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Tunisie | Polémique autour de la migration et du viol

17. April 2026 um 09:06

Les propos du député Tarek Mahdi a propos du viol présumé d’une migrante subsaharienne, tenus lors d’une séance de questions-réponses à l’Assemblée avec le ministre de l’Intérieur, lundi 13 avril 2026, n’ont pas manqué de provoquer l’indignation générale, les organisations de défense des droits humains dénonçant ces propos comme racistes et sexistes.

Le député par qui le scandale est arrivé savait pertinemment que la migration reste un sujet sensible en Tunisie, point de transit important pour des dizaines de milliers de personnes qui tentent chaque année de rejoindre l’Europe. Tout en affirmant que les récentes informations faisant état du viol d’une migrante subsaharienne par un agent de police tunisien, relayées sur les réseaux sociaux par une Ong internationale, étaient faux, il a lancé sur un ton goguenard : «Qu’une femme africaine soit violée est impensable. Les Tunisiennes sont suffisamment belles… Nous ne manquons de rien en Tunisie.» Ce qui est tout aussi insultant pour les Subsahariennes que pour les Tunisiennes, ainsi réduites à des objets sexuels.

La Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) n’a pas tardé à dénoncer ces propos «choquants» et à condamner une «mentalité rétrograde qui justifie la violence et banalise le crime de viol».

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a également critiqué les propos de Mahdi, les qualifiant de «violation flagrante de la dignité humaine» et de «dangereuse justification des violences sexuelles faites aux femmes.»

Face à la polémique grandissante, Mahdi a publié un communiqué affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte.

«Je n’ai jamais eu l’intention d’encourager ou de justifier le viol, ni de porter atteinte à la dignité humaine, en particulier celle des Tunisiennes», a-t-il écrit sur Facebook. Et d’ajouter : «Si mes propos ont porté atteinte à la dignité des Tunisiens, ou à la dignité humaine en général, je présente bien entendu mes excuses.»

Lors de son intervention au parlement, le député avait également déclaré que les migrants subsahariens en Tunisie constituaient une «menace pour la paix sociale», ajoutant : «Ces personnes doivent partir à tout prix».

Le tollé soulevé par ces déclarations ont obligé le président de l’Assemblée, Ibrahim Bouderbala, à tenter de rectifier le tir en déclarant, lors de la plénière du mardi 14 avril, que les propos, tenus la veille, par le député Tarek Mahdi, «indépendamment de la bonne ou de la mauvaise foi», sont contraires aux constantes du peuple tunisien, basées sur le respect de la dignité humaine et le rejet de toute atteinte à la femme tunisienne.

Ibrahim Bouderbala a ajouté que la Tunisie adhère aux principes universels des droits de l’Homme et constitue une partie intégrante du continent africain, ajoutant que le pays accueille tous les «frères africains», mais ne saurait être une terre d’accueil des migrants irréguliers.

I. B.

 

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Paris en ligne | Polymarket, le casino des guerres et des catastrophes !

17. April 2026 um 07:30

Une enquête publiée par le quotidien britannique The Guardian met en lumière les aspects éthiques et politiques troubles de Polymarket, une plateforme de prédiction numérique qui s’est récemment transformée en une sorte de «casino mondial» des catastrophes et des guerres. 

Imed Bahri

L’enquête retrace comment des parieurs en sont venus à miser des millions de dollars sur les moindres détails des guerres et des catastrophes humanitaires, soulevant des questions quant à la réduction de la souffrance humaine à de simples chiffres sur cette plateforme de paris.

L’enquête part de la situation sur le terrain en Ukraine, et plus précisément dans la ville de

Kostyantynivka, où des milliers de civils sont pris au piège sous les bombardements.

Derrière son écran d’ordinateur, un parieur anonyme du nom d’Horekunden perd rapidement patience. Sa frustration est dirigée contre l’Institute for the Study of War, un think tank américain qui publie quotidiennement une carte du front en Ukraine.

Pour Horekunden et d’autres parieurs anonymes, cette carte est «un gribouillis incohérent et décousu digne d’un dessin d’enfant de cinq ans !». Elle ne leur est d’aucune utilité pour les aider dans leur pari.

Une force économique redoutable

Ces individus parient sur la prise de la gare de la ville par les forces russes, les mises sur ce seul événement dépassant le demi-million de dollars. Cette scène illustre le fossé moral total entre le parieur en ligne et la réalité sanglante sur le terrain. Aucune compassion pour les victimes, seul l’appât du gain importe. 

L’enquête indique que la plateforme Polymarket n’est plus une simple application de paris, elle est devenue une force économique redoutable. Alors que son volume d’échanges avoisinait les 400 millions de dollars en juillet 2024, elle est désormais capable d’atteindre ce montant en une seule journée.

Avec l’essor de cette plateforme, des signes inquiétants sont apparus : les parieurs ne se contentaient plus d’observer les événements mais tentaient de «manipuler la réalité» et de la façonner à leur avantage financier.

Des journalistes menacés

Aisha Down, auteure de l’enquête, relate des incidents choquants où des parieurs ont menacé des journalistes de terrain, exigeant qu’ils modifient leurs reportages, car un seul mot pouvait entraîner la perte ou le gain de centaines de milliers de dollars.

L’enquêtrice alerte sur l’impact économique plus large, citant des experts en conception de marchés de l’Université de Columbia qui avertissent que Polymarket commence à acquérir le statut de «référence absolue»

Le danger réside dans le fait que de grandes institutions financières, et même d’importantes banques internationales, ont commencé à citer les probabilités de la plateforme dans leurs rapports d’analyse.

Cette dépendance ouvre la porte à la manipulation des marchés mondiaux. Un petit groupe de parieurs peut injecter des fonds dans un pari particulier pour en modifier les cotes, créant ainsi une fausse impression d’«information privilégiée» sur des événements politiques ou économiques majeurs, ce qui pourrait engendrer des turbulences au sein des fonds de pension et d’investissement internationaux.

Le pouvoir de l’argent

L’un des aspects les plus complexes de l’enquête concerne la détermination de la «vérité» en cas de conflit. Si des parieurs divergent sur l’issue d’un événement – ​par exemple, s’il s’agissait d’une invasion ou d’une simple incursion–, la plateforme ne fait appel ni à des arbitres internationaux ni à des institutions juridiques. La décision est prise par un système de vote numérique basé sur une cryptomonnaie appelée UMA.

Les votants sont totalement anonymes et les plus fortunés d’entre eux disposent d’un pouvoir de vote considérable. En fin de compte, la vérité est donc déterminée par le point de vue de ceux qui possèdent le plus d’argent, qui sont souvent aussi ceux qui misent le plus.

L’enquête explore également la dimension humaine de ce phénomène à travers des entretiens avec des utilisateurs de ces plateformes, comme Joseph Francia, qui perçoit ces paris comme un moyen d’émancipation financière et justifie la moralité des paris sur les guerres en affirmant qu’ils apportent de la «clarté» au milieu du brouillard de la propagande politique.

Cette prétendue clarté a un prix élevé à savoir la marchandisation de la mort et de la destruction. Les spéculateurs ne se contentent plus d’observer l’effondrement des régimes ou les attaques contre les installations pétrolières, ils attendent ces catastrophes avec l’ardeur d’un investisseur avide de profit, une pratique que l’Institute for the Study of War a qualifiée d’«exploitation répugnante» de ses travaux de recherche.

