Dans un communiqué publié le 19 mars 2026 sur sa page Facebook, le Mouvement Haq informe le public qu’il «suit de près la demande de renouvellement de passeport de Mohsen Marzouk», ancien conseiller auprès de la présidence de la République et ancien secrétaire général du parti Mahrou Tounes, après que l’activiste politique ait fait face à des difficultés à renouveler son document de voyage auprès des autorités compétentes.
Tout en rappelant que «le droit d’obtenir des documents de voyage est un droit constitutionnel garanti à tous les citoyens tunisiens sans exception, et ne peut être restreint que conformément aux dispositions de la loi», et que «l’État de droit et la neutralité des institutions publiques sont les deux piliers fondamentaux de la garantie des droits de la citoyenneté, tels que stipulés dans la Constitution tunisienne et les conventions internationales relatives aux droits de l’homme», le Le Mouvement Haq «appelle les autorités compétentes à accélérer le traitement administratif du passeport de M. Mohsen Marzouk, afin de garantir le respect de l’État de droit et la solidité des institutions.»
Il et à rappeler que l’intéressé avait publié sur sa page Facebook officielle un post adressé «à qui de droit» où il réclame le renouvellement de son passeport, en instance depuis plusieurs mois, malgré des demandes répétées. Marzouk rappelle aussi le cas de l’amiral Kamel Akrout, son ancien collègue à la présidence, qui a annoncé récemment rencontrer le même problème auprès des autorités consulaires tunisiennes.
À l’occasion de l’Aïd El-Fitr, Ooredoo Tunisie a organisé une initiative solidaire en collaboration avec l’association Kafel El Yatim, visant à apporter de la joie aux enfants et à leur faire vivre pleinement l’esprit de l’Aïd à travers un concept porteur de sens : leur offrir la possibilité de choisir ce qui les rend heureux.
Plutôt que d’offrir des cadeaux prédéfinis, Ooredoo Tunisie a imaginé cette initiative comme une expérience unique, où les enfants ont été invités à choisir eux-mêmes leurs tenues de l’Aïd ainsi que leurs jouets. Ce moment s’est rapidement transformé en une expérience joyeuse, rythmée par l’enthousiasme et les sourires, où chaque enfant a pu exprimer ses envies dans une ambiance chaleureuse et festive.
À travers cette initiative, Ooredoo Tunisie réaffirme sa conviction que la joie de l’Aïd ne réside pas uniquement dans le fait de recevoir, mais également dans l’expérience elle-même — ce moment précieux où l’enfant choisit ce qu’il aime et ressent toute l’excitation et l’attente qui rendent cette fête si spéciale.
Commentant cette initiative, Eyas Assaf, directeur général de Ooredoo Tunisie, a déclaré : «Chez Ooredoo, nous sommes convaincus que le rôle des entreprises dépasse la simple fourniture de services. Il s’agit également de contribuer de manière concrète aux communautés que nous servons. À travers notre programme de responsabilité sociétale “Tounes T3ich”, nous poursuivons notre engagement à lancer des initiatives à fort impact humain, qui renforcent la solidarité et diffusent espoir et joie, notamment lors des moments de partage comme l’Aïd. Voir la joie dans les yeux des enfants nous rappelle le sens profond de nos actions et renforce notre engagement à avoir un impact positif durable dans la société.»
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme de responsabilité sociétale «Tounes T3ich», à travers lequel Ooredoo Tunisie continue de déployer des actions solidaires au profit de différentes catégories de la société, tout en promouvant les valeurs de solidarité et d’entraide.
Ooredoo Tunisie réaffirme ainsi son engagement à créer un impact positif durable et à contribuer à offrir des moments de bonheur et d’espoir à travers tout le pays.
Les Israéliens, aujourd’hui enivrés par les succès militaires remportés dans les guerres sans fin livrés contre leurs voisins, devraient méditer les conditions et les circonstances de la chute du puissant empire indien de Vijayanagara au XVIe siècle. Ils devraient aussi se préoccuper de l’avenir, car tout ce qu’ils font ces jours-ci avec l’aide et le soutien aveugles des Etats et de certains pays européens sera gravé dans les mémoires. Et il leur sera durement reproché un jour, lorsque le rapport de force régional et mondial changera radicalement à leur dépens. (Photo : Ruines du Royaume de Vijayanagara).
Mohamed Larbi Bouguerra *
Benjamin Netanyahu et ses ministres messianiques et suprémacistes visent le Grand Israël, du Nil à l’Euphrate et attaquent la Palestine (Cisjordanie et Gaza), le Liban, la Syrie, l’Iran, le Yémen et Qatar. Ils invoquent la Bible alors qu’Yitzhak Rabin disait que ce livre n’est pas un titre foncier.
Tous ces criminels de guerre ont intérêt à lire ce qu’il advint à «La Cité de la Victoire» il y a 500 ans.
Un empire combattif et ses voisins
Il était une fois un empire combatif indien qui se targuait du nom de la «Cité de la Victoire». Des générations durant, à côté d’une insolente prospérité économique, il affichait une agressivité marquée vis-à-vis des sultanats musulmans voisins.
Mais comme tout a une fin, un beau jour, il cessa d’exister. Aujourd’hui, demeurent ses ruines livrées à une végétation sauvage et aux hordes de touristes photographiant, à tour de bras, ses palais et ses marchés en ruine.
«La Cité de la Victoire» (en sanskrit : Vijayanagara) n’est ni une légende ni un mythe. Il s’agit d’un puissant royaume qui exista et prospéra entre le XIIIe et le XVIe siècle dans le sud de l’Inde. Il comptait alors parmi les cités les plus importantes du monde avec un demi-million d’habitants.
A cette époque, le sous-continent indien était l’apanage de nombreux Etats musulmans : Golconda, Ahmednagar, Bidar, Berar et Bijapur. Quant à Vijayanagara, elle donnait sur la mer d’un côté et ces sultanats de l’autre.
Vouée au culte de Shiva et de Vishnu dans cet océan de cités musulmanes, Vijayanagara entretenait des alliances avec certains de ses voisins mais semait aussi les graines de la discorde entre eux, servie par le fait que l’Islam indien comptait des Chiites et des Sunnites.
A l’époque où les Portugais et les Espagnols sillonnaient l’océan en route vers l’Amérique, le roi Krishnadevaraya, pourtant fin lettré, finançait d’incessantes guerres contre ses voisins et ses étables regorgeaient d’éléphants de combat. La supériorité régionale du roi était patente du fait de l’assistance du Portugal, maintenant installé à Goa, et qui fournissait outre des mercenaires, des armes dernier cri, mousquetons, arquebuses et fusils à mèche qui effrayaient tant les combattants musulmans.
En 1530, le roi Krishnadevaraya décida de se lancer à l’assaut de Bijapur, le plus puissant des sultanats musulmans. Armée massive de 70 000 fantassins, 30 000 cavaliers et 550 éléphants face à bien moins de combattants et 250 éléphants. On utilisa les vieilles techniques de combat avec éléphants et catapultes mais aussi des plus modernes comme des canons et des fusils. Les forces royales perdirent du terrain mais le roi lança une contre-attaque en utilisant les armes modernes comme les fusils à mèches : les musulmans, paniqués, s’enfuirent. Vijayanagara entra en triomphateur dans la capitale de Bijapur qu’il livra à ses soldats qui pillèrent la ville et détruisirent ses beaux monuments.
Enivré par sa victoire, le monarque hindou exigea du sultan Adel Shah qu’il vienne embrasser ses chaussures. Le vœu du monarque ne fut pas exaucé. Loin de là ! Adel Shah décida de gagner du temps. Sage décision car Krishnadevaraya et son armée finirent par souffrir du manque de provisions dans la cité dévastée et se replièrent, la queue basse, à Vijiyanagara.
Pour l’historien américain Richard Maxwell Eaton, spécialiste de l’Inde à l’âge perse (1000-1715), à l’Université de l’Arizona, cette offensive du monarque hindou et son mépris des lois et coutumes de la guerre et de ses semblables a «semé les graines de la destruction de son royaume.»
Bien sûr, il a fallu du temps pour que la semence offre ses fruits et, en 1565, le roi Rama Raya a été contraint de combattre contre une coalition de cinq sultanats musulmans. Il fut tué sur le champ de bataille et ses troupes se dispersèrent. Les sultans victorieux entrèrent dans Vijiyanagara et la détruisirent de fond en comble après sa mise à sac. Cette fois, les Portugais ne furent d’aucun secours.
