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Export / Dattes tunisiennes : Deglet Nour tient la cadence, le bio monte en puissance

26. August 2026 um 09:45

L’Observatoire National de l’Agriculture (ONAGRI) vient de publier son bilan de la campagne 2025/2026, et les chiffres confirment une embellie nette pour la filière des dattes en Tunisie : entre octobre et juillet, 144,1 mille tonnes ont quitté les ports tunisiens, soit 17 mille tonnes de plus qu’à la même période de l’année précédente. Il s’agit d’un gain de 13,3%. Côté recettes, la barre des 900 millions de dinars est désormais franchie, à 908,4 MD, contre 809,6 MD précédemment.

Impossible de parler dattes tunisiennes sans évoquer Deglet Nour : une variété qui capte à elle seule 84% des tonnages et pèse pour près de 94% dans les recettes globales, à 7,05 DT/kg. Sur l’ensemble de la filière, le kilo se négocie en moyenne à 6,30 DT, un tarif quasi stable malgré un repli marginal de moins d’un point. Le segment bio, lui, accélère franchement : ses volumes (8 257 tonnes) grimpent de 8,1%, mais ce sont surtout ses recettes qui s’envolent, avec un tiers de croissance supplémentaire, l’Allemagne restant de loin le principal client de la Tunisie dans ce segment.

Un marché qui se diversifie, un Sud qui s’étend

Près de la moitié des tonnages sont expédiés vers l’Europe ; l’Afrique et l’Asie se partagent le reste, chacune autour d’un cinquième. Autre signal intéressant : Tataouine, région peu connue pour ses palmeraies, commence à structurer une petite filière (une cinquantaine d’hectares), même si la question des ressources hydriques disponibles pour ces nouvelles plantations est problématique.

Le bio, la nouveauté entrepreneuriale

Le segment bio, en forte accélération sur les prix comme sur les volumes, ouvre une brèche pour les opérateurs de certification et de conditionnement premium. La diversification géographique vers l’Asie, encore modeste, reste un axe à exploiter pour les exportateurs cherchant à réduire leur dépendance au marché européen, à condition d’anticiper les contraintes hydriques qui pèsent déjà sur l’extension des palmeraies du Sud.

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Dattes tunisiennes : plus de 900 MDT à l’export, malgré un poids mondial limité

25. August 2026 um 17:20

La filière tunisienne des dattes confirme sa bonne dynamique à l’export. Durant les dix premiers mois de la campagne 2025-2026, la Tunisie a exporté 144,1 mille tonnes, pour des recettes de 908,4 millions de dinars (MDT), en hausse respectivement de 13,3% et 12,2% sur un an, selon les données de l’ONAGRI.

La performance est d’autant plus notable que la Tunisie ne figure pas parmi les principaux producteurs mondiaux. Avec 400 219 tonnes produites en 2024, elle occupait le 9e rang mondial, soit environ 4% de la production mondiale. Son poids commercial est toutefois supérieur à son poids productif, le pays figurant parmi les trois premiers exportateurs mondiaux de dattes en valeur.

Cette performance repose largement sur la Deglet Nour, qui représente 84% des volumes exportés. Son prix moyen atteint 7,05 dinars le kilogramme, contre 6,30 dinars pour l’ensemble des dattes exportées, illustrant le rôle de la qualité et du positionnement dans la valorisation de la production tunisienne.

La filière dispose par ailleurs d’une présence internationale relativement diversifiée, avec environ 86 marchés. L’Union européenne reste toutefois le principal débouché, absorbant 45,7% des volumes exportés.

Autre signal intéressant : le bio. Les exportations de dattes biologiques ont atteint 8,3 mille tonnes, pour 82,2 millions de dinars, avec une progression de la valeur nettement supérieure à celle des volumes.

Pour la Tunisie, l’enjeu n’est donc plus seulement d’exporter davantage de dattes, mais d’en tirer davantage de valeur. Qualité, certification, conditionnement, transformation et produits dérivés apparaissent comme les principaux leviers pour renforcer une filière dont le potentiel dépasse désormais la seule vente de dattes fraîches.

