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TRIBUNE – Conseil supérieur de l’éducation : de l’affichage constitutionnel à la gouvernance macroéconomique du capital humain

16. August 2026 um 07:12

L’installation officielle du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement (CSEE), matérialisée par la publication au JORT de la composition de son Instance supérieure et la tenue de sa session inaugurale, parachève la mise en place d’un organe prévu par l’article 135 de la Constitution de 2022. Dans un contexte macroéconomique marqué par de fortes contraintes budgétaires et un modèle de croissance en quête de souffle, cette décision ne saurait être appréhendée comme un simple réaménagement administratif.

 

Toute la question est désormais de savoir si cette nouvelle instance saura s’imposer comme un véritable directoire de pilotage stratégique ou si elle viendra grossir le rang des structures consultatives sans prise sur le réel. Pour éviter l’écueil de la coquille vide, le CSEE doit opérer un changement de paradigme majeur : passer d’une gestion administrative des flux scolaires à une gouvernance macroéconomique et prospective du capital humain.

 

La dépréciation du capital humain : un risque systémique pour la croissance

En matière de finances publiques, la trajectoire du secteur éducatif a trop longtemps été traitée sous le seul angle de la dépense de fonctionnement et de la résorption de la masse salariale. Or, l’analyse des rendements factoriels montre que le capital humain tunisien subit une dépréciation accélérée, créant trois goulots d’étranglement majeurs pour l’économie :

Un déficit de rendement de l’investissement public : En dépit des ressources budgétaires mobilisées, l’inefficience des cycles de formation se traduit par un décalage croissant entre le coût de formation par élève/étudiant et les gains de productivité observés dans l’économie réelle.

Un décalage structurel sur le marché du travail : L’inadéquation quantitative et qualitative entre l’offre de diplômés et les besoins des secteurs à haute valeur ajoutée (finance, technologies de l’information, ingénierie, transition énergétique) entretient un chômage structurel tout en bridant la compétitivité des entreprises.

Une fuite des compétences assimilable à une fuite de capitaux : L’émigration massive des cadres, ingénieurs et professionnels de santé constitue un transfert net de valeur vers les économies développées, réduisant le rendement de l’effort fiscal national et affaiblissant le potentiel de croissance à long terme.

 

Lire aussi : Tunisie – Éducation : un ex-ministre limogé sans explication, de retour aux commandes

 

Vers une gouvernance par la donnée et l’efficience allocative

Pour agir comme un levier de transformation économique, le CSEE doit structurer ses travaux autour de mécanismes rigoureux de pilotage et d’incitations :

Un pilotage par les données et des KPI d’employabilité : Le Conseil doit introduire des indicateurs chiffrés pour mesurer la performance des filières : taux d’insertion professionnelle à 12 et 24 mois, niveau d’alignement avec les besoins du tissu productif et évaluation continue de la qualité de l’enseignement.

L’alignement stratégique avec le tissu industriel et financier : La gouvernance du capital humain ne peut se faire en vase clos. Le CSEE doit formaliser un cadre de concertation permanente avec les acteurs économiques, le secteur bancaire et les entreprises technologiques afin d’orienter les investissements pédagogiques vers les compétences du XXIe siècle (digitalisation, intelligence artificielle, ingénierie normative).

La sanctuarisation technologique face aux arbitrages de court terme : Pour préserver la valeur de la signature éducative tunisienne, l’instance doit prémunir le système des surenchères corporatistes et centrer la priorité sur la modernisation des infrastructures numériques, la révision de l’ingénierie des programmes et le développement de la culture d’entreprise.

 

L’éducation comme pilier de la souveraineté économique

À l’heure où la Tunisie s’attache à moderniser ses structures productives, à désamorcer les logiques de rente et à consolider sa souveraineté financière, la valorisation du capital humain constitue le facteur d’ajustement le plus déterminant. Sans un réservoir de compétences adapté aux exigences de la compétition internationale, aucune politique industrielle ou stratégie de numérisation ne pourra atteindre sa masse critique.

La séance inaugurale du Conseil supérieur de l’éducation offre l’opportunité d’installer une véritable doctrine d’efficience. Il appartient à cette nouvelle instance de dépasser la dimension protocolaire pour transformer une exigence constitutionnelle en une stratégie d’impact économique durable.

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Pourquoi les bouteilles d’eau minérale manquent-elles ? Les producteurs s’expliquent

15. August 2026 um 13:28

La Chambre syndicale nationale des producteurs de boissons non alcoolisées a expliqué les tensions observées ces derniers jours dans l’approvisionnement en eaux minérales conditionnées dans certaines régions du pays. Selon elle, ces difficultés sont principalement liées à la hausse exceptionnelle des températures, qui a entraîné une augmentation rapide et importante de la demande.

Dans un communiqué explicatif, la Chambre syndicale indique que la consommation a, à certaines périodes, dépassé les niveaux habituellement enregistrés durant la saison estivale. Cette hausse a entraîné une consommation importante des stocks de réserve constitués par les producteurs en prévision du pic de demande.

À cette pression sur la demande se sont ajoutées des coupures et perturbations répétées de l’électricité dans plusieurs régions. Ces interruptions ont affecté le fonctionnement normal de certaines unités de production, provoquant, dans certains cas, l’arrêt de lignes de production et des pannes d’équipements industriels. Des interventions techniques, des opérations de maintenance et des redémarrages ont ainsi été nécessaires avant le retour progressif au rythme habituel de production.

31 unités mobilisées à pleine capacité

Face à cette situation exceptionnelle, les 31 unités de production d’eau minérale réparties à travers le pays fonctionnent à leurs capacités maximales afin d’assurer un approvisionnement continu du marché, notamment à travers la mise à disposition directe de la production quotidienne.

Parallèlement, les unités affectées par les perturbations sont progressivement remises à leur rythme normal. La Chambre syndicale assure que les producteurs maintiennent leur engagement en faveur du respect des normes de qualité et de sécurité sanitaire.

Elle dément, par ailleurs, toute volonté de la part de ses adhérents de provoquer une pénurie, de retenir les produits du marché ou de se livrer à une quelconque forme de spéculation.

Un marché concurrentiel

La Chambre rappelle que le secteur tunisien des eaux minérales conditionnées compte 31 usines, réparties dans différentes régions du pays. Il se caractérise par la diversité des entreprises et des marques ainsi que par un niveau élevé de concurrence.

Aucune entreprise ou aucun groupe d’entreprises ne détient plus de 25 % du marché, souligne-t-elle, estimant que cette configuration exclut toute situation de domination permettant à un seul acteur de contrôler les quantités disponibles ou le rythme d’approvisionnement du marché.

La Chambre syndicale précise également que la coordination se poursuit entre les producteurs, le ministère du Commerce et du Développement des exportations ainsi que les différents services concernés, afin de garantir la régularité de l’approvisionnement et de parvenir à une répartition optimale des quantités disponibles entre les différentes régions.

Appel à éviter le stockage excessif

Selon la Chambre, les tensions actuelles restent conjoncturelles, tandis que l’ensemble du secteur est mobilisé pour rétablir l’approvisionnement normal dans les meilleurs délais.

Elle appelle ainsi les différents intervenants dans les circuits de distribution à faciliter l’acheminement des produits jusqu’aux consommateurs et à éviter tout stockage inhabituel.

Les consommateurs sont, de leur côté, invités à maintenir un rythme d’achat normal, correspondant à leurs besoins réels. Une telle démarche contribuerait, selon la Chambre syndicale, à réduire la pression momentanée exercée sur le marché.

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Tunisie | Essor des résidences médicalisées pour des séniors européens

15. August 2026 um 13:00

Piscines, jardins, chambres avec vue sur la mer, soins infirmiers et personnel francophone. La Tunisie connaît une multiplication des résidences médicalisées pour personnes âgées ; au-delà de la clientèle locale, ces établissements visent de plus en plus les retraités européens, et notamment les Français.

