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Rencontre à Paris sur les poètes de Tunisie

10. April 2026 um 07:06

L’Institut du Monde Arabe à Paris (IMA) organise, dans le cadre de son programme «Les Samedis de la poésie», une rencontre autour des «Poètes de Tunisie», le 25 avril 2026, de 16h30 à 17h30.

«Méconnue en France, la poésie tunisienne arabophone fait pourtant montre d’une grande richesse depuis les années 1980. Après un passage du néoclassicisme au romantisme puis à des formes modernes, elle adopte vers libre et prose, portée par plusieurs influents poètes majeurs», notent les organisateurs. Ils ajoutent que cette rencontre voudrait attirer l’attention sur la richesse et la vitalité de la poésie tunisienne de langue arabe, particulièrement depuis les années 1980. 

Au début des années 1930, la poésie tunisienne arabophone était brillamment passée, avec Abulkacem Chebbi (1909-1934), du néoclassicisme au romantisme, avant d’évoluer à son propre rythme vers des conceptions plus modernes, sans rompre avec la métrique classique. Ce, avant de suivre la voie tracée par la révolution du langage poétique en Irak et au Liban en adoptant progressivement le vers libre et le poème en prose. 

Outre Abû al-Qassim al-Chabbi, les sept autres poètes choisis comptent sans nul doute parmi les plus novateurs et les plus influents : Habib Zannad (né en 1946), Moncef Ouhaibi (né en 1949), Mohammad Ghozzi (1949-2024), Jamila Méjri (née en 1951), Moncef Mezghanni (né en 1954), Sghaïer Ouled Ahmed (1955-2016) et Amel Moussa (née en 1971).

Une nouvelle séance sera organisée au cours des prochains mois, mettant l’accent sur la création poétique tunisienne arabophone depuis l’an 2000.

La séance, qui sera présentée par Farouk Mardam-Bey,proposera un récital en arabe et en français avec accompagnement musical au qanoun. Les poèmes qui seront lus par Samara Jaad (en arabe) et Marie-Stéphane Cattaneo (en français), sont traduits de l’arabe par Tahar Bekri et extraits de son livre ‘‘Poètes Tunisiens’’ paru l’année dernière aux Editions Nehed. Les lectures seront accompagnées au qanoun par Hend Zouari.

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Tunisie | Hommage à la romancière Souad Guellouz

04. April 2026 um 11:07

La Bibliothèque nationale de Tunisie a organisé, aujourd’hui, samedi 4 avril 2026, une rencontre d’hommage à la mémoire de la poétesse Souad Guellouz décédée le 27 janvier dernier.

Née en 1937 à l’Ariana, Souad Guellouz peut être considérée comme la pionnière du roman féminin de langue française en Tunisie, a noté le poète Tahar Bekri dans sa page Facebook.  

«‘‘La vie simple’’, son premier roman, écrit en 1958, à peine à vingt ans, ne sera publié qu’en 1975, à la MTE, il aura attendu 18 ans pour voir le jour. Je ne sais si l’auteure s’est expliquée là-dessus», a-t-il rappelé. Et d’ajouter : «Roman de la ruralité, les Guellouz sont originaires de Métline, c’est aussi le roman d’émancipation, l’auteure est issue d’un milieu de lettrés, formés à l’école bilingue.»

Enseignante de français au Lycée rue de Russie à Tunis, Guellouz s’est essayée au roman, à la nouvelle et à la poésie. Elle est l’auteure de ‘‘Jardins du nord’’, ‘‘Salammbô’’, 1982, ‘‘Myriam ou le rendez-vous de Beyrouth’’, 1998, et d’un recueil de poésie ‘‘Comme un arc-en-ciel’’, 2003.

«Je ne me souviens pas l’avoir rencontrée, c’est par son frère, feu Si Ezzedine Guellouz, qui fut ambassadeur à l’Unesco, à Paris, et auquel elle dédie le livre, que j’ai entendu parler d’elle . Je l’ai lue, apprenant beaucoup sur le Nord de la Tunisie, étant du sud», note encore Bekri.  

