Accidents scolaires : les cas augmentent d’une année à l’autre
Les accidents au sein de nos établissements scolaires ne cessent d’augmenter d’une année à l’autre. Les données spécifiques aux accidents scolaires en Tunisie ne sont pas directement disponibles dans les résultats immédiats, mais les accidents scolaires peuvent être inclus dans les statistiques plus larges des accidents survenus à l’école ou des accidents de la route impliquant des enfants.
Plusieurs types d’accidents scolaires peuvent avoir lieu et les causes de ces accidents sont multiples. On enregistre chaque année des cas de chute (plus de 50%). Ces chutes surviennent principalement dans la cour de récréation, lors des activités sportives (EPS) ou dans les escaliers. Il y a aussi les chocs et les blessures souvent causés par la manipulation d’objets tranchants ou des collisions involontaires entre élèves. Les actes de violence perpétrés parmi les élèves sont souvent à l’origine d’un préjudice quelconque. Que faire pour arrêter de tels accidents ?
Des accidents et des préjudices
C’est que les accidents scolaires demeurent toujours un problème préoccupant. En effet, il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait des chutes accidentelles lors de la récréation ou pendant les séances d’éducation physique ou encore lors des bousculades à l’entrée, à la sortie ou dans les escaliers. Parfois même, des blessures, des fêlures, des fractures, des entorses, des lésions ou des traumatismes peuvent s’avérer lors d’une dispute qui éclate souvent entre les élèves, à l’intérieur ou devant l’école. D’ailleurs, les actes de violence dans nos établissements ne sont pas à démontrer.
Selon les directeurs de ces établissements scolaires, ces accidents peuvent surgir à tout moment. Outre les accidents corporels provoqués volontairement par des actes de violence, il y a ceux qui surviennent intentionnellement à cause d’un manque d’entretien de l’infrastructure de l’école : marches d’escaliers cassées et non réparées, couloirs non dallés, vitres brisées, terrain de sport caillouteux ou tortueux, manque ou insuffisance d’éclairage pendant la sortie à 18h… Parfois, les travaux et les chantiers en cours dans les passages et les couloirs destinés aux élèves peuvent provoquer des accidents chez certains élèves peu attentifs, ainsi que le manque de vigilance des surveillants supposés surveiller les élèves pendant la rentrée et la sortie et lors de la récréation… Quelle que soit l’origine de ces accidents, il y a toujours des préjudices subis par l’élève accidenté. En effet, un accident pourrait perturber la scolarité de l’élève qui se retrouve souvent obligé de rater quelques cours suite à d’éventuelles absences ou aux différentes visites qu’il devrait effectuer à l’hôpital ou à la clinique dans les jours qui suivent l’accident.
Prise en charge
L’on sait que, lors de son inscription, tout élève ou tout étudiant doit payer une somme d’argent au début de chaque année scolaire ou universitaire, à titre d’assurance pour se prémunir contre d’éventuels accidents. En Tunisie, c’est la MASU (Mutuelle Assurance Scolaire et Universitaire) qui assume la prise en charge des personnes accidentées dans les établissements scolaires et universitaires en leur fournissant les soins et le suivi médical nécessaires. La MASU s’engage à payer tous les frais, à condition que l’accident soit déclaré immédiatement par le chef d’établissement où l’accident a eu lieu. Or, ce n’est pas toujours le cas, car la plupart des élèves accidentés sont soignés dans l’établissement par les moyens du bord si le cas est jugé sans gravité. De même, certains parents, avisés immédiatement par le chef d’établissement, préfèrent prendre leur enfant dont l’état est jugé critique pour le soigner à leurs frais chez un médecin, évitant ainsi les tracasseries des procédures administratives, car ils doivent remplir des formulaires à adresser à la MASU.
En effet, selon le règlement, il est du devoir de tout directeur d’une institution éducative de faire part des cas d’accidents survenus dans un délai de 7 jours à partir de la date d’accident, moyennant un formulaire de «prise en charge d’accident» qu’il doit remplir en trois exemplaires dont une copie est remise aux parents de l’élève accidenté. Ce formulaire comporte tous les renseignements nécessaires sur l’élève assuré et les circonstances de l’accident. Avant de remettre ce formulaire à la MASU, le directeur doit s’assurer qu’il s’agit bien d’un accident scolaire car, à défaut, la mutuelle n’est pas responsable. Le parent a le choix de soigner son enfant dans les hôpitaux publics ou les cliniques privées. Au cas où l’élève accidenté serait soigné à l’hôpital, il est totalement pris en charge, en vertu d’un accord conclu entre la MASU et le ministère de la Santé publique. S‘il est soigné dans un centre médical privé, une facture des frais doit être fournie, mais l’assuré ne prétend pas à une couverture à 100%, vu que la MASU est une mutuelle et non une société d’assurance. Le remboursement se fait donc sur la base des prix effectués dans les hôpitaux et selon un barème bien déterminé. Voilà pourquoi la plupart des parents n’attendent pas que leur enfant soit pris en charge par la MASU. A quoi servent donc les cotisations versées à cette MASU ?
Recours aux assurances privées
Depuis quelques années, certaines sociétés d’assurance proposent aux parents d’élèves des services en matière de couverture des frais de soins en cas d’accidents scolaires ou extrascolaires, moyennant une cotisation annuelle. Ainsi, pas mal de parents souscrivent une couverture auprès de ces assurances privées pour leurs enfants encore scolarisés qui pourraient être victimes d’un accident lors des activités scolaires ou extrascolaires. Ce genre d’assurance assure une couverture totale aux enfants (au sein de l’enceinte scolaire, devant l’école, sur le chemin de l’école pendant le trajet aller-retour et même lors des excursions organisées par l’école ou l’université. Il est vrai que ces mêmes parents payent plus pour mieux se rassurer sur la prise en charge de leur progéniture en cas d’accident scolaire. Cependant, de telles assurances ne sont pas à la portée de tous, étant donné que la majorité des élèves fréquentent des écoles publiques et appartiennent à des familles modestes sinon défavorisées, si bien que leurs parents se contentent des services, quoique souvent insatisfaisants, de l’assurance étatique MASU.
Hechmi KHALLADI
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