Les exemples historiques de la destruction d’un coup d’une grande cité prospère sont rarissimes. La capitale a été complètement abandonnée et une végétation luxuriante qui cache tigres et cerfs l’a recouverte.
Aujourd’hui, des foules de touristes visitent les ruines de «La Cité de la Victoire» connues sous le nom de Hampi dans l’Etat indien de Karnataka.
Aucune ligne rouge
Le journaliste, historien et critique littéraire israélien Ofri Hany écrit : «Israël est souvent comparé au royaume croisé – un projet de colonisation dans l’est musulman de fanatiques européens. Il y a des parallèles intéressants particulièrement avec le royaume combattant indien qui a prospéré il y a 500 ans. A l’instar de Vijayanagara, Israël sait créer des alliances temporaires avec certains de ses voisins. Il est passé maître aussi dans l’exploitation des conflits et des divisions parmi les régimes avoisinants. Israël bénéficie aussi grandement du support technologique de l’Occident – Allemagne notamment – et des Etats-Unis. Non moins important, Israël a développé une intoxication à la guerre, une insolence et une arrogance (la fameuse chutzpa) alarmantes. Il fracasse grossièrement les normes internationales tout en humiliant ses ennemis. Ce qui ne semble nullement émouvoir les Israéliens… Après le 7 Octobre, Israël a fait fi de plusieurs restrictions – nombre de morts de civils, traitement des leaders ennemis…. Il a fait monter les enchères et franchi presque toutes les lignes rouges. Il est terrifiant de penser aux conséquences au cas où les pays de la région dépasseraient leurs tensions internes et au cas où les Etats-Unis nous tourneraient le dos. Les Israéliens devraient se préoccuper de l’avenir. Tout ce que le pays fait ces jours-ci avec le secours d’une administration américaine dérangée et agressive sera gravé dans les mémoires. Même les pays qui sont aujourd’hui de notre côté nous le reprocheront. Les habitants de Vijayanagara l’ont appris à leur dépens. Ils avaient Shiva et nous avons la Bible» (Haaretz, 5 mars 2026)
Or Jacques Attali citant précisément la Bible écrit que «le prophète Isaïe demande qu’on laisse de la place dans la région à d’autres peuples par une formule si moderne : ‘‘Malheur à vous qui annexez maison après maison, qui ajoutez champ à champ sans laisser un coin de libre et prétendez vous implanter seuls dans la pays’’» (Isaïe 5, 8-9) in ‘‘Dictionnaire amoureux du judaïsme’’ (Plon-Fayard, 2009, p. 246).
* Professeur honoraire à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS – Paris.
Le Maroc est devenu le premier importateur d’armes majeures en Afrique, ses achats ayant augmenté ces cinq dernières années, alors que le pays poursuit la modernisation de son armée, selon un rapport. Cette hausse intervient dans un contexte de tensions persistantes avec l’Algérie voisine.
Ces conclusions proviennent de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), en Suède, qui suit les transferts d’armes à l’échelle mondiale.
Son dernier rapport, publié cette semaine, montre que les importations marocaines d’armes majeures ont progressé de 12 % entre 2021 et 2025 par rapport à la période 2016-2020.
Les armes majeures comprennent notamment des véhicules blindés, des avions de chasse, des navires de guerre et des systèmes de missiles.
Le Maroc se classe désormais au 28e rang mondial des pays importateurs d’armes, Rabat poursuivant la modernisation de ses forces armées dans une région marquée par des tensions persistantes avec l’Algérie voisine, indique le rapport.
Les importations d’armes de l’Algérie ont quant à elles chuté de 78 % sur la même période. Mais Sipri a appelé à la prudence quant à ces chiffres, soulignant que l’Algérie a tendance à être discrète sur ses achats militaires.
Trois principaux fournisseurs
Le rapport recense également les principaux fournisseurs d’armes du Maroc.
Les États-Unis ont représenté environ 60 % des livraisons au pays entre 2021 et 2025, suivis d’Israël avec environ 24 % et de la France avec environ 10 %.
Ces chiffres témoignent d’un récent renforcement de la coopération militaire entre Rabat et Israël, notamment dans le domaine des systèmes de surveillance.
Ailleurs en Afrique, la tendance a été très différente. Les importations d’armes des autres pays du continent ont chuté de 41 % entre 2021 et 2025.
Durant cette période, les États-Unis ont fourni 19 % des armes livrées à l’Afrique, suivis de la Chine, de la Russie et de la France.
Avec Donald Trump, les dérapages sont devenus une habitude. À force de décisions hasardeuses, ubuesques et irrationnelles, le monde a fini par ne plus le prendre au sérieux, même si ce qu’il décide et fait exécuter a des conséquences graves voire catastrophiques pour les Etats-Unis et le monde. Mais cette fois, il est allé jusqu’au bout de sa folie : tuer et faire tuer, massivement et sans retenue, ni légale ni morale. Dans un retour à la loi de la jungle.
Dr Abderrahmane Cherfouh *
En s’attaquant à l’Iran, Trump emprunte une voie pour le moins dangereuse et peut-être suicidaire. Cette guerre est un acte irréfléchi. Elle est révélatrice de pulsions qui menacent d’entraîner le Moyen-Orient et le monde vers des catastrophes dont les conséquences seront terribles pour l’humanité.
Avec l’appétit d’expansion et de conquête des Etats-Unis, une fatalité nouvelle semble s’abattre sur les pays pauvres et faibles du Tiers-Monde qui remet en question jusqu’à leur souveraineté acquise au terme de luttes de libération nationale.
L’asservissement global
L’ancien ordre colonial, qui a régi le monde par la voie de l’emprise et de l’administration directe des territoires et des populations, ordre qui a été considéré comme définitivement révolu au lendemain des indépendances, semble se redéployer sous une autre forme à la faveur de la nouvelle conjoncture internationale induite par l’avènement de Trump à la Maison Blanche.
Les prémisses de ce nouvel ordre indiquent que les puissances occidentales, passées presque toutes au garde-à-vous sous la bannière américaine, mettent la planète sous surveillance permanente aux fins de contrôler les faits et gestes des autres nations en mettant sous l’éteignoir l’Onu et en bafouant le droit international, rabrouant même leurs partenaires lorsque ceux-ci tentent timidement de faire valoir la loi, l’éthique ou la raison et ne marchent pas dans la combine concoctée à Washington, à l’instar de l’Espagne et de son brave chef de gouvernement Pedro Sánchez.
Des forces d’intervention rapide et des moyens de frappe hyper-technologiques achèveront de soumettre les volontés récalcitrantes dans n’importe quelle région du monde. Les États-Unis en Irak, en Syrie et récemment au Venezuela (peut-être ce sera bientôt le tour de Cuba) et en Iran, Israël dans les territoires palestiniens, au Liban et en Syrie, la France en Libye -conjointement avec les Etats-Unis- nous ont donné les signes avant-coureurs de ce nouveau dispositif d’asservissement global.
La crise du Moyen-Orient, parce que cette région concentre tous les ingrédients d’une opposition radicale à l’ordre occidental, et l’insoumission de l’Iran, de par sa position géostratégique et ses richesses pétrolières, constituent l’épreuve décisive où se joue aujourd’hui le destin du monde.
La puissance médiatique mise en service de la guerre en Iran et de la dénaturation des données réelles du conflit, de même que les discours uniformes et consensuels de l’Occident -malgré les fausses réserves exprimées de temps en temps pour la forme et pour sauver la face- ont révélé la volonté unilatérale de ce même Occident de régenter le monde, de soumettre les nations et de s’accaparer leurs richesses. C’est là une tendance lourde qui doit nous inquiéter au plus haut point.
Une guerre sans fin ?
Ceci dit, les nouvelles qui nous parviennent du front ne prouvent absolument pas la victoire annoncée à cor et à cri par Trump, l’ami intime du pédo-criminel Epstein et de son acolyte génocidaire Netanyahu sous mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI).
Trump avait initialement prévu une frappe foudroyante au terme de laquelle l’Iran, son gouvernement, son armée et ses infrastructures militaires et industrielles allaient être totalement anéantis en trois à quatre jours, à l’issue desquels le peuple iranien allait enfin se débarrasser des mollahs, accéder à la liberté et initier sa transition démocratique.
