« Nous annonçons les noms des principaux assassins du peuple iranien : Trump et Netanyahou. » C’est par cette formule que le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, Ali Larijani, a réagi à un message publié par le président américain Donald Trump sur la plateforme Truth Social, dans lequel celui-ci écrivait : « Patriotes iraniens, continuez à manifester et prenez le contrôle de vos institutions ! Retenez les noms des assassins et des agresseurs, car ils paieront un prix très lourd. »
Trump ajoutait : « J’ai annulé toutes les réunions avec les responsables iraniens jusqu’à ce que cessent les massacres insensés des manifestants. L’aide est en route vers vous. Œuvrons pour rendre l’Iran grand à nouveau. »
La réponse directe de Larijani au message de Trump a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, où militants et analystes se sont employés à décrypter l’appel de Trump et la position de Larijani.
Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a annoncé, mercredi 14 janvier 2026, qu’il revenait sur sa décision de démissionner de la direction de la centrale syndicale. Cette information a été relayée par un média de la place.
Le dirigeant syndical a expliqué que ce revirement fait suite à la demande de la majorité des membres du bureau exécutif qui se sont déplacés à son domicile dans la journée. Taboubi a précisé que l’organisation syndicale a traversé plusieurs tournants depuis sa création et que la réorganisation interne de la structure constitue désormais une priorité majeure.
Le secrétaire général a appelé l’ensemble des acteurs à tirer les enseignements de leurs erreurs et des crises traversées afin que l’Union revienne plus forte qu’auparavant. Ces déclarations interviennent après une période de tensions au sein de la direction de la centrale syndicale tunisienne.
La Tunisie n’est pas encore parvenue, malgré plus de quinze ans d’expérimentation, à forger un consensus national sur ses référents historiques les plus pertinents et ses objectifs futurs.De manière à pouvoir naviguer avec le minimum de dégâts dans les eaux troubles de la tempête qui se profile à l’horizon.(Photo : Soldat tunisien à Gafsa, lors de l’attaque d’un commando armé contre la ville en janvier 2080).
Elyes Kasri *
Elle n’y est pas parvenue dans un monde en pleine mutation géostratégique, face à une accélération de l’histoire avec ses aléas et défis sécuritaires et socio-économiques, avec une scène internationale caractérisée par la fluidité, l’opacité et une mutation déconcertante des valeurs internationales, alors que le droit international établi au siècle dernier donne des signes sérieux d’inopérance et d’obsolescence.
Au cœur de la tempête
Fragilisée par une dimension géographique rognée par les vicissitude de l’histoire coloniale et une phase post révolutionnaire que certains qualifient de transe et que les indicateurs macroéconomiques pourraient assimiler à une automutilation, la Tunisie se trouve dans une situation de vulnérabilité qui rend vitale la quête de référents historiques pertinents pour l’édification d’une doctrine sécuritaire susceptible de lui permettre de naviguer avec le minimum de dégâts dans les eaux troubles de la tempête qui se profile à l’horizon.
Parmi les événements historiques pertinents a plus d’un titre figure l’attaque terroriste de Gafsa en janvier 1980 et ses dessous et péripéties locaux, régionaux et internationaux.
Apprendre de l’attaque de Gafsa
Occulter l’attaque de Gafsa, dans laquelle sont impliqués ses deux voisins immédiats : la Libye et l’Algérie **, et la classer comme un fait divers pourrait priver la Tunisie d’éléments importants de perspicacité et d’appréciation de la menace et des prérequis de la sécurité alors que le monde en général entre dans une phase d’instabilité, de mutation et de reconfiguration géopolitiques, où l’Afrique du nord ne pourra pas faire exception surtout que le facteur énergétique semble jouer le rôle de catalyseur des conflits en cours ou en vue.
Après la Yougoslavie, le Soudan, l’Irak, la Syrie, l’Ukraine, le Venezuela et l’Iran, à qui sera le tour et comment se prémunir de cette déferlante qui prend l’allure d’un tsunami, telle est la question qui gagnerait à être abordée avec sérénité et sagacité en Tunisie loin de tout sentimentalisme et d’illusions motivées par des émotions dont la sincérité et les motifs mériteraient un plus grand recul et une attention particulière.
La sécurité de la Tunisie et même sa survie en dépendent.
* Ancien ambassadeur.
** Entre le 27 janvier, date de l’attaque de la caserne de Gafsa par un commando armée infiltré d’Algérie, et le 3 février, date de la reprise en main de la situation dans la ville par l’armée tunisienne, on a enregistré 48 morts, dont 24 militaires, 21 civils et 3 assaillants Le nombre de ces derniers est estimé à environ 300.
La cour d’appel a ordonné ce mercredi 14 janvier 2026 la libération de la journaliste Chadha Haj Mbarek, emprisonnée depuis 2023 dans une affaire de complot, après avoir réduit sa peine, a annoncé sa famille. La cour a ramené sa peine de 5 à 2 ans, la rendant libérable immédiatement.
La journaliste avait été condamnée dans l’affaire dite Instalingo, une entreprise de médias proche du parti islamiste Ennahdha, qui impliquait 41 personnalités politiques, journalistes et hommes d’affaires, dont l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple et chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, accusés de complot et de délits financiers, accusations catégoriquement niées par les prévenus y compris Chadha Haj Mbarek.
