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Tunisie | Le PDL déplore l’incapacité des autorités face aux catastrophes  

23. Januar 2026 um 11:19

Le Parti destourien libre (PDL) a publié, jeudi 22 janvier 2026, un communiqué suite aux bouleversements climatiques « sans précédent et d’une extrême gravité » qu’a connus la Tunisie ces derniers jours et qui ont entraîné des dégâts importants.

Tout présentant ses condoléances aux victimes de ces intempéries et en exprimant sa plus profonde sympathie à leurs familles, le PDL « déplore les importantes pertes matérielles subies par les citoyens dans plusieurs régions du pays » et « appelle les autorités à intensifier leurs interventions et à accélérer la mise en œuvre de toutes les mesures nécessaires pour venir en aide aux victimes et rétablir une vie normale. »

« Les décideurs portent une part importante de la responsabilité des pertes humaines et des dommages considérables causés aux biens privés et publics en raison de leur incapacité à nettoyer les cours d’eau, les canaux d’égouts et les systèmes de drainage des eaux pluviales de manière opportune et efficace », souligne le parti fondé et dirigé par Abir Moussi, qui est incarcérée depuis le 4 octobre 2023 et poursuivie dans plusieurs affaires.  

Le PDL, qui reproche également aux responsables de ne pas avoir sensibilisé les citoyens suffisamment à l’avance à la gravité et au caractère exceptionnel des intempéries survenues, appelle les autorités à «accorder à la question du changement climatique la plus grande importance et la plus grande priorité, et à déployer des efforts diplomatiques pour trouver les ressources nécessaires afin de faire face à ces phénomènes, qui se reproduiront à l’avenir avec une intensité et un danger accrus.»

Le parti appelle également à « accélérer l’achèvement des projets d’infrastructure nécessaires pour contrer la détérioration actuelle de la situation, qui pourrait entraîner des catastrophes plus graves si les choses continuent ainsi. »

Le PDL appelle enfin les citoyens à se montrer solidaires pour faire face à la catastrophe.

I. B.

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Du génie solitaire à l’intelligence collective

23. Januar 2026 um 09:40

Les défis contemporains – changement climatique, révolution numérique, crises sanitaires, urbanisation, raréfaction des ressources – ont atteint un niveau de complexité tel qu’aucune conscience isolée ne peut prétendre les maîtriser. Le progrès est devenu une œuvre collective, distribuée, cumulative. L’intelligence n’est plus une lumière solitaire ; elle est plurielle.

Zouhaïr Ben Amor *

Pendant longtemps, le progrès a été raconté comme l’œuvre de figures exceptionnelles. La science, la philosophie, la technique, voire la politique, se sont construites autour d’un imaginaire puissant : celui du génie solitaire, de l’homme providentiel, capable, par une intuition rare, d’ouvrir des voies que les autres n’auraient ni la capacité ni l’inspiration d’emprunter. Cette vision a profondément structuré la modernité occidentale. Elle a façonné nos systèmes éducatifs, nos modèles de réussite et nos critères de reconnaissance sociale. La notoriété intellectuelle s’y mesure encore largement à l’aune de distinctions individuelles, dont le prix Nobel constitue l’expression la plus emblématique.

Le collectivisme intellectuel

Or, ce modèle est aujourd’hui à bout de souffle. Non parce que l’intelligence individuelle aurait disparu, mais parce qu’elle ne suffit plus. Les défis contemporains – changement climatique, révolution numérique, crises sanitaires, urbanisation, raréfaction des ressources – ont atteint un niveau de complexité tel qu’aucune conscience isolée ne peut prétendre les maîtriser. Le progrès est devenu une œuvre collective, distribuée, cumulative. L’intelligence n’est plus une lumière solitaire ; elle est plurielle.

C’est dans ce contexte que s’impose la notion d’intelligence collective, ou, plus précisément, celle de collectivisme intellectuel : une manière d’organiser la production du savoir, de l’innovation et de la décision en privilégiant le travail du groupe, indépendamment des promotions individuelles et des gratifications personnelles, au profit de l’intérêt général. Cette transformation n’est pas seulement scientifique ou technique ; elle est éducative, politique et profondément philosophique. Pour un pays comme la Tunisie, elle constitue peut-être l’une des clés majeures de son avenir.

Le mythe du génie et ses limites

La modernité occidentale s’est construite sur l’affirmation du sujet autonome. Depuis la Renaissance et les Lumières, l’individu est devenu la mesure de toute chose. Cette émancipation fut une conquête décisive : elle a libéré la pensée des dogmes religieux et des autorités arbitraires. Mais elle a aussi produit un imaginaire particulier : celui du créateur isolé, du savant solitaire, du penseur hors norme.

L’histoire des sciences a longtemps été écrite selon ce modèle héroïque. Newton, Darwin, Einstein ou Pasteur apparaissent comme des figures surgissant presque seules dans un paysage intellectuel réduit à l’arrière-plan. Pourtant, les travaux contemporains en histoire et en sociologie des sciences ont montré combien cette vision est réductrice. Les grandes découvertes sont presque toujours le fruit d’un travail collectif invisibilisé : échanges, controverses, laboratoires, institutions, contextes sociaux et politiques.

Le génie individuel existe, mais il est toujours porté par un milieu. Croire qu’il suffit de former des individus brillants pour assurer le progrès d’une société est une illusion, particulièrement coûteuse pour des pays aux ressources limitées.

Une intelligence devenue collective

La science d’aujourd’hui ne peut plus être pensée sur le modèle du savant solitaire. Les grandes avancées contemporaines – du séquençage du génome humain à la modélisation du climat, de l’intelligence artificielle à la biologie moléculaire – mobilisent des milliers de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens répartis à l’échelle mondiale. Les résultats sont souvent signés collectivement, parfois au nom d’institutions ou de consortiums.

Cette mutation n’est pas idéologique ; elle est structurelle. La complexité impose la coopération. La connaissance progresse par addition de compétences, par confrontation de points de vue, par correction mutuelle. L’intelligence devient distribuée, partagée, parfois anonyme.

Dans ce nouveau paradigme, la question centrale n’est plus : qui est le plus brillant ? Mais : comment organiser efficacement la coopération des intelligences ?

Le modèle chinois : le collectivisme en pratique

La trajectoire de la Chine depuis la Seconde Guerre mondiale illustre de manière exemplaire ce basculement. Partant d’un retard scientifique et technologique considérable, ce pays a fait un choix stratégique fondamental : considérer l’innovation comme un bien collectif.

L’ingénieur chinois ne s’approprie pas la nouveauté comme un capital symbolique personnel. Il la partage, la documente, la transmet. Les innovations circulent rapidement entre universités, centres de recherche et industries. La reconnaissance individuelle existe, mais elle reste subordonnée à la performance du groupe et à la continuité du projet collectif.

Ce modèle tranche avec la culture occidentale du leadership charismatique et de la compétition individuelle. Il explique en grande partie la capacité de la Chine à rattraper, puis parfois dépasser, certaines puissances occidentales dans des domaines stratégiques. Ce collectivisme intellectuel n’est pas la négation de l’individu ; il est l’organisation rationnelle de sa contribution.

Penser ensemble pour transformer la société

L’intelligence collective n’est pas une invention récente. Elle traverse toute l’histoire de la pensée. Le mouvement des Lumières, souvent réduit à quelques grandes figures, fut en réalité un vaste réseau d’échanges, de correspondances et de débats. L’Encyclopédie n’est pas l’œuvre d’un génie solitaire, mais celle d’une communauté intellectuelle mobilisée autour d’un projet commun : diffuser le savoir pour émanciper la société.

La Révolution française elle-même ne fut pas le produit d’un homme providentiel, mais celui d’une maturation collective des idées, rendue possible par la circulation du savoir et l’usage public de la raison.

Fondements philosophiques du collectivisme intellectuel

Chez Spinoza, l’individu n’est jamais une substance isolée. Il est un mode, une expression partielle d’un tout plus vaste. La puissance de penser augmente lorsque les individus s’accordent et coopèrent. L’intelligence collective n’est donc pas une négation de l’individu, mais l’augmentation de sa puissance par le collectif (Éthique).

Kant, dans son texte sur les Lumières, insiste sur l’usage public de la raison : penser librement, mais surtout penser avec les autres, dans un espace de discussion critique. Une société progresse moins par l’éclat d’un génie que par la vitalité de ses débats rationnels.

Chez Henri Bergson, la création s’inscrit dans la durée. Appliquée à la société, cette idée signifie que l’innovation durable n’est presque jamais un éclair isolé ; elle est le fruit d’un temps long, d’une maturation collective et continue.

Enfin, Hans Jonas introduit une exigence décisive : la responsabilité envers les générations futures. Cette responsabilité ne peut être portée par un individu seul. Elle exige une intelligence collective capable d’anticiper les conséquences à long terme de ses choix.

La Tunisie face à l’urgence du collectif

En Tunisie, la question de l’intelligence collective n’est pas abstraite ; elle est urgente. Notre pays ne manque ni de compétences ni d’esprits brillants. Il souffre de leur dispersion, de leur mise en concurrence et de l’absence d’un projet collectif fédérateur. Le système éducatif valorise encore excessivement la réussite individuelle, le classement, la performance isolée.

Le résultat est paradoxal : nous formons des individus performants, mais nous peinons à produire des projets collectifs durables. Beaucoup de talents finissent par s’exiler, non par manque d’attachement au pays, mais faute d’un écosystème capable de donner un sens collectif à leur compétence.

Dans un pays aux ressources limitées, l’intelligence collective n’est pas un luxe ; elle est la seule stratégie réaliste.

Propositions pour un renouveau possible

Premièrement, la coopération doit devenir une compétence enseignée et évaluée dès l’école et l’université. Le travail collectif ne peut plus être un simple exercice annexe.

Deuxièmement, il faut briser les cloisonnements disciplinaires. Les grands défis nationaux – eau, énergie, urbanisme, santé – exigent des équipes mêlant ingénieurs, biologistes, sociologues, philosophes et architectes.

Troisièmement, la réussite sociale doit être redéfinie. Il est urgent de valoriser les équipes, les projets collectifs et les résultats partagés, plutôt que les seules trajectoires individuelles.

Enfin, la recherche nationale doit être pensée comme un réseau coopératif, où les institutions travaillent en complémentarité plutôt qu’en concurrence.

Le monde contemporain n’a plus besoin de génies solitaires, mais de communautés intelligentes. Pour la Tunisie, le collectivisme intellectuel n’est pas une option idéologique ; il est une condition de survie et de renouveau.

Former à penser ensemble, c’est déjà commencer à se relever.

Bibliographie sélective :

  • Spinoza, Éthique, Seuil.
  • Kant, Qu’est-ce que les Lumières ?, GF Flammarion.
  • Bergson, L’Évolution créatrice, PUF.
  • Jonas, Le Principe responsabilité, Flammarion.
  • Latour, Science in Action, Harvard University Press.
  • Merton, The Sociology of Science, University of Chicago Press.
  • Lévy, L’Intelligence collective, La Découverte.
  • Morin, Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, Seuil.
  • Dewey, Democracy and Education, Free Press.
  • Naughton, The Chinese Economy: Adaptation and Growth, MIT Press.

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Tunisie | Inondations, fragilités et turbulences économiques

23. Januar 2026 um 09:08

Quand la réalité déborde tandis que l’on se rassure par des discours vides : le 20 janvier 2026, alors que la Tunisie subissait des inondations d’une ampleur exceptionnelle, le One Business Forum se tenait au Palais des Congrès à Tunis. À l’intérieur, le pays se montrait sous son jour préféré : rationnel, ambitieux, maîtrisé. Costumes bien taillés, discours calibrés, mots-clés familiers : croissance, investissement, vision, résilience. Mais dès l’appel initial, une vérité s’imposait : le forum s’est ouvert sur un appel direct au pouvoir exécutif et législatif. Yassine Gouiaa, président de l’Organisation nationale des entrepreneurs, a donné le ton en appelant à sortir du registre du discours pour entrer dans celui de la décision, de la structuration et de l’action coordonnée. (Ph. La Tunisie qui tchatche, et la Tunisie qui coule).