Or, trois semaines après, ce scénario tarde à se réaliser et des voix s’élèvent, y compris à Washington, pour critiquer les élans belliqueux de l’homme d’affaires converti en chef de guerre qui a envoyé ses troupes au front sans véritable plan de bataille, tout en mettant la paix et la stabilité mondiales en danger, prenant l’humanité entière en otage.
Face à la plus grande superpuissance mondiale qui, pressée par son propre agenda politique, a hâte de finir le sale boulot et d’anéantir toute résistance, sans y parvenir vraiment, chaque minute, chaque heure et chaque jour de résistance à sa folie furieuse constituent une victoire du peuple iranien qui, au final, décidera de l’issue de cette guerre.
L’accession de Mojtaba Khamenei, qui demeure encore invisible depuis son élection, au poste de Guide suprême de la République islamique d’Iran pourrait paraître simple voire prédestinée. Pourtant, il n’en est rien. Entre intrigues, conciliabules, jeux de pouvoir et rivalités, la succession a été tout sauf facile ! De plus, sans le soutien précieux des puissants Gardiens de la révolution, il n’aurait jamais pu devenir Guide car aujourd’hui en Iran ce n’est plus le régime des Mollahs -vieux cliché français périmé- mais le régime des Gardiens !
Imed Bahri
Selon le New York Times, l’ascension de Mojtaba Khamenei au poste suprême n’est intervenue qu’après une lutte de succession acharnée. Ce processus à haut risque a transformé la République islamique en une version iranienne de Game of Thrones* avec tous les ingrédients qui vont avec : un trône vacant, un conseil de religieux et deux dynasties rivales, la famille Khamenei et la famille Khomeini. Les politiciens se sont disputés le pouvoir, les commandants militaires ont défendu leurs positions et un ancien chef des services de renseignement, tristement célèbre pour avoir orchestré des assassinats, s’est immiscé dans la bataille.
La succession de l’ayatollah Ali Khamenei qui avait dirigé le pays depuis 1989 à travers des décennies de troubles a été ardue. Et durant la guerre contre les États-Unis et Israël, alors que les bombes pleuvaient et que les explosions secouaient la terre, le choix d’un successeur pour un poste à vie devint une véritable épreuve pour la survie du régime.
Le NYT précise que le récit des réunions internes, des luttes de pouvoir et des rivalités qui ont propulsé le fils solitaire de l’ayatollah Khamenei, âgé de 56 ans, à la tête du pouvoir, s’appuie sur des entretiens avec cinq hauts responsables iraniens, deux religieux, deux Iraniens proches du bureau du Guide suprême ainsi que trois membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) connaissant le processus de sélection. Tous ont requis l’anonymat, n’étant pas autorisés à s’exprimer publiquement sur les délibérations internes au sein du régime.
Selon tous les témoignages, Mojtaba Khamenei n’aurait pas pu accéder à ce poste si son père était décédé de cause naturelle. L’ayatollah Khamenei avait proposé trois noms de successeurs potentiels à ses proches conseillers et son fils n’en faisait pas partie.
Réunions secrètes
Le 3 mars, l’Assemblée des experts –organe composé de 88 hauts dignitaires religieux et constitutionnellement chargé de désigner le Guide suprême– a tenu une réunion virtuelle secrète afin d’entamer un processus qui prendrait fin lorsqu’un candidat obtiendrait une majorité des deux tiers.
Plus tôt dans la journée, Israël avait bombardé le siège de l’Assemblée à Qom, ville où résident et enseignent de nombreux religieux dans des séminaires chiites, tuant ainsi des membres du personnel administratif.
Depuis l’assassinat de l’ayatollah Khamenei, le 28 février, lors de frappes aériennes le premier jour de la guerre, des factions politiques rivales et des commandants des Gardiens de la révolution s’efforçaient de promouvoir leurs candidats et de consolider leur pouvoir, selon de hauts responsables, des religieux et des membres du CGRI.
Les tenants de la ligne dure préféraient ignorer les appels à un changement de régime, tant au niveau national qu’international. Ils souhaitaient s’inscrire dans la continuité de l’ayatollah Ali Khamenei et poursuivre sa politique.
La faction modérée, quant à elle, prônait la rupture, prônait un nouveau style de gouvernement et la fin des hostilités avec les États-Unis.
Mojtaba Khamenei bénéficiait du soutien d’alliés puissants : le CGRI et son nouveau commandant en chef, le général Ahmad Vahidi mais aussi le général Mohammad Ali Aziz Jafari, stratège du CGRI durant la guerre en cours, le général Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement et ancien du CGRI. Hossein Taeb, ancien chef des services de renseignement du CGRI et cerveau des assassinats à l’étranger, était également de son côté.
Cependant, l’opposition à Khamenei émergea de milieux inattendus. Ali Larijani**, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien et dirigeant de facto du pays, déclara à certains membres de l’Assemblée des experts qu’il estimait que le pays avait besoin d’un dirigeant modéré capable d’unifier le pays et que Mojtaba Khamenei serait une source de division.
Le président Massoud Pezeshkian, lui-même modéré, ainsi que plusieurs hauts responsables et religieux, ont rejoint l’opposition à la candidature de Mojtaba.
Le camp modéré défendait des candidats potentiels : l’ancien président de 2013 à 2021, Hassan Rouhani dont l’influence avait diminué mais qui était un centriste et avait mené les négociations ayant abouti à l’accord nucléaire de 2015 avec les États-Unis mais aussi Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur du régime, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, proche des partis réformistes.
Les modérés proposaient également Alireza Arafi, érudit religieux et juriste, comme candidat de compromis. C’est une figure aux solides convictions religieuses mais sans influence politique ou militaire, ce qui le rendait plus facile à gérer.
Alors que les discussions au sein de l’Assemblée des experts se poursuivaient concernant les candidats, des responsables ont indiqué que la colère envers le président américain et le Premier ministre israélien alimentait un fort désir de revanche, affaiblissant les efforts des modérés.
Au fil des débats, les membres de l’Assemblée semblaient moins préoccupés par la recherche d’un dirigeant capable de sortir le pays de sa crise profonde que par la quête d’une nouvelle incarnation de leur chef martyr afin de venger son assassinat.
L’ayatollah Mahmoud Rajabi, membre du conseil de l’Assemblée des experts, a précisé lors d’un entretien avec la télévision d’État qu’il y avait différents profils et a déclaré : «Certains ont une vision sociale et politique forte, d’autres une plus grande autorité religieuse, d’autres encore de solides compétences administratives et d’autres enfin la sagesse», ajoutant que l’Assemblée avait tenté de se réunir en présentiel à cinq ou six reprises mais que les séances avaient été annulées pour des raisons de sécurité.
Lors du premier tour de scrutin, le 3 mars, Mojtaba Khamenei a obtenu la majorité des deux tiers requise, signe de la victoire des généraux des Gardiens de la révolution. L’Assemblée des experts en a informé les responsables gouvernementaux, qui ont à leur tour prévenu les médias d’État de se préparer à l’annonce de la succession à l’aube du 4 mars mais les choses vont prendre une autre tournure.
Résistance en coulisse
Larijani a bloqué l’annonce de l’accession de Mojtaba Khamenei au poste de Guide suprême, arguant que cela mettrait sa vie en danger, le président Trump et le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, ayant menacé d’assassiner tout successeur. Il a suggéré d’attendre la fin de la guerre.
Ce blocage a permis au camp modéré de tenter une dernière fois de faire pression sur l’Assemblée des experts afin qu’elle revienne sur sa décision. Cependant, la tenue de nouvelles élections exigeait des raisons impérieuses.
Larijani, proche confident d’Ali Khamenei, a soutenu qu’un vote virtuel pour Mojtaba Khamenei était illégal, la Constitution imposant un vote en présentiel. L’Assemblée fut alors informée que Mojtaba Khamenei, qui se remettait de blessures reçues lors du premier jour de la guerre, ne souhaitait absolument pas ce poste. Pour des raisons de sécurité, tout contact direct avec lui était impossible. «Lorsqu’on lui a annoncé son élection, il a déclaré: Je ne veux pas accepter ce poste. Choisissez quelqu’un d’autre», a indiqué Abdolreza Davari, un homme politique proche de lui, lors d’un entretien téléphonique depuis Téhéran. Et d’ajouter : «C’est une tradition chiite chez les religieux, où une personne décline poliment une charge pour signifier qu’elle ne recherche pas le pouvoir puis l’accepte ultérieurement».
