L’approvisionnement du marché en eau en bouteille est revenu à son rythme normal. Cette situation fait suite à la reprise de la production en continu dans toutes les installations, après un bref arrêt observé cette dernière semaine dans certaines usines en raison de dommages matériels causés par des coupures d’électricité.
C’est ce qu’a assuré Lassaâd Mzah, président de la Chambre professionnelle des producteurs de boissons non alcoolisées, cité par Mosaique, indiquant qu’une normalisation totale de l’approvisionnement du marché devrait intervenir d’ici le début de la semaine prochaine. Cela dépendra de la stabilité de l’alimentation électrique et d’une consommation rationnelle, a-t-il cependant averti, expliquant que les réserves stratégiques d’eau embouteillée sont généralement épuisées au cours du mois d’août, en raison de la hausse de la consommation. Par conséquent, la production quotidienne couvre — et dépasse légèrement — les besoins de consommation, sans permettre la constitution de stocks supplémentaires.
Tout en assurant que toutes les installations produisant de l’eau en bouteille fonctionnent à pleine capacité, Lassaâd Mzah a appelé la Steg à mettre fin aux coupures de courant récurrentes qui affectent les unités de production et exhorté les consommateurs à rationaliser leur rationnelle pour réduire la pression actuelle sur le marché.
Le responsable syndical a souligné, par ailleurs, que les producteurs d’eau en bouteille n’ont pas augmenté leurs prix malgré la hausse des coûts de production et du prix du plastique. Il a également démenti toute pénurie de plastique destiné à l’emballage, précisant que si certaines installations pouvaient connaître une baisse de leurs stocks, cela n’avait pas affecté le volume de production.
Il convient cependant de signaler que plusieurs commerçants, notamment les détaillants, ont profité de la pénurie de la dernière semaine pour augmenter les prix de l’eau en bouteille.
Suite à l’article publié dans votre journal et intitulé ‘‘Les menaces réelles de la stabilité tunisienne’’ de M. Elyes Kasri, je ne peux, en tant que citoyen algérien profondément attaché à l’axe Tunis- Alger, rester silencieux face à des accusations aussi graves portées contre l’Algérie. En tant que fervent partisan des relations algéro-tunisiennes, j’ai souhaité apporter un éclairage factuel, juridique et historique afin de déconstruire certaines approximations qui nuisent à une analyse sereine de la géopolitique de notre région.
Dr Abderrahmane Cherfouh *
Qu’un ancien ambassadeur, ayant exercé les plus hautes fonctions de représentation de l’État tunisien à l’étranger, se prête à un tel pamphlet à charge est particulièrement regrettable.
Une lecture lucide des relations tuniso-algériennes
Face à la récurrence d’analyses à charge tendant à ériger l’Algérie en menace pour la Tunisie, et à un discours nourri de contrevérités, d’approximations historiques, économiques et juridiques, il apparaît indispensable de rétablir les faits.
L’auteur de l’article porte, une fois de plus, des accusations particulièrement graves contre le voisin algérien. Habitué des réquisitoires à charge, il s’appuie malheureusement sur des contresens historiques et des approximations géopolitiques qui masquent les réalités de notre région.
Il me paraît indispensable de substituer l’émotion à la rigueur des faits, des traités et de notre histoire commune. Au-delà des postures individuelles, la responsabilité impose le respect des faits, du droit international et des engagements qui unissent nos deux nations.
1. Frontières terrestres – Un cadre juridique définitif et incontestable :affirmer que l’Algérie occupe des territoires tunisiens relève d’une méconnaissance flagrante du droit international.
Les frontières terrestres entre nos deux pays ne souffrent d’aucune ambiguïté. Elles ont été définitivement délimitées par l’accord du 20 mars 1970, puis consolidées par la convention du 19 mars 1983. Ce cadre juridique bilatéral a définitivement réglé les contentieux hérités de la période coloniale.
Agiter aujourd’hui le spectre d’une prétendue spoliation territoriale constitue un anachronisme qui ne repose sur aucune réalité juridique.
2. Sécurité énergétique – L’Algérie, partenaire constant et non prédateur : accuser l’Algérie de nuire à la Tunisie sur le plan énergétique est un non-sens économique. C’est exactement l’inverse qui se produit.
Grâce au gazoduc TransMed, l’Algérie fournit entre 65 % et 70 % du gaz naturel indispensable à la production d’électricité tunisienne. Ce partenariat stratégique, assorti de facilités de paiement durant les périodes de difficultés macroéconomiques, constitue le véritable poumon énergétique de la Tunisie.
On ne cherche pas à déstabiliser un pays que l’on contribue quotidiennement à alimenter en énergie.
En géopolitique, les intentions réelles ne se mesurent pas aux rumeurs, mais aux flux économiques. Fragiliser l’axe énergétique Alger-Tunis ne pénaliserait pas l’Algérie : cela infligerait une double peine à l’économie et aux consommateurs tunisiens.
3. Stress hydrique – L’impératif de la coopération face au changement climatique : imputer le stress hydrique tunisien à une prétendue volonté d’assèchement de ses ressources de la part de l’Algérie relève d’une aberration scientifique.
L’ensemble du Maghreb subit les conséquences du changement climatique. Bien loin de s’opposer sur cette ressource vitale, l’Algérie, la Tunisie et la Libye ont signé à Tripoli un accord historique visant à mettre en place un mécanisme commun de gestion des eaux souterraines du Système aquifère du Sahara septentrional. Cet accord garantit un échange transparent de données et une exploitation équitable des ressources.
Si l’on suivait le raisonnement développé dans cet article, il faudrait croire que l’Algérie consacrerait ses journées à assécher les nappes phréatiques communes tout en subventionnant le gaz qui éclaire les foyers tunisiens. Une telle contradiction ne résiste pas une seconde à l’épreuve des faits.
4. Flux transnationaux – Ne pas confondre crises subies et manœuvres politiques : réduire les phénomènes de contrebande et les flux migratoires subsahariens à de prétendues manœuvres algériennes constitue un raccourci simpliste.
La contrebande frontalière pénalise d’abord l’économie algérienne, en détournant massivement des produits fortement subventionnés par l’État, notamment les carburants et les produits alimentaires.
Quant à la crise migratoire, elle est continentale. Avec des milliers de kilomètres de frontières sahéliennes, l’Algérie en subit les effets au même titre que la Tunisie. Présenter cette réalité comme une stratégie de déstabilisation revient à occulter le rôle des réseaux criminels de passeurs ainsi que les insuffisances des politiques migratoires européennes.
5. Vérités historiques – Gafsa et la lutte contre le terrorisme : l’exercice de désinformation atteint son paroxysme lorsque l’auteur tente de réécrire l’histoire en attribuant à l’Algérie les événements tragiques de Gafsa en 1980.
Les archives historiques établissent clairement que cette agression contre la Tunisie du Président Habib Bourguiba fut organisée par le régime libyen de l’époque. L’Algérie s’y était opposée **.
De la même manière, suggérer une quelconque complaisance de l’Algérie envers le terrorisme constitue une insulte à la mémoire de toute la région.
L’Algérie a payé un tribut humain considérable durant la décennie noire pour éradiquer ce fléau. Forte de cette expérience douloureuse, elle constitue aujourd’hui un partenaire essentiel de la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme, grâce à un échange permanent de renseignements et à une coopération opérationnelle le long de la frontière commune.
Notre destin commun face aux défis du siècle
La doctrine de sécurité nationale algérienne repose sur un principe simple : une Tunisie instable constitue une menace directe pour la sécurité de l’Algérie.
Alger n’a donc aucun intérêt politique, économique ou sécuritaire à fragiliser Tunis.
L’amitié algéro-tunisienne n’est ni un slogan ni une formule diplomatique. Elle est une réalité géographique, historique et humaine, scellée notamment par le sang versé à Sakiet Sidi Youssef.
On ne badine pas avec la mémoire des martyrs.
Prétendre que l’Algérie entretient un lien avec le terrorisme revient à insulter la mémoire des militaires algériens et tunisiens tombés sous les mêmes balles, notamment dans le massif du Chaambi. La sécurité frontalière n’est pas une faveur : elle est notre tranchée commune.
