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Les moyens les plus simples pour déclarer ses impôts en France

21. September 2026 um 13:09

La déclaration des revenus constitue un moment charnière pour l’ensemble des contribuables sur le territoire bien connu, tel que la France. Salariés, travailleurs indépendants, retraités ou entrepreneurs y sont tous soumis chaque année. Mais au fur et à mesure des années, l’administration fiscale française offre désormais des services largement modernisés, ce qui contribue à un acte devenu généralement plus simple, plus rapide et plus accessible en tous les cas. Fini donc les grandes liasses de formulaires papiers classiques ou la présence aux guichets des centres des impôts. La plupart des démarches s’effectuent dorénavant en ligne, de manière parfaitement sécurisée et intuitive.

Pour préparer sereinement votre déclaration, il est bien évidemment important de prendre soin de consulter à l’avance le calendrier fiscal et de rassembler dans cette même perspective tous vos justificatifs, sans négliger les différentes subtilités de votre situation personnelle et professionnelle.

Que vous soyez célibataire, mariés, ou parents d’enfants à charge, ou bailleurs, tout compte pour bien optimiser votre déclaration de revenus pour éviter des erreurs. Cet article propose des éclairages concrets sur les moyens les plus simples et les plus sûrs d’exécuter vos obligations fiscales en toute tranquillité, et l’esprit tranquille.

 Le recours au portail officiel en ligne : le meilleur moyen

Le mode le plus rapide et le plus sûr pour déclarer ses revenus demeure sans conteste le site internet officiel des impositions. Ouvert 24 h sur 24, 7 jours sur 7, durant la période de déclaration, cet espace sécurisé recueille toutes vos informations personnelles. Vous verrez ainsi que dans votre compte, nombreuses sont les données pré remplies par l’administration : salaires envoyés par vos employeurs, allocations, pensions de retraite et enfin informations sur vos placements financiers.

Cette pré identification vous fait considérablement gagner du temps. Cependant, il ne faut jamais valider ces chiffres sans vérification. En effet, si vous avez engagé des charges ouvrant droit à des réductions ou des crédits d’impôt (déduction pour frais de garde d’enfants, emploi à domicile ou don à des associations, investissement locatif, etc.), il vous conviendra de prendre soin de renseigner les cases correspondantes. Quand vous êtes professionnel avec vos conseils ou votre employeur sur vos justificatifs, ne communiquez jamais vos informations financières par messagerie classique, mais par mail professionnel pour garantir la confidentialité de vos échanges financiers.

L’application mobile «Impots.gouv» pour les déclarations simples

Les contribuables en situation fiscale stable et avec des situations peu complexes trouveront dans l’application mobile officielle «Impots.gouv» un moyen efficace… Accessible gratuitement via toutes les plateformes iOS et Android, l’application permet de réaliser la totalité de la démarche en quelques clics sur son smartphone ou sa tablette. Pas de changements majeurs dans sa vie depuis l’année dernière (ni déménagement, ni mariage, ni gros changements de revenus ni nouveaux investissements) ? La déclaration tacite ou ultra-simplifiée par l’application mobile se fait en moins de cinq minutes.

Présentation d’un récapitulatif, confirmation de la véracité des informations et génération instantanée de l’avis de situation déclarative, l’outil se veut l’idéal pour les personnes pressées et en recherche d’efficacité sans avoir à mettre en place d’importantes procédures logicielles.

Le rôle fondamental des justificatifs et des professionnels

Quelle que soit la méthode retenue, il est impératif de conserver tous vos justificatifs (factures, attestations d’employeurs, reçus de dons, quittances) durant une période de trois années au moins, car l’administration peut vous les réclamer dans le cadre d’un contrôle fiscal.

Pour rester informé sur l’actualité économique et fiscale du pays, on peut se tourner vers des analyses spécialisées sur des portails d’information reconnus comme kapitalis.com qui proposent régulièrement d’utiles décryptages économiques. De la même façon, le site de référence Service-Public.fr reste incontournable pour quiconque cherche des informations officielles mises à jour en temps réel sur les barèmes et les délais. En conjuguant ces outils numériques, le civisme fiscal devient une formalité simple, rapide, parfaitement maîtrisée.

Conclusion

En fin de compte, honorer ses obligations fiscales en France n’est plus le chemin de croix d’autrefois. Grâce à la digitalisation avancée des services de l’État, tant via l’espace en ligne sécurisé que via l’application mobile, chaque contribuable dispose désormais de puissants leviers pour faciliter ses démarches. Cela dit, la technologie ne dédouane pas d’être vigilant : la vérification soigneuse des données préremplies, l’ajout minutieux de vos crédits ou réductions d’impôts, la bonne tenue de vos justificatifs pendant trois ans, autant d’aides qui prennent alors part à un apaisement et à une sécurité accrus de votre déclaration.

En associant ces outils modernes à votre attention à conserver la confidentialité de vos échanges et à porter l’information officielle sur les portails de référence, le rendez-vous fiscal annuel devient une simple formalité administrative maîtrisée sans stress superflu.

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Ukraine | Poutine n’est pas isolé et joue la carte du temps long

21. September 2026 um 11:49

 Le président russe Vladimir Poutine a intensifié son activité diplomatique ces dernières semaines à travers sa participation à une série de sommets importants pour prouver au monde qu’il maintient une présence sur la scène internationale et qu’il n’est pas le paria que l’Occident pointe du doigt mais en même temps il n’a montré aucun signe de renoncement aux objectifs de la Russie dans la guerre en Ukraine et n’est pas pressé d’y mettre fin. (Photo : Le président Vladimir Poutine et le Premier ministre Narendra Modi plantent des arbres lors du 18e sommet des BRICS au Bharat Mandapam, à New Delhi, le 12 septembre 2026. )

Imed Bahri

Grégoire Ross, directeur du programme Europe, Russie et Eurasie au Royal Institute of International Affairs à Londres (Chatham House), explique que l’Europe semble encline à interpréter cette activité diplomatique accrue comme un signe de désespoir de Moscou sauf que c’est une erreur d’appréciation. En réalité, la stratégie du Kremlin mêlant impassibilité diplomatique et escalade calibrée pourrait être plus solide qu’il n’y paraît. 

Ross revient sur les entretiens menés le 5 septembre à Moscou entre les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner et le président Poutine afin de discuter des moyens de mettre fin à la guerre. Le Kremlin a qualifié les pourparlers de «très utiles» sans pour autant manifester la moindre volonté d’assouplir ses exigences. Quelques jours plus tard, il a rejeté l’offre du président ukrainien Volodymyr Zelensky de rencontrer Poutine lors du sommet du G20 à Miami en décembre.

Parallèlement, les attaques russes contre l’Ukraine se sont intensifiées. Le 13 septembre, un drone russe a frappé une infrastructure ferroviaire près de Yahodyn, peu après le passage d’un train transportant l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, l’ancien directeur de la CIA David Petraeus et d’autres personnalités. Cette frappe s’inscrivait dans le cadre de la plus vaste vague de drones lancée par la Russie depuis des mois.

De nombreux responsables européens affirment que le comportement de la Russie témoigne de l’impasse dans laquelle elle se trouve en Ukraine. Selon eux, elle subit des pertes considérables et ses avancées territoriales demeurent lentes et coûteuses. En même temps, les forces ukrainiennes ont regagné du terrain. Pourtant, conclure que l’escalade russe trahit le désespoir relève davantage du vœu pieux que de la réalité. Poutine se comporte comme quelqu’un qui croit encore pouvoir compter sur le temps et conserver une marge de manœuvre. Sa diplomatie récente offre un cadre d’interprétation pertinent.

Poutine peut encore se permettre d’ignorer les conseils amicaux

Ross cite l’initiative très médiatisée du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev en juillet concernant la guerre en Ukraine. Assis aux côtés de Poutine à Omsk, Tokaïev a déclaré que le conflit devait être gelé et les négociations reprises mais le Kremlin a rapidement rejeté l’idée d’un cessez-le-feu.

Le Premier ministre indien Narendra Modi est allé encore plus loin à Bichkek, la capitale du Kirghizistan, le 31 août, lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, lorsqu’il a déclaré publiquement à Poutine que le monde devait «passer d’une guerre sans fin à la fin de la guerre». En même temps, Modi s’est adressé à Poutine en l’appelant «mon ami» et a salué la solidité des relations bilatérales.

Moins de deux semaines plus tard, lors du sommet des Brics à New Delhi, Modi et Poutine ont discuté d’un objectif d’échanges commerciaux bilatéraux de 100 milliards de dollars.

Il ne fait guère de doute que des gouvernements comme ceux de l’Inde et du Kazakhstan souhaitent sincèrement mettre fin à la guerre mais cela ne signifie pas qu’ils soient prêts à conditionner leurs relations avec la Russie à la fin du conflit.

C’est cette nuance qui explique en grande partie l’assurance de Poutine. Malgré ses critiques, l’Inde continue de considérer la Russie comme un partenaire stratégique clé. De même, si le Kazakhstan a pris soin de diversifier ses relations extérieures, il a préservé des liens étroits avec Moscou. Parallèlement, la déclaration des Brics à New Delhi a critiqué les sanctions unilatérales et les restrictions commerciales, tout en évitant de s’opposer directement à la Russie au sujet de l’Ukraine.

Ces partenariats durables pourraient apporter à Moscou des éléments dont elle a un besoin presque aussi vital que du soutien à l’effort de guerre en Ukraine à savoir une intégration économique en Asie, une légitimité diplomatique et un rôle respecté au sein de groupements internationaux influents.

Pour Xi Jinping, Poutine demeure un acteur clé utile.

L’importance de la Russie pour la Chine

Lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, le président chinois Xi Jinping a déclaré à Poutine que les fondements des relations bilatérales entre les deux pays se renforceraient.

Les Européens qualifient souvent la Russie d’«État vassal» de la Chine, une perception qui reflète une réelle disparité économique : l’économie chinoise est environ huit fois plus importante que l’économie russe. De plus, la Russie réalise au moins 34% de son commerce international avec la Chine alors qu’elle ne représente qu’environ 4% du commerce chinois.

Toutefois, cette vision occulte un aspect crucial du partenariat qui ne se mesure pas uniquement par les échanges commerciaux bilatéraux. Pékin a tout intérêt à maintenir Moscou suffisamment forte pour qu’elle demeure une puissance indépendante. La Russie possède un arsenal nucléaire, un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu, d’immenses ressources énergétiques et de matières premières et une position stratégique à cheval sur l’Asie centrale et l’Arctique. Plus important encore, Moscou est prête à contester ce qui reste de l’ordre mondial dominé par les États-Unis.

L’implication de la Chine dans l’économie de guerre russe démontre que la relation entre les deux pays est plus stable que beaucoup en Europe ne le pensent.

À cet égard, Ross cite des documents révélés ce mois-ci par Politico indiquant qu’une entreprise publique chinoise a livré de la fibre de carbone —utilisée dans les drones d’attaque Geran— à Alabuga-Volokno, une filiale sous sanctions de Rosatom (le conglomérat nucléaire public russe). Une enquête antérieure du Robert Lansing Institute avait déjà attesté la présence de moteurs et de composants chinois dans des drones russes. L’année dernière, Reuters avait rapporté que des spécialistes chinois des drones collaboraient avec des fabricants russes

Cela ne prouve pas que chaque transaction ait été ordonnée par Pékin ni que le soutien chinois soit sans limites. Xi n’a aucun intérêt à se retrouver otage des décisions de Poutine et Pékin continuera de calibrer très soigneusement son exposition. Cela démontre toutefois à quel point il est trompeur d’assimiler la prudence rhétorique de la Chine concernant l’Ukraine à une prise de distance vis-à-vis de la Russie.

