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tunisien | Le système d’approvisionnement en eau fait preuve de résilience

10. April 2026 um 11:21

Lors d’une visite de travail effectué à Monastir, où il a présidé les travaux du Conseil régional de l’eau en présence de plusieurs responsables régionaux, le secrétaire d’Etat chargé des Ressources hydrauliques, Hamadi Habaib, a rappelé que la Tunisie avait connu neuf années de sécheresse au cours de la dernière décennie, dont six consécutives, soulignant que le système d’approvisionnement en eau, et notamment le système de distribution d’eau potable, avait fait preuve de résilience malgré ces difficultés.

Le système de rationnement de l’eau avait été supprimé l’été dernier et les interruptions survenues étaient dues à des dysfonctionnements techniques, à des situations d’urgence sur le réseau ou à des coupures de courant, et non uniquement à une pénurie de ressources en eau, a précisé le responsable, cité par Diwan FM.

Le niveau de remplissage des barrages varie d’une région à l’autre, ceux du nord et de la péninsule du Cap Bon affichant des niveaux élevés, tandis que ceux de la région centrale continuent de souffrir de faibles niveaux de stockage, a expliqué Habaieb, ajoutant que des années de sécheresse ont affecté négativement les zones irriguées du système de Nebhana et la part d’eau du barrage revenant au gouvernorat de Monastir.

Durant la campagne agricole 2024/2025, 400 000 mètres cubes d’eau ont été alloués à la région afin de sauver les premières récoltes, en plus de l’apport exceptionnel d’eau provenant du nord, chaque fois que cela est possible, a encore précisé le responsable, ajoutant que le ministère de l’Agriculture a adopté une stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050, caractérisée par sa flexibilité et son adaptabilité aux évolutions, et visant à garantir la durabilité des ressources en eau.

Exploitation des aquifères profonds

Tout en soulignant l’importance de relier les barrages centraux au système hydraulique du nord et d’accroître les ressources par l’exploitation des aquifères profonds, comme le forage exploratoire prévu dans le district de Bekalta, ainsi que par le développement du dessalement des eaux saumâtres et saumâtres, M. Habaieb a, également, indiqué que le projet de coopération tuniso-espagnol, mené en partenariat avec l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), vise à soutenir la gestion des ressources en eau du système de Nebhana en étudiant la faisabilité de la construction d’une usine de dessalement.

Concernant l’approvisionnement en eau potable, le secrétaire d’État a expliqué que la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) est confrontée à des difficultés croissantes, ce qui a nécessité la mise en place d’une cellule de crise fonctionnant 24h/24 et 7j/7 pour surveiller l’approvisionnement et recevoir les réclamations. Des efforts sont aussi déployés pour mettre en place un système de surveillance en temps réel des réseaux et des installations de stockage afin d’améliorer l’efficacité et de réduire les pertes d’eau.

Les récentes précipitations ont contribué à l’amélioration du niveau des nappes phréatiques dans plusieurs régions. Et le gouvernement est engagé en faveur du développement des ressources en eau non conventionnelles, avec pour objectif d’utiliser 70 % des eaux usées traitées pour l’irrigation d’ici 2050, a souligné le responsable, en insistant sur la nécessité d’une utilisation efficiente des ressources en eau face aux changements climatiques et de faire face aux défis auxquels la région est confrontée, notamment le vieillissement des réseaux d’irrigation, la nécessité de réviser la carte agricole et de prendre en compte la situation des associations de gestion de l’eau afin de garantir leur contribution à la réalisation des objectifs de développement durable.

Par ailleurs, les autorités expérimentent la méthode d’ensemencement des nuages ​​menée en coopération avec les ministères de la Défense et des Transports. Celle-ci pourrait être étendue, en particulier dans le bassin versant du barrage de Nebhana.

I. B.

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Les chirurgiens esthétiques réunis en congrès à Tunis

10. April 2026 um 10:42

La 12e Congrès international de chirurgie et de médecine esthétique, organisée par la Société tunisienne de chirurgie esthétique et plastique (STCE, TSAPS), se tient du 9 au 11 avril 2026, à Tunis. Cet événement scientifique, qui vise à présenter les dernières avancées dans ce domaine spécialisé, réunit de nombreux médecins et experts tunisiens et étrangers.

Le Dr Hichem Mahmoud, président de la STCE, a déclaré à Mosaique FM que cette session est axée sur plusieurs axes clés de la chirurgie esthétique, notamment la rhinoplastie. Les techniques les plus récentes pour améliorer l’esthétique et la fonction respiratoire y sont présentées, en particulier pour les patients souffrant de déformations ou de difficultés respiratoires.

Il a ajouté que la conférence aborde également les techniques de lifting du visage et du cou, qui ont connu des progrès remarquables ces dernières années, réduisant le temps de convalescence et minimisant les complications, permettant ainsi aux patients de reprendre leurs activités quotidiennes plus rapidement.

Le programme scientifique met également l’accent sur les chirurgies de remodelage corporel et de lifting, notamment après une perte de poids, lorsqu’il est nécessaire de corriger le relâchement cutané et de rétablir l’harmonie corporelle.

Hichem Mahmoud a expliqué que l’objectif des interventions programmées est d’obtenir les meilleurs résultats possibles avec un minimum d’effets secondaires et une période de convalescence plus courte.

La conférence bénéficie d’une large participation internationale, accueillant des spécialistes de plusieurs pays, dont les États-Unis, l’Espagne et la Colombie, ainsi que de nombreux pays arabes comme le Maroc, l’Algérie, la Libye et l’Égypte, témoignant de l’ouverture de l’association aux expériences internationales et à l’échange d’expertise.

Un fait marquant a été l’adoption, par le Dr Mahmoud, de la technologie de diffusion en direct des interventions chirurgicales lors de la conférence. Cette technologie permet aux participants de suivre en temps réel les différentes étapes des interventions, un défi tant sur le plan organisationnel que médical, notamment compte tenu de la complexité de nombreuses procédures pouvant durer plusieurs heures.

Concernant la réalité de la chirurgie esthétique en Tunisie, le spécialiste a confirmé que le secteur connaît un développement remarquable, soutenu par l’expertise et les infrastructures médicales, dans les secteurs aussi bien public que privé, ce qui a fait du pays une destination prometteuse dans le domaine du tourisme médical.

I. B.

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L’emploi en Tunisie au pied du mur numérique

10. April 2026 um 10:34

Lors d’un récent passage devant les députés, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, a esquissé une «nouvelle vision» pour contrer le chômage endémique des diplômés. Si l’intention de rompre avec le modèle saturé du salariat est louable, le discours ministériel peine encore à masquer une faille stratégique majeure : l’absence d’un véritable contrat de souveraineté numérique.

Abdelwheb Ben Moussa *  

Le ministre prône l’entrepreneuriat comme remède miracle. Certes, l’économie verte, bleue ou circulaire offre des gisements réels. Mais en Tunisie, le candidat à l’auto-emploi se heurte encore à un parcours du combattant administratif et à un système bancaire frileux. Pousser les jeunes vers la création de projets sans une digitalisation intégrale de l’administration et une interopérabilité des paiements, c’est condamner une génération à la précarité sous couvert d’initiative privée.

L’informel ne reculera que si le formel devient, par le numérique, plus simple et plus protecteur.

L’IA : la fin du mirage de la centralisation

Sacrifiant à une idéologie politique dominante, le ministre insiste sur une approche «régionale et locale». Or, le développement des zones intérieures ne passera plus par de grands complexes industriels étatiques, mais par l’injection massive d’Intelligence Artificielle (IA) dans les tissus économiques locaux.

Que ce soit l’agriculture de précision dans le Nord-Ouest ou la logistique intelligente au Sahel, l’IA permet de délocaliser la valeur ajoutée sans exiger une concentration urbaine. Un diplômé à Kasserine peut devenir un «data-agriculteur» performant, pourvu que l’État assure une infrastructure cloud nationale et souveraine. Sans cela, le discours sur le développement régional restera une incantation politique sans lendemain.

Sortir de la gestion comptable des compétences

La révision des politiques de l’emploi ne doit plus se limiter à des ajustements de curseurs au sein du Fonds national de l’emploi. À l’heure où l’IA transforme radicalement les métiers, notamment dans nos banques, l’adéquation formation-emploi doit devenir une anticipation par la Data. Le «Reskilling» (reconversion) doit être immédiat et permanent.

Quant à la stratégie d’emploi à l’étranger évoquée par le ministre, elle pose une question de fond : voulons-nous rester un simple exportateur de matière grise ou bâtir une infrastructure technologique capable de retenir nos talents ?

La souveraineté numérique est le seul rempart crédible contre une fuite des cerveaux que nous ne finançons que trop généreusement pour le compte des économies du Nord.

Le numérique, nouveau contrat de souveraineté

Le plan 2026-2030 ne peut réussir sur les bases d’une économie de rente et de procédures papier. Pour que la Tunisie de demain travaille, elle doit cesser d’être une spectatrice de la révolution technologique.

L’emploi ne se décrète pas en commission parlementaire ; il se crée là où la confiance est digitalisée et où l’innovation est protégée par une souveraineté technologique assumée. Monsieur le Ministre, le chantier est immense, mais il commence par un clavier, pas par un formulaire.

* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique.  

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Les PME tunisiennes incitée à intégrer le Pacte vert européen

10. April 2026 um 09:36

Le Pacte vert européen s’intègre de plus en plus aux chaînes de production tunisiennes liées à l’exportation. Le guide «EcoLab», relancé par la Délégation de l’Union européenne en Tunisie et développé par Ceed Tunisie dans le cadre du programme Savoirs Éco, vise à aider les PME, les startups et les structures d’accompagnement à s’orienter dans la nouvelle réglementation environnementale imposée par le marché européen.

L’idée sous-jacente est que la transition écologique de l’UE ne concerne plus seulement les entreprises établies au sein du marché européen. L’Union a fixé juridiquement l’objectif de la neutralité climatique d’ici 2050, tandis que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), régi par le règlement (UE) 2023/956, introduit un système destiné à impacter les importations de biens à forte intensité de carbone.

Pour les entreprises tunisiennes, notamment dans les secteurs du textile, de l’automobile, de la chimie, des matériaux et de l’agroalimentaire, le défi est désormais double : réduire l’impact environnemental des processus de production et mettre en place des systèmes fiables de collecte de données, de traçabilité et de vérification tout au long de la chaîne de valeur. C’est dans cette zone grise, entre exigences réglementaires et accès au marché, que le guide EcoLab se positionne comme un outil d’aide pratique.

Outre le CBAM, le dossier aborde également le reporting de durabilité.

La Commission européenne rappelle que les entreprises soumises à la directive sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD) doivent se conformer aux normes européennes de reporting de durabilité (ESR), tandis que l’Europe’s Voice in Corporate Reporting (Efrag) apporte un soutien technique à leur mise en œuvre.

Concrètement, cela signifie que de nombreux fournisseurs tunisiens au sein des chaînes d’approvisionnement européennes seront également incités à adopter des systèmes plus robustes pour les données ESG, les audits et le reporting continu. Un autre chapitre est consacré à l’économie circulaire.

Le Passeport numérique des produits, prévu par le nouveau cadre européen d’écoconception, vise à accroître la transparence quant à la durabilité, la durabilité et les caractéristiques environnementales des produits. Ses effets se répercuteront également sur la composition, la recyclabilité et la gestion de la fin de vie des biens et des emballages.

