motivations et de leurs itinéraires.

    C’est là toute la différence entre une histoire racontée à partir d’un verdict et une histoire qui revient aux sources du dossier.

    Les interrogatoires ne constituent évidemment pas une parole transparente. Un accusé interrogé par les enquêteurs peut chercher à minimiser son rôle, à en charger un autre, à protéger des proches ou à présenter son engagement sous un jour plus favorable. Mais cette limite ne diminue pas leur intérêt. Elle impose au contraire de les confronter entre eux et de les croiser avec la presse de l’époque, les archives et les autres témoignages.

    C’est cette confrontation qui fait naître l’histoire.

    L’un des effets les plus intéressants de la documentation réunie par Mohamed El May concerne la place de Lazhar Chraïti dans l’affaire.

    Le récit traditionnel avait fortement personnalisé la tentative autour de sa figure. Or les interrogatoires font apparaître un paysage plus complexe, dans lequel Omar Bembli semble jouer un rôle beaucoup plus important que ne le laissait entendre le récit traditionnel.

    Il faudrait cependant éviter de remplacer une simplification par une autre : passer du « complot de Chraïti » au « complot de Ben Bembli » ne ferait que déplacer le problème.

    Ce que les documents semblent plutôt révéler, c’est l’existence d’un milieu hétérogène dans lequel se rencontrent des militaires, d’anciens combattants de la lutte nationale, des civils et des hommes issus de sensibilités politiques différentes.

    La question historique devient alors plus intéressante : comment des trajectoires aussi différentes ont-elles pu converger, à la fin de 1962, autour de l’idée d’une action contre le pouvoir de Bourguiba ?

    Les frustrations de l’après-indépendance

    C’est probablement sur ce terrain que le livre ouvre les pistes les plus fécondes.

    Les témoignages réunis par El May font apparaître, derrière le projet politique, une accumulation de frustrations. Elles ne sont pas toutes de même nature.

    Il y a d’abord des griefs politiques : le règlement de la question de Bizerte, les rapports avec la France, les choix effectués après l’indépendance, la concentration progressive des pouvoirs et la place réservée aux différentes composantes du mouvement national.

    Mais il existe aussi une autre dimension, plus sociale et personnelle.

    Certains anciens combattants semblent avoir considéré que leur participation à la lutte nationale leur donnait des droits particuliers dans l’État nouvellement indépendant : responsabilités, postes, autorisations, terres, avantages ou reconnaissance.

    Cette dimension est essentielle pour comprendre les tensions de l’après-indépendance. La génération qui avait combattu pour l’indépendance ne partageait pas nécessairement la même conception de ce que devait être l’État indépendant.

    Pour les uns, l’indépendance devait ouvrir une nouvelle étape de construction institutionnelle. Pour d’autres, ceux qui avaient combattu dans les maquis pouvaient considérer qu’ils étaient les véritables fondateurs de cet État et qu’ils devaient donc en occuper les premières places.

    Le conflit n’était donc pas seulement un conflit entre des individus et un président. Il touchait à une question beaucoup plus profonde : à qui appartient la légitimité dans un État nouvellement indépendant ?

    Pour les uns, l’indépendance devait ouvrir une nouvelle étape de construction institutionnelle. Pour d’autres, ceux qui avaient combattu dans les maquis pouvaient considérer qu’ils étaient les véritables fondateurs de cet État et qu’ils devaient donc en occuper les premières places.

    Le conflit n’était donc pas seulement un conflit entre des individus et un président. Il touchait à une question beaucoup plus profonde : à qui appartient la légitimité dans un État nouvellement indépendant ?

    La question de Bizerte apparaît également comme un élément important de cette histoire.

    La bataille de Bizerte de 1961 avait constitué un moment majeur de la mobilisation nationale. Mais son issue et les accords qui suivirent avaient nourri, dans certains milieux, des interrogations et des frustrations.

    Il faut ici distinguer les faits des mémoires politiques qui se sont construites autour d’eux.

    Ce qui importe historiquement, c’est que Bizerte apparaît dans les témoignages comme l’un des éléments à travers lesquels certains protagonistes de 1962 exprimaient leur désaccord avec les orientations du pouvoir.

