Grâce à une récolte 2025-2026 annoncée comme l’une des plus abondantes de ces dernières années, malgré la crise climatique qui a frappé aussi l’Europe, la Tunisie est en passe de devenir le deuxième producteur mondial d’huile d’olive, derrière l’Espagne, mais devant l’Italie.
Le Financial Times rapporte que la Tunisie est en passe de dépasser l’Italie, avec des estimations de récolte oscillant entre 380 000 et 400 000 tonnes, et des projections sectorielles atteignant jusqu’à 500 000 tonnes.
Le quotidien britannique explique cette progression dans le classement par l’effet combiné de facteurs conjoncturels et structurels : des précipitations favorables et des prix internationaux élevés ont stimulé la production, tandis que ses principaux concurrents méditerranéens ont souffert de sécheresse et de stress climatique ces dernières années.
Le Financial Times note également que les prix du pétrole ont culminé autour de 10 000 dollars la tonne, renforçant l’intérêt pour les approvisionnements tunisiens dans un contexte d’approvisionnement plus incertain en Europe du Sud.
Structurellement, la Tunisie possède un atout majeur : un secteur oléicole très vaste et étendu. Les données techniques tunisiennes indiquent une superficie oléicole estimée à environ 2 millions d’hectares, avec près de 107 millions d’arbres, une masse critique qui permet au pays de profiter rapidement des années fastes du cycle alterné de l’olivier.
Cependant, la question de la valeur ajoutée reste posée. La quasi-totalité de l’huile tunisienne continue d’être exportée en vrac et mélangée ou reconditionnée sur les marchés de destination, notamment en Europe.
Une étude estime qu’environ 90 % de la production annuelle moyenne est exportée non embouteillée, en raison de contraintes liées au crédit, aux installations d’emballage, au stockage et à la concentration du marché entre les mains de quelques grands acteurs.
Au niveau international, la FAO indique également qu’après le pic des prix début 2024 et la normalisation subséquente avec la reprise de l’offre, le marché de l’huile d’olive reste exposé à la volatilité et aux risques climatiques. Elle prévoit toutefois une production mondiale globalement stable et une croissance des échanges pour 2025-2026.
Si les données finales de la campagne confirment que la Tunisie accède à la deuxième place mondiale, cela constituerait une réussite majeure pour un pays qui dépend des exportations agroalimentaires pour ses devises.
Cependant, selon les observateurs, la pérennité de cet avantage dépendra de la capacité à transformer cette production record en une rentabilité accrue tout au long de la chaîne d’approvisionnement, grâce à un conditionnement renforcé, au développement de la marque et à des investissements dans la logistique et la résilience climatique. Et c’est à ces niveaux-là que la Tunisie a encore des progrès à faire face à ses principaux concurrents européens, afin que la hausse de la production puisse être conjuguée à une hausse des recettes.
Le taux d’inflation en Tunisie pour l’ensemble de l’année 2025 a reculé pour s’établir à 5,3 %, contre 7% en 2024, selon l’Indice des prix à la consommation pour décembre 2025, publié lundi 5 janvier 2025 par l’Institut national de la statistique (INS).
D’après la même source, le taux d’inflation s’est stabilisé à 4,9%, au mois de décembre 2025, par rapport au mois précédent, stabilité expliquée par l’accélération du rythme d’évolution des prix du groupe «Alimentation» (6,1% en décembre 2025 contre 5,8% en novembre 2025) et d’autre part par le ralentissement du rythme d’évolution des prix du groupe «Services de restauration, cafés et hôtels» (6% en décembre 2025 contre 6,2% en novembre 2025).
En glissement annuel, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 6,1%, augmentation est principalement expliquée par la hausse des prix de la viande d’agneau (+17,3%), des fruits frais (+16%), des légumes frais (+14%), de la viande bovine (+10,6%) et des poissons frais (+9,9%). En revanche, les prix des huiles alimentaires ont baissé de 14,8%.
Sur un an, les prix des produits manufacturés ont connu une augmentation de 4,9% en raison de la hausse des prix des produits de l’habillement et chaussures (+9,1%) et des produits d’entretien courant du foyer (+5,1%).
Pour les services, l’augmentation des prix est de 3,9% sur un an, principalement expliquée par l’augmentation des prix des services d’hébergement (+11,6%).
En décembre 2025, le taux d’inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergie) a baissé pour s’établir à 4,9% après 5% le mois précédent. Les prix des produits libres (non encadrés) ont cru de 6,1% sur un an. Les prix des produits encadrés ont augmenté de 0,8%. Les produits alimentaires libres ont connu une hausse de 7% contre 0,3% pour les produits alimentaires à prix encadrés.
Hausse de 0,2% des prix à la consommation
Au mois de décembre 2025, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,2%, par rapport à novembre 2025.
Cette hausse est principalement due à l’augmentation des prix du groupe «Habillement et chaussures» (+1,7%) et du groupe «Services de restauration, cafés et hôtellerie» (+0,6%), tandis que les prix du groupe «Alimentation» ont diminué de 0,2%.
Sur un mois, les prix du groupe des produits alimentaires ont diminué de 0,2%, en raison de la baisse des prix des huiles alimentaires (-2,4%), des légumes (-2%) et de la volaille (-0,8%). En revanche, les prix des fruits frais ont augmenté de 2,7% et ceux des poissons frais de 0,8%.
Les prix des produits du groupe «Habillement et chaussures» ont augmenté de 1,7% en raison de la hausse des prix des articles d’habillement (+1,9%) et ceux des chaussures (+1,6%). Ceux du groupe «Service restaurants, cafés et hôtels» ont évolué de 0,6%, en raison de l’augmentation des prix des services d’hébergement (+2,8%).
Contribution à l’inflation par secteur et par régime
Le groupe «Produits manufacturés» et le groupe «Services» sont les secteurs ayant apporté la plus forte contribution à l’inflation globale soit respectivement 1,9% et 1,3%.
Par régime les groupes «Non alimentaire libre» et «Alimentaire libre» ont apporté la plus forte contribution à l’inflation soit respectivement 3,1% et 1,6%.
La municipalité de Sousse inaugurera officiellement, le samedi 10 janvier 2026, à 14 heures, la Place Garibaldi et la Rue Victor Hugo, situées dans le quartier historique de Gabadji Grandi, au terme d’un processus de réaménagement urbain participatif.
La cérémonie d’inauguration se tiendra en présence de représentants des autorités nationales et locales, ainsi que de l’ambassadeur de Suisse pour la Tunisie et la Libye, Josef Renggli, et l’ambassadeur du Canada en Tunisie, Alexandre Bilodeau.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Femmedina, la municipalité de Sousse et Cities Alliance, avec le soutien des coopérations suisse et canadienne en Tunisie.
La transformation de la Place Garibaldi et de la Rue Victor Hugo incarne une nouvelle manière de concevoir l’espace public, fondée sur l’écoute, la participation et l’inclusion.
À travers des ateliers de cocréation, des marches exploratoires de sécurité, des cartographies communautaires et des consultations de proximité, les femmes du quartier, commerçantes, habitantes, artisanes, mères de famille, ont activement contribué à définir les usages, les priorités et l’identité de ces espaces.
Résultat de ce projet : un espace public sécurisé grâce à un éclairage renforcé, accessible à toutes et à tous, y compris les personnes à mobilité réduite. Il promeut l’autonomisation économique des femmes par la valorisation des activités locales, et s’équipe de mobilier urbain adapté, de zones de repos et d’échanges. Conçu comme un lieu de vie, de culture et de convivialité au cœur de la médina, il incarne l’inclusion et le dynamisme communautaire.
Symbole de cohésion sociale et d’inclusion
Longtemps utilisé comme espace de transit ou de stationnement, le site devient aujourd’hui un lieu de rencontre intergénérationnel, un espace de détente pour les familles, et un point de connexion entre la médina et la façade maritime de Sousse.
«Cette place n’est plus un espace que l’on traverse, mais un espace que l’on habite», témoigne une commerçante du quartier ayant participé au processus.
La Place Garibaldi devient ainsi un symbole de dignité, de visibilité et de reconnaissance du rôle des femmes dans la ville, tout en bénéficiant à l’ensemble de la communauté.
L’urbanisme comme levier d’égalité
Mis en œuvre par Cities Alliance, qui est hébergée par le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (Unops), le programme Femmedina vise à intégrer systématiquement les besoins des femmes dans la planification urbaine des médinas tunisiennes.
À Sousse, comme à Mahdia, Msaken et Kairouan, le programme démontre qu’un urbanisme participatif et sensible au genre permet de renforcer la qualité de vie, la sécurité, la cohésion sociale et la durabilité des investissements publics.
L’expérience de Gabadji constitue aujourd’hui une référence nationale, appelée à être reproduite dans d’autres villes tunisiennes.
Sur un marché automobile en pleine mutation, où performances commerciales, innovation et engagement responsable redéfinissent les standards, l’événement ‘Les Victoires de l’Automobile’ se propose de valoriser des marques et des concessionnaires qui ont marqué l’année.
Le 23 janvier 2026, l’ensemble de l’écosystème automobile se réunira de nouveau à Tunis autour de ce ‘Victoires’ pour célébrer les acteurs qui se sont distingués au cours de l’année écoulée par leurs performances, leur capacité d’innovation et leur engagement durable.
Organisée par deux spécialistes de la communication automobile, Hédi Hamdi et Sadri Skander, cette manifestation s’impose comme le rendez-vous annuel du secteur, portée par la crédibilité et la transparence de son processus d’attribution des trophées ainsi que par la rigueur et la profondeur de l’étude annuelle qui l’accompagne.
Les marques qui se distinguent
Conçu comme un concept structurant pour le marché, ‘Les Victoires de l’Automobile’ reposent sur l’attribution de trophées destinés à distinguer les marques automobiles dans plusieurs domaines clés. Les distinctions s’articulent autour de trois grandes catégories, couvrant à la fois les performances commerciales, l’expérience client et l’excellence globale des acteurs du marché.
