Le Festival international de musique symphonique d’El Djem se tiendra du 11 juillet au 15 août 2026 dans l’amphithéâtre romain de cette ville du centre-est de la Tunisie, un site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Le programme de cette 39e édition confirme la dimension internationale de cet événement qui, depuis près de quarante ans, réunit musique classique, patrimoine archéologique et dialogue culturel méditerranéen.
Cette année, des artistes et des orchestres de Tunisie, d’Italie, de France, d’Espagne et d’Autriche se produiront, proposant un programme varié allant de l’opéra à la musique symphonique, du répertoire méditerranéen aux bandes originales de films, a-t-on appris lors de la conférence de presse organisée par les organisateurs le jeudi 11 juin 2026.
Le concert d’ouverture, le 11 juillet, sera ‘‘Didon et Énée’’, une production de l’Opéra de Tunis. Le 15 juillet, l’Orchestre symphonique de Sousse interprétera ‘‘Tarabiat symphoniques’’ avec la participation de la chanteuse tunisienne Dorsaf Hamdani. Le 18 juillet, le public de l’amphithéâtre accueillera la Camerata de Barcelona avec ‘‘Colores de España’’.
La participation française sera assurée par l’Orchestre L’Orphéon, les 24 et 25 juillet. La première soirée sera consacrée à un hommage à Marcel Khalifé et à un projet dédié aux chants de l’exil, avec la participation du Mehdi Haddjeri Band, de La Cité des Marmots du 93 et d’Ouled El Jem. La seconde soirée mettra à l’honneur deux œuvres emblématiques du répertoire symphonique : le ‘‘Boléro’’ de Maurice Ravel et ‘‘Shéhérazade’’ de Nikolaï Rimski-Korsakov.
Le mois d’août débutera avec l’Orchestre du Bal de l’Opéra d’État de Vienne. La présence italienne est particulièrement marquante, avec l’Orchestra Instabile di Arezzo (Oida), qui présentera deux concerts : le 6 août, une soirée dédiée à la musique de film, ‘‘De Cinecittà à Hollywood’’, et le 8 août, un programme intitulé ‘‘Naples en Méditerranée’’, présentant quelques-unes des plus célèbres chansons napolitaines. Le programme se poursuivra le 12 août avec l’Orchestre symphonique de Carthage et sera clôturé le 15 août avec le violoniste autrichien Yuri Revich et l’ensemble The Sound.
Le festival a pour ambition de renforcer le rôle d’El Jem comme pôle culturel et touristique de la Tunisie. Le cadre de l’amphithéâtre (également connu sous le nom de Petit Colisée), l’un des monuments romains les plus impressionnants et les mieux conservés d’Afrique du Nord, demeure la caractéristique distinctive de l’événement : un lieu où le patrimoine antique se mêle à la musique symphonique et contemporaine et à la circulation internationale des artistes.
La Chambre tuniso-allemande de l’Industrie et du Commerce (AHK Tunisie) a tenu, le jeudi 11 juin 2026 à l’hôtel Sheraton Tunis, sa 47e assemblée générale ordinaire, réunissant ses membres, partenaires institutionnels et acteurs clés de l’écosystème économique tuniso-allemand.
Ouverte par le président de l’AHK Tunisie, Ghazi El Biche, en présence d’Elisabeth Wolbers, ambassadeur d’Allemagne en Tunisie, cette rencontre annuelle a été l’occasion de dresser le bilan des activités et les réalisations de l’année 2025 et présenter les perspectives de développement de la Chambre et de réaffirmer son engagement en faveur du renforcement des relations économiques entre la Tunisie et l’Allemagne.
Cette 47ᵉ édition a également constitué un espace de réflexion et de dialogue autour des enjeux économiques, nationaux et géopolitiques majeurs auxquels la Tunisie est aujourd’hui confrontée.
Dans un contexte marqué par la restructuration des chaînes d’approvisionnement mondiales et le développement du nearshoring, les entreprises allemandes considèrent plus que jamais la Tunisie comme une destination d’investissement stratégique.
Cette dynamique se reflète dans des indicateurs particulièrement encourageants : l’Allemagne a gardé sa position comme le deuxième investisseur étranger en Tunisie en 2025, tandis que l’excédent commercial tunisien avec l’Allemagne a dépassé les 771 millions d’euros en 2025.
À l’issue de l’assemblée générale, l’AHK Tunisie a organisé un débat autour du thème : «La Tunisie – compétences, compétitivité aujourd’hui et demain». En présence de Mhamed Ben Abid, directeur général du suivi et de l’évaluation des réformes du climat des affaires, accompagné de Jalel Tebib, directeur général de la Fipa et directeur général par intérim de la TIA.
Ce débat a permis d’approfondir les réflexions sur les leviers de compétitivité et de développement des compétences en Tunisie.
Jörn Bousselmi, directeur général de l’AHK Tunisie et membre exécutif du comité directeur, a présenté à cette occasion un aperçu des premiers résultats de l’enquête annuelle menée auprès des entreprises allemandes établies en Tunisie.
À travers cette rencontre, l’AHK Tunisie confirme sa vocation de passerelle entre les économies tunisienne et allemande, avec pour objectif de renforcer un climat propice à l’investissement et à une croissance durable.
Le prochain Forum d’affaires Italie-Tunisie et la 22e édition du Tunisia Investment Forum (TIF), qui réuniront des milliers de participants du monde entier à Tunis les 24 et 25 juin 2026, vont ériger le concept de «relocalisation technologique» en axe stratégique de la coopération bilatérale dans le cadre de la redéfinition des chaînes de valeur européennes, accélérée par les récentes crises mondiales. La Tunisie, 5e exportateur mondial d’ingénieurs, peut devenir un pôle d’innovation capable d’attirer et de soutenir des investissements à forte valeur ajoutée. Italiens, mais aussi européens.
La Tunisie, traditionnellement perçue comme un marché local à bas coûts, devient rapidement un partenaire essentiel pour l’intégration des technologies de pointe, notamment dans les secteurs automobile, aéronautique, des nouvelles technologies et des matériaux stratégiques.
La redéfinition des chaînes de valeur européennes, accélérée par les récentes crises mondiales, pousse la Méditerranée vers un nouveau paradigme industriel. Au cœur de cette transformation se trouve le concept de «relocalisation technologique» et des dynamiques industriels qu’il inspire.
De la sous-traitance à la co-conception en ingénierie
Le panel consacré à l’industrie de pointe, au cœur des prochaines réunions organisées par l’Agence de promotion des investissements extérieurs (Fipa) en collaboration avec les institutions et associations professionnelles italiennes, témoigne d’une nette accélération du rythme. La sous-traitance traditionnelle cède la place à une véritable co-conception en ingénierie. Le rôle de la Tunisie dans le développement du concept de véhicules pilotés par logiciel en est emblématique. Des entreprises internationales de premier plan dans les secteurs de l’automobile et de l’électronique, telles qu’Ampere et Actia, ont récemment choisi d’implanter leurs équipes dédiées aux systèmes embarqués et aux logiciels de diagnostic pour l’électromobilité de nouvelle génération dans notre pays.
Fort d’un écosystème comprenant plus de 16 chercheurs, des pôles de compétitivité stratégiques (de Bizerte à Zarzis) et des exportations de services TIC en constante croissance (le secteur contribue à hauteur de 11 % au PIB national), la Tunisie se positionne comme un pôle d’innovation capable d’attirer et de soutenir des investissements à forte valeur ajoutée.
Dans ce contexte, le secteur manufacturier italien prend des mesures cruciales pour sécuriser ses chaînes d’approvisionnement et atténuer son exposition aux fluctuations logistiques et géopolitiques des marchés asiatiques.
Des associations professionnelles de premier plan, telles qu’Assolombarda – qui a joué un rôle moteur dans l’organisation des missions commerciales fin juin – et Sicindustria, forte du succès récent d’«AfroSicilia» à Monreale, cartographient activement la région afin d’établir des coentreprises stables avec des partenaires tunisiens. L’objectif des entreprises de la chaîne d’approvisionnement (composants, mécatronique, microélectronique) est double : d’une part, créer des synergies industrielles permettant de raccourcir et de sécuriser les circuits logistiques des produits «Made in Italy» ; d’autre part, établir un corridor privilégié pour l’accès et la transformation des matières premières critiques essentielles à la transition énergétique et numérique.
Un pôle d’intégration verticale euro-africaine
Les petites et moyennes entreprises (PME) italiennes, notamment dans le sud de l’Italie, ne considèrent plus la côte sud comme une simple plateforme de délocalisation pour contenir les coûts, mais comme un pôle d’intégration verticale indispensable à la survie et à la compétitivité de l’industrie manufacturière européenne.
D’un point de vue stratégique et diplomatique, la consolidation de la production et de la production de proximité en Tunisie dépasse le cadre strictement bilatéral.
En parfaite adéquation avec le plan Mattei promu par le gouvernement italien, notre pays tire parti de sa vocation logistique pour se positionner comme une porte d’entrée privilégiée vers le vaste marché continental africain, facilitée par la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Le développement des infrastructures de transport, l’alignement sur les normes de production européennes et la disponibilité d’un capital humain hautement qualifié (la Tunisie est le cinquième exportateur mondial d’ingénieurs) font de l’axe italo-tunisien un atout majeur pour pénétrer les marchés subsahariens.
Dans cette perspective, la sécurité d’approvisionnement et le développement conjoint de technologies de pointe ne sont pas seulement des leviers économiques, mais aussi des facteurs essentiels à la stabilité régionale.
Le prochain Forum de Tunis constituera donc un terrain d’expérimentation pour évaluer la maturité d’un partenariat qui, par la technologie et l’industrie, vise à garantir la sécurité et la compétitivité de la Méditerranée au sens large.
Les travaux de protection de Sidi Bou Saïd contre les glissements de terrain devraient débuter dans les prochaines semaines. Mondialement connue pour son architecture emblématique blanche et bleue et ses vues spectaculaires sur la mer Méditerranée, Sidi Bou Saïd est située sur un promontoire à environ 20 km au nord-est de Tunis et à proximité des ruines de l’ancienne Carthage.