Cette tendance est particulièrement marquée à Tunis, Hammamet, Sousse, Monastir, Djerba et Sfax, où certains établissements proposent un modèle hybride — à mi-chemin entre la maison de retraite et le complexe de villégiature — alliant soins médicaux 24 heures sur 24 et prestations hôtelières haut de gamme.

Les tarifs affichés varient généralement de 1 200 à 4 000 euros par mois, selon l’établissement et le niveau de dépendance du résident. L’avantage financier par rapport à la France peut être considérable, surtout dans le secteur privé, où les tarifs des Ehpad français dépassent souvent 3 000 euros par mois — et peuvent être bien plus élevés dans les grandes villes. En Italie également, les coûts de structures d’accueil similaires peuvent atteindre 3 000 euros par mois.

L’attractivité de la Tunisie repose sur des coûts de main-d’œuvre plus faibles, la disponibilité de personnel médical francophone, un climat méditerranéen et la proximité avec l’Europe.

Toutefois, les établissements tunisiens ne sont pas automatiquement comparables aux Ehpad français, qui sont soumis à des réglementations spécifiques ainsi qu’à des normes sanitaires et de soins rigoureuses.

Cette augmentation de l’offre coïncide également avec une évolution démographique nationale.

Selon l’Institut national de la statistique, les personnes âgées de plus de soixante ans représentent désormais environ 17 % de la population en Tunisie, un chiffre qui devrait avoisiner les 20 % d’ici 2030. Bien qu’il n’existe pas actuellement de données officielles récentes confirmant une véritable «explosion» du nombre de résidences privées, le marché est manifestement en pleine expansion et se tourne de plus en plus vers l’international. Pour les familles européennes, cependant, le prix n’est pas le seul critère : la qualité réelle des soins, la continuité des traitements, la couverture par l’assurance maladie, le contrôle des établissements et la proximité avec la famille demeurent des facteurs déterminants.

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Poutine dans les îles Kouriles : Provocation délibérée ?

15. August 2026 um 10:20

Le président russe s’est rendu jeudi 13 août pour la première fois dans les îles Kouriles, un archipel contrôlé par Moscou depuis la fin de la 2ème Guerre mondiale et revendiqué en partie par Tokyo. Avec le risque de rouvrir une querelle diplomatique jamais résolue … depuis 1945.

 

 

 

 

 

 

 

De la provocation gratuite de la part de Vladimir Poutine, passé maître dans l’art de jouer avec les nerfs de ses adversaires ? En se rendant, jeudi 13 août, dans les îles Kouriles, cet archipel volcanique perdu entre la Russie et le Japon, au cœur d’un contentieux territorial vieux de plus de huit décennies, le maître du Kremlin fait d’une pierre trois coups : réaffirmer la souveraineté russe sur un territoire hautement stratégique, adresser au Japon un message de fermeté et, surtout, lui faire payer son alignement sur les sanctions occidentales contre Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine. Bref, une visite soigneusement calculée qui vaut donc autant comme démonstration de souveraineté que comme avertissement stratégique adressé à Tokyo et, au-delà, à Washington. « Absolument inacceptable », a aussitôt réagi l’altière Première ministre nippone, Sanae Takaichi, estimant que cette visite « heurtait les sentiments du peuple japonais ». Pour sa part, le chef de la diplomatie japonaise a convoqué l’ambassadeur russe.

Enjeux stratégiques

Mais pourquoi la visite de l’homme fort du Kremlin à cette île perdue au bout du Pacifique revêt-elle une telle importance ? Pour comprendre les dessous des cartes de ce déplacement hautement symbolique, « il faut également savoir lire une carte », comme le disait à juste titre le Général de Gaulle.

Géographie d’abord. Les Kouriles dessinent une longue chaîne volcanique qui s’étire entre la péninsule russe du Kamtchatka et Hokkaido, l’île la plus septentrionale de l’archipel japonais. Mais derrière cette succession d’îles se cache un contentieux territorial qui empoisonne les relations entre Moscou et Tokyo depuis des décennies. Le différend porte sur quatre îles situées à l’extrémité méridionale de l’archipel : Kounachir, Habomai, Chikotan et Itouroup selon la terminologie russe ; Kunashiri, Habomai, Shikotan et Etorofu selon les Japonais. C’est précisément sur cette dernière, Itouroup, que Vladimir Poutine a choisi de poser le pied jeudi où vivent quelque vingt mille Russes.

Mais l’enjeu dépasse largement la seule question de souveraineté. Ces îles recèlent d’importantes ressources naturelles, notamment des gisements d’or et d’argent, tandis que leurs eaux comptent parmi les zones les plus poissonneuses de la région. Or, Moscou entend rappeler que ces îles sont russes, habitées, exploitées et qu’il n’est pas question de céder le moindre pouce de terrain.

Un verrou militaire

Sur un autre plan, les îles Kouriles sont surtout un verrou militaire dans le Pacifique. Pour Moscou, elles sont bien plus qu’un territoire disputé avec Tokyo. Leur importance est d’abord militaire et stratégique. En s’étirant entre la péninsule du Kamtchatka et Hokkaido, elles forment une véritable barrière naturelle entre la mer d’Okhotsk et le Pacifique Nord. Une position qui en fait l’un des verrous du dispositif russe dans cette partie du monde.

De plus, la chaîne des Kouriles contrôle en effet plusieurs passages maritimes permettant aux bâtiments de la flotte russe du Pacifique d’accéder au Pacifique depuis la mer d’Okhotsk. Or, cette dernière abrite des infrastructures militaires essentielles et constitue notamment une zone stratégique pour les sous-marins nucléaires russes. Tenir les Kouriles, c’est donc aussi protéger les approches de ce sanctuaire maritime.

D’ailleurs, Moscou ne s’est d’ailleurs pas contenté d’y planter son drapeau. Depuis plusieurs années, la Russie renforce sa présence militaire dans l’archipel en y déployant des systèmes de défense antiaérienne et des missiles côtiers capables de menacer les navires qui s’approcheraient de la zone. L’objectif est clair : transformer les Kouriles en ligne de défense avancée, capable de compliquer l’accès aux forces japonaises et américaines.

Blessure mémorielle

Côté japonais, les Kouriles ne sont pas que de simples îlots perdus aux confins du Pacifique. Les quatre territoires méridionaux constituent un contentieux territorial qui mêle mémoire de guerre, souveraineté, intérêts économiques et préoccupations sécuritaires. Un dossier vieux de plus de huit décennies, mais qui continue de peser lourdement sur les relations russo-japonaises.

En effet, Tokyo considère ces quatre îles comme faisant partie intégrante de son territoire et conteste leur prise de contrôle par l’Union soviétique dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale. En effet, au mois d’août 1945, l’Union soviétique déclare la guerre au Japon, deux jours après le bombardement atomique d’Hiroshima et quelques jours avant la capitulation japonaise. Dans les derniers jours du conflit, les forces soviétiques prennent possession des Kouriles. Moscou expulse ensuite des îles environ 17 000 Japonais qui y vivaient, selon le gouvernement japonais.

Depuis, la restitution des « Territoires du Nord » est devenue une revendication récurrente de la diplomatie japonaise et l’un des principaux obstacles à la conclusion d’un traité de paix définitif entre les deux pays.

Sans oublier l’enjeu sécuritaire de ces îles. Situées à quelques dizaines de kilomètres de Hokkaido, les îles placent la présence militaire russe aux portes mêmes du territoire japonais. La militarisation progressive de l’archipel par Moscou ne peut donc que préoccuper Tokyo. Bases, infrastructures militaires et systèmes de défense renforcent la capacité russe à contrôler cette partie du Pacifique et compliquent la marge de manœuvre du Japon et de son allié américain.

L’enjeu est d’autant plus sensible que le Japon cherche parallèlement à renforcer son dispositif de défense face à la montée en puissance de la Chine, aux menaces nord-coréennes et à l’affirmation militaire de la Russie. Voir Moscou consolider sa présence aux portes de Hokkaido est donc loin d’être anodin pour Tokyo.

