Le projet du barrage de Douimis, dans le gouvernorat de Bizerte, devrait être fonctionnel avant la fin de l’année 2026, selon le directeur général chargé de la gestion des barrages et des grands travaux hydrauliques au ministère de l’Agriculture, Kamel Moueddeb.
Cette annonce intervient à l’issue d’une réunion de travail et d’une visite de terrain effectuée mardi au chantier du barrage, en présence du gouverneur de Bizerte, Salem Ben Yacoub, ainsi que de représentants des services centraux, régionaux et locaux concernés et des entreprises chargées des travaux.
Les difficultés foncières, logistiques et administratives qui retardaient certains volets du projet ont été en partie résolues, permettant, selon les autorités, d’accélérer les travaux restants. Les interventions portent notamment sur l’installation des équipements hydromécaniques, ainsi que sur le renforcement et la protection du corps et de l’évacuateur du barrage.
45 millions de m³ pour renforcer la sécurité hydrique
Le barrage de Douimis aura une capacité de stockage d’environ 45 millions de mètres cubes d’eau. Une partie de cette ressource sera transférée vers le barrage de Sejnane à travers le système de transfert des eaux du Nord.
L’objectif est de renforcer l’approvisionnement en eau potable et en eau d’irrigation dans plusieurs régions du pays, notamment Bizerte, le Grand Tunis, le Cap Bon, le Sahel et Sfax.
Le responsable du ministère de l’Agriculture a également souligné une particularité technique du barrage : l’écoulement de ses eaux pourra s’effectuer de manière gravitaire, sans recours à l’énergie électrique. Cette configuration devrait permettre de réduire la pression exercée sur certains équipements hydromécaniques, de limiter la consommation énergétique et d’améliorer la mobilisation des ressources disponibles, notamment au niveau du barrage de Barak.
Un projet au cœur de la stratégie de mobilisation de l’eau
Pour les autorités régionales, la mise en service du barrage constitue un enjeu important dans un contexte marqué par la pression croissante sur les ressources hydriques et les besoins d’approvisionnement en eau potable.
Le gouverneur de Bizerte a assuré que les mesures nécessaires avaient été prises afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais annoncés. L’objectif est de commencer son exploitation à pleine capacité avant la fin de 2026.
Au-delà du stockage de l’eau, le projet comporte également une dimension de développement local. Une zone irriguée doit notamment être aménagée au profit des habitants, entre la délégation de Sidi Amer et les limites de la délégation de Louata. Plusieurs pistes rurales sont également prévues afin de désenclaver les zones environnantes et de faciliter leur développement économique et social.
Le dernier barrage de la décennie
Financé à 100 % sur fonds nationaux, le barrage de Douimis s’étend sur une superficie d’environ 300 hectares. Il constitue le sixième et dernier barrage réalisé dans le cadre du plan décennal de mobilisation des ressources hydriques et du système de transfert des eaux du Nord dans la région.
Sa mise en service devrait ainsi ajouter une nouvelle capacité de stockage au dispositif hydraulique national et contribuer à sécuriser davantage l’alimentation en eau de plusieurs régions, alors que la Tunisie fait face à une pression durable sur ses ressources en eau.
La réalisation de Douimis s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large visant à mobiliser davantage les ressources disponibles, optimiser leur transfert entre les régions et renforcer la résilience du système national d’approvisionnement en eau.
À partir du mardi 25 août 2026, l’Institut Salah Azaïez de Tunis mettra en place des consultations dédiées à l’aide au sevrage tabagique. Destinées aussi bien aux patients qu’aux agents de l’établissement, ces consultations visent à offrir un accompagnement médical aux personnes souhaitant mettre fin à leur consommation de tabac.
Les prises de rendez-vous débuteront dès aujourd’hui. Les consultations seront assurées chaque mardi au service de médecine préventive et communautaire par une équipe médicale spécialisée, a indiqué l’Institut dans une publication sur sa page Facebook.
L’initiative prend une dimension particulière au sein de cet établissement, qui constitue un centre national de référence dans la surveillance, le diagnostic et le traitement des cancers. L’Institut Salah Azaïez compte notamment 187 lits et assure plusieurs dizaines de milliers de consultations chaque année.
Plus de 13 000 décès par an liés au tabac
Le lancement de ces consultations intervient alors que le tabagisme continue de représenter un lourd problème de santé publique en Tunisie.
Selon les données issues du modèle d’investissement consacré à la lutte antitabac en Tunisie, élaboré avec le ministère de la Santé, l’OMS et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le tabac est associé à plus de 13 200 décès chaque année dans le pays. Ce chiffre représente environ 20 % de l’ensemble des décès. Près de la moitié de ces décès sont prématurés, survenant avant l’âge de 70 ans.
Le tabagisme passif constitue également une part importante de cette mortalité : selon cette même étude, 18 % des vies perdues en lien avec le tabac sont associées à l’exposition à la fumée secondaire.
La prévalence reste particulièrement élevée chez les hommes. Les données citées récemment par l’Alliance tunisienne de lutte contre le tabagisme font état d’environ 48 % d’hommes fumeurs en Tunisie.
Une facture économique de 2 milliards de dinars
Au-delà de la mortalité, le tabagisme représente également un coût considérable pour l’économie tunisienne et le système de santé.
L’étude nationale sur l’investissement dans la lutte antitabac estimait à environ 2 milliards de dinars les pertes économiques liées au tabagisme en 2019, soit l’équivalent de 1,8 % du PIB. La majeure partie de cette facture provenait des pertes de productivité, tandis qu’une partie était directement liée aux dépenses de santé.
Selon les chiffres avancés en 2025 par le président de l’Alliance tunisienne de lutte contre le tabagisme, Hatem Bouzayene, le traitement d’un patient atteint d’un cancer du poumon peut représenter une charge annuelle de plusieurs centaines de milliers de dinars. Ces estimations illustrent le poids financier des pathologies associées au tabac, même si leur coût varie fortement selon le type de cancer, le stade de la maladie et les traitements utilisés.
Le tabagisme ne concerne plus uniquement la cigarette classique
L’enjeu est d’autant plus important que la consommation de nicotine évolue, notamment chez les jeunes, avec la progression des cigarettes électroniques et des produits du tabac chauffé.
Les données de l’enquête mondiale sur le tabagisme chez les jeunes (GYTS) 2024 en Tunisie, publiée par l’OMS, permettent désormais de suivre plus précisément les comportements tabagiques des adolescents.
L’OMS rappelle par ailleurs que toutes les formes de consommation de tabac sont nocives et qu’il n’existe pas de niveau d’exposition considéré comme sans danger. La nicotine demeure fortement addictive, ce qui explique notamment les difficultés rencontrées par de nombreux fumeurs lorsqu’ils tentent d’arrêter.
Le sevrage, un enjeu de prévention autant que de traitement
Avec l’ouverture de ces consultations, l’Institut Salah Azaïez met donc l’accent sur un autre volet de la lutte contre le cancer : prévenir la maladie en accompagnant les personnes dépendantes avant l’apparition de complications.
L’objectif n’est plus seulement de traiter les conséquences du tabagisme, mais également d’intervenir en amont à travers l’accompagnement médical au sevrage. Une approche qui s’inscrit dans les recommandations internationales de lutte contre le tabac, alors que l’OMS souligne que la réduction de la consommation et l’arrêt du tabac constituent des leviers majeurs de prévention des maladies cardiovasculaires, respiratoires et cancéreuses.
À l’échelle tunisienne, le renforcement de ce type de consultations pourrait ainsi contribuer à réduire à la fois la mortalité évitable, la pression exercée sur les services hospitaliers et le coût économique du tabagisme. Selon le modèle d’investissement du PNUD, la mise en œuvre de mesures efficaces de lutte antitabac pourrait permettre d’éviter plusieurs milliards de dinars de pertes économiques et de sauver des dizaines de milliers de vies sur une période de 15 ans.
