L’ex-sélectionneur de l’équipe de Tunisie de football, Sami Trabelsi, a été condamné à deux ans de prison et à une amende, dans une affaire à caractère bancaire.
La décision a été prise par la Chambre correctionnelle spécialisée dans l’examen des affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis, a indiqué Mosaïque FM en citant une source bien informée.
L’ancien joueur du Club sportif sfaxien (CSS) et de l’équipe nationale de football a été limogé de la direction technique nationale, début janvier dernier, après avoir qualifié les Aigles de Carthage à la Coupe du monde Fifa 2026 et raté la Coupe arabe et la Coupe d’Afrique de nations. Remplacé par Sabri Lamouchi, il a rejoint Doha, au Qatar, où il loue ses services d’analyste et de chroniqueur de football pour les chaînes beIN Sports.
Pour une surprise, c’en est une et des plus grosses ! L’ancien Premier ministre Mohamed Ghannouchi (1999-2011) devra comparaître devant la chambre pénale chargée d’examiner les affaires de corruption financière au tribunal de première instance de Tunis.
L’information, ébruitée hier soir, jeudi 2 avril 2026, sur les réseaux sociaux, a eu l’effet d’une bombe, tant cet homme, aujourd’hui âgé de 85 ans, est réputé pour son intégrité et son dévouement à l’Etat qu’il a servi sa vie durant, avec abnégation et sans faire de vagues.
Selon Diwan FM, citant une source judiciaire, cette décision de renvoi concerne également un ancien directeur général du ministère de la Jeunesse et des Sports. Les deux prévenus comparaîtront en liberté.
L’affaire concerne des soupçons de corruption financière et d’abus liés à un marché public conclu par le ministère de la Jeunesse et des Sports.
Le renvoi a été décidé avant-hier par la chambre d’accusation chargée des affaires de corruption financière à la Cour d’appel de Tunis sur la base des éléments figurant dans le dossier, indique-t-on.
Quand on connaît le nombre incalculable de marchés publics passés par le bureau de ce commis de l’Etat, dont certains sont particulièrement lourds sur le plan financier, on ne peut que s’étonner qu’il ait pu se laisser piéger par celui pour lequel il va devoir être entendu par les juges.
Mohamed Ghannouchi est, avec Habib Bourguiba, Bahi Ladgham, Ahmed Ben Salah, Ahmed Mestiri et Hassib Ben Ammar, pour ne citer que les morts, parmi les rares hommes politiques ayant occupé de hautes fonctions dans l’Etat et pendant longtemps, sans que leur réputation n’ait été entachée par un quelconque soupçon de corruption. C’est peut-être un malentendu, une méprise ou une confusion ! C’est tout le mal que nous lui souhaitons.
La chambre criminelle de la cour d’appel de Tunis, spécialisée dans les affaires de corruption financière, a confirmé hier, jeudi 2 avril 2026, le jugement de première instance contre l’homme d’affaires Marouane Mabrouk, le condamnant à 4 ans de prison et à une amende de 400 000 dinars.
Cette décision fait suite à une affaire de corruption financière et administrative présumée liée à une acquisition immobilière, indique Diwan FM, citant une source judiciaire.
Rappelons que Mabrouk avait été condamné, le 2 mars dernier, par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis, à des peines totalisant 14 ans de prison : 6 ans pour «détournement de fonds publics», en lien avec la décision des autorités tunisiennes, en 2018, de lever le gel de ses avoirs auprès de l’Union européenne ; 5 ans pour blanchiment d’argent et pour avoir exploité les privilèges liés à sa fonction et à ses activités professionnelles et sociales, en plus d’une amende initiale de 100 000 dinars, assortie d’une seconde de 100 millions de dinars ; et 3 ans de prison pour «utilisation de ses fonctions, en tant que dirigeant d’une société d’État, en vue d’obtenir des avantages indus pour autrui et au détriment de l’administration».
La Tunisie a annoncé le lancement d’études pour un projet de corridor terrestre continental vers l’Afrique subsaharienne, en coordination avec la Libye. Il s’agit toutefois d’un projet encore au stade préparatoire, et non d’une infrastructure opérationnelle.
Cette initiative a été présentée par le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, lors du Forum économique Tunisie-Niger, tenu mercredi 1er avril 2026, au Centre de promotion des exportations (Cepex), à Tunis, en présence d’e M. Abdoulaye Seydou, ministre du Commerce de l’Industrie du Niger. Le corridor projeté devrait relier le point de passage de Ras Jedir aux marchés du Niger, du Tchad, du Mali, du Burkina Faso et de la République centrafricaine. L’objectif est de réduire les coûts logistiques et de raccourcir les délais de transport des marchandises tunisiennes à destination du sud du Sahara. Et l’enjeu politique et économique est que Tunis transforme en infrastructure un axe stratégique annoncé de longue date, à savoir, renforcer sa présence commerciale en Afrique.
Dans son rapport gouvernemental 2025 à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Tunisie désigne l’Afrique comme l’un des marchés prioritaires de sa politique commerciale, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). La ratification de l’accord par la Tunisie a été finalisée le 7 août 2020, et le pays participe également à l’initiative de développement commercial pilotée par le secrétariat de la Zlecaf.
Assurer la continuité logistique
Cette annonce intervient alors que Cepex a déjà prévu un programme fortement axé sur l’Afrique pour 2026, avec 65 actions promotionnelles et le soutien d’environ 1 250 entreprises tunisiennes, notamment des rencontres d’affaires et des initiatives dédiées aux marchés subsahariens. Dans ce contexte, le corridor terrestre est présenté comme un outil permettant d’assurer la continuité logistique d’une présence commerciale qui a déjà généré environ 400 transactions d’exportation dans le cadre de la Zlecaf, en particulier dans les secteurs des composants mécaniques et électroniques, du textile et de l’agroalimentaire.
Ce n’est pas un hasard si le dossier a été présenté au forum avec le Niger, un partenaire qui, actuellement, représente encore une part limitée des échanges bilatéraux : selon les données de 2024, les exportations tunisiennes vers Niamey s’élevaient à 5,28 millions de dollars. Le corridor, selon Tunis, devrait précisément servir à combler ce manque, en transformant la frontière de Ras Jedir en une porte d’entrée commerciale vers le Sahel et l’arrière-pays africain.
Il ne s’agit pas de l’ouverture immédiate d’une nouvelle route commerciale déjà fonctionnelle, mais plutôt de la transition vers une phase plus concrète, celle des études et de la planification, d’une stratégie par laquelle la Tunisie tente de réduire sa dépendance aux marchés européens traditionnels et de s’imposer comme une plateforme pour le commerce entre la Méditerranée et l’Afrique subsaharienne.
Des averses en plein mois d’avril, cela fait des années que la Tunisie, qui fait face à un stress hydrique chronique, n’en a pas enregistrées. Aussi les fortes pluies qui tombent depuis une semaine dans toutes les régions du pays ne sont-elles pas de refus, d’autant qu’elles contribuent à l’amélioration des réserves d’eau dans les barrages.
Aujourd’hui, et après être descendu à moins de 20% il y a quelques années, le taux de remplissage des barrages a atteint 58,2 %, et pourrait atteindre 60 % dans les prochains jours, une fois que les réservoirs auront pleinement absorbé les derniers apports, selon une estimation donnée par l’ancien secrétaire d’État aux Ressources hydrauliques, Abdallah Rabhi.
D’après lui, les réserves sont passées de 841 millions de mètres cubes en mars 2025 à près de 1,4 milliard de mètres cubes aujourd’hui.
L’amélioration reste cependant inégale. Les réservoirs du Cap Bon sont à près de 92 % de leur capacité de remplissage, ceux du nord dépassent les 68 %, tandis que les niveaux dans le centre demeurent insuffisants.
Parmi les principaux barrages, Sidi El Barrak et Beni Mtir sont pleins, tandis que Sidi Salem, le plus grand réservoir du pays, approche les 50 % de sa capacité, après avoir été rempli à environ 20 % auparavant.
La reprise intervient après un long cycle de stress hydrique. Rabhi a rappelé que la Tunisie sort de six années de sécheresse, avec des périodes où le niveau de remplissage des réservoirs est descendu en dessous de 20 %. La situation reste donc meilleure qu’au cours des dernières années, mais encore loin des années exceptionnellement pluvieuses, comme 2003 ou 2018, où les réservoirs ont atteint presque leur niveau maximal.
Le ministère de l’Agriculture, de son côté, continue de traiter cette question comme une priorité stratégique.
Parmi les mesures envisagées figurent l’utilisation de films protecteurs spéciaux pour limiter l’évaporation et le recours à des panneaux solaires flottants, et ce dans un contexte qui reste marqué par la vulnérabilité climatique.
Selon les données révélées à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, 2024 a été l’année la plus chaude depuis 1950, avec des déficits pluviométriques allant de 7 à 45 % sur une grande partie du pays et des débits de barrages représentant seulement 36 % de la moyenne.
Dans ce contexte, les fortes pluies augmentent les ressources en eau mais ne résolvent pas à elles seules le problème structurel de la sécurité hydrique. Car une année pluvieuse ne saurait combler le déficit causé par six années particulièrement sèches.
En France, il y a des lois qui protègent. Et d’autres qui, sous couvert de protection, organisent le silence. La proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan appartient dangereusement à la seconde catégorie. Elle risque de restreindre la liberté de critiquer un État, et ici il est surtout question d’Israël, même sur des faits établis, et de priver ainsi la démocratie de l’un de ses mécanismes les plus précieux : le contrôle citoyen et la transparence.
Djamal Guettala
Présentée comme un rempart contre l’antisémitisme, comme s’il n’y en avait pas déjà beaucoup de ces remparts en France, cette loi apparaît, à la lecture, comme un texte aux accents liberticides, dont la portée dépasse largement l’objectif affiché.
Ce qui se joue ici n’est pas seulement la lutte contre la haine — nécessaire et incontestable — mais bien la redéfinition des limites de la parole publique sur le territoire français.