Paris contradictoires, gain garanti

Il y a même ceux qui font des paris contradictoires sur deux plateformes de prédiction différentes. Début mars, une alerte de ce type signalait deux cotes différentes, proposées par Polymarket et un autre site de prédiction en ligne, Kalshi, concernant le choix de Mojtaba Khamenei comme prochain guide suprême de l’Iran.

Voici comment cela fonctionne : misez 33,6 centimes sur «oui» chez Polymarket et 47 centimes sur «non» chez Kalshi, la plateforme concurrente. Vous dépenseriez 80,6 centimes pour ces deux paris mais l’un des deux serait forcément gagnant que Mojtaba Khamenei soit choisi ou non comme successeur à son père. Le gain pour un pari correct est de 1$, ce qui signifie que la différence de 19,4 centimes représente le profit. Misez 1 000$ et vous gagnerez 194$.

L’enquête du Guardian dresse un tableau sombre d’un avenir où les prédictions mondiales sont gérées par un «casino» numérique non réglementé et tire la sonnette d’alarme face à cette évolution qui menace non seulement l’intégrité journalistique mais aussi la stabilité mondiale en rendant les catastrophes «rentables» pour ceux qui parient dessus.

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Gestern — 16. April 2026Haupt-Feeds

Tunisie : une nouvelle feuille de route agricole à l’horizon 2030

16. April 2026 um 10:10

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, a présidé mercredi 15 avril au palais du gouvernement à La Kasbah un conseil ministériel restreint (CMR). Il était consacré à l’examen de l’avancement des programmes inscrits dans la stratégie nationale de promotion des filières agricoles et aux perspectives de développement du secteur à l’horizon 2030.

Lors de ce conseil, la cheffe du gouvernement a souligné que l’agriculture constitue un enjeu de sécurité nationale. Tout en insistant sur la nécessité de renforcer la sécurité alimentaire et hydrique du pays. Elle a appelé à développer l’ensemble des filières agricoles et des systèmes de production végétale et animale. De même qu’elle insiste sur l’amélioration des capacités de stockage. Et ce, afin de limiter l’impact des fluctuations des marchés mondiaux et d’éviter les perturbations des chaînes d’approvisionnement.

En outre, elle a insisté sur l’importance d’adopter des techniques d’agriculture intelligente et économe en eau permettant de consolider la souveraineté hydrique. Rappelant le poids stratégique du secteur agricole dans l’économie nationale, Mme Zaafrani Zenzeri a indiqué qu’il représente près de 10 % du produit intérieur brut, 13 % des exportations et 14 % de l’emploi. Tout en constituant la principale source de revenus pour environ 70 % de la population rurale. Elle a, dans ce contexte, appelé à surmonter les difficultés rencontrées par les agriculteurs, en particulier les petits exploitants, conformément aux orientations du président de la République.

Vision stratégique agricole 2026-2030

A cette occasion, le ministre de l’Agriculture, Ezzedine Ben Cheikh, a présenté un bilan des réalisations enregistrées dans le secteur entre 2021 et 2025 ainsi que les principaux défis auxquels il fait face. Il a aussi exposé la vision stratégique pour la période 2026-2030. Laquelle se base sur une agriculture inclusive, durable et capable de renforcer la sécurité alimentaire et hydrique.

Cette stratégie prévoit notamment la valorisation et la gestion durable des ressources naturelles, l’adaptation aux changements climatiques, l’amélioration de la production et de la productivité agricoles, ainsi que le renforcement de la compétitivité et des exportations. Elle prévoit encore l’instauration d’un environnement institutionnel plus inclusif pour les acteurs du secteur et l’amélioration des conditions de vie dans les zones rurales, afin de soutenir le développement régional.

Les discussions ont porté sur plusieurs filières stratégiques, notamment les céréales, l’huile d’olive, les cultures fourragères, l’élevage et les produits laitiers. Concernant la filière céréalière, les autorités visent à améliorer les rendements, renforcer la résilience face au changement climatique et accroître le taux de couverture des besoins nationaux, notamment en blé dur. Et ce, grâce à la modernisation des systèmes de production, à la numérisation du secteur et au développement des capacités de stockage.

Filière oléicole

S’agissant de la filière oléicole, la stratégie prévoit l’amélioration de la production et de la productivité, notamment à travers le rajeunissement des oliveraies dans plusieurs régions du pays, ainsi que le renforcement des capacités de stockage et la valorisation de l’huile d’olive sur les marchés internationaux.

De plus, la réunion a abordé le développement des cultures fourragères, la reconstitution du cheptel national et l’amélioration de la productivité du secteur de l’élevage. Les autorités entendent par ailleurs soutenir une production laitière durable adaptée aux contraintes climatiques. Tout en renforçant l’appui aux petits éleveurs.

Au terme de la réunion, la cheffe du gouvernement a réaffirmé que la reconstitution du cheptel national et le renforcement de la production agricole figurent parmi les priorités de l’État. L’objectif étant de consolider les fondements de la souveraineté et de l’autosuffisance alimentaires.

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Briki pointe le décalage entre les slogans de Saïed et ses réalisations

16. April 2026 um 09:03

Le secrétaire général du mouvement Tunisie en avant, Abid Briki, s’est dit préoccupé par le décalage notable entre les slogans et les principes mis en avant par le président Kaïs Saïed et les résultats concrets obtenus sur le terrain.

Lors de son intervention dans l’émission ‘‘Ici Tunis’’ sur Diwan FM, M. Briki, qui compte parmi les soutiens du chef de l’Etat, a souligné que ce décalage est désormais palpable pour les citoyens et qu’il est impératif d’y remédier, expliquant que le problème ne se limite pas à un seul secteur, mais englobe plusieurs, telles que les entreprises publiques, le système de sécurité sociale, la souveraineté alimentaire et la réforme de l’éducation.

M. Briki a attribué ce décalage principalement à l’absence d’un programme de réforme clairement défini, faisant remarquer que même un plan limité permettrait d’évaluer les performances et d’identifier les lacunes à corriger.

Abordant la situation des entreprises publiques, M. Briki a souligné que le président de la république insiste dans ses discours sur son rejet de la privatisation et son engagement à les réformer. Or, en réalité, il n’y a pas de programmes en ce sens, ni d’études ou de propositions concrètes émanant des autorités compétentes. Il a cité en exemple la situation de la Société du Phosphate de Gafsa (CPG), qui, a-t-il affirmé, est désormais incapable de verser les salaires de ses employés.

M. Briki a également fait remarquer que le président fonde ses positions sur des données fournies par les agences gouvernementales, suggérant que le non-respect de ses directives pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs : soit la présentation de données trompeuses pour s’attirer les faveurs du président, ce qu’il a qualifié de dangereux ; soit les données sont exactes, mais l’administration est incapable de mettre en œuvre les solutions, ce qu’il serait encore plus grave, selon lui ; soit les ressources financières nécessaires à la réalisation des réformes préconisées sont manquantes.

