Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 23. April 2026Haupt-Feeds

Le potentiel d’exportation tunisien vers l’Afrique évalué à 2,28 Me $US

23. April 2026 um 11:36

La Tunisie possède un potentiel d’exportation inexploité estimé à 2,28 milliards de dollars vers au moins 36 pays africains. Plus de 95 % de ces opportunités se situent sur des marchés où la Tunisie détient actuellement une part de marché faible, voire inexistante.

C’est ce qu’a déclaré Leila Baghdadi, économiste principale au Bureau de l’économiste en chef pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan à la Banque mondiale, lors d’une table ronde sur le thème «Diversifier les exportations tunisiennes vers le continent africain : opportunités, obstacles et solutions», organisée par l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE), mercredi 22 avril 2026.

Selon la co-autrice de l’ouvrage «Dynamiser le commerce intra-africain : la Zone de libre-échange continentale africaine peut-elle changer la donne ?», citée par l’agence Tap, les secteurs des machines électriques et du textile représentent la part la plus importante du potentiel d’exportation tunisien inexploité vers l’Afrique.

Mme Baghdadi a mis en lumière les contraintes structurelles qui freinent la diversification des exportations tunisiennes vers l’Afrique, notamment les coûts élevés de la logistique et des droits de douane, la faiblesse du secteur manufacturier africain, le manque d’intégration entre les pays africains, la fragmentation et l’absence d’intégration régionale, sans oublier la faiblesse du commerce intra-africain.

L’économiste a recommandé d’améliorer les infrastructures logistiques et de faciliter l’accès à l’information afin de mieux planifier les opérations d’exportation. Elle a également plaidé pour l’identification des marchés d’exportation potentiels en s’appuyant sur des outils analytiques innovants tels que le «Trade-DSM», développé en Afrique du Sud, dans le but d’aider les micros, petites et moyennes entreprises, les sociétés et les pays à identifier des opportunités d’exportation réalistes et prometteuses.

L’article Le potentiel d’exportation tunisien vers l’Afrique évalué à 2,28 Me $US est apparu en premier sur Kapitalis.

Trafic de migrants | Un rapport européen pointe la Tunisie et la Libye

23. April 2026 um 10:41

Le rapport intitulé «Trafic de femmes orchestré par l’État : violences sexistes et vente de migrants noirs de Tunisie vers la Libye» a été présenté, mercredi 22 avril 2026, au Parlement européen. Ce document a été préparé par RR(x), un groupe de recherche international qui a souhaité conserver l’anonymat et utiliser un pseudonyme collectif.

«Ce rapport met en lumière un système de trafic d’êtres humains, une chaîne de vente organisée de migrants entre la Tunisie et la Libye. L’État tunisien, avec la contribution et le financement de fonds européens, joue un rôle clé dans ce contexte : des couloirs humanitaires doivent être ouverts, des enquêtes indépendantes doivent être menées et, surtout, la Tunisie ne peut être considérée comme un pays sûr», a commenté Ilaria Salis, députée européenne AVS, en marge de la conférence de presse de présentation du rapport au Parlement européen.

S’appuyant sur 33 entretiens avec des victimes d’expulsions et de traite des êtres humains, le rapport couvre la période de juin 2023 à décembre 2025. «Nous sommes confrontés à une traite criminelle orchestrée par des États», a souligné Leoluca Orlando, député européen du groupe AVS. «L’externalisation des politiques migratoires contribue clairement à alimenter ce type de criminalité : maintenant que le rapport est publié, l’Union européenne ne peut plus rester silencieuse», a-t-il ajouté.

Les témoignages ont permis d’estimer qu’entre juin 2023 et décembre 2025, environ 7 400 personnes ont été victimes de ce trafic, un chiffre probablement sous-estimé car il ne prend en compte que les opérations directement documentées, souligne le rapport qui identifie les plaques tournantes clés de ce trafic d’êtres humains en Tunisie et en Libye. Les victimes sont soumises à l’extorsion et à l’esclavage. Pour les femmes, le sort est souvent la prostitution forcée, considérée comme le seul moyen de «rembourser la dette» contractée auprès des trafiquants.

Selon Ilaria Salis, «ce qui se dessine n’est pas une série d’incidents isolés, mais un système de trafic d’êtres humains, une chaîne organisée de capture, de déportation et de trafic d’êtres humains à travers la frontière entre la Tunisie et la Libye, qui touche particulièrement les femmes, les exposant à des violences systématiques, au viol et à l’exploitation.»

I. B.

Sources : Eunews et Ansamed.  

L’article Trafic de migrants | Un rapport européen pointe la Tunisie et la Libye est apparu en premier sur Kapitalis.

Terna soutient les startups énergétiques en Tunisie

23. April 2026 um 10:08

Depuis Tunis, Terna (Rete Elettrica Nazionale), l’entreprise italienne de transport d’électricité, relance sa stratégie d’innovation dans le secteur de l’énergie, en mettant l’accent sur les startups, la formation spécialisée et la coopération technologique avec l’écosystème tunisien.

La deuxième édition du Sommet de l’Innovation Terna s’est tenue, mardi 21 avril 2026, au Startup Village Menzah. Des acteurs tunisiens et internationaux y ont participé, ainsi que Terna Forward, le fonds de capital-risque du groupe italien.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Terna Innovation Zone à Tunis, inauguré en janvier 2025 et premier pôle d’innovation du groupe en Afrique.

Selon l’entreprise italienne, le hub tunisien a été conçu pour soutenir l’entrepreneuriat local, renforcer l’expertise du secteur énergétique et favoriser le développement de technologies utiles à la transition, en étroite collaboration avec le partenariat industriel entre Terna et la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg).

La présentation du rapport «Innovating the Grid Africa 2026», réalisé par Terna en collaboration avec Mind the Bridge, a été particulièrement remarquée. Ce document offre un panorama actualisé du paysage énergétique africain, mettant en lumière les enjeux critiques d’infrastructure auxquels sont confrontés les réseaux électriques, le dynamisme croissant des startups et le rôle de plus en plus important des partenaires internationaux dans les programmes de transition énergétique.

Ce sommet confirme ainsi le rôle de la Tunisie comme plateforme méditerranéenne pour le pilotage d’un modèle alliant innovation ouverte, soutien aux entreprises émergentes et diplomatie industrielle.

En 2025, Terna avait déjà sélectionné cinq startups tunisiennes, dont Kumulus Water et Kamioun, dans le cadre de son programme d’accompagnement, et a poursuivi ces dernières semaines ses activités de mise en réseau avec les incubateurs et les centres de compétitivité locaux.

Pour 2026, le ministère tunisien de l’Industrie annonce que DeepVolt, Amperan Technologies, Orbita, ProVerdy et Pixii Motors ont été sélectionnées.

Stratégiquement, cette opération est liée au projet Elmed, l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, que la Commission européenne considère comme une infrastructure clé pour l’intégration des réseaux électriques nord-africain et européen et l’accélération du développement des énergies renouvelables en Tunisie.

Elmed est une liaison sous-marine à courant continu de 600 mégawatts, destinée à renforcer la sécurité énergétique, les échanges d’électricité et l’intégration du marché.

I. B.

L’article Terna soutient les startups énergétiques en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Inkyfada dans le collimateur de la justice ?

23. April 2026 um 09:29

Selon des sources proches de sa direction, le journal électronique tunisien Inkyfada serait menacé de disparition. Ses éditeurs auraient appris l’intention des autorités judiciaires de dissoudre l’association qui publie ce journal indépendant réputé pour sa rigueur et son sérieux, et ce sur une demande du gouvernement.  

En attendant d’en savoir davantage sur les dessous de cette affaire et sur les raisons qui auraient amené le gouvernement à vouloir dissoudre l’association éditrice d’Inkyfada, on ne peut qu’être solidaires avec nos consœurs et confrères journalistes et défendre leur droit d’exister comme un média indépendant, réputé pour son sérieux et sa rigueur.

Créé en 2014 par une équipe de journalistes, développeurs et graphistes, Inkyfada est disponible en français, arabe et anglais. Il est édité par l’association Al Khatt, qui a les mêmes fondateurs et cherche à promouvoir la liberté de la presse et d’expression en Tunisie.   

I. B.

L’article Tunisie | Inkyfada dans le collimateur de la justice ? est apparu en premier sur Kapitalis.

“La philosophie comme art de vivre”, selon Frédéric Lenoir

23. April 2026 um 08:23

Mardi soir, 21 avril 2026, La Marsa s’est voilée dans un brouillard inhabituel, presque irréel pour cette fin d’avril tunisienne. Un voile dense recouvrait les contours du monde, comme si la réalité elle-même hésitait à se laisser immédiatement saisir. Un flou où voir ne suffit plus. Une injonction silencieuse à regarder autrement, dans un monde où la visibilité ne garantit plus la compréhension. C’est dans ce décor, entre opacité et perception, que s’est tenue au Zéphyr la conférence de Frédéric Lenoir, intitulée «La philosophie comme art de vivre». Une salle comble y posait, sans le dire, une question simple et vertigineuse : comment vivre, vraiment ?