Manel Albouchi  

Un autre point frappant : l’absence de la ministre des Finances remplacée par la ministre de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes âgées révélait, par contraste, une priorité sur la protection du fragile plutôt que sur la structuration économique. 

À l’extérieur, la réalité était brutale : les égouts débordaient, les routes devenaient des veines congestionnées, des quartiers entiers se transformaient en bassins d’eau usée. Les citoyens progressaient dans l’eau et la boue, dignité trempée.  

Débattre de l’avenir pendant que le présent coule

Deux scènes, un seul pays. Entre elles, un clivage psychique : débattre de l’avenir pendant que le présent déborde. 

Cette dissonance n’est pas accidentelle : elle traduit une difficulté collective à faire dialoguer projection économique et réalité sociale, planification abstraite et vulnérabilité concrète. 

Les inondations n’ont pas seulement causé des dégâts matériels. Elles ont mis à nu des infrastructures insuffisantes, des zones périphériques oubliées et une anticipation des risques défaillante. L’eau ne crée pas la faille : elle la révèle. 

Lorsque des rues deviennent des rivières et que des maisons se retrouvent piégées, ce n’est pas la nature seule qui déborde : c’est un système entier qui montre ses limites. Et dans une Tunisie déjà marquée par la fatigue sociale, l’incertitude économique et la tension politique, la violence de ces pluies révèle la fragilité collective et la vulnérabilité psychique du pays. 

Un pays en mode survie

À l’intérieur du forum, les projets présentés reflètent cette réalité : pâtisserie traditionnelle, artisanat alimentaire, micro-entreprises familiales affichent des bénéfices tangibles et immédiats, plus que nombre de start-ups innovantes. Ces initiatives répondent à un réel concret : produire, vendre, nourrir. 

À l’inverse, l’innovation reste suspendue à l’exportation : huile d’olive, dattes, labels… dans un contexte où complications douanières, logistique fragile et absence de vision intégrée rendent ces paris incertains. La Tunisie peine encore à transformer son capital humain en valeur enracinée. 

Toute politique économique est aussi une politique du désir. Ce que l’on finance, ce que l’on valorise ou ce que l’on abandonne révèle moins une stratégie rationnelle qu’un imaginaire collectif : celui d’un pays qui privilégie la survie immédiate quand il n’arrive plus à se représenter dans le temps long. 

Une économie imbriquée dans un monde clivé 

L’intervention de Nizar Yaïche, ancien ministre des Finances, a rappelé que l’économie tunisienne est profondément imbriquée dans l’économie mondiale. Mais le monde traverse une phase de déséquilibre majeur. 

Les États-Unis, engagés dans un retour au rapport de force, se détachent des cadres du droit international. 

La Chine affiche un excédent commercial record, fruit d’une stratégie méthodique. 

L’Europe, fragilisée par les tensions géopolitiques et le vieillissement démographique, peine à maintenir son équilibre. 

La France, premier partenaire économique de la Tunisie, voit l’intérêt des investisseurs pour la dette à long terme décliner. 

Ces dynamiques ne sont pas extérieures à la Tunisie : elles la traversent, la secouent et la contraignent. 

Nizar Yaïche a souligné les grandes tendances mondiales : bipolarité sino-américaine, fragmentation commerciale, instabilité au Moyen-Orient, changement démographique, crise climatique, endettement massif des États et montée de l’intelligence artificielle. Ce monde clivé menace non seulement les emplois, mais aussi le sens même du travail et la place de l’humain dans l’économie.  

Les ondes de choc des grands blocs 

Dans le face-à-face Chine-États-Unis, les puissances majeures semblent presque intouchables. Leur force économique, militaire et technologique leur permet de naviguer les crises sans subir de turbulences immédiates. 

Mais les puissances moyennes et petits États, comme la Tunisie, sont les récepteurs des ondes de choc : hausse des prix, instabilité financière, pressions géopolitiques, perturbations commerciales, dépendances stratégiques. 

C’est comme lorsque deux courants d’air gigantesques se rencontrent dans l’atmosphère : les masses elles-mêmes restent stables, mais les rafales se propagent loin, frappant les zones vulnérables en aval. La Tunisie est balayée par ces vents invisibles, sentant les secousses d’un monde où les grands blocs dictent la trajectoire, tandis que les petits subissent les remous. 

Logocratie, souveraineté et nouvelles ingérences 

Un autre point central abordé fut la logocratie : le pouvoir du discours, de l’information et de l’algorithme. Dans un monde où la souveraineté se joue moins sur les frontières physiques que sur la capacité à produire, maîtriser et interpréter ses propres données, un pays sans contrôle numérique ne décide plus : il réagit. 

Parmi les solutions proposées : le corridor énergétique via la Méditerranée centrale, pour inscrire la Tunisie dans les flux stratégiques mondiaux ; et l’exportation de compétences, présentée comme levier financier et diplomatique. 

Mais, derrière ces solutions rationnelles, subsiste une réalité inconfortable : alors que d’autres nations exportent produits et technologies, exporter ses forces vives reste la principale stratégie du pays, une forme polie et contractualisée de servitude économique. 

Au même moment, au Forum économique mondial, Mark Carney soulignait que le monde est en rupture, et non en simple transition. Les grandes puissances utilisent l’intégration économique comme un instrument de coercition. Mais des pays comme le Canada peuvent et doivent construire un nouvel ordre fondé sur nos valeurs : respect des droits humains, développement durable, solidarité, souveraineté et intégrité territoriale.  

La solidarité n’est pas seulement une vertu morale, c’est une stratégie de survie. Pour la Tunisie, agir ensemble, construire des alliances locales ou régionales, devient vital. Isolée, elle reste vulnérable aux turbulences. 

Construire l’arche : un impératif national 

Si les États-Unis, la Chine et l’Europe existent comme blocs, ce n’est pas seulement pour défendre des intérêts : c’est par solidarité structurelle. Ils se protègent et se projettent ensemble. 

Sans cohérence interne, on ne peut bâtir des alliances externes solides. La Tunisie, fragmentée, doit tisser ses ponts : renforcer les liens locaux, en identifiant les zones vulnérables, en protégeant chacun et en faisant circuler l’information et les ressources ; connecter les acteurs économiques, en partageant savoir-faire et innovation pour que la réussite de l’un profite à tous et que le capital humain devienne un moteur durable de croissance ; et renforcer la cohésion sociale et psychique, en reconnaissant la peur et l’incertitude, pour transformer ces fragilités en actions collectives capables de soutenir le pays face aux crises. 

Construire l’arche, ce n’est pas seulement une réponse économique ou politique. C’est un travail psychique collectif : accepter de regarder ce qui déborde, ce qui fissure, ce qui effraie, pour cesser de colmater par des discours et commencer à transformer par du lien. Car un pays ne s’effondre jamais d’un manque de ressources, mais d’un manque de cohérence entre ce qu’il vit, ce qu’il dit et ce qu’il ose devenir. 

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L’Arabie saoudite écrase les sécessionistes yéménites soutenus par les Émirats

23. Januar 2026 um 08:35

Les Saoudiens ont donné une fessée aux Émiratis au Yémen. La métaphore n’est pas exagérée puisque les Saoudiens ont écrasé les sécessionistes du sud et leur chef Aïdarous al-Zoubaïdi, homme lige des Émirats au Yémen. Convoqué à Riyad, il a préféré prendre la fuite pour Abou Dhabi. Le vaudeville de Zoubaïdi et ses sbires marque une déroute géopolitique pour les Émirats et une victoire pour l’Arabie saoudite qui est déterminé à limer les ongles de son rival et de l’exclure de ses sphères d’influence notamment dans la Corne de l’Afrique. (Ph. Des partisans d’un mouvement séparatiste yéménite se rassemblent à Aden, au Yémen, le 16 janvier, pour protester contre les forces pro-saoudiennes dans la région. L’un d’eux brandit une photo du chef séparatiste Aidarous al-Zoubaidi.)

Imed Bahri

Le Los Angeles Times a publié une analyse de Nabih Bulos sur la crise saoudo-émiratie au Yémen considérant que l’aide apportée par les Émirats arabes unis pour exfiltrer le chef séparatiste du Sud reflète une divergence de politiques entre deux pays considérés comme parmi les plus importants alliés des États-Unis au Moyen-Orient. 

Alors qu’Aïdarous al-Zoubaïdi était bloqué à l’aéroport d’Aden à l’invitation de l’Arabie saoudite, il ne pouvait –mais désirait ardemment– ​​refuser. Il tenta de gagner du temps, examinant minutieusement les détails du protocole, ce qui retarda le départ de l’avion du Yémen de plusieurs heures.

La poudre d’escampette

Al-Zoubaïdi, qui dirige un groupe séparatiste soutenu par les Émirats mais en conflit avec l’Arabie saoudite, savait que ce qui l’attendait à Riyad ne lui conviendrait pas, et il continua donc de tergiverser. Puis il reçut un appel l’informant que le plan d’évasion était prêt.

Al-Zoubaïdi s’enfuit précipitamment, emmenant avec lui cinq de ses principaux collaborateurs, vers une base militaire à Aden. De là, il a organisé deux convois de diversion, puis s’est rendu en voiture à la côte voisine, sous la surveillance d’un drone émirati. Au petit matin, il embarquait à bord d’un navire à destination de la Somalie, d’où il s’est envolé pour Abou Dhabi, la capitale des Émirats.

L’évasion d’Al-Zoubaïdi ce mois-ci, dont les détails ont été confirmés par des responsables basés à Aden, des milices, des dockers et par des déclarations indignées de responsables militaires saoudiens, a marqué un tournant dans un conflit de plus en plus âpre entre deux des plus importants alliés des États-Unis au Moyen-Orient, un conflit qui remet en question l’existence même du Yémen, tout en menaçant d’aggraver les souffrances d’une population déjà confrontée à l’une des pires crises humanitaires au monde.

« Je n’ai jamais vu les Saoudiens aussi en colère. C’est indéniable », a déclaré Mohammed Al-Basha, expert basé aux États-Unis et fondateur d’Al-Basha Report, un cabinet de conseil américain spécialisé dans la gestion des risques au Moyen-Orient et en Afrique, cité par le journal américain.

Les Saoudiens estiment que les Émirats n’ont pas joué un rôle de médiateur impartial au Yémen et au-delà, et ils se sentent trahis.

Alliés proches ou adversaires acharnés

Le Los Angeles Times ajoute que ce différend, né de profondes divergences géopolitiques et commerciales qui ont transformé Riyad et Abou Dhabi, d’alliés proches à rivaux puis à adversaires acharnés, a tendu les relations au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie du Sud-Est. La concurrence entre les deux plus grands producteurs et exportateurs d’énergie au monde risque de perturber les marchés et les investissements et de compromettre les projets du président américain qui considère ces deux pays comme des partenaires clés en matière de commerce et de diplomatie.

Les tensions se sont considérablement exacerbées le mois dernier lorsque le Conseil de transition du Sud (CTS), dirigé par Aïdarous al-Zoubaïdi, a pris le contrôle d’une grande partie du sud du Yémen, auparavant contrôlé par le gouvernement yéménite internationalement reconnu, et semblait prêt à proclamer un État sécessionniste dans cette région riche en ressources.

L’offensive a pris Riyad au dépourvu car l’Arabie saoudite s’était alliée à Abou Dhabi il y a plus de dix ans dans une campagne militaire dévastatrice contre les Houthis, la faction soutenue par l’Iran qui avait pris le contrôle de la capitale yéménite, Sanaa, en 2014.