I. B.

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Le baiser mortel de Donald Trump à Viktor Orbàn

16. April 2026 um 09:00

Viktor Orbàn, qui a régné sans partage sur la Hongrie pendant seize ans, avait sollicité le soutien de l’administration Trump pour permettre à son parti, en difficulté, de remporter les élections législatives et ainsi conserver le pouvoir et continuer à façonner l’avenir de l’Europe en convergence avec l’idéal très à droite prôné par Trump. Or, il semble que le soutien du président américain ait paradoxalement nui à ses chances. C’est Tisza, principal parti d’opposition, qui a remporté les élections et son dirigeant Péter Magyar qui est devenu le nouveau Premier ministre hongrois. 

Imed Bahri

Il a fallu seize ans à Viktor Orbán pour façonner la Hongrie à son image mais une seule soirée a suffi pour renverser la situation, a noté James C. Reynolds dans les colonnes du journal britannique The Independent.

La victoire écrasante de Péter Magyar a été l’aboutissement de mois de campagne, durant lesquels il s’est présenté comme l’antidote à des années de dérive autocratique, tandis que le vétéran nationaliste hongrois renforçait ses liens avec Vladimir Poutine et Donald Trump.

Dans les jours précédant l’élection, Trump avait apporté son «soutien total et inconditionnel» au Premier ministre, exhortant les Hongrois à «ALLER VOTER POUR VIKTOR ORBÁN». Il est même allé jusqu’à envoyer son vice-président, J.D. Vance, faire campagne pour Orbán à Budapest, alors que les sondages donnaient Magyar largement en tête.

La malédiction de Trump

Trump est resté silencieux après la défaite électorale, il est toujours aux prises avec les conséquences de l’échec des négociations visant à mettre fin à la guerre en Iran. Alors que le conflit continue de nuire à sa popularité nationale et internationale, les experts s’interrogent : son soutien est-il une bénédiction ou une malédiction ?

Alors que la Hongrie exposait sa vision de la réintégration européenne lors de sa campagne électorale à la fin de l’année dernière, Orbán a rencontré Trump à la Maison Blanche pour consolider leurs relations. Le président a apporté un soutien sans réserve au Premier ministre pour sa position intransigeante sur l’immigration et a manifesté sa compréhension face à la dépendance de la Hongrie à l’égard de l’énergie russe. Orbán est ainsi parti avec une exemption des sanctions américaines contre la Russie et sans aucune protestation contre son rapprochement avec Moscou.

À l’approche des élections, Trump a intensifié son soutien à Orbán. Il faut dire que ce dernier est le dirigeant européen le plus trumpiste. Lors de la présidence hongroise de l’Union européenne (UE) en 2024, il a choisi comme slogan de cette présidence «Make Europe Great Again!» (Rendre sa grandeur à l’Europe), par référence au célèbre «Make America Great Again» de Trump. 

La semaine dernière, à Budapest, JD Vance s’est adressé aux partisans d’Orbán et a salué ce dernier comme «un défenseur de la civilisation occidentale» et promettant de «l’aider dans cette campagne». Mais cela n’a pas suffi à convaincre les 20% d’électeurs indécis qu’il méritait d’être réélu.

En réalité, les marchés des paris ont montré que le soutien à Orbán a légèrement baissé après le discours de Vance à ses partisans dans la capitale hongroise, selon une analyse de Newsweek. Cependant, les experts ont souligné que cela ne signifie pas nécessairement que le discours de Vance en soit la cause.

Le trumpisme ne fait plus recette

Diana Sosoaca, députée européenne roumaine d’extrême droite, a qualifié dimanche la visite de Vance en Hongrie de «grave erreur» compte tenu de la forte indignation suscitée par la guerre contre l’Iran sur le continent.

Dans le même ordre d’idées, le parti d’extrême droite allemand AfD prendrait ses distances avec l’administration Trump, le conflit impopulaire au Moyen-Orient s’éternisant. La co-présidente du parti, Alice Weidel, a demandé aux parlementaires le mois dernier de limiter leurs déplacements officiels aux États-Unis ayant pour objectif de se rapprocher des républicains Maga. 

Orbán avait dirigé la Hongrie pendant quatre années de récession et de reprise lorsqu’il a choisi de dévoiler son grand projet de «démocratie illibérale» lors d’un événement culturel en Roumanie en 2014. Dans son discours le plus important en tant que dirigeant, il a soutenu que la crise financière de 2008 avait mis en lumière les failles du projet libéral et qu’un État fort, n’étant plus obsédé par les libertés individuelles, était l’avenir de la Hongrie.

«Ce n’est pas parce qu’un système n’est pas libéral qu’il ne peut pas être une démocratie», avait-il déclaré, de façon prophétique. L’UE l’a qualifié d’«autocratie électorale».

Au cours des douze années suivantes, il a consolidé son pouvoir, justifiant son système alternatif comme une nécessité pour préserver l’héritage chrétien du pays et repousser les étrangers dangereux. Son parti, le Fidesz, a réprimé l’immigration, étouffé les droits des personnes LGBT et attaqué la liberté de la presse. Il a également restructuré le système judiciaire pour favoriser les nominations de magistrats parmi ses fidèles, redessiné les circonscriptions législatives afin de rendre les élections favorables aux candidats du Fidesz et contribué à la vente des entreprises médiatiques hongroises à des magnats alliés à Orbán.

Le sénateur Chris Van Hollen, démocrate du Maryland, a déclaré à l’AP : «Il faisait essentiellement ce que Donald Trump essaie de faire ici aux États-Unis. Selon moi, le peuple hongrois a rejeté ce système, tout comme les Américains le rejettent chez eux».

Éva Fodor, professeure à l’Université d’Europe centrale, a déclaré à The Independent avant les élections : «Avant chaque élection, ils avaient un ennemi différent : les immigrés, George Soros, Bruxelles et les groupes de pression féministes. Mais aujourd’hui, ils semblent incapables de trouver un nouvel ennemi à se créer. Alors, ils se contentent de surfer sur les mêmes thèmes»

La défaite écrasante d’Orbán a offert à Magyar une confortable majorité au Parlement hongrois (199 sièges), ouvrant la voie à des réformes significatives.

Jonathan Eyal, directeur adjoint du Royal United Services Institute, a expliqué avant les élections que la majorité des deux tiers était nécessaire pour désamorcer «les pièges» semés par le Fidesz pour le faire trébucher après son arrivée au pouvoir.

Mettant en garde contre des attentes trop élevées envers Magyar dans un premier temps, il affirmait que la principale tâche serait désormais de renverser le système en place face à une résistance acharnée. Le gouvernement a passé des années à développer des organes quasi gouvernementaux «délibérément créés pour entraver le fonctionnement d’un nouveau gouvernement d’alternance», précise-t-il.

Tisza, le parti de Magyar, devra probablement faire face à une «guérilla» sous forme de campagnes de désobéissance civile dans les campagnes et de blocages au Parlement.

Eyal a également déclaré : «Orbán a mené deux campagnes. La première était une attaque frontale très directe pour empêcher Magyar d’être élu. La seconde consistait à semer des embûches partout pour s’assurer que, s’il est élu, il ne puisse pas réussir»

Forte dépendance du pétrole et du gaz russes

«Pour garantir la réussite de Magyar, l’Europe devra débloquer des fonds pour qu’il puisse mettre en œuvre ses politiques et obtienne des résultats rapides avant qu’Orbán ne puisse le déstabiliser», a ajouté Eyal.