Pour Pékin, Moscou demeure un acteur clé et utile, dont les actions contribuent à l’émergence d’un ordre international alternatif au sein d’organisations telles que l’Organisation de coopération de Shanghai et les Brics, où l’influence des États-Unis et de l’Europe est moindre.

Ross soutient que l’Inde ne partage peut-être pas la vision chinoise de l’ordre mondial mais qu’elle ne voit aucun intérêt à isoler la Russie. Il en va de même pour le Kazakhstan et tout autre membre des Brics. Cette ambiguïté convient parfaitement à Poutine.

L’Europe a besoin de plus de réalisme

Ces derniers mois, marqués par l’escalade russe contre l’Ukraine et l’Europe ainsi que par le renforcement des liens diplomatiques de la Russie avec l’Asie, devraient servir de leçon aux dirigeants européens : leur tentative de faire pression sur les gouvernements pour les amener à choisir entre la Russie et l’Occident a clairement atteint ses limites voire a échoué.

Les relations de l’Union européenne (UE) avec l’Inde pourraient offrir un modèle plus pertinent. L’UE a en effet renforcé ses liens commerciaux avec l’Inde tout en adoptant un ton plus modéré concernant les relations entre New Delhi et Moscou.

Ross juge cela logique car il existe un potentiel considérable pour approfondir les relations avec l’Inde et l’Asie centrale. L’Europe peut proposer des investissements, des technologies, un accès au marché unique ainsi que des partenariats dans le domaine des minerais rares. Elle peut également offrir des voies de transport réduisant la dépendance à l’égard de la Russie comme le corridor transcaspien. En adoptant une telle approche, l’Europe peut s’adapter à une nouvelle réalité et œuvrer patiemment à creuser l’écart entre la Russie et ses partenaires.

Concernant la Chine, l’UE a déjà imposé des sanctions à un nombre croissant d’entreprises chinoises impliquées dans le contournement des sanctions et leurs activités dans l’industrie de la défense russe. La réussite de cette stratégie européenne à long terme pourrait dépendre de la volonté de l’UE d’étendre ces sanctions et de cibler des chaînes d’approvisionnement stratégiques lorsque les preuves confirmeront l’implication directe de grands fournisseurs chinois ou d’entreprises publiques chinoises.

L’escalade russe en Ukraine montre que Poutine parie toujours sur sa capacité à tenir plus longtemps que les soutiens de l’Ukraine. Il reste convaincu que la Russie est suffisamment connectée au reste du monde pour encaisser la pression occidentale. Il estime également que sa position est renforcée par ce qu’il perçoit comme un affaiblissement des États-Unis dû à la guerre avec l’Iran. La diplomatie des sommets menée par Poutine ces derniers mois suggère que, du moins pour l’instant, il a quelques raisons d’être confiant.

Toutefois, l’Europe n’est pas tenue d’accepter ce pari. Elle doit avant tout comprendre les dynamiques sous-jacentes à long terme et y répondre de manière appropriée. Si Poutine joue la carte du temps long, peut-être est-il temps pour l’Europe d’en faire autant.

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L’injustice infligée par la santé publique au Dr Jalel Taktak

21. September 2026 um 10:56

Le drame que vit aujourd’hui le Dr Jalel Taktak, ex-chef de service d’ophtalmologie à l’hôpital universitaire Ibn Al-Jazzar de Kairouan, est une véritable injustice que lui inflige, à 66 ans, la santé publique qu’il avait servie quarante ans durant.  

«Après avoir consacré sa vie à soigner les autres, mon père doit aujourd’hui se battre pour obtenir son propre traitement. La CNAM refuse la prise en charge de sa thérapie ciblée sous prétexte que le médicament coûte cher», a rapporté son fils dans un post Facebook.

Firas Taktak raconte : «Mon père a servi la santé publique pendant plus de 40 ans je me souviens très bien de ses jours de consultation où il dépassait les 14h de travail continu. Il avait fait une règle :  consultation sans rendez-vous. Peu importe le nombre de patients, peu importe l’heure, il reçoit tout le monde. Je l’ai vu faire ça pendant des années. Dans une ville de près de 700 000 habitants, il dépassait parfois les 1 000 interventions chirurgicales par an, dans une spécialité aussi délicate que l’ophtalmologie. Certains diront que c’est impossible ou surhumain mais ceux qui le connaissent peuvent en témoigner. Et malgré toutes les tentations, il n’a jamais voulu quitter le secteur public parce qu’il croyait profondément que la santé ne devait pas devenir un privilège réservé à ceux qui peuvent payer. Aujourd’hui, il souffre d’un cancer métastatique, et c’est une réalité difficile à accepter, parce qu’il a toujours eu une hygiène de vie irréprochable : il n’a jamais fumé, jamais bu, faisait attention à son alimentation et à sa santé. Le seul facteur de risque que j’ai réellement connu dans sa vie, était ce stress permanent, cette pression quotidienne et ces années de travail intense. Après plus de 40 ans au service de la santé publique, voilà donc comment ce pays remercie ceux qui ont consacré leur vie aux autres : on transforme leur survie en calcul comptable. Il ne demande aucun privilège parce qu’il est médecin. Il demande d’être traité comme un patient, avec dignité et humanité. Mon père n’a jamais compté les patients qu’il soignait. Aujourd’hui, son pays compte le prix de sa vie.»

Beaucoup de collègues du Dr Taktak s’adressent au ministre de la Santé publique, Dr Mustapha Ferjani, médecin lui-même,  lui demandant d’intervenir personnellement pour que l’ophtalmologue chirurgien puisse disposer des médicaments dont sa santé a besoin. La balle est dans son camp…

I. B.  

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Lidl livre ses livraisons par un camion électrique sans conducteur

21. September 2026 um 09:41

Depuis le 15 septembre 2026, un camion électrique autonome sans cabine assure en Hesse, l’un des seize Länder composant l’Allemagne dont plus grande ville est Francfort-sur-le-Main, les livraisons d’un magasin Lidl. Derrière ce premier test sur route ouverte se joue bien plus qu’une simple expérimentation logistique.

Dans une zone logistique d’Edermünde, en Hesse, un poids lourd s’avance vers un magasin Lidl. Personne dans une cabine, car il n’y a tout simplement plus de cabine. Et pourtant, les palettes de produits secs arrivent bien à destination, jour après jour. Derrière cette scène presque irréelle se cache un projet commun entre Lidl et le spécialiste suédois des camions autonomes Einrede. Le tout est déjà testé en conditions réelles sur route ouverte en Allemagne.

Depuis le 15 septembre 2026, ce camion autonome sans cabine roule en service régulier. Il assure la liaison entre un centre de distribution et une filiale Lidl voisine. Il circule sur routes publiques allemandes avec une autorisation spéciale délivrée par l’Autorité fédérale des transports motorisés, le Kraftfahrt-Bundesamt. C’est le premier véhicule de ce type, sans cabine et sans conducteur à bord. Il obtient un tel feu vert pour rouler en Allemagne. De quoi poser beaucoup de questions sur la façon dont ce poids lourd roule seul. Et sur ce que Lidl cherche exactement avec ce test.

Le projet prend place autour du site Lidl d’Edermünde, en Hesse, près de Kassel. Le véhicule développé par Einrede est un camion 100 % électrique de niveau 4 sur l’échelle SAE d’autonomie. Il est dépourvu de cabine. Aucun chauffeur ni opérateur de sécurité ne se trouve à bord pendant les trajets. Le poids lourd enchaîne les rotations entre le centre de distribution et le magasin. Il circule dans le flot de la circulation ordinaire

Répondre à la pénurie de chauffeurs routiers

Pour cette première phase, la navette autonome reste sur un périmètre limité et très cadré. Le camion peut embarquer jusqu’à 15 euro-palettes et effectuer jusqu’à trois allers-retours par jour. La période d’essai prévue s’étend sur quatre mois, avec plus de 3 000 palettes à transporter sur cette seule liaison. Elles concernent essentiellement des produits secs. L’objectif affiché est de vérifier que ce fonctionnement s’intègre bien dans la logistique quotidienne d’un discounter alimentaire. Le test se déroule donc sur une liaison réelle, avec de vrais volumes à traiter

Derrière cette expérimentation, Lidl et Einride visent d’abord à répondre à la pénurie de chauffeurs routiers. Elle est très marquée en Allemagne comme ailleurs en Europe. En automatisant une partie des trajets répétitifs entre entrepôt et magasins, le distributeur espère sécuriser ses livraisons. Il veut aussi mieux stabiliser la disponibilité des produits en rayon. Les deux partenaires évoquent aussi une fiabilité accrue de la chaîne d’approvisionnement, grâce à des horaires plus prévisibles. Ils misent sur un pilotage centralisé de ces camions électriques autonomes. Car au fond, chaque trajet effectué sans conducteur sur ce type de parcours libère des ressources humaines. Elles peuvent être réaffectées à des missions plus variées dans le reste du réseau logistique.

Pour obtenir le permis, le projet a dû passer par un long processus de validation de sécurité en trafic réel. Il a été présenté au Kraftfahrt-Bundesamt. L’autorité allemande a délivré une première autorisation de ce type pour un camion sans conducteur Lidl. Le véhicule circule sur une route bien définie et surveillée. Si les résultats sont jugés concluants, Lidl et Einrede prévoient d’étendre le trajet actuel en un réseau de type de livraison. Plusieurs magasins seraient alors desservis lors d’une même tournée. D’autres déploiements au sein des sociétés du groupe Schwarz sont déjà à l’étude, avec le soutien de la plateforme allemande Mobility Data Space. Tout cela laisse entrevoir des scénarios plus ambitieux que cette seule navette d’Edermünde.

Habib Glenza

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L’Algérie dit non à la diplomatie du chéquier des Émirats

21. September 2026 um 09:16

Ancrée dans une diplomatie du chéquier et adossée à une alliance de revers avec Israël et le Maroc, la monarchie d’Abou Dhabi multiplie les ingérences du Yémen au Sahel. Face à cette stratégie de déstabilisation et à la guerre hybride menée contre ses frontières, l’Algérie oppose une doctrine intangible de souveraineté, de non-alignement et de résilience historique.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

À titre de rappel, les Émirats et Israël ont établi leurs relations diplomatiques le 15 septembre 2020 lors de la signature des Accords d’Abraham à la Maison-Blanche. Curieusement, par pure coïncidence ou parce que parfois le hasard fait mal les choses, il y a moins d’un siècle à peine, Israël et les Émirats arabes unis n’existaient pas. Ils ont surgi le premier du néant et le deuxième du désert et ont fait du chemin. L’histoire diplomatique du Moyen-Orient moderne reste profondément marquée par le retrait britannique au début du siècle dernier : de cette même empreinte sont nés deux États aux trajectoires diamétralement opposées, Israël en 1947 et les Émirats arabes unis en 1971.