Les membres du camp modéré informèrent alors le conseil qu’ils avaient découvert une nouvelle directive importante de l’ayatollah Ali Khamenei et demandèrent une rencontre en personne avec la direction du conseil. Lors de la réunion, deux des plus proches collaborateurs de l’ayatollah Khamenei –un conseiller militaire de haut rang et Asghar Hejazi, son chef de cabinet– témoignèrent que Khamenei leur avait confié ne pas souhaiter que son fils ni aucun autre membre de sa famille lui succède. Ils expliquèrent qu’il avait interdit la succession héréditaire car elle contredisait l’essence même de la révolution islamique de 1979 qui avait renversé la monarchie. Ils présentèrent ensuite un testament écrit reprenant ce message et demandèrent au conseil d’annuler le vote initial.
Cette décision soudaine choqua les religieux présents à la réunion, selon des responsables et des religieux. Ils demandèrent un délai pour consulter les autres membres. Cette situation a également alarmé les généraux des Gardiens de la révolution, partisans de Mojtaba Khamenei, qui ont lancé une contre-attaque.
Dans une allocution télévisée, l’ayatollah Ali Moallemi, membre de l’Assemblée des experts, a dénoncé les agissements des modérés, les qualifiant de «coup d’État». Il a déclaré : «On a tenté de modifier l’opinion des membres de l’Assemblée et de nous entraîner dans une autre direction. Des forces extérieures à l’Assemblée ont essayé de nous infiltrer et de nous influencer».
Les généraux imposent Mojtaba
Le 7 mars, le président Pezeshkian a annoncé que l’Iran cesserait ses attaques contre les États arabes du Golfe et a présenté ses excuses. Il a précisé que la décision de désamorcer les tensions avec ses voisins arabes émanait d’un conseil de transition composé de trois personnes, dont il était membre, assumant temporairement les pouvoirs du Guide suprême jusqu’à l’élection d’un nouveau.
Cette décision a provoqué la colère des généraux des Gardiens de la révolution, qui mènent la guerre et soutiennent Mojtaba Khamenei, selon des responsables iraniens et des membres des Gardiens.
Les généraux Ahmad Vahidi et Aziz Jafari ont fait pression sur l’Assemblée des experts pour qu’elle se réunisse immédiatement afin de procéder à un vote final et de proclamer Mojtaba Khamenei nouveau Guide suprême.
Hossein Taeb, ancien chef du service de renseignement des Gardiens de la révolution, a contacté les 88 membres de l’Assemblée des experts et les a exhortés à voter pour Khamenei. Il a affirmé que voter pour le fils de l’ayatollah était un devoir moral, religieux et idéologique.
L’Assemblée s’est réunie à nouveau le 8 mars, également virtuellement, pour examiner les questions soulevées par les modérés. Certains membres ont déclaré qu’ils devaient respecter les souhaits de l’ayatollah Khamenei et exclure son fils. D’autres ont fait valoir que la Constitution ne les obligeait pas à suivre la volonté de l’ancien Guide suprême et qu’ils avaient l’autorité nécessaire pour prendre une décision indépendante. Tous ont convenu que les circonstances de la guerre permettaient de considérer le vote virtuel comme légitime.
Chaque religieux a inscrit le nom de son candidat sur un morceau de papier, l’a plié et l’a placé dans une enveloppe scellée à la cire. Des messagers ont ensuite remis les bulletins en main propre à une commission chargée du dépouillement et de la vérification des votes.
Mojtaba Khamenei a obtenu 59 voix sur 88, soit la majorité des deux-tiers requise mais loin de l’unanimité.
Peu avant minuit, les médias d’État ont annoncé l’élection d’un nouveau Guide suprême en Iran. Les messages de félicitations et les témoignages de loyauté ont afflué pour Mojtaba Khamenei, même de la part de ceux qui avaient tenté d’entraver son accession au pouvoir. Du moins publiquement, les institutions du régime iranien se sont ralliées au nouveau Guide suprême qui n’a pas encore fait d’apparition publique.
*Game of Thrones est une série télévisée mettant en scène neuf familles nobles qui rivalisent pour le contrôle du Trône de Fer dans les sept royaumes de Westeros.
** L’armée israélienne a annoncé mardi 17 mars 2026 l’assassinat d’Ali Larijani et du général Gholamreza Soleimani, chef des Basij, lors d’une frappe aérienne la veille.
L’Ambassade du Japon en Tunisie a annoncé qu’un projet photovoltaïque de 130 MW à Gabès a été sélectionné, en février 2026, pour bénéficier d’une subvention du Gouvernant du Japon dans le cadre du Mécanisme d’échange de crédits carbone (MCC).
Ce mécanisme vise à encourager le lancement de projets contribuant la réduction de gaz à effet de serre en accordant une subvention plafonnée à 2 milliards de yens (soit environ 37 millions de dinars).
Ce projet sera mis en œuvre par l’entreprise japonaise Marubeni Corporation, en partenariat avec une entreprise française, et constitue le quatrième projet initié par le MCC en Tunisie, faisant suite aux deux projets photovoltaïques à Sidi Bouzid et un à Tozeur.
Face aux effets néfastes du changement climatique, des efforts sont déployés pour adopter des pratiques agricoles durables qui améliorent la productivité et garantissent la préservation des ressources naturelles en optimisant la fertilité des sols grâce à une rotation des cultures appropriée.
C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche joutant que les agriculteurs sont incités à continuer d’investir dans l’agriculture à grande échelle et des campagnes de sensibilisation ciblées sont mises en œuvre pour souligner l’importance de la protection des cultures contre les incendies et les maladies, a rapporté Mosaïque FM. L’objectif est d’assurer de bonnes récoltes de céréales, de renforcer la production nationale de ces denrées, de réduire le déficit de la balance commerciale induit, entre autres, par les importations de céréales, et de soutenir la souveraineté alimentaire.
La Tunisie importe 85% de ses besoins en céréales
Rappelons à ce propos que la Tunisie dépend fortement des importations pour couvrir ses besoins céréaliers, avec une consommation annuelle d’environ 3,4 à 4 millions de tonnes. En raison de la sécheresse, le pays importe plus de 85 % de son blé tendre et une part importante de son blé dur et orge, principalement de Russie et de l’Union européenne (UE).
Dans ce contexte, Ezzeddine Ben Cheikh a indiqué que la quantité totale de céréales collectées lors de la campagne précédente s’élevait à environ 12 millions de quintaux, dont 8,3 millions de quintaux de blé dur, 2,9 millions de quintaux d’orge et 0,65 million de quintaux de blé tendre.
Ce résultat a été obtenu grâce au renforcement des capacités de stockage existantes, avec un million de quintaux supplémentaires, et à la mise en œuvre par l’Office national des céréales d’un plan opérationnel prévoyant l’évacuation anticipée des céréales des centres de collecte. Ce plan était en vigueur depuis le début de la campagne, fin mai 2025, dans le gouvernorat de Kairouan, et la limitation de la capacité de chargement des camions de transport de céréales a été suspendue.
Des agriculteurs fortement endettés
Dans un autre contexte, l’encours des prêts aux agriculteurs du secteur agricole s’élevait à environ 4,6 milliards de dinars, selon les données de la Banque centrale datant de novembre 2025.
Par ailleurs, 5 674 agriculteurs avaient bénéficié de 7 257 prêts de la Banque tunisienne de solidarité en 2025, pour un montant total de 53,9 millions de dinars, dont 49,1 millions de dinars de pénalités de retard et 4,8 millions de dinars d’intérêts contractuels.
Le département travaille actuellement à la mise en œuvre des mesures de rééchelonnement de la dette prévues par la loi de finances 2026.
L’EuroMed Clusters Policy Seminar – Maghreb Edition, un séminaire de haut niveau axé sur le dialogue politique pour l’innovation portée par les clusters et l’intégration dans les chaînes de valeur régionales se déroulera le 25 mars 2026 au Sheraton à Tunis, dans le cadre du projet Euromed Clusters Forward (ECF), cofinancé par l’Union européenne.
