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Gestern — 03. Juni 2026Leconomiste Maghrebin

L’IACE et Hyundai passent à la vitesse supérieure avec deux accords stratégiques

03. Juni 2026 um 14:10

L’Institut arabe des chefs d’entreprise et Hyundai annoncent la signature de deux conventions de partenariat marquant une nouvelle étape dans leur collaboration au service de l’écosystème entrepreneurial tunisien.

La première convention porte sur le renouvellement du partenariat entre Hyundai et les Journées de l’Entreprise 2026, organisées par l’IACE, à l’occasion de la 40ᵉ édition de ce rendez-vous économique majeur en Tunisie.

À travers ce renouvellement, Hyundai réaffirme son engagement aux côtés de l’IACE et son attachement aux Journées de l’Entreprise, devenues au fil des années une plateforme incontournable de dialogue et d’échange entre dirigeants d’entreprise, décideurs économiques et acteurs publics.

La seconde convention vient renforcer et élargir le cadre de coopération entre les deux partenaires à travers la mise en place d’offres et de conditions préférentielles sur les véhicules Hyundai au profit des membres de l’IACE.

Cette initiative illustre la volonté commune de rapprocher davantage le partenariat des attentes concrètes de la communauté entrepreneuriale, dans un contexte économique marqué par de profondes mutations et de nouveaux enjeux de compétitivité, de mobilité et d’investissement.

À travers ces deux conventions, Hyundai et l’IACE réaffirment leurs ambitions communes de soutenir les dynamiques entrepreneuriales, de favoriser les échanges entre acteurs économiques et de contribuer au renforcement d’un environnement propice à l’investissement, à l’innovation et au développement de l’entreprise tunisienne.

D’après communiqué

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Affaire appareil secret d’Ennahdha: perpétuité pour Rached Ghannouchi 

02. Juni 2026 um 19:06

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a rendu, mardi, son verdict dans l’affaire dite de l’« appareil secret » du mouvement Ennahdha. Trente-cinq accusés ont été reconnus coupables de plusieurs infractions à caractère terroriste et condamnés à des peines allant de dix ans d’emprisonnement à la réclusion criminelle à perpétuité.

Parmi les principaux condamnés figure le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, qui a écopé d’une peine de réclusion à perpétuité assortie de 30 années de prison supplémentaires. Son ancien vice-président et ex-chef du gouvernement, Ali Laarayedh, a été condamné à 42 ans de réclusion.

Une source judiciaire citée par l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP) assure que les accusés ont été déclarés coupables notamment de constitution d’une organisation terroriste, d’adhésion volontaire à une entente liée à des activités terroristes, ainsi que de mise à disposition de compétences et d’expertises au profit d’une organisation terroriste.

La peine la plus lourde a été prononcée contre Mustapha Khedher, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 96 années de prison supplémentaires. Ridha Barouni, Taher Boubahri, Kamel Ayefi et sept autres accusés ont également été condamnés à la perpétuité, assortie de 76 années d’emprisonnement.

D’autres condamnations ont été prononcées, notamment la perpétuité assortie de 50 ans de prison pour Fathi Beldi, de 37 ans pour Abdelaziz Daghsni, de 32 ans pour Kamel Bedoui, ainsi que de 30 ans pour Samir Hannachi. Kaïs Bakkar a été condamné à 48 ans de prison, Belhassen Naqach à 46 ans et Ali Ferchichi à 34 ans. Trois accusés ont écopé de 18 ans d’emprisonnement, quatre autres de 12 ans et deux prévenus de 10 ans.

Le tribunal a également ordonné le placement de l’ensemble des condamnés sous surveillance administrative pendant cinq ans après l’exécution de leur peine.

Cette affaire, qualifiée de terroriste par la justice tunisienne, concerne 35 accusés, parmi lesquels plusieurs anciens responsables du mouvement Ennahdha ainsi que d’anciens cadres sécuritaires. Mustapha Khedher, déjà cité dans le dossier de la « chambre noire », figure également parmi les personnes poursuivies.

Le dossier a été relancé au début de l’année 2022 à la suite d’une plainte déposée par le ministère public et par le collectif de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, assassinés respectivement en février et en juillet 2013.

Le comité de défense des deux dirigeants politiques avait accusé le supposé « appareil secret » d’Ennahdha d’être impliqué dans ces assassinats, ainsi que dans des activités d’espionnage et d’infiltration des institutions de l’État. Il avait également mis en cause plusieurs dirigeants du mouvement, notamment Rached Ghannouchi, les accusant d’avoir dirigé et supervisé cette structure. Le mouvement Ennahdha a toujours rejeté ces accusations, les qualifiant de politiques et dénuées de fondement.

Initialement instruit par le parquet du Tribunal de première instance de l’Ariana, le dossier a été transféré en septembre 2023 au pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, qui a poursuivi les investigations jusqu’au jugement rendu mardi.

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Il y a soixante ans – Naissait la télévision publique tunisienne

02. Juni 2026 um 09:38

Certains se souviennent de ce 31 mai 1966. Pour la première fois, ils ont assisté sur leur poste de télévision à la présentation de la téléspeakerine d’alors, Naziha Magherbi. L’image était à l’envers ; fait marquant de ce début donc de la télévision tunisienne. Une image découverte sur des écrans en noir et blanc de la marque Carthage ou Autovox.

 

 

Le 31 mai 1966, la télévision publique – et la télévision tunisienne tout court-  a fait son apparition. Nos compatriotes ont suivi, à ce titre, ces derniers jours, sur la Watanya 1 et la Watanya 2, quelques documentaires rappelant le début du petit écran. Et son inauguration par le premier président de la République, Habib Bourguiba (notre première photo). Et la première image découverte par les téléspectateurs, et qui est restée dans la mémoire de plus d’un, est celle de la téléspeakerine d’alors, Naziha Magherbi. L’image était à l’envers (notre seconde photo) ; fait marquant de ce début donc de la télévision tunisienne. Une image découverte sur des écrans en noir et blanc de la marque Carthage ou Autovox.

