Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 14. Januar 2026Haupt-Feeds

Enfin libre, Chadha Haj Mbarek peut se soigner

14. Januar 2026 um 13:18

La cour d’appel a ordonné ce mercredi 14 janvier 2026 la libération de la journaliste Chadha Haj Mbarek, emprisonnée depuis 2023 dans une affaire de complot, après avoir réduit sa peine, a annoncé sa famille. La cour a ramené sa peine de 5 à 2 ans, la rendant libérable immédiatement.

La journaliste avait été condamnée dans l’affaire dite Instalingo, une entreprise de médias proche du parti islamiste Ennahdha, qui impliquait 41 personnalités politiques, journalistes et hommes d’affaires, dont l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple et chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, accusés de complot et de délits financiers, accusations catégoriquement niées par les prévenus y compris Chadha Haj Mbarek.

Le frère de la journaliste a précisé que sa santé s’était gravement détériorée pendant son incarcération. Elle a souffert de graves complications, notamment une perte auditive importante, et un cancer lui a été diagnostiqué en détention, a-t-il ajouté.

Les autorités tunisiennes ont indiqué que l’affaire découlait d’enquêtes judiciaires portant sur des infractions financières et sécuritaires présumées, et ont rejeté les accusations de l’opposition selon lesquelles les poursuites étaient politiquement motivées.

I. B.

L’article Enfin libre, Chadha Haj Mbarek peut se soigner est apparu en premier sur Kapitalis.

Affaire Instalingo | Peine de 22 ans de prison confirmée pour Ghannouchi

14. Januar 2026 um 12:57

La cour d’appel de Tunis a confirmé, ce mercredi 14 janvier 2026, la peine de 22 ans de prison de Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste Ennahdha et ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). La cour a confirmé les peines de prison de 40 personnes, journalistes, blogueurs et hommes d’affaires, poursuivis dans l’affaire Instalingo. Seule la journaliste Chadha Haj Mbarek a été libérée.

Le 5 février, un tribunal de première instance avait condamné 41 prévenus, dont Ghannouchi, âgé de 84 ans, à des peines de prison allant de 5 à 54 ans. Ghannouchi était détenu depuis le 17 avril 2023, date à laquelle la police avait perquisitionné son domicile. Il a depuis été condamné à plusieurs reprises dans d’autres affaires.

Une source judiciaire anonyme a indiqué à l’agence de presse officielle tunisienne que la cour d’appel avait confirmé toutes les condamnations, à l’exception de celle de Chadha Haj Mbarek. Sa peine a été réduite de 5 à 2 ans, et la cour a ordonné un sursis à exécution.

Les accusés peuvent se pourvoir en cassation, mais ce pourvoi n’empêche pas l’exécution des peines.

Tous les accusés nient les charges retenues contre eux, notamment le complot contre la sûreté de l’État, la tentative de modification de la nature de l’État, l’incitation à la violence armée, les provocations à la violence et au pillage, ainsi que les actes hostiles envers le président.

En droit tunisien, cette accusation désigne toute conduite considérée comme une atteinte grave à la personne ou à l’autorité du chef de l’État, incluant les menaces, les agressions physiques ou les actions perçues comme portant atteinte à l’autorité de l’État.

Instalingo est une entreprise de médias numériques et de communication basée à Kalaa Kebira, dans le gouvernorat de Sousse. Son siège a été perquisitionné le 10 septembre 2021, suite à des allégations d’atteintes à la sûreté de l’État, de blanchiment d’argent et de diffamation en ligne.

Les autorités insistent sur le fait que les accusés sont jugés au pénal et nient toute ingérence politique dans la procédure judiciaire. Des figures de l’opposition affirment cependant que cette affaire s’inscrit dans une campagne plus vaste visant à discréditer les détracteurs des mesures exceptionnelles prises par le président Kaïs Saïed, depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021 : limogeage du gouvernement, dissolution du Parlement, instauration d’un régime par décret, adoption d’une nouvelle constitution par référendum et tenue d’élections législatives anticipées.

L’opposition qualifie ces mesures de coup d’État anticonstitutionnel et de tentative d’instaurer un pouvoir personnel, tandis que ses partisans estiment qu’elles mettent fin à une «décennie noire» (2011-2021) et corrigent le cours de la révolution tunisienne de 2011 qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali.

I. B.

L’article Affaire Instalingo | Peine de 22 ans de prison confirmée pour Ghannouchi est apparu en premier sur Kapitalis.

Taieb Bouaicha | «La direction de l’UGTT doit démissionner»  

14. Januar 2026 um 12:01

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) traverse depuis quelque temps l’une des crises les plus importantes de son histoire avec un secrétaire général démissionnaire, une direction presque paralysée, de fortes pressions extérieures, notamment de la part des autorités politiques, et une grogne intérieure qui n’est pas près de se calmer.