Le contenu du texte inquiète. La proposition introduit des notions floues, extensibles à l’infini, comme celle de «provocation à la négation ou à la destruction d’un État». Une formulation suffisamment vague pour englober des positions politiques, des analyses critiques, voire des prises de position en faveur d’une solution de paix. Dans un tel cadre, la critique devient suspecte, l’analyse devient risquée, la parole devient conditionnelle.
La liberté d’informer placée sous contrôle
Les exemples concrets ne manquent pas. Un journaliste français qui documente les bombardements de civils à Gaza, un universitaire qui analyse les conséquences humanitaires des conflits ou un écrivain qui publie un ouvrage dénonçant des violations des droits humains pourraient, sous certaines interprétations de la loi, se retrouver exposés à des poursuites pénales. La crainte de sanctions suffirait à produire l’autocensure. La liberté d’informer, pourtant pilier de la démocratie, serait placée sous contrôle.
Le glissement est doublement inquiétant : non seulement la loi pourrait criminaliser la critique politique, mais elle tend à confondre critique d’un État et haine envers une communauté.
En France, dénoncer des faits, appeler à la paix ou analyser une politique étrangère pourrait être perçu comme une infraction. La loi Yadan transforme ainsi un outil de protection en instrument de restriction de la parole publique.
Mais ce danger n’est pas seulement juridique. Il est aussi politique. Initialement prévue pour être examinée à la mi-avril, la proposition pourrait être inscrite à l’ordre du jour plus tôt, en lien avec d’autres textes, notamment sur la Kanaky–Nouvelle-Calédonie.
Cette manœuvre suggère une volonté de passage en force, réduisant le temps de débat parlementaire et fragilisant le contrôle démocratique sur un texte majeur.
En parallèle, l’histoire récente de la France montre que la liberté d’expression n’est jamais acquise. Des lois successives ont déjà encadré, restreint ou sanctionné certains discours. La loi Yadan pourrait accentuer cette tendance, en créant un précédent dangereux, où la parole critique, même argumentée, serait suspecte et exposée à des sanctions.
Information filtrée, réalité tue et vérité muselée
Pour les médias, cette loi représente un véritable piège. Les rédactions, confrontées à ce risque juridique, pourraient éviter de traiter certains sujets ou de publier des analyses critiques, par peur des conséquences. Les citoyens français, eux, auraient accès à une information moins complète, plus filtrée, et plus prudente, dans un contexte où la vérité exige courage et franchise.
La lutte contre l’antisémitisme est, rappelons-le, une nécessité absolue. Mais en France, elle ne doit pas devenir un instrument pour museler toute critique politique. L’équilibre est fragile : protéger les citoyens ne doit jamais se faire au détriment de la liberté de penser et de dire. La loi Yadan franchit ce seuil, et ses implications dépassent largement le seul domaine de la lutte contre la haine.
Face à ce texte, il est crucial de comprendre l’enjeu. Ce n’est pas un simple ajustement législatif. C’est un signal inquiétant : celui d’un État prêt à transformer le droit en censure, à imposer la peur comme garde-fou de la parole publique.
Une démocratie qui restreint la liberté de critiquer un État, même sur des faits établis, risque de se priver de l’un de ses mécanismes les plus précieux : le contrôle citoyen et la transparence.
La France doit choisir. Elle peut protéger sans museler, encadrer sans intimider, légiférer sans criminaliser la critique. Ou elle peut céder à une logique de contrôle, où la vérité et la dénonciation deviennent dangereuses. La proposition de loi Yadan, telle qu’elle est rédigée et telle que son adoption est précipitée, penche dangereusement vers cette seconde option.
Il n’est plus question de nuances. La liberté d’expression est en jeu. Chaque citoyen, chaque journaliste, chaque intellectuel est potentiellement concerné. Refuser que la parole critique devienne une variable d’ajustement politique est aujourd’hui une exigence pour préserver la démocratie française.
Le Groupe chimique tunisien (GCT), jadis fleuron de l’industrie tunisienne, semble en grande difficulté **. A première vue, la responsabilité en incomberait à l’Etat, qui en a la tutelle, aux syndicats et à certaines forces politiques qui, à force d’en faire l’arbre de Noël, ont fini par étrangler la poule aux œufs d’or.
Elyes Kasri *
Ma modeste expérience de la diplomatie économique et particulièrement à la tête de l’ambassade de Tunisie à New Delhi me donne des pincements au cœur et une nostalgie accablante quand je me rappelle l’admiration des milieux mondiaux et indiens des engrais chimiques pour le GCT et les compétences tunisiennes.
Narendra Modi, actuel Premier Ministre et homme fort de l’Inde, alors Premier ministre de l’Etat du Gujarat, avait insisté pour que la société publique de l’Etat du Gujarat (Gujarat State Fertilizers Company) conclue une joint-venture avec le GCT (Tifert depuis 2006, en difficulté depuis la révolution de la liberté, de la dignité et…. de l’inflation et du chômage).
Ma modeste connaissance de la gestion (un mastère de l’université du Maryland-USA) me fait penser que l’unique moyen de sauver le GCT et son apport à l’économie nationale, serait de lui conférer une pleine autonomie financière et administrative et de mettre toutes ses installations sous la protection de l’armée nationale.
La direction du programme de sauvetage et de relance du GCT gagnerait à être donnée avec les pleins pouvoirs à un haut technicien de l’envergure de Kais Dali (originaire de Gafsa, ingénieur diplômé de l’École Polytechnique de Paris et de l’École Nationale des Ponts et Chaussées, et ancien PDG du GCT) qui me paraît le mieux qualifié et le plus crédible internationalement pour faire regagner au GCT sa rentabilité et son rayonnement international.
L’état de l’économie tunisienne et la grave crise internationale qui se profile à l’horizon ne permettent plus le luxe des expérimentations socio-partisanes, populistes et autres replâtrages.
Comme disent les anglo-saxons, c’est désormais : «do or die».
* Ancien ambassadeur.
** Le Groupe chimique tunisien (GCT) traverse une crise financière chronique, marquée par des pertes nettes massives atteignant 600 millions de dinars dès 2020 et des déficits cumulés dépassant 1,4 milliard de dinars. Cette situation résulte de la baisse de production, des arrêts fréquents des usines, des blocages sociaux et de la hausse des prix des intrants. (D’après Iboursa).
La guerre livrée depuis le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël à la République islamique d’Iran profite à cette dernière et précisément au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) car la manne pétrolière n’a jamais été aussi rentable avec la hausse des prix du pétrole et surtout que le pétrole iranien, contrairement à celui de ses voisins, continue de franchir le détroit d’Ormuz. Cette bonne santé financière donne du souffle au régime iranien pour pouvoir poursuivre la guerre actuelle qui s’est transformée en véritable guerre d’usure contre les Américains et les Israéliens.
Imed Bahri
Dans une enquête intitulée «Comment l’Iran profite de la guerre de Donald Trump pour s’enrichir considérablement?», The Economist commence par rappeler que pendant un demi-siècle, les monarchies pétrolières du Moyen-Orient se sont présentées comme des fournisseurs fiables de pétrole à bas prix. Cependant, la guerre israélo-américaine actuelle contre l’Iran, qui dure depuis cinq semaines, a brisé cette image. Le détroit d’Ormuz étant en grande partie fermé, près de 15% du pétrole mondial ne peut plus atteindre ses destinataires. Tous les États de la région ont réduit leur production et leurs recettes d’exportation se sont effondrées.
L’Iran remporte la guerre énergétique
Tous, sauf un. Tandis que ses pétroliers continuent de naviguer dans le détroit, l’Iran engrange désormais près du double de ses ventes quotidiennes de pétrole d’avant les bombardements américains et israéliens du 28 février. S’il subit des pertes sur le champ de bataille, il remporte la guerre énergétique.
Déterminer le nombre de barils exportés par le plus grand pays qui contourne les sanctions au monde est complexe. Ses pétroliers sont plus discrets que jamais, les sociétés commerciales d’imagerie satellitaire ont cessé de mettre à jour leurs images de la région et le brouillage électronique plonge le Golfe dans un brouillard informationnel.
Une source proche du dossier pétrolier iranien, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de The Economist, a confirmé que le pays exporte actuellement entre 2,4 et 2,8 millions de barils par jour de pétrole et de produits pétroliers, dont 1,5 à 1,8 million de barils de pétrole brut. Ce volume est équivalent, voire supérieur, à la moyenne des exportations de l’année dernière. Les prix de vente sont par ailleurs nettement plus élevés.
De plus, le système pétrolier iranien s’est adapté pour mieux résister aux frappes et aux sanctions. La majeure partie des recettes est désormais versée au CGRI, la force d’élite du régime. La Chine joue également un rôle actif pour garantir ces flux financiers.
Convertir le pétrole en argent liquide
Le commerce pétrolier iranien repose sur trois piliers : les intermédiaires, le transport maritime et le système bancaire parallèle.
Commençons par la puissance de vente. Comme dans la plupart des pays producteurs de pétrole, les exportations de pétrole iranien sont officiellement gérées par la Compagnie nationale iranienne du pétrole (Nioc). Mais la réalité est tout autre. Dans un pays en proie à une pénurie de devises, le pétrole constitue une source de liquidités. Diverses institutions gouvernementales, du ministère des Affaires étrangères à la police, se voient attribuer des quotas pétroliers qu’elles peuvent vendre. Certaines institutions religieuses détiennent également des quotas.
Selon plusieurs sources iraniennes, toutes ces institutions sont contrôlées par une vingtaine de personnalités influentes qui utilisent leurs réseaux pour convertir le pétrole en argent liquide. Certaines figures importantes, comme Ali Shamkhani, ancien chef du Conseil suprême de sécurité nationale, sont décédées. D’autres sont encore en vie. Le fils d’Ali Shamkhani, Hossein Shamkhani, dirige un empire commercial et maritime.