Manel Albouchi

Né en 1962 à Madagascar, Frédéric Lenoir est à la fois philosophe, sociologue et écrivain. Formé à la philosophie et spécialiste du dialogue entre spiritualité et modernité, il a consacré son œuvre à rendre accessibles les grandes traditions de sagesse. Auteur de plus d’une cinquantaine d’ouvrages, traduits dans une vingtaine de langues et vendus à plusieurs millions d’exemplaires, il s’impose aujourd’hui comme l’une des voix majeures de la pensée contemporaine sur le sens, le bonheur et la spiritualité. Parmi ses livres les plus marquants figurent : ‘‘Petit traité de vie intérieure’’, ‘‘L’Âme du monde’’, ‘‘La Puissance de la joie’’, ‘‘Le miracle Spinoza’’, ‘‘Young un voyage vers Soi’’, ‘‘Socrate, Jésus et Buddha’’… et son dernier ‘‘Les 5 piliers de la sagesse’’.

Entre les références à la psychologie, à la philosophie grecque, aux traditions spirituelles, aux pensées plus contemporaines et aux sagesses orientales, une cohérence se dessine. Non pas une fusion des savoirs, mais une circulation entre eux. Frédéric Lenoir n’a pas choisi entre les mondes, mais tente de les relier sans les confondre. Et ce qui en sort est une cohérence intérieure, sans fusion ni séparation.

Une époque en quête de sens

Nous vivons dans un temps paradoxal : tout est dit, tout est visible, tout est accessible… et pourtant, quelque chose manque. Ce manque n’est plus seulement intellectuel. Il est existentiel. Face à la saturation du discours et à la fatigue du bruit, la question du sens revient avec insistance : comment habiter une époque fragmentée sans s’y dissoudre ?

Dès l’ouverture de sa conférence, Frédéric Lenoir propose une distinction structurante entre religion et spiritualité : la première organise et inscrit dans une forme collective, la seconde engage une transformation intérieure et une expérience du lien. Entre les deux, une tension demeure : Comment tenir une forme sans s’y enfermer ? Comment chercher sans se disperser ?

Dans un monde traversé par les guerres, les oppositions et les radicalisations, la tentation est forte de réduire le réel à des binarités simples : bien et mal, vrai et faux, nous et eux. Mais cette simplification est une impasse. La réalité humaine est faite de polarités, non de séparations figées. Le danger commence lorsque ces polarités cessent d’être vivantes pour devenir rigides. C’est dans cet espace de tension que se joue aujourd’hui une part essentielle de notre maturité collective.

Une architecture de la sagesse

La conférence s’est structurée autour des cinq piliers de la sagesse développés dans le dernier ouvrage de Frédéric Lenoir (Éditions Albin Michel). Ces piliers dessinent moins une théorie qu’une discipline intérieure.

1. La connaissance : il ne s’agit pas d’accumuler des savoirs, mais de se défaire des illusions. Socrate en avait fait une exigence fondatrice : se connaître ne signifie pas se définir, mais se questionner sans relâche. Cette démarche implique une traversée intérieure, lente et souvent inconfortable, où l’on perd certaines certitudes pour gagner une forme de liberté plus lucide.

2. L’amour : de Jésus à Ibn Arabi, l’amour apparaît comme une voie d’unification. Mais il ne s’agit pas d’un idéal abstrait. L’amour véritable suppose une lucidité sur ses propres zones d’ombre : jugements, projections, conflits internes. La violence du monde n’est pas seulement extérieure. Elle est aussi le prolongement d’une conflictualité intérieure non reconnue. Aimer, dans cette perspective, ne signifie pas idéaliser. Cela signifie devenir entier.

3. L’éthique rappelle que la liberté ne peut exister sans structure. Loin d’un retour moraliste, elle désigne une intériorisation de la loi : non plus imposée de l’extérieur, mais intégrée comme repère vivant. Elle permet de tenir ensemble rigueur et souplesse, sans basculer ni dans la démesure ni dans le dogmatisme.

4. La présence : dans l’esprit de Michel de Montaigne, elle consiste à vivre ‘à propos’, à habiter le présent sans fuite, à ne pas se perdre dans l’avant ni dans l’après. Mais cette présence est rare. Car nous vivons souvent ailleurs : dans l’anticipation, la correction, l’inquiétude, ou la fuite… dans l’anxiété et les attachements insécures.

5. L’acceptation, avec Épictète et Friedrich Nietzsche, ouvre à un «oui» au réel. Non pas un oui résigné ou passif, mais un oui transformateur. Qui prends ce qui est donné, même l’épreuve, et le convertit en matière de conscience.

Le bonheur : une conséquence, non une conquête

Dans cette perspective, le bonheur n’est pas présenté comme un but. Mais comme un effet secondaire. Celui d’une vie qui cesse de fuir : fuite de soi, fuite du réel, fuite de la contradiction.

Ce qui s’est joué avant-hier soir dépasse le cadre d’une conférence. C’est une certaine manière d’habiter le monde qui s’est donnée à entendre. Une manière qui refuse la simplification, qui accepte la complexité, et qui tente, modestement, de réintroduire du lien dans un espace fragmenté.

L’article “La philosophie comme art de vivre”, selon Frédéric Lenoir est apparu en premier sur Kapitalis.

Trump – Al Khayyat | Une amitié affairiste américano-syrienne

23. April 2026 um 08:09

Les frontières poreuses voire tout simplement inexistantes entre relations internationales et business familial ne sont plus l’apanage des pétromonarchies du Golfe, c’est devenu le mantra de la famille Trump. Le mélange des genres ne semble aucunement déranger le clan du président américain. Cela a un seul nom : corruption à la plus haute sphère de l’Etat. C’est à se demander si les Etats-Unis sont encore un modèle de démocratie dont on puisse s’inspirer ans le reste du monde. (Photo: Moataz et Ramez Khayyat à Doha, au Qatar).

Imed Bahri

Le New York Times a enquêté sur les tentatives de la famille syrienne Khayyat d’influencer la politique étrangère américaine alors qu’elle était, parallèlement, en pleines négociations commerciales avec la famille Trump. C’est là une pratique de plus en plus fréquente du second mandat du président Trump. 

Le journal américain rapporte que l’été dernier, le membre de la Chambre des représentants Joe Wilson, républicain de Caroline du Sud, écoutait attentivement, depuis son bureau du Capitole, des investisseurs du Moyen-Orient présenter par visioconférence leurs plans pour un projet immobilier côtier en Syrie. Ces plans incluaient un port pour les navires de croisière, un club de polo, une concession Bugatti et un parcours de golf conforme aux standards internationaux, le tout dans un pays récemment ravagé par la guerre civile.

Un complexe hôtelier portant le nom de Trump   

Mais ce n’était pas tout. Pendant que Mohamad Al Khayyat, l’influent homme d’affaires syrien, présentait le projet, ses frères obtenaient des milliards de dollars de contrats gouvernementaux pour reconstruire de larges pans de l’économie syrienne dévastée. Mais les Khayyat avaient besoin d’une faveur majeure du Congrès, appuyée par le président Trump : la levée des sanctions paralysantes imposées à la Syrie du temps de Bachar Al-Assad. 

À cette époque, Wilson, ancien avocat spécialisé dans l’immobilier et partisan de la levée des sanctions, a fait une proposition pragmatique au clan Khayyat. Connaissant le narcissisme de Trump et le fait qu’il adore que son ego soit flatté, il proposa que le parcours de golf porte le nom du président américain. 

Cependant, Mohamad Al Khayyat l’a déjà devancé en annonçant son intention de proposer que tout le complexe hôtelier soit sous la marque Trump.

Ivanka Trump et Jared Kushner à la manœuvre

Parallèlement, ses deux frères aînés négociaient un partenariat immobilier d’envergure avec Ivanka Trump, la fille aînée du président, et Jared Kushner, son époux, afin de contribuer au financement d’un complexe hôtelier de plusieurs milliards de dollars en Albanie.

Ce flou entre affaires personnelles et diplomatiques, courant dans les pays du Moyen-Orient, est également devenu le modus operandi de Washington durant le second mandat de Trump.

Les discussions d’affaires impliquant la famille du président, qu’elles soient ambitieuses comme le projet de parcours de golf ou pragmatiques comme le projet Kushner, sont systématiquement liées à des décisions politiques cruciales ou à des négociations internationales déterminantes.

Le NYT affirme que cela témoigne également du pouvoir de Trump, car pour faire avancer les choses dans la capitale fédérale, il faut non seulement éviter de s’attirer les foudres d’un président vindicatif et imprévisible mais aussi l’apaiser autant que possible. Il en résulte un système perverti de clientélisme où des investisseurs versent des millions de dollars aux projets favoris du président ou investissent aux côtés de la famille Trump, espérant ainsi servir leurs ambitions politiques, même sans demande explicite.