Diviser pour régner demeure une vieille recette coloniale. À qui profiterait une discorde durable entre Alger et Tunis ? Certainement pas à nos deux peuples. Fragiliser notre voisinage immédiat, c’est ouvrir la porte aux ingérences étrangères qui rêvent de transformer le Maghreb en terrain de rivalités géopolitiques.
Enfin, l’auteur pousse le contresens diplomatique jusqu’à accuser l’Algérie d’exercer un prétendu chantage énergétique ou terroriste afin d’isoler la Tunisie sur la scène internationale.
Comment peut-on sérieusement prêter à Alger la volonté d’isoler un pays dont elle défend régulièrement les intérêts dans les enceintes internationales, rappelant constamment que la stabilité de la Tunisie constitue une condition essentielle de la sécurité régionale ?
Qu’un ancien ambassadeur, censé incarner la retenue, la nuance et le sens de l’État, se laisse aller à des accusations gratuites est profondément regrettable.
La diplomatie n’est ni le lieu des ressentiments personnels ni celui des invectives. Elle exige de la hauteur de vue.
En cherchant à diaboliser le partenaire algérien, l’auteur ne fragilise pas l’Algérie ; il affaiblit sa propre crédibilité et dessert les intérêts stratégiques profonds de la Tunisie.
* Médecin algérien résident au Canada.
** L’implication d’éléments de l’armée algérienne dans l’organisation de cette attaque de Gafsa a été prouvée et documentée par des historiens (NDLR).
La Tunisie a connu des coupures tournantes d’électricité et des délestages du 12 au 26 juillet. Une vague de chaleur intense faisant peser une menace sur le réseau électrique. Face à ces perturbations, qui touchent également l’approvisionnement en eau, les ménages tunisiens modifient leurs comportements d’achat et de consommation. Si certains citoyens développent des stratégies d’anticipation autonomes, les petites et moyennes entreprises décrivent une situation devenue, déclarent-elles, une menace pour l’activité économique.
Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur constate que le Tunisien commence à intégrer ces contraintes dans son quotidien et s’adapte de manière autonome. Il cite l’exemple de la difficulté actuelle à se procurer de petits générateurs électriques sur le marché. Un signe, précise-t-il, que les citoyens anticipent désormais les interruptions de courant et cherchent eux-mêmes des solutions.
Il évoque toutefois une forme de manipulation subie par le consommateur, dont les décisions d’achat seraient désormais dictées par l’influence des réseaux sociaux et des mécanismes d’ingénierie sociale. Ce qui relevait à l’origine d’un simple manque de ressources en eau et en électricité aurait ainsi été transformé en une crise profonde par la puissance des images circulant sur internet, poussant les consommateurs à stocker des quantités de produits largement supérieures à leurs besoins réels.
M. Riahi pointe par ailleurs une absence de vision proactive et de planification de la part des autorités, qui affecterait directement la stabilité du marché : le spectacle de rayons vides dans les grandes surfaces génèrerait une anxiété immédiate chez les consommateurs. Il déplore également un déficit de communication autour des coupures de services. L’absence d’explications claires, de préavis et d’accompagnement empêcherait ainsi les ménages comme les acteurs économiques, à l’image des chefs d’usines, d’anticiper l’impact sur leur activité. Cette instabilité dans la diffusion de l’information venant, selon lui, perturber l’acte d’achat et le comportement général du consommateur.
Pour réguler sainement les habitudes de consommation de la population, M. Riahi estime que seule une stratégie globale fondée sur la transparence et la diffusion d’une information fiable serait efficace.
Les entreprises, premières victimes de l’instabilité énergétique
Ces perturbations ont également des répercussions sur l’activité économique, qui rejaillissent sur le quotidien des ménages. Abderrazek Houas, porte-parole de l’Association nationale des petites et moyennes entreprises, estime que la situation ne relève plus d’un simple aléa technique mais constitue, à ses yeux, une menace existentielle pour l’économie nationale, les entreprises tunisiennes étant devenues otages d’une instabilité énergétique qu’elles ne peuvent plus absorber.
Si l’énergie solaire représente, pour lui, la solution de fond, elle demeure inaccessible faute de moyens d’investissement. Les groupes électrogènes ne seraient ainsi que des palliatifs précaires : au-delà d’une heure et demie de coupure, ces équipements risqueraient la surchauffe, voire l’incendie, mettant en péril l’intégrité des locaux.
M. Houas souligne que l’ouverture d’une entreprise génère des charges fixes immédiates, telles que le loyer et les salaires, pouvant atteindre par exemple 800 dinars par jour. Lorsque le courant fait défaut, cette somme se transforme instantanément en dette cumulée pour le lendemain, l’entrepreneur n’étant pas, affirme-t-il, en échec par manque de productivité mais par l’hostilité de son environnement.
Cette précarité est particulièrement visible dans le secteur de la pêche, où les usines de glace, dont les machines valent selon lui des milliards, préfèrent stopper toute activité et placer leurs employés en congé technique afin d’éviter des réparations coûteuses liées aux variations de tension. Privés de glace pour conserver leurs prises, les pêcheurs sont alors contraints de brader leurs produits à n’importe quel prix pour éviter qu’ils ne pourrissent.
L’impact s’étend également aux professions libérales, à l’image des cabinets dentaires, où l’absence d’électricité paralyse non seulement l’outillage de soin mais aussi la gestion informatique, rendant impossible l’accès aux dossiers des patients. Certains industriels parviennent à déplacer leur production la nuit pour honorer leurs commandes, mais cette flexibilité reste impossible pour les menuisiers ou les réparateurs de pneus, dont l’activité est liée aux horaires diurnes.
Une transition solaire réclamée face à l’inertie politique
Sur le plan politique, M. Houas constate une inertie chronique : les discours sur la transition énergétique se succèdent depuis les gouvernements de Mehdi Jomaa et de Habib Essid, sans qu’aucune réalisation concrète ne soit visible dans les administrations publiques ou les habitations. Il regrette que la Tunisie n’ait pas suivi l’exemple de pays comme l’Italie, où le gouvernement de Giorgia Meloni a choisi de subventionner le carburant pour protéger la production et le transport des fluctuations mondiales.
Pour l’association, qui a mené des visites de terrain afin de constater ces dommages, la solution réside dans une accélération massive du recours au solaire. Une telle transition permettrait, souligne M. Houas, de soulager le réseau de la STEGSTEG, notamment lors des pics de consommation de fin juillet et du mois d’août, et de garantir la continuité économique nécessaire à la survie des petites et moyennes entreprises.
Au final, Lotfi Riahi noté sur seule une information transparente et fiable permettrait de canaliser durablement ces comportements. Tandis qu’Abderrazek Houas estime que c’est une accélération du recours au solaire qui garantirait la continuité de l’activité des entreprises. Deux réponses distinctes à une même réalité : celle de foyers et d’entreprises contraints de composer, au jour le jour, avec les coupures d’électricité et d’eau.
Coupures à répétition, pertes techniques et commerciales massives, surcoût pour l’économie : les données de la STEG en disent long.
Alors que les délestages se multiplient cet été et que la demande électrique atteint des pics inédits, les chiffres publics de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) dessinent une crise structurelle.
La production d’électricité de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) a connu une trajectoire en dents de scie entre 2022 et 2026, marquée par une légère hausse en 2023 suivie d’un recul marqué en 2026.
En 2022, la STEG avait produit 18 647 GWh, selon les données consolidées du secteur. L’année suivante, en 2023, ce niveau est monté à 19 092 GWh, soit une progression d’environ 2,4%. Cette hausse s’inscrit dans un contexte où la production nationale totale a légèrement reculé au niveau global, mais où la STEG a conservé sa part dominante, représentant près de 99 % de la production électrique nationale en 2023.
Ce léger rebond en 2023 traduit surtout la poursuite d’une demande électrique structurellement croissante, alimentée par la croissance économique, l’urbanisation et le développement des usages électriques, malgré les contraintes liées à l’approvisionnement en gaz et aux capacités de production.
