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Afrique : Washington démonte les fondations de son influence

19. Juni 2026 um 14:08

La stratégie africaine de l’administration de Donald Trump repose sur une équation complexe : privilégier les échanges commerciaux, les investissements et l’accès aux minerais stratégiques tout en réduisant, voire en supprimant, les instruments qui ont longtemps permis aux États-Unis d’exercer une influence politique sur le continent.

Quelques signaux récents montrent toutefois que certains responsables républicains ont pris conscience de cette contradiction. Frank Garcia a finalement prêté serment en tant que secrétaire adjoint d’État chargé des Affaires africaines après plusieurs mois de vacance du poste. Dans le même temps, des parlementaires ont déposé un projet de loi visant à renforcer les capacités africaines du département d’État, reconnaissant implicitement qu’une stratégie centrée sur les transactions économiques exige davantage de compétences diplomatiques, rapporte la revue Semafor.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, rappelons-le, Donald Trump a cherché à rompre avec ce qu’il considère comme une dépendance excessive à l’aide publique au développement. Cette orientation s’est notamment traduite par le démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et par l’adoption d’une politique de « diplomatie commerciale » privilégiant les intérêts économiques et stratégiques américains.

Lire aussi: L’USAID va suspendre son aide sous l’ordre de Trump

Cette logique n’est pas dénuée de cohérence. Washington estime que l’avenir des relations avec l’Afrique doit reposer davantage sur les investissements et les échanges que sur l’assistance. Toutefois, l’administration américaine semble avoir sous-estimé l’importance des mécanismes d’influence qui entouraient ces relations économiques.

Pendant plusieurs décennies, les États-Unis ont proposé aux pays africains un partenariat global associant aide au développement (APD), coopération sécuritaire, programmes universitaires, échanges professionnels et dialogue diplomatique. Même lorsqu’ils contestaient certaines pressions américaines, de nombreux dirigeants africains acceptaient ce cadre en raison des avantages multiples qu’il procurait. En réduisant cette offre à sa seule dimension transactionnelle, Washington espère pourtant conserver le même niveau d’influence.

Les limites de cette approche apparaissent déjà. Plusieurs initiatives américaines destinées à sécuriser l’accès aux minerais critiques et à d’autres ressources stratégiques se heurtent à des résistances croissantes. De plus en plus de gouvernements africains refusent des accords jugés déséquilibrés. Tandis que les opinions publiques se montrent elles aussi plus méfiantes. Au Kenya par exemple, des manifestations ont ainsi éclaté contre un projet américain de centre destiné à accueillir des personnes potentiellement exposées au virus Ebola.

À cette défiance s’ajoutent plusieurs décisions américaines mal perçues sur le continent. Les restrictions de visas se sont multipliées, plusieurs centres de traitement des demandes ont été fermés ou regroupés. Tandis que les initiatives visant à transférer certains migrants expulsés vers des pays africains ont alimenté le sentiment que l’Afrique est désormais principalement considérée sous l’angle migratoire et extractif.

Or, l’un des principaux atouts de l’influence américaine résidait précisément dans l’accès qu’offraient les États-Unis : universités, réseaux professionnels, programmes d’échanges, mobilité académique et circulation légale des personnes. En limitant ces canaux, Washington affaiblit un avantage que ses concurrents peinent encore à égaler.

Paradoxalement, la diplomatie transactionnelle exige davantage d’expertise que le modèle fondé sur l’aide. Les négociations portant sur les minerais critiques, les infrastructures, les technologies ou les questions de sécurité nécessitent une connaissance fine des réalités locales, des relations de long terme et des équilibres politiques nationaux. C’est précisément pour cette raison que la nomination de Frank Garcia et les efforts de renforcement des compétences africaines au sein du département d’État revêtent une importance particulière.

L’administration Trump affirme vouloir traiter l’Afrique comme un partenaire stratégique plutôt que comme un simple bénéficiaire d’aide internationale. Mais le contexte a profondément changé. La Chine, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Turquie et d’autres acteurs multiplient leurs investissements et leurs partenariats sur le continent, offrant aux États africains un éventail de choix sans précédent. Dans ce nouvel environnement, l’influence revient souvent à ceux qui acceptent d’investir dans la durée plutôt que dans la seule logique du contrat immédiat.

Dans ces conditions, le risque pour Washington n’est pas un retrait brutal d’Afrique, mais une érosion progressive de son influence au profit de puissances concurrentes engagées dans une stratégie de plus long terme.

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Projet Savoirs éco : Trois ans pour ancrer la culture économique en Tunisie

19. Juni 2026 um 13:48

Le projet Savoirs éco, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, clôture officiellement ses activités lors d’une cérémonie organisée le 19 juin 2026 à Tunis.

Lancé en février 2023 pour une durée de 43 mois et doté d’un budget de 4,5 millions d’euros, le projet a accompagné le développement d’un écosystème plus structuré, plus inclusif et plus performant de production de savoirs économiques en Tunisie afin de contribuer à un débat public davantage fondé sur l’analyse, l’évidence et la recherche.

Cette cérémonie a réuni des représentants des institutions tunisiennes, des partenaires techniques et financiers, des structures productrices de savoirs économiques, du monde académique ainsi que des acteurs de la société civile afin de revenir sur les acquis du projet et de valoriser les dynamiques engagées au cours des trois dernières années.

Les interventions d’ouverture ont été assurées par M. Tom Ashwanden, chef de coopération de l’Union européenne en Tunisie, M. Manuel Bufala, chargé d’affaires a.i. de l’ambassade de France, Mme Arbia Ben Othman, directrice des études doctorales au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ainsi que M. Mohamed El Kadri Heni, directeur général de la coopération avec l’Union européenne au ministère de l’Économie et de la Planification.

Au cours de cette cérémonie, les partenaires ont unanimement souligné le caractère « transformatif » de l’expérience, fruit de trois années de collaboration étroite entre les acteurs institutionnels et académiques. Le projet a permis de consolider des dynamiques de coopération inédites et de renforcer les capacités nationales en matière d’analyse et de production de données économiques.

Au terme du projet, 24 structures productrices de savoirs économiques (SPSE), issues des institutions publiques, des centres de recherche universitaires et des think tanks de la société civile, ont bénéficié d’un accompagnement technique, méthodologique et financier destiné à renforcer leurs capacités de production, de diffusion et de valorisation de la connaissance économique.

La collaboration avec l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) a constitué un pilier central du projet. En trois ans, l’institution a développé trois modèles économétriques, lancé une plateforme intégrée de données et organisé plus d’une dizaine de rencontres-débats dont les résultats ont été systématiquement valorisés sous forme de policy briefs. Ces réalisations ont été reconnues comme une contribution significative à la modernisation des outils d’analyse et de production de la connaissance économique en Tunisie.

Le projet a également accompagné l’Institut national de la statistique (INS) dans le renforcement de ses capacités de communication et de diffusion des résultats du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2024. Un appui technique a été apporté en matière de valorisation des données statistiques et un renforcement de la coopération avec l’Insee a été opéré. Par ailleurs, des efforts conjoints ont été menés pour appuyer la réalisation et la diffusion d’enquêtes économiques, contribuant à améliorer la disponibilité et l’accessibilité de l’information statistique.

À la demande du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le projet a également soutenu l’élaboration du rapport Doing Research Assessment en Tunisie, première initiative de ce type dans la région MENA, ayant permis d’établir un diagnostic approfondi du système national de recherche en sciences sociales et économiques.

Le projet a par ailleurs contribué à structurer un écosystème plus favorable à la circulation des connaissances économiques. À travers la plateforme EcoTous, portée par l’IACE, plus de 100 contenus de vulgarisation économique ont été produits et diffusés, tandis que plusieurs espaces de dialogue ont permis de rapprocher chercheurs, décideurs publics et citoyens autour des grands enjeux économiques dans les régions de la Tunisie, notamment à Sousse, à Médenine, à Béja, au Kef et à Sfax.

Savoirs éco a également soutenu la production et la diffusion de contenus à forte valeur ajoutée. Au total, 68 policy briefs ont été élaborés dans le cadre du projet grâce notamment aux programmes de mentorat de la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi) et à des mécanismes d’appui compétitif destinés aux think tanks. Les travaux produits ont porté sur des thématiques stratégiques telles que la résilience macroéconomique, la gouvernance économique, la justice fiscale, le développement territorial, l’éducation, le climat ou encore le rôle des femmes dans le développement durable.

L’investissement dans le développement des compétences a constitué un axe majeur du projet. Ces actions ont accompagné le développement d’une expertise renforcée en recherche appliquée, production de connaissances et communication des résultats.

Enfin, la collaboration avec le Global Institute For Transitions (GI4T), en tant que think tank privé, a permis de renforcer les passerelles entre recherche appliquée et réflexion stratégique. Cette dynamique a abouti à la publication de l’ouvrage collectif « L’économie tunisienne 2026 : la Tunisie à l’ère des grandes ruptures », qui a proposé une lecture prospective des transformations économiques et des défis structurels du pays.

La cérémonie de clôture a donné la parole aux structures accompagnées et aux partenaires de mise en œuvre autour de trois grands axes : le renforcement de l’écosystème des producteurs de savoir économique, la production d’une connaissance rigoureuse et exploitable, ainsi que la diffusion de la recherche pour accroître son impact sur les politiques publiques.

