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L’industrie tunisienne subit 671,5 millions de dinars de pertes liées aux coupures d’électricité

29. Oktober 2026 um 10:39

Les coupures d’électricité de juillet et août 2026 ont coûté cher aux entreprises tunisiennes. Selon une enquête de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), publiée le 27 octobre 2026, les pertes directes de valeur ajoutée dépassent 1,26 milliard de dinars. En effet, l’industrie manufacturière est la plus touchée, avec 671,5 millions de dinars de pertes, suivie des services marchands (316,1 millions) et du commerce (282,1 millions). L’enquête révèle que 96% des entreprises interrogées ont subi des coupures, dont 58% plusieurs fois par jour. D’ailleurs, elles déclarent avoir perdu en moyenne 13 jours d’activité sur la période étudiée. Pour 29% d’entre elles, les interruptions ont entraîné au moins 20 jours de travail perdus. Les conséquences se retrouvent aussi dans les ventes. Environ 64% des entreprises répondantes signalent une baisse de leur CA, un taux qui atteint 83% dans l’industrie. En outre, l’impact a touché aussi les PME tournées vers les marchés extérieurs, puisque 63% de l’échantillon regroupe des entreprises totalement ou partiellement exportatrices. Ces résultats mettent en évidence le coût des interruptions d’électricité pour la production et l’activité commerciale, dans un contexte où la continuité de l’approvisionnement reste essentielle au fonctionnement des entreprises.

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Tunisie : le Salon de l’économie verte revient les 5 et 6 novembre sous le signe de l’IA

27. Oktober 2026 um 14:01

La Tunisie accueillera, les 5 et 6 novembre 2026, la troisième édition du Salon de l’économie verte, du financement responsable et du développement durable, au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), à Tunis. Cette édition se tiendra sur le thème « L’intelligence artificielle au service de la Terre : innover pour un monde durable ».

Les organisateurs précisent que cette manifestation vise à renforcer le positionnement de la Tunisie à la croisée de la transformation numérique et des enjeux environnementaux. Et ce, en mettant l’intelligence artificielle au service du développement durable et de la lutte contre les défis écologiques, notamment l’aggravation du stress hydrique aux niveaux national et régional.

Six axes structureront les travaux du salon : l’optimisation de la gestion des ressources naturelles, notamment les sols, l’eau, les forêts et la biodiversité ; la gestion intelligente du cycle de l’eau ; la transition énergétique et la décarbonation ; l’agriculture durable et de précision ; l’économie circulaire et la gestion intelligente des déchets ; ainsi que le développement de l’innovation au service du développement durable.

Un programme axé sur l’innovation et les solutions concrètes

Le programme prévoit des conférences internationales, des tables rondes et des ateliers de formation spécialisés. Il comprendra également la présentation de solutions innovantes, des rencontres professionnelles entre entreprises et la mise en avant de projets de start-up.

À ce titre, 20 jeunes entreprises ont été sélectionnées pour participer au concours « Startup Challenge : l’intelligence artificielle au service de la Terre », consacré aux solutions fondées sur l’intelligence artificielle pour répondre aux défis environnementaux.

Les organisateurs entendent également favoriser l’innovation durable à travers plusieurs initiatives pratiques. Des espaces de démonstration permettront de tester des solutions d’intelligence artificielle dans des conditions réelles. Des rencontres entre start-up et investisseurs seront organisées, parallèlement à un espace dédié à l’eau, destiné à présenter des solutions intelligentes pour la gestion des ressources hydriques.

Un hackathon de 48 heures, organisé en amont du salon, réunira par ailleurs des participants autour du développement de solutions basées sur l’intelligence artificielle pour relever des défis environnementaux.

Des acteurs publics, privés et internationaux attendus

La manifestation réunira des représentants des secteurs public et privé, notamment des ministères chargés de l’Environnement, de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, des Technologies de la communication, de l’Énergie et de l’Économie.

Des start-up technologiques, des centres de recherche, des entreprises et des entrepreneurs sont également attendus, aux côtés de banques, d’investisseurs, d’institutions de financement vert et de partenaires internationaux, dont l’Union européenne, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et la Banque mondiale.

Pour les entreprises participantes, le salon constituera une occasion de présenter leurs produits, leurs services et leurs solutions innovantes, de renforcer leur visibilité auprès des professionnels et de développer de nouvelles opportunités de partenariat, d’affaires et d’investissement.

Les organisateurs tablent sur la participation d’environ 1 500 personnes et de 30 exposants pour cette troisième édition, organisée en partenariat avec des structures académiques, institutionnelles et scientifiques, ainsi qu’avec des établissements de recherche et d’enseignement supérieur.

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Infrastructures | Rencontre à Tunis autour du salon Intermat Paris 2027

27. Oktober 2026 um 13:52

La Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF)organise une rencontre d’échanges autour du salon «Intermat Paris 2027 : Construire les infrastructures de demain – Enjeux et perspectives de la Tunisie à l’Afrique», le mardi 3 novembre 2026, de 8h30 à 12h, au Novotel Tunis – Berges du Lac 2.

La rencontre, qui sera présidée par Khelil Chaibi, président de la CCITF, verra pa participation de Guillaume Schaeffer, directeur du salon Intermat, et de Laura Sanchez, directrice de la communication de la manifestation.

Les échanges porteront sur les principaux enjeux du secteur en Tunisie, notamment la modernisation des infrastructures, le développement du réseau routier, les grands projets et l’évolution des besoins en équipements et en technologies.

Des représentants du ministère de l’Equipement et de l’Habitatet dela Fédération nationale des entrepreneurs de bâtiment et de travaux publics, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) sont attendus pour partager leurs perspectives sur les priorités du secteur.