L’ouverture de ces consultations à l’Institut Salah Azaïez constitue ainsi un signal supplémentaire : face au poids du tabagisme en Tunisie, le sevrage ne relève pas uniquement d’une décision individuelle, mais devient également un enjeu de santé publique et de prévention du cancer.
Le marché de l’eau minérale devrait connaître une amélioration de l’approvisionnement dans les prochains jours. La vice-présidente de l’Organisation de défense du consommateur, Thouraya Tabassi, a affirmé mardi 18 août 2026 que la production des eaux minérales avait retrouvé son rythme normal, après les perturbations et les pénuries enregistrées récemment.
Intervenant sur Radio Jeunes, elle a indiqué que les producteurs avaient confirmé à l’organisation le retour à un rythme normal de production. Cette évolution devrait progressivement se traduire par une amélioration de l’approvisionnement dans les points de vente au cours des prochains jours.
Appel à éviter la « course » aux bouteilles
Face aux tensions observées ces dernières semaines, Thouraya Tabassi a appelé les consommateurs à adopter un comportement responsable et à éviter la constitution de stocks.
Elle a notamment recommandé aux citoyens d’acheter uniquement les quantités correspondant à leurs besoins, estimant que la ruée vers les bouteilles peut contribuer à accentuer temporairement les tensions sur le marché.
La responsable de l’Organisation de défense du consommateur a également appelé les citoyens à signaler les éventuels dépassements, notamment les pratiques consistant à stocker ou dissimuler des quantités importantes d’eau minérale.
Une crise liée à des perturbations d’approvisionnement
Cette annonce intervient après une période de tension sur le marché tunisien de l’eau conditionnée. Plusieurs régions avaient connu des difficultés d’approvisionnement, avec une disponibilité réduite de certaines marques dans les commerces et les grandes surfaces.
Cette situation avait suscité des inquiétudes, particulièrement dans un contexte estival marqué par les fortes températures et une consommation accrue d’eau.
Les difficultés ne résultaient toutefois pas uniquement d’une hausse de la demande. Le secteur avait également été confronté à des perturbations liées à la disponibilité des emballages en plastique, notamment après les tensions enregistrées sur le marché de la résine PET, matière première utilisée pour fabriquer les bouteilles.
Le retour annoncé à un rythme normal de production devrait donc permettre une amélioration progressive de la situation. L’Organisation de défense du consommateur appelle néanmoins à maintenir la vigilance afin d’éviter les comportements de stockage et les pratiques susceptibles d’aggraver les tensions.
Si la reprise de la production se confirme, les consommateurs devraient ainsi commencer à constater une amélioration de la disponibilité de l’eau minérale dans les points de vente au cours des prochains jours.
La Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) vient de franchir une nouvelle étape dans le projet stratégique de création d’une ligne ferroviaire à haute performance reliant le Nord au Sud de la Tunisie. La compagnie a lancé un appel à candidatures destiné à constituer une liste restreinte de bureaux d’études, tunisiens et internationaux, spécialisés dans le transport ferroviaire.
Cette première phase porte sur la réalisation de « l’étude de faisabilité et des études d’ingénierie préliminaires » du projet.
Les bureaux d’études ou groupements candidats devront notamment justifier d’une expérience dans la réalisation d’études similaires en termes de complexité et de spécificités. Les candidats seront sélectionnés sur la base des conditions, de la méthodologie et des critères définis dans le cahier des références relatif à la présélection.
Les dossiers devront être déposés auprès du bureau d’ordre central de la SNCFT, à la gare de Tunis, place Barcelone. La date limite de participation est fixée au 24 septembre 2026 à 11 heures. Toute offre reçue après ce délai sera écartée.
L’ouverture publique des offres aura lieu le même jour à 11h15, en présence des représentants des soumissionnaires souhaitant y assister, munis d’une procuration écrite.
De Bizerte à Ben Guerdane
Le lancement de cette étude intervient dans le cadre des grands projets stratégiques programmés pour la période 2026-2030. Lors d’un conseil ministériel tenu le 25 février 2026, le gouvernement avait notamment examiné l’état d’avancement du projet de train à grande vitesse (TGV) ainsi que la définition du corridor de la future ligne ferroviaire à haute performance reliant le Nord et le Sud du pays.
Le projet est présenté par les autorités comme une infrastructure stratégique destinée à renforcer la cohésion territoriale, désenclaver plusieurs régions et améliorer la connexion entre les différentes zones du pays.
Le tracé envisagé doit relier le Nord au Sud, de Bizerte à Ben Guerdane, tout en desservant les principaux pôles urbains, les équipements publics, les ports, les zones logistiques et les principaux centres de fret.
Une connexion avec l’Algérie et la Libye
Au-delà de la liaison nationale, le projet doit également renforcer les connexions ferroviaires de la Tunisie avec ses voisins. Au Nord-Ouest, le réseau doit permettre à terme une connexion avec le réseau ferroviaire algérien à Annaba, à travers le corridor Tabarka-Nefza-Mateur-Jdeida.
Au Sud, le projet prévoit la poursuite de l’infrastructure vers Ras Jedir, via Mareth et Médenine, ainsi qu’une connexion avec le port de Zarzis.
L’objectif est ainsi de créer un axe ferroviaire structurant capable de soutenir le développement économique et social, de faciliter la circulation des personnes et des marchandises et de contribuer à la création d’emplois.
À plus long terme, cette infrastructure pourrait également constituer une base pour connecter la Tunisie à des réseaux ferroviaires régionaux plus larges et renforcer son intégration dans les espaces maghrébin et africain.
La constitution de la liste restreinte de bureaux d’études constitue donc une étape préparatoire importante : elle doit permettre de définir la faisabilité, les caractéristiques techniques et les conditions de réalisation d’un projet ferroviaire appelé à jouer un rôle majeur dans la future architecture des transports en Tunisie.
Représentantes du handball tunisien aux Jeux méditerranéens de Taranto, les sélections des seniors dames et des juniors garçons s’envoleront, tôt ce matin, pour l’Italie. Composées de 40 personnes, dont seulement 28 joueurs et joueuses (comme l’exigent les organisateurs), elles feront ensuite le vol Rome-Brindisi pour gagner leur QG dans la ville côtière et touristique de Taranto, lieu de la compétition. Là où elles ouvriront les joutes respectivement le 22 et le 23 courant.
Rien à perdre, tout à gagner
Il faut dire, tout de go, que la fédération a bien fait de faire participer les deux sélections à ce rendez-vous méditerranéen, étant donné qu’elles sont en pleine préparation de deux échéances continentales d’une extrême importance, à savoir le championnat d’Afrique des seniors dames au mois de novembre prochain à Hammamet, et des juniors garçons prévu du 5 au 12 septembre en Côte d’Ivoire. L’occasion est donc idoine pour booster la préparation et en cimenter les automatismes. Bien évidemment, sans être gourmand, on aimerait bien voir nos représentants faire parler d’eux dans la célèbre botte italienne et terminer sur le podium. L’idéal serait d’y parvenir. Le cas contraire, rien à perdre, tout à gagner.
L’embarras du choix
Reste à dire que les listes des deux sélections en partance pour la Péninsule n’ont pas fait que des heureux. Et comme de coutume, des mécontents ont surgi pour contester les choix portés sur certains joueurs et joueuses au détriment d’autres obligés de rester à la maison. Certes, nous comprenons la déception des uns et des autres, mais nous considérons, en toute neutralité, que la limitation du nombre de joueurs et joueuses à 14 (au lieu de la formule habituelle de 18) a, sans doute, mis les deux sélectionneurs Pablo Morel et Sami Saïdi dans l’embarras du choix. Faisons-leur, quand même, confiance.