    L’événement n’était donc pas seulement une affaire de personnes. Il s’inscrivait dans les débats, les déceptions et les recompositions politiques de la Tunisie des premières années de l’indépendance.

    Le procès est lui aussi un objet d’histoire

    Il serait cependant incomplet de s’arrêter aux préparatifs du complot.

    Le procès militaire de 1963 constitue lui-même un objet historique majeur.

    Les interrogatoires, les plaidoiries, les dernières paroles des accusés et le jugement publiés par Mohamed El May permettent de revenir sur la manière dont la justice militaire a traité cette affaire.

    Là encore, il faut éviter les conclusions trop rapides. Un procès politique ou militaire ne peut être étudié seulement à travers son verdict. Il faut regarder les conditions de l’instruction, la défense, les catégories d’accusation, les peines prononcées et la manière dont l’affaire fut ensuite intégrée au récit national.

    Autrement dit, l’historien doit étudier à la fois ce qui s’est passé en 1962 et la manière dont la Tunisie officielle a raconté ce qui s’était passé.

    C’est probablement l’un des grands intérêts du livre de Mohamed El May.

    À cet égard, un discours prononcé par Bourguiba après la découverte de la conspiration constitue une source particulièrement révélatrice.

    Bourguiba y présente l’affaire comme une menace directe contre sa personne et contre l’existence même de l’État. Il insiste sur les projets d’assassinat et sur la volonté supposée des conspirateurs de provoquer le chaos.

    Mais son discours apporte également un éclairage involontairement précieux sur les ressorts du conflit.

    Il revient longuement sur les anciens combattants, sur ceux qui considèrent que leur participation à la lutte nationale leur confère des droits particuliers et sur les frustrations liées aux postes, aux privilèges ou aux avantages attendus.

    Il affirme au contraire un principe qui est au cœur de sa conception de l’État : l’indépendance ne peut signifier la remise du pouvoir à ceux qui ont combattu les armes à la main. Tous les citoyens doivent être égaux devant l’État.

    Cette partie du discours mérite d’être confrontée aux témoignages publiés par El May.

    Non parce que le discours présidentiel constituerait la clé permettant de résoudre l’affaire, mais parce qu’il montre comment Bourguiba lui-même interprétait le conflit.

    De la légitimité révolutionnaire à la légitimité de l’État

    C’est peut-être ici que se trouve le véritable enjeu historique de 1962.

    Les premières années de l’indépendance sont marquées par le passage d’une légitimité de la lutte nationale à une légitimité fondée sur l’État.

    Ce passage ne va pas de soi.

    Ceux qui avaient combattu dans la clandestinité, dans les maquis ou dans les réseaux politiques pouvaient considérer que leurs sacrifices leur donnaient une place particulière dans la nouvelle Tunisie.

    Bourguiba défendait une conception différente : une fois l’indépendance acquise, la légitimité ne devait plus appartenir aux combattants en tant que tels, mais aux institutions de l’État.

    Le conflit de 1962 peut ainsi être lu comme l’un des moments où s’affrontent deux conceptions de la légitimité nationale.

    L’une s’appuie sur le sacrifice et le combat passé ; l’autre sur la construction d’un État centralisé, organisé et durable.

    Cette opposition n’épuise évidemment pas l’affaire. Elle ne doit pas faire oublier les ambitions personnelles, les rivalités politiques, les sensibilités idéologiques et les frustrations sociales qui apparaissent dans les témoignages.

    Mais elle permet de replacer l’événement dans une histoire plus large de la construction de l’État tunisien.

    Il faut enfin saluer une précaution essentielle que devrait conserver toute lecture du livre : rouvrir un dossier n’équivaut pas à réhabiliter ceux qui furent condamnés.

    L’historien n’est ni procureur ni avocat.

    Son travail consiste à établir les faits, à confronter les versions, à mesurer les contradictions et à restituer aux acteurs leur complexité.

    Le livre de Mohamed El May rend possible ce travail parce qu’il redonne accès à des sources qui permettent de dépasser le récit simplifié d’une affaire définitivement close.