Le frère de la journaliste a précisé que sa santé s’était gravement détériorée pendant son incarcération. Elle a souffert de graves complications, notamment une perte auditive importante, et un cancer lui a été diagnostiqué en détention, a-t-il ajouté.
Les autorités tunisiennes ont indiqué que l’affaire découlait d’enquêtes judiciaires portant sur des infractions financières et sécuritaires présumées, et ont rejeté les accusations de l’opposition selon lesquelles les poursuites étaient politiquement motivées.
La cour d’appel de Tunis a confirmé, ce mercredi 14 janvier 2026, la peine de 22 ans de prison de Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste Ennahdha et ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). La cour a confirmé les peines de prison de 40 personnes, journalistes, blogueurs et hommes d’affaires, poursuivis dans l’affaire Instalingo. Seule la journaliste Chadha Haj Mbarek a été libérée.
Le 5 février, un tribunal de première instance avait condamné 41 prévenus, dont Ghannouchi, âgé de 84 ans, à des peines de prison allant de 5 à 54 ans. Ghannouchi était détenu depuis le 17 avril 2023, date à laquelle la police avait perquisitionné son domicile. Il a depuis été condamné à plusieurs reprises dans d’autres affaires.
Une source judiciaire anonyme a indiqué à l’agence de presse officielle tunisienne que la cour d’appel avait confirmé toutes les condamnations, à l’exception de celle de Chadha Haj Mbarek. Sa peine a été réduite de 5 à 2 ans, et la cour a ordonné un sursis à exécution.
Les accusés peuvent se pourvoir en cassation, mais ce pourvoi n’empêche pas l’exécution des peines.
Tous les accusés nient les charges retenues contre eux, notamment le complot contre la sûreté de l’État, la tentative de modification de la nature de l’État, l’incitation à la violence armée, les provocations à la violence et au pillage, ainsi que les actes hostiles envers le président.
En droit tunisien, cette accusation désigne toute conduite considérée comme une atteinte grave à la personne ou à l’autorité du chef de l’État, incluant les menaces, les agressions physiques ou les actions perçues comme portant atteinte à l’autorité de l’État.
Instalingo est une entreprise de médias numériques et de communication basée à Kalaa Kebira, dans le gouvernorat de Sousse. Son siège a été perquisitionné le 10 septembre 2021, suite à des allégations d’atteintes à la sûreté de l’État, de blanchiment d’argent et de diffamation en ligne.
Les autorités insistent sur le fait que les accusés sont jugés au pénal et nient toute ingérence politique dans la procédure judiciaire. Des figures de l’opposition affirment cependant que cette affaire s’inscrit dans une campagne plus vaste visant à discréditer les détracteurs des mesures exceptionnelles prises par le président Kaïs Saïed, depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021 : limogeage du gouvernement, dissolution du Parlement, instauration d’un régime par décret, adoption d’une nouvelle constitution par référendum et tenue d’élections législatives anticipées.
L’opposition qualifie ces mesures de coup d’État anticonstitutionnel et de tentative d’instaurer un pouvoir personnel, tandis que ses partisans estiment qu’elles mettent fin à une «décennie noire» (2011-2021) et corrigent le cours de la révolution tunisienne de 2011 qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali.
Une avance sur l’augmentation salariale prévue pour l’année 2025, d’un montant net de 450 dinars, sera versée aux travailleurs du secteur des grandes surfaces. Cette décision a été prise à l’issue d’une séance de travail tenue le lundi 12 janvier 2026 au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA).
L’information a été confirmée par Mohamed Barkati, secrétaire général par intérim de la fédération concernée, dans une déclaration accordée à Echâab News, l’organe de presse de l’UGTT. La réunion a rassemblé la Chambre nationale des grandes surfaces, la société Aziza ainsi que la Fédération générale des industries alimentaires, du tourisme, du commerce et de l’artisanat. Elle s’est soldée par un accord prévoyant le versement de cette avance en deux tranches.
Cette mesure vise à anticiper les hausses salariales prévues pour 2025 et à renforcer le pouvoir d’achat des employés du secteur; et ce, dans un contexte économique particulièrement difficile. Les modalités précises du calendrier de paiement seront arrêtées prochainement entre les parties signataires.
L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) traverse depuis quelque temps l’une des crises les plus importantes de son histoire avec un secrétaire général démissionnaire, une direction presque paralysée, de fortes pressions extérieures, notamment de la part des autorités politiques, et une grogne intérieure qui n’est pas près de se calmer.
L’un des porte-parole de cette grogne, Taïeb Bouaïcha, qui se réclame d’une opposition syndicale démocratique, a estimé que la situation au sein de la Centrale syndicale, Prix Nobel de la Paix 2015 pour son rôle dans le dialogue national, est devenue inadmissible et inacceptable, accusant la direction actuelle d’être incapable de résoudre la crise interne.
Dans une déclaration à Mosaïque, il a souligné que les divisions profondes au sein de l’organisation empêchent tout consensus, y compris sur la tenue d’un congrès, initialement prévu en mars 2026, avertissant que tout processus organisationnel ou électoral engagé par l’actuelle direction serait contesté.
Celle-ci, qui est fortement contestée, doit assumer ses responsabilités et démissionner, estime Bouaicha, ajoutant que le salut de l’organisation passe par une restructuration à partir des syndicats de base et la mise en place d’une commission composée de syndicalistes indépendants pour mener les réformes nécessaires.
