Sommes-nous tous les otages de Donald Trump ?
Avec Donald Trump, les dérapages sont devenus une habitude. À force de décisions hasardeuses, ubuesques et irrationnelles, le monde a fini par ne plus le prendre au sérieux, même si ce qu’il décide et fait exécuter a des conséquences graves voire catastrophiques pour les Etats-Unis et le monde. Mais cette fois, il est allé jusqu’au bout de sa folie : tuer et faire tuer, massivement et sans retenue, ni légale ni morale. Dans un retour à la loi de la jungle.
Dr Abderrahmane Cherfouh *
En s’attaquant à l’Iran, Trump emprunte une voie pour le moins dangereuse et peut-être suicidaire. Cette guerre est un acte irréfléchi. Elle est révélatrice de pulsions qui menacent d’entraîner le Moyen-Orient et le monde vers des catastrophes dont les conséquences seront terribles pour l’humanité.
Avec l’appétit d’expansion et de conquête des Etats-Unis, une fatalité nouvelle semble s’abattre sur les pays pauvres et faibles du Tiers-Monde qui remet en question jusqu’à leur souveraineté acquise au terme de luttes de libération nationale.
L’asservissement global
L’ancien ordre colonial, qui a régi le monde par la voie de l’emprise et de l’administration directe des territoires et des populations, ordre qui a été considéré comme définitivement révolu au lendemain des indépendances, semble se redéployer sous une autre forme à la faveur de la nouvelle conjoncture internationale induite par l’avènement de Trump à la Maison Blanche.
Les prémisses de ce nouvel ordre indiquent que les puissances occidentales, passées presque toutes au garde-à-vous sous la bannière américaine, mettent la planète sous surveillance permanente aux fins de contrôler les faits et gestes des autres nations en mettant sous l’éteignoir l’Onu et en bafouant le droit international, rabrouant même leurs partenaires lorsque ceux-ci tentent timidement de faire valoir la loi, l’éthique ou la raison et ne marchent pas dans la combine concoctée à Washington, à l’instar de l’Espagne et de son brave chef de gouvernement Pedro Sánchez.
Des forces d’intervention rapide et des moyens de frappe hyper-technologiques achèveront de soumettre les volontés récalcitrantes dans n’importe quelle région du monde. Les États-Unis en Irak, en Syrie et récemment au Venezuela (peut-être ce sera bientôt le tour de Cuba) et en Iran, Israël dans les territoires palestiniens, au Liban et en Syrie, la France en Libye -conjointement avec les Etats-Unis- nous ont donné les signes avant-coureurs de ce nouveau dispositif d’asservissement global.
La crise du Moyen-Orient, parce que cette région concentre tous les ingrédients d’une opposition radicale à l’ordre occidental, et l’insoumission de l’Iran, de par sa position géostratégique et ses richesses pétrolières, constituent l’épreuve décisive où se joue aujourd’hui le destin du monde.
La puissance médiatique mise en service de la guerre en Iran et de la dénaturation des données réelles du conflit, de même que les discours uniformes et consensuels de l’Occident -malgré les fausses réserves exprimées de temps en temps pour la forme et pour sauver la face- ont révélé la volonté unilatérale de ce même Occident de régenter le monde, de soumettre les nations et de s’accaparer leurs richesses. C’est là une tendance lourde qui doit nous inquiéter au plus haut point.
Une guerre sans fin ?
Ceci dit, les nouvelles qui nous parviennent du front ne prouvent absolument pas la victoire annoncée à cor et à cri par Trump, l’ami intime du pédo-criminel Epstein et de son acolyte génocidaire Netanyahu sous mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI).
Trump avait initialement prévu une frappe foudroyante au terme de laquelle l’Iran, son gouvernement, son armée et ses infrastructures militaires et industrielles allaient être totalement anéantis en trois à quatre jours, à l’issue desquels le peuple iranien allait enfin se débarrasser des mollahs, accéder à la liberté et initier sa transition démocratique.
Or, trois semaines après, ce scénario tarde à se réaliser et des voix s’élèvent, y compris à Washington, pour critiquer les élans belliqueux de l’homme d’affaires converti en chef de guerre qui a envoyé ses troupes au front sans véritable plan de bataille, tout en mettant la paix et la stabilité mondiales en danger, prenant l’humanité entière en otage.
Face à la plus grande superpuissance mondiale qui, pressée par son propre agenda politique, a hâte de finir le sale boulot et d’anéantir toute résistance, sans y parvenir vraiment, chaque minute, chaque heure et chaque jour de résistance à sa folie furieuse constituent une victoire du peuple iranien qui, au final, décidera de l’issue de cette guerre.
* Médecin.
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