L’entourage de Mojtaba Khamenei, fils et successeur désigné du défunt Guide suprême, tué dès le premier jour de la guerre, est également impliqué dans le commerce du pétrole. Certains négociants sont liés à Gholam Hossein Mohseni Ejei, un haut magistrat du régime.
Nombre de ces individus sont liés au CGRI. Emma Lee, de la société de suivi des navires Vortexa, estime que cette force, qui exploite ses propres champs pétroliers, est à l’origine de la majeure partie de la récente croissance des exportations de pétrole.
Le fils et le gendre de Mohsen Rezaï, ancien commandant et père fondateur des Gardiens de la révolution devenu conseiller militaire de Mojtaba Khamenei en mars, seraient impliqués dans le transport de grandes quantités de pétrole.
La Force Qods, branche des Gardiens chargée des opérations extérieures, contrôle également 25% de la production iranienne de pétrole brut. Cette structure décentralisée la rend difficile à démanteler par des frappes aériennes.
Emprise des Gardiens sur le détroit d’Ormuz
Durant la guerre, les Gardiens de la révolution ont également renforcé leur emprise sur le transport maritime, second pilier du commerce pétrolier. Ils contrôlent le détroit d’Ormuz ainsi que les transports et les communications dans une grande partie du Golfe. Des sociétés d’apparence privée mais appartenant en réalité aux Gardiens de la révolution ou liées à leur société holding Khatam al-Anbiya* coordonnent la plupart des opérations maritimes avec la Nioc. Parmi ces sociétés figurent Sahand Industrial, Sahara Thunder Trading, Pasargad Financial, Admiral Shipping (propriété de la famille Shamkhani) et Gulf Petrochemical Industries Company. Toutes sont soumises à des sanctions américaines en tant que sociétés écrans.
Des experts iraniens en logistique s’efforcent de protéger les pétroliers des dangers. Leur cargaison peut valoir entre 150 et 200 millions de dollars, soit cinq à dix fois la valeur des navires eux-mêmes. Sur l’île de Kharg, d’où est habituellement exporté 90% du pétrole iranien, les navires amarrés au quai extérieur fonctionnent selon des procédures d’urgence leur permettant de larguer leurs amarres et de partir immédiatement sans assistance. L’utilisation du quai d’Azarabad, plus important, a également été réduite pour des raisons de sécurité.
Pendant ce temps, des pétroliers continuent d’assurer la navette entre l’île de Kharg et les îles voisines, ainsi que les navires de stockage.
Les États-Unis ont bombardé des installations militaires sur l’île de Kharg et menacé de s’en emparer et les Gardiens de la révolution semblent se préparer à cette éventualité. Des ports plus petits comme Jask, Lavan et Siri fonctionnent à pleine capacité et accumulent des quantités record de marchandises. On estime que ces ports réunis pourraient traiter 25% des exportations actuelles de l’île de Kharg.
Tous les détails concernant les navires –cargaison, noms des membres d’équipage et destinations– sont transmis aux Gardiens de la révolution par l’intermédiaire d’agents au moment du départ. Après autorisation, un code de transit est attribué. À l’approche du détroit d’Ormuz, les navires sont tenus de diffuser ce code par radio et, s’ils sont autorisés, sont escortés par des navires des Gardiens de la révolution. Ils empruntent souvent un étroit chenal le long de la côte iranienne, permettant aux Gardiens de les surveiller de plus près. Certains pétroliers sont contraints de payer des millions de dollars de frais et leurs dispositifs de suivi sont temporairement activés pour éviter les collisions avant d’être désactivés.
Malgré la récente décision de Washington d’alléger les sanctions, les pétroliers iraniens continuent d’employer des tactiques trompeuses : usurpation d’identité, falsification de documents et manipulation de leur position. Les cargaisons sont souvent transbordées en mer, au large des côtes malaisiennes ou singapouriennes, sur d’autres navires afin de dissimuler leur origine.
La Chine, destinataire final, est à la manœuvre
La destination finale est souvent la Chine, qui absorbe plus de 90% du pétrole iranien. Une centaine de petites raffineries indépendantes de la province du Shandong achètent ce pétrole. Officiellement, ces raffineries sont distinctes des grandes entreprises d’État mais la réalité est plus complexe, certaines étant liées à des sociétés d’État.
Avant la guerre, ces raffineries bénéficiaient de remises importantes sur le pétrole iranien. Désormais, avec la diminution des approvisionnements du Golfe, ces remises ont diminué et le pétrole iranien, une fois les frais de transport ajoutés, est plus cher que le Brent. Les prix mondiaux ont également augmenté, ce qui a considérablement accru les revenus iraniens.
Cependant, ces prix compriment les marges bénéficiaires des raffineries chinoises, notamment en raison du plafonnement des prix des carburants imposé par le gouvernement. Néanmoins, certaines raffineries d’État envisagent d’acheter du pétrole iranien dans le cadre de la dérogation américaine, ce qui pourrait officialiser davantage le rôle de la Chine dans le commerce pétrolier iranien.
Le troisième pilier est le système de paiement. Les acheteurs, chinois et étrangers, paient via des comptes «fiduciaires» temporaires ouverts à cet effet auprès de petites banques en Chine ou à Hong Kong, sous le nom de sociétés écrans. Les fonds sont ensuite transférés à leurs destinations finales par le biais d’un réseau complexe de comptes.
Une partie de l’argent reste en Chine pour l’achat de biens, tandis que le reste est transféré à travers le monde.
The Economist a révélé les noms d’entreprises chinoises récemment utilisées pour transférer des fonds provenant du pétrole iranien et il a été constaté qu’elles traitaient avec des entreprises en Inde, au Kazakhstan et en Turquie.
Ce réseau est géré par des départements spécialisés au sein d’entreprises liées au ministère de la Défense ou aux Gardiens de la révolution, fonctionnant comme des banques informelles. La densité de ces réseaux, qui comprennent des milliers de comptes, les rend extrêmement résistants aux pressions.
Ces dernières semaines, les Émirats arabes unis ont fourni aux États-Unis des informations détaillées sur les réseaux financiers liés à l’Iran, contraignant Téhéran à redistribuer ses fonds via de nouveaux canaux. Les transactions s’effectuent désormais par le biais de multiples sociétés écrans et avec une extrême prudence.
Malgré des retraits effectués sur certains comptes contenant entre 6 et 7 milliards de dollars, de nombreux paradis fiscaux subsistent, notamment des comptes en Asie de l’Est et en Europe.
Cette complexité complique le suivi des fonds, même pour la banque centrale iranienne, mais permet simultanément à certains acteurs du secteur pétrolier d’engranger des profits supplémentaires. Le système pétrolier continue néanmoins de fonctionner.
À moins d’une attaque d’envergure contre les infrastructures énergétiques iraniennes –qui pourrait inciter l’Iran à riposter en frappant des installations dans les pays du Golfe–, il sera difficile de paralyser ce système.
* Khatam al-Anbiya est une société holding géante détenue par les Gardiens de la révolution avec qui contrôle plus de 812 sociétés enregistrées à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Iran. À ne pas confondre avec une autre structure, le commandement militaire Khatam al-Anbiya, commandement unifié des forces armées iraniennes.
La Tunisie au printemps. La majorité des visiteurs s’y rendent pour caresser les premiers rayons de soleil se faufilant parmi les nuages et admirer le bleu-blanc couronné de fleurs grimpantes. Après l’Egypte et le Liban, l’Agence culturelle internationale Karkadé, a invité des candidats de différentes nationalités à un atelier de traduction littéraire du 22 au 25 mars en Tunisie. Pour rapprocher les rives par les mots.
Tawfiq Belfadel *
Sous l’égide de l’Institut Français, inscrite dans le grand programme «Livres des 2 rives», l’activité a eu lieu au Village Kèn, à quelques kilomètres de Hammamet (près de Bouficha) ; un excellent espace pour la création, fondé en 1984 par Noura et Slah Smaoui ; là où calme et sérénité, nature et inspiration, artisanat et culture… se conjuguent au présent pour offrir les meilleures conditions de séjour artistique ou personnel.
Le nom est déjà une invitation à l’art, telle une porte qu’on pousse pour une transcendance merveilleuse : Kèn, inspiré de la formule d’ouverture des contes arabes «Ken y a ma ken» (il était une fois).
Il était une fois ; quatorze candidats habités par la passion des mots, hommes et femmes, encadrés par le traducteur-écrivain-éditeur tunisien Walid Soliman. Les représentantes de l’agence Karkadé ont veillé au bon déroulement, présentes au moindre besoin pour réussir cette expérience à la fois artistique et humaine.
Le texte renaît dans une autre langue
L’objectif de l’atelier était, entre autres, de faire acquérir les compétences de bases relatives à la traduction littéraire (arabo-français) et promouvoir le dialogue interculturel ; l’objet en était le nouveau roman de la romancière tunisienne Hella Feki, ‘‘Une Reine sans royaume’’(JC Lattès, Paris, 2025).
Il s’agit d’une fiction à la lisière de la documentation et de l’imaginaire ; Ranavalona III, dernière reine de Madagascar, est forcée à l’exil par les colons. Sans règne ou royaume, elle fait de l’exil un pont vers la renaissance : elle va d’Alger vers Tunis (1907) pour assister aux salons artistiques et de pensée… Ainsi, elle trouve dans le voyage et la culture une lumière qui dissipe les ombres de son existence. Ni biographie romancée, ni un essai orné de fiction ; c’est un magnifique périple existentiel qui va du Dedans au Dehors, du JE à l’Autre pour dire la condition humaine.