Organisé du 21 au 24 avril 2027 à Paris-Nord Villepinte, Intermat est un salon de référence dédié aux équipements, aux technologies et aux solutions pour la construction et les travaux publics.

Il rassemble les professionnels des grands chantiers, du terrassement et des infrastructures, ainsi que les fabricants, distributeurs et donneurs d’ordre, autour des innovations et des opportunités de partenariat dans le secteur.

L’édition 2027 accordera également une place aux enjeux de coopération et de développement des marchés africains, à travers l’African Summit.

Cette rencontre à Tunis permettra aux professionnels de mieux appréhender les opportunités offertes par Intermat Paris 2027 et de renforcer les échanges entre les acteurs tunisiens, français et africains.

I. B.

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Droits TV : le Club Africain lance la bataille pour l’indépendance financière des clubs tunisiens

26. Oktober 2026 um 12:40

En mobilisant ses supporters pour financer la diffusion de son match contre le TP Mazembe, le Club Africain entend mettre fin à la cession gratuite de ses droits audiovisuels. Une initiative qui pose la question de la valorisation commerciale du football tunisien et de la diversification des revenus des clubs.

Le Club Africain a choisi de faire des droits de retransmission un enjeu économique. À l’occasion de son match retour contre le TP Mazembe, disputé le 25 octobre 2026 au stade Hamadi-Agrebi de Radès, le club de Bab Jedid a refusé le principe d’une cession gratuite de ses droits audiovisuels et sollicité la contribution de ses supporters pour financer la diffusion de la rencontre.

L’objectif fixé était de 200 000 dinars. La collecte organisée sur la plateforme All4One a atteint la somme requise, permettant la retransmission gratuite du match sur la chaîne YouTube officielle du club et ses plateformes numériques.

Au-delà de l’enjeu sportif, cette opération marque une nouvelle étape dans la stratégie du club visant à mieux valoriser ses contenus et à mobiliser sa communauté comme source de financement. Elle pose surtout une question : les droits audiovisuels peuvent-ils contribuer à renforcer l’autonomie financière des clubs tunisiens ?

Des droits audiovisuels que le club veut valoriser

Le 24 octobre, le Club Africain a annoncé n’avoir reçu aucune offre financière pour l’acquisition des droits de diffusion de sa rencontre contre le TP Mazembe. Le club a alors conditionné la retransmission gratuite à l’atteinte de son objectif de collecte de 200 000 dinars, appelant ses supporters en Tunisie et à l’étranger à participer au financement de l’opération.

Cette position traduit une volonté de changer les pratiques de commercialisation des matchs continentaux. Pour le club, les droits de diffusion représentent un actif qui ne devrait plus être cédé gratuitement.

Des médias avaient auparavant évoqué un montant de 350 000 dinars réclamé aux diffuseurs intéressés par le match retour. Ce montant doit toutefois être distingué de la collecte de 200 000 dinars, qui correspond à l’objectif annoncé pour financer la retransmission. Le club a, pour sa part, déclaré n’avoir reçu aucune offre financière.

Le recours au financement participatif a ainsi permis de trouver une solution en l’absence d’accord commercial annoncé. Les supporters ont contribué à rendre possible une diffusion gratuite, tandis que le club a conservé la maîtrise de ses plateformes de retransmission.

Une stratégie engagée dès septembre

L’initiative ne se limite pas au match contre le TP Mazembe. Le 5 septembre 2026, lors de la réception du Djoliba AC du Mali au premier tour préliminaire de la Ligue des champions africaine, le Club Africain avait déjà opté pour une diffusion exclusivement numérique sur All4One.

La Télévision tunisienne avait alors indiqué avoir contacté les clubs tunisiens engagés dans les compétitions africaines pour assurer la retransmission de leurs rencontres. Selon son communiqué, le Club Africain avait été le seul à ne pas donner suite à sa demande de diffusion. Le club avait précisé que les recettes générées par la retransmission du match contre le Djoliba seraient consacrées à l’aménagement de sa boutique au Parc A.

Cette première expérience, suivie de la collecte organisée pour le match contre le TP Mazembe, témoigne d’une volonté de développer des sources de financement directement liées à l’activité du club.

Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de conclure à la rentabilité de ce modèle. Pour mesurer ses résultats, il faudrait notamment connaître les recettes nettes générées par les différentes opérations, les coûts de diffusion et les dépenses consacrées à la mobilisation des supporters.

Le supporter, un acteur du financement du club

Le modèle expérimenté par le Club Africain repose sur une relation plus directe entre le club et sa communauté. Plutôt que de dépendre uniquement d’un diffuseur traditionnel, le club peut mobiliser ses supporters pour financer l’accès aux images et développer ses propres canaux de distribution.

Cette démarche ouvre des perspectives de diversification des revenus. Les plateformes numériques peuvent permettre aux clubs de mieux contrôler la diffusion de leurs contenus, de développer leur audience et de tester différentes formules de financement, sous réserve des droits applicables à chaque compétition.

Mais la mobilisation des supporters comporte aussi des limites. Une collecte exceptionnelle ne garantit pas des recettes régulières. Sa réussite dépend de l’intérêt sportif de la rencontre, de la capacité financière des supporters et de leur volonté de contribuer. Elle ne remplace pas nécessairement les revenus issus de contrats audiovisuels durables.

Pour devenir un véritable levier d’autonomie financière, ce modèle devrait donc s’inscrire dans une stratégie commerciale plus large, fondée sur des revenus prévisibles et une gestion rigoureuse des coûts.