La première catégorie mettra à l’honneur les réalisations commerciales des marques automobiles, en valorisant leur dynamique de croissance et leur capacité à répondre aux attentes du marché tunisien au cours de l’année écoulée.
La deuxième catégorie reposera sur des trophées issus d’enquêtes d’évaluation menées par des cabinets spécialisés, selon des méthodologies rigoureuses et en toute neutralité. Ces distinctions récompensent notamment la qualité des showrooms, l’excellence de l’expérience client, la performance sur les réseaux sociaux, l’ergonomie et l’efficacité des sites internet, la pertinence des applications mobiles ainsi que les performances boursières.
La troisième catégorie distinguera les marques les plus engagées et les plus vertueuses. Ces prix saluent l’engagement écologique, les démarches de responsabilité sociétale des entreprises, ainsi que l’excellence opérationnelle, devenue un levier stratégique majeur.
Les organisateurs de l’événement tiennent à souligner que l’attribution des trophées repose sur des critères de crédibilité, d’objectivité et de transparence. «Les Victoires de l’Automobile ont été pensées pour récompenser le mérite réel des marques, sur la base de données fiables, d’analyses indépendantes et de processus transparents. Les distinctions sont aujourd’hui reconnues comme une référence par l’ensemble des professionnels du marché», expliquent-ils.
Parmi les partenaires majeurs engagés dans l’événement, on citera Attijari bank Tunisie, acteur financier de référence est également partie-prenante, confirmant ainsi son engagement constant en faveur de l’accompagnement des opérateurs économiques, notamment à travers sa filiale spécialisée Attijari Leasing.
L’Observatoire de l’Automobile
Au-delà de la remise des trophées, « Les Victoires de l’Automobile » constituent également un temps fort de réflexion stratégique avec la présentation des résultats de l’Observatoire de l’Automobile. Il s’agit d’une enquête de perception du marché automobile en Tunisie, réalisée par le cabinet Emrhod Consulting pour le compte des Victoires de l’Automobile, qui s’appuie sur un large échantillon représentatif de la population.
Véritable baromètre exclusif du marché, l’Observatoire analyse les intentions d’achat, les grandes tendances du secteur, les préférences des consommateurs et leur perception des innovations en matière de mobilité, offrant ainsi une lecture approfondie et prospective du marché automobile tunisien.
Pour Pascal Boniface, auteur de ‘‘Permis de tuer : Gaza, génocide, négationnisme et hasbara’’ (éditions Max Milo, Paris, 25 avril 2025), le silence sur le génocide perpétré par Israël à Gaza est un danger moral et juridique. «Bombarder une population civile sous blocus est non seulement un crime de guerre, mais cela relève d’un risque génocidaire que la communauté internationale se doit de prévenir», écrit-il.
Djamal Guettala
Depuis le 8 octobre 2023, Gaza vit sous un bombardement quotidien. Les frappes israéliennes touchent indistinctement civils et infrastructures, dans un territoire confiné, soumis à un blocus presque total. Les témoignages sont terrifiants : des enfants mutilés, des corps déchiquetés, des hôpitaux saturés et des maisons réduites en ruines. Dans les écoles, des enseignants racontent devoir improviser des cours dans des caves, pour protéger les enfants des explosions. «Chaque jour, je me demande si mes élèves reviendront à la classe le lendemain», confie une enseignante de Gaza, sous couvert d’anonymat.
Un danger moral et juridique
Pour Pascal Boniface, directeur de l’IRIS et auteur de ‘‘Permis de tuer : Gaza, génocide, négationnisme et hasbara’’, ce silence est un danger moral et juridique. «Bombarder une population civile sous blocus est non seulement un crime de guerre, mais cela relève d’un risque génocidaire que la communauté internationale se doit de prévenir», écrit-il.
Le droit international, imparfait mais progressif, existe pour protéger les populations. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Conventions de Genève, la Convention sur le génocide de 1948 et la Déclaration universelle des droits de l’homme posent des principes clairs : la guerre ne peut justifier l’extermination ou la privation totale d’un peuple. Pourtant, le droit est régulièrement foulé aux pieds, notamment par ceux-là mêmes qui en sont à l’origine.
Le livre de Boniface souligne la contradiction des puissances occidentales. Pendant la guerre en Ukraine, les bombardements sur des civils et la conquête illégale de territoires par la force ont suscité une indignation quasi unanime. Mais pour Gaza, ces mêmes standards sont oubliés. «Ceux qui dénoncent ce massacre sont accusés d’antisémitisme, tandis que les auteurs sont protégés», note l’auteur. Cette inversion morale, insiste-t-il, contribue à la banalisation d’une violence extrême et à l’impunité d’Israël, pourtant soumis aux obligations d’une puissance occupante.
L’ouvrage rappelle l’histoire : la création d’Israël en 1948, votée par l’Onu, visait à protéger les Juifs d’un nouvel holocauste et à instaurer une démocratie au Proche-Orient. Mais les guerres de 1948 et 1967 ont considérablement étendu son territoire, violant la norme du droit international qui interdit l’acquisition de territoires par la force.
La résolution 242 du Conseil de sécurité, exigeant un retrait d’Israël des territoires occupés, n’a jamais été mise en œuvre.
Sous blocus, toute fuite est impossible
Depuis, les conséquences humanitaires se sont aggravées. Gaza, territoire de 365 km², abrite près de 2 millions de personnes. Sous blocus, toute fuite est impossible. Les infrastructures sont détruites : un responsable humanitaire raconte comment «certaines familles passent des jours sans eau potable, avec des blessés graves impossibles à évacuer vers un hôpital fonctionnel».
Dans ce contexte, le droit humanitaire est bafoué, et le silence des médias internationaux rend ce crime invisible pour beaucoup.
Inverser la responsabilité et masquer le drame humain.
Boniface analyse également la dimension de la communication politique, la hasbara israélienne, qui vise à justifier ou minimiser ces actions. En France, tout critique est rapidement accusé d’antisémitisme. Selon l’auteur, cette tactique transforme ceux qui dénoncent en coupables symboliques, inversant la responsabilité et masquant le drame humain.
Le livre insiste sur l’importance d’agir avant qu’il ne soit trop tard. La Convention de 1948 prévoit que les États signataires doivent prévenir le génocide, et pas seulement le punir après coup. Le risque à Gaza, largement documenté par les Nations unies et les ONG, aurait dû déclencher une réaction internationale plus ferme. Le silence ou l’inaction est une forme de complicité.
Boniface se positionne comme journaliste et citoyen : il n’est ni pro-palestinien ni anti-israélien, mais pro-droit international. Il soutient la solution des deux États, Israël et Palestine dans les frontières sûres de 1967, et insiste sur le respect du droit plutôt que sur l’allégeance politique. «La morale peut être à géométrie variable – chacun a la sienne, le Hamas comme Netanyahou. Pas la règle de droit», écrit-il.
Au-delà des analyses géopolitiques, le livre expose l’impact humain. Les témoignages de Gaza décrivent la vie quotidienne comme un enfer permanent : enfants qui dorment sur des matelas par terre, familles entières réfugiées dans des sous-sols, blessures non soignées, amputations pratiquées sans anesthésie, angoisse constante de nouvelles frappes. Ces images, diffusées mais souvent ignorées par les médias mainstream, mettent en évidence l’urgence morale et politique.
Pour Boniface, se taire n’est pas une option. Le journaliste, le citoyen et l’État ont une responsabilité : refuser de fermer les yeux face à la violence extrême et à l’impunité. Ignorer le droit ou justifier sa violation au nom d’alliances stratégiques revient à légitimer la barbarie.
Permis de tuer est donc un appel à la conscience collective : face à l’injustice et au crime, le silence n’est jamais neutre. Dans un monde globalisé, où la force prime encore sur le droit, l’action, la vigilance et la parole deviennent les seuls moyens pour limiter la barbarie et protéger l’humanité. Pascal Boniface y rappelle que le choix n’est pas entre Israéliens et Palestiniens, mais entre droit et arbitraire, morale et complicité par le silence.
Pour ceux qui suivent l’actualité du Proche-Orient, ce livre est bien plus qu’une analyse géopolitique : c’est une pièce essentielle pour comprendre Gaza, un avertissement sur le prix humain de l’impunité et un manifeste pour que la voix de la conscience publique ne se taise jamais.
Lors de mon second voyage en Chine en l’espace de 15 ans, j’ai été agréablement surpris par l’évolution remarquable de ce grand pays dans de nombreux domaines, que ce soit en termes de développement économique, technologique ou relatif à l’infrastructure et dans la manière dont les Chinois perçoivent et interagissent avec la Tunisie et les Tunisiens. (Ph. China Shanghai Yuyuan Garden City / Canton Fair).
Lotfi Sahli
Cette connaissance accrue de notre pays est évidente, notamment à travers les informations demandées lors de l’octroi du visa pour la Chine. Les autorités et les entreprises chinoises semblent de plus en plus conscientes du rôle stratégique que peut jouer la Tunisie dans le commerce international.
En exploitant ces synergies, des secteurs clés comme les énergies renouvelables, la fabrication et la logistique pourraient bénéficier d’une innovation accrue et d’une croissance soutenue. Cela permettrait à la Tunisie de moderniser son économie, diversifier ses ressources et répondre aux exigences du développement durable.
Une intégration accrue dans l’initiative du programme de la route de la soie offrirait à la Tunisie une meilleure visibilité internationale et un rôle stratégique dans le commerce mondial.
En alignant ses priorités économiques sur celles de la Chine, la Tunisie pourrait consolider sa position en tant que partenaire privilégié, favorisant ainsi des retombées positives pour elle-même et pour ses partenaires africains.