Un recul net en 2026
En 2026, les chiffres disponibles indiquent une production de la STEG de 7 506 GWh. Soit une chute très importante par rapport aux exercices 2022 et 2023. Cette donnée doit être lue avec précaution : certains rapports de conjoncture énergétique se réfèrent à des périodes partielles (par exemple à fin février ou fin mars) et non à l’année entière. Pour autant, même ramenée à une période partielle, la baisse observée signale des tensions sur le système électrique
Ce repli s’explique par plusieurs facteurs : contrainte d’approvisionnement en gaz naturel, dont une part importante est importée; sollicitation accrue des capacités de production et possibles déprogrammations de centrales pour maintenance ou manque de combustible; et montée en puissance, encore limitée, des énergies renouvelables et de l’autoproduction. Dans le même temps, la demande continue de progresser, avec des prévisions de consommation autour de 24 565 GWh en 2026, selon les projections de la STEG.
Enjeux pour le secteur électrique
Cette évolution contrastée met en lumière la vulnérabilité du modèle électrique tunisien, encore très dépendant du gaz naturel et des importations. Elle souligne aussi l’urgence d’accélérer les projets d’énergies renouvelables, de renforcer l’efficacité énergétique et de diversifier les sources d’approvisionnement pour garantir la sécurité énergétique et accompagner la croissance économique.
Après les récentes coupures intempestives d’électricité et d’eau en Tunisie, dues à la hausse de la consommation d’énergie en raison de la canicule et de la mauvaise gouvernance du secteur énergétique, l’économie en général et le tourisme en particulier risquent d’en être durement affectés. Par ailleurs, les changements climatiques qui s’accélèrent vont rendre encore plus difficile l’accès à l’électricité et à l’eau potable, et pas seulement durant l’été. Alors que notre pays, qui dispose d’un littoral de 1300 km et d’une moyenne de 240 jours d’ensoleillement par an, est censé ne pas manquer d’eau ni d’électricité s’il avait suffisamment de stations de dessalement de l’eau de mer et de centrales d’énergie solaire photovoltaïque. Certes, l’installation de ces systèmes coûte cher ; en revanche la consommation est presque gratuite et propre. Dans le contexte de ces problématiques, nous proposons des solutions pour baisser la consommation d’électricité et développer l’énergie solaire avec stockage dans les hôtels et les établissements touristiques.
Habib Glenza, à Lodz.
Le secteur hôtelier est réputé pour être énergivore. Selon un rapport de l’Agence de la transition écologique (Ademe) la consommation moyenne d’un hôtel en France est de 241 kWh/m2/par an.
En Tunisie, la consommation moyenne dépasse ce chiffre, entre autres pour satisfaire le client à tout prix.
La satisfaction des clients passe par le confort. En plein hiver, un vacancier s’attend à avoir un système de chauffage performant dans sa chambre d’hôtel. De la même manière, à partir d’un certain niveau de standing, la présence d’une climatisation permet de satisfaire les clients par temps de canicule. Pour apporter un bon niveau de confort aux vacanciers, le recours à l’énergie est indispensable.
Le comportement des vacanciers n’est pas le même à l’hôtel qu’à leur domicile : ils n’utilisent pas de la même manière les appareils électriques qui sont mis à leur disposition (utilisation intensive du chauffage, de l’électricité et même de l’eau).
Les bâtiments récents dédiés au tourisme possèdent une performance énergétique supérieure aux hébergements plus anciens : la rénovation énergétique de ces derniers, qui passe notamment par un renforcement de l’isolation, est un chantier de taille pour de nombreux hôtels.
La crise économique et le changement climatique imposent aujourd’hui au secteur du tourisme de modifier en profondeur ses usages afin de limiter lasurconsommation électrique. Depuis 2019, l’objectif est de favoriser la sobriété énergétique des bâtiments, ce qui exige des acteurs du tourisme une maîtrise énergétique des bâtiments
Nous présentons ci-dessous sept solutions permettent de réduire directement les factures d’électricité des établissements touristiques en Tunisie:
1. Installer un système de contrôle de la consommation électrique : pour faire des économies d’énergie, les hôtels peuvent faire installer un système de gestion des consommations électriques.
Aujourd’hui, il existe des systèmes de gestion de la consommation de l’électricité qui apportent des solutions pour maîtriser la consommation de l’électricité dans le secteur du tourisme. Ils consistent à contrôler en temps réel l’état de fonctionnement du réseau électrique et des consommations 24h/24. En cas de suspicion de surconsommation, ce système déclenche l’alarme. Ainsi, l’appareil peut détecter une consommation anormale de l’énergie dans un cottage ou une chambre en particulier. L’alimentation pourra être coupée à distance dans ce logement le temps que la cause soit identifiée (climatiseur ou chauffage allumé dans un hébergement inoccupé, etc.).
Ce dispositif peut être combiné à un autre système de gestion de la consommation de l’eau dans les hôtels permettant une maîtrise optimale de la consommation de cette précieuse denrée.
2. Équiper les hôtels avec des installations photovoltaïques et des batteries de stockage de l’énergie : dans un pays touristique qui compte en moyenne 200 jours ensoleillés par an, le recours à l’énergie solaire devient impératif. Tout d’abord elle est propre, car elle n’émet pas de gaz à effet de serre (on parle d’énergie décarbonée), parce qu’elle est gratuite et inépuisable.
Certes, l’investissement coûte cher mais la consommation est presque gratuite. En plus, elle assure une autonomie électrique à 100 % pendant la basse et moyenne saison et plus de 75 % pendant la haute saison. Il s’agit d’une technique très efficace pour réduire ses factures d’électricité.
3. Privilégier des appareils basse consommation pour équiper votre hôtel : la classe énergétique des appareils qui équipent votre établissement de tourisme peut permettre de limiter la surconsommation électrique et donc de diminuer les factures. Privilégiez des appareils électroménagers de classe A+++ qui consomment 20 à 50% de moins que les équipements A+.
4. Placer des détecteurs de présence dans les hébergements : pour éviter que les vacanciers oublient d’éteindre la lumière dans leur logement, l’installation de détecteurs de présence peut être une bonne idée. Ils peuvent également être placés dans les parties communes de l’hôtel, à l’intérieur comme à l’extérieur (parking, chemin piéton).
5. Faire le bon choix pour les luminaires intérieurs et extérieurs : privilégier l’utilisation des LED pour éclairer votre établissement de tourisme vous permettra de consommer jusqu’à 10 fois moins qu’avec des ampoules basse consommation. Pensez également à nettoyer les ampoules de temps en temps pour gagner en luminosité.
6. Intégrer vos salariés à la lutte contre la surconsommation électrique : la lutte contre le gaspillage de l’électricité commence par l’implication de votre équipe. Éteindre les équipements de bureau plutôt que de les laisser en veille, ne pas laisser la lumière allumée toute la journée à la réception alors qu’il fait jour… Ce sont parfois les petits gestes qui permettent de tendre vers de belles économies de consommation énergétique.
7. Sensibiliser les clients pour améliorer leur implication : optimiser les dépenses énergétiques dans le secteur du tourisme est possible à condition de prendre des mesures fortes pour limiter au maximum la surconsommation électrique.
Les clients peuvent également faire leur part durant leur séjour dans hôtel. En affichant les consommations électriques par individu dans l’hébergement, les vacanciers peuvent prendre conscience de leur usage de l’énergie. Une liste de conseils simples à suivre pour réduire la consommation électrique en vacances peut également être mise à disposition.
Pour tous ceux qui veulent savoir plus sur la production de l’énergie photovoltaïque avec stockage, cliquez sur ce lien.
Depuis plusieurs semaines, les coupures d’électricité à répétition se multiplient à travers le pays, plongeant usines et ateliers dans l’incertitude. Pertes de production, surcoûts cachés, image ternie auprès des partenaires étrangers, investisseurs échaudés… la facture s’alourdit et menace la confiance déjà fragile des opérateurs économiques. Foued Gueddich, président de Taste Tunisia (Agrigold international), membre du bureau exécutif de la CONECT et ancien président de la CONECT International, livre à L’Economiste Maghrébin son analyse de cette question.
Foued Gueddish déclare en préambule que les coupures répétées ont des effets directs et lourds pour les entreprises exportatrices. Il illustre son propos par le cas d’une conserverie totalement exportatrice qui livre aujourd’hui vers 26 pays. « Une commande destinée à la France a dû être reportée de plusieurs semaines à cause d’une coupure d’électricité. Ce retard a ralenti les exportations et détérioré l’engagement de l’entreprise auprès de ses clients, notamment les grandes surfaces européennes, très exigeantes sur les délais de livraison ».