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Industrie 4.0 : jusqu’au 13 septembre pour bénéficier d’un accompagnement 100 % financé

15. August 2026 um 10:39

Les entreprises industrielles tunisiennes disposent désormais de davantage de temps pour rejoindre le programme d’accompagnement dédié à leur transformation numérique. Le Hub Industrie 4.0, relevant de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), a annoncé la prolongation des délais de candidature jusqu’au 13 septembre 2026.

Ce programme vise à soutenir les entreprises industrielles tunisiennes dans leur transition numérique et à renforcer leur capacité à s’adapter aux évolutions technologiques, à innover et à améliorer leur compétitivité.

L’initiative est menée en partenariat avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, dans le cadre de l’initiative allemande « Travail décent pour une transition juste », relevant du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et mise en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

De l’évaluation à la mise en œuvre

Selon l’APII, le programme s’adresse aux entreprises industrielles souhaitant évaluer leur niveau de maturité numérique, identifier leurs priorités technologiques et définir une vision claire de leur transformation digitale.

L’objectif est notamment de permettre aux entreprises de dépasser le stade du diagnostic pour passer à la mise en œuvre de projets numériques concrets et réalisables.

Les entreprises retenues bénéficieront ainsi d’un accompagnement personnalisé comprenant, dans un premier temps, un diagnostic de leur maturité numérique. Cette étape permettra d’évaluer leur situation actuelle et d’identifier les principaux domaines nécessitant des améliorations.

Une feuille de route numérique personnalisée sera ensuite élaborée afin de définir les priorités et les actions concrètes à engager pour améliorer les performances numériques et renforcer la préparation de l’entreprise à sa transformation digitale.

Un projet pilote pour tester les solutions numériques

L’accompagnement prévoit également l’élaboration d’un cahier des charges pour un projet pilote (Proof of Concept – PoC). Cette étape doit permettre aux entreprises de passer à l’expérimentation de solutions numériques concrètes, adaptées à leurs besoins spécifiques.

Autre avantage mis en avant par l’APII : cet accompagnement est entièrement financé dans le cadre de la coopération allemande. Les entreprises participantes peuvent ainsi bénéficier d’une expertise spécialisée et d’un appui pratique pour identifier leurs besoins numériques et construire un parcours de transformation cohérent et efficace.

À travers ce programme, l’APII encourage les entreprises industrielles tunisiennes intéressées par la transformation numérique à saisir cette opportunité. L’enjeu est de renforcer leur compétitivité, d’améliorer leur performance et leur productivité, d’accroître leur efficacité opérationnelle et de mieux répondre aux exigences technologiques de l’industrie moderne.

Les candidatures restent ouvertes jusqu’au 13 septembre 2026.

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Histoire des femmes dans la Tunisie du XXe siècle

15. August 2026 um 09:53

Publié récemment aux éditions Santillana, ‘‘Femmes de tous les combats dans la Tunisie du XXe siècle’’ de Rym Lajmi, maître-assistante à la Faculté de Manouba, propose de revisiter une partie de l’histoire tunisienne à travers les parcours de femmes engagées dans les combats politiques, sociaux et féministes entre 1930 et 1960. L’ouvrage paraît dans la collection «Tunisie plurielle», dirigée par le professeur Habib Kazdaghli.

Djamal Guettala

Le choix du sujet n’est pas anodin. Une grande partie du récit historique consacré à la Tunisie du XXe siècle s’est construite autour des grandes figures masculines du mouvement national et des principales étapes de la lutte anticoloniale. Rym Lajmi déplace ici le regard pour faire émerger des femmes qui ont, elles aussi, participé aux transformations politiques et sociales de leur époque.

Tunisiennes musulmanes et juives, «Italiennes de Tunisie» et «Françaises de Tunisie» se retrouvent au centre de cette recherche. Des femmes issues d’horizons différents, appartenant à des communautés différentes, mais dont les trajectoires peuvent se rejoindre autour de certains combats.

Engagées dans une Tunisie en transformation

La période étudiée, de 1930 à 1960, correspond à une séquence décisive de l’histoire tunisienne. La contestation du protectorat français s’intensifie, le mouvement national s’affirme et les revendications liées à la condition féminine prennent progressivement une place plus importante dans l’espace public.