Ce séminaire, organisé par le Forum Euro-Méditerranéen des Instituts de Sciences Économiques (Femise), en partenariat avec Anima Investment Network, l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII) et l’Economic Research Forum (ERF), réunira des décideurs publics, des responsables de clusters, des représentants du secteur privé, des experts et des acteurs de l’innovation de la région euro-méditerranéenne. L’objectif principal est de débattre du rôle central des clusters dans le renforcement de la compétitivité industrielle, l’innovation et l’intégration dans les chaînes de valeur régionales.
Parmi les intervenants, on cite Fatma Thabet Chiboub, ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Giuseppe Perrone, ambassadeur de l’Union Européenne en Tunisie, Tarak Chérif, président d’Anima Investment Network et Omar Bouzouada, directeur général de l’APII.
Cet événement promet d’être un moment clé pour l’échange de bonnes pratiques, le renforcement des partenariats et l’initiation de projets innovants destinés à améliorer la compétitivité des clusters tunisiennes et maghrébine et leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
Renforcer les clusters en Méditerranée
Les clusters sont aujourd’hui reconnus comme un levier stratégique pour stimuler l’industrialisation, encourager l’innovation et améliorer l’intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales.
Dans les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, ils jouent un rôle clé pour soutenir la compétitivité, favoriser les exportations et générer des opportunités d’emploi dans des secteurs à fort potentiel.
Cependant, leur développement reste confronté à plusieurs défis : cadres réglementaires fragmentés, accès limité au financement de l’innovation, inadéquation entre les compétences et les besoins industriels, et liens insuffisants entre recherche et industrie.
Le EuroMed Clusters Policy Seminar vise ainsi à offrir une plateforme de dialogue et d’échange afin d’identifier des recommandations politiques concrètes pour soutenir le développement des clusters et renforcer les chaînes de valeur régionales dans la région Maghreb et au-delà.
Trois défis clés au cœur des discussions
Le séminaire sera structuré autour de trois thématiques principales reflétant les défis majeurs auxquels sont confrontés les clusters dans la région :
Montée en gamme industrielle et innovation : renforcer la transition technologique et environnementale industrielle est la clé pour l’intégration dans les chaînes de valeur internationales et en particulier pour l’accès au marché européen.
• Financement orienté vers l’innovation et co-investissement privé : développer et encourager les mécanismes de financement et les investissements adaptés aux clusters, à la collaboration dans entre les acteurs du processus d’innovation.
• Développement des compétences et collaboration recherche–industrie : combler le fossé entre compétences et besoins industriels et renforcer les partenariats entre universités, centres de recherche et entreprises.
Ces sessions combineront présentations d’experts, partage de bonnes pratiques nationales et européennes, discussions interactives et études de cas, favorisant un échange d’expériences entre les différents acteurs de l’écosystème.
Un format interactif orienté vers l’action Au-delà des panels thématiques, l’événement intégrera des sessions interactives et des groupes de travail, permettant aux participants d’explorer plus en profondeur les défis identifiés et de discuter des politiques et initiatives les plus pertinentes pour soutenir le développement des clusters dans la région.
Les résultats de ces discussions contribueront à l’élaboration d’un Policy Package régional, comprenant des rapports de synthèse, des entretiens d’experts et des policy briefs nationaux visant à soutenir les stratégies de développement à long terme des clusters dans la région euro-méditerranéenne.
Série de séminaires à l’échelle euro-méditerranéenne
Le séminaire de Tunis constitue le premier d’une série de séminaires politiques organisés dans le cadre du projet EuroMed Clusters Forward, qui comprend également :
• un séminaire Mashreq prévu le 17 et 18 mai 2026, au Caire.
• Et une conférence de capitalisation prévue le 3 et 4 novembre à Marseille.
Au total, ces trois séminaires rassembleront plus de 500 participants provenant de plusieurs pays de la région euro-méditerranéenne et du Mashreq, parmi lesquels des décideurs publics, des experts internationaux, des responsables de clusters et des représentants du secteur privé.
La Banque centrale de Tunisie (BCT) a appelé, dans un communiqué publié ce mercredi 18 mars 2026, les banques et l’Office national des postes (La Poste Tunisienne) à prendre les mesures nécessaires pour assurer la continuité des retraits d’espèces aux distributeurs automatiques et des services de paiement électronique pendant les fêtes de l’Indépendance (20 mars) et de l’Aïd El-Fitr (20, 21 et 22 mars).
La Banque centrale a souligné l’importance d’assurer le réapprovisionnement régulier des distributeurs automatiques et la disponibilité technique des plateformes électroniques afin de garantir la continuité des services financiers aux citoyens.
Elle a également insisté sur l’importance d’une intervention rapide pour remédier à tout dysfonctionnement ou interruption de service, exhortant les responsables à la mise en œuvre de mesures préventives pour éviter les pannes et répondre à la demande accrue de services bancaires pendant les fêtes.
Le sélectionneur de l’équipe nationale tunisienne, Sabri Lamouchi, a annoncé aujourd’hui, mercredi 18 mars 2026, la composition de l’équipe pour les matchs amicaux contre Haïti et le Canada, qui auront lieu les 28 et 31 mars à Toronto, au Canada.
Voici la liste des joueurs convoqués :
* Gardiens de but : Aymen Dahmen – Sabri Ben Hassen – Abdelmouhib Chamakh et Noureddine Farhati.
* Défenseurs : Yan Valéry – Moataz Nefati – Ghaith Zaalouni – Omar Rekik – Adam Arous – Alaa Ghram – Raed Chikhaoui – Mohamed Amine Ben Hamida – Mortadha Ben Ouanes et Ali Abdi.
* Milieu de terrain : Ellyes Skhiri – Hannibal Mejbri – Anis Ben Slimane – Rani Khedira – Ismail Gharbi – Mohamed Belhaj Mahmoud.
* Attaquants : Elias Saad – Sébastien Tounekti – Rayan Elloumi – Firas Chaouat – Louey Ben Farhat – Sayfallah Ltaief – Omar Ben Ali – Khalil Ayari – Hazem Mastouri et Anis Saidi.
Dans une déclaration publiée le 17 mars 2026, l’Union Internationale des Magistrats (IAJ-UIM) affirme suivre «avec une profonde préoccupation la procédure judiciaire en cours engagée contre le juge Anas Hmedi, président de l’Association des Magistrats Tunisiens (AMT). Nous reproduisons ci-dessous le texte de cette déclaration telle que publiée par l’AMT sur sa page Facebook…
«L’UIM a, à plusieurs reprises, appelé à ce que les poursuites pénales engagées contre le juge Hmedi soient abandonnées.
Selon les informations disponibles, les accusations découlent d’actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions de président de l’association dans le contexte des événements ayant suivi la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature en 2022 et la révocation sommaire d’un certain nombre de juges.
L’Union Internationale des Magistrats rappelle que les dirigeants des associations de magistrats doivent pouvoir exercer leurs fonctions représentatives librement et sans crainte d’intimidation, de représailles ou de harcèlement judiciaire. Les actions menées dans le cadre d’une représentation associative légitime — en particulier lorsqu’elles visent à défendre l’indépendance de la justice — ne doivent pas donner lieu à des poursuites pénales.
Dans ce contexte, l’UIM considère comme particulièrement préoccupant que la procédure semble porter sur des actes accomplis dans l’exercice du mandat associatif du juge Hmedi et sur des activités liées à l’exercice du droit des juges de s’associer pour défendre l’indépendance de la justice.
L’engagement de poursuites pénales dans de telles circonstances suscite de sérieuses inquiétudes quant au risque que les représentants d’associations de magistrats soient soumis à des pressions incompatibles avec les garanties internationalement reconnues de l’indépendance de la justice.
L’UIM est également préoccupée par les informations faisant état d’importantes irrégularités procédurales, notamment l’absence apparente de notification appropriée et le manque d’accès aux éléments factuels et probatoires sur lesquels reposent les accusations.
De telles circonstances soulèvent de sérieuses questions quant au respect des garanties fondamentales du droit à un procès équitable et des droits de la défense.
L’UIM note également que la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur l’indépendance des juges et des avocats a publiquement attiré l’attention sur les circonstances entourant cette procédure.
L’UIM relève en outre que l’audience tenue le 12 mars 2026 a été renvoyée au 26 mars 2026.