Cependant, la Maison-Blanche et la Trump Organization maintiennent qu’elles n’étaient pas au courant du projet de complexe de golf de Trump en Syrie et la Trump Organization affirme qu’aucune discussion à ce sujet n’était en cours.

Les responsables de la Maison Blanche ont nié toute suggestion selon laquelle les discussions immobilières impliquant la famille Trump auraient eu un quelconque impact sur les choix de politique étrangère du président concernant la Syrie. La famille Khayyat a déclaré que son partenariat financier avec Kushner était sans lien avec les efforts de levée des sanctions.

Les législateurs des deux partis ont soutenu la levée des sanctions pour permettre à la Syrie d’obtenir les centaines de milliards de dollars nécessaires à la reconstruction du pays sinistré. Trump lui-même a soutenu la levée des sanctions au début de son mandat actuel et il l’a fait temporairement au printemps de l’année dernière.

La proposition de baptiser le parcours de golf au nom de Trump fait désormais partie d’un effort de lobbying au Capitole, montrant à quel point le simple fait d’exploiter le nom de Trump est devenu politiquement utile pour certaines questions.

Mohamad Al Khayyat s’est rendu à Washington avec une pierre commémorative spéciale du parcours de golf proposé, gravée de l’emblème de la famille Trump, et la présentant à Wilson dans son bureau de Capitol Hill pour qu’il la remette à la Maison-Blanche. Khayyat s’est ensuite joint à des réunions avec d’autres législateurs pour faire pression en faveur de l’abrogation des sanctions. Quelques semaines plus tard, la loi d’abrogation permanente a été approuvée par le Congrès et Trump l’a promulguée fin décembre.

Le journal indique que la relation entre la famille Trump et Al Khayyat remonte à 2022, lorsqu’Ivanka Trump et Jared Kushner, alors qu’ils étaient au Qatar pour assister aux matchs de la Coupe du monde de football, ont rencontré la famille syrienne et ont dîné au restaurant Carbon Doha, une succursale du célèbre restaurant new-yorkais, situé sur une île surplombant l’horizon de Doha. Ce restaurant ainsi que tous les restaurants de la même rue appartiennent à Ramez Al Khayyat et à sa famille et sont situés sur une île artificielle que la famille a construite en seulement six mois, à la demande de la famille royale qatarie pour créer un espace de divertissement pour la Coupe du monde de football.

Kushner a récemment bénéficié du soutien des fonds souverains du Moyen-Orient, y compris des fonds du Qatar, pour créer une société d’investissement privée d’une valeur de 3 milliards de dollars, après avoir servi à la Maison-Blanche pendant le premier mandat de Trump.

Ramez et ses frères se sont installés définitivement au Qatar en 2011 et y ont connu du succès mais ils n’ont en aucun cas abandonné leur espoir de retourner en Syrie. La situation a changé fin 2024, lorsque Bachar Al-Assad a été évincé et que Trump est revenu à la présidence.

Les Khayyat invités à l’investiture de Trump

Quelques semaines plus tard, Ramez et son frère aîné, Moataz, se rendaient à l’investiture de Trump. À Washington, pour les festivités, les Khayyat rencontrèrent les parents de Jared Kushner, ainsi que Michael Boulos, époux de la plus jeune fille du président, Tiffany Trump, et le père de ce dernier, Massad Fares Boulos, qui avait contribué à coordonner les efforts de mobilisation des électeurs syro-américains lors de la campagne de réélection de Trump, comme en témoignent des photos publiées sur les réseaux sociaux.

Le même mois, les Khayyat se rendirent à Damas pour rencontrer le nouveau président syrien, Ahmed Al-Charaa, qui venait de prendre le pouvoir dans un pays en ruines et dont les infrastructures nécessitaient une reconstruction urgente.

Les Khayyat et leurs partenaires ont obtenu un contrat de 4 milliards de dollars pour reconstruire l’aéroport délabré et en faire une plaque tournante essentielle au Moyen-Orient, ainsi qu’un autre contrat de 7 milliards de dollars pour la construction de quatre centrales électriques au gaz naturel. Ils ont également négocié un troisième accord avec Chevron pour développer des sites de forage de gaz naturel en mer Méditerranée, au large des côtes syriennes.

Tom Barrack, envoyé spécial du président américain pour la Syrie, a apporté son soutien aux frères Khayyat et leur a réaffirmé l’appui de l’administration Trump à leurs projets. Le long de la côte syrienne, Mohamad Al Khayyat travaille à son projet de construction d’un terminal de croisière et d’un complexe hôtelier, comprenant le parcours de golf sous la marque Trump, un projet qui devait être réalisé sur des terres contrôlées par le gouvernement syrien. Le NYT a relevé que les efforts de lobbying entrepris pour obtenir le soutien du Congrès à la levée des sanctions ont inclus notamment des vols gratuits vers la Syrie à certains membres du Congrès. La levée des sanctions a également reçu un large soutien de la part des groupes syro-américains et de certains parlementaires, qui ont fait valoir qu’une telle mesure dynamiserait la reprise économique de la Syrie en encourageant les investissements étrangers après le départ du président Assad.

L’article Trump – Al Khayyat | Une amitié affairiste américano-syrienne est apparu en premier sur Kapitalis.

Un siècle de féminisme en Tunisie | Rendre visible les invisibles

23. April 2026 um 07:25

Il est des livres qui accompagnent leur époque, et d’autres qui la bousculent doucement en lui rappelant ce qu’elle a choisi d’oublier. Le ‘‘Dictionnaire des féministes. Tunisie, un siècle de féminisme’’ (éd. Santillana, Tunis, 2026), ouvrage collectif dirigé par l’historienne Dalenda Larguèche, appartient à cette seconde catégorie. À la fois somme historique, geste mémoriel et intervention dans le débat public, cet ouvrage vient combler un vide ancien : celui de la place des femmes, et plus précisément des luttes féministes dans le récit national tunisien.

Abdelhamid Larguèche *

Il faut bien partir de ce constat simple : l’histoire officielle, telle qu’elle a longtemps été transmise, a laissé peu de place aux femmes en tant qu’actrices à part entière. Elles apparaissent en creux, en arrière-plan, rarement au centre. Et lorsqu’elles y figurent, c’est souvent sous la forme d’exceptions, de figures isolées, presque détachées de toute dynamique collective. Le mérite premier de ce dictionnaire est précisément de rompre avec cette logique de l’exception pour restituer une continuité, une densité, une pluralité.

Une cartographie inédite des engagements

À travers plus d’une centaine de notices biographiques et une série d’entrées thématiques, le livre compose une véritable cartographie du féminisme tunisien sur près d’un siècle. On y croise des pionnières de l’émancipation, des militantes de l’indépendance, des figures du monde associatif, des intellectuelles, des artistes. Mais surtout, on y découvre des trajectoires parfois méconnues, des engagements discrets, des formes d’action qui ne relèvent pas toujours du militantisme classique mais qui ont, chacune à leur manière, contribué à transformer les normes sociales.

C’est là l’un des apports les plus précieux de l’ouvrage : montrer que le féminisme ne se réduit pas à quelques grandes figures ou à quelques moments spectaculaires, mais qu’il s’inscrit dans une multitude de pratiques, de prises de parole, de résistances souvent invisibles. En cela, le dictionnaire ne se contente pas de documenter une histoire ; il en change le regard.

Il faut aussi saluer l’effort de mise à disposition. Dans un champ longtemps réservé aux spécialistes, le livre parvient à rester accessible sans renoncer à la rigueur. Il peut être lu par un large public, sans sacrifier la complexité des enjeux. Cette volonté de transmission est essentielle : elle permet de faire sortir l’histoire du féminisme du cercle académique pour l’inscrire dans un horizon plus large, celui du débat citoyen.

Une définition du féminisme à l’épreuve

Mais un tel projet, par son ampleur même, ne peut éviter certaines tensions. Et c’est peut-être dans ces tensions que réside son intérêt critique.

La première tient à la définition du féminisme adoptée par l’ouvrage. En optant pour une approche large et inclusive, les auteurs ont fait le choix d’englober des figures aux engagements très variés, parfois indirects. Cette ouverture a une vertu évidente : elle permet de rendre justice à des parcours qui, sans se revendiquer explicitement du féminisme, ont néanmoins contribué à faire évoluer la condition des femmes.

Mais elle soulève aussi une question : à partir de quel moment parle-t-on de féminisme ?

En élargissant le périmètre, ne risque-t-on pas de diluer ce qui fait la spécificité du féminisme comme projet critique, comme contestation structurée des rapports de pouvoir ? Autrement dit, à vouloir inclure, ne court-on pas le risque de perdre en lisibilité ce que l’on gagne en exhaustivité ?

