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À l’Onu, l’Islande renvoie Israël à sa lâcheté morale

02. Oktober 2026 um 08:38

La formule était celle de Benjamin Netanyahu. La réponse est venue d’Islande. Après que le Premier ministre israélien eut qualifié de «lâches moralement» les délégations ayant quitté la salle pendant son discours devant l’Assemblée générale de l’Onu, la ministre islandaise des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a repris les mêmes mots pour désigner ceux qui refusent de négocier une paix durable, empêchent l’aide humanitaire d’atteindre les populations en détresse et ne respectent pas le droit international.

Djamal Guettala 

«Nous avons entendu les mots “moral cowards” depuis cette tribune», a-t-elle déclaré le 26 septembre 2026, lors de la 81e session de l’Assemblée générale. Puis elle a précisé sa définition : les «lâches moralement» sont, selon elle, les dirigeants qui refusent de s’asseoir à la table des négociations pour rechercher une paix juste et durable, ceux qui refusent l’accès à l’aide humanitaire et ceux qui persistent à violer le droit international.

La ministre ne s’est donc pas attardée sur les délégations sorties de la salle. Elle a déplacé la discussion vers Gaza et vers les décisions prises par ceux qui ont le pouvoir d’agir.

Gaza : reconstruire ne suffit pas

Dans son intervention, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir a refusé que la reconstruction de Gaza soit considérée comme une réponse suffisante.

«Nous ne pouvons pas accepter que Gaza soit détruite et reconstruite à plusieurs reprises alors que la cause profonde demeure sans solution», a-t-elle déclaré. Elle a également dénoncé l’expansion des colonies en Cisjordanie et les violences commises contre les civils palestiniens.

Quelques jours avant son intervention à l’Onu, l’Islande avait déjà réaffirmé son soutien à la solution à deux États et annoncé une contribution de 100 millions de couronnes islandaises au fonds de l’Onu destiné à la reconstruction de Gaza. Reykjavik estime que cette reconstruction doit s’inscrire dans la perspective d’un État palestinien viable.

La ministre islandaise a également consacré une partie de son discours aux règles internationales et à leur application. Son constat est sévère : certains gouvernements les respectent lorsqu’elles servent leurs intérêts et les contestent lorsqu’elles deviennent contraignantes. Défendant le respect des décisions des juridictions internationales, elle a estimé que celles-ci ne peuvent être acceptées uniquement lorsque leur résultat convient aux gouvernements concernés.

L’argument ne concerne pas uniquement le Proche-Orient. Il concerne aussi, selon elle, l’invasion russe de l’Ukraine, la souveraineté des États et le droit des peuples à décider de leur avenir, plaçant ainsi ces questions dans le même cadre : celui de règles internationales qui doivent être respectées même lorsqu’elles contrarient les intérêts d’un État.

«Une paix juste et durable»

Sur Gaza, le message islandais ne s’arrête pas à l’aide humanitaire. Reykjavik défend toujours la création d’un État palestinien viable aux côtés d’Israël, avec pour objectif que les deux peuples puissent vivre «en sécurité, dans la dignité et dans la paix», selon les termes employés par la ministre devant l’Assemblée générale.

Dans une déclaration publiée deux jours avant son discours, l’Islande avait par ailleurs rappelé que le Hamas ne devait pas avoir de rôle dans l’avenir de la Palestine et que les groupes armés présents à Gaza devaient être désarmés. Le gouvernement islandais présentait alors la solution à deux États comme la voie permettant, selon sa position officielle, de parvenir à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans la région.

Le face-à-face verbal de l’Onu tient donc en deux usages d’une même expression. Netanyahu l’a employée pour qualifier les délégations ayant quitté la salle au moment où il allait prononcer son discours. La ministre islandaise l’a reprise pour parler des dirigeants qui, selon elle, refusent de négocier, empêchent l’aide humanitaire d’atteindre les populations qui en ont besoin et s’affranchissent du droit international.