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Beït al-Hikma écarte Tahar Bekri et Moncef Ghachem de «la» poésie francophone de Tunisie

01. April 2026 um 09:34

L’Académie tunisienne des sciences, des lettres, et des arts (Beït al-Hikma) vient d’annoncer l’organisation le 15 avril 2026 d’un colloque portant sur «La poésie francophone de Tunisie». Mais dans l’aréopage poétique qui illustre selon les organisateurs «la» poésie francophone de Tunisie, sont exclus nos deux grands poètes Tahar Bekri et Moncef Ghachem. Un choix difficile à justifier et encore moins à défendre.

Zine Elabidine Hamda *

Le programme proposé au public porte, en effet, sur les œuvres des poètes tunisiens Mohamed Jamoussi, Salah Garmadi, Amina Saïd, Abdelaziz Kacem, du franco-hongrois Lorand Gaspar, résident en Tunisie entre 1970 et 1995 et mort à Paris en 2019, du poète italien, né en Tunisie, Mario Scalesi, mort en 1922 à Palerme et auteur d’un seul recueil, ‘‘Les poèmes d’un Maudit’’ publié à titre posthume, et des membres de l’Académie Hichem Ben Ammar, Kamel Gaha et Samir Marzouki, les deux derniers étant modérateurs du colloque.

L’Académie reste certes dans son rôle quand elle sélectionne les plumes qu’elle juge pertinentes pour ses colloques. Elle peut ignorer des voix montantes comme celles de Fatima Maouia et Mokhtar El Amraoui. Mais écarter Bekri et Ghachem relève, à mon sens, de l’incompréhensible.

Que ne faut-il pas pour être invisibilisé ?

Faut-il rappeler à nos éminents académiciens que Moncef Ghachem est un des pionniers de la poésie tunisienne en langue française ? Ses recueils de poésie qui chantent, qui crient plutôt, la mer de Mahdia, sa ville natale, la terre tunisienne, ses lieux sublimes, ses paysages et ses hommes, ses affres et sa résilience, sont traduits dans plusieurs langues. Il est détenteur du Prix Albert-Camus (1994), lauréat de la mention spéciale du Prix international de poésie de langue française Léopold Sédar Senghor pour l’ensemble de son œuvre(2006). Il a été fait Chevalier de l’Ordre des palmes académiques françaises en 1993 et est détenteur du Cordon culturel du président de la République tunisienne (1994). Que ne faut-il pas pour être invisibilisé ?

Voix libres de tous les combats

Tahar Bekri, quant à lui, continue de briller de mille feux. Il vient de sortir deux nouvelles œuvres, ‘‘Je te revois, père’’ (Bruxelles, Asmodée Edern, 2026), livre autobiographique en prose poétique et une anthologie de ‘‘Poètes tunisiens : textes choisis, traduits de l’arabe’’ (Tunis, Nehed). Après une thèse sur l’Algérien Malek Haddad, il traduit Abul Kacem Chebbi et Mahmoud Darwish. Du lieu de son exil forcé par le régime despotique de Bourguiba, après une courte incarcération injuste, il n’a cessé de chanter dans ses recueils de poésie la Tunisie, sa terre natale, ses maux et ses espérances. Sa voix libre a été de tous les combats pour les libertés en Tunisie, pour l’indépendance de la Palestine, pour les causes d’émancipation des Africains et des Sud-Américains.

Son œuvre prolifique, dans les deux langues française et arabe, est éditée en Tunisie, en France, en Belgique et au Canada. Elle est traduite en plusieurs langues en Allemagne, en Russie, en Turquie, en Italie, au Portugal, en Espagne, en Islande, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Elle fait l’objet de colloques, de recherches académiques en Tunisie, en France, en Italie, au Canada, au Danemark.

En Tunisie, la Faculté des lettres et sciences humaines de Sfax, qui figure bien dans le paysage académique tunisien, lui a consacré, les 2 et 3 mars 2017, un colloque international sous le titre «Géopolitique de l’œuvre de Tahar Bekri», dont Kapitalis a rendu compte dans son édition du 25 février de la même année.