L’ombre portée du «féminisme d’État»

Une deuxième tension traverse l’ouvrage : celle du rapport à l’État. L’histoire tunisienne est marquée par un phénomène singulier souvent qualifié de «féminisme d’État», notamment à partir de l’indépendance. Les réformes juridiques, en particulier le Code du statut personnel, ont constitué des avancées majeures, faisant de la Tunisie un cas à part dans la région.

Le dictionnaire rend compte de cette dynamique, mais il en laisse en retrait les ambivalences. Car ce féminisme porté par le haut s’est accompagné d’un encadrement strict du champ associatif et d’une limitation de l’autonomie des mouvements féminins. Les droits ont été accordés, mais dans un cadre contrôlé. L’émancipation a été promue, mais sans toujours accepter la contestation.

Cette contradiction, pourtant centrale, aurait mérité d’être plus frontalement interrogée, tant elle structure en profondeur l’histoire du féminisme tunisien.

Une histoire qui s’arrête au seuil du présent

Une troisième interrogation tient au découpage chronologique. En choisissant de s’arrêter à la veille de 2011, l’ouvrage opte pour une prudence méthodologique compréhensible : la période postrévolutionnaire, encore en cours, nécessite sans doute un autre type d’analyse. Mais ce choix laisse le lecteur à la lisière d’un moment décisif.

Car depuis 2011, les questions féministes ont connu en Tunisie de profondes recompositions : diversification des acteurs, renouvellement des formes de mobilisation, émergence de nouveaux enjeux. En creux, le dictionnaire fait apparaître la nécessité d’un prolongement, d’une seconde étape qui viendrait éclairer ce présent encore mouvant.

Un livre qui ouvre plus qu’il ne conclut

Faut-il voir dans ces limites des faiblesses ? Ce serait aller trop vite. Elles sont aussi le signe d’un ouvrage qui ne cherche pas à clore le débat, mais à l’ouvrir. Car le ‘‘Dictionnaire des féministes’’ ne prétend pas livrer une vérité définitive. Il propose une base, un socle, un point de départ.

Dans un contexte où les questions liées aux droits des femmes continuent de susciter débats et tensions, où les acquis sont parfois présentés comme allant de soi ou, à l’inverse, remis en question, rappeler l’histoire des luttes est un acte profondément politique. Non pas au sens partisan, mais au sens où il s’agit de redonner de la profondeur au présent.

En redonnant des noms, des parcours, des voix à celles qui ont fait bouger les lignes, ce dictionnaire nous rappelle une chose essentielle : rien n’a été donné, tout a été conquis. Et ce qui a été conquis peut toujours être rediscuté, transformé, prolongé.

«Un livre qui n’achève pas l’histoire, mais qui oblige, désormais, à ne plus jamais l’écrire sans elles.»

* Historien, membre du Conseil scientifique du dictionnaire.

L’article Un siècle de féminisme en Tunisie | Rendre visible les invisibles est apparu en premier sur Kapitalis.

Gestern — 22. April 2026Haupt-Feeds

Ammar Dhaia | «Même la chakcouka est devenue hors de prix»

22. April 2026 um 13:46

Le président de l’Organisation tunisienne de défense des consommateurs (OTDC), Ammar Dhaia, a souligné la nécessité de mettre fin à la manipulation des prix par le biais des monopoles et de la spéculation, en appliquant rigoureusement la loi et en garantissant la transparence des circuits de distribution.

Commentant la hausse des prix sur le marché tunisien, et notamment ceux des produits alimentaires (viandes, légumes, fruits…), lors de son passage dans l’émission ‘‘Houna Tounes’’ sur Diwan FM, mercredi 22 avril 2026, M. Dhaia a affirmé que les boycotts pouvaient constituer un outil efficace pour lutter contre la hausse des prix.

Selon lui, des tentatives de manipulation psychologique des consommateurs ont été observées, notamment par la fixation anticipée de prix exorbitants, croyant pouvoir contrôler les prix et le marché grâce à de telles pratiques.

Le directeur de l’OTDC a évoqué les plaintes des consommateurs concernant les prix exorbitants de la viande, du poisson et des fruits, et même des légumes, notamment des poivrons et des tomates. «Même la chakchouka est touchée par ces hausses de prix», a-t-il lancé.

Tout en insistant sur la nécessité de ne pas accabler les consommateurs par les pratiques monopolistiques, M. Dhaia a toutefois souligné que le prix des tomates avait légèrement baissé ces derniers jours, atteignant désormais 3,4 dinars le kilogramme, mais qu’il restait élevé pour les ménages à revenus moyens et faibles.

La chakchouka est une sorte de poêlée de poivrons ou de piments verts ou rouges, de tomates et d’oignons auxquels sont ajoutés, en fin de cuisson, des œufs. Elle a longtemps été considérée en Tunisie comme le plat du pauvre, parce qu’elle ne contient ni viande ni poisson. Mais elle est devenue, elle aussi, hors de portée des familles à faible revenu.

I. B.

L’article Ammar Dhaia | «Même la chakcouka est devenue hors de prix» est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Vers la recharge des nappes phréatiques en voie d’épuisement

22. April 2026 um 10:18

Le projet international de recherche et d’innovation pour la protection et la réhabilitation des ressources en eaux souterraines, et plus particulièrement par la recharge contrôlée des aquifères, est en phase avancée de traitement des eaux usées par impression 3D.

C’est ce qu’a indiqué le professeur Atef Jaouani, de l’Institut supérieur des sciences biologiques appliquées de Tunis (Issbat, Université de Tunis El Manar), dans une déclaration à l’agence Tap, en marge de l’assemblée générale annuelle du projet, qui se tient à Tunis les 21 et 22 avril 2026, ajoutant que les premiers résultats de laboratoire étaient positifs et encourageants, et confirment la possibilité d’améliorer la qualité de cette eau traitée et d’envisager ainsi sa réutilisation future pour le réapprovisionnement des réserves d’eaux souterraines.

M. Jaouani a expliqué que ce projet, lancé il y a quatre ans et dont l’achèvement est prévu pour novembre 2026, est financé par l’Union européenne (UE) à hauteur d’environ 4 millions d’euros. Il réunit 11 partenaires issus de sept pays (Tunisie, Portugal, Italie, Pays-Bas, Afrique du Sud et Lituanie). En Tunisie, il est mis en œuvre dans le cadre d’un accord de partenariat entre l’Issbat et l’Institut national de recherche en génie rural, eaux et forêts (Inrgref).

Il a ajouté que le projet est actuellement expérimenté à la station expérimentale d’Oued Souhil, dans le gouvernorat de Nabeul, et vise à développer des solutions de traitement tertiaire des eaux usées, fondées sur des approches naturelles, pour reconstituer les ressources en eaux souterraines.

Le spécialiste a souligné que les nappes phréatiques subissent une diminution constante en raison d’une forte demande et de ressources limitées, ce qui rend nécessaire la recherche de solutions durables et fondées sur la nature pour produire de l’eau traitée de haute qualité.

Il a expliqué que cette approche comprend notamment l’utilisation de zones humides artificielles et de plantes pour absorber les polluants, permettant ainsi la production d’eau traitée de haute qualité grâce à des technologies tridimensionnelles. Il a insisté sur le fait que cette approche est considérée comme l’une des solutions environnementales les plus prometteuses au monde.

Il a noté que la Tunisie avait déjà mené des expériences de traitement de l’eau et de recharge des nappes phréatiques, mais sans atteindre l’efficacité escomptée. Cependant, les résultats obtenus en laboratoire dans le cadre de ce projet sont très encourageants et laissent entrevoir un modèle plus durable et performant.

M. Jaouani a ajouté que les bassins expérimentaux de la station seront agrandis ultérieurement afin de mener à bien le processus de recharge des nappes phréatiques et d’approfondir les essais sur le terrain.

I. B. (avec Tap).

L’article Tunisie | Vers la recharge des nappes phréatiques en voie d’épuisement est apparu en premier sur Kapitalis.

Le taux d’erreurs médicales en Tunisie n’est pas élevé

22. April 2026 um 09:34

Le porte-parole officiel du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), Samir Chtourou, a mis en garde contre la présentation des erreurs médicales hors de leur contexte scientifique et a critiqué la manière dont ce sujet a été récemment traité à la télévision, soulignant que les discussions sur ces questions doivent être équilibrées et impliquer toutes les parties prenantes afin d’éviter d’induire l’opinion publique en erreur.

M. Chtourou qui intervenait dans sur Diwan FM hier soir, mardi 21 avril 2026, a insisté sur le caractère sensible du sujet et la complexité des questions scientifiques qu’il soulève.