Aujourd’hui, Israël fait partie des puissances nucléaires de fait et dispose de plus de 300 ogives nucléaires. C’est un État surarmé qui compte sur le soutien quasi total des États-Unis, lesquels lui fournissent les armes les plus modernes et les plus ultrasophistiquées. Le territoire sur lequel se trouve cet État a été spolié à la Palestine. Après le retrait de la Grande-Bretagne, qui avait renoncé à son mandat en 1947, les Nations unies avaient partagé le territoire pour donner naissance à un État juif et un État arabe avec la bénédiction de Washington. La première guerre israélo-arabe (1948-1949) avait permis à cet État d’agrandir encore son territoire au détriment de celui de l’État arabe.

Les Émirats arabes unis, quant à eux, ont été créés il y a tout juste 55 ans, en 1971. Issus du regroupement d’un noyau de peuplades et de confédérations tribales dispersées le long de la Côte des Trèves, les Émirats n’éveillaient, jusqu’aux années 1960, que peu d’intérêt international. Comme d’autres régions de la péninsule, cette société n’avait connu que la tyrannie de la pauvreté ; désormais, elle doit s’accommoder de celle de la richesse. Non point cette richesse qui provient d’une révolution industrielle ou de cet effort gigantesque qu’accomplit une société sur elle-même pour se soustraire au déterminisme de la nature — du génie de ses ingénieurs et de ses ouvriers comme en Europe ou au Japon lors de leurs révolutions industrielles —, mais celle-là même qui est le produit direct de la rente pétrolière. À partir de cette époque, événements politiques et pétroliers vont se succéder à une allure vertigineuse, telle une machine en folie que personne ne pouvait plus arrêter. Avec la manne pétrolière, les Émiratis ont vu se multiplier leurs richesses, leurs partisans et leurs courtisans.

De la tente bédouine à la démesure géopolitique

Pour comprendre la trajectoire actuelle des Émirats arabes unis, il faut d’abord saisir le vertige psychologique qui a saisi ce pouvoir. En l’espace d’une seule génération, les Émiratis sont passés d’un dénuement pastoral absolu — celui des tentes et des caravanes de chameaux — à une opulence insolente matérialisée par des gratte-ciels de cent étages. Cette métamorphose fulgurante a engendré une véritable euphorie de la puissance.

Ce saut temporel et technologique sans transition a nourri un besoin viscéral de reconnaissance, compensant la jeunesse de l’État par une verticalité architecturale et financière spectaculaire. Porté par cette richesse monumentale, le pouvoir d’Abou Dhabi s’est laissé griser par une forme d’hubris géopolitique. Ce sentiment d’invulnérabilité pousse aujourd’hui ses dirigeants à croire que la puissance financière permet de tout régenter, des alliances économiques aux destins des nations millénaires du monde arabe. C’est précisément ce tournis de la richesse qui explique l’agressivité de leur diplomatie et leur volonté de bousculer des équilibres régionaux complexes, au risque de la démesure.

Cette diplomatie de la démesure ne surgit pas du néant ; elle réactive, sous des formes modernes, des codes comportementaux profondément ancrés dans l’histoire de la péninsule. Avant l’ère pétrolière, la survie dans ce désert hostile dictait des règles strictes, où la razzia et le contrôle forcé des routes commerciales et des caravanes constituaient la norme. L’adage populaire «Chassez le naturel, il revient au galop» trouve ici une résonance singulière.

Derrière les paravents technologiques et les fonds souverains d’Abou Dhabi, subsiste le réflexe atavique de s’accaparer les richesses d’autrui par la force ou l’ingérence. Qu’il s’agisse de monopoliser la gestion des ports stratégiques de la mer Rouge et d’Afrique, d’exploiter les ressources de pays en crise comme le Yémen ou le Soudan, ou de déstabiliser des économies régionales, la logique demeure identique. La prédation économique contemporaine n’est que la continuation, en costume de diplomate et en col blanc, des anciennes traditions de brigandage du désert.

Derrière la vitrine financière de Dubaï et les investissements technologiques étalés par Abou Dhabi se cache ainsi un activisme régional qui s’apparente à une véritable métastase géopolitique. Du Yémen à la Libye, en passant par le Soudan et le Sahel, la diplomatie émiratie s’est traduite par une méthode constante : la déstabilisation et la fragmentation des États souverains. Cette ingérence permanente a fini par provoquer une onde de choc au Maghreb : le 10 septembre 2026, l’Algérie a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, sommant leur ambassadeur de quitter le territoire sous 48 heures et fermant son espace aérien aux appareils émiratis. En dénonçant une accumulation d’actes hostiles, Alger tirait les conséquences logiques d’une doctrine devenue incompatible avec la stabilité de la région.

Cette projection extérieure ne repose pourtant sur aucun socle national réel. Dépourvue de profondeur démographique et d’armée pléthorique, la monarchie d’Abou Dhabi a dû sous-traiter l’intégralité de sa sécurité et de sa projection de force : recrutement de mercenaires étrangers, cadres militaires occidentaux intégrés au commandement et financement massif de milices locales.

Ce modèle d’interventionnisme par procuration a connu une accélération brutale dans le sillage des soulèvements populaires de 2011, vécus à Abou Dhabi comme une menace existentielle pour la survie du régime. Pour étouffer dans l’œuf toute dynamique démocratique ou alternative politique dans le monde arabe, la monarchie a projeté son appareil hybride bien au-delà du Golfe. La normalisation scellée avec Israël en 2020 est venue parachever cette construction : un calcul d’un pragmatisme froid visant à s’adosser au bouclier sécuritaire et technologique de l’axe israélo-américain pour poursuivre ses ingérences régionales sans en payer le prix diplomatique.

Le devoir de soumission et la faillite du parapluie sécuritaire

Ce système qui sévit dans la région du Proche-Orient affiche une apparence institutionnelle — des gouvernements et des assemblées aux ordres —, mais il recouvre une réalité géopolitique tangible : un axe américano-israélien omniprésent et omniscient. Vers cette réalité convergent en fait, tous les fils qui animent et motivent les gesticulations des hommes et des rouages apparemment investis du pouvoir de décision au Proche-Orient. Cette convergence constitue la matrice du système américano-israélien. Elle fut longtemps recouverte d’un flou artistique savamment entretenu, destiné à donner l’illusion d’une répartition rationnelle des rôles dans la gestion des affaires régionales.

L’axe américano-israélien n’a pas d’alliés au Proche-Orient ; il n’a que des vassaux. La plupart des États arabes semblent avoir oublié cette réalité historique, ignorant le célèbre avertissement d’Henry Kissinger : «Être l’ennemi de l’Amérique peut être dangereux, mais être son ami est fatal.». 

Sous les pressions conjointes de Washington et de Tel-Aviv — qui les contraignent à s’aligner contre l’Iran —, des pays en principe souverains se laissent réduire à la triste condition de satellite. Face à cet axe, beaucoup de dirigeants arabes ont adopté un réflexe de vassal et une attitude de servile soumission. En bradant leur indépendance et leur souveraineté nationales, ils ont franchi la ligne qui sépare le partenaire de l’inféodé, l’allié de la simple marionnette.

Cependant, une question fondamentale se pose aujourd’hui : en quoi a réellement servi cette prétendue protection ? L’épreuve des récents développements régionaux en dévoile toute l’illusion. Conçues à l’origine pour dissuader l’Iran et protéger les monarchies du Golfe, des installations comme la base aérienne d’Al Dhafra ou la base d’Al Minhad aux Émirats arabes unis accueillent d’importants contingents et équipements américains. Dans le cadre des escalades actuelles, ces infrastructures se sont transformées, malgré elles, en rampes de lancement et en plateformes de soutien logistique ou opérationnel pour les forces américaines.

La réplique iranienne ne s’est pas fait attendre. Bien que le président iranien, Masoud Pezeshkian, ait explicitement déclaré que Téhéran n’avait «aucun problème» avec ses voisins du Golfe comme les Émirats, la présence militaire américaine à leurs frontières est perçue par l’Iran comme une menace directe et une justification légitime pour cibler ces installations en guise de représailles aux attaques américano-israéliennes.

Les conséquences stratégiques de cet engrenage sont cinglantes : au lieu de constituer un bouclier protecteur, les bases américaines ont agi comme de véritables aimants à missiles. Cette situation pousse désormais les Émirats arabes unis et d’autres États du Golfe à réévaluer leur dépendance sécuritaire vis-à-vis de Washington. Constatant l’extrême vulnérabilité de leur territoire, plusieurs pays de la région explorent aujourd’hui de nouvelles options diplomatiques et tentent d’initier des discussions directes avec Téhéran pour préserver leur propre sécurité nationale.

Dans les états-majors de Tel-Aviv, le constat demeure purement comptable : les Émirats arabes unis ne constitueront jamais la moindre menace militaire. Sans profondeur stratégique et bridée par une population nationale numériquement marginale, la monarchie ne risquera jamais de contester la suprématie israélienne. Pour l’État hébreu, la normalisation ne relève donc aucunement d’une alliance entre égaux, mais de l’intégration d’un auxiliaire financier et diplomatique parfaitement aligné.

En laissant Abou Dhabi étendre ses tentacules au Yémen, au Soudan ou dans la Corne de l’Afrique, Israël applique une politique de laisser-faire méthodique. Ce rôle de sous-traitant sert les intérêts de Tel-Aviv : la diplomatie émiratie s’attelle à morceler les États arabes centraux, traquer l’opposition politique et verrouiller les voies maritimes, accomplissant la besogne sans qu’Israël n’ait à exposer ses propres soldats. En contrepartie, l’appareil sécuritaire israélien fournit à Abou Dhabi ses technologies de surveillance et son parapluie d’influence à Washington.

Cette convergence s’appuie sur une alliance d’intérêts où la ressource financière du Golfe offre la logistique matérielle à une logique de domination et de démantèlement des souverainetés. Comment les Émirats ne fascineraient-ils pas ? Pour séduire les cœurs et les esprits, Abou Dhabi se présente avec le visage affable d’une société accueillante, jouissant d’une opulence qui éclaire le monde arabe et promet la prospérité. Devenu maître des symboles, cet État se présente avec la séduisante apparence des enchanteurs de toujours. Mais derrière ce discours sur sa prétendue stature géopolitique se dessine la réalité d’un simple exécutant, au service d’une stratégie qui divise les pays arabes, neutralise la cause palestinienne et consolide l’hégémonie de son nouvel allié.

L’Afrique comme laboratoire de l’ingérence émiratie

C’est sur le continent africain que l’expansionnisme émirati déploie ses effets les plus destructeurs. Sous le couvert d’investissements, d’aide humanitaire ou de coopération sécuritaire, Abou Dhabi a méthodiquement étendu son ombre sur le Soudan, la Libye et la Corne de l’Afrique. La méthode ne varie jamais : repérer des factions armées ou des hommes forts en rupture de ban, les inonder de capitaux et d’équipements militaires, puis verrouiller en échange les infrastructures névralgiques et les ressources du sous-sol.

Au Soudan, cette politique de parrainage a viré au désastre. Le soutien logistique et armé massif accordé aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti alimente un conflit d’une violence inouïe. Les rapports d’experts des Nations unies et des ONG documentent un circuit économique parfaitement rodé : Dubaï sert de plaque tournante pour le blanchiment et le commerce de l’or extrait des zones de combat, dont les revenus financent de nouvelles cargaisons d’armes, tout en visant le contrôle direct du littoral de Port-Soudan sur la mer Rouge. Parallèlement, l’injection de fonds souverains émiratis dans les économies occidentales sert de bouclier diplomatique pour acheter la complaisance internationale.