La protection de la colline de Sidi Bou Saïd «s’inscrit dans le cadre des efforts nationaux visant à préserver l’un des sites les plus emblématiques de Tunisie et à transmettre son patrimoine naturel et architectural aux générations futures», a déclaré Salah Zouari, ministre de l’Equipement et de l’Habitat et ministre de l’Industrie par intérim, en présidant, mercredi 10 juin 2026, le comité de pilotage chargé de superviser le projet de protection du plateau sur lequel ce village est érigé. «Ce projet est particulièrement important car il permettra de réduire les risques de glissements de terrain, garantissant ainsi une plus grande sécurité aux habitants et la protection des biens et des infrastructures», a souligné M. Zouari, en mettant en avant la valeur historique, culturelle et architecturale de Sidi Bou Saïd.
Le chef d’état-major des armées et de nombreux responsables et représentants des institutions impliquées dans cette initiative ont assisté à la réunion, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la décision n° 11 du Premier ministre du 26 janvier 2026, qui a confié au ministère de l’Equipement et de l’Habitat la tâche de superviser l’achèvement des études et des travaux visant à protéger Sidi Bou Saïd des glissements de terrain, dans le cadre du programme national de protection des zones urbaines et de la bande côtière et de surveillance des infrastructures.
En flânant dans les ruelles pavées de Sidi Bou Saïd, on est entouré de bâtiments aux façades d’un blanc immaculé, contrastant fortement avec les portes, les fenêtres et les grilles en bois finement ouvragées, peintes d’un bleu profond. Les portes sont souvent ornées de décorations géométriques et symboliques réalisées à l’aide de grands clous noirs. Ce style architectural harmonieux est protégé par la législation locale afin de préserver le charme andalou et mauresque du village. Le risque de glissements de terrain à Sidi Bou Saïd est actuellement très élevé et constitue une urgence nationale, notamment après les intempéries du début d’année.
Fin janvier, des pluies exceptionnelles ont déversé près de 300 mm d’eau en 48 heures. Cette violente tempête, qui a coûté la vie à cinq personnes en Tunisie, a saturé les sols de Sidi Bou Saïd. Le sol s’est effondré à plusieurs endroits, ouvrant de profondes fissures et provoquant des glissements de terrain sur les pentes descendant vers la mer. La fragilité du site a contraint les autorités à prendre des mesures drastiques.
Huit bâtiments, considérés comme menaçant de s’effondrer, ont été évacués, forçant certaines familles à quitter leurs maisons ancestrales. L’accès à la colline a été interdit aux bus et camions touristiques, car les vibrations et le poids aggravaient l’instabilité du terrain, provoquant la ruine de certains vendeurs de souvenirs et d’artisanat. Plusieurs routes ont été bouclées, et même des sites historiques d’une valeur inestimable, comme les abords du palais Ennejma Ezzahra (la villa construite par le baron Rodolphe d’Erlanger), sont considérés comme des zones à haut risque.
La réunion de mercredi a permis d’examiner l’avancement de la première phase de l’étude, axée sur le diagnostic de la situation actuelle sur le plateau et la collecte des données techniques et scientifiques nécessaires à la définition des interventions les plus appropriées.
Les autorités ont également annoncé la signature d’une convention avec le Centre national de télédétection pour les levés topographiques et les photographies aériennes indispensables au projet, ainsi qu’une convention avec l’Office national des mines pour l’élaboration de cartes géologiques et géophysiques afin d’identifier les zones les plus exposées aux risques et de prioriser les interventions urgentes.
Candidature à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco
Le ministre Zouari a insisté sur la nécessité de respecter le calendrier prévu et de «mobiliser toutes les ressources techniques et logistiques pour permettre le démarrage des travaux dans les prochaines semaines». «Ce projet a été inscrit parmi les grands travaux publics stratégiques du pays précisément pour accélérer sa mise en œuvre», a-t-il souligné
Le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco examinera la candidature du village de Sidi Bou Saïd, à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial lors de sa 48e session, qui se tiendra à Busan, en Corée du Sud, du 20 au 29 juillet 2026.
La candidature tunisienne figure parmi les 30 nouvelles candidatures qui seront soumises au vote des États membres du Comité entre le 24 et le 26 juillet. Intitulée «Village de Sidi Bou Saïd : un centre d’inspiration culturelle et spirituelle en Méditerranée», la candidature vise à obtenir une reconnaissance internationale indépendante pour ce site archéologique de Carthage, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1979. Elle est actuellement évaluée par des experts du Conseil international des monuments et des sites (Icomos), chargés d’évaluer l’état de conservation du site, sa sécurité et l’efficacité du plan de gestion mis en place pour répondre aux enjeux du tourisme et aux risques d’instabilité du sol.
Une première opération neurochirurgicale d’ablation d’une tumeur cérébrale sur un patient éveillé a eu lieu à l’hôpital militaire universitaire de Sfax et a été couronnée de succès.
L’intervention a été réalisée, le mercredi 10 juin 2026, par l’équipe de neurochirurgie, avec le soutien des services d’anesthésie et de réanimation, sous la conduite de Dr Hichem Ammar et Dr Imen Cherif, dans le cadre d’une approche multidisciplinaire garantissant un haut niveau de sécurité et de précision.
Cette procédure complexe permet une surveillance en temps réel des fonctions neurologiques du patient pendant l’opération.
Le patient est resté conscient tout au long de l’intervention, permettant aux chirurgiens de surveiller en permanence le langage, la motricité et d’autres fonctions cérébrales essentielles, réduisant ainsi le risque de séquelles neurologiques postopératoires.
Selon le ministère de la Défense nationale, il s’agit de la première opération de ce type réalisée à l’hôpital militaire de Sfax et dans le sud de la Tunisie.
La neurochirurgie éveillée est considérée comme l’une des techniques les plus avancées dans le domaine, notamment pour les tumeurs situées dans des zones cérébrales «éloquentes», car elle permet une ablation plus précise des lésions, minimisant les complications et améliorant les résultats fonctionnels pour le patient.
Selon des témoins oculaires, qui en ont diffusé des images et des vidéos sur les réseaux sociaux, un horrible accident survenu ce matin, jeudi 12 juin 2026, entre Mazouna et Regueb, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, a entraîné la mort sur place de deux ouvrières agricoles et des blessures de gravité variable, dont des fractures.
L’accident est survenu lorsqu’un camion léger de marque Isuzu transportant 13 travailleuses agricoles vers leur lieu de travail s’est renversé et s’est retrouvé sur le bas-côté de la route.
D’après les mêmes sources, les blessées ont été transportées vers différents hôpitaux locaux situés à proximité du lieu de l’accident et l’une des femmes, amputée de la main, a été transférée par la Protection civile à l’hôpital de Sidi Bouzid.
Les Etats-Unis sont une grande nation de sport. Avec un impact médiatique considérable. De la NBA au super bowl, en passant par le hockey, le tennis ou le base-ball, le show ne s’arrête point. Mais dans ce festival télévisuel et publicitaire, le football, appelé «soccer» par les Américains du Nord, n’y a occupé qu’une place mineure jusqu’à une époque très récente.
Jean-Guillaume Lozato *
Sans y être fortement enracinée, l’équipe nationale de football des Etats-Unis a tout de même fait partie des toutes premières à avoir figuré dans la World Cup. Pour la première édition de 1930, en Uruguay, rappelons qu’elle s’était retrouvée demi-finaliste.
La suite a été moins convaincante. Bien qu’auréolés d’une victoire historique 1-0 sur l’Angleterre au Mondial 1950, après seize ans d’absence, les hommes au maillot blanc ne réapparaîtront en phase finale qu’à l’occasion d’Italia 90. Le temps d’un réapprentissage fructueux à la fois logistiquement et sportivement puisqu’ils ont perdu leurs trois matches, mais ont su résister un temps contre l’Italie et l’Autriche en s’en sortant avec deux courtes défaites. La gifle 1-5 lui ayant été administrée par ce qui était à l’époque la Tchécoslovaquie et son avant-centre puissant Thomas Skuhravy.
Une courbe sinusoïdale puis ascendante
Une première organisation de Coupe du monde confiée à la nation américaine, en 1994, a projeté le libéro Alexi Lalas et ses compagnons jusqu’en huitièmes de finale. Mais cela n’est apparu que comme une parenthèse, plus que comme une mise au point.
Ce qui a handicapé le développement du foot étasunien c’est la discontinuité, malgré un espace de peuplement conséquent. Plusieurs facteurs sont entrés en jeu. À commencer par l’image d’une activité sportive réservée davantage aux Britanniques puis aux immigrés italiens et latino-américains. Heureusement pour les footballeurs américains, l’entraîneur Bruce Arena a su instaurer une approche renouvelée et efficace de ce sport populaire.
Après l’irrégularité, une inversion de tendance a marqué la courbe américaine jusque-là impactée par un tracé sinusoïdal. En ayant produit une très bonne campagne éliminatoire en 2001, l’équipe US a fait en sorte de rendre cette courbe ascendante en ayant atteint les Quarts de finale au mondial 2002, après s’être débarrassé symboliquement du rival mexicain.
Portée par la ferveur populaire plus attentive qu’auparavant, et bercée par la vague nationaliste imprimée par Donald Trum, la nation à la bannière étoilée aura cette fois-ci l’occasion de briller. Son effectif contient des joueurs à la plus-value grandissante : d’honnêtes défenseurs comme Alex Freeman et Mark Mc Kenzie; des arguments offensifs de poids aussi bien avec des milieux (Giovanni Reyna du Borussia Mönchengladbach et surtout Weston Mc Kennie de la Juventus); une ligne d’attaque fournie avec les trois stars que sont Folarin Balogun, Christian Pulisic et Timothy Weah.
Pour une place au dernier carré
En plus ces points, un autre aspect intervient et il concerne l’entrejeu avec le numéro 6 Cristian Roldan. Un demi très utile pouvant aussi bien officier en tant que défensif ou relayeur. Dans une sorte de rôle de piston ou de pivot, au sein d’un schéma tactique sachant présenter un 4-4-2 à plat un peu comparable à celui de l’actuelle Norvège, ou de l’Islande des années 2012 à 2020. Roldan se poste différemment des anciens internationaux Jimmy Banks et DaMarcus Beasley, mais il présente le point commun avec eux d’être un précieux relais tactique. Notamment avec le premier nommé qui a joué toute sa carrière à Milwaukee, C. Roldan faisant partie des Seattle Sounders. Un enracinement dans le territoire national qui apporte une petite touche déconcertante pour les adversaires, confrontés à une équipe faisant parfois remonter la balle à la façon d’une équipe de Basket, tout comme les Islandais s’étaient inspirés – consciemment ou inconsciemment ? – de la disposition de son rideau de joueurs à partir du handball.