    Il ne répond pas à toutes les questions. Et c’est précisément ce qui fait sa valeur.

    Il invite à poursuivre l’enquête : dans les archives de l’État, dans la presse de 1962-1963, dans les archives militaires et judiciaires, dans les mémoires des familles et dans les témoignages ultérieurs des protagonistes.

    Une affaire qui mérite enfin de sortir de la légende

    Soixante-quatre ans après les événements, la tentative de 1962 mérite donc autre chose qu’une répétition du récit qui s’est imposé au lendemain du procès.

    Le livre de Mohamed El May ne détruit pas ce récit. Il le met à l’épreuve des documents.

    Et c’est déjà beaucoup.

    En faisant entendre les accusés, en faisant apparaître la diversité des trajectoires, en donnant à voir les motivations politiques et sociales qui traversaient la Tunisie de l’après-indépendance et en permettant de revenir sur le procès lui-même, il transforme une affaire longtemps réduite à une « conspiration » en objet d’histoire.

    C’est probablement là son apport essentiel.

    L’intérêt de 1962 n’est pas seulement de savoir qui voulait renverser Bourguiba. Il est de comprendre pourquoi, quinze ans à peine après le début de la lutte nationale, des hommes issus de cette même histoire en sont venus à envisager une rupture violente avec le pouvoir issu de l’indépendance.

    * Historien.

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    Crise en Allemagne | Arrêt du moteur économique de l’Europe

    26. September 2026 um 07:52

    L’Allemagne, autrefois considérée comme le moteur économique de l’Europe, fait aujourd’hui face à un effondrement structurel qui pourrait avoir des conséquences dramatiques non seulement pour l’Europe, mais pour l’économie mondiale. Ce phénomène, que certains experts appellent déjà «la fin du moteur de l’Europe», s’explique par une combinaison de crises internes, notamment une dépendance excessive à l’énergie russe, une transition ratée vers les énergies renouvelables, et une désindustrialisation rapide. Cet article explore les causes profondes de cet effondrement économique, les conséquences pour l’Union Européenne (UE), et ce que cela signifie pour le futur de l’économie mondiale.

    Habib Glenza 

    L’économie allemande a longtemps reposé sur trois piliers fondamentaux : l’excellence de son industrie manufacturière, l’énergie bon marché, et une croissance axée sur les exportations. Cependant, ces trois éléments, qui sont interdépendants, se trouvent aujourd’hui en crise.

    L’Allemagne est célèbre pour ses produits industriels de haute qualité, notamment les automobiles, les machines-outils et les équipements électroniques. Mais aujourd’hui, les industries lourdes traversent une période difficile. Les géants allemands de l’automobile, tels que Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz, connaissent une baisse de production et une réduction des investissements.Les entreprises industrielles font face à des coûts de production de plus en plus élevés et à une concurrence accrue des fabricants chinois, notamment dans le domaine des véhicules électriques. 

    L’Allemagne a longtemps bénéficié d’un approvisionnement en gaz russe à bas prix. Mais suite au conflit russo-ukrainien, l’Allemagne a perdu cet avantage stratégique. L’arrêt des livraisons de gaz, suite à la destruction des pipelines Nord Stream, a fait exploser les prix de l’énergie, rendant les coûts industriels insoutenables. En conséquence, de nombreuses entreprises allemandes ont déménagé leur production vers des pays où l’énergie est moins coûteuse, comme la Chine et les États-Unis. Ce phénomène de délocalisation accélère le processus de désindustrialisation.

    Les conséquences de la crise économique allemande 

    L’Allemagne, en tant que première économie de l’UE, a toujours été le moteur de la croissance européenne. Mais si l’Allemagne entre en récession, l’impact se fait sentir bien au-delà de ses frontières. La crise économique allemande menace de fragiliser l’ensemble du modèle économique européen. L’Allemagne est le principal partenaire commercial de nombreux pays européens. Si l’économie allemande ralentit, cela réduit la demande de biens en provenance d’autres États membres de l’UE. Par exemple, les pays du Sud, comme la France, l’Italie et l’Espagne, qui dépendent des exportations vers l’Allemagne, pourraient se retrouver confrontés à un manque de demande. Une récession allemande pourrait donc plonger l’UE dans une crise de croissance généralisée. 