Tout en reconnaissant l’existence de cas d’erreurs médicales en Tunisie, le porte-parole de l’Ordre des médecins a précisé que leur nombre n’excède pas quelques dizaines par an. Il a, également, souligné la nécessité de pointer la responsabilité de toute personne reconnue coupable d’une erreur médicale, et éviter de stigmatiser le corps soignant dans son ensemble. D’autant plus que, selon, lui, la justice tunisienne rend systématiquement justice aux patients dans de tels cas.

«La loi relative aux droits des patients et à la responsabilité médicale a été promulguée pour remédier à ces problèmes», a souligné M. Chtourou, en assurant que le taux d’erreurs médicales en Tunisie reste faible comparé à ceux enregistrés dans de nombreux pays développés dotés de capacités avancées.

Incidence des erreurs en milieu hospitalier

En Tunisie, il n’existe pas de statistiques nationales officielles centralisées publiant un taux global annuel des erreurs médicales. Cependant, des études hospitalières et des analyses sectorielles permettent de donner un aperçu sur leur incidence en milieu hospitalier. Selon une étude dans un hôpital du centre-est a révélé une incidence d’événements indésirables graves (EIG) de 13,7 % dans les services médicaux et 8,9 % dans les services chirurgicaux.

Quant aux infections nosocomiales, elles représentent la première cause d’EIG dans l’étude citée, avec une proportion de 45 %.

S’agissant des erreurs médicamenteuses, une évaluation dans un service de réanimation a détecté un taux d’erreurs de prescription de 9 %.

D’une façon générale, et bien que des erreurs s’y produisent quotidiennement, le système de santé tunisien est reconnu comme l’un des meilleurs en Afrique, même s’il est confronté à des défis de qualité des soins, notamment dans les hôpitaux publics, en raison du manque de médecins spécialistes et d’équipements de pointe.

I. B.

L’article Le taux d’erreurs médicales en Tunisie n’est pas élevé est apparu en premier sur Kapitalis.

La guerre d’Ukraine a inspiré les stratèges iraniens

22. April 2026 um 08:50

Une enquête du Financial Times se basant sur plus de 300 articles parus dans 12 revues et périodiques militaires iraniens au cours des cinq dernières années, a révélé qu’avant le dernier conflit avec les États-Unis et Israël, l’Iran a cherché à comprendre comment les Ukrainiens s’étaient défendus et avaient pu résister à l’offensive russe qui durait depuis plus de trois ans. 

Imed Bahri

Ces articles offrent un aperçu unique et révélateur du fonctionnement opaque du pouvoir iranien, notamment de ses discussions internes, de l’évolution de ses tactiques et de ses technologies prioritaires. Ils révèlent que l’Iran a étudié de près l’Ukraine afin d’en tirer des enseignements, en particulier concernant les drones et s’est concentré sur la modernisation de ses capacités de cyberguerre. Ses dirigeants ont exprimé leur inquiétude quant à la planification proactive de leurs forces. Ils montrent également que Téhéran a suivi de près les performances de la Russie et la manière dont l’Ukraine s’est adaptée pour affronter un adversaire bien plus puissant.

Le journal rapporte que Hossein Dadvand, haut gradé de l’armée, dirige une importante académie militaire au nord de Téhéran. Il est chargé de former des milliers de soldats iraniens aux tactiques de combat et à la victoire sur le champ de bataille. Dans la période précédant la guerre de plusieurs semaines contre Israël et les États-Unis, Dadvand figurait parmi les responsables militaires iraniens qui ont tiré des enseignements stratégiques du conflit en Ukraine.

Imprimantes 3D pour produire des drones

Dans un article, il expliquait que ces enseignements couvraient un large éventail de domaines, allant de la résilience de la production de défense ukrainienne à l’utilisation d’imprimantes 3D pour produire en masse des drones à bas coût. Ses recommandations avaient été publiées il y a deux ans dans une revue de défense iranienne de renom.

Dadvand exhortait ses supérieurs à encourager l’Iran à investir dans les drones, à déployer des unités de combat plus agiles et mobiles et à moderniser ses méthodes d’entraînement et de combat. Il suggérait également l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’arsenal militaire iranien.

Si les conclusions de Dadvand n’étaient pas surprenantes en soi, elles ont peut-être donné un premier aperçu de l’évolution de la situation en Iran. L’année dernière, lors d’une rare interview accordée dans un stand de tir récemment ouvert, il a révélé que Téhéran avait mis à jour ses manuels et ses méthodes d’entraînement pour tenir compte de l’expérience ukrainienne. «La guerre russo-ukrainienne a été l’un des cas que nous avons étudiés avec attention. Un aspect clé de ce conflit a été l’utilisation massive de petits drones et de l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, nous assistons à l’intégration de technologies de pointe, telles que l’intelligence artificielle, la mécanique quantique et les nanotechnologies dans le domaine militaire», a déclaré Dadvand. 

Le FT a noté que tous les articles analysés étaient publiés dans des revues accessibles au public, affiliées aux plus prestigieuses écoles d’état-major et instituts de formation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et des forces armées iraniennes régulières. Parmi leurs auteurs figurent de hauts gradés, des officiers ambitieux et des universitaires chargés d’analyser les défis stratégiques auxquels l’Iran est confronté.

Ces études offrent un éclairage fascinant sur la pensée militaire iranienne et permettent de tirer des enseignements applicables aux conflits futurs. «Ces documents sont destinés à l’apprentissage militaire», a déclaré Nicole Grajewski, spécialiste des affaires iraniennes à Sciences Po Paris, qui ajoute : «Ils servent à générer des idées et à observer les réactions, idées qui sont parfois réexaminées et modifiées».

Le journal britannique estime que l’enseignement le plus important que nous apportent ces articles réside dans la manière dont les hauts dirigeants iraniens ont évalué les vulnérabilités de leur pays, un sujet qu’ils avaient déjà abordé dans des écrits antérieurs à la guerre contre Israël et les États-Unis. Parmi ces éléments figure un article co-écrit par Kioumars Heidari et Abdolali Pourshasb, deux anciens commandants de l’armée iranienne, paru dans la revue Strategic Defense Studies. Ils y exprimaient leur inquiétude face au manque de planification proactive nécessaire pour contrer les «menaces émergentes».

En 2023, ils affirmaient que l’Iran devait accélérer le recrutement de spécialistes, réformer ses manœuvres militaires et planifier ses acquisitions d’armements en s’appuyant sur des technologies de pointe telles que les drones, les lasers et les plateformes spatiales. Ils citaient également le conflit en Ukraine comme source de «nouvelles menaces».

«Je pense que l’une des raisons pour lesquelles ils écrivent sur la guerre en Ukraine est qu’ils disposent de données sur ce conflit. Ils veulent que les étudiants soient familiarisés avec les opérations qui s’y déroulent et avec le mode opératoire des Russes», a commenté Grajewsky, ajoutant qu’écrire sur des conflits étrangers favorise une plus grande introspection.

Bien que les revues de recherche militaire iraniennes soient moins détaillées que leurs homologues russes, Grajewsky a noté qu’elles constituent un bon moyen pour les différentes branches de rivaliser pour obtenir des ressources et de l’attention.

Aziz Nasirzadeh, ancien commandant de l’armée de l’air, devenu ensuite ministre de la Défense et tué lors d’une frappe aérienne le 28 février, a co-écrit un article sur la guerre Iran-Irak qui se concluait par un appel urgent à Téhéran pour qu’il reconstruise sa flotte de chasseurs négligée en achetant des Su-35 à la Russie. Cet article a été publié dans la revue Defense Futures Studies, une publication de l’École d’état-major de l’armée iranienne.

L’acquisition des coûteux Su-35 auprès de la Russie semble être un point de discorde entre les différentes branches de l’armée iranienne. Bien que Téhéran ait confirmé son intention de procéder à l’achat de ces avions, qui n’ont pas encore été livrés, peu après la nomination de Nasirzadeh au poste de ministre de la Défense, son article est antérieur de plusieurs mois à cette nomination.

Dans cet article, Nasirzadeh recommandait également d’équiper l’armée de l’air iranienne de drones kamikazes et d’intégrer l’intelligence artificielle aux procédures de sélection des cibles. Il préconisait aussi la «rénovation des parties vétustes» des bases aériennes. Nasirzadeh avait co-écrit une étude affirmant que l’efficacité de l’armée de l’air américaine avait diminué en raison du vieillissement de ses appareils et de l’échec de ses programmes de modernisation.

Afshon Ostovar, spécialiste des affaires militaires iraniennes, a fait remarquer que ces articles figuraient parmi les rares sources d’information disponibles sur la manière dont l’Iran pourrait réagir dans certaines situations d’urgence.

Les articles analysés par le FT offrent un aperçu général de la façon dont les commandants pourraient gérer au mieux des situations telles que l’arraisonnement de navires dans le détroit d’Ormuz ou le refoulement d’un débarquement amphibie. Ces articles concluaient qu’une approche conflictuelle était préférable dans le premier cas, tandis que dans le second, ils suggéraient le minage des eaux côtières comme moyen de dissuasion.