Le CTS, formé en 2017 pour promouvoir un État indépendant dans le sud du Yémen et soutenu par les Émirats, a rejoint la campagne contre les Houthis en 2022 aux côtés du gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite. Cependant, les lignes de front sont restées globalement inchangées jusqu’à la récente avancée du CTS. L’Arabie saoudite semblait initialement se satisfaire du pari du CTS de s’emparer de davantage de territoire, y compris une zone limitrophe de son propre territoire. Cependant, elle lança rapidement des frappes aériennes contre ce qu’elle prétendait être une cargaison d’armes émiraties destinées aux séparatistes (accusation que les Émirats ont démentie), suivies d’une offensive rapide et brutale qui chassa le CTS de tout le territoire qu’il contrôlait, permettant aux forces gouvernementales de s’emparer de son bastion à Aden.

Parallèlement, le gouvernement yéménite exigea que les Émirats mettent fin à leur présence militaire dans le pays. Les séparatistes étant presque totalement vaincus, l’Arabie saoudite convoqua –ou, selon certains témoignages, ordonna– à al-Zoubaïdi et à plus de 50 autres délégués du CTS à Riyad pour discuter de l’avenir du Yémen du Sud. Al-Zoubaïdi avait de bonnes raisons de craindre l’emprisonnement ou au moins une reddition forcée, et c’est pourquoi il s’est enfui. L’Arabie saoudite le qualifie désormais de « fugitif », tandis que le gouvernement yéménite l’accuse de haute trahison.

Le lendemain, le délégué du CTS à Riyad est apparu à la télévision d’État yéménite pour annoncer la dissolution du Conseil. De nombreux membres du Conseil, hors d’Arabie saoudite, ont contesté la validité de cette décision, la jugeant prise sous la contrainte et sous la pression de l’Arabie saoudite qui retenait la délégation en otage. Cependant, dimanche, les membres du Conseil à Riyad ont participé, avec d’autres personnalités politiques yéménites, à une réunion présentée comme « consultative » sur l’avenir du Yémen du Sud, une initiative qui vise, selon les observateurs, à nier toute coercition de la part de Riyad.

Une force déstabilisatrice

Le Los Angeles Times souligne qu’au cœur du différend entre l’Arabie saoudite et les Émirats réside une divergence de vision entre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohammed ben Zayed. Dès sa nomination au poste de ministre saoudien de la Défense en 2015, Ben Salmane a adopté une politique étrangère offensive, marquée notamment par une offensive infructueuse contre les Houthis et l’enlèvement du Premier ministre libanais Saad Hariri. En 2017, l’Arabie saoudite s’est alliée aux Émirats et à Bahreïn pour imposer un blocus de quatre ans au Qatar. Toutefois, son approche a évolué depuis, privilégiant la stabilité régionale au nom de la prospérité économique.

Les Émirats, quant à eux, se sont révélés être une force déstabilisatrice. Non contents d’avoir normalisé leurs relations diplomatiques avec Israël durant le premier mandat du président Trump, violant ainsi les conditions posées de longue date par l’Arabie saoudite pour parvenir à une paix arabe globale avec Israël, ils ont consacré la dernière décennie à bâtir un réseau de groupes armés, de bases militaires, de ports et d’actifs secrets en mer Rouge et à travers l’Afrique, menaçant les gouvernements de nombreux pays.

Cela est particulièrement flagrant au Soudan, où l’opposition critique le soutien apporté par les Émirats aux Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire accusé de génocide durant la guerre civile. Les Émirats nient toute assistance aux FSR, affirmant que leur objectif est de préserver l’intégrité territoriale du Soudan, malgré des preuves accablantes du contraire.

Depuis le début de la crise yéménite, l’Arabie saoudite et les Émirats se livrent à une violente guerre médiatique. Influenceurs et journalistes s’échangent des accusations sur les réseaux sociaux, tandis que les chaînes d’État diffusent des reportages biaisés. Lundi, l’Arabie saoudite a organisé une visite de presse à Mukalla, ville portuaire du sud du Yémen, où le gouvernement yéménite a accusé les Émirats de gérer une prison secrète. Ailleurs dans la région, les relations et les alliances connaissent une restructuration rapide.

Déloger les Émiratis  

Peu après la fuite d’al-Zoubaïdi, le gouvernement somalien a annoncé la suspension de sa coopération sécuritaire et commerciale avec les Émirats, notamment la concession accordée au géant portuaire émirati DP World d’opérer depuis le port de Berbera, port par lequel al-Zoubaïdi s’était enfui. Les observateurs ajoutent que les Émirats ont apparemment perdu leurs droits de survol militaire de l’Égypte, du Soudan et de l’Arabie saoudite. L’administration de l’aéroport d’Al-Kufra en Libye, qui était devenu un maillon essentiel de la chaîne logistique des Émirats vers leurs alliés soudanais, a annoncé sa fermeture pour un mois. Tandis que l’Arabie saoudite s’efforce de démanteler le réseau militaire des Émirats, elle met simultanément en place le sien.

Le journal américain cite un responsable somalien, ayant requis l’anonymat pour évoquer la dynamique régionale, selon lequel l’Arabie saoudite envisage une alliance militaire avec l’Égypte et la Somalie, et que les autorités saoudiennes ont fait pression sur le Somaliland pour empêcher Israël d’établir des bases militaires sur son territoire. La Turquie réalise également des progrès significatifs dans ses relations avec l’Arabie saoudite, un changement radical par rapport à la position de ces deux rivaux acharnés. Riyad prévoit d’acheter des avions de chasse chinois au Pakistan pour équiper le Yémen.

Parallèlement, l’Arabie saoudite s’efforce de réduire l’influence émiratie au Yémen.

Des commandants militaires à Aden ont déclaré au Los Angeles Times que Riyad avait accepté de prendre en charge les salaires de tous les combattants, soit environ 80 millions de dollars par mois.

Des personnalités politiques soutenues par les Émirats arabes unis ont également été écartées du Conseil présidentiel yéménite et remplacées par des personnes plus favorables à l’Arabie saoudite.

Le journal américain ajoute qu’il est difficile de prévoir si les Émirats accepteront de perdre leur influence au Yémen après la défaite du Conseil de transition du Sud. Al-Basha a déclaré : « Les Émirats arabes unis semblent actuellement privilégier le soft power dans le sud-ouest du Yémen, comme ils l’ont fait au Somaliland. La question demeure : cela se traduira-t-il, à terme, par un soutien à une insurrection armée? ».

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Gestern — 22. Januar 2026Haupt-Feeds

Sauvons Sidi Bou Saïd de l’érosion marine !

22. Januar 2026 um 14:09

Certaines parties de Sidi Bou Saïd, notamment les flancs de la colline sur laquelle ce village arabo-andalou est édifié, ont été très affectées par les fortes pluies tombées ces derniers jours. Les dégâts sont importants, malgré les nombreux avertissements lancés par les experts pour atténuer la pression humaine et mécanique sur ce site très fragile. Face aux récents dégâts, les autorités locales ont annoncé la fermeture temporaire de certains axes routiers afin de préserver la sécurité des personnes et des biens. Mais il faut des solutions plus durables, estime l’auteur qui fait des propositions pratiques pour sauver ce qui reste encore à sauver.   

Nébil Maghraoui *

Argile et roches sédimentaires constituant la nature même du flanc maritime de Sidi Bou Saïd que l’érosion marine a érodé et continue d’éroder lentement mais sûrement !

Flanc reposant sur un socle de roches éruptives mais roche fracturée au niveau de son axe. C’était l’objet de la conférence et de l’exposé organisé à Beït al Hikma à Carthage par Le géologue et l’expert Mohamed Mellouli il y a plus de 25 ans avec maquette pour simuler aux présents la configuration d’une éventuelle catastrophe.

Parmi les recommandations pour éviter la catastrophe, on peut citer l’interdiction de toute action pouvant fragiliser la colline (du côté flanc maritime Chargui) par l’écoulement des eaux utilisés des piscines, et de toute construction en béton armé au village et toute édification sur le flanc maritime, ainsi que la mise en place de fossés de drainage autour du village, la plantation d’acacias surtout pour remplacer toutes plantations hautes, etc. 

Ce diagnostic fut confirmé par feu Fathi Ennaïfer (ingénieur et ex-directeur de l’urbanisme) lors de l’élaboration des propositions pour un nouveau plan de circulation à Sidi Bou Said par l’Association Vigilance et citoyenneté. Ses recommandations furent les suivantes : la maîtrise du flux humain et du flux mécanique, le contrôle sévère des constructions, l’interdiction de circulation des bus, engins et camions, et l’entretien des canaux de drainage.

En définitive, il faut soulager le village de Sidi Bou Saïd de la pression des engins de toutes sortes mais aussi de toute pression humaine non contrôlable et non contrôlée. Partout dans le monde, des mesures sont prises pour protéger les sites, villes et villages qui sont la proie du surtourisme. Mais pas en Tunisie où il reste beaucoup à faire dans ce domaine.

Par conséquent, je propose de faire de Sidi Bou Saïd un village piéton pour tous les visiteurs pendant certaines périodes de grands flux humains ; de réglementer et peut-être interdire tout flux de cortèges privés de voitures de mariages dans les espaces privés et non qualifiés pour accueillir ce genre de cortèges ; d’interdire le stationnement et même la circulation aux non-résidents sur la route de Chargui (avenue Kennedy) ; et, last but not least, d’établir un nouveau plan de circulation surtout pendant les périodes de pointe.

* Habitant de Sidi Bou Saïd, fondateur et ancien président de l’Association Vigilance et Citoyenneté.

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Takelsa | Des manifestants coupent la route à Zangou

22. Januar 2026 um 13:35

Les habitants du village de Zangou, délégation de Takelsa, gouvernorat de Nabeul, ont bloqué la route régionale, ce jeudi matin, 22 janvier 2026, pour protester contre leur isolement dû à l’effondrement d’un pont suite aux récentes averses et à la montée des eaux dans les rivières.

C’est ce qu’a annoncé Diwan FM, ajoutant que les manifestants ont indiqué que le pont menant à la route principale avait été emporté par les eaux, isolant complètement la zone. Quelque 14 personnes souffrant d’insuffisance rénale vivent dans le village et ont des difficultés à se déplacer et à se rendre aux centres de dialyse en raison du manque de moyens de transport, ont-ils expliqué.

Mohamed Ali Rattazi, membre du conseil local de Takelsa, a déclaré que les habitants avaient bloqué la route pour protester contre le manque de réactivité des autorités compétentes et l’absence de mesures pour les sortir de leur isolement.

Rappelons que le village de Zangou a été complètement isolé après les inondations de samedi et dimanche au Cap Bon, les habitants ayant été encerclés par les eaux et la boue et toutes les pistes agricoles menant au village défoncées et gorgées d’eau.

Etant donné l’état calamiteux de la plupart des infrastructures publiques et des destructions causées par les inondations enregistrées dans plusieurs régions du pays, en raison des fortes pluies tombées ces derniers jours, les autorités doivent s’attendre à la multiplication de ce genre d’actions de protestation de la part des populations, notamment celles enclavées ou manquant de l’essentiel vital.

I. B.   

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Le parti Tunisie en avant déplore la lenteur des réformes

22. Januar 2026 um 13:10

Le mouvement ‘Tunisie en avant’ a souligné, dans un communiqué publié ce jeudi 22 janvier 2026 et cité par Diwan FM, les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des objectifs du « 25-juillet », par allusion au processus politique engagé par le président de la république Kaïs Saïed par la proclamation de l’état d’exception le 25 juillet 2021.

Ce parti plutôt marginal, qui s’est distingué depuis sa création par son soutien au président Saïed, a déploré, notamment, la lenteur de la mise en œuvre des mesures prises pour remédier à la précarité de l’emploi, estimant que plusieurs autres mesures annoncées ne font que soulever des questions sans annoncer de décisions claires pour les résoudre dans le cadre d’un programme de réforme global des systèmes de sécurité sociale.