    La baisse de compétitivité de l’Allemagne pourrait également avoir un impact négatif sur l’euro. L’euro, étant la monnaie partagée par de nombreux pays européens, est fortement influencé par la santé économique de ses principaux acteurs, dont l’Allemagne. Une crise prolongée dans ce pays pourrait faire chuter la valeur de la monnaie européenne, augmentant les coûts pour tous les pays membres de l’ensemble.

    L’industrie automobile allemande, pilier de l’économie du pays, traverse une crise sans précédent. La concurrence croissante des fabricants chinois a mis à mal les entreprises allemandes. Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz ont annoncé des fermetures de sites de production en Allemagne et une réduction de leurs effectifs.

    Le secteur automobile allemand est également confronté à une pression supplémentaire avec la réduction de la demande en Chine. Le marché chinois, qui représentait une part importante des ventes pour ces géants allemands, connaît une évolution rapide avec la montée en puissance des fabricants locaux. En conséquence, l’exportation de véhicules allemands vers la Chine a chuté, ce qui affecte directement la rentabilité des entreprises allemandes.

    Un gouvernement paralysé face à la crise

    L’un des problèmes majeurs de l’Allemagne réside dans sa politique intérieure. Le pays souffre d’une paralysie politique qui empêche toute action décisive face à la crise. En attendant, le pays ne parvient pas à élaborer un plan de relance économique face aux défis colossaux ci-haut évoqués. En effet, le cadre budgétaire rigide imposé par la constitution allemande, ainsi que les règles de l’UE, limitent sévèrement la capacité du gouvernement à investir massivement dans l’infrastructure énergétique et industrielle nécessaires pour relancer l’économie. L’incapacité de prendre des mesures radicales dans cette période de crise est une des raisons pour lesquelles l’Allemagne, et avec elle l’Europe, se trouvent dans une impasse.

    Un autre facteur aggravant est la crise démographique à laquelle l’Allemagne est confrontée. La population allemande vieillit rapidement, ce qui provoque une diminution de la population active. Cela représente une menace directe pour l’économie allemande, car moins de travailleurs sont disponibles pour soutenir les industries et financer les systèmes sociaux, notamment les pensions.

    Si l’immigration n’est pas augmentée, cela pourrait entraîner des pénuries de main-d’œuvre et, par conséquent, une stagnation économique. Dans ce contexte, la montée de l’extrême-droite avec son discours populiste antimigrants, ne va guère faciliter la relance économique par l’injection de forces vives.

    Les scénarios envisageables pour l’avenir

    Alors que l’Allemagne navigue difficilement dans cette crise, plusieurs scénarios sont envisageables pour l’avenir de l’UE. 

    Un premier scénario pourrait être un déclin maîtrisé où l’Allemagne, au lieu de dépendre de son industrie lourde, se réoriente vers des secteurs comme les services, la finance, ou la santé. 

    Un deuxième scénario pourrait être la fragmentation de l’UE, où l’Allemagne et d’autres pays du Sud se retrouvent dans des conflits économiques et politiques. 

    Enfin, un scénario plus sombre envisage une montée de l’extrémisme et du nationalisme en Allemagne, créant un environnement politique instable qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’UE.

    La crise économique allemande est bien plus qu’un simple problème national. C’est un défi systémique qui touche l’ensemble de l’Europe. Si l’Allemagne ne parvient pas à surmonter cette crise, cela pourrait entraîner une période prolongée de stagnation économique pour l’UE, avec des conséquences mondiales. 

    Le déclin de l’Allemagne est un avertissement pour toute l’Europe : le modèle économique mondial fondé sur des exportations bon marché, de l’énergie fiable et une compétitivité industrielle est peut-être révolu. L’avenir de l’UE dépendra de sa capacité à se réinventer face à ces défis. Et elle ne donne pas l’impression d’être sur la voie d’y parvenir. Elle se cherche encore, et tâtonne, alors que les bruits de bottes résonnent à ses frontières orientales.