La Hongrie, pays enclavé, est largement dépendante du pétrole et du gaz russes, ce qui en fait un point d’accès précieux pour le Kremlin afin d’influencer le soutien à l’Ukraine en Europe.

La frustration face au blocage par la Hongrie de l’aide européenne destinée à l’Ukraine s’est transformée en accusations de collaboration pure et simple avec la Russie, après la fuite de conversations semblant montrer Orbán et son ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto en train de flatter Moscou et de saper les efforts visant à aider l’Ukraine.

Lors d’une conversation, Orbán aurait évoqué son amitié avec Poutine. Il aurait déclaré : «Je suis à votre service pour tout ce qui peut vous être utile».

Selon Eyal, Magyar restera probablement «méfiant» envers l’Ukraine, invoquant des désaccords d’avant-guerre. Il s’efforcera toutefois de ne pas faire obstruction en Europe, notamment en permettant l’adoption d’un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine.

Avant les élections, Magyar a plaidé pour le «pragmatisme» dans ce conflit, expliquant que «cela signifie que nous n’avons pas notre mot à dire sur les affaires intérieures de la Russie et qu’elle n’a pas son mot à dire sur les nôtres. Nous sommes deux pays souverains et nous nous respectons mutuellement mais nous ne sommes pas obligés de nous apprécier».

Il devra désormais veiller à trouver un équilibre entre les exigences de l’UE et l’opinion publique sur l’Ukraine. À l’échelle nationale, seuls 34% des électeurs souhaitent une nouvelle approche vis-à-vis de l’Ukraine. 

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Kaïs Saïed: « La Tunisie est fière de son identité africaine »

16. April 2026 um 08:03

Le président de la République Kaïs Saïed a accueilli dans la journée du mercredi 15 avril 2026 au palais de Carthage Olivier J.P. Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, porteur d’une lettre personnelle du président Paul Kagame.

D’après un communiqué de la présidence de la République, les échanges ont porté sur les tourments des peuples africains : guerres d’extermination, conflits internes persistants depuis des décennies, pauvreté et famines, malgré l’abondance des ressources du continent.

Le Chef de l’Etat a évoqué le rêve inachevé de l’unité africaine, porté par les peuples et les fondateurs de l’OUA il y a plus de six décennies, et qui reste à peine esquissé aujourd’hui.

« Fière de son identité africaine, la Tunisie plaide pour un nouvel ordre humain basé sur des concepts inédits, les anciens étant obsolètes. Cet élan se manifeste par le soutien mondial aux justes causes, prime parmi elles la résistance du peuple palestinien face à la machine de guerre sioniste qui lui impose une extermination depuis des décennies », conclut-il.

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Tunisie | Ennahdha dénonce l’instrumentalisation politique de la justice

16. April 2026 um 08:41

Le mouvement Ennahdha a condamné les premiers jugements rendus dans l’affaire dite de la «causerie du Ramadan», exigeant la libération de son chef, Rached Ghannouchi, selon un communiqué publié par le mouvement le mercredi 15 avril 2026.

Le communiqué réaffirme que «l’appel lancé par Rached Ghannouchi lors de la causerie du Ramadan s’inscrivait dans un contexte d’appel à l’unité nationale, de rejet de l’exclusion et de la violence, et de mise en garde contre la division».

Le mouvement exprime son rejet du caractère politique du procès, dans lequel les opinions dissidentes sont persécutées, le droit de s’organiser est bafoué et les droits constitutionnels sont violés, selon les termes du communiqué.

Ennahdha, qui a gouverné entre 2011 et 2021 et dont la plupart des dirigeants sont incarcérés et condamnés à de lourdes peines de prison dans diverses affaires, a également condamné l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire et de la loi antiterroriste pour exclure des opposants politiques et réprimer la liberté d’opinion, d’expression et d’activité politique, dans le but d’intimider les citoyens et de masquer l’incapacité à remédier à la situation économique et sociale et à enrayer la dégradation des conditions de vie des Tunisiens.

Rappelons que la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a condamné, mardi 14 avril, Rached Ghannouchi, chef du mouvement Ennahdha et ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (2019-2021), à vingt ans de prison dans la seule affaire dite de la  «causerie du Ramadan».

D’autres personnalités politiques ont également été condamnées dans cette affaire, notamment Ahmed Mechergui, Belgacem Hassen, Mohamed Goumani, l’ancien ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem, le membre du Conseil de la Choura Youssef Nouri, l’ancien responsable des jeunes d’Ennahdha à l’université Mohamed Cheniba, et plusieurs autres.

D’autres dirigeants du parti sont incarcérés et condamnés dans d’autres affaires dont Ali Larayedh, Noureddine Bhiri, Habib Ellouze, Ajmi Lourimi et autres Mondher Ounissi.  

I. B.

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Etats-Unis – Iran | Les négociations butent sur Ormuz et l’uranium

15. April 2026 um 09:41

Le détroit d’Ormuz devrait être rebaptisé le détroit du chantage. Il cristallise aujourd’hui le bras de fer entre les États-Unis de Donald Trump et la République islamique d’Iran des Gardiens de la révolution.

Imed Bahri

Téhéran a voulu utiliser le détroit comme une carte dans les négociations avec Washington tenues au Pakistan mais les Américains qui exigent le rétablissement immédiat de la libre navigation ne l’entendent pas de cette oreille.

Face à l’inflexibilité de l’Iran, Trump a annoncé un blocus maritime du détroit dont l’objectif est de paralyser les exportations du pétrole iranien, blocus entré en vigueur dans l’après-midi du lundi 13 avril 2026.

À part le détroit, la question de l’uranium et celle du déblocage des avoir gelés à l’étranger demeurent des points de divergence entre les deux belligérants. 

Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran se sont terminés dimanche 12 avril 2026 à l’aube au Pakistan sans qu’un accord de cessez-le-feu permanent ne soit trouvé. Les Américains ont affirmé avoir présenté leur meilleure offre finale, rejetée par l’Iran, a rapporté le New York Times. «Nous avons clairement indiqué nos lignes rouges, les points sur lesquels nous sommes prêts à faire des concessions et ceux sur lesquels nous ne sommes pas prêts à transiger», a déclaré le vice-président J.D. Vance après 21 heures de réunions avec de hauts responsables iraniens à l’hôtel Serena d’Islamabad.

Positions très éloignées sur des points cruciaux

M. Vance n’a pas précisé la nature de ces lignes rouges. Dans les jours ayant précédés les pourparlers, les deux parties ont publié des déclarations publiques indiquant qu’elles restaient très éloignées sur plusieurs points cruciaux. Elles n’ont même pas réussi à s’entendre sur la question de savoir si la trêve de deux semaines, conclue mardi 7 avril, incluait les combats au Liban, un désaccord qui a failli paralyser la réunion.

Dimanche matin, trois points de désaccord majeurs persistaient, selon des responsables iraniens proches des négociations : la réouverture du détroit d’Ormuz, le sort de quelque 408 kg d’uranium hautement enrichi et la demande de l’Iran de débloquer environ 27 milliards de dollars de ses avoirs gelés à l’étranger.

