La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a présidé ce lundi 10 août 2026, au Palais du gouvernement à la Kasbah, la 12e réunion périodique de la Commission des grands projets. Trois dossiers majeurs étaient au centre des discussions : l’extension de la centrale électrique de Borj El Amri, l’achèvement de l’hôpital régional de catégorie « B » de Thala, dans le gouvernorat de Kasserine, et la finalisation de la Cité numérique d’Ennahli.
À l’ouverture de la réunion, la cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’accélérer la réalisation des projets publics, présentés comme un levier pour stimuler la croissance, renforcer les infrastructures, créer de la richesse et des emplois, mais également réduire les disparités régionales.
600 millions de dinars pour Borj El Amri
Le principal projet examiné concerne l’extension de la centrale de production d’électricité de Borj El Amri. D’après les données présentées lors de la réunion, la demande tunisienne d’électricité progresse actuellement de 4 à 5 % par an.
Cette pression s’est notamment traduite par un nouveau record de consommation en juillet 2026, avec une pointe de demande de 6 400 MW, contre 5 175 MW en 2025.
Face à cette progression, le projet prévoit l’installation et la mise en service d’une troisième turbine à gaz d’une puissance comprise entre 250 et 400 MW, ainsi que les infrastructures nécessaires à l’évacuation de l’électricité produite.
Le coût prévisionnel du projet est estimé à 600 millions de dinars. Sa mise en exploitation est prévue pour l’été 2027.
L’objectif est notamment de renforcer la capacité de production du système électrique national, d’améliorer l’équilibre entre l’offre et la demande et de réduire le recours aux délestages, particulièrement durant les périodes de forte consommation des étés 2027 et 2028.
La cheffe du gouvernement a ainsi demandé le lancement immédiat des procédures nécessaires, en classant l’extension de Borj El Amri parmi les projets majeurs à caractère stratégique.
Un hôpital de 105 lits à Thala
La Commission des grands projets a également examiné l’achèvement de l’hôpital régional de catégorie « B » de Thala, dans le gouvernorat de Kasserine.
L’établissement disposera d’une capacité de 105 lits et comprendra notamment des services de consultations externes, de laboratoire et de banque de sang, d’imagerie médicale, de pharmacie, de chirurgie, de stérilisation, de réanimation et d’urgences.
Le projet prévoit également une unité d’hospitalisation, un hôpital de jour ainsi que les services généraux.
Le coût de construction est estimé à environ 54 millions de dinars, auxquels s’ajoutent 15 millions de dinars consacrés aux équipements.
La cheffe du gouvernement a ordonné l’accélération de l’attribution et de la réalisation des lots restants, avec un suivi quotidien sur le terrain, afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus.
La Cité numérique d’Ennahli relancée
Le troisième dossier concerne la Cité numérique d’Ennahli, dans le gouvernorat de l’Ariana.
Le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique et vise notamment à renforcer le pôle technologique « Tunis des pôles technologiques intelligents » à travers la création d’espaces technologiques modernes et équipés.
La Cité numérique doit contribuer au développement de l’économie fondée sur la connaissance et l’innovation, à l’amélioration de l’environnement entrepreneurial et à l’accueil d’entreprises technologiques et innovantes.
La Commission a appelé les ministères de l’Équipement et des Technologies de la communication à accélérer l’achèvement des lots restants.
Électricité, santé et numérique : trois priorités
À travers ces trois projets, le gouvernement met en avant trois secteurs considérés comme stratégiques : la sécurité énergétique, les infrastructures sanitaires et la transformation numérique.
La priorité immédiate semble toutefois être donnée au renforcement de la production électrique, dans un contexte marqué par l’augmentation rapide de la demande et par des pics de consommation de plus en plus élevés.
La Commission a finalement décidé d’accélérer les procédures pour les trois projets et a appelé les structures publiques concernées à renforcer le suivi de leur réalisation.
Pour la cheffe du gouvernement, l’enjeu est désormais de passer de la décision à l’exécution, en levant rapidement les obstacles administratifs et techniques afin que les grands projets publics deviennent effectivement des moteurs de développement, d’emploi et d’amélioration des services dans les différentes régions du pays.
Le Soudan vient de lancer un projet innovant de comptage net qui permet aux foyers et aux entreprises de produire leur propre électricité solaire et de revendre le surplus au réseau national. Baptisé « Banque d’énergie »…
Dans les années à venir, les foyers au Soudan pourraient bien passer du statut de simples consommateurs d’électricité à celui de fournisseurs du réseau national. C’est l’ambition du projet « Banque d’énergie », dont les premières phases de mise en œuvre viennent d’être lancées. Ce programme, porté par un partenariat entre l’Organisation humanitaire pour les migrants et la Compagnie soudanaise d’électricité, vise à instaurer un système national de comptage net, permettant à chaque bâtiment équipé de panneaux solaires de revendre l’électricité excédentaire qu’il produit.
L’objectif est clair : ajouter des milliers de mégawatts d’électricité propre au réseau national d’ici dix ans. Selon Al-Nadhir Saad Ali, directeur de l’autorité technique de contrôle de l’électricité, ce système pourrait considérablement réduire les coupures de courant et la dépendance du Soudan aux carburants importés, dont le coût pèse lourdement sur l’économie du pays. À terme, le projet contribuerait à faire du Soudan un hub régional d’énergie renouvelable.
Le projet sera déployé en trois étapes progressives. Il débutera par le secteur résidentiel, avant de s’étendre aux établissements d’enseignement et aux sites de production industrielle. La dernière phase du projet vise à toucher les zones rurales et les infrastructures publiques, afin de garantir un accès équitable à cette nouvelle forme de production décentralisée.
L’idée est de généraliser l’installation de systèmes solaires photovoltaïques sur les toits des habitations, des commerces, des fermes et des usines. Chaque producteur pourra ainsi consommer l’électricité qu’il génère et reverser le surplus au réseau, moyennant une compensation financière. Ce modèle, qui transforme les consommateurs en « prosumers » (producteurs-consommateurs), vise à alléger la pression sur un réseau électrique national souvent défaillant.
Des défis majeurs à surmonter
Cependant, le chemin vers une telle transition énergétique est semé d’embûches. Les autorités soudanaises identifient plusieurs obstacles majeurs. Tout d’abord, la fragilité du réseau électrique : les infrastructures vieillissantes peinent à intégrer une production fluctuante et décentralisée. Ensuite, l’instabilité de l’approvisionnement, la vétusté des équipements, la fraude aux compteurs et les pertes techniques qui grèvent les recettes du secteur sont aussi des défis à relever. En outre, le manque de financement pour l’installation massive de panneaux solaires, l’adaptation du réseau et la faible sensibilisation des populations aux avantages des énergies renouvelables ralentissent la mise en œuvre du projet.
Pour surmonter ces défis, le directeur du projet plaide pour des politiques gouvernementales plus incitatives, avec des facilités fiscales et des subventions ciblées. Il estime que la « Banque d’énergie » représente un modèle de partenariat innovant entre la société civile et l’État, susceptible de contribuer à élargir la base de production d’électricité, d’améliorer la stabilité de l’approvisionnement et de réduire la facture énergétique du Soudan. Et ce, tout en participant à la lutte contre le changement climatique.
En misant sur le potentiel solaire de ses habitants, le Soudan espère transformer une faiblesse (son réseau électrique défaillant) en une force (une production d’énergie propre et décentralisée). Ce projet, s’il est mené à bien, pourrait servir de modèle pour d’autres pays en développement confrontés aux mêmes défis énergétiques.
La chronique des pannes électriques qui affectent la vie quotidienne des Tunisiens en pleine canicule estivale, souvent conjuguées à des pannes de l’approvisionnement en eau potable, n’est pas seulement un problème technique, mais psychologique et systémique.
Manel Albouchi *
Une panne coupe le courant dans une maison, immobilise des chaînes de production, plonge des quartiers dans l’obscurité. Mais elle éclaire aussi ce que nous ne voulions plus voir : les lignes de fracture invisibles d’un système, les tensions qui s’accumulent sous la surface et les silences…
Cet été, les coupures d’électricité rythment le quotidien des Tunisiens. En pleine canicule, lorsque les températures dépassent les quarante degrés, la lumière s’éteint, les climatiseurs cessent de fonctionner, les ascenseurs s’immobilisent, les machines s’arrêtent. Les foyers s’organisent comme ils peuvent. Les entreprises comptent les pertes. Les hôpitaux renforcent leurs dispositifs de secours. Chacun cherche une explication. La plus simple serait de parler d’une crise énergétique. Pourtant, lorsqu’une panne devient récurrente, elle cesse d’être un simple incident technique. Elle devient le symptôme d’un système. Et tout symptôme mérite d’être écouté avant d’être diagnostiqué.
L’intérêt général et le poids des tiroirs
«Tant que les gens ne sont pas animés par l’esprit de l’intérêt général, tous les projets resteront dans les tiroirs. J’en sais quelque chose malheureusement… C’est l’amère constat que je retiens de mon expérience au ministère», m’a confié un ancien ministre.
Ce constat désabusé pointe l’inertie des rouages administratifs, la lenteur des réformes et ce sentiment d’impuissance face à une machine étatique qui semble parfois pétrifiée. Mais à cette vision, une réponse s’impose : et si le problème ne venait pas uniquement d’un manque de civisme ou de la mauvaise volonté des agents, mais d’une faillite de l’institution à nourrir le sens de l’action ? Peut-être que pour ranimer l’intérêt général, il faut commencer par renouer avec ce qui fonde une véritable communauté.
Un pays n’est pas un simple regroupement d’individus isolés : c’est un corps vivant où le sort de chacun est irrémédiablement lié à celui des autres. Lorsque le lien social se distend et que la solidarité organique fait défaut, le service public perd sa boussole et le collectif éclate en fragments solitaires.
Au-delà du poste et de la rémunération, le travail n’est pas juste l’exécution d’une tâche. C’est comme en cuisine. Cuisiner c’est toujours inventer un peu plus que ce qui est prescrit. Entre la recette et la réalité du terrain, il existe un espace d’intelligence, un véritable espace potentiel ou transitionnel : celui des ajustements, de l’expérience, de l’intuition. C’est dans cet espace que naissent les innovations. Mais cet espace est aussi celui de la reconnaissance.