L’un des porte-parole de cette grogne, Taïeb Bouaïcha, qui se réclame d’une opposition syndicale démocratique, a estimé que la situation au sein de la Centrale syndicale, Prix Nobel de la Paix 2015 pour son rôle dans le dialogue national, est devenue inadmissible et inacceptable, accusant la direction actuelle d’être incapable de résoudre la crise interne.

Dans une déclaration à Mosaïque, il a souligné que les divisions profondes au sein de l’organisation empêchent tout consensus, y compris sur la tenue d’un congrès, initialement prévu en mars 2026, avertissant que tout processus organisationnel ou électoral engagé par l’actuelle direction serait contesté.

Celle-ci, qui est fortement contestée, doit assumer ses responsabilités et démissionner, estime Bouaicha, ajoutant que le salut de l’organisation passe par une restructuration à partir des syndicats de base et la mise en place d’une commission composée de syndicalistes indépendants pour mener les réformes nécessaires.

Bouaicha a par ailleurs dénoncé le flou juridique entourant les appels à la tenue d’une commission administrative, mettant en garde contre les répercussions de la poursuite de la crise sur l’UGTT et sur le pays.

I. B.

L’article Taieb Bouaicha | «La direction de l’UGTT doit démissionner»   est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Colibris recycle les déchets textiles

14. Januar 2026 um 11:36

Colibris, première start-up tunisienne spécialisée dans la collecte à domicile des déchets ménagers et industriels recyclables, a lancé un projet pilote de valorisation des vêtements usagés de toutes couleurs et de tous types. Devise de la startup : «Dieu bénisse ceux qui nous confient leurs déchets».

Cette initiative est menée en collaboration avec la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH), précise Colibris, ajoutant que la majeure partie des déchets textiles sera recyclée. Les articles encore utilisables seront donnés à des associations caritatives. Colibris assure l’organisation et la logistique.

Le secteur du textile et de l’habillement, pilier de l’économie nationale, a généré 9,5 milliards de dinars tunisiens (environ 3 millions d’euros) de recettes d’exportation en 2025, selon le président de la FTTH, Haïthem Bouajila.

Le secteur regroupe près de 1 500 entreprises industrielles employant environ 155 000 personnes et présente un fort potentiel de croissance si des réformes structurelles sont mises en œuvre, notamment une réforme législative, une attractivité accrue pour les entreprises et un soutien à la transition durable du secteur.

En octobre 2025, le Centre technique du textile (Cettex), rattaché au ministère de l’Industrie, a franchi une étape importante dans son engagement en faveur du développement durable en lançant un programme de formation à l’économie circulaire du textile dans le cadre du programme Gtex Menatex.

Ce programme quinquennal est financé par le Secrétariat d’État à l’économie (Seco) de la Confédération suisse et l’Agence suédoise de coopération internationale au développement. Il vise à encourager les exportations de textiles et de vêtements des pays en développement, dont la Tunisie, afin de promouvoir la création d’emplois et de revenus tout au long de la chaîne de valeur. Ce programme de formation, animé par les experts du centre en économie circulaire du textile, est axé sur la sélection de matériaux durables, de procédés, de technologies innovantes et d’opportunités d’investissement, ainsi que sur les pratiques de collecte, de tri et de réutilisation des déchets.
L’industrie textile tunisienne s’est fixé un objectif de recyclage de 50 % d’ici 2030. Selon certaines études, elle génère chaque année environ 31 000 tonnes de déchets textiles pré-consommation, dont la majeure partie est recyclable.

Cependant, cette conversion est quasi inexistante en Tunisie en raison du manque d’infrastructures adéquates.

L’article Tunisie | Colibris recycle les déchets textiles est apparu en premier sur Kapitalis.

Quels enjeux pour Mama Africa en 2026 ?

14. Januar 2026 um 10:18

Avec des conflits armés très meurtriers comme celui du Soudan qui a donné lieu à la plus grave crise humanitaire dans le monde, des luttes fratricides pour le pouvoir et des scrutins électoraux à l’issue incertaine mais aussi la région du Sahel toujours en proie à l’instabilité, les défis sont légion pour le continent africain en cette nouvelle année. 

Imed Bahri

Le revue américaine Foreign Policy a publié une analyse de Nosmot Gbadamosi présentant les principaux enjeux qui devraient façonner le paysage africain en 2026 dans un contexte de crises politiques, sécuritaires et électorales susceptibles de redéfinir l’équilibre des pouvoirs sur le continent.

Plusieurs pays africains organiseront des élections cruciales mais les experts prévoient qu’elles seront largement symboliques, avec des résultats prédéterminés, ce qui pourrait ouvrir la voie à une nouvelle vague de protestations de jeunes, semblables à celles observées sur le continent en 2025. Les élections prévues pour 2026 sont les suivantes :

Élections générales en Ouganda, le 15 janvier ; élections présidentielles au Bénin, le 12 avril ; élections générales en Éthiopie, le 1er juin ; élections générales en Zambie, le 13 août ; élections présidentielles en Gambie, le 5 décembre ; et élections générales au Soudan du Sud, le 22 décembre.