Cette réputation de plaque tournante du blanchiment et des capitaux suspects déborde désormais largement le continent africain et le Moyen-Orient : le rappel récent de l’ambassadeur de Bulgarie aux Émirats, sur fond d’enquêtes anticorruption visant des sociétés écrans et des vols en jet privé au profit d’oligarques sanctionnés, en offre une illustration européenne frappante.

En Libye, le choix d’Abou Dhabi s’est porté sur le maréchal Khalifa Haftar. Au mépris des embargos de l’Onu, la monarchie a financé des ponts aériens, livré des drones de combat et acheminé des contingents de mercenaires pour appuyer l’offensive contre Tripoli, cherchant à bloquer toute transition démocratique et à mettre la main sur les mannes pétrolières.

Dans la Corne de l’Afrique, l’ingérence prend la forme d’un verrouillage portuaire et sécuritaire. En contournant l’État central somalien pour signer des accords directs avec les régions du Somaliland et du Puntland, Abou Dhabi a sciemment fragilisé l’équilibre politique local afin de contrôler le détroit de Bab-el-Mandeb et d’assujettir le commerce maritime régional à ses propres intérêts.

L’Axe de revers : Israël-Émirats-Maroc

Après le Soudan et la Libye, le pouvoir émirati a étendu ses manœuvres au Sahel. Du Mali au Niger, Abou Dhabi s’est immiscé dans un espace frontalier hautement inflammable, instrumentalisant la fragilité des juntes militaires locales pour y installer ses réseaux d’influence. Sous couvert d’aide financière, la monarchie injecte des capitaux qui ravivent les tensions communautaires, contraignant Alger à maintenir une vigilance militaire constante sur un périmètre stratégique immense : l’Algérie partage en effet plus de 6 385 kilomètres de frontières terrestres avec ses sept pays voisins.

Tous ces pays limitrophes connaissent une période de grande instabilité — conflits fratricides, tensions ethniques, prolifération de groupes terroristes et crises migratoires d’une ampleur dramatique. Cette ceinture d’instabilité représente une menace permanente pour la région subsaharienne et le Maghreb. Pour préserver son intégrité territoriale, l’Algérie doit mobiliser des ressources considérables afin de contrecarrer les effets déstabilisateurs subis par ces populations déplacées et contenir les flux d’insécurité importés.

Pour Alger, ces agissements s’inscrivent dans la réalité matérielle d’une alliance de revers formalisée dans le sillage des Accords d’Abraham de 2020. La répartition des rôles s’y opère avec une rigueur limpide. D’une part, Israël assure la fourniture d’équipements de pointe, notamment des logiciels d’infiltration cybernétique comme Pegasus, des drones de combat et des systèmes de guerre électronique. D’autre part, Abou Dhabi assume le rôle de bailleur de fonds global en mobilisant sa manne pétrolière pour financer ces contrats tout en activant ses relais diplomatiques. Enfin, le Maroc offre son territoire pour maintenir une pression politique et militaire continue sur la frontière occidentale de l’Algérie.

Cette stratégie de fait s’est matérialisée par des actes précis visant à imposer un fait accompli contraire au droit international : ouverture de représentations diplomatiques fictives à Laâyoune, accords de défense autorisant la présence de cadres militaires israéliens au Maroc et soutien financier à des foyers d’instabilité au Sahel. Face à cette géopolitique du fait accompli, l’Algérie oppose la force du droit international : le principe inaliénable de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation, le respect des résolutions de l’Onu et le refus absolu de toute ingérence étrangère.

L’activisme d’Abou Dhabi ne réussit pas à masquer les faiblesses structurelles du modèle émirati. La diplomatie du chéquier et la sous-traitance sécuritaire ne fabriquent pas une puissance géopolitique durable. Dépourvu de profondeur territoriale et de légitimité historique, l’État émirati repose sur un équilibre extrêmement fragile. Son économie dépend entièrement du dessalement d’eau de mer, des flux logistiques internationaux et de sa réputation bancaire. Il suffirait d’une étincelle dans le Golfe pour que la narration de la stabilité s’effondre et que les capitaux s’envolent. Dès qu’il se heurte à des États nationaux structurés, le modèle révise d’ailleurs rapidement ses prétentions. L’arbitrage saoudien en a offert la preuve : lorsque Riyad a exigé la fin de ses manœuvres autonomes, Abou Dhabi s’est exécuté et s’est retiré sans résistance.

Face aux tentatives d’encerclement de cet axe de revers, l’Algérie cherche à desserrer l’étau et à éviter de se retrouver prise en tenaille en déployant une stratégie de neutralisation rigoureuse — le voisin marocain à l’Ouest, les milices libyennes sous perfusion à l’Est et les brasiers sahéliens au Sud. Au Sahel, la diplomatie algérienne a réactivé ses canaux avec Niamey et Bamako, rappelant aux décideurs locaux que la sécurité durable du Sahara dépend de la coopération transfrontalière et non de promesses financières volatiles. Sur le flanc oriental, elle arrive à colmater la brèche : un dispositif militaire étanche le long de la frontière libyenne a contenu tout risque de débordement. Dans ce schéma, la Tunisie s’affirme comme un partenaire souverain et indéfectible : la convergence entre Alger et Tunis consolide un axe de stabilité au nord-est du Maghreb et contribue à préserver cet espace de toute tentative d’ingérence ou de déstabilisation.

Le bouclier algérien : souveraineté et dignité

Les analyses suggérant que l’Algérie devrait renoncer à son soutien à la cause palestinienne pour se replier sur ses enjeux intérieurs méconnaissent profondément les fondements de sa doctrine. Hérité de la guerre de libération de 1962, cet engagement envers la justice et la libération des peuples est consubstantiel à l’identité politique du pays. Une diplomatie fondée sur des principes demeure le meilleur rempart contre l’isolement.

L’Algérie s’est forgée à travers les tempêtes de son histoire. Ce ne sont certainement pas les manœuvres d’un État récent, dépendant de capitaux et de prestataires privés, qui entameront sa trajectoire. En tranchant par la décision du 10 septembre 2026 — la rupture des canaux diplomatiques, l’expulsion de l’ambassadeur émirati et la fermeture de l’espace aérien —, l’Algérie a rappelé une vérité fondamentale : sa souveraineté ne s’achète pas, elle ne se négocie pas et elle ne cédera devant aucun marchand d’illusion.

 * Médecin algérien au Canada.

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Forum d’affaires tuniso-autrichien

21. September 2026 um 07:55

Un Forum d’affaires tuniso-autrichien sera organisé par le Bureau économique d’Autriche en Tunisie, en collaboration avec la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect), le mardi, 29 septembre 2026, au Sheraton Tunis Hotel, Tunis.

Cet événement, organisé l’occasion de la visite officielle en Tunisie de Wolfgang Hattmannsdorfer, ministre fédéral de l’Économie, de l’Énergie et du Tourisme d´Autriche, et d’une mission économique conduite par Jochen Danninger, secrétaire général de la Chambre économique fédérale d’Autriche, réunira des représentants institutionnels ainsi que des entreprises tunisiennes et autrichiennes afin de favoriser les échanges et de développer de nouvelles opportunités de coopération.

Plus de 70 entreprises autrichiennes sont représentées ou actives en Tunisie, dont un acteur historique majeur : la compagnie pétrolière et gazière OMV. Elles sont présentes dans les secteurs électrique et électronique, le textile, l’agroalimentaire et les services.

Les échanges commerciaux tuniso-autrichiens s’élèvent à environ 333 millions d’euros en 2025, marqués par un net excédent en faveur de la Tunisie, qui a importé, au cours de la même année, pour 88 millions d’euros et exporté pour 245 millions d’euros.  

Le Business Forum sera suivi d’un cocktail de networking.

I. B.

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Sid Ahmed Agoumi | Une figure du cinéma algérien s’éteint

21. September 2026 um 07:23

Le comédien algérien Sid Ahmed Agoumi est décédé ce dimanche 20 septembre 2026 à l’âge de 86 ans. Le public tunisien l’avait notamment découvert et apprécié dans les séries ‘‘Nsibti Laaziza’’ et ‘‘Dar El Wazir’’. Avec lui disparaît une figure majeure du théâtre, du cinéma et de la télévision algériens, après plus de six décennies consacrées à la scène et à l’écran.

Ahmed Meziane, connu sous le nom de scène Sid Ahmed Agoumi, aura traversé plusieurs générations de la création artistique algérienne. Depuis ses débuts dans les années 1960, il s’est imposé par une présence singulière, une voix profonde et une manière très personnelle d’incarner ses personnages.

Une voix et une présence reconnaissables

    Au cinéma, Sid Ahmed Agoumi a participé à plus d’une cinquantaine de films, parmi lesquels ‘‘Z’’, ‘‘Les Hors-la-loi’’, ‘‘Le Moulin de monsieur Fabre’’, ‘‘Automne, octobre à Alger’’, ‘‘Les Diseurs de vérité’’, ‘‘Morituri’’ et ‘‘Timgad’’.

    Son jeu, à la fois sobre et imposant, lui permettait d’incarner des personnages très différents, des figures populaires aux rôles historiques ou dramatiques. Une présence qui ne reposait jamais uniquement sur le texte, mais aussi sur une voix immédiatement identifiable et un regard qui donnait du relief aux personnages.

    La télévision a également largement contribué à sa popularité. En Tunisie, le public l’avait notamment retrouvé dans ‘‘Nsibti Laaziza’’ et ‘‘Dar El Wazir’’, deux productions qui ont marqué la mémoire audiovisuelle tunisienne. Sa participation à ces séries a permis à son visage et à son jeu de s’inscrire dans la mémoire de plusieurs générations de téléspectateurs tunisiens.

    Il avait également participé à d’autres productions télévisées, notamment ‘‘Rendez-vous avec le destin’’ et ‘‘Sultan Achour 10’’, confirmant une carrière qui aura largement dépassé les frontières du théâtre et du cinéma.

    Un homme de théâtre

    Le parcours de Sid Ahmed Agoumi ne se résume pourtant pas à ses apparitions à l’écran. Le théâtre occupait une place centrale dans son itinéraire artistique.

    Au fil de sa carrière, il a également assumé plusieurs responsabilités dans les institutions culturelles algériennes. Il a notamment dirigé le Théâtre national algérien, la Maison de la culture de Tizi-Ouzou, ainsi que les théâtres régionaux d’Annaba et de Constantine.

    Cette expérience de direction témoigne d’un engagement qui dépassait le métier de comédien. Agoumi a participé à la vie théâtrale algérienne aussi bien comme interprète que comme responsable d’institutions culturelles.

    Sa disparition rappelle aussi les liens qui unissent depuis longtemps les scènes artistiques algérienne et tunisienne. Sid Ahmed Agoumi appartenait à cette génération d’artistes maghrébins dont le travail circulait au-delà des frontières.

    Pour le public algérien, il demeure l’un des visages familiers du théâtre, du cinéma et de la télévision. Pour de nombreux téléspectateurs tunisiens, son souvenir restera également associé à ses apparitions dans des séries populaires.

    Djamal Guettala

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    Tunis | Arrestation de l’agresseur des deux élèves à La Cagna

    20. September 2026 um 12:59

    La brigade de la police judiciaire de Sidi El Bechir a rapidement appréhendé le principal suspect impliqué dans une agression à l’arme blanche contre deux élèves, aux abords d’un établissement scolaire du quartier de La Cagna, à la lisière sud de Tunis. L’agression a causé aux victimes des blessures de gravité variable au niveau de la poitrine et de l’épaule.