Après plusieurs reports, la Commission de Première Instance de la Fédération Tunisienne de Football vient de repousser la date limite pour l’obtention de la licence de participation au championnat 2026/2027 de 48 heures, soit jusqu’à demain mercredi. A ce jour, deux clubs n’ont pu obtenir leur qualification et doivent se presser afin de ne pas se voir écartés et de devoir se tourner vers la commission d’Appel de la FTF pour être présents sur la ligne de départ. Un tel scénario va obliger les responsables du football tunisien à repousser la date du coup d’envoi de la compétition.
De Marseille à Lille, de l’Ardèche à Montpellier, la Saison Méditerranée 2026 fait entrer les cultures méditerranéennes dans toute la France. Jusqu’au 31 octobre, plus de 500 rendez-vous donnent une place particulière aux artistes, aux jeunesses et aux diasporas. Le…
A quelques jours du coup d’envoi de la saison 2026-2027, le dossier de la Jeunesse Sportive Kairouanaise pourrait s’inviter au cœur des préoccupations de la Fédération tunisienne de football. Selon certaines informations, le bureau fédéral, réuni ce mardi, devait notamment examiner la position de la FTF face au recours introduit par le club kairouanais devant le Tribunal arbitral du sport.
Un recours qui remet en cause le classement final
Reléguée à l’issue de la saison dernière, la JS Kairouanaise conteste le classement final et estime que certaines décisions auraient dû entraîner des sanctions susceptibles d’en modifier l’issue.
Au centre de son argumentation figure notamment le cas du Club Athlétique Bizertin. La JSK considère que le CAB aurait dû faire l’objet d’un retrait de points. Une telle sanction, si elle avait été prononcée, aurait pu modifier la hiérarchie finale et peser directement sur la lutte pour le maintien.
Il s’agit toutefois de la position défendue par le club kairouanais dans le cadre de son recours. A ce stade, elle ne constitue pas une décision actée par les instances compétentes.
Le TAS saisi, une procédure à accélérer ?
Le Tribunal arbitral du sport aurait demandé à la Fédération tunisienne de football de se prononcer sur une éventuelle accélération de l’examen de la requête déposée par la JS Kairouanaise.
Ce point constitue l’un des éléments les plus sensibles du dossier. La position que pourrait adopter la Fédération revêt néanmoins une importance particulière, alors que le championnat de Ligue 1 doit débuter les 22 et 23 août prochains.
Un calendrier potentiellement fragilisé
Le recours intervient à un moment où les clubs finalisent leur préparation et où les instances s’apprêtent à lancer officiellement la nouvelle saison. Une décision ou une évolution majeure dans le dossier de la JS Kairouanaise pourrait donc avoir des conséquences qui dépassent le seul avenir du club.
La question est désormais de savoir si la procédure pourra être traitée rapidement ou si le championnat débutera alors que le litige reste pendant devant le TAS.
Pour la FTF, le défi est délicat : garantir le déroulement normal de la compétition tout en répondant aux exigences d’une procédure contentieuse dont l’issue pourrait, selon la nature des décisions prises, avoir des répercussions sur la saison déjà écoulée.
Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger constituent l’une des principales sources de devises du pays. En hausse régulière, ces flux soutiennent les revenus des familles et contribuent aux équilibres extérieurs. Mais derrière ces milliards de dinars se pose une question stratégique : comment transformer une partie de cette épargne en investissement productif ?
Des milliards de dinars injectés dans l’économie
Les transferts des Tunisiens à l’étranger ont atteint 8,7616 milliards de dinars en 2025, contre 8,2626 milliards en 2024, soit une progression proche de 6%. La tendance s’est poursuivie en 2026 : ils ont atteint 4,7452 milliards de dinars au 10 juillet, contre 4,5151 milliards à la même période de 2025, soit une hausse de 230,1 millions de dinars.
Le poids de ces flux est loin d’être négligeable. Selon la Banque mondiale, les transferts personnels reçus par la Tunisie représentaient 6,3% du PIB en 2024. Ils constituent ainsi, avec les recettes touristiques, une source essentielle de devises pour le pays.
Une épargne qui reste largement tournée vers la consommation
Ces transferts jouent avant tout un rôle social. Ils permettent aux familles de financer leurs dépenses courantes, le logement, les études ou encore les soins. Une fonction indispensable, mais qui limite mécaniquement leur impact sur la croissance lorsqu’ils sont principalement consacrés à la consommation.
Le véritable enjeu consiste donc à orienter une partie de cette épargne vers l’investissement : PME, activités industrielles et de services, start-up ou projets régionaux créateurs d’emplois.
Le gouverneur de la Banque centrale, Fethi Zouhair Nouri, soulignait déjà en mai 2025 la nécessité d’intégrer davantage ces ressources à l’économie nationale sous forme de projets d’investissement. Il estimait alors à environ 120 dollars par mois le transfert moyen d’un Tunisien résidant à l’étranger, contre 200 dollars au niveau mondial.
Le Maroc et l’Égypte montrent l’ampleur du potentiel
Les chiffres régionaux donnent une idée de l’importance de cette manne. En Égypte, les transferts ont atteint 43,1 milliards de dollars entre juillet 2025 et mai 2026, en hausse de 31,2% sur un an.
Au Maroc, ils se sont élevés à 61,48 milliards de dirhams au premier semestre 2026, contre 55,95 milliards un an auparavant. Sur l’ensemble de 2025, ils avaient atteint 122,02 milliards de dirhams.
À l’échelle mondiale, la Banque mondiale estime à 685 milliards de dollars les transferts reçus par les pays à revenu faible et intermédiaire en 2024.
Transformer une manne en levier de croissance
Pour la Tunisie, le défi n’est donc plus de démontrer l’importance de sa diaspora. Il consiste à créer les conditions permettant de convertir une partie de ses ressources financières en capital productif.
Procédures simplifiées, projets clairement identifiés, mécanismes de financement adaptés et climat de confiance sont autant de conditions nécessaires.
Car les Tunisiens de l’étranger apportent bien plus que des devises : ils disposent aussi de compétences, d’expériences et de réseaux internationaux. Mieux connecter ces ressources à l’économie nationale permettrait de faire des transferts non plus seulement un soutien aux équilibres extérieurs, mais un véritable moteur d’investissement et de création d’emplois.
La mort d’Antonino Urru, retrouvé sans vie à la mi-août dans sa cellule de la prison civile de Mornag, ouvre une affaire aussi sensible qu’énigmatique entre la Tunisie et l’Italie. Portrait d’un personnage sulfureux au passé haut en couleurs.
Âgé…
Comment l’«armée algérienne des frontières», logée et nourrie par la Tunisie, a retourné ses armes contre son hôte dès l’indépendance algérienne, acquise en 1962. Ce rappel historique ne cherche pas à enfoncer un coin entre deux pays «frères, amis et voisins», comme on dit habituellement, et qui ont appris, au fil des décennies, à coopérer dans le respect de leurs intérêts mutuels, mais à maintenir présent à l’esprit des faits qui ne doivent jamais être oubliés ou passés sous silence au prétexte de ne pas remuer l’eau stagnante du conformisme. (Photo: Combattants de l’ALN à Ghardimaou en Tunisie en mars 1962).
Elyes Kasri *
La mémoire des relations maghrébines contemporaines reste profondément marquée par la fracture de l’été 1962. Au cœur de cette rupture se trouve la trajectoire de l’Armée de libération nationale (ALN) algérienne basée à l’extérieur, surnommée «l’Armée des frontières», dont le passage sur le sol tunisien et les choix politiques post-indépendance ont durablement redéfini la géopolitique régionale. (Lire à ce sujet « Algérie 1962 : reportage dans les rangs de l’Armée de libération nationale », par Béchir Ben Yahmed (Jeune Afrique, mars 1962).