En Tunisie, EcoLab se présente comme une initiative permettant de transformer la conformité aux normes environnementales européennes, d’un coût à un avantage concurrentiel.

Le programme Savoirs Éco, financé par l’UE à hauteur de 4,5 millions d’euros et mis en œuvre par Expertise France de février 2023 à août 2026, fournit le cadre d’assistance technique nécessaire à ce type d’initiatives. Celles-ci cherchent à préparer le secteur manufacturier local à un marché européen de plus en plus soumis à des critères environnementaux et de transparence.

D’après Ansamed.

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El Kitab Gallery | Une relecture contemporaine de ‘‘La Divine Comédie’’

10. April 2026 um 09:30

À El Kitab Gallery, dans le quartier de Mutuelleville à Tunis, l’exposition collective ‘‘Aux portes de l’Enfer’’, ouverte le 30 mars et qui se poursuivra jusqu’au 30 avril 2026, propose une relecture contemporaine de ‘‘La Divine Comédie’’ de Dante Alighieri, plus précisément de son ‘‘Enfer’’.

Manel Albouchi

Sous le commissariat de Michela Margherita Sarti, l’exposition ne cherche ni à illustrer ni à traduire fidèlement l’œuvre de Dante. Elle en propose une relecture contemporaine, où ‘‘L’Enfer’’ cesse d’être un lieu mythologique pour devenir un territoire psychique.

Le texte curatorial donne d’emblée la tonalité : il ne s’agit pas de voir ‘‘L’Enfer’’, mais de s’y reconnaître. L’exposition n’est pas une représentation, c’est un miroir. Et ce déplacement, en apparence subtil, produit une rupture profonde dans la manière de regarder.

Une immersion sensorielle

Dès les premiers pas, le visiteur est plongé dans une atmosphère dense : rideaux noirs, lumières rouges, autel, crânes, bougies, livres, masques, chaînes. L’espace évoque un rituel contemporain, où chaque élément semble chargé de sens. Mais l’expérience ne passe pas uniquement par le regard. Le corps réagit. Avant même toute interprétation, une sensation s’installe : une tension, certes, mais aussi un apaisement inattendu. Comme si cet univers sombre offrait paradoxalement un espace où quelque chose, enfin, pouvait exister sans être nié. C’est peut-être là que l’exposition atteint une justesse rare : elle ne cherche pas à convaincre l’intellect. Elle travaille ailleurs, dans cette zone intermédiaire où les images ne sont pas encore des mots, mais déjà plus que de simples perceptions.

Un motif traverse presque l’ensemble des œuvres : le corps. Fragmenté, déformé, parfois dissocié, il apparaît comme le lieu principal de l’expérience. Non pas un corps idéalisé, mais un corps éprouvé, traversé par des tensions, des contradictions, des excès. Ce traitement fait écho à une réalité contemporaine : celle d’un sujet exposé à une multiplicité de pressions (sociales, psychiques, symboliques) et qui ne se vit plus comme une unité stable. L’exposition ne cherche pas à résoudre cette crise. Elle la montre. Elle la fait ressentir.

Un enfer contemporain

Le dialogue avec Dante Alighieri devient alors vertigineux. Chez lui, l’Enfer était structuré, hiérarchisé, inscrit dans une logique morale. Ici, il devient diffus. Il ne se manifeste plus par la punition, mais par la saturation : saturation d’images, saturation d’émotions, saturation de sens. Un excès qui caractérise largement notre époque.

L’exposition ne propose ni récit linéaire ni conclusion apaisante. Elle oblige le visiteur à rester face à ce qu’il voit ou à reconnaître son incapacité à le faire. Ce choix peut déstabiliser, mais il correspond à une réalité contemporaine : l’effacement progressif des repères collectifs et la nécessité, pour chacun, de construire sa propre lecture. La nécessité de la traversée Au-delà de la proposition artistique, ‘‘Aux portes de l’Enfer’’ pose une question plus intime : Peut-on éviter ce qui, en nous, relève de l’ombre ? L’exposition semble répondre par la négative. Aucune molécule, aucune substance, aucune fuite ni distraction ne peut dissoudre ce qui, en nous, relève de ‘‘L’Enfer’’. Ce territoire intime fait de peurs, de contradictions et de désirs inavoués… ne disparaît pas. Il attend. Et il faut le traverser.

Abandonner tout espoir

Au fond, chacun porte en lui son enfer, sa rédemption, et peut-être, dans un silence plus discret, son paradis. Mais aucun de ces lieux n’est accessible sans passage. C’est peut-être ce que cette exposition murmure, sans jamais l’énoncer frontalement.

Une phrase ancienne, presque oubliée, qui résonne encore «lasciate ogni speranza» (abandonner tout espoir) non pas comme une condamnation, mais comme une invitation radicale : abandonner l’illusion de contourner ce qui doit être vécu et symbolisé. Car entre chute et élévation, il existe toujours un espace de traversée : le purgatoire. Un lieu qui, de tout temps, a eu ses gardiens. Un lieu de transformation lente, exigeante. Un lieu qui ne promet rien, mais qui veille. On n’y entre pas librement. On n’en sort pas indemne. Et pourtant, c’est là que quelque chose se joue.

Une exposition à vivre

On quitte ‘‘Aux portes de l’Enfer’’ sans certitude, sans explication claire. Mais avec quelque chose de plus précis : une sensation persistante. Comme si l’expérience ne s’arrêtait pas à la sortie, mais continuait ailleurs.

Dans un contexte où les images sont souvent consommées rapidement, ‘‘Aux portes de l’Enfer’’ propose une temporalité différente : plus lente, plus introspective. Une exposition à voir, bien sûr. Mais surtout à ressentir.

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Tunisie | Un pain plus riche en fibres et moins salée  

10. April 2026 um 09:06

La Tunisie s’apprête à proposer aux boulangeries un nouveau pain subventionné plus riche en fibres, destiné à modifier le profil nutritionnel de la baguette traditionnelle sans en augmenter le prix. Une réforme dictée par des considérations économiques et sanitaires.

Cette initiative, annoncée par Yahia Moussa, président par intérim de la Chambre syndicale des boulangers, sur Mosaïque FM, fait suite à la récente publication au Journal officiel tunisien d’une mesure conjointe des ministères de l’Agriculture et du Commerce, relevant le taux d’extraction de la farine panifiable de 78 % à 85 %.

Il ne s’agit pas, en réalité, d’un pain complet au sens strict, mais d’une baguette fabriquée avec de la farine moins raffinée, donc plus riche en son, en fibres et en nutriments que le pain blanc traditionnel.

Le prix de ce nouveau produit devrait rester aligné sur celui du pain traditionnel subventionné, soit environ 190 millimes la baguette.

La réforme vise également à mieux distinguer la farine destinée au pain courant de celle utilisée pour d’autres produits, facilitant ainsi les contrôles et limitant le détournement de la farine subventionnée.

Vers une meilleure santé publique

Elle s’inscrit dans un contexte de santé publique sensible, où le pain demeure un élément central de l’alimentation quotidienne. Un document de l’Institut national de la consommation indiquait déjà une consommation moyenne d’environ 70 kilogrammes de pain par habitant et par an, tandis qu’une étude de l’OMS pour la Méditerranée orientale a révélé qu’en Tunisie, la teneur moyenne en sel du pain dépasse 1 % et que le pain représente à lui seul environ 33,5 % de l’apport total en sel. L’OMS recommande moins de 5 grammes de sel par jour pour les adultes.

La réforme s’inscrit dans ce déséquilibre : une consommation importante de farine raffinée et un excès de sodium. Augmenter le taux d’extraction de la farine permet de rendre la baguette moins «vide» sur le plan nutritionnel, dans un pays où, selon l’OMS, près de 86 % des décès sont liés à des maladies non transmissibles et où les maladies cardiovasculaires représentent à elles seules plus de 30 % de la mortalité totale.

Ce nouveau pain ne représente donc pas qu’une simple modification technique de la filière céréalière, mais un petit pas vers une meilleure santé publique, visant à s’attaquer à l’un des symboles les plus populaires de l’alimentation : la baguette blanche. Peu coûteuse et largement consommée, elle est cependant souvent pauvre en fibres et trop salée.

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La piscine de Bizerte en fête

10. April 2026 um 08:00

Jeudi 9 avril 2026, les vagues de la piscine municipale de Bizerte n’ont pas seulement vibré au rythme des battements de jambes ce jeudi, mais aussi sous les acclamations d’une foule en liesse. Sport Nautique Bizertin (SNB) a transformé l’enceinte sportive en un véritable théâtre de convivialité à l’occasion d’une compétition amicale de natation placée sous le signe de la ferveur, de l’émotion et de la convivialité.

Lotfi Sahli

Cette édition revêtait une dimension particulière : elle était organisée en hommage au regretté Mohamed Ali Ben Mosbah, figure emblématique et pilier historique de la natation à Bizerte, dont l’héritage continue d’inspirer des générations de nageurs.

Pas moins de 14 équipes ont répondu à l’appel du club doyen, offrant un spectacle où la performance technique s’est effacée derrière la ferveur collective.

L’événement a brillamment réussi le pari du brassage des âges : des jeunes espoirs aux nageurs plus expérimentés, la ligne d’eau est devenue le trait d’union entre les générations, à l’image de la transmission si chère à Mohamed Ali Ben Mosbah.

Une ambiance de kermesse populaire

«C’est plus qu’une compétition, c’est une célébration de notre identité nautique et un devoir de mémoire pour celui qui a tant donné à ce bassin», confiait un parent entre deux séries de 25 mètres.

Hommage à Mohamed Ali Ben Mosbah.

Dès l’ouverture des portes, l’effervescence était palpable. Les gradins, occupés jusqu’à la dernière place par les familles et les amis des compétiteurs, ont donné à la piscine municipale des airs de kermesse estivale. Cris d’encouragement, applaudissements nourris et sourires partagés ont rythmé la journée, créant une atmosphère électrique mais profondément bienveillante.

En orchestrant cette rencontre, le SNB ne s’est pas contenté de promouvoir l’excellence physique ; il a réaffirmé le rôle essentiel du sport comme vecteur de lien social. Entre deux plongeons, c’est toute la ville de Bizerte qui a célébré son attachement à l’eau, à la camaraderie et au souvenir de ses grands hommes. Une réussite totale qui confirme que, dans le bassin, l’esprit d’équipe nage toujours en tête.

Les participants

L’événement a rassemblé un plateau relevé de clubs venus de divers horizons, illustrant le rayonnement de cette compétition. Outre l’hôte, le SNB, les lignes d’eau ont vu défiler les nageurs de l’ASCN (El Menzah), du CNBA (Ben Arous), ainsi que des clubs Olympica, ASM (La Marsa) et JSB (Boumhel). La diversité des participants a été renforcée par la présence notable du Club Tayba, d’El Menzah Sport, du CSEB, du TRI Max Bizerte, du MSM et de l’ASNK, faisant de ce rassemblement un véritable carrefour de la natation tunisienne

Les podiums par épreuve

Nage Libre (NL)

25m NL Filles : 1. Yasmine Adouani (ASCN), 2. Alma Zaghdouani (ASCN), 3. Mayssan Ayari (SNB).

