Tunisie. Les coupures d’électricité ont coûté au moins 1,27 milliard de dinars aux entreprises
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La réponse ne peut pas se limiter à la réparation des dégâts après coup. Elle suppose une stratégie globale, associant solutions de secours, investissements dans les énergies renouvelables et coordination entre les différents acteurs de la chaîne agricole.
C’est dans ce cadre qu’une rencontre de type « cercle de réflexion » organisé par l’IACE a été consacrée au secteur agricole, avec une attention particulière portée à l’huile d’olive et aux céréales. Elle a réuni des producteurs, des exportateurs, des financiers, des banquiers et des transporteurs, autour des perspectives 2026-2030.
Les institutions citées comprennent le ministère de l’Agriculture, l’Office des céréales et l’Office de l’huile, ainsi que celles dédiées à l’investissement extérieur.
Une chose est sûre: la nécessité dépasse le simple débat d’idées. Intervenant lors de la rencontre, Ibrahim Medini, Ingénieur général agronome et expert en diplomatie économique a rappelé l’utilité de ces espaces d’échange : « Ce cercle de réflexion doit permettre de brasser des idées et d’apprendre à travailler ensemble, ce qui est le plus important entre producteurs, exportateurs, financiers, banquiers, jusqu’aux transporteurs ».
Un ancien responsable du secteur oléicole a retracé l’évolution de la filière de l’huile d’olive, soulignant que le travail technique et structurel avait démarré il y a une cinquantaine d’années au sein de l’Office national de l’huile. À cette époque, la production moyenne tournait autour de 100 000 tonnes seulement.
Il a également évoqué la privatisation du secteur et sa participation à la nouvelle structuration de la filière. « Vu de loin, ce secteur est un point lumineux, alors que d’autres secteurs traversent une période plus sombre. J’espère que nous continuerons ainsi, de mieux en mieux », a-t-il déclaré.
Les échanges ont notamment mis en lumière l’impact indirect des coupures d’électricité sur l’agronomie et les infrastructures agricoles en Tunisie. Les interruptions ont affecté les pompes des forages et des bassins, ainsi que les stations d’épuration, perturbant la campagne d’irrigation et l’alimentation en eau des parcelles productives.
Interrogé sur les solutions d’anticipation, Mnawer Sghaier a proposé la mise en place de solutions de secours : groupes électrogènes, panneaux photovoltaïques et, dans certaines zones d’altitude, énergie éolienne. « Ce ne sont pas les solutions qui manquent. Il faut bien les étudier pour instaurer une stratégie qui nous mette à l’abri des mauvaises conséquences sur l’irrigation, et qui permette de donner à l’arbre ce dont il a besoin au moment opportun »
a-t-il expliqué.
Concernant l’impact direct de l’été, il a confirmé que les pertes étaient » loin d’être négligeables », sans pouvoir communiquer de chiffre précis lors de la rencontre.
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Sur les deux mois étudiés, la perte moyenne atteint 13 jours d’activité. Près de trois entreprises sur dix (29 %) ont perdu au moins 20 jours, l’équivalent d’un mois ouvré complet.
Les équipements ont également souffert : près des deux tiers des répondants signalent des dommages matériels, touchant surtout les moteurs, les compresseurs et les machines de production, devant le matériel informatique et les serveurs.

La perte directe de valeur ajoutée liée aux arrêts d’activité est estimée à 1 269,6 MD. L’industrie manufacturière en concentre 671,5 MD, devant les services marchands (316,1 MD) et le commerce (282,1 MD). L’IACE précise que ce chiffre ne comprend ni les dommages matériels ni les pertes de clientèle et encore moins les éventuelles pénalités, qui viennent s’y ajouter.
Sur le plan commercial, 63,5 % des entreprises déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires. Une proportion qui atteint 83 % dans l’industrie. Parmi les sociétés exportatrices, 29,4 % disent avoir manqué des délais, avec des pénalités ou une perte de client. Tandis que 8,3 % ont recouru à la sous-traitance ou à l’importation pour compenser. Par ailleurs, 30,5 % des entreprises signalent une hausse du coût de leurs intrants, alors que les hausses de prix de vente restent rares.
Avant l’été, 56 % des entreprises interrogées ne disposaient d’aucun équipement de secours. Depuis, 74 % envisagent d’investir dans les douze prochains mois pour sécuriser leur alimentation électrique : pour 18 % d’entre elles, la décision est prise, pour 56 %, le projet est à l’étude. En parallèle, 51,9 % des entreprises reportent un projet d’investissement.
Pour l’IACE, cet arbitrage fait peser un risque sur la compétitivité. Groupes électrogènes, panneaux photovoltaïques ou batteries réduisent l’exposition aux coupures, mais leur coût mobilise des ressources au détriment des investissements productifs. Et leur efficacité dépend des besoins électriques, des conditions techniques et des capacités de financement. Les perspectives restent préoccupantes : toutes les entreprises qui se sont prononcées anticipent une récurrence des tensions sur le système électrique en 2027.
Aucune entreprise interrogée n’a confirmé avoir été indemnisée. Et 1 % déclare avoir des demandes en cours ou refusées. L’IACE appelle à clarifier les procédures applicables et à distinguer les dommages déclarés, les demandes en cours, les refus et les indemnisations effectivement versées.
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