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La Calabre mise sur la main d’œuvre qualifiée tunisienne   

21. Juni 2026 um 10:10

Quelques jours avant l’ouverture du Forum italo-tunisien des affaires et de l’entrepreneuriat, prévu les 23 et 24 juin au siège de l’Utica à Tunis, avec la participation du ministre des Affaires étrangères et vice-président du Conseil des ministres italien, Antonio Tajani, la région de Calabre, à la pointe sud-ouest  de l’Italie, a annoncé la création d’un pôle de formation continue en Tunisie pour un investissement de 7,4 millions d’euros.

«La Calabre perçoit la Méditerranée comme un espace de développement et d’opportunités», a déclaré le président de la Région Calabre, Roberto Occhiuto.  Confirmant le rôle central croissant de la Tunisie dans la stratégie italienne pour la Méditerranée et la volonté de renforcer les liens économiques, éducatifs et d’emploi entre les deux rives, il a souligné que la création de ce pôle représente «la première étape d’une stratégie encore plus ambitieuse».

D’une durée prévue de 36 mois, le projet «Pôle de formation en Tunisie – Une coopération entre pairs» est financé par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, par l’intermédiaire de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), avec le cofinancement de la Région Calabre et des partenaires participants.

Développement des compétences et insertion professionnelle

Cette initiative vise à créer dans le gouvernorat de Tunis une structure permanente capable de mettre en relation les institutions, les universités, les entreprises et les services de l’emploi, afin de favoriser le développement des compétences et l’insertion professionnelle.

Ce programme bénéficiera directement à plus de 3 100 jeunes, étudiants, femmes, formateurs et professionnels des systèmes éducatifs et professionnels tunisiens.

L’objectif est de contribuer au développement socio-économique du pays et, simultanément, de consolider la stabilité de la région euro-méditerranéenne grâce à de nouvelles opportunités de formation et d’insertion professionnelle en Italie, afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre.

Dans le futur, la région de Calabre envisage de mettre en place des centres d’emploi pilotes en Tunisie afin de favoriser des circuits réguliers et qualifiés pour la mise en relation de l’offre et de la demande d’emploi, en identifiant précisément les compétences recherchées par les entreprises calabraises en Tunisie, a expliqué M. Occhiuto, cité par Agenzia Nova.

Le pôle fonctionnera selon deux axes principaux. Le premier volet concerne la formation professionnelle dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics, de l’agriculture, de l’agroalimentaire, du tourisme et de l’hôtellerie, tous stratégiques pour les économies tunisienne et calabraise.

Des centres italiens d’emploi pilotes en Tunisie

Le second volet porte sur l’enseignement supérieur, à travers des programmes élaborés conjointement par les universités calabraises et tunisiennes dans les domaines de l’ingénierie, de l’agroalimentaire, des professions de santé et de la médiation linguistique.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large du Plan Mattei pour l’Afrique du gouvernement italien, qui considère la formation et le développement des compétences comme des outils essentiels pour promouvoir une croissance partagée et une gestion maîtrisée des flux migratoires.

Dans ce contexte, la Tunisie confirme sa position de partenaire clé de l’Italie en Méditerranée, non seulement sur les plans économique et commercial, mais aussi en matière de coopération académique et de développement du capital humain.

La tenue simultanée du Forum économique organisé par Utica, qui réunira à Tunis des institutions et des entreprises des deux pays en présence du ministre Tajani, souligne la volonté de transformer la coopération italo-tunisienne traditionnelle en un partenariat structuré et durable, fondé sur l’investissement, le transfert de compétences et la création d’emplois. Dans ce contexte, la Calabre ambitionne de jouer un rôle de passerelle naturelle entre l’Italie et le littoral méridional de la Méditerranée, en faisant de l’éducation un levier de développement partagé et d’intégration économique régionale.

 I. B.

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La Tunisie au Mondial | Le renard, le corbeau, et le fromage hollandais

21. Juni 2026 um 09:28

Il est évident que les scores catastrophiques prévisibles de l’équipe de Tunisie lors de cette Coupe du monde 2026 ne sont que le chant du signe d’un football national qui enfantait jadis des joueurs talentueux et qui, aujourd’hui, est à l’agonie. (Illustration : image générée par IA).

Dr Mounir Hanablia *

Je viens de vivre une première expérience, celle de suivre un match de l’équipe nationale tunisienne de football, non pas devant le petit écran, un exercice que j’ai jugé évitable pour des raisons évidentes, mais à travers les commentaires en direct du correspondant de The Guardian au Mondial. Et encore ! Ce serait faire entorse à la vérité de faire croire que je me sois éveillé spécialement pour l’évènement. Simplement les hasards de mon cycle nycthéméral ont fait que je me sois trouvé disponible afin de suivre le déroulement de la rencontre à travers des réflexions britanniques.

Je n’ai pas été déçu et pour peu que mon état physiologique me le permette, je suivrai de la même manière la partie contre la Maison Orange.

Mais pour en revenir au déroulement de la rencontre, voilà qu’après 4 minutes, les gars se sont retrouvés menés au score, et selon les commentaires, à courir derrière un adversaire insaisissable. Avec près de 60% de possession, les Nippons ont fini par doubler la mise à la 31e minute; juste après l’apparition dans les commentaires d’une vidéo très drôle de l’acteur Alan Partridge ( Dan ! Dan ! Dan ! Daaaaaaaaan !) pour rappeler le calvaire de Hervé Renard, s’époumonant le long de sa ligne de touche à rameuter ses troupes.

La deuxième mi-temps a été moins intense, la Tunisie ayant parfois donné l’impression de colmater la brèche. Cela n’a pas empêché les diables nippons (un corbeau attitré va m’accuser de racisme) de scorer à deux reprises et de mettre à l’heure leur différence de buts face aux Suédois sévèrement étrillés par une équipe Orange pressée de se qualifier.

Les commentaires les plus significatifs de notre observateur ont concerné inévitablement Maître Renard, chemise blanche et voyageur selon le destin déchiffré par la mère d’une lectrice.

Le commentateur s’est interrogé si Bora Milutinovic, un autre globe-trotter du football, ne serait pas le nouvel entraîneur de l’équipe tunisienne pour son dernier match, celui du retour, Carlos Queiroz étant, lui, déjà occupé ailleurs.

Concernant le Japon, appelé probablement à rencontrer le Brésil ou le Maroc en cas de qualification, il paraît que la fédération a établi un plan de travail en mettant en place un championnat copié sur la Bundesliga allemande, avec pour objectif le titre mondial à l’orée des années 2050.

La Tunisie a formé des générations de footballeurs talentueux. Mais tout comme au Brésil, ce temps est terminé. Il n’y a plus de terrains vagues constituant des viviers de recrutement où les jeunes donnent libre court à leur talent, et ces derniers préfèrent désormais passer le plus clair de leur temps sur leurs i phones ou dans les publinets. Et les écoles de football qui éclosent à travers le pays sont soumises à la loi de la rentabilité financière, autrement dit elles ne sont accessibles qu’à une certaine catégorie de la population, celle pour qui le ballon rond ne constitue pas un avenir financier. Quant aux grands clubs, le népotisme qui y règne est de notoriété publique. Il est donc évident que les scores catastrophiques prévisibles de l’équipe nationale lors de cette Coupe du monde ne sont que le chant du signe d’un football à l’agonie, et que cette leçon ne vaudra pas à Maître Renard un fromage Hollandais, en dépit de tous les corbeaux du Monde.      

* Médecin de libre pratique.

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La Tunisie 2e pays africain le plus avancé dans la transition énergétique

21. Juni 2026 um 08:52

La Tunisie est le 2e pays africain et 62e mondial affichant les meilleures performances en matière de transition énergétique en 2026, derrière la Namibie (1er, 61e) et devant le Gabon (3e, 66e), l’Afrique du Sud (4e, 69e), le Maroc (5e, 72e), Maurice (6e, 73e), le Cameroun (7e, 78e), le Nigeria (8e, 80e), l’Egypte (9e, 84e) et le Ghana (10e, 85e).

C’est ce qui ressort du classement publié jeudi 18 juin par le Forum économique mondial (WEF) avec le concours du cabinet de conseil Accenture.

«The Energy Transition Index (ETI) 2026» évalue les performances actuelles des systèmes énergétiques de 120 pays pour lesquels des données cohérentes sont disponibles, sur la base de 44 indicateurs répartis en trois dimensions de performance (sécurité, durabilité et équité) et cinq facteurs de préparation à la transition énergétique (réglementation et engagement politique, financements et investissements, innovation, infrastructures, et éducation et capital humain).

Les pays étudiés sont notés sur une échelle de 0 à 100 points pour chaque indicateur. Le score global est composé des scores de deux sous-indices que sont la performance du système énergétique et la préparation à la transition, pondérés respectivement à 60 % et 40 %.

I. B.

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0-4 face au Japon | La Tunisie poursuit sa chute

21. Juni 2026 um 08:14

S’il fallait toucher le fond pour se décider enfin à mettre tout à plat et à prendre les décisions qui s’imposent pour tenter de rebondir, voilà, c’est fait ! En perdant son troisième match consécutif en deux semaines par des scores humiliants : 1-5 en amical contre la Belgique, et en Coupe du Monde, 0-5 contre la Suède et 0-4 contre le Japon, ce dimanche 21 juin 2026, à Monterrey, l’équipe de Tunisie de football a atteint, et très largement, son plus bas niveau historique.

Latif Belhedi

Les coéquipiers d’Hannibal Mejbri, menés par un coach appelé en catastrophe à son chevet il y a quatre jours, le Français Hervé Renard, étaient débordés par des Japonais très techniques et physiquement au point. A aucun moment du match, ils n’ont montré qu’ils étaient capables d’inquiéter leurs adversaires.

Avec zéro occasion de but en 100 minutes de jeu, un record négatif difficile à égaler, comme celui d’avoir encaissé 14 buts en 3 matches consécutifs, les Aigles de Carthage ont montré une fragilité mentale (encaissant le premier but dès la 3e minute de jeu), une indigence technique, une naïveté tactique et un manque d’engagement qui en disent long sur leurs limites sportives et leur préparation totalement défaillante.

