Situé dans le gouvernorat de Kebili, le projet «Terre des puits», du collectif Bled el Abar, pour la restauration d’une source d’eau dans le Sahara figure, est l’un des 40 finalistes du Prix de l’Union européenne d’architecture contemporaine ou Prix Mies van der Rohe, selon la sélection annoncée par la Commission européenne et la Fondation Mies van der Rohe.
«Terre des puits» est un projet de petite envergure mais concret de réhabilitation du paysage et de régénération dans le Sahara tunisien : la réhabilitation du puits de Bir Ettin, dans les dunes du Grand Erg Oriental, à plus de 30 km du village habité le plus proche, le long des anciennes routes de transhumance nord-africaines.
Le projet a été attribué au collectif Bled el Abar, dirigé par Mounir Ayoub, Vanessa Lacaille et Hamed Kriouane, et le «client» est la communauté de Sabria.
Selon le cahier des charges, le projet consiste en une série d’actions essentielles et reproductibles : le désensablement, le nettoyage et la restauration du puits et de l’abreuvoir, la protection contre les vents chargés de sable par des barrières de feuilles de palmier dattier, et la construction d’un abri ombragé en bois de palmier.
Le choix du puits à restaurer s’est fait par le biais de réunions et de visites sur site, afin de garantir son utilisation et son entretien efficaces à un coût abordable ; Bir Ettin est présenté comme ayant été sélectionné «avec» les bergers et les nomades de la région.
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un travail plus vaste mené par le collectif sur le patrimoine hydrique du désert, qui comprend l’archivage et la cartographie des puits ainsi que des actions de diffusion, notamment des expositions à Tunis.
«Terre des Puits» n’est pas un bâtiment emblématique, mais un projet d’infrastructure micro-environnementale et paysagère : il restaure un point d’eau et ses protections avec des matériaux locaux, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à documenter et à réactiver les puits sahariens.
La Tunisie est membre du programme Europe créative de l’UE, qui soutient la coopération et l’innovation dans les secteurs culturels et créatifs.
Le jury a sélectionné 40 projets répartis dans 36 villes, 30 régions et 18 pays, offrant un panorama représentatif de l’architecture européenne contemporaine des deux dernières années.
La sélection couvre un large éventail de contextes, des grandes métropoles aux villes de taille plus modeste, illustrant la diversité des échelles, des usages et des approches architecturales à travers le continent.
Conformément au calendrier des prix, les projets finalistes seront annoncés en février 2026, suivis des lauréats en avril 2026. Les Journées des Prix EUmies se tiendront en mai 2026 à Barcelone et proposeront des conférences, des débats, des expositions et la cérémonie officielle de remise des prix au Pavillon Mies van der Rohe.
De mai à juin 2026, le programme Out&About offrira des visites, des rencontres et des expositions itinérantes afin de mieux faire découvrir les projets sélectionnés au public.
Les Prix EUmies sont organisés par la Fondation Mies van der Rohe et la Commission européenne dans le cadre du programme Europe créative, en collaboration avec le Conseil des architectes d’Europe et l’Association européenne pour l’enseignement de l’architecture.
En tenant des propos jugés racistes sur les migrants subsahariens en Tunisie dans le talkshow ‘‘Rendez-vous 9’’ de la chaîne privée Attessia, la journaliste Imen Jelassi ne croyait pas que ses propos allaient susciter une polémique sur les réseaux sociaux et l’indignation d’une partie de la société civile, remettant la migration irrégulière au cœur du débat national. (Ph. Camp de migrants subsahariens à El Amra, Sfax).
Latif Belhedi
Imen Jelassi a appelé, en toute crédulité, dans le cadre d’un débat sur l’immigration irrégulière, à «empêcher les femmes africaines [subsahariennes] d’accoucher en Tunisie», car en faisant beaucoup d’enfants, elles aggravent les problèmes économiques du pays, a-t-elle expliqué.
Ces propos, relayés par les médias, ont provoqué une vague d’indignation, donnant lieu à des accusations de racisme et d’incitation à la discrimination.
Sur les réseaux sociaux, le médecin et activiste Abdelmajid Mselmi, le journaliste Fahem Boukadous et l’avocat Sami Ben Ghazi ont contesté la légitimité et la conformité éthique et juridique du sujet abordé à la télévision.
Rhétorique de la «menace démographique»
Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) est également intervenu dans le débat, dénonçant les propos d’Imen Jelassi comme «graves», «racistes» et s’inscrivant dans une tendance plus large à la banalisation des discours de haine. Dans une déclaration signée par son président Abderrahmane Hedhili, le Forum a également établi un lien entre la rhétorique de la «menace démographique » et des pratiques et politiques qui, selon lui, ont durci le regard public sur les migrations et légitimé des mesures punitives et discriminatoires. D’où l’appel à la responsabilité des institutions dans la lutte contre le racisme et la stigmatisation des migrants.
«Volant au secours» de la journaliste, des commentateurs ont cru devoir rappeler que la politique de contrôle des naissances ou de planification familiale a été appliquée aux Tunisiennes dès le milieu des années 1960, afin d’éviter l’explosion démographique et que, dans ce même cadre, le droit à l’avortement a été accordée aux Tunisiennes dès cette époque et bien avant beaucoup d’Européennes. Il n’y a donc rien d’offensant dans les propos d’Imen Jelassi ont-ils affirmé.
D’autres commentateurs ont répliqué aux indignés par les propos de Mme Jelassi : «Et si des citoyens européens avaient tenu les mêmes propos que Mme Jelassi à l’égard des migrants irréguliers tunisiens en Europe, n’auraient-ils pas crié à la discrimination et au racisme ?»
Sur le plan législatif, la contestation a porté sur la loi tunisienne contre la discrimination raciale : la loi n° 50 de 2018, qui prévoit des sanctions pour les comportements et les propos discriminatoires, ainsi que des mesures contre l’incitation à la haine. Ce texte est considéré comme une référence essentielle pour toute plainte relative à un contenu médiatique.
«Cette affaire met en lumière une fracture structurelle qui traverse désormais le débat tunisien sur les migrants, notamment subsahariens. D’un côté, les milieux et les acteurs proches du discours souverainiste et pro-présidentiel tendent à interpréter l’augmentation du nombre de migrants irréguliers comme un problème de sécurité et de ressources publiques, et réclament des rapatriements accélérés et des mesures plus sévères, parfois même soumises à référendum. De l’autre côté, les groupes d’opposition, les journalistes, les juristes et la société civile insistent sur le respect du droit, la proportionnalité et la protection de la dignité humaine, arguant que la gestion des migrations doit rester ancrée dans les normes et les accords, sans pour autant verser dans le contrôle physique ou la stigmatisation ethnique», analyse Paolo Paluzzi dans Ansamed.
Tensions sociales et théories du complot
Le confrère italien, dont le pays est confronté au même problème de la migration irrégulière, ajoute : «Le contexte politique actuel accentue la sensibilité de ce sujet. En février 2023, les déclarations du président Kaïs Saïd sur les migrants subsahariens, perçues par les observateurs internationaux et les médias comme un discours alimentant les tensions et les théories du complot, ont marqué un tournant dans le débat public et une polarisation accrue. Dans le même temps, les organisations de défense des droits humains ont décrit un durcissement des politiques migratoires et un climat plus hostile, avec des répercussions sur la sécurité des migrants et leur exposition à la violence et aux abus.»
Sur le terrain, en 2025, les autorités ont mené des opérations de démantèlement des campements informels de migrants dans la région de Sfax, notamment à El Amra et Jebeniana. Selon les forces de sécurité, ces opérations ont toujours respecté les droits humains, mais dans un contexte marqué par des tensions locales et des pressions visant à endiguer les départs vers le côtes italiennes. La Tunisie demeure un partenaire clé de l’Union européenne en matière de coopération migratoire, suite au mémorandum d’entente signé en juillet 2023. Ce mémorandum continue de faire l’objet d’interprétations divergentes entre partisans et détracteurs, notamment concernant l’équilibre entre contrôle des frontières, assistance et garanties des droits.
«Dans ce contexte, la controverse autour d’Attessia risque de se transformer en affaire politico-juridique : d’une part, les médias et les autorités de régulation sont soumis à une pression croissante pour clarifier les normes et les responsabilités ; d’autre part, la tentation est grande d’instrumentaliser la question sur le plan identitaire, dans un pays où la migration est devenue un enjeu crucial dans le débat entre le discours présidentiel et l’opposition», conclut Paolo Paluzzi.
Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a lancé une série de vidéos de sensibilisation dans le cadre de son initiative visant à élaborer un guide numérique sur la protection des enfants migrants en Tunisie.
Ce guide a pour objectif de clarifier le cadre juridique régissant la protection de l’enfance en Tunisie, en particulier les dispositions applicables aux enfants migrants, en s’appuyant sur la législation nationale et les conventions internationales ratifiées par la Tunisie.
Il expose également les responsabilités de l’État et de ses différentes institutions en matière de protection des enfants migrants.
De plus, le guide propose des conseils pratiques et simplifiés sur les approches humaines et fondées sur les droits pour soutenir les enfants migrants dans diverses situations, contribuant ainsi à lutter contre toutes les formes de discrimination et à promouvoir une culture axée sur la protection de l’enfance, le respect de la dignité et la primauté de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Dans une vidéo publiée sur sa page officielle, le FTDES souligne le rôle crucial du délégué à la protection de l’enfance, autorité désignée chargée d’intervenir lorsque des mineurs sont confrontés à des situations à risque, en recevant immédiatement les signalements et en mettant en œuvre des mesures de protection urgentes pour garantir leurs droits.
La vidéo présente également les services de santé de base accessibles aux enfants migrants et réaffirme la ratification par la Tunisie de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, qui garantit le droit à l’éducation pour chaque enfant.
Le FTDES invite également le public à signaler les actes de violence à l’égard des femmes et des enfants en appelant le numéro vert national 1899.
Oui, le titre choque. Il est fait pour ça. Car il est temps d’arrêter de faire semblant. D’arrêter de jouer au théâtre humanitaire, pendant que les bombes tombent. D’arrêter de croire que la barbarie devient acceptable dès lors qu’elle est prononcée avec de belles phrases, de bons accents, de grandes déclarations morales.
Dr Hichem Ben Azouz *
Cette «Chronique d’un Empire qui a enfin cessé de mentir» ne défend pas Trump. Elle accuse l’illusion démocrate et occidentale. Celle qui anesthésie les consciences depuis des décennies.
Gaza : le moment où le masque tombe
À Gaza, il ne reste plus rien à débattre. Plus de «complexité». Plus d’«équilibre». Plus de «processus de paix».
Ces mots sont devenus des paravents. Des formules creuses répétées pour gagner du temps pendant que les corps des morts s’accumulent.
Il y a un peuple écrasé, massacré, affamé, déplacé, rayé méthodiquement. Un génocide filmé en direct. Compté. Documenté. Et pourtant pleinement soutenu. Soutenu par qui ? Les républicains, sans gêne, sans pudeur, sans détour. Les démocrates, avec des mots graves, des pauses étudiées, des mines attristées. Les Européens, champions du double langage, qui invoquent le droit international le matin et livrent des armes le soir.
À Gaza, il n’y a pas de fracture morale occidentale. Il y a un consensus impérial, solide, transversal, assumé dans les faits.
Les démocrates «tuent» proprement.
L’histoire est claire. Les démocrates n’ont jamais été le camp de la paix. Ils sont le camp de la violence présentable, celle qui se donne bonne conscience. Sous eux : les drones sont devenus une routine administrative, les assassinats ciblés une procédure normalisée, les États détruits une «transition», les morts civils des «dommages collatéraux».
Sous Barak Obama, prix Nobel de la paix, l’exécution extrajudiciaire est devenue politique d’État. Y compris contre des citoyens américains. Mais avec des discours. Toujours des discours.
Les démocrates ne tuent pas moins. Ils tuent en parlant mieux. Leur crime n’est pas seulement de tuer. Il est de nommer cela civilisation, démocratie, progrès, stabilité.
Trump : la brutalité sans fard
Trump ne vend pas la démocratie. Il vend la force. Il ne parle pas de droits humains. Il parle d’intérêts. Il ne prétend pas sauver le monde. Il annonce qu’il le domine. Et c’est précisément pour cela que je le préfère.
Non parce qu’il serait moral. Mais parce qu’il détruit le mensonge.
Avec Trump, le Sud global comprend enfin ce que les démocrates s’acharnent à dissimuler : l’Empire n’a jamais eu de valeurs, seulement des intérêts armés. Trump ne rend pas l’Empire plus violent. Il le rend lisible.
Deux partis, un même Empire
Le Parti démocrate et le Parti républicain ne sont pas des adversaires idéologiques. Ils sont deux styles de gestion du même pouvoir. L’un frappe en citant les droits humains. L’autre frappe en assumant la force brute. Mais la main qui signe les guerres est la même. Les intérêts sont les mêmes. Les morts aussi. La différence n’est pas éthique. Elle est esthétique.
Fanon avait déjà tout dit.
Frantz Fanon n’a jamais cru à l’humanisme colonial. Il savait que l’Empire parle de l’Homme pendant qu’il retire l’humanité aux colonisés. Il savait que le langage est une arme. Que la morale est un camouflage.
Gaza ne fait que confirmer une vérité ancienne : l’Occident ne reconnaît l’humanité que lorsqu’elle lui ressemble. Les autres sont négociables.
Léo Ferré l’avait dit avant tout le monde : «La morale, c’est la faiblesse de la cervelle.» La morale occidentale est une faiblesse armée. Un décor humanitaire pour des cimetières coloniaux.
Préférer la vérité à l’hypocrisie
Je ne choisis pas Trump. Je refuse le mensonge démocrate et occidental. Je refuse la compassion sélective. Je refuse l’indignation programmable. Je refuse cet humanisme qui parle de paix pendant qu’il soutient un génocide.
Trump est obscène. Mais l’Empire qui tue en pleurant est bien plus obscène encore. S’il faut un clown brutal pour que le monde voie enfin le visage réel de l’Empire, alors oui, je préfère le bourreau sans masque au prêtre du massacre. Parce que toute décolonisation commence ainsi : nommer le crime ; brûler le langage qui le protège.
La Tunisie entame sa seizième année depuis son entrée chaotique et douloureuse dans une nouvelle ère politique, en décembre 2010/janvier 2011, hâtivement mise sous le signe de la liberté de la justice et de la dignité. Elle entame la nouvelle année dans une ambiance confuse, tendue et pleine d’incertitude.
Raouf Chatty *
Cette ambiance marquée par le désenchantement et la fatigue se nourrit des frustrations d’un peuple dont les espoirs et les attentes ont été déçus tout au long de ces années et qui lutte dur pour affronter les difficultés de son quotidien.
Cette atmosphère pourrait se muer, à court terme et sous le poids des contraintes économiques et de la fatigue psychique de la population, en une véritable révolution sociale qui sapera la stabilité du pays, aggravera ses difficultés intérieures, le fragilisera davantage, l’exposera à des dangers réels et hypothéquera son avenir pour des décennies encore.
Il est donc urgent pour le pouvoir politique de prendre aujourd’hui la mesure des menaces intérieures et de prendre les mesures appropriées pour remédier à cette situation explosive, desserrer l’étau politique, décrisper l’ambiance et épargner à la nation des débordements prévisibles.
La situation actuelle est d’autant plus grave que la Tunisie se meut dans un environnement régional précaire et trouble.
Cette ambiance marquée par le désenchantement et la fatigue…… se nourrit des frustrations d’un peuple dont les attentes ont été déçus.
Des retards dans tous les domaines
Les Tunisiens en veulent aux nombreux gouvernements qui se sont succédé et au microcosme politique, économique, syndical, médiatique et intellectuel qui avait occupé les devants de la scène depuis 2012. Ils leur imputent la responsabilité des déboires, des retards enregistrés dans tous les domaines et de la situation difficile dans laquelle le pays se débat depuis de nombreuses années.
Leurs critiques concernent notamment la décennie dominée par les islamistes et leur gestion calamiteuse des affaires publiques qui a débouché sur une faillite généralisée, laissant le pays pratiquement à genou. Cette faillite a atteint son paroxysme avec le décès de vingt-deux mille Tunisiens de l’épidémie coronavirus.
Héritiers d’un bilan catastrophique, les six gouvernements qui ont géré le pays au cours des six dernières années sous la conduite du président de la république Kaïs Saïed n’ont pas réussi, eux non plus, à redresser la situation. En l’absence de vision, de stratégie, de planification, ils se sont contentés de parer au plus pressé, naviguant le plus souvent à vue, pour répondre aux revendications d’une population impatiente et désespérée.