Soudan du Sud

Ces élections au Soudan du Sud sont les premières depuis l’indépendance du pays en 2011. Reportées à plusieurs reprises, elles suscitent aujourd’hui de nombreux doutes, tant au niveau international que national, quant à leur faisabilité et leur équité, compte tenu de l’instabilité politique qui règne dans le pays.

Le Soudan du Sud est entré dans une phase critique depuis l’effondrement du fragile accord de partage du pouvoir entre le président Salva Kiir Mayardit et son ancien vice-président et opposant, Riek Machar.

En mars 2025, Machar a été assigné à résidence. En septembre, le gouvernement l’a inculpé de meurtre, de trahison et de crimes contre l’humanité, et l’a démis de ses fonctions de premier vice-président au sein du gouvernement d’union nationale.

Ce poste faisait partie de l’accord de 2018 conclu entre les deux hommes, qui avait mis fin à une guerre civile de cinq ans ayant coûté la vie à environ 400 000 personnes.

Ces récents développements ont permis à Salva Kiir de consolider son pouvoir sans véritable opposition et le pays est à nouveau au bord d’une guerre civile généralisée.

Foreign Policy met également en garde contre le risque de débordement du conflit au Soudan, d’autant plus que l’armée soudanaise accuse Salva Kiir de soutenir les Forces de soutien rapide, ce qui pourrait entraîner le Soudan du Sud directement impliqué dans la guerre au Soudan.

Éthiopie

Concernant l’Éthiopie, FP note que les élections générales à venir se déroulent dans un contexte de crise sécuritaire et économique croissante. Les tensions persistent dans les régions d’Amhara et d’Oromia, où des affrontements se poursuivent entre les forces fédérales et les groupes armés locaux, risquant de perturber le processus électoral dans une grande partie du pays.

Ces élections pourraient consolider le pouvoir du gouvernement, au moment même où le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), parti au pouvoir au Tigré, accuse le gouvernement de violer l’accord de paix de 2022, exacerbant ainsi la méfiance entre les deux parties.

Ce climat fragile, selon la revue américaine, pourrait engendrer une instabilité accrue et alimenter les accusations d’illégitimité des élections et de manque de transparence quant à leurs résultats.

Somalie

Concernant les élections somaliennes, elles pourraient ne pas se dérouler comme prévu en raison de la controverse persistante entourant leur déroulement. Des réformes électorales sont en cours, visant à passer du système actuel, où les chefs de clan désignent les membres du parlement qui élisent ensuite le président, à un système de vote direct fondé sur le principe une personne, une voix. 

Cette évolution représente un changement radical dans la structure du pouvoir et a suscité de vives protestations, notamment de la part des régions semi-autonomes du Puntland et du Jubaland, qui estiment que les réformes renforcent le pouvoir central à Mogadiscio et affaiblissent l’influence des régions.

Conflits ouverts

Au Sahel et en Afrique de l’Ouest, la revue américaine met en garde contre la propagation de ce qui est décrit comme un «virus des coups d’État militaires», compte tenu de l’influence croissante des juntes militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger (Alliance sahélienne), et de la multiplication des attaques perpétrées par des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.

En République démocratique du Congo, FP indique que l’accord négocié par l’administration du président américain Donald Trump n’a pas permis d’endiguer les combats dans l’est du pays où des affrontements avec le mouvement M23 soutenu par le Rwanda se poursuivent.

Au Soudan, la poursuite du conflit qui dure depuis près de trois ans, notamment avec l’intensification des combats dans la région du Kordofan. Les initiatives internationales, y compris celles menées par Washington en coopération avec les pays de la région, n’ont guère progressé, les deux camps, l’armée et les Forces de soutien rapide, privilégiant les options militaires.

L’article Quels enjeux pour Mama Africa en 2026 ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Oran | Mémoire populaire et héritage méditerranéen

14. Januar 2026 um 08:40

À Paris, dans son modeste appartement du Passage Briare, Nathalie prépare un voyage qui, sur le papier, pourrait sembler ordinaire : un billet d’avion, un visa, un hôtel. Pourtant, en août 2019, ce départ pour Oran n’a rien d’anodin. Il s’agit d’un retour différé, longtemps repoussé, vers une ville quittée dans le fracas de l’histoire. Nathalie est journaliste, juive algérienne née en France, héritière d’un exil qui ne dit pas toujours son nom. À travers elle, ‘‘Oranaise sang pour sang’’ de Valérie Rodrigue, Éditions L’Harmattan – Collection Graveurs de Mémoire, Pais 14 octobre 2025) interroge la mémoire, la filiation et la persistance du lien avec une terre quittée mais jamais effacée.

Djamal Guettala

Les tantes de Nathalie, dispersées entre la France et Israël, la missionnent à distance. Retrouver les anciens appartements familiaux, photographier les portes, les balcons, localiser la tombe de Raoul, jeune oncle mort en 1958 sur la route d’Alger à Oran. Elles voyagent par procuration. La mère, elle, reste muette. Elle a tiré un trait sur l’Algérie. «La famille peut-elle faire le deuil d’un fils, d’un pays ?» Cette question traverse le livre comme une cicatrice ouverte.