Une première carte, pas encore l’indépendance financière

L’expérience du Club Africain remet sur la table la question de la valorisation économique du football tunisien. Les droits audiovisuels constituent une source potentielle de revenus, mais leur exploitation suppose une stratégie claire, une capacité de négociation et une bonne connaissance des coûts liés à la production et à la diffusion des matchs.

L’enjeu dépasse également le seul Club Africain. Pour les autres clubs tunisiens, la question est de savoir comment transformer leur audience et leur popularité en ressources financières plus régulières, sans faire reposer leur modèle exclusivement sur les contributions des supporters.

La démarche du club de Bab Jedid constitue ainsi une initiative concrète dans la recherche de nouvelles sources de financement. Elle ne signifie pas que le club a atteint l’indépendance financière, mais elle illustre une volonté de reprendre la main sur la valorisation de ses droits audiovisuels.

Reste à savoir si cette stratégie pourra être reproduite au fil des rencontres, générer des revenus nets suffisants et s’intégrer dans un modèle économique durable. C’est à cette condition que les droits TV pourront dépasser le stade de l’initiative ponctuelle et devenir un véritable instrument de diversification des ressources des clubs tunisiens.

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Club africain – TP Mazembe : La collecte réussie, où voir le match gratuitement ?

25. Oktober 2026 um 13:48

Mise à jour – Le Club africain a annoncé la réussite de la mobilisation de ses supporters pour assurer la diffusion gratuite de son match contre le TP Mazembe, dimanche 25 octobre 2026 à 18 heures, au stade Hammadi-Agrebi de Radès, dans le cadre du match retour du deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions d’Afrique.

Après avoir annoncé samedi n’avoir reçu aucune offre financière pour la cession des droits de diffusion de cette rencontre, le club a pu compter sur la solidarité de ses supporters pour réunir la somme nécessaire. La rencontre sera ainsi diffusée gratuitement sur la plateforme All4One, accessible sur YouTube.

Le Club africain remercie ses supporters

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le Club africain a remercié ses supporters pour leur mobilisation, saluant une nouvelle fois leur attachement au club et leur soutien dans les rendez-vous importants.

Lire aussi : Coupes africaines : Un week-end contrasté pour les quatre clubs tunisiens

Cette initiative s’inscrit dans la volonté du Club africain de valoriser financièrement ses droits de diffusion, tout en permettant à ses supporters de suivre gratuitement son parcours continental.

Le match aller entre le Club africain et le TP Mazembe s’est terminé sur un score de 1-1, samedi 17 octobre 2026, à Lubumbashi, en République démocratique du Congo. Le TP Mazembe a ouvert le score grâce à Josué Kazema, avant qu’Alain Kanté n’égalise pour le club tunisien une minute plus tard.

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L’Utica accueille le 3e Salon de l’économie verte

25. Oktober 2026 um 13:22

La 3e édition du Salon de l’économie verte, de la finance responsable et du développement durable, se tiendra les 5 et 6 novembre 2026, au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), à Tunis, sous le slogan «Ensemble, faisons de la science et de l’innovation les moteurs d’un avenir durable» : deux journées de rencontres, de réflexion et d’innovation au service d’une économie plus verte, plus intelligente et plus durable.

Ce salon, qui se veut un espace de convergence stratégique entre politiques publiques, initiatives entrepreneuriales et dynamiques sociétales, afin d’accélérer la transition vers une économie plus durable, inclusive, est organisé par NeoInfluence, en partenariat avec l’Institut national agronomique de Tunisie (Inat), prestigieuse institution de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, forte de plus de 128 ans d’histoire, d’excellence académique et de contribution au développement agricole et scientifique de la Tunisie.

Ce partenariat traduit une ambition commune : rapprocher la recherche scientifique, l’innovation technologique et les acteurs économiques afin de construire des solutions concrètes pour une transition écologique durable.

Dans le cadre de cette édition placée sous le thème «IA4Earth : innover pour un monde durable», cette collaboration ouvre de nouvelles perspectives autour de l’intelligence artificielle appliquée à l’agriculture durable, à la gestion intelligente des ressources naturelles, à la préservation de l’environnement et au développement de modèles économiques plus responsables.

En associant l’expertise académique de l’Inat, le Salon de l’économie verte souhaite encourager les synergies entre chercheurs, étudiants, startups, entreprises, institutions et investisseurs, tout en valorisant le savoir scientifique et les innovations au service des générations futures.

I. B.

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L’amère leçon de 60 ans de relations tuniso-européennes

24. Oktober 2026 um 08:37

Au terme de soixante ans de relations avec l’Union européenne, la Tunisie est passée peu à peu du statut de négociateur cherchant à obtenir des conditions plus équitables à celui de récepteur passif d’un agenda européen conçu ailleurs. Cette leçon amère est tirée de l’ouvrage intitulé «Les relations Tunisie-Union européenne: six décennies d’histoire»** de Mohamed Sassi paru en 2025 aux éditions Nirvana, à Tunis. Et qui propose une histoire critique de ces relations, conduite selon la méthode de l’histoire économique et des relations internationales, qui s’appuie sur les archives nationales tunisiennes et européennes ainsi que sur des témoignages d’acteurs économiques et politiques.

Adel Ben Youssef *

L’auteur n’est pas un historien comme les autres. Il a d’abord soutenu à Sorbonne Université une thèse de doctorat portant sur l’entreprise pétrolière française Desmarais Frères, puis mené des recherches postdoctorales à l’Université Paris-IV et à l’Université de Genève, son regard glissant peu à peu de l’histoire des entreprises vers l’histoire économique tunisienne et celle de ses relations extérieures.

