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Soudan | Les musées pillés et les trésors vendus !

28. April 2026 um 09:42

La barbarie des Forces de soutien rapide (FSR) dirigées par l’ancien chamelier Hemedti Dagalo ne connaît aucune limite. Le patrimoine soudanais héritier d’une Histoire millénaire n’a pas été épargné. Les musées soudanais sont pillés et leurs trésors sont vendus à l’étranger. Selon l’Unesco, le trafic de pièces archéologiques est une activité criminelle très lucrative, classée troisième après les armes et la drogue. Au Soudan, 8000 pièces se sont évaporées ! 

Imed Bahri

Selon le Wall Street Journal, des historiens et des conservateurs de musées soudanais affirment que les FSR qui combattent l’armée régulière depuis trois ans ciblent le riche patrimoine culturel du Soudan et le vendent au plus offrant sur le marché noir international de l’art. Partout dans le pays, leurs combattants se sont alliés à des pillards parmi les civils pour dépouiller les musées des pièces inestimables témoins de l’histoire du pays de l’âge de pierre à l’avènement de l’Islam. 

L’Autorité nationale des antiquités et des musées du Soudan estime à 150 millions de dollars le montant des trésors pillés depuis le début du conflit. Ces dernières semaines, des vidéos circulant en ligne ont montré des vitrines vides qui contenaient autrefois de l’or et des bijoux ayant appartenu aux rois de Napata et de Méroé au Musée national du Soudan.

Dans la ville d’El Fasher, ravagée par la guerre, un palais du XIXe siècle qui abritait le Musée du Sultan Ali Dinar a été vidé avant d’être bombardé et réduit en ruines. Le musée de Nyala, situé dans la capitale de facto des rebelles de l’ouest du Soudan, a été pillé et son contenu, y compris du mobilier, a été volé avant d’être transformé en base militaire.

Une base de données des objets volés

Abdelrahman Ali Mohamed, expert culturel de l’Unesco, impliqué dans les efforts de récupération des objets pillés, indique que les combattants avaient systématiquement ciblé les pièces les plus précieuses. Il a déclaré : «Nous pensons que la milice s’est associée à des organisations criminelles internationales pour faciliter la vente de ces objets. Nous constituons actuellement une base de données de tous les objets volés afin de faciliter leur localisation et leur récupération».

Plus de 8 000 objets ont été volés dont de l’or et des bijoux anciens.

Le contenu des musées soudanais représente une cible de choix pour les FSR. Ce groupe composé principalement d’Arabes trouve ses racines dans les tristement célèbres milices Janjawid responsables du massacre d’environ 200 000 personnes au Darfour –majoritairement des Africains noirs– au début des années 2000.

Les FSR font l’objet de nouvelles accusations de génocide dans le conflit actuel. Pendant des années, le groupe a dépendu des revenus tirés de la vente d’or dans la région du Golfe et des paiements pour la surveillance des mines appartenant au groupe russe Wagner dans l’ouest du Soudan.

Toutefois, depuis le début de la guerre il y a trois ans, ces ressources se sont raréfiées car l’armée régulière a bombardé les mines d’or tenues par les rebelles et les Russes ont quasiment disparu après la mort du fondateur de Wagner Evgueni Prigojine.

Trafic sur le marché noir international de l’art

C’est là que les musées et leurs collections sont devenus la cible des FSR car le trafic sur le marché noir international de l’art, selon l’Unesco, est une activité criminelle très lucrative, classée troisième après les armes et la drogue. 

Au début du conflit, les combattants des FSR ont pris pour cible les quatre musées de la capitale Khartoum. Au Musée national, ils se sont positionnés sur le toit comme des tireurs d’élite avant de piller méthodiquement la majeure partie de l’or, notamment une couronne de fleurs découverte dans la pyramide du roi Talakhamani, un souverain méroïtique du Ve siècle avant J.-C.

Les pilleurs s’attaquent généralement aux petites pièces, faciles à transporter et de grande valeur, laissant sur place les objets plus lourds.

Dans des vidéos qui circulent, on voit les combattants poser avec des piles de bijoux et de lingots d’or volés. Ces objets sont transportés par camion jusqu’aux frontières sud et ouest, d’où ils sont exportés clandestinement du pays, selon des responsables soudanais et des images satellites. Les enquêteurs de l’Onu affirment qu’ils sont vendus à des marchands d’art et que les recettes servent à acheter des drones, des véhicules blindés et des obus d’artillerie utilisés par les FSR dans une guerre qui a fait plus de 150 000 morts et plus de 14 millions de déplacés.

Un porte-parole des FSR a évidemment nié que ses combattants aient pillé des musées. Cependant, selon l’Autorité nationale des antiquités et des musées, les objets volés ont déjà été mis en vente sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne. Certaines pièces, notamment des peintures et des poteries provenant vraisemblablement du Musée national, ont été proposées sur eBay avant d’être retirées après l’alerte donnée par des experts. La société a indiqué appliquer une politique de «tolérance zéro» à l’égard de la mise en vente d’antiquités illicites.

L’Unesco a appelé les autres musées, collectionneurs et maisons de vente aux enchères à s’abstenir de tout commerce d’objets pillés au Soudan.

Il est probable qu’un nombre important de ces objets se soient déjà retrouvés sur le marché noir de l’art.

Au début du conflit, l’Unesco et les autorités soudanaises travaillaient sur des projets de restauration de plusieurs millions de dollars dans plus d’une douzaine de musées et de centres culturels. Des collections entières d’objets avaient été emballées dans des caisses, facilitant ainsi leur transport par les rebelles. Parmi ces objets figuraient des vestiges de certaines des plus anciennes civilisations du monde comme le royaume de Koush qui prospérait le long du Nil il y a des milliers d’années.

Certains de ces objets ont été récupérés. Les autorités ont déclaré que certaines pièces avaient été récupérées par les forces gouvernementales après des affrontements avec les Forces de soutien rapide, tandis que d’autres avaient été saisies aux points de passage frontaliers. Mais cela ne représente qu’une fraction du total. Seuls 570 objets environ ont été exposés lors d’une cérémonie à Port-Soudan en janvier, contre plus de 8 000 volés depuis le début du conflit.

«Ce pillage est non seulement une tragédie nationale pour le Soudan mais une perte pour l’humanité entière», a déclaré Ahmed Junaid, représentant de l’Unesco au Soudan qui a ajouté : «Ces pièces ne devraient pas être autorisées à entrer sur le marché international de l’art»

Des objets archéologiques servent de cibles d’entraînement

Lors des pillages, les voleurs se sont concentrés sur les objets de petite taille mais même les plus grands n’ont pas été entièrement épargnés. Des images ont montré que certaines statues de pharaons aux entrées des musées endommagés étaient criblées de balles comme si elles avaient servi de cibles d’entraînement.

Des cercueils contenant des momies vieilles de plusieurs siècles ont également été détruits à l’intérieur du musée. Les combattants ont également pris pour cible le Musée d’histoire naturelle de l’Université Ahlia d’Omdourman où ils ont brûlé des manuscrits et des livres rares dans une tentative manifeste d’effacer l’identité du Soudan.

«Il est clair que les combattants cherchaient à effacer notre histoire», a déclaré Ikhlas Abdel Latif Ahmed, directeur au sein de l’Autorité nationale des antiquités et des musées du Soudan. 