À travers cette initiative, les partenaires ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une gouvernance publique davantage fondée sur l’évidence, la recherche et le dialogue entre institutions, experts et citoyens au service du développement économique et social de la Tunisie

 

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De l’offrande à la biologie computationnelle: Histoire d’une conscience agricole

19. Juni 2026 um 11:49
De l’offrande à la biologie computationnelle: Histoire d’une conscience agricolePar Par Dhia Bouktila. Professeur à l’Université de Monastir - Pendant des millénaires, les hommes ont offert des sacrifices pour obtenir la pluie. Aujourd'hui, des systèmes numériques analysent des milliards de données biologiques pour anticiper les rendements, détecter les risques sanitaires et guider les décisions agricoles. Entre ces deux réalités se déploie l'une des plus extraordinaires aventures de l'histoire humaine. Car l'agriculture n'est pas seulement une histoire de semences, de sols ou de récoltes. Elle est avant tout une histoire de la conscience humaine. Elle raconte la manière dont les sociétés ont tenté de comprendre le monde vivant, de réduire ...

Hassen Laribi : les Tunisiens à l’étranger réclament des actes, pas de nouvelles promesses !

19. Juni 2026 um 11:00

À l’approche du pic de la saison estivale, les autorités tunisiennes multiplient les annonces destinées à faciliter le retour des Tunisiens résidents à l’étranger (TRE). Mais sur le terrain, ces mesures peinent encore à convaincre. Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, Hassen Laribi, conseiller en arbitrage et médiation internationale et président de la Fédération des travailleurs tunisiens à l’étranger (FTTE), estime que le principal problème réside dans l’absence de suivi, de concertation et de visibilité sur l’application effective des décisions annoncées.

Hassen Laribi souligne que les mesures destinées à soutenir les membres de la diaspora tunisienne devraient être préparées bien avant le début de la saison estivale. « On ne peut pas attendre les derniers moments, lorsque les Tunisiens de l’étranger commencent déjà à rentrer, pour prendre des décisions et espérer qu’elles produisent immédiatement leurs effets », affirme-t-il.

Il rappelle que la FTTE, avait déjà alerté les autorités sur cette question. Il estime d’ailleurs que les décisions relatives aux billets d’avion et aux traversées maritimes répondent en partie aux préoccupations soulevées par l’organisation et rejoignent les orientations exprimées par le président de la République ainsi que les annonces du gouvernement.

Cependant, il souligne un manque de visibilité quant à leur mise en œuvre concrète. « À ce jour, nous n’avons reçu aucun retour tangible. Aucun service social, aucun représentant officiel ne nous a contactés pour nous présenter les mécanismes mis en place ou les résultats obtenus », explique-t-il.

Une demande de transparence sur les bénéficiaires

A cet égard, Hassen Laribi estime que les autorités concernées devraient communiquer de manière transparente sur les bénéficiaires des mesures annoncées. Il appelle notamment les attachés sociaux, les représentations diplomatiques tunisiennes à l’étranger ainsi que le ministère des Affaires sociales à publier des données précises sur le nombre de personnes et de familles ayant réellement bénéficié des dispositifs d’aide. « Il faut pouvoir dire combien de familles ont été accompagnées, combien de Tunisiens à l’étranger ont reçu une aide concrète et dans quelles conditions. Aujourd’hui, ces informations ne sont pas accessibles », déplore-t-il.

Interrogé sur le rôle de la fédération dans le suivi et l’évaluation de ces mesures, Hassen Laribi considère que cette mission ne peut pas reposer uniquement sur les organisations de la société civile. Il estime que les consulats, les ambassades, les attachés sociaux ainsi que les responsables chargés des Tunisiens à l’étranger doivent instaurer un dialogue permanent avec les associations représentatives des communautés tunisiennes vivant en dehors des frontières nationales. « On ne peut pas atteindre efficacement ces communautés sans passer par les structures auxquelles elles font confiance », souligne-t-il.

D’ailleurs, précise-t-il, l’absence de concertation constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à l’efficacité des politiques publiques destinées aux Tunisiens résidant hors du pays.

À ses yeux, la création d’espaces de dialogue réunissant institutions publiques et représentants de la société civile permettrait de transformer les décisions politiques en solutions concrètes adaptées aux réalités vécues par les communautés tunisiennes à l’étranger.

Restaurer la confiance par la crédibilité

Alors, notre interlocuteur affirme que la répétition annuelle des mêmes annonces risque d’éroder progressivement la confiance de la diaspora si les résultats ne sont pas visibles. « La solution est simple : il faut de la crédibilité. Chaque annonce doit être suivie d’une application réelle et vérifiable ».

Il cite en exemple certaines plateformes numériques développées par les institutions tunisiennes, qui sont effectivement utilisées par les voyageurs et dont les bénéfices sont facilement constatables. Les Tunisiens de l’étranger communiquent régulièrement avec la fédération, que ce soit via les réseaux sociaux, les courriels ou les échanges directs. Les retours du terrain permettent donc d’évaluer rapidement l’efficacité des dispositifs mis en place, argumente-t-il. Tout en insistant sur la nécessité d’une gestion fondée sur la sincérité, le professionnalisme et le sens des responsabilités.

« Les Tunisiens de l’étranger constituent un maillon essentiel de l’économie nationale. Ils méritent un traitement fondé sur la confiance et le respect des engagements pris à leur égard », estime-t-il.

Concernant les réformes structurelles nécessaires, Hassen Laribi plaide pour une approche à long terme. La préparation des saisons estivales ne devrait pas commencer quelques semaines avant l’arrivée des voyageurs, mais plusieurs années à l’avance, fait-il remarquer. « Il faut dès maintenant travailler sur les saisons 2027, 2028 et 2029 », dit-il. Cette planification devrait porter notamment sur les capacités de transport maritime et aérien, les périodes de forte affluence ainsi que les difficultés rencontrées par certaines catégories de voyageurs.

Des politiques construites avec la diaspora

Le président de la FTTE pense également que les décisions concernant la diaspora doivent être élaborées avec les principaux intéressés. « On ne peut pas concevoir des mesures destinées aux Tunisiens de l’étranger sans consulter ceux qui vivent réellement dans les pays concernés », souligne-t-il.

D’ailleurs, il n’a pas manqué de rappeler que les réalités diffèrent considérablement d’un pays à l’autre. En effet, les besoins des Tunisiens établis en France ne sont pas forcément les mêmes que ceux vivant en Italie, en Allemagne, dans les pays du Golfe ou en Afrique subsaharienne. Pour cette raison, il appelle à une consultation systématique des représentants associatifs et des compétences tunisiennes établies à l’étranger avant toute prise de décision.

« Le véritable problème reste le manque de communication »

In fine, Hassen Laribi revient sur ce qu’il considère comme la principale faiblesse du dispositif actuel : l’absence de communication régulière entre les institutions tunisiennes et les représentants de la diaspora. Pour lui, les responsables en poste à l’étranger devraient développer davantage leurs relations avec les associations locales afin de mieux comprendre les attentes des communautés tunisiennes.

« Lorsqu’une décision est prise sans concertation avec les acteurs de terrain, elle risque de ne pas répondre aux besoins réels. Les réformes efficaces sont celles qui reposent sur l’écoute, l’étude préalable et la participation des personnes concernées », conclut-il.

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Sfax : inauguration officielle de la station de dessalement d’eau de mer 

19. Juni 2026 um 08:53

Le ministre de l’Agriculture Ezzeddine Ben Cheikh a présidé, jeudi 18 juin 2026, la cérémonie officielle d’inauguration de la station de dessalement d’eau de mer de Sfax.  D’une capacité initiale de production de 100.000 mètres cubes par jour, extensible à 250.000 mètres cubes par jour, cette infrastructure — réalisée dans le cadre d’un partenariat tuniso-japonais...

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La course au contrôle de l’IA est lancée: des risques désormais identifiés

18. Juni 2026 um 19:47

Lors de l’ouverture de la conférence annuelle (2026) de l’Association Tunisienne des Investisseurs en Capital (ATIC), le ministère des TIC, lu par Tarak Triki, DG Smart Capital, a tenu à saluer la constance de l’engagement de l’association. Il a été souligné que l’ATIC s’impose désormais, année après année, comme un acteur structurant et essentiel de l’écosystème financier tunisien.

Le ministère a également mis en avant la pertinence du thème choisi pour cette édition 2026, à savoir l’intelligence artificielle (IA) et l’investissement durable. Selon les propos rapportés, ce choix s’inscrit parfaitement dans un contexte de transformation accélérée où l’IA n’est plus perçue comme une simple promesse théorique, mais comme une réalité professionnelle concrète transformant en profondeur la compétitivité des entreprises et les processus de décision.

Dans cette perspective, il a affirmé que le débat ne portait plus sur la nécessité d’adopter l’IA, celle-ci étant considérée comme acquise, mais plutôt sur la vitesse de son intégration, les modalités de sa gouvernance et les stratégies à déployer. L’allocution a insisté sur la volonté de la Tunisie de ne pas rester spectatrice de cette révolution technologique, mais de s’affirmer comme un acteur engagé, appelé à accélérer ses efforts pour s’aligner sur les mutations mondiales.