Ces six gouvernements n’ont pas réussi non plus à mettre en œuvre les politiques sociales et socialisantes du chef de l’Etat, qui accapare tous les pouvoirs depuis la proclamation de l’état d’exception en juillet 2021. Et c’est vers lui qu’une partie du peuple se tourne naturellement aujourd’hui. Car elle approuve son attachement à la souveraineté nationale, sa volonté proclamée d’améliorer le quotidien des plus démunis et son combat contre la corruption et la mauvaise gestion sanctionné par des poursuites judiciaires contre des hauts responsables et d’hommes d’affaires.
Cependant, les partisans de Saïed attendent de lui des réponses concrètes à leurs attentes en matière de démocratie politique, de justice sociale et de sécurité globale, y compris économique. Ils veulent vivre dans un pays stable, réellement souverain et invulnérable, un pays réaliste, pragmatique et ambitieux, qui rompt avec les idéologies éculées et impose le respect dans son environnement maghrébin, arabe, africain et euroméditerranéen.
Les Tunisiens déplorent l’aggravation de la pauvreté, du chômage, de la bureaucratie, du laxisme, du laisser-aller, de la cupidité et du népotisme, qui sont censés faire partie du passé. Ils réclament l’amélioration de leurs conditions de vie et se plaignent de la dégradation du niveau de l’enseignement, de la vétusté de l’école publique, de la situation calamiteuse dans les hôpitaux, les transports publics, les médias…
Ils déplorent surtout l’hégémonie du tout argent, la prédominance des intérêts privés et du corporatisme, le creusement des disparités sociales, l’effondrement de la classe moyenne, la hausse de la criminalité et de l’insécurité…
Marche de protestation samedi 10 janvier 2026 à Tunis. Les marches de protestation se poursuivent et se ressemblent.
Vers un Pacte de salut national
Le pays a aujourd’hui besoin de sérénité et de concorde nationale. Or, l’État est le seul en mesure de favoriser l’adoption d’un Pacte de salut national engageant le pouvoir politique et les forces démocratiques et laïques autour des questions prioritaires impliquant le présent et l’avenir de la nation.
Ce Pacte identifiera les grandes réformes à adopter dans les domaines politique, judiciaire, administratif, économique, financier, fiscal, social, sanitaire, agricole, commercial, éducatif… sur la base d’un diagnostic objectif de la situation globale du pays, tenant compte de son potentiel global tout comme de son environnement régional.
Pour réunir les conditions nécessaires pour son décollage global, la Tunisie doit surtout croire en son potentiel, s’affranchir des démons du «révolutionnisme» paralysant et stérilisant, combattre la culture de l’anarchie et du laisser-aller, réhabiliter l’autorité de la loi et de l’Etat, cultiver les valeurs de l’intégrité, du travail, de la discipline et de la rigueur et engager le peuple sur la voie de la confiance, de la production et de la productivité au travail.
Sans la réhabilitation de ces valeurs, le pays ne pourra pas décoller ni reprendre sa place dans son espace géopolitique.
Ces remèdes exigent cependant organisation, pragmatisme, courage et volonté de la part de toutes les parties pour changer positivement la situation et sauver la Tunisie d’un bond dans le vide qui hypothèquera durablement son avenir et empêchera son décollage pour des décennies.
Le Maroc a construit le port de Tanger Med, un hub du commerce international opérationnel depuis 2017. À titre de comparaison, lorsque la Tunisie a évoqué le projet du port en eaux profondes d’Enfidha, à la fin des années 1990, l’idée même du port de Tanger Med n’existait pas. On mesure aujourd’hui, alors que le port en eaux profondes tunisien tarde à sortir des cartons, l’ampleur de notre retard dans le domaine de la marine marchande et qui se calcule désormais en décennies.
Lassaad Bouazzi *
Lors de son audience avec le Président de la République, le 9 janvier 2026, Fadhila Gargouri, premier substitut du président de la Cour des comptes, a présenté au Chef de l’État le rapport de l’année écoulée.
Les pertes enregistrées par onze organismes publics seulement sont estimées à 1 070 millions de dinars. L’un de ces organismes, qui figure sur la liste juste après Tunisair, est l’Office de la marine marchande et des ports (OMPP).
À mon avis, les pertes enregistrées par cet Office (291 millions de dinars) sont dues essentiellement à la politique nationale en matière de gestion portuaire.
En effet, à la différence des États avancés en matière de gouvernance portuaire, la Tunisie demeure attachée au modèle du «port de service», une entreprise publique intégrée dont la rentabilité est limitée par la lourdeur administrative et le manque de concurrence.
Lorsque je commandais le navire-école de l’Académie navale, j’ai effectué une escale au port de Casablanca en 1997, et j’ai pu constater l’avance enregistrée par le Maroc sur notre pays dans le domaine de la gestion portuaire. Ce pays a suivi l’exemple de la Belgique (port d’Anvers) en adoptant le modèle du «port propriétaire». C’est aujourd’hui le modèle le plus répandu dans le monde, car il favorise la performance, l’investissement privé et la rentabilité des ports.
Aujourd’hui, le Maroc a construit Tanger Med, premier port en Méditerranée et en Afrique et 19e port mondial. Ce hub du commerce international, qui dessert quatre continents, a développé plus de 3000 ha de zones d’activités économiques. Celles-ci accueillent plus de 1300 entreprises pour un volume d’affaires de 14 milliards d’euros (en 2023), dans des secteurs clés comme les industries automobile, l’aéronautique, le textile, l’agro-alimentaire et la logistique. Le FDI Intelligence du Financial Times a publié le classement des zones économiques pour l’année 2020 «FDI’s Global Free Zone of the Year». Tanger Med Zones est consacrée 2e zone économique mondiale après Dubaï Multi Commodities Center aux Émirats arabes unis, alors qu’elle était classée 5e en 2019.
On peut ainsi mesurer l’écart qui sépare le 1er port marocain du port de Radès, au sud de Tunis. À titre de comparaison, lorsque la Tunisie a commencé à parler du projet du port en eaux profondes d’Enfidha, à la fin des années 1990, l’idée même du port de Tanger Med n’existait pas encore. On mesure aujourd’hui, alors que port en eaux profondes d’Enfidha tarde à sortir des cartons, l’ampleur du retard enregistré par la Tunisie dans le domaine de la marine marchande et qui se calcule désormais en décennies.
Pire encore, au lieu d’accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles nécessaires, on continue de roupiller, en opposant une sourde oreille aux appels pressants à ces réformes. Tandis que les opérateurs continuent de baver des retards cumulés et les finances publiques, donc les contribuables, de saigner, en accumulant les déficits et les pertes. Mauvaise gouvernance ? Bureaucratie ? Incompétence ? Manque de volonté politique ? Il y a sans doute un peu de tout cela dans ce sous-développement clairement assumé…
Né en 1949 à Hajeb El Ayoun (Kairouan, Tunisie), Moncef Louhaïbi est poète, romancier et professeur de littérature arabe.
Voix importante de la poésie tunisienne et arabe, sa vision ancrée solidement dans l’héritage culturel arabo-musulman classique qu’il revisite avec des élans parfois soufis, est installée dans la modernité et l’une des plus ouvertes sur la poésie internationale. Son œuvre est récompensée de nombreuses distinctions.
Quelques titres (en arabe): Les filles del’arc-en-ciel, 2015; Avec l’avant-dernier verre, 2019; La vie d’Al-Aghani, essai sur Aboulkacem Chebbi, Nihed, 2024 ; Qu’est-ce qui manque au bleu pour être ciel ?, autobiographie, Nihed, 2025.
En français : Que toute chose se taise, Bruno Doucey, 2012.
Tahar Bekri
Elle est comme la pierre…Ne nous doit rien
Toute stèle est un livre…ou une histoire de mort vivant…
Nous en avons le nom
ton témoin Elle
Blanche jaune rouge ou couleur de poussière
Dans l’écume des soleils et son flottement
Eclaire notre vide et le sien
Garde-t-elle les morts ou les vivants ?
Ou est-elle monument de pierre comme cette tristesse rassemblée ?