Foued Gueddich rappelle entre autres que, dans la chaîne de transformation des légumes, épluchage, lavage, préparation, broyage des poivrons et des tomates, puis leur mise en bocal et pasteurisation, l’électricité est indispensable. Tout en ajoutant : « Si la pasteurisation est interrompue (par exemple en fin de journée), le produit sort du circuit et, au bout d’une heure à une heure et demie, il devient impropre à la commercialisation et doit être détruit. La perte couvre non seulement les matières premières mais aussi la main-d’œuvre et tous les intrants (huile, ail, bouchons, etc.), entraînant des coûts cachés importants qui se chiffrent parfois en milliers de dinars. »
Autrement dit, un arrêt de l’électricité provoque un blocage complet et une perte de production (downtime). En revanche, pour y remédier, au titre des critères prioritaires pour un investisseur figurent la stabilité économique, la qualité de la main-d’œuvre et la fiabilité du réseau électrique. Si ce dernier fait défaut, l’investissement n’arrive pas.
Aujourd’hui, une question s’impose : quelle serait la ou les solution(s) face aux coupures ? A cette interrogation, le président de Taste Tunisia répond que de nombreuses entreprises ont dû recourir massivement aux générateurs et aux batteries. « Cette solution de secours alourdit les coûts de production. Ce qui modifie les comportements économiques, parfois au détriment de l’efficience ».
Compte tenu de cette situation, Foued Gueddich appelle à une réforme du cadre énergétique pour améliorer les relations avec les opérateurs, rendre le secteur attractif aux yeux des investisseurs et responsabiliser les consommateurs. Il estime qu’une énergie fiable est une condition essentielle du développement industriel et de la confiance des opérateurs économiques. Tant que la situation perdure, certains investisseurs pourraient changer de cap en allant vers d’autres marchés, freinant ainsi l’attractivité économique du pays.
Ce n’est pas la solution miracle au déficit énergétique de la Tunisie, dont le taux dépasse aujourd’hui 60%, mais c’est une solution temporaire qui peut aider le pays à dépasser la crise qu’il traverse depuis deux semaines, marquée par des coupures intempestives d’électricité dues à la forte hausse de la demande dans un contexte de canicule estivale. Solutions temporaires en attendant l’entrée en production des nombreuses centrales solaires photovoltaïques en cours de construction.
La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) vient d’annoncer la mise en service d’un transformateur de 360 mégavolt-ampères (MVA) au poste à haute tension de Mornaguia, un nœud majeur du réseau alimentant l’agglomération de Tunis, ainsi que l’arrivée imminente d’une seconde unité de 400 MVA. Ces deux équipements fabriqués en Chine permettront d’accroître la capacité du réseau national de transport. Et d’améliorer la stabilité de l’approvisionnement en électricité.
Bien que la mise en service du premier transformateur constitue une avancée, les experts estiment que cette infrastructure aurait dû être achevée dès 2020. Ce retard de plusieurs années illustre les difficultés rencontrées pour investir dans la modernisation du réseau national.
Renforcer la résilience du réseau de la Steg durant les mois d’été
Ce projet est désormais complété par un second transformateur de 400 MVA, qui accroîtra encore la capacité de transport d’électricité et réduira les risques de congestion lors des pics de demande. L’objectif de la Steg est de renforcer la résilience du réseau, en particulier durant les mois d’été, période où l’utilisation généralisée de la climatisation porte la consommation d’électricité à ses niveaux les plus élevés de l’année.
Sur le plan technique, un transformateur de ce type ne produit pas d’énergie, mais il joue un rôle essentiel dans le réseau de transport : il transforme les niveaux de tension entre les différentes sections du réseau électrique, augmentant ainsi la capacité de transport d’énergie et réduisant les pertes.
Une disponibilité accrue de puissance aux nœuds stratégiques permet également le raccordement de nouvelles centrales de production et une distribution plus efficace de l’électricité vers les centres de consommation.
Toutefois, les récentes coupures d’électricité enregistrées dans plusieurs régions du pays ne sont pas uniquement dues à des défaillances techniques ; elles reflètent une gestion planifiée du réseau visant à éviter un effondrement lors des pics de consommation. Ces dernières semaines, la Steg a procédé à des coupures temporaires d’électricité dans de nombreuses zones du Grand Tunis et dans d’autres gouvernorats, alors que les températures atteignaient 50 degrés Celsius, alimentant ainsi la controverse sur la capacité du système à répondre à une demande croissante.
La modernisation du réseau revêt également une importance stratégique dans le contexte de la transition énergétique de la Tunisie. Le pays accélère le développement de nouveaux parcs photovoltaïques et éoliens et vise à accroître considérablement la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique. L’augmentation de la production issue de sources intermittentes nécessite un réseau de transport plus robuste et plus flexible, capable d’absorber et de distribuer des volumes d’électricité plus importants.
Le renforcement des infrastructures électriques est également étroitement lié aux grands projets d’interconnexion internationale, notamment le câble sous-marin Elmed, qui reliera la Tunisie à l’Italie via la Sicile. L’augmentation de la capacité du réseau national est une condition nécessaire pour que le pays puisse tirer parti des futures exportations d’énergie et s’intégrer progressivement au marché de l’électricité euro-méditerranéen.
Toutefois, la question des investissements requis pour rattraper des années de retard dans la maintenance et la modernisation des infrastructures reste en suspens. L’arrivée des deux transformateurs constitue un signe concret de renforcement du réseau, mais les experts s’accordent à dire qu’un programme plus vaste d’interventions sur les lignes à haute tension, les postes électriques et les capacités de production sera nécessaire pour garantir la sécurité énergétique de la Tunisie dans les années à venir.
Améliorer la performance et la gouvernance de la Steg
Le 14 juillet, le Parlement a approuvé deux projets de loi autorisant des accords de garantie de l’État pour des prêts accordés par la Banque mondiale à la Steg, destinés à financer le programme d’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance du secteur énergétique.
Les deux accords ont été signés le 3 novembre 2025, et l’examen parlementaire a débuté le 10 juillet.
Le premier concerne un prêt de 384,8 millions d’euros (environ 1,3 milliard de dinars tunisiens) accordé à la Steg pour soutenir le programme de réforme du secteur de l’énergie. Le projet de loi a été adopté par 72 voix pour, 6 abstentions et 19 voix contre. Ce prêt, d’une durée de 43 ans incluant une période de grâce de sept ans, prévoit, outre les investissements, une série de réformes structurelles, telles que la création d’une autorité de régulation du secteur de l’énergie, l’adoption des normes internationales d’information financière (IFRS) par la Steg et le renforcement du recouvrement des créances.
Le second projet de loi autorise une garantie de l’État pour un prêt de 30 millions de dollars (environ 25,7 millions d’euros) accordé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird), agissant en tant qu’organisme d’exécution du Fonds pour les technologies propres ; ce prêt vise également à financer le programme d’amélioration de la performance et de la gouvernance de la Steg.
Lors d’une récente réunion au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie à Tunis avec des représentants du secteur, plusieurs propositions ont été présentées, notamment l’intégration de transformateurs hybrides et de systèmes de stockage par batterie, le déploiement de compteurs intelligents, la simplification des procédures administratives, l’introduction de nouvelles mesures incitatives et d’allégements fiscaux, ainsi que la mise à jour du cadre réglementaire pour encourager les investissements dans la production d’électricité à partir de sources renouvelables.
Le ministre Salah Zouari a rappelé que «la STEG a récemment publié un document technique réglementant l’installation, par les clients résidentiels, de batteries associées à des transformateurs hybrides pour les systèmes photovoltaïques, une initiative préparée ces derniers mois pour encourager le développement de l’autoconsommation énergétique».
La Tunisie vise à porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 35 % d’ici 2030 et à 50 % d’ici 2035 — contre 9 % actuellement — grâce à l’installation d’une capacité éolienne et solaire de 5 000 mégawatts.