Chaque professionnel pose, souvent sans le dire, une question silencieuse : «Ce que je vois a-t-il de la valeur ?» Lorsque cette question reste trop longtemps sans réponse, le désengagement commence. Il ne s’agit pas d’une rébellion ouverte, mais d’un retrait progressif et intime. On cesse de proposer, on cesse de croire, et l’énergie créatrice se retire des tiroirs ministériels pour laisser place au strict minimum.
Anatomie d’un renoncement étouffé
Dans les ateliers de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), un ingénieur rencontré dans le cadre d’une recherche sur l’innovation raconte une histoire qui, à elle seule, résume une partie du problème : «Les idées d’innovation, on en a. Mais pour les mettre en œuvre, c’est compliqué. Il y a deux ans, j’ai imaginé une bobine pour enrouler les fils de conduction afin qu’ils ne traînent plus au sol. Il fallait passer par le sous-directeur, le directeur, puis la direction centrale. Tu sais, l’innovation demande de la rapidité… J’ai laissé tomber.» Cette phrase est sans doute la plus importante de tout son témoignage : «J’ai laissé tomber.» Ce ne sont pas seulement quelques mots prononcés avec résignation. C’est un basculement où l’idée cesse d’être un projet pour devenir un renoncement. C’est plus qu’une perte d’énergie, c’est une rupture entre le désir et l’action.
Le désir n’est pas seulement l’envie de faire. Il est cette force intérieure qui pousse un sujet à transformer le monde qui l’entoure. Travailler, créer, réparer, inventer, transmettre : toutes ces actions naissent d’un investissement psychique.
Lorsqu’une organisation répond durablement à cet investissement par des obstacles, des délais ou une absence de reconnaissance, quelque chose finit par se retirer. Ce retrait n’est ni un désamour de la patrie, ni de la paresse, ni un manque de compétence. Il est une forme de protection. Les travaux sur l’impuissance apprise montrent qu’un individu confronté à des situations répétées où son action semble sans effet peut progressivement cesser d’agir, non parce qu’il en est incapable, mais parce qu’il ne croit plus que son action puisse produire une différence. Autrement dit, le problème n’est pas seulement que les idées meurent. Le problème est que le désir de proposer finit lui aussi par s’éteindre.
Il serait pourtant injuste de réduire la Steg à l’image d’une administration figée. Car une institution n’est jamais homogène. Au sein de la direction du management-qualité, des équipes ont obtenu plusieurs certifications en développant des projets innovants dans le domaine des normes de sécurité. Les membres décrivent un climat de coopération, un responsable qui encourage les initiatives, une dynamique de groupe où chacun ose proposer et expérimenter.
Autrement dit, les compétences existent. L’engagement existe. Le désir d’innover existe. La question n’est donc plus de savoir si les femmes et les hommes de la Steg sont capables d’innover. La véritable question est : pourquoi certaines parties d’une même institution permettent-elles au désir de circuler alors que d’autres finissent par l’étouffer ? Les bureaucraties ne deviennent pas inefficaces parce que leurs membres seraient incompétents. Elles deviennent vulnérables lorsqu’elles cherchent à réduire toute incertitude par l’accumulation de règles et la concentration du pouvoir de décision. Ce qui devait sécuriser l’organisation finit alors par ralentir sa capacité d’adaptation.
Une institution n’est pas seulement un ensemble de règles, de bâtiments et de procédures. Elle est aussi un espace psychique où des femmes et des hommes déposent leurs attentes, leurs peurs, leurs ambitions, leurs frustrations et leurs espoirs. Confrontée à l’incertitude, une organisation développe des mécanismes de défense : la multiplication des contrôles et des validations administratives, la concentration excessive des décisions au sommet, et la recherche d’une sécurité illusoire au détriment de l’apprentissage par l’essai.
Ces mécanismes ont certes une fonction positive pour sécuriser ou éviter les erreurs. Mais toute protection excessive peut devenir une prison. Comme un sujet qui, pour ne plus souffrir, finit par ne plus prendre de risques, une organisation peut se défendre tellement fortement contre l’erreur qu’elle finit par empêcher l’apprentissage. La question n’est donc pas de supprimer les règles car une organisation sans cadre devient chaotique, mais de savoir si le cadre contient ou s’il enferme.
Le miroir d’une crise profonde
Les coupures électriques qui touchent la société tunisienne ne sont pas seulement un phénomène matériel. Elles deviennent un miroir. Elles interrogent notre rapport collectif à la sécurité, à la responsabilité et à la confiance.
Dans une période où les citoyens vivent déjà des formes d’incertitude économique, sociale et environnementale, une interruption du courant touche une dimension symbolique profonde : la sensation que les structures qui soutiennent la vie quotidienne peuvent devenir fragiles. La question qui surgit alors dépasse largement l’électricité : sur quoi pouvons-nous encore compter ?
La transition énergétique ne pourra pas être seulement une transition technologique. Elle devra être une transition humaine. Installer des réseaux intelligents et développer des infrastructures modernes sont des nécessités, mais aucune technologie ne remplacera une organisation capable d’apprendre. Un Smart Grid nécessite des capteurs et des algorithmes. Une institution intelligente nécessite aussi de l’écoute, de la confiance et du dialogue.
Le véritable défi n’est donc pas uniquement de produire davantage d’énergie. Il est de permettre à l’énergie humaine de mieux circuler. Car derrière chaque infrastructure, il y a des personnes ; derrière chaque procédure, il y a une intention humaine ; et derrière chaque innovation abandonnée, il y a parfois une part de désir qui s’est retirée.
Une étape nécessaire
Les crises ne sont pas des accidents chaotiques ou des anomalies qu’il s’agirait simplement de gommer. Elles sont le prix à payer pour l’émancipation. À travers ces ruptures, ces pannes et ces contradictions, c’est l’institution — et à travers elle, la société tout entière — qui est sommée de se dépasser, de surmonter ses rigidités et d’accéder à une conscience plus haute d’elle-même.
La crise de la Steg, vue sous cet angle, n’est pas qu’une défaillance technique : c’est le moment dialectique où le système est mis face à ses propres impasses pour être forcé de réinventer son rapport au travail, au désir et à l’intelligence collective.
La crise de la Steg nous rappelle une vérité simple mais profonde : une institution ne s’affaiblit pas uniquement lorsqu’elle manque de ressources. Elle s’affaiblit lorsqu’elle perd sa capacité à transformer ses ressources en intelligence collective. Le courant électrique a besoin de réseaux pour circuler. L’intelligence humaine aussi. Elle a besoin de liens, de reconnaissance, de confiance et d’espaces où elle peut prendre forme.
La véritable énergie d’un pays ne se mesure donc pas seulement en mégawatts produits, mais aussi à la manière dont il traite celles et ceux qui créent, réparent, imaginent et maintiennent ses structures vivantes.
* Psychothérapeute Intégrative, consultante en psychologie organisationnelle.
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Un incendie dévastateur a ravagé, dans la soirée du mercredi 5 août 2026, une maison située à Moknine, relevant du gouvernorat de Monastir.
Selon les déclarations de la propriétaire, le sinistre s’est déclaré peu après le rétablissement de l’électricité, au niveau du climatiseur, avant de se propager avec une extrême rapidité à l’ensemble du logement.
Face à l’urgence, les voisins se sont rapidement mobilisés, mais leurs tentatives pour circonscrire les flammes ont été paralysées par une coupure d’eau survenue au même moment dans le secteur, ajoute la même source dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
L’incendie a tout détruit sur son passage, provoquant de lourds dégâts matériels ainsi que l’effondrement d’une partie de la toiture. Si la mère et ses deux enfants ont heureusement pu être évacués sains et saufs, la famille se retrouve aujourd’hui privée de toit et totalement démunie.
Pointant du doigt la responsabilité de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), la mère de famille lance un appel pressant aux autorités locales et aux instances compétentes afin d’obtenir une prise en charge d’urgence et une aide à la réhabilitation.
Depuis plusieurs semaines, les coupures d’électricité à répétition se multiplient à travers le pays, plongeant usines et ateliers dans l’incertitude. Pertes de production, surcoûts cachés, image ternie auprès des partenaires étrangers : la facture s’alourdit et menace la confiance des opérateurs économiques.
photo améliorée avec IA
Rencontré lors de la présentation de la communication financière d’Office Plast, le directeur général Yassine Abid a livré à L’Economiste Maghrébin son analyse de la situation.
« Pendant trois jours, nous avons arrêté toutes les chaînes de production. Ce qui a engendré des coûts énormes, notamment en termes de retards de livraison. Cet arrêt nous a demandé énormément de travail pour tout remettre en ordre” souligne-t-il.
« Avant-hier, nous avons repris la production, qui fonctionne aujourd’hui normalement. La situation reste néanmoins difficile. Nous comptons donc investir dans des groupes électrogènes capables de prendre le relais en cas de coupure, afin d’éviter toute interruption majeure. C’est coûteux, mais c’est devenu une nécessité » poursuit-il.
Il évoque aussi l’impact sur les engagements clients et à l’export : « Certaines sociétés étrangères ne comprendront pas facilement ce genre de situation. La question de l’énergie est un sujet délicat qu’il faut prendre au sérieux. »
Et de conclure : « Je ne suis pas du genre à dramatiser, mais à mon avis, il faudra davantage d’investissements dans le secteur de l’électricité. »
Alors que la Tunisie fait face à une hausse continue de la demande électrique, notamment durant les périodes de forte chaleur, le débat sur sa souveraineté énergétique revient au premier plan. L’expert en développement et ressources hydriques Hussein R’hili a estimé que le pays « paye aujourd’hui les conséquences » de choix stratégiques ayant conduit à une forte dépendance envers l’Algérie dans le domaine de l’électricité.
Intervenant sur les ondes de Jawhara FM, l’expert a indiqué que la Tunisie importe actuellement entre 500 et 800 mégawatts d’électricité depuis l’Algérie afin de couvrir une partie de ses besoins. Selon lui, cette situation résulte d’un manque d’investissements nationaux dans la production électrique durant les dernières années.
Approches différentes mais complémentaires
Cette dépendance énergétique intervient pourtant dans un contexte où les deux pays disposent d’approches différentes mais complémentaires. L’Algérie, grâce à ses importantes réserves de gaz naturel, demeure un acteur énergétique majeur dans la région et constitue depuis plusieurs années un partenaire stratégique pour la Tunisie, notamment à travers les échanges de gaz et d’électricité. Toutefois, cette coopération pose la question de l’équilibre entre solidarité régionale et autonomie énergétique.