Avant cette date, les Tunisiens avaient connu la télévision au travers des programmes de la RAI, la télévision publique italienne, qui se limitait à une seule et unique chaîne. Un émetteur avait été installé par la RAI, en 1960, pour la retransmission des Jeux olympiques de 1960, et était ensuite resté en fonction pour quelque temps sur le réseau hertzien. Ce qui permit à de nombreux tunisiens de faire connaissance avec la langue italienne. Mais aussi de devenir des fans des clubs italiens, comme l’A C Milan, l’Inter de Milan, la Juventus ou encore Cagliari; ou encore d’animateurs comme Pippo Baudo.

Depuis, que de changements! La télévision publique est passée effectivement à la couleur. Comme elle a étendu ses programmes pour être diffusée 24 heures/ 24. Et a ajouté une deuxième chaîne, appelée la Chaîne jeune. Elle fut rebaptisée Watanya 2 au lendemain du 14 janvier 2011. Sans oublier l’introduction de la publicité.

Un nouveau contexte

En fait, et avant 2011, le paysage télévisuel a cessé d’être trusté, pour ainsi dire, par les chaînes publiques. Il y a eu ainsi Hannibal Tv et Nessma Tv. Avant d’assister à une explosion avec l’apparition de pas moins de neuf nouvelles chaînes. Un nouveau contexte qui a transformé le PAT (Paysage Audiovisuel Tunisien) et qui a engendré la concurrence.

La révolution de 2011 n’a pas été facile pour les chaînes publiques qui ont connu des difficultés notamment financières avec les recrutements d’un personnel qui a été longtemps pigiste et en raison d’un manque de ressources essentiellement publicitaires.

A l’instar de la sitcom « Chouflihall »

Soixante ans après sa naissance la télévision publique vit notamment grâce à ses riches archives qu’elle continue de programmer y compris aux heures de forte audience. A l’instar du sitcom « Chouflihall », programmé même au cours du mois de ramadan connu pour ne diffuser que de nouveaux programmes.

Au cours des soixante ans de son existence, la télévision tunisienne peut s’enorgueillir également d’avoir largement contribué à attirer un ensemble de compétences. Dont certains continuent de faire les beaux jours de nombreuses télévisions arabes, surtout dans la région du Golfe arabe.

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Pour sa libération, Hatem Chaabouni paie une caution de 60 MDT

02. Juni 2026 um 09:21

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a décidé, lundi 1er juin 2026, d’accorder lsa libération à l’homme d’affaires Hatem Chaabouni, moyennant le versement d’une caution fixée à 60 millions de dinars (MDT).

Cette décision intervient dans le cadre d’une affaire financière dans laquelle l’homme d’affaires est détenu depuis juin 2024. Le dossier implique également un ancien président-directeur général de la Banque nationale agricole (BNA) ainsi que plusieurs hauts responsables de l’établissement bancaire public.

L’enquête porte sur des soupçons d’irrégularités dans l’octroi de crédits bancaires et sur une opération liée à l’acquisition d’actions de la BNA financée par un prêt bancaire accordé dans des conditions jugées contraires aux procédures légales en vigueur.

Les personnes poursuivies sont notamment soupçonnées d’avoir mis en place un montage financier impliquant l’exploitation de fonctions bancaires, avec des accusations de faux, d’abus de fonction et de blanchiment d’argent. Les investigations visent à déterminer les circonstances dans lesquelles ces financements ont été accordés et les éventuelles responsabilités des différents intervenants.

Cette affaire figure parmi les dossiers de corruption financière les plus suivis de ces dernières années en Tunisie, en raison de l’implication de responsables d’une banque publique et des montants financiers concernés.

Affaire à suivre.

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Décryptage – Tunisie mai 2026 (II) – Quand les chiffres racontent davantage qu’une simple conjoncture

02. Juni 2026 um 06:01

L’économie est souvent perçue comme un univers de statistiques macro-financières (*), de pourcentages et de tableaux réservés aux spécialistes. Pourtant, derrière chaque indicateur se cache une réalité bien concrète qui touche la vie quotidienne des citoyens. Une évolution des réserves en devises influence le prix des produits importés. Une baisse des taux d’intérêt conditionne la capacité d’une entreprise à investir ou d’une famille à accéder au crédit. Une progression des recettes touristiques soutient des milliers d’emplois dans les régions côtières comme à l’intérieur du pays.

 

Les indicateurs monétaires et financiers publiés par la Banque centrale de Tunisie au 29 mai 2026 (**) dessinent ainsi le portrait d’une économie qui, sans être sortie de toutes ses difficultés, semble entrer progressivement dans une phase plus sereine. Cette amélioration demeure fragile et incomplète, mais elle constitue néanmoins un changement notable après plusieurs années marquées par les tensions financières, l’inflation élevée et les inquiétudes récurrentes concernant les grands équilibres macroéconomiques. Cette photographie de la conjoncture nationale prend tout son sens lorsqu’elle est replacée dans un environnement international qui, lui aussi, cherche encore son point d’équilibre.

 

Lire aussi: Décryptage – Tunisie, mai 2026 (I) : l’économie avance, la société attend

Un contexte mondial moins tendu mais toujours incertain

L’économie mondiale traverse actuellement une période de normalisation progressive. Les grandes banques centrales occidentales, après avoir mené des politiques monétaires extrêmement restrictives pour combattre l’inflation, commencent à assouplir graduellement leurs conditions financières. Cette évolution est importante pour des pays comme la Tunisie. Lorsque les taux d’intérêt internationaux diminuent, les coûts de financement des États et des entreprises tendent à se réduire. Les investisseurs deviennent également plus enclins à prendre des risques dans les économies émergentes.

Cependant, cette amélioration demeure relative. La croissance mondiale reste modérée. L’Europe, principal partenaire économique de la Tunisie, continue d’afficher des performances limitées. Les tensions géopolitiques persistent au Moyen-Orient, en mer Rouge et dans plusieurs zones stratégiques du commerce international. Les prix de l’énergie, bien qu’inférieurs aux sommets observés lors des crises précédentes, restent exposés à de fortes fluctuations. Autrement dit, le monde économique de 2026 n’est plus celui de la crise permanente, mais il n’est pas encore celui d’une prospérité pleinement retrouvée. Dans ce contexte, la capacité des économies nationales à renforcer leurs propres fondamentaux devient plus importante que jamais.