Au final, les Kouriles restent une plaie à vif dans les relations russo-japonaises, un contentieux hérité de 1945 que les décennies n’ont jamais réussi à cicatriser. Dans ce contexte, la visite de Vladimir Poutine à Itouroup prend des allures de véritable provocation. Car, en foulant le sol d’une île que Tokyo considère toujours comme japonaise, le maître du Kremlin ne se contente pas de réaffirmer la souveraineté russe mais adresse au Japon un message aussi clair que cinglant. Les Kouriles sont russes, Moscou les considère comme un acquis et n’entend en restituer aucun pouce.

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TRIBUNE – La femme tunisienne : Point de discorde

14. August 2026 um 14:22

Soixante-dix ans après la promulgation du Code du statut personnel, qui a interdit la polygamie, qui, rappelons-le, est permise par la charia (loi charaïque), la question du statut de la femme dans la société est loin d’être résolue. Il ne suffit pas d’une loi pour abolir et effacer un héritage, au moins vieux de quatorze siècles.

Pourtant l’évolution de la société tunisienne, et l’émergence des élites féminines, dans tous les domaines et secteurs, grâce principalement à l’école, devait logiquement suffire pour clore définitivement le débat, mais les dogmes particulièrement religieux sont plus tenaces que la réalité, ce qui fait que la question de la polygamie est périodiquement remise sur le tapis, car certains continuent à croire que le code du statut personnel tunisien, est fondamentalement opposé à la loi religieuse.

Et ce ne sont plus les seuls islamistes, qui jadis avaient mené, depuis sa promulgation, une guerre implacable contre ce code, mais d’autres hommes et femmes, qu’on ne peut soupçonner de sympathie envers le salafisme, osent maintenant demander l’abrogation de ce code, que seul la Tunisie de Bourguiba avait osé promulguer, avant même l’avènement de la République, puisqu’il fut signé par le souverain de Tunis, Ahmed Lamine Bey.

 

La propagation du mariage halal, sorte de concubinage islamique autorisé par la charia, … remet sur le plateau, pour des raisons sociales, la nécessité de revoir la copie actuelle du code, sans pour autant autoriser la polygamie, en dépénalisant par exemple l’adultère.

 

Les réalités sociales, dont le taux élevé du célibat, parmi les hommes et les femmes tunisiens, ajouté à cela l’augmentation vertigineuse du taux de divorce, et la baisse générale de la natalité, ont donné des arguments, qui peuvent êtres recevables, à ceux qui demandent l’annulation de ce code, ou du moins sa réforme profonde. La propagation du mariage halal, sorte de concubinage islamique autorisé par la charia, au sein d’une société où le taux du célibat augmente d’une façon vertigineuse, même avec des personnes mariées, remet sur le plateau, pour des raisons sociales, la nécessité de revoir la copie actuelle du code, sans pour autant autoriser la polygamie, en dépénalisant par exemple l’adultère.

La complexité de la situation est aggravée par la guerre politique entre les islamistes et une grande partie des laïcs, ces derniers considérant que le code est presque un texte sacré, qui doit rester intouchable.

Un point de démarcation politique

On est progressiste ou réactionnaire, conservateur ou moderniste, islamiste ou libéral, selon qu’on soit pour ou contre le Code de statut personnel. C’est le rapport avec ce code qui donne l’identité politique ou idéologique à tout citoyen tunisien. On ne peut être neutre sur ce point précisément. Et ceci depuis soixante-dix ans. Cette ligne de démarcation entre les camps cités plus haut est infranchissable, et quiconque ose la franchir subit les foudres de ses partisans. On ne peut pas être marxiste, progressiste, libéral, de gauche ou destourien sans être un inconditionnel du code initié et imposé par Habib Bourguiba il y a soixante-dix ans. Avant même d’être républicain car le code a précédé l’abolition du Beylicat.

Inversement, on ne peut être islamiste, salafiste conservateur religieux, ou, se réclamant d’un islam orthodoxe sunnite, sans reconnaître que la polygamie est autorisée par la religion musulmane, selon un verset clair et franc du saint Coran.

 

Le statut légal de la femme constitue la grande discorde de la société tunisienne et l’émancipation de la femme la pomme de discorde.

 

Bourguiba, pour donner une légitimité religieuse à cette loi, a eu recours, aux deux grands muftis, et savants, malikite et hanafite, al Shaykh Taher Ibn Achour pour le malikisme et al Shaykh Jaïet pour le Hanafisme, qui, se basant sur une tradition, appelée « le mariage Kairouanais », autorise la femme à exiger de son époux de ne pas contracter mariage avec une autre femme, sans son autorisation, ce qui constitue une forme de monogamie. Cette tradition remonte au premier calife abbasside (2ème siècle de l’hégire) qui avait demandé en mariage une Kairouanaise qui lui avait imposé cette condition dans le contrat. Une jurisprudence en fut la conséquence, sur laquelle les deux illustres muftis se sont basés.

Aucun autre Etat musulman n’a pu promulguer une loi comme celle qui régit les mariages en Tunisie, loi qui a joué un rôle fondamental dans l’émancipation de la femme tunisienne. On en conclut que l’avenir de celle-ci dépendra du sort qui sera réservé à cette juridiction. On peut dire, sans risque d’exagérer, que le statut légal de la femme constitue la grande discorde de la société tunisienne et l’émancipation de la femme la pomme de discorde.

Mariage halal, une solution tronquée

Le mariage dit « halal », une forme de concubinage, sans contrat de mariage légal, est une mode qui envahit tous les pays musulmans, et même les communautés musulmanes en Europe, mais aussi la Tunisie. Le cri d’alerte lancé par la présidente de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT), organisation qui avait joué un rôle primordial dans l’application du Code du statut personnel, sur le développement du mariage halal en Tunisie, doit interpeler les autorités politiques sur la gravité de la question. Mais le recours à la répression, comme l’exige la présidente de l’UNFT, ne peut être la solution idoine. On ne peut pas stopper une vague sociétale par le durcissement législatif ou administratif, car il s’agit bien d’une vague qui traverse la société en réponse, à l’augmentation du célibat, notamment celui des femmes et du taux de divorce. Nos juristes feraient mieux à accorder un intérêt particulier à cette problématique au lieu de pérorer sur les droits de l’Homme et les libertés politiques.

Dans l’échelle des droits, comme partout, il y a des questions prioritaires. Or on observe un silence curieux qui en dit long sur nos élites. Il faut reconnaître qu’on touche à un nouveau tabou, et que se prononcer clairement sur une solution, c’est prendre des risques d’être classé par un camp comme par l’autre comme un ennemi, soit de l’Islam, soit de la femme. Mais le rôle des intellectuels n’est-il pas d’aller à contre-courant ? Ou faut-il attendre que le feu vert nous vienne encore une fois de l’Occident !

Le concubinage, une solution ?

Reconnaissons d’abord que le concubinage existe chez nous depuis longtemps, et que les autorités ont toujours fermé les yeux. Pour les hommes et les femmes mariés et en situation de concubinage avec d’autres partenaires, il n’y a intervention de l’autorité publique que lorsque le partenaire légal porte plainte, pour adultère. Or l’adultère est interdit avec contrainte par corps. Et le divorce peut être prononcé en faveur du plaignant. Mais le concubinage prend actuellement la forme d’un mariage « halal », encouragé par la mouvance politico-religieuse. Ce qui explique la levée du bouclier chez les laïcs, qui pourtant et souvent ferment les yeux sur le concubinage non religieux. D’où contradiction !

 

Pour les tenants purs et durs du code, le concubinage, comme pratiqué en France, garantit aussi les droits des femmes, hormis la pension alimentaire et surtout les droits des enfants.

 

Tant qu’il ne concernait que certaines franges, minoritaires, la tolérance était de mise, mais la tendance devient, semble-t-il lourde, si l’on croit la présidente de l’UNFT. Et il faut anticiper pour la gérer en réformant le code du statut personnel. Pourquoi alors ne pas faire comme dans les sociétés modernes en Europe ou ailleurs, en créant un statut légal pour le concubinage ? Ceci, d’autant plus que les courants de l’Islam politique n’y trouveront rien à y redire, car ils l’encouragent sous sa forme halal. Pour les tenants purs et durs du code, le concubinage, comme pratiqué en France, garantit aussi les droits des femmes, hormis la pension alimentaire et surtout les droits des enfants.