Le confort de la base arrière face au sacrifice des maquis :
À partir de 1958, le conflit algérien subit un tournant stratégique. Le commandement militaire français érige les lignes Morice et Challe, des barrières électrifiées et minées qui coupent hermétiquement l’Algérie de ses voisins tunisien et marocain.
Cette situation engendre une scission majeure au sein des forces nationalistes entre :
– celles de l’ALN de l’intérieur confinées dans les wilayas historiques : les maquisards subissent de plein fouet les grandes offensives françaises. Privés d’approvisionnement en armes et en soins, ils paient un tribut humain considérable ;
– et celles de l’ALN de l’extérieur : sous la direction du colonel Houari Boumédiène, près de 30 000 hommes se structurent en Tunisie, notamment autour du quartier général de Ghardimaou.
Préservée du gros des combats par le blocus de la frontière, cette force s’entraîne, s’arme lourdement auprès du bloc de l’Est et bénéficie d’une infrastructure logistique stable offerte par l’État tunisien.
Cette asymétrie suscite rapidement de vives tensions critiques. Dans les maquis exsangues de l’intérieur, l’armée de l’extérieur commence à être désignée sous les qualificatifs sévères d’«armée des planqués» ou de «touristes de Tunis».
Le politologue et historien Mohammed Harbi, lui-même ancien cadre du FLN, a largement analysé cette réalité : «L’Armée des frontières s’est constituée en dehors des combats réels du territoire national. Elle représentait une force d’appareil, un instrument de pouvoir politique plutôt qu’une force de libération active sur le terrain» (Mohammed Harbi, ‘‘Le FLN, mirage et réalité’’, 1980).
À l’été 1962, lors de la crise dite «de l’été», cette armée intacte et disciplinée marche sur Alger, écartant le Gouvernement provisoire (GPRA) et prenant le contrôle des structures de l’État pour fonder l’Armée nationale populaire (ANP).
L’accueil tunisien et le compromis de la Borne 233 :
L’installation de l’appareil politique et militaire algérien en Tunisie s’est faite avec l’appui direct du président Habib Bourguiba. Ce soutien s’est traduit par des coûts matériels et humains significatifs pour la jeune République tunisienne, illustrés notamment par le bombardement par l’armée française du village frontalier de Sakiet Sidi Youssef, le 8 février 1958, qui fit des dizaines de victimes civiles tunisiennes.
Parallèlement, un contentieux territorial existait concernant le tracé de la frontière saharienne. Durant la période coloniale, l’administration française avait unilatéralement modifié les délimitations au profit des Territoires du Sud de l’Algérie, englobant des zones potentiellement riches en hydrocarbures au détriment de la Tunisie (notamment autour de la Borne 233 / Garat El Hamel et du secteur d’El Borma).
Pour préserver la cohésion de la lutte de libération, Habib Bourguiba accepte de formaliser un compromis temporaire. Le 6 juillet 1961, un accord est signé à Tunis entre le gouvernement tunisien et Ferhat Abbas, président du GPRA.
Cet accord stipulait explicitement que les revendications territoriales tunisiennes étaient légitimes, mais que leur règlement définitif et la restitution des portions sahariennes contestées seraient traités de manière fraternelle au lendemain de l’indépendance de l’Algérie.
L’accord du 6 juillet 1961 ou le contrat de confiance bafoué :
L’argument souvent avancé par la suite selon lequel les frontières coloniales étaient intangibles occulte un document historique capital : cet accord officiel de 1961.
Ce texte prévoyait noir sur blanc la création d’une commission mixte tuniso-algérienne chargée de redéfinir le tracé frontalier saharien (autour de la borne 233) immédiatement après l’indépendance. Le GPRA y reconnaissait formellement le préjudice territorial subi par la Tunisie sous l’administration coloniale française.
En reniement complet de la signature du GPRA à l’été 1962, le clan militaire de Houari Boumédiène n’a pas seulement appliqué le droit international de l’époque ; il a orchestré un coup de force politique contre les engagements solennels de ses propres pères fondateurs civils.
La rupture de 1962 et l’établissement du rapport de force :
Dès l’accès à l’indépendance en juillet 1962 et l’évincement des cadres civils du GPRA par le commandement militaire de Boumédiène, les nouveaux dirigeants d’Alger opèrent un revirement complet sur la question des frontières.
Le principe de l’uti possidetis juris (l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation) est immédiatement opposé à Tunis, annulant de fait les engagements contractés en 1961.
Avec le recul historique et géopolitique, ce principe adopté par l’Organisation de l’unité africaine lors du sommet du Caire (1964) prend de plus en plus l’allure d’une supercherie et d’une tentative de blanchiment du partage colonial fait par les puissances européennes lors du Congrès de Berlin de 1878.
Les diplomates et historiens soulignent le sentiment d’amertume engendré par cette volteface algérienne : «Le revirement algérien de 1962 sur la Borne 233 fut un choc pour Tunis. L’Algérie nouvelle, forte de l’arsenal militaire accumulé sur le sol tunisien, a immédiatement adopté un rapport de force hégémonique, opposant une fin de recevoir absolue aux requêtes de Bourguiba et menaçant d’utiliser la force si la Tunisie n’actait pas l’abandon de son Sahara», notait à ce propos Chantal Chanson-Jabeur, dans ‘‘Le différend frontalier tuniso-algérien’’ (in Cahiers de la Méditerranée).
Face aux revendications persistantes de Tunis, l’État algérien déploie des unités militaires le long de la frontière saharienne. Confronté à une disproportion manifeste des forces militaires, le gouvernement tunisien choisit la voie de la désescalade diplomatique pour éviter un conflit ouvert.
Le président Habib Bourguiba exprimera publiquement, lors d’un discours officiel devant l’Assemblée nationale, en 1962, cette frustration lors de plusieurs allocutions officielles : «Nous avons partagé notre pain, nos terres et notre sécurité avec nos frères algériens. Nous avons essuyé les bombes de Sakiet Sidi Youssef pour leur cause. Voir aujourd’hui une armée que nous avons aidé à nourrir et à abriter se retourner contre nos frontières et nous menacer par les armes pour garder les terres que la France nous avait volées est une amère démonstration d’ingratitude.».
Du sanctuaire au chantage ou le crépuscule de la fraternité:
L’amertume tunisienne face à cet épisode ne relève pas seulement de la perte géopolitique, mais du cynisme de la méthode. Les troupes de l’ALN, incapables de briser le blocus français, avaient trouvé en Tunisie un sanctuaire inespéré où elles ont été nourries, soignées et protégées au prix de vies tunisiennes.
La tragédie de l’été 1962 réside dans ce basculement : cette même force militaire, devenue puissante grâce à l’hospitalité tunisienne, s’est retournée contre son bienfaiteur dès le lendemain de sa libération.
Face aux demandes légitimes de restitution de la Borne 233, Alger n’a pas répondu par le dialogue, mais par le déploiement de blindés et des menaces d’invasion.
Ce grand reniement a brutalement dissipé les illusions d’une fraternité maghrébine désintéressée — souvent résumée par le slogan populaire «Khawa Khawa» —, installant à sa place la dure réalité d’un rapport de force militaire dicté par la découverte des gisements de pétrole d’El Borma.
Ce différend frontalier a abouti le 16 avril 1970 à la signature d’un accord de délimitation de la frontière entre les deux États, entérinant le tracé colonial au profit de l’Algérie et taisant les revendications tunisiennes sur le secteur d’El Borma.