Les États-Unis exigeaient la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz à toute navigation. Cependant, l’Iran a refusé de renoncer à cette voie maritime cruciale pour le transport du pétrole, affirmant qu’il ne le ferait qu’après la conclusion d’un accord de paix définitif, selon deux responsables iraniens s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité des négociations.

Téhéran cherche à financer la reconstruction

L’Iran réclamait également des réparations pour les dommages causés par six semaines de frappes aériennes et exigeait le déblocage des recettes pétrolières gelées en Irak, au Luxembourg, à Bahreïn, au Japon, au Qatar, en Turquie et en Allemagne, afin de financer la reconstruction, ont indiqué les responsables. Les Américains ont rejeté ces demandes.

Un autre point de blocage résidait dans l’exigence du président Trump que l’Iran cède ou vende la totalité de son stock d’uranium enrichi. L’Iran a formulé une contre-proposition mais les deux parties n’ont pas réussi à trouver un compromis.

«Lorsque deux équipes sérieuses se réunissent dans le but de parvenir à un accord, celui-ci doit être mutuellement avantageux», a déclaré Mehdi Rahmati, analyste à Téhéran, lors d’un entretien téléphonique avec le NYT. Il a ajouté : «Il est illusoire de penser que nous puissions sortir de cette situation sans faire de concessions importantes, cela vaut également pour les Américains».

Le premier contact direct depuis 1979  

Bien que les réunions se soient terminées sans accord, leur simple tenue constituait en soi un signe de progrès. Six semaines auparavant, les États-Unis et Israël avaient assassiné le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’une frappe aérienne, et les autorités iraniennes avaient juré vengeance. À ce moment-là, la perspective d’une rencontre de haut niveau entre responsables iraniens et américains semblait hautement improbable.

Pourtant, le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, commandant militaire influent, dirigeait la délégation iranienne et rencontra Vance en personne. Les deux hommes se serrèrent la main et, selon les autorités iraniennes, les discussions furent décrites comme amicales et apaisées. Malgré l’absence de percée diplomatique, un tabou, forgé par des décennies d’hostilité, de rhétorique acerbe et de slogans comme «Mort à l’Amérique» en Iran, fut brisé.

La rencontre entre Vance et Ghalibaf constitua le contact direct le plus important entre des représentants iraniens et américains depuis la rupture des relations diplomatiques en 1979, suite à la révolution islamique et à la prise d’otages de diplomates américains à l’ambassade américaine de Téhéran.

Vali Nasr, professeur et spécialiste des affaires iraniennes à l’université Johns Hopkins, qui demeure optimiste, a déclaré : «Il s’agit des pourparlers directs les plus sérieux et les plus soutenus entre les États-Unis et l’Iran et ils témoignent de la volonté des deux parties de mettre fin à ce conflit».

Pour le moment, les négociations sont au point mort même si le très fragile cessez-le-feu de 15 jours se poursuit et que les efforts des médiateurs pour qu’un nouveau round de négociations ait lieu sont en cours.

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Le pape Léon XIV en Algérie | Programme encadré, enjeux implicites

15. April 2026 um 07:33

La visite du pape Léon XIV en Algérie, les 13 et 14 avril 2026, s’inscrit dans un cadre strictement balisé. Deux jours, deux villes, deux registres clairement définis. Mais derrière ce programme maîtrisé, se dessine une séquence plus complexe, où diplomatie, mémoire et souveraineté s’entrecroisent, révélant des enjeux qui dépassent largement le seul cadre religieux.

Djamal Guettala 

Lundi 13 avril, à Alger, tout relève d’un protocole millimétré. Dès son arrivée, le souverain pontife est accueilli par les plus hautes autorités de l’État, dans une mise en scène qui rappelle l’importance accordée à cette visite. Le recueillement au Mémorial des Martyrs inscrit d’emblée le déplacement dans une reconnaissance de l’histoire nationale algérienne, marquée par la lutte pour l’indépendance.

La suite du programme confirme cette logique d’encadrement. Entretiens officiels, discours calibrés, échanges institutionnels : chaque moment est pensé pour éviter toute ambiguïté. La visite de la Grande Mosquée d’Alger constitue à cet égard un passage clé. Elle souligne la place centrale de l’islam dans la société algérienne et rappelle que toute ouverture interreligieuse s’inscrit ici dans un cadre défini par l’État.

Le message est clair : ouverture, mais sous contrôle. Même l’incident sécuritaire signalé dans la région de Blida, en marge de cette première journée, n’a pas perturbé le déroulé officiel. Il rappelle toutefois que ce type de visite reste un moment sensible, où la stabilité affichée repose sur des équilibres fragiles.

Annaba : la mémoire comme levier

Mardi 14 avril, le déplacement vers Annaba introduit un changement de ton. Le programme prévoit une visite du site antique de Hippone, suivie d’une messe à la basilique dédiée à Saint Augustin.

Ici, le Vatican déplace le centre de gravité de la visite. Il ne s’agit plus seulement de dialogue contemporain, mais d’un travail sur la mémoire. En se rendant à Hippone et en célébrant une messe dans un lieu chargé d’histoire, le pape réactive une référence majeure : celle d’une Afrique du Nord qui fut, avant l’islamisation, un foyer intellectuel du christianisme.

La figure de Saint Augustin, penseur né en Numidie, devient alors un point d’ancrage stratégique. Elle permet de relier passé et présent, local et universel, dans une mise en récit qui dépasse les frontières nationales. Ce choix, loin d’être anodin, inscrit la visite dans une temporalité longue, où l’histoire est mobilisée comme levier d’influence.

Entre souveraineté et récit universel

En respectant scrupuleusement le programme — Alger pour la diplomatie, Annaba pour la mémoire — la visite révèle une double dynamique. D’un côté, une Algérie soucieuse de préserver sa souveraineté et de contrôler les cadres du discours, en veillant à ce que chaque étape reste conforme à ses équilibres politiques et religieux. De l’autre, un Vatican qui investit le terrain symbolique, là où les marges de manœuvre sont plus larges et les effets plus durables.

Il ne s’agit pas ici de prosélytisme direct, mais d’une stratégie plus subtile. En réactivant certaines références historiques, le Saint-Siège cherche à réinscrire l’Afrique du Nord dans une cartographie spirituelle globale, où le christianisme retrouve des racines anciennes susceptibles d’être mobilisées dans le présent.

Brève dans sa durée, la visite du pape Léon XIV n’en est pas moins dense dans ses implications. Elle met en lumière un dialogue feutré, où chaque geste, chaque lieu et chaque symbole participent d’une construction plus large : celle d’un rapport en constante négociation entre souveraineté nationale et récit universel.

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Les peuples du Sud ne plient pas devant l’hégémonie occidentale

15. April 2026 um 07:20

Du combat de l’Emir Abdelkader face à l’expansion coloniale française, à la détermination de Ho Chi Minh défiant les puissances impériales, en passant par la résilience de Patrice Lumumba jusqu’à l’action héroïque de Gamal Abdel Nasser, face à l’agression tripartite lors de la crise de Suez, défiant l’ordre établi, les peuples du Sud ont, à travers les siècles, opposé à la domination occidentale une même réponse : résister, encore et toujours.