La société trouve empiriquement ses propres solutions, au mépris des lois, il est vrai, parfois. Il est temps d’anticiper sur cette évolution, car la nature a ses propres lois que les lois des hommes ou des dieux ne peuvent arrêter !

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La Tunisie à l’épreuve de la volatilité des cours des produits agricoles

14. August 2026 um 06:03

Alors que la majorité des Tunisiens sont en congé, les tensions géopolitiques et les phénomènes naturels mettent de la pression sur les marchés mondiaux. A la rentrée, il y a bien un risque de mauvaises surprises.

En fait, les prix alimentaires mondiaux sont à leur plus haut niveau depuis plus de 42 mois. Et ce, sous l’effet des vagues de chaleur estivales et des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.

 

Pression sur les céréales

La référence est l’indice des prix des produits alimentaires de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’indice, qui suit les variations mensuelles d’un panier de produits alimentaires échangés sur le marché international, est passé à 131,1 points en juillet. C’est un pic depuis janvier 2023, après une hausse des prix des céréales, du sucre et des huiles végétales. Ce trio est particulièrement critique pour la Tunisie.

La FAO a cité les vagues de chaleur comme facteur affectant les rendements du blé dans plusieurs pays producteurs clés. Les prix du sucre ont été tirés vers le haut par les dommages causés par le système météorologique El Niño qui se développe rapidement.

Les prix des céréales ont augmenté de 3,4 % sur un mois, incluant une hausse de 5,8 % du coût du blé mondial. Les perturbations persistantes des flux d’exportation de la mer Noire et les dommages causés aux infrastructures d’exportation, après l’intensification des attaques entre la Russie et l’Ukraine, ont fait monter les cours.

Les prix du maïs mondial ont augmenté de 3,6 %. Cela s’explique par les inquiétudes concernant le temps chaud et sec aux États-Unis. La vague de chaleur meurtrière qui a balayé l’Europe en juin, exacerbée par les émissions de carbone, aurait forcé les céréaliers à détruire 9 millions de tonnes de cultures telles que le blé, l’orge, le maïs et l’avoine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sucre et les huiles végétales suivent le pas

Pour leur part, les prix du sucre ont bondi de 5,6 % en juillet. Une tendance attribuée aux craintes météorologiques et aux nouvelles règles au Brésil augmentant la quantité d’éthanol pouvant être ajoutée à l’essence. Ce qui a entraîné une demande accrue de la part des fermenteries.

Les prix des huiles végétales ont augmenté de 2 %. Une hausse que le rapport attribue à une demande soutenue du secteur du biodiesel en Indonésie et à la hausse des prix du pétrole brut. La guerre en Iran a également fait monter les prix alimentaires ces derniers mois. Sachant qu’environ un tiers de la production d’engrais transite par le détroit d’Ormuz. Les prix de la viande ont chuté de 2,8 % en juillet.

 

Œuvrer pour des solutions durables

Cette situation risque d’alourdir la pression sur la balance commerciale dans les mois à venir. Depuis sept ans, les crises exogènes s’enchaînent sans répit. À court terme, nous n’avons d’autre choix que de subir. A moyen et long terme, il nous faudra impérativement trouver des solutions du côté de la production nationale. C’est un enjeu de souveraineté qui, au même titre que la santé, l’éducation ou les transports, doit se situer au cœur de l’action publique.

Certes, les idées et les programmes ne manquent pas, mais leur mise en œuvre exige des financements conséquents. Surtout si nous voulons poser les bases d’une politique agricole durable. Toutefois, les capitaux ne manquent pas. Le secteur privé local peut y contribuer, à condition que les portes lui soient ouvertes. L’exemple du secteur photovoltaïque montre d’ailleurs ce qu’une telle politique peut produire.

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13 Août 1956 : le droit de décoller, le devoir d’embarquer toute la société

13. August 2026 um 16:49

Le Code du statut personnel (CSP) n’est pas seulement un texte juridique. Il est l’un des actes fondateurs de la Tunisie indépendante. Celui par lequel la dignité des femmes est devenue une condition de la modernité nationale. Soixante-dix ans après sa promulgation, son héritage appelle moins une célébration confortable qu’un sursaut collectif.

Le 13 août 1956, cinq mois après l’indépendance, la Tunisie accomplit une rupture d’une audace historique. Le CSP interdit la polygamie, substitue le divorce judiciaire à la répudiation et fait du consentement des deux époux une condition du mariage. Il déplace ainsi la famille du terrain de l’autorité unilatérale vers celui, encore imparfait mais décisif, du droit et de la citoyenneté.

Cette révolution ne fut pas seulement féminine. Elle fut aussi une révolution de l’État moderne : celui qui affirme que la loi commune doit protéger l’individu, y compris au sein de la famille, contre les dominations héritées de la coutume, de la force ou d’interprétations intéressées du sacré. Le Zaim Bourguiba avait compris une vérité essentielle : une nation qui maintient la moitié de ses citoyens sous tutelle ne se modernise pas; elle matérialise sa propre impuissance.

La Tunisie a ainsi porté les droits des femmes à un niveau rare dans son environnement arabe et africain. Mais un avion ne transforme pas, à lui seul, le paysage qu’il survole. La modernisation juridique n’a pas produit partout les mêmes capacités d’appropriation sociale. Si certaines catégories ont pleinement bénéficié de cette avancée, beaucoup de femmes demeurent confrontées à des réflexes de patriarcat, de hiérarchie familiale, de dépendance économique et de peur sociale.

Tel est le paradoxe tunisien : disposer d’un texte pionnier sans avoir créé, sur l’ensemble du territoire, les conditions socio-économiques, institutionnelles et culturelles de son application effective.

Quand le droit ne devient pas encore un pouvoir réel

Le CSP a posé un socle juridique; il n’a pas, à lui seul, bâti les conditions sociales de l’émancipation. En effet, les droits ne vivent pas seulement dans les recueils législatifs, ils vivent dans les écoles, les tribunaux, les entreprises, les médias, les familles et les communautés. Ils vivent surtout dans la capacité de chaque femme à les connaître, à les réclamer et à être protégée lorsqu’elle les exerce.
Dans les régions rurales, les quartiers périphériques et les petites villes, de nombreuses Tunisiennes restent confrontées à une double distance : celle des institutions et celle, plus invisible, du langage juridique. Là où l’État parle de consentement, de recours et d’égalité, d’autres discours imposent le devoir, la honte, l’honneur familial ou l’obéissance.
Ces discours peuvent envelopper des rapports de pouvoir dans une rhétorique religieuse.

Il faut l’affirmer sans ambiguïté : la foi est une liberté personnelle, respectable et protégée. Mais aucun discours religieux ne devrait servir à priver une citoyenne de droits garantis par la loi, ni à opposer sa spiritualité à son égalité en dignité.

Le chaînon manquant: une citoyenneté de proximité

Le projet modernisateur bourguibien fut immense. Il portait toutefois une fragilité stratégique: réformer la société d’en haut sans consolider suffisamment les forces autonomes capables de défendre durablement cette réforme. De plus, l’affaiblissement des forces progressistes, syndicales, intellectuelles et politiques a laissé un espace que des courants religieux organisés ont progressivement investi dans certains espaces associatifs, éducatifs et de socialisation. Ils ont notamment occupé le terrain laissé vacant par le recul des médiations civiques de proximité.

L’élite féminine a parfois agi comme une locomotive convaincue que sa vitesse entraînerait tous les wagons. Mais le lien s’était distendu sous l’effet de la précarité, de l’illettrisme juridique, de la dépendance économique, de la désaffiliation politique et d’un langage institutionnel souvent inaccessible.
Or un leadership réel ne se mesure ni au nombre de tribunes ni à la seule visibilité médiatique. Il se mesure à notre capacité de former des relais, de transmettre du pouvoir, de faire émerger des porte-parole locales et de rendre présentes dans l’espace public celles qui en sont encore absentes.