Je t’aperçois aux seuils de mars. A travers les fenêtres
Dans la pluie du printemps et sa lumière mi-aveugle
Sans Norouz pour moi ni pour elle
Nulle ombre sauf la tienne transparente par-dessus mes rideaux
…dans leur nuit et jour
qu flotte…par-dessus la soie de son velours
qui se noie puis flotte puis se noie
Ni poupées ni jouets pour jouer avec leur ombre
Et m’y fondre comme elle s’en va
Peut-être suis-je… Peut-être est-elle
Nul héritage sauf celui des poètes J’accorde les mots comme eux
Je les arrondis à leur rythme …les dirige
Et tourne autour de leur langue
J’attache mes cordes aux leurs
Si j’oubliais comme elle…
J’aurais desserré la ceinture de sa glace et de ses fers
Mais elle est un miroir aux prismes cette pierre
Plutôt un mirage salé
Ne nous doit rien
Et nous lui sommes redevables
Te conduit comme un menhir
dans l’écume des soleils nos yeux des diamants déformants
Dans la note intitulée «Règles d’origine Union européenne-Tunisie : enjeux économiques et portée de la ratification», dont nous reproduisons ci-dessus quelques extraits, l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) affirme que cette nouvelle convention avec notre principal partenaire économique présente de nombreux avantages pour l’économie nationale, notamment en renforçant la compétitivité de nos exportations, en facilitant leur accès au marché européen et en accroissant leurs compétitivité et attractivité.
La Tunisie a été le premier pays du bassin méditerranéen à signer un accord d’association avec l’Union européenne, en juillet 1995, suivie par la suite par plusieurs pays de l’Est et du Sud de ce bassin. Il a été préparé par plusieurs mesures qui ont été prises au cours de la période 1991-1994 dont notamment :
● la loi de 1991 sur le commerce intérieur qui instaure les principes de concurrence sur les marchés et de liberté des prix avec l’intervention de l’État pour réguler ces mécanismes;
● la convertibilité courante du dinar qui permet le transfert de devises sans autorisation de la BCT pour les opérations de commerce extérieur de biens et services;
● l’adhésion de la Tunisie à l’OMC en mars 1995 en acceptant les principes de liberté du commerce international et de droits de douane plafonnés de commun accord.
Un partenariat historique
Cet accord, entré en vigueur en mars 1998, vise l’établissement d’une zone de libre-échange, sans droits de douane ni restrictions quantitatives (ou mesures d’effet équivalent), sur une période de 12 ans, avec des listes de «produits originaires définis au protocole n°4* 1» à libérer progressivement, à commencer par les biens industriels d’investissement, puis de consommation pour terminer avec les produits agricoles, avec des exceptions dont le quota sur l’huile d’olive exportée par la Tunisie de 56 700 tonnes/an, le reste étant exporté sous le régime du TPA, ou trafic de perfectionnement actif, où l’huile est transformée et réexportée. Réciproquement, certains produits agricoles importés par la Tunisie sont contingentés. Cet accord prévoit aussi des clauses de coopération dans les domaines politique, économique et financier, social, scientifique et culturel. À titre d’illustration, la coopération dans le domaine scientifique a permis aux enseignants-chercheurs de postuler aux programmes de recherche européens comme Erasmus.
(…) Suivant l’initiative de l’UE, en décembre 2011, pour engager des négociations avec plusieurs pays du Sud pour un accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca), la Tunisie a agréé en novembre 2012 d’engager des négociations de cet accord, qui ont débuté en octobre 2015 à Tunis. L’objectif est l’intégration progressive de l’économie tunisienne dans le marché unique de l’UE.
Les règles d’origine préférentielles
(…) Même si l’Aleca est en pause, la relation commerciale UE-Tunisie continue d’évoluer lentement avec l’accord d’application de règles d’origine préférentielles révisées, adoptées en 2023 et mises en application à partir de 2025 dans le cadre pan-euro-méditerranéen (PEM), selon lequel les exportateurs des pays partenaires, dont la Tunisie, peuvent bénéficier de dispositions plus souples pour le statut «originaire» définissant les produits d’origine locale, qui donne droit à une exemption totale des droits de douane.
L’objectif de la révision appliquée en 2025 ne porte pas sur l’accord d’association, qui prévoit l’exemption des «DD» sur les produits exportés vers l’UE qui sont d’origine locale, mais porte sur la définition de la notion d’origine locale, qui est devenue plus souple, notamment pour les produits textiles.
Pour la Tunisie : l’origine locale incluait les achats d’Algérie, du Maroc et de la Communauté européenne (accord d’association TUN-UE de 1995).
(…) Cette convention vise à transposer, dans un cadre multilatéral, les systèmes bilatéraux existants concernant les règles d’origine établies dans les accords bilatéraux de libre-échange conclus entre les parties contractantes à la convention.
De ce fait, le cumul de l’origine est devenu plus large, car il peut englober plusieurs pays du processus de Barcelone : l’origine locale des produits exportés inclut les achats provenant d’autres pays appartenant au processus de Barcelone avec lesquels la Tunisie a un accord de libre-échange (Maroc, Égypte, Jordanie, Turquie, pays Aele). Pour ces produits, les exportations se font au taux nul, sans limite.
La délégation de l’UE en Tunisie a publié un communiqué le 29/07/2025 sur la mise en œuvre des nouvelles dérogations pour certains produits textiles et d’habillement tunisiens exportés vers l’UE, selon lequel les dérogations couvrent notamment les pantalons (4,7 millions en denim), robes, chemises, T-shirts, sous-vêtements, maillots de bain, vêtements de travail, etc., indiquant que la coupe du tissu et la confection seront considérées comme une transformation suffisante.
Des quotas ont été définis et ouverts pour cinq ans, avec une application rétroactive à compter du 22 janvier 2025. Il est précisé que les produits respectant déjà les règles «standard» du protocole 4 des règles d’origine continuent à entrer sans droits et sans limite de quantité. Ces dérogations offrent une flexibilité supplémentaire (avec quota) pour améliorer la compétitivité vis-à-vis d’autres pays de production.
La portée d’une ratification
(…) Au 1er janvier 2026, la période transitoire prévue pour l’application des règles d’origine révisées pan-euro-méditerranéennes a pris fin pour les pays n’ayant pas ratifié la nouvelle convention régissant ces règles. Les règles d’origine plus favorables, appliquées à titre transitoire depuis mars 2025 en Tunisie sur la base d’une décision du Conseil d’association UE-Tunisie, ne sont plus applicables depuis cette date. Dans ce cadre, les règles pan-euro-méditerranéennes dites «historiques» de 2012 continuent de s’appliquer tant que la mise à jour de la convention n’est pas finalisée entre partenaires. La Tunisie conserve ainsi l’exonération des droits de douane prévue par l’accord d’association pour les produits répondant aux règles de 2012, mais ne bénéficie plus des facilités supplémentaires introduites par les règles révisées de 2025, notamment :
● l’élargissement du cumul d’origine avec certains pays méditerranéens du Sud ;
● les simplifications administratives ;
● les quotas additionnels accordés à certains produits textiles.
Cette situation place la Tunisie dans une position moins favorable que celle de plusieurs pays de l’espace euro-méditerranéen, notamment ceux ayant ratifié la convention avant la fin de l’année 2025 (Jordanie, pays européens non membres de l’UE) ou ayant obtenu une période transitoire prolongée lors de l’adoption des nouvelles règles (cas du Maroc).
La Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH) a informé le ministère de l’Industrie des effets directs de cette situation sur les exportations concernées.
Depuis janvier 2026, les produits textiles précédemment couverts par les dérogations appliquées en 2025 sont soumis à un droit de douane de 12% à l’entrée du marché européen, ce qui affecte leur compétitivité, d’autant plus que ces produits avaient bénéficié d’une exonération totale à titre transitoire au cours de l’année 2025.
Le secteur textile et habillement connaît par ailleurs des difficultés structurelles avérées : la valeur ajoutée a reculé de 2% au cours des neuf premiers mois de 2025, contre une croissance annuelle moyenne de 1,9% sur la période 2022-2024, et les exportations ont diminué de 1,8% sur les onze premiers mois de 2025.
Ce secteur emploie environ 150 000 personnes et génère près de 3 milliards de dinars de recettes nettes d’exportation par an, ce qui justifie une attention particulière des autorités publiques.
In fine, au 01/01/2026, la période transitoire se termine pour les pays qui n’ont pas ratifié la nouvelle convention qui régit les règles d’origine locale ; les nouvelles règles favorables ne seront plus appliquées.
La Tunisie, quant à elle, a sécurisé définitivement l’application de ces règles grâce à la ratification de l’accord avec l’Union européenne, après les avoir déjà appliquées depuis mars 2025 sur la base de la décision du Conseil d’association UE-Tunisie.
Dans ce cadre, la ratification permet à la Tunisie de dépasser le régime des règles PEM «historiques» de 2012 et de bénéficier pleinement des nouvelles règles d’origine entrées en vigueur en 2025. Ces règles offrent un cumul d’origine élargi avec plusieurs pays du Sud de la Méditerranée, des facilités administratives renforcées ainsi que des quotas additionnels, notamment pour les produits textiles.