Dans la première session, la romancière a expliqué la genèse de son roman : un travail colossal de plusieurs mois croisant expérience personnelle (son séjour à Madagascar), cartes postales, archives, ressources, livres…. La présence de Hella durant l’atelier était une chance et un enrichissement réciproque. «Ce travail m’a conduite à interroger mes propres choix d’écriture et à expliciter certaines images, révélant la part parfois inconsciente de la création. Voir mon texte déplacé, transformé, réinventé dans une autre langue a constitué une expérience à la fois exigeante et profondément émouvante. L’atelier a également été pour moi l’occasion de renouer avec la langue arabe et d’en redécouvrir les subtilités. », dit la romancière.
Dans la même séance, deux représentantes de l’Institut Français ont éclairé les participants sur les activités et objectifs de ce dernier : langue française, livres, cultures, arts…; comment faire de la langue française un pont vers l’Autre.
Les autres sessions ont été consacrées à la traduction d’extraits choisis par l’animateur Walid Soliman. Adoptant une pédagogie exemplaire, mêlant théorie et pratique, rigueur et souplesse, celui-ci a incité les candidats à une exploration approfondie des mots : trouver le meilleur mot. Savoir traduire. « J’ai eu l’immense plaisir d’animer cet atelier de traduction qui porte sur le beau roman de Hella Feki et qui s’inscrit dans mon effort de contribuer à la formation d’une nouvelle génération de traducteurs littéraires dans le monde arabe. Grâce à l’organisation impeccable de l’agence Karkadé et à l’implication et le sérieux des participants, je peux dire que cet événement était une vraie réussite. J’espère qu’une nouvelle tradition d’ateliers de traduction littéraire voit le jour dans le Maghreb qui regorge de talents» dit-il.
La différence des profils (étudiants, doctorants, chercheurs….) et origines (Algérie, Tunisie, Egypte.) n’a nullement été un écueil pour les candidats : passionnés des lettres et des mots, travaillant en sous-groupes, ils ont réussi à tisser un dialogue réciproque et fructueux. Au fur et à mesure, ils sont arrivés à donner le meilleur, à naviguer aisément d’une langue à l’autre; et ce grâce aux efforts fournis, aux conseils précieux de l’animateur, aux commentaires fructueux de Hella.
Un voyage vers soi passant par l’Autre
Le soir du 24 mars, les candidats ont assisté à une rencontre littéraire, au même lieu, avec l’éditeur tunisien Habib Zoghbi et Walid Soliman. Il est question de traduction, d’édition, et de lecture : un moment qui enrichit davantage l’atelier. Les deux ont notamment abordé longuement la traduction vers l’arabe de ‘‘Farouche liberté’’ (Gisèle Halimi et Annick Cojean); traduit par Walid et publié par Habib.
Compétences acquises. Objectifs réalisés. Atelier réussi. Pour clore cette aventure, Hella Feki lit un bel extrait de son roman : la beauté des mots et la voix de l’autrice ravivent Ranavalona III, comme si elle était là, aguicheuse dans sa robe chatoyante, son chapeau qui dompte l’air, le regard perdu entre ici et ailleurs.
Même si le programme de l’atelier condensé, le groupe a eu une douce mélancolie à la fin des sessions tellement l’activité était riche et enrichissante ; les mots sont devenus des Mots ; les langues sont devenues des ponts, les livres une seule épopée fraternelle, et la traduction un voyage vers soi passant par l’Autre. En somme, grâce à cet atelier, les frontières sont abolies et les rives, éparpillées tel un rêve impossible, sont désormais une seule toile couleur arc-en-ciel.
* Ecrivain-poète algérien, fondateur du magazine littéraire ‘‘Lecture-Monde’’.
L’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan a été libérée jeudi soir, 2 avril 2026, après plusieurs heures de garde à vue à Paris, dans une affaire qui a rapidement pris une dimension politique nationale.
À sa sortie du commissariat, brièvement interpellée par des journalistes sur son arrestation, elle a choisi la retenue : «Je pense qu’il faut être claire : pas de déclaration aujourd’hui. Demain, il y aura une conférence de presse.» Une réponse courte, qui renvoie à une prise de parole plus structurée attendue dans les heures suivantes.
Placée en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour «apologie du terrorisme», l’élue, membre de La France insoumise (LFI), est visée pour un message publié sur les réseaux sociaux évoquant Kōzō Okamoto, militant japonais impliqué dans un attentat meurtrier en 1972 en Israël. Le message, depuis supprimé, a été jugé problématique par les autorités, entraînant l’ouverture d’une procédure judiciaire.
Lors de sa convocation, une petite quantité de stupéfiants a été retrouvée dans son sac, donnant lieu à une procédure distincte pour détention et transport. Un élément qui, sans constituer le cœur du dossier, a immédiatement alimenté les commentaires médiatiques et politiques.
Sur le plan judiciaire, cette libération ne met pas fin à l’affaire. Rima Hassan devra comparaître ultérieurement devant le tribunal correctionnel, à une date qui reste à préciser.
Mais c’est surtout sur le terrain politique que la séquence s’est intensifiée. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi, dénonçant un traitement qu’il juge partial : «La police laisse faire un traquenard à Lyon, les juges laissent circuler des centaines de messages racistes et néo-nazis, mais une députée est en garde à vue et des pseudo-infos sur “de la drogue” circulent aussitôt à propos d’un produit légal sans rapport avec “la drogue”. Sommes-nous encore en démocratie en France ? […] Relâchez Rima Hassan, messieurs Darmanin et Nunez. Cessez cette ambiance de pressions politiques indigne!»
Cette prise de position illustre la ligne de défense adoptée par LFI, qui voit dans cette affaire une pression politique visant une élue engagée, notamment sur la question palestinienne.
À l’inverse, d’autres responsables politiques insistent sur la nécessité de faire respecter la loi, rappelant que l’apologie du terrorisme constitue une infraction pénale clairement définie.
Au-delà du cas individuel, l’affaire met en lumière les tensions croissantes autour de la liberté d’expression des responsables politiques, à l’heure des réseaux sociaux, où chaque prise de parole peut basculer dans le champ judiciaire.
La conférence de presse annoncée par Rima Hassan est désormais très attendue. Elle devrait permettre à l’eurodéputée de clarifier ses propos, répondre aux accusations et donner sa lecture des faits, dans une affaire appelée à rester au cœur du débat public dans les prochains jours.
Cependant, une chose est sûre: il est devenu difficile d’être Palestinien ou de défendre la cause palestinienne en France. Et cela se confirme jour après jour dans un pays où les crimes contre l’humanité commis par Israël en Palestine sont à peine évoqués par les médias, qui aussitôt s’en excusent, ou presque. La déroute morale de la pseudo démocratie occidentale ne fait plus l’ombre d’un doute dans un monde à la dérive…
La Biat lance «Biat O’Vert», une nouvelle offre dédiée au financement de la consommation et des projets responsables et à impact environnemental positif. Cette nouvelle offre s’inscrit pleinement dans la démarche de développement durable de la banque et consolide son engagement en faveur de la transition énergétique.
Dans un contexte où la transition écologique constitue un enjeu majeur, la demande en solutions de financement responsables continue de progresser de manière soutenue en Tunisie, portée par une volonté croissante de réduire l’empreinte carbone, par le développement des énergies renouvelables et par l’adoption de modes de consommation plus respectueux de l’environnement.
Face à ces enjeux, la Biat met à la disposition de ses clients, particuliers, professionnels et entreprises, sa nouvelle offre «Biat O’Vert» destinée à accompagner la réalisation de leurs projets à valeur environnementale.
Cette initiative traduit la volonté de la banque de proposer des solutions concrètes en réponse aux nouveaux besoins du marché.
Des conditions de financement avantageuses
Dédiée au financement d’un large éventail de projets, «Biat O’Vert» repose sur des conditions de financement avantageuses et adaptées aux spécificités de chacun d’entre eux, permettant ainsi de faciliter l’accès à des investissements durables.
Pour les particuliers et les professionnels, «Biat O’Vert» se décline en deux variantes : «Biat O’Vert Rénov» facilite la réalisation de travaux liés à la réduction de la consommation d’énergie des logements et à l’amélioration de la gestion de l’eau, la modernisation d’équipements à fort impact environnemental et l’installation d’équipements utilisant des énergies renouvelables, tandis que ««Biat O’VertAuto» favorise l’adoption de solutions de mobilité plus respectueuses de l’environnement à travers l’acquisition de véhicules hybrides ou électriques.
Cette offre accompagne également les entreprises dans leurs projets de transformation durable, de modernisation énergétique et de réduction de leur impact environnemental grâce à la variante «Biat O’Vert Entreprises».
Avec «Biat O’Vert», la Biat franchit une nouvelle étape en transformant ses financements en leviers de durabilité et en apportant des réponses adaptées aux attentes du marché.
A travers cette initiative, elle renforce son positionnement de banque citoyenne, innovante et confirme son engagement à soutenir la transition énergétique et à promouvoir les projets écoresponsables pour un avenir plus durable.
Acteur de référence en Tunisie
Banque universelle, acteur de référence en Tunisie, la Biat constitue aujourd’hui un groupe bancaire solide avec ses filiales dans les domaines de l’assurance, de la gestion d’actifs, du capital-investissement, de l’intermédiation boursière et du conseil.
Implantée sur tout le territoire, la Biat compte aujourd’hui 206 agences à travers toute la Tunisie. Près de 2500 collaborateurs travaillent au service de tous ses clients : particuliers, professionnels, PME, grandes entreprises et institutionnels.
Très attentive à sa responsabilité sociétale, la Biat a traduit son positionnement citoyen par de nombreux engagements. La création de la Fondation BIAT pour la jeunesse tunisienne, au printemps 2014, en est emblématique et ancre cet engagement de façon pérenne.
La Villa Baizeau à Carthage, unique création africaine de Le Corbusier, retrouve une place centrale sur la scène culturelle tunisienne à l’occasion des célébrations du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la Tunisie et la Suisse. Un programme allie art contemporain, réflexion architecturale et valorisation du patrimoine moderne.
L’ambassade de Suisse a présenté cette initiative comme l’ouverture d’une année commémorative dédiée aux personnalités suisses ayant marqué durablement la Tunisie.