Selon des données récemment publiées par le ministère, l’État consacre chaque année plus de trois milliards de dinars (environ 900 millions d’euros) en subventions pour couvrir une partie des coûts de production d’électricité, alors que le pays continue d’importer environ 80 % de ses besoins en gaz naturel et 10 % de sa consommation d’électricité, malgré un taux d’électrification atteignant 99 % de la population.
Le programme de réforme de la Steg, prévu jusqu’en 2028, comprend le rééquilibrage financier de l’entreprise, l’amélioration de l’efficacité commerciale et technique, le recouvrement des créances et le renforcement de la gouvernance.
Parmi les projets majeurs figurent la construction d’un corridor électrique entre le nord et le sud de la Tunisie pour favoriser l’intégration des énergies renouvelables au réseau national, la modernisation des infrastructures de distribution, l’installation de 150 000 compteurs intelligents lors de la phase initiale et l’amélioration de la qualité du service.
Celles et ceux qui fréquentent les marchés aux poissons ont remarqué que le prix du poulpe est passé de 50 dinars 26 dinars. Est-ce une aubaine ou bien faut-il craindre un danger sanitaire ?
À cause des délestages qui ont défrayé la chronique des dernières semaines, plusieurs produits ont été décongelés par défaut de courant électrique.
Le risque existe que certains produits se retrouvent sur les marchés via des circuits opaques ou bien que d’autres produits soient recongelés.
La baisse spectaculaire des prix du poulpe pourrait s’expliquer de la sorte.
De toutes les manières, les services compétents veillent au grain mais il reste important en cette période précise de se fournir sur les marchés dûment contrôlés pour éviter toute possibilité de » recyclage » douteux.
Le président de la Chambre nationale des restaurateurs, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie , du commerce et de l’artisanat (UTICA), Islem Chaâbane, a déclaré à Mosaïque FM, ce lundi 27 juillet 2026, que les restaurateurs ont subi d’importantes pertes en raison des coupures répétées d’électricité, survenues au cours des quinze derniers jours. Selon lui, […]
Le président de la Fédération tunisienne des restaurants touristiques, Habib Ben Moussa, a affirmé, dans une déclaration à Mosaïque FM ce lundi 27 juillet 2026, que les conséquences des coupures périodiques d’électricité, survenues à la suite de la forte vague de chaleur, ont été très négatives pour les professionnels du secteur. Il a ajouté que […]
Le Pôle de distribution d’Alger, relevant de la Société algérienne de l’électricité et du gaz « Sonelgaz-istribution », a appelé, dimanche dans un communiqué, ses clients à une consommation rationnelle de l’énergie électrique durant la vague de chaleur que connaît le pays, et ce en adoptant des écogestes « simples » susceptibles d’alléger la pression sur le réseau. « Suite […]
L’été 2026 pourrait marquer un tournant dans la manière dont la Tunisie appréhende les effets du changement climatique sur son système énergétique. Entre la multiplication des vagues de chaleur, la hausse spectaculaire de la demande en climatisation et la pression croissante sur le réseau électrique, le pays fait face à des défis qui pourraient devenir récurrents dans les prochaines années.
Dans une déclaration accordée à L’Économiste Maghrébin, en marge du séminaire intitulé « Facing the Energy Crisis: Empowering Tunisian Households to Embrace Solar Energy », organisé avec le soutien de la Fondation Friedrich Naumann Tunisie, l’ingénieur en environnement et spécialiste en énergie Hamdi Hached revient sur les facteurs qui expliquent cette situation exceptionnelle et appelle à accélérer l’adaptation des infrastructures.
Cette rencontre, qui a réuni des experts, des acteurs institutionnels et des professionnels du secteur énergétique, a notamment porté sur les défis actuels liés à la crise énergétique et sur le rôle du photovoltaïque résidentiel comme levier de résilience et de transition énergétique.
Hamdi Hached note que l’année 2026 constitue une rupture dans l’évolution des phénomènes climatiques extrêmes. « En 2026, nous avons connu une situation exceptionnelle à l’échelle mondiale. Près de 62 % des surfaces terrestres ont été touchées par des vagues de chaleur, avec des températures largement supérieures aux normales saisonnières », explique-t-il à L’Économiste Maghrébin.
Cette tendance s’est également manifestée dans la région méditerranéenne et en Europe, où plusieurs épisodes caniculaires se sont succédé sur une période particulièrement courte. « En seulement 40 jours, nous avons enregistré au moins quatre vagues de chaleur importantes, avec des durées relativement longues », précise l’expert.
Au-delà de l’intensité des températures, Hamdi Hached insiste sur un changement majeur dans le calendrier d’apparition de ces phénomènes. « Les vagues de chaleur étaient auparavant principalement associées à l’été. Aujourd’hui, nous observons des épisodes de forte chaleur dès le mois de mai », souligne-t-il.
Une demande électrique dopée par l’explosion de la climatisation
Pour l’ingénieur, la situation énergétique observée en Tunisie durant l’été 2026 n’est pas une surprise totale. Elle résulte d’une accumulation de facteurs climatiques et structurels qui avaient déjà été identifiés depuis plusieurs années.
« Nous avions été alertés depuis 2013-2014 sur le risque d’atteindre une telle situation. La transition énergétique et la nécessité d’investir dans les infrastructures étaient déjà au centre des discussions », rappelle-t-il.
Parmi les phénomènes les plus préoccupants figure celui des « nuits tropicales », caractérisées par une faible diminution des températures durant la nuit. Cette absence de rafraîchissement naturel empêche les bâtiments de retrouver des températures plus supportables et accentue le recours aux équipements de climatisation.
« Normalement, la température doit diminuer pendant la nuit. Mais nous avons connu des nuits où elle est restée autour de 34, 35 voire 36 degrés dans certaines régions, avec des pointes proches de 38 degrés. Le nombre de nuits tropicales prolongées a fortement augmenté », explique Hamdi Hached.
Cette situation a eu un effet direct sur la consommation électrique. Lorsque les températures restent élevées en continu, les climatiseurs fonctionnent plus longtemps et sollicitent davantage le réseau. « Lorsque la chaleur persiste jour et nuit, la consommation des climatiseurs augmente fortement. Cela a provoqué une hausse brutale de la demande électrique », affirme-t-il.
En outre, l’expert souligne que cette demande supplémentaire a entraîné une augmentation significative de la puissance appelée sur le réseau national. « Nous sommes passés d’une capacité de pointe autour de 5 000 mégawatts à une demande supérieure, avec près de 1 000 mégawatts supplémentaires liés essentiellement aux climatiseurs », détaille-t-il.
Un phénomène qui pourrait se reproduire
Ainsi, Hamdi Hached affirme que l’épisode vécu durant l’été 2026 doit être considéré comme un signal d’alerte. Rien ne permet d’affirmer que ces conditions climatiques resteront exceptionnelles.
« Nous n’avons aucune garantie que ce phénomène ne se reproduira pas. Nous n’avons jamais atteint auparavant ce niveau de chaleur », avertit-il.
Cette évolution intervient dans un contexte où le nombre d’équipements de climatisation installés dans les foyers tunisiens continue d’augmenter. « Aujourd’hui, nous comptons environ 2,8 millions de climatiseurs et ce chiffre continue de progresser. Avec la multiplication des épisodes de chaleur, la demande de refroidissement va continuer à augmenter », estime-t-il.
L’expert ajoute également que l’évolution des besoins sociaux pourrait accentuer cette pression. « Certaines catégories sociales qui n’avaient pas accès auparavant à la climatisation pourraient chercher à s’équiper en raison des fortes chaleurs. Cela entraînera mécaniquement une nouvelle hausse de la demande », explique-t-il.
Anticiper plutôt que subir
Face à cette nouvelle réalité climatique, Hamdi Hachad estime que la Tunisie doit changer d’approche et privilégier l’anticipation plutôt que la gestion des crises ponctuelles.
« Ce phénomène est lié à l’évolution du climat de la planète. Il ne faut pas transmettre un mauvais message aux citoyens en leur faisant porter toute la responsabilité. L’enjeu est plutôt de savoir comment se préparer et comment adapter nos infrastructures », insiste-t-il.
Selon lui, les prochaines décisions d’investissement seront déterminantes. « La vraie question est : que devons-nous investir aujourd’hui pour éviter de revivre cette situation demain ? », interroge-t-il.