La Tunisie, une passerelle stratégique
Les Chinois savent que les produits fabriqués en Tunisie, portant le label Made in Tunisia, peuvent pénétrer le marché européen sans barrières douanières grâce aux accords préférentiels entre la Tunisie et l’Union européenne. Cela ouvre des perspectives intéressantes pour les investisseurs chinois, qui voient en la Tunisie une plate-forme idéale pour contourner certains obstacles commerciaux et accéder à des marchés à fort potentiel.
De plus, les Chinois encouragent un taux d’intégration raisonnable dans les produits tunisiens, ce qui permet non seulement d’accroître leur valeur ajoutée locale, mais aussi de répondre aux exigences des marchés internationaux, notamment européens et américains.
Dans le contexte du retour d’une administration américaine favorable à un protectionnisme accru, marquée par l’annonce de hausses significatives des droits de douane sur les importations chinoises, ces opportunités deviennent encore plus stratégiques. La Tunisie pourrait ainsi se positionner comme un partenaire clé, offrant une plate-forme de production et de transformation permettant un accès plus compétitif et sécurisé aux marchés européen et nord-américain.
Cette coopération pourrait ainsi non seulement renforcer les échanges économiques entre nos deux pays, mais également contribuer à une modernisation des secteurs industriels tunisiens. Elle incarne un modèle de partenariat gagnant-gagnant, où la Tunisie sert de passerelle entre la Chine et le reste du monde, tout en consolidant son propre développement économique.
Depuis quelques années, une théorie séduisante mais pernicieuse émerge dans certains cercles stratégiques occidentaux : la «Théorie Donroe» (1), qui postule que certains États ou régions, en raison de facteurs culturels, historiques ou religieux structurels, seraient «incapables» d’accéder à une démocratie stable ou à une souveraineté pleine sans supervision extérieure. Présentée comme un réalisme géopolitique éclairé, cette théorie n’est en réalité qu’un habillage savant d’un vieux réflexe colonial : le «déni d’égalité politique universelle». L’affaire du Venezuela, avec la tentative de renversement reconnu par une partie de la communauté internationale, en est une illustration flagrante, mais on en trouve les prémisses dans les discours sur le Monde arabe, l’Afrique ou l’Asie centrale.
Abdelhamid Larguèche *
I. Les présupposés philosophiques d’une régression
La Théorie Donroe repose sur trois piliers philosophiques malsains :
1. Le culturalisme déterministe qui essentialise les peuples et les cultures, leur assignant une trajectoire politique fixe. Comme le soulignait déjà Emmanuel Todd dans ‘‘Après l’empire’’, cette tendance à figer les civilisations est un symptôme de l’affaiblissement de l’Occident, qui, ne parvenant plus à imposer son modèle par la simple force, le fait désormais par le discours de l’«incapacité native». Ce déterminisme nie la possibilité de l’événement politique – au sens d’Alain Badiou, c’est-à-dire de la rupture historique par laquelle un peuple invente sa propre forme d’émancipation.
2. L’universalisme asymétrique : sous couvert de défendre des valeurs universelles (démocratie, droits humains), cette théorie en réserve l’application aux seuls peuples «éligibles», jugés selon des critères opaques définis par les puissances dominantes. Badiou y verrait une «trahison de l’idée même d’universalité» : l’universel ne se décrète pas depuis un centre, il se conquiert dans la singularité des luttes.
3. La négation de la souveraineté comme concept vide : pour les tenants de la Théorie Donroe, la souveraineté des États «faillis» ou «immatures» serait un concept dépassé, justifiant des interventions sous formes variées : ingérences humanitaires, sanctions ciblées, soutien à des oppositions, jusqu’à la reconnaissance de présidents autoproclamés. Cette posture revient à «institutionnaliser l’état d’exception géopolitique».
II- L’application géopolitique : un impérialisme de l’urgence permanente
Sur le terrain, la Théorie Donroe sert à légitimer une gamme d’actions qui violent le droit international tout en prétendant le servir :
– «La délégitimation systématique» : tout régime qui résiste à l’alignement géopolitique occidental est progressivement étiqueté comme «illégitime», «autoritaire» ou «défaillant». Le Venezuela de Maduro, la Syrie d’Assad, ou encore la Biélorussie de Loukachenko deviennent ainsi des cibles désignées, non pas nécessairement pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils «symbolisent» : une résistance à l’ordre libéral-atlantiste.
– L’ingérence comme norme : le «droit d’ingérence» mute en «devoir d’ingérence» pour les États «responsables». Cette logique a été poussée à son paroxysme dans la tentative de changement de régime au Venezuela en 2019, où les États-Unis et plusieurs alliés ont reconnu un président parallèle sans élection, au nom de la «restauration démocratique».
– La criminalisation de la résistance : tout État qui défend sa souveraineté face à ces pressions est accusé de «nationalisme déviant» ou de «populisme rétrograde». La Théorie Donroe fournit ainsi un lexique commode pour diaboliser la résistance à l’hégémonie.
III- Les conséquences : un monde moins stable, moins libre, moins juste
L’application de cette théorie produit des effets contraires à ses prétentions :
1. Destabilisation régionale : les interventions menées au nom du «salut démocratique» génèrent souvent du chaos, des guerres civiles et des flux migratoires. L’exemple libyen, après 2011, est une tragique démonstration de ce scénario.
2. Renforcement des régimes autoritaires : sous la menace permanente d’une ingérence, les régimes ciblés se durcissent, mobilisent le nationalisme comme bouclier et répriment toute opposition interne perçue comme une «cinquième colonne».
3. Érosion de l’ordre international : en sapant le principe de souveraineté, pilier de la Charte de l’Onu, cette théorie ouvre la voie à un monde de puissances rivales où chaque bloc justifiera ses ingérences par sa propre «exception». Nous risquons de basculer dans une «jungle normative», où le droit n’est plus que l’instrument du plus fort.
4. Trahison des peuples : en niant aux peuples leur capacité à écrire leur propre histoire, on les infantilise et on étouffe dans l’œuf les véritables mouvements d’émancipation locaux, qui ne sauraient être réduits à une imitation du modèle occidental.
IV- Pour un universalisme de l’émancipation, contre un universalisme de la tutelle
Il est urgent d’opposer à la Théorie Donroe une autre vision du monde, fondée sur :
– L’égalité politique inconditionnelle : tout peuple, quelle que soit sa culture ou son histoire, est présumé capable de se gouverner et de choisir son destin. C’est le principe de base de l’auto-détermination.
– La non-ingérence comme éthique minimale : le respect scrupuleux de la souveraineté n’est pas un relativisme moral, mais la condition nécessaire pour que les changements soient durables et légitimes.
– La solidarité des luttes singulières : plutôt que d’imposer un modèle, il s’agit de soutenir les forces progressistes et démocratiques «là où elles émergent», à leur rythme et selon leurs modalités propres, comme le suggère une lecture attentive de Badiou sur l’«idée» et de Todd sur la nécessaire «décentralisation du monde».
– «Un multilatéralisme authentique» : refonder les institutions internationales pour qu’elles ne soient plus le lieu où les puissances légitiment leurs interventions, mais l’espace où se construisent des compromis entre égaux.
V- Refuser le primitivisme savant
La Théorie Donroe est un retour en arrière masqué en avancée conceptuelle. Sous des atours scientifiques, elle réactive le vieux mythe de la «mission civilisatrice». Face à cela, la tâche de la pensée critique est de démasquer cette fiction et de rappeler, avec force, que «la liberté ne s’exporte pas, elle se conquiert de l’intérieur».
Le Venezuela, comme d’autres pays pris dans l’étau de ces théories, nous rappelle une évidence trop souvent oubliée : un peuple n’a pas besoin de tuteurs pour être libre ; il a besoin de respect, de temps et du droit à l’expérimentation politique – y compris celui de se tromper et de se corriger lui-même.
C’est seulement en renonçant à cette arrogance théorique que nous pourrons espérer construire un monde commun, où la diversité des chemins ne sera plus perçue comme une menace, mais comme la richesse de l’humanité politique en mouvement.
* Historien.
1- Le terme «Théorie Donroe» est une construction fictive vulgarisée par les médias, utile pour critiquer un courant de pensée réel qui, sous divers noms et formes, a justifié l’ingérence, l’interventionnisme et le déni de souveraineté au nom de la démocratie, de la stabilité ou des droits humains ou tout simplement des intérêts stratégiques. Cette théorie de Monroe née aux USA en 1823, revient en force sous une version nouvelle.
Imaginez un instant le fantôme de Simón Bolívar errant dans les rues de Caracas, témoin muet d’un renversement du sens de l’histoire, le libérateur de 1813 contemplant l’extraction du dirigeant qui se proclame son héritier, emporté par une puissance étrangère. La scène dépasse la provocation symbolique. Elle dit la dissonance d’une époque où l’indépendance, conquise au nom de la souveraineté des peuples, se voit réinterprétée à l’aune d’une doctrine de domination qui se dispense des formes. Ce n’est plus seulement une transgression ; c’est le retour d’un impérialisme qui se drape dans les habits du droit pour mieux fragiliser l’architecture normative qu’il prétend défendre. Comme l’avait pressenti Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme, la banalisation de l’exception finit par transformer la violence en routine administrative — et la routine en horizon politique.
Yahya Ould Amar *
L’extraction du président vénézuélien Nicolás Maduro décrite par Donald Trump, appartient à cette catégorie rare d’événements qui comptent moins par ce qu’ils font que par ce qu’ils autorisent à penser. En rebaptisant la force en droit, les grandes puissances ne se contentent pas d’agir, elles réécrivent la grammaire de l’ordre international. Ce texte interroge ainsi un monde qui apprend à vivre sans l’illusion de l’égalité souveraine, où les hiérarchies s’exercent à visage découvert, et où la puissance cesse de se contenir par les règles pour s’autoriser d’elles. Quand cette frontière se déplace, ce ne sont pas seulement des dirigeants qui tombent, ni des régimes qui changent, ce sont les cartes mentales du monde — et les limites du pensable — qui se redessinent.