La formation US entrera en lice devant le Paraguay ce samedi 13 juin 2026. Placée dans le groupe D, l’Amérique, après ce duel continental, devra se mesurer à l’Australie et la Turquie. Pas insurmontable. Pas acquis d’avance non plus.
Le fait d’évoluer à domicile et d’avoir accompli de nets progrès incite à imaginer les USA imiter leurs glorieux aînés de 1930 en atteignant le dernier carré.
Le calendrier des États-Unis à la Coupe du monde 2026
13 juin 2026 (3h): États-Unis – Paraguay, à Los Angeles
19 juin 2026 (21h): États-Unis – Australie, à Seattle
26 juin 2026 (4h): Turquie – États-Unis, à Los Angeles
* Enseignant universitaire et analyste de football.
Le taux d’inflation en Tunisie s’est maintenu à 5,5% en mai 2026, mais il reste relativement élevé, d’autant plus que cette stabilité a été enregistrée alors que l’indice des prix à la consommation a poursuivi son rythme ascendant, passant de 194,8 points, en avril, à 195,5 points, en mai. Ceci indique que le coût de la vie continue d’augmenter et que les variations des niveaux des prix se poursuivent malgré l’apparente stabilité du taux d’inflation global.
L’expert en gestion d’actifs, Larbi Benbouhali, cité par l’agence Tap, a expliqué que la stabilité du taux d’inflation ne signifie pas une stabilité des prix, mais indique seulement que les prix continuent de progresser à un rythme annuel proche de celui observé au cours des mois précédents.
L’indice des prix à la consommation de 195,5 points en mai 2026 signifie que le niveau général des prix est devenu supérieur d’environ 95,5 % à celui de l’année de référence 2015, reflétant ainsi la forte hausse du coût de la vie enregistrée au cours de ces dernières années, a encore indiqué M. Bouhali.
«L’économie tunisienne pourrait faire face, au cours de la période à venir, à une nouvelle vague de pressions inflationnistes résultant de l’interaction de plusieurs facteurs internes et externes», avertit l’expert financier. «Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les éventuelles hausses des prix mondiaux de l’énergie qui pourraient en découler, constituent l’un des principaux risques susceptibles de maintenir l’inflation à des niveaux élevés pendant une période plus longue», ajoute-t-il. Et d’expliquer que «toute nouvelle augmentation des prix du pétrole ou des coûts du transport maritime et du fret international se répercutera directement sur les coûts de production et d’importation en Tunisie, ce qui pourrait entraîner une transmission des pressions inflationnistes à l’ensemble des secteurs économiques.»
Pour ne rien arranger, la persistance de l’inflation conduira au maintien d’une politique monétaire prudente, avec des taux d’intérêt relativement élevés afin de limiter les pressions inflationnistes, ce qui pourrait impacter l’investissement et la croissance économique, au cours de la prochaine période, avertit encore M. Ben Bouhali, qui voit aussi des facteurs internes à l’origine des pressions inflationnistes actuelles, dont l’expansion de la masse monétaire au cours des dernières années (+11 % au cours des douze derniers mois), la hausse des coûts des salaires et de production (+ 5 % cette année, soit +3,5 % nette d’impôt) et l’injection par la Banque centrale de Tunisie (BCT) de 20 milliards de dinars dans l’économie au cours des deux dernières années.
La hausse des prix est aussi expliquée par les pressions financières liées au déficit budgétaire et au financement des dépenses publiques, notamment les subventions de l’énergie et de l’alimentation.
Selon M. Benbouhali, l’inflation cumulée au cours des trois dernières années (2024, 2025 et 2026) s’élève à 18,6 %, en comparaison avec la hausse réelle des salaires des ménages de 5 % en 2026 et l’augmentation des salaires de 2,6 % en 2025 dans le secteur privé. Ce qui signifie que les augmentations salariales ne suffisent pas à compenser la hausse cumulée des prix. Car l’accumulation des hausses de prix sur plusieurs années entraîne une baisse du revenu réel des ménages et une diminution de leur pouvoir d’achat.
La fortune du prince saoudien et dirigeant de Kingdom Holding Compagny Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud explose grâce au succès de son investissement dans SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk qui va réaliser la plus grande introduction boursière de l’histoire.
Imed Bahri
Bloomberg rapporte que lorsque le prince saoudien Al-Walid ben Talal a acquis une participation dans Twitter en 2011, il figurait parmi les investisseurs les plus en vue au monde, avec une fortune estimée à 20 milliards de dollars, et était connu pour ses paris audacieux sur des entreprises comme Apple et News Corp.
À cette époque, Elon Musk n’avait pas encore rejoint le cercle très fermé des milliardaires.
Al-Walid détient 0,63% du capital de SpaceX
Quinze ans plus tard, l’introduction en bourse de SpaceX est sur le point de propulser Musk au rang de premier milliardaire de l’histoire (fortune dépassant les 1000 milliards de dollars), tandis que de nombreux investisseurs de son entourage s’apprêtent à engranger d’énormes profits, notamment le prince saoudien, dont la stratégie d’investissement a été considérablement renforcée par ses liens avec l’homme le plus riche du monde.
La fortune d’Al-Walid a atteint son plus haut niveau en dix ans après que sa société, Kingdom Holding, a confirmé un article du média saoudien Asharq selon lequel le prince et la société détiennent conjointement 0,63% du capital de SpaceX.
Cette annonce a entraîné une hausse de 21% du cours de l’action de Kingdom Holding en deux jours, plus tôt cette semaine, portant la fortune d’Al-Walid à environ 24,5 milliards de dollars, selon l’indice Bloomberg des milliardaires.
Cette participation est l’aboutissement d’un pari initié avec Twitter, désormais connu sous le nom de Platform X, puis étendu à XAI et enfin à SpaceX, liant ainsi l’un des investisseurs les plus importants du Moyen-Orient à l’écosystème technologique privé le plus précieux au monde.
Al-Walid avait rejoint le pari de Musk en 2022, lorsque le fondateur de Tesla a acquis Twitter pour 44 milliards de dollars. Al-Walid a décidé de conserver sa participation plutôt que de la vendre, à l’instar d’autres investisseurs tels que Larry Ellison et Andreessen Horowitz.
Cependant, cette opération n’a pas été sans tensions initiales. Al-Walid a utilisé Twitter à l’époque pour rejeter l’offre de rachat de Musk, affirmant qu’elle était bien en deçà de la valeur intrinsèque de l’entreprise, tandis que Musk raillait le prince saoudien.
Plus tard, Al-Walid a revu sa position et annoncé son soutien à Musk, affirmant qu’il serait un «excellent dirigeant».
Al-Walid a également investi dans XAI, la société d’intelligence artificielle de Musk, aussi bien à titre personnel que via sa société la Kingdom Holding Company, lors de deux levées de fonds en 2024.
Lorsque XAI a fusionné avec X Platform trois mois après son deuxième investissement, Al-Walid, avec la Kingdom Holding Company, est devenu le deuxième actionnaire de la nouvelle entité après Musk.
La chance lui a de nouveau souri en février lorsque Musk a fusionné XAI avec SpaceX, lui offrant ainsi une participation dans ce qui devrait être la plus importante introduction en bourse de l’histoire.
La participation personnelle d’Al-Walid dans SpaceX est actuellement évaluée à environ 3,2 milliards de dollars, sur la base de la valorisation de l’entreprise à 800 milliards de dollars lors d’un placement privé en décembre 2025 et de la valeur de XAI lors de sa levée de fonds de janvier 2026, avant la fusion.
Plus de sept fois l’investissement initial
Les calculs de Bloomberg incluent une décote de 5% due à des contraintes de liquidités.
Al-Walid a toutefois déclaré que sa participation vaut environ 4 milliards de dollars, soit plus de sept fois son investissement initial.
L’introduction en bourse de SpaceX devrait permettre de lever environ 75 milliards de dollars, soit plus du double des 29,4 milliards levés par Saudi Aramco en 2019.
Cette introduction en bourse devrait également profiter à d’autres investisseurs saoudiens, notamment le fonds d’investissement public saoudien Public Investment Fund (PIF), qui gère près de 1 000 milliards de dollars et détient une participation dans Kingdom Holding Company.
Il est à signaler que l’Arabie saoudite a fait de l’intelligence artificielle un pilier de sa stratégie de diversification économique visant à réduire sa dépendance au pétrole.
Humain, une entreprise spécialisée en IA soutenue par le PIF, a également investi 3 milliards de dollars dans XAI cette année, dans le cadre d’une levée de fonds de 20 milliards de dollars.
Cet accord a permis à Humain d’acquérir une participation minoritaire significative dans XAI, participation qui, selon l’entreprise à l’époque, serait convertie en actions SpaceX.
Cet accord est intervenu après une période de tensions entre Musk et le PIF.
En 2018, l’annonce éphémère par Musk de son intention de privatiser Tesla à 420 dollars l’action a provoqué une rupture publique avec le fonds d’investissement public (PIF), Musk estimant que ce dernier n’avait pas apporté un soutien public suffisant à l’opération.
Des SMS révélés ultérieurement lors de procédures judiciaires ont montré que Musk avait écrit au dirigeant du PIF Yasir Al-Rumayyan : «Je suis désolé, mais nous ne pouvons pas travailler ensemble.» Ce à quoi Al-Rumayyan a répondu : «C’est à vous de décider, Elon».
Mais en 2024, le ton avait changé. Musk est intervenu par vidéo à la conférence Future Investment Initiative à Riyad, s’adressant à un large public sur le thème de l’intelligence artificielle, tandis qu’Al-Rumayyan était assis au premier rang.
Pendant des années, Al-Walid ben Talal a été l’un des financiers les plus en vue du Moyen-Orient, connu pour son extravagance, ses démonstrations ostentatoires de relations et ses investissements audacieux.
Toutefois une nuit de fin 2017, il fut arrêté avec des dizaines de princes et d’hommes d’affaires à l’hôtel Ritz-Carlton de Riyad, dans le cadre de la campagne du prince héritier Mohammed ben Salmane contre ce qui était présenté comme de la corruption.
