Ghassen Boughdiri membre de la Coordination de l’action commune pour la Palestine a annoncé entamer une grève de la faim sauvage, après plus de quatre mois de détention préventive sans avoir été auditionné par le juge d’instruction.
L’annonce a été faite via une lettre diffusée par la coordination ce lundi 13 juillet 2026, dans laquelle Ghassen Boughdiri dénonce une détention de 120 jours « sous de fausses accusations » et déplore l’absence totale d’interrogatoire ou d’audition de la part des autorités judiciaires depuis l’émission du mandat de dépôt à son encontre.
Tout en réclamant son droit constitutionnel de s’expliquer et de se défendre face aux accusations portées contre lui, Ghassen Boughdiri a qualifié ces poursuites de « manœuvre politique visant à affaiblir la dynamique de la mobilisation citoyenne en Tunisie en faveur de la cause palestinienne ».
Les équipes de la protection civile, les gardes forestiers et les directions régionales de l’équipement et de l’agriculture sont parvenus à maîtriser l’incendie qui s’est déclaré à Jebel Masmoudine à Bargou.
C’est ce qu’a fait savoir le gouvernorat de Siliana, en précisant que la commission régionale de lutte contre les catastrophes de Siliana a été activée en urgence ce lundi 13 juillet 2026, sous la supervision directe du gouverneur Khaled El Waari en vue de coordonner les opérations de secours.
Celles-ci ont été menées en coordination avec le délégué de Bargou, le directeur régional de la protection civile, le chef de district de la Garde nationale de Siliana, des représentants du commissariat régional au développement agricole (CRDA), de la direction régionale de l’équipement, de la direction des forêts, ainsi que de la municipalité et des chefs de secteurs (Omda), lit-on encore dans le communiqué.
Le déploiement massif de ressources humaines, matérielles et logistiques a permis de stopper la progression des flammes et d’éviter que l’incendie n’atteigne les zones résidentielles limitrophes mais les équipes restent toutefois déployées sur le terrain pour mener à bien les opérations de refroidissement afin d’éviter tout risque de reprise du feu.
Le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, s’est entretenu lundi par téléphone avec son homologue français, Laurent Nuñez, pour évoquer la coopération bilatérale en matière de sécurité, notamment la lutte contre la criminalité transfrontalière et le trafic de stupéfiants.
Les deux responsables ont passé en revue plusieurs dossiers relevant des compétences de leurs ministères respectifs, avec un accent particulier sur le renforcement de la coordination face aux défis sécuritaires communs, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur.
L’entretien a également permis d’examiner les moyens de consolider davantage les relations de coopération entre la Tunisie et la France dans les domaines de compétence des ministères de l’Intérieur, afin de mieux répondre aux enjeux sécuritaires partagés.
La Cour d’appel de Tunis a confirmé, ce lundi 13 juillet 2026, la condamnation prononcée en première instance à l’encontre de Rached Ghannouchi et son gendre Rafik Bouchlaka.
La Chambre pénale spécialisée en charge de l’examen des affaires de corruption financière près la Cour d’appel de Tunis a définitivement confirmé la peine de trois ans de prison pour financement étranger au profit du parti Ennahdha pour sa campagne électorale en 2019.
Le Tribunal a par ailleurs infligé au représentant légal du parti islamiste, une amende d’un montant de la valeur du financement étranger qu’Ennahdha a reçu en dollars américains.
Le ministre tunisien de l’Intérieur, Khaled Nouri, a eu lundi un entretien téléphonique avec son homologue français Laurent Nuñez, à l’initiative de ce dernier, selon un communiqué publié par le ministère de l’Intérieur.
Les deux responsables ont abordé plusieurs questions relevant des compétences des ministères de l’Intérieur des deux pays, en particulier celles liées à la sécurité commune et à la lutte contre les formes de criminalité transfrontalière.
Lutte contre le trafic de drogue
La lutte contre le trafic de drogue a également figuré parmi les principaux sujets évoqués lors de cet échange, dans un contexte marqué par le renforcement de la coopération internationale face aux réseaux criminels organisés.
D’après le ministère tunisien de l’Intérieur, cette conversation a permis d’examiner les moyens de consolider les relations entre la Tunisie et la France dans les domaines sécuritaires, afin de mieux répondre aux défis communs.
Coopération sécuritaire entre les deux pays
Cette nouvelle prise de contact s’inscrit dans le cadre de la coopération sécuritaire entre les deux pays, qui porte notamment sur l’échange d’expertises et la coordination face aux menaces transnationales.
Grâce à la contribution remarquable du Pr Chadli Dziri à l’ouvrage de référence « SURGEONS’ GUIDE TO MEDICAL WRITING », la recherche et la médecine tunisiennes brillent une nouvelle fois à l’échelle internationale annonce la Société tunisienne des sciences médicales (STSM).
Dans un communiqué publié ce lundi 13 juillet 2026, la STSM a présenté ses félicitations à Pr Chadli Dziri, en rappelant que cet ouvrage est publié par la prestigieuse maison d’édition AME Publishing Company, référence internationale dans le domaine de l’édition scientifique.
Cette nouvelle distinction vient couronner un parcours académique d’exception et témoigne non seulement de l’expertise pointue du Pr Dziri, mais aussi de son engagement de chaque instant en faveur de la promotion de la rédaction médicale et de l’excellence académique.
« Nos plus sincères félicitations au Pr Chadli Dziri et nos vœux de succès pour la poursuite de ce parcours remarquable », indique encore la STSM, en lui souhaitant un succès continu dans la poursuite de son brillant parcours au service de la science.
L’Institut national de la météorologie (INM) annonce une nuit marquée par des températures élevées dans la plupart des régions du pays.
Quelques nuages isolés feront leur apparition sur la majeure partie du territoire en début de soirée indique l’INM, ajoutant que le ciel deviendra progressivement dégagé.