    Dès réception du signalement, la brigade a réussi à identifier, à traquer et interpeller l’agresseur présumé en un temps record.

    Le dossier a été transmis au ministère public près le Tribunal de première instance de Tunis 2, qui a ordonné le placement en garde à vue du suspect principal afin de poursuivre l’enquête et d’élucider le mobile et les circonstances de son crime.

    Par ailleurs, il a été décidé de déférer deux autres suspects devant la justice, afin qu’elle statue sur leur degré d’implication dans cette agression.

    I. B.

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    Colloque à Tunis | Les causes de l’infertilité et les moyens d’y remédier  

    20. September 2026 um 12:23

    Les difficultés à procréer sont un phénomène croissant au sein de la société tunisienne, a indiqué le président de la Société tunisienne de gynécologie-obstétrique (STGO) et chef du service de gynécologie-obstétrique de Bizerte, Mechaal Mourali, lors des travaux des 5èmes Journées de la médecine reproductive, consacrées au traitement de l’infertilité et au recul de l’âge de la procréation, qui se tiennent les 19 et 20 septembre 2026 à Gammarth, au nord de Tunis, sous l’égide de la STGO.

    Dr Mourali attribue cette évolution à plusieurs facteurs, notamment la pollution et le mode de vie, ainsi que le stress, la sédentarité, l’obésité, le tabagisme et la consommation d’alcool et de drogues.

    Ces facteurs peuvent affecter la fertilité tant chez l’homme que chez la femme — en altérant la qualité des spermatozoïdes ou des ovocytes — et ainsi accroître les difficultés de procréation, a souligné le praticien, en expliquant que l’amélioration de la fertilité ne dépend pas uniquement des techniques médicales modernes, mais commence également par une modification du mode de vie — notamment la pratique d’une activité physique, la réduction du stress et l’arrêt du tabac — autant de facteurs susceptibles d’accroître les chances de conception.

    Les progrès des techniques de procréation assistée ont également contribué à améliorer les taux de réussite, a aussi indiqué Dr Mourali, tout en évoquant le rôle que peut jouer l’intelligence artificielle pour aider les médecins et les couples à choisir les meilleures options thérapeutiques, y compris pour l’évaluation et la sélection des spermatozoïdes et des ovocytes les plus appropriés.

    Le colloque a également abordé le rôle de la chirurgie dans le traitement de certaines causes de difficultés de procréation. Certaines interventions chirurgicales peuvent en effet contribuer à améliorer la fertilité et à traiter divers problèmes rencontrés par les femmes.

    Dr Mourali a insisté sur le fait que la combinaison de changements de mode de vie, de techniques modernes et, si nécessaire, de la chirurgie, offre de multiples options thérapeutiques pour faire face aux difficultés de procréation.

    I. B.

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    Tunisie | Les ventes automobiles en hausse de 14% à fin août 2026

    20. September 2026 um 11:49

    Le marché automobile en Tunisie a connu une reprise notable au cours des huit premiers mois de 2026. Le volume total des ventes et acquisitions de véhicules (marchés officiel et parallèle) a augmenté de 13,78 %, atteignant 69 982 unités, contre 61 505 unités sur la même période en 2025.

    Selon les statistiques de la Chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles — relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) — arrêtées à fin août 2026, les concessionnaires agréés sur le marché tunisien ont écoulé 47 002 véhicules, soit 67 % de la part totale du marché. Cela représente une hausse de 11,69 % par rapport aux 42 082 véhicules vendus durant la même période de l’année précédente.

    Les ventes de voitures via les circuits parallèles — incluant les ré-immatriculations et l’utilisation de l’avantage fiscal accordé aux Tunisiens résidant à l’étranger (FCR) — ont enregistré une hausse notable de 18,31 %, portant le total des véhicules immatriculés par ce biais à 22 980 unités (contre 19 423 jusqu’en août 2025), soit l’équivalent de 33 % du volume total du marché automobile en Tunisie (contre 32 % l’année précédente).

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    Interpol recourt à l’IA pour identifier des terroristes   

    20. September 2026 um 11:32

    Plus de 108 000 images de visages extraites de contenus diffusés en ligne par des groupes djihadistes, plus de 6 300 images sélectionnées pour analyse et 126 combattants terroristes étrangers (CTE) présumés — affiliés à des organisations terroristes — identifiés : tels sont les principaux résultats de l’opération antiterroriste Shams II, coordonnée par Interpol et menée à Tunis du 1er au 5 juin 2026, avec la participation de 28 agents et experts issus de 11 pays.

    L’opération, dont les résultats ont été dévoilés cette semaine par Interpol, constitue l’un des exemples les plus récents de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour analyser de vastes quantités de données numériques à des fins d’enquête.

    Au cours de ces cinq jours d’activité, les opérateurs ont extrait précisément 108 076 images de visages à partir de contenus visuels publiés par des organisations djihadistes. Des agents d’IA programmés et des scripts développés grâce à l’IA ont automatisé une partie de la collecte des données, permettant ainsi d’éliminer les doublons et de vérifier la qualité des images. Le corpus a ainsi été réduit à 6 362 images de visages uniques, suffisamment nettes pour être soumises au système de reconnaissance faciale d’Interpol.

    Le recours aux outils technologiques n’a toutefois pas remplacé l’analyse des enquêteurs. Interpol précise que les résultats générés par l’IA ont été vérifiés par des agents et des analystes spécialisés, dans le respect de ses règles relatives au traitement des données. Les correspondances obtenues ont ensuite servi d’éléments de renseignement et ont été recoupées avec les informations déjà disponibles sur les suspects, notamment celles concernant leurs localisations potentielles et leurs réseaux de contacts. Une contribution supplémentaire est venue du Bureau central national d’Interpol à Bagdad, qui a fourni une vaste base d’informations sur des suspects liés au terrorisme, ajoutant des centaines d’images aux éléments soumis à l’extraction et à l’analyse. Selon l’organisation internationale, des milliers d’autres images restent à examiner et pourraient ainsi ouvrir de nouvelles pistes d’enquête.

    Les résultats de l’opération ont déjà eu des retombées judiciaires. Interpol indique que certaines des pistes apparues au cours de ces activités sont exploitées dans le cadre de procédures judiciaires dans les pays participants, notamment dans une affaire concernant deux combattants terroristes étrangers présumés actuellement en détention.

    Dans son communiqué, l’organisation ne divulgue ni la nationalité des 126 personnes identifiées ni les pays où elles se trouvent ou auxquels elles sont directement liées. Par conséquent, leur identification ne permet pas d’établir un lien spécifique avec la Tunisie.

    Les enquêteurs ont également utilisé des outils de traçage des cryptomonnaies afin d’identifier des flux financiers liés au financement du terrorisme. Ces opérations ont conduit à l’envoi de trois demandes urgentes à un prestataire de services d’actifs virtuels (VASP) pour obtenir des données clients.

    Parallèlement, les représentants des 11 pays concernés ont rencontré des acteurs du secteur des jeux en ligne pour discuter des risques de radicalisation des jeunes dans les environnements numériques et des moyens de renforcer l’échange d’informations entre les autorités publiques et le secteur privé.

    La dimension numérique devient ainsi un axe transversal de la lutte antiterroriste, allant de la collecte d’images à la reconstitution des réseaux, jusqu’à la surveillance des canaux de financement potentiels.

    La Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Irak, le Kenya, la Malaisie, le Nigéria, les Philippines, le Qatar, le Tadjikistan, la Tunisie et l’Ouzbékistan ont pris part à l’opération Shams II. La participation de pays africains, asiatiques et du Moyen-Orient reflète la dimension transnationale de l’activité d’enquête, tandis que le choix de Tunis comme base opérationnelle a permis de réunir, dans la capitale tunisienne, des spécialistes issus de divers services nationaux de lutte contre le terrorisme.

    Cette opération s’inscrit dans le cadre du projet CT Tech+, financé par l’Union européenne via ses instruments de politique étrangère et soutenu par le Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations unies (Unoct).

    Pour Interpol, Shams II démontre qu’il est possible d’allier coopération internationale et outils d’analyse assistés par l’intelligence artificielle pour traiter des volumes de données difficilement gérables par un simple travail manuel. Le résultat le plus marquant de l’opération tunisienne est donc également d’ordre méthodologique : l’IA est utilisée pour accélérer la collecte, la sélection et le recoupement des données, alors que l’identification dans le cadre de l’enquête demeure soumise au contrôle des opérateurs. Un modèle appelé, selon Interpol, à être davantage utilisé dans les activités internationales de lutte contre les réseaux terroristes et criminels transnationaux.

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    La Tunisie reprend sa place dans les Guides Verts Michelin

    20. September 2026 um 11:14

    La Tunisie fait son retour, après dix ans d’absence, dans la collection des Guides Verts Michelin consacrés au voyage et à la découverte de destinations. Le nouveau «Guide Vert Tunisie», qui sera disponible en librairie et en ligne à partir du 25 septembre 2026, a été présenté le 15 septembre à Paris, au pavillon tunisien de la 48e édition de l’IFTM Top Resa — le principal salon professionnel français du tourisme, qui s’est tenu du 15 au 17 septembre.

    Ce volume de 432 pages propose des itinéraires, des cartes, des adresses, des activités ainsi qu’une sélection de sites classés selon le système traditionnel des étoiles Michelin. Parmi les lieux spécifiquement mis en avant par l’éditeur figurent Carthage, Sidi Bou Saïd et Djerba.

    Le guide mise également sur la diversification de l’offre touristique tunisienne au-delà du traditionnel segment balnéaire, en valorisant le patrimoine culturel, les régions de l’intérieur et le Sahara. Parmi les expériences proposées par Michelin figurent les sources thermales de l’oasis de Ksar Ghilane, des séjours dans le désert et la visite des habitations troglodytiques de Matmata.

    Le retour de la Tunisie coïncide avec le centenaire des guides de voyage Michelin, lancés en 1926. La collection, désormais intitulée «Guides Michelin Voyage & Cultures», est consacrée non seulement à la visite des lieux, mais aussi à la découverte du patrimoine et des cultures des destinations.

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    Colloque à Marseille | Habib Bourguiba, prisonnier au Fort Saint-Nicolas  

    20. September 2026 um 10:15

    Dans le prolongement de l’exposition ‘‘Résistances et Désobéissances’’, la Citadelle de Marseille organise un colloque universitaire consacré à l’incarcération de Habib Bourguiba au Fort Saint-Nicolas entre mai 1940 et novembre 1942, ainsi qu’aux trajectoires politiques, aux mémoires et aux héritages du bourguibisme.

    Réunissant historiennes, historiens, politistes et spécialistes de la Tunisie contemporaine, cette journée intitulée «Bourguiba, leader anticolonial, prisonnier au Fort Saint-Nicolas (1940-1942)», se tiendra le vendredi 9 octobre 2026, au Campus AMU du Pharo (58, boulevard Charles Livon, 13007, Marseille, Amphi C). Elle entend croiser les approches historiques, politiques et mémorielles autour d’un épisode majeur de l’histoire franco-tunisienne. Les échanges permettront d’interroger l’expérience carcérale de Habib Bourguiba, les continuités du système colonial, la construction de son leadership politique ainsi que les héritages contemporains du bourguibisme.