Le cœur n’y est pas et la tête est ailleurs

Quand le cœur n’y est pas, que la tête est ailleurs et que le physique est défaillant, on ne peut s’attendre à une réaction d’orgueil et d’amour propre d’un groupe de joueurs très moyens et dont la plupart manquent de temps de jeu dans leurs propres équipes. La plupart sont également en fin de carrière (les Montassar Talbi, Dylan Bronn, Ali Abdi, Ellyes Skhiri, Yan Valery et autres Rani Khédira) et n’ont plus cette faim de loup qui fait les champions. Ils n’ont clairement plus rien à donner à une équipe de Tunisie qui se fait désormais ramasser dans toutes les compétitions où elle est engagée.

La déroute actuelle en Coupe du monde a été précédée, rappelons-le, par des sorties lamentables en Coupe arabe et en Coupe d’Afrique et on n’a rien fait pour tenter de serrer les vis et de redonner un semblant d’âme à un groupe qui n’en a plus, sauf de changer d’entraîneur après chaque humiliation.

Il reste encore un match à jouer dans cette compétition contre un irrésistible Pays-Bas, qui a infligé, hier, un score historique à la Suède (6-1). Avec quel mental allons-nous entamer cette rencontre ? On ose à peine imaginer le scénario. Ce sera, à coup sûr, une dure épreuve pour les joueurs et une nouvelle corvée pour le staff technique et administratif dont la responsabilité dans cette déroute n’est plus à prouver.

Décidément, tout va mal

Commentant cette nouvelle déroute, l’ancien ambassadeur Elyes Kasri a noté, dans un poste Facebook, qu’«à l’instar de tout autre secteur, pour ne pas dire de tous les autres secteurs de la vie socio-économique et politique, le sport souffre du cumul de problèmes de gouvernance, de transparence, d’éthique et de casting». Et «ce n’est pas un changement de responsables, auxquels il sera trop facile de faire assumer la responsabilité du passif croissant et de moins en moins tolérable, mais plutôt une révision globale et profonde de la conception et du mode de fonctionnement des institutions et de la redevabilité qui, au-delà des déboires sectoriels, prend une allure systémique de la plus haute urgence», ajoute-t-il, les résultats sportifs étant, selon lui, un révélateur palpable par le grand public en temps réel de l’état des choses dans un pays. Et en Tunisie, quinze ans après la révolution de 2011, tout va décidément mal.

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Le poème du dimanche | ‘‘Je vois les palmiers marcher dans les rues’’ de Tahar Hammami

21. Juni 2026 um 07:30

Tahar Hammami est, avec les poètes Habib Zannad et Fadhila Chebbi, à l’origine du mouvement poétique d’avant-garde dans les années soixante-dix, « Poésie autre que métrique et libre ».

Né en 1947 à El Aroussia (Siliana), Tahar Hammami est poète, essayiste et professeur d’université.Il est également un militant de gauche et son écriture est socialement engagée, avec des accents ironiques, empruntant à la langue dialectale des expressions populaires critiques et contestataires.

Il décède à Madrid en 2009.

Tahar Bekri

Je vois les palmiers marcher dans les rues

Hauts le front levé

Défiant luttant

Avez-vous vu un jour

Les palmes

Sur le chemin

Avez-vous vu une palmeraie

Sur une place

Un blessé qui ôte un bouton de sa poitrine

Et panse ses plaies

Le bâton de ricin a défait son cou

Le derrière a plié ses papiers

Je vois les palmiers marcher

Marcher au sein des foules

Au milieu de l’obscurité

Au milieu de l’attaque

Les cils attachés au soleil

Toi promu à la récolte

Perdant tes esprits

Changeant d’illusion ton habit

Les palmiers ne pleurent pas

Les palmiers chantent

Avec les oiseaux et les enfants

Avec les flots des mers

Le blé des montagnes

Avec l’éclair

Avec l’automne qui gronde

Avec l’hiver

Je vois les palmiers marcher dans les rues

Avec le fer des usines

La moisson des champs

En dépit de la Nuit

Et de la douleur

Je vois les palmiers hauts

Ne reculant point

(Traduit de l’arabe par Tahar Bekri)

Je vois les palmiers marcher, 1986.

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La Tunisie ne peut plus reporter les réformes urgentes

20. Juni 2026 um 13:38

Les tendances et courbes socio-économiques en Tunisie, ajoutées à la volatilité de la situation mondiale, soulignent l’extrême urgence des réformes à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Et ce n’est pas le lourd fardeau administratif et fiscal que l’Etat impose aux contribuables et aux entreprises qui va beaucoup y aider, ni la frilosité des décideurs publics face au coût social de ces réformes.

Elyes Kasri *

Il est incontestable que la Tunisie ne peut assurer sa survie qu’en engageant, dans les meilleurs délais, un vaste programme de réformes multisectorielles.

Le principal obstacle aux réformes semble être la frilosité de l’opinion publique et la crainte par les décideurs d’un rejet social des réformes qui font normalement peur car la nature humaine appréhende l’inconnu surtout si cette crainte est exacerbée par le souvenir de nombreuses réformes qui ont fini par être détournées et n’ont pas donné les résultats escomptés et dans certains cas tout à fait le contraire.

Compte tenu de l’importance et même pour certains de la dimension disproportionnée de l’appareil de l’Etat et du secteur public dont certaines activités, devenues systématiquement déficitaires, ont été affublées à tort et au prix fort d’une qualification de stratégiques, la première responsabilité pour atténuer les craintes des sacrifices et des risques de détournement revient à l’Etat qui doit donner l’exemple et apprendre à vivre selon les moyens disponibles en réduisant ses coûts avec le réalisme et les sacrifices que la conjoncture nationale et internationale exige.

Le binôme infernal de la taxation et de l’endettement

Autrement, ce sera l’exacerbation du binôme infernal de la taxation et de l’endettement qui ne peut qu’asphyxier les citoyens et l’économie nationale avec le risque sérieux d’hypothéquer la souveraineté et l’indépendance nationales avec l’évocation de la Commission financière internationale de 1869 suivie douze ans plus tard par la colonisation étrangère en 1881.

La grille disparate des salaires et autres avantages aussi bien dans la fonction publique, le secteur public et la multitude d’institutions, gagneraient à faire l’objet d’un audit transparent et objectif pour mettre fin au slogan éculé de l’Etat pourvoyeur d’emplois et des droits acquis soit par corporatisme ou pendant des années de vaches grasses qui n’ont plus lieu d’être maintenues à coup d’endettement et de déséquilibre intenable entre les budgets de fonctionnement (avec un effet marginal sinon inexistant sur la productivité comme le prouvent les statistiques et indicateurs depuis quinze ans) et les budgets d’investissement censés être créateurs d’emplois et de richesse mais qui faute de moyens sont rabotés à l’extrême.

Le lourd fardeau administratif et fiscal

Tant que l’État ignorera le lourd fardeau administratif et fiscal qu’il impose aux contribuables et aux entreprises, toute velléité de réforme et d’appel aux sacrifices sonnera creux et souffrira d’un manque si ce n’est d’une absence totale de crédibilité et de réceptivité.

Entretemps, les tendances et courbes socio-économiques soulignent l’extrême urgence des réformes à tous les niveaux et dans tous les secteurs avec la vision et le courage nécessaires.

Le monde, en pleine volatilité avec des indices de crise généralisée, n’attendra pas les frileux et les sanctionnera lourdement.

* Ancien diplomate.  

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L’Iran renforce son influence sur le Hezbollah

20. Juni 2026 um 11:39

Vendredi 19 juin 2026, Israël et le Hezbollah se sont mis d’accord sur un cessez-le-feu. Les États-Unis ont fait pression sur l’État hébreu car les Iraniens ont exigé que le nouvel accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran englobe le Liban. Lequel a failli être mis en péril par le regain de violences au Liban ces derniers jours.

Imed Bahri

Cet épisode montre que l’importance stratégique du Hezbollah demeure intacte pour la République islamique mais plus encore, le nouveau leadership à Téhéran, dominé par les Gardiens de la révolution, a renforcé l’influence qu’il exerce sur le mouvement chiite libanais qui commence à se relever après la débandade de l’automne 2024 ayant vu décimer l’ensemble de son état-major politique et militaire et à sa tête son ancien dirigeant Hassan Nasrallah. 

Le Financial Times rapporte dans son enquête sur le groupe chiite libanais que depuis un an et demi, Mohsen Abou Zeinab était désabusé. Ce charpentier, fervent partisan du Hezbollah, se disait humilié par la retenue du parti face aux attaques israéliennes quotidiennes. Cependant, lorsque la guerre a repris le 2 mars, il a vu «une occasion de rectifier le tir et de rappeler à Israël que nous n’accepterons pas son agression».

Cet homme de 47 ans raconte avoir perdu sa maison, son village natal et plusieurs proches sous les bombardements israéliens, mais ajoute : «J’ai le sentiment que le Hezbollah a repris le dessus».

Une confiance retrouvée

Cette confiance retrouvée reflète l’état d’esprit qui règne au sein du Hezbollah et parmi ses sympathisants suite à l’accord intérimaire conclu entre Washington et Téhéran. L’Iran a imposé un cessez-le-feu au Liban comme condition préalable à cet accord. 

Il s’agissait d’une démonstration de soutien remarquable de la part des parrains du Hezbollah à Téhéran.

Près de deux ans après avoir subi l’attaque la plus dévastatrice de son histoire de la part de son ennemi traditionnel, Israël, le Hezbollah est sorti de ce dernier conflit nettement plus confiant.

Analystes, experts, diplomates et responsables estiment que ses performances sur le terrain, conjuguées à une confiance retrouvée en Iran même, ont contribué à faire remonter le moral au sein du Hezbollah. 

Ceci est dû en grande partie à la priorité accordée par Téhéran à la guerre au Liban. Le conflit a mis à l’épreuve la fragilité du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran et est devenu un point de pression crucial autour duquel s’articulent les efforts diplomatiques concernant le conflit dans sa globalité.

Le Hezbollah revitalisé

Les interventions iraniennes ont revitalisé le groupe chiite, notamment après le lancement par Téhéran de missiles balistiques sur Israël ce mois-ci en représailles à une attaque israélienne sur Beyrouth, une première pour l’Iran qui intervient directement dans la défense du Hezbollah. Les partisans du parti ont salué cette initiative, eux qui considéraient auparavant l’Iran comme un pays qui les néglige.