25m NL Garçons : 1. Mohamed Yasser Ben Ahmed (CNBA), 2. Ayane Hedfi (CNBA), 3. Chaima Omar (SNB).

50m NL Filles : 1. Assil Chebbi (Olympica), 2. Isra Jeddi (CNBA), 3. Ela Ben Ammar (CNBA).

50m NL Garçons : 1. Moetaz Ben Saïd (SNB), 2. Ahmed Altouf (ASCN), 3. Yahya Aziz (ASCN).

Brasse

25m Brasse Filles : 1. Nourane Souissi (ASCN), 2. Nourane Jari (SNB), 3. Cyrine Jbali (CNBA).

25m Brasse Garçons : 1. Adem Saadi (SNB), 2. Yakoub Ben Mansour (ASCN), 3. Mahdi Nassri (ASCN).

50m Brasse Filles : 1. Ghalia Bouchkifa (ASCN), 2. Aicha Kaddechi (Tayba), 3. Line Kilani (CNBA).

50m Brasse Garçons : 1. Iyed Ajili (CNBA), 2. Idris Zarrani (ASM), 3. Mo’ Malek Ben Slama (ASM).

Dos

25m Dos Filles : 1. Manissa Sebai (El Menzah Sport), 2. Mayar Saidi (Olympica), 3. Khadija Daoued (ASCN).

25m Dos Garçons : 1. Ghali Hammami (Tayba), 2. Mohamed Anas Gabsi (CNBA), 3. Mohamed Assil Ghrimil (ASCN).

50m Dos Filles : 1. Sandra Smadi (ASM), 2. Mayar Chetoui (ASCN), 3. Fatma Zahra Jemal (Olympica).

50m Dos Garçons : 1. Bayazid Ouerghi (ASCN), 2. Youssef Ben Saïd (ASM), 3. Azer Bouziri (JSB).

Papillon (PAP)

25m PAP Filles : 1. Rahaf Zitouni (CNBA), 2. Eline Ben Abid (ASCN).

25m PAP Garçons : 1. Youssef Nahdi (CNBA).

50m PAP Filles : 1. Hanine Ben Salah (JSB), 2. Ayet Othmen (ASCN), 3. Beya Mejri (Olympica).

50m PAP Garçons : 1. Youssef Abidi (ASM), 2. Adnes Hjaeiji (CNBA), 3. Mo’ Amine Yahyaoui (Olympica).

Le club organisateur s’est particulièrement illustré avec plusieurs podiums, notamment les premières places de Moetaz Ben Saïd (50m NL) et Adem Saadi (25m Brasse).

La journée s’est achevée dans une ambiance chaleureuse et solennelle. Le président du SNB, Salem Karmous, entouré des membres du comité directeur, a procédé à la traditionnelle distribution des médailles.

En récompensant les lauréats, le président a réaffirmé le rôle essentiel du sport comme vecteur de lien social et de mémoire. Une réussite totale qui confirme que, dans le bassin bizertin, l’esprit d’équipe et le respect des anciens nagent toujours en tête.

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Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  

10. April 2026 um 07:22

Alors que la Tunisie célèbre le 70e anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer l’évolution des déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers-monde à une véritable indépendance, y compris de ceux d’entre eux qui étaient réputés alliés de l’Occident comme la Tunisie, objet de cet article.

Ahmed Ben Mustapha *

La guerre israélo-américaine déclenchée contre l’Iran depuis plus d’un mois est souvent présentée, du point de vue de la géopolitique, comme étant l’étape ultime du processus d’élimination des principales composantes de l’axe de la résistance lequel est perçu comme étant le dernier obstacle à la mise en œuvre du plan messianiste expansionniste israélo-sioniste soutenu par l’Occident en Palestine et au Proche- Orient. En réalité, elle s’inscrit dans une dynamique de reconquête et de recolonisation politique, militaire et économique du monde arabo-musulman qui a démarré avec l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003.

Avec les printemps arabes, ce phénomène s’est accentué visant prioritairement la chute des régimes considérés comme étant hostiles à l’Occident et Israël ainsi que la mainmise sur leurs richesses. Mais, outre les guerres destructrices dirigées contre la Libye, le Yémen et la Syrie, les changements de régime ont également touché ceux réputés alliés de l’Occident notamment en Tunisie et en Egypte.

A l’épreuve des faits, ces changements avaient pour but de favoriser l’accession au pouvoir, en Tunisie et dans les pays ciblés, de pouvoirs d’obédience islamiste considérés comme étant plus accommodants et ouverts à la politique de normalisation des relations arabo-israéliennes.

De même ces nouveaux pouvoirs se sont révélés très coopératifs dans la reconduction des politiques d’ouverture économique, de libre échange inégal et d’insertion dans la globalisation qui servent prioritairement les intérêts occidentaux.

La finalité de cette entreprise était de préserver l’hégémonie occidentale jugée menacée par l’émergence des Brics ainsi que la résurgence des aspirations indépendantistes dans le monde arabo-musulman ainsi qu’en Afrique.

Alors que la Tunisie célèbre le 70e anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer ces évolutions et les déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers monde à une véritable indépendance.

Ce premier article a pour point de départ la marginalisation croissante en Tunisie de l’indépendance qui, en tant que tournant historique, n’a pas bénéficié à mon sens de l’intérêt qu’elle mérite auprès des historiens et des économistes.

En effet, le protocole du 20 mars 1956 a été, à mon sens, le premier acte d’insertion de la Tunisie dans la mondialisation laquelle revêtait, dès le départ, une double dimension économique et diplomatique. Sa finalité première, était, du point de vue français, destinée à maintenir la Tunisie dans le giron de la France et l’Occident tant dans le domaine des orientations stratégiques économique qu’en politique étrangère. D’où l’inclusion des conventions sur l’autonomie interne en tant que partie intégrante de ce protocole qui est fondé sur le concept d’«interdépendance».

L’indépendance dans l’interdépendance

Depuis de nombreuses décennies, la fête de l’indépendance de la Tunisie, acquise en vertu du protocole du 20 mars 1956, n’est plus célébrée en tant que moment historique fondateur de l’histoire tunisienne. Cette situation remonte en vérité à l’époque de l’ex-Président Ben Ali qui a laissé cet évènement sombrer dans un quasi oubli au profit du «changement» du 7 novembre 1987, lequel s’était substitué dans le discours officiel à toutes les autres dates clés symbolisant notre lutte de libération nationale.

Il s’agit là d’une des caractéristiques de la classe politique dirigeante tunisienne qui a tendance à marginaliser ou déprécier sans distinction, toute référence aux évènements historiques précédents ainsi qu’aux acquis réalisés par ses prédécesseurs.

Dans ses mémoires, Hédi Baccouche – ancien  Premier ministre et l’un des artisans du «changement» du 7 novembre 1987 – confirme que la décision d’écarter le Président Bourguiba du pouvoir avait été prise car il n’était plus en mesure d’assumer les responsabilités inhérentes à ses fonctions en raison de sa sénilité et de son âge avancé (1). Mais il est maintenant admis que les principaux partenaires de la Tunisie, notamment les USA et l’Union européenne, ainsi que ses alliés occidentaux membres du G7 – qui ont toujours exercé une influence considérable sur les centres de pouvoir en Tunisie – avaient reçu des assurances préalables quant à la préservation de leurs intérêts ainsi que le respect par la Tunisie de ses engagements internationaux dans le cadre de la continuité de l’Etat.

Rappelons que le Président Bourguiba était par conviction hostile au communisme et avait revendiqué, dès son accession au pouvoir, son attachement aux valeurs politiques et démocratiques associées aux choix économiques libéraux d’insertion dans l’économie de marché qui étaient promues par les USA et l’Occident (2).

Toutefois, il était fermement attaché à l’indépendance de décision de la Tunisie dans la détermination de sa politique étrangère ainsi que le choix de ses partenaires dans le domaine de la coopération internationale.

A cet effet, il avait introduit, la notion de coopération librement consentie entre nations souveraines dans le préambule de la constitution de 1959 au nombre des principes fondateurs de la République tunisienne.

La constitution de 1959 proclamait en effet – dans son préambule qui définissait les orientations stratégiques de la Tunisie indépendante – la volonté du peuple tunisien qui s’est libéré de la domination étrangère grâce à sa puissante cohésion et à la lutte qu’il a livrée à la tyrannie, à l’exploitation et à la régression d’«instaurer une démocratie fondée sur la souveraineté du peuple et caractérisée par un régime politique stable basée sur la séparation des pouvoirs».

En politique intérieure et étrangère, la constitution réaffirme la volonté du peuple de «consolider l’unité nationale et de demeurer fidèle aux valeurs humaines qui constituent le patrimoine commun des peuples attachés à la dignité de l’homme, à la justice et à la liberté et qui œuvrent pour la paix, le progrès et la libre coopération des nations». De même, elle proclame «la volonté du peuple tunisien de demeurer fidèle aux enseignements de l’Islam, à l’unité du Grand Maghreb, à son appartenance à la famille arabe, à la coopération avec les peuples qui combattent pour la justice et la liberté».

Soulignons que la référence, dans le préambule de la constitution, à la «libre coopération des nations» revêtait une importance capitale dans la mesure où elle exprimait le rejet de la notion d’interdépendance introduite dans le protocole d’indépendance sur insistance de la France. Elle traduisait également l’attachement de la Tunisie à sa pleine souveraineté décisionnelle dans le domaine de la coopération économique internationale ainsi que dans les domaines de la diplomatie, de la sécurité et de la défense. D’où son opposition à la volonté affichée par la France, soutenue par ses alliés occidentaux, de maintenir des rapports de dépendance et de domination avec ses anciennes colonies en les empêchant de varier leurs partenariats internationaux et d’acquérir les attributs d’une véritable indépendance politique, économique, diplomatique et financière.

Soulignons toutefois que le Président Bourguiba, n’aura jamais recours à une politique de rupture avec la France même dans les moments de tensions extrêmes notamment lors de la bataille de Bizerte ainsi que celle de la nationalisation des terres agricoles(3).

D’ailleurs, les USA se sont toujours déployés pour empêcher que les divergences tuniso-françaises n’affectent les orientations de la diplomatie tunisienne qui sont demeurées étroitement ancrées à l’Occident(4) .  

Hostilité occidentale à l’indépendance tunisienne

La Tunisie a accédé à l’indépendance en mars 1956 dans un contexte géopolitique régional et international défavorable aux pays arabes et africains qui souhaitaient bâtir des relations équilibrées, respectueuses de leur souveraineté et mutuellement bénéfiques avec les puissances coloniales et en particulier avec la France.

Il importe de rappeler la nature de ces contraintes d’ordre interne et international qui ont lourdement hypothéqué le processus de décolonisation et de construction des édifices d’un Etat national tunisien démocratique et souverain.

Au nombre de ces facteurs, la détermination des responsables français à préserver, sous des formes aménagées, le contrôle de leur empire colonial dont les ressources sont jugées nécessaires à la reconstruction(5) et au maintien de la France au rang de grande puissance dans la nouvelle reconfiguration du monde après la seconde guerre mondiale. Or la France n’avait pas les moyens de cette ambition du fait qu’elle était sortie de ce conflit, ainsi que l’Europe, défaite, sous domination américaine et économiquement sinistrée. Mais ne pouvant résister à la vague de décolonisation d’après-guerre, elle va œuvrer à maintenir sous tutelle ses anciennes colonies en ne leur concédant que des indépendances de façade à l’instar des pays d’Europe de l’Est qui ont été soumis au statut d’Etats à «souveraineté limitée» par l’URSS durant la guerre froide.(6)

Dès lors, la France va œuvrer à mettre en place un nouveau cadre de gestion de ses relations avec l’Afrique lui permettant d’exercer une sorte de tutelle politique, économique et sécuritaire sur ses colonies africaines .