Fragilité affective, mémoire collective et abandon personnel

Au fond, Nathalie s’offre aussi ce pèlerinage pour panser une blessure intime : oublier Ilyas, l’amant kabyle qui l’a quittée. Pour l’oublier, ou pour s’en rapprocher autrement. Le récit avance ainsi sur deux lignes parallèles : l’histoire familiale et la fragilité affective, la mémoire collective et l’abandon personnel.

À Oran, Nathalie n’est pas seule. Nassim, jeune Algérien, l’accompagne dans les quartiers d’Eckmühl et de la rue d’Arzew. Les immeubles fatigués, les cages d’escalier sombres, les portes mangées par le temps deviennent des archives à ciel ouvert. Chaque étage est une hésitation, chaque sonnette une possibilité de déception. Mais la ville répond par l’humain. Une voisine, Aïcha, ouvre une porte qui n’est pas la bonne et invite pourtant Nathalie à entrer : «À la place, vous pouvez venir chez moi, tous les appartements se ressemblent.» Café noir et sucré, bonbons pour Nassim, gestes simples. L’hospitalité algérienne, intacte, déplace la nostalgie vers le présent.

Les souvenirs affluent. Les Andalousses, plage aimée de la mère, où l’on bronzait en deux-pièces, où l’on mordillait des poissons grillés, entre sardines et merguez sur réchaud Butagaz. «Elle adorait ce littoral méditerranéen, sa terre natale, kif-kif la Côte d’Azur française.» La joie d’avant l’exil, avant la rupture, affleure dans ces images baignées de soleil.

La ville se donne aussi dans sa vitalité actuelle : les lions de la place du 1er Novembre, les marchés, les merceries, les djellabas, le linge suspendu aux balcons. Nathalie évoque le rayouyou, cette joie juive nord-africaine faite de bruit, de musique arabe, de paillettes, de fêtes et de silence après la fête. Dalida, enfant d’Oran, traverse le récit comme une icône familière, trait d’union entre mémoire populaire et héritage méditerranéen.

Mais Oran est aussi une ville de strates plus profondes. Un message reçu sur le téléphone ouvre une autre porte du passé : celle de Saül Bensoussan, ancêtre assassiné en 1889 lors d’un crime passionnel. Condamné à mort, gracié, déporté au bagne de Cayenne, il y grava sur un mur un seul mot : «maman». Ce détail bouleversant relie l’intime à l’Histoire, la tragédie individuelle à la longue présence juive en Algérie.

Judéité algérienne, exil et transmission

La figure du père traverse le livre avec pudeur. Enfant pauvre de la rue d’Arzew, devenu instituteur par l’école et l’effort, fier de transmettre le savoir républicain. «Nos ancêtres les Gaulois», récitait-il à ses élèves, ironie coloniale et preuve d’une assimilation qui fut aussi une promesse d’élévation. Nathalie observe ce parcours sans jugement, avec tendresse.

Au fil de la promenade, la ville s’ouvre. Le port, les bateaux venus d’Alicante, de Marseille ou de Barcelone, la Vierge de Santa-Cruz dominant Oran. La lumière, le ciel dur, le bleu. Là, quelque chose s’apaise. «C’était beau, Oran.» Cette phrase simple clôt une quête sans la refermer.

‘‘Oranaise sang pour sang’’ parle des identités multiples, de la judéité algérienne, de l’exil et de la transmission. «Passé familial, déracinement, religion, gens d’ici et de nulle part. L’Algérie, c’est l’inconscient collectif de la France. Et l’inconscient, cela ne se commande pas.» Le livre rappelle que l’histoire ne se règle pas, qu’elle se traverse.

Ce récit, à la fois sobre et profondément incarné, dit quelque chose d’universel : la nécessité de regarder d’où l’on vient pour comprendre où l’on se tient. À Oran, Nathalie ne récupère pas un passé intact. Elle rencontre des vivants. Et c’est peut-être là, dans cette humanité partagée, que se joue la vraie fidélité à la mémoire.

L’article Oran | Mémoire populaire et héritage méditerranéen est apparu en premier sur Kapitalis.

Gestern — 13. Januar 2026Haupt-Feeds

La Grande-Bretagne «trop islamiste» au goût des Emiratis   

13. Januar 2026 um 13:48

Le leader de l’extrême droite britannique Nigel Farage s’est affiché le mois dernier lors du Grand Prix de la Formule 1 à Abou Dhabi mais le Financial Times vient de révéler qu’il n’a pas mentionné le véritable motif de sa présence, c’est qu’il a rencontré des responsables des Émirats et qu’ils lui ont payé son voyage. De plus, ce voyage intervient dans un contexte de tension entre les Émirats arabes unis et le gouvernement travailliste britannique de Keir Starmer. Dernier épisode de cette tension, Abou Dhabi a décidé de ne plus délivrer dans l’avenir de bourses universitaires pour le Royaume-Uni par crainte que leurs citoyens ne soient exposés à la radicalisation islamiste sur les campus britanniques. Décision saluée par le vice-président américain J. D. Vance. (Ph. Nigel Farage, invité à Abou Dhabi, ne refuse pas l’argent des monarchies du Golfe).