Cette formation transdisciplinaire lui donne les moyens d’aborder les archives des négociations tuniso-CEE avec la précision de l’historien économiste et l’ampleur de vue de l’historien des relations internationales.

Il est actuellement Maître de conférences à l’Institut préparatoire aux études littéraires et aux sciences humaines de Tunis (IPELSHT, Université de Tunis 1), où il enseigne l’histoire économique, ainsi que l’histoire des relations internationales à l’Ena (Université Tunis El Manar) et pilote un axe de recherche lié à sa spécialité au sein du Laboratoire Diraset, Études maghrébines à la FLSH de Tunis.

La contribution académique la plus visible du livre tient à son socle archivistique. Mohamed Sassi dépouille de façon systématique les archives nationales tunisiennes, en particulier celles du ministère des Affaires étrangères versées en 2012, et s’appuie sur des entretiens avec les principaux négociateurs tunisiens des années 1970 à 1990, dont le regretté Tahar Sioud.

Le croisement de l’archive et de l’histoire orale permet de restituer des coulisses de négociation et des logiques décisionnelles jusqu’ici mal documentées.

Dans son compte rendu pour l’Académie des sciences d’outre-mer, Jacques Frémeaux salue un livre «bien documenté, notamment grâce à la consultation des archives et à une enquête orale auprès de personnalités tunisiennes», et relève qu’il retrace «avec précision et finesse» le passage de la Tunisie d’une économie tournée vers la France à l’époque du protectorat à la négociation avec une Communauté européenne en construction et en élargissement.

Trois «tournants» et une ligne structurelle

Mohamed Sassi bâtit un récit limpide, teinté de tragique : depuis l’indépendance, les relations économiques de la Tunisie avec l’Europe ont traversé trois moments décisifs, et aucun n’a tenu ses promesses.

Le premier tournant correspond au premier accord de coopération de 1969. Les négociations avaient commencé dès 1963, année de l’indépendance tunisienne et de la signature du traité de Rome.

Or, d’après Sassi, cet accord est bien loin de combler les attentes tunisiennes : l’éventail des produits couverts reste trop étroit et les produits agricoles tunisiens en sont presque absents. Pour un pays dont l’économie repose sur l’agriculture, cette lacune réduit radicalement la portée réelle de l’accord.

Dans un entretien antérieur, Sassi va jusqu’à parler d’«échec» à propos des négociations de 1963 à 1969, «premier tournant manqué» de l’histoire économique tunisienne.

Le deuxième tournant est la convention de coopération de 1976. Le texte représente un progrès : un plus grand nombre de produits obtiennent des facilités à l’exportation, des clauses économiques et sociales sont ajoutées, un prêt bancaire d’un montant substantiel est prévu, et la situation des travailleurs tunisiens en Europe s’améliore. Mais l’analyse critique de Sassi met au jour un problème plus profond : le dispositif enferme en fait la Tunisie dans un rôle de sous-traitance et de transformation à bas coût, les gains d’exportation à court terme dissimulant l’arrêt de la montée en gamme de l’appareil productif.

Quand la Grèce (1981), puis l’Espagne et le Portugal (1986) rejoignent la CEE, ces nouveaux membres entrent en concurrence directe avec les pays du Maghreb sur de nombreux produits ; la «Politique méditerranéenne globale» (PMG) lancée alors par la Communauté est jugée par Sassi «plus ambitieuse que ses résultats».

Le troisième tournant, c’est l’accord d’association de 1995 et le processus de Barcelone. C’est la partie la plus développée et la plus critique du livre. En apparence, Barcelone promettait une hausse notable de l’aide financière et un encouragement à l’économie de marché ; côté européen, les privatisations et la réforme tarifaire engagées par la Tunisie dans les années 1990 passaient pour des signaux positifs.

Sassi met toutefois en évidence deux conséquences que le récit dominant passe sous silence.

D’abord, le processus de Barcelone repose institutionnellement sur des accords bilatéraux : l’Union négocie séparément avec la Tunisie, le Maroc, l’Algérie. Pour Sassi, ce dispositif a objectivement fait obstacle à l’intégration régionale maghrébine et, après l’échec de l’Union du Maghreb arabe (UMA) créée en 1989, a enfoncé la Tunisie dans l’isolement. Or, quand 80 % du commerce tunisien dépend de l’Europe, cet isolement se traduit par une perte systématique de marge de négociation.

Ensuite, le principe de réciprocité inscrit dans l’accord de 1995 contenait une bombe à retardement. Conformément aux règles de l’OMC, la Tunisie disposait d’une période transitoire de douze ans avant l’ouverture complète de son marché. Or la révolution de 2011 a éclaté précisément au moment où cette période s’achevait et où la réciprocité allait s’appliquer pleinement.

Dans un entretien de 2025, Sassi souligne explicitement que la collision entre la révolution et l’ouverture du marché a infligé à la Tunisie un double choc sans le moindre amortisseur.

L’après 2011 : désordre, concurrence et perte de subjectivité

Le traitement de l’après-2011 est tout aussi lucide et mordant. La révolution a beau avoir apporté un espoir politique, elle a durablement abîmé la croissance tunisienne. Malgré l’obtention en 2012 d’un statut de «partenaire privilégié» dans le cadre européen, la relation n’a pas entamé l’asymétrie structurelle. Deux forces nouvelles entrent alors en jeu : la Turquie, puissance régionale émergente, et la Chine, dont la pression économique concurrence les positions tunisiennes, réduisant encore l’espace de manœuvre déjà restreint du pays.