J’ai évoqué cet aspect méconnu de la stratégie française d’après-guerre en ces termes : «En vérité, il est maintenant admis que les responsables français étaient, pour des raisons économiques et stratégiques, déterminés à conserver des liens étroits et indéfectibles avec leurs anciennes colonies. L’historiographie française et contemporaine nous apprend en effet, que la France, sortie dévastée, ruinée et affaiblie des deux conflits mondiaux ne pouvait réussir sa reconstruction et retrouver un statut de grande puissance sans garder le contrôle des marchés et des ressources de son empire. Ce qui a hypothéqué les aspirations à l’indépendance de ses anciennes colonies» (7).

Dans son ouvrage publié en 2015 Pierre Vermeren – professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne, spécialiste des mondes arabes et africains du Nord et de la décolonisation – révèle que la France, considérablement affaiblie par la seconde guerre mondiale avait besoin de conserver le contrôle de son empire colonial pour pouvoir se reconstruire. Je le cite «pour les autorités françaises la France, occupée, détruite et humiliée n’a aucune chance de se relever sans son empire». Il précise qu’en 1945 la France était menacée de révolution car occupée par l’armée américaine, elle était dépourvue de capitaux, de monnaie, d’armée indépendante sans compter ses infrastructures dévastées, son peuple vieillissant, et ses élites majoritairement compromises durant l’occupation. Dès lors, «l’appel à l’empire se révèle donc plus crucial encore que dans les années 1930» (8).

En somme, les responsables français de l’époque estimaient, pour des considérations stratégiques vitales, qu’un désengagement total de ses possessions coloniales, priverait la France de ressources humaines et matérielles nécessaires à sa renaissance économique et à la préservation de son statut de grande puissance au plan régional et mondial.

S’agissant de la Tunisie, cette politique va se traduire par la conclusion en juin 1955 des conventions sur l’autonomie interne qui seront à l’origine de graves dissensions au sein du mouvement national tunisien.

* Diplomate et ancien ambassadeur.

Notes :

1- Hédi Baccouche : ‘‘En toute franchise’’, Sud Editions, 2018 : «Le pays connait une grave instabilité. Le Président, du fait de sa maladie et de sa sénilité, peut prendre des décisions irréfléchies, inopportunes et imprévues, compliquer davantage la situation. La menace islamiste est réelle. Ben Ali pense devoir prendre les devants et écarter Bourguiba du pouvoir. Habib Ammar l’approuve Pour ma part, après beaucoup d’hésitation, et privilégiant la Tunisie sur le Président si grand soit- il, je me solidarise avec eux» (P. 405).

2- Michel Collon et Grégoire Lalieu : ‘‘La stratégie du chaos. Impérialisme et Islam. Entretiens avec Mohamed Hassan, Investig’ Action – Couleur  Livres, 2011 (P. 171 et s.)

3- Abdelaziz  Chenguir : ‘‘La politique extérieure de la Tunisie 1956-1987, L’Harmattan, 2004 (. P. 77- 91).

4- Ibid (P 51-65).

5 – Pierre Vermeren : ‘‘Le choc des décolonisations.  De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.)    

6- Sophie Guillermin-Golet : ‘‘La doctrine Brejnev, ou doctrine de la souveraineté limitée’’. Voir également l’article publié en date du 5 mai 1980 sur le site du quotidien Le Monde :‘‘La souveraineté limitée’’.

7- Ahmed Ben Mutapha : ‘‘L’histoire méconnue des négociations tuniso-européennes depuis l’indépendance’’, étude parue dans l’ouvrage collectif ‘‘Economie et relations internationales.  Histoire et mutations nouvelles’’, L’Harmattan, 2021 (P. 309).

8- Pierre Vermeren : ‘‘Le choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.).

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Chirurgie laparoscopique | 23e congrès de la STCL

10. April 2026 um 07:21

Le 23ᵉ Congrès national de chirurgie laparoscopique, organisé par la Société tunisienne de chirurgie laparoscopique (STCL), se tiendra les 16 et 17 avril 2026 au Sheraton Tunis Hotel.

Cet événement scientifique de référence réunira des experts et participants venus des quatre coins du monde, autour des dernières avancées en chirurgie mini-invasive.

«Cette édition mettra à l’honneur un programme scientifique riche, favorisant le partage d’expériences, l’innovation et la collaboration internationale, tout en valorisant une approche toujours plus humaine de la pratique chirurgicale», expliquent les organisateurs. Ils ajoutent : «Au-delà des sessions scientifiques, ce congrès se veut un espace d’échange, de transmission et de formation continue au service de la qualité des soins et du rayonnement de la chirurgie tunisienne.»

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Rencontre à Paris sur les poètes de Tunisie

10. April 2026 um 07:06

L’Institut du Monde Arabe à Paris (IMA) organise, dans le cadre de son programme «Les Samedis de la poésie», une rencontre autour des «Poètes de Tunisie», le 25 avril 2026, de 16h30 à 17h30.

«Méconnue en France, la poésie tunisienne arabophone fait pourtant montre d’une grande richesse depuis les années 1980. Après un passage du néoclassicisme au romantisme puis à des formes modernes, elle adopte vers libre et prose, portée par plusieurs influents poètes majeurs», notent les organisateurs. Ils ajoutent que cette rencontre voudrait attirer l’attention sur la richesse et la vitalité de la poésie tunisienne de langue arabe, particulièrement depuis les années 1980. 

Au début des années 1930, la poésie tunisienne arabophone était brillamment passée, avec Abulkacem Chebbi (1909-1934), du néoclassicisme au romantisme, avant d’évoluer à son propre rythme vers des conceptions plus modernes, sans rompre avec la métrique classique. Ce, avant de suivre la voie tracée par la révolution du langage poétique en Irak et au Liban en adoptant progressivement le vers libre et le poème en prose. 

Outre Abû al-Qassim al-Chabbi, les sept autres poètes choisis comptent sans nul doute parmi les plus novateurs et les plus influents : Habib Zannad (né en 1946), Moncef Ouhaibi (né en 1949), Mohammad Ghozzi (1949-2024), Jamila Méjri (née en 1951), Moncef Mezghanni (né en 1954), Sghaïer Ouled Ahmed (1955-2016) et Amel Moussa (née en 1971).

Une nouvelle séance sera organisée au cours des prochains mois, mettant l’accent sur la création poétique tunisienne arabophone depuis l’an 2000.

La séance, qui sera présentée par Farouk Mardam-Bey,proposera un récital en arabe et en français avec accompagnement musical au qanoun. Les poèmes qui seront lus par Samara Jaad (en arabe) et Marie-Stéphane Cattaneo (en français), sont traduits de l’arabe par Tahar Bekri et extraits de son livre ‘‘Poètes Tunisiens’’ paru l’année dernière aux Editions Nehed. Les lectures seront accompagnées au qanoun par Hend Zouari.

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Le 9 avril 1938 | Quand le Destour devient Néo

09. April 2026 um 13:10

Le 9 avril 1938 marque un point de rupture dans l’histoire du mouvement nationaliste tunisien. Rappel de quelques faits historiques sur ce tournant décisif dans le mouvement national tunisien…

Pr Moncef Ben Slimane *

Quelques jours, avant les manifestations, le 4 avril, Slimane Ben Slimane et Youssef Rouissi sont arrêtés à Souk El Arba (actuelle Jendouba) alors qu’ils organisaient une réunion pour appeler à la désobéissance civile. Le 9 avril, les manifestations sont violemment réprimées. Des figures majeures du mouvement, comme Ali Belhouane, Habib Bourguiba ou encore Salah Ben Youssef sont arrêtées. La direction du Néo-Destour est jugée au cours du fameux procès de Guérin, de Cayla puis emprisonnée pour plusieurs années au Fort Saint-Nicolas, à Marseille. La confrontation avec le pouvoir colonial est désormais ouverte. 

Dans la Tunisie des années 1930, tous les ingrédients d’une crise majeure sont réunis. La situation économique se dégrade, frappant durement ouvriers, paysans et artisans. En parallèle, les autorités du protectorat français durcissent leur politique et multiplient les atteintes à l’identité nationale. Une compagnie de naturalisation de Tunisiens est lancée, soutenue par les oulémas de la Zitouna avec leur tête le cheikh Tahar Ben Achour.

Du réformisme à la désobéissance civile

Dans ce contexte tendu, une nouvelle génération de militants nationalistes s’impose. Portée notamment par des figures comme Ali Belhouane, elle remet en cause les méthodes jugées trop prudentes du Destour de Abdelaziz Thaâlbi et prône une action directe contre la domination coloniale.

Au sein du Néo-Destour, les débats s’intensifient. Faut-il continuer à négocier des réformes ou rompre définitivement avec toute forme de compromis ?

Mais la fracture devient politique. Une partie des dirigeants néo-destouriens rejette toute solution d’autonomie sous contrôle français et revendique l’indépendance totale. Cette position s’accompagne d’un changement de stratégie : la mobilisation populaire et la désobéissance civile remplacent progressivement les démarches réformistes.

Avril 1938 vient cristalliser cette évolution. Face à l’agitation croissante, les autorités coloniales choisissent la manière forte. Arrestations massives, manifestations réprimées dans le sang, procès politiques : la répression est brutale et systématique.

Slimane Ben Slimane et Habib Bourguiba: restituer la mémoire nationale.

Construire une mémoire nationale

C’est en cela qu’avril 1938 fait date. Non seulement parce qu’il révèle la violence du système colonial, mais parce qu’il consacre une certitude chez les nationalistes tunisiens : l’indépendance ne se négocie pas, elle s’imposera.

Et pourtant, près d’un siècle plus tard, certaines mémoires continuent d’être reléguées dans l’ombre. J’espère que la direction du Centre national de la traduction prendra le temps de lire ces lignes, elle qui refuse de traduire en langue arabe les ‘‘Souvenirs politiques’’ de Slimane Ben Slimane, au motif de «Qui c’est ce monsieur !? on ne traduit que les choses importantes pour l’histoire de la Tunisie».

Mais au-delà de cette réaction banale et classique de l’administration, une autre question demeure : celle de la mémoire. Car une nation ne se construit pas seulement par les luttes qu’elle mène, mais aussi par la manière dont elle choisit de les raconter, de les transmettre et de les reconnaître.

Construire une mémoire nationale exige une démarche rigoureuse, lucide et juste — une démarche qui ne sélectionne pas, n’efface pas, mais restitue la pluralité des engagements, des parcours et des voix qui ont façonné l’histoire de la Tunisie.

À défaut, ce ne sont pas seulement des hommes que l’on oublie, mais des pans entiers de ce qui fait la vérité d’une nation.

* Universitaire.

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FTDES | Pétition citoyenne contre le racisme en Tunisie

09. April 2026 um 11:55

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) appelle à une large et forte participation au mouvement civique antiraciste le samedi 11 avril 2026 à 16h00, au départ du siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).