«Le Hezbollah est sorti de cette guerre plus déterminé», a déclaré Nicholas Blanford, expert du Hezbollah à l’Atlantic Council. Il a ajouté : «Je ne dirais pas qu’il est devenu plus fort mais il est devenu plus déterminé. Les relations entre le Hezbollah et l’Iran se sont clairement resserrées. Pour la première fois, les Iraniens sont intervenus pour aider le Hezbollah. D’habitude, c’est plutôt l’inverse !». Une source proche du parti a déclaré : «Il nous faut maintenant attendre de voir comment le Hezbollah et l’Iran exploiteront cette confiance retrouvée».

La guerre totale entre Israël et le Hezbollah en 2024 a décimé une grande partie des rangs et de l’arsenal militaire du parti chiite et son secrétaire général Hassan Nasrallah a été tué.

À l’époque, beaucoup, au Liban comme à l’étranger, considéraient le parti comme totalement vaincu, d’autant plus qu’il n’avait jamais riposté pendant les quinze mois de frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Les forces israéliennes ont continué de cibler ce qu’elles qualifiaient d’infrastructures du Hezbollah, tuant des centaines de combattants et de civils, malgré un accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024.

Cependant, après son entrée en guerre aux côtés de l’Iran le 2 mars, le Hezbollah a renversé la situation.

Profitant de l’accalmie précédente, le Hezbollah s’est reconstitué et réorganisé avec l’aide de conseillers iraniens, une évolution qui a surpris de nombreux officiers israéliens qui ne s’attendaient pas à ce que ses capacités militaires restent aussi importantes.

L’apport des drones kamikazes

Le groupe a eu de plus en plus recours à des drones kamikazes inspirés de ceux utilisés lors de la guerre d’Ukraine. Ces drones se sont révélés plus efficaces pour pénétrer les défenses israéliennes au Sud-Liban et dans le Nord d’Israël.

Mercredi 17 juin, l’armée israélienne a annoncé qu’un de ces drones avait touché cinq soldats israéliens au Sud-Liban dont un grièvement blessé.

Le Hezbollah a également continué de lancer des roquettes de manière intermittente sur Israël. Ces attaques ont tué quatre civils israéliens et 28 soldats et ont fait des dizaines de blessés.

Ces opérations ont clairement démontré que le Hezbollah ne reviendrait pas à la politique de retenue qu’il avait adoptée entre les deux guerres.

Selon les experts, cela est dû en grande partie à l’influence iranienne croissante au sein de l’organisation, notamment dans son appareil militaire et sécuritaire, une influence qui semble vouée à perdurer. Ils ajoutent que des membres des Gardiens de la révolution se sont profondément infiltrées dans la structure organisationnelle du Hezbollah.

Téhéran s’estime victorieux

La guerre américano-israélienne contre l’Iran a représenté la plus grave crise qu’ait connue la République islamique depuis des décennies mais le régime de Téhéran estime en être sorti victorieux.

Des experts et des proches du parti affirment que l’Iran souhaite clairement que le Hezbollah reste armé. Cela rend le parti moins enclin à faire des concessions sur le plan intérieur libanais où les critiques à l’égard de son rôle ont refait surface avec force.

Le gouvernement libanais, fortement soutenu par la communauté internationale, souhaite désarmer le Hezbollah et mène également des négociations à Washington avec Israël sous supervision américaine.

Le Hezbollah s’oppose à ces négociations auxquelles il ne participe pas et considère tout accord conclu entre les deux gouvernements comme une «trahison»

Le gouvernement libanais contourné

Le gouvernement libanais s’était engagé à empêcher le Hezbollah d’opérer dans les zones pilotes* du sud et à poursuivre ses efforts de désarmement du groupe. Mais l’accord américano-iranien stipule un cessez-le-feu total, ce qui a compromis les efforts initiaux de Beyrouth.

La confiance du Hezbollah a également été renforcée par l’initiative directe de Donald Trump.

Plus tôt ce mois-ci, le président américain a déclaré avoir discuté avec le Hezbollah via des intermédiaires, une première pour un président américain étant donné que le mouvement est classé terroriste par Washington.  «Ils considèrent cela comme une victoire majeure», a confié une source proche du Hezbollah.

En dépit de cela, les relations entre le Hezbollah et le gouvernement libanais restent tendues.

Des responsables du Hezbollah ont toutefois affirmé publiquement ces derniers jours qu’ils ne cherchaient pas à renverser le gouvernement. «Parler de désarmement est désormais quasiment impossible», a déclaré Blanford.

Les prochaines actions du Hezbollah dépendront probablement du comportement d’Israël.

Depuis l’annonce de l’accord, Israël a poursuivi ses frappes aériennes tandis que le Hezbollah a riposté en tirant sur les forces israéliennes.

La question la plus importante demeure la présence des forces israéliennes au Sud-Liban, où elles contrôlent actuellement des centaines de kilomètres carrés après avoir détruit des dizaines de villages.

Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré mardi que le maintien de l’occupation du Sud par Israël constituait une violation de l’accord, tandis que le Hezbollah a affirmé qu’il poursuivrait le combat tant que l’occupation se poursuivrait.

Netanyahu a annoncé que l’armée israélienne resterait à l’intérieur de la «zone de sécurité» au Sud-Liban «aussi longtemps que nécessaire pour protéger les habitants du Nord d’Israël». Il a ajouté : «L’Iran voulait que nous nous retirions de là et cela ne s’est pas produit. J’ai été très ferme sur cette question et je pense que nos amis américains respectent cette fermeté et cette détermination».

En revanche, le projet d’accord publié mercredi par les États-Unis stipule que Washington et Téhéran garantiraient «l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban»

La base populaire du Hezbollah a été la plus durement touchée par les opérations israéliennes au Sud-Liban. Près de 4 000 personnes ont été tuées, près d’un million déplacées et des dizaines de villages détruits, affectant de manière disproportionnée la communauté chiite du Liban.

Nombreux sont ceux qui ont été contraints de fuir vers d’autres régions du Liban où diverses communautés locales accusent le Hezbollah d’avoir déclenché une guerre non désirée.

Dans bien des cas, cette colère s’est étendue à l’ensemble de la communauté chiite.

Cependant, la loyauté au sein de la base populaire du Hezbollah n’est pas entamée. Le parti a longtemps exploité les peurs sectaires pour cultiver son image de protecteur de la communauté chiite. «Ils nous ont rendu notre fierté», a déclaré Mohsen Abou Zeinab. 

*Les zones pilotes dans le Sud-Liban sont des zones où les Forces armées libanaises (FAL) déploient un contrôle exclusif pour exclure les acteurs non étatiques.

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La Tunisie et la difficile réforme du secteur du phosphate

20. Juni 2026 um 10:14

La production de phosphate en Tunisie a subi une chute drastique depuis 2010. Passant d’un niveau record de 8,1 millions de tonnes en 2010, les volumes extraits ont oscillé entre 2,5 et 4,5 millions de tonnes par an, avant de se stabiliser à environ 3 millions de tonnes ces dernières années *. La Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et du le Groupe chimique tunisien (GCT) projettent d’investir 2,7 milliards de dinars tunisiens (soit environ 790 millions d’euros) pour produire 9,4 millions de tonnes de phosphates commercialisable d’ici 2035, avec un objectif à court terme de 4,5 millions de tonnes en 2026. Est-ce possible ? Et comment ?

Latif Belhedi

Ce plan, qui a été présenté par Omar Bouzouada, Pdg de la CPG et du GCT, lors d’une audition devant la Commission des finances et du budget du Conseil national des régions et des districts (CNRD), la seconde chambre du Parlement, dotée d’un rôle purement consultatif, vise à redonner toute sa place à ce secteur stratégique de l’économie tunisienne.

Les deux entreprises publiques vont-elles pouvoir ramener la production nationale de phosphate à son niveau d’avant 2011 ?  A l’instar des autres membres du gouvernement, M. Bouzouada aime tirer des plans sur la comète et on aimerait bien partager son optimisme, surtout lorsqu’il parle d’un «vaste programme de réformes», tout en lui souhaitant bonne chance.

Wishful thinking ou plans réalisables ?

Quand on connaît l’état des finances de ces deux entreprises publiques, grevées par des milliers d’emplois fictifs et des dépenses improductives visant à acheter la paix sociale dans la région chaude du bassin minier de Gafsa, on ne peut s’empêcher de douter du réalisme du plan présenté par M. Bouzouada, qui exprime davantage des wishful thinking que des projections réalisables.

Rappelons que depuis 2011, le secteur des phosphates a fait face à des perturbations de production et des difficultés logistiques. Parmi les nombreux obstacles structurels qui limitent sa performance, on citera la fragilité du réseau ferroviaire, pourtant essentiel au transport du minerai des zones minières vers les sites industriels et les ports d’exportation sur la côte est du pays, la pénurie d’eau industrielle nécessaire au lavage du phosphate et les difficultés d’approvisionnement en nitrate d’ammonium, un composant clé des activités minières.

La compétitivité des deux entreprises publiques est également affectée par l’obsolescence croissante de certains équipements industriels, les protestations environnementales exigeant la fermeture d’usines, la multiplication des pannes techniques et la nécessité d’adapter les ressources humaines aux besoins opérationnels d’un secteur en pleine modernisation.

Sur le plan financier, CPG et GCT sont confrontées à de graves tensions de liquidités, limitant leur capacité d’investissement et leur aptitude à remplir pleinement leur rôle économique et social dans les régions minières du sud-ouest tunisien.

Hausse de ses coûts d’exploitation

Le GCT occupe une position centrale dans la chaîne de valeur. À travers ses sept unités de production, le groupe transforme le phosphate en produits à haute valeur ajoutée, notamment l’acide phosphorique, le superphosphate triple, le phosphate monoammonique et le nitrate d’ammonium, destinés au marché intérieur et à l’exportation. Cependant, GCT souffre également de la hausse de ses coûts d’exploitation et de difficultés d’approvisionnement en matières premières.