Imed Bahri

Dans les colonnes du Financial Times, Anna Gross, Andrew England et David Sheppard ont révélé que les Émirats ont financé un voyage à Abou Dhabi en décembre du député Nigel Farage, chef du Parti de la réforme (Reform UK, extrême droite), afin de rencontrer des responsables émiratis.

Le journal britannique indique que le soutien apporté par les Émirats à la visite d’un leader d’extrême droite confirme leur intérêt pour les mouvements populistes à travers le monde. Les Émirats ont offert à M. Farage un hébergement et l’autorisation d’assister au Grand Prix de Formule 1 qui s’est tenu début décembre.

Le coût du voyage a été estimé à environ 10000 livres sterling pour couvrir les frais de séjour du député britannique.

À l’époque, M. Farage a publié une photo de lui en compagnie de l’homme d’affaires italien et figure de la jet-set internationale Flavio Briatore, accompagnée de la légende «À Abou Dhabi pour la finale de Formule 1», sans que le véritable motif de sa présence à Abou Dhabi ne soit précisé.

M. Farage a rencontré de hauts responsables émiratis lors de ce voyage de deux jours, qui a eu lieu avant la suspension des travaux parlementaires pour les fêtes de fin d’année.

Haro sur les Frères musulmans et l’islam politique

Selon des sources proches du dossier, le trésorier Reform UK, Nick Candy, qui se rend régulièrement dans les pays arabes pour affaires, a organisé ces rencontres.

D’autres sources bien informées ont ajouté que les dirigeants émiratis souhaitaient s’entretenir avec le chef du parti d’extrême-droite en raison de leur opposition commune aux Frères musulmans. Nigel Farage a déclaré qu’il désignerait ce groupe comme organisation terroriste au Royaume-Uni s’il remportait les élections.

L’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats, la Russie, la Jordanie et la Syrie ont officiellement désigné les Frères musulmans comme organisation terroriste.

Le gouvernement du Premier ministre Starmer n’a pas encore pris de décision concernant cette confrérie mais a indiqué l’année dernière que la question était «examinée de près».

Le journal souligne que le financement de ce voyage et ces rencontres confirment l’intérêt des Émirats pour le parti d’extrême droite de Farage, crédité de 30% des intentions de vote, contre 16% pour le Parti travailliste au pouvoir. Les Grands Prix de Formule 1 sont souvent l’occasion de nouer des contacts, attirant des personnalités politiques, des chefs d’entreprise et des vedettes du sport et du divertissement.

Il est inhabituel que des gouvernements invitent des dirigeants de partis d’opposition et prennent en charge leurs frais, compte tenu des implications diplomatiques d’un tel acte.

Depuis son accession à la tête du Parti conservateur et de l’opposition en novembre 2024, Kemi Badenoch n’a reçu aucun don pour couvrir les frais de ses rencontres avec des dirigeants étrangers.

À l’inverse, lorsqu’il était dans l’opposition, le gouvernement qatari avait pris en charge les frais de voyage de Starmer à Doha pour rencontrer l’émir après la COP28 tenue à Dubaï en 2023. Le gouvernement qatari avait financé le vol de M. Starmer de Dubaï à Doha, où il avait rencontré l’émir et déclaré à l’époque qu’ils avaient discuté de la guerre à Gaza et de la coopération essentielle entre les deux pays.

Les dictatures utilisant l’argent pour obtenir des faveurs

Steve Goodrich, directeur de la recherche et des enquêtes chez Transparency International, a fait remarquer que l’hospitalité accordée à M. Farage n’était pas sans précédent mais il a ajouté que le financement et l’accueil de parlementaires britanniques par des gouvernements étrangers donnaient l’impression que ces derniers étaient corruptibles. Il a déclaré : «Nous l’avons constaté à maintes reprises, des dictatures utilisant l’argent pour obtenir des faveurs au Parlement et il est temps d’interdire ces pratiques».

Par le passé, M. Farage a critiqué le gouvernement des Émirats. En 2023, il avait exhorté le Premier ministre conservateur de l’époque, Rishi Sunak, à veiller à ce que son ministre des Affaires étrangères, Lord David Cameron, ne joue aucun rôle dans le projet de vente de Telegraph Media à Redbird IMI, une coentreprise entre la société américaine de capital-investissement Redbird et IMI, détenue par Abou Dhabi, en raison des liens de Cameron avec les Emirats. Farage avait alors déclaré : «Il est inconcevable qu’un gouvernement conservateur permette à de tels actifs de tomber entre de mauvaises mains durant son mandat ou qu’il encourage l’importation de tendances contraires à l’un des piliers de notre démocratie».