Selon ‘Tunisie en avant’, parti fondé et conduit par l’ancien secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) connu pour ses opinions de gauche radicale, les problèmes posés par le système d’assurance maladie ne peuvent être résolus par des solutions ponctuelles ou provisoires qui ne garantissent ni efficacité ni pérennité, et il en va de même pour les questions liées aux problèmes du transports et de l’environnement, comme la pollution industrielle à Gabès.

Le mouvement a aussi indiqué que les réformes dans les divers secteurs restent subordonnées à une réforme fondamentale et globale du système éducatif, laquelle réforme a été, selon lui, retardée malgré les dispositions la concernant dans la Constitution de 2022, promulguée par Saïed, et la publication de textes régissant sa structure et son fonctionnement.

Dans le même communiqué, le mouvement a également souligné la nécessité de mettre en place une Cour constitutionnelle et un Conseil supérieur de la magistrature, et d’abroger le décret-loi n° 54 jugé liberticide, notamment par les journalistes et les acteurs politiques et de la société civile, dont beaucoup sont incarcérés sur la base de certaines de ses stipulations censées combattre la désinformation et la diffamation.

I. B.

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Teboulba | Découverte du corps de l’un des 4 pêcheurs naufragés    

22. Januar 2026 um 12:41

Adnen Naqbi, président du syndicat des pêcheurs de Teboulba, a confirmé la nouvelle de la découverte du corps de l’un des quatre pêcheurs portés disparus depuis lundi soir après le naufrage de leur bateau, dû aux intempéries ayant touché les côtes tunisiennes ces derniers jours. (Photo : Port de pêche de Teboulba).

Le corps a été découvert ce matin du jeudi 22 janvier 2026 flottant au large de l’île de Kuriat, à Monastir, et les équipes de secours, appuyées par des hélicoptères, poursuivent les recherches des trois autres pêcheurs disparus, a ajouté le responsable syndical.

Pour rappel, l’un des pêcheurs avait réussi à rejoindre l’île de Kuriat à la nage après le naufrage de l’embarcation. Il a été évacué hier et est actuellement sous observation médicale à l’hôpital Fatouma Bourguiba de Monastir.

I. B.

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Tendances financières dans le sport | Les chiffres de la saison 2026

22. Januar 2026 um 11:24

En 2026, le sport est devenu une industrie où l’émotion se mesure sans se réduire. Derrière chaque action décisive, il y a des revenus de diffusion, des contrats de sponsoring, des masses salariales, des clauses, des primes de performance et des calendriers qui pèsent sur la rentabilité comme sur les jambes. Les tribunes réagissent au spectacle, mais les directions vivent au rythme d’un autre tableau : prévisions de trésorerie, coûts d’exploitation, exposition au risque, valeur de marque et capacité à transformer une audience en revenus récurrents.

La nouveauté, ce n’est pas que l’argent circule, mais la manière dont il s’appuie désormais sur les données. Les matchs produisent des kilomètres parcourus, des vitesses, des zones de pression, des séquences de possession, des probabilités de tir, des historiques d’efficacité. Ces chiffres ne servent pas seulement aux entraîneurs : ils nourrissent des plateformes de contenu, structurent des négociations, sécurisent des partenariats et alimentent des marchés où l’information se « price » en temps réel. La cote, par exemple, devient un thermomètre : elle ne dit pas la vérité d’un match à venir ; elle dit ce que le marché croit savoir et ce qu’il refuse encore de croire.

Comprendre les tendances financières du sport, c’est donc apprendre à lire ces couches superposées : l’argent long des droits médias, la fragilité d’une saison ratée, la valeur d’une donnée certifiée, la place du capital-investissement et les garde-fous d’intégrité qui conditionnent la confiance. Au fond, le sport reste un récit. Simplement, ses chapitres se négocient, se mesurent et se modélisent, et c’est là que l’analyse rejoint la finance.

L’argent long qui organise le jeu

Les droits de diffusion restent la charpente. La Premier League a annoncé que la vente de ses droits « live » au Royaume-Uni pour le cycle 2025-2029 représente 6,7 milliards de livres sur quatre ans. Dans la NBA, la ligue a officialisé en juillet 2024 des accords de 11 ans avec Disney, NBCUniversal et Amazon Prime Video, couvrant les saisons jusqu’en 2035-36. Ces horizons stabilisent les budgets, mais déplacent la bataille vers la distribution numérique, la fragmentation des audiences et la capacité à retenir l’attention sur plusieurs écrans.

Les grands clubs

Le football européen offre une image nette de cette diversification. Le Deloitte Football Money League 2025 indique qu’en 2023-24, les 20 clubs les plus générateurs de revenus ont cumulé 11,2 milliards d’euros, un record. Reuters souligne que le Real Madrid a franchi le milliard d’euros en 2023-24, porté par une hausse des recettes de jour de match et de recettes commerciales. La leçon financière est simple : les clubs les plus solides ne dépendent pas d’une seule ligne de revenus et amortissent un mauvais résultat sportif grâce à la solidité commerciale et à la maîtrise des coûts.

La donnée comme actif

La donnée de performance est devenue un actif parce qu’elle est standardisée et vérifiable. La Fifa encadre la qualité des systèmes EPTS (tracking optique et dispositifs portés) et décrit des tests visant à quantifier l’exactitude de ces dispositifs. Côté industrie, les ligues vendent des flux officiels à des partenaires. La NFL a prolongé son partenariat avec Genius Sports autour de la distribution de données officielles et de produits liés au visionnage, preuve que la donnée pèse autant que l’image, car elle alimente l’analyse en direct et les usages liés aux paris.

La cote comme prix de l’information

Une cote ressemble à un prix : elle condense un état de l’information et une estimation du risque. Investopedia rappelle que les cotes impliquent une probabilité et intègrent une marge, ce qui explique qu’elles ne constituent pas une prédiction neutre.

Cette logique de probabilités explicites ne concerne pas uniquement les paris sportifs traditionnels. Elle structure aussi d’autres formats de jeux en ligne fondés sur le calcul et la transparence des règles, comme le keno live Maroc, où le hasard est encadré par des mécanismes mathématiques stables et compréhensibles.

Les paris sportifs, comme ces jeux à tirage, peuvent rester une pratique positive lorsqu’ils valorisent la lecture de l’information forme, calendrier, absences, dynamiques plutôt que la recherche d’une émotion brute. Envisagés comme un loisir encadré, les casinos en ligne prolongent cette culture du choix et de la gestion du risque, à condition de rester proportionnés, conscients et maîtrisés.

L’investisseur entre dans la tribune

L’arrivée du capital modifie la gouvernance. En rugby, CVC Capital Partners a acquis une participation d’environ 14 % dans Six Nations Rugby, symbole d’une lecture « active » appliquée à une compétition historique. L’objectif devient d’augmenter la valeur sur la durée : une distribution mieux structurée, des partenariats mieux monétisés, des contenus plus exportables. En contrepartie, la réputation devient une variable financière : un soupçon d’intégrité se traduit par des audiences plus faibles, des sponsors plus prudents et des négociations plus dures.

Tendances 2026

Plus les revenus s’appuient sur les données et les marchés, plus l’intégrité devient stratégique. En 2025, la NCAA a conclu un accord officiel sur les données et les logos via Genius Sports, assorti d’exigences d’intégrité et de restrictions sur certains paris, ce qui illustre un mouvement vers davantage de garde-fous. Pour lire 2026 avec une boussole simple, trois signaux comptent :

  • prix par match des droits médias, baromètre de l’attention;
  • part des revenus récurrents (données, partenariats longs) ;
  • écart entre la croissance des revenus et l’inflation des coûts sportifs.

À retenir : les chiffres n’effacent pas le sport ; ils expliquent pourquoi certaines histoires tiennent debout. Une économie solide permet à l’émotion de revenir, saison après saison.

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Donald Trump « clashe » l’Europe, qui se rebiffe !

22. Januar 2026 um 10:00

Face au refus de plusieurs pays européens que Donald Trump procède à l’annexion du Groenland, territoire danois, le président américain a évoqué de nouveaux droits de douane de 10% à partir du 1er février qui pourraient monter à 25% au 1er juin en représailles contre ces pays. Et mardi 20 janvier 2026, face au refus d’Emmanuel Macron d’intégrer le Conseil de la paix qui a vocation à remplacer l’Onu, Trump s’en est pris à son homologue français avec les mots d’un rappeur qui clashe un autre : « Personne ne veut de lui, il ne sera plus là très bientôt. Je vais mettre 200% [de droits de douane] sur les vins et champagne français ». Face à une Europe jusque-là faible et molle, le tonitruant président américain qui adore la castagne n’arrête pas de cogner. (Ph. Trump défie les Européens à Davos, Suisse).

Imed Bahri

Dans une analyse publiée par Politico, Tim Roy affirme que les menaces persistantes du président Trump d’annexer ou d’acheter le Groenland poussent l’Europe vers une rupture irréversible avec les États-Unis. Il suggère que l’Otan serait la première victime des ambitions expansionnistes de Trump et que s’ensuivrait une sorte d’alliance de nations consentantes.

Roy ajoute que le retour de Trump à la Maison-Blanche, il y a un an, a été marqué par de profonds désaccords, des tensions latentes et des tentatives de sauver les apparences.

Pour de nombreux gouvernements européens, y compris les plus anciens et les plus fidèles alliés des États-Unis, la menace de Trump d’imposer des droits de douane punitifs à quiconque tenterait de l’empêcher d’annexer le Groenland a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, amenant les pays européens à considérer la séparation comme désormais inévitable.

Lors de réunions privées, des responsables européens exaspérés par la volonté de Trump d’annexer ce territoire danois bénéficiant d’un statut d’autonomie l’ont qualifiée de « délirante » et d’« irresponsable », se demandant s’il n’avait pas renoué avec ses « tendances belliqueuses » après son aventure vénézuélienne. Ils ont estimé qu’il méritait la réponse européenne la plus ferme possible face à ce que beaucoup considéraient comme une attaque manifeste et injustifiée contre ses alliés historiques.

Des lignes rouges outrepassées

L’auteur cite un diplomate européen qui a déclaré : « Je pense qu’ils ont perçu cela comme une réaction excessive. L’Europe est critiquée depuis longtemps pour sa faiblesse face à Trump et il y a une part de vérité là-dedans mais il y a des lignes rouges ».

Un sentiment grandissant se dégage parmi les hauts responsables européens : il est temps d’affronter la réalité, à savoir que l’Amérique, sous Trump n’est plus un partenaire commercial fiable, et encore moins un allié sûr en matière de sécurité, et qu’il est urgent de se tourner vers l’avenir.

Selon un haut responsable gouvernemental européen cité par le même journal, « la politique américaine est en train de changer, et à bien des égards, ce changement est permanent. Attendre la fin de cette crise n’est pas une solution. Ce qu’il faut, c’est une transition ordonnée et coordonnée vers une nouvelle réalité ».

Cette coordination a déjà commencé et des discussions sérieuses sur les prochaines étapes sont en cours. À moins d’un changement radical de la position américaine, ce processus aboutira vraisemblablement à une profonde restructuration de l’Occident, modifiant en profondeur l’équilibre des pouvoirs mondiaux.

Les répercussions seront multiples : dommages économiques transatlantiques, avec une escalade des tensions commerciales, et des risques sécuritaires, l’Europe devant se défendre seule, sans l’aide des États-Unis, avant d’y être pleinement préparée.

Les États-Unis seront également probablement affectés, notamment par leur capacité à projeter leur puissance militaire en Afrique et au Moyen-Orient, faute d’accès au réseau de bases, d’aérodromes et de soutien logistique actuellement disponible en Europe.