Suite à la ratification, la Tunisie bénéficie de nouvelles mesures favorables, notamment aux exportations textiles, mais aussi aux autres secteurs industriels. Grâce à cette ratification, les produits bénéficiant des règles de cumul plus souples et des quotas spécifiques (notamment les jeans denim) conservent les avantages obtenus en 2025 et évitent l’application d’un droit de douane de 12 % à partir de 2026.
Cette avancée est d’autant plus importante que le secteur textile et habillement connaît des difficultés structurelles. Sa valeur ajoutée a reculé de 2% au cours des neuf premiers mois de 2025, après une croissance annuelle moyenne de 1,9% sur la période 2022-2024, et ses exportations ont diminué de 1,8% sur les onze premiers mois de 2025.
Dans ce contexte, la ratification contribue à maintenir l’activité du secteur, à préserver près de 150 000 emplois et à sécuriser des recettes nettes d’exportation estimées à 3 milliards de dinars par an (soit 9 milliards de dinars en valeur brute).
En conclusion, l’accord d’association entre la Tunisie et l’Union européenne entre dans une nouvelle phase de son évolution après 30 ans d’application.
La ratification de la nouvelle convention renforce les effets positifs de cet accord et consolide le partenariat stratégique entre la Tunisie et l’UE. Elle s’inscrit dans une dynamique de coopération fondée sur l’évaluation des résultats, l’adaptation des instruments commerciaux et le renforcement des liens économiques et historiques entre l’Union européenne et son premier partenaire dans la région euro-méditerranéenne. *
Après sa présentation en avant-première mondiale au Festival de Sundance et une tournée dans des festivals à travers le monde où il a remporté plusieurs prix, ‘‘Where the wind comes from’’, premier long-métrage de fiction de Amel Guellaty, avec Eya Bellagha et Slim Baccar dans les principaux rôles, sort en salles en Tunisie à partir du 14 janvier 2026.Vidéo.
Meilleurs amis depuis l’enfance, Alyssa, l’intrépide, et Mehdi, l’artiste sensible, se sentent à l’étroit dans leur modeste quartier de Tunis. Lorsqu’Alyssa découvre un concours d’artistes à Djerba, qui pourrait être leur porte de sortie, elle entraîne Mehdi dans un voyage fantastique à travers la Tunisie, qui mettra leur amitié à l’épreuve.
Après avoir signé deux courts métrages primés, ‘‘Black Mamba’’ et ‘‘Chitana’’, Amel Guellaty réalise son premier long métrage ‘‘Where the wind comes from’’ en 2025. Le film est présenté en première mondiale à Sundance et en première européenne à Rotterdam. Il remporte le prix du public et celui du scénario aux dernières Journées cinématographiques de Carthage.
La cinéaste est également photographe et publie dans différents magazines tels que « ‘‘Elle’’ en France.
Le Forum social Maghreb a publié, vendredi 9 janvier 2026, une déclaration urgente de solidarité avec les prisonniers politiques et d’opinion dans les prisons tunisiennes et alerté sur l’état de santé critique de certains d’entre eux.
Tout en faisant part de sa«vive inquiétude» face à «l’escalade de la répression politique en Tunisie, caractérisée par l’emprisonnement de dirigeants politiques, de journalistes, d’avocats, de syndicalistes et de militants de la société civile» et en affirmant suivre «la détérioration de l’état de santé de plusieurs prisonniers politiques et prisonniers d’opinion dans les prisons tunisiennes, notamment l’avocat et militant des droits humains Ayachi Hammami, l’ancien juge administratif Ahmed Souab et la journaliste Chadha Hadj Mbarek», le Forum estime que leur détention prolongée constitue «une menace directe pour leur droit à la vie et à la sécurité physique.»
Le Forum exprime sa profonde inquiétude concernant l’état de santé critique de Ayachi Hammami, qui observe une grève de la faim depuis 37 jours dans sa cellule «pour protester contre la décision injuste de son appel le condamnant à cinq ans de prison», grève qui entraîne une grave détérioration de son état de santé et met sa vie en danger.
Le Forum affirme également suivre avec une vive inquiétude la grave détérioration de l’état de santé de l’ancien juge administratif et prisonnier d’opinion, Ahmed Souab, détenu à la prison de Mornaguia. «Souffrant d’une maladie cardiaque, son état de santé est devenu critique et nécessite des soins médicaux urgents hors de la prison. Malgré les risques sérieux pour sa sécurité et sa vie, son droit aux soins lui est refusé», affirme-t-il.
Le Forum social Maghreb exprime également sa profonde préoccupation concernant la situation de la journaliste Chadha Hadj Mbarek, condamnée à cinq ans de prison et qui «souffre de deux tumeurs malignes détectées durant sa détention».«Elle est victime de négligence médicale et d’un retard important dans le diagnostic et le suivi, elle a un besoin urgent de soins et d’examens médicaux spécialisés hors de la prison afin de garantir son droit à la vie et aux soins», insiste le Forum, qui, tout en tirant la sonnette d’alarme, «tient les autorités tunisiennes pleinement responsables de la protection de la vie et de la sécurité» des trois prisonniers, ainsi que «de la garantie de leur bien-être physique et psychologique et du respect de leur droit à la santé et aux soins.»
«Le maintien en détention de ces personnes dans un état de santé aussi critique constitue une violation grave du droit à la vie et à l’intégrité physique, ainsi qu’une infraction manifeste à la Constitution tunisienne et aux conventions et traités internationaux ratifiés, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques», souligne le Forum Social Maghreb qui appelle à la libération des prisonniers concernés, ou, à tout le moins, leur «accès inconditionnel à des soins médicaux et à un suivi médical hors de la prison».
Le vaste territoire du Grand Nord avec ses énormes réserves de terres rares riches en uranium, fer, or, nickel, pétrole et gaz fait saliver le très gourmand président américain Donald Trump dont la boulimie semble ne connaître aucune limite ces derniers temps. Ses visées sur le Groenland ne datent pas d’hier mais cette fois-ci, il est déterminé à ne pas lâcher le morceau surtout que le Danemark, propriétaire du territoire, est faible face à l’appétit d’ogre de l’Oncle Sam. Quant à la population autochtone qui ne veut ni des Danois ni des Américains mais souhaite une indépendance totale, elle n’a pas droit au chapitre. La prédation trumpienne a donc toutes ces chances d’aboutir.
Imed Bahri
Suite à la récente intervention militaire de l’administration du président américain Donald Trump au Venezuela, les ambitions de Washington d’annexer le Groenland ne relèvent plus de la simple «fantaisie politique», comme l’ont qualifiées il n’y a pas si longtemps les autorités danoises mais sont devenues une réalité débattue dans les capitales européennes.
Dans une analyse publiée par The Times, Oliver Moody a présenté quatre options possibles pour que Washington étende son contrôle sur cette île bénéficiant d’un statut d’autonomie mais faisant partie du Royaume du Danemark.
Selon le journal britannique, les récentes déclarations de Trump concernant la nécessité absolue de mettre la main sur le Groenland pour des raisons de sécurité nationale ne sont plus considérées comme de simples chimères politiques.
Le président américain, qui évoque la possibilité d’annexer l’île depuis 2019, a réaffirmé, après les récents événements, que les États-Unis «l’obtiendront d’une manière ou d’une autre», compte tenu de ce qu’il décrit comme la présence croissante de la Russie et de la Chine dans l’Arctique.
Ce changement de ton s’accompagne d’une position plus intransigeante au sein de l’administration américaine. Stephen Miller, conseiller à la sécurité intérieure et chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche chargé des politiques, a remis en question la souveraineté du Danemark sur le territoire, affirmant que personne n’entrera en guerre contre les États-Unis pour l’avenir du Groenland.
Dans ce contexte, le Times a présenté quatre scénarios principaux d’évolution de la crise…
Premier scénario : invasion militaire
Bien que les États-Unis soient militairement capables d’occuper cette île peu peuplée avec une résistance minimale, cette option comporte des risques importants.
Selon les analystes, l’occupation du territoire d’un État membre de l’Otan pourrait sonner le glas de l’alliance et inciter la Russie et la Chine à prendre des mesures d’escalade dans l’Arctique, compromettant ainsi la sécurité des États-Unis.