Pour soutenir la relance du secteur, les dirigeants des deux entreprises ont proposé une série de mesures urgentes, dont l’ouverture de nouvelles lignes de financement, la restructuration de la dette et l’accélération des exportations. Une attention particulière est portée au renforcement de la logistique ferroviaire, considérée comme un élément clé pour l’augmentation des volumes de production.

En attendant la modernisation des infrastructures, CPG prévoit d’accroître le transport routier sur certains axes afin de fluidifier la logistique.

Parallèlement, les autorités parlent d’améliorer la gouvernance des entreprises publiques et d’accélérer plusieurs projets industriels, dont le programme Mdhilla 2, jugé stratégique pour augmenter les capacités de traitement du phosphate et dynamiser la valeur ajoutée des exportations.

La stratégie privilégie de moins en moins l’augmentation des volumes extraits au profit de la production de dérivés chimiques à forte valeur industrielle, considérés comme essentiels au renforcement de la compétitivité internationale du secteur.

Un autre axe de développement concerne la valorisation du phosphogypse, un sous-produit de l’industrie des phosphates, pour lequel la CPG sollicite des financements spécifiques.

Quand les mots remplacent les choses

La question environnementale se pose également avec acuité et des voix s’élèvent, y compris dans le parlement, appelant à une réduction de la consommation d’eau industrielle et à un recours accru au traitement des eaux usées, dans un contexte de raréfaction croissante de l’eau en Tunisie.

Pour la Tunisie, le secteur des phosphates demeure un levier stratégique de croissance économique, d’emploi et d’entrées de devises. Après des années de déclin et de difficultés opérationnelles qui ont entraîné une perte significative de parts de marché à l’international, les autorités espèrent que le nouveau plan d’investissement et les réformes annoncées permettront au secteur de retrouver progressivement son rôle de moteur de l’économie nationale.

Encore faut-il que les paroles soient rapidement transformées en actes, et c’est là où, souvent, le bât blesse. Les mots, on le sait, servent à nommer les choses, et non à les remplacer. N’est-ce pas messieurs les responsables du gouvernement ?

* Comparativement, la production du Maroc est passée de 28 millions de tonnes au début de la décennie à environ 40 millions de tonnes aujourd’hui, soit 12 fois plus que la Tunisie.

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Guide pour la sauvegarde des tortues marines en Tunisie

20. Juni 2026 um 09:21

Suite à la multiplication des signalements de tortues prises au piège dans des filets de pêcheurs ou des déchets plastiques, l’Association TunSea pour la science participative a publié un guide de recommandations pour la sauvegarde des tortues marines, dont la protection le long des côtes tunisiennes dépend aussi du comportement des citoyens, des nageurs et des pêcheurs.

L’association TunSea, qui œuvre pour la science citoyenne, a publié une série de recommandations pratiques suite à l’augmentation des signalements de tortues prises au piège dans des filets de pêche ou des déchets plastiques.

L’ONG insiste avant tout sur l’importance de garder son calme face à une tortue en détresse, afin de ne pas aggraver son stress.

Si les conditions le permettent, le filet peut être coupé ou dénoué délicatement, en portant une attention particulière au cou et aux nageoires.

TunSea recommande d’éviter de tirer brusquement sur le filet et de retirer les corps étrangers ou fragments profondément incrustés dans la peau, car cela pourrait aggraver les blessures.

Une prudence particulière est également de mise pour la sécurité des personnes intervenant, car une tortue effrayée peut mordre. Il convient d’observer les signes vitaux de l’animal, tels que le mouvement de ses nageoires, l’ouverture de ses yeux ou sa respiration. Si l’animal est vivant et ne présente aucune blessure apparente, il peut être relâché avec précaution dans la mer, dans un endroit calme, à l’écart des bateaux, des foules et du bruit.

La situation est différente si la tortue est blessée, faible ou désorientée. Dans ce cas, prévient l’association, il ne faut surtout pas la remettre à l’eau, car elle risque de se noyer. En attendant l’intervention de spécialistes, il convient de la placer à l’ombre, le corps recouvert d’une serviette humide, en laissant ses narines dégagées pour qu’elle puisse respirer.

TunSea souligne également qu’il ne faut jamais retourner une tortue sur le dos ni la soulever par les nageoires.

Si un hameçon est visible dans la bouche ou la peau, l’opération de sauvetage doit être confiée à du personnel qualifié.

Pour coordonner un sauvetage, l’association vous invite à contacter immédiatement la Garde nationale maritime au 194, le Centre de sauvetage des tortues marines de l’Institut national des sciences et technologies de la mer, ou TunSea via ses canaux de coordination.

La Tunisie abrite trois espèces de tortues marines : la tortue caouanne (Caretta caretta), la tortue verte (Chelonia mydas) et la tortue luth (Dermochelys coriacea). La tortue caouanne est l’espèce la plus répandue et se reproduit sur certaines plages tunisiennes, notamment sur les îles Kuriat, considérées comme le principal site de nidification du pays, ainsi que sur d’autres portions de la côte est.

Des études récentes ont également confirmé l’importance de la plage de Ghedhabna, sur la côte est, comme nouveau site de nidification important. L’appel de TunSea s’inscrit dans un effort plus large de protection de la biodiversité marine méditerranéenne. Les tortues jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes : elles contribuent au maintien des herbiers sous-marins, au recyclage des nutriments et à la santé des plages de ponte. Elles sont également considérées comme des indicateurs de la santé des mers. Les principales menaces qui pèsent sur elles restent les captures accidentelles dans les filets, la pollution plastique, la pression sur les plages, le trafic maritime et la dégradation des habitats côtiers.

Par conséquent, selon TunSea, la protection des tortues marines n’est pas seulement l’affaire des biologistes et des institutions, mais une responsabilité collective, notamment dans un pays comme la Tunisie, dont les côtes jouent un rôle reconnu pour les populations de tortues en Méditerranée.

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Entrée en service d’une usine de dessalement à Sfax

20. Juni 2026 um 09:01

La Tunisie renforce sa stratégie de sécurité hydrique avec la mise en service de l’un des projets d’infrastructure hydraulique majeurs du pays, l’usine de dessalement d’eau de mer de Sfax (Gargour), d’une capacité de 100 000 mètres cubes par jour, financée par l’agence de lAgence japonaise de coopération internationale coopération (Jica).

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a qualifié l’usine de «projet stratégique pour améliorer l’approvisionnement en eau potable dans la deuxième zone urbaine et économique du pays.»

La cérémonie d’inauguration officielle de l’usine a eu lieu, le 18 juin 2026, en présence du ministre Ezzedine Ben Cheikh ; du gouverneur de Sfax, Mohamed Hajri ; de l’ambassadeur du Japon en Tunisie, Saito Jun ; du président-directeur général de la Sonede, Abdelhamid Menja ; ainsi que de représentants de la Jica (JICA).

L’usine a une capacité de production initiale de 100 000 mètres cubes d’eau dessalée par jour, extensible à 200 000 mètres cubes par jour.

Ce projet, mis en œuvre grâce à un prêt japonais en yens d’environ 800 millions de dinars tunisiens, vise à améliorer la quantité et la qualité de l’eau potable distribuée dans la région de Sfax et à réduire la pression sur les ressources conventionnelles, dans un contexte marqué par des sécheresses récurrentes, la baisse des réserves des barrages et un stress hydrique croissant.

Diversification des sources d’approvisionnement

Le projet est destiné à bénéficier à environ 600 000 habitants de la région et comprend, outre l’usine de dessalement, des infrastructures de captage et de rejet d’eau de mer, des canalisations, des réservoirs de distribution, des stations de pompage et des raccordements électriques. La technologie utilisée est le dessalement de l’eau de mer, conformément à la politique tunisienne de développement des ressources en eau non conventionnelles.

Pour la Tunisie, l’un des pays méditerranéens les plus exposés à la pénurie d’eau, la nouvelle station de dessalement de Sfax constitue un élément clé de sa politique nationale de diversification des sources d’approvisionnement.

Les autorités ambitionnent de développer les usines de dessalement le long des zones côtières et dans les régions du sud, où les besoins civils, industriels et agricoles se heurtent à des ressources souterraines souvent saumâtres ou surexploitées.

Toutefois, le coût énergétique et environnemental du dessalement demeure un enjeu majeur, car il est considéré comme une solution structurelle mais non autonome.

Les experts soulignent la nécessité de conjuguer ces investissements avec une réduction des pertes sur le réseau, une meilleure gestion de la demande et un recours accru au recyclage des eaux usées traitées, afin d’éviter que la sécurité hydrique ne repose uniquement sur des infrastructures importantes et énergivores.

Réponse structurelle à la crise de l’eau

Dans l’allocution prononcée à cette occasion, M. Ben Cheikh a souligné que cette installation représente l’un des investissements publics les plus importants réalisés par la Tunisie pour renforcer sa sécurité hydrique nationale dans un contexte marqué par des précipitations de plus en plus irrégulières, des sécheresses récurrentes et une demande croissante en eau potable. Cette nouvelle infrastructure contribuera à assurer la continuité de l’approvisionnement en eau potable et à améliorer les services pour plus de cinq millions d’habitants de Sfax, du Sahel et des régions avoisinantes. Elle est destinée à devenir un pilier du système national de distribution d’eau, réduisant ainsi la dépendance aux ressources conventionnelles et renforçant la résilience du pays face au changement climatique. Elle est également considérée comme stratégique en raison de son potentiel d’extension, qui permettrait de plus que doubler sa capacité de production pour atteindre 250 mètres cubes par jour.

En marge de la cérémonie, une rencontre bilatérale s’est tenue entre le ministre Ben Cheikh et la délégation japonaise, au cours de laquelle les perspectives de renforcement de la coopération dans le secteur de l’eau ont été examinées. Les discussions ont porté plus particulièrement sur la possibilité de mobiliser de nouveaux financements pour de futurs projets de dessalement en Tunisie, notamment pour l’extension de la station de Sfax. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à poursuivre leur coordination afin de garantir les ressources financières et technologiques nécessaires à la construction des infrastructures jugées essentielles pour assurer la sécurité hydrique du pays et soutenir les efforts d’adaptation au changement climatique.

Cette collaboration avec le Japon s’inscrit dans le cadre du plan tunisien de diversification de son approvisionnement en eau, qui s’est traduit ces dernières années par le lancement de plusieurs projets de dessalement le long du littoral, considérés comme une réponse structurelle à la crise de l’eau qui frappe de plus en plus la Tunisie.