La rupture avec Washington

Au-delà des menaces de représailles et de ciblage des intérêts commerciaux américains, diplomates et responsables gouvernementaux dans les capitales européennes débattent des conséquences à long terme d’une rupture avec Washington. Pour beaucoup, cette perspective est douloureuse, car elle signifie la fin de 80 ans de coopération politique, d’entraide et d’échanges commerciaux fructueux et porte un coup fatal à l’OTAN sous sa forme actuelle. De nombreux gouvernements s’efforcent donc de sauver ce qu’ils peuvent, tandis qu’en Italie, la dirigeante de l’extrême droite, Giorgia Meloni, tente de rétablir les relations.

Pour certains responsables gouvernementaux, il n’est pas difficile d’envisager un avenir sans les États-Unis. Dans un premier temps, les pays européens, y compris des pays non membres de l’Union européenne (UE) comme le Royaume-Uni et la Norvège, ont consacré une grande partie du second mandat de Trump à collaborer au sein d’un groupe de plus en plus efficace, déjà actif sans les États-Unis : la Coalition de soutien à l’Ukraine.

Les conseillers à la sécurité nationale de 35 gouvernements communiquent régulièrement et se réunissent fréquemment que ce soit en ligne ou en présentiel ainsi que par messages informels. Ils sont habitués à rechercher des solutions multilatérales dans un monde où Trump fait largement partie du problème. Selon des sources proches du groupe, le niveau de confiance y est généralement élevé. Et ce ne sont pas seulement les responsables politiques qui s’y impliquent, les dirigeants eux-mêmes travaillent au sein de ces nouveaux groupes interconnectés.

Des dirigeants comme le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président finlandais Alexander Stubb et la Première ministre italienne Giorgia Meloni communiquent régulièrement par messages, souvent au sein d’une même conversation de groupe. Au cours de l’année écoulée, ces dirigeants ont mis en place une routine bien rodée d’échange de messages à chaque action potentiellement dommageable ou imprudente de Trump.

Tim Roy cite une source bien informée qui a déclaré : « Lorsque les choses s’accélèrent, la coordination est difficile et ce groupe [de dirigeants] est très efficace. Cela en dit long sur les relations personnelles et leur importance ».

Pour une nouvelle alliance de sécurité

Ce dispositif informel mais efficace est connu sous le nom de Groupe de Washington, en référence au groupe de dirigeants européens qui ont rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche en août dernier.

Leur approche, tout au long de l’année écoulée, s’est caractérisée par le calme et la capacité à réagir aux initiatives politiques du président Trump sans se laisser entraîner dans sa rhétorique provocatrice.

Cette approche a contribué à faciliter le processus de paix en Ukraine, où la Coalition des volontaires est sur le point de conclure un accord-cadre de paix approuvé par les États-Unis, incluant des garanties de sécurité américaines pour l’Ukraine. Il s’agit d’une avancée significative, étant donné que Trump avait auparavant exclu toute implication militaire américaine dans le processus de paix. Cependant, les actions inconsidérées de Trump concernant le Groenland ont changé le cours des événements et l’ère de l’apaisement face aux menaces du président américain est révolue. Même Starmer, d’ordinaire réputé pour son extrême prudence, a qualifié de « négative » la menace de droits de douane brandie par Trump, y compris, semble-t-il, lors d’un entretien téléphonique direct avec lui dimanche.

La crise groenlandaise soulève des questions chez les dirigeants européens quant à la marche à suivre sans le soutien américain. Un diplomate a déclaré : « La Coalition des volontaires a commencé par négocier sur l’Ukraine mais elle a également tissé des liens très étroits entre certaines personnalités clés des capitales. Ils ont instauré la confiance et les compétences nécessaires pour travailler ensemble. Ils se connaissent personnellement et la communication et les échanges de messages sont aisés ».

Cet accord pourrait constituer le point de départ d’une nouvelle alliance de sécurité à une époque où les États-Unis ne garantissent plus la sécurité de l’Otan et de l’Europe. Un tel accord n’exclurait pas la coopération avec les États-Unis mais ne la considérerait pas comme acquise. Zelensky participe lui-même à des discussions écrites avec les dirigeants du Groupe de Washington, ce qui ajoute une dimension intéressante.

Dans ce contexte, l’Ukraine est le pays le plus militarisé parmi les participants, disposant d’une armée importante, d’une industrie de drones très développée et d’une expérience du combat supérieure à celle de toute autre nation. Si l’Ukraine aspire depuis longtemps à l’adhésion à l’Otan, cet objectif semble aujourd’hui moins crucial, les promesses américaines de garanties de sécurité s’amenuisant de jour en jour. Si la puissance militaire ukrainienne s’allie à celle de la France, de l’Allemagne, de la Pologne, du Royaume-Uni et d’autres pays, la force armée potentielle de cette alliance des volontaires serait redoutable, englobant États nucléaires et non nucléaires.

Bien que le besoin de l’Europe en matière de soutien américain pour sa défense ait été un sujet moins fréquemment abordé ces derniers temps, Bruxelles a multiplié les initiatives et les déclarations ces derniers jours.

Vers une armée européenne permanente

Officiellement, l’UE a exprimé sa détermination à assurer sa propre défense d’ici 2030. Il y a une semaine, le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, a proposé la création d’une armée européenne permanente de 100 000 hommes et a relancé l’idée d’un Conseil européen de sécurité composé d’une douzaine de membres, dont le Royaume-Uni. Ursula von der Leyen a promu une nouvelle stratégie européenne de sécurité, sans toutefois en fournir les détails.

Il existe un large consensus sur la nécessité d’engager rapidement des discussions sur une nouvelle architecture de sécurité européenne. Les dirigeants européens se réuniront dans les prochains jours lors d’un sommet d’urgence afin de définir une réponse aux menaces de Donald Trump concernant le Groenland, même si les débats pourraient s’étendre à d’autres sujets.

La présence de Trump au Forum économique mondial de Davos cette semaine ouvre également la voie à des discussions directes entre les parties européenne et américaine.

Après ses entretiens avec le chancelier Merz, Macron, Starmer et le secrétaire général de l’Otan Rutte, Von der Leyen a déclaré dimanche que les Européens restaient fermement engagés dans la protection du Groenland. Elle a ajouté : «Nous ferons face à ces défis auxquels est confronté la solidarité européenne avec fermeté et détermination» et, compte tenu de la situation actuelle, il est nécessaire que les dirigeants fassent preuve de créativité pour tenir tête à Trump.

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Tunisie | Une « révolution » qui a cannibalisé l’économie

22. Januar 2026 um 09:27

Le 14 janvier 2011, la Tunisie écrivait une page glorieuse de son histoire. Zine el-Abidine Ben Ali fuyait le pays, emportant avec lui des richesses spoliées et le destin pathétique de finir ses jours et d’être enterré en Arabie Saoudite, loin du pays qu’il avait gouverné pendant vingt-trois ans. Ce jour-là, Tunis vibrait d’espérance. Les poètes proclamaient que «le destin répondrait aux aspirations du peuple». Le monde entier applaudissait ce petit pays maghrébin qui osait défier la tyrannie. Quinze ans plus tard, le bilan est d’une brutalité insoutenable : la Tunisie post-2011 a réussi l’exploit de transformer une révolution en catastrophe économique intégrale.

Moktar Lamari *

Comparez la Tunisie de 2011 avec la Serbie de 2000, et vous mesurerez l’abîme qui sépare une vraie transition d’une mascarade. Lorsque Slobodan Milošević est tombé, le nouveau gouvernement serbe a agi avec détermination : rétablissement des relations avec le FMI, réouverture du commerce, stabilisation macroéconomique immédiate. L’inflation a chuté de moitié, la croissance a explosé à 6% par an, les capitaux étrangers sont revenus en masse. Les Serbes ont cru que les règles avaient changé, et l’économie a répondu.

La paix sociale à crédit

La révolution du jasmin, elle, a accouché d’un monstre. Des élections compétitives, certes. Une constitution démocratique, effectivement. Mais l’économie ? Totalement sacrifiée sur l’autel de la lâcheté politique et du clientélisme généralisé. Les gouvernements successifs – qu’ils soient islamistes, laïques, technocrates ou populistes – ont tous adopté la même stratégie suicidaire : acheter la paix sociale à crédit.

La masse salariale du secteur public a explosé, passant de 12% du PIB en 2010 à plus de 15% aujourd’hui. Des dizaines de milliers de postes ont été créés non pas pour améliorer les services publics, mais pour calmer les manifestants.

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ce syndicat mafieux déguisé en défenseur des travailleurs, a obtenu tout ce qu’elle voulait : augmentations salariales, primes garanties, impunité totale pour ses adhérents. Résultat ? Un État obèse, paralysé, incapable de fournir le moindre service décent malgré une armée de fonctionnaires payés à ne rien faire.

Un suicide économique par consensus

Pendant ce temps, les choix difficiles ont été systématiquement reportés. Les subventions – cette drogue économique qui représente aujourd’hui 6,3% du PIB – n’ont jamais été réformées. Pire : elles ont augmenté. L’essence, le pain, l’électricité, l’eau et même le gaspillage… tout est subventionné. Pas pour aider les pauvres, qui en bénéficient proportionnellement moins, mais pour éviter les émeutes. La Tunisie dépense des milliards de dinars pour subventionner les 4×4 des classes aisées pendant que les hôpitaux publics manquent de gaze. Et depuis peu de médicaments vitaux.

Les entreprises publiques ? Toujours là, toujours aussi inefficaces, toujours aussi corrompues, toujours aussi irrespectueuses du droit citoyen à un service public digne de nom. La Tunisair perd des centaines de millions chaque année. La Steg, la Sonede, la Pharmacie centrale – toutes au bord de la faillite, toutes maintenues en vie par perfusion budgétaire. Et l’économie doit payer la facture, par une sur-fiscalisation honteuse.

Aucun gouvernement n’a osé les privatiser, les restructurer, ou même simplement exiger qu’elles cessent de saigner les finances publiques. Aucune évaluation sérieuse de ces vampires des taxes des contribuables. Pourquoi ? Parce que l’UGTT menace de grève générale au moindre murmure de réforme.

La rigidité du marché du travail ? Intacte. Le Code du travail tunisien, cette relique protectionniste des années 1960, rend le licenciement quasiment impossible. Résultat : les entreprises privées n’embauchent plus, ou embauchent au noir.

Le chômage des jeunes – le grief initial qui a déclenché la révolution – stagne autour de 40% dans certaines régions. Les diplômés universitaires attendent des années un emploi public qui ne viendra jamais, pendant que le secteur privé étouffe sous les contraintes réglementaires. Leurs diplômes ne valent plus rien, tellement l’UGTT a bourré le système éducatif par les moins compétents.

La corruption viscérale

Et la corruption ? Ah, la corruption ! Le régime de Ben Ali était une kleptocratie familiale organisée. Au moins avait-elle une certaine efficacité : tu payais la famille Trabelsi, et ton business fonctionnait.

Depuis 2011, la corruption s’est démocratisée. Elle est devenue diffuse, décentralisée, tentaculaire. Chaque parti politique, chaque administration, chaque niveau de gouvernement a développé ses propres réseaux de prédation.

En 2018, la confiance dans le gouvernement avait chuté de moitié par rapport à 2011. Les investisseurs ont compris que la «nouvelle Tunisie» n’était que l’ancienne en pire : plus instable, plus corrompue, plus paralysée.

Les IDE se sont effondrés. En 2010, malgré la dictature, la Tunisie attirait 1,5 milliard de dollars d’investissements étrangers. En 2023, après treize ans de «démocratie», ce chiffre peinait à atteindre 800 millions.

Les investisseurs ont vu de nouvelles politiques s’empiler sur l’ancienne économie sans rien changer au fond. Pire encore : ils ont vu l’instabilité politique détruire la seule chose que Ben Ali offrait – la prévisibilité. Sous la dictature, on savait à quoi s’attendre.

Depuis 2011, personne ne sait rien. Les gouvernements tombent tous les dix mois. Les politiques changent au gré des coalitions et humeurs de leur patron. Les promesses ne valent rien.