Enfin, l’intervention a souligné l’importance de renforcer la coordination entre tous les acteurs concernés et d’intensifier les actions déjà entreprises. Pour conclure, le ministère a annoncé qu’il rencontrerait les membres du bureau de l’ATIC à l’issue des travaux afin de leur transmettre les recommandations et conclusions issues de cette journée de réflexion.

L’intelligence artificielle à l’épreuve de la confiance

Lors de la conférence, la chercheuse et experte en intelligence artificielle Nozha Boujemaa est intervenue autour d’un thème central pour l’avenir des technologies; l’émergence d’une “IA de confiance”.

Dans une allocution dense et structurée, elle a appelé à un changement de paradigme dans la manière d’évaluer et de gouverner les systèmes d’intelligence artificielle, en soulignant le passage d’une logique d’éthique déclarative à une exigence de responsabilité objectivable et mesurable. Selon elle, les approches traditionnelles de l’éthique de l’IA, souvent fondées sur des principes généraux et contextuels, atteignent aujourd’hui leurs limites. L’enjeu n’est plus seulement d’afficher de bonnes intentions, mais de démontrer concrètement la maîtrise des systèmes déployés. La responsabilité est ainsi redéfinie comme une “capacité de rendre compte”, impliquant une compréhension complète des mécanismes internes des modèles et une capacité à en justifier les comportements. Au cœur de son intervention, une distinction structurante.

A dire vrai, la performance ne doit pas être confondue avec la confiance. La performance renvoie à l’efficacité d’un modèle dans des conditions contrôlées: rapidité, précision, taux de réussite. La confiance, elle, désigne la robustesse du système, c’est-à-dire sa capacité à maintenir un niveau de qualité stable dans des environnements variés, changeants et parfois imprévisibles. Un modèle peut ainsi afficher d’excellentes performances en phase de test tout en devenant instable une fois confronté à des usages réels. C’est pourquoi, selon l’experte, la robustesse doit désormais être considérée comme un indicateur quantifiable de la fiabilité.

Quels sont les risques réels? 

L’intervention a également mis en lumière les risques business associés à une IA insuffisamment maîtrisée. Une défaillance non anticipée peut rapidement devenir un risque réputationnel majeur, avec un impact direct sur la confiance des clients et, in fine, sur la viabilité économique des organisations. Dans cette perspective, la régulation n’est plus présentée comme une contrainte administrative, mais comme un levier de sécurisation et de compétitivité.

Elle a notamment alerté sur les effets possibles sur la santé mentale, lorsque les systèmes numériques comblent des “vides informationnels” par des contenus inadaptés ou nocifs. Elle a également rappelé que l’IA joue un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique, posant ainsi des questions directes de souveraineté démocratique. Dans ce cadre, l’humain doit conserver le “dernier mot” dans les décisions critiques.

D’ailleurs, les risques associés aux systèmes d’intelligence artificielle insuffisamment fiables font aujourd’hui l’objet de cadres d’évaluation spécifiques. Parmi les références les plus reconnues figure celui élaboré par le National Institute of Standards and Technology, agence relevant du département du Commerce des États-Unis. Ce référentiel propose une approche structurée de la gestion des risques liés à l’IA en identifiant trois niveaux d’impact potentiels : les atteintes pouvant affecter les personnes, les préjudices susceptibles de toucher les entreprises, ainsi que les conséquences pouvant perturber les écosystèmes économiques, sociaux ou environnementaux. Cette classification illustre l’élargissement des enjeux de l’intelligence artificielle, dont les effets dépassent désormais le cadre strictement technologique pour toucher l’ensemble de la société.

Tester et anticiper les vulnérabilités

Parmi les outils évoqués figure le “red teaming”, une pratique issue de la cybersécurité qui consiste à tester activement les failles, biais et comportements indésirables des modèles avant leur déploiement.

Cette approche vise à anticiper les dérives potentielles des systèmes d’IA générative, plutôt que de les corriger a posteriori, dans un contexte où les risques liés aux biais et aux usages détournés sont de plus en plus documentés.

Enfin, l’experte a présenté l’approche “Value by Design”, qui consiste à intégrer les valeurs éthiques, sociales et économiques dès la phase de conception des algorithmes, sous forme de contraintes structurantes.

En un seul mot d’ordre! Maîtriser le cycle de vie de l’IA. 

 

 

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Violences sexuelles : le nouveau protocole autorise les soins d’urgence sans feu vert de la justice

18. Juni 2026 um 16:36

Le nouveau protocole national de prise en charge des victimes de violences sexuelles sera officiellement soumis au mois de septembre au ministre de la Santé. Celui-ci donnera alors son feu vert pour sa mise en vigueur immédiate sur l’ensemble du territoire tunisien. C’est ce qu’annonce le Professeur Mohamed Allouche, chef du service de médecine légale à l’hôpital Charles-Nicolle. 

Ce document de référence vise avant tout à unifier les procédures médicales et psychologiques. Et ce, afin d’assurer une qualité de soins identique pour chaque citoyenne ou citoyen, quelle que soit sa localisation géographique. L’architecture du protocole repose sur des axes fondamentaux incluant l’accueil avec consentement éclairé. De même que des examens techniques rigoureux pour identifier les traces d’agressions physiques et de violences sexuelles.

Il intègre également la réalisation systématique de prélèvements pour le dépistage de maladies transmissibles et l’analyse de preuves génétiques ou toxicologiques selon les besoins spécifiques de chaque situation. Au-delà de l’aspect purement clinique, une prise en charge psychologique et sociale pluridisciplinaire, impliquant des psychologues, des assistantes sociales et des infirmiers, est prévue pour atténuer les séquelles profondes liées à ces traumatismes.

Élaboré dans le cadre du projet Sila avec le soutien de l’Union européenne et des coopérations belge et espagnole, ce texte définit un parcours clair pour la victime. Car il facilite le contact avec les délégués à la protection de l’enfance et les associations d’aide juridique. Une innovation majeure concerne le traitement des cas urgents. Puisque le protocole permettra désormais une prise en charge directe pour les agressions survenues depuis moins de 48 heures sans exiger une réquisition judiciaire préalable auprès de la police ou du procureur de la République.

Formation de médecins urgentistes dans six gouvernorats

Pour pallier à l’actuelle absence de services de médecine légale dans six gouvernorats du pays, des programmes de formation spécifiques sont destinés aux médecins urgentistes et aux gynécologues-obstétriciens. Et ce, afin qu’ils puissent appliquer ces nouvelles normes de manière autonome. Le Professeur Allouche souligne que l’examen dans les trois premiers jours est déterminant tant pour la collecte des preuves matérielles que pour l’efficacité du soutien psychologique précoce. Enfin, la généralisation de ce cadre structuré permettra de centraliser les données statistiques au niveau national. Ce qui s’avère indispensable pour élaborer des politiques de prévention et de lutte efficaces contre ce fléau social.

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Omar Rekik : l’impôt sur la fortune taxe le patrimoine, pas le revenu

18. Juni 2026 um 15:01

L’impôt sur la fortune en Tunisie, c’est la promesse d’une justice fiscale. Mais sur le terrain, c’est l’épreuve des faits qui risque de parler : peut-être des recettes en berne, des contribuables exaspérés et une équité qu’il faudra construire. Car, la bonne intention ne suffit pas; seule la réalité des résultats nous départage. Voilà l’idée qui transparaît dans les propos de l’expert-comptable Omar Rekik*, lors d’une interview accordée à L’Economiste Maghrébin.

En somme, l’impôt sur la fortune en Tunisie, c’est la promesse d’équité… mais qui se heurtera à l’épreuve des faits. 

 

Dans le contexte tunisien, l’impôt sur la fortune peut-il être une source significative de recettes ? Ou son rendement sera-t-il limité par les difficultés d’identification et d’évaluation du patrimoine ?

Commençons par reconnaître l’intention, car elle est respectable : demander une contribution particulière aux patrimoines les plus élevés répond à un objectif d’équité. La vraie question n’est pas là. Elle est de savoir si cet impôt rapporte vraiment et l’expérience internationale invite à la prudence.

L’OCDE a recensé douze pays qui le prélevaient en 1990; ils n’étaient plus que quatre en 2017. Et son produit reste généralement compris entre 0,1 et 0,4 % du produit intérieur brut. Autrement dit, il pèse très peu dans les recettes d’un État.

Pourquoi si peu ? Parce qu’un impôt sur la fortune ne vaut que par sa capacité à identifier le patrimoine et à lui donner une valeur. Et c’est là que la mécanique se grippe. L’assiette, c’est-à-dire ce qui entre réellement dans le calcul de l’impôt, est facile à établir pour un compte en banque, mais beaucoup moins pour un immeuble qui ne se vend pas tous les jours, un fonds de commerce, une part de société non cotée ou une collection : leur valeur ne se lit pas sur un relevé, elle se déclare, s’expertise et finit souvent par se discuter.

 

« En Tunisie, où une part importante du patrimoine n’est pas encore enregistrée et où l’informalité reste forte, la base que l’on parvient réellement à taxer sera étroite; alors que le coût pour gérer, vérifier et contester, lui, ne le sera pas ».