Etat des lieux et perspectives

En plus de l’usine de dessalement de Sfax (Gargour), la Tunisie dispose d’une usine à Zarat (Gabès), opérationnelle depuis fin 2024, d’une capacité de 50 000 m³ par jour, desservant principalement les gouvernorats de Gabès, Médenine et Tataouine, d’une autre à Djerba, en service depuis 2018, qui produit 50 000 m³ par jour pour sécuriser l’approvisionnement en eau de l’île touristique.

D4autres projets sont en cours, dont une usine à Sousse, dont la mise en exploitation industrielle est programmée d’ici le 3 juillet 2026 au plus tard, et qui produira 50 000 m³ par jour (extensible à 100 000 m³) afin d’éliminer les coupures estivales dans la région ; et une usine à Ksour Essef (Mahdia), projet majeur en phase de planification visant une capacité de 100 000 m³ par jour. Enfin, des appels d’offres sont prévus pour implanter des unités de traitement d’eaux saumâtres à Tozeur, Kébili et Sidi Bouzid.

I. B.

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Tunisie | Les avocats se mobilisent pour l’indépendance de la justice

20. Juni 2026 um 08:26

Le mouvement de protestation des avocats en Tunisie a été ponctué, le 18 juin 2026, par une grève générale nationale largement observée, accompagnée de manifestations devant le Palais de justice de Tunis et de rassemblements dans les principaux tribunaux du pays, témoignant une fois de plus des tensions qui affectent le système judiciaire tunisien.

Cette manifestation, organisée par l’Ordre national des avocats, s’inscrit dans un mouvement de protestation plus large lancé le 18 mai, visant à obtenir une réforme du système judiciaire et des conditions d’exercice de la profession.

Lors de la manifestation dans la cour du Palais de justice de Tunis, les journalistes n’ont pas été autorisés à couvrir le sit-in, ce qui a limité leur capacité à documenter directement l’initiative, sauf depuis l’extérieur du bâtiment.

La grève de jeudi a été accompagnée du port traditionnel du brassard rouge par les avocats et de manifestations physiques dans les tribunaux de Bizerte, Béja, Jendouba, El Kef, Siliana et Tunis.

Les revendications portent sur une révision du cadre législatif et réglementaire régissant la profession, une amélioration du service public de la justice, un renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire et la garantie de procès équitables.

Les avocats demandent également la modernisation des conditions de travail et une réforme du système de sécurité sociale et de retraite de la profession, afin d’assurer sa viabilité financière.

Le doyen du barreau, Boubaker Belthabet, a qualifié la participation à la grève de «totale», soulignant que l’initiative avait été respectée dans tous les tribunaux sans aucune infraction.

Dans une déclaration à la radio Diwan FM, en marge de l’assemblée générale des avocats, M. Belthabet a expliqué que cette protestation s’inscrit dans le cadre des décisions adoptées par le Conseil du barreau le 13 mai et constitue la première étape d’un mouvement initié au niveau régional. Selon le doyen, «les revendications de la profession ne portent pas uniquement sur des intérêts institutionnels, mais visent à ouvrir un dialogue sur les réformes nécessaires pour garantir une justice indépendante dans les faits, et non pas seulement en paroles». L’Ordre des avocats considère l’amélioration du fonctionnement du système judiciaire comme un élément essentiel de l’État de droit et estime que les défis actuels nécessitent un dialogue avec les autorités.

Cette mobilisation intervient à un moment particulièrement délicat pour le système judiciaire tunisien. Depuis l’été 2022, avec la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature et la réorganisation subséquente de l’appareil judiciaire initiée par le président Kaïs Saïed, la question de l’indépendance de la justice est devenue l’un des points les plus controversés du débat politique et institutionnel.

Les organisations nationales et internationales ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes quant aux garanties offertes aux magistrats et au respect de la séparation des pouvoirs.

Me Belthabet a annoncé que «l’assemblée générale annuelle des avocats, prévue le 11 juillet, ainsi que les réunions du Conseil de l’Ordre, seront consacrées à l’évaluation de l’évolution de ce différend et à l’adoption des mesures qui en découleront, conformément aux mécanismes démocratiques propres à la profession».

Le bâtonnier a également dénoncé l’existence de «campagnes de diffamation systématiques», menées principalement sur les réseaux sociaux et par certains médias, affirmant que de telles attaques n’ébranleront pas la détermination des avocats. Il a réaffirmé que les positions officielles de la profession ne peuvent être exprimées que par les instances légitimes qui la représentent et a exclu toute tentative de division interne.

Concernant une éventuelle médiation, le bâtonnier a déclaré qu’«à ce jour, aucune initiative, officielle ou informelle, n’a été proposée pour résoudre la crise». L’Ordre, a-t-il ajouté, reste ouvert à tout dialogue sérieux susceptible d’ouvrir la voie à des négociations et de contribuer à la réforme du système judiciaire tunisien.

La protestation des avocats met ainsi en lumière les tensions persistantes qui entourent le fonctionnement de la justice en Tunisie et pourrait constituer une nouvelle épreuve pour les relations entre les institutions et l’un des ordres professionnels les plus influents du pays.

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Tunisie | L’éternel retour Tabarka Jazz Festival

20. Juni 2026 um 07:47

Le Tabarka Jazz Festival revient du 3 au 9 juillet 2026 pour sa 20e édition, marquant le retour dans le calendrier culturel tunisien de l’un des événements musicaux les plus emblématiques du pays.

Créé en 1973 sous l’impulsion de celui qui deviendra un grand voyagiste, Lotfi Belhassine (Air Liberté, Club Aqarius), ce festival a vu défiler des légendes internationales, à l’image du trompettiste Dizzy Gillespie et a connu une fortune diverse au gré des ans. Il n’y avait pas d’hôtels climatisés à l’époque : les festivaliers dormaient au clair de lune, dans des paillotes et s’adonnaient, dans la journée, à diverses activités : danse, poésie, poterie, etc.  

Après plus de six ans d’absence, le festival accueillera à nouveau le public au Théâtre de la Mer de Tabarka, ville du nord-ouest de la Tunisie surplombant la Méditerranée et traditionnellement associée au tourisme balnéaire, à la musique live et à la fusion des cultures méditerranéenne, africaine et internationale.

Le programme principal comprend sept concerts, avec des artistes venus de Tunisie, d’Algérie, du Liban, de Cuba, des États-Unis et du Royaume-Uni.

Le concert d’ouverture, le 3 juillet, sera donné par le pianiste et compositeur cubain Alfredo Rodríguez, reconnu pour son style unique mêlant jazz, musique classique et rythmes afro-cubains. Le lendemain, la chanteuse américaine Liz McComb, figure emblématique du gospel et du blues, montera sur scène. Le 5 juillet, le projet Osool, avec Yacine Boulares et Soufiane Saidi, proposera un mélange de jazz contemporain, de sonorités maghrébines et de traditions nord-africaines.

Le compositeur et pianiste libanais Tarek Yamani se produira le 6 juillet, tandis que Dee Dee Bridgewater sera à Tabarka le 7 juillet avec son projet ‘‘We Exist’’. Le 8 juillet, le collectif britannique Kokoroco, représentant de la nouvelle scène jazz londonienne, mêlera afrobeat et highlife. La soirée de clôture, le 9 juillet, accueillera Veronica Swift et Akua Naru, artiste américaine reconnue pour son style musical alliant jazz, soul, blues et textes engagés.

En parallèle des concerts au Théâtre de la Mer, un programme gratuit, ‘‘Street Jazz’’, sera proposé dans les rues de la ville. Parmi les artistes annoncés figurent Djamel Laroussi d’Algérie, Mão Cabeça du Portugal, Innēr Sense de Serbie et plusieurs artistes tunisiens, dont Mohamed Ali Kammoun avec ‘‘Jazzna’’, Fawzi Chekili avec ‘‘Taqasim Revival’’, Omar El Ouaer avec Octun Quartet, Ahmed Ajabi avec Jazztet et Aziz Zouaoui avec Siroko.

Le retour du festival a également des retombées économiques et touristiques. Le choix des dates, début juillet, vise à dynamiser la vie culturelle de Tabarka dès le début de la saison estivale, avant que les hôtels ne soient complets.

L’événement, désormais placé sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, ambitionne ainsi de réintégrer la ville dans le circuit des grands festivals de musique d’été.

I. B.

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Vers une surveillance numérique des incendies de forêt en Tunisie

20. Juni 2026 um 07:14

Le WWF Afrique du Nord a lancé un appel d’offres en Tunisie pour le développement de Syfire, un nouveau système numérique destiné à améliorer la surveillance des incendies de forêt et à évaluer les capacités d’intervention de la Direction générale des forêts.

Cette initiative intervient à la veille de la saison des feux la plus critique, dans un pays où les zones forestières du nord-ouest, notamment le complexe Kroumirie-Mogods, sont de plus en plus exposées aux effets conjugués de la sécheresse, des fortes chaleurs et de la pression humaine.

Ce projet, officiellement intitulé «Système de signalement et d’évaluation des capacités de lutte contre les incendies de forêt », vise à numériser un maillon essentiel de la chaîne de prévention et d’intervention.

Selon le cahier des charges publié par le WWF, la Direction générale des forêts collecte actuellement les informations via des formulaires papier ou des fichiers Excel remplis par les services forestiers régionaux. Syfire transformera ce système en une plateforme web, avec une base de données centralisée, des formulaires de saisie, des statistiques automatiques et l’exportation des données au format Excel.

Le nouvel outil aura deux fonctions principales. La première concernera les rapports post-incendie, recensant les zones touchées, les dates, les lieux et les causes confirmées ou suspectées. La seconde permettra d’évaluer la capacité de préparation et d’intervention des différents districts forestiers : disponibilité des véhicules, état du matériel, entretien des véhicules, pare-feu, points d’eau et niveau de préparation avant la saison des feux.

Le système comprendra également un tableau de bord centralisé permettant à la Direction générale des forêts de visualiser les données collectées en temps réel, de comparer les tendances et de classer les districts selon des indicateurs de préparation, tels que le pourcentage de matériel opérationnel, le nombre de kilomètres de tranchées creusées ou d’autres paramètres à définir avec l’administration forestière.