    Effort de guerre ou suicide programmé ?

    L’implication de l’UE, notamment l’Allemagne, dans le conflit russo-ukrainien est l’une des conséquences majeures de la crise de l’industrie lourde allemande, surtout que l’Ukraine ne fait pas partie de l’Otan et de l’UE. Malheureusement, la majorité des politiciens européens agissent dans le sens des intérêts du complexe militaro-industriel mondial, qui tire profit des guerres, et non de celui des populations, européennes ou autres. 

    Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, le soutien total de l’UE et de ses États membres à l’Ukraine s’élève à 216,3 milliards d’euros (chiffres actualisés à la mi-2026), presque le double de l’aide des Etats-Unis, estimée entre 114 et 175 milliards de dollars, selon les rapports officiels du Congrès américain et l’institut Kiel. 

    Pour ne rien arranger, le Parlement allemand vient d’approuver des dépenses militaires massives de plus de 300 milliards d’euros ! Cette masse d’argent va malheureusement tomber dans l’escarcelle des industriels de l’armement, au lieu de profiter au peuples allemands et européens qui s’apprêtent à vivre des moments très difficiles. 

    Pis encore : les milliards d’euros d’aide à l’Ukraine vont servir à financer l’achat d’armement américain et non européen.

    Si ce n’est pas là de l’aveuglement politique, cela lui ressemble beaucoup.

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    La Tunisie veut réduire sa dépendance aux importations d’énergie

    25. September 2026 um 13:43

    La transition énergétique n’est plus seulement une question environnementale, mais une composante de la sécurité et de la souveraineté économiques de la Tunisie, appelée à réduire sa dépendance aux importations d’énergie ainsi que son exposition aux turbulences des marchés internationaux. C’est le message délivré par le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, lors de l’ouverture de la deuxième édition de l’Ifriqiya Energy Hub, un forum qui réunit, les 24 et 25 septembre 2026, à la Cité de la Culture, à Tunis, plus de 200 experts et acteurs issus de pays africains, européens et méditerranéens.

    Selon Chouchane, la conjoncture internationale actuelle — marquée par l’instabilité géopolitique, la volatilité des marchés, les risques pesant sur la sécurité des approvisionnements et des engagements climatiques de plus en plus contraignants — impose à la Tunisie d’accélérer l’élaboration d’un nouveau modèle énergétique.

    Cette stratégie repose sur deux axes principaux : le développement des énergies renouvelables, afin de diversifier l’approvisionnement et de réduire les coûts, et l’efficacité énergétique, pour maîtriser la consommation, renforcer la compétitivité des entreprises et diminuer la dépendance extérieure.

    Le gouvernement mise également sur l’autoproduction d’électricité et sur la modernisation du réseau national, une étape nécessaire pour intégrer des parts croissantes d’énergie solaire et éolienne.

    Dans ce contexte, Chouchane a rappelé les différents projets d’énergies renouvelables lancés dans le pays ainsi que les travaux en cours pour réviser le Code des hydrocarbures, avec pour objectif affiché de rendre le cadre réglementaire plus propice aux investissements et de réduire les risques pour les opérateurs privés.

    La Tunisie ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 35 % de son mix électrique d’ici 2030, et à 50 % d’ici 2035, contre seulement 6 à 7% aujourd’hui.

    Cet enjeu est particulièrement sensible pour un pays dont le déficit énergétique dépasse 60% et qui reste fortement dépendant des importations de pétrole et de gaz.

    Dans ce contexte aussi, le projet Elmed — une interconnexion électrique sous-marine reliant la Tunisie à l’Italie — joue un rôle central.

    Chouchane a présenté ce projet comme une infrastructure stratégique destinée à renforcer la sécurité énergétique de la Tunisie et les échanges entre les deux rives de la Méditerranée, en complément de la coopération énergétique traditionnelle avec l’Algérie.

