Le journaliste Zied El-Heni a comparu ce jeudi 30 avril 2026 devant la sixième chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis.
À l’issue de l’audience tenue ce jour, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré pour rendre son jugement le 7 mai prochain.
Cette comparution fait suite à une période de détention préventive visant Zied El-Heni depuis le 26 avril dernier, qui pour rappel est poursuivi pour des faits d’« atteinte à autrui via les réseaux publics de communication ».
Placé initialement en garde à vue après son audition, le journaliste reste dans l’attente de la décision finale de la cour qui déterminera l’issue de cette procédure particulièrement suivie par la profession.
Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a lancé un appel à la mobilisation, ce lundi 27 avril 2026, pour soutenir le journaliste Zied El-Heni.
Une manifestation de solidarité est ainsi prévue pour «dénoncer les pressions exercées sur les professionnels des médias et réaffirmer l’attachement indéfectible à la liberté d’expression», indique le SNJT dans son communiqué
Le syndicat invite l’ensemble des journalistes, militants des droits de l’homme et citoyens engagés à se rassembler jeudi 30 avril 2026 à partir de 9h devant le Tribunal de première instance de Tunis (rue Bab Bnet), sous le slogan « Le journalisme n’est pas un crime »
Dans son communiqué, le SNJT souligne que cette action vise non seulement à apporter un soutien à Zied El Heni, «mais aussi à ériger un rempart contre les menaces qui pèsent sur le paysage médiatique tunisien».
Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a annoncé, ce vendredi, le décès de Noureddine Tabka, figure emblématique de la presse francophone et ancien rédacteur en chef du quotidien « La Presse ».
Noureddine Tabka restera indissociable de l’âge d’or du journalisme tunisien, rappelle le SNJT, en précisant que durant les années 1970 et 1980, il a occupé le poste de rédacteur en chef de « La Presse », pilotant la rédaction lors de périodes charnières de l’histoire du pays.
Aux côtés de grands noms tels que Slaheddine Maâoui, Mahmoud Hosni ou encore Abdelaziz Dahmani, imposant une rigueur et un professionnalisme qui font encore école aujourd’hui.
Au-delà de sa plume, Noureddine Tabka était un homme d’action et d’engagement pour la corporation et il a notamment présidé l’Association des journalistes tunisiens entre 1973 et 1975, œuvrant activement à la structuration du métier dans une Tunisie en pleine mutation.
Sa passion pour l’écrit l’a mené à diriger la maison « Dar Al Amal », où il a supervisé la publication d’ouvrages documentaires et économiques de référence, indique encore le Syndicat, en commentant : Noureddine Tabka appartenait à cette génération de pionniers qui ont consacré leur vie entière au service du journalisme.
Le SNJT a tenu à saluer la mémoire d’un homme dont l’empreinte sur l’histoire de la presse tunisienne demeure indélébile.
En cette douloureuse circonstance, l’équipe de Kapitalis présente ses plus sincères condoléances à la famille de Noureddine Tabka ainsi qu’à l’ensemble de la famille médiatique tunisienne.
Le journaliste Zied El-Heni a été convoqué par la cinquième brigade centrale de lutte contre les crimes liés aux technologies de l’information et de la communication de la Garde nationale de Laouina.
C’est Zied El-Heni lui même qui en a fait l’annonce, via un post publié su son compte Facebook ce jeudi 23 avril 2026, en précisant qu’il a été convoqué pour demain vendredi 24 avril pour être entendu à 9 h par ladite brigade en tant que suspect.
Le journaliste a illustré son post par la convocation officielle, dans laquelle aucune autre précision n’a été apportée.
Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a annoncé avec douleur et tristesse le décès du journaliste Mounir Mestiri, survenu ce mardi soir, 21 avril 2026.
Figure respectée du paysage médiatique et culturel tunisien, Mounir Mestiri a eu un parcours riche et a travaillé avec de nombreux établissements médiatiques, couvrant divers domaines allant de la culture au sport, en passant par les affaires sociales et économiques.
Le Syndicat a souligné que Mounir Mestiri est reconnu pour son sérieux, son professionnalisme et son engagement indéfectible à transmettre l’information avec la plus grande responsabilité.
« Il était également apprécié pour ses hautes qualités morales et l’excellence de ses rapports avec ses confrères, ce qui lui valait le respect et l’estime de tous ceux qui l’ont côtoyé», ajoute encore le SNJT.
En cette douloureuse circonstance, l’équipe de Kapitalis présente ses plus sincères condoléances à la famille de Mounir Mestiri, ses proches et à l’ensemble de la famille médiatique.