La conjoncture de cet accord et les modalités de sa signature rappellent de nombreux accords internationaux signés sous la pression et qui ont fini par s’estomper en raison de l’évolution de la conjoncture bilatérale ou internationale car bien mal acquis ne profite jamais.
فلا عاش في تونس من خانها
و لا عاش من ليس من جندها
نموت و نحيا على عهدها
حياة الكرام و موت العظام
* Ancien ambassadeur.
Éléments bibliographiques:
– Harbi, Mohammed, Le FLN, mirage et réalité : des origines à l’indépendance (1945-1962), Éditions Jeune Afrique, 1980.
– Meynier, Gilbert, Histoire intérieure du FLN (1954-1962), Fayard, 2002.
– Toumi, Mohsen, La Tunisie de Bourguiba à Ben Ali, PUF, 1989.
– Stora, Benjamin, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte, 2004.
La Tunisie poursuit la digitalisation de ses procédures douanières avec le lancement des travaux techniques d’un système électronique intégré consacré aux règles d’origine. Mené dans le cadre de la coopération tuniso-sud-coréenne et financé par la Corée du Sud, le projet doit permettre à terme de mieux déterminer l’origine des marchandises et d’appliquer plus précisément les avantages douaniers prévus par les accords commerciaux.
Un outil pour déterminer l’origine des produits
Derrière l’appellation technique de « système électronique intégré d’origine » se trouve un dispositif destiné à simplifier la gestion d’une question essentielle dans le commerce international : déterminer l’origine réelle d’une marchandise.
Dans le cadre d’un accord de libre-échange, l’origine d’un produit ne correspond pas nécessairement au pays depuis lequel il est expédié. Elle dépend de règles précises liées notamment à la composition du produit, à la provenance des matières utilisées, à leur valeur ou encore au degré de transformation réalisé.
Cette détermination est importante puisque les marchandises répondant aux critères prévus peuvent bénéficier de droits de douane préférentiels, voire d’exonérations selon l’accord concerné.
Vers une gestion numérique des règles d’origine
Le futur système doit permettre aux opérateurs économiques et à la Douane tunisienne de gérer électroniquement les informations relatives à l’origine des marchandises, rapporte l’Agence TAP.
Pour les entreprises, l’objectif est de faciliter les démarches liées au commerce extérieur et la justification de l’origine de leurs produits. Pour la Douane, il s’agit notamment de disposer d’un outil permettant de vérifier plus efficacement si une marchandise remplit les conditions nécessaires pour bénéficier d’un régime préférentiel.
La digitalisation doit également contribuer à une meilleure traçabilité, à davantage de transparence et à une réduction des traitements administratifs et des risques d’erreur.
Une coopération tuniso-sud-coréenne
Le projet s’inscrit dans le cadre de la coopération technique entre la Douane tunisienne et son homologue sud-coréenne. Son financement est assuré par la Corée du Sud.
Une première rencontre avait eu lieu en avril 2026 pour établir un diagnostic et identifier les besoins techniques nécessaires à la préparation du système.
Les travaux actuellement engagés constituent une nouvelle étape. Ils se poursuivront jusqu’au 18 septembre 2026, avec pour objectif de finaliser la préparation des aspects techniques nécessaires à la mise en place du dispositif.
Une précision est toutefois essentielle : le système n’est pas encore opérationnel. Les travaux lancés concernent sa préparation technique et sa future mise en place.
Les inscriptions à distance aux sections préparatoires pour l’année scolaire 2026-2027 ont débuté ce mardi 18 août 2026 à midi. Cette opération concerne les enfants nés en 2021 et s’adresse aux familles souhaitant inscrire leurs enfants dans les écoles primaires publiques ou privées, les jardins d’enfants ainsi que les kouttabs. Les parents disposent jusqu’au vendredi 28 août pour effectuer les démarches en ligne sur la plateforme officielle du ministère de l’Éducation.
Une procédure entièrement à distance
Selon un communiqué conjoint des ministères de l’Éducation, de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, et des Affaires religieuses, les inscriptions sont ouvertes depuis ce mardi à 12 heures.
Les parents ou tuteurs concernés doivent effectuer l’inscription à travers la plateforme viescolaire.education.tn, dédiée aux services de la vie scolaire du ministère de l’Éducation.
L’opération se poursuivra jusqu’au 28 août 2026, date limite fixée pour l’enregistrement des enfants concernés.
Plusieurs structures d’accueil concernées
Le dispositif ne se limite pas aux seules écoles primaires. Les enfants nés en 2021 peuvent être inscrits dans les écoles primaires publiques et privées, mais également dans les jardins d’enfants et les kouttabs proposant des sections préparatoires.
Cette organisation vise à faciliter l’accès des enfants à cette étape préscolaire et à permettre aux familles d’accomplir les formalités sans avoir à se déplacer auprès des établissements.
Une étape avant l’entrée à l’école
Les sections préparatoires constituent une étape importante dans le parcours éducatif de l’enfant. Elles permettent notamment de préparer progressivement les enfants à leur future intégration dans l’enseignement primaire, à travers des activités éducatives adaptées à leur âge.
Avec l’ouverture anticipée des inscriptions en ligne, les autorités misent également sur la simplification des démarches administratives et sur une meilleure organisation des affectations pour la prochaine année scolaire.
Le désordre et l’improvisation qui gagnent l’action publique tunisienne ne sont plus de simples accidents de parcours : à force de s’y habituer, le pays risque de basculer dans le sous-développement. Face à l’inertie du sommet de l’État, un sursaut citoyen et une gouvernance locale enfin imputable sont nécessaires pour rétablir la situation.
Ali Guidara *
Il suffit de traverser une ville tunisienne un jour ordinaire pour mesurer l’ampleur du glissement. Ruptures d’approvisionnement de certains produits, chantiers publics à l’abandon, feux de circulation ignorés, trottoirs envahis, déchets qui s’accumulent dans de nombreux espaces, même devant des administrations publiques : ce désordre diffus n’est plus un accident du quotidien, il est devenu le décor permanent d’un pays qui semble avoir perdu la maîtrise de ses propres rouages.
L’indiscipline et le laisser-aller se sont banalisés à tous les étages, du citoyen qui brûle un feu rouge ou qui jette ses poubelles sur la voie publique au fonctionnaire qui classe un dossier sans jamais le traiter. Derrière ces signes se profile un spectre bien plus grave : celui du sous-développement.
Un pays qui s’ampute de ses forces vives
Ce délitement se lit aussi dans les chiffres et dans les regards. La confiance dans l’avenir du pays s’est effondrée – c’est sans doute là l’échec le plus grave qu’une nation puisse connaître. Cette érosion se traduit par un phénomène que les autorités préfèrent ignorer : l’exode. Des milliers de jeunes, souvent parmi les plus qualifiés, choisissent chaque année la voie légale de l’émigration ou celle, tragique, de la traversée clandestine. Médecins, ingénieurs, informaticiens et autres partent ailleurs parce qu’ils ne voient plus, chez eux, de place pour leurs compétences ni de garanties pour leur avenir. Un pays qui exporte sa jeunesse la plus formée s’ampute lui-même de ses forces vives, et nourrit, un peu plus chaque année, le spectre qui plane sur son avenir.
À l’origine de cette spirale, il y a une réalité qui saute aux yeux depuis des années : l’incompétence et l’absence de décision qui caractérisent l’action publique, mais aussi un climat de découragement social et bureaucratique.
Au sommet de l’État, les décisions elles-mêmes se raréfient ; elles cèdent la place à un discours dogmatique, répétitif et stérile, qui tient lieu de politique.