La discussion consacrée aux négociations de l’Accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca) prolonge la posture critique de Sassi. Il estime que la partie tunisienne y est en position de faiblesse manifeste, faute d’avoir su traduire ses besoins de développement en agenda de négociation. Ce jugement fait écho à sa thèse centrale : «la Tunisie doit redevenir actrice de son lien à l’Europe».

Pour Sassi, la leçon amère de soixante ans de relations avec l’Europe est que la Tunisie est passée peu à peu du statut de négociateur cherchant à obtenir des conditions plus équitables à celui de récepteur passif d’un agenda européen conçu ailleurs.

Un incontournable ouvrage de référence

La valeur du livre de Mohamed Sassi ne tient pas à un jugement simpliste, «pro-européen» ou «anti-européen», mais à la patience de l’historien qui restitue une série de négociations en apparence techniques comme un terrain où se croisent choix politiques et contraintes structurelles. Il montre comment la logique européenne, de la Politique méditerranéenne globale au processus de Barcelone puis à la Politique européenne de voisinage, a continuellement privilégié, sous le discours de la «coopération», les intérêts agricoles, l’accès aux marchés et les impératifs de stabilité de l’Europe elle-même ; et il n’élude pas davantage les myopies, l’impréparation et l’érosion de la capacité de négociation du côté tunisien.

Le compte rendu de l’Académie des sciences d’outre-mer présente ce livre comme «un heureux produit de la coopération universitaire franco-tunisienne». Vu plus largement, il offre un récit venu de la rive sud, appuyé sur des archives de première main, qui remet en cause une histoire des relations euro-méditerranéennes longtemps écrite depuis Bruxelles. Pour qui veut comprendre pourquoi un pays lié à l’Europe par six décennies de relations institutionnalisées a fini par s’enfoncer dans un approfondissement de la dépendance et une perte de subjectivité, l’ouvrage de Sassi constitue une référence incontournable. Cet ouvrage ne se limite donc pas à une lecture : les personnes et les bibliothèques universitaires qui s’intéressent aux relations entre la Tunisie et l’Europe, des années soixante à aujourd’hui, ont tout intérêt à s’en procurer un exemplaire. 

Pour résumer, ce livre ne s’adresse pas uniquement aux lecteurs curieux des rapports entre la Tunisie et l’Europe, des années soixante à nos jours : il concerne aussi les responsables de bibliothèques universitaires, qui auraient tout avantage à en acquérir un exemplaire.

* Université de Sousse).

** Le livre est tiré d’un mémoire d’habilitation à diriger des recherches (HDR) que l’enseignant universitaire a soutenu à l’université La Sorbonne, le 3 juillet 2024, devant un jury présidé par Dominique Bargot, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences d’outre-mer et professeur émérite à la même université, et dont j’étais le rapporteur externe, aux côtés des professeurs Olivier Forcade, Frédéric Turpin (Sorbonne Université) et Samia El Mechat (Université de Côte d’Azur/Nice).

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Euro-Cycles s’offre l’espagnol Deportica sl

24. Oktober 2026 um 08:14

Dans un communiqué de presse, Euro-Cycles a informé ses actionnaires et le public qu’elle a finalisé l’acquisition de la totalité des parts sociales de la société Deportica sl, une société spécialisée dans la distribution de cycles installée en Espagne.

Selon la société, l’opération s’inscrit dans le cadre de la stratégie de développement international et de renforcement de l’intégration commerciale du groupe. Cette transaction, conclue pour un montant de 650 000 euros, vise à renforcer sa présence sur les marchés internationaux, à développer les canaux de distribution et à améliorer la proximité avec les clients et les partenaires commerciaux.

La signature du contrat d’acquisition a eu lieu le 28 juillet 2026, suivie des démarches administratives de la concrétisation du transfert de propriété au mois de septembre 2026, à la suite de l’inscription des parts sociales au nom de la société Euro-Cycles dans les registres légaux en Espagne. Le chiffre d’affaires de la société Deportica devrait contribuer à hauteur de 1 500 000 euros au revenu annuel du groupe Euro-Cycles, avec une croissance prévue de plus de 6% par an selon le business plan.

Posséder sa propre filiale de distribution permet à un fabricant de maîtriser l’ensemble de sa chaîne de valeur commerciale. En éliminant les intermédiaires, le groupe améliore ses marges potentielles, sécurise ses débouchés et gagne en agilité pour écouler ses produits. L’Espagne représente un marché clé pour le secteur du cycle en Europe. En rachetant un acteur déjà implanté localement, Euro-Cycles évite les barrières à l’entrée liées à la création d’une structure ex nihilo. Cela lui permet de s’approprier instantanément une part de marché et une notoriété existante.

 

 

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La Tunisie, premier fournisseur de l’Europe en vêtements professionnels

22. Oktober 2026 um 10:31

La Tunisie occupe la première place parmi les fournisseurs de l’Europe en vêtements professionnels, avec une part de marché d’environ 17%. Selon un communiqué du ministère de l’Industrie, elle se classe également au 4e rang dans le segment des vêtements en jean, avec une part de 8%, confirmant la place du textile et de l’habillement dans les exportations nationales.

En 2025, les exportations du secteur ont atteint près de 9 milliards de dinars, avec un taux de couverture des importations par les exportations de 127%. La même source souligne que le textile représente environ 16% des exportations des industries manufacturières, derrière les industries mécaniques et électriques. Il compte plus de 1 400 entreprises industrielles et assure près de 146 000 emplois.