L’UIM rappelle que les normes internationales — notamment les Principes fondamentaux des Nations Unies relatifs à l’indépendance de la magistrature, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que la Charte universelle du juge (UIM) — reconnaissent le droit des juges de former et de rejoindre des associations professionnelles afin de préserver leur indépendance et de protéger l’État de droit.
Ces normes exigent en outre que les juges, et en particulier ceux qui exercent des fonctions représentatives au sein d’associations judiciaires, puissent exercer ces responsabilités sans intimidation, ingérence ou représailles. Des poursuites visant des activités exercées dans le cadre de tels mandats associatifs risquent de porter atteinte à la liberté d’association garantie par le droit international des droits de l’homme.
L’UIM exprime sa solidarité avec l’Association des Magistrats Tunisiens (AMT) et avec tous les juges engagés dans la défense de l’indépendance de la justice.
L’UIM attend que la procédure respecte pleinement les principes de l’indépendance de la justice, de la liberté d’association et les garanties fondamentales d’un procès équitable. Le respect de ces principes est essentiel pour maintenir la confiance du public dans la justice et pour le bon fonctionnement des institutions démocratiques.
L’UIM continuera de suivre de près l’évolution de cette affaire.»
C’est le scénario qui hante la marine américaine et qui, indiscutablement, l’inquiète le plus dans la guerre actuelle contre la République islamique d’Iran à savoir l’utilisation de mines marines dans le détroit d’Ormuz surtout que l’US Navy semble mal préparée à l’éventuelle utilisation d’une arme relativement bon marché et abondante qui pourra causer des dégâts considérables aussi bien sur le plan humain que sur le plan matériel avec des conséquences dévastatrices sur les bateaux militaires américains.
Imed Bahri
Pour les stratèges de l’US Navy et les compagnies maritimes, le scénario terrifiant qu’ils redoutent est le suivant : l’Iran, acculé et furieux, pourrait tenter de renforcer son emprise sur le détroit stratégique d’Ormuz en y posant des mines mortelles, écrit le Financial Times.
De nombreux experts en guerre des mines estiment que Téhéran l’a peut-être déjà fait, en déployant un petit nombre de mines de fond qu’il pourrait activer à tout moment pour menacer la navigation dans cette voie maritime où transite un cinquième du commerce maritime mondial.
«C’est quasiment certain», affirme Farzin Nadimi, spécialiste de la marine iranienne au Washington Institute for Near East Policy, avant d’ajouter : «Ils n’attendent que le moment opportun pour les activer».
Un défi de taille pour l’US Army
L’activation de telles armes par des câbles reliés à des installations côtières ou par signaux acoustiques –ou le déploiement d’autres versions, moins sophistiquées, de l’arsenal iranien de plus de 6 000 mines marines– constituerait un défi de taille pour la marine américaine dont les moyens de riposte sont limités et insuffisamment efficaces.
Il n’existe aucune confirmation que l’Iran ait effectivement posé des mines et certains experts doutent même que Téhéran l’ait fait.
Cependant, des responsables à Washington ont déclaré aux médias américains que l’Iran aurait déjà posé jusqu’à 12 mines dans le golfe Persique, qui ne mesure que 21 milles nautiques de large à son point le plus étroit.
Les États-Unis ont affirmé, jeudi 12 mars 2026, avoir détruit ou mis hors service plus de 30 navires iraniens poseurs de mines mais Téhéran est toujours capable de déployer des mines depuis des navires d’attaque ayant survécu aux frappes ou en les lançant depuis les tubes lance-torpilles de sous-marins.
Des mines simples peuvent être larguées depuis des bateaux de pêche, des cargos ou même les embarcations traditionnelles en bois qui sillonnent le golfe. Parfois, le largage d’une mine par l’arrière d’un navire n’est détecté qu’au fort clapotis de l’eau.
«Il existe une énorme asymétrie entre poser des mines et les désamorcer car l’une est beaucoup plus facile que l’autre», a déclaré Tom Shugart, ancien commandant de sous-marin et travaillant actuellement au Center for a New American Security.
L’arsenal de mines iranien comprend des modèles sophistiqués capables d’exploser en réaction à des signatures acoustiques, magnétiques et autres signatures spécifiques aux navires ainsi que des mines de contact rudimentaires. Certaines sont conçues pour flotter librement, tandis que d’autres sont ancrées par un câble ou reposent directement sur le fond marin.
L’Iran possède également des mines magnétiques qui pourraient théoriquement être fixées aux pétroliers de passage à l’aide de vedettes rapides.
Les eaux étroites du Golfe rendent la chasse aux mines extrêmement difficile.
Les navires sont vulnérables aux attaques côtières et le sonar est perturbé par les bruits sous-marins provenant des moteurs, des infrastructures, et même des poissons et autres animaux marins.
Les mines de fond, que l’Iran a peut-être déjà posées au fond du détroit, sont les plus dangereuses et les plus difficiles à détecter. Elles génèrent des bulles remontant rapidement à la surface, capables de perforer la coque des navires ou de briser la quille des plus petites embarcations. Leur localisation peut nécessiter l’examen d’images haute résolution du fond marin afin de déceler des différences subtiles susceptibles de révéler leur présence. Même les mines de surface peuvent être difficiles à repérer.
Steven Wells, ancien officier de dragueur de mines américain qui travaille aujourd’hui au Center for Maritime Strategy a déclaré que les moutons morts jetés par-dessus bord des bateaux de transport de bétail, dont les pattes émergent de l’eau à mesure que leur corps gonfle, peuvent parfois être confondus avec des mines. «Cela peut s’avérer très difficile», a-t-il ajouté.
Le déminage, un processus long et fastidieux
Ce qui complique encore la situation, c’est que les États-Unis ont laissé leurs capacités de lutte contre les mines se dégrader au fil des décennies et qu’ils sont actuellement en train de désarmer leurs navires de classe Avenger, les derniers dragueurs de mines spécialisés de l’US Navy.
Ces navires sont remplacés par trois bâtiments de combat littoral déjà présents dans la région qui ont pris le relais pour la chasse aux mines. Contrairement aux navires spécialisés capables de se déplacer rapidement dans les champs de mines, ces nouveaux bâtiments cibleront les mines une par une à l’aide de lasers montés sur des hélicoptères et de drones qui utilisent des ondes sonar réfléchies par leur environnement. «Ce sera un processus long et fastidieux», a déclaré Wells.
Durant la guerre Iran-Irak, en 1988, une mine iranienne attachée par un câble a gravement endommagé la frégate lance-missiles américaine USS Samuel B. Roberts.
Pourtant, pendant des décennies, Washington a consacré moins de 1% de son budget naval à la guerre des mines, alors même que ces dernières étaient responsables d’environ 80% des navires de guerre américains coulés ou mis hors de combat depuis 1945 et de plus de 75% des pertes navales américaines depuis 1950.
Les nations européennes disposent aujourd’hui de capacités de guerre des mines plus sophistiquées que celles des États-Unis. «Tout cela pourrait bien se retourner contre nous», a averti Shugart.
Ce serait également la première fois que les États-Unis devraient faire face à des mines navales sous le feu ennemi depuis la guerre de Corée (1950-1953). «Il est difficile d’imaginer des opérations de déminage efficaces et sûres alors que le conflit fait toujours rage. Ce n’est pas une mission que l’on souhaite entreprendre en pleine guerre ouverte, avec des tirs réels», a déclaré Caitlin Talmadge du MIT.
Un véritable engagement iranien à miner le détroit pourrait contraindre Washington à mettre fin rapidement à la guerre ou à déployer des forces spéciales pour éliminer les menaces côtières visant les dragueurs de mines et les navires d’escorte.
«Créer un passage à travers un champ de mines exigerait également un effort considérable. Les navires effectuant des opérations de déminage ou empruntant ultérieurement les routes déminées seraient beaucoup plus vulnérables car leur lenteur et leur prévisibilité les rendraient des cibles bien plus faciles pour les missiles et drones iraniens», a expliqué Scott Savitz, ingénieur principal à la Rand Corporation.
Savitz, qui a déjà conseillé les États-Unis sur la guerre des mines, a déclaré que même un très petit nombre de mines suffirait à contraindre les navires commerciaux et militaires à réévaluer leur niveau de tolérance au risque. Il a ajouté: «On peut avoir un champ de mines efficace sans aucune mine si les autres le perçoivent comme une menace importante».