La même source annonce des vents modérés et une mer calme avec des températures nocturnes variant entre 25°C et 30°C, grimpant jusqu’à 34°C dans le sud-ouest.
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sadok Mourali, s’est réuni lundi avec les membres du bureau fédéral de la Fédération tunisienne de natation (FTN), indique le ministère dans un communiqué publié sur sa page officielle.
La rencontre entre dans le cadre d’une série de réunions périodiques avec les fédérations sportives visant à réformer le sport tunisien dans les différentes disciplines, en particulier les sports individuels, à faire le point sur leur situation et à lever les difficultés existantes, souligne-t-il.
Le ministre a pris connaissance des préoccupations du bureau fédéral de la FTN à tous les niveaux et s’est enquis de la situation des sportifs tunisiens, qu’ils évoluent en Tunisie ou à l’étranger.
Il a insisté sur la nécessité de réunir toutes les conditions matérielles, logistiques et techniques nécessaires, ainsi que d’assurer un accompagnement psychologique aux athlètes tunisiens, citant notamment Ayoub Hafnaoui, Ahmed Jaouadi et Jamila Boulakbech, afin de les préparer aux différentes échéances régionales, continentales et internationales et de leur permettre de défendre les couleurs nationales.
Le ministre a également réaffirmé sa volonté de miser sur les jeunes talents prometteurs, en leur proposant des contrats d’objectifs destinés à les encourager à obtenir les meilleurs résultats, à briller sur la scène sportive, à former une nouvelle génération de champions, à valoriser ces talents et à renforcer leur attachement à la Tunisie, soulignant que le pays a toujours été une pépinière de champions dans toutes les disciplines, malgré des moyens limités.
Mourali a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de verser les indemnités dues aux sportifs dans les délais impartis et d’allouer, au cours de cette semaine, l’ensemble des crédits destinés aux nageurs afin de leur permettre d’effectuer leurs stages dans les meilleures conditions. Il a également appelé à assurer un suivi permanent de leur situation afin de lever les difficultés qu’ils pourraient rencontrer.
Le ministre a enfin annoncé qu’à partir de 2027, les crédits destinés à l’acquisition des équipements sportifs seront directement transférés aux fédérations sportives, en fonction de leurs besoins et conformément aux normes internationales, dans le but de simplifier les procédures et de permettre aux sportifs de disposer des équipements nécessaires dans les délais requis.
La municipalité de Tunis a annoncé un durcissement des contrôles sanitaires visant les commerces ouverts au public. Dans un communiqué publié ce lundi, la chargée de la gestion de la municipalité de Tunis, Samah Daldoul, a affirmé que la loi sera appliquée « avec fermeté » à l’encontre des établissements ne respectant pas les normes d’hygiène et de salubrité.
Selon la municipalité, les infractions pourront entraîner la saisie et la destruction des marchandises impropres à la consommation, la fermeture immédiate des établissements concernés ainsi que des amendes administratives pouvant atteindre 1 000 dinars.
Instructions aux agents assermentés
Dans ce cadre, Samah Daldoul a indiqué avoir donné des instructions aux agents assermentés et aux techniciens supérieurs de la direction de l’hygiène municipale afin de renforcer les opérations de contrôle. Ces inspections porteront notamment sur le respect des règles d’hygiène et de propreté, mais également sur la qualité des denrées alimentaires, leur conservation et leur aptitude à la consommation.
La responsable municipale a rappelé que ces mesures s’appuient sur les dispositions de la loi n°30 du 5 avril 2016, modifiant et complétant la loi n°59 du 14 août 2006 relative aux infractions aux règles d’hygiène dans les zones relevant des collectivités locales. Ce cadre juridique autorise la municipalité à prendre des mesures administratives immédiates en cas de non-respect des prescriptions sanitaires et environnementales.
Soutenir les efforts des services municipaux.
Enfin, la municipalité de Tunis a appelé l’ensemble des administrations et organismes concernés par le contrôle des établissements ouverts au public à soutenir les efforts des services municipaux. Elle invite ces structures à coordonner leurs actions afin d’organiser des campagnes de contrôle sur l’ensemble du territoire relevant de la municipalité de Tunis.
Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a reçu, lundi, au siège du ministère, l’ambassadeur du Royaume de Belgique en Tunisie, François Dumont, dans le cadre d’une visite d’adieu à l’occasion de la fin de sa mission.
Le ministre a, à cette occasion, salué le développement remarquable des relations d’amitié et de coopération entre les deux pays, établies depuis la signature du Traité d’amitié, de commerce et de navigation le 17 novembre 1839 et consolidées au cours des sept décennies ayant suivi l’indépendance de la Tunisie, lit-on dans un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères.
Il a également mis en avant les projets de coopération qui s’inscrivent dans les priorités du développement en Tunisie, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’eau, de l’environnement, du développement durable et de l’emploi.
Il a en outre salué la croissance des investissements belges en Tunisie, qui représentent désormais 222 entreprises et établissements économiques, offrant plus de 19 000 emplois à des cadres et à une main-d’œuvre tunisiens.
Le ministre a, par ailleurs, réaffirmé l’attachement de la Tunisie aux principes qui fondent son partenariat avec l’Union européenne, à savoir le respect mutuel ainsi que l’équilibre des intérêts et des bénéfices réciproques.
Il a exprimé le souhait de voir ce partenariat davantage renforcé et développé afin qu’il devienne plus équilibré, plus équitable et davantage respectueux des choix souverains de chacune des parties.
Dans ce contexte, il a souligné la nécessité de moderniser le cadre juridique de ce partenariat afin de l’adapter aux mutations économiques et géopolitiques actuelles, tant au niveau régional qu’international.
Il a notamment insisté sur l’importance d’améliorer l’accès des produits tunisiens au marché européen, en particulier l’huile d’olive, d’encourager les investissements, ainsi que de soutenir la transition énergétique et la transformation numérique.
