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L’aventurisme de Trump plonge le Venezuela dans l’incertitude

05. Januar 2026 um 11:02

En 2003, Georges W. Bush a chassé du pouvoir Saddam Husseïn et croyait de facto dominer l’Irak. C’est l’Iran qui l’a dominé et l’Irak était devenu le tombeau des Américains. 23 ans plus tard, lors de la conférence de presse qu’il a donné dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride, l’actuel président américain Donald Trump est apparu enivré par l’opération éclair Absolute Resolve qui s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 et s’est soldée par la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Un cocorico très prématuré ! (Ph. Delcy Rodríguez devant un portrait de Hugo Chavez).

Imed Bahri

Lors de sa conférence de presse, tenue dans sa résidence de Floride le 3 janvier, Trump s’est présenté comme le nouveau maître du pays et a parlé comme si tout ce qu’il souhaitait aller être exécuté. Il serait très prématuré et simpliste de croire que le Venezuela est désormais une colonie trumpienne comme le claironne urbi et orbi le président américain. La réalité est bien plus complexe. Il y a une grande différence entre déloger manu milatari un chef d’État par la Delta Force et mettre tout un pays à sa botte et s’emparer de ses richesses.

Le magazine britannique The Economist a publié un analyse sur les derniers développements au Venezuela, notamment l’arrestation du président Nicolas Maduro et de son épouse et leur transfert sur le territoire américain mais aussi sur les coulisses du pouvoir vénézuélien.  

The Economist rappelle que Maduro a tenté pendant des mois de donner l’impression que rien ne l’inquiétait. Sa dernière apparition à la télévision d’État a été une interprétation dans un mauvais anglais de la chanson ‘‘Imagine’’ de John Lennon. Il a aussi promis la paix, non la guerre et a affirmé que son unique appel téléphonique avec le président Donald Trump en novembre avait été «cordial».

Jusque-là, Maduro dormait comme un bébé

Le journal britannique indique que Maduro répétait sans cesse à ses proches qu’il dormait comme un bébé. Ce fut une erreur de jugement monumentale. Après son arrestation par les forces spéciales américaines à Caracas lors d’un raid nocturne exceptionnel aux premières heures du 3 janvier, il ne dormira peut-être plus jamais dans le pays qu’il dirige depuis plus de dix ans. À la fin de cette journée, Maduro était conduit devant les médias dans les bureaux de la DEA (Drug Enforcement Administration) à New York. Il encourt une peine de 20 ans de prison à la perpétuité.

The Economist rapporte que la chute de Maduro avait apporté la joie à des millions de Vénézuéliens, notamment ceux établis à l’étranger. Des célébrations spontanées ont éclaté dans les rues, de Santiago du Chili à Miami.

Cependant, à l’intérieur du pays, la confusion règne. L’avenir est incertain. Le départ de Maduro signifierait, du moins pour président Trump, la fin du régime. Lors de sa fameuse conférence de presse, Trump a minimisé la possibilité que María Corina Machado –figure emblématique de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix– prenne le pouvoir. Il est même allé jusqu’à affirmer, de façon assez surprenante, qu’elle «ne bénéficie d’aucun soutien ni d’aucun respect dans le pays». Il n’a même pas mentionné Edmundo González, qui avait pourtant remporté la dernière élection présidentielle en 2024 grâce au soutien de Machado dont la candidature a été invalidée.

Les capitalistes américains lorgnent le pétrole du Venezuela

Au lieu de cela, Trump a promis que les États-Unis dirigeraient le Venezuela. Il a déclaré que la vice-présidente de Maduro et ministre du Pétrole, Delcy Rodríguez, était fondamentalement prête à faire ce que les États-Unis jugent bon pour rendre sa grandeur au Venezuela et a faussement affirmé qu’elle avait déjà prêté serment comme présidente. Trump semblait davantage intéressé par les profits tirés du pétrole vénézuélien.

Le plan de Trump –très peu détaillé mais empreint de beaucoup d’optimisme– consistait à déchaîner le capitalisme américain sur les réserves pétrolières du Venezuela, avec l’aide d’un gouvernement vénézuélien docile. Il a déclaré que les compagnies pétrolières investiraient des «milliards et des milliards de dollars» pour relancer les gisements et que le pays serait reconstruit grâce aux revenus générés par le pétrole, jusqu’aux élections.