Second scénario : coercition et pressions économiques
Ce scénario est jugé le plus probable par le journal car Trump dispose d’un important levier d’influence, principalement financier. Bien que le Danemark rejette l’idée de «vendre» le Groenland, les habitants de l’île pourraient être tentés par les promesses américaines d’investissements de plusieurs milliards de dollars dans leur économie dépendante jusque-là de la pêche et de l’aide danoise.
Washington a déjà lancé une campagne pour gagner les faveurs de la population en ouvrant un consulat dans la capitale Nuuk et en fournissant une aide à l’éducation et au développement, ce qui converge avec les accusations selon lesquelles la Maison-Blanche tenterait d’attiser des sentiments séparatistes au sein de la société insulaire.
Troisième scénario : libre association
Des informations indiquent que l’option de signer un «accord de libre association» avec le Groenland est à l’étude à Washington, similaire aux accords conclus avec les Palaos, la Micronésie et les Îles Marshall dans le Pacifique occidental.
Aux termes d’un tel accord, le Groenland obtiendrait une indépendance nominale vis-à-vis du Danemark en échange du contrôle total de son territoire par l’armée américaine et d’importants privilèges commerciaux.
Le Times cite Elizabeth Buchanan, experte en géopolitique polaire, dans son livre intitulé ‘‘Voudriez-vous posséder le Groenland ?’’, qui affirme que cette option pourrait séduire les dirigeants locaux en quête d’indépendance mais qu’à son avis, elle nécessite l’approbation du parlement danois, ce que Copenhague tente d’éviter à tout prix.
Quatrième scénario : jouer sur les deux tableaux
Dans ce jeu complexe, le Danemark pourrait parvenir à conserver une souveraineté nominale en échange d’un renforcement de la présence militaire américaine et de la conclusion d’accords commerciaux pour l’exploitation des abondantes ressources minérales rares et stratégiques de l’île.
Selon Buchanan, la mentalité pragmatique de Trump le pousse à exiger une «acquisition totale» comme point de départ des négociations, obtenant ainsi ce qu’il souhaite, même si cela ne correspond pas à ses ambitions initiales.
La réalité sur le terrain
Selon Buchanan, le premier élément à prendre en compte pour comprendre la situation est que la logique américaine repose sur des facteurs géographiques et sécuritaires.
La capitale, Nuuk, est plus proche de la côte est des États-Unis que du Danemark et l’île constitue un emplacement idéal pour le déploiement de systèmes d’alerte avancée antimissile et une plateforme potentielle pour des installations nucléaires de «seconde frappe» en cas de futur conflit nucléaire avec la Russie.
Le second élément est la faiblesse du Danemark : ni l’Otan ni l’Union européenne ne devraient mobiliser un soutien militaire concret pour Copenhague si Washington décide d’imposer un fait accompli par la force, compte tenu des répercussions qui pourraient pratiquement signifier la fin de l’Otan sous sa forme actuelle.
Le troisième élément essentiel pour comprendre la situation sur le terrain est que, selon Buchanan, l’objectif principal du peuple groenlandais est l’indépendance totale.
D’après des sondages cités par le Times, 85% des Groenlandais s’opposent à une adhésion directe aux États-Unis. Cependant, leurs opinions sur les ambitions de Trump sont partagées : 43% y voient une opportunité économique, tandis que 45% les perçoivent comme une menace.
Buchanan estime, comme le rapporte le Times, que l’issue des négociations dépendra de la capacité des dirigeants groenlandais à tirer profit de la situation, en exploitant l’intérêt de Trump pour l’île afin de faire pression sur Copenhague et de la retourner contre Washington, dans le but d’obtenir des concessions plus importantes qui ouvriraient la voie à l’indépendance.
Adam Fathi, qui, jusque-là, écrivait en arabe, franchit le pas vers cette langue à partir de laquelle il a traduit de nombreux textes, pour donner un recueil court et grave. Composé de cinq parties, il mêle, prose poétique, aphorismes, évocations, méditation, narration, écriture autobiographique, réflexions.
La poésie, libérée de la forme, s’écrit pour dire un bilan de vie, sans complaisance. Adam Fathi rejette l’état des choses, met en cause la platitude des jours et des années, les échecs, sources de tant de douleurs et de souffrances, jusqu’à aboyer comme un lévrier en laisse sous un caroubier, quand la vie est de courir libre.
Il y a comme une descente aux enfers, sans purgatoire. Pour cela, mythologie grecque, références coraniques, poésies françaises, sont invoquées pour dire le besoin d’aller au plus profond de l’être, réclamer la beauté du monde, quitter la trahison, amis, Histoire ?, déjouer les lieux communs, chercher un chemin entre soi et l’Autre, ce frère semblable. Seul le poétique peut encore sauver, permet d’espérer, et contre l’enfer, «le paradis c’est la femme /elle te dit je t’aime et te voilà jeune pour l’éternité».
Trente poèmes qui se lisent comme une suite de lampadaires éclairants quand l’obscurité s’installe.
Tahar Bekri
‘‘Bonne année’’, Adam Fathi, Ed. Asmodée Edern, Bruxelles, 2026, 52 p. 18 euros.
La tribune publiée par Kapitalis sous la signature de Mohamed Sadok Lejri, intitulé «Trump ajoute Tebboune et Macron à son tableau de chasse», ne relève pas du journalisme d’analyse mais d’une construction idéologique reposant sur une déformation manifeste des faits.
Djamal Guettala
Donald Trump a évoqué Imane Khelif dans un contexte précis : celui de la polémique américaine sur les athlètes transgenres dans le sport, déclaration reprise notamment par L’Équipe au moment de sa diffusion. Cette sortie, aussi contestable soit-elle, ne visait ni l’Algérie comme État ni son président Abdelmadjid Tebboune. Trump n’a cité ni Alger ni Tebboune. Il n’a pas davantage établi le moindre lien avec la politique algérienne. Le reste n’existe que dans l’imagination de ceux qui l’écrivent.
À partir de cette donnée simple, la tribune publiée par Kapitalis opère pourtant un glissement grave : une phrase sur une sportive devient une attaque géopolitique contre l’Algérie, et une polémique américaine est transformée en humiliation infligée à Tebboune et à Macron.
Ce procédé n’est pas de l’interprétation, c’est de la projection. Les mots employés — «vassalité», «servilité», «nif au vestiaire», «infériorité» — relèvent du registre du ressentiment, pas de l’information.
Le cœur du problème est là : Trump n’est pas décrit tel qu’il parle ou agit, mais tel que l’auteur a besoin qu’il soit pour alimenter un discours de dénigrement politique. On fait dire à Trump ce qu’il n’a pas dit, on lui prête des intentions qu’il n’a pas formulées, puis on bâtit sur cette base fictive une charge contre l’Algérie et la France. C’est une falsification narrative.
Il ne s’agit pas ici de défendre Tebboune ni Macron. Ils sont critiquables sur bien des terrains. Mais les critiquer sur la base de propos que Trump n’a jamais tenus revient à fabriquer un procès à partir d’un dossier vide. Cela affaiblit la critique elle-même et décrédibilise celui qui la formule.
En définitive, la tribune publiée par Kapitalis parle moins de Trump que de la vision obsessionnelle de son auteur : une lecture des rapports de force internationaux réduite à une dramaturgie de la soumission et de l’humiliation. Trump devient un personnage de fiction utilisé pour régler des comptes idéologiques. Ce n’est plus de la géopolitique, c’est du théâtre politique.
Or le lecteur n’attend pas d’un média qu’il mette en scène des fantasmes, mais qu’il distingue clairement ce qui relève du fait, de l’analyse et de l’opinion. En brouillant ces trois registres, l’article ne produit pas de l’information : il produit de la confusion.
‘‘La voix de la braise’’, premier roman de l’historien Abdelhamid Largueche (à paraître aux éditions Sikelli, à Tunis) se présente comme une ambitieuse fresque romanesque qui retrace, sur près de trois siècles (1740-2020), l’histoire d’une famille noire tunisienne dont le destin s’entremêle avec celui de la nation. Bien plus qu’un simple roman historique, l’œuvre s’impose comme une méditation profonde sur la mémoire, l’identité et la transmission, explorant les strates souvent occultées de l’histoire tunisienne.
Amel Fargi *
À travers la saga de la lignée de Samba/Moussa, Largueche construit un récit polyphonique où se croisent les grandes transformations politiques (esclavage, colonisation, indépendance, révolution) et les silences individuels, les blessures intimes et les résistances discrètes. Cet article se propose d’analyser la structure narrative innovante du roman, d’examiner sa dimension mémorielle et politique, et d’évaluer son apport à la littérature maghrébine contemporaine.