Pour Hussein R’hili, la Tunisie doit revoir son modèle actuel en accélérant le développement de ses propres capacités de production, notamment à travers les énergies renouvelables. Il a notamment critiqué le projet de liaison électrique avec l’Italie, estimant que le pays s’est engagé dans un investissement évalué à environ 1,4 milliard de dinars alors qu’il continue à importer de l’électricité pour répondre à ses besoins immédiats.
Le projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, connu sous le nom d’ELMED, est pourtant présenté par les autorités comme un outil permettant de renforcer la sécurité énergétique du pays, d’intégrer davantage la Tunisie au marché électrique européen et de faciliter l’exploitation des énergies renouvelables. Ses détracteurs considèrent toutefois qu’il ne doit pas se substituer au développement des capacités nationales de production.
Impact du changement climatique
Au-delà de la question des infrastructures, l’expert alerte également sur l’impact du changement climatique sur le système énergétique tunisien. Selon lui, les épisodes de chaleur extrême et les phénomènes climatiques comme El Niño accentuent la pression sur les réseaux électriques en augmentant la consommation liée notamment à la climatisation.
La question de la souveraineté énergétique devient ainsi un enjeu stratégique pour la Tunisie. Entre la nécessité de préserver un partenariat historique avec l’Algérie et l’urgence de renforcer ses propres capacités, le pays doit trouver un équilibre afin de réduire sa vulnérabilité face aux crises énergétiques futures.
L’accélération des projets solaires, l’amélioration de l’efficacité énergétique et le développement d’une production locale apparaissent désormais comme des leviers essentiels pour limiter la dépendance extérieure et garantir une sécurité énergétique durable.
Les coupures d’électricité répétées en Tunisie entraînent de lourdes pertes pour plusieurs filières agroalimentaires. Des élevages avicoles aux exploitations laitières, en passant par la pêche et la pâtisserie, les professionnels alertent sur les conséquences économiques de ces délestages prolongés et parfois imprévisibles.
Dans une exploitation avicole située à El Fahs, à une soixantaine de kilomètres de Tunis, plusieurs centaines de milliers de volailles auraient péri après l’arrêt des systèmes de ventilation et d’approvisionnement en eau provoqué par une coupure de courant. Selon un vétérinaire cité par l’AFP et repris par la chaîne BFM TV, les pertes financières pourraient atteindre entre 1,4 et 1,5 million de dinars, représentant environ 400 à 500 tonnes de viande perdues.
Le secteur laitier aurait également subi des pertes importantes. Un éleveur affirme avoir dû jeter environ 1 200 litres de lait, soit six jours de production, en raison de l’impossibilité de conserver et traiter correctement le produit durant les coupures.
Les impacts touchent aussi les activités liées au froid et à la conservation. Des artisans de la pâtisserie ont signalé des pertes de matières premières et des équipements endommagés, notamment des chambres froides, faute d’avoir pu anticiper les interruptions électriques.
La filière pêche n’est pas épargnée. La hausse du prix de la glace, nécessaire à la conservation du poisson, aurait contribué à une augmentation des prix sur les marchés. Le prix de certaines espèces, comme le maquereau, aurait notamment doublé selon des représentants du secteur cités par le média français.
Ces délestages interviennent dans un contexte de forte demande énergétique liée aux températures élevées et à l’utilisation accrue de la climatisation. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a expliqué que ces coupures tournantes visaient à éviter un effondrement généralisé du réseau électrique.
Mais pour les entreprises et les agriculteurs, l’absence de visibilité sur les horaires des coupures complique la mise en place de solutions de secours. Plusieurs professionnels réclament une meilleure anticipation et une communication plus précise afin de limiter les pertes.
La Tunisie s’apprête à affronter une nouvelle journée marquée par des températures élevées, avec une forte demande attendue sur le réseau électrique en raison de l’utilisation massive des climatiseurs. Une situation qui fait ressurgir le risque de recours aux délestages, alors que le système électrique national reste sous pression durant la période estivale.
Selon les prévisions météorologiques pour aujourd’hui, mardi 4 août 2026, les températures resteront élevées sur l’ensemble du territoire tunisien, avec un temps généralement chaud et des pics de chaleur attendus dans plusieurs régions. Le mercure devrait dépasser les 40 °C dans certaines zones, notamment à l’intérieur du pays, tandis que les régions côtières bénéficieront d’un léger effet modérateur grâce aux brises marines.
Les pics de consommation liés aux fortes chaleurs représentent chaque année un défi majeur pour la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). Lorsque la demande dépasse les capacités disponibles, l’entreprise peut être amenée à procéder à des coupures tournantes afin d’éviter un déséquilibre généralisé du réseau.
Situation tendue sur le plan énergétique
Ces dernières semaines, la Tunisie a déjà connu une situation tendue sur le plan énergétique. La vague de chaleur, avec des températures dépassant localement les 40 degrés, a entraîné une hausse importante de la consommation électrique, notamment durant les heures de pointe de l’après-midi et de la soirée.
Après plusieurs jours sans annonce officielle de délestages, la question d’un éventuel retour des coupures reste toutefois posée face aux prévisions météorologiques et à l’augmentation attendue de la demande.
La STEG avait expliqué que la gestion de l’équilibre entre production et consommation dépend de plusieurs facteurs, notamment les conditions climatiques, la disponibilité des moyens de production et le niveau de consommation enregistré quotidiennement.
Rationaliser la consommation
Les autorités appellent régulièrement les citoyens et les entreprises à rationaliser leur consommation, notamment en limitant l’usage des appareils énergivores pendant les périodes de forte sollicitation du réseau.
L’été 2026 reste ainsi marqué par un double défi pour la Tunisie : faire face à des épisodes de chaleur plus fréquents et maintenir la stabilité de son système électrique, dans un contexte où la demande atteint régulièrement des niveaux records.
La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé, lundi, qu’elle pourrait recourir à des coupures tournantes d’électricité dans plusieurs régions du pays afin de préserver la sécurité et la stabilité du réseau électrique.
Dans un communiqué, la société a précisé que les interruptions interviendront entre 12h00 et 17h00, par périodes intermittentes n’excédant pas deux heures chacune, en fonction de l’état du réseau.
Région Nord
Les coupures concerneront les gouvernorats de Nabeul, Zaghouan et Bizerte.
Kébili : Jeneoura, Hay Route de Gabès, Douz, Jemna, Noueil, Zaafrane et El Faouar.
Tataouine : Hay El مهرجان, Ghomrassen, Smar, Bir Lahmar, Remada et Zahra.
Zarzis et Ben Guerdane (Médenine) : Mounassa, Bessatine, Souihel, Hichem, Hay Mars, Jalal, Jmila et Ras Jedir.
Médenine : Hay Chrayha, Hay Ennour, Route de Tataouine, Hrich et Béni Khedache.
Région Sud-Ouest
Les coupures toucheront les gouvernorats de Sidi Bouzid, Tozeur et Gafsa.
Sidi Bouzid : Bir El Hfay, Mekarem, Bouzguem, Sebala, Souk Jedid, Regueb et El Fej.
Tozeur : Degache et Oum El Adham.
Gafsa : Gafsa Nord.
La STEG a précisé que le courant pourrait être rétabli sans préavis et a appelé les citoyens à prendre les précautions nécessaires.
Elle a également indiqué que cette liste demeure provisoire et pourrait être élargie à d’autres localités en fonction de l’évolution de la situation et des besoins d’équilibre entre la production et la consommation d’électricité.
Selon l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE), la vague de coupures d’électricité survenue en Tunisie au cours du mois de juillet 2026 et qui se poursuivent encore a mis en lumière des déséquilibres structurels au sein du secteur électrique, notamment le recul marqué des investissements de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) et le blocage, depuis plusieurs années, par les pouvoirs publics, de projets de production d’électricité.
Dans un rapport publié samedi 1er août 2026 et intitulé « La crise électrique tunisienne : une panne d’investissement », l’OTE souligne que les investissements de la Steg dans les moyens de production d’électricité ont chuté de 87 %, passant d’environ 1,947 milliard de dinars sur la période 2016-2020 à 248 millions de dinars sur la période 2021-2025.
Le rapport ajoute que la demande d’électricité a continué de croître à un rythme annuel de 3,8 % entre 2021 et 2025, la consommation de pointe atteignant un niveau record de 4 888 mégawatts le 14 août 2024 ; parallèlement, le rythme d’expansion des capacités de production a ralenti par rapport à la période précédente.
L’OTE a relevé que les projets de production d’électricité de la Steg — représentant une capacité totale d’environ 870 mégawatts — sont au point mort depuis 2018, bien que les dossiers d’appel d’offres aient été finalisés.
Ces projets comprennent la centrale à cycle combiné de Skhira (500 mégawatts), le parc éolien de Jebel Tbaga (80 mégawatts) et six centrales solaires photovoltaïques d’une capacité totale de 300 mégawatts.
Le rapport attribue le blocage de ces projets à l’absence d’approbation de la part du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie — autorité de tutelle de l’entreprise — conformément au cadre juridique et réglementaire en vigueur.
L’Observatoire a estimé que les politiques publiques de ces dernières années ont privilégié les investissements privés et étrangers dans les projets de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, au détriment de l’investissement public dans les moyens de production, ce qui est en totale contradiction avec la doctrine souverainiste du «compter sur soi» souvent défendue par le président de la république Kaïs Saïed.
Selon le rapport, cette situation a affecté la capacité de la Steg à répondre à la demande croissante et à garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité.
Le rapport a conclu que la vague de coupures d’électricité que connaît la Tunisie en cet été 2026 n’est pas uniquement due à des températures exceptionnellement élevées ; elle a également mis en évidence l’impact du recul des investissements publics dans la production d’électricité sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique.
En d’autres termes, la Steg n’est en rien responsable de l’impasse actuelle, mais bien le pouvoir politique dans son ensemble qui a estimé que l’approvisionnement électrique n’était pas une urgence et reporté la réalisation de certains projets de production électrique restés dans les cartons.
Après une trêve de quelques jours dues à la baisse des températures, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) va reprendre les coupures intempestives d’électricité pour faire baisser la pression de son réseau qui chauffe dangereusement avec la reprise de la canicule et du recours des citoyens à la climatisation.