Du chaos démocratique au chaos autoritaire

Puis vint Kaïs Saïed. Élu triomphalement en 2019 avec 73% des voix, porté par le ras-le-bol généralisé envers la classe politique. Le 25 juillet 2021, il suspend le parlement, concentre tous les pouvoirs, promet de «nettoyer» le système. Les Tunisiens fatigués applaudissent. Enfin, quelqu’un va agir !

Quatre ans plus tard, le verdict est sans appel : Saïed a encore plus enfoncé le sens du travail et du mérite. Une catastrophe intégrale véhiculée par encore moins de compréhension des principes fondamentaux de l’économie. On détruit les institutions démocratiques sans rien construire à la place. On écarte les partis politiques sans proposer d’alternative. On dissout le parlement sans améliorer la gouvernance. On concentre tous les pouvoirs pour… ne rien faire, comme réforme structurante, courageuse et conçues à l’aune des résultats.

Ou plutôt si : on a aggravé la situation. On a rejeté l’accord avec le FMI, ce qui aurait au moins apporté 1,9 milliard de dollars et imposé des réformes structurelles. Et pour quel argument ?

La «souveraineté nationale» et le refus des «diktats néolibéraux». Noble posture. Sauf qu’il n’a aucun plan B.

La dette publique atteint 81% du PIB. Le service de la dette engloutit 14% du PIB – de l’argent qui ne va ni dans l’éducation, ni dans la santé, ni dans les infrastructures. Les réserves en devises fondent à vue d’œil. Les pénuries de produits de base se multiplient.

Pendant ce temps, l’État donne des discours surréalistes sur les « complots étrangers » et les « traîtres à la nation ». Il arrête des opposants politiques. Il musèle les médias. Il persécute les migrants subsahariens dans des raids racistes dignes des heures les plus sombres.

Et l’économie ? Elle continue de sombrer dans l’indifférence la plus totale.

Le naufrage en chiffres

Les chiffres sont implacables. Catastrophiques. La croissance moyenne post-2011 ? Misérable 1,5% par an, contre 4-5% sous Ben Ali. Le chômage ? Passé de 13% en 2010 à plus de 16% aujourd’hui, et toujours autour de 40% pour les jeunes diplômés. L’inflation ? Chroniquement supérieure à 7-8% ces dernières années, atteignant 10% en 2023. Les salaires réels ? En baisse constante depuis quinze ans. La paupérisation ronge les classes moyennes, alors que les affaires proposèrent pour les plus aisés à Tunis et sa banlieue nord.

La Tunisie de 2026 est objectivement plus pauvre, plus endettée, plus désespérée qu’en 2010. Le PIB par habitant en termes réels a à peine progressé d’un iota.

Des centaines de milliers de Tunisiens – souvent les plus qualifiés – ont fui le pays. Les boat people se noient par centaines en Méditerranée chaque année, fuyant ce paradis démocratique que le monde entier leur envie.

L’ancre institutionnel, ce chaînon manquant

Le problème fondamental ? L’absence totale de crédibilité institutionnelle. Une rupture politique ne produit des résultats économiques que si elle établit un point d’ancrage clair : qui décide, selon quelles règles, et pour combien de temps.

La Tunisie post-2011 n’a jamais fourni cette clarté. Gouvernements éphémères (une quinzaine de premiers ministres et plus de 750 ministres), coalitions fragiles, constitution réécrite, institutions détruites puis reconstruites puis détruites de nouveau.

Aucun investisseur sensé ne peut miser sur un pays où les règles du jeu – notamment fiscales – changent tous les dix-huit mois. Aucune entreprise ne peut planifier quand elle ne sait pas si le gouvernement tiendra encore l’année prochaine. Aucun citoyen ne peut investir dans l’avenir quand cet avenir est illisible.

L’économie de la rupture est une question de crédibilité. La Tunisie post-2011 a détruit méthodiquement toute crédibilité. Chaque gouvernement a promis des réformes avant de capituler face à l’UGTT. Chaque coalition a juré de réduire la dépense publique avant d’augmenter les salaires pour acheter la paix sociale. Chaque président a proclamé la guerre à la corruption tout en laissant prospérer les réseaux clientélistes.

Le verdict final

La révolution tunisienne n’a pas échoué par accident. Elle a été consciemment sabotée par une classe politique incapable, lâche et corrompue.

Des islamistes d’Ennahdha aux laïcs de Nidaa Tounes, des technocrates aux populistes, tous ont préféré leur survie politique immédiate à l’intérêt national à long terme. Tous ont refusé les choix difficiles. Tous ont bradé l’avenir pour acheter le présent.

Et les Tunisiens ? Ils paient cash. Quinze ans après avoir renversé un dictateur, ils sont plus pauvres, plus désespérés, plus impuissants. Le destin devait répondre à leurs aspirations. Il leur a craché au visage.

La révolution tunisienne restera dans l’histoire comme la preuve éclatante qu’un changement de régime sans transformation économique structurelle ne produit qu’une chose : le chaos stérile.

La Tunisie post-2011 est un cimetière d’espoirs, un monument à l’incompétence collective, une démonstration grandeur nature que la démocratie sans responsabilité économique mène droit à l’abîme. Le jasmin est mort. Il ne reste que les épines du cactus (el hindi) qui entouraient le Jasmin… de l’espoir !

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : Economics for Tunisia.

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Myriam Kerkeni | Le souffle poétique de l’intime

22. Januar 2026 um 08:54

‘‘Révélations d’une femme’’ est le premier recueil poétique en prose de Myriam Kerkeni. Publié par les Éditions Arcadia Tunis en janvier 2026, ce premier livre propose un voyage à la fois intime et universel au cœur de la féminité, explorant expériences personnelles, tensions sociales et luttes intérieures.

Djamal Guettala 

Dès les premières pages, Kerkeni plonge dans l’intime. Les poèmes comme Une mère imparfaite ou Une petite fille rêveuse, courageuse, merveilleuse révèlent le contraste entre aspirations personnelles et rôles imposés par la société. La mère, la femme mariée, la fille : autant de figures qui expriment fatigue, effacement et sacrifices, mais aussi force et résilience. Le rythme et la répétition des phrases confèrent à chaque mot une intensité particulière, rendant la lecture presque chantante.

Le recueil explore également le feu intérieur et le désir de s’affranchir des contraintes. Dans Fuite ou Colère, Kerkeni exprime révolte et frustration, transformant l’écriture en refuge et en instrument de survie. Les émotions longtemps refoulées trouvent ici une forme et une voix.

L’écriture comme un acte de libération

Certaines pièces élargissent le regard au monde extérieur. Dans ‘‘L’enfant et le maçon’’, la poétesse illustre, par la métaphore de la construction et de la reconstruction, l’importance de la persévérance et du travail pour atteindre la beauté. Hypocrisie sociale dénonce les faux-semblants et les masques que chacun adopte, rappelant que lucidité et intégrité sont essentielles pour préserver son espace intérieur.

Au cœur du recueil, l’écriture devient un acte de libération. Dans ‘‘Écrire’’, Kerkeni se fait la voix de ceux qui se taisent, offrant aux silences et aux non-dits une expression tangible. Chaque mot devient souffle, chaque phrase un pas vers la liberté.

Le poème ‘‘Célébration’’, qui clôt le livre, synthétise cette quête : l’auteure y célèbre sa vie, ses cicatrices, ses choix et sa lumière. Elle célèbre sa liberté, sa force retrouvée et toutes les femmes qui marchent à ses côtés. Ce geste est à la fois personnel et universel, invitant le lecteur à reconnaître sa propre valeur et à affirmer son existence.

Avec ‘‘Révélations d’une femme’’, Myriam Kerkeni impose un style à la fois intime, lucide et poétique. Son écriture conjugue émotion, réflexion et puissance narrative, rappelant que la poésie peut être miroir des blessures et levier de résilience. Ce premier recueil est une déclaration d’amour à la vie, à la féminité et à la puissance de la parole.

Un parcours poétique où l’intime devient lumière et chaque mot une victoire sur le silence : «J’écris pour renaître et fuir sans soumettre. Dans mon encre, je deviens libre.»

Un parcours littéraire et académique

Née le 18 avril 1989 à Tunis et originaire de Kelibia, Myriam Kerkeni est autrice et enseignante passionnée par les secrets de la langue française.

Diplômée d’une licence en littérature, langue et civilisation françaises, elle a poursuivi ses études par un master de linguistique générale, se spécialisant dans la structure et la construction des mots.

Son expérience professionnelle est diversifiée : enseignement à l’école primaire et à l’université, cours de français des affaires, puis service client. Elle s’épanouit désormais dans l’enseignement du français au niveau secondaire, tout en continuant d’écrire et de partager sa passion pour la langue.

‘‘Révélations d’une femme’’ enrichit son parcours littéraire et académique.

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Conférence à Tunis sur l’entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud

22. Januar 2026 um 08:46

Tunis a accueilli récemment la conférence internationale «Entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud : une coopération régionale pour une transition verte». Pendant deux jours, décideurs publics, experts, organisations d’appui aux entreprises (OSE) et entrepreneurs issus de huit pays de la région sud-méditerranéenne ont confronté leurs expériences et posé les bases d’une coopération régionale renforcée en faveur de l’économie verte et circulaire.

Les débats ont mis en évidence le rôle stratégique des OSE dans la transformation des modèles économiques. Pour Kmaira Ben Jannet, directrice générale du Citet, « les défis environnementaux et sociaux en Méditerranée du Sud imposent une rupture avec les modèles classiques. La transition vers l’économie circulaire représente une opportunité unique pour stimuler l’innovation et renforcer la compétitivité territoriale ». Elle a souligné que le succès de cette transition repose sur le renforcement des capacités des OSE et leur mise en réseau à l’échelle régionale.

L’enjeu de l’emploi, en particulier pour les jeunes et les femmes, a occupé une place centrale dans les échanges. Pui Yee Chan, secrétaire principale chargée du secteur privé à l’ambassade des Pays-Bas à Tunis, a rappelé que « l’économie verte est avant tout un levier de création d’emplois, avec une priorité donnée à l’avenir des jeunes et des femmes», saluant l’approche opérationnelle du programme Green Forward, axée sur la formation et les ateliers pratiques.

Accompagner les entrepreneurs

Pour Christel Bultman, PDG de Spark, « face aux effets du changement climatique, il est vital de réduire l’impact environnemental de l’économie tout en créant les emplois de demain ». Elle a insisté sur le rôle des OSE comme interfaces essentielles entre entrepreneurs, investisseurs et décideurs publics, capables de transformer les besoins du terrain en plaidoyer politique. Elle a également souligné la position stratégique de la Tunisie, à la croisée de l’Afrique et de l’Europe, comme laboratoire de l’industrialisation verte.

Giorgio Mosangini, chef d’équipe entrepreneuriat durable et société civile chez MedWaves, a rappelé que « l’économie est un sous-système de l’environnement », soulignant que la réussite des entrepreneurs engagés dans l’économie circulaire dépend de la solidité de l’écosystème qui les entoure. Il a présenté le Manifeste méditerranéen de coopération comme un outil structurant, destiné à donner une identité formelle à un réseau régional engagé pour une transition juste, inclusive et durable.

Des retours d’expérience régionaux

La conférence a également été marquée par le partage d’expériences concrètes issues des pays participants, illustrant la diversité des approches et la richesse des écosystèmes d’appui à l’entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud et dans la région Mena.

À ce titre, Cedare (Égypte) a présenté une analyse des politiques de soutien au développement des entreprises durables dans les pays de la région Mena, mettant en évidence les leviers institutionnels favorables à l’émergence d’écosystèmes verts.
De son côté, Remess (Maroc) a montré comment les politiques publiques peuvent servir de catalyseurs pour institutionnaliser l’économie sociale et solidaire au service de l’entrepreneuriat durable.