De son côté, l’ambassadeur de Belgique a réaffirmé l’importance que son pays accorde au renforcement de ses relations privilégiées avec la Tunisie, qu’il considère comme un partenaire stratégique et un pays d’une importance majeure dans l’espace méditerranéen.
Il a souligné la volonté de la Belgique de consolider davantage ces relations et d’en diversifier les domaines de coopération, dans le respect mutuel et au service des intérêts communs des deux pays, apprend-on de même source.
Dans le cadre du projet TEC-Eau, financé par la FAO et mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, une étude pilote a été lancée sur le lac collinaire de Kamech afin d’évaluer l’efficacité d’un film monomoléculaire sécurisé et conforme destiné à réduire les pertes d’eau par évaporation.
Première expérimentation de ce type conduite en conditions réelles en Tunisie, cette initiative s’inscrit dans une démarche scientifique rigoureuse visant à identifier des technologies innovantes capables d’améliorer durablement l’offre en eau dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la succession des sécheresses et une pression croissante sur les ressources hydriques, précise un communiqué de la FAO publié lundi.
L’étude, conduite avec l’appui scientifique du Centre de Recherches et des Technologies des Eaux (CERTE) et des institutions nationales partenaires, permettra d’évaluer les performances techniques, économiques et environnementales de cette technologie, tout en vérifiant son innocuité sur la qualité de l’eau, les écosystèmes aquatiques et la biodiversité.
« Il ne s’agit pas simplement d’introduire une nouvelle technologie, mais de l’évaluer de manière rigoureuse afin de déterminer sa pertinence et ses conditions d’application dans le contexte tunisien. Cette approche illustre l’engagement de la FAO à accompagner la Tunisie avec des solutions fondées sur la science, l’innovation et la coopération technique », a déclaré Nabil Assaf, Coordinateur de la FAO pour l’Afrique du Nord et Représentant en Tunisie.
Le lancement de cette étude réunit les principales institutions nationales concernées par la gestion de l’eau, la recherche scientifique, la santé, l’environnement et l’enseignement supérieur et la météo, illustrant une approche intégrée de la gouvernance des ressources hydriques.
Dans son allocution d’ouverture, le Ministre de l’Agriculture a rappelé que « chaque mètre cube d’eau économisé constitue une ressource supplémentaire pour notre agriculture, notre économie, notre environnement et les générations futures », soulignant que la réduction des pertes par évaporation constitue désormais une priorité nationale inscrite dans la stratégie tunisienne de l’eau.
Avec un taux de mobilisation des ressources hydriques dépassant 90 % et un réseau de 37 grands barrages, 234 barrages collinaires et 925 lacs collinaires, la Tunisie concentre désormais ses efforts sur l’amélioration de l’efficience de ces infrastructures.
Les pertes par évaporation représentent en effet un défi majeur dans les régions arides et semi-arides, où chaque volume d’eau préservé contribue directement à renforcer la résilience des territoires, la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique.
Selon la même source, les pertes journalières par évaporation sur les 37 barrages ont atteint le pic de 1.1 millions de mètre cube le 12 juillet. À travers le projet TEC-Eau, la FAO met à disposition son expertise pour identifier, adapter et valider des solutions innovantes répondant aux besoins spécifiques du pays.
Les résultats de cette expérimentation alimenteront les travaux du comité national sur la réduction de l’évaporation et contribueront à orienter les futures politiques publiques en matière de gestion intégrée des ressources en eau, au service d’une agriculture plus résiliente et d’un développement durable.
Les températures élevées et le recours massif aux climatiseurs font grimper la consommation électrique en Tunisie, relançant les interrogations sur la capacité du réseau à absorber les pics de demande. Depuis quelques jours, plusieurs habitants du Grand Tunis signalent des coupures d’électricité intervenant durant les heures de forte consommation, laissant planer le doute sur un éventuel recours au délestage.
Dimanche, des habitants de La Soukra ont rapporté des interruptions de courant en après-midi, au moment où la demande en électricité atteint généralement son maximum. Ce lundi, des témoignages similaires ont été recueillis dans plusieurs quartiers de la banlieue sud de Tunis, où des coupures de courte durée ont également été observées.
À ce stade, aucun communiqué officiel de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) ne confirme la mise en œuvre d’un plan de délestage national. Les seules coupures annoncées officiellement ces derniers jours concernent des interruptions programmées pour des travaux de maintenance ou de renforcement du réseau dans certaines régions du pays.
Une différence avec les étés précédents
La situation contraste avec certaines saisons estivales récentes. En 2025 notamment, la STEG avait officiellement reconnu avoir procédé à une coupure préventive à l’échelle nationale afin d’éviter un effondrement complet du réseau électrique face à un pic historique de consommation. L’entreprise avait alors expliqué que cette mesure visait à préserver la stabilité du système électrique.
Pour l’été 2026, aucune annonce similaire n’a été faite jusqu’à présent. Les communications officielles de la STEG portent essentiellement sur des coupures localisées liées à des opérations techniques, sans évoquer un dispositif de délestage destiné à réduire la charge du réseau.
Des coupures qui interrogent
L’absence de communication officielle n’empêche toutefois pas les interrogations. Les coupures observées dans certains quartiers de la capitale surviennent précisément pendant les heures de pointe, lorsque la demande est la plus élevée en raison de l’utilisation intensive des climatiseurs.
À ce stade, il est impossible d’affirmer qu’il s’agit d’un délestage organisé. Ces interruptions peuvent également résulter d’incidents techniques localisés, d’une surcharge ponctuelle de certaines lignes de distribution ou d’interventions de protection du réseau.