Tahar Bekri figure dans l’anthologie ‘‘French Poetry: The Yale Anthology of Twentieth-Century’’, New Haven, Yale University Press, 2004. Membre de l’Union des écrivains tunisiens, détenteur de l’ordre du Mérite culturel de la République tunisienne (1993), Tahar Bekri est récompensé du Prix international de littérature francophone Benjamin Fondane (2018). Il est le seul poète tunisien à être consacré en 2019 par l’Académie française qui lui décerne le prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises. En 2022, il devient membre de la plus ancienne académie de poésie en France (fondée en 1323), l’Académie des Jeux floraux.

Deux parcours étincelants

L’Académie Beït al-Hikma ignore-t-elle ces deux parcours étincelants qui honorent la Tunisie et les Tunisiens dans le monde par leur modestie et la grandeur de leurs écrits ? J’en doute fort connaissant les membres du Département des Lettres de Beït al-Hikma. Il est vrai que la sagesse de cette auguste institution s’intéresse davantage, depuis quelque temps, au questionnement du Code du statut personnel et de la promotion des finances islamiques qu’aux questions lancinantes relatives à la liberté et à la justice que soulèvent les plumes tunisiennes.

Que ces mots rendent hommage à nos deux poètes illustres invisibilisés. C’est aussi à cela que sert la liberté d’expression.

* Journaliste et écrivain.

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Tahar Bekri | De l’errance et la sérénité

30. März 2026 um 07:10

D’un bout à l’autre du dernier recueil de Tahar Bekri, ‘‘Le battement des années’’, le lecteur est invité à suivre, pas à pas, une sorte de déambulation à travers un Paris transformé par l’imagination créatrice du poète en un lieu correspondant parfaitement à son état d’âme. Cette promenade est loin d’être celle d’un touriste à la recherche du pittoresque. Les lieux parisiens sont plutôt transfigurés par le regard d’un poète en quête du plus profond de lui-même, dans un espace intime, dans lequel il fut contraint de passer une grande partie de sa vie, d’une part et d’autre, ces mêmes lieux renferment tant de mystère, ne cessent de l’interpeller.

Moncef Machta *

Il s’agit donc d’une poésie de l’errance qui rappelle cet accent lyrique dans le vers de Guillaume Apollinaire, extrait de ‘‘La chanson du mal-aimé’’ :

«J’erre à travers mon beau Paris sans avoir le cœur d’y mourir».

Cette errance semble n’avoir aucune motivation particulière, à part celle mobilisée par l’état d’âme du poète qui éprouve un profond sentiment de mal-être, d’être, en quelque sorte, dans l’entrave, dans l’impossibilité de prendre son élan, de revenir sur les mêmes lieux, les mêmes rues, les mêmes monuments :

«D’une rue à l’autre

 L’errance jamais souveraine »

Nous découvrions les mêmes lieux

Les mêmes devantures les mêmes portes »

Nous déambulions».

Le poète est comme empêché dans son mouvement, se compare aux péniches qui longent la Seine, fixées au bord, enchainées à l’ancre :

«Les péniches qui vont et viennent

Les cordes qui nous enchainent à l’ancre ».

Les lieux de la déambulation sont nommés, les uns après les autres, tantôt ils ont une consonance particulière ; «Rue Gît-le-Cœur », «Rue Saint-André des arts», tantôt, ils font référence à des artistes, comme Picasso et son atelier. Les lieux se réfèrent aussi à l’Histoire, au nom ancien de la capitale : «A Lutèce». Le passé surgit du fin fond de l’Histoire.

D’autres lieux se référent à des personnages historiques ; comme Voltaire, Bonaparte ou à des poètes comme Apollinaire, Victor Hugo, Verlaine ou Baudelaire, Sartre et Simone de Beauvoir, Rimbaud, le poète aux semelles de vent. A travers cette errance, le poète met ses pas dans les leurs, va sur leur trace dans les lieux qu’ils avaient fréquentés.