Ostovar a déclaré : «Ces articles sont extrêmement intéressants lorsqu’ils abordent leurs propres pratiques, processus et procédures», ajoutant qu’en suivant les orientations éditoriales des revues importantes, on peut se faire une idée assez fiable des priorités de l’Iran. Il a poursuivi : «On peut se faire une idée, même imparfaite, de la manière dont elles évoluent et s’adaptent, et elles en disent souvent long par les sujets qu’elles traitent».

De nombreux articles traitent de la technologie, des tactiques et des communications des drones, ainsi que d’études évaluant l’efficacité des batteries de défense aérienne iraniennes. On constate également un intérêt marqué pour le renforcement des capacités de cyberguerre, notamment l’intégration de l’intelligence artificielle dans la prise de décision et les attaques.

Les analystes ont noté que les officiers, les commandants et les responsables du renseignement rédigent parfois des articles de recherche sous pseudonyme. Ils ont souligné que les articles écrits par de hauts responsables devraient être pris beaucoup plus au sérieux que ceux écrits par des étudiants ou des universitaires.

Farzin Nadimi, chercheur principal au Washington Institute for Near East Policy, affirme que la recherche scientifique et technique tend à être plus rigoureuse que l’analyse stratégique. Ces articles de politique étrangère étaient souvent si mal documentés qu’il a qualifié leurs conclusions d’«absurdes».

Nadimi a déclaré que les services de renseignement américains auraient examiné attentivement les publications iraniennes afin d’y trouver des informations précieuses, ajoutant que Téhéran a pris des mesures pour empêcher les fuites d’informations sensibles en émettant des directives interdisant aux officiers et aux ingénieurs travaillant sur des projets de défense de trop en divulguer.

Cependant, même des recherches superficielles peuvent être utiles pour comprendre l’état d’esprit des officiers iraniens. De nombreuses études ont dépeint Washington comme une puissance faible et ont perçu des opportunités pour l’Iran de remodeler le Moyen-Orient. L’Azerbaïdjan, de par ses liens étroits avec Israël, est considéré comme une menace pour la sécurité de l’Iran.

Le FT cite Michael Connell, ancien officier du renseignement américain et expert de l’Iran au Center for Naval Analyses, qui affirme que les articles les plus pertinents sont ceux qui incluent des enquêtes menées auprès d’experts et de militaires en service actif sur des sujets moins sensibles.

Une étude analysée par le FT souligne l’importance d’empêcher les soldats d’être recrutés par des «groupes déviants». Une autre révèle des problèmes chroniques dans les hôpitaux militaires, sujets à des crises en raison d’une dépendance excessive aux fournisseurs du secteur privé et d’une négligence de leurs «missions essentielles» au profit de la rémunération de civils générateurs de revenus.

D’autres études, publiées antérieurement, ont exploré les moyens de prévenir les idées suicidaires chez les soldats ou ont constaté que les élèves des prestigieuses académies militaires iraniennes faisaient état d’une discrimination importante fondée sur la pauvreté ou l’origine ethnique de leur famille. Connell ajoute : «Cela nous donne un aperçu de la vie quotidienne dans l’armée iranienne».

L’article La guerre d’Ukraine a inspiré les stratèges iraniens est apparu en premier sur Kapitalis.

Samir Abdelhafidh | Améliorer l’offre pour maîtriser réduire les prix

22. April 2026 um 08:41

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a confirmé hier soir, mardi 21 avril 2026, au palais du Bardo, que son ministère n’intervient pas directement dans la fixation des prix, mais œuvre plutôt à améliorer l’offre et à stimuler la croissance afin d’accroître le revenu par habitant, ce qui contribue à maîtriser les prix et à améliorer le pouvoir d’achat des citoyens.

Cette clarification fait suite à une question du député Mohamed Amine Ouerghi concernant les mesures gouvernementales de contrôle des prix et d’amélioration du pouvoir d’achat, compte tenu de la hausse record des prix alimentaires, notamment de la viande et des légumes.

Le ministre a indiqué que la loi de finances 2026 prévoyait des augmentations des salaires et des pensions dans les secteurs public et privé, les pourcentages précis et les dates d’application devant être fixés par un décret ultérieur.

Il a également présenté plusieurs mesures économiques, notamment le soutien à l’investissement, l’amélioration du climat des affaires et le renforcement des programmes régionaux, ainsi qu’une réforme de l’impôt sur le revenu afin d’alléger la charge fiscale des ménages à revenus moyens et faibles.

Concernant le soutien aux groupes vulnérables, le ministre a expliqué que les transferts financiers aux familles à faibles revenus ont été augmentés, de même qu’une hausse de 7,5 % du salaire minimum garanti à partir de 2025, en plus d’autres mesures sociales, notamment celles relatives aux retraites et à la consommation d’électricité.

S’agissant de l’inflation, Abdelhafidh a déclaré que le gouvernement est parvenu à réduire progressivement le taux d’inflation de 7 % en 2024 à environ 5 % en mars 2026, grâce à un indice des prix à la consommation mis à jour à partir d’enquêtes de consommation menées par l’Institut national de la statistique (INS).

I. B.

L’article Samir Abdelhafidh | Améliorer l’offre pour maîtriser réduire les prix est apparu en premier sur Kapitalis.

Biogen4Med | Partenariat italo-tunisien contre le cancer

22. April 2026 um 07:58

L’Italie et la Tunisie renforcent leur coopération scientifique et sanitaire avec le lancement de Biogen4Med, un projet transfrontalier financé par l’Union européenne (UE) et dédié à la médecine de précision appliquée à l’oncologie, qui a débuté officiellement lors d’une cérémonie scientifique tenue mardi 21 avril 2026 à la Faculté de médecine de Sousse.

Le projet, qui devrait durer 30 mois, dispose d’un budget total d’environ 941 200 € (soit environ 3,2 millions de dinars tunisiens), financé par le programme Interreg Next Italie-Tunisie 2021-2027. Coordonné par la Faculté de médecine de Sousse, il réunit également, côté tunisien, le CHU Sahloul de Sousse et, côté italien, la Fondation Ri.MED et l’Université de Palerme.

L’objectif affiché est de renforcer la coopération scientifique entre les deux rives de la Méditerranée dans le domaine de la médecine de précision, grâce à l’utilisation intégrée des technologies omiques avancées, notamment la génomique et la protéomique, afin d’identifier et de valider les biomarqueurs moléculaires associés aux cancers à fort impact.

Plus précisément, Biogen4Med se concentre principalement sur l’adénocarcinome pancréatique et le cancer du sein, deux domaines où la disponibilité de marqueurs plus précis pourrait favoriser une meilleure compréhension des mécanismes pathologiques, un diagnostic plus précoce et des stratégies de traitement plus personnalisées.

L’approche du projet repose sur l’analyse d’échantillons biologiques et leur intégration aux données cliniques, selon une démarche translationnelle visant à accélérer la mise en application des résultats de la recherche dans les protocoles de traitement.

La valeur politique et scientifique de cette initiative réside également dans la création d’un cadre commun entre la recherche, l’enseignement et les soins de santé.

Les partenaires soulignent que le programme ne se limite pas à la dimension laboratoire, mais inclut le renforcement des compétences locales, la formation de jeunes chercheurs et la création d’un réseau stable entre l’Italie et la Tunisie dans les domaines de la génomique, de la protéomique, de la bio-informatique et de l’innovation biomédicale.

La journée d’ouverture à Sousse, selon la Fondation Ri.MED, a été marquée par des présentations des partenaires et deux panels scientifiques consacrés aux innovations en pathologie moléculaire, du diagnostic tumoral à la biopsie liquide, ainsi qu’au rôle de la médecine de précision et de la pharmacogénomique dans la prise en charge oncologique.

Au menu aussi, la première réunion du Comité de pilotage, marquant le lancement opérationnel de la collaboration.

Pour l’Italie et la Tunisie, Biogen4Med représente une étape importante dans la diplomatie scientifique appliquée aux soins de santé : un projet qui unit universités, hôpitaux et centres de recherche autour d’un objectif concret : des diagnostics plus ciblés et des traitements du cancer plus personnalisés, dans une région méditerranéenne où la coopération, l’innovation et le transfert de technologie sont de plus en plus importants dans les politiques de santé.

I. B. (avec Ansamed).

L’article Biogen4Med | Partenariat italo-tunisien contre le cancer est apparu en premier sur Kapitalis.

La Tunisie dans le regard de l’Occident 

22. April 2026 um 07:40

Même si dans les livres d’histoire, on s’évertue à être pointilleux et rigoureux chaque fois qu’il est question du passé, les récits de voyages et les témoignages anecdotiques d’époque restent, souvent, des sources vivantes capables d’alimenter notre intelligence et de nourrir notre propre imaginaire à propos des temps révolus. Pour appréhender une période aussi mouvementée qu’est notre histoire d’avant le «Protectorat» français, Abdeljalil Karoui, professeur émérite de littérature française, choisit le parti-pris de nous faire voyager, autrement, dans le temps, à travers le regard curieux, percutant ou simplement fantasque des voyageurs venus de l’autre rive, à la découverte de la «Régence de Tunis».