Leaders International (Belgique) a proposé une analyse comparative des systèmes d’appui aux entreprises durables en Jordanie, en Palestine et en Tunisie, soulignant les convergences, les bonnes pratiques transférables et les marges d’amélioration.
En Palestine, le centre B-Hub a insisté sur l’importance stratégique du réseautage entre les organisations d’appui afin d’assurer la pérennité de l’entrepreneuriat durable dans un contexte contraint.

L’expérience tunisienne a été illustrée par RedStart, qui a démontré comment des partenariats stratégiques peuvent favoriser l’émergence d’un entrepreneuriat vert intégrant pleinement la dimension du genre.
Pour sa part, Alfanar (Jordanie) a mis en lumière l’évolution de la philanthropie d’impact dans la région Mena et son rôle croissant dans le soutien aux structures d’accompagnement et aux entreprises à impact.

Enfin, Rama Impact (Liban) a identifié les défis et besoins spécifiques liés au financement des entreprises vertes et sociales, en particulier celles dirigées par des femmes, appelant à des mécanismes financiers mieux adaptés et plus inclusifs.

Résultats concrets

Les avancées opérationnelles du programme Green Forward ont été mises en lumière. Afef Ajengui, responsable régionale du programme chez Spark, a souligné la création d’un réseau de 42 OSE, dont 21 spécialisées dans l’économie verte. Elle a également mis en avant la création de la plateforme numérique, conçue comme un espace dédié au réseautage et au partage d’expériences à l’échelle régionale, ainsi que la mobilisation de plus de 1500 utilisateurs principalement des entrepreneurs et des organisations de soutien aux entreprises (BSOs) actives dans le secteur green.

De son côté, Marwa Ouni, coordinatrice locale Green Forward au Citet, a rappelé le rôle historique du Centre comme catalyseur du transfert d’écotechnologies, annonçant la sélection de 12 OSE tunisiennes issues de secteurs clés et le développement d’un livre blanc des meilleures pratiques, testé auprès de 30 PME.

L’engagement de l’État tunisien

Représentant le ministère de l’Environnement, Hamza Abderrazak a présenté la stratégie nationale «Feuille de Jasmin», fondée sur un changement de paradigme intégrant climat, biodiversité, gouvernance et production durables. Il a annoncé le déploiement imminent d’une ligne de crédit de 20 millions de dinars tunisiens via le Fonds de dépollution (Fodep), destinée à soutenir les projets relevant de l’économie verte, circulaire et bleue, ainsi qu’un programme de renforcement des compétences de 100 jeunes diplômés.

Afin de traduire les orientations stratégiques en actions tangibles, le ministère de l’Environnement a annoncé le déploiement, dès 2025, de deux leviers structurants.
Le premier est financier, avec la mise en place imminente d’une ligne de crédit de 20 millions de dinars tunisiens via le Fodep. Ce dispositif, géré en partenariat avec le ministère des Finances et les banques locales, proposera des prêts à taux préférentiels destinés aux jeunes promoteurs ainsi qu’aux entreprises en création ou en extension, opérant dans les secteurs de l’économie verte, circulaire et bleue. La signature et le lancement officiels de cette ligne sont attendus dans les prochains jours.

Le second levier concerne le renforcement des compétences, à travers un programme de formation ciblé visant à améliorer l’employabilité de 100 jeunes diplômés en recherche d’emploi. Les actions de formation porteront notamment sur des domaines clés tels que l’agriculture durable, les énergies renouvelables et la gestion des déchets, afin de doter les bénéficiaires de compétences directement mobilisables au service de la transition écologique.

Manifeste pour structurer la coopération régionale

Point d’orgue de la conférence, l’adoption du Manifeste méditerranéen de coopération qui engage désormais les acteurs régionaux autour de dix axes d’action, allant de l’innovation durable à la mobilisation financière, en passant par l’inclusion, le plaidoyer politique et le partage des connaissances.
Ce texte fondateur vise à faire de l’entrepreneuriat durable une norme économique en Méditerranée du Sud.

La conférence a été coorganisée par le Centre d’activités régionales pour la consommation et la production durables du PNUE/PAM (MedWaves) et le Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (Citet) dans le cadre du programme de soutien aux entreprises durables, financé par le PNUE/PAM et le Gouvernement de la Catalogne et du programme de soutien aux organisations d’appui aux entreprisesGreen Forward, financé par l’Union européenne et implémenté au niveau méso par l’organisation non gouvernementale internationale Spark.

À travers cette conférence, le Citet, MedWaves et Spark ont réaffirmé leur volonté de fédérer durablement les acteurs régionaux, de renforcer les écosystèmes d’appui et d’accélérer la transition vers des économies plus vertes, inclusives et résilientes. Elle a également confirmé que Tunis s’impose ainsi comme un hub régional de réflexion et d’action au service de l’entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud.

Le Manifeste méditerranéen a été adopté à l’issue de la conférence de Tunis. Fruit d’un travail collaboratif intense, ce texte engage désormais les acteurs régionaux autour de 10 points d’action concrets :

1- Innovation et valeur durable : adopter des méthodes innovantes (éco-conception, éco-innovation, économie circulaire) pour maximiser la valeur environnementale et sociale tout en minimisant les impacts négatifs. Cela inclut la promotion de relations de travail équitables et d’une gouvernance participative.

2- Expertise interne : développer continuellement les capacités et l’expertise des structures pour mieux accompagner les entrepreneurs vers la durabilité.

3- Inclusion et équité : garantir que la transition soit juste en offrant un soutien prioritaire aux femmes, aux jeunes et aux communautés marginalisées, afin que personne ne soit exclu de l’économie circulaire.

4- Transparence et impact : mettre en place des systèmes robustes de suivi, évaluation, redevabilité et apprentissage pour mesurer et rapporter de manière transparente les impacts réels des initiatives.

5- Partage de connaissances : échanger librement les ressources et expériences et rendre ces apprentissages accessibles au public pour accélérer le progrès collectif en Méditerranée.

6- Action collective et réseautage : coordonner les activités et lancer des initiatives conjointes aux niveaux national et régional avec toutes les organisations partageant ces valeurs pour amplifier l’impact.

7- Accès au marché : stimuler d’une façon collaborative la demande pour les produits et services durables tout en sensibilisant les consommateurs pour remettre en question les pratiques non durables.

8- Mobilisation financière : engager les acteurs de la finance pour orienter les subventions, les prêts et les capitaux vers les entreprises circulaires.

9- Sensibilisation globale : diffuser largement les connaissances sur les modèles d’affaires durables pour en faire la nouvelle norme économique.

10- Plaidoyer politique : lutter collectivement pour des cadres réglementaires favorables, créant des conditions de concurrence équitables permettant aux entreprises vertes à prospérer et à sanctionner les pratiques polluantes.

Communiqué.

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Assurance et indemnisation des dommages dues aux intempéries

21. Januar 2026 um 13:59

Après les fortes précipitations enregistrées en Tunisie au cours des deux derniers jours, et qui ont provoqué des inondations et divers dégâts matériels aux bâtiments et aux véhicules, une question se pose : les compagnies d’assurance indemnisent-elles leurs clients ayant subi de tels sinistres ?

La réponse a été apportée par le directeur général de la Fédération tunisienne des sociétés d’assurance (Ftusa), Hatem Amira, qui a expliqué, lors d’un entretien téléphonique dans l’émission ‘‘Sbah Ennas’’, le mercredi 21 janvier 2026, sur Mosaïque FM, que l’indemnisation dépend du type de contrat conclu entre l’assuré et sa compagnie d’assurance.

Des intempéries comme celles actuellement observées en Tunisie causent souvent des dégâts aux voitures et aux bâtiments (habitations, commerces, usines…)

L’indemnisation dépend du contrat d’assurance, qui doit impérativement comprendre la couverture des dommages dues aux catastrophes naturelles, notamment les inondations.

Dans ce cas, la compagnie d’assurance est tenue d’indemniser les dommages en fonction du pourcentage de dégâts et des plafonds prévus au contrat, précisant que le surcoût de cette garantie est minime, n’excédant pas 500 millimes par jour.

Hatem Amira a souligné que le contrat de type «Tout risque» inclut généralement une couverture contre les catastrophes naturelles à un taux de 99 %.

I. B.

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Tunis | Braquage au bureau de poste de Oued Ellil

21. Januar 2026 um 13:32

Un homme a commis un braquage au bureau de poste de Oued Ellil, à l’ouest de Tunis, hier, mardi 20 janvier 2026, à l’aide d’une arme blanche. Le suspect a profité des fortes pluies et de l’absence de passants dans la rue pour pénétrer dans le bureau de poste, menacer les employés avec un couteau, s’emparer d’une somme d’argent puis prendre la fuite.

Le parquet du tribunal de première instance d’El-Menzah a autorisé les agents de la Brigade centrale de lutte contre la criminalité de la Garde nationale à Ben Arous à ouvrir une enquête à ce sujet, a indiqué à Mosaïque Mohamed Aymen Hammami, substitut du procureur de la République et porte-parole officiel du tribunal d’El-Menzah.

Le suspect portait un masque pour dissimuler son identité, a ajouté Mohamed Aymen Hammami.

I. B.

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Mondial 2026 | Les matchs amicaux de la Tunisie

21. Januar 2026 um 11:09

Pour préparer sa participation à la phase finale de la Coupe du monde 2026, coorganisée par le Canada, les États-Unis et le Mexique, l’équipe de Tunisie de football, sous la conduite de son nouveau coach, Sabri Lamouchi, a programmé quatre matches amicaux face à Haïti, au Canada, à l’Autriche et à la Belgique.  

Le calendrier de ces matches, annoncé par la Fédération tunisienne de football (FTF), mardi 20 janvier 2026, s’établit comme suit :

Tunisie – Haïti : samedi 28 mars à 20h00 à Toronto, Canada ;  

Tunisie – Canada : mardi 31 mars à 19h30 à Toronto ;

Tunisie – Autriche : lundi 1er juin à 20h45 à Vienne ;

Tunisie – Belgique : samedi 6 juin à 15h00 à Bruxelles.

Lors du Mondial-2026, la Tunisie évoluera dans le groupe F aux côtés du Japon, des Pays-Bas et du qualifié du deuxième barrage européen (Ukraine – Suède-Pologne-Albanie).

Rappelons que le prochain Mondial se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026.

I. B.

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Equipe de Tunisie | Khazri rejoint le staff de Lamouchi     

21. Januar 2026 um 10:38

Le nouveau staff technique de l’équipe de Tunisie de football, qui sera dirigé par le Franco-tunisien Sabri Lamouchi, comprend également l’ancien attaquant international Wahbi Khazri comme responsable du département analyse.

Les autres membres du staff, dont les noms ont été annoncés, mardi 20 janvier 2026, par la Fédération tunisienne de football (FTF), sont Michael Hefele, entraîneur adjoint, Olivier Pedemas, entraîneur des gardiens, et Cedric Blomme, préparateur physique.

Pour rappel, Sabri Lamouchi a été nommé, mercredi dernier, en tant que nouveau sélectionneur des Aigles de Carthage, en remplacement de Sami Trabelsi, qui a préféré jeter l’éponge après les mauvais résultats du Onze tunisien lors de la dernière CAN au Maroc. Selon le bureau fédéral, le contrat d’objectifs avec Lamouchi s’étend dans une première phase jusqu’au 31 juillet 2027. Dans une déclaration à l’agence Tap, Moez Mestiri, porte-parole officiel de la FTF, avait également précisé que «le travail du staff technique sera ensuite évalué par le bureau fédéral et, si les résultats sont jugés satisfaisants, le contrat sera prolongé jusqu’au 31 juillet 2028».

En d’autres termes, la fin du bail de Lamouchi avec les Aigles de Carthage ne dépend pas de leurs résultats lors du Mondial 2026 aux Etats-Unis, u Canada et au Mexique.

