Tunisie | Vers la recharge des nappes phréatiques en voie d’épuisement
Le projet international de recherche et d’innovation pour la protection et la réhabilitation des ressources en eaux souterraines, et plus particulièrement par la recharge contrôlée des aquifères, est en phase avancée de traitement des eaux usées par impression 3D.
C’est ce qu’a indiqué le professeur Atef Jaouani, de l’Institut supérieur des sciences biologiques appliquées de Tunis (Issbat, Université de Tunis El Manar), dans une déclaration à l’agence Tap, en marge de l’assemblée générale annuelle du projet, qui se tient à Tunis les 21 et 22 avril 2026, ajoutant que les premiers résultats de laboratoire étaient positifs et encourageants, et confirment la possibilité d’améliorer la qualité de cette eau traitée et d’envisager ainsi sa réutilisation future pour le réapprovisionnement des réserves d’eaux souterraines.
M. Jaouani a expliqué que ce projet, lancé il y a quatre ans et dont l’achèvement est prévu pour novembre 2026, est financé par l’Union européenne (UE) à hauteur d’environ 4 millions d’euros. Il réunit 11 partenaires issus de sept pays (Tunisie, Portugal, Italie, Pays-Bas, Afrique du Sud et Lituanie). En Tunisie, il est mis en œuvre dans le cadre d’un accord de partenariat entre l’Issbat et l’Institut national de recherche en génie rural, eaux et forêts (Inrgref).
Il a ajouté que le projet est actuellement expérimenté à la station expérimentale d’Oued Souhil, dans le gouvernorat de Nabeul, et vise à développer des solutions de traitement tertiaire des eaux usées, fondées sur des approches naturelles, pour reconstituer les ressources en eaux souterraines.
Le spécialiste a souligné que les nappes phréatiques subissent une diminution constante en raison d’une forte demande et de ressources limitées, ce qui rend nécessaire la recherche de solutions durables et fondées sur la nature pour produire de l’eau traitée de haute qualité.
Il a expliqué que cette approche comprend notamment l’utilisation de zones humides artificielles et de plantes pour absorber les polluants, permettant ainsi la production d’eau traitée de haute qualité grâce à des technologies tridimensionnelles. Il a insisté sur le fait que cette approche est considérée comme l’une des solutions environnementales les plus prometteuses au monde.
Il a noté que la Tunisie avait déjà mené des expériences de traitement de l’eau et de recharge des nappes phréatiques, mais sans atteindre l’efficacité escomptée. Cependant, les résultats obtenus en laboratoire dans le cadre de ce projet sont très encourageants et laissent entrevoir un modèle plus durable et performant.
M. Jaouani a ajouté que les bassins expérimentaux de la station seront agrandis ultérieurement afin de mener à bien le processus de recharge des nappes phréatiques et d’approfondir les essais sur le terrain.
I. B. (avec Tap).
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