Le basculement d’époque
Parler d’«arrestation» pour qualifier l’extraction de Nicolás Maduro hors du Venezuela par les États-Unis n’est pas une simple facilité de langage. Les mots tracent des frontières. Nommer «arrestation» une opération menée sans juridiction locale, sans coopération judiciaire, sans extradition, c’est brouiller la ligne entre police et armée, entre justice et stratégie, entre ordre public et ordre international. C’est ici que commence la gravité morale de l’époque, lorsque la puissance ne se contente plus d’agir, mais de requalifier son acte. Elle ne dit plus «nous avons frappé», elle affirme «nous avons fait respecter la loi». Dans ce glissement, la force perd sa honte — et le précédent naît.
Si l’on accepte qu’une opération coercitive extraterritoriale puisse devenir une opération de «justice», alors le monde entre dans un âge où la guerre se rebaptise police et où l’exception cesse d’être une transgression pour devenir une méthode de gouvernement. Hier les «cas» Noriega, Saddam, Gbagbo ou Kadhafi ; aujourd’hui le «cas Maduro» ; demain un «cas X».
L’acte importe, mais le message est plus lourd encore, la souveraineté n’est plus un droit, elle devient une tolérance conditionnelle. Et lorsque Washington évoque la possibilité de «gérer» le Venezuela, le basculement est total, de la sanction d’un homme à la tutelle d’un pays de 27 millions d’habitants. Quand la frontière entre droit et puissance se déplace, les cartes du monde, elles aussi, finissent toujours par bouger.
Le retour silencieux de la tutelle comme horizon
L’enlèvement de Nicolás Maduro réactive une idée que l’ordre international contemporain croyait avoir reléguée à l’histoire, celle selon laquelle certains États peuvent, au nom d’un bien supérieur qu’ils définissent seuls, suspendre la souveraineté des autres. Le glissement est subtil mais décisif. On ne parle plus de conquête ni même d’intervention, mais de «gestion», de «stabilisation», de «remise en ordre». Le vocabulaire est propre, technique, presque managérial ; il transforme l’État en problème à administrer. Dès lors, la violence cesse d’être tragique pour devenir instrumentale, et la morale se déplace, la responsabilité invoquée remplace la légitimité consentie.
Ainsi la tutelle devient acceptable. On affirme qu’un dirigeant ne représente plus son peuple, que le peuple doit être protégé, que l’économie doit être réparée, que l’État doit être réorganisé.
Chaque étape paraît raisonnable ; ensemble, elles recomposent une hiérarchie où certains décident pour d’autres. Le message envoyé, surtout aux États vulnérables, est limpide, la souveraineté n’est plus un principe égalitaire, mais une permission conditionnelle. Cette «bienveillance» stratégique, comme l’avait averti Amartya Sen dans ‘‘L’Idée de justice’’, risque moins de corriger les injustices que de les perpétuer, en parlant au nom des peuples tout en faisant taire leurs voix.
La doctrine Monroe : l’aveu d’un monde qui régresse
La doctrine Monroe appartient à un siècle prédateur (XIXe), celui où l’ordre international ne se fondait pas sur des règles communes, mais sur la capacité des puissants à réserver des espaces. Elle ne proclamait pas la liberté des peuples ; elle bornait un territoire d’influence. Ce n’était pas une doctrine de droit, mais un acte de possession : «ici, nous déciderons».
Si elle a été abandonnée, ce n’est pas par vertu, mais par intelligence stratégique. Après 1945, les États-Unis ont compris qu’une hégémonie durable se dissimule dans les règles. Le droit, les institutions, l’universalisme imparfait étaient plus efficaces que la tutelle assumée. Gouverner par la norme stabilisait ; gouverner par l’exception exposait. La doctrine Monroe devenait alors un archaïsme nuisible, incompatible avec la crédibilité morale nécessaire pour contenir les autres empires.
Son retour aujourd’hui sonne comme un aveu de déclin. Les puissances véritablement assurées n’ont pas besoin de sanctuariser ; ce sont les puissances inquiètes qui bornent, administrent et prétendent «gérer». La réactivation de la doctrine Monroe n’exprime pas une force retrouvée, mais une légitimité qui s’effrite. Lorsque les règles cessent de servir le plus fort, celui-ci revient à la géographie et à la contrainte. Le coût est immédiat, moralement, la souveraineté devient une permission conditionnelle ; géopolitiquement, la hiérarchie remplace l’ordre, et la stabilité cède la place à la domination assumée.
Le danger est systémique. Les sphères d’influence obéissent à une loi de conservation, ce qui est toléré ici est reproduit ailleurs. La logique qui s’affirme à Caracas trouve ses échos en mer de Chine méridionale comme en Ukraine. À force d’exceptions, l’universalisme se délite et l’ordre post-1945 se fragmente en un archipel de dominations. Le monde ne devient pas plus pacifique ; il devient plus pensable pour la force. Et dans un tel monde, la stabilité n’est plus garantie par les règles communes, mais par les rapports de puissance.
La tentation de l’urgence stratégique
Il faut pourtant accepter, ne serait-ce qu’un instant, de regarder l’épisode depuis la rationalité de la puissance. Du point de vue des États-Unis, la tentation de l’exception ne procède ni d’un cynisme gratuit ni d’un mépris abstrait du droit, mais d’un sentiment d’urgence stratégique : monde fragmenté, institutions multilatérales paralysées, adversaires qui testent les lignes rouges, alliés jugés hésitants, opinion publique fatiguée de l’impuissance. Dans cette lecture, agir vite, frapper fort et requalifier l’action en «justice» serait une manière de restaurer la dissuasion, de reprendre l’initiative, de montrer que la puissance sait encore décider quand les règles s’enlisent. Cette logique est intelligible — et c’est précisément ce qui la rend dangereuse. Car en substituant l’efficacité immédiate à la légitimité durable, elle confond capacité d’agir et capacité de structurer. L’histoire des grandes puissances est pourtant sans appel, celles qui gouvernent par l’exception finissent par multiplier les coups, mais perdent la maîtrise de l’époque. La rationalité de l’urgence est compréhensible ; son coût stratégique, lui, est systémique. À l’horizon 2030, des simulations du Rand Corporation prévoient une multiplication par trois des conflits hybrides si cette logique persiste.
Les risques s’ordonnent dans le temps
À court terme, la normalisation de l’exception abaisse le seuil d’acceptabilité de l’usage de la force, les crises deviennent plus fréquentes, moins encadrées. À moyen terme, elle fragilise les alliances, politise durablement l’économie mondiale et installe une méfiance structurelle entre partenaires qui ne savent plus si la règle protège encore. À long terme enfin, le risque est civilisationnel, un monde où la souveraineté est conditionnelle, où le droit est sélectif, devient un monde structurellement instable, condamné à gérer par la domination ce qu’il n’a plus la capacité de gouverner par des normes communes. Ce risque civilisationnel évoque la chute de Rome, non par invasion barbare, mais par érosion interne des normes. Dans un monde interconnecté, cette instabilité pourrait accélérer les migrations climatiques et les pandémies, transformant les exceptions en catastrophes globales.
La souveraineté redevient une variable du rapport de force
Pour le Sud global, l’enlèvement de Nicolás Maduro n’est p0as un fait divers géopolitique. Il dit, sans détour, que la souveraineté n’est pas un droit inaliénable garanti par des normes universelles, mais une fonction conditionnelle, elle vaut tant qu’elle ne contrarie pas l’utilité stratégique des puissants.
Pendant des décennies, l’intégration économique, la conformité réglementaire, la reconnaissance diplomatique ont été présentées comme des assurances implicites. L’épisode vénézuélien fissure cette croyance. Il suggère que l’alignement ne protège pas nécessairement, que la vertu normative n’est pas un bouclier, et que l’ordre mondial n’est pas injuste par accident mais hiérarchique par construction. À partir de là, la rationalité dominante change, la question n’est plus «comment être conforme ?», mais «comment survivre politiquement ?».
Les États du Sud global doivent diversifier leurs alliances par calcul existentiel. Ils doivent réduire les dépendances réversibles demain en leviers de contrainte : monnaies, systèmes de paiement, infrastructures critiques, données, approvisionnements stratégiques. Ils doivent durcir leur appareil sécuritaire au nom de la stabilité préventive — non par goût de l’autoritarisme, mais parce qu’un monde où la tutelle est pensable rend la fragilité interne dangereuse. La mondialisation, autrefois promesse de convergence, se reconfigure en espace de vulnérabilité.
L’universalisme occidental cesse d’être une promesse crédible pour devenir un récit parmi d’autres. Cela peut produire deux trajectoires opposées. La première est défensive : repli, fragmentation, cynisme, où la politique devient une gestion permanente du risque d’ingérence. La seconde est celle de l’émergence d’un Sud global plus conscient de lui-même, moins demandeur de reconnaissance, plus soucieux de bâtir des équilibres autonomes — régionaux, financiers, technologiques. Des pays comme le Brésil ou l’Inde, via les Brics+, accélèrent déjà leurs alliances alternatives, avec une augmentation de 25% des échanges intra-Sud en 2025 selon la Banque mondiale, signe d’une multipolarité émergente qui défie l’hégémonie occidentale.
Économie mondiale
Le premier effet de cet épisode vénézuélien est que les investisseurs ne se demandent plus seulement si un projet est rentable, mais s’il est exposable à une requalification juridique, à une sanction, à une tutelle soudaine, à une «gestion» externe. Les chaînes de valeur se régionalisent, la redondance remplace l’optimisation, et la liquidité se concentre dans les juridictions perçues comme«amies». Ce mouvement n’est pas idéologique ; il est prudentiel. Mais la prudence, à l’échelle globale, renchérit le capital et ralentit la productivité.