Près de son bureau se dresse une statue colossale du dieu nubien Apédémak au bord du Nil Bleu. La légende raconte que cette divinité à tête de lion protégeait le pays des envahisseurs et était vénérée comme un dieu de la guerre dans l’ancien Royaume de Koush.

Aujourd’hui, sa statue –qui a survécu en partie parce qu’elle était probablement trop lourde pour être déplacée– se dresse seule au milieu des ruines de la guerre.

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Tunisie | A propos de l’octroi de concessions d’énergie renouvelable à des entreprises étrangères

28. April 2026 um 08:48

La Tunisie doit réaliser sa transition énergétique mais elle n’a pas les capacités pour financer son plan visant à passer la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique de 4-5% aujourd’hui à 35% en 2030. Mais avant d’attribuer des concessions à des entreprises étrangères pour la mise en place de centrales solaires photovoltaïque ou autres infrastructures de production des énergies renouvelables, les autorités tunisiennes doivent faire attention à un certain nombre de points cruciaux. (Photo : Centrale solaire photovoltaïque à Metbasta, Kairouan).

Sami Jallouli *  

Je n’ai pas encore eu l’occasion d’examiner les projets de loi visant à renforcer le secteur des énergies renouvelables dans le pays, que la Chambre des représentants examinera aujourd’hui, jeudi 28 avril 2026.

Cependant, et par précaution, je recommande six points sur lesquels l’État tunisien devrait s’attacher et ne pas transiger :

1. Les concessions ne devraient être accordées qu’à la condition que les entreprises tunisiennes soient intégrées aux chaînes de valeur, notamment en matière de maintenance, d’installation, de logiciels et de fabrication de certains composants, afin de garantir la création de véritables emplois pour la jeunesse tunisienne.

2. L’investissement urgent dans la modernisation du réseau de transport d’électricité afin de gérer les fluctuations de la production et d’éviter les coupures techniques… L’investissement dans les réseaux intelligents et les batteries permettra à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) de maîtriser l’équilibre entre l’offre et la demande sans dépendre d’investisseurs privés…

3. Le lancement immédiat de projets de stockage d’énergie, notamment par le biais de batteries de grande capacité ou d’autres technologies, car la véritable souveraineté réside dans la maîtrise du stockage, et non seulement de la production…

4. La négociation vigoureuse pour garantir que les crédits carbone générés par ces projets restent sous le contrôle de l’État tunisien et ne soient jamais cédés, afin qu’ils puissent servir à soutenir la compétitivité de nos entreprises nationales. Il doit être stipulé que tous les certificats de réduction des émissions de carbone générés par le projet sont la propriété exclusive de l’État tunisien ou de la Steg, permettant ainsi à l’État de les vendre ou de les utiliser ultérieurement pour régler une partie de sa dette. Y renoncer constituerait une trahison des droits des générations futures.

5. Simplifier les procédures permettant aux citoyens, aux usines et aux petites entreprises de produire leur propre énergie, afin que la production d’énergie ne soit pas monopolisée par les grands investisseurs.

Je tiens également à souligner un point crucial, souvent négligé lors de la rédaction des contrats de concession :

6. Les contrats de concession internationaux sont généralement de longue durée (20 à 30 ans) et comportent souvent des clauses obligeant l’État à recourir à l’arbitrage international en cas de litige ou même si la législation nationale évolue de manière à affecter les bénéfices de l’investisseur.

Le danger réside dans le fait que toute modification de la législation fiscale ou environnementale pourrait être perçue par l’investisseur étranger comme une expropriation ou une réduction de ses bénéfices. Sur cette base, il pourrait intenter une action en justice contre l’État tunisien et réclamer des sommes supérieures au budget de projets entiers.

La juridiction tunisienne doit être préservée autant que possible, malgré la difficulté d’imposer cette condition au niveau international, ou à tout le moins, des clauses devraient être incluses garantissant le droit de l’État à réglementer sans que cela soit considéré comme une violation du contrat de concession.

Ces investissements étrangers sont généralement soumis à des accords bilatéraux de protection des investissements conclus entre l’État tunisien et les pays des investisseurs, ce qui exige une extrême prudence quant à la clause d’arbitrage international.

La jurisprudence en matière de litiges montre que les États obtiennent rarement gain de cause dans les procédures d’arbitrage contre des entreprises étrangères, car ces litiges se soldent souvent par l’imposition de dommages et intérêts considérables, se chiffrant en dizaines, voire en centaines de millions de dollars. J’insiste donc sur la nécessité d’une extrême prudence à ce niveau.

* Conseiller juridique.

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Des entreprises étrangères réclament plus de 130 milliards de dollars à la Libye !

28. April 2026 um 07:50

L’État libyen est aujourd’hui confronté à un véritable défi juridique et financier : plus de 100 affaires internationales sont en cours, allant des jugements définitifs et des injonctions d’exécution aux saisies d’actifs, sans compter des dizaines d’autres dossiers en préparation…

Sami Jallouli *

Les dettes déclarées par des entreprises étrangères s’élèvent à environ 130 milliards de dollars… Le professeur de droit libyen Saleh al-Zahaf a alerté sur cette situation et l’absence de solutions…

L’ampleur de ces chiffres reflète une réalité terrifiante. Derrière ces dossiers, des millions de dollars sont détournés au profit de cabinets d’avocats et de sociétés de conseil étrangères, en toute impunité, tandis que l’État subit des pertes considérables qui dépassent le simple cadre financier et engendrent des risques économiques et de souveraineté, alarmants.

Il est de notoriété publique que les cabinets d’avocats étrangers facturent à l’heure, avec des tarifs dépassant souvent 1 000 dollars de l’heure. Cela signifie que chaque appel téléphonique, chaque courriel, chaque recherche juridique, chaque avis juridique, chaque requête ou réponse rédigée, chaque dossier déposé et chaque audience de procédure représente une facture exorbitante payée par les fonds publics libyens, sans compter les frais d’enquête, de traduction et d’experts.

Chaque mois qui passe sans accord avec les créanciers ajoute des millions de dollars d’intérêts légaux à la dette principale, faisant exploser le montant des indemnités à plusieurs fois leur valeur réelle.

Des avions, des navires, des actifs financiers et des biens immobiliers situés dans les capitales les plus prestigieuses du monde sont saisis ou menacés de saisie, privant ainsi l’État de la possibilité d’utiliser ces actifs ou de bénéficier de leurs retombées en matière de développement.

Les litiges juridiques en cours concernant ces actifs entraînent leur détérioration physique et une baisse progressive de leur valeur marchande, engendrant des pertes cumulatives.

Ces dernières années, de nombreuses banques internationales ont automatiquement gelé les fonds libyens en raison de soupçons de corruption ou des répercussions de procédures judiciaires en cours. Il en résulte le gel et la fermeture de comptes, ainsi qu’un refus quasi systématique d’ouvrir de nouveaux comptes pour les entités libyennes, les citoyens libyens, ou les entreprises et personnes physiques étrangères ayant des liens avec la Libye.

La poursuite de ces conflits place la Libye parmi les pays à haut risque, ce qui augmente les coûts d’assurance et entrave les opérations des institutions financières nationales dans leurs transactions internationales.