Une consommation sous forte pression
Comme chaque été, la Tunisie fait face à une hausse importante de la demande électrique. Le dernier bilan annuel disponible montre que la pointe nationale de consommation a atteint un record de 4 888 mégawatts le 14 août 2024, contre 4 825 MW en 2023. En juillet 2025, elle s’était établie à 4 837 MW, soit une hausse de 6% par rapport aux 4 550 MW enregistrés à la même période de 2024. Ces niveaux, proches de 5 000 MW, donnent une idée de la pression exercée sur le réseau lors des épisodes de chaleur extrême.
Les vagues de chaleur, qui se multiplient ces dernières années, exercent une pression croissante sur les infrastructures de production et de distribution.
Si les autorités assurent que le réseau est préparé pour la saison estivale, les coupures signalées dans le Grand Tunis montrent que la question de la sécurité d’approvisionnement reste particulièrement sensible, surtout lors des épisodes de chaleur extrême.
Le 70e anniversaire des relations diplomatiques tuniso-russes a servi de cadre, ce samedi 11 juillet, pour un premier bilan chiffré très favorable à la coopération entre les deux pays. Invité par l’Association d’amitié tuniso-russe, le consul Vladimir Khatountsev a annoncé un volume d’échanges commerciaux ayant triplé sur les derniers exercices, pour atteindre près de 1,8 milliard de dollars, un niveau qui hisse carrément la Tunisie parmi les cinq partenaires africains jugés les plus stratégiques par Moscou.
Hydrocarbures, céréales, santé et tourisme
La Russie continue dans ce cadre d’alimenter la Tunisie en produits pétroliers raffinés ainsi qu’en blé tendre et en orge. D’autres domaines d’activité suivent la même trajectoire. Dans le secteur de la santé, un accord signé il y a quelques mois a posé les bases d’un échange technologique médial et pharmaceutique. Le tourisme, de son côté, continue de faire de la Tunisie une destination prisée des vacanciers russes.
Un millier d’étudiants tunisiens en Russie
Le volet universitaire n’est pas en reste : Moscou attribue chaque année 80 bourses à des bacheliers et chercheurs tunisiens, et environ un millier d’entre eux étudient la médecine, l’ingénierie ou les technologies dans des établissements russes. Pour accompagner ce mouvement, la fondation Russkiy Mir a prévu en enveloppe destinée à équiper écoles et universités tunisiennes en ordinateurs, ouvrages et mobilier, afin de dynamiser l’apprentissage de la langue russe sur place.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, effectuera le 20 juillet une visite officielle à Alger, confirmée par la Moncloa, afin de tourner la page de la crise diplomatique ouverte en 2022 après son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Au-delà du réchauffement des relations entre Madrid et Alger, cette visite illustre une évolution plus profonde : en Méditerranée occidentale, les intérêts énergétiques, commerciaux et sécuritaires prennent progressivement le pas sur les différends politiques. Une dynamique qui intéresse directement la Tunisie, confrontée depuis plusieurs années à la délicate gestion de ses relations avec l’Algérie et le Maroc.
Pourquoi cette visite intéresse directement la Tunisie ?
À première vue, le déplacement de Pedro Sánchez relève de la politique étrangère espagnole. Pourtant, il éclaire les défis auxquels la diplomatie tunisienne est confrontée depuis plusieurs années.
La Tunisie continue d’affirmer une position de neutralité sur le Sahara occidental et son attachement à une solution conforme aux résolutions des Nations unies. Cette posture a toutefois été fragilisée en août 2022, lorsque l’accueil du chef du Front Polisario, Brahim Ghali, lors de la TICAD organisée à Tunis avait provoqué une grave crise diplomatique avec le Maroc, qui avait rappelé son ambassadeur.
Une tentative de rapprochement avait été observée en août 2024, avec une rencontre à Marseille entre le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch et le ministre tunisien des Affaires étrangères Nabil Ammar. Les échanges avaient témoigné d’une volonté de renouer le dialogue, sans pour autant effacer les divergences autour du Sahara occidental.
Parallèlement, la coopération stratégique entre la Tunisie et l’Algérie s’est renforcée, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’énergie et de la coordination politique. En avril 2025, Webdo rapportait également, sur la base d’informations publiées par plusieurs médias marocains, que des pressions auraient été exercées par Alger afin que Tunis accueille des membres ou des activités liés au Front Polisario. Ces informations n’ont toutefois jamais été confirmées officiellement par Tunis ou Alger. À la même période, certains responsables politiques américains évoquaient un possible classement du Front Polisario comme organisation terroriste, un scénario qui, s’il venait à se concrétiser, pourrait avoir des conséquences diplomatiques pour les États concernés.
Dans ce contexte, le rapprochement entre Madrid et Alger constitue un précédent que Tunis observera avec attention.
Comment Madrid et Alger ont-ils tourné la page de la crise ?
La crise entre l’Espagne et l’Algérie remonte à mars 2022, lorsque Pedro Sánchez avait apporté son soutien au plan d’autonomie défendu par le Maroc pour le Sahara occidental, sous l’impulsion du roi Mohammed VI, et qualifié par Madrid de solution « la plus sérieuse, réaliste et crédible ».
L’Algérie, principal soutien du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur avant de suspendre, le 8 juin 2022, le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé vingt ans plus tôt. Les échanges commerciaux avaient été fortement perturbés par des restrictions bancaires, tandis que les livraisons de gaz vers l’Espagne étaient maintenues.
Le dégel s’est amorcé fin 2023 avec le retour d’un ambassadeur algérien à Madrid. En mars 2026, la visite du ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares à Alger a permis de réactiver officiellement le traité d’amitié. Le président Abdelmadjid Tebboune avait alors évoqué un rapprochement guidé « par la raison et par le cœur ».
Pour Alger, cette normalisation ne traduit toutefois aucun changement de position sur le Sahara occidental. Elle reflète plutôt une volonté de dissocier ce différend de la coopération économique et énergétique avec l’Espagne.
La visite de Pedro Sánchez du 20 juillet doit symboliser la normalisation des relations entre les deux pays.