Une Banque centrale qui semble reprendre progressivement la maîtrise du jeu

Parmi les enseignements les plus encourageants des données du 29 mai figure la stabilité du marché monétaire tunisien.

Le taux directeur de la Banque centrale est désormais fixé à 7 %, contre 7,5 % un an auparavant. Le taux du marché monétaire s’établit pratiquement au même niveau, preuve que les mécanismes de transmission de la politique monétaire fonctionnent correctement.

Pour le grand public, ces chiffres peuvent paraître abstraits. Pourtant, ils sont loin de l’être. Derrière cette détente monétaire se profile la possibilité d’un accès au financement moins coûteux pour les entreprises. Cela signifie potentiellement davantage d’investissements, davantage de projets et, à terme, davantage d’emplois.

La Banque centrale semble aujourd’hui dans une situation plus confortable qu’il y a un an. Le recours au refinancement demeure important, mais les besoins du système bancaire apparaissent moins critiques. Les interventions exceptionnelles se réduisent progressivement et les banques semblent retrouver davantage d’autonomie dans leur gestion quotidienne de la liquidité.

Cette amélioration ne signifie pas que toutes les tensions ont disparu. Elle indique simplement que l’économie tunisienne est sortie de la phase la plus aiguë de stress monétaire qui avait caractérisé les années précédentes.

L’argent liquide : le révélateur silencieux des limites de la transformation économique

Un chiffre attire particulièrement l’attention : celui des billets et monnaies en circulation. Près de 29,7 milliards de dinars circulent aujourd’hui sous forme d’espèces dans l’économie tunisienne. C’est un niveau record. Cette progression impressionnante est riche d’enseignements. Elle reflète certes la croissance naturelle des besoins monétaires de l’économie, mais elle traduit également la persistance d’un phénomène plus profond : la place considérable qu’occupe encore le secteur informel.

Dans de nombreux marchés, commerces ou activités de services, les transactions en espèces continuent de dominer. Cette réalité révèle une confiance encore insuffisante dans les instruments de paiement modernes; mais aussi l’existence d’une partie de l’activité économique qui échappe aux circuits formels.

Derrière ce chiffre se cache donc l’un des grands défis structurels de la Tunisie : réussir à intégrer davantage d’activités dans l’économie organisée, améliorer l’inclusion financière et moderniser les modes de paiement. Car une économie qui fonctionne largement en espèces se prive d’une partie importante de son potentiel de financement et de productivité.

Le retour de la confiance extérieure

S’il est un domaine où les indicateurs apportent une véritable note d’optimisme, c’est celui du secteur extérieur.

Les recettes touristiques poursuivent leur progression et dépassent désormais 2,4 milliards de dinars. Ce chiffre dépasse sa simple dimension comptable. Derrière lui se trouvent les hôtels qui retrouvent des taux d’occupation satisfaisants, les restaurants qui accueillent davantage de visiteurs, les artisans qui écoulent leurs produits, les transporteurs qui travaillent davantage et les milliers de familles dont les revenus dépendent directement ou indirectement du tourisme.

La Tunisie semble ainsi récolter les fruits d’une image internationale progressivement améliorée et d’une demande touristique qui demeure soutenue malgré les incertitudes mondiales.

Plus remarquable encore est l’évolution des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger. Ces revenus dépassent désormais 3,4 milliards de dinars. Chaque année, des centaines de milliers de Tunisiens installés en Europe, en Amérique du Nord ou dans les pays du Golfe continuent d’envoyer une partie de leurs revenus à leurs familles.

Au-delà de leur importance économique, ces transferts constituent également une forme silencieuse de solidarité nationale. Ils soutiennent la consommation, financent l’éducation des enfants, participent à la construction de logements et alimentent l’activité économique locale dans de nombreuses régions du pays. Dans bien des cas, ils jouent un rôle que ni les marchés financiers ni les institutions internationales ne peuvent remplacer.

Des réserves de change qui offrent un précieux coussin de sécurité

Autre élément particulièrement rassurant : les réserves en devises. Avec l’équivalent de 105 jours d’importation, la Tunisie dispose aujourd’hui d’un niveau de protection extérieure supérieur à celui observé un an auparavant. Ce chiffre peut sembler technique. Pourtant, il représente en quelque sorte l’épargne de précaution du pays. Ces réserves permettent d’acheter les produits énergétiques, les médicaments, les matières premières industrielles ou les équipements dont l’économie a besoin pour fonctionner.

Elles rassurent également les investisseurs et les partenaires internationaux quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers. Cette amélioration contribue naturellement à la stabilité du dinar. Face au dollar, la monnaie tunisienne affiche même une appréciation sur un an. Cette évolution est particulièrement importante dans la mesure où une grande partie des importations stratégiques est facturée en devise américaine.

Une stabilité retrouvée, mais pas encore une prospérité retrouvée

Malgré ces avancées, il serait prématuré de parler d’un véritable décollage économique. Les indicateurs montrent surtout que la Tunisie a réussi à consolider ses équilibres financiers. Or, l’histoire économique enseigne que la stabilité est une condition nécessaire du développement, mais qu’elle n’en constitue jamais la garantie. Le véritable défi commence précisément lorsque les équilibres sont rétablis.

Comment transformer cette stabilité en investissements productifs ? Comment convertir la baisse progressive des taux d’intérêt en création d’entreprises et d’emplois ? Comment mobiliser l’épargne disponible vers les secteurs à forte valeur ajoutée ? Comment faire en sorte que les performances du tourisme ou des transferts de la diaspora se traduisent par une amélioration durable du niveau de vie ?

Ces questions demeurent ouvertes.