Khémaïs Gharbi *

Il est des moments dans l’Histoire où les peuples cessent d’être des spectateurs pour redevenir des acteurs. Des instants rares où, au milieu des décombres et des humiliations accumulées, surgit une vérité ancienne : celle de la dignité qui ne se négocie pas.

Et pourtant, que de chemins brisés.

Le tiers-monde — ou ce que l’on nommait ainsi avec condescendance — n’a pas seulement été une géographie. Il a été une succession d’espoirs contrariés. Des indépendances chèrement acquises, aussitôt fragilisées. Des révoltes étouffées, des élans dévoyés, des divisions savamment entretenues. Les victoires d’hier se sont souvent muées en désillusions, et les promesses en fractures.

Nos faiblesses ont parfois ouvert la voie à des retours insidieux. À des formes renouvelées de domination, plus subtiles, mais tout aussi efficaces. Comme si l’Histoire refusait de nous laisser pleinement écrire la nôtre.

Mais voici que quelque chose vacille.

Ne jamais plier, toujours faire face

Nous assistons aujourd’hui, sous nos yeux, à une scène que beaucoup croyaient impossible : un pays du monde dit «en développement», l’Iran en l’occurrence, qui, au lieu de plier, choisit de faire face. Qui, au lieu de céder, résiste. Qui, au lieu de disparaître dans le silence, impose sa présence.

Face à lui, non pas une puissance isolée, les Etats-Unis, mais un bloc, une mécanique, une certitude de domination. Et pourtant, cette certitude s’effrite. Car la force brute ne suffit plus lorsque, en face, un peuple décide de ne plus avoir peur.

Ce n’est pas tant l’issue militaire qui marque les esprits. L’Histoire a montré que les rapports de force sont souvent inégaux. Non — ce qui compte ici, c’est autre chose. C’est cette capacité à transformer l’épreuve en ciment. À faire de la résistance un langage commun. À souder un peuple autour d’une idée simple, mais révolutionnaire : nous pouvons tenir.

Car la véritable victoire, dans ces moments-là, ne se mesure pas uniquement en territoires ou en traités. Elle se lit dans les regards. Dans la fierté retrouvée. Dans la conviction, fragile mais tenace, que même face aux plus grandes puissances, l’homme debout reste une force.

Et c’est là, peut-être, que nous sommes à un tournant.

Non pas un tournant géopolitique — l’Histoire en a connu d’autres — mais un tournant moral. Un basculement silencieux où les peuples longtemps relégués aux marges redécouvrent leur propre puissance intérieure.

Cela ne signifie pas que les rapports de domination disparaissent. Ni que les injustices s’effacent. Mais cela signifie qu’un imaginaire se fissure : celui de l’invincibilité des puissants.

Et lorsque cet imaginaire tombe, tout devient possible.

Il ne s’agit pas de désigner des vérités absolues, ni de distribuer les rôles du bien et du mal avec simplisme. Il s’agit de constater un fait essentiel : lorsqu’un peuple choisit de résister, il ne se contente pas de répondre à une agression — il se redéfinit.

Il devient autre chose que ce que l’on avait prévu pour lui.

Alors, peut-être, faut-il relire notre Histoire autrement. Non plus comme une succession de défaites, mais comme une longue école de résistance. Une mémoire accumulée, prête à resurgir lorsque les circonstances l’exigent.

Car au fond, la question n’est pas de savoir qui a vaincu.

La question est de savoir qui, dans le tumulte, a su rester debout. Qui a su transformer la douleur en force. Qui a su, malgré tout, faire naître l’espoir.

Et au-delà des figures, au-delà des noms gravés dans les livres, il y a ceux que l’Histoire n’a pas retenus. Les anonymes. Les oubliés. Ceux qui, génération après génération, ont porté en silence ce feu fragile et indestructible.

Un feu qui ne consume pas, mais qui régénère.

Un feu transmis dans les regards, dans les mots chuchotés, dans les refus obstinés.

À ceux-là — connus ou invisibles — qui n’ont jamais cessé d’y croire, même lorsque tout semblait perdu, même lorsque la nuit paraissait sans fin,

À ceux qui ont gardé, au fond d’eux-mêmes, la braise intacte de la résistance,

Nous devons plus qu’un souvenir.

Nous leur devons ce que nous sommes encore capables de devenir.

* Ecrivain et traducteur.

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Tunisie-Canada | Vers un nouvel élan de la coopération culturelle

Von: Yusra NY
14. April 2026 um 21:16

La mnistre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, a reçu l’ambassadeur du Canada en Tunisie, Alexandre Bilodeau, pour échanger autour du renforcement de la coopération culturelle entre les deux pays.

Les discussions ont notamment porté sur le domaine musical, à travers des projets d’échange, de formation académique et de résidences artistiques.

La participation canadienne à des manifestations culturelles en Tunisie a également été évoquée.

La rencontre a enfin permis d’aborder la célébration prochaine des 60 ans de la première Ambassade du Canada au Maghreb, avec une programmation en cours.

Communiqué

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L’ancien président de l’INLUCC, Chawki Tabib, placé sous mandat de dépôt

14. April 2026 um 12:32

Le juge d’instruction près le Pôle judiciaire économique et financier a émis un mandat de dépôt à l’encontre de l’ancien président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), Chawki Tabib.

Il est soupçonné d’abus dans le cadre de ses fonctions lorsqu’il dirigeait cette instance. Par ailleurs, Chawki Tabib est déjà concerné par une autre affaire actuellement examinée par la Chambre spécialisée dans les affaires de corruption financière du Tribunal de première instance de Tunis. La première audience dans ce dossier est prévue pour le 27 avril prochain.

Cette décision est assortie de gel de ses biens et avoirs financiers.

Il est en outre reproché à Chawki Tabib d’avoir continué à exercer les fonctions d’ordonnateur sans base légale après sa révocation, entraînant des pénalités de retard injustifiées et le paiement de taxes supérieures aux montants dus, causant un préjudice financier important au budget de l’institution.

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Tunisie | Mandat de dépôt à l’encontre de Me Chawki Tabib  

14. April 2026 um 13:33

Le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier a émis, ce mardi 14 avril 2026, un mandat de dépôt à l’encontre de Chawki Tabib, ancien directeur de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc, 2016-2020), dans une affaire portant sur des allégations de malversations commises durant son mandat.

Me Chawki Tabib, ancien bâtonnier des avocats (2012-2013),  est également poursuivi dans une autre affaire devant la chambre pénale spécialisée pour les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis, dont l’audience est prévue le 27 avril, apporte Mosaique FM.

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Non à la normalisation de la culture du viol et du racisme en Tunisie !

14. April 2026 um 11:50

Un groupe d’associations de défenseur.se.s des droits de l’homme et d’activistes de la société civile ont diffusé, le 13 avril 2026, à Tunis, la déclaration suivante où ils/elles dénoncent ce qu’ils considèrent comme une «normalisation de la culture du viol et du racisme» en Tunisie.