    Cette liaison, d’une capacité de 600 mégawatts et longue d’environ 220 kilomètres entre la Sicile et le cap Bon tunisien, constituera la première connexion électrique directe entre la Tunisie et l’Italie. La Banque mondiale, qui a approuvé en 2023 un financement de 268,4 millions de dollars pour le projet, en prévoit la mise en service d’ici 2028.

    Elmed est conçu comme une liaison bidirectionnelle, destinée à la fois à soutenir la stabilité du réseau tunisien et à créer, grâce à l’augmentation des capacités en énergies renouvelables, un canal d’échange d’électricité entre l’Afrique du Nord et l’Europe.

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    La Goulette rend hommage à Claudia Cardinale à la belle étoile

    25. September 2026 um 13:22

    Un an après la disparition de Claudia Cardinale, l’actrice italienne native de Tunisie, surnommée «la plus belle Italienne de Tunis», l’ambassade d’Italie et l’Institut culturel italien de Tunis, en collaboration avec Cinématdour (un projet de cinéma itinérant), organisent, le dimanche 27 septembre 2026, une projection gratuite en plein air du film ‘‘L’Île du pardon’’ du réalisateur tunisien Ridha Béhi.

    Le choix de La Goulette confère à cet hommage une dimension qui dépasse le simple cadre cinématographique.

    Née à Tunis en 1938 au sein d’une famille italienne d’origine sicilienne, Claudia Cardinale a grandi dans cette ville portuaire et dans sa «Petite Sicile», un quartier où, durant des décennies, ont coexisté Tunisiens, Italiens, Maltais, Français et communautés de confessions diverses.

    En mai 2022, lors de l’un de ses derniers séjours en Tunisie, une rue et une grande fresque murale — devant laquelle aura lieu la projection de dimanche — lui avaient été dédiées à La Goulette même.

    «Je me sens encore un peu tunisienne», avait déclaré l’actrice lors de cette visite, évoquant la Tunisie de sa famille comme une terre de «partage, de joie et d’échange». Elle avait également souligné l’importance de préserver le passé commun aux deux rives de la Méditerranée, rappelant que la Tunisie avait été une terre d’accueil pour des générations d’Italiens.

    Ce lien rend d’autant plus significatif le choix du film ‘‘L’Île du pardon’’. Sorti en 2022 et figurant parmi les derniers films interprétés par Claudia Cardinale, ce long métrage de Ridha Béhi se déroule dans la Tunisie des années 1950 et raconte, à travers l’histoire d’une famille italienne chrétienne, la coexistence entre différentes communautés, cultures et religions.

    Tourné à Djerba, ce long métrage, dans lequel Claudia Cardinale incarne magistralement Agostina, a été présenté en compétition internationale au Festival international du film du Caire. La projection à La Goulette revêt ainsi la forme d’un retour aux sources : une actrice devenue une icône du cinéma italien et international est mise à l’honneur dans le quartier tunisien où s’est forgée son identité méditerranéenne, à travers un film tunisien abordant précisément les thèmes de la mémoire, du vivre-ensemble et de la rencontre des cultures.

    La collaboration avec Cinémadtour renforce cette dimension. Le cinéma quitte la salle pour retrouver l’espace urbain, face au visage de Cardinale peint sur un immeuble de l’ancienne «Petite Sicile», dans un lieu qui demeure l’un des symboles les plus visibles de l’entrelacement historique et culturel entre l’Italie et la Tunisie.

    Outre Cinémadtour, l’initiative compte parmi ses partenaires le Bari International Film & TV Festival ainsi que l’association tunisienne Ciné-Sud Patrimoine.

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    Aéronautique | Aksa Composites s’implante en Tunisie

    25. September 2026 um 12:36

    La société turque Aksa Composites, filiale du groupe Akkök, vient d’officialiser son implantation en Tunisie avec la signature, jeudi 24 septembre 2026, de son bail industriel au Technopole de Borj Cédria, au sud de Tunis. «La Tunisie confirme son attractivité dans les industries aéronautiques et les matériaux avancés», commente le Groupement des industries tunisiennes aéronautiques et spatiales (Gitas) dans un communiqué.