Une économie stable ne peut se construire dans un contexte de procédures judiciaires incessantes. Les investisseurs étrangers privilégient la sécurité juridique au profit financier, et un environnement juridique instable constitue le principal frein à l’investissement.

Confier des dossiers à des cabinets d’avocats étrangers pendant des années alimente les intérêts financiers des réseaux transnationaux qui profitent de la prolongation du conflit sans chercher à le résoudre.

Pour sortir de cette impasse, il est nécessaire d’adopter une stratégie de règlement amiable fondée sur les principes suivants :

– établir des canaux de communication directs avec les créanciers ou leurs représentants, en contournant les cabinets d’avocats étrangers qui profitent de la poursuite du litige ;

– privilégier une approche de règlement moins coûteuse au regard du droit international, car elle interrompt immédiatement la course aux intérêts et permet la libération des actifs ;

– mettre fin aux pertes engendrées par les litiges internationaux et aux frais juridiques, aux intérêts courus et aux perturbations des activités économiques ou souveraines causées par les saisies d’actifs ;

– reprendre le contrôle total des investissements libyens à l’étranger et les réintégrer dans le cycle économique…

Poursuivre cette bataille juridique perdue d’avance constitue un gaspillage délibéré de fonds publics. Le véritable courage aujourd’hui réside dans le règlement des différends et la transformation des créanciers d’adversaires en partenaires…

Traduit de l’arabe.

* Conseiller juridique.

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Gestern — 27. April 2026Haupt-Feeds

Santé | Introduction des stents résorbables en Tunisie

27. April 2026 um 12:47

Des stents coronaires résorbables (ou biorésorbables) de troisième génération sont introduits en Tunisie, et pour la première fois en Afrique. Souvent constitués d’alliage de magnésium (comme le Magmaris) ou de polymères, ils sont conçus pour disparaître progressivement. Ils permettent la réouverture des artères sans laisser de dispositif permanent dans le vaisseau sanguin et se dissolvent progressivement après avoir rempli leur fonction.

Avec le Fantom Encore, la Tunisie franchit ainsi une nouvelle étape en matière d’innovation médicale.

La première intervention du genre a été réalisée à l’hôpital universitaire Rabta de Tunis, au sein du service de cardiologie dirigé par le professeur Sami Mourali, dans le cadre d’une collaboration avec des experts internationaux allemands. Cette nouvelle technologie représente une avancée significative dans le traitement des maladies coronariennes.

Ce stent de dernière génération permet la réouverture des artères sans laisser de dispositif permanent dans le vaisseau sanguin. Il se dissout progressivement après avoir rempli sa fonction.

Cette approche améliore les résultats thérapeutiques à long terme, notamment chez les patients jeunes.

L’introduction de cette technologie témoigne du niveau de préparation des hôpitaux publics tunisiens, de l’expertise de son personnel médical et du positionnement du pays comme pôle régional de médecine de pointe en Afrique.

Cette initiative témoigne également de l’importance de la coopération internationale dans le transfert de compétences et de technologies, contribuant ainsi au renforcement du système national de santé.

I. B.

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Foire du livre de Tunis | Articles interdits et sanctions pour les contrevenants

27. April 2026 um 11:42

La direction de la Foire internationale du livre de Tunis, dont la 40e édition se tient du 23 avril au 3 mai 2026, au Palais des Expositions, au Kram,  a appelé les exposants au strict respect du chapitre sept de son règlement intérieur, notamment en ce qui concerne la nature des articles exposés, afin d’assurer le bon déroulement de l’événement.

Dans un communiqué publié le lundi 27 avril 2026, elle a souligné que l’exposition ou la vente de jouets pour enfants de toute nature, de fournitures de bureau et de matériel d’ingénierie, ainsi que de tout matériel ou équipement sans lien avec les livres et l’édition, sont strictement interdites.

Le communiqué précise également que toutes les expositions doivent présenter un contenu éducatif et culturel conforme à l’identité et aux objectifs du salon, et respecter pleinement les listes précédemment publiées.

La direction a souligné que toute infraction à ce règlement entraînerait des sanctions immédiates, pouvant aller jusqu’à la fermeture du stand et l’annulation de la participation, tout en exhortant les exposants à respecter scrupuleusement les procédures susmentionnées afin de préserver l’image de la foire et la qualité de son contenu culturel.

I. B.

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Déclaration de soutien au journaliste Zied El Hani

27. April 2026 um 11:19

Dans une déclaration commune datée du 27 avril 2026, que nous traduisons ci-dessous, une centaine de militants associatifs et politiques, vingt journalistes, quinze organisations et neuf partis politiques ont apporté leur soutien au journaliste Zied El Hani, exigeant sa libération et la fin du harcèlement des médias.

Poursuivant une campagne de pressions, de harcèlement et de procès visant les journalistes et les médias indépendants, le journaliste Zied El Hani a été arrêté le vendredi 24 avril, sur la base d’une déclaration et d’une publication sur les réseaux sociaux, en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications.

Cette nouvelle arrestation intervient alors que les journalistes Mourad Zeghidi et Borhane Bsaies sont emprisonnés depuis plus de 700 jours, et que la journaliste Sonia Dahmani est jugée pour la deuxième fois pour les mêmes propos, tandis que le site web Inkyfada fait face à de graves menaces qui pourraient entraîner sa dissolution, ce qui constitue une violation flagrante de la liberté d’expression et du droit des citoyens à l’information.

Les soussignés, compte tenu de ce qui précède et de l’escalade du ciblage des journalistes et des médias indépendants :

1- Expriment leur soutien au journaliste Zied El-Hani et exigent sa libération, ainsi que celle de tous les journalistes et de toutes les personnes détenues en raison de leurs opinions, déclarations et écrits. Ils estiment que les mesures prises à son encontre visent à le faire taire, à étouffer la liberté d’expression et à intimider les journalistes et les personnalités influentes.

2- Ils condamnent la poursuite continue des journalistes, des blogueurs et des leaders d’opinion sur la base de décrets et de lois inconstitutionnels et non conformes aux traités et conventions internationaux ratifiés par l’État tunisien, et qui suppriment les libertés, comme le décret 54 et l’article 86 du Code des communications, tout en ignorant le décret 115, qui est le cadre juridique régissant le secteur des médias et de l’édition dans notre pays.

3- Ils expriment leur soutien au site web Inkyfada et à toutes les voix libres et aux médias indépendants qui sont pris pour cible et harcelés, et ils appellent à la fin des ingérences dans les médias et la profession de journaliste.

4- Ils expriment leur solidarité avec les instances indépendantes qui défendent la liberté de la presse, les droits des journalistes et la déontologie, notamment le Syndicat national des journalistes et le Conseil de la presse, ainsi qu’avec les médias indépendants, en particulier les médias alternatifs, et les défenseurs de la liberté d’expression, face aux campagnes d’incitation à la haine et de harcèlement dont ils sont victimes.

5- Ils soulignent que les campagnes systématiques visant le secteur des médias ont pour principal objectif de saper les dernières garanties démocratiques et les fondements de l’État de droit acquis après 2011, et d’instaurer un État où règne une opinion unique et une voix unique. En effet, la liberté d’expression et la liberté de la presse ne sont pas des privilèges accordés par les autorités, mais bien des droits fondamentaux et des piliers indispensables à la construction d’un État de droit et d’institutions solides.

Traduit de l’arabe.