Le FTDES réaffirme son engagement indéfectible dans la lutte contre le racisme sous toutes ses formes. Depuis sa création, il s’est activement impliqué dans les campagnes contre le racisme visant les migrants tunisiens en Italie en 2011, travaillant aux côtés de ses partenaires pour défendre leurs droits et préserver leur dignité.

Il a également contribué au soutien d’initiatives de solidarité avec les migrants, notamment dans le camp de Choucha, guidé par sa foi dans les valeurs de justice et d’humanité.

Au fil des ans, le Forum a poursuivi son combat pour défendre les droits des migrants tunisiens au sein de l’espace Schengen, rejetant toutes les formes de racisme et de discours de haine à leur encontre et soulignant la nécessité d’empêcher la répétition de telles pratiques en Tunisie.

Le Forum salue également les luttes menées par les Tunisiens et Tunisiennes noires, qui ont abouti à la promulgation de la loi n° 50 de 2018, une avancée majeure dans la criminalisation de la discrimination raciale. Le Forum a joué un rôle actif dans l’avancement de cette avancée législative depuis le lancement de l’initiative en mars 2016.

Le discours de février 2023 a eu un impact considérable sur la montée des discours racistes et leur banalisation, notamment suite à l’implication massive des autorités tunisiennes dans des politiques d’exportation des frontières européennes et de réorientation du débat public vers la sécurisation des migrations.

Tout cela constitue un déni de l’histoire commune de la lutte des forces sociales, civiles, syndicales et politiques, et un recul par rapport aux valeurs de solidarité et d’opposition à toutes les formes de discrimination et d’asservissement.

Le verdict choquant rendu le 21 avril 2026 contre la militante Saadia Mosbah et les militants de l’association Mnemty a une fois de plus démontré l’ampleur du racisme institutionnel, qui menace également le militant Abdallah Said, président de l’association Enfants de la Lune et figure emblématique de l’action humanitaire et solidaire.

Notre participation [lors de la mobilisation] du 11 avril, aux côtés de nos concitoyens, réaffirme le rejet catégorique par la société tunisienne du racisme envers les Tunisiens noirs, les migrants tunisiens et les migrants en Tunisie.

Elle se tient aux côtés des valeurs d’égalité et de dignité humaine et renouvelle sa solidarité avec les Tunisiens noirs et toutes les victimes du racisme et de la haine.

La dignité et la liberté sont nos droits communs.

Signer la pétition.

Traduit de l’arabe.

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L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine

09. April 2026 um 10:30

Il est des guerres qui rasent des villes. Et il en est d’autres – comme celle que les Etats-Unis et Israël viennent de livrer à l’Iran – qui rasent des hiérarchies. En quelques semaines, cette guerre a pulvérisé l’illusion la plus tenace du XXIe siècle, celle d’une Amérique encore capable de dicter seule ce qui est permis, puni ou toléré. Ce qui s’est joué n’est pas une simple bataille de plus au Moyen-Orient. C’est la fin d’une ère.

Yahya Ould Amar *

Cette guerre a certes ravagé des infrastructures, bouleversé les flux énergétiques et mis en tension tout le Moyen-Orient et l’économie à l’échelle du globe, mais elle a révélé la distribution réelle de la puissance dans cette partie du monde.

Les gagnants ne sont pas ceux que l’on désigne spontanément. Les perdants non plus. Car, dans les guerres modernes, le vainqueur n’est pas celui qui frappe le plus fort, mais celui qui modifie à son avantage la perception du possible, du durable et du coûteux. La victoire n’y est pas seulement militaire. Elle est politique, psychologique et civilisationnelle.

Le premier gagnant

Le premier gagnant est l’Iran – même s’il a payé un prix élevé. Une puissance ne se juge pas seulement à l’étendue des destructions subies, mais à sa capacité à empêcher l’adversaire d’atteindre ses objectifs. Or les objectifs américains n’étaient pas seulement de punir l’Iran. Ils étaient principalement de le faire plier au dictat des Etats-Unis, de reprendre la maîtrise du détroit d’Ormuz, de protéger sans faille ses alliés, d’imposer à Téhéran une capitulation stratégique.

Rien de cela n’a été obtenu. Le cessez-le-feu lui-même a été suspendu à la réouverture du détroit par l’Iran – il avait toujours été ouvert gratuitement à la navigation avant les hostilités – et les discussions ont fait émerger jusqu’à l’acceptation de la question de compensations et de frais de passage pour les réparations des préjudices subis par l’Iran, signe qu’Ormuz n’est pas redevenu un espace organisé par Washington, mais un levier dont Téhéran demeure le seul vrai arbitre.

C’est là le fait majeur. L’Iran confirme qu’une puissance sous sanctions, isolée, visée depuis près d’un demi-siècle par une pression militaire, financière et diplomatique continue, peut encore faire échec à l’entreprise américaine de domination régionale. Il démontre qu’à l’âge des missiles, des drones, des capacités de déni d’accès et de la vulnérabilité des routes énergétiques, la supériorité technologique ne suffit plus à produire la soumission politique. Il suffit de tenir, de durer, d’absorber le choc et de rendre le coût de la victoire adverse supérieur à ses bénéfices. C’est une nouvelle dissuasion qui n’est pas celle des puissants. C’est celle du faible qui a compris que, à l’âge des drones et des missiles hypersoniques, tenir suffit parfois à vaincre.

Sun Tzu l’avait déjà murmuré il y a vingt-cinq siècles : «La victoire suprême est de briser la volonté de l’ennemi sans combattre». L’Iran n’a pas brisé l’Amérique, il a simplement montré qu’elle pouvait être contrainte. Et cela change tout.

La leçon dépasse l’Iran. Elle concerne tous les États qui observent le système international se transformer. La force n’y disparaît pas, elle change de rendement. Elle détruit encore, mais elle convainc moins, elle ouvre des fronts qu’elle ne referme pas.

Le second gagnant

Le second gagnant est Israël, l’initiateur de cette guerre. Vu de Jérusalem, le résultat stratégique de celle-ci est limpide. Israël n’a jamais recherché seulement des trêves. Il a recherché une architecture régionale dans laquelle son utilité sécuritaire deviendrait indispensable aux monarchies arabes et, pourquoi pas au-delà, à une partie du monde sunnite. Or les frappes iraniennes contre des sites du Golfe et l’incapacité du parapluie américain à garantir une invulnérabilité réelle produisent exactement cet effet.

Cette dynamique ne relève pas uniquement du calcul stratégique. Elle s’inscrit aussi dans une vision du monde où la menace iranienne est érigée en péril existentiel. Depuis des décennies, Benjamin Netanyahu porte cette lecture et n’a cessé d’en convaincre Washington, jusqu’à peser décisivement dans l’engagement américain. Cette vision trouve un écho puissant aux États-Unis auprès des milieux évangélistes, pour lesquels le destin d’Israël s’inscrit dans une lecture quasi prophétique de l’histoire.

Entre stratégie, croyance et projection, la guerre s’est aussi jouée dans cet espace où l’irrationalité se mêle à la conviction.

La nouveauté n’est donc pas seulement militaire, elle est psychologique. Pendant des années, les monarchies ont cru acheter la sécurité en important des armes, en finançant des partenariats occidentaux et en s’abritant sous la bannière américaine. Cette guerre leur révèle qu’on peut acheter des systèmes d’armement sophistiqués, mais on n’achète ni la décision politique de se battre jusqu’au bout pour vous, ni la certitude d’un ciel hermétique.

Entre la richesse et la sécurité, il y a un vide que les gros contrats d’armements et les investissements des recettes pétrolières des monarchies dans l’économie américaine ne comblent pas.

Israël, lui, vend moins une promesse qu’une compétence sur la défense antimissile, le renseignement, la guerre électronique, les frappes préventives, la profondeur stratégique partagée avec les monarchies. Dans le nouvel imaginaire sécuritaire de celles-ci, cela compte davantage que les déclarations solennelles de Washington.

Cette angoisse sécuritaire rencontre un vieux soubassement historique. Dans l’imaginaire politique du Golfe, la rivalité avec la puissance perse n’est jamais tout à fait dissociable de la vieille fracture entre univers chiite et monde sunnite – la guerre Iran/Irak en est un exemple.

Le premier perdant

Les États-Unis, eux, sortent de cette séquence comme le premier grand perdant. Ils ont perdu sur le terrain de la dissuasion. Une puissance dissuade lorsqu’elle persuade l’adversaire que résister est inutile. Or l’Iran a résisté. Il a encaissé, répliqué, tenu le verrou d’Ormuz et imposé la perspective d’une guerre longue, coûteuse, politiquement corrosive.

À partir de là, l’Amérique a cessé d’être une puissance qui impose pour redevenir une puissance qui menace puis négocie.

Le recours à une médiation extérieure, en l’occurrence pakistanaise, dit beaucoup. On n’est plus dans l’âge du commandement, on entre dans celui des transactions sous contrainte.

Les États-Unis ont perdu aussi sur le terrain du leadership. Cette guerre le montre avec force en rappelant la dévaluation ancienne de la parole américaine, de la rupture de tous les traités avec les nations amérindiennes aux retraits contemporains d’accords majeurs, qu’il s’agisse du traité sur les missiles antibalistiques, de l’accord nucléaire iranien, du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, de l’accord de Paris ou d’autres encore.

Une puissance qui fait de l’engagement une option finit par transformer sa propre signature en instrument provisoire. Or une signature provisoire ne fonde aucun ordre international. Elle produit de la méfiance, puis de la distance, puis des stratégies de contournement. C’est ainsi que les empires cessent d’être des centres de gravité pour devenir des facteurs d’incertitude.

Aujourd’hui, l’Amérique populiste a accentué dans l’arrogance ce constat, elle ne structure plus l’ordre international, elle l’expose à l’aléa – devenant ainsi une puissance du désordre. Le leadership appartient à celui qui rétablit l’ordre et non le contraire.

Washington n’a pas seulement été incapable de rétablir à lui seul la liberté de navigation, demandant sans succès une aide des puissances alliées – on se rappelle des insultes proférées contre Macron après son refus d’envoyer la marine française dans le détroit d’Ormuz pour ne pas cautionner une guerre illégale.

Washington a dû également constater qu’au Conseil de sécurité, la volonté américaine ne suffisait plus, puisque la Russie et la Chine ont bloqué une résolution, tandis que d’autres acteurs se sont installés dans la médiation et la gestion de crise.

L’ordre international ne répond plus à une seule capitale. Il se fragmente autour de centres de décision concurrents.

À cela s’ajoute une défaite morale. Lorsqu’une grande puissance en vient à menacer l’anéantissement d’une civilisation, à banaliser l’idée de frapper des infrastructures civiles et à laisser prospérer une rhétorique d’éradication, elle détruit le socle de légitimité dont elle avait besoin pour se présenter comme gardienne d’un ordre mondial. La condamnation de ces menaces par des voix internationales de premier plan (à commencer par le Pape) a montré qu’une ligne rouge avait été franchie.

Une puissance qui prétend défendre le droit tout en parlant le langage de l’anéantissement ne fait plus peur seulement à ses ennemis. Elle inquiète le monde entier. Et ce que le monde a entendu du Président Trump, c’est la fin de l’Amérique comme référence éthique. Il ne reste plus qu’une superpuissance… imprévisible, et désormais dangereuse pour tous, y compris pour ses propres alliés.

