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SpaceX : l’euphorie de l’IA face à la réalité des chiffres

12. Juni 2026 um 13:50

SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, réalise une entrée en Bourse historique ce vendredi 12 juin 2026, avec une valorisation record estimée à 1 765 milliards de dollars et une levée de fonds de 75 milliards. C’est, de loin, la plus grande introduction boursière jamais réalisée, symbole de l’appétit massif des marchés pour les entreprises liées à l’intelligence artificielle et aux infrastructures spatiales, rapportent les médias.

Mais derrière les superlatifs, écrit BFMTV, le contraste est frappant. « Le prix de l’action fixé à 135 dollars et les plus de 555 millions de titres mis en circulation traduisent l’ampleur de l’opération, tandis que les fondamentaux interrogent ». Car, les analystes soulignent qu’en 2025, SpaceX a enregistré une perte nette de 4,9 milliards de dollars, rappelant ainsi que la rentabilité globale du groupe reste fragile.

Et les spécialistes de la finance d’expliquer : « le modèle économique repose sur trois piliers : les activités aérospatiales historiques, Starlink (internet par satellite) et désormais l’intelligence artificielle, intégrée via xAI ». Toutefois, seule Starlink affiche une forte dynamique, avec une croissance annuelle estimée entre 50 % et 100 %. A l’inverse, les activités liées à l’IA absorbent des montants colossaux : environ 8 milliards de dollars de cash brûlés en seulement neuf mois selon Bloomberg, illustrant un pari industriel extrêmement coûteux.

C’est précisément là que réside la lecture des marchés, dit-on : « les investisseurs ne valorisent pas seulement les résultats actuels, mais une trajectoire future portée par l’IA et l’expansion des infrastructures numériques ». Certains analystes soulignent toutefois un décalage important entre valorisation et chiffre d’affaires, avec une entreprise évaluée à près de 100 fois ses revenus, un niveau rarement observé et souvent jugé excessif.

Dans le même temps, l’écosystème global de l’IA reste contrasté. Si certaines entreprises comme OpenAI, Anthropic ou xAI continuent de brûler du cash, d’autres acteurs majeurs comme Nvidia ou les géants du cloud génèrent des profits solides et soutiennent la dynamique d’investissement, selon BFMTV.

Entre enthousiasme technologique et inquiétudes sur une possible surévaluation, cette introduction en Bourse devient un test majeur pour les marchés. Elle pourrait soit confirmer l’entrée dans une nouvelle ère dominée par l’IA, soit révéler les limites d’un engouement spéculatif.

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Grâce à SpaceX de Musk, la fortune d’Al-Walid ben Talal explose !

12. Juni 2026 um 08:00

La fortune du prince saoudien et dirigeant de Kingdom Holding Compagny Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud explose grâce au succès de son investissement dans SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk qui va réaliser la plus grande introduction boursière de l’histoire. 

Imed Bahri

Bloomberg rapporte que lorsque le prince saoudien Al-Walid ben Talal a acquis une participation dans Twitter en 2011, il figurait parmi les investisseurs les plus en vue au monde, avec une fortune estimée à 20 milliards de dollars, et était connu pour ses paris audacieux sur des entreprises comme Apple et News Corp.

À cette époque, Elon Musk n’avait pas encore rejoint le cercle très fermé des milliardaires.

Al-Walid détient 0,63% du capital de SpaceX

Quinze ans plus tard, l’introduction en bourse de SpaceX est sur le point de propulser Musk au rang de premier milliardaire de l’histoire (fortune dépassant les 1000 milliards de dollars), tandis que de nombreux investisseurs de son entourage s’apprêtent à engranger d’énormes profits, notamment le prince saoudien, dont la stratégie d’investissement a été considérablement renforcée par ses liens avec l’homme le plus riche du monde.

La fortune d’Al-Walid a atteint son plus haut niveau en dix ans après que sa société, Kingdom Holding, a confirmé un article du média saoudien Asharq selon lequel le prince et la société détiennent conjointement 0,63% du capital de SpaceX.

Cette annonce a entraîné une hausse de 21% du cours de l’action de Kingdom Holding en deux jours, plus tôt cette semaine, portant la fortune d’Al-Walid à environ 24,5 milliards de dollars, selon l’indice Bloomberg des milliardaires.

Pari gagnant sur l’écosystème technologique

Cette participation est l’aboutissement d’un pari initié avec Twitter, désormais connu sous le nom de Platform X, puis étendu à XAI et enfin à SpaceX, liant ainsi l’un des investisseurs les plus importants du Moyen-Orient à l’écosystème technologique privé le plus précieux au monde.

Al-Walid avait rejoint le pari de Musk en 2022, lorsque le fondateur de Tesla a acquis Twitter pour 44 milliards de dollars. Al-Walid a décidé de conserver sa participation plutôt que de la vendre, à l’instar d’autres investisseurs tels que Larry Ellison et Andreessen Horowitz.