La société publique a annoncé que des coupures d’électricité pourraient survenir ce lundi 3 août 2026, entre 12h00 et 17h00. Ces interruptions seront intermittentes et chaque coupure ne doit pas excéder deux heures, a-t-elle précisé.
Les zones concernées comprennent le Grand Tunis, le Nord, le Nord-Ouest, la région du Centre, Sfax, le Sud et le Sud-Ouest, autant dire toutes les régions du pays sans discrimination aucune. Du moment ou tous les citoyens seront «maltraités» au même pied d’égalité, on devrait peut-être s’en féliciter !
La Steg a précisé que le rétablissement du courant s’effectuerait sans préavis et a appelé chacun à prendre les mesures de précaution nécessaires. Donc, elle se lave les mains des désagréments que sa mauvaise gouvernance chronique inflige à ses abonnés.
Pas d’excuses donc, mais le constat d’une banalisation du rationnement de l’approvisionnement de l’électricité. Souriez, vous êtes en Tunisie !
Au cours des dernières années, de plus en plus de familles et d’entreprises, et pas seulement dans le domaine du tourisme, choisissent d’investir dans un système photovoltaïque avec stockage. Mais de quoi s’agit-il exactement et dans quels cas ces systèmes peuvent se révéler utiles voire nécessaires en cas de pannes ou de dysfonctionnements du réseau électrique national ?
Habib Glenza, à Lodz.
En termes simples, c’est un système qui produit non seulement de l’électricité grâce à des panneaux solaires, mais la conserve également dans des batteries dédiées pour être utilisée lorsque le soleil n’est pas présent. Et c’est précisément cette capacité à «stockage du soleil» qui rend cette pratique un allié précieux pour ceux qui recherchent une indépendance énergétique et des économies sur les factures.
Dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie, les coupures de courant imprévues et une attention croissante à la durabilité environnementale, le photovoltaïque avec stockage représente un choix prévoyant et concret. Que ce soit pour une ferme agricole, une entreprise, des frigos industriels, un hôpital ou un véhicule électrique, la possibilité de produire et de gérer l’énergie de manière autonome est un avantage réel et tangible.
Comment fonctionne le système ?
Un système photovoltaïque avec stockage est constitué de panneaux solaires,unonduleur (qui transforme l’énergie de courant continu à alternatif), un système de gestion et, en effet, des batteries. Ces dernières permettent de conserver l’énergie produite en excès pendant la journée, pour l’utiliser le soir ou la nuit lorsque le ciel est couvert notamment en hiver
Contrairement aux systèmes traditionnels qui injectent dans le réseau l’énergie non autoconsommée, ceux avec stockage misent sur l’autosuffisance : l’énergie produite reste à l’intérieur du système tant qu’elle est nécessaire. Cela réduit considérablement les prélèvements sur le réseau électrique national et garantit une plus grande stabilité des consommations.
Le fonctionnement est plutôt simple et intuitif. Pendant la journée, les panneaux solaires captent l’énergie du soleil et la convertissent en électricité. Cette énergie alimente directement les usagers domestiques ou industriels. Lorsque la production est supérieure aux consommations, le surplus est stocké dans les batteries.
Une fois le soleil couché ou en cas de mauvais temps, le système de stockage entre en jeu : l’énergie conservée est utilisée pour continuer à alimenter le logement ou le bâtiment. Si la batterie se vide, alors l’énergie est prélevée sur le réseau électrique, mais seulement lorsque cela est strictement nécessaire.
Un onduleur hybride gère de manière intelligente tous ces flux, garantissant une efficacité maximale et une priorité à l’autoconsommation.
1- Autonomie et indépendance : un des principaux avantages est la possibilité de se rendre (presque) indépendant du réseau. Dans de nombreuses situations, notamment dans des maisons ou bâtiments bien isolés et avec des consommations optimisées, on peut parvenir à couvrir jusqu’à 80 % des besoins énergétiques avec le système photovoltaïque.
2- Économies sur la facture : en réduisant les prélèvements sur le réseau, les coûts des factures diminuent de manière significative. L’économie est tangible dès les premières années et, sur le long terme, rembourse largement l’investissement initial.
3- Continuité du service :en cas de coupure de courant, certains systèmes avec fonction de secours permettent de maintenir actifs les charges essentielles (éclairage, réfrigérateur, climatiseur, modem, etc.) même en l’absence de réseau.
4- Durabilité : utiliser de l’énergie renouvelable réduit l’impact environnemental et contribue à la lutte contre le changement climatique. C’est un pas concret vers un mode de vie plus écologique.
Que doit-on prendre en compte dans le choix des batteries ?
Les batteries sont le cœur du système de stockage. Les plus courantes aujourd’hui sont celles au lithium, appréciées pour leur efficacité, leur longévité et leur compacité. D’autres technologies comme le plomb-gel ou les batteries LFP offrent des alternatives valables selon le contexte.
Un système avec stockage est recommandé lorsque les consommations sont élevées le soir et la nuit, le bâtiment est sujet à des coupures de courant ou lorsque l’on souhaite alimenter une pompe à chaleur ou une borne de recharge pour voitures électriques.
En général, c’est le choix idéal pour ceux qui cherchent à optimiser l’autoconsommation et à réduire leur dépendance au réseau.
Énergie solaire et mobilité électrique : un duo gagnant
Ceux qui possèdent une voiture électrique peuvent encore plus bénéficier d’un système avec stockage. Recharger le véhicule avec de l’énergie solaire autoproduite permet de réduire les coûts et de diminuer drastiquement les émissions.
Exemples besoins réels de systèmes résidentiels et d’entreprise : – une famille dans une maison individuelle : 6 kWp, batterie de 10 kWh, couverture de 75 % des consommations annuelles ;
– une exploitation agricole : 12 kWp, batterie modulaire de 20 kWh, autosuffisance pour les machines diurnes ;
– refuge hors réseau : système hybride avec panneaux, batterie et générateur de secours ;
– maison intelligente avec véhicule électrique : recharge programmée en fonction de la production solaire
Ces cas montrent comment chaque installation peut être personnalisée pour répondre à des besoins différents.
Est-il possible de devenir totalement autonome avec du stockage solaire ? Cela est théoriquement possible. Pratiquement, cela dépend de plusieurs facteurs, comme la consommation, le climat, et la capacité de stockage. En général, dans les régions avec peu de soleil en hiver, il est difficile de couvrir 100 % des besoins avec seulement du solaire. Cependant, avec un système photovoltaïque bien dimensionné permet de réduire considérablement la dépendance du réseau et ses coupures aux conséquences graves, en particulier pour les hôtels, les hôpitaux, les frigos industriels et agricoles.
Pénuries d’hier, pénuries d’aujourd’hui, pénuries de toujours. Sauf que d’une vague à l’autre, les tensions, les considérations morales, les drames humains, les coûts économiques et financiers gagnent en complexité, en intensité et en gravité, au point de menacer d’asphyxier l’appareil productif. Des pénuries en temps de paix – de pain, de lait, de sucre, d’huile végétale, de médicaments, en dépit de leur impérieuse nécessité, avec leur cortège de frustration et d’humiliation humaine – paraissent de peu d’importance et de gravité comparées aux coupures d’électricité et d’eau sans aucune indication ni information préalable au gré des capacités de résistance du réseau électrique à bout de souffle.
Les 12 millions de Tunisiens pèsent peu dans le processus d’improvisation. Rien, ni les dégâts, ni les pertes économiques et financières, ni la mise en danger de vies humaines, pas même d’éventuels troubles sociaux, ne semble égratigner l’indifférence et troubler pour ainsi dire la sérénité des dirigeants de la compagnie nationale d’électricité et, au-delà, des gouvernants. Ils sont contraints de naviguer à vue face à l’urgence pour éviter l’effondrement de tout le système qui fera plonger le pays dans le noir, ce fameux black-out, le pire de ce qui peut arriver.
Entre deux maux, la STEG choisit celui qui lui convient le mieux sans qu’il soit perçu comme tel par les ménages, les entreprises, les exploitants agricoles, les cliniques, les laboratoires d’analyses, les hôpitaux et les sociétés de services, qui sont victimes d’énormes dégâts physiques, humains et financiers. La compagnie nationale et son autorité de tutelle exacerbent les tensions à cause de leur silence assourdissant en cherchant à se faire bonne conscience à peu de frais, comme si nécessité faisait loi. Elles semblent vouloir se dédouaner, sans avoir à rendre des comptes. Ce serait céder à la fatalité, au mépris de tous les principes de réalité.
D’une année à l’autre, la consommation d’électricité augmente de près de 4 %, moins que le passé en raison de l’atonie de la croissance, mais paradoxalement plus que l’évolution du PIB, phénomène du reste inédit. Ce décalage justifie à lui seul d’élever le niveau de l’offre d’électricité, moyennant de nouveaux investissements d’extension, de capacité, qui n’eurent jamais lieu.
On savait depuis longtemps que les étés seraient très chauds, caniculaires même – et celui-ci particulièrement – à cause du réchauffement climatique. Les experts prédisaient, à raison, des pics de température localisés dans le temps et l’espace, frôlant les 50 degrés. Le reste est une affaire de gestion et de mode de gouvernance. D’une année à l’autre, la consommation d’électricité augmente de près de 4 %, moins que le passé en raison de l’atonie de la croissance, mais paradoxalement plus que l’évolution du PIB, phénomène du reste inédit. Ce décalage justifie à lui seul d’élever le niveau de l’offre d’électricité, moyennant de nouveaux investissements d’extension, de capacité, qui n’eurent jamais lieu. Les derniers en date remontent à plus de six ans. La STEG, forte de son expérience, de ses compétences humaines, ne pouvait l’ignorer, elle s’y serait pleinement engagée en dépit de ses difficultés financières.
L’ennui, c’est qu’il lui fallait l’aval de son autorité de tutelle. Celle-ci a longuement traîné, pour des raisons qui lui sont propres, avant de lancer un appel d’offres global en cohérence avec l’impérieuse transition énergétique. Problème : beaucoup d’eau a coulé sous le pont de Carthage avant le dénouement de l’opération. Ce n’est que tout récemment – 7 ans après ou presque – que furent octroyées cinq concessions pour donner plus de chair à notre mix énergétique. Dans l’intervalle, le pays subissait chaque année, à pareille époque, les mêmes scènes de désagrément et de désolation : chute de la productivité, moins de création de richesse, destruction d’emplois, d’outils de production. Et suprême sanction : perte d’attractivité du site Tunisie, peu compatible avec les pratiques à la hussarde de la STEG. Qui s’arroge le droit de couper le courant sans autre forme d’indication et de prévention, au motif que dans l’urgence elle ne pouvait agir autrement. Le gouvernement, pour sa part, se drape dans un silence effarant, loin d’être à son honneur.