L’événement phare de ce programme sera l’exposition «Ma maison est un Le Corbusier (Villa Baizeau)» de l’artiste italien Cristian Chironi, qui se tiendra du 3 avril au 17 juin 2026 au Centre d’art contemporain La Boîte à Tunis.
Ce projet s’inscrit dans une démarche initiée par Chironi en 2015, fondée sur l’idée d’«habiter» de manière critique l’architecture de Le Corbusier afin d’interroger son héritage culturel et urbain contemporain.
Mémoire, paysage et modernisme
Au cœur du projet se trouve la Fiat 127 Special «Caméléon», utilisée lors de la performance itinérante «Carthage Drive» les 24 et 25 mars, comme extension mobile de l’exposition. Plus qu’un simple accessoire, la voiture devient un dispositif narratif et performatif grâce auquel l’artiste met en mouvement mémoire, paysage et modernisme, transformant le trajet urbain en une expérience esthétique et critique.
Cette initiative est organisée en collaboration avec la Fondation Le Corbusier, l’Association tunisienne pour la recherche en architecture et l’École nationale supérieure d’architecture et d’urbanisme (Enau) de Tunis, avec le soutien de l’Institut culturel italien en Tunisie, de l’ambassade d’Italie en Tunisie et de la Coopération suisse en Tunisie.
Le projet sera accompagné d’une publication des Éditions Lenz et d’une conférence le 2 avril à l’Enau, dans le cadre de la Journée du design italien, avec la participation, entre autres, de Brigitte Bouvier de la Fondation Le Corbusier, de Tarek Baccouche, directeur général de l’Institut national du patrimoine (INP), et de l’architecte Chacha Atallah. Cette initiative culturelle ne se limite pas à une simple exposition ; elle vise à relancer le débat autour d’un édifice singulier dans l’histoire de l’architecture tunisienne et du XXe siècle. Construite entre 1928 et 1930 sur la colline Sainte-Monique, dominant la mer à Carthage, la villa fut commandée par l’entrepreneur Lucien Baizeau et conçue par Le Corbusier sans que l’architecte ne se rende jamais sur place, travaillant à distance à partir de photographies, de plans et de correspondance. La Fondation Le Corbusier la considère comme le seul projet architectural qu’il ait conçu en Afrique.
L’architecture corbuséenne adaptée au climat méditerranéen
Sur le plan formel, la Villa Baizeau est perçue comme une étape majeure dans le développement du langage corbuséen adapté au climat méditerranéen. L’édifice intègre les principes de la Maison Dom-Ino et les «cinq points» de l’architecture moderne : un plan ouvert, des façades détachées de la structure, de vastes terrasses en surplomb pour se protéger du soleil et des vents chauds, et un système de ventilation naturelle assurant la circulation de l’air du rez-de-chaussée jusqu’au toit.
Le thème même de la protection solaire, déjà encouragé par le client, est interprété par les spécialistes comme l’un des prémices du développement ultérieur du brise-soleil dans l’œuvre de Le Corbusier.
L’histoire de la villa est cependant aussi celle d’un retrait progressif du regard public. Après l’indépendance de la Tunisie, le bâtiment fut nationalisé en 1961 et intégré au périmètre du palais présidentiel de Carthage. Selon la Fondation Le Corbusier, il abrite aujourd’hui les archives de l’Agence générale de renseignement tunisienne et est de fait inaccessible. Ces dernières années, cette inaccessibilité même a contribué à en faire un objet quasi mythique pour les architectes, les chercheurs et les acteurs culturels, alimentant des initiatives d’exposition et des projets de réinterprétation artistique, comme celui actuellement mené à Tunis.
Dans le contexte tunisien, la redécouverte de la Villa Baizeau s’inscrit également dans un processus plus large de reconnaissance du patrimoine moderniste. Un article publié par Archibat et signé par un architecte de l’INP rappelle que le dossier de protection juridique du bien a été validé par la Commission nationale du patrimoine en juillet 2023 et qu’un décret du ministère des Affaires culturelles relatif à la protection des monuments historiques et archéologiques a été publié au Journal officiel tunisien le 26 janvier 2024. Il s’agit d’une étape importante, car elle témoigne d’une attention croissante portée à un patrimoine architectural longtemps resté marginalisé par rapport au patrimoine archéologique et monumental plus connu du pays.
La Tunisie, qui souffre d’un stress hydrique structurel dû au réchauffement climatique, a lancé un essai pilote à Lebna (photo), dans le Cap Bon, visant à réduire l’évaporation de l’eau stockée dans les barrages, l’une des principales sources de pertes pour le système hydrique national durant l’été. La technique consiste à appliquer un film protecteur mince à la surface de l’eau afin de limiter l’évaporation.
Cette initiative a été annoncée par le secrétaire d’État aux Ressources hydrauliques, Hamadi Habaieb, en marge de la signature, le 30 mars 2026, de 14 contrats de programmes de recherche au Centre de biotechnologie Borj Cédria, dans le gouvernorat de Ben Arous.
Le projet pilote est en cours au barrage de Lebna, dans le gouvernorat de Nabeul, où des tests en laboratoire ont débuté pour évaluer l’impact du matériau sur l’eau potable et l’irrigation, avant une éventuelle extension à d’autres infrastructures.
Habaieb a expliqué que la Tunisie perd près d’un million de mètres cubes d’eau par jour par évaporation en été, un volume que les autorités comparent à la consommation cumulée du Grand Tunis, de Nabeul, du Sahel et de Sfax.
L’installation de panneaux solaires flottants figure parmi les solutions envisagées pour atténuer l’impact de la chaleur et du changement climatique sur les ressources en eau.
Ce test intervient alors que les réservoirs du pays connaissent une relative amélioration. Au 30 mars, le taux de remplissage des barrages tunisiens atteignait 58 %, un niveau qualifié de «rassurant» par les autorités et supérieur à celui de la même période l’an dernier.
Les récentes pluies en Tunisie ont également contribué à la remontée des nappes phréatiques, atteignant près de quatre mètres par endroits. Cette amélioration est cependant inégale. Dans le dernier bilan régional publié le 24 mars, Habaieb a indiqué des niveaux supérieurs à 67 % dans le Nord et à plus de 90 % au Cap Bon, tandis que les barrages du Centre restaient stables entre 12 et 13 %. Dans le même temps, le secrétaire d’État a évoqué une augmentation des réserves d’environ 500 millions de mètres cubes par rapport à l’année précédente.
La Banque africaine de développement (BAD) décrit le pays comme souffrant de pénuries d’eau chroniques, avec moins de 450 mètres cubes d’eau par habitant et par an, soit en dessous du seuil de pénurie absolue fixé à 500 mètres cubes.
Le gouvernement a reconnu la sécheresse comme une catastrophe naturelle pour la campagne agricole 2023-2024 dans 12 gouvernorats, signe que la restauration des barrages ne suffira pas à effacer les effets cumulés de plusieurs années de stress hydrique.
La Tunisie s’apprête à accueillir la première édition du Festival du film palestinien, qui se tient du 2 au 12 avril 2026 au cinéma Le Rio à Tunis, avec le réalisateur Michel Khleifi comme invité d’honneur.
Selon les organisateurs, cette initiative s’inscrit dans une saison culturelle où la thématique palestinienne continue d’être présente à travers le langage cinématographique, ainsi que dans le débat public et citoyen tunisien.
L’événement vise à présenter le cinéma palestinien non seulement comme un témoignage politique, mais aussi comme une production artistique autonome, capable de raconter la mémoire, l’identité, l’exil et le quotidien.
Cette première édition est dédiée à la mémoire de Maître Ismaïl Al Junaidi, avocat palestinien originaire d’Hébron, qui avait choisi la Tunisie comme seconde patrie, soulignent les organisateurs.
La présence de Michel Khleifi confère au festival une forte dimension symbolique. Né à Nazareth en 1950, Khleifi est considéré par les sources biographiques officielles comme l’un des fondateurs du cinéma palestinien contemporain et l’une de ses voix les plus influentes. Parmi ses œuvres les plus connues figure ‘‘Noce en Galilée’’, film de 1987 primé à l’international, qui sera projeté au Rio aujourd’hui, jeudi 2 avril.
Michel Khleifi.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte tunisien déjà sensible au cinéma palestinien. Lors du Festival international du film de Carthage de 2025, la Palestine était déjà à l’honneur avec des hommages et des œuvres dédiées, signe d’une continuité culturelle qui trouve aujourd’hui une nouvelle forme dans un festival entièrement consacré à cette production.
En ce sens, le nouvel événement du Rio apparaît comme une nouvelle étape de l’engagement historique de la Tunisie envers la cause palestinienne, traduit ici dans un contexte culturel et cinématographique.
Dans le paysage culturel tunisien, la mission du festival est double : d’une part, offrir une plateforme stable aux réalisateurs, aux œuvres et aux récits palestiniens, et d’autre part, consolider la place de Tunis comme un centre névralgique du cinéma d’auteur lié aux grandes problématiques méditerranéennes et moyen-orientales.
Hommage au Doyen Sadok Belaid, décédé le 7 mars 2026 à 87 ans, que j’avais eu comme professeur de droit constitutionnel en première année à Faculté de droit et des sciences politiques et économiques de Tunis (1977), de droit international public, en troisième année (1979) et de droit international en DEA (1982).
Raouf Chatty *
A l’époque, il n’avait que 33 ans, quand il succéda à Chedly Ayari, appelé à des fonctions ministérielles, au poste de Doyen. Son nom était sur toutes les lèvres. Il avait la stature et la réputation d’un grand professeur et d’un excellent manager. Étudiants comme enseignants, maîtres de conférences, maitres -assistants et assistants lui vouaient un grand respect, car il était le premier Tunisien agrégé en droit public de l’université de la Sorbonne.