Libéré après 83 jours suite à un accord secret, il déclara par la suite que cette épreuve avait prouvé son innocence.
La nature des accusations portées contre lui demeurait floue mais les actions de Kingdom Holding Company et la fortune personnelle d’Al-Walid en subirent un net recul. Sa fortune chuta à moins de 13 milliards de dollars en 2020, soit environ un tiers de son niveau record de 2014.
Aujourd’hui, cependant, son pari sur l’empire de Musk lui a permis de retrouver une notoriété et un prestige qu’il n’avait plus connus depuis son investissement massif dans Citigroup dans les années 1990 alors que le groupe était aux prises avec un important déficit de créances douteuses.
Al-Walid publie régulièrement sur la plateforme X des images de lui et de Musk générées par IA, notamment une photo récurrente où ils apparaissent côte à côte déguisés en guerriers de la série télévisée Game of Thrones.
Sur une photo récente, Alwaleed était déguisé en Superman, tandis que Musk était en Batman. Le message l’accompagnant disait : «Leadership audacieux, exécution exceptionnelle. Notre partenariat avec mon ami et allié Elon Musk a un impact mondial».
‘‘Perdus – L’épreuve du vide’’ d’Asma Ben Daly (Arcadia Éditions, Tunis, avril 2026), est un essai discret dans sa forme, mais dense dans ses implications. Dès la quatrième de couverture, une interrogation en donne le ton : «Et si la perte n’était pas seulement une épreuve, mais une traversée inévitable ?»
Djamal Guettala
Derrière cette question, l’ouvrage s’inscrit dans le champ psychopédagogique tout en le débordant, en élargissant la réflexion aux fragilités éducatives et sociales contemporaines : effritement des repères, instabilité des liens, fragilisation de l’autorité adulte et discontinuité des parcours scolaires.
L’autrice, enseignante en arts plastiques, directrice d’établissement et formatrice, propose une lecture transversale des tensions qui traversent les espaces éducatifs.
L’enfant et l’adolescent y occupent une place centrale, mais toujours en lien avec leur environnement. Parents, enseignants et éducateurs apparaissent eux aussi confrontés à des incertitudes structurelles qui redéfinissent leurs rôles et leurs marges d’action.
Dans cette perspective, la perte ne se limite plus à un événement isolé. Elle devient un état diffus, inscrit dans les relations, les institutions et les trajectoires éducatives. Elle circule dans les silences, dans les ruptures non dites et dans les ajustements permanents du quotidien scolaire.
Cartographie des fragilités éducatives
Les comportements scolaires — agitation, repli, opposition ou désengagement — sont alors relus comme des signes possibles de ruptures non élaborées, de pertes symboliques ou d’insécurités affectives, et non comme de simples problèmes disciplinaires. Cette grille de lecture déplace le regard institutionnel vers une compréhension plus fine des trajectoires individuelles.
L’ouvrage accorde une place centrale aux effets du silence autour des événements douloureux.
Au nom de la protection, certaines situations — décès, séparations, absences — sont parfois tues ou reformulées. L’autrice souligne un paradoxe : ce silence, loin de protéger, peut produire de la confusion et renforcer l’angoisse.
Ce qui n’est pas nommé ne disparaît pas. Il continue d’agir, mais sous des formes diffuses, souvent plus difficiles à identifier pour les adultes. Privé de repères explicatifs, l’enfant construit ses propres interprétations, souvent plus lourdes que la réalité elle-même. L’absence de mots devient alors un espace d’incertitude prolongée.
Cette analyse interroge directement les pratiques éducatives et familiales, entre volonté de protection et difficulté à dire. Elle met en lumière la nécessité d’une parole ajustée, ni brutale ni évitée, mais structurante.
La continuité éducative comme point de tension
Autre axe structurant : la stabilité des figures adultes dans le parcours de l’enfant.
Les changements d’enseignants, les départs non annoncés ou les ruptures de suivi sont analysés comme des événements à forte portée symbolique. Dans la logique institutionnelle, ils relèvent de l’organisation ; dans l’expérience de l’enfant, ils relèvent du lien.
Cette différence de lecture produit un décalage durable entre fonctionnement administratif et perception affective. L’adulte raisonne en termes de structure, de mobilité ou de contraintes professionnelles. L’enfant, lui, interprète ces ruptures à partir de la continuité du lien.
Lorsque cette continuité se brise sans explication, elle laisse une trace silencieuse, souvent durable, dans la manière dont l’enfant se représente sa place dans le monde scolaire.
Au-delà du champ éducatif, l’ouvrage met en lumière des transformations plus larges : fragilisation des liens sociaux, instabilité des repères symboliques et difficulté croissante à inscrire les trajectoires dans la durée.
Ces évolutions dépassent l’école, mais s’y reflètent avec une intensité particulière, car elle reste l’un des premiers lieux d’exposition aux ruptures et aux transitions.
Une lecture des fragilités contemporaines
Dans ce contexte, la perte apparaît moins comme un accident que comme une condition contemporaine, qui traverse les espaces éducatifs autant que les structures sociales.
Mais la force de ‘‘Perdus – L’épreuve du vide’’ tient peut-être ailleurs. Le livre ne cherche ni l’effet spectaculaire ni la démonstration théorique. Il s’appuie sur le terrain, sur l’expérience humaine et sur des situations concrètes pour explorer les multiples formes de la perte : le deuil, bien sûr, mais aussi les absences, les ruptures, les silences et les incertitudes qui jalonnent les parcours des enfants.
L’un de ses apports les plus convaincants réside dans l’attention portée à la stabilité du lien et à la responsabilité des adultes. À l’heure où les débats éducatifs sont souvent dominés par les méthodes, les programmes et les résultats, Asma Ben Daly rappelle que la présence, la continuité et la parole juste demeurent des repères essentiels.
Le ton adopté contribue également à la qualité de l’ensemble. L’autrice n’accuse pas. Elle n’idéalise pas davantage. Elle cherche à comprendre, à mettre en mots et à accompagner. C’est probablement dans cet équilibre que réside la force du livre.
Sans emphase ni posture militante, ‘‘Perdus – L’épreuve du vide’’ s’impose finalement comme un ouvrage utile, profondément humain et intellectuellement honnête, qui invite à regarder autrement les fragilités de l’enfance et les responsabilités du monde adulte.
Selon un classement publié le mardi 9 juin 2026 par le think tank australien Institute for Economics and Peace (IEP), dont l’indice mondial de la paix (Global Peace Index/GPI) évalue les tendances pacifiques dans le monde, la Tunisie est au 11e rang des pays africains les plus paisibles (77e sur le plan mondial).
En 2008, année du démarrage de ce classement, la Tunisie était classée 5e en Afrique et 52e dans le monde. C’est dire qu’elle a perdu 6 places sur le plan africain et 25 sur le plan mondial en 18 ans.
Dans le Top 10 africain, on retrouve dans l’ordre Maurice (1er, 18e), la Guinée équatoriale (2e, 38e), le Botswana (3e, 50e), la Gambie (4e, 56e), Madagascar (5e, 59e), la Namibie (6e, 63e), le Maroc (7e, 65e), la Sierra Leone (8e, 74e), le Sénégal (9e, 75e) et le Ghana (10e, 76e).
Les autres pays d’Afrique du Nord se classent comme suit : Algérie (19e, 91e), la Mauritanie (25e, 112e), l’Egypte (26e, 113e) et la Libye (33e, 125e)
À l’échelle mondiale, l’Afrique du Nord & Moyen-Orient est la région la moins paisible au monde, suivie de l’Asie du Sud et de l’Afrique.
L’Islande arrive en tête du classement des pays les plus paisibles, suivie par la Nouvelle-Zélande et la Suisse, tandis qu’en bas de tableau, on trouve la Russie, le Soudan et la République démocratique du Congo.
Le classement s’appuie sur 23 indicateurs quantitatifs et qualitatifs répartis en trois domaines : le niveau de sûreté et de sécurité (impact du terrorisme, nombre d’homicides pour 100 000 habitants, facilité d’accès aux armes légères, etc.) ; l’ampleur des conflits domestiques et internationaux en cours (nombre et durée de conflits internes, relations avec les pays voisins, implication dans des conflits extérieurs, etc.) et le degré de militarisation (budget de la défense en pourcentage du PIB, effectifs des forces armées, capacités en matière d’armes lourdes et d’armes nucléaires, etc.).
Les unités de sécurité du district de sécurité nationale de Sidi Hassine, quartier populaire à la lisière ouest de Tunis, auraient résolu une affaire de meurtre mystérieuse restée non élucidée pendant près d’un an. Selon une source sécuritaire citée sur Mosaique FM, tous les suspects auraient été arrêtés : la mère, la sœur, le frère et une amie de la victime.
L’affaire remonte au 2 juillet 2025, date à laquelle le décès d’un jeune homme a été signalé à son domicile, dans le quartier Omar Al-Mokhtar, dans des circonstances suspectes.
La cause exacte du décès n’ayant pu être alors élucidée, le parquet du tribunal de première instance de Tunis 2 a autorisé l’unité de police judiciaire de Sidi Hassine à poursuivre l’enquête et à procéder à tous les examens nécessaires pour faire la lumière sur ce drame.
Selon des sources sécuritaires, les premiers rapports médicaux indiquaient une forte probabilité de mort par asphyxie, ce qui a incité les enquêteurs à intensifier leurs investigations et à réexaminer tous les aspects de l’affaire. Et c’est ainsi que l’attention des enquêteurs s’est portée sur les membres de la famille du défunt, notamment sa demi-sœur et une amie de celle-ci, qui avaient quitté le domicile après le drame. Localisées à Meghiret Inzel et Fouchana, celles ont été arrêtées et une série de perquisitions ont pu être menées.
Lors de son interrogatoire, la demi-sœur s’est effondrée et a avoué avoir planifié et commis le crime avec la complicité de sa mère, de son frère et de son amie. Ils avaient mis un raticide dans la nourriture du défunt et, son état s’étant dégradé, ils l’avaient étouffé avec un oreiller jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Citant les mêmes sources, Mosaique FM a indiqué que la suspecte, interrogée sur le mobile du crime, a expliqué avoir subi des agressions sexuelles répétées de la part de son frère, ayant entraîné sa grossesse. Elle a aussi évoqué des violences répétées à son encontre et à celle de son amie de la part de la victime.