L’adaptation du système énergétique ne passe pas uniquement par l’augmentation des capacités de production électrique. Elle implique également une transformation profonde des modes de construction et de consommation.
L’efficacité énergétique comme première ligne de défense
Parmi les solutions envisageables, Hamdi Hachad met en avant le développement du « refroidissement passif », qui consiste à concevoir des bâtiments capables de limiter naturellement l’accumulation de chaleur.
« Il faut réfléchir à l’architecture de nos maisons, de nos bâtiments administratifs et de nos infrastructures pour réduire naturellement la chaleur accumulée », explique-t-il.
La végétalisation des espaces urbains constitue également un levier important. « Chaque arbre, chaque espace vert contribue à créer un microclimat. La baisse de température générée permet de réduire la consommation énergétique liée à la climatisation », souligne-t-il.
L’isolation thermique des bâtiments doit aussi devenir une priorité dans les politiques publiques. « Nous devons revoir notre cadre réglementaire et intégrer davantage les techniques d’isolation thermique dans les constructions futures », plaide l’expert.
Enfin, Hamdi Hached insiste sur la nécessité d’une meilleure préparation des citoyens avant les périodes de forte chaleur. « Il faut mettre en place une véritable stratégie de sensibilisation avant la saison estivale, notamment sur la rationalisation de la consommation électrique. Cela ne réglera pas toute la crise, mais cela peut contribuer à limiter les pics de demande » conclut-il.
Face aux coupures d’électricité à répétition observées ces dernières semaines, le déséquilibre entre l’offre et la demande énergétique apparaît au grand jour. Il est amplifié par la canicule et la multiplication des usages électriques. Nous avons contacté Sadok Besbes, président du groupement professionnel des Énergies Renouvelables à CONECT Tunisie, qui a dressé un diagnostic de la situation, tout en proposant des pistes de solutions.
Sadok Besbes note que la demande d’électricité atteint cet été des sommets inédits, portée par le recours généralisé à la climatisation. Ce qui crée des pics de charge concentrés sur de courtes plages horaires. « Le gestionnaire du réseau doit réagir en temps réel face à ces pointes de consommation. Quand les marges de manœuvre s’amenuisent, il n’a d’autre choix que de procéder à des délestages localisés afin d’éviter un effondrement complet du système », précise-t-il.
Un système énergétique sous pression
Ces coupures répétées ne relèvent pas d’un simple aléa technique : elles mettent en cause un modèle énergétique encore trop dépendant des énergies fossiles. Le réchauffement climatique, conjugué à une demande électrique en constante progression, fragilise davantage le système et montre les limites d’une approche qui se contenterait d’augmenter ponctuellement les capacités de production.
Un coût économique et social important
En outre, Sadok Besbes insiste sur les répercussions concrètes de ces interruptions : « Les coupures pénalisent la productivité dans l’industrie, le commerce, l’agriculture et les services, avec des arrêts de production, des pertes de matières premières, des pannes d’équipements électroniques et des surcoûts pour les entreprises. Du côté des ménages, elles compliquent la conservation des denrées alimentaires, le travail à distance, les soins à domicile et pèsent sur le quotidien, particulièrement en période de forte chaleur. »
Le solaire, l’autoconsommation et le stockage comme leviers
Notre interlocuteur souligne encore que le photovoltaïque représente une solution particulièrement adaptée. Puisque la production solaire atteint son maximum précisément pendant les journées d’été, au moment même où la climatisation fait grimper la demande. Ce qui allège d’autant la pression sur le réseau aux heures les plus critiques. L’autoconsommation, qu’elle soit résidentielle, tertiaire ou industrielle, constitue également un axe important. Car chaque bâtiment produisant une partie de son électricité réduit d’autant sa dépendance au réseau national et gagne en autonomie. Quant au stockage par batteries, il permet de conserver l’énergie captée pendant les heures d’ensoleillement pour la restituer lors des pics, tout en contribuant à stabiliser le réseau.
Miser sur l’efficacité énergétique et accélérer les réformes
Des équipements plus performants, une meilleure isolation des bâtiments, des systèmes de climatisation optimisés et une gestion plus intelligente de la consommation permettraient, estime-t-il, de réduire significativement les pics de demande sans nuire au confort des usagers. Il appelle également à accélérer les réformes destinées à favoriser le déploiement des énergies renouvelables, à alléger les démarches administratives et à encourager l’innovation dans les domaines du stockage et des réseaux intelligents.
Une question de souveraineté énergétique
Par ailleurs, Sadok Besbes souligne qu’il serait erroné de considérer les coupures actuelles comme de simples incidents liés aux vagues de chaleur. En effet, elles révèlent que la sécurité énergétique est désormais un enjeu stratégique pour la Tunisie. Diversifier les sources d’approvisionnement, consolider la résilience du réseau et miser sur des solutions décentralisées sont autant de priorités qui relèvent aussi bien de l’économie que de l’énergie. « La transition énergétique n’est plus seulement une ambition environnementale. Elle est devenue une condition essentielle de la souveraineté énergétique et du développement économique du pays » conclut-il.
En définitive, au-delà de l’urgence dictée par la canicule, ces coupures d’électricité viennent rappeler que la transition énergétique n’est plus un projet à envisager sur le long terme. Mais c’est une exigence immédiate pour garantir la résilience économique et énergétique de la Tunisie.
Dns sa politique de communication qui consiste à n’annoncer que des bonnes nouvelles, le ministère de la Santé n’a pas cru devoir communiquer le nombre de décès enregistrés dans les hôpitaux publics suite aux coupures d’électricité pendant la canicule des dix derniers jours (saura-t-on un jour leur nombre exact ?). Elle préfère communiquer sur un vague projet pour prévenir les décès par noyade. On fait ce qu’on peut…
Ce projet intitulé «Sauver des vies face aux crises liées au climat en Tunisie – Projet de prévention des noyades», lancé par le ministère de la Santé, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et avec le soutien du gouvernement japonais, vise à renforcer la prévention des accidents aquatiques et à améliorer la formation des sauveteurs.
La coordinatrice du programme, le Dr Henda Chebbi, a expliqué sur les ondes de la radio Mosaïque FM que projet «s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan national de prévention des noyades». Il prévoit, entre autres, des sessions de formation pour les sauveteurs ainsi que des activités de sensibilisation du public aux méthodes appropriées pour porter secours aux victimes sans mettre sa propre vie en danger.
Selon Mme Chebbi, l’OMS estime le décès par noyade est «la troisième cause mondiale de décès par traumatisme involontaire et, en Tunisie, de la sixième cause de mortalité, avec une incidence particulière chez les enfants et les jeunes».
Le projet implique plusieurs acteurs nationaux, notamment la Protection civile, le Croissant-Rouge tunisien, les Scouts et les Sauveteurs, dans le but de former le plus grand nombre possible d’instructeurs et de sauveteurs à court terme et de contribuer à réduire le nombre de victimes de noyade, conformément aux objectifs de l’OMS.
L’ambassadeur du Japon en Tunisie, Takeshi Osuga, a déclaré que ce projet «vise à renforcer les capacités de la Tunisie à gérer les risques sanitaires liés au changement climatique, en particulier les noyades et les vagues de chaleur». Le diplomate a émis l’espoir que cette initiative «favorisera le transfert de l’expérience japonaise en matière de gestion des catastrophes et renforcera la capacité de la Tunisie à sauver des vies».
L’Italie franchit une nouvelle étape vers un retour de l’énergie nucléaire, près de quarante ans après avoir abandonné cette filière à la suite de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni entend réintroduire le nucléaire dans le mix énergétique national. Et ce, afin de renforcer la sécurité énergétique du pays et de soutenir ses objectifs de décarbonation.
Le ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, a confirmé, mardi 28 juillet à l’Associated Press (AP), que l’exécutif prépare le cadre législatif nécessaire pour permettre le développement d’une nouvelle génération de réacteurs nucléaires. L’objectif affiché de l’Italie est de favoriser le déploiement de technologies innovantes, notamment les petits réacteurs modulaires (SMR) et, à plus long terme, les réacteurs avancés de quatrième génération.