Entre saga familiale et fresque historique
La structure tripartite comme cadre d’intelligibilité historique :le roman se structure selon une division tripartite qui correspond aux grands cycles de l’histoire tunisienne : «La Nuit du Désert (1740-1881)» couvre la période précoloniale et l’esclavage ; «Le Regard qui Blesse (1881-1956)» traite du Protectorat français et de la lutte indépendantiste; «Le Silence et le Retour (1956-2020)» aborde la Tunisie postcoloniale jusqu’à la révolution.
Cette architecture n’est pas seulement chronologique mais thématique : chaque partie explore une forme spécifique de domination et de résistance.
L’alternance entre récits intimes et contexte historique crée un effet de va-et-vient constant entre le personnel et le politique, montrant comment les grandes forces historiques s’incarnent dans des destins singuliers.
Le système des générations comme fil conducteur : la progression narrative s’articule autour de quatre générations successives, chacune incarnant une posture différente face à l’histoire :Samba/Moussa représente la rupture originelle et la survie dans la dépossession ; Othman incarne l’entre-deux identitaire, né libre mais marqué par l’héritage esclavagiste ; Youssef et Aïcha personnifient l’engagement politique et social dans la lutte anticoloniale ; et Rafiq matérialise la quête mémorielle dans une Tunisie désillusionnée.
Ce dispositif générationnel permet à Largueche d’explorer la dialectique complexe entre transmission et transformation, entre fidélité à l’héritage et nécessité d’inventer de nouvelles formes d’être au monde.
L’art de la transition et du montage temporel : l’auteur maîtrise remarquablement les ellipses et les transitions, passant d’une époque à l’autre avec une fluidité qui évite le didactisme. Les «sauts temporels» ne sont jamais arbitraires : ils correspondent à des moments charnières où se joue le destin collectif. La technique narrative mêle différents registres – récit historique, monologue intérieur, dialogue, description ethnographique – créant une texture romanesque riche et variée. Les «carnets» des personnages (ceux de Youssef puis de Rafiq) servent de fil rouge matériel et symbolique, matérialisant la continuité de la mémoire à travers les époques.
Mémoire, praxis politique et déconstruction des récits officiels
Contre-histoire et réhabilitation mémorielle : ‘‘La voix de la braise’’ s’inscrit dans la tradition des «romans de contre-histoire» qui donnent voix aux oubliés des grands récits nationaux.
Largueche entreprend un travail de «réhabilitation mémorielle» en mettant en lumière plusieurs dimensions occultées de l’histoire tunisienne :
1.«L’esclavage et la présence noire» : le roman restitue la réalité de la traite transsaharienne et ses prolongements dans la société tunisienne contemporaine ;
2. «Les résistances infra-politiques»: à côté du mouvement national «officiel», il montre les formes de résistance discrètes (spiritualité noire, solidarités féminines, préservation culturelle) ;
3. «Les continuités entre systèmes de domination» : l’œuvre suggère comment certaines structures hiérarchiques (raciales, sociales) survivent aux changements de régime.
Métaphore de la braise ou épistémologie de la mémoire : la «braise» fonctionne comme métaphore centrale d’une mémoire qui ne s’éteint jamais complètement mais peut se raviver à tout moment. Cette image guide toute l’épistémologie mémorielle du roman :
– «Mémoire-chaleur» : elle préserve une énergie potentielle, une virtualité de sens ;
– «Mémoire-fragilité» : elle menace toujours de s’éteindre si on ne l’entretient pas ;
– «Mémoire-transmission» : elle passe d’une génération à l’autre comme un feu qui se communique.
Les «sanctuaires noirs» représentent les lieux où cette mémoire se conserve hors des institutions officielles, dans des espaces de spiritualité et de communauté qui échappent au contrôle des pouvoirs successifs (beylical, colonial, national).
Archives du silence ou méthodologie de la remémoration :le personnage de Rafiq incarne une «méthodologie spécifique de la remémoration» :
– Collecte des témoignages oraux : il parcourt le pays pour recueillir les récits des anciens ;
– Attention aux non-dits : il écoute autant les silences que les paroles ;
– Reconstruction fragmentaire : il assemble patiemment les pièces d’un puzzle mémoriel ;
– Transmission créative : il adapte les formes de transmission aux nouvelles générations.
Cette démarche constitue une critique implicite des historiographies officielles qui privilégient les archives écrites et les grands événements au détriment des mémoires intimes et des expériences marginalisées.
Intersectionnalité des luttes : race, genre et classe
La question raciale comme fracture persistante : le roman explore avec subtilité la persistance des hiérarchies raciales à travers les régimes politiques :
– Sous le «Protectorat», la racialisation devient bureaucratique avec la catégorie «indigène» ;
– Après «l’indépendance», le discours d’égalité masque mal la permanence des préjugés ;
– Sous Ben Ali, la question raciale est doublement occultée : par le discours modernisateur et par le contrôle politique.
L’expérience des personnages noirs montre comment la «couleur de peau» fonctionne comme un marqueur social qui traverse les classes et les époques, créant une forme spécifique d’«altérité».
‘‘La voix de la braise’’ est une contribution majeure à la littérature maghrébine contemporaine par son ampleur historique, sa profondeur anthropologique et son inventivité formelle. Plus qu’un roman sur la mémoire, c’est un roman par et avec la mémoire, qui fait de l’acte de remémoration une pratique éthique et politique. En suivant le destin d’une famille noire tunisienne sur trois siècles, Largueche nous offre non seulement une fresque historique impressionnante mais aussi une réflexion profonde sur les conditions de possibilité d’un vivre-ensemble véritablement inclusif.
L’œuvre résiste aux catégorisations faciles : à la fois saga familiale et essai historique, récit initiatique et traité politique, elle témoigne de la vitalité de la forme romanesque pour penser les questions les plus urgentes de notre temps. Sa publication en 2026, quinze ans après la révolution tunisienne, lui donne une résonance particulière : elle rappelle que toute révolution politique doit s’accompagner d’une révolution mémorielle qui donne voix à ceux que l’histoire a trop longtemps réduits au silence.
La dernière phrase du roman – «La braise continue à brûler» – résume cet optimisme têtu qui parcourt l’œuvre : malgré les tentatives d’effacement, malgré les désillusions, malgré le temps qui passe, quelque chose persiste, quelque chose résiste, quelque chose attend son heure pour se raviver et éclairer à nouveau le chemin. C’est peut-être là le message le plus précieux de ce roman remarquable : la mémoire n’est pas derrière nous, elle est devant nous, et c’est en marchant vers elle que nous inventons notre avenir.
Ooredoo a annoncé vendredi 9 janvier 2026 la nomination de Eyas Naif Assaf au poste de directeur général de Ooredoo Tunisie, à compter du samedi 10 janvier, succédant à Mansoor Rashid Al-Khater.
Tout au long d’une étape charnière du parcours de l’entreprise, M. Al-Khater a fait preuve d’un leadership visionnaire qui a profondément transformé la culture de Ooredoo Tunisie, renforcé son approche centrée sur les collaborateurs et accéléré sa transformation business. Ooredoo exprime sa sincère reconnaissance à M. Al-Khater pour le parcours remarquable et le leadership, ainsi que pour les bases solides qu’il a contribué à bâtir pour l’avenir.
M. Eyas Assaf est un dirigeant accompli dans les secteurs des télécommunications et de la finance, fort de plus de 30 ans d’expérience en leadership aux niveaux régional et international, dont plus de 20 ans au sein du Groupe Ooredoo. Leader stratégique, visionnaire et orienté transformation, il possède une capacité unique à aligner la solidité financière, l’excellence opérationnelle et le leadership humain afin de générer une croissance durable.
Il rejoint Ooredoo Tunisie en provenance de son poste de directeur financier adjoint du Groupe Ooredoo, où il a joué un rôle clé dans la définition de la stratégie globale et l’amélioration des performances à travers l’empreinte multinationale du Groupe.
Au cours de sa carrière, M. Eyas a occupé plusieurs postes de direction au sein des filiales de Ooredoo, notamment en tant que directeur financier chez Indosat Ooredoo en Indonésie, Ooredoo Algérie et Asiacell Communications en Irak, acquérant ainsi une expertise opérationnelle approfondie dans des marchés diversifiés et hautement concurrentiels.