La mère et le frère de la victime ayant pris la fuite après l’arrestation des deux premières suspectes, les agents du district de sécurité de Sidi Hassine n’ont pas tardé à les localiser dans une maison louée dans le quartier de Bardo et à les arrêter eux aussi.
Les quatre suspects ont été déférés devant les autorités judiciaires compétentes pour meurtre avec préméditation et complicité. Et l’enquête se poursuit.
Le mercredi 10 juin 2026, la chambre compétente du Tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter au 15 juillet 2026 l’audience relative à l’appel interjeté par la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH) contre la décision de suspension de ses activités.
Le comité directeur de la Ligue avait reçu, le 24 avril 2026, une ordonnance du président du Tribunal de première instance de Tunis suspendant les activités de l’organisation pour un mois. «La LTDH a formé un appel contre cette décision conformément aux procédures légales applicables, exerçant ainsi son droit à défendre son indépendance et à poursuivre ses activités dans le respect de la loi», indique son communiqué de presse.
En réaction à cette suspension, l’Union européenne (UE), principal partenaire de la Tunisie, a exprimé, dans un communiqué, sa «profonde préoccupation », qualifiant la LTDH d’«organisation emblématique de la société civile tunisienne, un acteur essentiel pour la promotion et la protection des droits de l’homme en Tunisie, et co-récipiendaire du prix Nobel de la paix 2015.»
«L’Union européenne continuera à suivre de près la situation et à engager un dialogue avec les autorités tunisiennes pour promouvoir les droits de l’homme et l’État de droit dans le pays, conformément à l’Accord d’association UE-Tunisie et aux obligations nationales et internationales de la Tunisie », a-telle ajouté dans son communiqué.
Seul-en-scène, le vendredi 26 juin 2026 à 20 heures, à la Cité des Sciences de Tunis, Majid Eddaikhane raconte dans son spectacle ‘‘Schizophrénie’’ l’histoire authentique d’un homme, nous ouvre la porte de son monde intérieur et nous questionne à travers le rire.
Cette création sensible et fédératrice parle d’ascension, de santé mentale, de transmission, d’inégalités invisibles, d’identité fracturée, de réconciliation et d’espoir.
Face à un climat ambiant où les discours se durcissent, ce spectacle ouvre le dialogue, fait tomber les masques et nous renvoie à nos propres contradictions.
Une comédie qui éveille et amuse
Ni stand-up classique, ni théâtre traditionnel, ‘‘Schizophrénie’’ est une œuvre hybride, sensible et fédératrice, où le rire devient un remède, un moyen de dire ce qu’on tait, un espace pour retisser du collectif. «Je veux créer un théâtre qui parle vrai. Un théâtre qui ne sépare pas le fond de la forme, ni l’intime du politique», précise Majid Eddaikhane.
À travers ‘‘Schizophrénie’’, il tente de rassembler toutes les versions de lui-même : l’ingénieur trop lisse, l’enfant du quartier qu’on attend au tournant, le fils pris entre deux cultures, l’entrepreneur qui réussit «comme il faut», l’homme qui doute, qui tombe, qui se relève.
Avec une grande tendresse, il évoque les trajectoires cabossées, les parents qui ont fait «comme ils ont pu», la normalité qu’on invente pour survivre.
Avec une lucidité désarmante, Majid Eddaikhane revient sur les moments de bascule : quand tout s’effondre, quand la société vous rappelle qui vous êtes… ou qui vous n’êtes pas. Et avec humour, toujours, il met en lumière les contradictions, les masques qu’on porte, les pièges à éviter, les illusions qu’on poursuit.
Le spectacle, d’une durée d’1h15, sera suivi d’un bord plateau «On fait quoi maintenant ?» de 45 minutesdestiné à échanger et ouvrir le débat autour d’enjeux de société.
Cette proposition artistique unique est un miroir tendu à une génération qui se cherche, qui étouffe, qui veut comprendre d’où elle vient pour savoir où aller.
Accueilli par l’Alliance Française de Tunis dans le cadre de la 6e édition du festival Cinémana Mare Nostrum, ce spectacle fait rire autant qu’il fait réfléchir, et ouvre un espace de dialogue inédit.
L’humour comme un moyen de reconstruction
Originaire du Val Fourré à Mantes-la-Jolie (78) est un auteur, comédien, ingénieur de formation et entrepreneur engagé dans les quartiers populaires. Il a fondé plusieurs écoles du numérique à Mantes-la-Jolie, Trappes et Paris 18ᵉ, formant des publics issus des Quartiers Prioritaires de la politique de la ville (QPV) au développement web, à l’intelligence artificielle et à la cybersécurité. En 2017, il a produit le long-métrage indépendant ‘‘Ils l’ont fait’’, une comédie diffusée lors de plus de 220 projections-débats en France et à l’étranger. Avec son spectacle ‘‘Schizophrénie’’, il invente un seul-en-scène intime et citoyen, où l’humour devient un chemin de reconstruction et de vérité. Son travail croise introspection, enjeux sociaux et volonté de faire ensemble plutôt que seulement vivre ensemble.
Le spectacle a été coécrit avec Yazid Ait Hamoudi, auteur, comédien et infirmier en Centre Médico-Psychologique.
La directrice générale du Centre des musiques arabes et méditerranéennes (CMAM), Saloua Ben Hafaiedh, et l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, ont officiellement inauguré, le 10 juin 2026, une nouvelle expérience immersive de réalité virtuelle et étendue (VR/XR) au palais Ennejma Ezzahra, à Sidi Bou Said.
Grâce à des technologies numériques de pointe, cette expérience plonge les visiteurs dans l’histoire du Congrès de musique arabe du Caire en 1932 et des personnalités influentes qui ont façonné le patrimoine musical de la Tunisie et de la région, dont le Baron Rodolphe d’Erlanger, qui avait construit le palais Ennajma Ezzahra.
Cette visite en réalité virtuelle a été financée dans le cadre du Fond des ambassadeurs des États-Unis pour la préservation culturelle (AFCP), à travers une subvention accordée au CMAM sous la tutelle du ministère des Affaires culturelles. Elle a été réalisée en partenariat avec le Tunis International Center for Digital Cultural Economy (TICDCE) et Tynass, une jeune startup tunisienne innovante spécialisée dans les technologies de réalité virtuelle et étendue.
Cette expérience, qui permet au public de découvrir plus largement le riche héritage musical de la Tunisie, illustre également la contribution des technologies immersives à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel pour les générations futures.
Le patrimoine revisité en réalité virtuelle
Lors de la cérémonie d’inauguration, la directrice du CMAM, Mme Ben Hafaiedh, a souligné l’importance de ce projet pour la préservation et la promotion du patrimoine musical tunisien, déclarant : «Cette expérience immersive reflète l’engagement du CMAM, sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, à préserver, documenter et transmettre le patrimoine musical tunisien aux générations futures. En associant une recherche historique rigoureuse à des technologies numériques innovantes, nous créons de nouvelles façons pour le public de se familiariser avec l’histoire de la musique arabe et méditerranéenne. Ce projet contribue également à renforcer les outils de médiation culturelle et à élargir l’accès au patrimoine grâce à des expériences innovantes pour les visiteurs.»
L’ambassadeur Bazzi a déclaré : «Alors que les États-Unis célèbrent le 250e anniversaire de leur indépendance et près de 230 ans d’amitié avec la Tunisie, nous sommes fiers de soutenir des initiatives qui préservent et font connaître le riche patrimoine culturel tunisien tout en exploitant des technologies innovantes. Cette nouvelle expérience de réalité virtuelle constitue une nouvelle étape importante. Elle utilise une technologie immersive pour faire découvrir le CMAM et Ennejma Ezzahra à des personnes qui n’auraient peut-être pas l’occasion de s’y rendre en personne. Nous espérons que cet accès virtuel incitera le public à découvrir l’histoire unique de la Tunisie et, peut-être, à la vivre un jour de ses propres yeux.»
Valoriser les traditions musicales tunisien et arabe
Cette visite en réalité virtuelle de 15 minutes propose des représentations 3D très détaillées du Baron Rodolphe d’Erlanger, de Mannoubi Snoussi, de Khemaïs Tarnane et d’Ahmed El Ouafi, ainsi que des interfaces interactives de réalité virtuelle permettant aux visiteurs de découvrir l’histoire et l’importance de la participation tunisienne au Congrès du Caire.
Disponible en français, en anglais et en arabe tunisien, cette expérience est conçue pour toucher des publics variés et élargir l’accès au patrimoine musical tunisien, tant au niveau local qu’international.
Afin de garantir les plus hauts standards de qualité et d’exactitude historique, le projet a réuni des experts en technologies VR/XR, des musicologues et des spécialistes du patrimoine qui ont tous contribué à l’élaboration et à la validation du contenu et des textes de médiation.
Ce projet marque une avancée majeure dans la préservation et la promotion du patrimoine musical tunisien. Il contribue également à la mission du CMAM de sauvegarder et de valoriser les riches traditions musicales et culturelles de la Tunisie et de l’ensemble de la région arabe et méditerranéenne. Par ailleurs, il illustre l’engagement du CMAM et du ministère des Affaires culturelles en faveur de technologies innovantes au service de la préservation du patrimoine, de l’éducation et de la sensibilisation du public.
Ce projet témoigne de l’amitié solide et ancienne entre les États-Unis et la Tunisie, et reflète le développement constant des liens de coopération entre les deux pays.
L’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA) appelle tous les acteurs économiques et les parties prenantes impliqués dans le transport, l’exposition et la distribution d’eau en bouteille et de boissons non alcoolisées à respecter les exigences fondamentales en matière de sécurité alimentaire.
Compte tenu de la hausse des températures et de la pratique courante consistant à transporter et à exposer les eaux en bouteille et les boissons gazeuses en plein soleil, voire à les stocker dans des lieux inadaptés ne respectant même pas les normes d’hygiène et de sécurité les plus élémentaires – ce qui peut contribuer à la détérioration de ces produits et nuire à la santé des consommateurs –, l’INSSPA insiste sur la nécessité d’assurer une protection adéquate contre la lumière directe du soleil, l’humidité et toute source de contamination tout au long des différentes étapes de stockage, de transport, d’exposition et de distribution de ces produits.