La finance internationale, elle, réagit par rétrécissement de l’horizon. Le temps long — celui des infrastructures, de l’énergie, de l’éducation, de la transformation productive — devient plus difficile à financer quand la souveraineté peut être suspendue et les actifs requalifiés. Les flux se raccourcissent, les garanties se multiplient, les conditions se durcissent. Les pays perçus comme «exposés» paient plus cher leur dette, voient leurs IDE se raréfier ou se politiser, et apprennent que la discipline macroéconomique ne suffit plus à compenser le risque d’exception.
Le Venezuela devient alors un laboratoire involontaire. Non pas pour ses fondamentaux — déjà fragiles — mais pour ce qu’il autorise à penser ailleurs : que des actifs stratégiques puissent être administrés au nom de la stabilité, que des contrats soient relus à l’aune d’une tutelle, que la gouvernance d’un pays devienne une variable de valorisation. À partir de là, les marchés internalisent un principe simple qui est que la géopolitique n’est plus un choc exogène, c’est une hypothèse permanente.
Ainsi, l’enjeu économique de cette séquence dépasse le cas vénézuélien. Il tient en une phrase : plus la puissance politise l’ordre international, plus le monde devient coûteux. Coûteux en capital, en temps, en croissance potentielle. La stabilité obtenue par l’exception se paie d’une instabilité diffuse, intégrée dans les prix, les contrats et les anticipations. Et cette facture, comme toujours, est d’abord réglée par ceux qui vivent loin du centre de décision — là où la règle était censée compenser l’absence de puissance. Selon le FMI, cette géopolitisation pourrait réduire la croissance mondiale de 1,5% par an, avec les pays émergents supportant 60% du fardeau, exacerbant les inégalités et risquant des soulèvements comme ceux vus en 2024 au Sri Lanka et au Pakistan.
Le droit subsiste, mais il n’arbitre plus l’exception
Face à l’enlèvement de Maduro, l’Onu apparaît dans sa vérité contemporaine structurellement impuissante lorsque l’exception est assumée par les puissants. Les textes existent, les principes sont clairs, l’indignation est possible ; pourtant, quand la coercition est requalifiée en «police» et la tutelle en «gestion», l’Onu ne tranche plus — elle consigne. Le Conseil de sécurité devient un théâtre de récits concurrents où le veto fige le droit au moment précis où il devrait agir. Cette scène n’est pas singulière, elle se répète de Ukraine à Gaza, partout où les intérêts vitaux des grandes puissances se heurtent. Là aussi, les résolutions s’empilent, les condamnations se répondent, mais l’arbitrage se dérobe. Ce n’est pas un effondrement spectaculaire ; c’est une neutralisation silencieuse du droit par saturation politique.
À horizon dix à quinze ans, le monde qui se dessine n’est ni celui du chaos pur, ni celui d’un ordre stabilisé. C’est un monde plus dur, plus cher, plus hiérarchique. Les conflits n’y seront pas nécessairement plus nombreux, mais plus localisés, plus ambigus, plus difficiles à contenir. Le droit continuera d’exister, mais comme ressource argumentative, non comme barrière. Les économies fonctionneront, mais sous prime géopolitique permanente. La paix, quand elle existera, sera moins le produit des règles que de la fatigue des puissants. Ce monde-là ne s’effondre pas, il s’use.
Pourtant, l’Onu pourrait renaître via une réforme élargissant son Conseil de Sécurité et supprimant le droit de véto au sein de celui-ci. Sans cela, elle risque de devenir un vestige, comme la Société des Nations post-1919.
Elections de mi-mandat, novembre 2026
Il faut enfin introduire une variable politique décisive, celle du temps électoral américain. La réactivation d’une doctrine Monroe opérationnelle repose sur une fenêtre politique étroite, fragile, et potentiellement réversible. À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, plus de deux cents sondages nationaux et locaux convergent vers un constat défavorable aux Parti républicain : perte de la Chambre, Sénat incertain, et surtout érosion du mandat politique nécessaire pour assumer une doctrine de puissance aussi coûteuse symboliquement. Or la doctrine Monroe n’est pas une politique de consensus ; c’est une doctrine clivante, qui exige continuité, crédibilité et acceptation durable des coûts normatifs. Une alternance — ou même une majorité divisée — suffirait à la fragiliser, car elle expose immédiatement ses contradictions : contradiction entre primauté régionale et alliances globales, entre discours de droit et pratiques d’exception, entre leadership moral revendiqué et tutelle assumée. À cela s’ajoutent d’autres forces de rappel, la fatigue stratégique de l’électorat, la priorité donnée aux enjeux domestiques (inflation, dette, immigration), et la pression des milieux économiques, peu enclins à soutenir une doctrine qui politise les marchés et renchérit durablement le coût du capital. Autrement dit, la doctrine Monroe réactivée pourrait bien être un pari de fin de cycle : spectaculaire à court terme, mais structurellement vulnérable à la sanction démocratique. Dans l’histoire américaine, les doctrines durables sont celles qui survivent aux alternances ; celles qui disparaissent avec les majorités révèlent moins une stratégie qu’un moment politique.
Ces élections pourraient marquer un tournant, similaire à 1974 post-Watergate, où l’Amérique réaffirme son attachement aux normes, ou au contraire accélérer le déclin, comme en 1930 avant l’isolationnisme.
Au terme de cet article, les risques de guerres ne sont pas seulement ceux liés à des enchaînements de crises, mais d’un glissement de civilisation. Un monde où la force se rebaptise droit, est un monde qui abaisse le seuil de la guerre, multiplie les rapports de sujétion et prépare des conflits d’autant plus violents qu’ils auront été longtemps normalisés.
L’enlèvement de Nicolás Maduro n’est pas en soi la cause de ces périls ; il en est le signal. Car lorsque la souveraineté devient conditionnelle, lorsque le droit cesse de contenir la puissance, lorsque les hiérarchies cessent d’être dissimulées, alors la rivalité stratégique se mue en lutte existentielle.
Les guerres ne naissent pas seulement de l’agression, mais de l’échec collectif à maintenir des limites crédibles; les dominations ne durent qu’au prix d’un ressentiment accumulé ; et les civilisations échouent moins par faiblesse que par excès de certitude.
En croyant sécuriser l’ordre international par l’exception, on fragilise ce qui rendait encore la coexistence possible. L’histoire nous enseigne qu’un monde qui accepte facilement la domination finit par découvrir que la paix sans règles n’est jamais qu’une guerre différée.
Sommes-nous prêts à vivre dans un monde où la paix dépend moins du droit que de la patience des puissants ?
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter le procès de l’ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), Sihem Bensedrine et l’avocat Khaled Krichi, ancien vice-président de l’IVD, qui sont libres, ainsi que de l’ancien ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières, Mabrouk Korchid, qui est en fuite, à une audience fixée au 19 février 2026.
Le report a été décidé dans l’attente de l’issue de l’appel interjeté contre la décision de la chambre d’accusation de renvoyer les trois prévenus devant ladite chambre criminelle pour les affaires de corruption financière.
Les poursuites entrent dans le cadre de deux affaires liées à des décisions de règlement conclues par l’IVD (2013-2019), qui était en charge de la justice transitionnelle, avec deux hommes d’affaires : Abdelmajid Bouden (en fuite) et Slim Chiboub (incarcéré).
Rappelons que Bensedrine a été remise en liberté le 19 février 2025, après avoir été placée en détention provisoire le 1er août 2024.
La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter les audiences dans les affaires intentées contre les journalistes Borhen Bssais et Mourad Zeghidi, et a ordonné leur maintien en détention dans l’attente de l’examen de leurs demandes de mise en liberté.
Bssais et Zeghidi, qui ont comparu ce lundi 5 janvier 2026 en état d’arrestation, sont poursuivis en justice pour des faits liés à la fraude fiscale.
Selon Mosaïque FM, les avocats de Zeghidi ont présenté des éléments de preuve attestant que leur client avait entamé des démarches de régularisation auprès des autorités fiscales et ont sollicité un report d’audience afin de finaliser cet accord. Ils ont présenté une demande de mise en liberté pour leur client ainsi que pour Bssais.
Le tribunal a décidé d’examiner les demandes de mise en liberté après l’audience et de fixer également la date de la prochaine audience.
Les deux journalistes sont incarcérés depuis mai 2024. Ils ont été condamnés, en janvier 2025, à 8 mois de prison ferme sur la base du très controversé décret-loi 54 pour des délits d’expression. Ils ont terminé leur peine, mais un nouveau procès pour fraude fiscale a été intenté contre eux et ils ont été maintenus en détention, alors que le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et plusieurs autres organisations de défense des libertés et des droits n’ont cessé d’exiger leur libération.
La ville de Menzel Bourguiba, dans le gouvernorat de Bizerte, a été secoué par un drame : un homme a tué une femme avec une arme à feu avant de se suicider avec la même arme, laissant un message expliquant les raisons de son crime, a rapporté Mosaïque FM, ce lundi 5 janvier 2025, en citant une «source bien informée».
Le parquet de Bizerte a autorisé l’ouverture d’une enquête sur le crime, et l’unité de police judiciaire s’en est chargée pour déterminer les véritables causes et les circonstances exactes du double drame.
Raki Aouani, l’ailier droit de l’Etoile sportive du Sahel (21 ans, 1,79 m), a signé un contrat de trois ans et demi avec Riga FC, le club phare de Lettonie, pour un montant de 300 000 euros. La valeur du joueur selon Transfert Market est de 700 000 euros.
À noter que Raki Aouani se trouve actuellement à Dubaï pour préparer la saison à venir avec sa nouvelle équipe. Il disputera les qualifications pour la Ligue des champions la saison prochaine avec son nouveau club, champion en titre.