Bouaicha a par ailleurs dénoncé le flou juridique entourant les appels à la tenue d’une commission administrative, mettant en garde contre les répercussions de la poursuite de la crise sur l’UGTT et sur le pays.
Un conseil ministériel restreint consacré à la politique sociale de l’État dans le domaine du logement s’est tenu mardi 13 janvier au palais du gouvernement à La Kasbah, présidé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri. La réunion a porté sur le plan d’exécution des programmes de logements sociaux, destinés aux catégories à revenus faibles et moyens, à travers les mécanismes de location-accession, de vente avec facilités de paiement et l’aménagement de lotissements sociaux.
L’État prévoit, dans le cadre du plan de développement 2026-2030, la construction d’environ 5 000 logements sociaux pour un coût global estimé à 750 millions de dinars. Une première tranche, prévue à partir de cette année 2026, concernera 1 213 logements répartis sur 11 gouvernorats, pour un investissement d’environ 212 millions de dinars. D’autres projets seront programmés ultérieurement afin de couvrir l’ensemble des régions.
La cheffe du gouvernement a rappelé lors du conseil que la politique de logement s’inscrit dans la consécration du droit constitutionnel à un logement décent, en mettant en place des mécanismes concrets adaptés aux capacités financières des ménages, notamment ceux à revenus faibles et moyens. Elle a toutefois insisté sur la nécessité de maîtriser les coûts de construction, d’élargir les interventions du Fonds de promotion des logements pour les salariés (FOPROLOS) et de renforcer le mécanisme de location-accession.
De son côté, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, a présenté le plan opérationnel qui sera mis en œuvre par les promoteurs immobiliers publics. Celui-ci prévoit la cession de terrains domaniaux au dinar symbolique à la Société nationale immobilière de Tunisie (SNIT) et à la Société de promotion des logements sociaux (SPROLS), afin de renforcer leur rôle social et de proposer des logements à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat des citoyens.
Le plan inclut également l’aménagement de lotissements sociaux et la constitution d’une réserve foncière publique, acquise à des prix préférentiels par l’Agence foncière d’habitation (AFH). Une plateforme numérique sera mise en place pour l’enregistrement des demandes, garantissant une attribution transparente fondée sur des critères objectifs.
Les autorités ont souligné l’urgence du démarrage effectif des projets, la simplification des procédures et le respect des normes et délais. Cette politique vise à répondre à la hausse continue des prix de l’immobilier et des loyers, tout en réaffirmant le rôle social de l’État et la préservation de la dignité des citoyens à travers un accès équitable au logement.
Avec des conflits armés très meurtriers comme celui du Soudan qui a donné lieu à la plus grave crise humanitaire dans le monde, des luttes fratricides pour le pouvoir et des scrutins électoraux à l’issue incertaine mais aussi la région du Sahel toujours en proie à l’instabilité, les défis sont légion pour le continent africain en cette nouvelle année.
Imed Bahri
Le revue américaine Foreign Policy a publié une analyse de Nosmot Gbadamosi présentant les principaux enjeux qui devraient façonner le paysage africain en 2026 dans un contexte de crises politiques, sécuritaires et électorales susceptibles de redéfinir l’équilibre des pouvoirs sur le continent.
Plusieurs pays africains organiseront des élections cruciales mais les experts prévoient qu’elles seront largement symboliques, avec des résultats prédéterminés, ce qui pourrait ouvrir la voie à une nouvelle vague de protestations de jeunes, semblables à celles observées sur le continent en 2025. Les élections prévues pour 2026 sont les suivantes :
Élections générales en Ouganda, le 15 janvier ; élections présidentielles au Bénin, le 12 avril ; élections générales en Éthiopie, le 1er juin ; élections générales en Zambie, le 13 août ; élections présidentielles en Gambie, le 5 décembre ; et élections générales au Soudan du Sud, le 22 décembre.
Soudan du Sud
Ces élections au Soudan du Sud sont les premières depuis l’indépendance du pays en 2011. Reportées à plusieurs reprises, elles suscitent aujourd’hui de nombreux doutes, tant au niveau international que national, quant à leur faisabilité et leur équité, compte tenu de l’instabilité politique qui règne dans le pays.
Le Soudan du Sud est entré dans une phase critique depuis l’effondrement du fragile accord de partage du pouvoir entre le président Salva Kiir Mayardit et son ancien vice-président et opposant, Riek Machar.
En mars 2025, Machar a été assigné à résidence. En septembre, le gouvernement l’a inculpé de meurtre, de trahison et de crimes contre l’humanité, et l’a démis de ses fonctions de premier vice-président au sein du gouvernement d’union nationale.
Ce poste faisait partie de l’accord de 2018 conclu entre les deux hommes, qui avait mis fin à une guerre civile de cinq ans ayant coûté la vie à environ 400 000 personnes.
Ces récents développements ont permis à Salva Kiir de consolider son pouvoir sans véritable opposition et le pays est à nouveau au bord d’une guerre civile généralisée.
Foreign Policy met également en garde contre le risque de débordement du conflit au Soudan, d’autant plus que l’armée soudanaise accuse Salva Kiir de soutenir les Forces de soutien rapide, ce qui pourrait entraîner le Soudan du Sud directement impliqué dans la guerre au Soudan.