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Le 27 mai sera le jour de l’Aid al-Adha

27. April 2026 um 10:56

Le mercredi 27 mai 2026 sera le jour de l’Aïd al-Adha, selon les calculs astronomiques, a déclaré Sarra Snoussi, directrice du département Espace et Univers de la Cité des Sciences de Tunis, a confirmé ce lundi 27 avril 2026, lors de l’émission ‘‘Sabah Ennas’’, sur Mosaique FM.

Le samedi 16 mai sera la date d’observation du croissant de lune du mois de Dhu al-Hijjah, toujours selon ces calculs, a expliqué la docteure en biochimie et biologie moléculaire, ajoutant que le dimanche 17 mai devrait être le dernier jour de Dhu al-Qi’dah et le lundi 18 mai, le premier jour de Dhu al-Hijjah 1447 AH.

Cela signifie que le jour d’Arafat (9 Dhu al-Hijjah) tombera astronomiquement le mardi 26 mai 2026 et que l’Aïd al-Adha aura lieu le mercredi 27 mai.

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Le management des risques en plongée sous-marine

27. April 2026 um 10:01

Dans un contexte marqué par le déficit de l’approche analytique dans la prévention des risques en plongée sous-marine, une conférence en ligne consacrée à la gestion des risques en plongée, a réuni le 26 avril 2026, des professionnels issus de plusieurs pays (Maroc, Algérie, France, Belgique, Tunisie) et de plusieurs organismes (FRMPAS, CMAS Europe, Lifras, ANMP, FRMPAS, MAN).

Latif Belhedi

La conférence, organisé par Abysse Plongée et modéré par Mehdi Tabbakh, a tourné autour de l’intervention de Richard Mas, formateur de moniteurs de plongée au CREPS, et auteur du livre « Management du risque et prise de décision en plongée subaquatique » paru en octobre 2025.

Cet événement s’inscrit dans une dynamique de transfert de compétences, que cette association tunisienne œuvre à faire valoir depuis plusieurs années. Selon Salma Zribi, sa secrétaire générale, cette dynamique se concrétise par des projets et des rencontres avec des experts internationaux, visant à éclairer les professionnels sur des questions d’actualité et à pousser la réflexion sur les défis de la plongée sous-marine en Tunisie.

Vers une approche systémique de la gestion des risques

Salma Zribi.

Richard Mas a présenté une analyse approfondie de l’accidentologie en plongée sous-marine, en mettant en lumière plusieurs axes essentiels se référant à la cindynique ; la science du danger et la gestion des risques. Il a notamment souligné que l’approche analytique de la sécurité en plongée a prouvé ses limites, insistant sur l’importance d’adopter une approche systémique dans la gestion des risques en plongée.

L’exposé a permis d’aborder des dimensions à la fois théoriques et pratiques, notamment les facteurs psychologiques, les facteurs organisationnels et les facteurs environnementaux. À travers des illustrations concrètes, Richard Mas a mis en évidence une matrice des déficits en plongée, offrant ainsi des clés de compréhension accessibles à un public diversifié.

Réflexion sur la sécurité en milieu accidentogène

La session interactive qui a suivi a donné lieu à des échanges nourris entre les participants et l’intervenant. Plusieurs questions ont porté sur la refonte des standards, l’apport des sciences humaines et la sécurité, témoignant de l’intérêt suscité par le sujet et de sa pertinence dans différents contextes professionnels.

Au-delà du contenu présenté, ce webinaire a également mis en évidence la nécessité de renforcer la dynamique de réflexion autour de la sécurité en milieu accidentogène, dans un contexte où la plongée sous-marine attire un nombre de plus en plus élevé de pratiquant. Il ouvre ainsi la voie à de nouvelles perspectives de modélisation de l’accidentologie dans la plongée.

En conclusion, cet événement a confirmé l’importance des espaces d’échange pour favoriser la diffusion des connaissances et encourager le dialogue entre experts et public.

Une initiative d’Abysse Plongée, saluée par les participants, qui ont souligné la qualité de l’intervention et la richesse des débats.

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Justice | Zied El Hani comparaîtra le 30 avril

27. April 2026 um 09:12

Après avoir émis un mandat d’arrêt contre Zied El Hani en vertu de l’article 86 du code des télécommunications, le parquet du tribunal de grande instance de Tunis a décidé, dimanche 26 avril 2026, de renvoyer le journaliste devant la sixième chambre correctionnelle du même tribunal et a fixé une audience au 30 avril pour examiner l’affaire.

Le parquet avait précédemment ordonné la détention de Zied El Hani après l’avoir interrogé vendredi dernier pour diffamation par voie de médias publics et outrage à magistrat.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a contesté la procédure, arguant qu’El Hani était poursuivi en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications pour «trouble à l’ordre public par le biais des réseaux de communication publics», alors que l’affaire fait suite à un texte publié par le journaliste sur son compte Facebook concernant l’affaire de son confrère Khalifa Guesmi, qui a été classée sans suite en appel.

La SNJT a exigé la libération «immédiate et inconditionnelle» d’El Hani et l’application du décret-loi n° 115 relatif à la liberté de la presse, plutôt que le recours à des dispositions jugées plus répressives, telles que le décret-loi n° 54 ou le Code des télécommunications.

Maître Dilou a également partagé sur les réseaux sociaux le contenu des déclarations de son client lors de l’audience. El Hani aurait affirmé que le procureur le poursuivait pour une opinion exprimée dans le cadre de son travail journalistique.

Tout en affirmant son respect pour les institutions de l’État, le journaliste a rejeté les «procès d’opinion» et déclaré ne pas souhaiter débattre de ses opinions devant des tribunaux qu’il assimile à des tribunaux inquisitoriaux. Il a donc choisi de garder le silence, affirmant ne pas vouloir légitimer une procédure qu’il juge hostile et dirigée contre lui.

Cette affaire survient dans un contexte de tensions croissantes entre les autorités judiciaires, les médias indépendants et les organisations professionnelles.

Les autorités tunisiennes ont maintes fois rejeté les accusations d’autoritarisme, réaffirmant que les libertés sont garanties et que nul n’est au-dessus des lois.

I. B.

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Bourses d’études japonaises pour des Tunisiens

27. April 2026 um 08:57

L’ambassade du Japon en Tunisie annonce l’ouverture des candidatures pour de nouvelles bourses d’études dans le cadre du programme Mext 2027, offrant aux étudiants tunisiens la possibilité de poursuivre leurs études au Japon. Cette initiative vise à soutenir la coopération universitaire et les échanges d’expertise entre les deux pays.

Ces bourses se répartissent en deux catégories principales. La première s’adresse aux étudiants tunisiens titulaires d’un diplôme universitaire souhaitant entreprendre des études de troisième cycle dans des universités japonaises.

Les candidats doivent être nés le 2 avril 1992 ou après.

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au vendredi 22 mai 2026, le cachet de la poste faisant foi.

La période de départ prévue s’étend d’avril à octobre 2027.

Il est conseillé aux candidats de passer le test d’aptitude en langue japonaise (JLPT), sans que cela soit obligatoire.

Le second type de bourse concerne les écoles d’ingénieurs et s’adresse aux étudiants tunisiens titulaires d’un baccalauréat ou sur le point de l’obtenir, nés le 2 avril 2002 ou après.

Les candidats devront passer un concours d’entrée en fonction de leur filière.