Faire du CSP un pouvoir vécu

La question n’est donc plus seulement : comment défendre le CSP ? Elle est devenue : comment faire de chaque Tunisienne et de chaque Tunisien les copropriétaires de ses principes ? La réponse exige une véritable infrastructure civique de l’égalité.

D’abord, il faut instaurer une éducation juridique populaire. Chaque lycée, maison de jeunes, centre de formation professionnelle et délégation devrait proposer, dans un langage clair, des ateliers réguliers sur le mariage, le divorce, la violence, l’héritage, le travail, la protection sociale et les recours disponibles. Connaître un droit, c’est déjà réduire la possibilité qu’il soit confisqué.

Ensuite, la création d’un réseau national de « sentinelles du CSP » mérite d’être envisagée. Ces femmes et ces hommes, formés localement et indépendants des partis, pourraient orienter gratuitement les citoyennes vers les structures juridiques, sociales et psychologiques compétentes. Il ne s’agit pas de substituer le militantisme à l’État, mais de rendre l’État accessible là où il demeure abstrait.

Enfin, une part des programmes de développement, y compris ceux financés avec des partenaires bilatéraux et multilatéraux, devrait être liée à des résultats mesurables : recours effectif à la justice, délais d’accès à l’aide juridique, maintien scolaire des filles, autonomie économique, protection des victimes et représentation des femmes dans les structures locales. Les droits des femmes ne peuvent plus être un chapitre décoratif des projets; ils doivent devenir un critère de performance institutionnelle.

La vigilance est le prix de la liberté. Aucun acquis n’est définitif lorsqu’il n’est ni compris ni approprié et pas défendu. Le 13 août doit cesser d’être une fête d’autosatisfaction, pour devenir un rendez-vous annuel de l’exigence démocratique. Celui où la Tunisie se demande non seulement ce qu’elle a donné aux femmes en 1956, mais ce qu’elle fait aujourd’hui pour que chacune puisse réellement en disposer.

Par Khadija T. Moalla

L’article 13 Août 1956 : le droit de décoller, le devoir d’embarquer toute la société est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

13 Août – Khaled Dabbabi : « Le CSP a besoin d’une refonte réelle et courageuse »

13. August 2026 um 13:00

Considéré depuis 1956 comme la « Constitution sociale » de la Tunisie, le Code du statut personnel (CSP) a longtemps fait figure de texte avant-gardiste. Mais entre inégalités successorales, dot et statut de chef de famille réservé à l’époux, ses limites sont aujourd’hui pointées du doigt. Khaled Dabbabi, enseignant-chercheur en droit public et en sciences politiques, dresse un constat sans concession et plaide pour un véritable code de la famille. Entretien.

Depuis 2011, plusieurs voix, notamment des juristes, des acteurs de la société civile et des militants, revendiquent une réforme du CSP. Quelles réformes demandent-ils précisément et pourquoi sont-elles jugées nécessaires ?

Le CSP revêt une importance capitale dans l’histoire institutionnelle de l’État tunisien. Il a été adopté puis promulgué en 1956, c’est-à-dire trois ans avant la promulgation de la Constitution de 1959. C’est la raison pour laquelle que le CSP est considéré comme la « Constitution sociale » de la Tunisie.
Dans son contexte historique, le CSP peut être considéré comme un texte avant-gardiste (certains spécialistes l’ont qualifié de véritable « révolution par le droit »). Il a apporté avec lui des mesures innovantes et avant-gardistes pour l’époque et pour l’aire culturelle et civilisationnelle arabo-musulmane, telles que l’abolition de la répudiation et l’exigence du divorce judiciaire, l’exigence d’un âge minimum pour le mariage, l’abolition de la tutelle du père et, surtout, l’interdiction de la polygamie et sa pénalisation.
Par la suite, et par touches successives, ce socle initial a été consolidé par d’autres mesures. Et ce, aussi bien par des textes externes au CSP, telle la loi 58-27 du 4 mars 1958 relative à la tutelle publique, à la tutelle officieuse et à l’adoption, ou la loi 98-75 du 28 octobre 1998 relative à l’attribution d’un nom patronymique aux enfants abandonnés ou de filiation inconnue; que par la révision du CSP lui-même, dans le but de l’adapter davantage à l’évolution de la famille tunisienne. On peut citer, dans ce contexte, la loi 93-74 du 12 juillet 1993, qui a supprimé le devoir d’obéissance incombant à l’épouse.

Mais alors…?

Pourtant, et malgré tous ces efforts, le CSP a besoin d’une refonte réelle et courageuse pour qu’il rime réellement avec le vécu de la famille tunisienne du XXIe siècle, et pour qu’il devienne enfin compatible et conforme aux dispositions constitutionnelles et internationales dûment ratifiées par l’État tunisien en matière d’égalité devant la loi et de non-discrimination.

Le CSP souffre encore de plusieurs lacunes, insuffisances et inégalités devenues anachroniques. On peut citer à cet égard l’inégalité successorale, le maintien du statut de chef exclusif de famille au profit de l’époux-père, ou la pérennisation de la dot en tant que condition substantielle du contrat de mariage, etc.

En effet, le CSP souffre encore de plusieurs lacunes, insuffisances et inégalités devenues anachroniques. On peut citer à cet égard l’inégalité successorale, le maintien du statut de chef exclusif de famille au profit de l’époux-père, ou la pérennisation de la dot en tant que condition substantielle du contrat de mariage, etc.
Personnellement, je considère que le CSP était un bon code, mais pas aussi révolutionnaire, même pour son époque : on aurait pu et dû mieux faire. Il reste un code d’inspiration purement musulmane, présenté comme une relecture moderne du droit musulman classique.
Même dans son style et sa rédaction, ce texte s’apparente davantage à un recueil de fiqh (مدونة فقهية) qu’à un véritable code de droit positif étatique. Même sa dénomination pose problème : le terme « statut personnel » n’est pas un terme juridique ; il est issu du jargon du fiqh et du droit musulman classique.

Personnellement, je considère que le CSP était un bon code, mais pas aussi révolutionnaire, même pour son époque : on aurait pu et dû mieux faire. Il reste un code d’inspiration purement musulmane, présenté comme une relecture moderne du droit musulman classique.

Ce référentiel religieux a malheureusement toujours enfermé la question de la famille tunisienne dans un débat purement identitaire et religieux. Alors qu’il s’agit en réalité d’une question de droit objectif, de droits subjectifs, de citoyenneté, d’égalité et de constitutionnalité.
La famille tunisienne mérite désormais un véritable code de la famille, et non un code du statut personnel, qui opère une rupture courageuse, totale et radicale avec cet héritage identitaire archaïque, et au sein duquel toute famille tunisienne, musulmane ou non, puisse s’intégrer. Un code qui oriente enfin le débat vers son champ sémantique naturel, celui des droits et de la légalité constitutionnelle.

Le Parlement, dans sa configuration actuelle, est-il en mesure d’examiner, de débattre et d’adopter des réformes aussi avant-gardistes ?

On sait tous que le Parlement actuel n’est qu’une simple chambre d’enregistrement, au sein d’un régime et d’un système politiques largement inégalitaires qui profitent au chef de l’État et chef de l’exécutif. On a pu observer la très faible qualité du fonctionnement de cette institution. Elle est très mal partie, voire structurellement incapable d’assumer une mission aussi délicate.
Pire encore, on a vu et entendu certains députés inciter au retour de la polygamie et légitimer le viol des femmes. Comme disent les Français : « Qui souffre d’un manque ne peut guère l’offrir ». On ne peut pas demander à ce Parlement, faible, effrité et conservateur, de penser à des réformes aussi audacieuses.

La société tunisienne serait-elle prête à accepter une telle réforme si elle était adoptée, notamment face aux éventuelles résistances des milieux conservateurs ?