    Le projet représente un investissement initial annoncé de 5 millions de dollars et constitue la première implantation d’Aksa Composites sur le continent africain. L’entreprise prévoit de développer en Tunisie des activités liées à la fabrication de composants et matériaux composites destinés notamment au secteur aéronautique.

    Le Gitas à la manœuvre

    Cette implantation est aussi le résultat d’un travail engagé en amont par l’écosystème aéronautique tunisien et, notamment, par le Gitas, sous l’impulsion de sa présidente Stefania Sonia Dallali, qui a joué un rôle important dans l’identification et la mise en relation avec l’investisseur turc.

    Les premiers contacts avec Aksa Composites remontent au Hamburg Aviation Forum 2025, où des échanges ont été initiés avec le Gitas. Ils ont ensuite donné lieu à plusieurs discussions, rencontres et démarches visant à faire connaître à l’entreprise les capacités industrielles tunisiennes, son tissu de sous-traitants, ses compétences et son intégration dans les chaînes de valeur aéronautiques internationales.

    «Cette dynamique illustre l’une des missions fondamentales du Gitas : rapprocher les industriels internationaux de l’écosystème tunisien et favoriser l’émergence de nouvelles opportunités d’investissement et de coopération dans l’aéronautique et le spatial», souligne le groupement professionnel dans son communiqué.  

    Mme Dallali a souligné la portée de l’arrivée d’Aksa Composites en Tunisie. Pour le Gitas, le choix de la Tunisie par un acteur turc spécialisé dans les matériaux composites avancés constitue une nouvelle illustration de la confiance acquise par la filière aéronautique tunisienne au cours des dernières décennies.

    Avec un tissu industriel de plus de 80 entreprises et une forte orientation export, la filière tunisienne s’est progressivement intégrée aux chaînes de valeur internationales. La qualité des compétences, la proximité de l’Europe, la flexibilité industrielle et l’existence d’un écosystème de fournisseurs constituent autant d’atouts mis en avant pour attirer de nouveaux investissements.

    Stefania Sonia Dallali entourée des représentants de la société turque.

    Fipa assure l’accompagnement institutionnel

    La présidente du Gitas a également rappelé l’importance du développement des partenariats internationaux de la filière, notamment avec les organisations professionnelles française et allemande de l’aéronautique.

    Le rôle du Gitas s’inscrit dans une dynamique complémentaire avec celui de la Fipa-Tunisia. L’agence de promotion de l’investissement extérieur a accompagné le projet dans ses différentes étapes et a notamment participé aux échanges portant sur le choix du site, les conditions d’implantation et les démarches nécessaires à la concrétisation de l’investissement.

    Une rencontre organisée par la Fipa le 19 mai 2026 avait notamment permis de confirmer le projet et de poursuivre les discussions autour de son implantation en Tunisie.

    La signature du bail industriel à Borj Cédria vient ainsi concrétiser un processus auquel ont contribué plusieurs acteurs de l’écosystème tunisien : Gitas, Fipa, le Technopole de Borj Cédria ainsi que les partenaires institutionnels et professionnels tunisiens et turcs.

    Un investissement à forte valeur ajoutée

    À travers cette implantation, Aksa Composites entend développer une activité industrielle orientée vers les matériaux composites et les applications aéronautiques.

    Le groupe dispose déjà d’une expertise internationale dans les matériaux composites et dans différentes opérations industrielles destinées notamment aux secteurs aéronautique et à haute performance. Il a également développé des collaborations avec plusieurs grands acteurs internationaux de l’industrie aéronautique.

    Selon les informations communiquées, le futur site de Borj Cédria devrait constituer le point de départ d’un développement industriel appelé à évoluer progressivement en Tunisie. Des sources sectorielles évoquent un démarrage opérationnel envisagé à l’horizon 2028 et la création à terme de plusieurs dizaines d’emplois directs.

    Au-delà du montant de l’investissement, l’enjeu réside donc également dans le transfert de technologies, le développement des compétences locales et le renforcement de la place de la Tunisie dans les chaînes de valeur internationales des matériaux avancés et de l’aéronautique. joué par le Gitas dans la dynamique industrielle et par la FIPA dans l’accompagnement de l’investissement.

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