Salah Gharbi *

Ainsi, avec ‘‘La Tunisie et son image dans la littérature du XIXème siècle et de la première moitié du XXème’’, un ouvrage réédité chez Arabesques éditions, l’auteur nous promène d’un texte à l’autre, alliant la rigueur de l’analyse, au souci du détail et à la pertinence du propos. Le tout est rendu dans un style à la fois précieux et limpide, l’œuvre d’un brillant francophile doublé d’un grand passionné d’histoire et d’un méticuleux chercheur chevronné.

Ecrivains, savants, missionnaires et militaires

Dans ce livre, l’auteur exhume, pour nous, à travers une pléthore de voix étrangères, tant d’aventures et d’expériences personnelles vécues sur notre sol, et nous révèle, grâce à leurs témoignages, certains aspects de la vie politique et sociale de notre pays.

Notre plaisir est encore plus grand quand on découvre que ces voix, sont portées par de grands noms de la littérature française du 19ème et du début du siècle dernier, comme Chateaubriand, Alexandre Dumas, Gustave Flaubert, Alexandre Dumas ou André Gide…, mais aussi, par des moins connues, parmi lesquels, il y a des scientifiques, des missionnaires et des militaires, mais aussi de simples curieux de passage dans notre pays.

À travers ces écrits prolifiques, on est constamment surpris, à la fois, par la variété des points de vue, la liberté de ton et la pertinence de l’analyse. Dans ces innombrables récits où les indiscrétions nous peignent la vie de l’époque, aussi bien publique que privée, montrées dans ses divers aspects, rien ne semble échapper à la curiosité de ces voyageurs, ni l’ambiance feutrée du sérail, ni l’exquise légèreté des maisons bourgeoises, ni l’univers tumultueux et débraillé des tavernes et des maisons closes.

Des regards étrangers dignes d’intérêt

Point de hiérarchie. À travers, les anecdotes et les comptes-rendus des uns et des autres, les petites histoires côtoient la grande et les scènes pittoresques de la vie quotidienne des Tunisiens de l’époque font écho aux témoignages, souvent critiques, sur la gestion des affaires de la Régence de Tunis.

Tantôt amusé, tantôt étonné, mais toujours curieux, le regard étranger, aussi étrange, impressionniste ou étriqué fût-il, reste digne d’intérêt. Du moment qu’il nous interpelle et qu’il nous éclaire sur des pans de notre histoire commune, ce regard devient instructif et édifiant.

En témoignent, à titre d’exemple, les impressions pertinentes de Flaubert, après sa visite du palais du bey au Bardo, au cours de laquelle l’écrivain français note la présence d’un mobilier («Empire» et «Restauration») avec ses pendules dorées à sujets, ses canapés et ses fauteuils en acajou avec des lithographies coloriées, ce qui, trouve-t-il, «déshonore cette merveille (faisant allusion au patio) de l’architecture arabe». D’ailleurs, au cours de son séjour, qui coïncide avec la fin de ramadan, l’auteur de ‘‘Salammbô’’, roman inspiré de l’histoire de Carthage, en assistant à la cérémonie de la fin du jeûne, organisée au Palais dont il fait un compte-rendu, ne résiste pas à mentionner, comme surpris, le rituel du «baisemain».

D’ailleurs, il est tellement frappé par la scène qu’il s’y attarde, dans ses ‘‘Notes de voyage’’ (Ed. Conard, 1910). «… un gros homme, écrit-il, habillé de rouge, portant un bâton à trois chaînettes, hurle d’une voix formidable ; le bey paraît et il s’assoie sur sa chaise en os de poisson…Chacun à la file l’un de l’autre, vient baiser l’intérieur de sa main, dont il appuie le coude sur un coussin. Presque tous donnent deux baisers : un, puis ils touchent le haut de la main avec le front, et un second pour finir…»

Dans sa riche correspondance, le ton de Flaubert apparaît un peu polisson, surtout lorsqu’il s’agit d’évoquer ses escapades à travers notre pays, ses soirées dans la banlieue de Tunis «dans des cabarets maures à entendre chanter les juifs et à voir des obscénités de Karrageuss» ou à propos de ses nuits «de débauche qu’il allait décrire en termes souvent scabreux».

Dans son ‘‘Carnet 10’’, Flaubert nous rend compte d’une de ces soirées de débauche passée auprès de la courtisane Ra’hel :  «Dans le patio, flambeaux d’argile verts au milieu, sur une table, poissons dans un bocal et de l’eau de vie. Les deux chambres ouvertes, un grand flambeau par terre, au milieu, comme un candélabre d’église : Ra’hel petite, maigre, museau allongé, les sourcils complètements rejoints par la peinture noire rouge. Dance du crapaud… Le valet de Marsen en veste rouge cumule les deux goûts…»

Observations pertinentes sur la vie politique

À côté de ces histoires anecdotiques, les observations pertinentes sur la vie politique de la Régence de Tunis, sont légion. Celles d’Henri Duveyrier, un archéologue et explorateur du Sahara, se caractérisent par la pertinence et la gravité du ton. Ainsi, dans ‘‘La Tunisie’’, un livre publié en 1881, chez Hachette, l’auteur fait un témoignage accablant contre l’administration beylicale. «Nulle règle ne préside au choix des fonctionnaires et n’assure le recrutement d’hommes capables de remplir les postes de l’administration, écrit-il. En haut, c’est le caprice du souverain qui désigne les ministres. Tant mieux si par hasard son caprice le fait tomber sur un homme droit, énergique, intelligent et dévoué tant pis si l’élu ne gravit les degrés du pouvoir que grâce aux sommes d’argent, aux chevaux de race, aux belles négresses et bien plus jolis garçons de Circassie, d’Arménie ou d’ailleurs…».

Dans le monde fermé des femmes

Alors que Duveyrier nous offre l’image d’un pays qui s’enlisait dans la morosité, dans son livre sur ‘‘LesTunisiennes’’, paru en 1937, chez Denoël, Lucie Paul-Marguerite nous introduit dans le monde fermé des femmes, sous la Régence de Tunis. À travers les portraits qu’elle y brosse des femmes, elle transporte son lecteur dans un univers plein de grâce et de volupté et où une revue féministe, telle ‘‘Leila’’, osait déclarer, déjà, la guerre au «voile assassin qui a permis à tant d’écrivains d’Europe de dire tant de mal de nous».

D’ailleurs, dans son livre, tout en s’intéressant à la condition féminine, l’auteure profite d’une rencontre impromptue avec Dr Mahmoud El Materi, qui était à l’époque le chef du Néo-Destour, pour recueillir auprès de lui des déclarations importantes aussi bien sur la tension qui mine les relations entre les membres du Parti et sur la crise politique générale à l’intérieur du Parti, mais aussi sur le moment crucial que la Régence était en train de vivre…

Après ‘‘Sortilèges d’une jeunesse’’ (2020) et ‘‘Mes années parisiennes’’, (2021), parus chez Arabesques, avec cette escapade dans notre passé vu et rendu à travers les regards étrangers, Abdeljalil Karoui, vient d’offrir, aussi bien aux familiers des auteurs français du 19ème et du début du 20ème qu’aux profanes, un savoureux et fructueux périple, passé à déambuler parmi les textes racontant notre pays.

* Ecrivain.

L’article La Tunisie dans le regard de l’Occident  est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Le déficit commercial continue de se creuser

22. April 2026 um 07:29

Les importations tunisiennes ont atteint 21 499,5 millions de dinars (MD) au premier trimestre 2026, en hausse de 5,5 % sur un an, tandis que les exportations se sont élevées à 16 266,8 MD, soit une progression de 6,1 %. Le déficit commercial s’est ainsi creusé à 5 232,7 MD, les exportations couvrant 75,7 % des importations.

Ce chiffre doit nous interpeller, et pour cause : le déficit commercial du pays atteignait «seulement» 8 209 MD sur toute l’année 2010, contre 5 232,7 MD pour le seul 1er trimestre 2026. On mesure ainsi l’incompétence des gouvernements qui se sont succédé à la Kasbah au cours des quinze dernières années et qui ont laissé glisser le déficit commercial, l’inflation, les déficits courants et l’endettement extérieur, dans un pays qui consomme plus qu’il ne produit et qui dépense plus qu’il ne gagne, à l’image d’une majorité de ses citoyens.

Selon les données provenant du rapport sur le commerce extérieur publié par l’Institut national de la statistique (INS), au 1er trimestre 2026, la Chine demeure le premier fournisseur (et le premier déficit commercial) de la Tunisie avec une part de marché de 12,9 %, devant la France (12,5 %), l’Italie (11,7 %), l’Allemagne (7,7 %) et l’Algérie (7,3 %).