    Fruit d’une démarche réunissant société civile, artistes, chercheurs universitaires et partenaires culturels de France et de Tunisie, ‘‘Résistance et Désobéissances’’ est un programme de résidence croisée qui se déroule dans le cadre de la Saison Méditerranée, et prend pour point de départ l’emprisonnement à la Citadelle de Marseille d’Habib Bourguiba.

    Les panels porteront sur les thématiques suivantes : «Bourguiba, une vie carcérale» ; «Prisons et répression d’Etat sous le régime de Bourguiba» ; «Bourguiba : émancipateur, autocrate ?» ; et «Que reste-t-il aujourd’hui de Bourguiba et du bourguibisme ?»

    Parmi les intervenants, on citera Mathilde Rubinstein (directrice déléguée La Citadelle) ; Vincent Geisser (directeur de l’Iremam, AMU-CNRS) ; Antoine Hatzenberger(Université de Strasbourg) ; Habib Kazdaghli (Université de La Manouba, Tunis) ; Kmar Bendana (professeure émérite d’histoire contemporaine à l’Université de La Manouba) ; Cherif Ferjani (président du Timbuktu Institute) ; Michael Ayari (analyste principal, International Crisis Group) ; Éric Gobe (DR CNRS, Iremam) ; Mohamed Haddad (Ceraps, Université de Lille) ; Hichem Abdessamad (écrivain, historien) ; Ikbal Zalila (Isamm, Université de La Manouba, Tunis; François Siino (Iremam, CNRS-AMU) ; Hatem Nafti (analyste, doctorant Iremam, CNRS-AMU) ; et Hatem Drissi (chercheur et conservateur des collections du musée du Bardo)

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    La protection du littoral de Bizerte cherche sa voie

    20. September 2026 um 09:35

    Entre la Corniche de Bizerte et la plage de Sidi Salem, le bruit des engins de chantier couvre à peine le murmure grandissant des habitants. Inquiets pour l’avenir de leur côte et de leur écosystème, de nombreux citoyens de Bizerte ont tiré la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux. Un écho rapidement relayé par les associations environnementales et les médias locaux, qui multiplient reportages et débats pour alerter sur la fragilité du milieu marin.

    Lotfi Sahli

    Il est tout à fait naturel que la vue d’engins lourds et de blocs de roche imposants sur une plage familière provoque de l’inquiétude, voire un sentiment de choc chez les riverains. Sans les explications appropriées, un tel paysage de chantier donne l’impression d’une dégradation irréversible du littoral plutôt que d’une opération de sauvegarde.

    Ce sentiment de panique s’explique principalement par le déficit d’information sur le terrain. Si une partie des acteurs locaux et des citoyens a pu assister aux réunions d’information — notamment celle de juillet dernier à la municipalité de Bizerte —, la grande majorité des usagers de la plage n’a pas eu accès à ces détails techniques.

    Face aux inquiétudes exprimées sur le littoral bizertin, des éclaircissements s’imposent quant à la nature et aux objectifs réels du chantier de Sidi Salem.

    Afin de recueillir des informations complémentaires et de disposer d’un éclairage technique sur le projet, on a pris contact avec Abdessalem Fezzani, ingénieur membre de l’équipe d’assistance technique du bailleur de fonds (KfW) auprès de l’Agence de protection et de l’aménagement du littoral (Apal), qui m’a apporté les précisions suivantes…

    Des travaux de protection de la plage de Sidi Salem

    Pourquoi un nouvel épi est-il prévu sur le site ?

    Un épi littoral est un ouvrage hydraulique rigide, perpendiculaire ou oblique à la côte, conçu pour piéger les sédiments du transport littoral et lutter contre l’érosion marine.

    Les aménagements actuellement visibles sur le chantier ne correspondent pas nécessairement à la configuration définitive de l’ouvrage. Le déplacement de l’épi 1, rendu nécessaire par la présence de câbles sous-marins de télécommunication, a conduit à revoir le dispositif initial et à prévoir un ouvrage complémentaire, l’épi 1 bis.

    Figure 1 — Plan technique de l’épi 1 bis et profondeurs du secteur.

    Sur le site, une partie des aménagements visibles répond avant tout aux besoins du chantier. Ces installations permettent notamment d’acheminer les engins et les matériaux nécessaires aux travaux.

    L’accès actuellement aménagé est toutefois provisoire. Il ne préfigure pas la forme définitive de l’épi. Son apparence pendant la phase de travaux ne permet donc pas, à elle seule, de tirer des conclusions sur la configuration de l’ouvrage une fois le chantier achevé.

    Un épi est un ouvrage qui s’avance depuis le rivage vers la mer. Son rôle est de modifier localement les mouvements du sable et de favoriser sa stabilisation. Le plan technique ci-dessous présente la configuration prévue et permet de visualiser l’implantation de l’ouvrage.

    La présence de câbles sous-marins modifie le projet initial

    Le projet a dû évoluer en raison de la présence de câbles sous-marins de télécommunication dans le secteur. Selon le dossier du projet, ces câbles ont été installés en 2024 et 2025, après la validation des études détaillées et du dossier d’appel d’offres en 2023.

    Figure 2 — Câbles sous-marins au voisinage de l’implantation initiale.

    Leur présence, constatée avant le démarrage des travaux, a conduit à revoir l’emplacement initialement prévu pour l’épi 1. L’objectif était d’éviter toute interaction susceptible d’endommager ces infrastructures sous-marines.

    Modifier l’emplacement d’un épi n’est pas sans conséquence sur le fonctionnement du littoral. Un déplacement peut notamment modifier l’action des vagues ainsi que la circulation et la répartition du sable le long de la plage.

    Pour mesurer ces effets, une étude complémentaire a comparé plusieurs scénarios à l’aide de modélisations numériques. L’objectif était d’évaluer les conséquences de chaque configuration sur l’évolution de la plage et sur la stabilité du sable qui doit y être apporté.

    L’épi 1 bis au cœur de la nouvelle configuration

    La solution retenue prévoit finalement de déplacer l’épi 1 d’environ 200 mètres vers le sud, tout en conservant sa forme en Y. Le projet prévoit également une adaptation de l’épi 2.

    À ce dispositif s’ajoute un nouvel ouvrage : l’épi 1 bis, implanté au sud de l’épi 1. Son rôle est d’accompagner la nouvelle configuration du projet et de contribuer à la stabilisation de la plage dans ce secteur.

    Ainsi, l’apparition d’un ouvrage supplémentaire ne correspond pas à un changement isolé du projet, mais à une adaptation du dispositif initial à la présence des câbles sous-marins et aux effets attendus de la nouvelle implantation sur la dynamique du sable.

    Figure 3 — Implantation retenue avec l’épi 1 déplacé et l’épi 1 bis au sud. Les tracés des câbles figurent sur le fond satellitaire.

    La sauvegarde de la plage repose sur une action conjuguée : la construction d’infrastructures ciblées et le rechargement massif en sable. Entre les épis 1 et 1 bis — dans la zone sensible où serpentent les câbles sous-marins —, ces structures en enrochement agiront comme des boucliers pour retenir les sédiments et freiner l’érosion marine.

    L’objectif n’est pas d’aménager une côte figée, mais d’accompagner sa dynamique naturelle. Les modélisations numériques révèlent en effet que le sable apporté continuera de bouger sous l’action de la houle et des courants, avant de trouver sa position d’équilibre idéale. Un suivi attentif du trait de côte permettra, au besoin, de procéder à des ajustements ou au ré-entretien des installations pour maintenir le profil optimal de la plage.

    Sur le plan écologique, le chantier s’astreint à des règles strictes inscrites dans le plan de gestion environnementale et sociale. Des dispositifs sont déployés pour limiter le soulèvement des particules fines dans l’eau et préserver les herbiers de posidonie, indispensables à la santé de l’écosystème marin local.

    La société civile au cœur du suivi du projet

    Pour garantir la transparence et instaurer un dialogue permanent, un Comité local de suivi a vu le jour dès le 7 novembre 2025, lors d’une grande réunion citoyenne organisée à Bizerte à l’initiative des associations locales. Lors de cet échange, le représentant du projet a invité l’ensemble des citoyens désireux de s’impliquer à rejoindre cette démarche partenariale.

    Véritable pont entre la population, les acteurs associatifs et les équipes techniques, ce comité s’assure du suivi des engagements. S’il n’intervient pas dans les décisions d’ingénierie ni dans le contrôle de conformité — réservés aux organismes compétents —, il joue un rôle clé de veille citoyenne en relayant les informations de terrain et en portant les requêtes des usagers.

    Au fil des réunions, notamment lors des étapes d’information des 5 mars et 6 juillet 2026 consacrées aux ajustements techniques liés aux câbles sous-marins, le comité a mis sur la table des enjeux très concrets : sécurité des zones d’accès, aménagement de la plage, pose de garde-corps, intégration paysagère et maîtrise des nuisances du chantier.

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    La création tunisienne à l’ère des imaginaires numériques

    20. September 2026 um 08:43

    Du 24 octobre 2026 au 17 janvier 2027, la 5e Biennale des Imaginaires Numériques investira Marseille, Aix-en-Provence et plusieurs villes du sud de la France. Sous le thème «Résistances», cette nouvelle édition réunit artistes, musiciens et créateurs autour des usages du numérique, de la mémoire, de l’écologie et des récits méditerranéens. Les créateurs tunisiens y occupent une place remarquée.

    Djamal Guettala

    Le 11 septembre, à la Friche la Belle de Mai, à Marseille, la présentation de la 5e Biennale des Imaginaires Numériques a donné un aperçu d’une programmation qui entend regarder le numérique autrement. Non pas seulement comme une technologie, mais comme un espace de création, de conflit, de mémoire et de détournement.

    Organisée par Chroniques, la Biennale se déploiera pendant près de trois mois dans plusieurs villes du sud de la France. Installations, vidéos, performances, musique électronique, réalité virtuelle, œuvres interactives et écritures numériques composeront un parcours placé sous le signe des «Résistances – hacktivisme, détournements et tactiques artistiques à l’ère numérique».

    Cette édition est également associée à la Saison Méditerranée 2026, avec des artistes venus notamment de Tunisie, du Maroc, d’Égypte, du Liban et de Syrie.

    Khalil Epi, du rituel à l’image

    À Marseille, l’un des rendez-vous les plus singuliers sera porté par le Tunisien Khalil Epi, nom d’artiste de Khalil Hentati. Le 24 octobre, à 20h30, il présentera au Grand Plateau de la Friche la Belle de Mai «Tuqus – طقوس».

    Le mot arabe tuqus signifie les rituels. Mais taqs désigne aussi le temps qu’il fait, l’atmosphère, l’air et la lumière. Entre ces deux acceptions se construit une œuvre qui mêle cinéma documentaire, musique électronique et scénographie immersive.

    Khalil Epi est allé filmer des pratiques rituelles en Tunisie, en Égypte, au Maroc, en Italie et en Grèce. Les gestes répétés, les chants, les rythmes et les sons recueillis deviennent la matière d’une création scénique.

    Sur le plateau, les images ne servent pas d’accompagnement à la musique. Elles participent à la composition. Les sons du terrain sont retravaillés, les séquences filmées dialoguent avec l’électronique et le concert prend progressivement les contours d’une cérémonie.