L’heure des choix stratégiques

Les mois à venir pourraient constituer une période charnière pour l’économie tunisienne. Les signaux positifs existent. L’inflation est mieux maîtrisée. Les réserves en devises sont confortables. Les recettes extérieures progressent. Les tensions monétaires s’atténuent. Le système financier apparaît plus stable. Mais ces acquis ne produiront leurs effets que s’ils sont accompagnés d’une dynamique plus ambitieuse en matière d’investissement, de productivité et de réformes structurelles. La Tunisie dispose aujourd’hui d’une occasion rare : celle de passer d’une logique de gestion de crise à une logique de construction de l’avenir.

Les indicateurs du 29 mai 2026 ne racontent donc pas seulement l’histoire d’une économie qui résiste. Ils racontent surtout l’histoire d’un pays qui commence à retrouver une marge de manœuvre, une capacité de projection et, peut-être, une forme de confiance dans ses propres ressources.

Car au-delà des statistiques et des équilibres financiers, la véritable question reste celle-ci : comment transformer cette respiration économique retrouvée en une croissance capable d’améliorer concrètement la vie des Tunisiens ?

C’est autour de cette interrogation que se jouera, bien davantage que dans les chiffres eux-mêmes, l’avenir économique de la Tunisie au cours des prochaines années.

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(**)Références :

https://www.ins.tn/

https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Quand l’IA fait vaciller la confiance de la tech

01. Juni 2026 um 17:04

Longtemps considérés comme les grands gagnants de la transformation numérique, les professionnels de la tech voient désormais l’intelligence artificielle comme une menace directe pour leur avenir. Malgré des salaires supérieurs à la moyenne et des perspectives de carrière encore favorables, une inquiétude profonde s’installe dans un secteur pourtant habitué à être à l’avant-garde de l’innovation.

Si l’on en croit une étude menée par InfoJobs, plus d’un salarié de la tech sur deux (52 %) craindrait que les outils d’intelligence artificielle finissent par remplacer son travail. Un niveau d’anxiété bien supérieur à celui observé dans l’ensemble de la population active, où cette crainte concerne 39 % des travailleurs. Un signal fort qui témoigne d’un changement de perception : ceux qui développent, utilisent et maîtrisent les technologies d’IA sont aussi parmi les premiers à redouter leurs conséquences, ajoute ladite étude.

Cette montée des inquiétudes intervient alors même que les professionnels du secteur continuent de bénéficier d’avantages salariaux significatifs. Près de 43 % d’entre eux gagnent plus de 2 000 euros nets par mois, contre seulement 23 % pour l’ensemble des actifs. Leur satisfaction vis-à-vis de leur rémunération reste également supérieure à la moyenne nationale.

Mais ces revenus plus élevés ne suffisent plus à dissiper les doutes. Derrière les augmentations de salaire et les opportunités de carrière, une question s’impose de plus en plus : combien de temps les compétences humaines resteront-elles indispensables face à des outils capables d’automatiser des tâches toujours plus complexes ?

L’étude montre pourtant que le secteur conserve un certain dynamisme. Au cours des deux dernières années, 65 % des salariés de la tech ont bénéficié d’une augmentation de salaire, contre 58 % dans l’ensemble des métiers. Pourtant, cette progression ne semble pas rassurer durablement les professionnels, dont beaucoup anticipent déjà de nouveaux bouleversements liés à l’IA.

La pression économique continue également de peser. Plus d’un tiers des répondants estiment que leur situation financière s’est détériorée malgré la hausse des rémunérations. Face à l’inflation, plus de huit salariés sur dix déclarent avoir réduit leurs dépenses, notamment dans les loisirs, les voyages ou les achats jugés non essentiels.

L’enquête met ainsi en lumière un paradoxe de plus en plus visible : même parmi les travailleurs les mieux rémunérés et les plus qualifiés du numérique, la peur du déclassement progresse. A mesure que l’intelligence artificielle gagne en puissance, l’idée qu’aucun métier ne soit réellement à l’abri semble s’imposer jusque dans les rangs de ceux qui ont contribué à bâtir cette révolution technologique.

Alors aux experts de la tech vont pouvoir s’inventer de nouveaux rôles qui leur rendraient indispensables pour échapper à d’éventuels licenciements.

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Huile d’olive : les exportations tunisiennes s’envolent de 49 % en un an

01. Juni 2026 um 15:10

Les recettes générées par les exportations d’huile d’olive tunisienne ont atteint 3 643,8 millions de dinars (MD) au cours des six premiers mois de la campagne 2025/2026. Et ce, contre 2 442,4 MD durant la même période de la campagne précédente. Soit une progression de 49,2 %. C’est ce que révèlent les données publiées lundi par l’Observatoire National de l’Agriculture (ONAGRI).

Cette hausse s’explique avant tout par l’envolée des volumes exportés, en progression de 63,9 % pour dépasser 295 400 tonnes; contre 180 200 tonnes un an plus tôt. Elle a été obtenue malgré un repli de 8 % du prix moyen à l’exportation, ramené à 12,67 dinars le kilogramme sur la période.

Sur le plan qualitatif, l’huile d’olive extra vierge concentre 83,5 % du volume total exporté. En revanche, la part du produit conditionné demeure marginale, à 12,5 %. L’essentiel des expéditions étant réalisé en vrac (87,5 %).

L’Europe reste le principal débouché, avec 56,5 % des exportations tunisiennes, devant l’Amérique du Nord (23,2 %), l’Asie (12,1 %) et l’Afrique (4,5 %). Au niveau des pays, l’Espagne s’impose comme premier client avec 32,3 % des volumes, suivie par l’Italie (19,6 %) et les États-Unis (19 %).

Par ailleurs, les exportations d’huile d’olive biologique ont atteint 37 900 tonnes sur la période, pour une valeur de 497,7 MD, selon les mêmes données de l’ONAGRI.

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Vous avez entre 20 et 22 ans ? La Garde nationale recrute

01. Juni 2026 um 11:16

Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’ouverture du concours de recrutement de caporaux masculins au sein de la Garde nationale au titre de l’année 2026. Les candidatures seront acceptées à partir du 4 juin 2026. Tandis que la date limite de dépôt des dossiers a été fixée au 15 juin 2026.