Éthiopie
Concernant l’Éthiopie, FP note que les élections générales à venir se déroulent dans un contexte de crise sécuritaire et économique croissante. Les tensions persistent dans les régions d’Amhara et d’Oromia, où des affrontements se poursuivent entre les forces fédérales et les groupes armés locaux, risquant de perturber le processus électoral dans une grande partie du pays.
Ces élections pourraient consolider le pouvoir du gouvernement, au moment même où le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), parti au pouvoir au Tigré, accuse le gouvernement de violer l’accord de paix de 2022, exacerbant ainsi la méfiance entre les deux parties.
Ce climat fragile, selon la revue américaine, pourrait engendrer une instabilité accrue et alimenter les accusations d’illégitimité des élections et de manque de transparence quant à leurs résultats.
Somalie
Concernant les élections somaliennes, elles pourraient ne pas se dérouler comme prévu en raison de la controverse persistante entourant leur déroulement. Des réformes électorales sont en cours, visant à passer du système actuel, où les chefs de clan désignent les membres du parlement qui élisent ensuite le président, à un système de vote direct fondé sur le principe une personne, une voix.
Cette évolution représente un changement radical dans la structure du pouvoir et a suscité de vives protestations, notamment de la part des régions semi-autonomes du Puntland et du Jubaland, qui estiment que les réformes renforcent le pouvoir central à Mogadiscio et affaiblissent l’influence des régions.
Conflits ouverts
Au Sahel et en Afrique de l’Ouest, la revue américaine met en garde contre la propagation de ce qui est décrit comme un «virus des coups d’État militaires», compte tenu de l’influence croissante des juntes militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger (Alliance sahélienne), et de la multiplication des attaques perpétrées par des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
En République démocratique du Congo, FP indique que l’accord négocié par l’administration du président américain Donald Trump n’a pas permis d’endiguer les combats dans l’est du pays où des affrontements avec le mouvement M23 soutenu par le Rwanda se poursuivent.
Au Soudan, la poursuite du conflit qui dure depuis près de trois ans, notamment avec l’intensification des combats dans la région du Kordofan. Les initiatives internationales, y compris celles menées par Washington en coopération avec les pays de la région, n’ont guère progressé, les deux camps, l’armée et les Forces de soutien rapide, privilégiant les options militaires.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, dans l’après-midi du mardi 13 janvier 2026, au palais de Carthage, une réunion de l’équipe de travail chargée de trouver des solutions urgentes à la situation environnementale dans la ville de Gabès.
Lors de cette réunion, cite un communiqué, le chef de l’Etat a reçu le rapport final de la mission de l’équipe de travail et pris connaissance des recommandations qui y sont contenues, réaffirmant à ce propos sa détermination à décréter les mesures nécessaires, s’agissant, notamment, des volets techniques, financiers et structurels.
L’objectif étant d’éliminer les différentes sources de pollution dans la ville de Gabès, en attendant de mettre sur pied une stratégie nationale et globale permettant de résoudre la question environnementale en Tunisie.
A cette occasion, le chef de l’Etat a réaffirmé l’engagement à œuvrer en vue de concrétiser les aspirations du peuple tunisien où qu’il se trouve, promettant de garantir son droit à vivre dans un environnement sûr et sain, loin de toute forme d’émissions polluantes.
A rappeler que l’équipe de travail chargée de la situation environnementale de Gabès se compose comme suit :
– Ali Ben Hammoud, ingénieur en pétrochimie et chef d’équipe.
– Samia Ben Ali, maîtresse de conférences en génie chimique à l’École nationale d’ingénieurs de Gabès (ENIG).
– Hamida Kawas, maîtresse de conférences en pneumologie et d’allergologie et cheffe de service au centre hospitalo-universitaire de Gabès.
– Rafik Aouadi, directeur des études et de la réalisation retraité du Groupe chimique tunisien (GCT).
– Mohamed Salah Najjar, directeur général retraité du GCT.
– Mohamed Ben Chradda, directeur général retraité du GCT.
La chambre criminelle près la cour d’appel de Tunis a ordonné la libération de la journaliste Chadha Hadj Mbarek, dans le cadre de l’affaire dite «Instalingo», après avoir réduit sa peine de cinq ans de prison à deux ans avec sursis, affirme une source judiciaire.
La cour a également prononcé un non-lieu en faveur de la journaliste concernant les accusations les plus lourdes, notamment celles liées à la tentative de changement de la forme du gouvernement, à l’incitation à la violence armée, au désordre, au meurtre et au pillage, prévues par l’article 72 du code pénal.
En revanche, la juridiction a confirmé sa condamnation pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État, tout en réduisant la peine initiale de cinq à deux ans d’emprisonnement avec sursis.
Cette décision intervient alors qu’un collectif de la société civile avait, plus tôt dans la journée, exprimé sa vive inquiétude quant à l’état de santé jugé critique de la journaliste, détenue depuis le 20 juillet 2023. Le collectif a appelé à une prise en charge médicale urgente, rappelant que le droit à la santé est un droit fondamental garanti par les lois nationales et les conventions internationales.
Selon ce collectif, le maintien de Chadha Hadj Mbarek en détention dans les mêmes conditions constituait une menace sérieuse pour sa sécurité physique et sa dignité, exhortant les autorités à intervenir sans délai.