L’énergie est-elle devenue la priorité ?
Le calendrier du déplacement montre que les considérations économiques occupent désormais une place centrale.
Pedro Sánchez sera accompagné de la troisième vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique, Sara Aagesen, signe que les questions énergétiques seront au cœur des discussions.
L’Algérie est redevenue le premier fournisseur de gaz de l’Espagne, devant les États-Unis et la Russie. Les échanges commerciaux entre les deux pays avoisinent désormais 8,5 milliards d’euros, après avoir fortement reculé au plus fort de la crise diplomatique.
Pour Madrid comme pour Alger, l’énergie apparaît aujourd’hui comme le principal moteur du rapprochement, illustrant une approche plus pragmatique des relations internationales.
Le Sahara occidental reste pourtant au cœur des divergences
Cette normalisation ne signifie pas que les positions des deux pays se sont rapprochées sur le Sahara occidental.
Madrid continue de considérer le plan marocain d’autonomie comme la base « la plus sérieuse, réaliste et crédible » d’un règlement du conflit, tandis que l’Algérie maintient son soutien au Front Polisario.
En parallèle, le Parlement espagnol examine une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés avant le 11 août 1977, lorsque le territoire était encore administré par l’Espagne. Si elle était adoptée, cette mesure constituerait davantage un geste politique intérieur qu’un changement de doctrine diplomatique.
Autrement dit, l’Espagne cherche aujourd’hui à préserver simultanément son partenariat stratégique avec Rabat et sa coopération retrouvée avec Alger.
Un précédent diplomatique pour le Maghreb ?
La visite de Pedro Sánchez ne modifiera pas les rapports de force entre l’Algérie et le Maroc, dont les relations diplomatiques restent rompues depuis 2021.
Elle montre toutefois qu’un État peut chercher à maintenir des relations de travail avec Alger sans renoncer à son partenariat avec Rabat. Cette logique de pragmatisme répond aux nouveaux impératifs de sécurité énergétique, de coopération économique et de stabilité régionale qui s’imposent désormais à l’ensemble du bassin méditerranéen.
Pour la Tunisie, la situation demeure plus délicate. Sa proximité stratégique avec l’Algérie, la dégradation de ses relations avec le Maroc et la sensibilité du dossier du Sahara occidental réduisent sa marge de manœuvre diplomatique.
La visite de Pedro Sánchez montre néanmoins qu’un désaccord politique majeur n’empêche pas nécessairement la reprise du dialogue et des échanges. Sans être directement transposable au contexte tunisien, le cas espagnol rappelle qu’il est possible de renouer des relations pragmatiques sans renoncer à ses positions de principe. Pour la Tunisie, l’enjeu sera surtout de préserver ses intérêts stratégiques avec l’Algérie tout en évitant que la crise avec le Maroc ne s’installe durablement.
« La Tunisie figure parmi les principaux pays de la région MENA dotés de systèmes publics structurés de gestion des déchets » : c’est le constat de Nesrine Guederi, Directrice des études économiques et environnementales au ministère de l’Environnement, en marge du lancement du projet SWAP.
Un satisfecit qui tranche avec un chiffre : le taux de recyclage ne dépasse toujours pas 10 % dans le pays, malgré des filières déjà en place pour le plastique, les pneus, les huiles moteur, les batteries et les piles.
Un volume qui dépasse les capacités
Le pays produit plus de 2,6 millions de tonnes de déchets municipaux par an, dont 1 million pour le seul Grand Tunis. 17 décharges contrôlées et 57 centres de transfert absorbent ce flux ; leur exploitation revient au privé, mais la facture reste publique à 80 %, contre 20 % pour les municipalités.
Le déchet, nouveau levier climatique
La CDN Tunisie 3.0 (Feuille de route climatique du pays 2026-2035) fait désormais du secteur un moteur d’investissement et d’emplois verts. Objectif national : -62 % d’intensité carbone d’ici 2035.
Les déchets devraient porter 4 % des réductions de GES attendues, et devenir le deuxième poste d’investissement climatique du pays. « Les déchets ne sont pas une fatalité mais un gisement de ressources », résume Guederi, pour qui le modèle linéaire ; extraire, fabriquer, consommer, jeter a fait son temps.
Le projet SWAP en fer de lance
Lancé le 9 juillet par le ministère de l’Environnement et le PNUD, ce projet doté de 5 millions de dollars par le Fonds mondial pour l’environnement cible Tunis, Ariana, Ben Arous et la Manouba jusqu’en 2030, pour réduire déchets et pollution chimique à la source. En parallèle, plusieurs pilotes tournent déjà : tri à la source dans le Grand Tunis, Sousse et Djerba, cogénération à Sousse, biogaz à Djerba (6 000 tonnes/an).
L’homme d’affaires américain Fergie Chambers, installé en Tunisie depuis fin 2023, fait l’objet d’une procédure d’extradition vers les États-Unis après son arrestation à Ibiza, en Espagne, le 10 juillet. Les autorités américaines le poursuivent notamment pour des faits présumés de blanchiment international d’argent et de soutien matériel à des organisations terroristes étrangères, selon des informations publiées par The Grayzone et Middle East Eye.
Si l’acte d’accusation demeure placé sous scellés, des éléments rapportés par ces médias, qui affirment avoir consulté tout ou une partie du dossier, indiquent que les enquêteurs américains s’intéressent notamment à des transferts de fonds effectués vers la Tunisie après le départ de Fergie Chambers des États-Unis.
Une demande d’extradition vers les États-Unis
James Cox Chambers Jr., plus connu sous le nom de Fergie Chambers, a été interpellé vendredi à Ibiza en exécution d’une demande des autorités américaines. Selon les informations disponibles, il est visé par une procédure d’extradition afin de répondre devant la justice américaine de plusieurs chefs d’accusation, dont le blanchiment d’argent à dimension internationale et un soutien matériel présumé à des organisations terroristes étrangères.