 

En Tunisie, où une part importante du patrimoine n’est pas encore enregistrée et où l’informalité reste forte, la base que l’on parvient réellement à taxer sera étroite; alors que le coût pour gérer, vérifier et contester, lui, ne le sera pas. À ce coût supporté par l’administration s’ajoute un coût privé, tout aussi réel pour le contribuable : faire évaluer ses biens; réunir et conserver les justificatifs; répondre aux demandes; et, parfois, contester. On voit alors le risque : un impôt coûteux pour l’administration comme pour le contribuable, et dont le rendement net peut rester faible une fois tous ces frais déduits.

Il faut d’ailleurs cesser de le regarder seulement comme une recette : en obligeant chacun à déclarer ce qu’il possède, il produit surtout de l’information sur les patrimoines. Sa principale production serait donc moins de la recette que de la donnée.

 

Quels seraient les effets sur l’investissement privé, la création d’entreprises et l’attractivité de la Tunisie ?

Le vrai sujet n’est pas le taux, qui reste modéré ; c’est le comportement que l’impôt encourage. Un impôt sur la fortune frappe le capital que l’on possède et non le revenu que l’on dépense : il pèse donc sur celui qui investit, immobilise et prend des risques et il épargne celui qui consomme.

Prenons un cas simple. Imaginons un placement qui rapporte 2 % par an et un impôt qui prélève chaque année 1 % de sa valeur : avant même l’impôt sur le revenu, la moitié du rendement est déjà partie. Quand un bien rapporte peu, prélever une fraction de sa valeur revient ainsi à entamer le capital lui-même.

 

« Un impôt sur la fortune frappe le capital que l’on possède et non le revenu que l’on dépense : il pèse donc sur celui qui investit, immobilise et prend des risques, et il épargne celui qui consomme ».

 

Un impôt sur le capital reste supportable tant que le rendement normal de l’actif suffit à l’absorber ; il devient distorsif dès lors que le contribuable doit vendre, désinvestir ou distribuer des dividendes pour le payer. L’investisseur réagit alors de façon prévisible : il préfère des placements liquides, peu visibles, ou logés hors du champ de l’impôt. Autrement dit une épargne défensive qui dort, plutôt que l’entreprise, l’emploi et l’innovation.

Le cas de l’entrepreneur est le plus parlant : sa fortune n’est souvent qu’une valeur sur le papier, celle de son outil de travail, qu’il n’a pas encore transformée en argent. Pour payer l’impôt, il peut être contraint de puiser dans la trésorerie de la société, voire de se verser des dividendes supérieurs aux bénéfices. Un effet que la Norvège a vu se produire concrètement. L’attractivité du pays, enfin, ne se joue pas dans un grand basculement, mais à la marge, décision par décision ; et à fiscalité comparable, le signal que l’on envoie compte souvent autant que le chiffre que l’on inscrit.

 

Plusieurs pays ont abandonné ou réformé cet impôt. Quelles leçons pour la Tunisie, notamment sur la fuite des capitaux ?

L’histoire récente est plutôt un avertissement qu’un encouragement et elle mérite d’être lue calmement. L’Allemagne a renoncé à son impôt sur la fortune après que sa Cour constitutionnelle eut jugé, en 1995, qu’évaluer les biens de manière inégale d’un contribuable à l’autre rompait l’égalité devant l’impôt. La Suède l’a supprimé en 2007 parce qu’il rapportait peu et faisait fuir les contribuables. L’Autriche et le Danemark l’avaient fait avant elle. La France, en 2018, a préféré le recentrer sur le seul immobilier, par souci d’attractivité.

Ces exemples ne disent pas que l’impôt est impossible ; ils rappellent qu’il devient fragile dès que l’évaluation des biens prête à discussion ou que les contribuables peuvent déplacer leur résidence. L’illustration la plus frappante est toute récente : après que la Norvège eut relevé son taux en 2022, plusieurs centaines de contribuables fortunés ont quitté le pays. Soit 261 en 2022 et 254 en 2023 selon le centre de recherche Civita. Le troisième homme le plus riche du pays s’installant en Suisse.

 

Pour la Tunisie, j’en retire une leçon simple : un impôt sur la fortune ne tient que s’il reste modéré, lisible et accompagné d’une coopération réelle entre administrations fiscales. Sans cela, il fait surtout partir la richesse qu’il espérait taxer.

 

L’Espagne illustre l’écueil inverse : la concurrence entre ses régions a vidé l’impôt de sa substance à Madrid. Ce qui a obligé l’État central à créer, en 2022, un impôt de solidarité pour combler le manque. Pour la Tunisie, j’en retire une leçon simple : un impôt sur la fortune ne tient que s’il reste modéré, lisible et accompagné d’une coopération réelle entre administrations fiscales. Sans cela, il fait surtout partir la richesse qu’il espérait taxer.

 

Au-delà du pour et du contre, à quelles conditions un tel impôt serait-il soutenable en Tunisie ? 

Plutôt que de se demander si l’on est pour ou contre, posons les conditions qui rendraient cet impôt soutenable. La première est la clarté juridique. En matière fiscale, ce qui est taxé et ce qui est exonéré doit être décidé par la loi et non par un commentaire administratif ou par une case de formulaire. Or, dès la première année, une note commune et un imprimé déclaratif déplacent en pratique le périmètre voté par le législateur. Cela fragilise l’ensemble et plaide pour que ces choix soient consolidés par un texte de même rang que la loi.

La deuxième condition est la méthode d’évaluation. Tant qu’il n’existe pas de règle de valorisation claire, opposable et discutée de façon contradictoire, l’impôt se transforme en négociation au cas par cas. Et la négociation devient une source d’insécurité pour tout le monde, le contribuable comme l’administration.

La troisième est la mesure. Le seuil et le tarif devraient être calibrés sur la réalité d’une économie dont le revenu par habitant reste quatre à sept fois inférieur à celui des pays qui maintiennent cet impôt, avec un rendez-vous régulier pour réexaminer le dispositif. Le souvenir de 2014, où un impôt foncier fut introduit puis abrogé dans l’année, invite à cette prudence.

J’y ajouterais une exigence de cohérence : on ne peut pas, la même année, exonérer largement les dépôts dans la loi et resserrer cette exonération dans la doctrine. Un impôt sur la fortune réussi est d’abord un impôt que chacun comprend. Faute de quoi il reste, trop souvent, un symbole qui coûte plus qu’il ne rapporte.

 

L’article 88 présente-t-il, au-delà du débat économique, un risque constitutionnel ?

Oui, et il est réel. En matière fiscale, la question n’est pas seulement de savoir si l’impôt est utile ou juste ; il faut aussi savoir qui a le droit d’en tracer les frontières. Sur ce point, notre droit est clair. La Constitution du 25 juillet 2022 réserve à la loi, par son article 75, le soin de fixer l’assiette des impôts, leurs taux et les modalités de leur recouvrement. Et son article 76 confirme la règle en renvoyant tout le reste au pouvoir réglementaire, c’est-à-dire à l’administration.

En clair, décider de ce qui est imposé ou exonéré appartient au législateur. C’est une règle de bon sens démocratique : celui qui paie l’impôt doit pouvoir retrouver ses obligations dans la loi, et non dans une instruction ou une case de formulaire. La difficulté apparaît précisément lorsque la note ou l’imprimé déplace, en pratique, ces frontières. Trois exemples le montrent. Pour l’exonération des participations professionnelles, ils introduisent un seuil de détention de 50 % que l’article 88 ne formule pas. Ils paraissent aussi resserrer, dans le développement administratif, l’exonération large que la loi attache aux fonds déposés. Et ils traitent comme exonérés certains produits financiers, notamment l’assurance-vie et les comptes épargne en actions, alors que la loi ne les nomme pas expressément. Aucun de ces choix n’est neutre, car ils touchent au cœur de ce que seul le législateur peut décider.

Et l’enjeu dépasse même notre seul droit interne. Parce qu’il atteint ce que les personnes possèdent, l’impôt sur la fortune met en jeu des droits fondamentaux que la Tunisie s’est engagée à respecter : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qu’elle a ratifié, garantit l’égalité devant la loi et la non-discrimination, ainsi que le droit à un examen équitable des différends. Un impôt dont le montant dépend fortement de valeurs estimées au cas par cas, ou dont les frontières pratiques se déduisent d’une note plutôt que de la loi, doit donc être conçu avec une vigilance particulière au regard de l’égalité de traitement et des garanties procédurales.

 

« … l’impôt sur la fortune met en jeu des droits fondamentaux que la Tunisie s’est engagée à respecter : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qu’elle a ratifié, garantit l’égalité devant la loi et la non-discrimination, ainsi que le droit à un examen équitable des différends ».

 

La jurisprudence comparée n’oblige pas la Tunisie, mais elle balise le terrain avec précision. Saisie de l’impôt français sur la fortune lui-même, la Cour européenne des droits de l’homme l’a jugé compatible avec le droit de propriété, au prix d’une réserve nette : un tel impôt n’est admis que s’il demeure proportionné et ne tourne pas à la confiscation. La même idée d’égalité devant l’impôt avait conduit, en 1995, la Cour constitutionnelle allemande à invalider un impôt sur la fortune assis sur des valeurs estimées de manière inégale d’un contribuable à l’autre. La convergence est nette : la solidité d’un impôt sur le capital se mesure autant à sa base légale et à son égalité qu’à son taux.