En France, les menaces qui pèsent sur la liberté de la presse ne prennent pas toujours la forme de pressions visibles. Elles peuvent aussi s’inscrire dans des dispositifs juridiques discrets, intégrés aux contrats de travail. C’est ce que met en lumière le documentaire ‘‘La loi du silence : ces clauses qui font taire les journalistes’’, publié en mars 2025 par le studio de Reporters sans frontières.(Photo : Jean Bolloré, patron de Vivendi (CNews, Europe 1, JDD…), est l’un des visages de la censure des médias en France).
Djamal Guettala
Fondé sur des témoignages et des enquêtes, ce film révèle une pratique en progression : l’introduction, lors du départ de journalistes, de clauses de confidentialité, de loyauté ou de non-dénigrement. Si ces mécanismes sont courants dans le secteur privé, leur extension au champ médiatique suscite de vives interrogations.
Dans plusieurs situations documentées, ces clauses interdisent aux journalistes de critiquer leur ancienne rédaction ou de rendre publiques certaines informations internes. Certaines dispositions vont jusqu’à restreindre durablement, voire indéfiniment, leur prise de parole sur des sujets liés à leur ancien employeur.
Pour les défenseurs de la liberté de la presse, cette évolution constitue un risque réel : celui d’un affaiblissement progressif de la parole journalistique, y compris en dehors des rédactions.
Un enjeu démocratique et juridique majeur
Ce phénomène intervient dans un paysage médiatique français marqué par une concentration accrue des titres et des groupes de presse. Ce mouvement renforce le poids des acteurs économiques dans l’organisation de l’information, tandis que les journalistes, notamment les plus précaires, disposent de marges de négociation limitées.
Sur le plan légal, ces dispositifs se situent à l’intersection du droit du travail et de la liberté d’expression. Leur validité dépend de leur proportionnalité, mais appliquées au journalisme, elles posent une question centrale : jusqu’où peut-on restreindre la parole d’un professionnel de l’information sans porter atteinte à l’intérêt général ?
Reporters sans frontières alerte sur une possible dérive vers une forme de censure indirecte, moins visible que les pressions classiques, mais potentiellement tout aussi efficace.
Le Studio RSF au service de la liberté de la presse
À l’origine de ce travail, le Studio RSF développe une approche éditoriale fondée sur l’image et le récit. À travers des documentaires et formats vidéo, il s’attache à rendre accessibles des enjeux complexes liés à la liberté de la presse, en s’appuyant sur un réseau de journalistes présents à l’échelle internationale.
Cette démarche vise à donner à voir des réalités peu couvertes, parfois invisibles, en les inscrivant dans des récits incarnés. L’ambition est de permettre une meilleure compréhension des mutations du journalisme contemporain, tout en contribuant à renforcer la confiance dans une information indépendante et d’intérêt public.
Ce travail repose également sur le soutien du public, présenté comme un levier essentiel pour rendre possibles ces enquêtes et assurer leur diffusion.
Au-delà des cas individuels, c’est le fonctionnement du débat public qui est en jeu. Le silence imposé à des journalistes, même après leur départ, peut limiter la circulation d’informations essentielles.
Sans désigner de responsables uniques, le documentaire met en évidence une tendance structurelle. Une évolution qui, selon ses auteurs, appelle un débat public et, éventuellement, un encadrement plus strict.
Le 12 octobre 2025, le journaliste palestinien Saleh Al-Jafarawi a été tué par balle dans le quartier de Sabra, à Gaza, alors qu’il couvrait des affrontements violents entre le groupe Hamas et la milice Doghmush. Selon plusieurs sources, dont la chaîne Al Jazeera, Al-Jafarawi portait un gilet de presse au moment de sa mort .
Agé de 28 ans, Al-Jafarawi était connu pour ses vidéos virales soutenant le Hamas et documentant de manière dramatique ses blessures présumées lors des frappes israéliennes. Il avait acquis une notoriété en ligne et était surnommé « Mr. FAFO » en raison de ses multiples rôles, notamment en tant que combattant, journaliste et victime, ce qui avait suscité à la fois des moqueries et des accusations de propagande.
Avant sa mort, Al-Jafarawi avait déclaré vivre dans une peur constante après avoir reçu des menaces de la part des forces israéliennes. Son décès survient dans un contexte de violences inter-palestiniennes, avec des affrontements ayant fait au moins 52 morts parmi les membres du clan Doghmush et 12 militants du Hamas.
La mort d’Al-Jafarawi s’inscrit dans un contexte plus large de répression de la liberté de la presse à Gaza. Depuis le début du conflit en octobre 2023, plus de 270 journalistes ont été tués dans la région, faisant de ce conflit le plus meurtrier pour les travailleurs des médias.
Des experts des Nations Unies ont exprimé leur indignation face à l’assassinat de six journalistes palestiniens, dont deux femmes, dans plusieurs frappes israéliennes à Gaza, soulignant la nécessité d’une protection internationale pour les journalistes dans les zones de conflit.