Les poursuites interviennent après son départ des États-Unis en 2023, à la suite de la vente de ses participations dans l’entreprise familiale. L’investisseur avait alors annoncé vouloir consacrer une partie de sa fortune, estimée à 250 millions de dollars, au financement de projets humanitaires et de médias engagés en faveur de la cause palestinienne.
La Tunisie mentionnée dans le dossier
Selon les extraits de l’acte d’accusation publiés par The Grayzone, Fergie Chambers aurait effectué de nombreux transferts de fonds depuis des banques américaines vers des établissements bancaires en Tunisie, où il s’est installé à la fin de l’année 2023.
De son côté, Middle East Eye évoque environ 7,5 millions de dollars transférés hors des États-Unis après son départ du pays, sans préciser quelle part de cette somme aurait été destinée à la Tunisie.
À ce stade, ni les montants exacts des virements évoqués vers la Tunisie ni leurs bénéficiaires n’ont été officiellement confirmés. Le contenu intégral de l’acte d’accusation n’a pas été rendu public et les autorités américaines n’ont pas communiqué sur ces éléments.
Des accusations encore entourées de zones d’ombre
D’après The Grayzone, les procureurs américains reprocheraient à Fergie Chambers d’avoir procédé à des opérations financières dans l’intention de fournir un soutien matériel à des organisations terroristes étrangères.
Le média souligne toutefois que les passages de l’acte d’accusation qu’il affirme avoir consultés ne démontreraient pas qu’un financement ait effectivement bénéficié à une organisation officiellement désignée comme terroriste. Cette affirmation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Une figure connue en Tunisie
Depuis son installation à Sidi Bou Saïd, Fergie Chambers s’est fait connaître en Tunisie à travers plusieurs investissements et partenariats. Son nom est notamment devenu familier du grand public à la faveur d’un contrat de sponsoring conclu avec le Club Africain, dont il a accompagné le redressement financier.
Toutefois, les informations publiées à ce jour n’établissent aucun lien entre cette collaboration, ou d’autres investissements connus en Tunisie, et les poursuites engagées par la justice américaine.
La procédure d’extradition suit désormais son cours devant la justice espagnole, qui devra se prononcer sur la demande américaine.
En attendant, de nombreuses questions demeurent sans réponse. Le contenu complet de l’acte d’accusation reste sous scellés, les autorités américaines n’ont publié aucun document officiel détaillant les faits reprochés et la justice espagnole n’a pas communiqué sur les éléments ayant motivé le mandat d’arrêt.
Les informations disponibles reposent donc essentiellement sur les révélations de The Grayzone et de Middle East Eye, dans l’attente d’éventuelles précisions des autorités judiciaires concernées.
L’Agence tunisienne de coopération technique (ATCT) a annoncé l’ouverture des candidatures pour le recrutement d’un directeur général appelé à exercer en République de Djibouti. Et ce, dans le cadre d’un projet industriel stratégique spécialisé dans la transformation et la mouture des céréales (minoterie).
Cette opportunité s’adresse aux cadres et experts justifiant d’au moins 15 années d’expérience dans le secteur des minoteries industrielles. Les candidats doivent également démontrer une expérience confirmée dans le lancement et la gestion de nouveaux projets industriels, depuis leur phase de création jusqu’à leur mise en exploitation, ainsi que des compétences avérées en leadership stratégique et en gestion financière.
Le contrat proposé est d’une durée de trois ans. Il prévoit une rémunération mensuelle nette d’environ 5 000 dollars américains, soit près de 14 500 dinars tunisiens, ainsi qu’une couverture sociale assurée par la Caisse nationale de sécurité sociale de Djibouti. Le package comprend également un logement de fonction et un véhicule de service.
L’ATCT invite les candidats remplissant les conditions requises à déposer leur dossier de candidature au plus tard ce lundi 13 juillet 2026, via la plateforme électronique dédiée ou sur le site officiel de l’Agence tunisienne de coopération technique.
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a examiné, ce lundi 13 juillet 2026, une affaire de corruption financière et administrative impliquant l’ancien député et ancien président de l’Étoile sportive du Sahel (ESS), l’homme d’affaires Ridha Charfeddine, aux côtés de deux autres prévenus.
Lors de l’audience, la défense de M. Charfeddine a officiellement sollicité un report de l’audience, invoquant la volonté de son client de finaliser les procédures de réconciliation pénale, a rapporté Mosaique FM. Cette demande a été formulée dans l’attente de l’issue de la requête déposée par le fondateur et patron des laboratoires pharmaceutiques Unimed à Kalaa Kebira auprès des autorités judiciaires et des commissions spécialisées en vue de régulariser sa situation juridique, conformément au décret régissant la conciliation pénale (Décret-loi- n° 2022-13 du 20 mars 2022).
Il convient de noter que la chambre pénale spécialisée dans les affaires de corruption financière avait précédemment condamné Ridha Charfeddine à 11 ans de prison.
Il avait été reconnu coupable de blanchiment d’argent en tirant parti des facilités offertes par ses activités professionnelles, les fonds blanchis provenant d’infractions bancaires et d’évasion fiscale.
La chambre a également condamné le frère de M. Charfeddine à sept ans de prison et un ancien président de l’ESS à dix ans (avec exécution immédiate de la peine), tout en infligeant des sanctions financières à l’ensemble des accusés.
Rappelons que le prévenu a été condamné en appel, le 27 novembre 2025, dans une autre affaire, à deux ans de prison dans le cadre de l’affaire dite du «complot contre la sûreté de l’État» après une condamnation à seize ans prononcée en première instance.