Cependant, cette opération n’a pas été sans tensions initiales. Al-Walid a utilisé Twitter à l’époque pour rejeter l’offre de rachat de Musk, affirmant qu’elle était bien en deçà de la valeur intrinsèque de l’entreprise, tandis que Musk raillait le prince saoudien.

Plus tard, Al-Walid a revu sa position et annoncé son soutien à Musk, affirmant qu’il serait un «excellent dirigeant»

Al-Walid a également investi dans XAI, la société d’intelligence artificielle de Musk, aussi bien à titre personnel que via sa société la Kingdom Holding Company, lors de deux levées de fonds en 2024.

Lorsque XAI a fusionné avec X Platform trois mois après son deuxième investissement, Al-Walid, avec la Kingdom Holding Company, est devenu le deuxième actionnaire de la nouvelle entité après Musk.

La chance lui a de nouveau souri en février lorsque Musk a fusionné XAI avec SpaceX, lui offrant ainsi une participation dans ce qui devrait être la plus importante introduction en bourse de l’histoire.

La participation personnelle d’Al-Walid dans SpaceX est actuellement évaluée à environ 3,2 milliards de dollars, sur la base de la valorisation de l’entreprise à 800 milliards de dollars lors d’un placement privé en décembre 2025 et de la valeur de XAI lors de sa levée de fonds de janvier 2026, avant la fusion.

Plus de sept fois l’investissement initial

Les calculs de Bloomberg incluent une décote de 5% due à des contraintes de liquidités.

Al-Walid a toutefois déclaré que sa participation vaut environ 4 milliards de dollars, soit plus de sept fois son investissement initial.

L’introduction en bourse de SpaceX devrait permettre de lever environ 75 milliards de dollars, soit plus du double des 29,4 milliards levés par Saudi Aramco en 2019.

Cette introduction en bourse devrait également profiter à d’autres investisseurs saoudiens, notamment le fonds d’investissement public saoudien Public Investment Fund (PIF), qui gère près de 1 000 milliards de dollars et détient une participation dans Kingdom Holding Company.

Il est à signaler que l’Arabie saoudite a fait de l’intelligence artificielle un pilier de sa stratégie de diversification économique visant à réduire sa dépendance au pétrole.

Humain, une entreprise spécialisée en IA soutenue par le PIF, a également investi 3 milliards de dollars dans XAI cette année, dans le cadre d’une levée de fonds de 20 milliards de dollars.

Cet accord a permis à Humain d’acquérir une participation minoritaire significative dans XAI, participation qui, selon l’entreprise à l’époque, serait convertie en actions SpaceX.

Cet accord est intervenu après une période de tensions entre Musk et le PIF.

En 2018, l’annonce éphémère par Musk de son intention de privatiser Tesla à 420 dollars l’action a provoqué une rupture publique avec le fonds d’investissement public (PIF), Musk estimant que ce dernier n’avait pas apporté un soutien public suffisant à l’opération.

Des SMS révélés ultérieurement lors de procédures judiciaires ont montré que Musk avait écrit au dirigeant du PIF Yasir Al-Rumayyan : «Je suis désolé, mais nous ne pouvons pas travailler ensemble.» Ce à quoi Al-Rumayyan a répondu : «C’est à vous de décider, Elon»

Mais en 2024, le ton avait changé. Musk est intervenu par vidéo à la conférence Future Investment Initiative à Riyad, s’adressant à un large public sur le thème de l’intelligence artificielle, tandis qu’Al-Rumayyan était assis au premier rang.

Pendant des années, Al-Walid ben Talal a été l’un des financiers les plus en vue du Moyen-Orient, connu pour son extravagance, ses démonstrations ostentatoires de relations et ses investissements audacieux.

Toutefois une nuit de fin 2017, il fut arrêté avec des dizaines de princes et d’hommes d’affaires à l’hôtel Ritz-Carlton de Riyad, dans le cadre de la campagne du prince héritier Mohammed ben Salmane contre ce qui était présenté comme de la corruption.

Libéré après 83 jours suite à un accord secret, il déclara par la suite que cette épreuve avait prouvé son innocence.

La nature des accusations portées contre lui demeurait floue mais les actions de Kingdom Holding Company et la fortune personnelle d’Al-Walid en subirent un net recul. Sa fortune chuta à moins de 13 milliards de dollars en 2020, soit environ un tiers de son niveau record de 2014.

Aujourd’hui, cependant, son pari sur l’empire de Musk lui a permis de retrouver une notoriété et un prestige qu’il n’avait plus connus depuis son investissement massif dans Citigroup dans les années 1990 alors que le groupe était aux prises avec un important déficit de créances douteuses.

Al-Walid publie régulièrement sur la plateforme X des images de lui et de Musk générées par IA, notamment une photo récurrente où ils apparaissent côte à côte déguisés en guerriers de la série télévisée Game of Thrones.

Sur une photo récente, Alwaleed était déguisé en Superman, tandis que Musk était en Batman. Le message l’accompagnant disait : «Leadership audacieux, exécution exceptionnelle. Notre partenariat avec mon ami et allié Elon Musk a un impact mondial».

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