La connivence de la gauche avec les islamistes

Par ailleurs, Farage a annoncé mercredi que Laila Cunningham, conseillère municipale de Reform UK dans le borough (arrondissement) de Westminster serait la candidate du parti à la mairie de Londres en 2027. La capitale britannique dirigée par le travailliste Sadiq Khan est considérée par l’extrême droite comme le bastion de la connivence de la gauche avec les islamistes. 

Farage a déclaré : «Nous mènerons une campagne d’envergure pour remporter la mairie de Londres. Ce lieu, autrefois considéré avec une incroyable admiration historique et un sentiment d’exception, fait désormais l’objet de discussions désobligeantes à travers le monde».

Cunningham, une mère de famille musulmane de sept enfants, a déclaré qu’elle aimait Londres mais qu’elle n’ignorait pas ce qu’elle est devenue, notant que la criminalité a augmenté dans toute la capitale.

Le FT est également revenu sur le dernier épisode de tensions dans les relations bilatérales entre Abou Dhabi et Londres. Les Émirats ont décidé de ne plus délivrer dans l’avenir de bourses universitaires dans les universités britanniques pour leurs citoyens par crainte qu’ils ne soient exposés à la radicalisation islamiste. La décision a été saluée par le vice-président américain J. D. Vance qui a d’ailleurs déclaré dans un tweet publié sur la plateforme X: «Certains de nos meilleurs alliés musulmans du Golfe considèrent l’endoctrinement islamique dans certaines parties de l’Occident comme extrêmement dangereux».

Le journal britannique a pour sa part estimé cette nouvelle décision est motivée par d’autres raisons et qu’elle serait intervenue en réalité comme une réaction suite à un certain nombre de différends entre les deux pays. D’abord, l’offre de rachat du Daily Telegraph soutenue par Abou Dhabi qui avait avorté mais aussi le soutien présumé des Émirats arabes unis aux forces paramilitaires de Hemedti Dagalo au Soudan (ce que les Émiratis démentent toujours) et la plainte déposée par la Premier League contre le club de football de Manchester City, propriété émiratie, au sujet de ses finances. Toutes ces raisons ont crispé les relations entre les Émirats et le gouvernement travailliste mené par Keir Starmer.

L’article La Grande-Bretagne «trop islamiste» au goût des Emiratis    est apparu en premier sur Kapitalis.

Musée du Bardo | Exposition «Magna Mater entre Zama et Rome»

13. Januar 2026 um 13:17

Le musée du Bardo à Tunis accueillera du 21 janvier au 21 juillet 2026 l’exposition «Magna Mater entre Zama et Rome», dernier volet d’un projet de coopération archéologique italo-tunisien lancé après l’exposition de l’année dernière au Parc archéologique du Colisée à Rome.

Le ministre italien de la Culture, Alessandro Giuli, devrait se rendre en Tunisie à l’occasion de cet événement, organisé en partenariat avec l’Institut national du patrimoine (INP) et placé sous son patronage ainsi que celui de son homologue tunisienne, Amina Srarfi.

L’exposition est consacrée au culte de Cybèle, «Magna Mater», et présente une sélection de 30 objets provenant du site de Zama Regia, dans le gouvernorat de Siliana, actuellement en cours de restauration en Italie, dans les laboratoires du Parc du Colisée.

Cette exposition s’inscrit dans le cadre des initiatives de coopération culturelle prévues par le Plan Mattei, une initiative stratégique lancée par l’Italie en 2024 pour redéfinir ses relations avec l’Afrique.

La réalisation d’un documentaire et d’autres activités conjointes de restauration et d’échange de savoir-faire entre les deux pays ont également été annoncées.

L’article Musée du Bardo | Exposition «Magna Mater entre Zama et Rome» est apparu en premier sur Kapitalis.

Le Tunisien Zoubeir Jlassi remporte le prix du film d’IA à Dubaï

13. Januar 2026 um 12:52

Le réalisateur tunisien Zoubeir Jlassi a remporté le premier prix du AI Film Award à Dubaï avec son court-métrage ‘‘Lily’’, entièrement généré par intelligence artificielle. Le prix d’un montant de million de dollars a été remis lors du Billion Followers Summit, qui s’est tenu aux Émirats arabes unis du 9 au 11 janvier 2026.

‘‘Lily’’ a émergé du groupe final des cinq nominés ‘‘Portrait N° 72’’, ‘‘Cats Like Warmth’’, ‘‘Heal’’ et ‘‘The Translator’’.

Selon Arab News, ‘‘Lily’’ est un court-métrage en français d’une durée d’environ neuf minutes. Il raconte l’histoire d’une archiviste solitaire rongée par la culpabilité après un délit de fuite, un élément narratif lié à une poupée restée accrochée à la voiture. Le film, inspiré par la fille du réalisateur, a été créé à l’aide des outils d’intelligence artificielle générative de Google, notamment Gemini, Veo 3, Imagen et Flow.