Le second perdant

Les monarchies du Golfe, elles aussi, comptent parmi les perdants. Leur faiblesse n’est pas seulement militaire. Elle est structurelle. Elles ont découvert que des économies prospères, des infrastructures ultramodernes et des budgets de défense massifs ne suffisent pas à fabriquer une autonomie stratégique. Leurs ports, leurs installations énergétiques, leurs réseaux vitaux et jusqu’à leurs horizons urbains dépendent d’un environnement régional qu’elles ne contrôlent pas. Leur vulnérabilité n’est pas un accident de parcours. Elle tient à leur position même dans le système régional. Elles sont riches, mais exposées. Centrales pour les marchés, mais périphériques dans la décision stratégique. Redoutées pour leur influence financière, mais incapables d’imposer seules une dissuasion crédible à leurs frontières.

Les frappes ayant visé des infrastructures du Golfe (pétrolières, de dessalement d’eau de mer…)  l’ont rendu visible au grand jour. Sachant que le bombardement des installations nucléaires iraniennes par les Etats-Unis et Israël, pourra empoisonner tout le Golfe Persique avec des matériaux radioactifs. Cela mettrait instantanément hors service les usines de dessalement dans les monarchies qui fournissent 100 % de l’eau potable, même si ces usines peuvent éliminer les éléments radioactifs avec une efficacité de 90 %, mais les risques à long terme pour l’approvisionnement alimentaire (poissons) et les sédiments resteront radioactifs pendant au moins un siècle voire plus.

Les monarchies ne peuvent ni rompre avec Washington sans risque, ni continuer à s’en remettre exclusivement à lui sans naïveté. Elles ne peuvent pas davantage ignorer Israël, dès lors que la protection américaine a montré ses limites et que l’Iran s’est affirmé comme menace concrète pour leurs équilibres internes et leurs intérêts vitaux.

Ce que cette guerre installe, c’est moins une alliance sentimentale qu’une convergence de nécessité. Les monarchies du Golfe se rapprochent inexorablement d’Israël non parce qu’elles l’auraient soudainement souhaité, mais parce qu’elles ne peuvent plus penser leur sécurité comme avant.

La marge pour les monarchies est réduite, se soumettre à Israël ou à l’Iran qui était – pour sa survie – obligé de les bombarder.

Cette guerre leur a rappelé la loi implacable de l’histoire que la richesse sans puissance est une invitation au chantage. Et le chantage, Israël et l’Iran le maîtrisent à la perfection.

La fin du pouvoir d’organiser le monde

C’est pourquoi cette guerre marque un basculement. Le passage vers un ordre multipolaire est la traduction politique d’un ensemble de bouleversements déjà à l’œuvre comme la diffusion irréversible des capacités militaires de précision, la montée des puissances intermédiaires, l’érosion du leadership américain, le retour de la géographie contre les empires de projection, l’affaiblissement du monopole occidental sur les normes, la contestation croissante de la centralité du dollar, la fragmentation des chaînes logistiques.

La multipolarité ne signifie pas l’avènement d’un nouvel ordre stable. Elle signifie d’abord qu’aucune puissance ne peut plus convertir seule sa supériorité militaire en obéissance régionale durable. Elle signifie aussi que les médiations se diversifient, que les dépendances monétaires se relativisent, que les routes commerciales deviennent des instruments de négociation, et que la géographie reprend ses droits contre les empires de projection.

Aucune puissance, désormais, n’est assez forte pour organiser seule le monde. Plusieurs le sont assez pour empêcher les autres de l’organiser.

L’équilibre iranien-israélien au Moyen-Orient

Dans cette nouvelle configuration, un équilibre régional se dessine. D’un côté, l’Iran s’impose comme la puissance qui a opposé à l’hégémonie américaine une résistance suffisamment efficace pour imposer le respect de ses lignes rouges et porter à la table des discussions des exigences de non-agression, de compensation et de contrôle politique accru sur Ormuz. De l’autre, Israël consolide sa place comme pivot sécuritaire pour les monarchies du Golfe et, par extension, pour une partie du système sunnite.

Ce face-à-face n’est pas la paix. Mais c’est un équilibre. Or, dans l’histoire du Moyen-Orient, les équilibres comptent souvent davantage que les proclamations, parce que la stabilité n’y naît pas des discours, mais de l’acceptation contrainte, parfois tacite, d’un rapport de forces que nul ne peut abolir sans risquer l’embrasement général.

Paradoxalement, cet équilibre peut rouvrir l’espace d’un règlement de la question palestinienne. Non par générosité soudaine, mais par logique stratégique.

Les monarchies qui se rapprocheront davantage d’Israël auront besoin de présenter à leurs opinions publiques et au monde arabe un dividende politique, et aucun dividende n’est plus structurant que la perspective d’un règlement négocié de la question palestinienne. Car aucune architecture régionale ne sera durable si elle prétend intégrer Israël dans la sécurité du monde arabe tout en laissant en suspens la question qui structure depuis des décennies la conscience politique de la région.

Israël, de son côté, découvrira qu’une intégration régionale durable ne peut reposer sur la seule force militaire, surtout dans un environnement où la profondeur des menaces s’est élargie.

Quant à l’Iran, s’il veut convertir sa résilience en rang durable, il lui faudra montrer qu’il peut être autre chose qu’une puissance de perturbation, et que sa capacité d’empêchement peut aussi servir une stabilisation négociée.

Lorsque les rapports de force se clarifient, les guerres par procuration perdent une partie de leur utilité. Elles ne disparaissent pas par enchantement. Mais elles deviennent plus coûteuses politiquement pour des acteurs désormais contraints de composer dans un espace moins unipolaire, plus interdépendant, plus surveillé par les marchés, les opinions et les puissances rivales.

La vraie lecture de cette guerre est là. Elle ne consacre pas la toute-puissance d’un camp. Elle enterre une illusion. Celle d’une Amérique capable de punir sans limite, de protéger sans faille, de dicter les termes de l’ordre et de rester, malgré tout, le centre moral du système international. Cette illusion s’est brisée sur l’Iran. Et, dans le même mouvement, elle a rapproché Israël du cœur de la sécurité arabe.

Au terme de cette séquence, le bilan est net. L’Iran a gagné en statut et en respect. Israël a gagné en centralité stratégique. Les États-Unis ont perdu en dissuasion, en crédibilité et en autorité morale. Les monarchies du Golfe ont perdu leur dernière illusion d’invulnérabilité.

C’est ainsi que s’achèvent les cycles impériaux. Ils ne se ferment pas dans l’effacement de la puissance, mais dans son incapacité à produire de l’ordre. Les armes peuvent continuer de frapper, elles ne suffisent plus à convaincre, ni à soumettre, ni à stabiliser.

L’Amérique ne disparaît pas ; elle change de nature et glisse d’un centre organisateur vers une force de désordre qui dérègle ce qu’elle prétendait structurer. Car une puissance cesse de dominer lorsque se fissurent les garanties qui fondaient sa légitimité : la sécurité des routes maritimes, le respect du droit, la solidité de la parole donnée, la protection effective des alliés. À cet instant, elle ne façonne plus l’histoire ; elle y prend place, comme l’une de ces puissances qui ont perdu la capacité de l’organiser.

* Economiste, banquier et financier.

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Iran – Etats-Unis | L’improbable pari de la paix en 14 jours

09. April 2026 um 09:50

L’offre iranienne des «10 points» comme socle d’une nouvelle architecture de paix, assortie d’un moratoire de deux semaines, ne constitue pas une simple trêve technique, mais une invitation à sortir de la répétition tragique pour entrer dans une grammaire du réel. Mais la négociation d’une paix acceptable par les deux parties risque d’être longue, ardue et improbable, avec des reprises des agressions mutuelles, dont nous avons déjà eu un avant-goût hier, mercredi 8 avril 2026, avec des raids américains contre l’Iran, iraniens contre les pays du Golfe et israéliens contre le Liban.

Mahjoub Lotfi Belhedi *

Ces quatorze jours ne sont pas un délai de grâce, mais un laboratoire de la confiance, autrement dit, c’est le passage du temps destructeur (Chronos) au temps de l’opportunité saisie (Kairos) où l’Iran propose de suspendre le fracas pour laisser place au silence, un silence qui oblige les USA à écouter l’écho de leur propre politique étrangère, surtout que la guerre qu’ils ont déclenchée contre l’Iran est loin de faire l’unanimité à l’extérieur comme à l’intérieur, y compris dans le camp du président Donald Trump. 

Nous sommes donc en présence d’un test de volonté : qui, de Washington ou de Téhéran, est capable de supporter le poids de la paix qui aurait, pour l’un comme pour l’autre, un goût de défaite acceptée ou d’une victoire couteuse au goût amer ?

Un décalogue de souveraineté

Les dix points présentés par l’Iran se veulent comme les piliers d’un temple dont le toit serait la stabilité régionale. Ils ne sont pas négociables, en tout cas de son point de vue, puisqu’ils touchent à l’ontologie même de l’État iranien et du peuple perse :

– la reconnaissance mutuelle : passer du statut de «menace» à celui d’«interlocuteur légitime» ;

– le désenclavement économique : la levée des sanctions n’est plus vue comme une faveur, mais comme la réparation d’un droit naturel au commerce ;

– la sécurité globale : l’offre suggère que la sécurité de l’un ne peut plus se construire sur l’insécurité de l’autre, donc, en d’autres termes, la reconnaissance par les Etats-Unis du droit de l’Iran de disposer des outils nécessaires à sa défense.

En posant ces jalons, l’Iran place les États-Unis face à leur propre paradoxe. Si Washington refuse, il valide l’image de l’hégémon belliqueux, et s’il accepte, il admet l’échec de la guerre qu’il a menée contre l’Iran et la fin de l’unilatéralisme, un second échec s’il en est, puisque cela annoncera le début de la fin de l’Empire américain né au lendemain de la seconde guerre mondiale.

La réponse de l’Empire

La profondeur de cette offre réside dans sa capacité à transformer le rapport de force en un rapport de responsabilité où Téhéran ne demande pas la reddition, mais la cohabitation des puissances, en s’imposant lui-même comme un interlocuteur incontournable.

Cette proposition est la fondation d’un édifice où chaque pierre est un engagement vérifiable marquant la fin de la diplomatie des coulisses pour celle de la clarté solaire.

En 10 points, l’Iran cherche à dessiner une nouvelle carte où les frontières ne sont plus des lignes de front, mais des zones de contact.

In fine, lire l’offre iranienne, c’est comprendre que la paix est un acte de courage supérieur à la guerre. Ces deux semaines sont le seuil d’un monde post-sanction, post-confrontation, un appel à passer de l’ère du soupçon à celle des compromis – ou des deals, un mot cher à Donald Trump, et que le cessez-le-feu n’est pas la fin du conflit, mais plutôt le début de la vérité.

On peut toujours rêver… Mais sans se des illusions sur les intentions des uns et des autres, qui continueront de se regarder comme deux chiens de faïence, en attendant la prochaine confrontation.

* Ceo d’un cabinet spécialisé en transformation IA.

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Donald Trump envoie les migrants en Afrique !