À New York, deux discours, deux définitions des «lâches moralement» — et une même tribune devenue, le temps d’un échange, le théâtre d’un affrontement diplomatique autour de Gaza et du droit international.

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La fabrique d’un «héros» israélien

28. September 2026 um 07:48

Dans le contexte du génocide à Gaza, la grâce présidentielle accordée par le président israélien au soldat Elor Azaria, qui avait exécuté sommairement par une balle dans la tête un résistant palestinienne blessé et gisant inconscient, peut sonner comme un blanc-seing à de futures exactions, au moment où les colons israéliens continuent d’arracher les terres des Palestiniens par la terreur des armes en Cisjordanie.

Mohamed Larbi Bouguerra *

 Abdel Fattah al-Sharif est un jeune résistant palestinien de 21 ans, originaire de Hébron, en Cisjordanie occupée. Il a poignardé grièvement un soldat israélien le 24 mars 2016 avant d’être blessé par les six balles des tirs des autres militaires du check point de Tel Rumeida, près de Hébron.

Gisant à terre et perdant beaucoup de sang, Abdel Fattah a reçu une balle à bout portant à la tête qui l’a achevé, tirée par le secouriste, Elor Azaria, sergent dans l’armée d’occupation disant à haute voix : «Terroriste, tu dois mourir.» Azaria est un soldat franco-israélien (d’origine marocaine) arrivé sur les lieux six minutes après les tirs. Cet exécution barbare – alors que le jeune résistant ne présentait plus le moindre danger – fera d’Azaria un «héros» national au pays des sionistes et des messianiques.

Dans cette équipée audacieuse, Abdelfatah était accompagné par un autre jeune résistant palestinien, Ramzi Aziz Qasrawi, qui a été immédiatement assassiné par les Israéliens.

Une vidéo d’Azaria tirant sur Chérif a été publiée par B’Tselem – l’ONG israélienne des droits de l’homme dans les territoires occupés – et est devenue virale sur les réseaux sociaux israéliens, suscitant des controverses enflammées.

Sans cette vidéo capitale, l’armée n’aurait probablement pas pris ses distances de son sergent d’origine marocaine et nul n’aurait entendu parler de cette inhumaine mise à mort infligée à un Palestinien ni des turpitudes de l’armée d’occupation.

L’autopsie pratiquée conjointement par un médecin israélien et un pathologiste palestinien prouvera que les blessures d’Abdel Fattah n’étaient pas mortelles et que la balle en pleine tête d’Azaria, elle, l’a tué.

Comment expliquer cette exécution insupportable puisque la victime était inconsciente ?

Une explication possible : Azaria est un mizrahi, juif oriental occupant un poste très subalterne dans l’armée israélienne où les juifs ashkénazes occupent les plus hautes positions tout en déléguant aux Orientaux les prisons, le maintien de l’ordre, les intrusions de nuit, les check points…

Azaria par ce crime voulait peut-être «paraître plus royaliste que le roi», pour monter en grade et se rapprocher des maîtres et du commandement car c’est ainsi que fonctionne l’armée sioniste voire toute la société israélienne.

Une ville où se pavanent les colons

Al-Khalil, Hébron en hébreu, cette ville historique où vivent 240 000 Palestiniens dont la vie a été complètement bouleversée et le tissu social déchiré par l’arrivée de 6000 colons israéliens violents. Les Palestiniens ont dû quitter le centre-ville si typique avec ses cafés, ses pâtisseries et ses restaurants traditionnels réputés, fermer leurs commerces, subir les check-points et les blindés de l’armée d’occupation. La cité abrite la fameuse mosquée Ibrahimi (où se trouve le Caveau des Patriarches). Ce caveau a été le théâtre d’un affreux massacre perpétré au petit matin du 25 février 1994 par l’Israélo-américain Baruch Goldstein, du parti extrémiste, anti- arabe Kach dont le fondateur, le rabbin Meir Kahane, a été assassiné à New York et son parti interdit en Israel. Le Dr Goldstein a abattu 29 Palestiniens et blessé 125 autres fidèles en prière du Sobh, avant d’être maîtrisé et tué à coups d’extincteurs.