L’homme, réputé pour sa rigueur et sa fermeté, tenait la faculté en main et rien ne lui échappait. Ceux qui l’avaient côtoyé de près se félicitaient de son honnêteté intellectuelle, de son intelligence portée par un remarquable esprit de synthèse, de ses capacités de gestion et de son sens aiguë du rôle que doit jouer l’université dans la vie de la nation.
Un grand maître.
Par sa présence, son aura, son choix vestimentaire (il était souvent en costume noir), le sérieux et la rigueur qu’il dégageait, sa science et sa pédagogie, il ne passait pas inaperçu. C’était ce qu’on appelle un grand maître.
Chaque fois qu’il entrait dans l’amphithéâtre 1, à 9 heures tapantes, toujours ponctuel, pour son cours de droit constitutionnel, il posait son porte-documents en cuir noir sur le pupitre et entamait ses conférences devant plusieurs centaines d’étudiants. Les portes de l’amphithéâtre étaient aussitôt refermées et aucun retardataire ne se hasardait à s’annoncer, sachant que celles et ceux qui avaient osé le faire furent renvoyés sèchement et illico presto, le Professeur Belaid ne tolérant aucun retard et avait horreur de voir ses conférences perturbées de quelque manière que ce soit.
Les étudiants, pour leur part, se précipitaient pour être aux premières loges. Ils prenaient plaisir à suivre studieusement ses conférences qui étaient bien structurées, claires et concises, alliant érudition, rigueur et pédagogie.
Le Professeur Belaid, qui maniait brillamment la langue de Molière, ce qui lui permettait de familiariser les étudiants que nous étions aux concepts de sa discipline, le droit constitutionnel. Il avait d’ailleurs beaucoup de facilité à faire comprendre les idées et les thèmes qu’il développait avec une évidente aisance. Il faut dire que cette aisance était le fruit d’un grand travail, car il préparait minutieusement ses conférences et ne laissait rien au hasard. Il était d’autant plus exigeant avec les autres qu’il l’était, d’abord, avec lui-même. Son but fondamental était que les étudiants disposent des clés indispensables pour se familiariser avec la discipline enseignée, en comprendre les tenants et aboutissants et ne pas se perdre dans les détails… Sa méthode nous aidait beaucoup dans les recherches que nous faisions et dans nos lectures des ouvrages spécialisés de grands juristes français comme Maurice et André Hauriou, Georges Burdeau, Maurice Duverger et autres Marcel Waline.
Le Professeur Belaid dispensait ses conférences comme un mathématicien soucieux de logique et de sens.
Ironie, drôlerie et finesse d’esprit
Le sérieux qui caractérisait sa démarche n’excluait pas un humour fin. Qui ne se souvient de ses réparties sarcastiques pleines de finesse, comme de ses réactions virulentes lorsque des étudiants étrangers à la faculté envahissaient l’amphithéâtre pour faire sortir de force les étudiants et les obliger à assister aux assemblées générales qu’ils tenaient dans l’enceinte de la faculté ?
Dans de telles circonstances, le Professeur Belaid agit en démocrate en s’adressant, micro en main, à l’amphithéâtre pour inviter les étudiants voulant participer aux AG à le faire de plein gré. Comme très peu d’étudiants se laissaient intimider par les appels des organisateurs des AG et préféraient suivre le cours, le Professeur Belaid en prenait immédiatement acte, donnait l’ordre aux agitateurs de quitter immédiatement l’amphithéâtre et continuait calmement à donner sa conférence, comme si de rien n’était.
Interpellant, un jour, une étudiante qui, voulant se faire remarquer, défonça la porte de l’amphithéâtre, vingt minutes après le commencement du cours, il lui intima l’ordre de quitter les lieux en prenant soin de lui faire remarquer : «Mademoiselle, la faculté a ses règles qui doivent être respectées.»
Aux étudiants qui s’inquiétaient de la grande sélection aux épreuves de première et de deuxième année, le pourcentage des admis en premier cycle (Deug) ne dépassant jamais les 25% du nombre des candidats, sessions de juin et de septembre comprises, il répondait de manière sarcastique : «Ne vous en faites pas, vous serez licenciés d’une manière ou d’une autre !». Ainsi, tout le monde savait à quoi s’en tenir et redoublait d’effort pour traverser le cap.
Quant aux sujets qu’il donnait pour les examens de fin d’année, souvent redoutés par les étudiants, ils étaient souvent axés sur des questions transversales qui faisaient appel à l’intelligence des étudiants et à leur capacité de synthèse. Il accordait une grande importance à la manière avec laquelle ses étudiants abordaient ces sujets.
Lors de la correction des épreuves, il était intraitable sur la question du plan en deux parties, tout comme sur l’esprit de synthèse, la rigueur de l’analyse et la clarté de la dissertation.
Je me rappelle, à titre d’exemples, de ces sujets que nous avions eu à traiter : «Constitutions coutumières et coutumes constitutionnelles» ou encore «Un État peut-il vivre sans Constitution ?» Celles et ceux qui obtenaient une bonne note, c’est-à-dire 16/20 dans le meilleur des cas, étaient félicités par leurs camarades qui cherchaient à connaître les secrets de leur performance.
A ce sujet, le Professeur Belaid avait pris coutume de dire : «L’essentiel ce n’est pas de travailler, mais plutôt de savoir comment travailler. Je veux des têtes bien faites et non des têtes pleines.»
Par ailleurs, celles et ceux qui ont l’honneur de préparer des mémoires de troisième cycle ou des thèses de doctorat sous sa direction se rappellent toujours des séances harassantes et exigeantes qu’ils ont eues avec lui, travaillant au peigne fin leurs brouillons, ne laissant rien passer sans le soumettre à la loupe de la rigueur et de la méthode, exigeant de tout doctorant de grands efforts pour apporter du nouveau et s’éloigner des sentiers battus.
Chaque thèse de doctorat prenait quatre années de travail acharné pour voir le jour. Le récipiendaire pouvait légitimement se targuer d’avoir eu pour directeur de thèse le Doyen Belaid. A ce propos, feu Lazhar Bououny, futur professeur de droit, Doyen et ministre, et qui fut son assistant de droit constitutionnel en 1976/1977, me racontait les souffrances endurées lors de la préparation de sa thèse de doctorat sous la direction du Doyen Belaid, pour qui il avait un profond respect.
Il a formation de hauts cadres de la nation
Je me rappelle toujours de la soutenance de thèse de doctorat d’État de droit public de Hafedh Ben Salah, devenu ultérieurement doyen de la Faculté de droit et ministre. Ce dernier avait travaillé sous le patronage du Doyen Belaid. Son travail était de l’avis de tous réellement un chef d’œuvre de rigueur. Cela n’avait pas empêché un membre du jury, lors de la soutenance, devant une salle archicomble, en présence de hauts magistrats, d’universitaires et de certains ministres, de lui lancer des fléchettes, pour entendre le Doyen Belaid lui rétorquer : «Maintenant que vous avez lancé vos fléchettes au candidat, je souhaite vous dire que nous les recevons avec bonheur.» Ce à quoi, le concerné, qui était assis à l’extrême droite de la table, est monté au créneau pour signifier avec tact au Doyen Belaid : «Ni la gauche ni la droite ne soutiennent le centre», allusion faite au Professeur Belaid qui était assis, ce jour-là, au centre de la table du jury. Le prenant à la lettre, ce dernier lui rétorqua : «Le centre n’a pas besoin de soutien, du fait qu’il se tient de lui-même», au grand bonheur des présents, qui avaient apprécié ce tic-au-tac entre deux grands juristes.
En pleine année universitaire 1979, des rumeurs ont couru qui prêtaient au Professeur Belaid d’avoir refusé le poste de ministre de l’Enseignement supérieur que venait de lui proposer le Premier ministre de l’époque, Hedi Nouira. Ces rumeurs étaient fondées. Les milieux universitaires en étaient au courant. Le poste est reviendra au vice-doyen de la Faculté de droit, Abdelaziz Ben Dhia, professeur de droit civil et ami de longue date du Doyen Belaid…
Ce dernier croyait fermement au rôle de l’université dans la formation de hauts responsables de la nation, des cadres rigoureux, disciplinés, honnêtes, ayant le sens de l’honneur et du travail bien accompli et capables de jouer pleinement leurs rôles dans le développement de la Tunisie. Il avait largement contribué à doter notre pays de centaines de cadres supérieurs qui lui sont redevables de ce qu’ils sont devenus.
Le Doyen Belaid restera toujours l’exemple à suivre par toute personne imbue d’amour pour son pays. Paix à son âme. Puisse le Tout Puissant lui accorde miséricorde et l’accueillir dans son éternel paradis.
En Tunisie, les habitudes de consommation évoluent rapidement, notamment dans le domaine de la santé et du bien-être. Les consommateurs recherchent aujourd’hui des produits à la fois fiables, accessibles et proposés à des prix raisonnables. Dans ce contexte, Tunisiepara.com s’impose progressivement comme une solution innovante, en mettant à disposition une large gamme de produits de parapharmacie à des tarifs particulièrement compétitifs.
Grâce à un positionnement clair, Tunisiepara.com attire une clientèle variée, composée aussi bien de familles que de jeunes actifs ou de personnes soucieuses de leur santé et de leur budget. La plateforme répond ainsi à une demande croissante pour une parapharmacie en ligne accessible et économique en Tunisie.
Les meilleurs prix du marché grâce à une veille tarifaire permanente
L’un des principaux atouts de Tunisiepara repose sur sa politique de prix. Contrairement aux modèles traditionnels, la plateforme a mis en place une veille quotidienne des prix pratiqués sur le marché tunisien. Cette approche permet d’ajuster régulièrement les tarifs afin de rester compétitif.
L’objectif est d’offrir aux consommateurs tunisiens les meilleurs prix possibles, sans compromettre la qualité des produits. Lorsqu’un écart est constaté, les équipes procèdent à un ajustement rapide afin de garantir un positionnement avantageux.