L’Italie fut pourtant l’un des premiers pays européens à renoncer au nucléaire. À la suite de l’accident de Tchernobyl, un référendum organisé en 1987 conduisit à la fermeture progressive des quatre centrales nucléaires italiennes, la dernière cessant définitivement ses activités en 1990. Une nouvelle tentative de relance, engagée sous le gouvernement de Silvio Berlusconi, fut à son tour abandonnée après la catastrophe de Fukushima, lorsqu’un second référendum, en 2011, confirma le rejet populaire de cette technologie.
Aujourd’hui, le contexte a profondément changé. La guerre en Ukraine, les tensions sur les marchés de l’énergie et la nécessité de réduire les émissions de carbone conduisent plusieurs pays européens à revoir leur politique énergétique. Le gouvernement Meloni estime que les nouvelles technologies nucléaires offrent des garanties de sûreté supérieures aux anciennes générations de centrales. Tout en contribuant à limiter la dépendance de l’Italie aux importations d’énergie.
Selon les projections officielles, l’énergie nucléaire pourrait représenter entre 11 % et 22 % de la production nationale d’électricité à l’horizon 2050, en complément des énergies renouvelables. Rome ne prévoit toutefois pas de construire de grandes centrales classiques, mais privilégie le développement progressif de réacteurs modulaires de faible puissance, jugés plus flexibles, moins coûteux et plus rapides à déployer.
Pour préparer cette transition, plusieurs groupes industriels italiens se sont déjà mobilisés. En 2025, Enel, Ansaldo Energia et Leonardo ont créé la société Nuclitalia, chargée d’évaluer les technologies nucléaires les plus adaptées et de préparer l’émergence d’une future filière nationale.
Malgré cette volonté politique, le projet continue de susciter un débat nourri au sein de la société italienne. Si une partie des jeunes générations se montre désormais plus favorable au nucléaire en raison des préoccupations climatiques et énergétiques, une partie importante de l’opinion publique reste marquée par les souvenirs de Tchernobyl et de Fukushima, alimentant une fracture générationnelle sur cette question.
Le gouvernement devra désormais convaincre le Parlement, les collectivités locales et l’opinion publique avant que l’Italie ne puisse effectivement renouer avec une production d’électricité d’origine nucléaire, près de quatre décennies après y avoir officiellement renoncé.
Les prix de l’électricité en Europe devraient augmenter cette semaine. Une nouvelle vague de chaleur se propageant sur certaines régions du continent, stimulant la demande d’électricité et menaçant de limiter la production du parc nucléaire français.
Des températures supérieures à la moyenne sont prévues dans une grande partie de l’Europe à partir du mercredi 29 juillet. Madrid devrait atteindre 39 °C pendant plusieurs jours. Paris pourrait grimper jusqu’à 38 °C. Tandis que Berlin pourrait connaître des températures allant jusqu’à 37 °C jeudi, selon le service météorologique Vaisala.
Électricité de France (EDF) a déjà averti qu’elle pourrait réduire la production de sa centrale nucléaire de Tricastin à partir du 1er août, les fortes chaleurs du Rhône risquant d’entraîner des restrictions environnementales sur l’eau de refroidissement. Selon Bloomberg, il s’agit du premier signe que la nouvelle vague de chaleur pourrait à nouveau mettre à rude épreuve le réseau électrique européen.
Les vagues de chaleur précédentes de cet été ont démontré à quel point les températures élevées et prolongées ont pesé sur le marché européen de l’électricité. Les centrales nucléaires françaises utilisent l’eau des rivières pour leur refroidissement et la réglementation environnementale limite la quantité d’eau chaude qu’elles peuvent rejeter dans les cours d’eau. Lorsque la température de l’eau augmente, les réacteurs sont parfois contraints de réduire leur puissance pour respecter ces limites.
Par conséquent, les opérateurs anticipent une hausse des prix de l’électricité, mais pas aussi importante que lors de la précédente vague de chaleur. D’après les prévisions de Kpler, le prix de l’électricité de nuit en Allemagne devrait atteindre 265,34 euros par mégawattheure mercredi, contre un niveau déjà élevé de 216,76 euros mardi. En France, les prix de nuit devraient également se maintenir au-dessus de 200 euros par mégawattheure.
La vague de chaleur devrait également accroître la demande en électricité, les ménages et les entreprises ayant davantage recours à la climatisation. Le gestionnaire du réseau électrique français, RTE, prévoit que la demande atteindra environ 55 gigawatts vendredi midi, soit environ 6 gigawatts de plus qu’à la même heure la semaine dernière.
Les centrales nucléaires ne sont pas les seules touchées. Plus tôt cet été, les fortes chaleurs ont également réduit la production de certaines centrales à gaz, contribuant à faire grimper le prix de l’électricité à plus de 500 euros par mégawattheure.
La grave crise, presque inédite, de par son ampleur, induite par les coupures intermittentes d’électricité en pleine canicule estivale, ne doit pas nous faire oublier que nous sommes face à un problème économique, financier et énergétique qui touche un secteur stratégique. Car ces coupures drastiques ne sauront à elles-seules régler le problème structurel du déficit énergétique qui approche aujourd’hui de 70%. Ni celui, financier, de la Steg, qui, comme toutes les sociétés nationales, ne se porte plutôt mal, c’est un euphémisme.
Salah El Gharbi *
Dans une République digne de ce nom, quand il y a une crise grave qui menace la communauté nationale, il est du devoir de l’autorité publique de s’adresser aux citoyens pour les informer, les éclairer et les rassurer. Pas de galimatias, ni de propos hystériques. Il s’agit d’articuler un discours responsable qui vise à obtenir l’approbation de la population et à calmer son désarroi.
La crise qui vient d’ébranler l’action normale de la Steg et l’obliger à rationner la distribution de l’électricité est un évènement notable, grave, voire même attendu. Car, nul n’ignore que depuis des années, l’utilisation de la climatisation domestique n’était plus un luxe réservé aux classes aisées et qu’aujourd’hui, avoir un climatiseur chez soi est, de plus en plus, à la portée de la classe moyenne. Comme il est de notoriété que notre société nationale connait des problèmes de trésorerie et de provisions.
Même si l’on ne peut que comprendre le choix drastique auquel notre société publique a eu recours, pour soulager ses installations qui sont menacées par le poids d’une demande de plus en plus vorace, on ne peut que s’indigner face à l’absence d’une communication responsable qui aurait pu mieux supporter le calvaire des coupures.
En fait, il aurait suffi que le service «communication» de la société se mette au service des usagers pour les éclairer, d’une manière régulière, sur les secteurs concernés par les coupures et sur la durée. Ces informations ne peuvent que mieux calmer la frustration des usagers, tout en aidant ces derniers à mieux s’organiser et à éviter les grandes pertes matérielles occasionnées par l’arrêt aussi bien du réfrigérateur que d’autres machines domestiques.
Cette grave crise presque inédite, de part son ampleur, ne doit pas nous faire oublier que nous sommes face à un problème économique, financier et énergétique qui touche un secteur stratégique. Car ces coupures drastiques ne sauront à elles-seules régler la situation. La Steg, comme toutes les sociétés nationales, ne se porte pas bien, c’est un euphémisme. La frilosité de l’État aidant, ces sociétés, majoritairement en faillite ou presque, sont souvent sous perfusion, dans une période où les caisses de l’Etat providence sont presque vides.
Par ailleurs, tant que ces sociétés restent inféodées à l’UGTT, la centrale syndicale, tant qu’elles restent toutes dans une situation précaire, et que les politiques, qui manquent souvent de courage, se résignent, comme d’habitude, à en renflouer les caisses avec de l’argent emprunté aux institutions financières, plutôt que de chercher des partenaires privés, ces pannes d’électricité vont se poursuivre et peut se multiplier.
Une étude consacrée aux causes des coupures d’électricité et aux solutions permettant d’améliorer la stabilité du réseau électrique tunisien a été présentée lors d’une séance de travail au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Le document met notamment l’accent sur le déploiement des compteurs intelligents comme préalable indispensable à une intégration efficace des systèmes de stockage par batteries, tout en estimant que leur subvention ne constitue pas, à ce stade, une solution économiquement pertinente.