Le devoir de payer l’impôt, que rappelle l’article 15 de la Constitution, trouve sa contrepartie dans la légalité fiscale : les règles du jeu doivent être posées par la loi et votées par la représentation nationale. Tant que ce n’est pas le cas, le dispositif reste exposé à une critique sérieuse, sur le terrain de la légalité, de la constitutionnalité comme des droits fondamentaux du contribuable. La question, au fond, n’est pas seulement fiscale, elle est démocratique : qui décide de ce que l’on taxe, le Parlement ou l’administration ? La réponse devrait aller de soi : faire dire par la loi ce que la note a voulu dire.

Propos recueillis par Talel BAHOURY

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*Rekik InTax Advisory · Tax Advisory | Transfer Pricing | Compliance &Reporting
Omar REKIK, ADIT · Expert-comptable membre de l’OECT · LL.M. Droit fiscal et contentieux administratif
Tél : +216 29 669 366 · o.rekik@rekikintaxadvisory.com

Document préparatoire à des fins d’entretien et d’analyse. Les positions exprimées engagent leur auteur et ne constituent ni un avis juridique ou fiscal individualisé ni une consultation. Les références internationales sont auditables et présentées selon la norme ISO 690. © Rekik InTax Advisory 2026.

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Ramadanes Paroles d’experts: réfléchir sur la sincérité de la marque alors que l’IA devient incontournable

18. Juni 2026 um 14:36

«Ramadan 2026 était différent. Il l’était par ses campagnes, ses messages, sa proximité, sa charge émotionnelle. Il l’était aussi par son retour à l’essentiel alors que chacun devait se démarquer», attestait Fatma Abbès, responsable marketing IAT. Elle faisait partie des experts qui s’étaient attardés sur les stratégies, performances et le décryptage des campagnes du ramadan 2026 à l’occasion d’un panel modéré par Sana Mouldi, consultante et enseignante marketing, à la faveur de la 2e édition des ‘Ramadanes’Comm’, le 2 avril 2026.

C’était le consommateur et les chiffres qui décidaient

Selon Fatma Abbès, la nouveauté résidait dans le fait que l’IA était désormais dans la prod et le contenu et que ‘demander à GPT’ était aussi de la proximité. Et c’est pour cela que les campagnes pub avaient été très créatives, surtout les campagnes sur insight produit.
Mohamed-Salah Ben Slamia, CEO de Muse Agency, explorait les apports de la contradiction: «On pouvait marquer les esprits aussi bien avec un bon spot qu’avec un spot qui avait mal tourné! C’était le consommateur et les chiffres qui en décidaient. Et les estimations prouvaient que le Tunisien n’était pas le même selon sa situation en Tunisie. Et donc, réaliser un spot était génial mais il fallait constamment prendre en compte la personne à laquelle vous vous adressiez».

Ce qui faisait dire à Sawssen Toumi, responsable marketing Lloyd Assurances, que les campagnes étaient assez engageantes mais qu’il fallait prendre le temps de les décortiquer, réfléchir sur le fait de communiquer: «D’une année à l’autre, il fallait innover, être créatif, déployer de la réflexion et de l’audace en même temps. Réfléchir à l’après-ramadan».

Mohamed-Salah Ben Slamia rétorquait que la différentiation et l’audace devaient être accompagnées d’un retour vers l’essentiel: «Pourquoi, pour qui, faisait-on de la pub? Qu’est-ce que le consommateur avait envie d’apprendre? Nous devions comprendre ses besoins et proposer quelque chose qui lui ressemblait, où il ressentait de l’émotion. Il devait sentir que la marque était sincère. Et les nouvelles générations avaient besoin d’un autre message».

Plus on utilisait l’IA, plus on avait de l’expertise

Sendy Zardy, CEO de ComGuru, revenait sur l’outil devenu de plus en plus omniprésent dans la com et la pub: «L’évolution ne s’était jamais arrêtée et l’IA s’était imposée dans la production de contenu, à tel point que le consommateur ne pouvait plus faire la différence. Tout le monde devait s’adapter à l’IA comme outil et partenaire».

Fatma Abbès ajoutait un autre facteur: «L’efficacité d’un spot ne résidait pas seulement dans la visibilité, mais dans la création de résonance et la provocation de l’émotion. Nous avions fait l’exercice avec l’IA mais j’avais senti que la différence était dans les détails lors de ce ramadan, car l’IA seule tendait à donner des spots standard».

Sendy Zardy citait l’exemple de la campagne ‘Malla Makrouna’ qui était la troisième à être réalisée avec l’IA: «J’avais constaté l’évolution d’une année à l’autre. Le tout était de toucher un nouveau public, rajeunir la marque avec des outils tendance. Il était clair que plus on utilisait l’IA, plus on avait de l’expertise, plus on comprenait, plus on contrôlait».

Sawssen Toumi parlait également d’évolution: «Le choix des textes était risqué. Question de dosage. On pouvait faire de l’humour mais on ne devait pas toucher à la marque. On constatait que la notoriété de l’image s’améliorait d’année en année mais il y avait une part du spot que nous devions réaliser avec l’IA».

Mohamed-Salah Ben Slamia soulignait cependant que l’utilisation de l’IA s’imposait dès que le budget/timing était limité: «L’IA était un outil qui permettait indéniablement de gagner du temps mais, pour moi, l’humain restait au centre des choses; surtout de la perspective régionale».

Pour Sendy Zardy, il ne faisait aucun doute que l’IA s’installait durablement et qu’elle allait faire plus de bien que de mal. Et pour Fatma Abbès, la tendance IA était là et il fallait doser, choisir et savoir exploiter son potentiel.

 

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Ramadanes parcours inspirants: hommage aux 7 mousquetaires de l’écosystème marques/agences/médias

18. Juni 2026 um 14:29

«C’était un moment symbolique au cours duquel nous avons honoré des parcours inspirants par leur conviction et la qualité de leur travail; des personnalités qui ont brillé au sein de la communauté. Nous avons célébré leurs trajectoires et leur avons exprimé toute notre gratitude pour leur contribution marquante à l’évolution de notre secteur», avait déclaré Lamia Tritar, CEO d’Iceberg Agency, présidente de l’ATPMC et organisatrice de la 2e édition des «Ramadanes’Comm», tenue le 2 avril 2026. L’événement avait été l’occasion de rendre hommage à sept personnalités de l’écosystème marques-agences-médias en Tunisie.

Sept parcours, sept sources d’inspiration

La remise des distinctions avait été ponctuée des témoignages des personnalités honorées.

Salah Attia, professeur de toute une génération et passeur de savoir, était revenu sur son parcours: «J’ai commencé à 21 ans dans la formation professionnelle, puis j’ai lancé des marques, organisé des milliers de séminaires et accompagné de nombreuses entreprises dans tous les secteurs. Parmi toutes ces réalisations, la transmission du savoir est ce à quoi j’ai le plus tenu».

Fondateur d’Emrhod, membre de l’INS et président de chambre nationale, Nabil Belaam avait, pour sa part, évoqué «un parcours de plusieurs décennies de travail entamé en 1986», consacré à mieux connaître les Tunisiens à travers les études et les enquêtes, tout en observant l’évolution d’un pays qu’il juge de plus en plus passionnant.

Mawaheb Ben Amor, directrice marketing forte de 26 ans d’expérience, avait rappelé sa passion constante pour le marketing, la communication et la créativité, soulignant avoir toujours considéré que ce métier allait au-delà des marques et devait avant tout donner du sens aux actions entreprises.

Hosni Krid-Gargouri, enseignante et experte en marketing et communication, avait estimé qu’un parcours inspirant se construit souvent à travers les difficultés. Forte de 25 années d’expérience, elle avait insisté sur l’importance de s’entourer des bonnes personnes, qu’elle considère comme la plus grande richesse.

Expert en marketing et communication, Mohamed-Salah Ben Slamia avait rappelé que «le travail finit toujours par payer». Passionné de publicité depuis son plus jeune âge, il avait évoqué la création de son agence Muse à Sousse en 2009, malgré les préjugés selon lesquels il fallait être installé à Tunis pour réussir dans le secteur.

Pionnier de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et de la communication interne, Tarek Chabir était revenu sur ses débuts dans ce domaine dès 2006 au sein d’une entreprise de 200 collaborateurs, à une époque où ce type de fonction était encore peu développé en Tunisie. Il avait profité de l’occasion pour appeler à une meilleure reconnaissance de ce métier.

Enfin, Sahar Mechri, directrice exécutive de Managers, créatrice du premier réseau d’affaires féminin et enseignante, avait tenu à souligner que son parcours était avant tout le fruit d’un travail collectif, mené avec son équipe et de nombreux partenaires ayant contribué à concrétiser cette vision.

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Le Maroc mise sur l’IA pour transformer ses hôpitaux avec une nouvelle alliance santé-technologie

18. Juni 2026 um 12:18

La Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS) et ABA LIFE, pôle santé d’ABA Technology, ont annoncé la création d’une joint-venture dédiée au développement d’infrastructures de santé basées sur l’intelligence artificielle et les technologies numériques. L’objectif est de soutenir la modernisation du système de santé marocain en intégrant des solutions numériques dans la recherche, le diagnostic et l’organisation des soins.