La consultation, d’une durée de 25 jours, débutera le 1er juillet et la remise finale est prévue pour la fin du mois.

Le WWF exige du consultant retenu qu’il crée un prototype, développe la version complète, fournisse le code source sous licence libre et anime une session de formation pour les administrateurs et les utilisateurs pilotes.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de prise en compte croissante de la vulnérabilité des forêts tunisiennes. Dans les régions du nord-ouest, où se concentre une part importante des forêts du pays, le risque d’incendies est exacerbé par l’irrégularité des précipitations et l’allongement des périodes de sécheresse.

L’intégration complète du signalement numérique dans les mécanismes opérationnels de la Direction générale des forêts permettrait une évaluation plus rapide des dégâts, une meilleure planification des ressources et une appréciation plus objective des capacités de réponse locales. Pour les experts du secteur, l’intérêt de ce projet réside non seulement dans l’informatisation des formulaires existants, mais aussi dans la possibilité de constituer un registre statistique plus fiable des incendies de forêt en Tunisie au fil du temps. Des données plus cohérentes et actualisées permettraient d’identifier les zones les plus vulnérables, d’améliorer la prévention, d’orienter les investissements dans les ressources et les infrastructures et de renforcer la coordination entre l’État, les collectivités territoriales et les acteurs de terrain.

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PetroAfrica pour accélérer la transition énergétique

19. Juni 2026 um 13:49

Inauguré il y a quatre jours, PetroAfrica, le salon international dédié au pétrole, au gaz, à l’énergie et aux services, sera clôturé ce vendredi 19 juin 2026 au Parc des Expositions du Kram, au nord de Tunis.

Cet événement, organisé dans le cadre du programme Africa Big 5, réunit des opérateurs publics et privés, des investisseurs, des experts et des entreprises du secteur de l’énergie, avec pour ambition de renforcer la coopération industrielle entre l’Afrique du Nord, la Méditerranée et les marchés internationaux.

Organisé par Xtrade For Events et STI Expo, PetroAfrica s’inscrit dans un format plus large comprenant cinq salons professionnels : PetroAfrica pour le pétrole, le gaz, l’énergie et les services; Green Africa pour le développement durable, les énergies renouvelables et les énergies vertes ; Logistica Africa Expo pour les transports et les chaînes d’approvisionnement ; Africa Traffic et Africa Public Works pour la mobilité intelligente, les travaux publics et les infrastructures ; et Africa Finance Banking & Insurance Expo pour la finance, la banque et l’assurance.

Le thème central de l’édition 2026, «Durabilité pour une économie verte», reflète la double trajectoire des secteurs énergétiques tunisien et régional : d’une part, le rôle central persistant des hydrocarbures, notamment du gaz naturel et des produits pétroliers ; d’autre part, la nécessité d’accélérer les investissements dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la décarbonation et les nouvelles technologies appliquées à l’industrie.

Les participants ont pris part à des conférences stratégiques et techniques, des rencontres de réseautage, des présentations d’entreprises et des mises en relation visant à favoriser les partenariats et les investissements.

PetroAfrica ambitionne de devenir une plateforme professionnelle pour l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, de l’exploration à la production, en passant par le transport, le raffinage, la distribution, les équipements pétroliers, les services techniques et les solutions numériques.

Parmi les thématiques centrales débattues cette année figurent les infrastructures d’énergie verte, la valorisation du gaz torché, l’économie circulaire, la gouvernance, la coopération internationale, l’intelligence artificielle appliquée aux opérations en amont et en aval, la gestion du carbone, la formation et le développement des compétences.

Le choix de Tunis comme lieu de l’événement revêt une importance particulière à l’heure où notre pays demeure fortement dépendant du gaz naturel pour la production d’électricité et les importations d’énergie, tout en s’efforçant de renforcer la place des énergies renouvelables dans son mix énergétique national.

Les stratégies officielles prévoient une augmentation significative des capacités solaires et éoliennes d’ici 2030, ainsi que le développement de projets d’hydrogène vert et d’interconnexions électriques avec l’Europe, à commencer par le projet Elmed avec l’Italie.

PetroAfrica 2026 a donc été non seulement une vitrine commerciale pour les compagnies pétrolières, les fournisseurs d’équipements et les prestataires de services, mais aussi comme un banc d’essai pour la capacité de la Tunisie à se positionner comme un hub énergétique régional. Dans ce contexte, le salon a réussi à connecter les acteurs tunisiens, libyens, algériens, africains, européens et asiatiques d’un secteur porté par la sécurité d’approvisionnement, la transition écologique, l’innovation technologique et la concurrence pour les capitaux.

L’événement est intervenu à un moment où l’énergie figure parmi les priorités économiques de la Tunisie mais aussi de nombre de ses partenaires au nord comme au sud.

I. B.

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Maison des Arts à Tunis | Voyage dans la mémoire du football italien

19. Juni 2026 um 13:26

Le football comme langage populaire, archive sentimentale et pont culturel entre les deux rives de la Méditerranée. Tel est le thème central d’«Histoires de football entre l’Italie et la Tunisie», l’exposition qui se tiendra à la Maison des Arts du Belvédère, Dar El Founoun, à Tunis, du 23 juin au 23 juillet 2026. Le football italien, absent de l’actuelle Coupe du Monde, se fait ainsi présent par sa glorieuse histoire.

Organisée par l’Institut culturel italien à Tunis et l’ambassade d’Italie en Tunisie, et conçue par Marco Ferrero de Mo’ Better Football, l’exposition commémore le 65e anniversaire de la collection Panini Footballers, fondée en 1961 et devenue l’un des objets les plus emblématiques de la culture sportive italienne, et coïncide avec la 23e Coupe du Monde de la Fifa.

L’exposition explore le football à travers les stickers, un format éditorial compact capable d’immortaliser visages, maillots, écussons et saisons sportives dans la mémoire collective.

Popularité de la Serie A en Tunisie

Albums, images d’époque, maillots, documents d’archives et témoignages visuels accompagneront le public dans un voyage à travers le sport, la culture populaire et l’imagerie télévisuelle, retraçant l’évolution du langage visuel du football et le rôle des stickers dans la formation de générations de supporters

Une attention particulière est portée aux relations italo-tunisiennes. L’exposition met en lumière comment, entre les années 1970 et 1990, la diffusion de la télévision italienne et la popularité de la Serie A en Tunisie ont contribué à forger un répertoire commun d’images, de champions, d’équipes et de rituels sportifs.

Pour de nombreux supporters tunisiens, le football italien était une présence familière, suivi à la télévision et se traduisant par un sentiment d’appartenance, une passion et des récits partagés.

Le mouvement ultra tunisien s’inspire également, de par son histoire, du mouvement italien.

Le football comme langage universel

L’inauguration aura lieu le 23 juin 2026 à 18h30 et sera suivie d’une table ronde consacrée à la culture footballistique et à la mémoire sportive. Parmi les intervenants figureront les journalistes sportifs de la radio nationale tunisienne Mourad Ayari et Mohamed Menzli, le commissaire d’exposition Marco Ferrero, le collectionneur d’albums Panini Gianni Bellini et l’expert en football Valfrido Aghilone.

Le choix du lieu, Dar El Founoun, confirme la vocation culturelle de l’initiative : il ne s’agit pas d’une simple exposition nostalgique, mais d’une lecture du football comme patrimoine populaire et audiovisuel, capable de retracer les échanges, les influences et les continuités entre l’Italie et la Tunisie.

Entre mémoire collective et patrimoine audiovisuel, l’exposition célèbre le football comme un langage universel et un outil de dialogue interculturel.

L’entrée à l’exposition est gratuite.

I. B.

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La Tunisie peut produire 2 GW d’énergie éolienne d’ici 2030

19. Juni 2026 um 12:57

La Tunisie va accélérer le développement de l’énergie éolienne en lançant des appels d’offres pour 2 GW de nouvelles capacités, soit une puissance théoriquement suffisante pour alimenter environ 1,5 million de foyers. (Photo: champ d’éoliennes à Sidi Daoud, Haouaria, Nabeul).

C’est ce qu’a  déclaré le consultant international en énergie Ezzedine Khalfallah dans une interview accordée à l’agence de presse Tap, en soulignant que le pays dispose d’un potentiel important, mais que son développement dépendra de sa capacité à renforcer le réseau électrique, à simplifier les procédures administratives et à mobiliser des financements internationaux.

Selon M. Khalfallah, la capacité éolienne installée en Tunisie s’élève actuellement à 245 MW, entièrement réalisée par l’entreprise publique Steg.

Ce chiffre inclut le site historique de Sidi Daoud (55 MW) et les parcs éoliens de Kchabta et Metline (190 MW au total). Bien que ne représentant qu’environ 4 % de la capacité électrique du pays, l’énergie éolienne a déjà produit des avantages mesurables : en 2024, la production a atteint 337 GWh, soit 1,8 % de la production d’électricité du pays, évitant ainsi l’importation d’environ 70 000 tonnes d’équivalent pétrole et de gaz et permettant des économies de change estimées à près de 60 millions de dinars par an.

La trajectoire définie par les autorités est ambitieuse : 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030, 50 % d’ici 2035 et 80 % d’ici 2050. Il reste à passer de la parole à l’acte et d’accélérer le processus de transition énergétique qui reste très lent.

Atteindre 2 GW d’énergie éolienne en 2030

Concernant l’énergie éolienne, l’objectif est d’atteindre environ 2 000 MW d’ici 2030, soit 36 % de la capacité renouvelable totale prévue. Fin 2025, le Haut-commissariat à la production privée d’électricité a approuvé le lancement d’appels d’offres en 2026 et 2027 pour 2 000 MW. Parmi les sites identifiés figurent Tbaga (600 MW), Jebel Abderrahmane (400 MW), Beni Khedache (500 MW) et Zaghouan (200 MW). Un projet de parc éolien de 77,25 MW a récemment été attribué dans le gouvernorat de Zaghouan.