Un navire dans la tempête
Pendant ce temps, les nominations aux postes publics obéissent davantage à des logiques d’allégeance qu’à des critères de compétence. L’administration, censée être l’ossature de l’État, s’est transformée en labyrinthe où chaque dossier devient un parcours d’obstacles. Ce n’est pas seulement un problème de personnes : c’est un vide de méthode et de vision. Gouverner sans décider, se réfugier dans le verbe plutôt que dans l’action, revient à laisser un navire déjà pris dans la tempête sans personne à la barre.
Le véritable danger n’est pourtant pas la crise elle-même – les nations traversent des crises et s’en relèvent. Le danger, c’est l’accoutumance à ce qui devrait rester intolérable. C’est le moment où le désordre cesse de choquer, où la saleté devient normale, où l’absence d’action au sommet n’étonne plus personne.
Cette normalisation silencieuse est le véritable seuil de bascule vers le sous-développement : non plus une difficulté conjoncturelle que l’on affronte avec détermination, mais un état permanent auquel on s’adapte avec résignation. Le sous-développement n’est pas seulement affaire de statistiques économiques et sociales ; c’est une dégradation qui touche les institutions, l’éducation, la santé, l’aménagement du territoire, et jusqu’à la manière dont un peuple se pense lui-même. Il s’installe rarement par une rupture brutale : il progresse par petites capitulations, par habitudes prises, par exigences abandonnées.
Un pays qui s’habitue à mal fonctionner cesse, un jour, de chercher à bien fonctionner – et ce jour-là, le déclin cesse d’être un accident pour devenir une trajectoire. C’est ainsi que le pays s’enfonce dans un retard qu’il peine chaque jour davantage à combler.
Face à ce spectre, il serait vain d’attendre un sauvetage venu d’en haut. Les dernières années l’ont montré : les solutions promises par le sommet de l’État tardent, se diluent ou ne viennent tout simplement pas. C’est pourquoi le sursaut ne peut être que collectif, populaire, et d’abord local. Il appartient aux citoyens eux-mêmes de reprendre en main un pays qui leur appartient, de redevenir exigeants envers leurs institutions comme envers eux-mêmes, de refuser que le laisser-aller devienne une culture.
Ce sursaut suppose que chaque citoyen accepte de devenir, à son échelle, comptable de lui-même : de son quartier, de sa consommation, de son civisme, de son vote, de son engagement associatif. Aucune administration, si bien dotée soit-elle, ne peut se substituer à cette responsabilité individuelle et collective.
Ce sursaut nécessite aussi un cadre institutionnel : une gouvernance locale imputable – une urgence plus que jamais vitale pour sauver le pays. C’est cette architecture qui mettra gouvernés et gouvernants devant leurs responsabilités respectives.
Il ne s’agit pas d’un slogan décentralisateur de plus, mais d’un changement de méthode : donner aux collectivités locales et à leurs élus les moyens et la responsabilité réelle de gérer ce qui les concerne directement – propreté, transport, sécurité de proximité, développement économique local – avec une gestion transparente et des mécanismes de contrôle, en coordination avec les autres échelons de l’État.
Dotées de véritables leviers économiques et institutionnels, ces collectivités pourraient bâtir des pôles compétitifs capables même d’attirer investisseurs et talents, plutôt que de les voir s’en aller. C’est à cette échelle, la plus proche du quotidien, que la confiance peut se reconstruire, que les résultats deviennent visibles et que la gestion devient évaluable. C’est aussi une solution pour mobiliser les compétences dans la prise de décision et la gestion des affaires, et pour écarter l’improvisation et l’amateurisme de la chose publique.
Une approche ascendante, du bas vers le haut, n’est pas un renoncement à l’État central : c’est la condition pour qu’il redevienne crédible. Cela suppose toutefois une rupture précise : les collectivités locales ne doivent pas dépendre d’un ministère de l’Intérieur dont la vocation n’a jamais été celle du développement territorial, et dont la nature et le fonctionnement, hérités des républiques centralisatrices d’une autre époque, sont aujourd’hui dépassés, voire nuisibles. La nomination des gouverneurs et des délégués, calquée sur le modèle préfectoral français, en est l’illustration la plus criante : des responsables désignés par décret, sans la moindre légitimité électorale, redevables au seul pouvoir central.
Il est d’ailleurs regrettable de constater que la gestion des collectivités locales a été transférée à nouveau sous tutelle du ministère de l’Intérieur depuis 2021, renforçant la logique sécuritaire du régime.
Il n’y a pas de sauveur, prenez-vous en charge !
Tant que l’action publique restera pensée loin du terrain, dans les seuls cercles d’un pouvoir central, a fortiori sous un régime autocratique opaque et sans contre-pouvoirs, elle continuera de se heurter à l’indifférence ou à la défiance des citoyens. À l’inverse, une gouvernance locale représentative, évaluée par ses résultats, peut redonner du sens à l’action publique et, progressivement, restaurer la confiance perdue. Ce sursaut par le bas ne dispense pas, pour autant, d’une refondation au sommet de l’État, qui, elle, demeure plus que jamais nécessaire.
Le sous-développement ne s’installe pas toujours brutalement. Il s’infiltre par l’habitude, par la résignation, par l’attente d’un sauveur. La Tunisie n’est pas condamnée à ce destin, mais elle ne l’évitera pas en attendant que la solution tombe d’en haut. Elle l’évitera le jour où les Tunisiens décident de devenir les architectes de leur propre destin et les responsables de leurs propres choix.
Un agent de la brigade de lutte contre les stupéfiants de Kasserine a trouvé la mort lundi 17 août à Gafsa, lors d’une opération visant un appartement soupçonné d’être utilisé pour le trafic de drogue. Ramzi Mhamdi a été grièvement blessé après une chute du toit d’un immeuble au cours de l’intervention. Malgré son transfert en urgence à l’hôpital régional de Gafsa, il a succombé à ses blessures.
Une opération dans le centre-ville de Gafsa
L’intervention s’est déroulée dans l’un des quartiers du centre-ville de Gafsa, dans le cadre d’une opération sécuritaire destinée à démanteler une activité présumée de trafic de stupéfiants.
Selon des sources sécuritaires, les forces de l’ordre ont procédé à la perquisition d’un appartement qui aurait été utilisé par des individus impliqués dans ce trafic. Deux suspects ont été arrêtés au cours de l’opération, rapporte Mosaique fm.
Une lutte antidrogue qui se veut plus offensive
Cette intervention s’inscrit dans un contexte de renforcement affiché de la lutte contre le trafic de stupéfiants en Tunisie. Les autorités multiplient les opérations ciblées contre les réseaux de trafic et cherchent également à adapter l’arsenal juridique face à l’évolution du phénomène.
En juin 2026, des représentants du ministère de l’Intérieur auditionnés par l’Assemblée des représentants du peuple avaient notamment souligné la progression du trafic et de la consommation de drogues, dans le cadre de l’examen d’une réforme de la loi n°92-52 relative aux stupéfiants.
Les chiffres des saisies témoignent par ailleurs de l’ampleur de la mobilisation. Au cours du premier semestre 2026, les services de la Douane ont saisi plus de 214 kilogrammes de stupéfiants, dont 78,4 kilogrammes de cocaïne et 134,5 kilogrammes de cannabis, ainsi que près de 180 000 comprimés stupéfiants.
Une chute après l’attaque d’un chien
Lors de l’intervention, Ramzi Mhamdi aurait été surpris et attaqué par un chien particulièrement agressif, que les suspects auraient utilisé pour tenter d’entraver l’intervention des forces de sécurité.
Au cours de l’intervention, l’agent a chuté du toit de l’immeuble, subissant de graves blessures, notamment à la tête. Rapidement pris en charge par ses collègues, il a été transporté vers l’hôpital régional de Gafsa dans un état critique.