I. B.  

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Iran | La peur comme héritage, la terreur comme système

21. Januar 2026 um 10:20

«Ils nous terrorisent au quotidien.» Cette phrase, prononcée par un Iranien aujourd’hui exilé en France, résume une expérience partagée par des millions de ses compatriotes. En Iran, la répression ne se limite pas aux arrestations arbitraires, aux exécutions ou à l’écrasement violent des mouvements de contestation. Elle s’inscrit dans la durée, s’infiltre dans l’enfance et façonne durablement les esprits. (Ph. La répression sanglante des manifestations en Iran a fait des milliers de morts en deux semaines).

Djamal Guettala

«Nous avons peur de l’école, des professeurs, de nos parents, de la police, des tribunaux, de la nuit, de la mort, de l’au-delà, de Dieu, de tout.» Ce témoignage brut dit l’essentiel : la peur n’est pas un accident du système iranien, elle en est l’un des piliers. L’autorité y est omniprésente, jamais neutre. Chaque institution devient un relais du pouvoir politique et religieux.

Dès le plus jeune âge, l’enfant apprend à se taire, à obéir, à se méfier. L’école, censée émanciper, est un espace de contrôle idéologique. Les enseignants sont redoutés autant pour leurs sanctions que pour leur rôle dans la transmission d’un ordre moral strict. La religion, omniprésente dans l’espace public comme dans la sphère privée, renforce cette emprise en instillant la crainte du péché et du châtiment divin. Le politique et le sacré se confondent.

Une autocensure permanente

Cette terreur déborde aujourd’hui largement le cadre physique pour investir le champ numérique. «En Iran, tout le monde a peur d’envoyer des messages à l’étranger.» La surveillance des communications est devenue une réalité quotidienne. Les Iraniens effacent photos et vidéos de leurs téléphones, redoutant les contrôles, les accusations floues mais lourdes de conséquences. Un simple message, une image mal interprétée, peut suffire à bouleverser une existence.

Ce climat engendre une autocensure permanente. On parle peu, ou à demi-mot. On supprime, on efface, on se méfie. La peur devient réflexe. Elle structure les relations sociales, détruit la confiance et isole les individus. Le régime n’a pas besoin d’être visible en permanence : il est déjà là, intériorisé, inscrit dans les comportements.

L’exil, souvent perçu comme une libération, ne suffit pas à effacer ces traces. «J’ai aussi peur de la police en France sans raison apparente, j’ai peur de mon patron, de mon supérieur. J’ai peur d’être seul la nuit.» Cette confession éclaire une dimension moins visible de la répression : ses effets psychologiques durables. Même loin de l’Iran, même dans un État de droit, la peur persiste.

Le silence comme stratégie de survie

Les spécialistes parlent de traumatisme complexe, produit par une exposition prolongée à la violence, à la surveillance et à l’arbitraire. Chez de nombreux exilés iraniens, la peur ne disparaît pas avec la frontière. Elle se déplace, se transforme, mais continue d’organiser le rapport à l’autorité, au travail, à la société. Le silence reste une stratégie de survie.

«Tout cela finira bientôt, mais ces souvenirs resteront gravés dans nos mémoires.» L’espoir demeure, fragile mais réel. Les mouvements de contestation récurrents montrent que la société iranienne n’est ni soumise ni résignée. Mais le jour où ce régime tombera, la reconstruction ne sera pas seulement politique. Elle sera aussi psychique, sociale et mémorielle.

Ce témoignage rappelle une vérité essentielle : une dictature ne se contente pas de gouverner par la force. Elle fabrique des générations marquées par la peur. Et même lorsque l’exil offre un refuge, la terreur continue de parler à voix basse, depuis l’intérieur.

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Conseil de la paix | Le projet fou de Trump pour dynamiter l’Onu !

21. Januar 2026 um 09:45

C’est la dernière trouvaille du président américain Donald Trump dans sa prédication illimitée et sa quête de domination totale du monde. Après l’enlèvement d’un chef d’État et sa volonté agressive de s’emparer de territoires qui ne lui appartiennent pas, le voilà qui annonce un «Conseil de la paix» dont la première mission est la mise sous tutelle de Gaza avant de s’étendre aux autres zones de conflits et in fine de se substituer aux Nations Unies.

Imed Bahri

Pour être membre permanent de ce nouveau «machin», il faudra verser un milliard de dollars par an, l’ordre du jour est soumis à l’approbation de Trump qui est d’ailleurs le seul à disposer d’un droit de veto, et le seul habilité à interpréter la charte de cette nouvelle institution qui a vocation à faire de lui le maître incontesté et incontestable du monde. Ubu roi dans toute sa splendeur! 

Une enquête de Lauren Kaori Gurley et Michael Birnbaum parue dans le Washington Post rappellent les appels répétés lancés par Trump ce week-end aux dirigeants mondiaux pour qu’ils rejoignent ce nouveau «Conseil de la paix», qu’il présente comme une organisation internationale de consolidation de la paix.

Un responsable américain a confirmé que la cotisation d’un milliard de dollars représente le coût d’une adhésion permanente mais a précisé qu’aucune contribution n’est requise pour y adhérer et que les pays qui ne s’acquitteront pas de cette cotisation bénéficieront d’une adhésion de seulement trois ans.

Ce responsable américain, qui a partagé ces informations sous couvert d’anonymat, a confirmé l’existence d’un projet de charte pour le conseil proposé mais la Maison-Blanche ne l’a pas rendu public. Times of Israel en a publié une copie en ligne dimanche.

Vendredi, la Maison-Blanche a annoncé en grande pompe la création d’un nouveau conseil dans le cadre du plan de Trump visant à superviser la reconstruction de la bande de Gaza dévastée. Cependant, le projet de charte diffusé ne fait aucune mention directe du territoire palestinien. Cette absence de mention a alimenté les spéculations selon lesquelles Trump chercherait à établir une alternative aux Nations Unies sous l’égide des États-Unis.

Des dirigeants du monde entier, dont ceux de l’Argentine, du Canada, de l’Égypte, de la France, de la Hongrie, de l’Inde, de l’Italie et de la Turquie, ont été invités à rejoindre cette charte internationale pour la consolidation de la paix. Le roi Abdallah de Jordanie a également été invité, d’après une annonce du ministère jordanien des Affaires étrangères dimanche. L’Égypte et la Turquie ont confirmé avoir reçu l’invitation mais n’ont pas encore indiqué si elles y adhéreraient. Jusqu’à lundi 19 janvier 2026, 60 pays ont reçu de invitations pour rejoindre la nouvelle organisation internationale de Trump. 

Un organe «plus souple et plus efficace»

Le projet de charte publié par Times of Israel semble conférer au Conseil des pouvoirs bien plus étendus que ceux envisagés par Trump en octobre dernier, lorsqu’il a contribué à négocier le cessez-le-feu à Gaza. Le mois suivant, le Conseil de sécurité de l’Onu a approuvé le plan de Trump visant à créer un Conseil chargé de superviser les efforts de reconstruction de Gaza.

Selon le projet, la mission du Conseil est de «promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance saine et légitime et garantir une paix durable dans les zones touchées ou menacées par un conflit»

La charte souligne également «la nécessité d’un organe international de consolidation de la paix plus souple et plus efficace» et appelle à la formation d’une «coalition d’États disposés et engagés dans une coopération concrète et une action efficace».

 Un haut responsable européen, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que les dirigeants européens se consultent actuellement sur les ambitions de Trump pour ce Conseil et que la plupart sont peu susceptibles d’approuver sa composition actuelle.

Cependant, ces mêmes dirigeants hésitent à déclencher un nouveau conflit avec Trump, compte tenu de leur confrontation actuelle au sujet du Groenland et de leur besoin urgent de soutenir l’Ukraine qui subit simultanément un hiver rigoureux et l’escalade des attaques russes.

Le responsable européen a ajouté qu’il existe une réticence à contribuer de manière substantielle à une nouvelle organisation dominée par la vision de Trump d’un nouvel ordre mondial, même si les Européens restent engagés à financer la reconstruction de Gaza.

Le WP cite un responsable américain qui a déclaré que les fonds seraient directement utilisés pour mettre en œuvre la mission du Conseil de paix, à savoir la reconstruction complète de Gaza.

Le Conseil veillerait à ce que la quasi-totalité des fonds soit utilisée à cette fin et non gaspillée dans les «lourdeurs administratives qui affectent de nombreuses autres organisations internationales».

Un conseil «tape-à-l’œil»

L’ancien diplomate américain Aaron David Miller a qualifié le Conseil de Trump de «tape-à-l’œil» et a mis en doute sa capacité à agir efficacement sur la scène internationale. Il a déclaré : «Nous avons besoin d’une diplomatie de terrain, pas de comités de façade ni de l’inclusion d’un grand nombre de pays et de personnalités dans un processus où la plupart d’entre eux n’auront aucun rôle réel. Nous avons besoin de Trump, de Netanyahu, des dirigeants du Hamas à Gaza et ceux présents à l’étranger, du Qatar et de la Turquie».

Selon le projet de la Charte, le Conseil de paix tiendra des réunions de vote au moins une fois par an et son ordre du jour sera soumis à l’approbation du président Trump.

Un monde imaginaire lointain

Miller a ajouté : «Le Conseil de la paix est un concept qui semble relever d’un monde imaginaire lointain, totalement déconnecté des réalités de notre planète. Le Conseil de la paix ne parviendra pas à résoudre le conflit au Soudan. Il n’accomplira pas non plus ce que les médiateurs américains et européens n’ont pas réussi à faire : obtenir un cessez-le-feu en Ukraine».

Selon la charte, Trump décidera qui sera invité à siéger au conseil. Etvendredi, les sept membres fondateurs du conseil exécutif ont été annoncés, parmi lesquels son gendre Jared Kushner, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient et homme fort de la diplomatie américaine Steve Witkopf et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. S’y ajoutent trois autres membres : le président de la Banque mondiale Ajay Banga, le conseiller adjoint à la sécurité nationale Robert Gabriel et le milliardaire Mark Rowan.

La charte stipule que les décisions seront prises à la majorité des voix, chaque membre disposant d’une voix. Cependant, le président Trump conserve un droit de veto et possède «l’autorité finale quant à la signification, l’interprétation et l’application de la présente charte», ce qui place Trump en position de leader incontesté et incontestable. 

Parallèlement au Conseil de paix, la Maison-Blanche a annoncé vendredi la création d’un comité d’opérations secondaire, le Conseil exécutif de Gaza. Ce conseil comprend Jared Kushner, John Wittkov, Tony Blair, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et le diplomate qatari Ali Al-Thawadi. Des responsables israéliens ont déjà exprimé leur opposition au plan de Donald Trump. Le bureau de Benyamin Netanyahu a déclaré que l’annonce de ce conseil «n’avait pas été coordonnée avec Israël et contredit sa politique», en raison de la controverse entourant la présence de diplomates turc et qatari.

Les Palestiniens complètement oubliés  

Khaled Elgindy, chercheur palestinien au Centre d’études arabes contemporaines de l’Université de Georgetown, a également critiqué la proposition. Il a écrit sur la plateforme X : «Il n’est fait mention ni des Palestiniens ni de leurs droits ni de leurs intérêts ni même d’un futur État palestinien. Des questions qui ne sont pas une priorité pour Blair ni pour Trump ni pour ce soi-disant Conseil de paix».

Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré que Trump lui avait présenté l’idée du Conseil de paix il y a plusieurs semaines et qu’il y avait donné son accord de principe. Il a toutefois indiqué avoir plusieurs questions quant à son fonctionnement. Il a déclaré dimanche à la presse à Doha : «Concernant les modalités du Conseil de la paix, nous n’avons pas encore abordé tous les détails relatifs à sa structure, son fonctionnement, ses sources de financement, etc. Nous discuterons de ces questions dans les prochains jours».

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