Sous sa direction, Ooredoo Tunisie continue de renforcer son rôle dans le développement de l’infrastructure numérique de la Tunisie, tout en consolidant son leadership sur le marché, en accélérant la transformation digitale et en créant une valeur durable pour l’entreprise, ses collaborateurs, ses partenaires, ses clients et ses actionnaires.
Le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a lancé un appel pressant à l’avocat et activiste politique Ayachi Hammami pour mettre fin à la grève de la faim qu’il observe en prison depuis 37 jours.
«Pour ta vie, irremplaçable, pour l’honneur de la justice que tu défends, pour celles et ceux qui t’aiment et qui ne peuvent se résoudre à voir ta santé à ce point altérée et ta vie menacée », souligne l’Ong tunisienne basée à Paris dans son appel publié ce vendredi 9 janvier 2026.
«Nous savons ce que coûte chaque jour supplémentaire. Nous savons aussi que ton geste n’est ni une fuite ni une recherche de sacrifice, mais un appel politique ultime, lancé depuis l’enfermement quand toutes les voies normales ont été étouffées», souligne le CRLDHT. Qui ajoute : «Nous te parlons au nom des valeurs que tu as toujours défendues : la dignité humaine, la primauté de la vie, la justice, la solidarité, la responsabilité envers les autres et de cette idée simple et radicale que nul combat pour la liberté ne doit se payer par l’extinction d’une vie.»
Tout en demandant au prisonnier politique condamné à 5 ans de prison dans le cadre de l’affaire dite de «complot contre la sûreté de l’Etat» à penses à ses proches et à celles et ceux qui, lors des visites, ne le reconnaissent plus tant la fatigue et la perte de poids l’ont transformé, le CRLDHT lui demande «non pas d’abandonner la lutte mais de changer de terrain» et de préserver sa vie telle un bien commun.
Des rencontres d’affaires tuniso-européennes consacrées au secteur de la datte et à ses dérivés se sont tenues du 6 au 8 janvier 2026 dans les villes de Tozeur et Douz, le but étant d’ouvrir des canaux d’exportation directs et permanents avec les acteurs économiques du marché européen, et plus particulièrement allemand.
Cet événement économique a réuni une délégation de haut niveau composée de 14 fournisseurs et distributeurs européens, venus en Tunisie afin d’évaluer directement la compétitivité du secteur.
Plusieurs rencontres B2B ont été organisées entre les entreprises exportatrices tunisiennes et les acheteurs étrangers en vue de la conclusion de contrats commerciaux et de partenariats stratégiques.
Selon un communiqué du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, le programme de visites a permis à la délégation européenne d’examiner les différentes étapes de la chaîne de valeur, depuis la visite des oasis avant la récolte jusqu’aux installations d’emballage et d’exportation.
L’objectif est d’évaluer dans quelle mesure les entreprises tunisiennes respectent les normes internationales de qualité et de sécurité alimentaire, renforçant ainsi l’image de la Tunisie en tant que fournisseur fiable sur les marchés mondiaux aux exigences strictes.
Ces réunions s’inscrivent dans le cadre du programme Exporti, supervisé par ledit ministère, en partenariat avec l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) et avec le soutien de l’Union européenne, dans le cadre des efforts déployés par les structures officielles, notamment le Centre de promotion des exportations (Cepex), pour soutenir les entreprises tunisiennes dans le développement de leurs capacités d’exportation.
Ces actions promotionnelles coïncident avec une saison de production 2025-2026 assez prometteuse, les estimations indiquant une récolte de dattes d’environ 404 000 tonnes, dont 347 000 tonnes de la variété de haute qualité Deglet Nour, ce qui nécessite des efforts redoublés pour sécuriser les marchés étrangers capables d’absorber cette importante production et d’apprécier la haute qualité fournie par les 106 unités de climatisation certifiées en Tunisie.
Les mesures à caractère social ont dominé la loi de finances 2026. On y constate un très fort impact des dépenses à caractère social contre une faiblesse des mesures en faveur de l’investissement créateur de croissance, de richesses et d’emploi, a indiqué, jeudi 8 janvier 2026, à Tunis, Mohamed Louzir, secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF).
Intervenant lors d’une matinée d’information et d’échanges consacrée aux nouvelles dispositions de la loi de finances 2026, Louzir a précisé que les dépenses à caractère social et de subvention dépassent 19 milliards de dinars soit l’équivalent de 5 472 dinars par an pour chacune des 3 472 188 familles dénombrées en Tunisie en 2025.
«Ces aides sociales importantes sont par ailleurs, associées à un système de gestion compliqué, non efficace, à risque et présentant une complexité de chiffrage et de suivi», a-t-il ajouté, par allusion à la lourde machine bureaucratique nationale.
Louzir a, par ailleurs, évoqué le poids de la masse salariale de la fonction publique soulignant la croissance, depuis 2010, de 35% des effectifs et de 191% du salaire brut annuel moyen. «Cette augmentation des effectifs qui s’accompagne par un véritable manque de productivité, pose un vrai problème auxquelles de vraies solutions devraient être trouvées», a-t-il dit.
Le secrétaire général de la CCITF s’est en outre longuement arrêté sur la forte pression fiscale qui est des plus élevées en Afrique, précisant que celle-ci s’est établie à 33,5% du PIB en 2022. Elle devrait passer à plus de 34% à fin 2025 et se poursuivre en 2026.
«L’impôt sur les sociétés a significativement augmenté passant de 2,8 milliards en 2022 à 6 milliards en 2025, soit une augmentation de 113% en 3 ans. Cette tendance ne va pas être inversée en 2026. Trop d’impôt tue l’impôt. Cette tendance va certainement impacter négativement, les investissements», a enchaîné Louzir.
«L’autre problème en rapport avec la fiscalité en Tunisie est que le nombre de contribuables reste faible vu l’importance de l’informel qui grignote plus de 40% du PIB», a-t-il encore déploré.
Autre problème évoqué par Louzir, le poids de la dette. Face aux difficultés à lever la dette extérieure, il y a eu un asséchement du marché local par le fort financement de l’Etat au détriment de l’investissement public et privé (part de l’Etat dans le total des crédits est passé de 17% en 2020 à 33,4% en 2025), outre le financement du déficit par le recours à l’emprunt direct auprès de la Banque centrale.
S’agissant des mesures que la CCITF aurait souhaité trouver dans la LF2026, Louzir a parlé de signaux de confiance aux investisseurs publics et privés, de vraies actions de restructuration des entreprises et des administrations publiques, une orientation des fonds de la BCT vers le secteur productif plutôt que vers les dépenses de fonctionnement, une accélération de la réforme fiscale, des encouragements tangibles pour les secteurs porteurs comme l’énergie renouvelable ou l’intelligence artificielle et un maintien du dialogue avec les bailleurs de fonds internationaux.
Ali Abdi, Ahmed Jaouadi, Wafa Masghouni, Amenallah Tissaoui et Raoua Tlili ont été élus meilleurs sportifs tunisiens de l’année 2025, à l’issue du référendum annuel de l’agence Tap dont les résultats ont été annoncés ce jeudi 8 janvier 2026, au siège de l’Union des radios des Etats arabes, dans le cadre de la journée de la presse sportive organisée par l’agence.
L’international tunisien Ali Abdi a remporté le titre de meilleur footballeur de 2025 avec 466 points, devant Hannibal Mejbri, deuxième avec 458 points, tandis que Montassar Talbi s’est classé troisième avec 341 points.
Dans la catégorie de meilleur sportif de l’année, le nageur Ahmed Jaouadi a pris la première place avec 492 points, devant le taekwondoïste Khalil Jendoubi qui a récolté 435 points et l’escrimeur Farès Ferjani (328 points).
Pour sa part, la jeune taekwondo Wafa Masghouni a été plébiscitée meilleure athlète féminine en totalisant 454 points, devançant Mouna Béji (350 points) et Khadija Krimi (330 points).
Dans la catégorie de meilleur sportif paralympique en 2025, la palme est revenue à Amenallah Tissaoui grâce à ses 342 points récoltés. Walid Ktila est, pour sa part, arrivé deuxième avec 271, tandis que Yassine Gharbi est 3e avec 21 points.
Par ailleurs, Raoua Tlili a, une fois encore, été sacrée meilleure sportive paralympique en récoltant 445 points, devant Maroua Brahmi (2e, 313 points) et Raja Jebabli (3e, 246 points).
A noter que 90 journalistes sportifs, 15 entraîneurs de clubs de la Ligue 1 et 24 directeurs techniques de différentes fédérations sportives ont participé au référendum.