Aucun pays n’est à l’abri des aléas et bouleversements climatiques, qui provoquent d’énormes dégâts humains et matériels. À cette différence près que, le jour d’après, les responsables aux commandes des pays sinistrés en tirent les enseignements. Passé le choc initial où il faudrait agir dans l’urgence, parer au plus pressé pour sauver et sauvegarder ce qui peut l’être, commence alors le temps fort de la réflexion, de l’anticipation, des préventions et de l’action sur la durée.
Ce n’est que tout récemment que furent octroyées cinq concessions pour donner plus de chair à notre mix énergétique. Dans l’intervalle, le pays subissait chaque année, à pareille époque, les mêmes scènes de désagrément et de désolation : chute de la productivité, moins de création de richesse, destruction d’emplois, d’outils de production.
Leur message est clair : envoyer un signal fort à l’adresse du pays pour le rassurer et le sécuriser quant à l’avenir. L’État ne peut se soustraire à une telle mission. Sinon à quoi servirait un gouvernement qui ne saurait assumer une telle responsabilité. Il en a le devoir et l’obligation. Il est comptable de son propre bilan et doit être jugé à l’aune de ses résultats et réalisations. Pour l’heure, ils ne plaident pas en sa faveur : pas de quoi susciter le moindre enthousiasme. Rien qui puisse nous faire rêver ou réenchanter. Où que l’on porte notre regard, il y a très peu d’indices qui puissent nous donner la moindre assurance et nous restituer notre fierté passée. L’économie est à la traîne, l’infrastructure économique et sociale est d’une autre époque quand elle ne menace pas effondrement, les finances publiques sont au plus bas, les entreprises – notamment les PME, fers de lance de l’économie – sont à l’agonie, l’inflation et le chômage achèvent de détruire ce qui reste de la cohésion sociale. Les grands conglomérats économiques et financiers, hier figures de proue de l’économie nationale, ont beaucoup perdu de leur aura, de leur puissance de feu et de leur assurance, faute de visibilité politique.
À quoi s’ajoutent l’incertitude économique et technologique, l’arbitraire administratif et fiscal… Le pays n’investit plus ou à peine, à dose homéopathique. Le taux d’investissement est descendu en dessous de la barre des 10 %. L’épargne nationale s’est volatilisée pour se situer à moins de 6 %. Et personne pendant ce temps dans le corps gouvernemental pour sonner l’alerte au regard de l’étendue du désastre.
Le pays n’investit plus dans l’avenir, dans les technologies émergentes, dans l’IA, dans les entreprises 4.0, dans l’éducation et la santé. Les ingénieurs, les universitaires, les médecins, les techniciens qui quittent chaque année le pays dépassent en nombre les nouveaux diplômés.
Seul rayon de soleil dans le ciel chargé de nuages, l’annonce du Plan 2026-2030, qui, hélas, pour louable et nécessaire qu’il soit, n’efface pas craintes et appréhensions. Et pour cause : l’essentiel est ailleurs, moins dans les hypothèses sur lesquelles il est construit et qui font débat que sur notre incapacité de réformer et d’oser les transformations économiques et sociales. Celles-ci sont d’autant plus d’une absolue nécessité que le remboursement cette année du service de la dette – 23 M de dinars – équivaut à près de 4 fois la valeur des richesses créées en 2025, année du reste à « forte croissance » : 2,5 %. Résultat des courses : le pays s’enfonce dans un processus de destruction de valeurs, en clair d’appauvrissement structurel. Qu’il persiste encore quelques îlots d’apparente prospérité – mais pour combien de temps encore ? – ne doit pas faire illusion. La précarité, la pauvreté et le déclassement social achèvent de fracturer le pays de long en large… La cohésion sociale se fissure de partout. Le pays n’investit plus dans l’avenir, dans les technologies émergentes, dans l’IA, dans les entreprises 4.0, dans l’éducation et la santé. Les ingénieurs, les universitaires, les médecins, les techniciens qui quittent chaque année le pays dépassent en nombre les nouveaux diplômés. Notre capital humain se rétrécit comme peau de chagrin. On comprend qu’à ce rythme, à cause de cette implacable mécanique, on compromet gravement les chances de redressement de l’économie nationale et le développement du pays. Il est des signes qui ne trompent pas : le recul inquiétant de notre croissance potentielle est à cet égard très significatif et aurait dû nous alerter bien plus tôt.
Que faire ? Laisser le temps au gouvernement pour qu’il puisse se « réinventer », agir, réfléchir et travailler sur la durée. Encore faut-il qu’il ait la volonté, la maîtrise de son sujet et la détermination de casser des codes devenus caducs et désuets. Il doit avoir au fond suffisamment de leadership et d’autorité pour oser les nécessaires transformations structurelles qui sont de son ressort.
Que faire ? Laisser le temps au gouvernement pour qu’il puisse se « réinventer », agir, réfléchir et travailler sur la durée. Encore faut-il qu’il ait la volonté, la maîtrise de son sujet et la détermination de casser des codes devenus caducs et désuets. Il doit avoir au fond suffisamment de leadership et d’autorité pour oser les nécessaires transformations structurelles qui sont de son ressort. Une chose est sûre : l’économie, pas plus que le pays, ne peut plus supporter un tel immobilisme. Tout laisse à penser ces derniers jours qu’il n’est pas loin de son point de rupture. On l’aura compris, les coupures d’électricité et d’eau sans discernement aucun, devenues pour ainsi dire la norme et la règle, ont exacerbé les frustrations, les tensions, sociales et déstabilisé la marche d’une économie qui peine à se redresser. Il n’en fallait pas plus pour briser tous les espoirs. Le mal est devenu endémique faute de le traiter à la racine par injection annuellement d’investissements conséquents. Où sont passés le mode de gouvernance de la STEG et son autonomie, les politiques sectorielles et publiques en charge du futur ?
Les pertes en heures de travail, en productivité et en destruction de richesses, en souveraineté nationale et en attractivité du site Tunisie devraient l’inciter à plus de vigilance et d’humilité… La facture est si lourde qu’elle doit lui faire perdre le sommeil.
De tout temps, l’électricité et l’eau ont été les principaux facteurs d’émancipation, de développement, de transformation économique, sociale, sociétale et de souveraineté. La moindre négligence à ce niveau nous expose à des dérapages dont on imagine mal la fin. Le gouvernement serait bien inspiré de faire entendre sa voix et d’évaluer les dégâts, les pertes encourues par les ménages, les acteurs économiques et le pays tout entier, victimes qu’ils sont de ruptures à n’en plus finir d’électricité et d’eau. Les pertes en heures de travail, en productivité et en destruction de richesses, en souveraineté nationale et en attractivité du site Tunisie devraient l’inciter à plus de vigilance et d’humilité. Comme si être la lanterne rouge en matière d’IDE ne suffisait pas au décrochage de l’économie nationale. La facture est si lourde qu’elle doit lui faire perdre le sommeil.
Souveraineté limitée ou volontarisme politique ? Le choix se pose en ces termes. Si le gouvernement persiste dans le déni, il y a peu de choses à attendre et à espérer. Être amené à se poser cette question au moment de la commémoration du 69e anniversaire de la République n’est pas d’un bon présage. L’état de décomposition du pays et la montée de la défiance font craindre le pire.
Cet édito est à retrouver dans le magazine L’Economiste maghrébin n°950 du 29 juillet au 26 août 2026, sous le titre “Ruptures !“
L’approvisionnement du marché en eau en bouteille est revenu à son rythme normal. Cette situation fait suite à la reprise de la production en continu dans toutes les installations, après un bref arrêt observé cette dernière semaine dans certaines usines en raison de dommages matériels causés par des coupures d’électricité.
C’est ce qu’a assuré Lassaâd Mzah, président de la Chambre professionnelle des producteurs de boissons non alcoolisées, cité par Mosaique, indiquant qu’une normalisation totale de l’approvisionnement du marché devrait intervenir d’ici le début de la semaine prochaine. Cela dépendra de la stabilité de l’alimentation électrique et d’une consommation rationnelle, a-t-il cependant averti, expliquant que les réserves stratégiques d’eau embouteillée sont généralement épuisées au cours du mois d’août, en raison de la hausse de la consommation. Par conséquent, la production quotidienne couvre — et dépasse légèrement — les besoins de consommation, sans permettre la constitution de stocks supplémentaires.
Tout en assurant que toutes les installations produisant de l’eau en bouteille fonctionnent à pleine capacité, Lassaâd Mzah a appelé la Steg à mettre fin aux coupures de courant récurrentes qui affectent les unités de production et exhorté les consommateurs à rationaliser leur rationnelle pour réduire la pression actuelle sur le marché.
Le responsable syndical a souligné, par ailleurs, que les producteurs d’eau en bouteille n’ont pas augmenté leurs prix malgré la hausse des coûts de production et du prix du plastique. Il a également démenti toute pénurie de plastique destiné à l’emballage, précisant que si certaines installations pouvaient connaître une baisse de leurs stocks, cela n’avait pas affecté le volume de production.
Il convient cependant de signaler que plusieurs commerçants, notamment les détaillants, ont profité de la pénurie de la dernière semaine pour augmenter les prix de l’eau en bouteille.
Suite à l’article publié dans votre journal et intitulé ‘‘Les menaces réelles de la stabilité tunisienne’’ de M. Elyes Kasri, je ne peux, en tant que citoyen algérien profondément attaché à l’axe Tunis- Alger, rester silencieux face à des accusations aussi graves portées contre l’Algérie. En tant que fervent partisan des relations algéro-tunisiennes, j’ai souhaité apporter un éclairage factuel, juridique et historique afin de déconstruire certaines approximations qui nuisent à une analyse sereine de la géopolitique de notre région.
Dr Abderrahmane Cherfouh *
Qu’un ancien ambassadeur, ayant exercé les plus hautes fonctions de représentation de l’État tunisien à l’étranger, se prête à un tel pamphlet à charge est particulièrement regrettable.