Suite aux déclarations choquantes faites aujourd’hui par un membre de la Chambre des représentants, qui justifiaient le crime de viol et les propos racistes et insultants, les féministes, à titre individuel et associatif, expriment leur ferme condamnation de cette rhétorique dangereuse, qui représente un déclin inacceptable de l’utilisation de l’espace public et institutionnel et révèle le danger de normaliser les discours de haine au sein des institutions.

Les propos tenus au Parlement ne sauraient être considérés comme une simple opinion ; il s’agit d’un acte répréhensible au regard de la loi n° 58 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ainsi que de la loi relative à la lutte contre la discrimination raciale, car il incite à la violence contre les femmes et les groupes vulnérables à la discrimination.

De plus, ce discours constitue un discours de haine fondé sur le genre et la race, et il perpétue des systèmes d’exclusion et de domination.
Il constitue une dangereuse instrumentalisation de la tribune parlementaire pour justifier ou minimiser le crime de viol, perpétuer les violences faites aux femmes et reproduire des approches discriminatoires qui réduisent les femmes à leur corps.

Il diffuse également une rhétorique raciste ciblant les migrants subsahariens et légitimant les violences à leur encontre.

Ce type de discours ne saurait en aucun cas être considéré comme relevant de la liberté d’expression, ni comme une simple déviation individuelle. Il s’inscrit plutôt dans un contexte plus large de discours de haine et d’insultes récurrents envers les femmes, alimentés par la complicité des institutions étatiques.

Il constitue une violation directe des droits fondamentaux des femmes, une menace pour les fondements de l’État de droit et une contribution à l’instauration d’une culture d’impunité et à la normalisation de la violence.
Par conséquent, nous affirmons que le viol est un crime grave, injustifiable et intolérable, et que laisser de tels propos impunis ouvre la porte à la violation du corps de toutes les femmes et instrumentalise le viol à des fins de manipulation politique et sociale.

Nous exigeons également une enquête sérieuse et transparente sur ces déclarations, ainsi que la mise en place de mécanismes de responsabilisation afin de mettre un terme définitif à ces abus et d’empêcher l’instrumentalisation des institutions officielles pour diffuser des discours de haine, le racisme et les violences faites aux femmes, en particulier aux femmes migrantes.

Nous refusons que le racisme et la culture du viol deviennent des sujets de débat. Nous les considérons comme un déclin moral qu’il nous faut combattre collectivement, car ils sont les deux faces d’une même pièce : l’ignorance et la barbarie.

Enfin, nous affirmons que la dignité des femmes migrantes est la dignité des femmes tunisiennes, et nous ne resterons pas silencieuses face aux discours qui justifient la violence et alimentent la haine. Nous poursuivrons le combat pour la dignité, la justice et l’égalité.

Le texte original en arabe et les signataires.

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Il faut remplacer les responsables n’ayant pas respecté leurs engagements

14. April 2026 um 09:18

Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est entretenu au Palais de Palais de Carthage, dans l’après-midi du 13 avril, avec la chef du gouvernement, Sara Zaafrani Zenzri.

Objectif de la rencontre : discuter de la situation générale du pays. A cette occasion, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’engager plusieurs révisions. Kaïs Saïed a rappelé au passage que la stabilité sociale constitue la condition première de la stabilité politique.

Et signe qu’il ne serait pas satisfait du rendement du gouvernement mais aussi de l’administration, Kaïs Saïed a souligné qu’il est anormal que le président de la République soit amené à traiter un certain nombre de dossiers, dont plusieurs sont artificiels, alors qu’il revient aux responsables aux niveaux national, régional et local de les résoudre.

Il affirmé que certains responsables ont été choisis sur la base de leurs engagements, et que, de ce point de vue, ceux qui n’ont pas respecté leurs promesses seront purement et simplement remplacés par des hommes et des femmes patriotes, car il n’y a pas de place pour les défaillants, les hésitants ou ceux qui ne tiennent pas leurs engagements.

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Guerres, hégémonies et génocides | Les mémoires de l’ambassadeur Salah Bourjini

14. April 2026 um 08:03

‘‘Mémoires d’une époque de guerres, d’hégémonies et de génocides (1943/2025)’’ (Editions Nirvana, Tunis, 2026) est le titre que le Docteur Salah Bourjini, ancien ambassadeur des Nations Unies, a choisi pour l’ouvrage de mémoires où il évoque ses cinquante ans de carrière diplomatique dont environ trente ans aux Nations Unies. 

Raouf Chatty *

L’auteur ayant servi de 1981 à 2010 comme Représentant coordonnateur des Nations Unies dans un Irak en pleines guerres au Koweït post-libération, en Libye sous Kadhafi et en Algérie sous Ben Jedid, et comme directeur des Programmes pour le développement dans les pays arabes au siège du Pnud à New York, son ouvrage paraît dans  le contexte  géopolitique international très tendue, marqué par la guerre russe contre l’Ukraine, la guerre israélienne contre Gaza et la guerre américano-israélienne contre l’Iran avec leurs répercussions sur la paix et la sécurité dans le monde.  

Fort de l’expérience  qu’il avait acquis durant plusieurs années en étant aux premières loges de cette région chaude du Moyen-Orient et du Golfe, souvent instable, qui plus est à des périodes cruciales de son histoire, l’ambassadeur Bourjini nous mène dans un voyage géopolitique extrêmement mouvementé au cours duquel avait été quotidiennement sur le qui-vive et aux prises avec des situations difficiles, aussi bien dans ses contacts dans les hautes sphères aux Nations Unies à New-York qu’en accomplissant des missions dans ces pays, qui dépassaient souvent, et de loin, celles d’un ambassadeur en poste en période ordinaire.

Dans les arcanes de la politique moyen-orientale  

Sur une distance de quelques 500 pages, l’auteur en consacre environ les deux-tiers pour l’Irak, le Koweït et la Libye, décrivant avec force détails les situations dramatiques vécues dans ces pays par suite de guerres meurtrières, d’embargos économiques, de pénuries… en raison de la piètre gestion des affaires publiques par les différents gouvernements. 

A la lecture de cet ouvrage passionnant, le lecteur découvre les expériences, à la fois excitantes et frustrantes, vécues par l’auteur lors de ses immersions diplomatiques dans les méandres de la politique au Moyen-Orient, se fait une idée de ses multiples contacts avec les dirigeants de ces pays, les nombreuses contraintes auxquelles il avait fait face, parfois au risque de sa vie, en temps de guerre et sous les  bombardements, tout comme les efforts déployés par ses services pour aider ces  pays à se relever en dépit  des contextes extrêmement difficiles qu’ils ont traversés.

Le lecteur se fait également une idée de la manière dont les puissances occidentales, États-Unis en tête, traitent les gouvernements de ces pays, en bafouant souvent le droit international qu’elles appliquent à la tête du client. 

L’auteur, qui décrit de manière objective les difficultés endurées par ces pays en en identifiant les responsables, préfère souvent laisser le lecteur se faire sa propre idée sur les causes objectives des multiples drames vécues par ces pays, se gardant d’en imputer les responsabilités aux seules grandes puissances.

Il n’omet, toutefois, pas de souligner que pour ces grandes puissances, les pays du Moyen-Orient ne valent que par leurs ressources naturelles, invitant au passage ces pays à tirer un meilleur profit de leur position géopolitique pour faire entendre leurs voix dans le nouvel ordre international en cours de construction.