L’actuel ministre de la Sûreté, Itamar Ben Gvir, est un fervent adepte tant de Kahane que de Goldstein dont il commémore régulièrement l’anniversaire du décès. Le parti de Kahane avait pourtant été interdit en Israël en 1994.

C’est dans cette atmosphère d’injustice, de domination et d’apartheid qu’a vécu Abdel Fattah al-Sharif. Ce jeune n’en pouvait plus et a décidé de passer à l’acte en compagnie d’un autre adolescent palestinien. Armé d’un simple couteau, ils se sont attaqués à l’escouade israélienne d’un check point de Tel Rumeida.

L’armée d’occupation, ignorant la douleur de la famille, retiendra deux mois la dépouille du martyr Abdel Fatah dont l’enterrement n’aura lieu que le 28 mai 2016 à Hébron, à côté de son compagnon Ramzi.

Le tueur élevé au rang de héros

L’époque vivait une période d’intenses échauffourées entre l’armée d’occupation et la population palestinienne résistant à l’occupation et chauffée à blanc par les assassinats ciblés, le Mur de séparation, l’emprisonnement et les contraintes paralysant les déplacements.

Et c’est ainsi qu’Elor Azaria a gagné la sympathie populaire en Israël – notamment à la droite de l’échiquier politique – où l’on apprend dès le jardin d’enfants que le Palestinien est l’ennemi à exterminer : la femme de l’actuel ministre des Finances et de l’Administration de la Cisjordanie, le messianique extrémiste Bezalel Smotrich, n’a-t-elle pas refusé de partager sa chambre à la maternité avec une parturiente palestinienne car «son bébé tuera mon fils à l’âge adulte ?»

Cette popularité atteignit la stratosphère quand l’armée décida de traduire Azaria devant le tribunal militaire pour homicide. En 2017, le Premier ministre Netanyahou commença par condamner le tueur suite au rejet par la Cour d’appel de sa condamnation ; puis, se ravisant, demanda qu’on lui pardonne suivant finalement les moutons de Panurge.

Si le procureur militaire requit 3 à 5 ans de prison pour homicide contre Azaria, son avocat plaida que le tir de son client visait à neutraliser une bombe qu’aurait portée Abdel Fatah – bombe qui n’existe que dans la tête du défenseur et que nul n’a vue. Le défenseur se garda cependant d’évoquer le couteau de la victime.

Azaria avait menti en déclarant que le jeune Palestinien à terre avait tenté de s’en saisir. La vidéo prouve le mensonge des dires du secouriste : le couteau n’était pas à la portée de la victime.

En tout cas, la sentence du tribunal fut particulièrement douce et injurieuse pour les Palestiniens : 18 mois de prison dont Azaria accomplit seulement neuf mois bénéficiant d’une libération conditionnelle. Ce qui indigna les Palestiniens qui remarquèrent que, pour des crimes bien moins graves, les sentences étaient bien plus lourdes. Il n’en demeure pas moins vrai que «cette condamnation constituait un cas rare où un tribunal militaire avait statué contre un soldat pour un acte meurtrier commis sur le terrain.» (L’Humanité, 19 septembre 2026).

Quoiqu’il en soit, Azaria mit à profit cette popularité tombée du ciel de nombreuses façons. C’est ainsi qu’il publia un livre «révélant tout» dont on se gaussa dans les milieux littéraires. Azaria fit une collecte de fonds de cet ouvrage. On paie si on veut un livre dédicacé, on paie plus pour faire figurer son nom dans le livre imprimé, on a un gros discount si on achète dix ou quinze exemplaires, etc… Le clou de la campagne étant un tour du lieu de l’assassinat sous la conduite du père d’Azaria, Charlie, un ancien enquêteur de police, pour la somme de 800 Shekels soit 232 euros quand même. (Lire Alon Idan, Haaretz, 5 avril 2019)

Un pardon présidentiel très politique

Elor Azaria n’a pas arrêté de s’agiter pour occuper le terrain et effacer la condamnation qui grève son casier judiciaire depuis dix ans.