Malgré les soins prodigués par les équipes médicales, Ramzi Mhamdi n’a pas survécu à ses blessures.
La Tunisie et la Libye relancent leur coopération énergétique en Méditerranée grâce à un nouvel appel d’offres international portant sur l’exploration d’une zone offshore d’environ 3 000 kilomètres carrés et sur la mise en valeur du gisement de pétrole et de gaz de Zarat, à cheval sur la frontière maritime entre les deux pays. Cette initiative est portée par Joint Oil, une coentreprise tuniso-libyenne active depuis 1988.
S’appuyant sur des informations communiquées par Joint Oil et son conseiller stratégique, Moyes & Co, Energy-Pedia a dévoilé le calendrier de l’opération : le processus débute le 7 septembre et s’achève le 31 décembre 2026, les entreprises intéressées devant soumettre leurs offres au plus tard le 8 janvier 2027. Le résultat sera annoncé le 26 février, et l’attribution définitive des contrats pour le 30 avril.
Le projet comprend deux volets distincts. Le premier concerne le «bloc Joint Oil», une zone d’environ 3 000 kilomètres carrés située dans le bassin offshore Gabès-Tripoli, par des profondeurs d’eau allant de 80 à 120 mètres. Le partenaire sélectionné devra poursuivre l’exploration de nouvelles structures pétrolières et gazières dans le cadre d’un accord de partage de production.
Environ 6 500 kilomètres de données sismiques 2D et 1 900 kilomètres carrés de relevés 3D sont déjà disponibles pour cette zone, auxquels s’ajoutent les données issues de cinq puits d’exploration forés entre 1976 et 2010.
Le second volet porte sur Zarat, un gisement avéré s’étendant de part et d’autre de la frontière maritime tuniso-libyenne ; Joint Oil entend le développer comme une ressource pétrolière et gazière unique, via des accords de développement, d’unification («unitization») et de gestion conjointe.
La zone se trouve également à proximité d’infrastructures et de gisements déjà en production — notamment Bouri, Al Jurf et Bahr Essalam côté libyen, ainsi qu’Ashtart, Miskar, Didon et Hasdrubal côté tunisien — une proximité susceptible de réduire les coûts de traitement et de transport des nouveaux hydrocarbures.
Joint Oil est détenue conjointement par des entreprises publiques des deux pays : l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap) pour la Tunisie et Ola Energy Holdings pour la partie libyenne.
La société a chargé le groupe américain Moyes & Co. de rechercher des partenaires internationaux expérimentés dans le développement offshore.
Cette nouvelle démarche marque la relance d’un projet présenté au marché en 2023, mais qui n’avait pas suscité un intérêt suffisant de la part des investisseurs.
Le calendrier annoncé au printemps — qui prévoyait initialement le lancement de l’appel d’offres au 1er août — a depuis été reporté au mois de septembre.
Pour Tunis, cette initiative revêt une importance particulière compte tenu du déclin continu de la production nationale. Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’énergie, la production tunisienne de pétrole brut a reculé de 6 % en glissement annuel à fin juin 2026, tandis que le taux d’indépendance énergétique du pays est tombé à 34 %, contre 38 % à la même période en 2025.
Toutefois, cet appel d’offres ne signifie ni l’annonce d’une nouvelle découverte ni le démarrage immédiat de la production. À ce stade, l’objectif est de sélectionner des opérateurs et de réunir les capitaux nécessaires pour transformer le potentiel de la zone offshore partagée — ainsi que la découverte de Zarat, déjà identifiée — en un projet industriel économiquement viable.
Il convient de rappeler dans ce contexte que lors d »une visite, le 16 mars 2023, à l’Etap, le président de la république Kaïs Saïed avait déclaré que dans l’affaire du partage du plateau continental avec la Libye, «la Tunisie a reçu des miettes». Et à réclamer un partage du gisement pétrolier d’El Bouri et du plateau continental à parts égales entre les deux voisins. Selon lui, avec ses 23 000 barils par jour, le gisement, situé à 120 kilomètres des côtes libyennes, peut couvrir les besoins de la Tunisie et au-delà.
La pénurie d’eau conditionnée pourrait commencer à se résorber dans une dizaine de jours, selon Nabil Ayadi, président de la Chambre nationale des commerçants de produits alimentaires en gros. Mais derrière cette promesse de retour à la normale se dessine une autre réalité, moins visible pour le consommateur : le circuit de distribution de l’eau en bouteille a changé. À côté du producteur, du grossiste et du détaillant, de grands dépôts spécialisés dans la vente en gros se sont imposés comme de nouveaux intermédiaires.
De l’usine au consommateur, un maillon supplémentaire
Le marché de l’eau conditionnée fonctionnait traditionnellement selon une chaîne relativement lisible : producteur, grossiste, détaillant. Un modèle classique dans lequel chaque acteur occupait une fonction clairement identifiée dans l’acheminement du produit jusqu’au consommateur.
Selon Nabil Ayadi, cette organisation a toutefois évolué avec l’apparition de grands dépôts spécialisés dans la vente en gros d’eau, a-t-il souligné hier dans une intervention sur les ondes de Mosaique fm.
Ce changement peut sembler technique. Il ne l’est pas nécessairement. Dans un marché soumis à une forte demande, la manière dont les volumes circulent entre les différents intermédiaires devient aussi importante que la quantité produite.
L’eau peut donc être disponible quelque part dans la chaîne sans pour autant se retrouver au bon moment dans les commerces où les consommateurs la recherchent.
Une pénurie qui ne se mesure pas seulement à la production
C’est là que se situe l’un des enseignements de la crise actuelle. Une rupture constatée chez le détaillant ne signifie pas automatiquement que les usines ne produisent pas suffisamment.
Entre la production et la vente finale interviennent désormais plusieurs niveaux de distribution, dont les pratiques commerciales peuvent influencer la circulation des stocks.
Il serait toutefois excessif d’en conclure que les grands dépôts sont responsables de la pénurie. Les informations disponibles ne permettent pas de l’établir. Leur apparition constitue plutôt un nouvel élément à prendre en compte pour comprendre le fonctionnement du marché.
La question devient alors celle de la fluidité du circuit : combien de temps faut-il à une bouteille pour passer de l’usine au commerce ? Combien d’intermédiaires interviennent ? Et surtout, comment les volumes disponibles sont-ils répartis lorsque la demande dépasse les capacités habituelles d’approvisionnement ?
Dix jours pour vérifier si le marché peut respirer
Dans ce contexte, l’échéance annoncée par Nabil Ayadi mérite d’être suivie de près. Le responsable professionnel estime que l’approvisionnement pourrait retrouver son rythme normal dans environ dix jours.
Cette prévision constituera un premier test grandeur nature. Si les rayons se remplissent progressivement, la tension actuelle pourrait n’être qu’un épisode lié à une conjoncture exceptionnelle et à des difficultés temporaires d’approvisionnement.
Si, au contraire, les ruptures persistent malgré une amélioration de l’offre, l’organisation du circuit de distribution devra être examinée de plus près.
Le vrai sujet : qui contrôle la circulation de l’eau ?
La crise actuelle pose ainsi une question qui dépasse la simple disponibilité du produit. Dans un marché où les intermédiaires se multiplient, la disponibilité physique de l’eau ne garantit pas nécessairement sa disponibilité commerciale.
Pour le consommateur, cette distinction est invisible : une bouteille absente du rayon reste une bouteille introuvable, qu’elle manque à l’usine, au grossiste ou au détaillant.
Des citoyens bénévoles ont repêché lundi 17 août 2026 les corps de deux adolescents âgés de 16 et 17 ans qui s’étaient noyés dans les eaux du barrage de Bouhertma, près du village de Khleyfia (Balta Bouaouane, Jendouba), a rapporté l’agence Tunis Afrique Presse (Tap), en citant une source officielle et des témoins oculaires.