Pour participer à ce concours, les candidats doivent avoir achevé la neuvième année de l’enseignement de base ou être titulaires d’un diplôme de formation professionnelle équivalent délivré par un centre relevant du ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi ou par un établissement privé agréé. Ils doivent également disposer d’une qualification dans l’une des spécialités demandées.

Les postulants doivent être de nationalité tunisienne, être âgés de 20 à 22 ans au 1er janvier 2026 et mesurer au minimum 1,70 mètre. Une acuité visuelle d’au moins 15/20 pour les deux yeux avant correction est également exigée. Tout comme une bonne condition physique attestée par un examen médical.

Le ministère prévoit toutefois plusieurs dérogations concernant la limite d’âge, notamment pour les candidats ayant effectué leur service militaire ou ayant exercé dans des administrations et établissements publics. Les personnes inscrites auprès des bureaux de l’emploi peuvent également bénéficier des dispositions prévues par la réglementation en vigueur.

Les dossiers de candidature devront être déposés auprès des postes de la Garde nationale ou de la Police nationale compétents territorialement, selon l’adresse figurant sur la carte d’identité nationale. Toute candidature transmise par courrier, incomplète ou déposée hors délai sera automatiquement rejetée.

Les candidats devront notamment fournir un formulaire de candidature téléchargé depuis la plateforme dédiée aux recrutements du ministère de l’Intérieur, une demande manuscrite, une copie de la carte d’identité nationale, les diplômes requis ainsi qu’un extrait du casier judiciaire (bulletin n°3). Les titulaires d’un permis de conduire de catégorie B sont également invités à joindre une copie de leur permis.

Les spécialités recherchées couvrent plusieurs secteurs techniques et professionnels, notamment la mécanique automobile, l’hôtellerie et la restauration, le transport, la pêche maritime, le génie sanitaire, la climatisation, l’électricité, le bâtiment, la soudure, l’électronique, la menuiserie, l’agriculture ainsi que les métiers liés à l’alimentation.

Les épreuves écrites en langue arabe débuteront le 27 juillet 2026. Les candidats admis à cette première étape seront ensuite convoqués à des examens médicaux, sportifs, psychotechniques et à des entretiens oraux. Les convocations seront transmises par SMS via le numéro de téléphone renseigné lors de l’inscription, avec les détails relatifs aux dates et lieux des épreuves.

Le ministère précise enfin que l’absence de convocation équivaut à un refus de candidature et que les dossiers déposés ne seront pas restitués à leurs propriétaires.

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Tunisie : dans le textile, le danger est l’outil de travail le plus répandu

01. Juni 2026 um 10:13

Les accidents du travail déclarés dans la branche de l’habillement ont progressé, passant de 2 633 en 2021 à 2 829 en 2023, représentant respectivement 10,2 % et 10,8 % du total national. C’est ce que révèlent les statistiques de la CNAM publiées dans le numéro 108 de la revue Santé et sécurité au travail de l’ISST.

L’indice de fréquence des accidents dans le secteur du textile s’est maintenu au-dessus de la moyenne nationale durant toute la période 2021-2023, bien qu’il ait amorcé un recul, passant de 17,6 % en 2021 à 12,1 % en 2023. Le secteur de la confection de vêtements a par ailleurs enregistré cinq accidents mortels, soit 4 % des 120 accidents mortels déclarés au niveau national, principalement liés à la manipulation des machines et aux risques électriques.

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Décès de l’actrice Malika Hablani

31. Mai 2026 um 10:10

L’actrice Malika Hablani est décédée dans la matinée de samedi 30 mai 2026 à l’hôpital Sahloul de Sousse. L’annonce a été faite dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux du ministère des Affaires culturelle, lequel salue le parcours et la carrière de la défunte.

La défunte, figure appréciée du paysage audiovisuel tunisien, a marqué des générations de téléspectateurs, à travers sa participation à de nombreuses séries à succès. Ainsi, au cours de sa carrière, elle a entre autres joué tour à tour dans « Al Hassad » (1995), Mnamet Aroussia (2000), « Ikhwa wa Zamen »  (2003), « Hissabat wa Akabet » (2004), « Awdat El Meniar » (2005), « Al Layali Al Bidh » (2007), Bayn Ethnaya (2008) ainsi que « Pour les beaux yeux de Catherine » (2012).

Par conséquent et à travers ce riche parcours artistique et sa présence remarquée à l’écran, Malika Hablani laisse une empreinte indélébile dans la mémoire du public tunisien.

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Risque de pénuries de carburant : alerte des grandes institutions internationales

30. Mai 2026 um 18:45

De nombreuses organisations internationales, dont le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, ont averti qu’il y aura un risque de pénurie de pétrole cet été si le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ne revient pas à la normale.

« Les approvisionnements mondiaux en pétrole diminuent à un rythme record en raison de la forte baisse des livraisons » dues au passage des navires par le détroit d’Ormuz, ont averti le FMI, la Banque mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans une déclaration commune à l’issue d’une réunion de leurs dirigeants.

« Si le transport maritime ne revient pas à la normale, une baisse rapide et soutenue des stocks mondiaux avant le pic de la demande pendant l’été dans l’hémisphère nord représenterait un risque accru pour la sécurité énergétique (…) et la résilience de l’économie en général », avertissent les organisations dans leur déclaration.

La guerre israélo-américaine contre l’Iran a provoqué des turbulences sur les marchés commerciaux et financiers, tout en accentuant les inquiétudes concernant les approvisionnements énergétiques mondiaux, notamment via le détroit d’Ormuz, une voie maritime vitale pour le transport du pétrole et du gaz.

Les organisations internationales ont souligné que l’économie mondiale reste résiliente, mais que le conflit touche de manière disproportionnée les pays les plus pauvres, en raison des prix élevés des carburants et des engrais, de l’incertitude accrue et des risques pour l’emploi.

Selon leur communiqué conjoint, les dirigeants des organisations se sont réunis jeudi pour discuter des moyens de remédier aux conséquences économiques de la guerre.