Contrairement à ce que l’on croit, la société tunisienne est une société largement conservatrice, qui envisage presque tout sous l’angle de l’identité et de la religion. Certains députés qui se disent de gauche sont contre l’égalité. Certains responsables politiques qui se disent laïcs tiennent des propos radicalement contraires à la laïcité et à la modernité.
La magistrature est également conservatrice ; sa jurisprudence, notamment judiciaire, reste marquée par une tendance largement conservatrice, en particulier en matière de droits et de libertés. Le même constat vaut pour l’administration, et même pour certains universitaires : que dire alors du citoyen ordinaire ?
Toutefois, l’égalité, la modernité et la démocratie ne doivent jamais attendre le changement de cette mentalité dominante. Parfois, pour pouvoir avancer et opérer la rupture épistémologique souhaitée, il faut savoir choquer, ne pas se contenter des perceptions et mentalités dominantes, et aller au-delà pour proposer un nouveau modèle sociétal, moderne, en phase avec le XXIe siècle. Si la mentalité dominante est en retard et reste figée dans des idéaux que l’humanité a dépassés, l’État doit, lui, vivre dans le présent et raisonner pour l’avenir.
René Descartes disait : « Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans sa vie se défaire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire tout à nouveau ». L’État tunisien est appelé ici à être, à la fois, audacieux et cartésien.

Comment sensibiliser l’opinion publique à l’importance d’une réforme en profondeur du Code du statut personnel ? Un débat sociétal préalable est-il indispensable pour parvenir à un consensus ?

Une loi efficiente et efficace est toujours une loi intériorisée par les citoyens.  On peut rédiger les plus beaux textes : ils resteront lettre morte s’ils ne reflètent pas un certain crédo politique et sociétal ancré dans la société, et une certaine maturité civilisationnelle enracinée.

La citoyenneté, la culture du respect du droit, le civisme et l’égalité doivent être inculqués dès l’école, le collège et le lycée. Il est trop tard pour devenir un citoyen démocrate à l’âge de vingt ans. La démocratie s’apprend bien avant et notre système éducatif reste lacunaire, voire stérile, sur ce point.

J’ai dit que l’État ne doit jamais attendre le changement des mentalités ; mais, au-delà du volet juridique, il doit lui-même œuvrer à ce changement des perceptions archaïques et les éradiquer par d’autres moyens, non juridiques cette fois. C’est-à-dire par une stratégie claire visant une refonte totale et une véritable révolution de notre système éducatif, l’un des maillons les plus faibles du passé comme du présent.
La citoyenneté, la culture du respect du droit, le civisme et l’égalité doivent être inculqués dès l’école, le collège et le lycée. Il est trop tard pour devenir un citoyen démocrate à l’âge de vingt ans. La démocratie s’apprend bien avant, et notre système éducatif reste lacunaire, voire stérile, sur ce point.
Notre système fait sortir des sujets et non des citoyens.

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13 Août – La femme tunisienne, levier de développement et non sujet de polémique

13. August 2026 um 11:45

En Tunisie, les réseaux sociaux sont régulièrement le théâtre de débats autour de la gent féminine. Au cœur des attaques, le Code du statuts personnel (CSP), cette avancée historique qui, depuis 1956, a garanti aux Tunisiennes des droits inédits dans le monde arabo-musulman.

 

Aujourd’hui, une frange croissante de voix, souvent portée par des courants conservateurs, dénonce ce texte qu’elle accuse de fragiliser l’autorité masculine et d’ébranler les « valeurs traditionnelles ». Certains vont jusqu’à y voir une source d’« atteintes aux mœurs », estimant que l’émancipation juridique des femmes aurait ouvert la voie à un relâchement moral.

Lire aussi – Réforme du CSP en Tunisie : attention danger… pour les femmes !

 

L’excellence ne suffit pas

Mais ce procès fait l’impasse sur l’essentiel. Derrière les polémiques identitaires, on oublie trop souvent que la femme tunisienne est d’abord un acteur économique à part entière. On parle de son corps, de son mariage, de son héritage, mais rarement de son accès au travail, de sa place dans l’entreprise ou de sa contribution à la richesse nationale.

Les chiffres ne mentent pas. Les femmes tunisiennes arrachent chaque année leur excellence dans les examens nationaux, avec des taux de réussite au baccalauréat largement supérieurs à ceux des hommes. Elles investissent massivement les filières nobles, comme la médecine, la pharmacie, l’ingénierie et les sciences, et représentent aujourd’hui une majorité d’étudiants dans la plupart des disciplines stratégiques.

Cette réalité contredit le discours réducteur qui voudrait les cantonner à un rôle domestique ou subalterne. Pourtant, ce potentiel exceptionnel reste sous-exploité sur le plan professionnel. Le taux d’activité féminine en Tunisie demeure inférieur à 30 %, bien en deçà des capacités réelles de cette main-d’œuvre qualifiée.

Les freins sont nombreux, essentiellement le plafond de verre dans les postes de direction, la précarité de l’emploi informel, les charges familiales non partagées, et surtout un imaginaire collectif qui peine à concevoir la femme comme un pilier de la croissance.

 

Lire également – Divorce par notaires : inquiétudes autour du CSP

 

Sortir de la pensée primitive

Il est temps de changer de logiciel. Rester enfermé dans un débat stérile sur les « mœurs » ou la « pression sur les hommes », c’est condamner le pays à une pensée primitive, déconnectée des enjeux du 21ème siècle. La véritable question n’est pas de savoir si le Code du statut personnel a « trop » protégé les femmes, mais comment faire de cette protection un levier de développement. Comment transformer l’excellence scolaire en excellence professionnelle ? Comment faire des Tunisiennes des créatrices de richesse, des cheffes d’entreprise, des décideuses, et non plus seulement des diplômées sur le papier ?

La Tunisie a besoin de toutes ses forces vives pour relever ses défis économiques. Ignorer la moitié de sa population active potentielle est un luxe qu’elle ne peut plus se permettre. Il ne s’agit pas de nier les tensions sociales ou culturelles, mais de les dépasser en posant un regard lucide et moderne sur ce que les femmes apportent déjà, et sur ce qu’elles pourraient apporter si on leur en donnait les moyens.

L’émancipation juridique a été une étape fondatrice. L’émancipation économique doit être la suivante. Et celle-ci ne passera ni par la nostalgie d’un passé fantasmé ni par la peur de l’avenir, mais par la reconnaissance pleine et entière de la femme comme sujet économique, social et politique. C’est à ce prix que la Tunisie pourra véritablement avancer.

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Eaux usées traitées en Tunisie : Seulement 22 % réutilisées, un potentiel encore largement inexploité

11. August 2026 um 09:05

Face à l’aggravation du stress hydrique et à la pression croissante exercée sur les ressources en eau, la Tunisie cherche à développer de nouvelles sources d’approvisionnement. Parmi les pistes identifiées figure la réutilisation des eaux usées traitées, dont le potentiel demeure pourtant largement sous-exploité.

La Tunisie produit actuellement près de 300 millions de mètres cubes d’eaux usées traitées par an, grâce à un réseau important de stations d’épuration réparties dans plusieurs régions du pays. Pourtant, seule une partie limitée de cette ressource est aujourd’hui réutilisée.

Intervenant lundi 10 août 2026 sur les ondes de la Radio nationale, la chercheuse à l’Institut national de recherches en génie rural, eau et forêts, spécialiste des eaux traitées, Olfa Mahjoub, a indiqué que le taux de réutilisation des eaux traitées en Tunisie ne dépasse actuellement pas 22 %.

Plus préoccupant encore, seulement 4 % de ces eaux sont destinées à l’agriculture. Un niveau qui illustre l’écart entre les volumes disponibles et leur utilisation effective, alors que le secteur agricole demeure l’un des principaux consommateurs de ressources hydriques dans le pays.

Une ressource appelée à prendre une place plus importante

Le développement de la réutilisation des eaux traitées apparaît comme l’un des leviers possibles pour réduire la pression exercée sur les ressources conventionnelles, notamment les eaux de surface et les nappes phréatiques.