Il s’agit d’élèves du secondaire qui se sont noyés dans une zone du barrage où les jeunes de la région se baignent fréquemment, malgré les dangers encourus.
Une source de la Protection civile a confirmé que les corps ont été transférés à l’hôpital local de Bou Salem pour y être examinés par un représentant du ministère public.
Il convient de noter que le niveau d’eau du barrage de Bouhertma demeure élevé par rapport aux années précédentes, le taux de remplissage dépassant les 75 %, selon une source de la Direction générale des barrages.
L’affaire Fergie Chambers franchit une nouvelle étape avec la révélation du contenu de la notice rouge d’Interpol le concernant. Arrêté le 10 juillet à Ibiza à la demande des autorités américaines, l’héritier et mécène du Club Africain est toujours détenu en Espagne, dans l’attente de la suite de la procédure d’extradition. Selon le quotidien espagnol El País, qui affirme avoir consulté la notice, le document permet surtout de préciser les faits que Washington lui reproche.
Trois chefs d’accusation au cœur du dossier
D’après El País, la notice rouge mentionne trois chefs d’accusation : blanchiment d’argent, émeute et complot en vue de provoquer une émeute. Le journal précise que ce dernier chef ne correspond pas exactement à une infraction autonome dans le droit espagnol.
Ces accusations s’inscrivent dans une procédure américaine dont l’acte d’accusation demeure sous scellés. Selon les éléments rapportés par plusieurs médias, Chambers risque jusqu’à 30 ans de prison s’il était reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés aux États-Unis.
Il convient toutefois de rappeler que Chambers n’est pas condamné. Les faits évoqués correspondent aux accusations formulées par les autorités américaines et doivent être distingués d’une culpabilité judiciairement établie.
Les 7,5 millions de dollars transférés en Tunisie
L’un des éléments les plus sensibles du dossier concerne la Tunisie. La notice évoquée par El País fait état d’un transfert de 7,5 millions de dollars vers la Tunisie, considéré comme suspect par les autorités américaines dans le cadre de l’accusation de blanchiment.
Ce montant donne une nouvelle dimension aux interrogations entourant les activités financières de Chambers en Tunisie, où il résidait et où il s’était notamment impliqué dans le Club Africain.
Mais l’interprétation de ces transferts est précisément au cœur du désaccord entre l’accusation et la défense.
Interrogée par El País, l’épouse de Chambers, Stella Schnabel, affirme que les fonds transférés en Tunisie n’étaient pas destinés à un investissement, mais notamment au règlement de dettes et au paiement des salaires des joueurs du Club Africain.
Cette version rejoint le rôle financier joué par Chambers auprès du club tunisien, qu’il a soutenu durant la période de crise financière et administrative traversée par le CA. Son implication avait notamment contribué à faire de l’investisseur américain une figure centrale de l’environnement du club.
Pour autant, il serait prématuré d’établir un lien direct entre les sommes transférées et une quelconque infraction : ce que les autorités américaines considèrent comme suspect relève encore de l’accusation, et non d’une décision de justice définitive.
Gaza, le Hamas et la défense de Chambers
La notice évoquerait également un soutien financier à des organisations présentes à Gaza et susceptibles, selon les autorités américaines, d’avoir des liens avec le Hamas. Cette dimension explique en partie pourquoi le dossier dépasse largement la seule question du blanchiment d’argent.
La défense de Chambers conteste les accusations et soutient que les poursuites constituent une forme de persécution politique liée à son engagement en faveur de la cause palestinienne. Ses avocats, dirigés par l’ancien juge espagnol Baltasar Garzón, défendent cette ligne devant les juridictions espagnoles.
Selon eux, l’homme d’affaires aurait consacré environ un million de dollars à des projets et causes humanitaires à Gaza dont 550.000 dollars au Middle East Children’s Alliance, 370.000 dollars au Sameer Project, 300.000 dollars au People’s Health Movement, 200.000 dollars au fonds pour les enfants de Ghasan Abu Sittah et 100.000 dollars au Zaynab Project.
L’Espagne doit désormais poursuivre l’examen de la demande américaine d’extradition. La justice espagnole devra d’abord se prononcer dans le cadre de la procédure, avant qu’une éventuelle décision finale ne revienne au gouvernement espagnol.
La révélation de la notice rouge apporte donc des éléments nouveaux sur le dossier. Mais elle ne tranche pas la question essentielle : les faits reprochés à Fergie Chambers relèvent-ils d’activités criminelles, comme l’affirment les autorités américaines, ou d’activités philanthropiques et politiques, comme le soutient sa défense ? La procédure d’extradition devra précisément permettre de clarifier cette confrontation.
Avec un litre d’essence à 0,862 dollar, la Tunisie figure parmi les pays africains où le carburant reste relativement bon marché. Un classement flatteur en apparence, mais qui révèle surtout le poids des subventions et la fragilité du modèle énergétique tunisien.
Le pétrole joue au yo-yo, et les prix à la pompe suivent. Mais pas en Tunisie. Entre tensions au Moyen-Orient, perturbations du trafic maritime et incertitudes sur l’approvisionnement, le marché pétrolier reste sous pression… que le consommateur tunisien ne sent pas. Mais en Afrique, le prix payé par l’automobiliste raconte une histoire plus complexe : il dépend autant du baril que des choix budgétaires des États.
Selon les données de Global Petrol Prices arrêtées au 10 août 2026, rapporte le site le360.com, la Libye conserve le record absolu avec un litre d’essence à seulement 0,024 dollar, devant l’Angola à 0,327 dollar et l’Algérie à 0,354 dollar, soit les trois principaux producteurs de pétrole du continent. L’Égypte et le Soudan complètent ce trio de tête.
Avec 0,862 dollar le litre, la Tunisie apparaît au 6e rang africain des pays où l’essence est la moins chère, devancée par la Libye, l’Angola, l’Algérie, l’Égypte et le Soudan. A noter par ailleurs que dans les trois premiers pays, les carburants coûtent beaucoup moins cher qu’en Arabie saoudite (0,622 dollar/l), pourtant second producteur mondial et premier exportateur mondial de pétrole.
Pourquoi alors parler de « 3e place » ? Parce que la Tunisie se distingue davantage lorsqu’on élargit la comparaison aux pays non producteurs ou fortement dépendants des importations. Et c’est précisément là que le classement devient intéressant. Car contrairement aux grands producteurs du continent, la Tunisie ne dispose pas de la rente pétrolière permettant de financer durablement des prix artificiellement bas. Son carburant bon marché relatif repose donc davantage sur une politique de compensation dont la facture finit par être supportée par les finances publiques.
Un prix bas… qui coûte cher
Le gasoil est lui aussi relativement abordable, à 0,753 dollar le litre, plaçant la Tunisie également dans le Top 6 africain. Mais ce classement ne doit pas masquer le problème de fond. Maintenir des prix à la pompe contenus dans un pays dépendant des importations revient à amortir le choc pour le consommateur tout en transférant une partie de la facture vers le budget de l’État, selon les analystes.
La vraie question n’est donc pas seulement de savoir combien coûte un litre de carburant à la pompe en Afrique, mais combien il coûte réellement à la collectivité.
Dans ce palmarès africain, la Tunisie peut se féliciter de ses prix relativement bas. Toutefois, derrière cette performance se profile une équation de plus en plus difficile : protéger le pouvoir d’achat, maîtriser les subventions et réduire la dépendance énergétique sans faire exploser la facture pour les ménages. C’est le choix assumé d’un État qui entend protéger ses citoyens, quitte à en supporter le coût budgétaire.