Cette victoire, au-delà du parcours individuel, est perçue par de nombreux observateurs comme un signal du positionnement de la Tunisie dans les industries culturelles et numériques, un segment en pleine croissance où l’accès aux outils génératifs réduit les coûts et les barrières à l’entrée, mais relance également le débat sur la transparence, les critères éthiques et la définition de la paternité intellectuelle.

L’article Le Tunisien Zoubeir Jlassi remporte le prix du film d’IA à Dubaï est apparu en premier sur Kapitalis.

Rencontre à Paris | Jean-Marc Salmon et ‘‘Le soulèvement tunisien’’

13. Januar 2026 um 09:59

Le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) organise une rencontre-débat autour du nouveau livre de Jean-Marc Salmon ‘‘Le soulèvement tunisien’’ (Éditions Dissonance, Tunis, 2025, 340 pages,), le 15 janvier 2026 à 19h au CICP – 21ter Rue Voltaire, 75011 Paris.

Jean‑Marc Salmon, auteur du titre, présentera, au cours de cette rencontre inscrite dans le cadre du cycle Liqaet, les grandes lignes de son ouvrage, qui analyse les nouvelles formes de soulèvements au XXIᵉ siècle. À travers le prisme de la Tunisie contemporaine, il interroge les dynamiques de résistance, les revendications de dignité et de liberté, ainsi que les enjeux sociopolitiques qui traversent le monde aujourd’hui.

Pour cet auteur reconnu et chercheur spécialisé dans les dynamiques de protestation, l’objectif principal du livre est d’offrir une analyse approfondie des formes émergentes de soulèvements au XXIᵉ siècle, en prenant la Tunisie comme point d’ancrage; ce choix permet d’illustrer concrètement comment les mouvements contemporains se structurent dans un contexte à la fois local et global.

Parmi les thèmes centraux, Salmon montre comment les mobilisations se reconfigurent grâce aux réseaux numériques et aux nouveaux modes de communication, qui accélèrent la diffusion d’idées et la coordination d’actions. Il met également en avant les revendications de dignité et de liberté comme piliers universels, en les illustrant par des exemples précis tirés de la réalité tunisienne mais aussi d’autres expériences de soulèvement à travers le monde.

Enfin, le livre explore la relation entre mémoire collective et actions présentes, démontrant comment les souvenirs et les leçons du passé nourrissent les stratégies actuelles des acteurs du changement.

Structuré de façon hybride, ‘‘Le soulèvement tunisien’’ mêle essais théoriques, études de cas détaillées et entretiens avec des acteurs du terrain. Cette combinaison offre au lecteur une vision à la fois académique et vivante des processus de contestation, rendant le texte à la fois rigoureux et immédiatement palpable.

Après la présentation, un dialogue ouvert permettra aux participants de poser leurs questions à M. Salmon, d’approfondir les thématiques abordées et de réfléchir aux perspectives offertes par ces mouvements de contestation.

Cette rencontre sera modérée par Salma Matri, étudiante en master de communication à la Sorbonne Nouvelle. Elle guidera les échanges autour des implications culturelles et médiatiques des soulèvements, tout en mettant en lumière les aspirations de dignité et de liberté qui animent les acteurs de terrain.

L’article Rencontre à Paris | Jean-Marc Salmon et ‘‘Le soulèvement tunisien’’ est apparu en premier sur Kapitalis.

L’Iran à la croisée des chemins  

13. Januar 2026 um 09:30

Les protestations, qui ont éclaté le 28 décembre 2025, s’intensifient à travers l’Iran. Le régime des mollahs réprime les manifestants dans le sang, procède à des arrestations massives et coupe l’accès à Internet. La pression internationale sur Téhéran s’accroît également. La république islamique tiendra-t-elle encore longtemps ou réussira-t-elle à «enterrer», au propre et au figuré, cet énième mouvement de protestation ? (Ph. Les Pasdarans ou Gardiens de la révolution, bouclier du régime, viendront-ils à bout des manifestations qui prennent de l’ampleur dans tout l’Iran ?)

Nouredine Ben Mansour *

Ce qui a commencé comme une protestation économique du bazar, habituellement conservateur et favorable au régime, s’est transformé en mouvement de protestation politique générale. Initialement limitées à des commerçants mécontents de Téhéran, les manifestations ont gagné l’ensemble du pays et continué à prendre de l’ampleur, malgré la répression violente et le black-out imposé par les autorités.

L’État iranien réagit avec une grande violence : les organisations de défense des droits humains font état de centaines de morts, dont les corps jonchent les rues des grandes villes et remplissent les morgues des centres médico-légaux. L’expert iranien Ali Fathollah-Nejad craint que le bilan ne se chiffre en milliers.

Un black-out total

Selon Iran Human Rights, basée en Norvège, au moins neuf mineurs figurent parmi les personnes tuées. L’organisation fait également état de milliers de blessés. D’autres estimations, que l’ONG n’a pas pu vérifier auprès des hôpitaux locaux, évoquent un bilan nettement plus élevé, allant jusqu’à plus de 6 000 blessés. Idem pour le chiffre des personnes arrêtées, qui dépasserait 2 000 personnes. Certains d’entre eux ont même déjà été jugés de manière expéditive et condamnés à mort. La coupure d’Internet ne permet plus la communication intérieure et avec l’étranger, ce qui rend difficile la vérification des faits rapportés.