L’Instance précise qu’en cas de non-respect de ces conditions, elle sera contrainte de prendre les mesures légales et réglementaires nécessaires à l’encontre des contrevenants, conformément à la législation applicable, y compris la saisie, la destruction et la publication de rapports officiels.
La 23e édition de la Coupe du monde de football masculin ou Mondial 2026, compétition organisée par la Fifa et qui réunit les meilleures sélections nationales, se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026 conjointement aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Les équipes qui y participeront sont très nombreuses : 48 au lieu de 32 précédemment. Jamais une édition de la grand-messe du ballon rond n’a proposé un programme aussi déroutant et des conditions d’organisation aussi incertaines.
Jean-Guillaume Lozato *
Les slogans des supporters scandent leurs encouragements dans les tribunes autant que leurs attentes. Cette ferveur sera bercée par des rêves pour certains, par des illusions et/ou des désillusions pour d’autres.
Depuis Russia 2018, les incertitudes grandissantes remplacent les certitudes passées, ponctuent le déroulement de cet événement planétaire de tout premier plan.
Les grands classiques
À la bourse des trophées, les cotations en vue sont tout à fait logiquement liées aux grandes puissances déjà titrées par le passé. À l’exception de l’Italie non-qualifiée.
Pour ce qui est des placements «sûrs», la tentation serait à l’évidence de parier sur les prestations des deux dernières formations finalistes. C’est-à-dire l’Argentine de Lionel Messi et la France à la ligne d’attaque exceptionnellement fournie. Un duel qui synthétise le bloc fort de l’exercice sportif dont il est question, puisqu’il renvoie à l’Amérique du Sud et à l’Europe. Deux endroits du monde où se concentrent tous les trophées depuis l’instauration de la coupe Jules Rimet, jusqu’à nos jours.
De cette Pangée euro-américaine ressortent d’autres contrées prestigieuses. Le Brésil arrive en tête. Avec son vivier où se sont extraits ces dernières décennies des garçons comme Vinicius, Estevao ou encore Dell. Secondés par les vétérans Marquinhos et Neymar. Ce dernier pouvant être un joker déterminant, à l’image de ce qu’avait été dans le passé l’international costaricien Hernan Medford.
L’Italie n’étant pas qualifiée, cela laisse une marge de manœuvre à l’Allemagne, l’Espagne et l’Uruguay. Des trois, c’est la «Roja» qui apparaît comme la mieux placée. La «Mannschafft», elle, sera privée de Gnabry si utile pour revigorer la créativité du onze germanique. Quant à l’Angleterre, elle est très difficile à cerner. Car parfois irrésistible, parfois inconstante en misant tout sur l’attaque.
En ce sens, un duel entre les hommes de Thomas Tuchel et ceux de Didier Deschamps mettrait aux prises deux équipes avec de très solides arguments offensifs, mais avec une jonction défense/milieu moins convaincante. Dayot Upamecano tenant la baraque à lui tout seul dans la défense française, tandis que Djed Spence pourrait nettement rafraîchir l’arrière-garde britannique.
Tout ceci correspond à un cercle très fermé. Qui tend à s’ouvrir jusqu’à une démocratisation ?
La diversification s’était déjà opérée avec le sacre de l’Espagne à South Africa 2010, qui n’avait en fait que couronner le bilan d’une domination continentale à partir de 2007. Un peu comme la récompense d’une œuvre générale.
La phase de vraie démocratisation s’étant lancée avec le parcours du Maroc qui avait tant marqué les esprits à la fin de l’année 2022 en terre qatarie.
Pour poursuivre dans cet esprit de dernier carré, n’oublions pas la Croatie bien que moins percutante désormais.
Signalons ensuite le Portugal, de CR7, seule équipe se rapprochant vraiment de l’homogénéité, avec des joueurs souvent polyvalents ; à la différence que par rapport aux autres footballeurs internationaux, les Portugais tirent leur polyvalence du fait d’être complets (Vitinha peut agir à la façon d’un Andrea Pirlo) et non hybrides. Ce qui pourrait être le détail pouvant les amener à l’obtention du Graal…
Pour initier ce catalogue des nouveautés, il est primordial de tenir compte de l’œuvre initiatrice accomplie par le Maroc, génératrice de confiance pour le Grand Maghreb. Un parcours promotionnel pouvant porter chance à l’équipe nationale d’Algérie. Les hommes entraînés par Petkovic pourront compter sur l’apport dynamique de Rayane Aït Nouri et Mohammed Amoura. Avec une arme fatale : l’expérimenté Riyad Mahrez, un gaucher excentré à droite, qui pourra jouer sur cette caractéristique pour déstabiliser bien des adversaires directs et briser les lignes adverses.
Toujours en Afrique, le Sénégal arrive avec des arguments de poids. Placés dans le groupe de la France comme lors de l’exploit de 2002, les Lions de la Teranga ont des atouts. Sur le plan des individualités, le jeune Mamadou Sarr pourrait faire partie des grandes révélations (plus dans un registre de milieu défensif qu’en tant qu’arrière central), sous le regard de l’attaquant star Sadio Mané. Sur le plan psychologique, les Sénégalais bénéficient d’une image positive laissée au Qatar. Des avantages assez forts pour avoir déclenché la polémique à la dernière CAN, mais pour autant assez convaincants pour repenser à terrasser la France dès son premier match en poule ? Pas si sûr, puisqu’en 2002 la formation sénégalise misait davantage sur la technique. Or, sur le plan athlétique France et Sénégal joueront d’égal à égal.
Toujours relativement à l’exotisme, le Japon tentera de faire aussi bien qu’en 2022. Avec un homme dont la bonne utilisation influera sur le parcours : Takefusa Kubo, l’ailier si talentueux de la Real Sociedad. Suffisant pour compenser les blessures de Watadu Endo et Takumi Minamino ?
Autres équipes à vouloir dépasser le plafond de verre : la Belgique, la Colombie, la Côte d’Ivoire le Mexique. De l’autre côté de la frontière, les USA se donneront du mal pour atteindre les demi-finales comme en 1930. Ne pas oublier aussi la Norvège et la Turquie. Les Nordiques avec leur 4-4-2 à plat, les Orientaux avec leur facilité à présenter un dispositif tactique variable.
Le tiers-Etat
`A mi-chemin entre fiabilité et profil potentiellement surprenant, l’Autriche pourrait sans faire de bruit tirer son épingle du jeu, voire accomplir de grandes choses à condition de ne pas compter de blessés dans un effectif loin d’offrir pléthore de possibilités. La Suisse, elle, semble un cran en-dessous. Aussi énigmatique que l’Australie, le Ghana, la Suède, la Tchéquie, la Tunisie décidément moins forte qu’en 2022, l’Uruguay très irrégulier.
Au dernier rang de cette classification du Tiers-État du Mondial, se trouvent l’Australie, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Bosnie-Herzégovine, la Corée du Sud, la République démocratique du Congo, l’Écosse, l’Iran, le Paraguay, l’Ouzbékistan. Le Canada fermant la marche, aspect d’autant plus renforcé depuis le départ en retraite de son milieu à tout faire Atiba Hutchinson, aussi à l’aise dans les interceptions qu’il était utile dans la percussion. Depuis, son absence se ressent sur le jeu canadien dépourvu de créativité à la relance et assez statique dans sa couverture. De plus, le gardien de but Maxime Crépeau ne peut pas toujours s’appuyer sur la synchronisation avec sa défense, à l’exception du latéral gauche Jonathan Davies. Frustrant pour un pays organisateur…
Vient enfin la catégorie des «petits poucets» . Elle regroupe les prétendantes non pas au titre, mais à la survie. Ces équipes, quasiment condamnées à la figuration peuvent ou non bénéficier d’un capital sympathie. En raison de leurs spécificités, de leurs surnoms. Une originalité qui peut de vérifier par le faible nombre d’habitants, donc de licenciés dans les clubs locaux, ou par le look des protagonistes alignés sur le terrain.
Plus sérieusement, il est très difficilement concevable que la Nouvelle-Zélande pourra égaler l’historique de sa voisine australienne. Le Qatar, lui, devra convaincre mais y peinera très certainement. Toujours du côté de l’Orient, Irak et Jordanie n’enthousiasment pas les parieurs. Cependant, si la seconde nommée ne dispose que peu d’arguments, la première citée est plus avantagée et n’a pas volé son 1-1 en Espagne comptant pour un match de préparation.
Quant à Curaçao (à surveiller toutefois son milieu Thahith Chong, du Sheffield Wednesday), Haïti et le Cap-Vert… Prions pour eux !
Néanmoins, pour la statistique objective, et pour le folklore, ces «petites» équipes sont impératives à la bonne marche d’un tournoi. Elles concourent à la découverte et à l’intérêt croissant d’une épreuve. Donc à la remise en question et à plus de tolérance au sens large du terme.
Conclure à la veille d’une coupe du monde de football s’apparente à un non-sens. Temporellement, car c’est anticiper son lancement. Puis le sport repose sur la performance, laquelle est évaluée à partir de résultats chiffrés. Ce risque, après tout, se pose en adéquation avec la folie ambiante qui régit un tel événement.
Alors, pour Kapitalis et ses lecteurs, osons certains pronostics tranchants :
– pour la première fois de son histoire, la Coupe du monde connaîtra un dernier carré sans représentante européenne parmi les équipes rescapées, pour un retour à la normale en 2030 avec une ou deux formations du Vieux Continent à ce stade de la compétition ;
– les révélations : l’Équateur et la Norvège ;
– la surprise : les USA ou l’Algérie ;
– le joker : l’Équateur ;
– les revenantes : la Colombie et la Turquie ;
– les candidates au titre : le Brésil, la France, le Maroc et le Portugal ;
– des déceptions : l’Argentine et l’Allemagne ;
– un vainqueur inédit : le Portugal ;
– les individualités marquantes : Mamadou Sarr (Sénégal), Ousmane Dembélé et Dayot Upamecano (France), Nuno Mendes (Portugal), Christian Roldan (USA), Cristiano Ronaldo (Portugal), Djed Spence (Angleterre) ;
– la poussée des USA jusqu’en demi-finales et le développement accru du Soccer ;
– les récompenses individuelles : Pedri (Espagne) rivalisera avec Ousmane Dembélé ou Achraf Hakimi pour le titre de meilleur joueur du tournoi; Nuno Mendes (Portugal) détient le secret pour marquer sur deux ou trois coups-francs ; Mohammed Salah (Égypte) envisagera le titre de meilleur passeur en ballottage avec les Norvégiens Antonio Nusa et Martin Odegaard ; celui de meilleur buteur sera attribué à Harry Kane (Angleterre), Kylian Mbappé (France), Enner Valencia (Équateur), Ayoub El Kaabi ou Ayoub Bouaddi (Maroc), Haaland (Norvège), Kenan Yildiz (Turquie), Endrik (Brésil).