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Le ministère de la Jeunesse recrute : 1245 postes à pourvoir

30. Mai 2026 um 10:08

Le ministère de la Jeunesse et des Sports a annoncé l’ouverture de quatre concours externes sur dossiers visant à renforcer ses ressources humaines dans plusieurs domaines liés au sport, à l’éducation physique, à la jeunesse et à l’enfance.

Au total, 1 245 postes sont à pourvoir à travers différentes spécialités, dans le cadre d’un vaste programme de recrutement destiné à soutenir les structures relevant du ministère.

Selon les informations publiées au Journal officiel, ces concours permettront le recrutement de 141 professeurs de sport, de 160 professeurs de jeunesse et d’enfance, ainsi que de 940 enseignants d’éducation physique destinés aux écoles primaires.

Le ministère prévoit également le recrutement de quatre maîtres principaux d’éducation physique.

Cette campagne de recrutement s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer l’encadrement des activités sportives, éducatives et de jeunesse à travers le pays, tout en répondant aux besoins croissants des établissements et structures concernés.

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Un Tunisien à la tête de l’Union internationale du transport routier

30. Mai 2026 um 08:40

La nomination du Tunisien Habib Turki au poste de secrétaire général de l’Union internationale du transport routier (IRU), à compter du 1er août 2026, pourrait constituer une avancée majeure pour la visibilité et le positionnement stratégique de la Tunisie dans les secteurs du transport, de la logistique et du commerce international. Mais autant le souligner tout de suite, cela ne suffira pas à redorer « notre » blason.

Basée à Genève, l’IRU est l’une des principales organisations mondiales du transport routier. Elle supervise notamment le système TIR (transport international routier), un mécanisme international qui facilite le transit des marchandises entre plusieurs pays en simplifiant les procédures douanières et en réduisant les coûts logistiques. Dans un contexte marqué par la recherche de chaînes d’approvisionnement plus fluides et sécurisées, l’organisation joue un rôle central dans les échanges commerciaux mondiaux.

Cette nomination intervient alors que les pays africains et méditerranéens accélèrent la modernisation de leurs infrastructures de transport et renforcent leur intégration aux grands corridors commerciaux régionaux. Pour la Tunisie, qui ambitionne de consolider sa position de plateforme logistique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, l’accession d’un Tunisien à la tête de l’IRU représente un signal fort sur les plans économique et diplomatique.

À noter que Habib Turki dispose d’une solide expérience dans le domaine du transport. Entre 2015 et 2018, il a occupé le poste de conseiller régional de l’IRU pour le Moyen-Orient, contribuant à l’intégration de plusieurs pays au système TIR, notamment Oman, la Palestine, le Qatar et l’Arabie saoudite. Il a ensuite poursuivi sa carrière à la Fédération internationale de l’automobile (FIA), où il a dirigé plusieurs projets internationaux.

Au-delà de sa portée symbolique, cette nomination place la Tunisie au cœur des enjeux liés à la logistique mondiale, à la mobilité durable et à la sécurisation des échanges commerciaux.

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Mahdi Ouni, nouveau PDG de l’Office de la topographie et du cadastre

29. Mai 2026 um 11:08

Mahdi Ouni vient d’être nommé président-directeur général de l’Office de la topographie et du cadastre; nomination publiée au Journal officiel de la République tunisienne (JORT) le 26 mai 2026 et prendra effet le 1ᵉʳ juin 2026, conformément au décret n° 2026-75 du 25 mai 2026.

Cette décision, relevant du ministère de l’Équipement et de l’Habitat, marque un changement à la tête de cet établissement public chargé des missions de topographie, de cadastre et de cartographie.

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Décès à 81 ans de l’ex-président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi à Riyad

28. Mai 2026 um 18:45

Agé de 81 ans, Abd Rabbo Mansour Hadi, l’ex-président du Yémen, a tiré sa révérence jeudi 28 mai 2026 à Riyad, en Arabie saoudite, rapportent des médias arabes.

Propulsé à la tête du pays à la suite du soulèvement de 2011, il dirigea le Yémen pendant dix ans (de 2012 à 2022), période marquée notamment par le départ d’Ali Abdallah Saleh du pouvoir.

On retiendra d’ailleurs que c’est aussi à cette période que les rebelles Houthis ont intensifié leurs attaques contre le gouvernement ayant conduit à la prise de Sanaa, la capitale, en 2014. Ce qui alors avait entraîné l’exil de Mansour Hadi pour l’Arabie saoudite, transférant ses pouvoirs à un Conseil présidentiel dans le cadre d’une initiative régionale destinée à relancer le processus politique au Yémen.

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Eclairage – Quand la stabilité ne suffit plus à raconter la vie des gens

29. Mai 2026 um 06:36

Les indicateurs financiers se calment, mais les vies, elles, restent sous tension. En Tunisie, la baisse de l’inflation et les discours de stabilité donnent l’impression d’un retour à l’ordre, sans que le quotidien des ménages ne s’allège réellement. Entre prix toujours élevés, pouvoir d’achat fragilisé et perspectives incertaines, se creuse un décalage silencieux : celui d’une économie qui se stabilise dans les indicateurs, mais pas encore dans la réalité vécue.

Dans un bureau d’administration, dans un taxi en fin de journée, dans une file d’attente au marché, ou autour d’un café où l’on refait le monde par habitude plus que par espoir, le même constat revient, sous des formes différentes : “les prix ne montent plus comme avant, mais rien ne devient vraiment plus facile”.

Cette phrase, simple, presque banale, dit beaucoup plus que des rapports économiques entiers. Elle résume une situation où la désinflation ne se traduit pas immédiatement par un mieux-être. Les prix ralentissent, mais le niveau atteint reste élevé. Les revenus, eux, n’ont pas suivi. Et surtout, la confiance ne s’est pas reconstruite.

C’est ici que la mécanique économique rencontre la réalité humaine. Les modèles parlent d’équilibre. Les gens parlent de souffle.