    Cette recherche prolonge le travail de l’artiste sur les mémoires sonores du Maghreb, notamment avec Aïchoucha et Aïta Mon Amour, créé avec la chanteuse marocaine Widad Mjama.

    Trois voix de la Méditerranée

    À Aix-en-Provence, la présence tunisienne se poursuit avec «Voix méditerranéennes», au Musée du Pavillon de Vendôme, du 30 octobre 2026 au 17 janvier 2027.

    L’exposition réunit la Franco-Marocaine Maïssane Alibrahimi et deux artistes tunisiens, Dorra Hichri et Yassine Agrebi.

    Chez Dorra Hichri, le regard se rapproche jusqu’à l’échelle microscopique. Dans Floraisons, plantes et échantillons d’eau deviennent les éléments d’une œuvre où se rencontrent art, science et observation du vivant.

    Jasmin, bougainvillier, olivier, eau de mer, eau de pluie ou eau en bouteille sont soumis au regard du microscope. Ce changement d’échelle transforme le familier en paysage. Derrière cette poésie visuelle apparaissent les questions de l’accès à l’eau, de sa circulation et de la fragilité des écosystèmes méditerranéens.

    Avec Yassine Agrebi, les matériaux viennent d’un autre environnement : celui de l’électricité et des objets abandonnés. Dans Algae, verre, eau, composants électroniques, lumière et mécanismes produisent des formes qui évoquent des organismes marins.

    L’artiste détourne ainsi les matériaux de son atelier pour leur donner une seconde vie. L’objet électrique cesse d’être seulement fonctionnel ; il devient matière plastique, lumineuse et mouvante.

    Maïssane Alibrahimi travaille, elle, à partir de l’espace domestique. Porcelaine brisée, objets du quotidien, casseroles et gestes familiers deviennent les éléments d’un langage qui questionne la place des femmes et les formes de résistance qui peuvent naître dans les espaces les plus ordinaires.

    Fredj Moussa, imaginer après la catastrophe

    Autre artiste tunisien présent à Aix : Fredj Moussa, dans l’exposition «Futurs solaires», à la Galerie de La Manufacture, du 30 octobre au 12 décembre.

    Ici, la catastrophe climatique n’est pas une destination. Les artistes réunis dans l’exposition s’intéressent au solarpunk, un imaginaire apparu au croisement de la science-fiction, de l’écologie et de la pensée politique.

    Fredj Moussa y présente Between Past and Future, une œuvre qui emprunte au jeu vidéo pour construire un paysage inspiré de la Tunisie. Le désert, les espèces menacées et les bouleversements environnementaux entrent dans un univers où le spectateur devient joueur.

    Le choix du jeu vidéo permet de déplacer la question écologique : il ne s’agit plus seulement de regarder un monde en train de changer, mais d’y prendre position, d’y circuler et d’en éprouver les fragilités.

    Des mémoires qui refusent de disparaître

    À la Friche la Belle de Mai, «Cartographie sensible et mémoires recomposées» rassemble des artistes dont les œuvres traversent l’exil, la guerre, les archives et les territoires transformés.

    Le Syrien Amer Albarzawi, l’Égyptien Amir Youssef, le Français Mounir Ayache, le Marocain Said Afifi et la Chilienne Valentina Berthelon composent une exposition où le paysage n’est jamais innocent.

    Les images portent des traces. Les archives sont incomplètes, les architectures deviennent des souvenirs, les territoires se déplacent et les mythologies se recomposent. La mémoire n’est pas donnée comme un récit définitif : elle se construit, se fracture et parfois se réinvente.

    Cette approche trouve un écho particulier dans une programmation méditerranéenne où l’histoire, les migrations et les déplacements de population occupent une place importante.

    La soirée d’ouverture prolongera cette circulation entre image et musique. La Tunisienne Deena Abdelwahed, figure de la scène électronique contemporaine, participera au programme nocturne de la Friche la Belle de Mai, aux côtés notamment de Rayess Bek et Joan Baz.

    La Biennale ne cherche donc pas à opposer l’ancien et le nouveau. Elle met plutôt en regard des pratiques, des mémoires et des technologies qui se transforment mutuellement.

    À travers les artistes tunisiens, mais aussi marocains, égyptiens, libanais et syriens, la Méditerranée apparaît comme un territoire de passages et de tensions, mais aussi comme un formidable réservoir d’images et de sons.

    La résistance, ici, se joue autant dans les formes que dans les sujets : détourner une technologie, recycler un composant électronique, filmer un rituel, agrandir une goutte d’eau, reconstruire une mémoire ou imaginer un avenir qui ne soit pas condamné à la catastrophe.

    Du rituel filmé par Khalil Epi aux paysages numériques de Fredj Moussa, des expériences microscopiques de Dorra Hichri aux installations de Yassine Agrebi, la création tunisienne apporte à cette édition une diversité qui dépasse largement la simple présence nationale.

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    Le poème du dimanche | ‘‘Les murailles du moi’’ de Hanen Marouani

    20. September 2026 um 07:59

    Née à Sfax (Tunisie) en1982, Hanen Marouani est poète et universitaire. Docteure en langue et littérature françaises, sa thèse est consacrée aux récits d’Albert Camus. Ses recherches l’ont menée en Tunisie, en Roumanie, en Italie et en France.

    Auteure de quatre recueils de poésie, elle participe à plusieurs anthologies et revues internationales, et s’intéresse aux questions de genre, d’interculturalité et de transmission. Elle réalise également des entretiens avec des voix féminines du Machrek et du Maghreb.

    Lauréate du Prix Unicef Europoésie (Paris, 2022) et du Prix Léopold Sédar Senghor de la poésie inédite (Milan, 2026), elle conjugue création littéraire, recherche et engagement culturel.

    Tahar Bekri

    Je brûle d’un élan ardent,

    Non plus pour ce qui m’enchaîne,

    Mais pour ce qui m’ouvre – large, lumineux –

    Comme un feu clair au cœur du silence.

    Je me fonds dans l’ivresse de l’espace,

    Où chaque souffle devient élan,

    Et mes veines coulent de ciel et de lumière,

    Dans le vertige d’une liberté sans fin.

    Là où s’effondrent les murailles du moi,

    S’élève un chant pur, une force déployée,

    Celle des êtres qui osent être entiers,

    Portés par la vague tranquille de l’infini possible.

    Je savoure l’air, la clarté, la traversée,

    Car il n’est rien de plus vivant que ce qui se délivre.

    Et dans le feu qui libère, je deviens plume,

    Prête à s’envoler, enfin, vers l’immensité du jour.

    Strasbourg 2025

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    Forsa Street 2026 | Deux jours pour l’emploi et la formation des jeunes Tunisiens

    20. September 2026 um 07:29

    Les 19 et 20 septembre 2026, la Cité de la culture de Tunis se transforme en un immense terrain d’orientation pour la jeunesse. Pour sa 7ᵉ édition, Forsa Street ouvre gratuitement ses portes aux jeunes et les invite à explorer, station après station, tous les chemins possibles vers l’emploi, la formation et l’entrepreneuriat en Tunisie comme à l’étranger. Une initiative du Centre tuniso-allemand pour la migration et le développement (ZME) et de l’Agence tunisienne pour l’emploi et le travail indépendant (Aneti).

    Au cœur de l’événement, un labyrinthe interactif géant composé de 40 panneaux répartis en huit couloirs thématiques. Les jeunes visiteurs y parcourent, étape par étape, les différentes voies possibles : l’emploi, l’éducation, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur ou l’entrepreneuriat.

    À chaque station, ils ne se contentent pas de regarder : ils construisent concrètement leur projet professionnel, accompagnés directement par des conseillers qui les guident et leur donnent des recommandations personnalisées. L’objectif est simple mais ambitieux : rendre visible la diversité des chemins possibles, en Tunisie ou à l’international, avec un focus particulier sur les opportunités en Allemagne et donner à chaque jeune les outils pour mieux s’orienter.

    Forsa Street n’est pas un salon classique : c’est un espace de dialogue direct entre les jeunes, les institutions tunisiennes et des acteurs internationaux. Des organisations comme le DAAD, le Goethe Institut, l’OIM, l’AHK Tunisie et Erasmus+ y animeront des ateliers thématiques consacrés à l’étude, la formation en alternance (Ausbildung) et l’emploi en Allemagne ; au cadre légal du placement à l’international ; à la préparation à la vie active : réussir un entretien d’embauche et bâtir un projet professionnel ; et aux programmes de bourses pour la mobilité internationale.

    Pour marquer cette édition anniversaire, une nouveauté : une expérience en réalité virtuelle (VR) qui plonge le visiteur dans toutes les étapes de la migration vers l’Allemagne, de la recherche d’information jusqu’à l’intégration.

    Forsa Street 2026 marque aussi une étape stratégique : elle scelle le passage de relais entre le Centre tuniso-allemand et l’Aneti, qui prendra désormais en charge la conception du contenu et la communication de cette action phare. Ceci permettra de garantir que l’initiative continue de bénéficier durablement aux jeunes Tunisiens, portée par les institutions nationales.

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    Tunisie | La tendance à la hausse des protestations se poursuit

    19. September 2026 um 13:34

    Le rapport d’août 2026 de l’Observatoire social tunisien «Al Forum» confirme la tendance à la hausse des mouvements de protestation en Tunisie… Le droit à une vie digne arrive en tête des revendications, tandis que 12 cas et tentatives de suicide ont été recensés. (Photo : des organisations et associations réclament la libération de tous les membres et militants de la «Flottille Al Soumoud» pour la Palestine arrêtés).

    La cadence des mouvements de protestation a maintenu sa tendance haussière au cours du mois d’août 2026, enregistrant 1 093 actions ; un bilan proche de celui du mois de juillet précédent, qui s’élevait à 1 101 actions.

    Ce niveau de mobilisation témoigne de la persistance des tensions sociales durant la période estivale, classant ainsi le mois d’août parmi les mois ayant connu le plus grand nombre de protestations en 2026.

    Droit à l’eau, à l’électricité et à une vie digne

    Une comparaison avec les mêmes périodes des années précédentes révèle une hausse marquée de l’ampleur de la mobilisation sociale au cours du mois d’août 2026. Le volume des mouvements enregistrés a en effet plus que triplé par rapport au bilan d’août 2025. Cette augmentation s’inscrit dans un contexte où la mobilisation a été particulièrement marquée par l’émergence de revendications liées au droit à une vie digne — notamment l’accès aux produits et services de base, en particulier l’électricité et l’eau, dont les problématiques ont été très présentes durant la période estivale.

    Ces mouvements étaient également liés à d’autres revendications de nature sociale, professionnelle et environnementale, reflétant ainsi la multiplicité des pressions et des préoccupations qui ont motivé la mobilisation au cours du mois.

    Pour la première fois, le droit à une vie digne s’est hissé au premier rang des motifs de contestation ; il a figuré en tête des revendications ayant suscité la mobilisation des acteurs sociaux au cours du mois d’août, donnant lieu à 463 actions, soit près de 42 % du total des mouvements de protestation.

    Cette mobilisation était principalement liée au climat de tension et de colère qui a traversé le pays en raison des coupures d’électricité et d’eau potable, ainsi que de la pénurie aiguë d’eau minérale en bouteille.

    Par ailleurs, cette crise a remis au premier plan la question de la qualité de l’eau distribuée par le réseau en Tunisie, soulignant l’importance de contrôler la qualité et la salubrité de l’eau et de garantir sa conformité aux normes requises pour la consommation humaine.