À travers les parcours étudiés, le militantisme féminin apparaît dans toute sa diversité. Il ne se réduit pas à une participation secondaire au mouvement national. Les revendications sociales, les aspirations à l’émancipation et l’engagement anticolonial peuvent se croiser et donner naissance à des formes de militantisme qui dépassent les appartenances communautaires.

C’est l’un des intérêts du travail de Rym Lajmi : ne pas présenter une histoire uniforme du militantisme féminin, mais faire ressortir des trajectoires différentes, des sensibilités parfois éloignées et des expériences qui témoignent de la pluralité de la société tunisienne.

Les parcours étudiés permettent également de dépasser une lecture de l’histoire fondée uniquement sur la séparation entre communautés. Ils font apparaître des contacts, des échanges, des solidarités et des engagements partagés.

Réinscrire les femmes dans le récit historique

L’ouvrage pose ainsi une question essentielle : quelle place accorder aux femmes dans l’écriture de l’histoire nationale ?

Rym Lajmi ne se contente pas d’ajouter quelques figures féminines à un récit déjà établi. Elle montre que leurs trajectoires permettent de comprendre autrement les mutations de la Tunisie du XXe siècle.

Dans plusieurs de ces parcours, le combat anticolonial et la volonté d’émancipation des femmes se rejoignent. Participer à la transformation politique de la société pouvait également signifier remettre en question la place traditionnellement réservée aux femmes.

Cette approche permet de mieux saisir la diversité du militantisme féminin tunisien et les différentes formes qu’il a pu prendre au cours des décennies qui ont précédé et accompagné l’indépendance.

Le livre s’inscrit pleinement dans l’esprit de la collection «Tunisie plurielle», consacrée aux différentes communautés, minorités et mémoires qui ont participé à l’histoire du pays. La préface de Silvia Finzi souligne la singularité du parcours de l’auteure, tandis que la postface de Laura Faranda, qui a dirigé la thèse doctorale dont est issu l’ouvrage, vient compléter cette lecture.

À travers ces femmes et leurs engagements, c’est finalement une autre cartographie de la Tunisie du XXe siècle qui se dessine : une société traversée par plusieurs appartenances, plusieurs mémoires et plusieurs formes de mobilisation.

En redonnant une visibilité à ces trajectoires, Rym Lajmi contribue ainsi à élargir le récit historique et à rappeler que les femmes n’ont pas seulement accompagné les grandes transformations de la Tunisie : elles y ont également pris part.

Cette nouvelle publication sera présentée dimanche 16 août 2026 à 18h30, dans le cadre des Journées culturelles pour défendre les patrimoines en péril à Hammamet. La littérature prendra alors le relais avec une rencontre autour de ‘‘Femmes de tous les combats dans la Tunisie du XXe siècle’’, organisée sous l’égide du Cercle Mahmoud Messaadi et des Éditions Santillana.

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Dattes : Les records de production cachent l’épuisement des nappes du Sud

13. August 2026 um 07:18

Alors que la Tunisie vient d’enregistrer une récolte historique de 404.000 tonnes de dattes, une étude scientifique éclaire l’envers de cette performance. En vingt-deux ans, la production des principales oasis du Sud a presque triplé, mais cette croissance repose sur une exploitation intensive des nappes souterraines.

Publiée le 1er août 2026 dans la revue spécialisée Agricultural Water Management, l’étude a été réalisée par Tarek Gasmi, Ramzi Guesmi, Slim Abdelbari, Soura Boulaares et Sajeda Albarghati. Elle croise les données agricoles, climatiques et satellitaires de Kébili, Tozeur, Gabès et Gafsa entre 2002 et 2024.

Kébili au cœur de la surexploitation

La situation apparaît particulièrement préoccupante à Kébili, qui représente environ 70% de la production étudiée. Selon les bulletins des Commissariats régionaux au développement agricole cités par les chercheurs, les prélèvements dans les nappes profondes y atteignent 229% des ressources renouvelables.

Ce taux signifie que les volumes extraits annuellement représenteraient 2,29 fois la recharge renouvelable estimée. Il ne veut pas dire que 229% du stock total de la nappe a déjà été consommé.