Le retard pris dans la mise en œuvre des projets, souligne Khalfallah, est lié à la nature même de l’énergie éolienne. Contrairement au solaire, les développeurs doivent effectuer des mesures de vent sur site pendant au moins un an avant de valider la viabilité des centrales. À cela s’ajoutent des études techniques, environnementales et sociales, des permis relatifs à la sécurité des sites, des procédures administratives complexes et la recherche de financements, souvent internationaux. Le principal obstacle, selon l’expert, n’est plus la disponibilité de la ressource, mais la capacité du système tunisien à la transformer en projets industriels.

Les points critiques concernent l’intégration au réseau, le financement, l’obtention rapide des permis et la sécurité foncière.

L’ajout de 2 GW supplémentaires de puissance éolienne d’ici 2030 est considéré comme techniquement réalisable, mais nécessitera des investissements dans le réseau, sa flexibilité, le stockage et les systèmes de gestion de la demande, ainsi que la mise en service de l’interconnexion électrique Elmed avec l’Italie.

Les investisseurs étrangers restent intéressés, malgré les difficultés économiques et financières du pays. M. Khalfallah évoque cependant un intérêt plus sélectif, motivé par la transparence réglementaire, la simplification des procédures et le développement des infrastructures de transport.

Les derniers appels d’offres pour la concession ont confirmé la présence d’opérateurs internationaux de premier plan, grâce notamment à la disponibilité d’un atlas national de l’énergie éolienne utile pour guider les investisseurs potentiels.

Un grand potentiel offshore

Les perspectives à moyen terme se tournent également vers la mer. Le potentiel éolien offshore de la Tunisie est estimé à plus de 250 GW, dont environ 160 GW proviennent de la technologie flottante, avec un facteur de capacité moyen de 46 % selon les études internationales.

La Steg, avec le soutien de la Banque africaine de développement (BAD), mène une étude de faisabilité pour un projet offshore de 250 à 500 MW au large des îles Kerkennah. Selon Khalfallah, la baisse des coûts mondiaux de l’éolien offshore ces dernières années fait de cette technologie une option stratégique potentielle pour l’avenir de la Tunisie.

Ce projet éolien s’inscrit ainsi dans un enjeu énergétique national plus vaste : réduire la dépendance au gaz importé, contenir le déficit énergétique, attirer les capitaux privés et positionner la Tunisie comme une plateforme de production et de commercialisation d’électricité renouvelable en Méditerranée. Le défi, plus encore que la construction de parcs éoliens, consistera à adapter l’ensemble du système électrique à une part croissante d’énergies variables.

I. B.

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La protection de la filière du crabe bleu en Tunisie

19. Juni 2026 um 12:37

Tunisie entend consolider son rôle en Méditerranée dans la promotion du crabe bleu, une espèce invasive qui, ces dernières années, est passée d’un problème environnemental à une ressource économique pour les communautés côtières.

Le projet Blue Step, intitulé «Renforcement et adéquation de la protection sociale dans le secteur de la pêche», a été officiellement lancé à Djerba. Cette initiative vise à renforcer la protection sociale et à améliorer les conditions de travail dans le secteur de la pêche et de la transformation du crabe bleu.

Annoncé lors du Forum Bluecoop, qui se tient du 16 au 19 juin 2026 dans l’île, ce projet est mené avec la participation de la Fao et du Groupement interprofessionnel des produits de la pêche. Son objectif est d’étendre l’inclusion sociale à tous les acteurs de la filière, des pêcheurs aux transformateurs, en passant par les travailleurs impliqués dans la préparation, la transformation et la promotion du produit.

Blue Step s’inscrit dans un secteur devenu stratégique, notamment dans le sud-est tunisien, où le crabe bleu, initialement perçu comme une menace pour les filets, les engins de pêche et la biodiversité marine, a été progressivement intégré à une chaîne de valeur axée sur l’exportation.

Le défi, selon les organisateurs, est désormais de passer d’une exploitation purement commerciale à un modèle plus durable et inclusif, capable de garantir un travail décent, une meilleure sécurité économique et un accès plus large à la protection sociale

Une attention particulière est portée aux femmes, maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement, notamment dans les activités de transformation et de conditionnement. Le projet vise à renforcer leur rôle économique, à réduire leur vulnérabilité sociale et à promouvoir de meilleures conditions de travail dans un secteur encore marqué par l’informalité, la saisonnalité et un accès inégal aux mécanismes de protection.

Le Forum Bluecoop réunit à Djerba des institutions tunisiennes, des professionnels du secteur, des chercheurs, des partenaires internationaux et des représentants de pays possédant une expérience reconnue dans la pêche, la transformation et la commercialisation du crabe bleu, dont les États-Unis, les Philippines et la France.

Cette initiative se veut un espace de dialogue et de coopération pour le partage des meilleures pratiques en matière de traçabilité, de certification, de qualité, d’accès aux marchés et de gestion durable de la ressource.

Pour la Tunisie, ce projet représente une nouvelle étape de sa stratégie d’économie bleue, dans un contexte où les pressions exercées sur les écosystèmes marins, la concurrence pour les ressources et l’impact des espèces exotiques envahissantes exigent des politiques intégrées qui prennent en compte la pêche, l’environnement, l’emploi et le développement local.

La transformation du crabe bleu, d’espèce invasive à source de revenus, est considérée par les organisations internationales comme un exemple probant d’adaptation, à condition qu’elle s’accompagne de réglementations, de formations et de protection sociale.

Selon la Fao, le projet Blue Step contribuera à renforcer la résilience de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, de la pêche à la transformation, et à consolider la compétitivité internationale sans négliger les communautés qui dépendent directement de la mer. Il vise également à favoriser les partenariats commerciaux et les échanges techniques avec d’autres pays, notamment les Philippines, où il existe une précieuse expérience en matière de gouvernance des communautés de pêche et de mécanismes de protection sociale.

I. B.

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Quel marketing territorial pour Bizerte ?

19. Juni 2026 um 09:48

Bizerte a accueilli, le 18 juin 2026 à l’hôtel El Andalucia, un forum consacré à la promotion de l’investissement régional sous le thème : «Bizerte se mobilise pour l’investissement : vers un nouveau marketing territorial». L’événement a été coorganisé par la Conect Bizerte, le comité régional de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT) et la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Est (CCINE).

Lotfi Sahli

Cette rencontre a réuni décideurs publics, investisseurs, experts et acteurs économiques autour d’un objectif commun : renforcer l’attractivité de la région et identifier des solutions concrètes pour améliorer le climat des affaires. Les participants ont échangé leurs expériences et confronté leurs visions afin de faire émerger une stratégie territoriale plus compétitive et mieux adaptée aux attentes des investisseurs.

Faire de Bizerte un hub sud-méditerranéen

Ont participé à ce forum, en plus des organisateurs, plusieurs institutions nationales et régionales, dont, l’APII, l’Apia, la Fipa, la TIA, la CRDA, la Faculté des Sciences de Bizerte,  l’Utica, le Centre d’Affaires, le Commissariat régional du tourisme, ainsi que le ministère de l’Industrie, le Pôle de compétitivité et le Parc d’activités économiques de Bizerte, ainsi qu’une banque étatique et une autre privée.

Les travaux ont été modérés par Mounir Mejdoub, qui a assuré la conduite des différents panels.

Par ailleurs, deux entreprises, l’une italienne et l’autre tunisienne, ainsi qu’une startup, ont témoigné de leurs parcours de réussite après des trajectoires marquées par des difficultés et des défis

Au-delà des constats, les travaux ont débouché sur une série de recommandations traduisant une ambition clairement affichée : faire de Bizerte un hub économique incontournable en Méditerranée. Confrontés aux défis d’attractivité et de compétitivité, les acteurs publics et privés de la région ont ainsi tracé une feuille de route articulée autour de cinq axes stratégiques majeurs.

Des opportunités d’investissement à fort potentiel

Une présentation institutionnelle a mis en lumière les principales opportunités d’investissement offertes par le gouvernorat de Bizerte, notamment dans les secteurs de l’industrie, de la logistique, du transport, de l’économie bleue, de l’agriculture, de l’agroalimentaire, du tourisme alternatif, du digital et des services innovants. Les résultats d’une enquête sur l’état des lieux de l’investissement dans la région ont également été présentés.

Les débats se sont articulés autour de plusieurs panels. Le premier a porté sur les leviers de l’attractivité territoriale, notamment la compétitivité régionale, la visibilité de Bizerte, les attentes du secteur privé et les questions foncières. Le deuxième s’est intéressé à l’accélération et à la sécurisation des projets d’investissement à travers la simplification des procédures, la gouvernance territoriale, l’innovation, l’industrie 4.0 et la transformation digitale. Un troisième panel a été consacré aux mécanismes de financement, avec la participation de représentants du secteur bancaire.

Moderniser les infrastructures et simplifier l’investissement

Parmi les principales recommandations formulées, les participants ont souligné l’urgence de moderniser les infrastructures de transport et de digitalisation, tout en anticipant la phase post-achèvement du nouveau pont et de la Marina. Ils ont également proposé l’exploitation des câbles numériques sous-marins méditerranéens afin de positionner la région sur le secteur des big data.

Pour améliorer le climat des affaires, ils ont préconisé la création d’une cellule permanente d’accompagnement (task force) et d’un guichet unique régional destinés à réduire les délais administratifs.

Ces mesures seraient accompagnées par la mise en place d’un observatoire de la compétitivité et par une révision structurelle des codes de l’investissement et des forêts.

Les recommandations ont également mis l’accent sur un nouveau marketing territorial à travers le lancement de la marque «Bizerte Invest», dotée d’une identité visuelle propre et d’une plateforme numérique multilingue.

Un rendez-vous annuel de l’investissement serait instauré pour renforcer cette dynamique de promotion économique, tandis que le potentiel du Cap Angela, point le plus septentrional du continent africain, serait davantage valorisé dans une perspective de tourisme durable.

Capital humain et transition écologique

Enfin, le rapport a insisté sur l’importance du capital humain et de la transition écologique. Le renforcement des synergies entre l’université et l’entreprise a été présenté comme un levier essentiel pour répondre aux métiers d’avenir, avec un plaidoyer en faveur de la création de l’Université de Bizerte. En s’affirmant comme un pôle de référence de l’économie bleue, de l’industrie maritime et des énergies propres, Bizerte entend ainsi consolider son positionnement en faveur d’un développement territorial durable.