La date limite de candidature est le 22 mai 2026 et les études au Japon débuteront en avril 2027.

Le JLPT est recommandé, mais non obligatoire.

Cette initiative témoigne de l’engagement du Japon à soutenir les étudiants internationaux les plus brillants et à offrir aux jeunes Tunisiens de nouvelles perspectives d’études supérieures dans un environnement scientifique de pointe, renforçant ainsi leurs perspectives professionnelles et académiques.

L’ambassade du Japon a invité tous les étudiants intéressés à consulter tous les détails via les liens officiels dédiés à la bourse, en soulignant l’importance de respecter les délais et les critères d’admissibilité pour bénéficier de cette opportunité unique.

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Iran | Divisions à propos des négociations avec les Américains

27. April 2026 um 08:08

Les tensions au sein du pouvoir iranien concernant les négociations avec les États-Unis qui ont éclaté au grand jour soulignent la difficulté pour le président Donald Trump d’obtenir la percée diplomatique qu’il recherche pour mettre fin à la guerre et s’extraire du bourbier iranien.

Imed Bahri

Le Wall Street Journal indique que ces désaccords étaient déjà manifestes lors du premier cycle de pourparlers début avril. Selon des sources proches du dossier, les médiateurs ont indiqué que l’Iran était resté vague lorsque les États-Unis ont insisté pour obtenir des précisions sur les points que Téhéran s’était dit prêt à aborder.

Il est désormais clair que de profondes divisions existent au sein du pouvoir iranien quant à l’ampleur des concessions qui pourraient être faites pour parvenir à un accord avec les Américains. Ces divisions inquiètent les médiateurs qui tentent d’organiser un deuxième cycle de pourparlers après l’annulation d’une réunion prévue la semaine dernière en raison de l’escalade des tensions dans le détroit d’Ormuz.

La porte-parole de la Maison-Blanche Carolyn Leavitt avait déclaré que les envoyés américains Steve Wittkopf et Jared Kushner se rendraient à Islamabad pour des entretiens avec des responsables iraniens ajoutant que le vice-président J.D. Vance était prêt à les rejoindre en cas de progrès. Finalement, Donald Trump a annulé le voyage prévu de ses deux émissaires.

Une cohésion qui s’érode

Parallèlement, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s’est rendu à Islamabad mais les médias d’État iraniens ont rapporté qu’aucune rencontre n’était prévue.

L’agence de presse Tasnim, affiliée aux Gardiens de la révolution, a accusé les États-Unis de diffuser des informations inexactes, affirmant : «Il n’y a actuellement aucune négociation avec les Américains et la visite d’Araghchi n’a rien à voir avec des négociations». 

Durant la guerre, les dirigeants iraniens ont fait preuve de cohésion dans leur discours politique et ont maintenu un contrôle strict sur leurs forces armées.

Cependant, cette cohésion a commencé à s’éroder à mesure qu’ils s’orientaient vers la recherche d’un allègement des sanctions par le biais d’un accord avec Washington, ce qui impliquerait des concessions difficiles. Une lutte de pouvoir interne oppose actuellement les conservateurs -dont l’influence s’est accrue- aux responsables soucieux de relancer une économie exsangue.

Les conservateurs exercent une pression croissante sur les négociateurs afin qu’ils s’abstiennent de toute concession. Ils utilisent les médias locaux et les réseaux sociaux pour attaquer des négociateurs clés notamment le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi pour avoir accepté d’aborder le volet nucléaire lors du premier round de négociations.

Le député conservateur Mahmoud Nabavian, membre de la délégation iranienne au Pakistan, a critiqué la gestion des négociations par Ghalibaf, déclarant : «Nous avons commis une erreur stratégique en mettant la question nucléaire à l’ordre du jour car cela a enhardi l’ennemi». 

Selon des sources bien informées, le commandant des Gardiens de la révolution Ahmad Vahidi s’est également opposé à toute concession significative.

Les analystes estiment que ces désaccords au sein du régime iranien compliquent le processus de négociation et ralentissent les progrès.

La recherche d’un consensus

Le premier cycle de négociations s’était poursuivi tard dans la nuit au Pakistan. Jared Kushner s’était entretenu avec Donald Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio avant que les États-Unis ne réitèrent leur exigence d’un moratoire de vingt ans sur l’enrichissement d’uranium par l’Iran, ce qui a finalement conduit à l’échec des négociations.

«Le processus décisionnel au plus haut niveau est entravé par l’hésitation et la lenteur et les débats internes sur les intérêts de l’Iran retardent la recherche d’un consensus», a déclaré Mohammad Amirsi, spécialiste du Moyen-Orient.

Malgré cela, les dirigeants iraniens se sont empressés de nier l’existence de divisions. «Il n’y a ni extrémistes ni modérés en Iran, nous sommes tous Iraniens et révolutionnaires», a affirmé Ghalibaf, tandis qu’Araghchi et le président Massoud Pezeshkian ont publié des déclarations quasi identiques.

Certains experts estiment que cette divergence apparente pourrait être une tactique visant à accroître la pression sur les États-Unis lors des négociations afin de les inciter à assouplir les sanctions ou à faire des concessions.

«Différents cercles de pouvoir cherchent à obtenir les meilleures conditions avant tout accord formel et feignent l’hésitation pour renforcer leur position de négociation», a déclaré le chercheur Saeed Golkar.

Cependant, la poursuite de ce débat public comporte des risques internes car elle pourrait donner une image de faiblesse du régime aux yeux de l’opinion publique.

Absence d’un leadership décisif

Ces divisions sont exacerbées par l’absence d’un leadership fort et décisif. Depuis son accession au pouvoir après l’assassinat de son père au début de la guerre, le nouveau Guide suprême Mojtaba Khameneï n’est pas apparu en public et serait isolé, possiblement malade et incapable de communiquer librement.

L’absence d’une figure décisive à ce stade complique considérablement la prise de décision en Iran, contrairement à la situation à la fin de la guerre Iran-Irak en 1988, lorsque l’ayatollah Khomeini avait pris la difficile décision de mettre fin au conflit. Comme l’a dit un expert : «Contrairement à 1988, personne n’est aujourd’hui prêt à boire dans le calice empoisonné».

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Joey R. Hood | La Tunisie «exportateur de stabilité» pour les pays du Sahel

27. April 2026 um 07:10

Dans une étude intitulée «Réévaluation de l’importance stratégique de la Tunisie pour les États-Unis», publié par le site de Stimpson Center, Joey R. Hood, ancien ambassadeur américain à Tunis (2023-2025), estime que Washington pourrait «tirer parti de la Tunisie en matière de sécurité régionale, de stabilité économique et de coopération axée sur le Sahel».

«La Tunisie fait rarement la une des journaux, pourtant sa situation géographique, sa main-d’œuvre et ses partenariats de sécurité en font un pivot discret en Afrique du Nord et au Sahel», écrit-il. Aussi soutient-il que «négliger la Tunisie risque de céder de l’influence à des concurrents et de passer à côté d’une voie rentable vers la stabilité régionale.»

Le diplomate explique dans sa note d’analyse comment les États-Unis et leurs partenaires peuvent s’appuyer sur la coopération sécuritaire existante entre Washington et Tunis pour soutenir les pays sahéliens, «tout en privilégiant un engagement économique axé sur l’investissement et adapté aux réalités politiques actuelles.»