L’expansion des plantations s’est accompagnée d’une multiplication des ouvrages privés. L’étude évoque environ 3700 puits recensés en 2008, contre plus de 10.600 en 2023, tout en relevant qu’une partie des forages échappe encore aux statistiques officielles.

Une diminution détectée depuis l’espace

Les scientifiques ont exploité les mesures des satellites GRACE et GRACE-FO, capables de détecter les variations du stockage terrestre de l’eau à travers les modifications du champ de gravité.

À l’échelle régionale, ce stock aurait diminué de l’équivalent de 16,6 centimètres d’eau depuis 2002. Ce chiffre ne correspond pas à une baisse uniforme de 16,6 centimètres du niveau des nappes. Il traduit une perte globale d’eau mesurée sur une zone plus large que les quatre gouvernorats. Après une relative stabilité au milieu des années 2000, le recul serait proche d’un centimètre par an.

Les rendements résistent encore

Jusqu’à présent, l’irrigation a largement protégé les palmiers contre les variations climatiques. La progression des superficies, les nouveaux forages et les investissements ont même permis aux rendements moyens de Kébili de plus que doubler durant la période étudiée.

Les chercheurs observent cependant un possible affaiblissement de cette protection : les rendements à l’hectare semblent devenir plus sensibles à la sécheresse de l’air pendant les périodes les plus chaudes. Ce signal, surtout visible à Kébili, demeure exploratoire. Il ne démontre ni une baisse actuelle des rendements ni un lien de causalité certain avec l’épuisement des nappes.

L’étude, dont les données et le code sont publics, formule ainsi une alerte plutôt qu’un constat d’effondrement : les records de production peuvent encore masquer la fragilisation de la ressource qui les rend possibles.

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La Bourse de Tunis accélère, mais la reprise reste inégale

05. August 2026 um 11:24

La Bourse de Tunis termine le premier semestre 2026 sur une forte progression. Le Tunindex a gagné 47,7% depuis le début de l’année, une performance largement supérieure à celle enregistrée durant la même période en 2025 (+16,31%). Cette dynamique traduit un regain d’intérêt des investisseurs pour les valeurs cotées, notamment les grandes capitalisations.

Derrière cette envolée boursière, l’activité des sociétés cotées évolue toutefois à un rythme plus modéré. Le revenu global des entreprises a atteint 12,7 milliards de dinars à fin juin 2026, en hausse de 4,2% sur un an. Parmi les 71 sociétés ayant publié leurs indicateurs, 46 ont enregistré une amélioration de leurs revenus. Les vingt principales valeurs du Tunindex20 concentrent à elles seules 67% du revenu global, avec une progression de 4,4%, confirmant le poids des grandes entreprises dans la dynamique du marché.

Le secteur financier reste le principal moteur de cette évolution. Les 29 sociétés financières cotées ont généré plus de 5,2 milliards de dinars de revenus, en hausse de 6%. Les banques affichent une progression de leur produit net bancaire de 5%, tandis que les assurances enregistrent une croissance plus marquée de 9,8%. Cette solidité explique en partie la performance des indices sectoriels, avec une hausse de plus de 55% pour l’indice des banques.

D’autres secteurs affichent également une évolution positive. L’agroalimentaire poursuit sa progression, porté par les grands groupes du secteur, tandis que la grande distribution améliore ses performances. Poulina Group Holding, BIAT, Délice Holding ou encore One Tech figurent parmi les sociétés qui contribuent le plus au volume d’activité du marché.

Mais cette reprise reste contrastée. Certains secteurs industriels connaissent un recul important. Les matériaux de base enregistrent une baisse de 21,4% de leurs revenus, principalement sous l’effet de la contraction de la chimie (-34%). Le secteur automobile affiche également un repli, pénalisé par la baisse de l’activité de plusieurs concessionnaires.

Ainsi, le premier semestre 2026 montre un marché financier dynamique, porté par les valeurs financières et les grandes entreprises cotées. Toutefois, l’écart entre la forte progression des indices boursiers et la croissance plus limitée des revenus rappelle que la hausse de la Bourse repose aussi sur les anticipations des investisseurs et pas uniquement sur les performances opérationnelles des entreprises.

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