Le grand tournant des banques centrales : la fin d’une illusion de maîtrise totale

Depuis plusieurs décennies, l’économie mondiale a vécu avec une idée dominante : la stabilité peut être produite par la politique monétaire. Les banques centrales étaient devenues les chefs d’orchestre silencieux de la croissance, capables d’ajuster les cycles économiques à travers les taux d’intérêt et la gestion de la liquidité. Mais cette vision s’est progressivement fissurée, comme le rappellent les débats récents autour des limites de ces instruments. Même les institutions les plus puissantes reconnaissent aujourd’hui, parfois avec prudence, que la mécanique s’est complexifiée.

Lire aussi : ZOOM — Ces Banques centrales qui ne répondent plus au néo-keynésianisme : Leçons pour la Tunisie

 

Les économistes résument cette rupture avec une formule forte : les banques centrales ne sont plus omnipotentes. Elles ont gagné la bataille contre l’inflation dans de nombreuses économies, mais elles peinent à faire renaître une croissance solide et inclusive. Ce constat a quelque chose de profondément déroutant. Car il revient à admettre que l’on peut maîtriser un symptôme sans guérir la maladie.

En Tunisie, cette tension est palpable. La politique monétaire joue son rôle de stabilisation, mais elle ne peut pas, à elle seule, recréer de l’emploi, relancer l’investissement ou redonner confiance aux acteurs économiques.

Une économie qui refroidit quand elle cherche à se stabiliser

Il existe une sensation très concrète dans l’économie tunisienne actuelle : celle d’un refroidissement progressif de l’activité. Les entreprises ne disparaissent pas, mais elles avancent plus lentement. Les projets ne sont pas abandonnés, mais repoussés. Les recrutements existent encore, mais deviennent prudents, sélectifs, limités. Les ménages continuent de consommer, mais avec une vigilance permanente, comme si chaque dépense était une décision stratégique.

Cette prudence généralisée n’est pas forcément visible dans les statistiques globales, mais elle structure profondément la dynamique économique. Et c’est ici que le paradoxe devient frappant : la stabilité des prix, recherchée et obtenue au prix d’efforts importants, coexiste avec une forme d’instabilité ressentie dans la vie quotidienne. Une stabilité qui ne réchauffe pas l’économie finit par ressembler à une stabilité froide, presque administrative, détachée du vécu social.

Minsky, Prebisch, Keynes : des débats anciens pour une réalité très actuelle

Les débats théoriques évoqués prennent une résonance particulière dans le contexte tunisien. Keynes rappelait que l’économie peut parfaitement atteindre un équilibre durable… mais un équilibre de sous-emploi. Autrement dit, une société peut être stable tout en restant bloquée en dessous de son potentiel.

Hyman Minsky, de son côté, insistait sur une idée encore plus dérangeante : les périodes de stabilité elles-mêmes peuvent générer des fragilités futures, notamment à travers l’accumulation de dettes et de déséquilibres invisibles.

Quant à Raúl Prebisch, il mettait en lumière une autre dimension essentielle pour les économies comme la Tunisie : les structures productives et les dépendances extérieures comptent autant, sinon plus, que les équilibres monétaires.

Ces trois lectures convergent vers une même idée : une économie ne se résume jamais à sa stabilité apparente. Dans le cas tunisien, cela signifie que la question n’est pas seulement de savoir si l’inflation baisse, mais si l’économie est capable de produire de la valeur, de l’emploi et de l’espoir.

 

Lire également : Tunisie – Le lent naufrage industriel

Le quotidien économique : là où la théorie rencontre la fatigue

Dans une petite entreprise de Sfax, un patron hésite à embaucher. Pas parce qu’il n’a pas de travail, mais parce qu’il ne sait pas comment évoluera son coût de financement, ni quelle sera la demande dans six mois. À Tunis, un jeune diplômé envoie des candidatures sans réponse. À Kairouan, une famille ajuste ses dépenses en fonction des prix du marché, sans certitude sur le mois suivant. Ces scènes ne font pas la une des rapports économiques, mais elles constituent pourtant le véritable baromètre de l’économie.

La macroéconomie parle de stabilisation. La microéconomie humaine parle d’adaptation permanente. Et cette adaptation, lorsqu’elle devient durable, finit par transformer la psychologie collective. On ne parle plus de projets, mais de survie. On ne parle plus d’investissement, mais de prudence. On ne parle plus d’avenir, mais de gestion du présent.

Le piège discret de l’équilibre appauvri

C’est ici qu’apparaît le concept le plus inquiétant : celui d’un équilibre appauvri. Un pays peut parfaitement stabiliser ses indicateurs macroéconomiques tout en voyant sa dynamique interne s’éroder progressivement. L’inflation est maîtrisée, mais la croissance reste faible. Le budget est contrôlé, mais l’investissement recule. La monnaie est stabilisée, mais le tissu productif s’affaiblit.

Dans ce type de configuration, le danger n’est pas brutal. Il est lent, diffus, presque imperceptible. On s’habitue à une croissance faible. On normalise un chômage élevé. On accepte une migration des talents comme une évidence. Et peu à peu, ce qui était une crise devient un état normal. C’est peut-être là le point le plus sensible pour la Tunisie aujourd’hui : la capacité à ne pas confondre stabilisation et transformation.

Quand la stabilité devient une fin en soi

Une économie en bonne santé n’est pas une économie parfaitement stable. C’est une économie dynamique, capable d’absorber des chocs, de créer de nouvelles activités, de redistribuer des opportunités. Le problème survient lorsque la stabilité devient l’objectif ultime, au détriment de tout le reste.

Dans cette logique, la politique économique peut finir par se réduire à une gestion de contraintes : contenir l’inflation, stabiliser le change, limiter les déséquilibres budgétaires. Tout cela est nécessaire, mais insuffisant. Car une société ne vit pas uniquement de stabilité. Elle vit de projection, d’ambition, de mobilité sociale. Sans cela, même une économie stabilisée peut devenir psychologiquement fragile.

Une économie qui doit redevenir une promesse

La question centrale, aujourd’hui, n’est donc pas uniquement technique. Elle est profondément humaine. Comment faire en sorte que l’économie tunisienne ne soit pas seulement un système stabilisé, mais un système porteur de perspectives ? Comment recréer une dynamique où un jeune diplômé ne pense pas immédiatement à partir ? Où une entreprise ne renonce pas à grandir ? Où une famille ne vit pas chaque mois dans une logique d’ajustement permanent ?