«En repositionnant la Tunisie comme un partenaire à la fois sécuritaire et économique, les décideurs politiques |américains] peuvent promouvoir la stabilité sans interventions à grande échelle», affirme-t-il, en rappelant, à ce propos, les nombreux atouts géostratégiques et économiques de la Tunisie, dont sa position centrale en Méditerranée et, surtout, le fait qu’elle «compte régulièrement parmi les pays affichant le pourcentage le plus élevé de diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM) au monde.»

L’objectif des États-Unis et leurs partenaires en Tunisie serait d’aider le pays à devenir un «exportateur de stabilité» pour les pays du Sahel. «Par le biais de formations, d’exercices et de ponts aériens, l’armée tunisienne peut soutenir le développement des forces antiterroristes, de police et de maintien de la paix sur l’ensemble du continent africain, d’une manière trop coûteuse ou trop complexe pour que les États-Unis et l’Europe puissent le faire seuls. De cette façon, la Tunisie et ses partenaires peuvent offrir une alternative viable aux mercenaires russes et aux autres influences étrangères dans les États sahéliens, qui ne font qu’aggraver l’instabilité», soutient-il.

I. B.

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Tunisie | Mandat d’arrêt contre le journaliste Zied El Hani

26. April 2026 um 14:19

Un juge d’instruction du tribunal de première instance de Tunis a émis ce dimanche 26 avril 2026 un mandat d’arrêt contre le journaliste Zied El Hani, qui devrait être jugé conformément à l’article 86 du Code des télécommunications, a indiqué son avocat, Samir Dilou.

Le parquet de ce même tribunal avait ordonné la détention d’El Hani vendredi dernier pour outrage sur les réseaux sociaux suite à des propos qui lui sont attribués.

Il avait été auditionné par la 5e unité centrale de lutte contre la cybercriminalité de la Garde nationale d’El Aouina.

Un journaliste a commenté cette décision en ces termes : «Le journalisme n’est pas du harcèlement, et l’analyse objective d’une affaire classée n’est pas de la diffamation ; c’est au contraire le rôle même de l’information comme moyen de contrôle démocratique , protégé par la Constitution tunisienne et les conventions internationales.»

I. B.

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La Tunisie a de bases pour l’utilisation de l’IA dans la santé

26. April 2026 um 13:50

Le Dr Moez Benali, chercheur en oncologie moléculaire et spécialiste du développement de médicaments contre le cancer, a déclaré que l’Intelligence artificielle (IA) est actuellement utilisée comme outil médical pour le diagnostic précis du cancer et le suivi des patients, en soulignant l’utilisation de nombreuses applications d’IA dans le développement de médicaments.

De la détection précoce des cancers à la conception de nouveaux médicaments, l’IA redessine en profondeur la pratique médicale et la recherche thérapeutique. Quelles promesses tient-elle réellement ? Quelles limites éthiques et scientifiques impose-t-elle ? Et comment la Tunisie peut-elle s’inscrire pleinement dans cette transformation mondiale ?

C’est pour répondre à ces questions qu’un séminaire sur le thème «La santé à l’ère de l’IA : où en sommes-nous ?» a été organisé , samedi 25 avril 2026 par le Forum tunisien du savoir et du développement humain (FTSDH) et l’Université internationale de Tunis (UIT).

Selon le Dr Benali, qui y a pris part, la Tunisie possède d’excellentes bases pour l’utilisation de l’IA dans divers domaines médicaux, mais manque d’une vision appropriée et d’une stratégie efficace pour s’y engager avec confiance et compétence. Le pays doit, selon lui, avoir une vision claire de ce qu’il veut : devenir développeur ou simplement consommateur d’IA.

Dans une déclaration à Mosaïque FM en marge d’ Ben Ali a annoncé qu’avec son équipe à l’étranger, il avait développé avec succès 11 médicaments biologiques contre le cancer, désormais homologués à l’international, ajoutant que trois autres médicaments seraient approuvés par les autorités sanitaires du monde entier d’ici septembre 2027.

Benali s’est dit prêt à collaborer avec les entreprises pharmaceutiques tunisiennes pour développer et fabriquer des médicaments localement, et a appelé à une législation autorisant la production biologique de médicaments en Tunisie.

I. B.

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Troubles au Mali | La Tunisie doit sécuriser ses frontières terrestres !

26. April 2026 um 13:00

Ce qui se passe aujourd’hui au Mali ce ne sont pas des troubles dans un pays lointain, mais une menace directe et urgente pour la sécurité nationale tunisienne. La Tunisie doit donc prendre les plus grandes précautions pour sécuriser ses frontières désertiques les plus reculées ainsi que ses frontières terrestres avec l’Algérie et la Libye…

Sami Jallouli *

Ce que vit aujourd’hui le Mali n’est pas un simple trouble passager, mais un profond bouleversement géopolitique. Le problème dépasse le cadre des attaques internes ou des conflits locaux ; nous sommes désormais confrontés à un contexte régional complexe où les agendas de puissances étrangères rivales se croisent, rendant la stabilité du Maghreb, y compris celle de la Tunisie, extrêmement fragile.

La Mauritanie a récemment protesté contre l’incursion des forces régulières maliennes sur son territoire national…

Au niveau régional, le régime malien a déclaré son soutien explicite au Maroc sur la question du Sahara occidental et à l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine…

Relation tendue entre l’Alger et Bamako

Alors que le Maroc et l’Algérie connaissent une crise diplomatique et sécuritaire prolongée depuis les années 1990, exacerbée par l’embargo énergétique depuis 2021, l’Algérie a connu une rupture similaire avec Bamako en 2025. Cette rupture a fait suite à l’annonce par l’Algérie de la destruction d’un drone à sa frontière avec le Mali, à la dénonciation par Bamako de l’Accord de paix d’Alger de 2015 et à son accusation selon laquelle l’Algérie soutient des mouvements séparatistes…

Dans ce climat tendu, la coordination et la coopération algéro-mauritaniennes se renforcent…

Même les grandes alliances ne sont pas épargnées par cette complexité. La Russie, garante de la sécurité du régime malien actuel et liée historiquement à l’Algérie, semble désormais en désaccord avec cette dernière quant à la gestion de la crise malienne. Tandis que le Mali accuse l’Algérie de soutenir les rebelles de l’Azawad, l’Algérie réplique en accusant Bamako de collaborer avec des acteurs régionaux pour la déstabiliser…

Cette situation explosive laisse présager une explosion imminente qui pourrait déborder les frontières et embraser tous les pays voisins. Il ne s’agit plus simplement d’une rébellion touareg ou d’attaques de groupes armés ; le Mali est devenu un champ de bataille par procuration où convergent des intérêts internationaux conflictuels, contraignant la Tunisie à l’état d’alerte maximale…

La principale préoccupation aujourd’hui est l’extension du conflit et les vagues de déplacements massifs de population qui en résultent, du Mali vers l’Algérie, puis vers la Tunisie ou la Libye. Le danger réside non seulement dans le nombre de personnes déplacées, mais aussi dans leur identité, leurs origines et leurs nationalités.