Les travaux du forum se sont achevés par l’adoption de cette feuille de route destinée à soutenir le développement économique de la région et à renforcer son positionnement comme pôle régional attractif pour l’investissement.

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GreenAssist accompagne les TPME tunisiennes dans leur transition écologique

19. Juni 2026 um 09:40

Greenov’i lance son troisième appel à manifestation d’intérêt GreenAssist dans le cadre de son dispositif de Vouchers verts destiné à accompagner les entreprises tunisiennes dans leur transition écologique.

Financé par l’Union européenne à travers le volet Entrepreneuriat Vert de son programme «Tunisie Verte & Durable» pour l’appui à l’action environnementale en Tunisie, Greenov’i est mis en œuvre par Expertise France en collaboration avec le Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (Citet), le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Économie et de la Planification.

À travers cet appel, les TPME industrielles et les artisan·nes sélectionné·es bénéficieront d’un diagnostic environnemental approfondi visant à analyser leurs pratiques actuelles et à identifier des pistes d’amélioration dans les domaines de la gestion des déchets, de l’énergie et de l’eau.

Le programme GreenAssist propose aux entreprises bénéficiaires un diagnostic environnemental couvrant trois domaines prioritaires : la gestion des déchets ; la gestion de l’énergie ; et la gestion durable de l’eau.

Cet accompagnement vise à aider les entreprises à mieux comprendre leur impact environnemental, à identifier des opportunités d’optimisation de leurs processus et à élaborer des stratégies durables adaptées à leurs besoins et à leur activité.

L’objectif est de soutenir l’émergence de modèles de production plus responsables et de contribuer à l’intégration progressive des enjeux environnementaux dans le développement des entreprises tunisiennes.

Les opérateurs éligibles

Cet appel est ouvert aux artisan.es, TPME tunisiennes (y compris groupements d’entreprises) opérant dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture, de l’artisanat ou de l’hôtellerie ; TPME et artisan.es tunisien·nes employant entre 1 et 199 personnes ; entreprises réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 20 millions de dinars ; entreprises en activité depuis au moins trois ans ; entreprises en situation régulière au regard de leurs obligations fiscales et sociales ; et entreprises disposant de la capacité à apporter un cofinancement potentiel à un projet de transition écologique dont le coût total des dépenses éligibles ne dépasse pas 60 000 euros.

Comment candidater ?

Les entreprises intéressées sont invitées à soumettre leur dossier de candidature via le site Greennovi avant le 16 juillet 2026 à 23h59 (heure de Tunis).

L’ensemble des documents et informations nécessaires à la constitution du dossier de candidature est disponible sur le site web.

Sessions d’information

Afin de présenter le dispositif et d’accompagner les entreprises dans la préparation de leur candidature, des sessions d’information seront organisées en ligne (24/06/2025 à 14h) ; à la Technopôle Monastir (25/06/2026 à 10h) ; Novation city – Pôle de Sousse (25/06/2026 à 14h30) ;  Centre d’affaires de Sfax (26/06/2026 à 10h) ; Citet à Tunis (01/07/2026 à 10h).

La date limite de soumission des candidatures est fixée au 16 juillet 2026 à 23h59.

Pour plus d’informations et pour déposer une candidature : Greenovi ; Facebook ; LinkedIn; Instagram.  

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Pour Israël, la défaite en Iran est une opportunité

19. Juni 2026 um 09:30

L’appui inconditionnel de l’Occident donne pendant longtemps à Israël l’illusion d’être un acteur qui fait l’histoire à sa guise au Moyen-Orient. Pourtant, Israël n’a ni démographie, ni profondeur stratégique, ni environnement géopolitique, ni idéologie à vocation universelle sur lesquels repose la puissance. L’Occident lui a prêté sa puissance utilisée pour bâtir un régime d’apartheid et pour perpétrer un génocide qui ont placé Israël au-dessus du droit international.

«Tous les pays détestent Israël», aurait dit Trump à Netanyahou. Les lobbys qui ont acheté les élites dirigeantes occidentales sont efficaces, mais il y a toujours des limites à l’efficacité qu’Israël a dépassées en ignorant les intérêts économiques des Américains et des Européens.

Entre le détroit d’Ormuz et Israël, les Américains ont choisi le détroit d’Ormuz. On dit que l’Amérique a deux religions : le christianisme et le pragmatisme. Israël a commis une erreur historique en croyant que les Etats-Unis seront leur meilleur allié qui les protègeront, alors que le seul allié qui est susceptible de protéger Israël est paradoxalement la paix avec les Palestiniens.

L’Etat colonial a deux perspectives devant lui, et deux seulement : le scénario algérien où les pieds-noirs ont dû quitter le pays dans la précipitation, ou le scénario sud-africain où les Blancs ont accepté de s’intégrer dans la société locale.

C’est à ce dernier scénario que pense l’éditorialiste israélien Gideon Lévy, qui, dans son article publié le 18 juin 2026 et dont la traduction est reproduite ci-dessus,  invite ses compatriotes à se réveiller, leur indiquant que le désastre face à l’Iran doit être l’occasion pour se réconcilier avec la réalité.

Lahouari Addi

«Ce qui nous est arrivé en Iran n’était pas un désastre, mais une opportunité»

La défaite d’Israël en Iran n’est pas un désastre : c’est l’occasion d’affronter la vérité. La guerre en Iran a révélé la vérité à Israël. Son armée, soi-disant toute-puissante, n’a rien accompli de significatif, si ce n’est sa propre ruine politique. Tout pays rationnel tirerait la même conclusion : il faut cesser de vivre par l’épée et uniquement par l’épée.

Gideon Levy

Le refrain, tant à droite qu’à «gauche» (sans compter le Premier ministre Benjamin Netanyahou) : une défaite israélienne, un désastre diplomatique, Trump nous a tourné le dos et Steven Witkoff est un «Jewboy». La nation déplore une calamité, une défaite et un quasi-Holocauste.

Les Bennett’s s’empressent d’intervenir et promettent une solution. Ils rétabliront les relations avec les États-Unis et ramèneront Israël sur les champs de bataille pour achever le travail. Telle est leur seule promesse en cette journée particulièrement propice.

Mais il ne s’agit ni d’un désastre ni d’un Holocauste. Dans la guerre contre l’Iran, Israël a traversé ce que les psychologues appellent un «test de réalité», au cours duquel la vérité lui a été révélée. Et cela pourrait bien être l’évolution la plus positive de ces dernières années, à condition que le pays en tire les bonnes conclusions. Ce soi-disant désastre pourrait bien se transformer en une opportunité historique.

Lors d’une de ses précédentes catastrophes, celle de 1973, Israël avait su tirer les leçons et ouvrir un nouveau chapitre révolutionnaire de son histoire : celui de la paix. Le fiasco avec l’Iran nous oblige aujourd’hui à reprendre nos esprits une seconde fois, mais pour l’instant, personne n’est là pour mener cette réorientation.

Un peu de réalisme : un petit pays de 10 millions d’habitants ne peut pas se battre contre le monde entier, même si nous sommes les fils du peuple élu, qui sait tout et fait tout mieux que les autres. Israël ne peut pas renverser des régimes, ni dans la lointaine Téhéran, ni dans la proche Gaza, ni même à Ramallah, juste à côté. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas ; même les États-Unis n’y parviennent pas.

Nous regarder dans le miroir

Ils ne peuvent pas forcer des organisations à déposer les armes ni éradiquer les convictions politiques du cœur des gens. L’époque où l’Amérique était à notre merci est révolue. Reconnaître cette réalité nous offre l’occasion, au milieu de la succession de guerres récentes, de nous regarder dans le miroir : l’armée soi-disant toute-puissante de ce pays n’a réussi à obtenir aucun résultat significatif, si ce n’est la ruine politique.

Tout pays rationnel en tirerait la même conclusion : il faut cesser de vivre par l’épée et uniquement par l’épée. L’histoire récente en a apporté suffisamment de preuves. Peut-être que toutes ces guerres futiles étaient nécessaires pour nous ouvrir les yeux et nous faire comprendre qu’aucune guerre choisie par Israël ne s’est jamais bien terminée.

Il ne reste que peu de temps pour parvenir à cette conclusion. Retirez les troupes de tout le Liban, avant qu’elles ne déclenchent une nouvelle guerre inutile contre l’Iran. Mettez immédiatement un terme à la folie qui sévit en Cisjordanie, avant qu’elle ne se retourne elle aussi contre nous. Accordez un peu de répit à l’armée et à l’armée de l’air, laissez-les respirer. Permettez aux soldats de profiter de leurs réductions militaires et de déjeuner dans les fast-foods de la rue Ibn Gvirol à Tel-Aviv.

Libérez les milliers d’otages palestiniens qui croupissent dans les prisons du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, et commencez à vous comporter comme des êtres humains envers les Palestiniens, avant que le monde ne nous y oblige. Et décidez où nous allons, ce que nous voulons : deux États, un seul État démocratique ou un seul État d’apartheid suicidaire. Il n’y a pas de quatrième option et il n’y en aura jamais.

Israël ne peut pas désarmer le Hezbollah

Cette semaine, on a appris que l’armée israélienne demandait au gouvernement de parvenir à un accord avec le gouvernement libanais avant que l’armée ne soit contrainte de se retirer des zones occupées, la queue entre les jambes.

On a là, au moins, un cas de sobriété partielle. Après tout, l’accord avec le gouvernement libanais aurait pu être conclu plus tôt, mais Israël avait besoin de l’épreuve de la guerre pour se rendre compte qu’il ne peut pas désarmer le Hezbollah, et qu’il n’y parviendra jamais.

Les Forces de défense israéliennes (FDI), au moins, commencent à le comprendre. Il en va de même pour le Hamas, la résistance à l’occupation de la Cisjordanie et le régime iranien.

Le fait qu’Israël soit mégalomane ne signifie pas qu’il soit capable d’agir selon ses propres critères mégalomaniaques, en croyant que des bombardements ici et là serviront ses intérêts. Ce qui nous est arrivé en Iran n’était pas un désastre, mais une opportunité. Nous avons regardé la vérité droit dans les yeux – et elle a baissé les yeux. C’est maintenant à notre tour de baisser les nôtres.

Source : Haaretz.

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