09. April 2026 um 08:30

Une migrante expulsée des États-Unis s’est retrouvée au Cameroun détenue dans un centre de rétention dans ce pays avec lequel elle n’a aucun lien ! Voilà un exemple vivant de ce qu’endurent des milliers de migrants expulsés par l’Amérique de Donald Trump. Après l’Amérique latine, c’est désormais vers l’Afrique que l’administration Trump dirige ses expulsions de masse dans des conditions où la dignité humaine est complètement bafouée. (Photo : Une prison du Salvador où de nombreux Vénézuéliens ont été envoyés après avoir été expulsés des États-Unis.)

Imed Bahri

Alors que le président Trump est à la recherche partout dans le monde de pays disposés à accueillir des milliers de migrants expulsés des États-Unis, il se trouve que certains des dirigeants les plus réceptifs à cette politique sont ceux qui sont à la tête de régimes autoritaires et qui sont connus pour être des auteurs de violations des droits humains. C’est ce qu’indique une enquête du New York Times menée par Eileen Sullivan, Hamed Aleaziz, Megha Rajagopalan et Pranav Baskar.  

Des documents révèlent que les diplomates américains subissent d’intenses pressions de la Maison-Blanche pour conclure des accords, au point qu’ils envisagent pratiquement toutes les options. Les États-Unis pourraient financer des forces de sécurité de ces pays, assouplir les restrictions de visas ou les droits de douane, financer des services de santé publique ou même revoir le classement d’un pays sur les listes de surveillance américaines.

Dans un télégramme datant de février et consulté par le NYT, le bureau du secrétaire d’État Marco Rubio a donné des instructions aux diplomates sur la manière d’obtenir des offres initiales.

«Si vous êtes prêts à accueillir davantage de personnes, nous pouvons vous apporter un soutien accru», stipulait le télégramme. Une autre formule suggérée était : «Sans prendre d’engagements, que pouvez-vous proposer?»

Une liste de «pays préoccupants»

Le télégramme n’imposait aucune restriction quant aux pays avec lesquels les États-Unis pouvaient négocier. Concernant une liste non précisée de «pays préoccupants», les diplomates américains ont été informés que l’accueil de migrants «pourrait contribuer à améliorer les relations de ces pays avec les États-Unis»

Ces négociations illustrent comment Trump a transformé les expulsions massives, l’une de ses initiatives phares en matière de politique intérieure, en un pilier central de la politique étrangère américaine.

L’administration Trump a expulsé des milliers de personnes vers une douzaine de pays, souvent vers des lieux avec lesquels elles n’ont aucun lien. Face à la complexité politique croissante de la question de la détention massive aux États-Unis, l’administration cherche à conclure davantage d’accords d’expulsion.

Ces arrangements sont particulièrement visibles en Afrique, où Trump a lancé une nouvelle approche diplomatique privilégiant la conclusion d’accords au détriment du respect des droits humains et de la promotion de la démocratie, sous le slogan «America First en Afrique».

Des documents montrent que l’administration est en pourparlers pour renvoyer des migrants en République centrafricaine et en République démocratique du Congo, deux pays dont les systèmes judiciaires sont dysfonctionnels et où les forces gouvernementales sont impliquées dans des actes de torture et des disparitions forcées.

Les États-Unis ont déjà conclu des accords avec des dirigeants autoritaires au Cameroun et au Rwanda. Des migrants sont détenus en vertu d’un accord avec la Guinée équatoriale, un État autoritaire où la torture est systématique. D’autres sont détenus en Eswatini, un royaume marqué par un passé de violations des droits humains et au Soudan du Sud qui est au bord de la guerre civile.

Mot d’ordre : plus de migrants expulsés

Nombre de ces migrants vivaient aux États-Unis sous protection légale, ce qui empêchait leur retour dans leur pays d’origine en raison du risque de persécution politique, religieuse ou ethnique.

Le Département d’État a refusé de commenter ses échanges avec d’autres pays. Le NYT a basé son enquête sur des câbles diplomatiques, des documents relatifs au financement, de la correspondance gouvernementale et d’autres documents, ainsi que sur des entretiens avec des responsables américains et des migrants. Certains responsables ont témoigné sous couvert d’anonymat.

Le programme est encore en cours de finalisation mais le Département d’État est sous pression pour accélérer sa mise en œuvre.

Alors que l’administration réduit les expulsions civiles et militaires dans les grandes villes américaines, le chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche Stephen Miller a fait part de sa frustration face à la lenteur des accords conclus avec les pays tiers lors de ses échanges avec le Département d’État, selon des sources proches du dossier.

Le message de la Maison Blanche est clair : plus d’accords, plus vite, et plus de migrants expulsés.

Qui est concerné par les expulsions dans le cadre de ce programme ?

Les États-Unis sont confrontés depuis longtemps à un dilemme migratoire : que faire des étrangers sans droit de séjour mais qui ne peuvent être renvoyés dans leur pays d’origine par crainte de persécution ou de mort ?

Au cours de la dernière décennie, marquée par la plus importante vague d’immigration de l’histoire américaine, des milliers de migrants ont affirmé appartenir à cette catégorie. Faute de solution claire, les autorités les ont autorisés à rester sans statut légal.

L’année dernière, l’administration Trump a trouvé une nouvelle option : confier la gestion de ces expulsions à un autre pays. Elle n’a pas divulgué le nombre de personnes renvoyées vers des pays tiers mais le groupe le plus important –environ 14 000– a été envoyé en Amérique latine et dans les Caraïbes, selon Human Rights First.

Les autorités affirment se concentrer sur l’expulsion des personnes ayant un casier judiciaire. «Nous travaillons avec d’autres pays pour leur dire: nous voulons vous envoyer certains des pires criminels, êtes-vous prêts à le faire?», a déclaré Rubio l’année dernière.

Si certaines des personnes expulsées ont un casier judiciaire, beaucoup n’ont pas de condamnation antérieure. Après la diffusion par le président salvadorien Nayib Bukele d’une vidéo montrant des centaines de Vénézuéliens dans une prison de haute sécurité en 2025, il est apparu que nombre d’entre eux n’avaient pas de casier judiciaire.

Des documents judiciaires révèlent que beaucoup de personnes visées par une procédure d’expulsion n’ont pas non plus de casier judiciaire.

Début mars, quelque 560 migrants étaient détenus dans l’attente d’une expulsion vers un pays autre que le leur. Seuls 139 d’entre eux avaient été condamnés, notamment pour des crimes tels que meurtre, viol et agression.

L’administration envisage d’expulser 7 600 migrants supplémentaires qui ne sont pas détenus, dont seulement un sixième environ a un casier judiciaire.

«Je suis venue aux États-Unis chercher protection», a déclaré une femme détenue dans un centre de rétention au Cameroun. Elle a ajouté avoir été appréhendée alors qu’elle tentait d’entrer sur le territoire américain et avoir obtenu une protection judiciaire l’empêchant de retourner dans son pays d’origine.

«Je ne sais pas quoi faire dans ce pays. Je ne sais pas comment je suis arrivée ici», a-t-elle déclaré sous couvert d’anonymat.

Pourquoi des personnes sont-elles emprisonnées à l’étranger ?

L’administration Trump privilégie deux options. Premièrement, envoyer des personnes dans d’autres pays et leur permettre d’y demander l’asile, comme c’est le cas en Ouganda. Deuxièmement – ​et c’est actuellement la priorité– les expulser vers des pays qui n’offrent aucune garantie de sécurité et où ils sont temporairement réinstallés puis de nouveau expulsés, ce qui entraîne leur détention dans des systèmes juridiques défaillants.

Au Cameroun, des migrants sont détenus dans un complexe gouvernemental de la capitale, Yaoundé, où certains ont contracté le paludisme. Au Soudan du Sud, ils sont détenus dans une maison fermée à clé près de Juba, dans des conditions déplorables. En Eswatini, ils sont détenus dans une prison de haute sécurité. En Guinée équatoriale, ils sont détenus dans un hôtel sous la surveillance de gardes armés. Au Ghana, certains ont été placés dans un camp d’entraînement militaire. «Nous sommes comme des prisonniers ici», a déclaré un détenu.

Qu’obtiennent ces pays en retour ?

Chaque accord est différent. Les États-Unis ont versé des millions de dollars au Salvador et ont relevé leur note de voyage. Ils ont temporairement levé les sanctions imposées au vice-président de la Guinée équatoriale et ont transféré 7,5 millions de dollars au pays. Les restrictions de visa imposées au Ghana ont été levées. Les États-Unis ont versé 5,1 millions de dollars à l’Eswatini. Ils travaillent actuellement à un accord de 1,5 million de dollars avec la Sierra Leone. Ils ont octroyé 85 millions de dollars à une organisation internationale pour soutenir un accord avec la République centrafricaine. 50 millions de dollars ont également été alloués à des dispositifs similaires en République démocratique du Congo.

Un contournement des obligations légales

Est-ce légal ? La question la plus controversée demeure la suivante : les États-Unis instrumentalisent-ils d’autres pays pour faire ce qu’ils ne peuvent légalement faire à savoir renvoyer des migrants dans leur pays d’origine malgré leur protection juridique ?

Dans certains cas, cela s’est déjà produit. Selon des témoignages, certains migrants de Guinée équatoriale ont été renvoyés dans leur pays contre leur gré. Au Cameroun, des migrants ont été informés de leur renvoi imminent et certains ont déjà été expulsés.

«L’administration sait pertinemment que ce sont des pays où l’État de droit est faible et où les migrants peuvent être renvoyés dans leur pays d’origine», a déclaré un avocat.

De son côté, le Département de la Justice a déclaré que les États-Unis ne peuvent pas contrôler les actions des autres pays après l’arrivée des migrants. «Cela semble constituer un contournement des obligations des États-Unis», a déclaré la juge fédérale Tanya Chutkan, tout en reconnaissant que son autorité était limitée.

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Colloque à Beit al-Hikma | La poésie francophone de Tunisie

09. April 2026 um 08:09


L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beït al-Hikma organise un colloque sur «La poésie francophone de Tunisie», le mercredi 15 avril 2026 à son siège à Carthage-Hannibal.

Cette manifestation scientifique, initiée par le groupe de réflexion et d’étude sur la littérature tunisienne d’expression française, réunira des chercheurs et universitaires autour des multiples expressions de la poésie francophone en Tunisie, en interrogeant ses dynamiques esthétiques, ses filiations littéraires et ses ouvertures intermédiales.

La séance inaugurale, à 09h00, modérée par le Professeur Kamel Gaha, sera suivie de communications portant notamment sur les œuvres de Mohamed Jamoussi, Marius Scalési, Salah Garmadi, Amina Saïd, Abdelaziz Kacem et Lorand Gaspar, à travers des approches critiques variées, allant de l’intermédialité à l’écopoétique.

A la deuxième séance, 14h30, modérée par le Professeur Samir Marzouki, les communications aborderont des problématiques liées à la quête de soi dans l’écriture poétique, aux rapports de filiation et d’hommage, aux interactions entre texte et image, ainsi qu’à l’évolution éditoriale de la poésie en Tunisie, notamment à travers le catalogue des éditions Arabesques (1991–2026).

Ce colloque constitue une occasion privilégiée de réflexion et d’échange autour de la richesse et de la diversité de la poésie francophone tunisienne, dans ses dimensions à la fois historiques et contemporaines

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Tunisie-FAO | Nabil Assaf reçu par Ezzeddine Ben Cheikh

09. April 2026 um 07:37

Le renforcement du partenariat entre la FAO et la Tunisie dans les domaines de la sécurité alimentaire et de la sécurité de l’approvisionnement en eau ont été au centre de la rencontre, le 8 avril 2026, à Tunis, entre le ministre de l’Agriculture, des Ressources en eau et de la Pêche, Ezzedine Ben Cheikh, et Nabil Assaf, nouveau coordinateur sous-régional pour l’Afrique du Nord et Représentant de la FAO en Tunisie.