L’enjeu n’est toutefois pas uniquement d’augmenter les volumes réutilisés, mais également de diversifier les usages. Selon Olfa Mahjoub, des travaux sont actuellement menés avec les centres de recherche afin de parvenir à produire différentes qualités d’eaux traitées, adaptées à plusieurs utilisations.

Cette approche permettrait de dépasser le modèle actuel, largement centré sur l’irrigation agricole, et d’envisager progressivement d’autres usages en fonction du niveau de traitement et des normes sanitaires et environnementales applicables.

La diversification pourrait ainsi constituer une nouvelle étape dans la politique tunisienne de gestion de l’eau, à condition de garantir une qualité adaptée à chaque usage et un contrôle rigoureux de la ressource.

Objectif : dépasser 80 % de réutilisation à l’horizon 2050

Les ambitions affichées sont particulièrement importantes. Les efforts en cours visent à porter le taux de réutilisation des eaux traitées à plus de 80 % à l’horizon 2050.

Dans le même temps, la production annuelle devrait dépasser 560 millions de mètres cubes à cette échéance, contre environ 300 millions actuellement.

Lire aussi : Hammamet : Des eaux usées se déversent en pleine plage sous les yeux des estivants

Ces projections témoignent de l’importance que pourrait prendre cette ressource dans la stratégie hydrique tunisienne au cours des prochaines décennies.

L’augmentation des volumes produits devra cependant s’accompagner d’un développement des infrastructures permettant leur stockage, leur transport et leur utilisation. Sans réseaux adaptés et sans débouchés clairement définis, une partie de ces volumes pourrait continuer à rester inutilisée malgré leur disponibilité.

Un cadre juridique à revoir

Le développement de la réutilisation des eaux traitées pose également la question du cadre réglementaire qui encadre actuellement leurs usages.

Selon la chercheuse, un travail est en cours pour réviser le cadre juridique relatif aux eaux traitées et à leurs différentes utilisations.

Cette révision apparaît déterminante dans un contexte où la Tunisie cherche à multiplier les solutions face à la raréfaction de l’eau. Elle devra notamment permettre de définir plus clairement les conditions d’utilisation des différentes qualités d’eaux traitées, tout en garantissant la protection de la santé publique et de l’environnement.

Le défi : transformer une contrainte en ressource

Au-delà des chiffres, le faible taux actuel de réutilisation révèle surtout un important potentiel inexploité. Produire 300 millions de mètres cubes d’eaux traitées par an mais n’en réutiliser qu’une partie signifie qu’une ressource susceptible de contribuer à la sécurité hydrique reste encore largement en dehors des circuits de consommation.

Dans un pays confronté à plusieurs années de sécheresse, à la baisse des réserves des barrages et à la pression croissante sur les nappes souterraines, la réutilisation des eaux usées traitées pourrait progressivement devenir un élément central de la politique nationale de l’eau.

L’objectif fixé à l’horizon 2050 est donc double : augmenter considérablement les volumes d’eaux traitées disponibles et surtout créer les conditions permettant de les valoriser dans plusieurs secteurs.

Le passage de 22 % à plus de 80 % de réutilisation constituerait ainsi un changement majeur de modèle, faisant des eaux usées traitées non plus seulement un déchet à épurer, mais une ressource à valoriser dans le cadre d’une gestion plus circulaire de l’eau en Tunisie.

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La CTN dément toute annulation de traversées et précise les raisons des retards enregistrés

08. August 2026 um 18:45

La Compagnie tunisienne de navigation (CTN) a catégoriquement démenti les informations circulant sur les réseaux sociaux faisant état de l’annulation de ses traversées le vendredi 7 août 2026.

À la suite de rumeurs évoquant une annulation sans préavis due à une grève du personnel navigant, la compagnie nationale a tenu à préciser qu’aucune traversée n’a été annulée et que les perturbations constatées se limitent à des retards au départ de deux traversées assurées par les navires Tanit et Carthage, provoqués par un rassemblement protestataire d’une heure organisé par les agents maritimes pour des revendications sociales.

Tout en se disant ouverte aux revendications légitimes de son personnel, la CTN affirme prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la continuité du service public et préserver le confort des voyageurs, ajoutant qu’une réunion a été organisée afin de trouver des solutions, notamment concernant le droit à la santé des agents, dans le respect strict de la loi.

La CTN réitère son engagement envers la communauté tunisienne à l’étranger et assure tout mettre en œuvre pour garantir des conditions de voyage optimales.

Y. N.

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100 ans d’émigration marocaine : de l’exil à une diaspora d’influence

07. August 2026 um 10:22
Ils étaient quelques milliers à quitter le Maroc au début du XXe siècle. Un siècle plus tard, près de six millions de Marocains résidant à l’étranger (MRE) entretiennent toujours un lien fort avec leur pays d’origine. Du 8 au 11…

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La Flèche : enquête après des tags néo-nazis en Sarthe

06. August 2026 um 09:53
Des croix gammées ont été découvertes sur les murs de la sous-préfecture sarthoise à La Flèche, ville conquise par le Rassemblement national en mars dernier. En bref Une dizaine de tags représentant des croix gammées et des croix celtiques ont…

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Cinq choses à savoir sur Édouard Philippe, le technocrate pragmatique

23. Juli 2026 um 10:51
Pragmatique et droit dans ses bottes, le premier Premier ministre d’Emmanuel Macron, également maire du Havre, concrétise ses ambitions présidentielles avec une candidature qui est loin d’être une surprise. Né en 1970 à Rouen, en Seine-Maritime (76), Édouard Philippe a…

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Saison estivale 2026 : 240 traversées pour le retour des TRE

Le retour estival des Tunisiens résidents à l’étranger s’annonce soutenu, avec une hausse des arrivées et un important dispositif maritime déployé entre l’Europe et la Tunisie.

Avec le lancement de la saison estivale, le 15 juin, le transport maritime retrouve une place centrale à l’occasion du retour des Tunisiens résidents à l’étranger (TRE).

Au total, 240 traversées de car-ferries sont programmées pour la saison 2026 par l’ensemble des compagnies maritimes vers la Goulettze : 50 au départ de Palerme, 44 depuis Gênes et Marseille, 17 depuis Civitavecchia et 3 vers Zarzis.

La Compagnie tunisienne de navigation (CTN) assurera à elle seule 149 traversées grâce aux navires Tanit et Carthage, avec une capacité prévisionnelle de 433 400 passagers et 126 600 véhicules.

En 2025, 1 405 417 TRE étaient rentrés en Tunisie, représentant 12,4 % de l’ensemble des arrivées de non-résidents.

Une dynamique qui semble se confirmer cette année, les entrées de TRE affichant, au 30 avril 2026, une progression de 2,8 % par rapport à la même période de 2025.

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Flambée des tarifs des musées : la Fi2T dénonce une décision “extrêmement préjudiciable”

La Fédération Interprofessionnelle du Tourisme Tunisien (Fi2T) est montée au créneau après la publication, le 31 mars 2026 au Journal Officiel, d’une décision actant la révision des droits d’entrée aux sites culturels relevant de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle.

C’est une annonce qui a provoqué « stupéfaction » et incompréhension au sein des professionnels du secteur. La hausse brutale des tarifs d’entrée aux musées et sites archéologiques en Tunisie, annoncée le 31 mars pour une application à compter du 1er avril, a provoqué l’ire des agences de voyages spécialisées dans l’organisation des excursions et circuits impliquant des visites culturelles et pour cause.

 À titre d’exemple, le tarif d’accès au Musée national du Bardo a été majoré de 130 % pour les visiteurs étrangers, tandis que d’autres sites ont enregistré des augmentations avoisinant les 70 %.

La méthode pointée du doigt

Dans un communiqué, la Fi2T reconnaît sans détour la légitimité d’une réévaluation tarifaire; elle rappelle indéniablement que « la valorisation de notre patrimoine doit s’accompagner d’une mise à jour des prix ». L’organisation patronale souligne que les tarifs tunisiens restaient, jusqu’ici, « modestes comparés à ceux pratiqués dans d’autres pays ».