Les groupes armés peuvent s’infiltrer facilement

Parmi des milliers de civils, des éléments radicaux liés à des groupes armés peuvent facilement s’infiltrer par les routes désertiques accidentées. Le danger s’intensifie si l’Algérie, sous le poids de ses pressions sécuritaires et économiques, décide de ne pas absorber ces afflux massifs de personnes, faisant de la Tunisie une destination inévitable. Ceux qui arrivent du Sahel sont souvent porteurs d’une idéologie radicale et possèdent une vaste expérience du combat acquise dans les rudes environnements désertiques…

Du point de vue de la sécurité, le vaste désert ne peut être patrouillé par les seuls moyens humains traditionnels. La Tunisie doit activer de toute urgence des systèmes de reconnaissance aérienne par drones de pointe et les relier à des centres d’opérations s’appuyant sur l’intelligence artificielle, afin de distinguer avec précision les mouvements de civils déplacés de ceux des groupes armés organisés, quelles que soient les conditions naturelles…

Ce qui se passe au Mali n’est pas un trouble dans un pays lointain, mais une menace directe et immédiate pour la sécurité nationale tunisienne. La Tunisie doit donc faire preuve de la plus grande prudence et vigilance.

Protégez vos frontières, non seulement par la force militaire, mais aussi par une vigilance technologique de pointe et une coordination régionale intelligente, car la stabilité de la Tunisie et du sud de la Méditerranée repose avant tout sur la sécurisation de ce point crucial au cœur de notre désert et de nos frontières terrestres…

* Expert juridique.

Page facebook de l’auteur.

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Non à la surconsommation quotidienne de pain blanc !

26. April 2026 um 12:04

Le pain blanc occupe une place centrale dans nos habitudes alimentaires en Tunisie. Dans beaucoup de foyers, il est le premier aliment posé sur la table, symbole de partage et de générosité. Pourtant, consommé en excès, il participe souvent à un modèle alimentaire défavorable à la santé cardiovasculaire.

Dr Faouzi Addad *

Notre pays figure parmi les plus gros consommateurs de pain, avec une consommation estimée à près de 74 kg par personne et par an.

Sur le plan nutritionnel, le pain blanc est préparé à partir de farine raffinée, appauvrie en fibres et moins rassasiante que les versions complètes. Il apporte principalement des glucides rapidement digestibles, pouvant favoriser des élévations rapides de la glycémie, surtout lorsqu’il est consommé seul ou accompagné de produits sucrés.

Dans un contexte de sédentarité et d’excès calorique global, une consommation élevée et répétée de pain blanc peut contribuer :

• au surpoids ;

• à la résistance à l’insuline ;

• au diabète de type 2 ;

• à l’hypertension artérielle, notamment lorsque l’alimentation est également riche en sel.

Le matin, l’association pain blanc + confiture + pâte à tartiner + boisson sucrée constitue un petit-déjeuner à fort impact glycémique, peu rassasiant à long terme.

La meilleure alternative reste de privilégier le «pain complet ou intégral», plus riche en fibres, vitamines et minéraux. Les études montrent qu’une consommation plus importante de céréales complètes est associée à un risque plus faible de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires.

Mais le point essentiel reste la «quantité consommée». Même un pain de bonne qualité, pris en excès, reste un apport calorique important.

Conseils simples :

• réduire la taille des portions ;

• éviter de manger du pain à chaque repas par automatisme ;

• limiter les associations avec sucre ajouté ;

• accompagner le pain de protéines et de bons lipides (œufs, fromage frais, huile d’olive, thon, avocat, légumineuses) ;

• varier avec d’autres sources de glucides de meilleure qualité.

Le pain n’est pas un ennemi. Le vrai problème est la «surconsommation quotidienne de pain blanc», devenue trop souvent normale.

* Professeur en cardiologie.

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L’Italie relance le port de Zarzis en Tunisie

26. April 2026 um 11:01

Le port de Zarzis, au sud-est de la Tunisie, a accueilli ce matin, dimanche 26 avril 2026, son premier porte-conteneurs, marquant ainsi le lancement de sa première ligne maritime internationale régulière reliant les ports commerciaux de Zarzis et de Radès à ceux de Gioia Tauro (Italie) et de Tripoli (Libye). Selon un communiqué du ministère des Transports, le port a reçu environ 407 conteneurs vides, qui seront livrés aux clients et rechargés dans ce port avant la mi-mai 2026.

L’approbation de cette activité commerciale pour le port de Zarzis s’inscrit dans le cadre de la contribution au développement de l’activité économique et de la stimulation du commerce dans la région sud-est de la Tunisie, et répond aux demandes de nombreuses entreprises implantées dans la région et concernées par l’activité d’exportation via le port commercial de Zarzis, et vise à stimuler l’investissement dans la région en réduisant le coût du transport et les délais de transit des marchandises en général et en tirant parti des capacités disponibles dans ce port.

Il convient de noter que l’ensemble des équipements et installations nécessaires ont été mis en place pour assurer le bon déroulement des opérations de chargement, de déchargement et de manutention des conteneurs par les différentes autorités, agences et entreprises impliquées dans le port.

Par ailleurs, le port commercial de Zarzis se prépare actuellement à entamer des travaux de dragage d’ici la fin de l’année. Ce projet vise à permettre au port d’accueillir des navires plus grands, d’un tirant d’eau allant jusqu’à 11 mètres, pour le trafic commercial et de croisière, tout en garantissant la sécurité de la navigation maritime.

Dans un post Facebook en date du 20 avril, le consultant tunisien basé en Suisse, Sami Jallouli, avait souligné l’importance que les Italiens accordent désormais au port de Zarzis comme un point focal pour leur commerce avec l’Afrique.  «Les Italiens perçoivent le port de Zarzis comme une plateforme maritime stratégique, alliant les avantages douaniers des zones franches, la rapidité logistique due à la proximité géographique et la sécurité commerciale nécessaire pour accéder au prometteur marché libyen», a-t-il notamment écrit. Et d’ajouter : «Selon les informations disponibles, le projet prévoit une liaison ferroviaire avec l’aéroport international de Tozeur, offrant ainsi un accès aérien à plusieurs continents. Par ailleurs, plusieurs sociétés portuaires internationales seraient intéressées par le projet, et une forte concurrence pourrait s’engager entre DP World et QTerminals (Qatar), toutes deux cherchant à étendre leurs investissements à l’étranger au-delà du Moyen-Orient.»

Sami Jallouli s’interroger ensuite, à juste titre, comme pour indiquer aux autorités tunisiennes l’orientation à suivre pour la promotion du port de Zarzis dont la position stratégique se confirme de jour en jour : «Le port de Zarzis bénéficierait-il d’investissements importants pour moderniser ses quais, améliorer ses technologies de gestion et construire des entrepôts intelligents de nouvelle génération ?»

I. B.

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Sécurité cybernétique | Entraînement conjoint tuniso-américain

26. April 2026 um 10:27

L’Agence tunisienne des renseignements et de la sécurité pour la défense (ARSD) et la Brigade de protection cybernétique de la réserve de l’armée américaine (ARCBP) ont mené un entraînement conjoint en matière de sécurité pour la première fois lors d’African Lion 26 à Tunis, en Tunisie, le 21 avril 2026. (Photo : Sergent de première classe Andrew Mallett.)

C’est ce que rapporte le site de défense américain Dvids, ajoutant qu’African Lion 2026 (AL26) est le plus grand exercice conjoint annuel du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom), conçu pour renforcer les capacités de sécurité collectives des États-Unis, des nations africaines et de leurs alliés internationaux.