Il y a une dissonance qui devrait faire tousser n’importe quel lecteur attentif du Plan de développement économique 2026-2030 : le discours officiel promet simultanément la «souveraineté économique», la «résilience aux chocs» et la «croissance durable» — et il organise, dans le même souffle, la fuite en avant vers un tertiaire de proximité, opportuniste pour l’investisseur privé, jetable au premier coup de vent. On ne bâtit pas une souveraineté sur des call centers et des applications de livraison. Une tertiarisation en trompe l’œil… (Photo : Que reste-t-il de l’industrie industrialisante du tandem Bourguiba-Ben Salah ?)
Moktar Lamari *
On ne construit pas de résilience avec des activités qui ferment en trois mois dès que la demande se contracte. Le Plan parle la langue de la solidité et finance la fragilité. C’est un texte qui se contredit lui-même, phrase après phrase, et qui ne le sait pas — ou pire, qui le sait très bien et préfère regarder ailleurs.
Le Plan 26-30 multiplie les pages sur l’écosystème numérique, le hub logistique, la destination touristique repositionnée. Il ne dit presque rien de l’industrie de transformation, de la valeur ajoutée manufacturière, de la R-D appliquée aux filières productives.
Ce n’est pas un oubli technocratique, c’est un choix de facilité budgétaire et politique : les services ne demandent ni patience, ni vision territoriale pensée sur vingt ans, ni bras de fer avec des intérêts installés. Ils demandent un local, une connexion internet et une story sur LinkedIn.
Résultat : on habille en stratégie ce qui n’est, au fond, qu’une gestion comptable du court terme — un pari opportuniste sur des activités à faible engagement de capital, faciles à ouvrir, encore plus faciles à fermer, et qui laissent l’économie nationale à la merci du moindre choc externe.
De l’industrie industrialisante à la rente de services
Il faut regarder les chiffres en face. Dans la décennie 1970, celle de Nouira et de l’ouverture au secteur privé après l’expérience collectiviste de Ben Salah, l’économie tunisienne se construisait encore autour de l’industrie manufacturière naissante — textile, habillement, cuir — qui concentrait, dès 1977, 54 % des investissements industriels et 87 % des emplois créés dans le secteur.
Les services pesaient alors une part modeste du PIB, de l’ordre de 35 à 40 % selon les séries de la Banque mondiale, une proportion cohérente avec une économie encore agricole et en cours d’industrialisation.
Cinquante ans plus tard, cette proportion a explosé : le tertiaire — commerce, tourisme, transport, administration, finance — représente aujourd’hui autour de 60 % du PIB tunisien, quand l’industrie manufacturière stagne, comme en témoignent les publications récentes de l’INS où le secteur recule en glissement annuel pendant que l’hôtellerie-restauration bondit de plus de 8 %.
Le Rapport annuel 2025 de la BCT confirme la tendance : ce sont l’agriculture et le tourisme qui «sauvent» la croissance, non l’appareil productif industriel. Ce basculement n’est pas une modernisation, c’est un vidage.
La Tunisie n’est pas devenue une économie de services sophistiqués comme l’Irlande ou l’Estonie ; elle est devenue une économie de services de rattrapage, qui comble par du commerce et de l’hôtellerie ce que l’industrie ne produit plus.
Un travail récent publié sur Les Échos, éclaire crûment ce piège : tous les services ne se valent pas. Il y a les services de connaissance — TIC, ingénierie, services professionnels exportables — capables de générer des devises et de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales ; et il y a les services locaux — commerce, restauration, informel — qui créent de l’emploi sans transformer l’économie.
Ces services de connaissance ne pèsent qu’environ 6 % du PIB tunisien, contre 15 à 17 % dans les économies européennes avancées, et n’emploient qu’une fraction marginale de la population active — au Maroc, comparateur régional habituel, ils ne mobilisent qu’environ 1,5 % des actifs.
Même le tertiaire noble reste, chez nous, un village éphémère : brillant sur les réseaux sociaux, insignifiant dans la masse salariale et dans les recettes d’exportation.
Le reste — l’écrasante majorité du tertiaire tunisien — n’est que de la redistribution locale de revenus déjà créés ailleurs, essentiellement par les transferts de la diaspora, le tourisme de masse et une agriculture climato-dépendante.
Cinq dissonances que le Plan 26-30 préfère ne pas voir
Premièrement, le coût fixe d’entrée : un centre d’appel ou une plateforme de livraison s’ouvre avec quelques dizaines de milliers de dinars, quand une unité industrielle de taille moyenne — mécanique, agroalimentaire de transformation, chimie fine — exige des mises de fonds initiales dix à vingt fois supérieures.
Deuxièmement, la productivité : la valeur ajoutée par travailleur dans l’industrie manufacturière tunisienne dépasse structurellement celle des services locaux, précisément parce que l’industrie incorpore capital, machines et procédés, là où le service repose d’abord sur le geste humain répétitif.
Troisièmement, le délai de récupération de l’investissement : un commerce ou un service se rentabilise en quelques mois et se ferme tout aussi vite en cas de crise — d’où la vitesse de casse observée depuis 2011 dans le commerce de détail et l’informel, quand une usine, elle, engage un pari de dix à quinze ans.
Quatrièmement, la consommation intermédiaire en technologie de pointe : l’industrie tire la demande de machines-outils, d’automatisation, de recherche appliquée, alors que le service tertiaire local consomme surtout du loyer et de la main-d’œuvre peu qualifiée.
Cinquièmement, le risque : le capital investi dans les services locaux est mobile, liquidable, réversible — celui englouti dans une chaîne de production industrielle est immobilisé, spécifique, sans valeur de revente en cas d’échec.
L’intensité capitalistique — le capital par travailleur — reste ainsi infiniment plus faible dans le tertiaire banal que dans l’industrie, ce qui explique que la tertiarisation crée vite des emplois précaires, jamais des emplois qui durent.
Ces différences et leurs enjeux n’ont même pas été effleurés dans les débats parlementaires, fautes de de visions et de lectures économiques sérieuses et réfléchie.