Pour rappel, la chambre criminelle de la cour d’appel de Tunis avait décidé, vendredi dernier, de reporter l’examen de l’affaire Instalingo afin de permettre aux avocats de préparer leur défense.
L’affaire concerne plusieurs personnalités politiques, hommes d’affaires, agents de sécurité, journalistes et blogueurs, poursuivis pour des chefs d’accusation graves liés à la sûreté de l’État. En février 2025, le tribunal de première instance de Tunis avait prononcé des peines allant de cinq à 54 ans de prison à l’encontre des accusés.
La société Instalingo, basée à Kalaa Kebira (gouvernorat de Sousse), opère dans le domaine de la création de contenu et de la communication digitale.
Mohamed Ali Nafti, Ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, a reçu aujourd’hui, le 13 janvier 2026, au siège du Ministère, Isidro Antonio Gonzalez Afonso, qui lui a remis une copie figurée de ses Lettres de Créance en tant que nouvel Ambassadeur du Royaume d’Espagne en Tunisie.
À cette occasion, M. le Ministre a salué la profondeur des relations d’amitié et de coopération qui unissent la Tunisie et le Royaume d’Espagne, ainsi que l’histoire commune des deux pays, leurs liens humains, culturels et économiques solidement ancrés, et leur situation géographique partagée dans l’espace méditerranéen.
Il a appelé à accélérer le rythme des visites de haut niveau entre les deux pays et à bien préparer les prochaines échéances bilatérales, exprimant, dans ce cadre, son souhait de renforcer davantage les relations de coopération et de partenariat existantes dans divers domaines, notamment l’économie, le commerce et l’investissement, ainsi que la coopération culturelle, académique et sportive, de manière à soutenir les efforts de développement commun, dans le contexte de la préparation à la célébration, en 2027, du soixante-dixième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays.
De son côté, l’Ambassadeur d’Espagne a exprimé sa fierté de représenter son pays auprès de la République Tunisienne, affirmant la volonté de l’Espagne de continuer à soutenir les relations d’amitié, de coopération et de partenariat avec la Tunisie, et d’œuvrer à hisser la coopération bilatérale dans les domaines d’intérêt commun, tant au niveau bilatéral qu’européen.
L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a annoncé la création de nouveaux groupes d’amitié parlementaire avec cinq pays africains, en l’occurrence : l’Afrique du Sud, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Nigeria. Cette décision a été prise mardi 13 janvier 2026 à l’issue d’une réunion du Groupe de coopération parlementaire avec les pays africains, tenue au Palais du Bardo, selon un communiqué de l’Assemblée.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à structurer et renforcer les relations parlementaires bilatérales avec les pays africains. À cette occasion, le président de l’ARP, Brahim Bouderbala, a expliqué que la mise en place des groupes d’amitié découle d’une approche progressive, débutant par la création de groupes de coopération parlementaire afin d’assurer une action plus efficace et durable.
Toujours selon le communiqué de l’ARP, Brahim Bouderbala a souligné le rôle central des députés dans la promotion de la coopération internationale, notamment à travers le renforcement des échanges parlementaires et le développement de partenariats dans divers domaines d’intérêt commun.
Les députés présents ont, pour leur part, insisté sur la nécessité de renforcer la coordination avec le pouvoir exécutif afin d’améliorer l’efficacité de la diplomatie parlementaire et d’assurer sa cohérence avec les orientations générales de l’État. Ils ont également appelé à une ouverture accrue sur le continent africain, estimant que les marchés africains offrent des perspectives économiques importantes et constituent un levier stratégique pour renforcer la présence tunisienne en Afrique.
Dans le cadre des futurs groupes d’amitié parlementaire, les députés ont évoqué leur contribution au traitement de plusieurs dossiers, notamment la question de la migration irrégulière. Ils ont réaffirmé, à ce titre, l’engagement de la Tunisie à coopérer avec ses partenaires africains dans le respect de la législation nationale et de la souveraineté de l’État.
La réunion a enfin mis en avant l’importance d’organiser des journées d’étude dédiées à la diplomatie parlementaire. Ces rencontres visent à améliorer les mécanismes de travail des groupes d’amitié et à renforcer les capacités des députés dans ce domaine, afin d’accroître l’impact de l’action parlementaire sur la scène internationale.
Le leader de l’extrême droite britannique Nigel Farage s’est affiché le mois dernier lors du Grand Prix de la Formule 1 à Abou Dhabi mais le Financial Times vient de révéler qu’il n’a pas mentionné le véritable motif de sa présence, c’est qu’il a rencontré des responsables des Émirats et qu’ils lui ont payé son voyage. De plus, ce voyage intervient dans un contexte de tension entre les Émirats arabes unis et le gouvernement travailliste britannique de Keir Starmer. Dernier épisode de cette tension, Abou Dhabi a décidé de ne plus délivrer dans l’avenir de bourses universitaires pour le Royaume-Uni par crainte que leurs citoyens ne soient exposés à la radicalisation islamiste sur les campus britanniques. Décision saluée par le vice-président américain J. D. Vance. (Ph. Nigel Farage, invité à Abou Dhabi, ne refuse pas l’argent des monarchies du Golfe).