Pour maintenir ces positions sur les marchés internationaux, les entreprises doivent répondre aux exigences des donneurs d’ordre en matière de qualité, de coûts et de délais de livraison. La modernisation des méthodes de production constitue ainsi un enjeu pour préserver leur compétitivité. Dans cette optique, le Centre technique du textile (Cettex) a inauguré, le 21 octobre, à Monastir, une unité de production pilote numérique basée sur les technologies japonaises JUKI DX Pilot Line. Réalisé avec le soutien de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), du Centre japonais de productivité et du Cettex, ce projet tuniso-japonais vise à améliorer le suivi de la production et de la qualité, tout en accompagnant les entreprises, notamment les PME, dans l’adoption de solutions numériques.

À travers cette initiative, l’enjeu est de renforcer la productivité industrielle et de consolider la présence du textile tunisien sur le marché européen.

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Le CETTEX inaugure une unité de production numérique à Monastir

22. Oktober 2026 um 08:53

Le Centre technique du textile (CETTEX) a inauguré, mercredi 21 octobre, une unité de production pilote numérique à Monastir. Selon communiqué du ministère de l’Industrie, équipée des technologies japonaises JUKI DX Pilot Line, elle vise à améliorer la qualité et la productivité des entreprises textiles.

Réalisé avec le soutien de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), le projet s’inscrit dans le programme de coopération tuniso-japonais 2024-2028. Il repose notamment sur le “Kaizen numérique”, qui permet de suivre en temps réel la production et la qualité.

Cette unité doit également accompagner les PME dans l’adoption de solutions technologiques et de méthodes de travail plus performantes

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Trafic de drogue | Saisie de près de 27.000 comprimés de stupéfiant (DGSN)

21. Oktober 2026 um 22:23

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a a annoncé le démantèlement d’un réseau de trafic de dtogue et la saisie de 26 831 comprimés de stupéfiant

Dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, la sous-direction anti-stupéfiants relevant de la direction de la police judiciaire de Gorjani a réussi, ce mardi 20 octobre 2026, à identifier et à interpeller les membres d’un réseau criminel impliqué dans ce trafic de drogue.

Cette opération d’envergure a été menée au terme d’un travail d’investigation rigoureux et de suivis minutieux sur le terrain, souligne la DGSN, qui précise que ce réseau structuré ciblait principalement les milieux de la jeunesse, et plus particulièrement les milieux scolaires.

Les investigations approfondies menées par les forces de l’ordre ont permis la saisie de 26 831 comprimés psychotropes de type « Pregabaline », plus communément connus sous le nom commercial de « Lyrica » ( médicament antiépileptique utilisé pour traiter les douleurs neuropathiques et le trouble anxieux généralisé, dont l’usage est détourné par les consommateurs de drogue).

Lors de cette même intervention, la police a saisi 26831 comprimés psychotropes de type « Pregabalin », plus communément connus sous le nom commercial de « Lyrica » ainsi qu’une somme d’argent en liquide estimée à près de 32 000 dinars.

L’enquête se poursuit sous la supervision des autorités judiciaires compétentes, ajoute encore la DGSN.

Y. N.

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Marokko – Ermittler sichern Sprengstoffkomponenten bei mutmaßlichem IS-Anhänger in Tanger

Von: maghreb
17. Oktober 2026 um 10:32

Anti-TerroreinsatzForensische Untersuchungen bestätigen, dass ein am 9. Oktober in Tanger festgenommener 22-Jähriger fortgeschrittene Vorbereitungen für Terroranschläge getroffen hatte. Tanger – Bei Durchsuchungen und kriminaltechnischen Analysen im Fall eines am 9. Oktober 2026 in Tanger festgenommenen Terrorverdächtigen haben marokkanische Sicherheitsbehörden nach eigenen Angaben zahlreiche chemische Substanzen und technische Bauteile mutmaßlich zur Herstellung von Sprengsätzen sichergestellt. Wie […]

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COFICAB: le groupe tunisien investit 17 millions d’euros dans une troisième usine au Portugal

14. Oktober 2026 um 10:25

Le groupe tunisien COFICAB prévoit d’investir 17 millions d’euros dans une troisième usine à Guarda, au Portugal. Sa filiale portugaise entend également diversifier ses activités en développant des solutions destinées aux centres de données (datacenters), à la robotique, aux énergies renouvelables et à l’automatisation industrielle. Selon l’Association portugaise de l’industrie automobile (Afia),  la Tunisienne, historiquement spécialisée dans les câbles automobiles, cherche ainsi à élargir ses marchés au-delà de l’industrie automobile.

A dire vrai, l’investissement porte sur une unité consacrée à la transformation intégrée du cuivre, une matière première essentielle à la fabrication des câbles, annonce la même source. Le projet doit renforcer les capacités industrielles de COFICAB Portugal. La mise en service de l’usine est envisagée pour 2028, selon des informations publiées par la presse portugaise.

Implantée à Guarda depuis 1993, la filiale dispose déjà de deux usines, à Vale de Estrela et Casal de Cinza, ainsi que d’un centre de recherche et développement. Elle emploie plus de 1 000 personnes. Ce dispositif permet au groupe de combiner production et développement technologique sur le marché européen.

La diversification vers les datacenters et les énergies renouvelables répond à la volonté de COFICAB de trouver de nouveaux débouchés pour ses compétences en matière de câblage et de connectivité. Dans l’automobile, l’électrification et la multiplication des systèmes électroniques ont déjà accru les besoins en solutions techniques. L’entreprise souhaite désormais exploiter cette expérience dans d’autres secteurs, notamment les infrastructures numériques et les équipements industriels.