Tout en soulignant la solidité des relations de coopération qui unissent la Tunisie à la FAO, cette rencontre a permis un premier échange sur les priorités de la coopération entre la FAO et la Tunisie et examiner les perspectives de son développement afin de répondre aux besoins nationaux dans les domaines de l’agriculture durable, de la gestion rationnelle des ressources en eau et du soutien aux systèmes de production, dans le but de renforcer la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire.

Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de poursuivre et de consolider leur collaboration, en cohérence avec les priorités nationales et les cadres stratégiques de l’Organisation.

Le ministre Ben Cheikh a salué le rôle important que joue la FAO dans l’accompagnement de la Tunisie dans la mise en œuvre de ses programmes de développement, notamment dans les domaines liés à l’économie de l’eau, à l’adaptation au changement climatique et au renforcement de la résilience des systèmes agricoles, soulignant la volonté du ministère d’approfondir encore cette coopération afin d’en garantir l’efficacité et la durabilité.

Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’intensifier la coopération dans les domaines de la recherche et de l’innovation, de l’adoption des technologies modernes et du développement des systèmes de production, ainsi que de renforcer les programmes de formation et de renforcement des capacités au profit des différents acteurs du secteur.

M. Assaf a réitéré l’engagement de la FAO à accompagner les efforts du gouvernement tunisien dans la mise en œuvre de ses programmes de développement agricole et rural et exprimé sa fierté d’assumer ses fonctions en Tunisie, saluant le niveau du partenariat existant et réaffirmant l’engagement de l’Organisation à continuer de soutenir les efforts de l’État tunisien en faveur d’un développement agricole durable.

Communiqué.

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Taoufik Jebali | Une dramaturgie de la fragmentation

09. April 2026 um 07:30

Avec ‘‘Le Quatrième Humain’’ *, Taoufik Jebali propose moins une pièce de théâtre à comprendre qu’une expérience à traverser. Dès les premières minutes, le spectateur est confronté à une scène qui ne cherche pas à raconter une histoire linéaire, mais à produire un effet de déplacement. Entre fragmentation du récit, instabilité des repères et saturation du langage, l’œuvre met en crise notre manière habituelle de percevoir et de relier ce que nous voyons. Vidéo. (Photos: Abdelkader Garchi).

Manel Albouchi

Très vite, une évidence s’impose : il n’y aura pas de récit au sens classique. La pièce ne construit pas une continuité, elle fragmente. Sur scène, quatre figures féminines portées par des présences fortes (Amina Bdiri, Selima Ayari, Arwa Rahali et Sourour Jebali). Avec leurs sacs à main comme héritage, elles évoluent dans un espace où les cadres en mouvement constant qui empêchent toute fixation du regard. Ce que l’on voit n’est pas un chaos, mais une succession de fragments : un réel qui ne se transforme pas en expérience. Des apparitions. Des disparitions. Un déjà-vu qui ne produit plus de reconnaissance, mais une forme de saturation  

Des cadres qui ne contiennent plus  

Peu à peu, un décalage s’installe. Le spectateur voit, mais ne parvient plus immédiatement à interpréter. La compréhension se suspend. C’est dans cet intervalle que se joue le cœur de la pièce : une dissociation entre perception et symbolisation. Ce déplacement est décisif. Il marque le moment où le sujet/spectateur cesse de maîtriser la scène et commence à être affecté par ce qui lui échappe encore. L’expérience devient moins cognitive que sensible, mais sans pour autant basculer dans l’émotion pure.  

Les cadres présents sur scène bougent, se déplacement, ne remplissent pas leur fonction habituelle. Ils ne délimitent plus. Or, le cadre esthétique ou psychique est ce qui, d’ordinaire, permet de donner forme au réel. Ici, cette fonction vacille. Ce n’est pas l’absence de structure qui est montrée, mais l’impossibilité de s’y adosser durablement. Les repères symboliques existent encore, mais ils ne suffisent plus à stabiliser l’expérience.  

Photo: Abdelkader Garchi.

Le corps morcelé, traversé, saturé 

Dans cet espace instable, le corps ne constitue plus un point d’ancrage. Il apparaît morcelé, traversé, saturé. Il ne garantit plus une unité du sujet/acteur. L’acteur ne s’incarne plus pleinement sur scène ; il y circule. Et le corps ne représente plus une identité : il devient une surface d’inscription, exposée à des flux multiples : masques, objets, paroles, tensions. Le jeu de lumières, loin d’ancrer les figures, participe aussi à cette mise à distance du corps comme lieu stable d’identité.    

Le langage, loin de clarifier, contribue à la saturation générale. On y retrouve plusieurs figures : un narrateur indésirable (Hedy Hlel), qui impose une parole qui sature plus qu’elle ne relie. Un médiateur (Mehdi El Kamel), qui tente de relier, mais sans autorité réelle. Un harceleur textuel, incarné par Taoufik Jebali lui-même, traversant la scène avec une lampe comme une irruption.

Le langage ne manque pas, il déborde : un excès de discours qui n’aboutit plus à une véritable symbolisation. C’est ici que se pose une question plus large, qui dépasse la pièce elle-même : Sommes-nous encore capables de produire du sens… ou nous contentons-nous de le reproduire ?  

Photo: Abdelkader Garchi.

Une topique en tension  

À travers ces figures, une lecture possible émerge :

– le narrateur comme une instance de contrôle, une forme du surmoi,

– le médiateur comme un moi affaibli,

–  le harceleur comme instance pulsionnelle.

Cette lecture évoque une topique classique, héritée de Sigmund Freud. Mais elle ne suffit pas à rendre compte de ce qui se joue. Car une quatrième dimension s’introduit.  

‘‘Le quatrième humain’’ n’est ni nommé, ni incarné de manière stable : un spectre. Il agit comme une présence sans statut défini. Il ne semble pas pris dans les dynamiques du désir, du conflit ou du manque. Il observe, traite, opère.

Cette figure peut être comprise comme l’indice d’une transformation plus profonde : l’émergence d’une instance qui échappe aux coordonnées classiques du sujet. Ni ça, ni moi, ni surmoi mais une forme d’intelligence opératoire, sans ancrage affectif.  

Photo: Abdelkader Garchi.

Vers une externalisation du moi  

Si le moi est ce qui transforme l’expérience en sens, alors une question centrale se pose : que devient-il lorsque cette fonction est partiellement externalisée ? Dans un environnement saturé d’outils, de réponses et d’anticipations, le risque apparaît : celui d’un moi qui ne symbolise plus pleinement, mais qui reçoit, traite et redistribue. Un spectre «sur cloud», allégé de ses conflits, mais aussi de sa profondeur.  

Ce que met en scène Taoufik Jebali n’est pas une rupture spectaculaire. Il s’agit plutôt d’une érosion progressive : du sens, de la tension, de la nécessité. La pièce n’est ni tragique ni comique. Elle installe une forme de neutralité, parfois proche de la fatigue. Une condition contemporaine où tout semble possible, sans que rien ne soit réellement engageant.  

Photo: Abdelkader Garchi.

D’un déjà-vu à une tension persistante  

D’un point de vue critique, ‘‘Le Quatrième Humain’’ s’inscrit dans des codes désormais identifiables du théâtre contemporain : fragmentation du corps, déconstruction du récit… Le risque est alors celui d’une reconnaissance trop rapide, d’un déjà-vu. Mais la pièce échappe en partie à cette limite par sa scénographie, qui empêche toute fixation du regard. Et d’un choix fort de Taoufik Jebali de ne pas contraindre l’interprétation.

En effet, la pièce ne ferme pas le sens. Ni, ne propose de résolution. Elle laisse au spectateur : une marge, un espace, un temps. Et c’est dans cet espace que quelque chose peut advenir : non pas une compréhension immédiate, mais un travail d’intégration différé.  

‘‘Le Quatrième Humain’’ ne cherche pas à être immédiatement compris. Il installe le spectateur dans un entre-deux : entre voir et comprendre, entre percevoir et symboliser. C’est peut-être là que réside sa force : dans cette capacité à maintenir ouvert un espace où le sens n’est plus donné, mais à reconstruire.

* Prochaines représentations les 9, 10 et 11 avril 2026 à 19h30 et le 12 avril 2026 à 17h, à l’espace El Téatro – El Mechtel, Tunis.  

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Kia élu «Meilleur Constructeur» au TopGear.com EV Awards 2026

09. April 2026 um 07:18

Kia a été nommée «Meilleur Constructeur» lors des TopGear.com EV Awards, le 6 avril 2026. La marque dont la vaste gamme 100 % électrique couvre désormais la quasi-totalité des segments de marché, offrant un choix adapté à chaque profil de client, a été sacrée par ce palmarès annuel distinguant les meilleurs véhicules électriques actuellement commercialisés.

Organisée pour la septième année consécutive au Royaume-Uni, cette cérémonie annuelle distingue les meilleurs modèles électriques du marché ainsi que les constructeurs moteurs de la transition énergétique.

Pour Kia, ce nouveau titre s’inscrit dans la lignée du succès déjà remporté lors de l’édition des BBC TopGear.com Awards, où le PV5 Passenger avait été sacré «Voiture Familiale de l’Année».

«Que vous soyez au volant du Kia EV3, du statutaire EV9, de l’élégante EV6 ou du PV5 à la silhouette cubique, on retrouve une cohérence et un air de famille à travers tous les modèles électriques de Kia», a déclaré Ollie Kew, rédacteur en chef adjoint de TopGear.com. Et d’ajouter : «Autonomie fiable, performances fluides, confort… sans oublier l’audace de couvrir tous les segments, du B-SUV avec EV2 jusqu’au grand SUV familial et sportif avec EV9 GT».

En route vers l’électrification

«Recevoir le titre de « Meilleur Constructeur 2026 » par TopGear.com est une reconnaissance forte de la stratégie électrique de Kia en Europe», a déclaré Pablo Martinez Masip, vice-président Produit, Marketing et Expérience Client de Kia Europe. Il a ajouté : «Ces dernières années, nous avons développé l’un des portefeuilles de véhicules électriques les plus complets du marché, allant de modèles compacts et accessibles jusqu’à des véhicules haute performance, afin de répondre aux divers besoins de mobilité des clients européens. Cette récompense souligne la dynamique de notre transformation et renforce notre engagement à devenir une marque leader de la mobilité électrique en Europe.»

Kia poursuit l’expansion de sa gamme de véhicules électriques. Son offre diversifiée comprend désormais les modèles EV3, EV4, EV5, EV6, EV9 et PV5.

Du mouvement vient l’inspiration

EV2 représente la prochaine étape de la stratégie «Plan S» de la marque, initiée en 2021 avec le lancement du Kia EV6.

Modèle électrique le plus compact et accessible de Kia à ce jour, EV2 a été conçu, mis au point et produit en Europe, exclusivement pour les clients européens. Les premières livraisons du Kia EV2 aux clients sont désormais en cours, tandis que les versions GT des EV3, EV4 et EV5 seront lancées prochainement.

Communiqué.

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