Quatre conséquences stratégiques que le Plan devrait assumer et qu’il élude :
– primo, une économie qui mise sur le tertiaire de proximité gonfle son PIB à court terme sans construire de chaînes d’approvisionnement nationales — elle importe ce qu’elle consomme et exporte peu ;
– secundo, elle fabrique du chômage déguisé en activité : le vendeur ambulant et le livreur à moto sont statistiquement actifs, économiquement fragiles, et disparaissent des radars dès le premier choc — exactement le profil de vulnérabilité que rappelle la Direction générale du Trésor lorsqu’elle qualifie le modèle tunisien de «particulièrement exposé aux chocs externes» ;
– tertio, elle perd la capacité d’entraînement intersectorielle propre à l’industrie — un atelier textile ou mécanique tire fournisseurs, sous-traitants, transporteurs, formateurs ; un salon de coiffure ne tire rien, un centre d’appel encore moins ;
– quarto, elle expose le pays à une désindustrialisation précoce, avant même d’avoir tiré profit de l’industrialisation — exactement le scénario que documentent les économies en développement comparables, du Maroc à l’Égypte, où l’insertion dans les services mondiaux se fait sans apprentissage technologique durable.
De l’industrie industrialisante aux rentiers de la politique
Il fut un temps où la Tunisie avait une théorie. L’industrie industrialisante d’Ahmed Ben Salah, prolongée avec les nuances libérales d’Hédi Nouira sous Bourguiba, visait des pôles moteurs — sidérurgie, chimie, textile intégré — censés irriguer tout l’appareil productif et transformer une économie agricole en économie industrielle.
On pouvait critiquer la méthode, l’étatisme, les excès de concentration régionale ; on ne pouvait nier l’ambition stratégique ni la cohérence doctrinale.
Cette vision s’est éteinte sous Ben Ali (1987-2011), remplacée par une économie de rente, de façade exportatrice sans montée en gamme, et de capture progressive des filières porteuses par des cercles familiaux.
Depuis 2011, c’est pire encore : l’ère de l’islam politique et de ses alliances sommitales avec l’appareil d’État n’a produit aucune doctrine industrielle de substitution — seulement une gestion comptable de la pénurie, saupoudrée d’un discours sur le numérique et l’entrepreneuriat qui tient lieu, à moindres frais, de politique économique.
Le Plan 2026-2030 hérite de ce vide et choisit de l’habiller en vertu : plutôt que de reconstruire l’escalator manufacturier, il vend le tapis roulant du tertiaire, plus doux sous le pied, mais qui ne mène nulle part et se dérobe au premier ralentissement de la demande européenne ou du tourisme.
Comme le dit l’adage bien connu, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif — et l’on ne peut prétendre construire une économie souveraine avec des activités dont la première vertu, vantée par leurs promoteurs eux-mêmes, est de pouvoir se replier sans dommage.
Ce n’est pas de la résilience, c’est de la précarité érigée en modèle. Tant que le Plan n’assumera pas des choix stratégiques clairs — pôles industriels ciblés, R-D appliquée, intégration technologique, financement patient du capital productif —, il continuera de gérer la vitrine pendant que l’arrière-boutique, seule à créer une richesse qui dure, se vide un peu plus chaque année.
Après plus de 40 heures d’intervention continue, les équipes de secours sont parvenues à maîtriser l’incendie qui ravageait depuis samedi soir le mont Echahma, dans la délégation de Bir Hlima, au gouvernorat de Zaghouan. La mobilisation de plusieurs corps d’intervention, renforcée par un appui aérien de l’armée de l’air, a permis de contenir la propagation des flammes dans des conditions particulièrement difficiles.
L’incendie a été déclaré maîtrisé lundi 13 juillet 2026 vers 6h00, selon les services régionaux, après une opération coordonnée entre la Protection civile, la Direction générale des forêts, la commission régionale de lutte contre les catastrophes et les unités militaires mobilisées sur le terrain.
Une intervention prolongée face à un terrain difficile
La lutte contre le feu a duré plus de deux jours sans interruption, dans un contexte marqué par des températures élevées, des vents forts et un relief accidenté qui ont compliqué les opérations d’extinction.
Les équipes ont dû multiplier les interventions pour limiter la progression des flammes et empêcher leur extension vers de nouvelles zones forestières et agricoles.
Un important dispositif déployé sur le terrain
L’opération a mobilisé des moyens humains et matériels considérables. Près de 150 agents et officiers issus de différents corps ont participé aux interventions, avec l’appui de renforts venus notamment de Siliana, Ben Arous, Sousse et Kairouan.
Le dispositif comprenait 13 camions d’intervention de la Protection civile, auxquels se sont ajoutés 10 autres véhicules d’extinction, ainsi que des équipements spécialisés fournis par les services forestiers.
La Protection civile a également mobilisé son unité spécialisée de Ben Arous, l’École nationale de la Protection civile et le Centre de protection des forêts de Radès afin de renforcer les opérations.
Face à l’intensité du sinistre, les unités aériennes de l’armée de l’air ont apporté un soutien important aux équipes terrestres. Des hélicoptères ainsi que des avions C-130 spécialisés dans la lutte contre les incendies ont participé aux opérations, permettant de cibler plusieurs foyers et de ralentir la progression du feu dans les zones difficiles d’accès.
Des dégâts forestiers encore à évaluer
Si l’incendie est désormais maîtrisé, les conséquences sur l’environnement restent à déterminer. Les premières constatations font état de dégâts importants sur le couvert forestier, notamment dans les zones de pin d’Alep et dans la forêt de « Chaâra ».
Des arbres situés dans des exploitations agricoles voisines ont également été touchés. Une opération d’évaluation est actuellement menée afin d’établir précisément l’étendue des pertes.
Malgré l’extinction des principaux foyers, les équipes poursuivent les opérations de refroidissement et de surveillance afin d’éviter toute reprise du feu.