Au hasard de la déambulation, il va à la rencontrer du marchand de châles de Russie, et c’est l’occasion de s’évader vers les terres lointaines, les paysages du Nord, cela, à la simple vue d’objets sur les étals :

«Poils de chèvres cachemire de laine

Petrouchka chapka gants

Et peaux de rennes  

D’étal en étal

Nous abolissions les frontières»

Cette écriture représente les différents visages du poète. Le poème se veut à la fois, une traversée dans le besoin de rejoindre l’autre et dans le même temps, un pont qui permet de rejoindre l’autre rive. Le poète est, de ce fait, tantôt celui qui agit, tantôt, celui qui regarde agir. Il est aussi bien celui qui se laisse porter par les flots, que celui qui tient le gouvernail. Il est celui qui se définit par son caractère aérien qui lui permet de maintenir la tête hors de l’eau que celui qui renonce à poursuivre sa route, de peur d’être englouti par les flots.

La peur de ne plus se retrouver

A travers cette errance, le poète nous révèle la crainte de perdre ses repères jusqu’à ne plus se reconnaître, ni reconnaître le monde qui l’entoure. C’est la peur de ne plus être en mesure de reconnaître les choses les plus familières. Cette difficulté se traduit par la récurrence de tous les termes en rapport à une certaine difficulté à retrouver les repères, voire, les nommer : «nommer les arbres sans les reconnaître». Récurrence des termes en rapport à la mémoire et à l’amnésie : «Marcher sur l’oubli», titre d’un autre recueil.

Il se produit ainsi une véritable course éperdue à la recherche du mot juste, à même de traduire, de définir avec exactitude les sensations qu’il éprouve. D’où cet inventaire de mots qui expriment ce dont on est incapable d’exprimer :

«Mots qui tombent

Comme des pétales dans la rue»

La quête d’un paradis perdu

Mais le poète se rend compte qu’en définitive, tous les mots qu’il recherche ne font que converger vers ce qui est susceptible de fonder son être, à savoir, le pays natal. Et là, ce sont les retrouvailles heureuses avec Gabès, la ville qui l’a fait naître. Evocation de son enfance et des palmiers de son grand-père : «Je te retrouve». Un îlot, un havre, un espace de quiétude, plein de sensations susceptibles de mobiliser tous ses sens. Chaleur et lumière du couchant, paix, silence, frémissement des arbres, odeur de henné. De là, des envolées lyriques s’adressant aux éléments comme s’ils étaient des êtres vivants : «De quelle mélancolie es-tu faite, terre ?», «Je reviens te voir, jardin».

Le désir de retrouvaille avec le pays natal est associé à la douleur ressentie devant les atteintes portées par l’homme à la nature. Il semble trembler devant les dégâts subis par la palmeraie, dus à la pollution causée par l’industrie chimique.

L’évocation, d’une part, de moments de bonheur marqués par «l’allégresse juvénile» et d’autre, de moments plus douloureux marqués par la maladie de la mère : «Mère souffrante et douleur retenue». Il y a comme une jonction dans la douleur, la souffrance :

«Voici la mer qui vomit ses algues

Tant de sables alourdis d’huile gluante»

Ce qu’il souhaite, par contre, c’est de retrouver sa terre natale par les étés brûlants, la mer «sans algues gluantes, sans soufre, sans fumées» noires ou jaunes.

Le battement des années

En définitive, toute cette quête se trouve constamment travaillée par le rythme des années qui passent, dont les résonances se font au plus profond de soi. Les «battements des années» sont associés au rythme du cœur, «vibrant de mille mélancolies», où la liberté est toujours présente. Ils rappellent les battements d’ailes d’un oiseau, à la recherche d’un envol qui déploie une grande sérénité, une ouverture sur le monde.

Le recueil est une poésie qui invite à la contemplation, qui résiste au fracas du monde, appelle à la dimension solaire, empreinte de clarté, laissant de côté ce qui a trait au brouillard et à la confusion. C’est une poésie où la mélancolie et l’écriture de l’exil opposent à la tourmente, un besoin de paix verlainienne, qui n’est pas loin de rappeler ses vers :

«Le ciel est par-dessus le toit

Si bleu si calme».

* Universitaire

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