La réunion s’est tenue sous la présidence du ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, en présence du secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane. Y ont également participé le président-directeur général de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), Fayçal Trifa, le directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafaâ Bakkari, le directeur de la Transition énergétique au ministère, Abdelhamid Khalfallah, ainsi que plusieurs cadres du secteur.
Une analyse des causes des coupures
Selon les éléments présentés lors de cette séance, l’étude dresse un diagnostic des facteurs ayant contribué aux interruptions de courant observées ces dernières semaines, dans un contexte marqué par une forte hausse de la consommation électrique liée aux vagues de chaleur.
Les auteurs de l’étude estiment que l’architecture actuelle du réseau électrique tunisien ne permet pas encore d’intégrer efficacement des solutions de stockage d’énergie à grande échelle. Dans ces conditions, le recours aux batteries ne pourrait produire tous les effets attendus sur la stabilité du réseau sans une modernisation préalable des infrastructures.
Les compteurs intelligents jugés prioritaires
L’étude insiste sur la nécessité d’accélérer le déploiement des compteurs intelligents sur le réseau national. Selon ses auteurs, cette technologie constitue une étape indispensable pour permettre une gestion plus fine de la consommation et favoriser, à terme, l’intégration des batteries de stockage dans des conditions optimales.
Les participants ont estimé que ces équipements permettraient de mieux équilibrer l’offre et la demande d’électricité, tout en réduisant les risques de surcharge susceptibles de provoquer des coupures.
Des réserves sur les subventions aux batteries
Le document comporte également une analyse économique des solutions de stockage. Celle-ci conclut que le coût actuel des batteries demeure élevé et que leur impact sur la stabilité globale du réseau reste limité dans la configuration actuelle.
Pour cette raison, l’organisation ayant présenté cette étude estime qu’il n’est pas opportun, à ce stade, de mettre en place un dispositif de subventions destiné à encourager l’acquisition de systèmes de stockage par batteries.
Un débat relancé par la crise électrique
Cette réflexion intervient alors que la Tunisie fait face à une pression sans précédent sur son système électrique. Durant l’été 2026, les épisodes de chaleur extrême ont entraîné une consommation record, dépassant les 6.000 MW lors des périodes de pointe, mettant à rude épreuve les capacités de production et de transport de la STEG.
Ces dernières semaines, plusieurs coupures de courant ont été enregistrées dans différentes régions du pays. La STEG a, à plusieurs reprises, appelé les consommateurs à rationaliser leur consommation, notamment pendant les heures de forte demande, afin de limiter la pression sur le réseau.
Le débat autour des batteries de stockage s’est intensifié ces derniers mois, certains experts y voyant une solution complémentaire pour améliorer la résilience du système électrique. Toutefois, l’étude présentée au ministère considère que la priorité doit être accordée à la modernisation du réseau, notamment à travers la généralisation des compteurs intelligents, avant d’envisager un soutien financier massif aux solutions de stockage.
L’organisation ALERT a alerté, dans un communiqué publié lundi 27 juillet, sur des tensions d’approvisionnement en bouteilles d’eau minérale observées actuellement sur le marché tunisien. L’organisation précise que cette situation résulte de la combinaison de plusieurs facteurs, notamment les perturbations de la production locale liées aux coupures d’électricité et les difficultés d’approvisionnement en matières premières importées.
D’après ALERT, les interruptions répétées du courant électrique ont eu un impact direct sur l’activité des unités de production et de conditionnement d’eau minérale, entraînant un ralentissement du rythme de fabrication et une baisse des quantités distribuées sur le marché.
Des difficultés autour du PET importé
L’organisation souligne toutefois que la situation ne se limite pas aux contraintes énergétiques. Elle évoque également des difficultés rencontrées par les fabricants de plastique en Tunisie pour s’approvisionner en PET (polyéthylène téréphtalate), une matière première indispensable à la fabrication des préformes utilisées pour produire les bouteilles.
En outre, le communiqué indique que ces difficultés seraient liées à des perturbations des chaînes logistiques internationales. Les matières premières importées principalement de Chine connaîtraient des retards d’acheminement en raison de tensions affectant le transport maritime, notamment dans la zone du détroit d’Ormuz.
Un risque de tensions accrues en août
ALERT indique que, face à ces contraintes cumulées, des professionnels du secteur anticipent un risque de pénurie plus marqué dans les prochaines semaines. L’organisation rapporte que le déficit d’approvisionnement pourrait s’étendre sur une période estimée entre 15 et 21 jours à partir du début du mois d’août.
Pour ALERT, la situation actuelle illustre la vulnérabilité de certaines filières stratégiques face aux perturbations internationales, mais aussi l’impact des contraintes énergétiques nationales sur l’activité industrielle.
L’organisation appelle les autorités concernées à assurer une communication transparente afin d’informer les citoyens sur l’évolution de la situation et de limiter les comportements de stockage excessif ou les phénomènes de spéculation.
Cette alerte intervient dans un contexte marqué par des tensions croissantes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, qui affectent plusieurs secteurs dépendants des importations de matières premières.
Les restaurateurs ont subi d’importantes pertes en raison des coupures répétées d’électricité survenues au cours des quinze derniers jours —à la suite d’une intense vague de chaleur—, a affirmé le président de la Chambre nationale des restaurateurs relevant de l’Utica, Islem Chaâbane, dans une déclaration à Mosaïque FM, lundi 27 juillet 2026, ajoutant que près de 70 % des restaurants ont été touchés, enregistrant des pertes au niveau de leurs stocks de denrées alimentaires et de leurs équipements.
Les restaurateurs ayant subi des dommages sont en train de rassembler les factures et les documents attestant de leurs pertes, a indiqué Islem Chaâbane, tout en exprimant, toutefois, son scepticisme quant à une éventuelle indemnisation par les autorités publiques.
Le responsable syndical a indiqué que le secteur traverse déjà une période difficile marquée notamment par le manque de main-d’œuvre et d’autres difficultés structurelles, et appelé l’État à mettre en place des mesures préventives permettant aux restaurateurs de s’équiper en générateurs, batteries et autres dispositifs de secours afin de protéger leur activité. M. Chaâbane a notamment proposé que la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) fournisse des batteries à des prix abordables aux établissements concernés et a plaidé pour la suppression des taxes élevées sur l’importation des panneaux solaires.
Il a également préconisé l’organisation de formations destinées aux employés pour mieux faire face à ce type de risques, estimant que les pertes subies par les restaurateurs auront inévitablement un impact sur la qualité des services offerts aux consommateurs.
Par ailleurs, Islem Chaâbane a appelé à revoir le système des chèques-repas, qu’il juge responsable de pertes estimées à près de 5 millions de dinars par mois. Ces titres sont aujourd’hui utilisés pour effectuer des achats dans les grandes surfaces, alors qu’ils devraient être réservés exclusivement au paiement des repas dans les restaurants, a-t-il déploré, en proposant la création de chèques distincts pour les achats courants.
Pour sa part, Habib Ben Moussa, président de la Fédération tunisienne des restaurants touristiques (FTRT), a confirmé, le même jour et sur les ondes de la même radio, que les répercussions des coupures d’électricité intermittentes ont été très préjudiciables pour les acteurs du secteur.
Ces coupures dépassant 15 minutes ont suscité de vives plaintes de la part des touristes étrangers et locaux, ainsi que des Tunisiens résidant à l’étranger venus passer leurs vacances d’été, en raison du ralentissement et de la dégradation de la qualité du service qui en ont résulté dans ce contexte de températures caniculaires.
M. Ben Moussa a aussi confirmé la fermeture de plusieurs restaurants dans la région de Djerba — notamment en raison des perturbations causées par les coupures d’électricité — signalant que des plaintes et des doléances étaient parvenues de diverses zones touristiques, dont Djerba, Tozeur et Mahdia. Ces signalements indiquent qu’au moins 30 % des équipements des restaurants touristiques ont subi des pannes.
Une part importante des équipements — dont beaucoup sont désormais électroniques et dépendent principalement de l’électricité pour fonctionner, allant des appareils de cuisine aux téléviseurs — a été endommagée, a souligné Ben Moussa, ajoutant que la FTRT attend que cette vague de coupures électriques prenne fin avant d’évaluer les pertes qui en ont résulté.