Une lecture lucide des relations tuniso-algériennes
Face à la récurrence d’analyses à charge tendant à ériger l’Algérie en menace pour la Tunisie, et à un discours nourri de contrevérités, d’approximations historiques, économiques et juridiques, il apparaît indispensable de rétablir les faits.
L’auteur de l’article porte, une fois de plus, des accusations particulièrement graves contre le voisin algérien. Habitué des réquisitoires à charge, il s’appuie malheureusement sur des contresens historiques et des approximations géopolitiques qui masquent les réalités de notre région.
Il me paraît indispensable de substituer l’émotion à la rigueur des faits, des traités et de notre histoire commune. Au-delà des postures individuelles, la responsabilité impose le respect des faits, du droit international et des engagements qui unissent nos deux nations.
1. Frontières terrestres – Un cadre juridique définitif et incontestable :affirmer que l’Algérie occupe des territoires tunisiens relève d’une méconnaissance flagrante du droit international.
Les frontières terrestres entre nos deux pays ne souffrent d’aucune ambiguïté. Elles ont été définitivement délimitées par l’accord du 20 mars 1970, puis consolidées par la convention du 19 mars 1983. Ce cadre juridique bilatéral a définitivement réglé les contentieux hérités de la période coloniale.
Agiter aujourd’hui le spectre d’une prétendue spoliation territoriale constitue un anachronisme qui ne repose sur aucune réalité juridique.
2. Sécurité énergétique – L’Algérie, partenaire constant et non prédateur : accuser l’Algérie de nuire à la Tunisie sur le plan énergétique est un non-sens économique. C’est exactement l’inverse qui se produit.
Grâce au gazoduc TransMed, l’Algérie fournit entre 65 % et 70 % du gaz naturel indispensable à la production d’électricité tunisienne. Ce partenariat stratégique, assorti de facilités de paiement durant les périodes de difficultés macroéconomiques, constitue le véritable poumon énergétique de la Tunisie.
On ne cherche pas à déstabiliser un pays que l’on contribue quotidiennement à alimenter en énergie.
En géopolitique, les intentions réelles ne se mesurent pas aux rumeurs, mais aux flux économiques. Fragiliser l’axe énergétique Alger-Tunis ne pénaliserait pas l’Algérie : cela infligerait une double peine à l’économie et aux consommateurs tunisiens.
3. Stress hydrique – L’impératif de la coopération face au changement climatique : imputer le stress hydrique tunisien à une prétendue volonté d’assèchement de ses ressources de la part de l’Algérie relève d’une aberration scientifique.
L’ensemble du Maghreb subit les conséquences du changement climatique. Bien loin de s’opposer sur cette ressource vitale, l’Algérie, la Tunisie et la Libye ont signé à Tripoli un accord historique visant à mettre en place un mécanisme commun de gestion des eaux souterraines du Système aquifère du Sahara septentrional. Cet accord garantit un échange transparent de données et une exploitation équitable des ressources.
Si l’on suivait le raisonnement développé dans cet article, il faudrait croire que l’Algérie consacrerait ses journées à assécher les nappes phréatiques communes tout en subventionnant le gaz qui éclaire les foyers tunisiens. Une telle contradiction ne résiste pas une seconde à l’épreuve des faits.
4. Flux transnationaux – Ne pas confondre crises subies et manœuvres politiques : réduire les phénomènes de contrebande et les flux migratoires subsahariens à de prétendues manœuvres algériennes constitue un raccourci simpliste.
La contrebande frontalière pénalise d’abord l’économie algérienne, en détournant massivement des produits fortement subventionnés par l’État, notamment les carburants et les produits alimentaires.
Quant à la crise migratoire, elle est continentale. Avec des milliers de kilomètres de frontières sahéliennes, l’Algérie en subit les effets au même titre que la Tunisie. Présenter cette réalité comme une stratégie de déstabilisation revient à occulter le rôle des réseaux criminels de passeurs ainsi que les insuffisances des politiques migratoires européennes.
5. Vérités historiques – Gafsa et la lutte contre le terrorisme : l’exercice de désinformation atteint son paroxysme lorsque l’auteur tente de réécrire l’histoire en attribuant à l’Algérie les événements tragiques de Gafsa en 1980.
Les archives historiques établissent clairement que cette agression contre la Tunisie du Président Habib Bourguiba fut organisée par le régime libyen de l’époque. L’Algérie s’y était opposée **.
De la même manière, suggérer une quelconque complaisance de l’Algérie envers le terrorisme constitue une insulte à la mémoire de toute la région.
L’Algérie a payé un tribut humain considérable durant la décennie noire pour éradiquer ce fléau. Forte de cette expérience douloureuse, elle constitue aujourd’hui un partenaire essentiel de la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme, grâce à un échange permanent de renseignements et à une coopération opérationnelle le long de la frontière commune.
Notre destin commun face aux défis du siècle
La doctrine de sécurité nationale algérienne repose sur un principe simple : une Tunisie instable constitue une menace directe pour la sécurité de l’Algérie.
Alger n’a donc aucun intérêt politique, économique ou sécuritaire à fragiliser Tunis.
L’amitié algéro-tunisienne n’est ni un slogan ni une formule diplomatique. Elle est une réalité géographique, historique et humaine, scellée notamment par le sang versé à Sakiet Sidi Youssef.
On ne badine pas avec la mémoire des martyrs.
Prétendre que l’Algérie entretient un lien avec le terrorisme revient à insulter la mémoire des militaires algériens et tunisiens tombés sous les mêmes balles, notamment dans le massif du Chaambi. La sécurité frontalière n’est pas une faveur : elle est notre tranchée commune.
Diviser pour régner demeure une vieille recette coloniale. À qui profiterait une discorde durable entre Alger et Tunis ? Certainement pas à nos deux peuples. Fragiliser notre voisinage immédiat, c’est ouvrir la porte aux ingérences étrangères qui rêvent de transformer le Maghreb en terrain de rivalités géopolitiques.
Enfin, l’auteur pousse le contresens diplomatique jusqu’à accuser l’Algérie d’exercer un prétendu chantage énergétique ou terroriste afin d’isoler la Tunisie sur la scène internationale.
Comment peut-on sérieusement prêter à Alger la volonté d’isoler un pays dont elle défend régulièrement les intérêts dans les enceintes internationales, rappelant constamment que la stabilité de la Tunisie constitue une condition essentielle de la sécurité régionale ?
Qu’un ancien ambassadeur, censé incarner la retenue, la nuance et le sens de l’État, se laisse aller à des accusations gratuites est profondément regrettable.
La diplomatie n’est ni le lieu des ressentiments personnels ni celui des invectives. Elle exige de la hauteur de vue.
En cherchant à diaboliser le partenaire algérien, l’auteur ne fragilise pas l’Algérie ; il affaiblit sa propre crédibilité et dessert les intérêts stratégiques profonds de la Tunisie.
* Médecin algérien résident au Canada.
** L’implication d’éléments de l’armée algérienne dans l’organisation de cette attaque de Gafsa a été prouvée et documentée par des historiens (NDLR).
La Tunisie a connu des coupures tournantes d’électricité et des délestages du 12 au 26 juillet. Une vague de chaleur intense faisant peser une menace sur le réseau électrique. Face à ces perturbations, qui touchent également l’approvisionnement en eau, les ménages tunisiens modifient leurs comportements d’achat et de consommation. Si certains citoyens développent des stratégies d’anticipation autonomes, les petites et moyennes entreprises décrivent une situation devenue, déclarent-elles, une menace pour l’activité économique.
Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur constate que le Tunisien commence à intégrer ces contraintes dans son quotidien et s’adapte de manière autonome. Il cite l’exemple de la difficulté actuelle à se procurer de petits générateurs électriques sur le marché. Un signe, précise-t-il, que les citoyens anticipent désormais les interruptions de courant et cherchent eux-mêmes des solutions.
Il évoque toutefois une forme de manipulation subie par le consommateur, dont les décisions d’achat seraient désormais dictées par l’influence des réseaux sociaux et des mécanismes d’ingénierie sociale. Ce qui relevait à l’origine d’un simple manque de ressources en eau et en électricité aurait ainsi été transformé en une crise profonde par la puissance des images circulant sur internet, poussant les consommateurs à stocker des quantités de produits largement supérieures à leurs besoins réels.
M. Riahi pointe par ailleurs une absence de vision proactive et de planification de la part des autorités, qui affecterait directement la stabilité du marché : le spectacle de rayons vides dans les grandes surfaces génèrerait une anxiété immédiate chez les consommateurs. Il déplore également un déficit de communication autour des coupures de services. L’absence d’explications claires, de préavis et d’accompagnement empêcherait ainsi les ménages comme les acteurs économiques, à l’image des chefs d’usines, d’anticiper l’impact sur leur activité. Cette instabilité dans la diffusion de l’information venant, selon lui, perturber l’acte d’achat et le comportement général du consommateur.
Pour réguler sainement les habitudes de consommation de la population, M. Riahi estime que seule une stratégie globale fondée sur la transparence et la diffusion d’une information fiable serait efficace.
Les entreprises, premières victimes de l’instabilité énergétique
Ces perturbations ont également des répercussions sur l’activité économique, qui rejaillissent sur le quotidien des ménages. Abderrazek Houas, porte-parole de l’Association nationale des petites et moyennes entreprises, estime que la situation ne relève plus d’un simple aléa technique mais constitue, à ses yeux, une menace existentielle pour l’économie nationale, les entreprises tunisiennes étant devenues otages d’une instabilité énergétique qu’elles ne peuvent plus absorber.
Si l’énergie solaire représente, pour lui, la solution de fond, elle demeure inaccessible faute de moyens d’investissement. Les groupes électrogènes ne seraient ainsi que des palliatifs précaires : au-delà d’une heure et demie de coupure, ces équipements risqueraient la surchauffe, voire l’incendie, mettant en péril l’intégrité des locaux.
M. Houas souligne que l’ouverture d’une entreprise génère des charges fixes immédiates, telles que le loyer et les salaires, pouvant atteindre par exemple 800 dinars par jour. Lorsque le courant fait défaut, cette somme se transforme instantanément en dette cumulée pour le lendemain, l’entrepreneur n’étant pas, affirme-t-il, en échec par manque de productivité mais par l’hostilité de son environnement.