    Au total, 392 mouvements de protestation liés aux coupures d’eau ont été recensés, soit 36 ​​% de l’ensemble des actions enregistrées.

    Les droits civils et politiques également revendiqués

    Les revendications relatives aux droits civils et politiques arrivent en deuxième position avec 430 mouvements, représentant environ 39 % du total de la mobilisation. Ces actions étaient en grande partie liées à la situation dans les prisons et aux décès suspects survenus dans le pays durant la vague de chaleur ; la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) fait état de plus de 20 décès parmi les détenus, tandis que des témoignages diffusés par des familles et des avocats sur les réseaux sociaux suggèrent que ce chiffre pourrait être plus élevé.

    Des organisations et des associations ont appelé à alléger la pression au sein des prisons et à œuvrer pour réduire la surpopulation carcérale, en particulier dans les établissements où le taux d’occupation dépasse 200 % de la capacité d’accueil.

    Ces organisations et associations ont également réclamé la libération du militant Wael Naouar — qui a entamé une grève de la faim le 16 août et l’a poursuivie — ainsi que celle de tous les membres et militants de la «Flottille Al-Soumoud») encore en détention.

    Le mois a par ailleurs été marqué par des marches et des mouvements populaires dénonçant les atteintes à la liberté d’expression et aux fondements d’un procès équitable, au cours desquels ont été scandés des slogans exigeant le départ des détenteurs du pouvoir.

    Il convient de noter qu’en combinant ces deux catégories de droits, on constate que 893 mouvements sur 1 093 — soit environ 82 % du total — étaient liés soit au droit à une vie digne, soit aux droits civils et politiques.

    Selon les résultats du suivi, les revendications relatives au droit à l’emploi et au travail décent ont enregistré un recul au mois d’août 2026 : 61 mouvements ont été recensés, contre 96 en juillet 2026 (soit une baisse d’environ 36 %). Ces mouvements concernaient le recrutement, la régularisation de la situation professionnelle, le versement des salaires et des indemnités, l’amélioration des conditions de travail ainsi que l’application des accords conclus, et ont représenté environ 9 % du total des mouvements.

    La liberté d’expression au premier rang des revendications  

    La baisse du nombre de mouvements de protestation liés aux revendications en matière d’emploi au cours du mois d’août 2026 ne reflète ni une diminution de l’importance de ces revendications ni leur disparition des préoccupations des Tunisiens. Elle traduit plutôt, en partie, l’incidence des conditions sociales et politiques qui se sont imposées durant cette période, incitant certains acteurs sociaux à se concentrer sur des revendications plus fondamentales et urgentes, au premier rang desquelles figure le droit à la vie — à travers l’accès à l’eau et à l’électricité ainsi que le droit à une existence digne —, garantissant ainsi un minimum de services, de produits de première nécessité et de conditions de vie convenables.

    Le mois d’août a été marqué par 71 actions liées à l’environnement et 15 actions concernant le droit au développement, ainsi que par des mouvements portant sur la situation des hôpitaux, les transports, le désenclavement, l’éducation et la sécurité.

    Certaines actions ont également reflété l’intensification des revendications relatives aux droits civils et politiques — notamment la liberté d’expression et la liberté individuelle — dans un contexte où la poursuite et le procès de plusieurs opposants et journalistes suscitent des inquiétudes quant aux libertés publiques et aux droits fondamentaux.

    I. B.

    Consulter le rapport complet en arabe sur le site de l’Observatoire social tunisien.

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    Biotechnologie | nextProtein rassure les habitants de Menzel Bouzelfa  

    19. September 2026 um 12:16

    Nous reproduisons ci-dessous la lettre que nous avons reçue de la direction de la société nextProtein basée à Menzel Bouzelfa (Nabeul), en réponse aux craintes exprimées par les riverains sur les éventuels rejets de cette usine de biotechnologie et rapportées dans un communiqué du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) publié par Kapitalis sous le titre «Risques environnementaux et sanitaires de la production de protéines à partir d’insectes». Espérons que les assurances présentées ici par la direction de nextProtein seront suffisants pour rassurer les habitants de Menzel Bouzelfa.

    Au regard de l’inquiétude de certains riverains et des récentes publications au sujet du projet d’implantation industrielle à Menzel Bouzelfa, la direction de l’usine souhaite apporter des éclaircissements factuels et techniques sur le fonctionnement du futur site et rassurer le voisinage sur la bonne prise en compte de leur cadre de vie.

    1. L’ambition nextProtein : une fierté tunisienne pour le climat et la région.

    Portée par la vision de ses fondateurs d’ériger la Tunisie en pionnière de la transition écologique mondiale, nextProtein s’est donnée pour mission de nourrir le futur de manière durable :

    ● Un impact positif pour la planète : en transformant des sous-produits organiques en protéines de haute valeur et en engrais biologiques, l’entreprise lutte contre le gaspillage et réduit l’empreinte carbone globale.

    ● Une fierté pour Menzel Bouzelfa et le Cap Bon : ce site positionne la ville et sa région au cœur de l’innovation biotechnologique internationale, démontrant le savoir-faire technologique et industriel tunisien.

    ● Un engagement de proximité : l’entreprise s’implante avec la volonté d’être un partenaire vertueux, transparent et protecteur de son environnement immédiat et de ses voisins.

    2. Conformité réglementaire et classement ANPE

    L’activité du site est inscrite dans le classement réglementaire de Catégorie 3, qui encadre les installations à impact maîtrisé sur leur environnement, obtenu en 2025.

    L’Étude d’impact environnemental (EIE) a été instruite et validée par l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE), attestant du respect strict des critères légaux et techniques requis en Tunisie. Ce jeudi 17 septembre, une visite de contrôle menée sur le chantier par plusieurs administrations tunisiennes, dont l’ANPE, a pleinement confirmé le respect de l’ensemble des engagements environnementaux et réglementaires pris par l’entreprise.

    3. Concertation et cadre de vie des riverains

    Soucieuse de s’intégrer harmonieusement dans son environnement tout en respectant le cadre de vie des riverains, la direction souhaite poursuivre un dialogue continu avec les riverains, les autorités administratives et le personnel de santé voisin. Des rencontres d’information et des présentations des installations de l’usine seront organisées prochainement pour répondre aux interrogations légitimes de la population.

    4. Les solutions innovantes Biotech & Agritech

    Le site produira des solutions durables destinées aux marchés agricoles et industriels locaux et internationaux :

    ● Fertilisant nextGrow (certifié EcoCert) : un amendement organique naturel certifié par EcoCert, destiné aux agriculteurs et aux acteurs du secteur agricole pour la régénération et la fertilisation durable des sols.

    ● Protéines et lipides d’insectes (certifiés GMP+) : des ingrédients durables à haute valeur nutritionnelle destinés aux marchés de la nutrition animale (aquaculture, élevage et animaux de compagnie). L’ensemble de notre chaîne d’approvisionnement et de fabrication respecte les normes du référentiel GMP+, garantissant une traçabilité intégrale depuis les matières premières jusqu’au produit fini.

    5. Un dispositif technique sécurisé et innovant

    Le site est conçu pour intégrer des équipements industriels modernes destinés à limiter au maximum les désagréments pour le voisinage :

    ● Nature du process : la production repose exclusivement sur la transformation de larves en environnement étanche et contrôlé. Aucun produit chimique n’est utilisé dans l’ensemble du procédé de transformation. L’activité n’implique pas d’élevage ni de présence d’insectes adultes volants sur le site de Menzel Bouzelfa. L’étape d’élevage est sectorisée sur notre site historique, exploité en toute conformité selon la réglementation tunisienne en vigueur et sous environnement biologique maîtrisé depuis dix ans.

    ● Gestion des odeurs et de l’air : l’ensemble des matières premières est traité en flux tendu et conservé dans des silos de stockage hermétiques. Les installations seront dotées d’un système de traitement et de filtration de l’air ambiant avant tout rejet extérieur. Les matières utilisées sont essentiellement d’origine végétale, complétées par des coproduits de l’industrie agroalimentaire locale (tels que des produits laitiers). Aucun déchet d’abattoir, ou matière carnée d’origine animale n’est utilisé dans notre procédé conformément à la réglementation en vigueur.

    ● Traitement des eaux et protection des sols : l’usine recycle les eaux des matières organiques (jus) en circuit fermé de production non connecté aux réseaux extérieurs et intégrera après étude une unité de traitement des eaux de lavage, garantissant l’absence de rejet d’effluents non traités dans le milieu naturel ou la nappe phréatique. L’usine est raccordée au réseau de l’Onas.

    6. Développement économique et filière circulaire

    Ce projet biotech/agritech participe activement à la dynamisation de l’économie locale :

    ● Création de près de 200 emplois directs et indirects, avec une priorité accordée aux compétences et à la main-d’œuvre de Menzel Bouzelfa et de sa région.

    ● Développement d’une filière agroalimentaire d’avenir, renforçant la souveraineté et les capacités de transformation à l’échelle régionale.

    Communiqué.

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    Moyen-Orient | Les trois scénarios pour la Tunisie, selon Aram Belhadj  

    19. September 2026 um 11:10

    L’économiste Aram Belhadj a publié un post Facebook, dont nous publions ci-dessous la traduction, où il analyse l’évolution de la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences possibles sur l’économie tunisienne qui traverse, depuis plusieurs années, une crise structurelle chronique : faible croissance, inflation, déficit budgétaire et endettement, intérieur et extérieur dépassant 80% .

    Compte tenu de la situation actuelle au Moyen-Orient, trois scénarios détermineront l’évolution future des indicateurs économiques en Tunisie:

    * Le scénario le plus probable est celui d’un conflit gelé (c’est-à-dire le maintien de la situation actuelle sans résolution définitive). Le prix du baril se situerait alors entre 95 et 110 dollars, entraînant un déficit budgétaire avoisinant les 20 milliards de dinars, un déficit commercial proche de 25 milliards de dinars et des réserves de change se situant au seuil de 90 jours d’importation à la fin de l’année.

    * Une désescalade négociée réduisant les tensions dans le détroit d’Ormuz (et potentiellement celui de Bab-el-Mandeb). Dans ce cas de figure, le prix du baril redescendrait vers une fourchette de 75 à 85 dollars ; cela permettrait d’enrayer l’érosion des réserves de change et de ralentir l’aggravation des deux déficits, tout en favorisant un recul progressif de l’inflation vers 5 %.

    * Le scénario le moins probable (mais le plus dangereux) est celui d’une escalade majeure, impliquant une frappe américano-israélienne d’envergure, le retrait de l’Iran du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) et la fermeture quasi totale des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Le prix du baril de Brent se situerait alors entre 130 et 150 dollars, entraînant un déficit budgétaire supérieur à 22 milliards de dinars, une inflation pouvant dépasser 8 % et des réserves risquant de tomber sous le seuil de couverture de 90 jours d’importations.

    Quoi qu’il en soit, à ce stade, c’est le canal commercial — et non monétaire — qui prévaut ; cette situation résulte du gel des prix des carburants, qui transfère le choc vers la balance des paiements plutôt que de l’imputer directement au portefeuille du consommateur. Toutefois, la donne changerait inévitablement si le premier scénario, et surtout le troisième, venaient à se concrétiser.

    Traduit de l’arabe.

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