Selon les informations issues des communiqués des deux acteurs, cette nouvelle structure ambitionne de déployer ses premières solutions de santé intelligente dès octobre 2026 au Maroc, avant une extension progressive vers d’autres pays africains. Le projet vise à connecter la recherche médicale, la pratique clinique et l’innovation technologique dans un même écosystème. Dans les faits, la plateforme entend intervenir sur l’ensemble de la chaîne sanitaire. Elle couvre la recherche en intelligence artificielle appliquée à la médecine, le développement de la télémédecine, la biosurveillance, la gestion des urgences ainsi que l’appui aux startups spécialisées dans la santé numérique. L’enjeu est d’améliorer la performance des services de soins tout en renforçant leur capacité d’anticipation face aux crises sanitaires.

Le projet repose sur une logique de transformation en profondeur des pratiques médicales. Une partie importante concerne la formation des professionnels de santé aux outils d’intelligence artificielle, avec un objectif annoncé de plus de 100 000 praticiens formés. La télémédecine est également appelée à jouer un rôle central dans la réduction des délais d’accès aux soins et l’extension de la couverture médicale. Au-delà des hôpitaux, la joint-venture ambitionne aussi de structurer un écosystème industriel autour des technologies de santé. Le développement de solutions locales, la création de brevets et l’accompagnement de startups HealthTech, MedTech et Biotech sont présentés comme des leviers pour renforcer l’innovation et réduire la dépendance technologique.

 

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La Coupe du monde ou le désir de reconnaissance

18. Juni 2026 um 11:49

Par Amin Ben Khaled Quand les nations périphériques jouent plus qu’un trophée Tous les quatre ans – désormais sur une scène élargie à quarante-huit nations –, le football accomplit ce que les institutions internationales peinent à réaliser : il suspend, pour quelques semaines, la hiérarchie ordinaire du monde. Des États dont le nom n’apparaît ni...

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Incident du Barrage de Mellègue : aucune victime ni dégât

18. Juni 2026 um 11:39

Dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, Tarek Makhzoumi, membre du bureau exécutif de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), chargé des ressources naturelles et des études stratégiques, est revenu sur l’incident survenu récemment au barrage de Mellègue.

Il estime que la situation est désormais totalement maîtrisée et ne présente aucune conséquence ni humaine ni matérielle. « Ce qui s’est produit concerne l’ouverture de la vanne supérieure du barrage, ce qui a provoqué un écoulement important des eaux. Mais la situation a rapidement été contrôlée », a-t-il expliqué, soulignant qu’il s’agit d’un incident « sans dégâts ».

Le responsable a précisé que le débit d’eau a été stabilisé après l’intervention des équipes techniques, permettant d’éviter toute perte significative ou dommage sur les zones environnantes. « L’eau continue de s’écouler normalement dans l’oued et rien n’a été perdu », a-t-il ajouté.

Situation sous contrôle et absence de dégâts

Tarek Makhzoumi a insisté sur le fait qu’aucune victime ni aucun dégât matériel n’a été enregistré. « Heureusement, il n’y a eu ni pertes humaines ni dégâts matériels », a-t-il affirmé, évoquant une situation rapidement prise en charge.

Il a également indiqué que les opérations de maintenance et de réparation seront engagées afin de remettre en état la vanne concernée et rétablir son fonctionnement normal.

Impact limité sur la campagne agricole

Abordant la situation agricole, le responsable de l’UTAP a précisé que la saison en cours reste globalement satisfaisante, malgré quelques difficultés en début de campagne liées notamment à un déficit en intrants et à certaines maladies ayant touché les cultures.

Concernant les dernières précipitations, il a indiqué qu’elles ont eu un impact globalement positif sur les rendements, notamment pour les céréales, en particulier le blé dur et le blé tendre.

« Les pluies récentes ont été bénéfiques et n’ont pas causé de dégâts significatifs, notamment dans les zones de Nabeul et du nord-ouest », a-t-il précisé. Tout en ajoutant que les estimations de production restent en cours d’évaluation au niveau des structures régionales.

Une campagne jugée globalement satisfaisante

Malgré certaines contraintes, notamment au début de la saison, Tarek Makhzoumi a estimé que la campagne agricole demeure globalement encourageante. Les services spécialisés poursuivent actuellement la collecte des données pour affiner les prévisions de récolte à l’échelle nationale.

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Sephora investit-elle vraiment dans l’ESG ou seulement dans son image?

18. Juni 2026 um 11:20

“Ce que l’on ne mesure pas, on ne peut pas l’améliorer”,  disait Peter Drucker, professeur, consultant américain en management d’entreprise, auteur et théoricien.

Dans l’industrie de la beauté, cette phrase résonne de plus en plus comme une règle de survie. Les marques ne vendent plus seulement des produits, elles vendent aussi des engagements. Et derrière les promesses écologiques et responsables, une question revient toujours: combien cela coûte réellement, et est-ce que les entreprises jouent  vraiment le jeu de la transparence?

Sephora, acteur majeur mondial de la distribution de produits cosmétiques et filiale du groupe LVMH, illustre parfaitement cette tension entre communication ESG et réalité des chiffres.

L’un des axes les plus visibles concerne la consommation énergétique. Selon Sephora Newsroom, “Sephora stands with the planet”,  ses opérations aux États-Unis fonctionnent avec 100% d’électricité renouvelable, incluant les magasins, les entrepôts et les bureaux.

Cette transition repose sur des achats d’énergie verte, des contrats d’approvisionnement à long terme et des investissements dans l’efficacité énergétique, notamment l’éclairage LED et la modernisation des systèmes de climatisation et de chauffage.

Même si aucun montant précis n’est rendu public, ce type de transformation implique généralement des investissements lourds, surtout dans un réseau physique de grande taille comme celui de Sephora.

Le recyclage comme vitrine concrète de l’engagement

Autre chantier important, la gestion des déchets liés aux emballages cosmétiques. Avec son programme Beauty (Re)Purposed lancé en Amérique du Nord, Sephora s’attaque à un problème structurel de l’industrie beauté, celui des packagings difficiles à recycler. Le dispositif permet aux clients de déposer leurs emballages vides en magasin. Ces déchets sont ensuite collectés et transformés via des partenariats spécialisés. Selon les données communiquées par la marque et ses partenaires, plus de 100 000 pounds de déchets d’emballages ont été collectés, soit environ 45 tonnes. Ce programme n’est pas seulement symbolique. Il implique des coûts logistiques, la mise en place de points de collecte dans des centaines de magasins et la gestion de la chaîne de traitement des déchets. Mais là encore, aucun budget global n’est communiqué.

Pourquoi Sephora investit vraiment dans l’ESG               

Derrière les engagements environnementaux, la logique est avant tout business.

Première pression, celle des régulateurs. Les règles sur les plastiques, la traçabilité des ingrédients et la responsabilité des entreprises se durcissent dans plusieurs marchés. Les enseignes doivent anticiper plutôt que subir. Deuxième facteur, le risque réputationnel. Dans un secteur exposé comme la beauté, la moindre accusation de greenwashing peut avoir un impact direct sur la confiance des consommateurs. Troisième élément, plus stratégique encore, la transformation du modèle économique. L’ESG devient un outil de différenciation commerciale. Les labels, les programmes de recyclage et les engagements environnementaux influencent désormais les décisions d’achat en magasin.

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Exportateurs: de nouvelles solutions de financement proposées pour le marché africain… Détails

18. Juni 2026 um 09:52

La Tunisie s’apprête à lancer les procédures de réalisation d’un centre commercial africain multisectoriel qui accueillera notamment une représentation de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), un projet destiné à faciliter l’accès des entreprises tunisiennes aux marchés africains et à renforcer les mécanismes de financement du commerce.

Cette annonce a été au cœur d’une réunion tenue le 17 juin entre le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, et une délégation d’Afreximbank. Les discussions ont porté sur les préparatifs de ce projet, considéré comme l’un des leviers de la stratégie tunisienne de renforcement de sa présence économique sur le continent.

Selon le ministère, le futur centre devra servir de plateforme dédiée aux échanges commerciaux, aux services et à l’accompagnement des entreprises opérant en Afrique. Il permettra également de rapprocher les acteurs économiques tunisiens des solutions de financement, des garanties et des mécanismes d’appui proposés par Afreximbank. Lors de la rencontre, le ministre a souligné le rôle de la banque dans le financement des projets économiques, notamment ceux des petites et moyennes entreprises, ainsi que dans le développement du commerce intra-africain. Il a également rappelé l’engagement de la Tunisie dans les initiatives africaines d’intégration économique, notamment la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Le responsable a mis en avant plusieurs projets structurants portés par la Tunisie dans cette dynamique, dont le corridor commercial continental africain. Dans ce cadre, la zone franche logistique et commerciale de Ben Guerdane ainsi que le poste frontalier de Ras Jedir sont appelés à jouer un rôle de porte d’entrée vers la Libye et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.