Cette précarité est particulièrement visible dans le secteur de la pêche, où les usines de glace, dont les machines valent selon lui des milliards, préfèrent stopper toute activité et placer leurs employés en congé technique afin d’éviter des réparations coûteuses liées aux variations de tension. Privés de glace pour conserver leurs prises, les pêcheurs sont alors contraints de brader leurs produits à n’importe quel prix pour éviter qu’ils ne pourrissent.
L’impact s’étend également aux professions libérales, à l’image des cabinets dentaires, où l’absence d’électricité paralyse non seulement l’outillage de soin mais aussi la gestion informatique, rendant impossible l’accès aux dossiers des patients. Certains industriels parviennent à déplacer leur production la nuit pour honorer leurs commandes, mais cette flexibilité reste impossible pour les menuisiers ou les réparateurs de pneus, dont l’activité est liée aux horaires diurnes.
Une transition solaire réclamée face à l’inertie politique
Sur le plan politique, M. Houas constate une inertie chronique : les discours sur la transition énergétique se succèdent depuis les gouvernements de Mehdi Jomaa et de Habib Essid, sans qu’aucune réalisation concrète ne soit visible dans les administrations publiques ou les habitations. Il regrette que la Tunisie n’ait pas suivi l’exemple de pays comme l’Italie, où le gouvernement de Giorgia Meloni a choisi de subventionner le carburant pour protéger la production et le transport des fluctuations mondiales.
Pour l’association, qui a mené des visites de terrain afin de constater ces dommages, la solution réside dans une accélération massive du recours au solaire. Une telle transition permettrait, souligne M. Houas, de soulager le réseau de la STEGSTEG, notamment lors des pics de consommation de fin juillet et du mois d’août, et de garantir la continuité économique nécessaire à la survie des petites et moyennes entreprises.
Au final, Lotfi Riahi noté sur seule une information transparente et fiable permettrait de canaliser durablement ces comportements. Tandis qu’Abderrazek Houas estime que c’est une accélération du recours au solaire qui garantirait la continuité de l’activité des entreprises. Deux réponses distinctes à une même réalité : celle de foyers et d’entreprises contraints de composer, au jour le jour, avec les coupures d’électricité et d’eau.
Coupures à répétition, pertes techniques et commerciales massives, surcoût pour l’économie : les données de la STEG en disent long.
Alors que les délestages se multiplient cet été et que la demande électrique atteint des pics inédits, les chiffres publics de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) dessinent une crise structurelle.
La production d’électricité de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) a connu une trajectoire en dents de scie entre 2022 et 2026, marquée par une légère hausse en 2023 suivie d’un recul marqué en 2026.
En 2022, la STEG avait produit 18 647 GWh, selon les données consolidées du secteur. L’année suivante, en 2023, ce niveau est monté à 19 092 GWh, soit une progression d’environ 2,4%. Cette hausse s’inscrit dans un contexte où la production nationale totale a légèrement reculé au niveau global, mais où la STEG a conservé sa part dominante, représentant près de 99 % de la production électrique nationale en 2023.
Ce léger rebond en 2023 traduit surtout la poursuite d’une demande électrique structurellement croissante, alimentée par la croissance économique, l’urbanisation et le développement des usages électriques, malgré les contraintes liées à l’approvisionnement en gaz et aux capacités de production.
Un recul net en 2026
En 2026, les chiffres disponibles indiquent une production de la STEG de 7 506 GWh. Soit une chute très importante par rapport aux exercices 2022 et 2023. Cette donnée doit être lue avec précaution : certains rapports de conjoncture énergétique se réfèrent à des périodes partielles (par exemple à fin février ou fin mars) et non à l’année entière. Pour autant, même ramenée à une période partielle, la baisse observée signale des tensions sur le système électrique
Ce repli s’explique par plusieurs facteurs : contrainte d’approvisionnement en gaz naturel, dont une part importante est importée; sollicitation accrue des capacités de production et possibles déprogrammations de centrales pour maintenance ou manque de combustible; et montée en puissance, encore limitée, des énergies renouvelables et de l’autoproduction. Dans le même temps, la demande continue de progresser, avec des prévisions de consommation autour de 24 565 GWh en 2026, selon les projections de la STEG.
Enjeux pour le secteur électrique
Cette évolution contrastée met en lumière la vulnérabilité du modèle électrique tunisien, encore très dépendant du gaz naturel et des importations. Elle souligne aussi l’urgence d’accélérer les projets d’énergies renouvelables, de renforcer l’efficacité énergétique et de diversifier les sources d’approvisionnement pour garantir la sécurité énergétique et accompagner la croissance économique.
Après les récentes coupures intempestives d’électricité et d’eau en Tunisie, dues à la hausse de la consommation d’énergie en raison de la canicule et de la mauvaise gouvernance du secteur énergétique, l’économie en général et le tourisme en particulier risquent d’en être durement affectés. Par ailleurs, les changements climatiques qui s’accélèrent vont rendre encore plus difficile l’accès à l’électricité et à l’eau potable, et pas seulement durant l’été. Alors que notre pays, qui dispose d’un littoral de 1300 km et d’une moyenne de 240 jours d’ensoleillement par an, est censé ne pas manquer d’eau ni d’électricité s’il avait suffisamment de stations de dessalement de l’eau de mer et de centrales d’énergie solaire photovoltaïque. Certes, l’installation de ces systèmes coûte cher ; en revanche la consommation est presque gratuite et propre. Dans le contexte de ces problématiques, nous proposons des solutions pour baisser la consommation d’électricité et développer l’énergie solaire avec stockage dans les hôtels et les établissements touristiques.
Habib Glenza, à Lodz.
Le secteur hôtelier est réputé pour être énergivore. Selon un rapport de l’Agence de la transition écologique (Ademe) la consommation moyenne d’un hôtel en France est de 241 kWh/m2/par an.
En Tunisie, la consommation moyenne dépasse ce chiffre, entre autres pour satisfaire le client à tout prix.
La satisfaction des clients passe par le confort. En plein hiver, un vacancier s’attend à avoir un système de chauffage performant dans sa chambre d’hôtel. De la même manière, à partir d’un certain niveau de standing, la présence d’une climatisation permet de satisfaire les clients par temps de canicule. Pour apporter un bon niveau de confort aux vacanciers, le recours à l’énergie est indispensable.
Le comportement des vacanciers n’est pas le même à l’hôtel qu’à leur domicile : ils n’utilisent pas de la même manière les appareils électriques qui sont mis à leur disposition (utilisation intensive du chauffage, de l’électricité et même de l’eau).
Les bâtiments récents dédiés au tourisme possèdent une performance énergétique supérieure aux hébergements plus anciens : la rénovation énergétique de ces derniers, qui passe notamment par un renforcement de l’isolation, est un chantier de taille pour de nombreux hôtels.
La crise économique et le changement climatique imposent aujourd’hui au secteur du tourisme de modifier en profondeur ses usages afin de limiter lasurconsommation électrique. Depuis 2019, l’objectif est de favoriser la sobriété énergétique des bâtiments, ce qui exige des acteurs du tourisme une maîtrise énergétique des bâtiments
Nous présentons ci-dessous sept solutions permettent de réduire directement les factures d’électricité des établissements touristiques en Tunisie:
1. Installer un système de contrôle de la consommation électrique : pour faire des économies d’énergie, les hôtels peuvent faire installer un système de gestion des consommations électriques.
Aujourd’hui, il existe des systèmes de gestion de la consommation de l’électricité qui apportent des solutions pour maîtriser la consommation de l’électricité dans le secteur du tourisme. Ils consistent à contrôler en temps réel l’état de fonctionnement du réseau électrique et des consommations 24h/24. En cas de suspicion de surconsommation, ce système déclenche l’alarme. Ainsi, l’appareil peut détecter une consommation anormale de l’énergie dans un cottage ou une chambre en particulier. L’alimentation pourra être coupée à distance dans ce logement le temps que la cause soit identifiée (climatiseur ou chauffage allumé dans un hébergement inoccupé, etc.).
Ce dispositif peut être combiné à un autre système de gestion de la consommation de l’eau dans les hôtels permettant une maîtrise optimale de la consommation de cette précieuse denrée.
2. Équiper les hôtels avec des installations photovoltaïques et des batteries de stockage de l’énergie : dans un pays touristique qui compte en moyenne 200 jours ensoleillés par an, le recours à l’énergie solaire devient impératif. Tout d’abord elle est propre, car elle n’émet pas de gaz à effet de serre (on parle d’énergie décarbonée), parce qu’elle est gratuite et inépuisable.
Certes, l’investissement coûte cher mais la consommation est presque gratuite. En plus, elle assure une autonomie électrique à 100 % pendant la basse et moyenne saison et plus de 75 % pendant la haute saison. Il s’agit d’une technique très efficace pour réduire ses factures d’électricité.
3. Privilégier des appareils basse consommation pour équiper votre hôtel : la classe énergétique des appareils qui équipent votre établissement de tourisme peut permettre de limiter la surconsommation électrique et donc de diminuer les factures. Privilégiez des appareils électroménagers de classe A+++ qui consomment 20 à 50% de moins que les équipements A+.
4. Placer des détecteurs de présence dans les hébergements : pour éviter que les vacanciers oublient d’éteindre la lumière dans leur logement, l’installation de détecteurs de présence peut être une bonne idée. Ils peuvent également être placés dans les parties communes de l’hôtel, à l’intérieur comme à l’extérieur (parking, chemin piéton).
5. Faire le bon choix pour les luminaires intérieurs et extérieurs : privilégier l’utilisation des LED pour éclairer votre établissement de tourisme vous permettra de consommer jusqu’à 10 fois moins qu’avec des ampoules basse consommation. Pensez également à nettoyer les ampoules de temps en temps pour gagner en luminosité.
6. Intégrer vos salariés à la lutte contre la surconsommation électrique : la lutte contre le gaspillage de l’électricité commence par l’implication de votre équipe. Éteindre les équipements de bureau plutôt que de les laisser en veille, ne pas laisser la lumière allumée toute la journée à la réception alors qu’il fait jour… Ce sont parfois les petits gestes qui permettent de tendre vers de belles économies de consommation énergétique.
7. Sensibiliser les clients pour améliorer leur implication : optimiser les dépenses énergétiques dans le secteur du tourisme est possible à condition de prendre des mesures fortes pour limiter au maximum la surconsommation électrique.