Au cours de la saison 2025-2026, Aouani a joué 13 matchs sur 15 possibles et marqué 4 buts.
Les employés de la Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG) à Mdhilla se sont mis en grève aujourd’hui, lundi 5 janvier 2025, pour protester contre la détérioration de leurs conditions de travail, suite au décès d’un de leurs collègues la nuit dernière, électrocuté dans l’exercice de ses fonctions.
Fawzi Akrimi, membre du Syndicat général des mines, cité par Diwan FM, a confirmé qu’il s’agissait du deuxième incident de ce type en trois semaines, précisant que les deux décès étaient dus aux mêmes conditions de travail dangereuses, selon ses termes.
Akrimi a expliqué que la grève était une initiative spontanée des employés, exprimant leur colère et leur protestation contre le manque de conditions de sécurité au travail.
Il a notamment souligné que le mauvais état de l’ambulance de la région de Mdhilla, appartenant à l’entreprise et qui serait hors service, avait empêché leur collègue de recevoir une assistance médicale en temps voulu après un accident du travail.
Le responsable syndical a ajouté que la durée de la grève n’a pas encore été déterminée, dans l’attente de la réponse de la direction de l’entreprise et des autorités compétentes aux revendications des employés et à la répartition des responsabilités.
En 2003, Georges W. Bush a chassé du pouvoir Saddam Husseïn et croyait de facto dominer l’Irak. C’est l’Iran qui l’a dominé et l’Irak était devenu le tombeau des Américains. 23 ans plus tard, lors de la conférence de presse qu’il a donné dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride, l’actuel président américain Donald Trump est apparu enivré par l’opération éclair Absolute Resolve qui s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 et s’est soldée par la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Un cocorico très prématuré !(Ph. Delcy Rodríguez devant un portrait de Hugo Chavez).
Imed Bahri
Lors de sa conférence de presse, tenue dans sa résidence de Floride le 3 janvier, Trump s’est présenté comme le nouveau maître du pays et a parlé comme si tout ce qu’il souhaitait aller être exécuté. Il serait très prématuré et simpliste de croire que le Venezuela est désormais une colonie trumpienne comme le claironne urbi et orbi le président américain. La réalité est bien plus complexe. Il y a une grande différence entre déloger manu milatari un chef d’État par la Delta Force et mettre tout un pays à sa botte et s’emparer de ses richesses.
Le magazine britannique The Economist a publié un analyse sur les derniers développements au Venezuela, notamment l’arrestation du président Nicolas Maduro et de son épouse et leur transfert sur le territoire américain mais aussi sur les coulisses du pouvoir vénézuélien.
The Economist rappelle que Maduro a tenté pendant des mois de donner l’impression que rien ne l’inquiétait. Sa dernière apparition à la télévision d’État a été une interprétation dans un mauvais anglais de la chanson ‘‘Imagine’’ de John Lennon. Il a aussi promis la paix, non la guerre et a affirmé que son unique appel téléphonique avec le président Donald Trump en novembre avait été «cordial».
Jusque-là, Maduro dormait comme un bébé
Le journal britannique indique que Maduro répétait sans cesse à ses proches qu’il dormait comme un bébé. Ce fut une erreur de jugement monumentale. Après son arrestation par les forces spéciales américaines à Caracas lors d’un raid nocturne exceptionnel aux premières heures du 3 janvier, il ne dormira peut-être plus jamais dans le pays qu’il dirige depuis plus de dix ans. À la fin de cette journée, Maduro était conduit devant les médias dans les bureaux de la DEA (Drug Enforcement Administration) à New York. Il encourt une peine de 20 ans de prison à la perpétuité.
The Economist rapporte que la chute de Maduro avait apporté la joie à des millions de Vénézuéliens, notamment ceux établis à l’étranger. Des célébrations spontanées ont éclaté dans les rues, de Santiago du Chili à Miami.
Cependant, à l’intérieur du pays, la confusion règne. L’avenir est incertain. Le départ de Maduro signifierait, du moins pour président Trump, la fin du régime. Lors de sa fameuse conférence de presse, Trump a minimisé la possibilité que María Corina Machado –figure emblématique de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix– prenne le pouvoir. Il est même allé jusqu’à affirmer, de façon assez surprenante, qu’elle «ne bénéficie d’aucun soutien ni d’aucun respect dans le pays». Il n’a même pas mentionné Edmundo González, qui avait pourtant remporté la dernière élection présidentielle en 2024 grâce au soutien de Machado dont la candidature a été invalidée.
Les capitalistes américains lorgnent le pétrole du Venezuela
Au lieu de cela, Trump a promis que les États-Unis dirigeraient le Venezuela. Il a déclaré que la vice-présidente de Maduro et ministre du Pétrole, Delcy Rodríguez, était fondamentalement prête à faire ce que les États-Unis jugent bon pour rendre sa grandeur au Venezuela et a faussement affirmé qu’elle avait déjà prêté serment comme présidente. Trump semblait davantage intéressé par les profits tirés du pétrole vénézuélien.
Le plan de Trump –très peu détaillé mais empreint de beaucoup d’optimisme– consistait à déchaîner le capitalisme américain sur les réserves pétrolières du Venezuela, avec l’aide d’un gouvernement vénézuélien docile. Il a déclaré que les compagnies pétrolières investiraient des «milliards et des milliards de dollars» pour relancer les gisements et que le pays serait reconstruit grâce aux revenus générés par le pétrole, jusqu’aux élections.
Cependant, cela dépend de la coopération de Rodríguez. Trump semblait considérer cela comme acquis. Mélangeant le miel et le fiel, il a déclaré: «Je pense qu’elle a été très gentille mais elle n’a pas vraiment le choix», tout en réitérant sa menace de nouvelles frappes si ses exigences n’étaient pas satisfaites.
«Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire»
Cependant, Rodríguez, qui se présente comme une «militante de gauche», n’a pas présenté les faits de la même manière. Peu après les remarques de Trump, elle est apparue à la télévision d’État et a déclaré que Maduro restait le «seul président» du pays malgré son arrestation. «Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire. Ce qui est fait au Venezuela est barbare», a-t-elle ajouté. L’administration Trump a semblé ignorer ces déclarations, les considérant comme des messages internes nécessaires au maintien de l’ordre.
Rodríguez, qui cumule les fonctions de vice-présidente et de ministre du Pétrole, est considérée comme plus compétente en économie que nombre de membres du régime. Elle a fait une partie de ses études en France et, en 2019, elle a contribué à faire adopter des réformes axées sur le marché et une dollarisation non officielle de l’économie, ce qui a apporté une certaine stabilité. Son frère dirige l’Assemblée nationale, institution qui était docile au pouvoir de Maduro. Leur père était un révolutionnaire de gauche torturé et probablement tué par les forces de sécurité vénézuéliennes en 1976. Dans les milieux d’affaires de Caracas, elle est décrite comme pragmatique mais on dit aussi qu’elle et son frère mènent une «mission de vengeance» contre l’ancienne élite, notamment Machado.
Même au cas où ses déclarations télévisées ne seraient qu’une simple manœuvre et qu’elle collabore secrètement avec Trump, elle doit immédiatement s’assurer le soutien d’autres personnalités influentes. Dès le 3 janvier, le ministre de l’Intérieur et homme fort imprévisible, Diosdado Cabello, appelait au calme, déclarant: «Nous avons appris à survivre à toutes ces circonstances».
Quant au ministre de la Défense, Vladimir Padrino, il a juré que les forces vénézuéliennes allaient résister à l’attaque américaine. La question principale demeure: l’armée vénézuélienne soutiendra-t-elle Rodríguez et, par conséquent, le plan de Trump? Déjà soumise à la puissance militaire américaine, elle craint peut-être de mettre à l’épreuve la détermination de Trump.
Nombre de généraux ont amassé des fortunes considérables grâce au trafic de drogue et à la corruption sous le régime de Maduro. Si Rodríguez leur offre l’opportunité de détourner encore plus d’argent, ou du moins de conserver ce qu’ils ont volé, ils pourraient bien se rallier à sa cause. Jusqu’à présent, les hauts gradés de l’armée sont restés relativement discrets.
Toutefois, le risque de scission est bien réel. Certaines factions pourraient soutenir Rodríguez, tandis que d’autres pourraient chercher à s’emparer du pouvoir, pour elles-mêmes ou pour Padrino. Quelques-unes -peut-être en coordination avec des militaires ayant fait défection et réfugiés dans les pays voisins- pourraient faire pression pour le retour de Machado. Une armée divisée viendrait aggraver le déséquilibre déjà dangereux des groupes armés au Venezuela et pourrait déstabiliser davantage le régime.
Le lendemain de l’opération américaine, des «colectivos», milices armées pro-régime, ont été aperçus patrouillant dans les rues de Caracas.
L’Armée de libération nationale colombienne (ELN) qui est un groupe rebelle marxiste-léniniste et des cartels de la drogue comme le Tren de Aragua sont également actifs au Venezuela.
Trump semble croire que la menace de nouvelles frappes dissuadera tous ces groupes. Mais si un conflit éclate, il pourrait être nécessaire d’envoyer des troupes américaines au sol pour rétablir l’ordre. Trump a déclaré qu’il n’avait pas peur d’envoyer des soldats.
Machado se retrouve en marge, alors même que son rêve d’un Venezuela sans Maduro est en train de se réaliser. Elle tentera probablement de faire pression sur l’administration Trump pour qu’elle change de cap, même si des mois de politique d’apaisement n’ont rien donné jusqu’à présent. Si cela échoue, elle pourrait essayer d’encourager des manifestations à l’intérieur du Venezuela pour exiger une transition rapide.