En outre, cette évolution intervient malgré que le secteur automobile subit une pression croissante sur les prix et les marges. Teresa Forte, directrice de l’usine de COFICAB Portugal, souligne les difficultés liées à la hausse des exigences techniques et à la nécessité de maintenir des coûts compétitifs. La diversification constitue une piste pour élargir les activités de l’entreprise, même si elle implique de développer des produits adaptés aux besoins spécifiques de nouveaux clients. Ainsi, la filiale doit composer avec les changements dans l’organisation de la chaîne automobile européenne. Certains fabricants de faisceaux électriques ont déplacé une partie de leur production vers d’autres pays, ce qui peut accroître les contraintes logistiques pour les fournisseurs installés au Portugal. La concurrence des constructeurs chinois et le ralentissement de la production automobile européenne pèsent aussi sur les perspectives du secteur.

Sur le plan financier, COFICAB Portugal prévoit un chiffre d’affaires de 547 millions d’euros en 2026, contre 435 millions en 2025, soit une hausse attendue de 26 %. La production devrait atteindre 2,16 millions de kilomètres de câbles, en progression de 17 %. En 2025, les exportations ont représenté 407 millions d’euros, avec des ventes vers 34 pays. Elles devraient encore générer environ 95 % du chiffre d’affaires en 2026. Ces données correspondent aux prévisions annoncées pour l’exercice en cours.

Fondé en 1992 par le groupe tunisien Elloumi, COFICAB s’est développé à l’international à partir de son activité de câblage automobile. Le projet portugais de 17 millions d’euros associe aujourd’hui deux objectifs concrets, d’une part, accroître les capacités de transformation du cuivre et d’autre part, préparer l’entreprise à servir de nouveaux marchés industriels.

 

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60 ans de peinture au Maroc : des pionniers aux nouvelles écritures

08. Oktober 2026 um 14:35
Après Rabat, « 60 ans de peinture au Maroc » arrive à Casablanca. Dans quatre lieux, plus de 160 artistes racontent six décennies de création, des pionniers de la modernité aux écritures les plus contemporaines. Une traversée où les formes…

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Offizielle Einweihung der Meerwasserentsalzungsanlage Sfax

19. Juni 2026 um 20:53

Landwirtschaftsminister Ezzeddine Ben Cheikh hat am Donnerstag, den 18. Juni 2026, die offizielle Einweihungsfeier der Meerwasserentsalzungsanlage in Sfax in Anwesenheit hoher Persönlichkeiten aus Japan und Mehr

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Tourisme et transport aérien en Tunisie : pourquoi une croissance à 2 chiffres est tout à fait plausible

Une tribune de Karim Chouchane, Directeur Général de Kars International et Président du Conseil Stratégique et Prospectif de la Chambre de Commerce et d’Industrie Tuniso-Française (CCITF) :

« La Tunisie a franchi en 2025 un cap symbolique avec 11 millions d’entrées touristiques. Un chiffre record, à première vue. Mais derrière cette performance, la lecture mérite d’être nuancée : près de 4 millions de visiteurs algériens ont accédé au territoire par voie terrestre, tandis que le trafic aérien s’est établi autour de 6 millions de passagers.

Ce décalage pose une question centrale : peut-on durablement faire croître le tourisme sans une montée en puissance significative du transport aérien ?

L’illusion du levier unique

Le débat sur l’Open Sky, souvent présenté comme une solution miracle, doit être replacé dans une perspective plus large. L’ouverture du ciel ne saurait, à elle seule, compenser les limites structurelles de l’offre touristique tunisienne.

L’enjeu dépasse largement la capacité aérienne, Il réside dans la profondeur du produit touristique : raréfaction du tourisme de congrès et d’événementiel, recul du tourisme de santé, des seniors et insuffisante structuration d’une programmation culturelle à l’année. Autant de segments qui conditionnent l’attractivité réelle d’une destination.

Autrement dit, les passagers ne viennent pas pour un vol, ils viennent pour une expérience.

Aéroports sous-utilisés, attractivité en question

Le paradoxe tunisien est là : des infrastructures aéroportuaires intérieures – Tabarka, Tozeur, Gafsa – sous-exploitées malgré des incitations gouvernementales fortes, notamment l’exonération des redevances aéroportuaires. Il en est de même pour Djerba et Enfidha actuellement en sous-capacité et dont le potentiel pourrait contribuer significativement à l’essor de l’activité touristique.

Ce constat confirme une réalité simple : l’offre aérienne ne précède pas la demande, elle l’accompagne. Sans produit touristique différencié et structuré, aucune politique d’incitation ne peut durablement remplir des avions.

Dès lors, la question n’est pas uniquement celle des flux, mais celle de la désirabilité des territoires.

Compétitivité : au-delà du rapport qualité-prix

La Tunisie reste bien positionnée en termes de rapport qualité-prix. Mais ce critère n’est plus suffisant dans un marché globalisé et hautement concurrentiel.

La compétitivité d’une destination repose désormais sur une chaîne complète : accessibilité, fluidité des parcours, qualité des infrastructures, richesse de l’offre, lisibilité de la programmation.

À ce titre, la performance aéroportuaire devient un levier stratégique. Le temps de rotation des avions et la durée de passage des passagers dans les terminaux sont déterminants.

Réduire le temps d’attente – de trois heures à une heure grâce à la digitalisation et à la simplification des parcours – constitue un facteur clé pour capter une clientèle à forte valeur ajoutée, notamment celle des courts séjours (short breaks).

Gouvernance et régulation : des réformes structurantes

Le développement du transport aérien tunisien reste contraint par les accords bilatéraux qui limitent l’ouverture des lignes et la flexibilité du marché. Mais au-delà de ce cadre, une réforme de la gouvernance s’impose.