Le président Reuven Rivlin, considéré de gauche (dans le sens israélien du terme), lui a refusé la grâce.

Par contre, Isaac Herzog, l’actuel président de l’Etat sioniste, a décidé, arguant de la proximité du Nouvel An juif, de lui accorder la grâce le 19 septembre alors que même le chef d’état-major de l’armée, le général Eyal Zamir, s’était opposé à cet effacement du casier judiciaire d’Azaria.

«La décision de gracier M. Azaria a été prise au milieu d’un tollé international croissant contre l’occupation israélienne de la Cisjordanie. Le gouvernement de M. Netanyahu a renforcé son emprise sur le territoire, en étendant les colonies israéliennes et en resserrant les restrictions militaires israéliennes sur les Palestiniens. La grâce a également alimenté les spéculations quant à savoir si M. Herzog — qui s’est récemment exprimé contre la ‘‘brutalisation’’ qui s’infiltre dans la société israélienne — pourrait envisager la grâce encore plus contestée politiquement de M. Netanyahou sur les accusations de corruption auxquelles il fait face.» (Lire Alain Yuhas et Aaron Boxerman, The New York Ttimes, 19 septembre 2026)

Dans le contexte du génocide à Gaza, cette grâce peut sonner comme un blanc-seing à de futures exactions. Surtout avec la peine de mort par pendaison pour les seuls Palestiniens, instituée par la loi votée en juillet dernier par la Knesset à l’initiative de Ben Gvir qui a sablé le champagne à cette occasion !

Face à ce pardon, comment oublier que les Palestiniens sont des «animaux humains» pour l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, condamné avec Netanyahou, par la CPI ?

Que fera Azaria de ce pardon ?

Rejoindre probablement l’armée et monnayer encore son crime pour se rapprocher des puissants, lui, le petit juif d’origine marocaine dont les parents ont été arrosés de DDT à leur arrivée en Terre Promise comme tous les juifs arrivant du monde arabe, apprend Sophie Bessis.

En fin de compte, Elor Azaria n’est qu’un abominable tueur. Et sûrement pas un «héros».

«Quand un peuple a besoin de héros, cela signifie pour lui qu’il est dans la violence de la conquête, de la guerre et des révolutions… Malheureux le peuple qui a besoin de héros !», écrit Bertold Brecht et Jean Giono d’ajouter : «Après des siècles d’héroïsme, nous attendons toujours la splendeur de la paix.»

La paix ? Israël ne connaît pas. A Gaza, il a assassiné 73 000 Palestiniens dont au moins 21 000 enfants et fait plus de 183 000 blessés depuis le 7 octobre 2023.

Ce qui n’a guère gêné Netanyahou – en disciple de Goebbels – de déclarer du haut de la tribune des Nations Unies jeudi 24 septembre qu’Israël a empêché un «génocide», lui, le condamné précisément pour ce crime par la Cour pénale internationale.

* Professeur honoraire à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS, France.

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Ahmed Eid : « La musique, c’est partager l’expérience »

20. September 2026 um 10:18
Ahmed Eid, musicien palestinien originaire de Ramallah, partage aujourd’hui sa vie entre la Palestine et l’Europe. Installé récemment à Marseille après de longues années en Allemagne, il mêle traditions arabes, jazz, rock et musique improvisée. Entre création et réalité politique,…

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Alkalsaat : « Être artiste palestinien, c’est ne pas abandonner »

19. September 2026 um 08:54
Alkalsaat est un groupe palestinien, composé de Shaden Nahra (violon), Naser Raed (batterie) et Michel Totry (guitare et basse). Invité au premier Arabesques Music Forum à Montpellier, ils revendiquent une musique instrumentale libre, nourrie de jazz, d’improvisation et de multiples…

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