La 9e édition du Festival du Printemps de la bande dessinée de Sfax, organisée à l’initiative du Forum des arts et de la culture de Sfax, se tiendra du 23 au 28 mars 2026 sur le thème «Ville et patrimoine».
De nombreux auteurs venus de Tunisie, de France, de Suisse et du Bénin seront à Sfax pour partager la magie du 9e art pour tous les amoureux de la BD de 7 à 77 ans.
Au programme, des ateliers de pratiques au Foundouk el Haddadine destinés aux enfants pendant cette période de vacances, cinq expositions réparties entre l’ISAMS, la Galerie Hors Cadre, Foundouk el Haddadine et la Maison de France, un événement intitulé ‘‘Les carnets de Cerise’’ au Complexe culturel Mohamed Jamoussi, des tables rondes, des visites de classes, des master-classes et plein d’autres surprises.
L’association Intersection pour les droits et les libertés a annoncé le lancement d’une carte interactive sur son site web afin de suivre et de signaler en temps réel les violations des droits humains en Tunisie, rapporte Mosaïque FM. L’objectif est de recenser ces violations, de défendre les victimes et de leur apporter un soutien juridique.
Intersection a également publié un rapport couvrant la période de mars 2025 à février 2026, offrant une analyse des violations des droits humains dans tout le pays.
Ce rapport documente des violations de divers droits, notamment la liberté d’expression, le droit à la santé et à un environnement sain, le droit à un procès équitable, le droit à l’intégrité physique et le droit au travail.
Ces violations ont été constatées dans plusieurs régions, dont 97 cas dans le Nord-Ouest (Beja, Jendouba et Siliana), selon Idriss Sebaï, chercheur au sein de l’association.
Le rapport se concluait par plusieurs recommandations, notamment la réduction des disparités régionales, l’élaboration d’un plan national visant à diminuer les inégalités dans l’exercice des droits économiques et sociaux, la garantie du droit à un procès équitable et la création de circuits judiciaires qui accélèrent les procédures.
Le rapport recommandait également que le pouvoir judiciaire réexamine les lois relatives à la liberté d’expression, telles que le décret n° 54, en vue de son abrogation.
À l’occasion de International Quds Day, célébré vendredi 13 mars, la 60e édition du Forum arabe de la poésie de résistance s’est tenue les 13 et 14 mars 2026 à l’espace Yanni à Tunis, autour du thème : «Ali Shariati et la résistance dans la littérature iranienne». Dans un monde traversé par les guerres, les fractures idéologiques et l’épuisement des systèmes politiques, cette rencontre rappelle que la résistance n’est pas seulement une affaire militaire ou diplomatique. Elle est aussi une question de conscience.
Manel Albouchi
Il existe dans l’histoire des peuples des moments où quelque chose se fissure. Les institutions restent debout. Les discours continuent de circuler. Les idéologies parlent encore. Mais une fatigue s’installe dans le cœur du système. On pourrait appeler cela l’épuisement symbolique du pouvoir. Le monde contemporain en porte les signes. Les guerres se multiplient. Les sociétés se polarisent. Les peuples oscillent entre colère et lassitude.
Dans ce paysage incertain, la résistance change de forme. Elle cesse parfois d’être un cri collectif. Elle devient un travail intérieur.
La pensée comme résistance
Dans le monde iranien, une figure intellectuelle a tenté de penser ce moment avec une intensité rare : Ali Shariati.
Inspiré de Frantz Fanon, de Jean-Paul Sartre et de Karl Marx, Shariati tenta une expérience intellectuelle singulière : penser la libération humaine à partir de l’intérieur de la tradition islamique. Il parlait d’un phénomène dangereux qu’il appelait l’«estahmâr» (un mot difficile à traduire). Ce n’est pas seulement la domination. C’est l’abrutissement des consciences.
Pour Shariati, un peuple peut être dominé de plusieurs façons : par la nature, lorsqu’il vit dans la peur et l’ignorance ; par d’autres hommes, lorsqu’il subit l’exploitation économique ou politique ; mais la domination la plus subtile est celle des idées figées, lorsque l’idéologie remplace la pensée, lorsque la mémoire devient rituel, lorsque la tragédie devient habitude.
Le danger de l’habitude
Shariati mettait souvent en garde contre un phénomène paradoxal. Le danger n’est pas seulement d’oublier une tragédie. Le danger est de s’y habituer. Il évoquait la mémoire de Karbala. Selon lui, si la tragédie se transforme en simple rituel annuel, elle perd sa force morale. Elle devient un spectacle. Et le spectacle endort les consciences. Cette intuition résonne aujourd’hui bien au-delà de l’histoire iranienne.
Dans un monde saturé d’images de guerre et de violence, l’humanité court un risque : celui de s’habituer au drame ou la banalisation du mal si on se refaire à Hannah Arendt.
Dans les périodes de tension politique, les identités deviennent rigides. Chacun se définit par un rôle : militant, moderniste, religieux, progressiste, patriote…
Ces identités peuvent donner un sens à l’action collective. Mais elles peuvent aussi devenir des masques psychiques. Il arrive pourtant que ces masques se fissurent lorsqu’un individu cesse un instant de défendre un rôle social. Là une parole plus simple apparaît. Une parole qui parle de fatigue, d’injustice réelle, de peur de l’avenir, de désir de dignité. Selon Carl Gustav Jung, on dirait que le persona se fissure. Et qu’une parole plus authentique surgit.
Manifestation à Tunis contre la guerre en Iran.
Sociétés et révolutions
Les sociétés qui ont traversé des révolutions connaissent souvent ce moment. La révolution française n’a pas seulement été un événement politique. Elle a été précédée par des décennies de pensée. Les écrits de Jean-Jacques Rousseau, de Montesquieu ou de Voltaire avaient préparé le terrain symbolique de la rupture. Les idées avaient précédé l’événement. La révolution tunisienne, elle, est née d’un geste plus spontané. Elle fut d’abord un soulèvement social. Mais après la rupture vient toujours une question plus difficile : qui pense l’après ? Les révolutions peuvent ouvrir une brèche dans l’histoire. Mais elles ne suffisent pas à produire une vision durable.
Lorsque les systèmes politiques se fatiguent, une autre dynamique apparaît. Les grandes structures perdent leur capacité d’inspiration. Alors les initiatives individuelles commencent à prendre la relève : un enseignant crée un espace de pensée, un écrivain redonne sens aux mots, un citoyen refuse la passivité. Ces gestes sont souvent invisibles. Mais ils constituent la matière silencieuse des transformations futures.
La liberté intérieure
Aujourd’hui, dans un monde traversé par les crises géopolitiques, les conflits idéologiques et l’incertitude économique, la question de la lucidité devient centrale. Car la domination ne repose pas uniquement sur la force. Elle repose souvent sur la fatigue morale des sociétés. Lorsqu’un peuple cesse de croire que le changement est possible, la domination devient presque inutile. Elle se maintient d’elle-même.
C’est peut-être ici que commence la véritable résistance. Non dans les slogans. Mais dans la conscience. Lorsque l’individu cesse de répéter les récits imposés. Et commence à interroger le monde avec lucidité. Car la liberté humaine n’est peut-être rien d’autre que cela : la capacité d’être le poète de sa propre existence.
Le prochain congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), prévu pour les 25, 26 et 27 mars 2026 à Monastir, est un événement majeur, notamment compte tenu des crises internes que traverse l’organisation syndicale et des défis liés à ses divisions internes, à ses relations avec les autorités politiques et à la situation générale du pays marquée par une stagnation économique et des tensions sociales.(Photo: L’UGTT est appelée à se recentrer sur son rôle syndical).
Latif Belhedi
La date du congrès a été avancée de 2027 à 2026 suite à des mois de conflits internes portant sur plusieurs points litigieux, liés à la gouvernance même de l’organisation, à la gestion démocratique de ses affaires et à son rôle dans le nouveau contexte politique du pays, marqué par une plus grande concentration des pouvoirs et une marginalisation des corps intermédiaires.
Les préparatifs du congrès sont très avancés et l’on s’attend à accueillir 630 délégués, dont 75 membres de l’organe administratif national. Un nombre record de candidatures est également enregistré pour les différentes instances de l’organisation, avec un total de 91 candidats, répartis comme suit : 46 au Bureau exécutif national, 24 à l’a Commission nationale de réglementation interne et 21 à la Commission nationale de contrôle financier.