Codirigé par la Force opérationnelle de l’armée américaine pour l’Europe du Sud et l’Afrique (Setaf-AF) du 20 avril au 8 mai 2026 et mené au Ghana, au Maroc, au Sénégal et en Tunisie, l’exercice AL26 mobilise plus de 5 600 personnes issues de plus de 40 pays, en s’appuyant sur l’innovation pour renforcer la sécurité régionale sous l’égide des partenaires.

I. B. (avec Dvids).

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La redistribution des puissances

26. April 2026 um 09:59

Dans un monde où les règles ne sont plus crues, les peuples cherchent dans le leader ce que le réel ne garantit plus. Il est des moments dans l’histoire où les nations ne se contentent plus d’agir. Elles révèlent.  

Manel Albouchi

Nous avons longtemps cru, peut-être trop longtemps, vivre dans un monde structuré, organisé autour d’un centre, d’une gravité politique, d’une loi implicite. Ce centre n’a pas disparu. Mais il ne fait plus autorité.

Ce basculement ne produit pas immédiatement le chaos. Il engendre quelque chose de plus subtil : une transformation du lien entre les acteurs, une fragilisation des repères, une mutation de la croyance.

Le monde n’est plus organisé par une évidence partagée, mais traversé par des incertitudes concurrentes. Dans cet espace liminal, où l’ordre persiste sans convaincre, trois puissances avancent, non pas comme une alliance, mais comme une fissure : Iran, Russie et Chine.

L’illusion d’un bloc

La tentation est grande de les désigner comme un bloc. De simplifier. De nommer une coalition. Mais cette lecture, si elle rassure, ne résiste pas à l’analyse. Ce que nous observons n’est pas une alliance structurée, mais une convergence de refus : refus d’un monde unipolaire, refus d’une norme imposée, refus d’un centre unique incarné par les États-Unis.

Ils coopèrent, échangent, coordonnent. Mais ils ne fusionnent pas. Car chacun porte une temporalité propre et, plus profondément, une angoisse collective spécifique.

Un phénomène, plus discret mais décisif, traverse cette reconfiguration : l’érosion de la norme. Le droit international, longtemps perçu comme cadre régulateur, apparaît désormais comme sélectivement appliqué. Les interventions se justifient différemment selon les acteurs. Les violations ne produisent pas les mêmes conséquences. Les sanctions ne sont pas universelles.

Ce décalage ne génère pas seulement des tensions politiques. Il produit une désorganisation symbolique. Car une règle n’existe pas uniquement parce qu’elle est écrite. Elle existe parce qu’elle est crue comme applicable à tous. Lorsque cette croyance se fissure, ce n’est pas seulement la règle qui s’affaiblit. C’est la confiance dans l’ensemble du système.

Dans la perspective de Paul Ricoeur, toute norme repose sur une forme de confiance partagée, une narration implicite du juste et de l’injuste. Lorsque cette narration se fragmente, le monde commun lui-même se désagrège.

Idéal du moi et Nom-du-Père

Face à cette fragilisation, le sujet, individuel ou collectif, ne disparaît pas. Il se réorganise. Et lorsque la loi ne structure plus suffisamment le réel, l’identification prend le relais. Ce déplacement peut être éclairé par deux concepts fondamentaux.

Chez Sigmund Freud, le leader peut venir incarner l’Idéal du moi : cette instance à laquelle le sujet aspire, celle qui donne une direction, une cohérence, une image valorisée de soi. Dans les moments d’incertitude, cet idéal se projette sur une figure extérieure qui semble concentrer force, clarté et décision.

Chez Jacques Lacan, le Nom-du-Père désigne la fonction symbolique qui organise le monde par la loi, qui introduit la limite et structure le réel. Lorsque cette fonction s’affaiblit non pas en disparaissant, mais en perdant son caractère universel, elle laisse place à des incarnations partielles.

Ainsi, le leader contemporain n’est plus seulement un représentant politique. Il devient à la fois : un support de l’Idéal du moi, un substitut local du Nom-du-Père et un point d’identification dans un monde désorganisé.

C’est dans ce déplacement que s’inscrit le phénomène de l’identification au leader : non plus simplement adhérer, mais se reconnaître dans celui qui semble restaurer une cohérence perdue.

Trois formes d’identification

L’Iran agit à partir d’une mémoire historique dense, marquée par les ruptures et les ingérences. Sa stratégie repose sur la continuité, la résistance et le contournement. Le détroit d’Ormuz devient levier, les réseaux deviennent prolongement, la pression devient langage.

Mais au-delà de la stratégie, le pouvoir prend une forme particulière : il circule, se transmet, s’inscrit dans une continuité souvent invisible. À travers des figures comme Mojtaba Khamenei, il se déploie dans la filiation et le symbolique. L’identification ne se fait pas seulement à un individu, mais à une fonction : celle de la permanence.

La Russie agit à partir d’une blessure : la perte de son statut de centre après l’effondrement de l’Union soviétique. Dans cette faille, le pouvoir prend la forme d’une restauration. Vladimir Poutine incarne cette dynamique : non pas simplement comme dirigeant, mais comme opérateur de réparation symbolique. Son style marqué par la méfiance, l’anticipation et la gestion du rapport de force, répond à une angoisse collective : celle de l’humiliation et de la disparition. L’identification s’organise ici autour d’une fonction de protection.

La Chine, à l’inverse, répond à la crise par l’organisation. Son horizon n’est pas l’urgence, mais la continuité. Avec Xi Jinping, le pouvoir s’inscrit dans le temps long : discipline, planification, centralisation.

L’héritage de la Révolution culturelle chinoise a laissé une empreinte durable : la nécessité de prévenir toute désorganisation du réel. L’identification y est moins émotionnelle, mais plus structurelle : elle se fait à un principe d’ordre.

Le monde sans garant

Ce qui vacille aujourd’hui dépasse la seule géopolitique. C’est une fonction symbolique qui se fragilise.

Pendant des décennies, le monde reposait implicitement sur un garant, une instance capable d’organiser les règles du jeu. Aujourd’hui, cette fonction se fissure.

Dans la lecture de Jacques Lacan, ce moment pourrait être interprété comme une crise du Nom-du-Père : non pas sa disparition, mais sa fragmentation. Chaque puissance propose désormais sa propre cohérence. Chaque espace produit ses propres normes. Le monde devient un champ de subjectivités politiques plutôt qu’un système ordonné.

Dans cette configuration, comme l’a suggéré René Girard, la violence ne disparaît pas avec la loi. Elle se transforme. Elle devient diffuse, mimétique, difficile à contenir.

Iran. Russie. Chine. Trois trajectoires. Trois blessures. Trois stratégies. Mais aussi trois figures. Ce qu’elles révèlent, ce n’est pas seulement une redistribution des puissances. C’est une transformation du lien politique lui-même. Le monde cesse d’être organisé par une loi commune. Il devient un espace d’identifications concurrentes, où la stabilité ne repose plus sur la norme, mais sur les figures qui prétendent l’incarner.

Le basculement du monde ne commence pas lorsque les puissances s’opposent, mais lorsque les règles cessent d’être crues et que les peuples, privés de norme, cherchent dans le leader ce que la loi ne garantit plus.

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