Une nouvelle référence pour consommer mieux et moins cher
Grâce à cette stratégie, Tunisiepara s’impose aujourd’hui comme la parapharmacie la moins chère en Tunisie. Ce positionnement répond à une réalité économique où le pouvoir d’achat constitue un critère déterminant dans les décisions d’achat.
Cette approche permet de rendre accessibles des produits essentiels, notamment dans les domaines des soins pour bébés, des compléments alimentaires et des produits dermatologiques, tout en maintenant un niveau de qualité élevé.
Un catalogue complet : plus de 10 000 produits disponibles
Tunisiepara propose un catalogue riche de plus de 10 000 produits, couvrant l’ensemble des besoins du quotidien. On y retrouve notamment des produits pour bébé et maternité, des soins capillaires et anti-chute, des compléments alimentaires, des soins du visage et du corps, ainsi que des écrans solaires adaptés au climat tunisien et des produits d’hygiène.
Cette diversité permet aux consommateurs de trouver facilement des solutions adaptées à leurs besoins, en un seul espace, sans avoir à multiplier les points d’achat.
Une offre adaptée aux réalités locales
La sélection des produits tient compte des spécificités du marché tunisien. La demande en protection solaire, par exemple, est particulièrement élevée dans les régions du sud et sur les zones côtières, tandis que les compléments alimentaires et les soins capillaires restent très sollicités sur l’ensemble du territoire.
Qualité et contrôle : laboratoire interne pour tester les produits
Au-delà de la question des prix, Tunisiepara accorde une attention particulière à la qualité des produits proposés. La plateforme dispose d’un laboratoire interne dédié au test et au contrôle des produits avant leur mise en vente.
Cette démarche permet de garantir l’authenticité des produits, leur conformité aux normes ainsi que leur efficacité. Les contrôles sont réalisés avec l’appui de professionnels, notamment des consultants en parapharmacie et des dermatologues, afin d’assurer une sélection rigoureuse.
Des marques reconnues et accessibles
Tunisiepara travaille avec plusieurs marques internationales reconnues telles que La Roche-Posay, SVR, Uriage, Eucerin, Avène, Mustela, Bioderma ou encore Vichy.
La plateforme est également partenaire officiel et unique en Tunisie de la marque APEDERM, ce qui lui permet de proposer des produits exclusifs, difficilement accessibles ailleurs sur le marché local.
Grâce à sa politique de prix, ces marques deviennent plus accessibles à une large partie de la population tunisienne.
Expérience client simplifiée : accessibilité et accompagnement
Tunisiepara propose une expérience utilisateur fluide, avec un site accessible 24h/24 et 7j/7. Les commandes peuvent être effectuées à tout moment, avec une livraison assurée sur l’ensemble du territoire tunisien.
En parallèle, une équipe dédiée reste disponible pour accompagner les clients dans leurs choix et répondre à leurs questions via différents canaux de communication. Cet accompagnement permet d’orienter les utilisateurs vers les produits les plus adaptés à leurs besoins.
Des avantages concrets
Tunisiepara propose également plusieurs services destinés à faciliter l’expérience d’achat, notamment la livraison gratuite à partir d’un certain montant, le paiement sécurisé à la livraison, ainsi que des promotions régulières et des ventes flash tout au long de l’année. Le service client reste disponible en continu, y compris pendant les jours fériés.
Tunisiepara, un modèle qui s’inscrit dans la durée
En combinant prix compétitifs, diversité de l’offre et exigence en matière de qualité, Tunisiepara s’impose aujourd’hui comme un acteur majeur de la parapharmacie en ligne en Tunisie.
Son positionnement basé sur l’accessibilité et la transparence répond aux attentes actuelles des consommateurs, tout en accompagnant l’évolution du secteur vers des solutions plus modernes et plus pratiques.
Avec une croissance continue et une stratégie centrée sur les besoins du marché, Tunisiepara confirme sa place parmi les plateformes les plus attractives pour l’achat de produits de parapharmacie en Tunisie, au meilleur prix.
Le Financial Times, en se basant trois sources, a révélé qu’un courtier travaillant pour le secrétaire américain à la Guerre Pete Hegseth a tenté de réaliser un investissement important dans une grande entreprise du secteur de la défense quelques semaines seulement avant le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
Imed Bahri
Ces sources ont indiqué que le courtier de M. Hegseth qui travaille à Morgan Stanley avait contacté BlackRock, plus grand gestionnaire d’actifs au monde, en février, au sujet d’un investissement de plusieurs millions de dollars dans le fonds négocié en bourse (ETF) baptisé iShares Defense Industrials Active (IDEF) appartenant à la société de gestion d’actifs, peu avant le lancement des opérations militaires américaines contre Téhéran.
Les sources ont ajouté que cette demande, formulée pour le compte d’un client potentiel de premier plan avait fait l’objet d’une enquête interne chez BlackRock.
Selon BlackRock, le fonds IDEF doté de 3,2 milliards de dollars vise à «saisir les opportunités de croissance en investissant dans des entreprises susceptibles de bénéficier de l’augmentation des dépenses publiques en matière de défense et de sécurité, dans un contexte de fragmentation géopolitique et de concurrence économique».
Ses investissements les plus importants comprennent des géants de la défense tels que RTX, Lockheed Martin et Northrop Grumman dont le principal client est le Pentagone ainsi que la société d’intégration de données Palantir.
Suite à l’article du Financial Times, le porte-parole du Pentagone Sean Parnell a écrit sur la plateforme X : «Cette allégation est totalement fausse et inventée de toutes pièces. Le secrétaire Hegseth et ses représentants n’ont jamais contacté BlackRock au sujet d’un tel investissement».
BlackRock et Morgan Stanley ont refusé de commenter.
Un acteur clé de la guerre contre l’Iran
Hegseth est un acteur clé de la guerre contre l’Iran et l’un de ses plus fervents partisans au sein de l’administration Trump. Il se vante fréquemment de la puissance militaire américaine et n’hésite pas à instrumentaliser la religion chrétienne dans ce conflit.
L’investissement évoqué par l’intermédiaire de Hegseth ne s’est finalement pas concrétisé car le fonds, lancé en mai de l’année précédente, n’était pas encore accessible aux clients de Morgan Stanley. Bien que les fonds négociés en bourse (ETF) soient conçus pour être achetés et vendus aussi facilement que des actions, leur large disponibilité fait que la plupart des grandes plateformes de courtage et de négociation n’offrent qu’une fraction des plus de 14 000 ETF actuellement existants.
On ignore si Hegseth a par la suite trouvé un autre fonds spécialisé dans la défense pour finaliser son investissement. Ces fonds sont prisés des investisseurs particuliers car ils offrent souvent des frais réduits et un traitement fiscal plus avantageux que les fonds communs de placement ainsi qu’une entrée et une sortie plus rapides.
Le fonds IDEF, coté au Nasdaq, a progressé de 28% l’an dernier mais n’a pas su tirer profit du conflit au Moyen-Orient, chutant d’environ 13% le mois dernier.
Si l’échec de la finalisation de l’accord avec BlackRock a pu éviter des pertes à court terme, la volonté de Hegseth de réaliser un tel investissement au moment même où le département de la Guerre, qu’il dirige, se préparait à une campagne militaire de grande envergure risque de susciter une vive controverse.
Un chef du Pentagone très soluble dans l’argent
Ces discussions sur les investissements dans la défense interviennent alors que les analystes de Wall Street font l’objet d’un examen minutieux concernant leurs transactions sur les marchés financiers et spéculatifs, dans un contexte de décisions imminentes de l’administration Trump.
Hegseth est un fervent défenseur de la campagne américaine contre l’Iran et le président Donald Trump le considère comme le premier, au sein de son cercle de sécurité nationale, à plaider en faveur d’une guerre.
Durant son passage à Fox News, Hegseth a perçu 4,6 millions de dollars entre 2022 et 2024 selon une déclaration qu’il a soumise lors de ses auditions de confirmation au Sénat. Il a également reçu environ 500 000 dollars d’avances pour deux livres durant cette période, en plus de droits d’auteur allant de 100 000 à 1 million de dollars chacun. Il a par ailleurs perçu près de 900 000 dollars d’honoraires pour des conférences.
Sa dernière déclaration de patrimoine, publiée en juin 2025, révèle que le secrétaire à la Guerre a vendu des actions dans 29 sociétés différentes, chaque opération étant évaluée entre 1001 et 50 000 dollars.
L’arrivée stratégique du câble sous-marin Medusa à Bizerte ouvre des perspectives inédites pour le développement d’infrastructures numériques de pointe dans la région. C’est dans ce cadre qu’une expertise de haut niveau en ingénierie numérique a récemment exploré la viabilité de l’implantation de data centers au sein de ce gouvernorat du nord de la Tunisie.(Photo : Medusa fait de Bizerte la porte d’entrée naturelle des flux numériques entre l’Europe et l’Afrique).
Lotfi Sahli
Sollicité pour apporter un éclairage technique sur les spécificités du paysage énergétique local, cet échange a permis d’évaluer comment transformer cette connectivité internationale en un levier de croissance concret. L’objectif est clair : harmoniser les capacités de la fibre optique avec les ressources territoriales pour positionner Bizerte comme un pôle technologique majeur, prêt à accueillir les défis de l’intelligence artificielle (IA) et de l’économie de la donnée.
Mutation des forteresses numériques
Pour comprendre l’enjeu, il faut d’abord définir ce qu’est un data center moderne. Ces infrastructures, véritables poumons de l’Internet, ne sont plus de simples entrepôts de serveurs. Elles se classent désormais selon une hiérarchie de puissance et de service :
Le Petit/Edge (< 1 MW) : déployé localement (bureaux, usines) pour garantir une latence minimale.
Le Moyen (1-10 MW) : le standard pour la colocation d’entreprises.
Le Grand (10-100 MW) : opéré par les grands fournisseurs de Cloud.