Toutefois, organiser un soulèvement populaire sera extrêmement difficile. Le pays est épuisé après des décennies de répression et de baisse des revenus. Quelque 8 millions de personnes ont émigré depuis 2015, réduisant encore le nombre de personnes en âge de manifester. La répression qui a suivi l’élection volée de 2024 –durant laquelle Maduro s’est vanté d’avoir emprisonné des milliers de personnes– a dissuadé la plupart des Vénézuéliens d’exprimer leur colère. Après les frappes aériennes américaines, nombre d’entre eux semblaient davantage préoccupés par leur survie que par les manifestations.
Les alliés traditionnels dans l’expectative
Le régime est également confronté à des crises existentielles. Ses alliés lui ont apporté un soutien limité. Les services de renseignement cubains, qui ont longtemps protégé Maduro et purgé l’armée des dissidents, n’ont pas réussi à protéger leur allié. Les autorités de La Havane, dépendantes du pétrole vénézuélien, pourraient désormais soutenir n’importe quel successeur au sein du régime. De plus, Cuba qui est un allié très faible lutte lui aussi pour sa survie.
Trump a promis de couper les approvisionnements en pétrole et a menacé d’une action directe contre l’île. Les relations des Cubains avec Rodríguez semblent également tendues. «Elle est agacée par les Cubains», confie un diplomate occidental à Caracas, soulignant que les autorités cubaines semblent ingrates face au pétrole bon marché.
La Chine, principal acheteur de pétrole vénézuélien, et la Russie, qui a fourni à plusieurs reprises des armes au régime, soutiennent Maduro depuis longtemps. Ils ont fermement condamné le raid, sans toutefois indiquer un quelconque soutien concret.
Maduro compte peu d’amis dans la région. Ses alliés les plus cléments ont été des dirigeants de gauche au Brésil, en Colombie et au Mexique mais même ces liens semblent désormais fragiles. Les trois gouvernements ont exprimé leur indignation face à l’attaque américaine et condamné la violation de la souveraineté vénézuélienne mais il est peu probable qu’ils soutiennent une quelconque résistance contre les États-Unis. Leurs préoccupations sont plus ciblées: ils craignent le chaos et un afflux potentiel de réfugiés vénézuéliens dans la région.
Le Mexique et la Colombie redoutent également des attaques américaines sur leur propre sol. Lors de sa conférence de presse, Trump a menacé le Mexique et a déclaré que le président colombien Gustavo Petro «devrait faire attention à ses fesses».
Face à un manque d’alliés extérieurs, à la position ambiguë de l’armée et aux menaces explicites de Trump, Rodriguez a peut-être déjà choisi –ou choisira bientôt– de conclure un accord. Le régime pour lequel elle travaille possède une remarquable capacité de survie et d’adaptation. Il a survécu à la mort de son fondateur Hugo Chávez. Un accord avec son prétendu «ennemi» pourrait lui offrir une nouvelle chance de survie.
On pensait que Trump bluffait dans l’affaire du Venezuela et que les Etats-Unis n’iraient pas jusqu’à intervenir militairement en dehors de l’embargo sur les exportations de pétrole et de quelques bateaux de pêcheurs ou de trafiquants de temps à autre bombardés et coulés pour les besoins de la cause. On se trompait.
Dr Mounir Hanablia *
Le moindre des paradoxes n’est pas de voir le président américain réduire son homologue venezuélien à affronter la même justice avec laquelle à la fin de son mandat il aura maille à partir. Ce qui importe c’est que la justice américaine dispose depuis quelques décennies et avec la complicité du Congrès Américain de l’arsenal législatif (Foreign Corrupt Practice Act) nécessaire pour juger, condamner, et détenir, tous ceux à travers le monde que l’administration américaine, ou les grands intérêts privés américains, considèrent comme étant susceptibles de leur nuire.
L’un des exemples les plus célèbres à ce sujet est la manière avec laquelle Général Electric s’était assuré le contrôle de la division ‘Energie’ du groupe français Alstom. Les Européens qui avaient les premiers le devoir de réagir contre cela se sont tus. Or depuis la mise en accusation d’Israël et de Benjamin Netanyahu par la Cour pénale internationale, le droit international a cessé d’être l’outil commode que la superpuissance américaine parfois soucieuse de s’assurer une caution universelle, utilise pour donner l’illusion d’un monde civilisé usant des rigueurs de la Loi contre les Etats ou les gouvernements parias.
Le passé explique le présent et éclaire l’avenir
Trujillo avait certes été assassiné en République Dominicaine en 1961. Diem l’a été au Sud Vietnam. Allende au Chili est mort lors d’un coup d’État militaire organisé par la CIA et cela s’est révélé politiquement coûteux. Saddam Hussein a été pris et livré à ses ennemis chiites. Kadhafi a été lynché de la manière que l’on sait par les milices islamistes soutenues par Sarkozy et Bernard-Henry Lévy. Bachar El Assad s’est enfui à Moscou pour échapper au sort semblable que Daech lui destinait.
Le précédent significatif par sa ressemblance avec l’enlèvement de Maduro est, cependant, celui de Noriega du Panama, un agent de la CIA qui avait fait assassiner son prédécesseur Torrijos avant de devenir président et d’être accusé d’être un trafiquant de drogue. Capturé à la fin des années 80 par l’armée américaine lors de l’invasion du Panama, il avait été jugé, condamné, et détenu aux Etats Unis.
L’administration américaine n’a pas agi différemment en s’emparant du président Maduro afin de s’assurer le contrôle de ce pays riche en pétrole. Le prétexte, le trafic de drogue et le terrorisme, importent peu; au Mexique, pays limitrophe par où transite la majeure partie de la drogue à destination des Etats-Unis et où les trafiquants circulent au grand jour et disposent d’une puissance de feu supérieure à la police qu’ils affrontent régulièrement dans des batailles rangées, Trump n’intervient pas.
En fait, la guerre contre l’Iran, le Hamas et le Hezbollah avait démontré la capacité des Israéliens disposant de la technologie américaine à frapper à la tête de leurs ennemis grâce à une évidente supériorité de ses moyens informatiques.
Trump alimente l’hostilité contre les Etats-Unis
Nous sommes devant deux cas de figures. Le premier est que ce sont donc tous les dirigeants du monde qui peuvent, un jour, après une brève opération de police menée par les unités d’élite de l’armée américaine disposant de moyens d’information en temps réel, se retrouver – quand ils ne sont pas assassinés – devant un procureur américain pour des charges dont ils auront pu jusque-là ignorer l’existence.
Il est douteux sans être impossible que Trump désire inspirer cette crainte qui ne peut à court terme que susciter l’hostilité générale contre les Américains, même auprès de leurs propres alliés.
Le second cas de figure est que ces derniers, les Américains, les Gringos ainsi qu’on les appelle au Mexique, s’estiment chez eux en Amérique Latine au point d’en faire juger les dirigeants récalcitrants par leur propre justice. On aurait en effet pu éliminer Maduro, mais ce qui importait aux yeux de ce qu’il convient d’appeler ses ravisseurs était de démontrer le caractère immanent et transcendant, autrement dit quasiment divin, de la souveraineté américaine au moins en Amérique du Sud par rapport à toutes les autres.
C’est là une autre traduction de la «destinée manifeste de l’Amérique», et de sa traduction politique dans l’hémisphère occidental, dite «doctrine de Monroe». Mais un vieux dicton romain dit bien: «Si tu désires la paix, prépare la guerre !».
Comment résister à une domination américaine ?
Il ne faut pas compter sur la bonne volonté des puissances impériales pour se protéger. Que peuvent faire à cette fin les États en faillite ? D’aucuns estiment qu’il n’y a d’autre choix que de s’insérer dans le projet économique et politique dominant, celui de la vente du pays aux intérêts étrangers. D’autres, qu’il faut résister quitte à s’allier avec tous ceux qui le font contre cette domination globale. Encore faudrait-il en avoir les moyens. Toute la question est là.
Il serait illusoire de prétendre se protéger contre un débarquement d’une armée disposant de la panoplie technologique complète du XXIe siècle. Mais il vaut mieux l’astreindre à le faire pour éliminer un dirigeant qui ne leur siérait pas plutôt que le voir enlever d’une manière ignominieuse ou éliminer par un bombardement.
Il demeure donc prioritaire de se fixer des objectifs minimums, et le premier est de protéger ses propres dirigeants.
Depuis l’usage massif des nouvelles technologies de l’information, ceux qui nous observent lisent en nous comme dans un livre ouvert. La nécessité est donc de s’assurer une maîtrise minimale de l’information capable de sauvegarder une partie de nos secrets. Cela suppose une capacité dans le chiffrement informatique qu’une nation dont la population est éduquée peut raisonnablement acquérir, en attendant le développement des ordinateurs quantiques, par définition inviolables.
Avec la dessalaison de l’eau de mer et la maîtrise de l’énergie solaire, cela constituerait plus que le braiement de quelques excités dans les rues régulièrement réunis pour la circonstance ou de quelques politicards maniant la rhétorique anti impérialiste, les bases du respect effectif de la souveraineté.
Certes on en est loin, mais il faudrait déjà commencer par s’y préparer. Toute la question est de savoir si le peuple d’un pays a ou non la volonté de ne pas se laisser réduire en esclavage, sinon exterminer comme l’avaient été il n’y a pas si longtemps les Indiens.
«Il ne faut pas être trop ambitieux , il faut être réaliste et ne pas considérer que le droit international peut et doit triompher partout sur la planète, mais d’abord dans les zones où il rejoint l’intérêt des principales puissances», déclarait Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’Etat des États-Unis. Cette vieille doctrine américaine a encore été confirmée dans l’agression américaine contre le Venezuela, un Etat souverain, samedi 3 janvier 2026, au mépris des règles les plus élémentaires du droit international.
Abderrahmane Cherfouh *
Le viol du droit international par Donald Trump échappe à toute sanction et ne suscite que des réactions timides et mitigées de la part du monde soi-disant libre.
Le viol du même droit international par Israël se poursuit depuis 77 ans et il échappe à toute sanction.