Cependant, cela dépend de la coopération de Rodríguez. Trump semblait considérer cela comme acquis. Mélangeant le miel et le fiel, il a déclaré: «Je pense qu’elle a été très gentille mais elle n’a pas vraiment le choix», tout en réitérant sa menace de nouvelles frappes si ses exigences n’étaient pas satisfaites.

«Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire»

Cependant, Rodríguez, qui se présente comme une «militante de gauche», n’a pas présenté les faits de la même manière. Peu après les remarques de Trump, elle est apparue à la télévision d’État et a déclaré que Maduro restait le «seul président» du pays malgré son arrestation. «Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire. Ce qui est fait au Venezuela est barbare», a-t-elle ajouté. L’administration Trump a semblé ignorer ces déclarations, les considérant comme des messages internes nécessaires au maintien de l’ordre.

Rodríguez, qui cumule les fonctions de vice-présidente et de ministre du Pétrole, est considérée comme plus compétente en économie que nombre de membres du régime. Elle a fait une partie de ses études en France et, en 2019, elle a contribué à faire adopter des réformes axées sur le marché et une dollarisation non officielle de l’économie, ce qui a apporté une certaine stabilité. Son frère dirige l’Assemblée nationale, institution qui était docile au pouvoir de Maduro. Leur père était un révolutionnaire de gauche torturé et probablement tué par les forces de sécurité vénézuéliennes en 1976. Dans les milieux d’affaires de Caracas, elle est décrite comme pragmatique mais on dit aussi qu’elle et son frère mènent une «mission de vengeance» contre l’ancienne élite, notamment Machado.

Même au cas où ses déclarations télévisées ne seraient qu’une simple manœuvre et qu’elle collabore secrètement avec Trump, elle doit immédiatement s’assurer le soutien d’autres personnalités influentes. Dès le 3 janvier, le ministre de l’Intérieur et homme fort imprévisible, Diosdado Cabello, appelait au calme, déclarant: «Nous avons appris à survivre à toutes ces circonstances».

Quant au ministre de la Défense, Vladimir Padrino, il a juré que les forces vénézuéliennes allaient résister à l’attaque américaine. La question principale demeure: l’armée vénézuélienne soutiendra-t-elle Rodríguez et, par conséquent, le plan de Trump? Déjà soumise à la puissance militaire américaine, elle craint peut-être de mettre à l’épreuve la détermination de Trump.

Nombre de généraux ont amassé des fortunes considérables grâce au trafic de drogue et à la corruption sous le régime de Maduro. Si Rodríguez leur offre l’opportunité de détourner encore plus d’argent, ou du moins de conserver ce qu’ils ont volé, ils pourraient bien se rallier à sa cause. Jusqu’à présent, les hauts gradés de l’armée sont restés relativement discrets.

Toutefois, le risque de scission est bien réel. Certaines factions pourraient soutenir Rodríguez, tandis que d’autres pourraient chercher à s’emparer du pouvoir, pour elles-mêmes ou pour Padrino. Quelques-unes -peut-être en coordination avec des militaires ayant fait défection et réfugiés dans les pays voisins- pourraient faire pression pour le retour de Machado. Une armée divisée viendrait aggraver le déséquilibre déjà dangereux des groupes armés au Venezuela et pourrait déstabiliser davantage le régime.

Le lendemain de l’opération américaine, des «colectivos», milices armées pro-régime, ont été aperçus patrouillant dans les rues de Caracas.

L’Armée de libération nationale colombienne (ELN) qui est un groupe rebelle marxiste-léniniste et des cartels de la drogue comme le Tren de Aragua sont également actifs au Venezuela.

Trump semble croire que la menace de nouvelles frappes dissuadera tous ces groupes. Mais si un conflit éclate, il pourrait être nécessaire d’envoyer des troupes américaines au sol pour rétablir l’ordre. Trump a déclaré qu’il n’avait pas peur d’envoyer des soldats.

Machado se retrouve en marge, alors même que son rêve d’un Venezuela sans Maduro est en train de se réaliser. Elle tentera probablement de faire pression sur l’administration Trump pour qu’elle change de cap, même si des mois de politique d’apaisement n’ont rien donné jusqu’à présent. Si cela échoue, elle pourrait essayer d’encourager des manifestations à l’intérieur du Venezuela pour exiger une transition rapide.