C’est là que les politiques économiques doivent retrouver une dimension plus large que la seule gestion des équilibres. Elles doivent redevenir des politiques de transformation.

In fine, derrière les équilibres, la vie

Les débats économiques, des critiques de la crise des banques centrales aux remises en cause des modèles orthodoxes, convergent vers une même question centrale : que devient la politique économique lorsque ses instruments de stabilisation ne parviennent plus à générer de véritable développement ?

La Tunisie se trouve précisément à ce point de bascule. Les indicateurs peuvent se stabiliser. Mais si les vies, elles, restent sous pression, alors l’économie n’a pas encore trouvé son équilibre réel. Car au fond, une économie ne se juge pas seulement à sa capacité à maîtriser ses prix, mais à sa capacité à permettre à une société de respirer, de se projeter et de croire encore que l’avenir peut être un peu plus large que le présent.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Aux Assemblées de la BAD 2026, la Tunisie vend son concept « compter sur soi » aux Africains

La Tunisie a plaidé, mercredi à Brazzaville, pour une action africaine coordonnée et ambitieuse afin de financer le développement du continent, à l’occasion des assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), organisées du 25 au 29 mai 2026.

Intervenant lors du dialogue du Conseil des gouverneurs, Tarek Bouhlel, directeur général de la coopération africaine au ministère de l’Économie et de la Planification et gouverneur temporaire de la Tunisie auprès de la BAD, a appelé à « un changement de paradigme », basé sur le passage d’interventions fragmentées à une alliance africaine structurée et à grande échelle.

Selon lui, cette transformation nécessite un engagement politique clair des gouverneurs de la Banque ainsi qu’une réforme profonde de l’institution, notamment à travers une décentralisation accrue et un renforcement des effectifs opérationnels afin d’accélérer la préparation et l’exécution des projets.

La Tunisie a également insisté sur la nécessité de placer la jeunesse et la transformation démographique au cœur des priorités de la BAD. Selon Bouhlel, l’investissement dans la formation, l’entrepreneuriat, la digitalisation et le financement des micro, petites et moyennes entreprises permettrait de transformer le potentiel démographique africain en moteur de croissance.

Tunis considère par ailleurs que la souveraineté financière de l’Afrique constitue « un choix inéluctable ». Pour y parvenir, trois leviers sont jugés essentiels : le recours accru aux mécanismes de partage des risques, la création de plateformes d’investissement de grande envergure et une meilleure mobilisation des capitaux domestiques, régionaux et des transferts de la diaspora africaine.

La Tunisie estime enfin que la BAD dispose des moyens nécessaires pour piloter une nouvelle architecture africaine du développement, alignée sur les priorités nationales et régionales du continent.

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L’OTIC lance la Déclaration de Tunis pour dénoncer les abus dans les services de visas

L’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC) annonce le lancement de la « Déclaration de Tunis sur les droits du consommateur dans les services de visas et de mobilité internationale », une initiative portée par une coalition d’associations arabes et africaines visant à réformer un système jugé opaque, complexe et coûteux pour les citoyens.

Selon le président de l’OTIC, Lotfi Riahi, cette déclaration constitue la première référence civile commune destinée à transformer les plaintes individuelles des demandeurs de visas en un mouvement organisé de revendication. L’objectif affiché est d’imposer davantage de transparence et d’équité dans les prestations liées aux visas et à la mobilité internationale.

Lotfi Riahi a dénoncé les conséquences de l’externalisation d’une partie des services consulaires à des sociétés intermédiaires privées. Il estime que cette pratique a multiplié les frais imposés aux usagers, allongé les délais d’attente et compliqué les démarches administratives à travers plusieurs plateformes numériques.

Le responsable a particulièrement critiqué le fait que les demandeurs perdent l’intégralité des frais engagés en cas de refus de visa, malgré l’absence de prestation effective. Face à cette situation, la coalition associative réclame une révision profonde du système actuel.

Parmi les principales revendications figurent le remboursement total ou partiel des frais en cas de refus, la séparation claire entre les frais administratifs obligatoires et les services optionnels, ainsi qu’une meilleure transparence concernant les motifs de rejet des demandes.

Les organisations signataires demandent également un encadrement plus strict des sociétés intermédiaires privées, avec des critères renforcés de contrôle et de responsabilité. Elles plaident aussi pour une meilleure protection des données personnelles et numériques des demandeurs.

Tout en rappelant le droit souverain des États à contrôler l’entrée des étrangers sur leur territoire, Lotfi Riahi a affirmé que cette mobilisation transfrontalière vise avant tout à construire un système « plus juste et plus humain ».

Dans ce cadre, des démarches sont déjà engagées pour créer un Observatoire africain des services de visas et de la mobilité. Cette structure indépendante aura pour mission de documenter les conditions réelles d’accès à ces services et de produire des indicateurs comparables entre les différents pays.

Cette initiative intervient après un communiqué publié par l’OTIC le 12 mai 2026, dans lequel l’organisation dénonçait déjà les abus des sociétés intermédiaires privées chargées du traitement des demandes de visa. L’OTIC y évoquait notamment des frais excessifs, une faible qualité de service et l’absence de concurrence effective, qualifiant la situation de « monopole déguisé » aux tarifs déraisonnables.

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Voici le dernier délai pour la déclaration d’impôt des personnes morales

28. Mai 2026 um 09:29

Dans un communiqué rendu public, la Direction générale des impôts (DGI) fixe au vendredi 29 mai 2026 le dernier délai pour le dépôt de la déclaration mensuelle par les personnes morales non assujetties à la déclaration et au paiement à distance des impôts.

Et la DGI de rappeler que si le dernier jour du dépôt d’une déclaration fiscale coïncide avec un dimanche ou un jour férié, le contribuable serait en mesure de pouvoir déposer sa déclaration le jour ouvrable suivant sans versement de pénalités financières.

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