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Sur les réseaux sociaux, des photos publiées montrant clairement que la hausse a également pris de court les musées et sites relevant du ministère de la Culture n’ayant même pas eu le temps d’imprimer les nouveaux tarifs.

Mais au-delà du principe, c’est la méthode qui a fait réagir. « Là où le bât blesse, c’est la promptitude de la décision, l’application immédiate, sans préavis ni concertation avec la profession », déplore la Fédération.

Les conséquences pourraient être lourdes pour les agences de voyage spécialisées dans le tourisme réceptif. Car selon la même source, « les effets qui en découlent sont extrêmement préjudiciables » et pourraient engendrer « des pertes estimées à plusieurs milliers de dinars pour l’année en cours » pour certaines structures.

Tarifs déjà négociés

En cause : les engagements contractuels liant les agences tunisiennes à leurs partenaires internationaux. Les forfaits touristiques étant négociés et signés à l’année, toute modification tarifaire en cours d’exercice ne peut être répercutée ni sur les tour-opérateurs étrangers ni sur les clients finaux.

Résultat : « pour l’année 2026, cette augmentation tarifaire ne sera pas prise en charge par le tour-opérateur étranger et encore moins par le client final (…), c’est l’agence de voyage tunisienne qui supportera toute cette charge impromptue », précise encore la Fi2T.

Une situation jugée d’autant plus paradoxale que le tourisme culturel constitue un levier stratégique pour la destination Tunisie. Dans un ton particulièrement ironique, la Fi2T conclut : « Belle manière d’encourager les opérateurs du tourisme culturel !!! Quel gâchis ».

Face à cette décision unilatérale, la profession appelle implicitement à une meilleure concertation entre les pouvoirs publics et les acteurs du secteur, afin d’éviter que des mesures de valorisation du patrimoine ne se traduisent, à court terme, par un affaiblissement de la chaîne touristique.

D.T

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11 millions de touristes en Tunisie en 2025 ? Ce que disent les chiffres et comment les interpréter

La Tunisie a officiellement franchi le cap symbolique des 11 millions d’entrées de non-résidents sur son territoire au cours de l’année 2025. Mais étaient-ce vraiment tous des touristes ?

Aux différents postes frontières, au cours de l’année 2025, ce sont 11 326 711 visiteurs non résidents qui ont été comptabilisés, en progression de 10,4% par rapport à 2024. Des chiffres (encore provisoires) mais bien évidemment indiscutables puisqu’ils se basent sur les données officielles de la police aux frontières. Autre fait marquant, ils sont en conformité avec les objectifs annoncés par l’administration du Tourisme en début d’exercice.

Mais la question réside dans la lecture que l’on voudra bien donner à ce chiffre global qui catégorise la totalité de ces entrants sous l’appellation «touristes» ?

La réponse est naturellement non puisqu’il inclut à la fois TRE, commerçants transfrontaliers, visiteurs d’un jour et même opportunistes circonstanciels.

Et en l’absence d’outils de mesure tels que le compte satellite du tourisme ou autre, on ne peut que se baser sur la nationalité des passeports des visiteurs qui reste pour le moment le seul référent, aux côtés des 29.370 millions de nuitées enregistrées.

Européens: une part de marché de 28%

Les visiteurs en provenance du continent européen ont été 3,2 millions à entrer en Tunisie au cours de l’année écoulée, en hausse de 7,3% par rapport à 2024. Et comme on se plait encore à utiliser l’année 2019 comme référence de la dernière bonne saison avant Covid, là aussi, la progression est indiscutable puisqu’elle est de près de 15%.

Par nationalités, l’écart entre le premier et le second marché est énorme, confirmant que l’hexagone demeure -et de très loin- le premier marché émetteur.

Les Anglais, surfant sur les nouvelles connectivités aériennes, voient leur nombre augmenter d’année en année.

Allemands, Tchèques, Belges et Scandinaves ont pour leur part enregistré des reculs dans leurs réalisations de l’année écoulée.

Top 20 des Européens en Tunisie:

1- Français: 1,143 million (+5,7%)

2- Anglais: 447 576 (+36,6%)

3- Polonais: 325 126 (-0,2%)

4- Allemands: 318 953 (-3,9%)

5- Italiens: 160 738 (+10,4%)

6- Tchèques: 127 677 (-8,9%)

7- Belges: 103 073 (-2%)

8- Roumains: 63 891 (+3,5%)

9- Portugais: 57 261 (+15,4%)

10-Suisses: 56 550 (+11%)

11- Serbes: 38 543 (+20,1%)

12- Russes: 35 460 (+150,9%)

13- Bulgares: 34 602 (+12,9%)

14- Slovaques: 34 228 (-3,1%)

15- Néerlandais: 33 353 (+3%)

16-Espagnols: 31 574 (-1,8%)

17-Ukrainiens: 28 589 (+13,2%)

18-Scandinaves: 23 596 (-6,2%)

19-Hongrois: 23 233 (+10%)

20- Autrichiens: 22 424 (+3,8%)

Tunisiens de l’étranger: une situation ambigüe

Les arrivées de TRE ont progressé de 5% par rapport à l’année 2025 à 1,4 million d’entrées. Si ce chiffre demeure à peu près au même niveau que 2019, c’est la part de marché qui interpelle puisqu’elle est passée durant cette période de 15 à 12,4%. Pour certains observateurs, il ne s’agit pas d’une baisse concrète mais tout simplement due à l’utilisation d’un deuxième passeport pour entrer dans le pays, ce qui crée un trouble dans l’analyse des chiffres.

Maghrébins: 56,8% de part de marché

Les arrivées de visiteurs en provenance des pays du Maghreb continuent de se situer en pôle position avec 6,4 millions d’entrées, soit exactement le double de tous les Européens réunis. L’Algérie arrive en tête avec un record cette année de plus de 4 millions de visiteurs, en hausse de 14,6% (grâce notamment à l’allocation touristique de 750 Euro octroyée par leur gouvernement), suivi par les Libyens qui ont été 2,1 millions, en hausse de plus de 10%.

A noter par ailleurs que 53 172 ressortissants marocains ont été recensés au cours de l’année et 29 841 Mauritaniens.

Moyen Orient: tout juste 64.000 visiteurs

Avec moins de 65.000 visiteurs, le tourisme en provenance du Moyen Orient reste marginal. Avec des réalisations encore très modestes, Saoudiens (14 237), Egyptiens (10 685) et Irakiens (10 505) forment le trio de tête par nationalités.

Long courrier et Afrique: combien étaient-ils ?

Il est surprenant de constater que malgré l’existence d’une ligne aérienne directe Tunis-Montréal, le nombre de Canadiens ayant visité la Tunisie, même s’il est en progression, est équivalent à celui des Américains.

Concernant le profil des visiteurs subsahariens, les chiffres officiels ne les publient pas dans le détail.

-Etats-uniens: 38 717 (+5%)

-Canadiens: 38 183 (+11,3%)

-Chinois: 27 797 (+19,2%)

-Subsahariens divers: 58 954 (+2,9%)

©Destination Tunisie

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Bilan touristique 2024 en Tunisie 

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Schengen: Was sich für Tunesier durch das neue europäische System EES ändern wird

20. September 2025 um 15:06

Ab 12. Oktober 2025 wird das Einreise-/Ausreisesystem (Entry/Exit-System, EES) den traditionellen Stempel in Reisepässen ersetzen. Biometrie, automatische Berechnung der Aufenthaltsdauer und Betrugserkennung: Was sich für Mehr

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Unter den Feigenbäumen – Film von Erige Sehiri

12. Dezember 2022 um 14:08

Unter den Feigenbäumen (englisch: Under the Fig Trees; Originaltitel Taht el Karmouss beziehungsweise Taht alshajra) ist ein Filmdrama von Erige Sehiri, das im Mai 2022

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