Les clients peuvent également faire leur part durant leur séjour dans hôtel. En affichant les consommations électriques par individu dans l’hébergement, les vacanciers peuvent prendre conscience de leur usage de l’énergie. Une liste de conseils simples à suivre pour réduire la consommation électrique en vacances peut également être mise à disposition.
Pour tous ceux qui veulent savoir plus sur la production de l’énergie photovoltaïque avec stockage, cliquez sur ce lien.
Depuis plusieurs semaines, les coupures d’électricité à répétition se multiplient à travers le pays, plongeant usines et ateliers dans l’incertitude. Pertes de production, surcoûts cachés, image ternie auprès des partenaires étrangers, investisseurs échaudés… la facture s’alourdit et menace la confiance déjà fragile des opérateurs économiques. Foued Gueddich, président de Taste Tunisia (Agrigold international), membre du bureau exécutif de la CONECT et ancien président de la CONECT International, livre à L’Economiste Maghrébin son analyse de cette question.
Foued Gueddish déclare en préambule que les coupures répétées ont des effets directs et lourds pour les entreprises exportatrices. Il illustre son propos par le cas d’une conserverie totalement exportatrice qui livre aujourd’hui vers 26 pays. « Une commande destinée à la France a dû être reportée de plusieurs semaines à cause d’une coupure d’électricité. Ce retard a ralenti les exportations et détérioré l’engagement de l’entreprise auprès de ses clients, notamment les grandes surfaces européennes, très exigeantes sur les délais de livraison ».
Foued Gueddich rappelle entre autres que, dans la chaîne de transformation des légumes, épluchage, lavage, préparation, broyage des poivrons et des tomates, puis leur mise en bocal et pasteurisation, l’électricité est indispensable. Tout en ajoutant : « Si la pasteurisation est interrompue (par exemple en fin de journée), le produit sort du circuit et, au bout d’une heure à une heure et demie, il devient impropre à la commercialisation et doit être détruit. La perte couvre non seulement les matières premières mais aussi la main-d’œuvre et tous les intrants (huile, ail, bouchons, etc.), entraînant des coûts cachés importants qui se chiffrent parfois en milliers de dinars. »
Autrement dit, un arrêt de l’électricité provoque un blocage complet et une perte de production (downtime). En revanche, pour y remédier, au titre des critères prioritaires pour un investisseur figurent la stabilité économique, la qualité de la main-d’œuvre et la fiabilité du réseau électrique. Si ce dernier fait défaut, l’investissement n’arrive pas.
Aujourd’hui, une question s’impose : quelle serait la ou les solution(s) face aux coupures ? A cette interrogation, le président de Taste Tunisia répond que de nombreuses entreprises ont dû recourir massivement aux générateurs et aux batteries. « Cette solution de secours alourdit les coûts de production. Ce qui modifie les comportements économiques, parfois au détriment de l’efficience ».
Compte tenu de cette situation, Foued Gueddich appelle à une réforme du cadre énergétique pour améliorer les relations avec les opérateurs, rendre le secteur attractif aux yeux des investisseurs et responsabiliser les consommateurs. Il estime qu’une énergie fiable est une condition essentielle du développement industriel et de la confiance des opérateurs économiques. Tant que la situation perdure, certains investisseurs pourraient changer de cap en allant vers d’autres marchés, freinant ainsi l’attractivité économique du pays.
Ce n’est pas la solution miracle au déficit énergétique de la Tunisie, dont le taux dépasse aujourd’hui 60%, mais c’est une solution temporaire qui peut aider le pays à dépasser la crise qu’il traverse depuis deux semaines, marquée par des coupures intempestives d’électricité dues à la forte hausse de la demande dans un contexte de canicule estivale. Solutions temporaires en attendant l’entrée en production des nombreuses centrales solaires photovoltaïques en cours de construction.
La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) vient d’annoncer la mise en service d’un transformateur de 360 mégavolt-ampères (MVA) au poste à haute tension de Mornaguia, un nœud majeur du réseau alimentant l’agglomération de Tunis, ainsi que l’arrivée imminente d’une seconde unité de 400 MVA. Ces deux équipements fabriqués en Chine permettront d’accroître la capacité du réseau national de transport. Et d’améliorer la stabilité de l’approvisionnement en électricité.
Bien que la mise en service du premier transformateur constitue une avancée, les experts estiment que cette infrastructure aurait dû être achevée dès 2020. Ce retard de plusieurs années illustre les difficultés rencontrées pour investir dans la modernisation du réseau national.
Renforcer la résilience du réseau de la Steg durant les mois d’été
Ce projet est désormais complété par un second transformateur de 400 MVA, qui accroîtra encore la capacité de transport d’électricité et réduira les risques de congestion lors des pics de demande. L’objectif de la Steg est de renforcer la résilience du réseau, en particulier durant les mois d’été, période où l’utilisation généralisée de la climatisation porte la consommation d’électricité à ses niveaux les plus élevés de l’année.
Sur le plan technique, un transformateur de ce type ne produit pas d’énergie, mais il joue un rôle essentiel dans le réseau de transport : il transforme les niveaux de tension entre les différentes sections du réseau électrique, augmentant ainsi la capacité de transport d’énergie et réduisant les pertes.
Une disponibilité accrue de puissance aux nœuds stratégiques permet également le raccordement de nouvelles centrales de production et une distribution plus efficace de l’électricité vers les centres de consommation.
Toutefois, les récentes coupures d’électricité enregistrées dans plusieurs régions du pays ne sont pas uniquement dues à des défaillances techniques ; elles reflètent une gestion planifiée du réseau visant à éviter un effondrement lors des pics de consommation. Ces dernières semaines, la Steg a procédé à des coupures temporaires d’électricité dans de nombreuses zones du Grand Tunis et dans d’autres gouvernorats, alors que les températures atteignaient 50 degrés Celsius, alimentant ainsi la controverse sur la capacité du système à répondre à une demande croissante.
La modernisation du réseau revêt également une importance stratégique dans le contexte de la transition énergétique de la Tunisie. Le pays accélère le développement de nouveaux parcs photovoltaïques et éoliens et vise à accroître considérablement la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique. L’augmentation de la production issue de sources intermittentes nécessite un réseau de transport plus robuste et plus flexible, capable d’absorber et de distribuer des volumes d’électricité plus importants.
Le renforcement des infrastructures électriques est également étroitement lié aux grands projets d’interconnexion internationale, notamment le câble sous-marin Elmed, qui reliera la Tunisie à l’Italie via la Sicile. L’augmentation de la capacité du réseau national est une condition nécessaire pour que le pays puisse tirer parti des futures exportations d’énergie et s’intégrer progressivement au marché de l’électricité euro-méditerranéen.
Toutefois, la question des investissements requis pour rattraper des années de retard dans la maintenance et la modernisation des infrastructures reste en suspens. L’arrivée des deux transformateurs constitue un signe concret de renforcement du réseau, mais les experts s’accordent à dire qu’un programme plus vaste d’interventions sur les lignes à haute tension, les postes électriques et les capacités de production sera nécessaire pour garantir la sécurité énergétique de la Tunisie dans les années à venir.
Améliorer la performance et la gouvernance de la Steg
Le 14 juillet, le Parlement a approuvé deux projets de loi autorisant des accords de garantie de l’État pour des prêts accordés par la Banque mondiale à la Steg, destinés à financer le programme d’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance du secteur énergétique.
Les deux accords ont été signés le 3 novembre 2025, et l’examen parlementaire a débuté le 10 juillet.
Le premier concerne un prêt de 384,8 millions d’euros (environ 1,3 milliard de dinars tunisiens) accordé à la Steg pour soutenir le programme de réforme du secteur de l’énergie. Le projet de loi a été adopté par 72 voix pour, 6 abstentions et 19 voix contre. Ce prêt, d’une durée de 43 ans incluant une période de grâce de sept ans, prévoit, outre les investissements, une série de réformes structurelles, telles que la création d’une autorité de régulation du secteur de l’énergie, l’adoption des normes internationales d’information financière (IFRS) par la Steg et le renforcement du recouvrement des créances.
Le second projet de loi autorise une garantie de l’État pour un prêt de 30 millions de dollars (environ 25,7 millions d’euros) accordé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird), agissant en tant qu’organisme d’exécution du Fonds pour les technologies propres ; ce prêt vise également à financer le programme d’amélioration de la performance et de la gouvernance de la Steg.
Lors d’une récente réunion au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie à Tunis avec des représentants du secteur, plusieurs propositions ont été présentées, notamment l’intégration de transformateurs hybrides et de systèmes de stockage par batterie, le déploiement de compteurs intelligents, la simplification des procédures administratives, l’introduction de nouvelles mesures incitatives et d’allégements fiscaux, ainsi que la mise à jour du cadre réglementaire pour encourager les investissements dans la production d’électricité à partir de sources renouvelables.
Le ministre Salah Zouari a rappelé que «la STEG a récemment publié un document technique réglementant l’installation, par les clients résidentiels, de batteries associées à des transformateurs hybrides pour les systèmes photovoltaïques, une initiative préparée ces derniers mois pour encourager le développement de l’autoconsommation énergétique».
La Tunisie vise à porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 35 % d’ici 2030 et à 50 % d’ici 2035 — contre 9 % actuellement — grâce à l’installation d’une capacité éolienne et solaire de 5 000 mégawatts.
Selon des données récemment publiées par le ministère, l’État consacre chaque année plus de trois milliards de dinars (environ 900 millions d’euros) en subventions pour couvrir une partie des coûts de production d’électricité, alors que le pays continue d’importer environ 80 % de ses besoins en gaz naturel et 10 % de sa consommation d’électricité, malgré un taux d’électrification atteignant 99 % de la population.
Le programme de réforme de la Steg, prévu jusqu’en 2028, comprend le rééquilibrage financier de l’entreprise, l’amélioration de l’efficacité commerciale et technique, le recouvrement des créances et le renforcement de la gouvernance.
Parmi les projets majeurs figurent la construction d’un corridor électrique entre le nord et le sud de la Tunisie pour favoriser l’intégration des énergies renouvelables au réseau national, la modernisation des infrastructures de distribution, l’installation de 150 000 compteurs intelligents lors de la phase initiale et l’amélioration de la qualité du service.