Toutefois, organiser un soulèvement populaire sera extrêmement difficile. Le pays est épuisé après des décennies de répression et de baisse des revenus. Quelque 8 millions de personnes ont émigré depuis 2015, réduisant encore le nombre de personnes en âge de manifester. La répression qui a suivi l’élection volée de 2024 –durant laquelle Maduro s’est vanté d’avoir emprisonné des milliers de personnes– a dissuadé la plupart des Vénézuéliens d’exprimer leur colère. Après les frappes aériennes américaines, nombre d’entre eux semblaient davantage préoccupés par leur survie que par les manifestations.

Les alliés traditionnels dans l’expectative

Le régime est également confronté à des crises existentielles. Ses alliés lui ont apporté un soutien limité. Les services de renseignement cubains, qui ont longtemps protégé Maduro et purgé l’armée des dissidents, n’ont pas réussi à protéger leur allié. Les autorités de La Havane, dépendantes du pétrole vénézuélien, pourraient désormais soutenir n’importe quel successeur au sein du régime. De plus, Cuba qui est un allié très faible lutte lui aussi pour sa survie.

Trump a promis de couper les approvisionnements en pétrole et a menacé d’une action directe contre l’île. Les relations des Cubains avec Rodríguez semblent également tendues. «Elle est agacée par les Cubains», confie un diplomate occidental à Caracas, soulignant que les autorités cubaines semblent ingrates face au pétrole bon marché.

La Chine, principal acheteur de pétrole vénézuélien, et la Russie, qui a fourni à plusieurs reprises des armes au régime, soutiennent Maduro depuis longtemps. Ils ont fermement condamné le raid, sans toutefois indiquer un quelconque soutien concret.

Maduro compte peu d’amis dans la région. Ses alliés les plus cléments ont été des dirigeants de gauche au Brésil, en Colombie et au Mexique mais même ces liens semblent désormais fragiles. Les trois gouvernements ont exprimé leur indignation face à l’attaque américaine et condamné la violation de la souveraineté vénézuélienne mais il est peu probable qu’ils soutiennent une quelconque résistance contre les États-Unis. Leurs préoccupations sont plus ciblées: ils craignent le chaos et un afflux potentiel de réfugiés vénézuéliens dans la région.

Le Mexique et la Colombie redoutent également des attaques américaines sur leur propre sol. Lors de sa conférence de presse, Trump a menacé le Mexique et a déclaré que le président colombien Gustavo Petro «devrait faire attention à ses fesses»

Face à un manque d’alliés extérieurs, à la position ambiguë de l’armée et aux menaces explicites de Trump, Rodriguez a peut-être déjà choisi –ou choisira bientôt– de conclure un accord. Le régime pour lequel elle travaille possède une remarquable capacité de survie et d’adaptation. Il a survécu à la mort de son fondateur Hugo Chávez. Un accord avec son prétendu «ennemi» pourrait lui offrir une nouvelle chance de survie.

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Trump transforme le Nobel de Machado en hommage personnel

11. Oktober 2025 um 09:12

Fidèle à son style, Donald Trump a trouvé le moyen de ramener à lui le prix Nobel de la paix attribué vendredi à Maria Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne récompensée pour son combat démocratique contre le régime de Nicolás Maduro.

Lors d’une conférence de presse à Washington, le président américain a affirmé que la lauréate l’avait appelé “pour lui dédier” la distinction.

“Elle m’a dit qu’elle l’acceptait en mon honneur, parce que je le mérite vraiment”, a lancé Trump, avant d’ajouter, non sans humour : “Je ne lui ai pas demandé de me le donner, mais elle aurait pu.”

Maria Corina Machado a bien confirmé un entretien téléphonique avec le président américain dans un entretien à El País, mais sans mentionner de dédicace.

À la Maison-Blanche, ces déclarations font grincer des dents : plusieurs conseillers dénoncent une récupération politique, tandis que Trump assure qu’il “continuera à sauver des vies et à conclure des accords de paix”.

Trump: "The person who actually got the Nobel Prize called today, called me, and said 'I'm accepting this in honor of you, because you really deserved it.' A really nice thing to do. I didn't say 'Then give it to me, though.'" pic.twitter.com/NsMY97IP2J

— Aaron Rupar (@atrupar) October 10, 2025

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