Les échanges ont également porté sur le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), destiné à faciliter les transactions commerciales en monnaies locales entre pays africains. La Tunisie avait été le premier pays d’Afrique du Nord à rejoindre ce dispositif en février 2024. De son côté, la délégation d’Afreximbank a réaffirmé sa volonté d’élargir sa coopération avec la Tunisie dans les secteurs public et privé. La banque a notamment exprimé sa disponibilité à accompagner les entreprises tunisiennes exportatrices dans leur développement sur le continent et à soutenir leur accès à de nouveaux marchés africains. Créée pour promouvoir le commerce et l’investissement en Afrique, Afreximbank compte aujourd’hui 52 États membres. L’institution figure parmi les principaux bailleurs de fonds du continent et intervient notamment dans le financement du commerce, le développement des exportations, l’industrialisation et les projets favorisant l’intégration économique africaine.

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Décryptage – Économistes au bord de la crise de nerfs : le jour où les grands prêtres de la monnaie ont perdu leurs certitudes

18. Juni 2026 um 06:00

Quand les oracles se taisent

En général, les banques centrales inspiraient une forme de respect mêlé de fascination. Elles parlaient peu, mais leurs paroles faisaient trembler les marchés. Elles n’étaient pas élues, mais elles influençaient le destin de millions de citoyens. Elles n’étaient pas des gouvernements, mais elles détenaient un pouvoir immense : celui d’agir sur le prix de l’argent, sur le crédit, sur l’investissement, sur l’emploi et, finalement, sur le rythme même de la vie économique.

Pendant des décennies, elles ont cultivé cette image de gardiennes omniscientes de la stabilité. Une hausse des taux d’intérêt pour refroidir l’économie. Une baisse des taux pour relancer la machine. Quelques ajustements techniques, quelques opérations sur les marchés monétaires, et l’équilibre semblait préservé.

Aujourd’hui, pourtant, quelque chose s’est brisé. Derrière les discours prudents des gouverneurs de banques centrales, derrière les formulations diplomatiques des communiqués officiels, un aveu de faiblesse apparaît. Les certitudes d’hier vacillent. Les recettes qui semblaient infaillibles fonctionnent de moins en moins. Les modèles prédictifs se trompent davantage. Les crises surgissent là où personne ne les attendait.

Les économistes eux-mêmes semblent parfois désorientés face à un monde qui refuse obstinément de se comporter comme leurs équations l’avaient prévu. Le constat est d’autant plus saisissant qu’il intervient après près d’un demi-siècle de domination intellectuelle quasi absolue de la pensée monétaire orthodoxe. L’heure est peut-être venue de reconnaître que les grands prêtres de la monnaie ne maîtrisent plus totalement les forces qu’ils prétendaient gouverner.

L’obsession des 2 % : un dogme devenu religion

L’histoire économique récente est celle d’une obsession. Une obsession née dans les années 1980 après les flambées inflationnistes des décennies précédentes. Cette obsession avait un chiffre : 2 %. Elle avait un parrain, Jean Claude Trichet, Gouverneur de la Banque de France et par la suite grand Manitou de la Banque Centrale Européenne. En Tunisie, cette même obsession avait aussi un chiffre : 2.9 %, arrondi à 3% depuis 2012.

Peu à peu, ce seuil est devenu bien davantage qu’un simple objectif technique. Il s’est transformé en véritable doctrine. Dans les salles de marché de New York, dans les bureaux de la Banque centrale européenne, dans les institutions financières internationales ou dans les universités les plus prestigieuses, une conviction s’est imposée partout, y compris en Tunisie, à la BCT : maîtriser l’inflation constituait la mission suprême de la politique économique.

Tout le reste devenait secondaire. L’emploi pouvait attendre. Les salaires pouvaient stagner. Les inégalités pouvaient se creuser. L’essentiel consistait à protéger la stabilité des prix. Cette vision trouvait sa légitimité dans les travaux de l’économiste monétariste Milton Friedman, dont l’influence intellectuelle a profondément marqué les politiques économiques occidentales, et par ricochet, les politiques économiques des pays en transition/émergents. La lutte contre l’inflation devint alors une croisade mondiale. Les banques centrales gagnèrent leur indépendance vis-à-vis des gouvernements afin de mener cette mission sans subir les pressions politiques. Sur le papier, l’idée semblait séduisante. Confier la monnaie à des techniciens afin de la soustraire aux tentations électoralistes. Mais à force de regarder exclusivement le thermomètre de l’inflation, beaucoup ont oublié d’observer l’état général du patient.

Le triomphe qui ressemblait à une défaite

Ironie de l’histoire, les banques centrales ont finalement obtenu ce qu’elles cherchaient. L’inflation a effectivement disparu pendant de longues années dans la plupart des économies développées. Les prix semblaient sous contrôle. Les statistiques étaient rassurantes. Les modèles économiques paraissaient validés. Pourtant, derrière cette apparente victoire, d’autres déséquilibres se développaient silencieusement.

Les ménages s’endettaient davantage. Les entreprises empruntaient massivement. Les marchés financiers gonflaient sous l’effet d’une liquidité abondante. Les prix des actifs immobiliers et financiers s’envolaient. La richesse se concentrait. La spéculation prospérait.

Comme souvent dans l’histoire économique, l’excès de confiance a fini par masquer les fragilités profondes. La crise financière mondiale de 2008 est venue brutalement rappeler que la stabilité des prix n’était pas synonyme de stabilité économique. Les banques centrales avaient gagné leur guerre contre l’inflation mais perdu de vue les risques systémiques qui s’accumulaient sous leurs yeux. Elles avaient regardé le ciel pendant que la terre se fissurait sous leurs pieds.

Le monde réel se rebelle contre les modèles

Depuis la crise de 2008, les mauvaises surprises s’accumulent. Pandémie mondiale. Ruptures des chaînes logistiques. Crises énergétiques. Conflits géopolitiques. Guerres commerciales. Montée des tensions protectionnistes. Dérèglements climatiques. Chaque choc semble défier les certitudes héritées de l’ancienne mondialisation. Le problème fondamental est peut-être là.

Les modèles dominants ont été construits pour décrire un monde relativement stable, prévisible et rationnel. Or nous vivons désormais dans un univers caractérisé par l’incertitude permanente. Les comportements humains restent imprévisibles. Les marchés réagissent souvent à l’émotion davantage qu’à la raison. Les investisseurs alternent euphorie et panique. Les anticipations changent brutalement. L’économie réelle refuse obstinément de se conformer aux schémas théoriques. Et plus les économistes tentent d’affiner leurs modèles, plus la réalité semble leur échapper. Comme si la complexité du monde contemporain progressait plus vite que les outils censés l’expliquer.

Hyman Minsky ou le retour du prophète oublié

Dans ce grand désarroi intellectuel, une voix venue du passé refait surface. Celle de l’économiste Hyman Minsky. Longtemps ignoré par les cercles dominants, Minsky avait développé une idée simple mais révolutionnaire : le capitalisme est intrinsèquement instable. Selon lui, les crises ne sont pas des accidents exceptionnels. Elles sont le produit naturel du fonctionnement du système. Lorsque tout va bien, les acteurs prennent davantage de risques. Lorsque les profits augmentent, les dettes progressent. Lorsque les marchés montent, l’optimisme devient excessif.

Puis vient inévitablement le moment où l’édifice vacille. Cette intuition paraît aujourd’hui presque prophétique. Car le monde contemporain ressemble étrangement à la description qu’il avait faite il y a plusieurs décennies. L’endettement mondial atteint des niveaux records. Les marchés financiers demeurent hypersensibles. Les États accumulent des déficits gigantesques. Les bulles spéculatives continuent d’apparaître sous différentes formes. Minsky avait compris ce que beaucoup refusaient d’admettre : l’économie n’est pas naturellement stable. Elle oscille en permanence entre euphorie et fragilité.

La Tunisie dans un monde sans boussole

Pour la Tunisie, ce bouleversement intellectuel mondial revêt une importance particulière. Notre pays évolue dans un environnement déjà marqué par de nombreuses fragilités structurelles. Croissance insuffisante. Faiblesse de l’investissement. Endettement élevé. Pressions inflationnistes persistantes. Déficits extérieurs récurrents. Chômage des jeunes diplômés. Érosion du pouvoir d’achat.

Dans ce contexte, l’affaiblissement des repères traditionnels de la politique économique internationale crée une difficulté supplémentaire. Pendant longtemps, les recommandations étaient relativement claires : maîtriser les déficits, contenir l’inflation, stabiliser la monnaie. Ces objectifs demeurent importants. Mais ils ne suffisent plus.

La Tunisie découvre progressivement ce que de nombreux pays ont compris avant elle : aucune politique monétaire, aussi rigoureuse soit-elle, ne peut à elle seule produire la croissance, l’emploi et la prospérité. Le taux directeur de la Banque centrale de Tunisie peut influencer le coût du crédit. Il ne peut pas moderniser une administration. Il ne peut pas améliorer la qualité de l’enseignement. Il ne peut pas rénover les infrastructures. Il ne peut pas restaurer la confiance des investisseurs. Il ne peut pas transformer la structure productive du pays. La politique monétaire est un outil. Elle n’est pas une stratégie de développement.