Imed Bahri
Dans les colonnes du Financial Times, Anna Gross, Andrew England et David Sheppard ont révélé que les Émirats ont financé un voyage à Abou Dhabi en décembre du député Nigel Farage, chef du Parti de la réforme (Reform UK, extrême droite), afin de rencontrer des responsables émiratis.
Le journal britannique indique que le soutien apporté par les Émirats à la visite d’un leader d’extrême droite confirme leur intérêt pour les mouvements populistes à travers le monde. Les Émirats ont offert à M. Farage un hébergement et l’autorisation d’assister au Grand Prix de Formule 1 qui s’est tenu début décembre.
Le coût du voyage a été estimé à environ 10000 livres sterling pour couvrir les frais de séjour du député britannique.
À l’époque, M. Farage a publié une photo de lui en compagnie de l’homme d’affaires italien et figure de la jet-set internationale Flavio Briatore, accompagnée de la légende «À Abou Dhabi pour la finale de Formule 1», sans que le véritable motif de sa présence à Abou Dhabi ne soit précisé.
M. Farage a rencontré de hauts responsables émiratis lors de ce voyage de deux jours, qui a eu lieu avant la suspension des travaux parlementaires pour les fêtes de fin d’année.
Haro sur les Frères musulmans et l’islam politique
Selon des sources proches du dossier, le trésorier Reform UK, Nick Candy, qui se rend régulièrement dans les pays arabes pour affaires, a organisé ces rencontres.
D’autres sources bien informées ont ajouté que les dirigeants émiratis souhaitaient s’entretenir avec le chef du parti d’extrême-droite en raison de leur opposition commune aux Frères musulmans. Nigel Farage a déclaré qu’il désignerait ce groupe comme organisation terroriste au Royaume-Uni s’il remportait les élections.
L’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats, la Russie, la Jordanie et la Syrie ont officiellement désigné les Frères musulmans comme organisation terroriste.
Le gouvernement du Premier ministre Starmer n’a pas encore pris de décision concernant cette confrérie mais a indiqué l’année dernière que la question était «examinée de près».
Le journal souligne que le financement de ce voyage et ces rencontres confirment l’intérêt des Émirats pour le parti d’extrême droite de Farage, crédité de 30% des intentions de vote, contre 16% pour le Parti travailliste au pouvoir. Les Grands Prix de Formule 1 sont souvent l’occasion de nouer des contacts, attirant des personnalités politiques, des chefs d’entreprise et des vedettes du sport et du divertissement.
Il est inhabituel que des gouvernements invitent des dirigeants de partis d’opposition et prennent en charge leurs frais, compte tenu des implications diplomatiques d’un tel acte.
Depuis son accession à la tête du Parti conservateur et de l’opposition en novembre 2024, Kemi Badenoch n’a reçu aucun don pour couvrir les frais de ses rencontres avec des dirigeants étrangers.
À l’inverse, lorsqu’il était dans l’opposition, le gouvernement qatari avait pris en charge les frais de voyage de Starmer à Doha pour rencontrer l’émir après la COP28 tenue à Dubaï en 2023. Le gouvernement qatari avait financé le vol de M. Starmer de Dubaï à Doha, où il avait rencontré l’émir et déclaré à l’époque qu’ils avaient discuté de la guerre à Gaza et de la coopération essentielle entre les deux pays.
Les dictatures utilisant l’argent pour obtenir des faveurs
Steve Goodrich, directeur de la recherche et des enquêtes chez Transparency International, a fait remarquer que l’hospitalité accordée à M. Farage n’était pas sans précédent mais il a ajouté que le financement et l’accueil de parlementaires britanniques par des gouvernements étrangers donnaient l’impression que ces derniers étaient corruptibles. Il a déclaré : «Nous l’avons constaté à maintes reprises, des dictatures utilisant l’argent pour obtenir des faveurs au Parlement et il est temps d’interdire ces pratiques».
Par le passé, M. Farage a critiqué le gouvernement des Émirats. En 2023, il avait exhorté le Premier ministre conservateur de l’époque, Rishi Sunak, à veiller à ce que son ministre des Affaires étrangères, Lord David Cameron, ne joue aucun rôle dans le projet de vente de Telegraph Media à Redbird IMI, une coentreprise entre la société américaine de capital-investissement Redbird et IMI, détenue par Abou Dhabi, en raison des liens de Cameron avec les Emirats. Farage avait alors déclaré : «Il est inconcevable qu’un gouvernement conservateur permette à de tels actifs de tomber entre de mauvaises mains durant son mandat ou qu’il encourage l’importation de tendances contraires à l’un des piliers de notre démocratie».
La connivence de la gauche avec les islamistes
Par ailleurs, Farage a annoncé mercredi que Laila Cunningham, conseillère municipale de Reform UK dans le borough (arrondissement) de Westminster serait la candidate du parti à la mairie de Londres en 2027. La capitale britannique dirigée par le travailliste Sadiq Khan est considérée par l’extrême droite comme le bastion de la connivence de la gauche avec les islamistes.
Farage a déclaré : «Nous mènerons une campagne d’envergure pour remporter la mairie de Londres. Ce lieu, autrefois considéré avec une incroyable admiration historique et un sentiment d’exception, fait désormais l’objet de discussions désobligeantes à travers le monde».