L’Hyperscale (> 100 MW) : des infrastructures colossales portées par les géants comme Google ou AWS, capables de gérer des flux mondiaux sur des surfaces dépassant les 50 000 m².
Au-delà de la taille, c’est la densité par baie (ou rack) qui dicte la complexité technique. Si une baie standard consomme entre 5 et 10 kW, l’explosion de l’IA et du calcul intensif (HPC) propulse les besoins vers des sommets de 40 à 60 kW, transformant chaque armoire en une source de chaleur intense qu’il faut impérativement maîtriser.
Les data center moderne, véritables poumons de l’Internet, ne sont plus de simples entrepôts de serveurs.
L’efficacité énergétique, juge de paix du PUE
Dans cette course à la puissance, la rentabilité et l’écologie se rejoignent autour d’un indicateur clé : le Power Usage Effectiveness (PUE). Il mesure le rendement énergétique en comparant l’énergie totale consommée par le centre à celle réellement utilisée par les serveurs.
PUE= Puissance totale consommée en KWH/Energie IT en KWH.
Un score de 1,0 représente la perfection théorique. Aujourd’hui, les projets les plus ambitieux visent un PUE situé entre 1,1 et 1,3. Pour y parvenir, l’innovation se porte sur le refroidissement, qui représente souvent 40 % de la facture électrique :
Free cooling : utilisation de l’air extérieur pour refroidir les circuits, réduisant la climatisation de 70 à 90 % ;
Refroidissement adiabatique : vaporisation d’eau pour abaisser la température par évaporation, une solution très économe en énergie ;
Liquid Cooling (Direct-to-Chip) : cette technologie émergente, qui sera présente dans 20 % des nouveaux centres d’ici fin 2026, utilise un liquide caloporteur circulant directement sur les processeurs. Elle est 1 000 fois plus efficace que l’air pour gérer les charges de travail liées à l’IA.
Medusa, le détonateur de la souveraineté numérique
L’atterrissement du câble sous-marin Medusa à Bizerte en novembre 2025 change radicalement la donne pour la Tunisie. Reliant la Tunisie à la France (Marseille) et à 12 autres pays, ce lien de fibre optique de 8 700 km offre une capacité vertigineuse de 24 Tbps.
En multipliant la bande passante par dix et en garantissant une latence inférieure à 10 ms, Medusa fait de Bizerte la porte d’entrée naturelle des flux numériques entre l’Europe et l’Afrique. Cette connectivité directe permet d’envisager l’hébergement local de données critiques, renforçant ainsi la souveraineté numérique tunisienne.
SoleCrypt : un phare à Bizerte
C’est précisément sur ce terreau fertile que germe le projet de SoleCrypt, en partenariat avec Schneider Electric. Annoncé en janvier 2026, ce cluster de data centers durables au sein du Parc d’activités économiques de Bizerte (PAEB) se veut exemplaire :
Puissance et échelle : une capacité totale prévue de 20 MW (phase initiale de 10 MW) en architecture Tier III.
Optimisation IA : utilisation des architectures Nvidia et du refroidissement liquide pour supporter des densités allant jusqu’à 80 kW par baie.
Énergie Verte : pour limiter son empreinte carbone, le cluster sera couplé à un projet de production solaire de 60 MW basé à Tozeur.
Sous l’impulsion d’Amir Ben-Gacem, SoleCrypt ne se contente pas de bâtir une infrastructure ; le projet crée un écosystème. La proximité immédiate (2 km) des câbles sous-marins et l’expertise locale en gestion énergétique font de ce site l’un des futurs poumons numériques de l’Afrique.
Vers un corridor numérique méditerranéen
La convergence entre la puissance de Medusa, l’innovation technique du refroidissement liquide et la maîtrise du paysage énergétique local dessine un avenir prometteur. La Tunisie ne se positionne plus seulement comme un consommateur de technologies, mais comme un hébergeur de classe mondiale, capable d’attirer les fintechs et les laboratoires d’IA les plus exigeants.
Bizerte, forte de son histoire et de sa géographie, s’impose désormais comme le pivot central de cette révolution numérique durable.
L’accréditation ISO 17020 s’impose aujourd’hui comme un véritable levier de transformation pour les bureaux d’inspection et de contrôle technique. Dans un environnement national industriel marqué par le vieillissement des installations et l’intensification des exigences en matière de sécurité, ces acteurs ne sont plus de simples intervenants techniques : ils deviennent des garants stratégiques de la maîtrise des risques et de la performance industrielle.
Taoufik Halila & Mohamed Férid Herelli *
La sécurité industrielle n’est plus une option. Elle conditionne à la fois la protection des personnes, la pérennité des investissements et l’attractivité économique pour des nouveaux projets.
Dans ce contexte, les organismes d’inspection occupent une position centrale dans le dispositif de prévention. L’orientation récente des autorités tunisiennes vers un alignement sur les exigences de la norme ISO/IEC 17020 envoie un signal fort : élever le niveau d’exigence, structurer le secteur et instaurer une culture de confiance durable avec un alignement à l’échelle internationale.
Anticiper les risques et détecter les alertes
Concrètement, un organisme d’inspection performant agit à plusieurs niveaux. Il sécurise d’abord les fondamentaux en garantissant la conformité réglementaire des équipements critiques, depuis les appareils, à pression, de levage et manutention jusqu’aux installations électriques. Mais son rôle va bien au-delà. Il anticipe les risques, détecte les signaux alarmants et contribue activement à éviter les défaillances avant qu’elles ne deviennent des incidents majeurs.
Sa valeur ajoutée réside également dans sa capacité à accompagner les acteurs industriels. Par ses interventions régulières, il améliore les conceptions, optimise les processus et facilite l’intégration des évolutions technologiques.
La surveillance continue des installations en exploitation renforce cette dynamique en assurant une conformité durable, notamment dans des domaines sensibles comme le gaz, la manutention ou les systèmes thermiques Cette approche globale repose sur un socle clair : compétence, impartialité et indépendance. C’est précisément ce que garantit la norme ISO/IEC 17020, devenue le référentiel incontournable à l’échelle internationale. L’accréditation n’est plus un simple label : elle constitue une preuve tangible de fiabilité et un passeport pour la reconnaissance, tant au niveau national qu’international.
En effet, au-delà de l’ISO 17020, qui garantit l’impartialité et la compétence technique des organismes d’inspection, l’accès à des secteurs à haute valeur technologique exige des normes complémentaires, notamment l’ISO 9001 pour le management de la qualité, des normes produits spécifiques, telles que EN 9100 pour le secteur aéronautique, l’IATF 16949 pour l’automobile et des guides techniques sectoriels (ILAC P15).
Ainsi, le récent communiqué du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie (voir ci-dessous) s’inscrit-il dans une logique ambitieuse pour généraliser l’accréditation, harmoniser les pratiques et renforcer la coordination entre les différents acteurs concernés à savoir les ministères, les industries, les organismes exerçants dans le domaine de l’environnement, les assurances, la protection civile ce qui permettrait de construire et bâtir un système plus cohérent, plus transparent et plus efficace.
Cette dynamique ouvre également des perspectives importantes en matière d’emploi et favorise l’émergence de nouvelles compétences.
Montée en compétences des ressources
Par ailleurs il est important de signaler que, le secteur devrait accélérer sa modernisation et ce par l’intégration des nouvelles technologies telles que les contrôles non destructifs, la numérisation, l’intelligence artificielle, l’industrie 4.0 et en même temps redéfinir ses indicateurs d’efficacité et de performance.et ce en se basant sur la montée en compétences des ressources humaines à travers la formation continue, la certification des personnes exerçantes dans cette activités et la mise à jour régulière de leurs habilitations.
Au-delà des frontières, l’alignement sur les normes internationales constitue un atout stratégique. Il permet aux organismes d’inspection de se positionner sur des marchés internationaux et de participer à des projets de grande envergure, renforçant ainsi leur compétitivité.
Les bénéfices sont concrets et mesurables. Un système de contrôle technique renforcé permet de réduire significativement les risques d’accidents majeurs, d’allonger la durée de vie des installations, d’optimiser les coûts de maintenance et d’améliorer la performance globale des infrastructures. Il joue également un rôle déterminant dans le renforcement de la confiance des investisseurs.
Aujourd’hui, il est clair que, les bureaux d’inspection et de contrôle technique occupent une place stratégique dans la chaîne de sécurité industrielle.
L’accréditation ISO/IEC 17020 apparaît comme un levier fondamental pour garantir la qualité, l’impartialité et la reconnaissance internationale des prestations.
La vision des autorités nationales, fondée sur le renforcement du cadre réglementaire, la généralisation de l’accréditation et la modernisation des pratiques, ouvre la voie à une transformation profonde du secteur. Cette dynamique permettra non seulement de préserver les installations industrielles, mais également de positionner les organismes nationaux comme des acteurs compétitifs à l’échelle internationale.
* Conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).
Communiqué
Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie informe les propriétaires et les agents des structures d’inspection technique qui ont obtenu un cahier des charges pour exercer une activité d’inspection dans le domaine industriel et qui souhaitent poursuivre leur activité après le 16 octobre 2026, qu’ils sont invités à contacter les services compétents du Conseil national d’accréditation (Tunac) afin d’obtenir une accréditation dans au moins deux des catégories d’inspection requises, conformément à la décision du ministre de l’Industrie, des Petites et moyennes entreprises et du ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale en date du 17 avril 2020, relative à l’approbation du cahier des charges pour l’inspection technique, telle que modifiée par la décision conjointe du 26 juin 2023 et les textes mis à jour du 11 décembre 2024 (nouvel article 5).
Le ministère précise également qu’un calendrier a été établi indiquant les délais accordés aux structures de contrôle technique pour obtenir l’accréditation dans toutes les catégories de contrôle requises, avec l’obligation de fournir une confirmation écrite et de respecter le calendrier spécifié, afin que le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie puisse approuver les modalités d’exercice de l’activité de contrôle technique dans les délais impartis et éviter toute interruption des services fournis.