Du Kef à New York en passant par Tunis

Fort de son extraordinaire expérience internationale, appréciée et reconnue, l’ambassadeur Bourjini développe des réflexions pertinentes sur l’évolution de la situation politique en Tunisie au lendemain des changements survenus après le 14 janvier 2011, tenant la classe politique post-révolution, toutes tendances confondues et plus particulièrement les Islamistes, pour responsable des déboires et échecs de la Tunisie au cours des douze dernières années, notamment dans le domaine économique. 

Le diplomate consacre également plusieurs pages au drame palestinien, qualifiant de génocide les destructions massives et les souffrances inhumaines infligées par Israël aux Palestiniens depuis le 7 octobre 2023, face à une communauté internationale sinon complice du moins passive et impuissante.    

Les analyses et appréciations de l’ambassadeur Bourjini sont à la fois pertinentes et équilibrées, frappées du sceau de l’honnêteté et de la sagesse. Elles font de son livre une référence pour celles et ceux, historiens, journalistes, diplomates, étudiants, qui veulent mieux connaître les arcanes de la politique étrangère des grandes puissances, le rôle des Nations Unies et les conditions d’avènement d’un nouvel ordre international dont personne ne pourra pour l’heure entrevoir clairement les contours.

Les mémoires de l’ambassadeur Bourjini consacrent également des chapitres à ses débuts dans sa ville natale le Kef à laquelle il est resté toujours attaché.

Né dans une Tunisie en lutte pour son indépendance dans une famille militant dans les rangs du Parti destourien, il s’était rapidement investi en politique en s’activant au sein de l’Uget. Muni d’une licence de mathématiques, il a pu rejoindre les États-Unis d’Amérique où il avait obtenu son doctorat en économie. Il a cependant préféré rejoindre la Tunisie où il avait été conseiller des ministres du Plan et de l’Economie du temps d’Ahmed Ben Salah et Chedly Ayari, puis directeur adjoint de la coopération multilatérale au ministère des Affaires étrangères entre 1975 et 1980, et professeur d’économie et planification à la Faculté de droit et des sciences économiques de Tunis. A ce titre, il était en charge de la préparation, en coopération avec les départements ministériels concernés, des dossiers de la coopération multilatérale et avait représenté la Tunisie dans des dizaines de conférences internationales. 

Cet ouvrage relate la vie et l’œuvre d’un homme d’expérience, généreux dans l’effort et dévoué aux autres, qui a toujours servi la Tunisie et les Nations-Unies, avec discrétion et efficacité, comme tour diplomate qui se respecte, ce qui lui a valu les félicitations de nombreuses personnalités internationales, qui lui ont rendu hommage et, à travers lui, à son pays et à peuple. 

* Ancien ambassadeur.

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Indignation face au discours d’un député | « Non à la culture du viol et au racisme »

Von: Yusra NY
13. April 2026 um 21:47

Dans un communiqué publié ce lundi 13 avril 2026, un collectif de féministes, d’associations et de figures de la société civile condamne fermement les déclarations d’un député Tarek Mehdi à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Ce dernier est accusé par les signataires du communiqué d’avoir tenu des propos justifiant le viol et d’avoir véhiculé un discours raciste et déshumanisant : « son intervention e relève pas de la simple opinion, mais d’une dérive grave qui souille l’espace public institutionnel. En banalisant le crime de viol et en ciblant les femmes, notamment les migrantes subsahariennes, l’élu est accusé de transformer le Parlement en une tribune pour la haine ».

Les associations rappellent que ces propos tombent sous le coup de la législation tunisienne, notamment, la Loi n°58 (2017) relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes et la loi contre la discrimination raciale, qui criminalise tout propos incitant au mépris ou à la haine basée sur la race ou le genre.

La même source dénonce « une volonté de réduire les femmes à leur corps et d’instrumentaliser la question migratoire pour nourrir un climat de terreur et d’exclusion»n et d’ajouter : « La dignité des femmes migrantes est indissociable de celle des Tunisiennes »

Les signataires exigent ainsi l’ouverture d’une enquête immédiate et transparente sur les déclarations du député, l’activation des mécanismes de reddition de comptes pour mettre fin à l’impunité parlementaire en cas de discours de haine et à la protection absolue de toutes les femmes, sans distinction de nationalité ou de couleur de peau.

Le communiqué est porté par les organisations, dont l’ATFD, Beity, Aswat Nissa, et le Front de l’Égalité, soutenues par une cinquantaine de personnalités engagées de la scène médiatique, juridique et académique.

Y. N.

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Le SNJT dénonce la condamnation de Sonia Dahmani en appel

Von: Yusra NY
13. April 2026 um 20:14

La Cour d’appel de Tunis a rendu son verdict dans l’affaire visant l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani et l’a condamnée à une peine de 18 mois de prison ferme.  Verdict fermement dénoncé par le Syndicat national des journalistes.

Dans un communiqué publié ce lundi 13 avril 2026, le SNJT a rappelé que cette condamnation a été prononcée suite à des commentaires médiatiques portant sur la question de la discrimination et du racisme en Tunisie, tenus sur la chaîne Carthage+ et intervient après une série de poursuites visant la chroniqueuse pour des motifs similaires.

Comme pour les dossiers précédents, la justice s’est appuyée sur l’article 24 du décret-loi n°54 de l’année 2022, relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication et pour le SNJT, ce texte est devenu, depuis sa promulgation, un outil récurrent pour poursuivre les opinions divergentes.

Le syndicat réitère d’ailleurs son appel au gel de ce décret, alors qu’un projet de révision est actuellement à l’étude au sein de la Commission de législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Dans son communiqué, le Syndicat exprime sa solidarité totale avec Sonia Dahmani et dénonce fermement ce verdict, tout en exprimant son inquiétude du retour en détention de l’avocate, dont l’état de santé physique et psychologique est jugé fragile depuis sa sortie de prison il y a seulement quelques mois.

La même source estime pat ailleurs que multiplier les procès pour des déclarations de même nature (critique de la gestion migratoire et des discours discriminatoires) constitue une violation flagrante de la liberté d’expression et appelle officiellement à l’arrêt de l’exécution de cette peine, qualifiant la situation de « harcèlement judiciaire visant à intimider le secteur médiatique» .

Y. N.

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Tunisie | Six mois de prison pour Rached Khiari

13. April 2026 um 11:57

La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a condamné l’ex-député à l’Assemblée des représentants du peuple Rached Khiari à six mois de prison pour atteinte à autrui via les réseaux sociaux, suite à une plainte déposée à son encontre par un ancien élu, rapporte Mosaique FM.

Rappelons que l’ancien député de la coalition Al-Karama a été condamné à huit mois de prison en première instance dans le cadre de cette affaire. 

Ce dernier, qui faisait l’objet de plusieurs condamnations, avait été arrêté en août 2022 après 5 mois de cavale, avant d’être libéré en septembre de la même année, puis arrêté de nouveau pour être condamné en février 2025 un an de prison ferme pour atteinte à autrui via les réseaux sociaux. Remis en liberté en novembre 2025, après avoir purgé sa peine, il ne semble pas au bout de ses déboires judiciaires.

I. B.  

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