Cunningham, une mère de famille musulmane de sept enfants, a déclaré qu’elle aimait Londres mais qu’elle n’ignorait pas ce qu’elle est devenue, notant que la criminalité a augmenté dans toute la capitale.
Le FT est également revenu sur le dernier épisode de tensions dans les relations bilatérales entre Abou Dhabi et Londres. Les Émirats ont décidé de ne plus délivrer dans l’avenir de bourses universitaires dans les universités britanniques pour leurs citoyens par crainte qu’ils ne soient exposés à la radicalisation islamiste. La décision a été saluée par le vice-président américain J. D. Vance qui a d’ailleurs déclaré dans un tweet publié sur la plateforme X: «Certains de nos meilleurs alliés musulmans du Golfe considèrent l’endoctrinement islamique dans certaines parties de l’Occident comme extrêmement dangereux».
Le journal britannique a pour sa part estimé cette nouvelle décision est motivée par d’autres raisons et qu’elle serait intervenue en réalité comme une réaction suite à un certain nombre de différends entre les deux pays. D’abord, l’offre de rachat du Daily Telegraph soutenue par Abou Dhabi qui avait avorté mais aussi le soutien présumé des Émirats arabes unis aux forces paramilitaires de Hemedti Dagalo au Soudan (ce que les Émiratis démentent toujours) et la plainte déposée par la Premier League contre le club de football de Manchester City, propriété émiratie, au sujet de ses finances. Toutes ces raisons ont crispé les relations entre les Émirats et le gouvernement travailliste mené par Keir Starmer.
Le président de la République Kaïs Saïed s’est entretenu, lundi 12 janvier au palais de Carthage, avec le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar. Un communiqué a été publié à l’issue de cette réunion. Laquelle a permis d’examiner dans le détail la situation des caisses de sécurité sociale. Et en particulier celle de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).
Le chef de l’État a donné des instructions fermes pour remédier sans délai aux dysfonctionnements de ces caisses. Il a exigé l’identification de solutions immédiates garantissant une couverture sanitaire effective à tous les assurés, quel que soit leur régime.
Dans ce cadre, Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité d’une coordination renforcée entre les acteurs du système de sécurité sociale. Et ce, pour lever les obstacles et soulager les souffrances des citoyens.
En outre, il a rappelé que la couverture sociale et sanitaire de qualité constitue un « droit fondamental » pour tout Tunisien. Ce qui rend inacceptable un quelconque détournement des missions originelles de ces caisses sociales.
Au final, il a plaidé pour une refonte profonde de leur rôle, à travers une « nouvelle vision » rompant avec les pratiques passées. Car celles-ci ont épuisé les équilibres financiers et dégradé la qualité des services aux citoyens.
Le président de la République Tunisienne, Kaïs Saïed, s’est entretenu dans la journée du lundi 12 janvier 2026 au palais de Carthage, avec la ministre des Finances, Michket Slama Khaldi.
Lors de cet entretien, il a abordé plusieurs axes relatifs aux équilibres budgétaires de l’État, en mettant l’accent sur la facturation électronique prévue par la loi de finances 2026.
Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’adopter une approche flexible face à l’absence de plateformes numériques chez de nombreuses PME et dans divers secteurs d’activité. Cette souplesse vise à éviter tout trouble ou perturbation susceptible d’avoir des répercussions négatives sur l’économie nationale. La préparation de ces outils numériques reste une étape préalable indispensable à une application effective de la mesure.
Kaïs Saïed a par ailleurs réaffirmé que la numérisation des transactions dans tous les domaines contribuera à réduire la corruption. Il a appelé à avancer résolument sur cette voie, tout en évitant d’appliquer des sanctions pénales tant que ces plateformes ne sont pas disponibles.
En conclusion, le président a rappelé que les textes législatifs doivent être jugés à l’aune de leurs finalités. Les procédures ne sauraient entraver ces objectifs : la lutte contre la corruption reste une priorité inébranlable, l’équité étant l’ultime horizon. L’action se poursuit pour hisser l’État et ses services publics au niveau des attentes des citoyens.
Le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) organise une rencontre-débat autour du nouveau livre de Jean-Marc Salmon ‘‘Le soulèvement tunisien’’ (Éditions Dissonance, Tunis, 2025, 340 pages,), le 15 janvier 2026 à 19h au CICP – 21ter Rue Voltaire, 75011 Paris.
Jean‑Marc Salmon, auteur du titre, présentera, au cours de cette rencontre inscrite dans le cadre du cycle Liqaet, les grandes lignes de son ouvrage, qui analyse les nouvelles formes de soulèvements au XXIᵉ siècle. À travers le prisme de la Tunisie contemporaine, il interroge les dynamiques de résistance, les revendications de dignité et de liberté, ainsi que les enjeux sociopolitiques qui traversent le monde aujourd’hui.
Pour cet auteur reconnu et chercheur spécialisé dans les dynamiques de protestation, l’objectif principal du livre est d’offrir une analyse approfondie des formes émergentes de soulèvements au XXIᵉ siècle, en prenant la Tunisie comme point d’ancrage; ce choix permet d’illustrer concrètement comment les mouvements contemporains se structurent dans un contexte à la fois local et global.