De nos jours, les États-Unis sont économiquement les plus forts et militairement les plus puissants. Ils dictent le droit. Ils imposent leur loi. Mais la dernière agression américaine contre un Etat indépendant et l’enlèvement de son président a mis à nu le monde irrationnel dans lequel nous vivons où règne la loi du plus fort, ouvrant la voie à toutes les dérives et tous les abus. Les pays du monde entier sont désormais avertis : le droit international est une vieille fiction qui a fait son temps. Le droit est désormais au bout des fusils.
Dans sa préparation de l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse et de leur exfiltration, Trump a mis une impressionnante machine de propagande accusant Maduro d’être un narcotrafiquant inondant les Etats-Unis de cocaïne et faisant des milliers de victimes parmi les Américains, ce qui est, bien sûr, loin d’être prouvé.
La démocratie, Trump n’en a que faire
Maduro est, également, accusé d’être un dictateur qui a écrasé et affamé son peuple alors que lui et sa bande menait une vie de luxe. Cela est certes juste et prouvé, mais est-ce la raison pour laquelle on a été le chercher jusque dans sa chambre à coucher ?
Non, bien sûr. La démocratie, Trump n’en a que faire, et la liberté du peuple vénézuélien est le dernier de ses soucis. Seul le pétrole dont regorge le sol de ce pays latino-américain l’intéresse, et lui-même le crie sur tous les toits.
Comment cette propagande américaine savamment orchestrée, utilisant des techniques ultrasophistiquées, ne fascinerait-elle pas le commun des mortels et le citoyen lambda de tous pays ? Les actes d’accusation portées contre Maduro ressemblent à s’y méprendre à ceux qui étaient formulés, il y a presque 23 ans, contre le régime de Saddam Hussein et ses soi-disant armes chimiques de destruction massive constituant une supposée menace pour la paix dans le monde.
Il n’y a aucun doute sur le fait que Maduro a toutes les caractéristiques d’un dictateur détesté par son peuple et qui exerçait un pouvoir absolu qui lui permettait de tenir le pays d’une main de fer, de museler la presse, d’emprisonner ses opposants et de s’enrichir illicitement. Débarrasser le Venezuela de ce dictateur est au cœur de la propagande de Trump pour justifier son intervention dans ce pays.
Pour des centaines de millions d’opprimés de la planète écrasés par des dictatures malveillantes et des régimes autoritaires, cela représente un fort message d’espoir qu’un jour, ils pourront se libérer, eux aussi, du joug de leurs oppresseurs. Et présentement, la question qui est sur toutes les lèvres est la suivante : à qui le tour ? Sauf que, et cela est de notoriété publique, un grand nombre de dictateurs à travers le monde sont des alliés des Etats-Unis qui les protègent, y compris en dans cette Amérique Latine que les Américains considèrent comme leur «espace vital».
Un homme dangereux que rien ne semble pouvoir arrêter
Par ailleurs, après sa rhétorique annexionniste voulant que le Canada devienne le 51e État des États-Unis, Trump a également réitéré sa volonté de conquérir le Groenland. «Nous avons besoin du Groenland absolument», a-t-il lancé, sans ciller. Mais pour le moment, son objectif affiché est clair : diriger le Venezuela, imposer sa mainmise sur ses richesses pétrolières, prélude au remodelage géostratégique de l’ensemble l’Amérique du Sud. Ce qui fait de la Colombie et du Cuba, les deux Etats qui résistent encore à ses élans impérialistes, des probables prochaines cibles.
On voit bien que cet homme est, dans l’incohérence même de sa démarche au regard du reste du monde, est conséquent avec lui même et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ses déboires passés et sa grande amitié avec le pédophile Jeffrey Epstein ne semblent pas l’affecter outre mesure. Pas plus que son soutien indéfectible au criminel de guerre et génocidaire recherché par la Cour pénale international, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Cet homme est un danger pour l’humanité. Ses méthodes brutales révulsent, notamment la manière inhumaine avec laquelle il fait expulser les immigrés et les accusations racistes du genre de celles lancées contre les Haïtiens : «A Springfield, ils mangent les chiens, ils mangent les chats, ils mangent les animaux domestiques des gens qui habitent là. Voilà ce qui se passe dans notre pays et c’est une honte».
Tout indique désormais que Trump et la clique de ses conseillers restent inébranlables dans leur détermination à dominer le monde sur terre, sur mer et dans l’air. De grosses tempêtes pointent à l’horizon.
Une exposition collective ‘‘Illumination tunisienne’’, s’est tenue du 16 au 24 décembre 2025, réunissant un ensemble de dix-sept artistes tunisiens. Ce collectif diversifié comprenait non seulement des plasticiens, mais aussi des poètes et des romanciers, chacun représentant des disciplines variées des arts visuels et littéraires.
Cette manifestation artistique a eu lieu à l’International Art Gallery, un espace prestigieux situé dans le quartier suisse à Paris. Ce lieu est reconnu pour son engagement dans la promotion de l’art contemporain ainsi que pour ses initiatives visant à favoriser les échanges culturels à l’échelle internationale.
L’exposition a offert aux artistes l’opportunité de partager leurs créations et d’explorer une variété de thématiques ainsi que de techniques artistiques. Parmi celles-ci, on retrouvait des formes d’art aussi diversifiées que la photographie, la peinture, la céramique et la mosaïque, chaque artiste apportant sa propre vision et sa maîtrise unique de ces médiums.
Ce mélange de styles et de techniques a enrichi l’exposition, offrant ainsi une expérience visuelle et intellectuelle dynamique et variée.
Le cadre de l’International Art Gallery, un lieu renommé pour sa capacité à mettre en lumière aussi bien les talents émergents que les artistes établis, s’est avéré être l’environnement idéal pour cette rencontre artistique. Il a permis à cette exposition de toucher un large public, créant ainsi un espace d’échange fertile et stimulant pour tous les participants.
«À travers cette exposition, les artistes participants ont présenté des œuvres reflétant la richesse, la diversité et la singularité de la scène artistique tunisienne, tout en mettant en lumière les dialogues entre traditions locales et expressions contemporaines. «Notre participation à cet événement nous a permis de contribuer à la diffusion de l’art tunisien à l’échelle internationale, d’échanger avec des artistes et des professionnels du milieu artistique, et de renforcer notre présence dans un contexte culturel et artistique international», a déclaré Douha Alaya, qui a participé à l’exposition.
«Durant cette période de recherche et de création, nous nous consacrons à l’expérimentation de plusieurs techniques artistiques étroitement liées à la pratique photographique et aux nouvelles technologies de l’intelligence artificielle. Cette exploration ne se limite pas à un usage technique des outils, mais s’inscrit dans une réflexion approfondie sur leur potentiel expressif et symbolique. En mariant ces différentes techniques, nous cherchons à dépasser leurs fonctions premières afin de produire une image singulière, personnelle et authentique, porteuse de sens et d’émotion», a-t-elle ajouté
Dans une vidéo postée hier, samedi 3 janvier 2026, où il commentait la capture et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolas Maduro par une unité spéciale américaine, le député Ahmed Saïdani, n’a pas écarté un remake de ce scénario en Tunisie, si on n’arrive pas à régler nos problèmes entre nous.Vidéo.
«Le scénario vénézuélien pourrait se reproduire en Tunisie sous d’autres formes, et la jeunesse doit construire une alternative nationale tunisienne populaire, car nous risquons de nous retrouver face à des alternatives imposées de l’étranger ; les alternatives des ambassades ne seront pas dans l’intérêt du peuple», a-t-il écrit, en critiquant le culte de la personne en Tunisie qui réduit le destin du pays à celui d’un seul homme.
Le député, qui était un fervent partisan du président de la république Kaïs Saïed, avant de se mettre à critiquer certaines de ses politiques, effectue ici une comparaison un peu trop rapide entre deux Etats et deux régimes qui ont peu de choses en commun : le Venezuela, riche pays pétrolier allié des Russes et des Chinois, et la Tunisie, pays sans grandes ressources naturelles, mais qui a toujours appartenu, bon gré mal gré, à l’orbite américaine et occidentale en général. Les deux pays ont certes toujours été gouvernés d’une main de fer par des autocrates imperméables aux principes démocratiques, mais la comparaison s’arrête là.
Cependant, et malgré cette réserve qui devait être exprimée, les dirigeants politiques partout dans le sud global, y compris en Tunisie, doivent se méfier du retour en force de l’impérialisme américain, aujourd’hui incarné par Donald Trump, un président sans foi ni loi et pour qui seul compte les intérêts sonnants et trébuchants, les siens propres avant ceux de son pays.
Commentant «l’intervention criminelle» des Etats-Unis au Venezuela, hier, samedi 3 janvier 2025, l’ancien ministre français et ancien président de la commission des affaires étrangères, Jack Lang, a titré son post Facebook que nous reproduisons ci-dessous «Trump et Poutine, même combat !», «jumeaux sanguinaires contre la liberté des peuples».
Cette intervention américaine marque le retour à la politique américaine du Big stick et de l’impérialisme en Amérique latine.
Quoiqu’on pense du président vénézuélien, cette agression honteuse et répugnante est un nouveau crime contre le droit international.
L’agrégé de droit international et ancien président de la commission des affaires étrangères que je suis ressent douloureusement cette nouvelle agression contre la souveraineté d’un peuple.
La vérité est que Trump se contrefout de la démocratie au Venezuela et de la liberté de ses citoyens. Sa seule ambition est de s’emparer du pétrole et des richesses de ce pays, preuve d’un cynisme barbare.
Le comique s’ajoute au tragique lorsqu’on découvre la déclaration de Poutine, autre grand spécialiste en violation du droit, s’ériger contre le non-respect de la souveraineté vénézuélienne.
Trump et Poutine, jumeaux sanguinaires contre la liberté des peuples.