Le retour des grands débats économiques

Cette remise en question réactive des débats que l’on croyait clos. Les idées de John Maynard Keynes retrouvent une étonnante actualité. L’État doit-il jouer un rôle plus actif dans l’économie ? Les investissements publics peuvent-ils stimuler durablement la croissance ? Faut-il privilégier la lutte contre l’inflation ou le soutien à l’emploi ? Comment concilier discipline budgétaire et cohésion sociale ? Ces interrogations traversent aujourd’hui les grandes économies comme les pays émergents.

Elles concernent directement la Tunisie. Car derrière les indicateurs macroéconomiques se trouvent des réalités humaines. Des familles confrontées à la hausse du coût de la vie. Des entrepreneurs qui hésitent à investir. Des jeunes diplômés qui cherchent leur place dans l’économie. Des retraités dont le pouvoir d’achat s’érode. Des régions entières qui attendent encore les fruits du développement. L’économie n’est jamais uniquement une affaire de chiffres. Elle est d’abord une affaire de vies humaines.

L’humilité comme nouvelle richesse

Le physicien Max Planck affirmait que la science progresse « un enterrement à la fois ». La formule peut paraître brutale. Elle décrit pourtant un phénomène universel : les paradigmes intellectuels résistent toujours aux faits qui les contredisent. Nous assistons peut-être aujourd’hui à l’une de ces grandes transitions. Non pas à la disparition de l’économie comme science, mais à la fin d’une certaine arrogance intellectuelle. Les banques centrales, – compris la BCT – découvrent que la maîtrise de l’inflation ne résout pas tous les problèmes. Les économistes redécouvrent que l’incertitude fait partie intégrante de la réalité.

Les gouvernements – y compris le nôtre -comprennent que les marchés ne s’autorégulent pas toujours. Et les citoyens réalisent que les équations les plus sophistiquées ne remplacent jamais le bon sens. Dans un monde devenu plus complexe, plus instable et plus fragmenté, la véritable compétence n’est peut-être plus de prétendre tout savoir. Elle consiste à accepter que certaines certitudes doivent être abandonnées.

Car les grandes crises économiques ne sont pas seulement des crises de croissance, de dette ou d’inflation. Elles sont aussi des crises de pensée.

Et c’est précisément ce que nous vivons aujourd’hui : le moment rare où une génération d’économistes découvre que les cartes avec lesquelles elle a appris à naviguer ne correspondent plus au territoire. Pour la Tunisie comme pour le reste du monde, le défi n’est donc plus simplement de trouver les bonnes réponses. Il est d’abord d’avoir le courage de poser de nouvelles questions.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Céréales : la Tunisie couvre 65% de ses besoins, mais reste dépendante des importations

17. Juni 2026 um 15:27

La récolte céréalière de la saison 2025-2026 devrait permettre de couvrir près de 65% des besoins nationaux en céréales. Une performance qui marque une amélioration notable après plusieurs années difficiles, mais qui rappelle aussi l’ampleur du défi alimentaire auquel la Tunisie reste confrontée. Le pays demeure en effet fortement dépendant des marchés internationaux pour assurer...

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La Tunisie sur le point de lancer un centre commercial africain stratégique

17. Juni 2026 um 15:22

Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a reçu ce mercredi une délégation de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), dans le cadre des préparatifs du lancement officiel des procédures de réalisation d’un centre commercial africain multidisciplinaire à Tunis, qui comprendra également une représentation de la banque.

Selon le ministère, ce projet vise à renforcer l’accès des produits et services tunisiens aux marchés africains, tout en offrant un appui financier et technique aux entreprises tunisiennes, notamment celles actives dans l’exportation et l’importation au sein de l’espace africain.

Lors de cette rencontre, le ministre a salué la qualité du partenariat entre la Tunisie et Afreximbank, en particulier dans le soutien à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et au développement du système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), auquel la Tunisie a été le premier pays d’Afrique du Nord à adhérer en février 2024.

Il a également mis en avant le rôle de la banque dans le financement des projets économiques, notamment des petites et moyennes entreprises, ainsi que dans la promotion du commerce intra-africain. Il a rappelé que la Tunisie soutient les secteurs prioritaires et dispose d’entreprises publiques capables de renforcer leur présence sur le continent grâce à la qualité de leurs services et à leur crédibilité à l’international.

Le ministre a aussi évoqué plusieurs initiatives stratégiques liées à l’intégration économique africaine, notamment le corridor commercial continental africain terrestre, dont la zone franche des activités logistiques et commerciales de Ben Guerdane et le poste frontalier de Ras Jedir constitueront des points de départ vers la Libye et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne enclavés.

De son côté, la délégation d’Afreximbank a exprimé sa satisfaction quant au soutien apporté par les autorités tunisiennes pour le lancement de ce projet. Elle a également fait part de sa volonté d’élargir davantage la coopération avec la Tunisie, dans les secteurs public et privé, et a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les entreprises tunisiennes dans leur développement en Afrique à travers divers mécanismes de financement, facilités et garanties.

Afreximbank est une institution financière multilatérale regroupant 52 États membres. Elle figure parmi les principaux bailleurs de fonds des gouvernements africains et des entreprises privées du continent, avec pour missions principales le financement du commerce, le développement des exportations, ainsi que le soutien à l’industrialisation et au développement économique en Afrique.

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Accord États-Unis–Iran : le pétrole chute sous 80 dollars

17. Juni 2026 um 14:06

La détente entre Washington et Téhéran provoque déjà une onde de choc – positive – sur les marchés mondiaux. Alors que l’Iran affirme que le blocus de ses ports a été levé avant même la signature officielle de l’accord de paix avec les États-Unis, les cours du pétrole ont chuté sous les 80 dollars le baril pour la première fois depuis février.

Un vice-ministre iranien des Affaires étrangères a assuré que le blocus des ports iraniens, mis en place par les forces américaines pendant environ deux mois avant la signature officielle du « mémorandum d’entente » entre Washington et Téhéran, a déjà été levé. « Le blocus a été levé avant la signature officielle », a déclaré Majid Takht-Ravanchi, cité par le site web du gouvernement iranien, rappelant que c’était l’une des conditions préalables posées par l’Iran pour donner son accord.

L’accord de paix conclu entre les États-Unis et l’Iran commence déjà à produire ses effets avant même sa signature officielle prévue vendredi en Suisse.

Sur les marchés, les investisseurs saluent cette détente géopolitique : le pétrole est retombé sous la barre des 80 dollars le baril pour la première fois depuis près de quatre mois. Le WTI s’est échangé autour de 78 dollars mardi, en baisse de plus de 4 % sur la journée, tandis que le Bitcoin est resté proche de 66 650 dollars.

Les analystes estiment que la baisse du prix du pétrole renforce la perspective d’une nouvelle tendance haussière sur la cryptomonnaie qui se rapproche d’un nouveau seuil symbolique de 70 000 dollars.

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Omra et voyages organisés: les agences de voyages réclament la digitalisation des transferts et des procédures

17. Juni 2026 um 12:10

Les agences de voyages tunisiennes veulent accélérer la transformation numérique de plusieurs activités clés du secteur, à commencer par la omra et les voyages organisés à l’étranger. Réunis avec le ministre du Tourisme le 12 juin 2026, les responsables de la Fédération tunisienne des agences de voyages et du tourisme (FTAV) ont plaidé pour une modernisation rapide des procédures administratives et financières qui encadrent ces activités.

Au cœur des revendications figure la mise en place de plateformes numériques permettant de traiter les dossiers de manière dématérialisée et d’assurer un suivi en temps réel des demandes. Les professionnels estiment que les mécanismes actuels restent trop lourds et ralentissent le traitement des dossiers, notamment pendant les périodes de forte demande.

Concernant la omra, la FTAV appelle à accélérer le lancement effectif de la saison et à revoir le plafond des transferts financiers autorisés. La fédération demande également la création d’une plateforme électronique dédiée aux opérations de transfert, afin de réduire les délais de traitement et d’améliorer la traçabilité des dossiers.

Les agences souhaitent par ailleurs une révision du cadre réglementaire qui régit cette activité. Elles plaident pour l’actualisation du document de référence encadrant la omra et pour un renforcement de la lutte contre les opérateurs qui organisent des voyages en dehors des circuits autorisés.

La profession propose également la création d’un label de qualité dédié aux services de la omra. L’objectif est de mieux distinguer les opérateurs respectant les normes professionnelles et de renforcer la confiance des voyageurs.

Le dossier des voyages organisés à l’étranger soulève des préoccupations similaires. Les représentants du secteur demandent une révision du plafond financier accordé aux agences pour ce type d’opérations, estimant que les montants actuels ne correspondent plus à l’évolution des coûts et aux attentes du marché.

La FTAV défend également la simplification des transferts financiers à travers des plateformes numériques capables d’assurer un suivi instantané des demandes. Pour les professionnels, cette évolution constitue un levier essentiel pour améliorer la réactivité des agences et renforcer leur compétitivité face aux plateformes internationales.

Au-delà de la digitalisation, les agences de voyages cherchent à obtenir un cadre plus flexible et plus adapté aux réalités du marché. Un enjeu stratégique à l’heure où la concurrence se renforce et où les clients attendent des démarches plus rapides et entièrement dématérialisées.

 

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