Trois institutions jouent un rôle central : l’OACA, la DGAC et l’ONTT. Elles sont indéniablement liées aux différentes autorités, police et douane en premier lieu. Leur action doit s’inscrire dans une logique de complémentarité opérationnelle, au service d’une stratégie unifiée (globale) de destination.

La DGAC, en particulier, gagnerait à renforcer son indépendance et à élargir son rôle, conformément aux standards de l’OACI. Au-delà notamment de ses missions  de sécurité et de sûreté, elle doit devenir un acteur de la régulation économique et du développement du secteur.

Les redevances aéroportuaires, principale source de financement, doivent être optimisées pour soutenir l’investissement, notamment en ressources humaines et techniques.

Une compagnie nationale comme locomotive

Dans cet écosystème, une compagnie nationale performante reste un levier structurant. Elle agit comme une locomotive, en assurant la connectivité, en soutenant les flux et en renforçant la compétitivité globale de la destination.

Tunis-Carthage : vitrine stratégique

L’aéroport de Tunis-Carthage doit incarner le niveau d’ambition de la destination. Aujourd’hui en situation de saturation fonctionnelle, il nécessite une modernisation en profondeur, à la hauteur des standards internationaux et des attentes des passagers.

Capital humain : anticiper la relève

Un autre défi, plus silencieux mais tout aussi stratégique, concerne les compétences. Le secteur aérien tunisien fait face à un renouvellement générationnel imminent. D’où la nécessité de structurer une offre de formation ambitieuse, capable non seulement d’assurer la relève, mais aussi de positionner la Tunisie comme un hub régional de formation aux métiers de l’aérien.

Vers une stratégie transversale

Au fond, la clé réside dans une approche intégrée. Le tourisme et le transport aérien ne peuvent plus être pensés en silos. Leur développement doit s’inscrire dans une stratégie transversale, impliquant d’autres secteurs, à commencer par la culture sans oublier l’implication des fédérations professionnelles et les régions dans l’élaboration de la vision de la destination Tunisie et notamment le développement du tourisme intérieur.

Programmer, structurer, valoriser : c’est en construisant une offre lisible et continue – festivals, événements, circuits – que la Tunisie renforcera son attractivité.

Horizon 2030 : changer de paradigme

L’objectif n’est pas simplement d’augmenter les chiffres. Il s’agit de transformer le modèle. Passer d’une logique de volume à une logique de valeur. D’une approche segmentée à une vision systémique. Et d’un débat centré sur l’Open Sky à une stratégie globale d’attractivité.

L’amélioration de la compétitivité et des performances ne passe pas nécessairement par une baisse des tarifs. À titre d’exemple, l’optimisation du temps de rotation des vols permet d’augmenter le nombre de rotations, et donc de générer davantage de revenus.

Il ne s’agit pas uniquement d’une mission relevant du Handling, mais bien d’une démarche collective impliquant l’ensemble des intervenants. Une réflexion concertée entre tous les acteurs est indispensable pour identifier et mettre en œuvre des leviers d’amélioration durables.

C’est à ce prix que la Tunisie pourra inscrire durablement son tourisme dans une trajectoire de croissance qualitative, portée par un transport aérien pleinement aligné avec ses ambitions.»

Karim Chouchane

 

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Der Touristik CZ et Prima Tours derrière le nouveau charter Prague-Tabarka

L’aéroport de Tabarka-Aïn Draham va accueillir au cours de l’été 2026 une chaîne charter mise en place par les filiales tchèques de Der Touristik avec leur réceptif Prima Tours.

L’agence réceptive Prima Tours renouvelle son opération de l’été 2025. A la différence que cette année, il ne s’agira pas de clientèle polonaise mais tchèque.

A travers les T.O Exim et Fischer, marques du groupe Der Touristik, Prima Tours va gérer une nouvelle chaîne charter Prague-Tabarka au cours de la saison été 2026.

A compter du 18 juin et tous les jeudis jusqu’à début octobre, un vol sera assuré par la compagnie Smartwings en Boeing 737.

Les touristes tchèques se verront proposer 3 hôtels à Tabarka: la Cigale, le Mehari ou encore le Thabraca.

Une opération qui va permettre à l’aéroport de Tabarka d’assurer un minimum de trafic en l’absence quasi-totale de vols, notamment réguliers et charter.

Le marché tchèque a enregistré au cours de l’année 2025 précisément 127.677 visiteurs, en recul de 8,9% par rapport à l’exercice 2024.

Lire dans nos archives 2025:

Aéroport de Tabarka été 2025 : qui vient et qui ne vient pas

Tabarka : arrivée du premier vol charter en provenance de Katowice

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Tunis-Carthage auf dem letzten Platz der weltweiten Rangliste der Flughäfen 2025

11. Januar 2026 um 15:47

Die von AirHelp veröffentlichte weltweite Rangliste der Flughäfen 2025 hat erneut die erheblichen Unterschiede zwischen den internationalen Luftverkehrsknotenpunkten deutlich gemacht. In dieser Ranglistenausgabe liegt der Mehr

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Hauskatze kam erst vor 2000 Jahren aus Nordafrika nach Europa

27. November 2025 um 22:39

Genomische Analysen von Katzenfunden aus knapp 100 archäologischen Fundstätten aus Europa und Anatolien zeigen: Die Hauskatze kam offenbar erst vor rund 2000 Jahren mit Seefahrern Mehr

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Meerwasserentsalzungsanlage Nakta – Sfax stillt seinen Durst

09. August 2024 um 15:45

In Sfax hat eine neue Ära in Bezug auf den Zugang zu Wasser begonnen. Die Inbetriebnahme der Meerwasserentsalzungsanlage Nakta markiert einen Wendepunkt für die Einwohner, Mehr

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