Pour les gardiens, le goal belge Thibault Courtois en impressionnera plus d’un, tout comme Yassine Bounou (Maroc) et Zion Suzuki (Japon).
Pour le titre de meilleure jeune révélation, pensons à Antonio Nusa et Gessime Yassine (Maroc) ou Ibrahim Maza (Algérie).
* Enseignant universitaire et analyste de football.
Les responsables européens se gargarisent toujours des termes devenus des lubies et des clichés «Europe de la Défense» et «autonomie stratégique européenne». Avec un Donald Trump qui a fait de l’Europe son bouc émissaire et avec sa volonté d’avaler le Groenland, on croyait que les Européens se sont réveillés et ont mis de côté leur ego au profit de l’intérêt collectif du Vieux continent mais voilà qu’au premier test, «l’Europe de la Défense» et «l’autonomie stratégique européenne» ont fait pschitt. L’Allemagne vient de se retirer du projet d’avion de chasse européen conjoint qu’elle développait avec la France et l’Espagne sur fond de désaccord entre Dassault Aviation et Airbus. Photo : Berlin déclare avoir abandonné le projet franco-allemand d’avion de chasse).
Imed Bahri
Selon le Wall Street Journal (WSJ), l’Allemagne s’est retirée du projet FCAS (Future Combat Air System, en français Système européen de combat aérien du futur), développé conjointement avec la France et l’Espagne. Cette décision constitue un nouveau revers pour les efforts de l’Europe visant à renforcer son indépendance en matière de défense, à l’heure où le parapluie sécuritaire américain se retire progressivement du continent.
Selon un haut responsable du gouvernement allemand, cette décision fait suite à l’échec des négociations entre Berlin et Paris pour résoudre le différend qui oppose Airbus et Dassault Aviation sur la direction du projet.
Ce responsable a indiqué que l’Allemagne n’entendait plus participer à la construction ou à l’acquisition de cet avion dans le cadre du projet FCAS, considéré comme la réponse européenne aux avions de combat furtifs américains, chinois et russes de dernière génération.
D’après des sources proches du dossier, cette décision a surpris les responsables français, Paris estimant que les gouvernements participants auraient dû exercer davantage de pression sur les entreprises de défense afin de favoriser la coopération et l’avancement du projet.
Une nouvelle feuille de route
Malgré son retrait du programme d’avions de combat, Berlin prévoit de poursuivre sa coopération avec Paris sur d’autres volets du projet, notamment le «cloud de combat», un réseau d’intelligence artificielle conçu pour relier les futurs appareils à des essaims de drones et à divers systèmes d’armes.
Les ministres de la Défense allemand et français doivent se rencontrer en juillet afin d’élaborer une nouvelle feuille de route pour la coopération en matière de défense, fondée sur un nombre limité de projets plus réalistes et réalisables.
Le projet FCAS visait à combler le déficit de capacités aériennes européennes et, potentiellement, à surpasser le chasseur américain F-35 dans certains domaines.
Cependant, il est devenu un exemple frappant des difficultés rencontrées par l’Europe pour traduire ses dépenses militaires massives en projets de défense unifiés et efficaces.
Réduction de la présence militaire américaine en Europe
Ce problème devient de plus en plus critique à mesure que les États-Unis réduisent leur présence militaire en Europe, dans un contexte de craintes sécuritaires que cela n’incite le président russe Vladimir Poutine à tester la cohésion de l’Otan avant que l’Europe ne puisse combler le vide laissé par le retrait américain.
Cette décision prive l’Allemagne, leader de l’industrie aérospatiale européenne, de tout programme national ou européen majeur pour ses futurs avions de chasse.
Berlin n’a pas encore décidé de rejoindre un programme concurrent existant, tel que le projet GCAP développé par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.
Cependant, les entreprises impliquées dans ce projet concurrent estiment que le programme est déjà à un stade avancé, rendant une réaffectation des rôles industriels extrêmement difficile.
Une dépendance excessive aux États-Unis
Cette situation intervient alors que l’Europe s’inquiète de plus en plus de sa dépendance excessive aux États-Unis dans le domaine de l’armement et de la défense.
L’administration Trump a soulevé des questions quant à son engagement à long terme envers la défense européenne, tandis que l’industrie de défense américaine peine à répondre à la demande croissante de systèmes de défense aérienne, de missiles et d’avions de chasse F-35.
Ces dernières années, Washington a également réorienté certaines commandes d’armements européennes vers ses propres besoins nationaux ou vers l’Ukraine et ses alliés au Moyen-Orient, entraînant de longs délais d’attente pour les pays européens souhaitant acquérir ces armements.
Cette situation a suscité un débat croissant en Europe quant à la dépendance au chasseur américain F-35, qui nécessite des mises à niveau, des mises à jour logicielles et des pièces détachées constantes fournies par le constructeur.
Parallèlement, plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Pologne, développent une nouvelle génération de missiles à longue portée, d’une portée supérieure à 1 600 kilomètres, une capacité dont le continent est dépourvu depuis des décennies.
Bien que l’Europe demeure autosuffisante dans de nombreux systèmes militaires et ait enregistré d’importants succès à l’exportation de navires de guerre, les projets de défense transfrontaliers se heurtent souvent à des complexités politiques et industrielles.
Tensions entre Berlin et Paris
Le principal point de désaccord pour le projet FCAS résidait dans l’insistance du PDG de Dassault Éric Trappier à diriger le projet, fort de l’expérience de son entreprise dans la fabrication d’avions de chasse, tandis qu’Airbus dont les principales activités de défense sont basées en Allemagne refusait de céder la direction du projet.
Après des mois de négociations, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont conclu que les entreprises ne pouvaient être contraintes de coopérer.
Selon un responsable allemand, Merz a suggéré à Paris de poursuivre le développement de l’avion de manière indépendante, tout en explorant d’autres formes de coopération en matière de défense entre les deux pays.
Bien que cette décision représente un revers pour le concept de «souveraineté européenne en matière de défense», Berlin espère qu’elle permettra d’apaiser l’une des principales sources de tension avec Paris, notamment compte tenu de la mise en œuvre d’un accord historique visant à étendre la dissuasion nucléaire française à l’Allemagne et à d’autres pays européens.
Qui remportera la Coupe du monde de football coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique et qui se déroulera du 11 juin au 26 juillet 2026 ? Tout au long de son histoire, le Mondial masculin de football a rarement sacré des outsiders et la 23e édition ne devrait pas faire exception entre une Argentine qui devrait s’accrocher à son trophée, la France revancharde de Mbappé, un Brésil en quête de sa sixième étoile ou encore l’Allemagne et l’Espagne, sûres de leurs forces respectives. Nous présentons ci-dessous les vainqueurs de la Coupe du monde par édition de 1930 à 2022.
Habib Glenza
Uruguay 1930 : Uruguay. Finale remportée contre l’Argentine (4-2). Disputée à domicile dans le stade Centenario construit pour l’occasion, la première édition sacre la Celeste dans une ambiance folle pour ce match face à sa voisine et rivale, l’Argentine. Dans une finale électrique où chaque équipe veut jouer avec son propre ballon (un par mi-temps), les Uruguayens renversent les Argentins après la pause et deviennent les premiers champions de l’Histoire.
Italie1934 : Italie. Finale remportée contre la Tchécoslovaquie (2-1 ap.p.). Sous l’œil de Benito Mussolini, la deuxième édition se déroule en Italie et voit la consécration du pays hôte. Malmenés par les Tchécoslovaques qui ouvrent le score en fin de match, les Azzurri égalisent in extremis avant de forcer la décision durant la prolongation grâce à Angelo Schiavio.
France1938 : Italie. Finale remportée contre la Hongrie (4-2). L’Italie conserve son titre, une performance rare. Portés par leur duo d’attaque Colaussi-Piola (un doublé chacun en finale), les Italiens dominent les Magyars au stade olympique de Colombes. La Coupe du monde n’a que trois éditions et déjà un double champion.
A noter, qu’il n’y a pas eu de compétitions en 1942 et en 1946 en raison de la Seconde Guerre mondiale.
Brésil 1950 : Uruguay. L’édition s’est conclue sur une poule finale et non une phase à élimination directe (dernier match contre le Brésil : 2-1). Coupe du monde disputée sous un format un peu particulier avec une poule finale, l’édition 1950 a, par le hasard des résultats et du calendrier, tout de même accouché d’un match final décisif entre Brésiliens et Uruguayens. Et, alors qu’il suffisait d’un match nul au Brésil, pays hôte, pour remporter sa première étoile, l’Uruguay refroidit le stade du Maracana. Menés 1-0, les Uruguayens marquent deux fois en seconde période, plongeant tout un pays dans un deuil national. La légende noire du «Maracanazo» (coup du Maracana) est née
Suisse 1954: République fédérale d’Allemagne (RFA). Finale remportée contre la Hongrie (3-2). Après le coup du Maracana, le miracle de Berne. Personne ne donnait cher de la peau des Allemands face à la légendaire Hongrie de Puskas, alors invaincue depuis quatre ans. Menés 2-0 après seulement huit minutes de jeu, les joueurs de la RFA réalisent l’impossible en Suisse et renversent la situation. Une première étoile pour eux – loin d’être la dernière.
Suède 1958 : Brésil. Finale remportée contre la Suède (5-2). L’éclosion d’un génie. À seulement 17 ans, le jeune Pelé illumine le Mondial organisé en Suède. Dans une finale spectaculaire, les Brésiliens surclassent le pays hôte, devenant la première nation à remporter la compétition hors de son continent. Pour eux aussi, ce premier trophée est loin d’être le dernier.
Chili 1962 : Brésil. Finale remportée contre la Tchécoslovaquie (3-1). Les Brésiliens n’attendent que quatre ans pour soulever le trophée suivant. Malgré la blessure précoce de Pelé, et l’apparition de Amarildo qui a entraînera par la suite l’Espérance sportive de Tunis, le Brésil conserve sa couronne au Chili grâce à un Garrincha au sommet de son art.