Parmi les thèmes centraux, Salmon montre comment les mobilisations se reconfigurent grâce aux réseaux numériques et aux nouveaux modes de communication, qui accélèrent la diffusion d’idées et la coordination d’actions. Il met également en avant les revendications de dignité et de liberté comme piliers universels, en les illustrant par des exemples précis tirés de la réalité tunisienne mais aussi d’autres expériences de soulèvement à travers le monde.
Enfin, le livre explore la relation entre mémoire collective et actions présentes, démontrant comment les souvenirs et les leçons du passé nourrissent les stratégies actuelles des acteurs du changement.
Structuré de façon hybride, ‘‘Le soulèvement tunisien’’ mêle essais théoriques, études de cas détaillées et entretiens avec des acteurs du terrain. Cette combinaison offre au lecteur une vision à la fois académique et vivante des processus de contestation, rendant le texte à la fois rigoureux et immédiatement palpable.
Après la présentation, un dialogue ouvert permettra aux participants de poser leurs questions à M. Salmon, d’approfondir les thématiques abordées et de réfléchir aux perspectives offertes par ces mouvements de contestation.
Cette rencontre sera modérée par Salma Matri, étudiante en master de communication à la Sorbonne Nouvelle. Elle guidera les échanges autour des implications culturelles et médiatiques des soulèvements, tout en mettant en lumière les aspirations de dignité et de liberté qui animent les acteurs de terrain.
À la suite de la marche anti-répression du 10 janvier, le PDL dénonce les gestes isolés et réaffirme sa maturité politique, assumant son histoire depuis 1920 pour une nouvelle lutte patriotique.
Il salue un mouvement des droits humains pour une démocratie responsable et réitère son engagement pour la « Charte d’engagement national », appelant à un front uni contre la crise. Une marche est annoncée le 18 janvier (10h, Lycée Alaouia vers la place Maâkel EzZaïm) pour le 74e anniversaire de 1952.
Les protestations, qui ont éclaté le 28 décembre 2025, s’intensifient à travers l’Iran. Le régime des mollahs réprime les manifestants dans le sang, procède à des arrestations massives et coupe l’accès à Internet. La pression internationale sur Téhéran s’accroît également. La république islamique tiendra-t-elle encore longtemps ou réussira-t-elle à «enterrer», au propre et au figuré, cet énième mouvement de protestation ?(Ph. Les Pasdarans ou Gardiens de la révolution, bouclier du régime, viendront-ils à bout des manifestations qui prennent de l’ampleur dans tout l’Iran ?)
Nouredine Ben Mansour *
Ce qui a commencé comme une protestation économique du bazar, habituellement conservateur et favorable au régime, s’est transformé en mouvement de protestation politique générale. Initialement limitées à des commerçants mécontents de Téhéran, les manifestations ont gagné l’ensemble du pays et continué à prendre de l’ampleur, malgré la répression violente et le black-out imposé par les autorités.
L’État iranien réagit avec une grande violence : les organisations de défense des droits humains font état de centaines de morts, dont les corps jonchent les rues des grandes villes et remplissent les morgues des centres médico-légaux. L’expert iranien Ali Fathollah-Nejad craint que le bilan ne se chiffre en milliers.
Un black-out total
Selon Iran Human Rights, basée en Norvège, au moins neuf mineurs figurent parmi les personnes tuées. L’organisation fait également état de milliers de blessés. D’autres estimations, que l’ONG n’a pas pu vérifier auprès des hôpitaux locaux, évoquent un bilan nettement plus élevé, allant jusqu’à plus de 6 000 blessés. Idem pour le chiffre des personnes arrêtées, qui dépasserait 2 000 personnes. Certains d’entre eux ont même déjà été jugés de manière expéditive et condamnés à mort. La coupure d’Internet ne permet plus la communication intérieure et avec l’étranger, ce qui rend difficile la vérification des faits rapportés.
Là où en sont aujourd’hui les choses, bien malin celui qui se risquerait à faire des prévisions. Et rien ne permet d’affirmer que les jours de la République islamique d’Iran sont comptés, comme le font un peu hâtivement certains analystes occidentaux.
A l’extérieur, l’opposition s’agite, mais ne pèse pas encore sur la décision et ne semble pas disposer de véritables relais dans le pays. Même le prince Reza Pahlavi, le fils aîné de Mohammad Reza Pahlavi, dernier chah d’Iran, a du mal à apparaître comme une alternative crédible, y compris aux yeux de ses protecteurs américains.
Un régime aux aguets
Les Etats-Unis et Israël discutent encore de possibles frappes militaires contre des cibles du régime des mollahs à l’intérieur de l’Iran. Les gouvernements allemand, français et britannique se sont contentés d’appeler les dirigeants iraniens à renoncer à la violence. Ils attendent sans doute d’y voir plus clair dans les capacités du régime à venir à bout de la grogne populaire.
Certes, il s’agit des plus importantes manifestations qu’ait connues l’Iran depuis le mouvement ‘Femmes, Vie, Liberté’ de 2022-2023. Mais même si le régime est économiquement à genou et que le gouvernement semble impuissant face aux difficultés grandissantes de la population, rien ne permet encore d’affirmer que l’actuelle vague de protestation pourrait sonner le glas d’un régime très décrié à l’intérieur et à l’extérieur, mais qui ne recule devant rien pour survivre. Des jours sombres, très sombres, attendent les Iraniens…
* Conseiller en logistique et commerce international.