Cependant, l’Union européenne (UE), dans son ensemble, représente à lui seul 45,2 % des importations tunisiennes, pour une valeur de 9 722,5 MD), contre 8 744,3 MD sur la même période en 2025.

Ainsi, malgré la position dominante de la Chine parmi les partenaires commerciaux nationaux, le commerce tunisien reste fortement ancré en Europe.

Concernant les principaux fournisseurs, l’analyse de l’INS met également en évidence des tendances divergentes selon les partenaires. Les importations en provenance de France ont augmenté de 21,9 % et celles en provenance d’Italie de 13,8 %.

Hors UE, les achats auprès de la Turquie ont progressé de 6,3 % et ceux en provenance d’Inde de 39,5 %.

En revanche, les importations en provenance de Russie ont chuté de 61,6 % et celles en provenance de Chine de 7,3 %, malgré le maintien de sa première place.

Ce constat confirme une double tendance. D’une part, Pékin conserve sa position de premier fournisseur de la Tunisie, devançant de peu ses partenaires européens traditionnels. D’autre part, l’UE maintient son rôle prépondérant de zone économique clé, tant en termes d’importations que d’exportations, qui représentaient 71,5 % des exportations au premier trimestre.

Dans ce contexte, la France demeure le premier client de la Tunisie, avec une part de marché de 22,7 % à l’exportation, devant l’Italie (17,5 %) et l’Allemagne (14 %). Et ce, grâce notamment aux entreprises issues de ces pays et opérant en Tunisie sous le régime de l’offshore.

I. B.

L’article Tunisie | Le déficit commercial continue de se creuser est apparu en premier sur Kapitalis.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Ons Jabeur et Karim Kamoun annoncent la naissance d’Elian

21. April 2026 um 14:26

La championne de tennis tunisienne Ons Jabeur (31 ans) et son époux, Karim Kamoun ont accueilli leur premier enfant dans une clinique de Dubaï, aux Émirats arabes unis, où ils dirigent une académie de tennis.

Selon les sources médiatiques qui ont relayé cette nouvelle hier soir, lundi 20 avril 2026, le couple et leur bébé auquel il a choisi le prénom d’Elian, se portent bien.

Ons Jabeur, surnommée la «Ministre du Bonheur», avait suspendu sa carrière internationale en raison de sa grossesse et avait annoncé aux médias que son retour aurait lieu fin 2026 ou début 2027.

La joueuse est 268e au classement mondial de tennis 2026, après avoir été 2e mondiale, au faîte de sa carrière, en 2024, lorsqu’elle avait joué plusieurs finales de tournois de Grand Chelem. Elle a connu un déclin significatif après une série de blessures en 2024, qui ont affecté ses performances dans de nombreux tournois, entraînant une baisse générale de ses résultats.

I. B.

L’article Ons Jabeur et Karim Kamoun annoncent la naissance d’Elian est apparu en premier sur Kapitalis.

Le blues des artisans marocains en Tunisie

21. April 2026 um 13:16

Des artisans marocains en Tunisie affirment que la hausse des coûts de production et la faiblesse du marché les contraignent à vendre leurs créations inachevées à des entreprises locales qui les commercialisent ensuite comme produits tunisiens.

Ces artisans, cités dans un article du journal électronique marocain Hespress, affirment conserver le savoir-faire, la main-d’œuvre et le sens du design propres à l’artisanat marocain, mais ne maîtrisent plus les dernières étapes de la production, la commercialisation et la vente.

Abdellah El Jawhari, céramiste marocain installé en Tunisie, a confié au journal que la conjoncture économique et la flambée des prix des matières premières empêchent les artisans de financer eux-mêmes l’intégralité de leurs cycles de production. Nombre d’entre eux disent céder leurs créations inachevées à des entreprises tunisiennes, qui apposent ensuite leurs propres étiquettes et les commercialisent comme des produits 100 % tunisiens.

Cette pression a déjà poussé certains artisans marocains à rentrer chez eux, tandis que d’autres sont restés en Tunisie pour des raisons familiales, notamment le mariage et les enfants, malgré la dégradation du contexte économique, rapporte Hespress. Qui cite Abdellah El Ghafi, président de l’Association pour la promotion de la communauté marocaine en Tunisie, déclarant que de nombreux artisans marocains présents sur place espéraient bénéficier de la dynamique du secteur artisanal marocain, notamment grâce aux programmes de formation et de soutien mis en place par les pouvoirs publics. Ces artisans devraient être considérés comme faisant partie intégrante de l’écosystème marocain du secteur, et non comme des travailleurs isolés du fait de leur résidence à l’étranger, souligne El Ghafi, ajoutant que l’artisanat marocain, du zellige au plâtre en passant par le cuir, la couture et le travail du bois, jouit d’une excellente réputation en Tunisie et dans le reste du Maghreb. Mais sans soutien structuré, a-t-il averti, cette reconnaissance risque de profiter davantage aux intermédiaires qu’aux artisans eux-mêmes.

El Ghafi a également plaidé pour un renforcement des partenariats maroco-tunisiens dans ce secteur, arguant que l’artisanat devrait occuper une place plus importante dans le commerce bilatéral, qui, selon lui, s’élève à environ 930 millions de dinars tunisiens.

L’article Le blues des artisans marocains en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Scatec inaugure sa centrale solaire à Tozeur

21. April 2026 um 11:54

La représentante de Scatec en Tunisie, Maha Ben Hmidane, a déclaré que la centrale solaire photovoltaïque de l’entreprise à Tozeur, d’une capacité de 60 mégawatts, inaugurée officiellement lundi 20 avril 2026, est construite sur plusieurs hectares et utilise environ 95 000 panneaux solaires.

La centrale alimentera en électricité près de 40 000 habitants et la totalité de la production sera utilisée par la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg) pour renforcer le réseau national, a-t-elle expliqué, ajoutant que l’investissement est étranger, assuré par une entreprise norvégienne, à travers sa filiale en Tunisie, qui emploie environ 90 ingénieurs, techniciens et gestionnaires ayant tous contribué à la réalisation du projet et acquis une expertise dans le domaine des énergies renouvelables.

La représentante de Scatec a souligné que ce projet s’inscrit dans le cadre de la transition énergétique et de la promotion des énergies propres de la Tunisie.

Le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, a confirmé à Mosaique FM que ce projet fait partie de la première phase des projets du système de concessions, d’une capacité totale de 500 mégawatts, indiquant que plusieurs autres projets sont en voie de mise en service, notamment la centrale de Kairouan (100 mégawatts) et celle de Mazouna (50 mégawatts) à Sidi Bouzid.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie énergétique nationale à l’horizon 2035, qui vise à porter à 35 % la part de la production d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelable, contre environ 9 % actuellement, a souligné le responsable, ajoutant que la centrale de Tozeur va contribuer au renforcement de la sécurité et de la souveraineté énergétiques, tout en réduisant le coût de production de l’électricité, qui est actuellement en grande parte issue du gaz naturel. Elle devrait aussi générer des économies annuelles d’environ 60 millions de dinars.

I. B.

L’article Tunisie | Scatec inaugure sa centrale solaire à Tozeur est apparu en premier sur Kapitalis.

La hausse des prix de l’énergie affectera fortement le budget de la Tunisie

21. April 2026 um 10:53

Malgré la hausse des prix de l’énergie, en raison du blocage du trafic maritime au détroit d’Ormuz, la Tunisie n’a pas mis en place de tarification automatique des carburants suivant les fluctuations de leur cours sur le marché international. Or les subventions aux carburants en place dans notre pays seront affectées par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, et les pertes pour le budget de l’Etat pourraient atteindre 5 milliards de dinars cette année.

C’est ce qu’a déclaré Mahmoud El May, ingénieur et négociant international en hydrocarbures, qui intervenait, lundi 20 avril 2026, dans l’émission «Houna Tounes», sur Diwan FM.

L’expert a ajouté que la question la plus importante à l’heure actuelle n’est pas seulement la fermeture du détroit d’Ormuz, mais aussi l’état des installations pétrolières des pays du Golfe, qui ont subi des dégâts, suite aux récentes attaques iraniennes, sur lesquelles nous n’avons pas beaucoup d’informations.

«Tout ce que nous savons, c’est que la plus grande raffinerie de pétrole du Koweït a été entièrement détruite et a cessé ses activités sachant qu’elle raffinait jusqu’à 1 000 barils de pétrole par jour», a indiqué El May. Et d’ajouter : «Il est impossible d’établir un tableau précis et réaliste de l’évolution des prix mondiaux des carburants sans connaître l’étendue des dégâts infligés aux installations pétrolières des pays du Golfe.»

I. B.

L’article La hausse des prix de l’énergie affectera fortement le budget de la Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

❌
❌