Angleterre 1966 : Angleterre. Finale remportée contre la RFA (4-2 ap.p.). À Wembley, les Anglais décrochent l’unique sacre de leur histoire, au terme d’une finale légendaire contre les Allemands de l’Ouest. Alors que les deux équipes sont à égalité à l’issue du temps réglementaire, Geoff Hurst sacre les siens d’un but qui fait encore débat aujourd’hui : le ballon avait-il ou non franchi la ligne ?
Mexique 1970 : Brésil. Finale remportée contre l’Italie (4-1). L’apothéose du beau jeu. Au Mexique, le Brésil de Pelé, Jairzinho et Carlos Alberto réalise un parcours parfait. La finale est une démonstration technique face à une Italie épuisée par sa demi-finale, le «match du siècle» face à la RFA (4-3), et permet au Brésil de conserver définitivement la coupe Jules Rimet après son troisième sacre. Pelé reste à ce jour le seul joueur à avoir remporté trois fois la compétition.
Allemagne 1974 : République fédérale d’Allemagne (RFA). Finale remportée contre les Pays-Bas (2-1). Le duel des styles. Le «football total» des Néerlandais de Johan Cruyff bute sur le réalisme de la Mannschaft. Menés dès la première minute sur un penalty, les Allemands renversent la situation à domicile grâce à l’inévitable Gerd Müller et soulèvent leur deuxième trophée.
Argentine1978 : Argentine. Finale remportée contre les Pays-Bas (3-1 ap.p.). Les Néerlandais perdent une deuxième finale consécutive. Cette fois face à l’Argentine, qui remporte son premier titre à domicile, dans un contexte politique lourd, alors que les griffes de la dictature militaire viennent de se refermer sur le pays.
Espagne1982: Italie. Finale remportée contre la RFA (3-1). Le réveil des Azzurri. Après un début de tournoi laborieux, l’Italie monte en puissance en Espagne, éliminant le Brésil et l’Argentine. Portés par un Paolo Rossi en état de grâce, les Italiens dominent largement les Allemands en finale pour enfin s’offrir une troisième étoile.
Mexique 1986 : Argentine. Finale remportée contre la RFA (3-2). Le tournoi d’un seul homme, ou presque. Après avoir marqué l’Histoire en quarts de finale face à l’Angleterre, Diego Maradona mène l’Albiceleste vers son deuxième titre mondial au Mexique.
Italie1990 : République fédérale d’Allemagne (RFA). Finale remportée contre l’Argentine (1-0). Même affiche mais résultat différent. Dans un match marqué par deux expulsions côté argentin, les Allemands prennent leur revanche grâce à un penalty transformé par Andreas Brehme en fin de rencontre. Pas de doublé pour Maradona
Etats-Unis1994 : Brésil. Finale remportée contre l’Italie (0-0, t.a.b. 3-2). Aux États-Unis, patrie du divertissement, la Coupe du monde accouche d’une finale bien morne. Pour la première fois de l’Histoire, elle se termine sur un score nul à l’issue de la prolongation, 0-0. La finale n’étant plus à rejouer en cas d’égalité depuis 1986, c’est aux tirs au but que les Brésiliens remportent la quinzième édition de la Coupe du monde, après notamment un tir complètement manqué du génie italien Roberto Baggio.
France 1998 : France. Finale remportée contre le Brésil (3-0). À domicile, les Bleus de Zinedine Zidane réalisent l’exploit parfait pour décrocher la première étoile de leur histoire. Face à des Brésiliens méconnaissables et un Ronaldo diminué, Zizou inscrit deux buts de la tête sur corner avant qu’Emmanuel Petit ne parachève le triomphe français dans une ambiance de folie au Stade de France. Le portrait de Zizou est projeté sur l’Arc de triomphe, en haut des Champs-Élysées.
Corée du sud et Japon 2002 : Brésil. Finale remportée contre l’Allemagne (2-0). Quatre ans après sa finale ratée, Ronaldo survole la compétition. En finale, il trompe par deux fois l’imperturbable Oliver Kahn, permettant à la Seleçao de devenir la seule sélection cinq fois championne de l’Histoire.
Allemagne 2006 : Italie. Finale remportée contre la France (1-1, ap.p. 5-3). Le dernier match de la carrière de Zinedine Zidane est entré dans la légende pour de multiples raisons. D’abord parce que le magicien français a ouvert le score d’une panenka sur penalty face au meilleur gardien du moment, Gianluigi Buffon. Et, comme chaque légende a besoin d’un méchant, Materazzi est celui-là. Le rugueux défenseur italien égalise puis, lors de la prolongation, fait enrager Zizou, qui est expulsé après un «coup de boule». Lors de la séance de tirs au but, Gianluigi Buffon fait le reste. L’Italie décroche sa quatrième étoile en Allemagne.
Afrique du Sud 2010 : Espagne. Finale remportée contre les Pays-Bas (1-0 ap.p.). La première édition sur le sol africain consacre le tiki-taka espagnol. Dans une finale extrêmement fermée, c’est Andrés Iniesta qui délivre la Roja au bout de la prolongation, offrant à l’Espagne le premier titre de son histoire.
Brésil2014 : Allemagne. Finale remportée contre l’Argentine (1-0 ap.p.). Marquée par l’incroyable 7-1 infligé au Brésil en demi-finale, l’Allemagne confirme sa domination en finale au Maracana. Malgré les multiples tentatives de Lionel Messi, c’est le jeune Mario Götze, sorti du banc, qui inscrit le but de la victoire, faisant de la Mannschaft la première nation européenne à s’imposer sur le continent américain.
Russie 2018 : France. Finale remportée contre la Croatie (4-2). Vingt ans après le premier sacre français, les Bleus de Didier Deschamps – passé de capitaine à sélectionneur. La finale est la plus prolifique depuis 1966. La génération Giroud, Pogba, Griezmann, Kanté, Varane, Lloris écrit une belle ligne de palmarès. Et, en attaque, la légende Mbappé est née.
Qatar 2022 : Argentine. Finale remportée contre la France (3-3, ap.p. 4-2). La manche finale voit s’affronter deux superstars : le vieillissant Messi face au prodige Mbappé. Alors que les Bleus sont à la peine pendant les deux tiers du match, Mbappé sonne la révolte et arrache les tirs au but d’un triplé. Mais l’Albiceleste finit par l’emporter grâce à un Emiliano Martínez décisif, permettant à Lionel Messi de parachever sa légende avec le trophée qui manquait à sa collection.
La Méditerranée, voix narrative et lieu de passages, d’espoirs, de rencontres et de destins suspendus entre deux rivages, est au cœur d’‘‘Onde a Sud Ovest’’ (‘‘Onde à Sud Ouest’’), le premier roman de 244 pages de Salvatore Tuccio alias Aethus, disponible dès le 1er juin 2026 aux éditions Youcanprint, et dont l’action se déroule entre Linosa, Lampedusa et la Tunisie.
Le livre, dédié à la mer qui unit et sépare, raconte une histoire d’amour avec les thèmes de la migration, de l’identité, du voyage et du dialogue interculturel.
Les protagonistes sont Monica, une jeune insulaire marquée par la solitude des petites communautés méditerranéennes, et Najib, un jeune Tunisien qui décide d’entreprendre un voyage difficile et périlleux pour répondre à un appel venu de la mer. Ils sont unis par un message dans une bouteille, confié aux courants comme une promesse, une question et la possibilité d’une rencontre.
Ce roman est né d’une longue gestation. Conçu initialement au début des années 2000 comme un scénario, le projet est resté enfoui dans un vieux dossier informatique pendant près de vingt ans avant d’être redécouvert par l’auteur et transformé en récit.
Une métaphore du lien ancestral entre l’Italie et la Tunisie
La préface est signée par l’écrivain et dessinateur Vauro Senesi. ‘‘Onde a Sud Ovest’’ se situe à la frontière entre fiction et mémoire. Plusieurs épisodes s’inspirent des expériences de Tuccio comme bénévole auprès des migrants dans les îles Pélages et de son travail de reporter vidéo. Au fil des ans, l’auteur a recueilli des témoignages sur l’immigration, le Printemps arabe et l’exode des jeunes Tunisiens vers l’Europe, le long d’une des routes migratoires les plus sensibles de la Méditerranée centrale.
L’idée centrale du message dans une bouteille trouve également son origine dans une expérience réelle : à la fin des années 1990, des jeunes de Linosa ont commencé à échanger des lettres avec des jeunes et des habitants d’autres rives de la Méditerranée, confiant leurs lettres à la mer et recevant des réponses de Tunisie, de Libye, de Malte et de Chypre.
À partir de ce simple geste, le roman développe une métaphore du lien ancestral entre l’Italie et la Tunisie, fondée sur la proximité géographique, les souvenirs partagés, les départs, les retours et les liens humains.
Né en 1978 à Linosa, Tuccio a une formation en éducation, en réalisation de documentaires et en engagement social. Après avoir effectué son service civique au Brésil auprès d’enfants des rues, il s’est consacré à la production audiovisuelle, réalisant des courts métrages, des reportages et des documentaires sociaux et environnementaux. En 2018, son documentaire sur les tortues marines a été sélectionné parmi les lauréats du festival de films «ODD en action», organisé par les Nations Unies à New York.
La mer, espace d’espoir et de danger
Dans son livre, Najib ne fuit pas seulement la pauvreté ou la guerre, mais répond à une vocation profondément humaine. Son voyage redonne une dimension personnelle au thème de la migration, le transcendant d’une simple perspective d’urgence. La mer devient ainsi à la fois père et juge, un espace d’espoir et de danger, un lieu où les rêves peuvent se transformer en rencontres ou en tragédies.
Avec ‘‘Onde a Sud Ovest’’, Tuccio propose un récit qui envisage la Méditerranée non seulement comme une frontière, mais aussi comme une archive vivante d’histoires, de mots et de liens. Un roman d’amour et de migration qui utilise la forme poétique pour aborder un sujet réel et toujours d’actualité : la relation entre ceux qui partent et ceux qui attendent, entre les îles italiennes et la Tunisie, entre le désir de traverser la mer et le souvenir de ce qu’elle renferme.