Parmi les candidats pour le Bureau exécutif figurent Slaheddine Selmi, Othman Jallouli, Tahar Mezzi et Farouk Ayari, tous membres de l’exécutif sortant; Wajih Zaidi, secrétaire général du Syndicat général des transports ; Salouane Smiri, secrétaire général du Syndicat général des travailleurs du pétrole et de la chimie ; Salah Ben Hamed, secrétaire général du Syndicat régional des travailleurs de Gabès ; et Kacem Zemni, secrétaire général du Syndicat régional des travailleurs de Sousse.
Vers une gestion financière plus saine
Des propositions ont également été formulées pour réviser le règlement intérieur, notamment en ce qui concerne la redéfinition des relations entre la direction centrale et les structures de base, ainsi que la définition du cadre de gestion quotidienne du syndicat, en particulier la gestion financière, et en insistant sur une plus grande transparence dans ce domaine.
Début 2026, le cabinet du Premier ministre a décidé de suspendre le prélèvement automatique des cotisations à l’UGTT sur les salaires des employés, cadres et ouvriers. Les responsables syndicaux ont perçu cette décision comme un coup dur porté aux finances de l’organisation, car ces prélèvements représentent la principale source de financement de leurs activités et de leurs structures nationales, régionales et sectorielles. Elle viserait, selon eux, à limiter l’influence de l’UGTT et à réduire son rôle sur la scène nationale.
Les détracteurs de l’organisation, qui lui reprochent d’avoir souvent outrepassé son rôle syndical pour devenir un acteur politique de premier plan, ont vu dans cette décision la fin de la tutelle syndicale sur la vie politique et la consécration de la liberté d’adhésion et du pluralisme syndical.
L’UGTT, qui a condamné cette décision, y voyant une mesure punitive à motivation politique visant à tarir ses financements et à l’asphyxier financièrement, a lancé une campagne nationale de renouvellement automatique des adhésions dont on jugera de l’impact au cours du prochain congrès.
Le départ annoncé de Taboubi
Il convient de noter que le précédent congrès de l’UGTT, qui s’est tenu du 16 au 18 février 2022 à Sfax, a vu la réélection du secrétaire général Noureddine Taboubi, avec plus de 90 % des voix des délégués.
Par ailleurs, les autres membres de sa liste ont remporté une victoire écrasante, obtenant plus de 80 % des suffrages.
Sept membres du Bureau exécutif de 2017 ont été élus, dont cinq qui siégeaient également au Bureau élu lors du Congrès de 2011 : Noureddine Taboubi, Sami Tahri, Hfaiedh Hfaiedh, Anouar Ben Kaddour et Samir Cheffi.
Beaucoup ont cependant contesté ces résultats, reprochant aux dirigeants réélus d’avoir tripatouillé le règlement intérieur pour s’offrir un énième mandat auquel ils n’avaient droit. Ce qui n’a pas manqué de créer des polémiques et de provoquer de fortes divisions au sein de l’organisation. D’où l’intérêt du prochain congrès qui va devoir remettre l’organisation sur le rails d’une gestion plus démocratique et moins clanique de ses affaires. Le départ annoncé de Taboubi et de ses obligés sera sans doute très apprécié, au sein de l’UGTT et sur la scène politique nationale où son image est largement ternie.
Selon le me ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, «la Tunisie a réalisé un record historique d’exportations d’huile d’olive au cours des mois de décembre, janvier et février»
Lors d’une séance plénière de l’Assemblée des représentants du peuple, le ministre a ajouté que «ces résultats constituent un succès majeur pour la diplomatie économique tunisienne», en soulignant que les exportations mensuelles ont dépassé les 50 000 tonnes, grâce aux efforts concertés des différents acteurs.
Pour la Tunisie, il s’agit de préserver les marchés traditionnels tout en explorant de nouveaux débouchés pour l’huile d’olive conditionnée, aussi précisé le ministre, qui a noté une reprise progressive sur les marchés traditionnels après les récentes perturbations dues à ce qu’il a appelé des «procédures administratives». Enfin, il a confirmé que la Tunisie avait demandé l’ouverture de négociations avec l’Union européenne concernant l’exportation d’huile d’olive et d’autres produits agricoles stratégiques. «Ces négociations ne se limiteront pas à l’UE, mais impliqueront également d’autres partenaires internationaux», a-t-il déclaré.
Le premier jour de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, une école de jeunes filles a été bombardée. Plus de 175 victimes. Des enfants, des adolescentes, des vies brisées avant même d’avoir commencé. Ce drame, à lui seul, dit beaucoup plus que de longs discours : lorsque l’école devient une cible, c’est que les règles censées limiter la guerre ont déjà cessé d’exister.(Photo : L’école primaire de filles à Minab (Iran) bombardée le 28 février 2026 par des frappes aériennes américaines).
Khemaïs Gharbi *
Il fut pourtant un temps où les nations prétendaient soumettre la guerre à des règles. Après les catastrophes du XXᵉ siècle, le monde avait tenté d’ériger un rempart juridique contre la barbarie. Avec la création de l’Organisation des Nations Unies et l’adoption des conventions de Genève, l’humanité avait voulu croire qu’il était possible d’imposer des limites à la violence des États. Même dans la guerre, disait-on, certaines lignes ne devaient jamais être franchies.
Certes, ce système n’a jamais été parfait. Les grandes puissances l’ont souvent contourné, et le droit de veto au Conseil de sécurité a régulièrement paralysé les institutions censées le défendre. Pourtant, malgré ses failles, il existait au moins un langage commun : celui du droit, qui permettait de nommer les crimes, de protéger les civils et de rappeler que la force ne devait pas être l’unique loi des relations internationales.
Un édifice qui vacille
Aujourd’hui, ce fragile édifice semble vaciller. Le véritable vaincu de cette guerre n’est pas seulement l’une des parties engagées sur le terrain : c’est le droit international lui-même. Non pas parce qu’il est violé — il l’a souvent été dans l’histoire — mais parce que sa violation se déroule désormais presque sans conséquence politique. Lorsque les règles sont bafouées sans que les institutions censées les défendre puissent agir, ce ne sont pas seulement des principes abstraits qui s’effondrent : c’est la crédibilité même de l’ordre international.
Tout cela survient à peine quelques mois après le génocide des Palestiniens de Gaza et la destruction barbare de leurs villes, de leurs villages et de leurs camps. Ceux qui s’attendaient à un réveil des consciences découvrent avec stupeur que, pour beaucoup de bien-pensants en Occident, les préoccupations du moment semblent ailleurs : le prix du pétrole, l’état des marchés ou l’organisation des prochaines vacances.
Le Moyen-Orient apparaît ainsi comme un véritable cimetière du droit international. Les principes élaborés au fil de décennies semblent y perdre leur force normative, comme si les tragédies du passé n’avaient rien appris au monde.
La responsabilité morale de cette faillite pèse particulièrement sur les puissances qui s’étaient proclamées gardiennes de cet ordre. La première puissance mondiale, longtemps présentée comme l’architecte et le garant de cet équilibre juridique, donne aujourd’hui le sentiment d’avoir failli à cette mission. Lorsque le défenseur proclamé des règles semble lui-même prêt à les relativiser, le message envoyé au reste du monde est redoutable : pourquoi respecter un droit que ceux qui l’ont façonné paraissent eux-mêmes disposés à contourner ?
La loi de la jungle
Le danger est immense. Si le droit international cesse d’être perçu comme une norme contraignante, il ne restera bientôt qu’un instrument politique, invoqué lorsque cela arrange et oublié lorsque cela gêne. Dans un tel monde, les États les plus puissants imposeront leur volonté, tandis que les plus faibles n’auront d’autre choix que l’alignement ou la résistance désespérée.
Ce serait alors le retour à ce que l’histoire a connu de plus sombre : un système international dominé par la force brute, où la diplomatie ne serait plus qu’un masque posé sur la loi de la jungle.
La question posée par cette guerre dépasse donc de loin le théâtre des combats. Elle engage l’avenir même de l’ordre mondial : le droit international peut-il encore limiter la violence des États, ou n’est-il déjà plus qu’une illusion fragile, survivant dans les discours mais vaincue dans les faits ?