Là où en sont aujourd’hui les choses, bien malin celui qui se risquerait à faire des prévisions. Et rien ne permet d’affirmer que les jours de la République islamique d’Iran sont comptés, comme le font un peu hâtivement certains analystes occidentaux.

A l’extérieur, l’opposition s’agite, mais ne pèse pas encore sur la décision et ne semble pas disposer de véritables relais dans le pays. Même le prince Reza Pahlavi, le fils aîné de Mohammad Reza Pahlavi, dernier chah d’Iran, a du mal à apparaître comme une alternative crédible, y compris aux yeux de ses protecteurs américains.  

Un régime aux aguets

Les Etats-Unis et Israël discutent encore de possibles frappes militaires contre des cibles du régime des mollahs à l’intérieur de l’Iran. Les gouvernements allemand, français et britannique se sont contentés d’appeler les dirigeants iraniens à renoncer à la violence. Ils attendent sans doute d’y voir plus clair dans les capacités du régime à venir à bout de la grogne populaire.

Certes, il s’agit des plus importantes manifestations qu’ait connues l’Iran depuis le mouvement ‘Femmes, Vie, Liberté’ de 2022-2023. Mais même si le régime est économiquement à genou et que le gouvernement semble impuissant face aux difficultés grandissantes de la population, rien ne permet encore d’affirmer que l’actuelle vague de protestation pourrait sonner le glas d’un régime très décrié à l’intérieur et à l’extérieur, mais qui ne recule devant rien pour survivre. Des jours sombres, très sombres, attendent les Iraniens…

* Conseiller en logistique et commerce international.

L’article L’Iran à la croisée des chemins   est apparu en premier sur Kapitalis.

Un missile russe «menace la quasi-totalité de l’Europe»

13. Januar 2026 um 08:28

Le 9 janvier 2026, des médias ont rapporté que la Russie avait lancé un missile balistique supersonique de type Orechnik lors d’une frappe massive menée pendant la nuit contre l’Ukraine. La Russie a confirmé avoir frappé pour la deuxième fois l’Ukraine avec Orechnik qui est tombé sur Lviv à 60 km de la frontière polonaise.

Habib Glenza

Ce missile balistique hypersonique peut atteindre une vitesse allant de 13 à 15 000 km/h et est capable d’atteindre des cibles comprises entre 3000 et 5500 kilomètres. S’il était tiré, par exemple, depuis l’Extrême-Orient russe, il pourrait théoriquement toucher des cibles sur la côte ouest des Etats-Unis.

L’utilisation de ce missile a été condamnée par la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas, voyant dans ce tir le signe «clair» d’une «escalade» de la part de Moscou et «un avertissement» lancé à l’Europe et aux États-Unis, oubliant de mentionner que l’attaque de l’Ukraine contre la résidence du président russe qui l’avait précédé de peu, est un acte tout aussi gravissime, dans la mesure où cette résidence abritait, également, le Centre de commandement des opérations nucléaires, ce qui aurait pu déclencher une troisième guerre nucléaire ! C’est en riposte à cet acte délibéré et insensé que la Russie a annoncé vendredi avoir riposté en frappant pour la deuxième fois l’Ukraine avec l’Oreshnik. 

La Russie non liée par des auto-restrictions

Il faut, également, rappeler que ce sont les Etats-Unis qui se sont retirés du traité sur les armes à moyenne portée intermédiaire (FNI). Ce retrait a été annoncé par Mike Pompeo, l’ancien secrétaire d’État, à la suite de l’échec des négociations de dernière minute avec la Russie en raison des lourdes sanctions imposées à ce pays. Par conséquent, Moscou la Russie était en droit de se considérer «non liée» par des «auto-restrictions».

Le corps de l’Orechnik, le nouveau missile balistique hypersonique russe, est constitué de deux étages propulsifs à charge utile avec ogive conventionnelle (900 kg de TNT) ou nucléaire. Il est équipé d’un moteur à propergol solide, situé au premier étage. 

Lancé sur sa trajectoire parabolique, l’Orechnik monte vers l’atmosphère (100 km), puis descend pour atteindre sa cible, tel un aigle sur sa proie. Avant d’atteindre la couche atmosphérique, le missile se désagrège en plusieurs morceaux, tandis que sa tête continue sa trajectoire. Chaque ogive (conventionnelle ou nucléaire) porte 6 sous-munitions, ce qui rend peu probable, voire impossible, son interception par les moyens de défense actuellement utilisés.

L’existence d’Orechnik, qui signifie «noisetier» en russe, a été rendue publique par la Russie à la fin de l’année 2024. Dès sa présentation, le missile balistique «à portée intermédiaire» a été décrit par les autorités russes comme une arme capable de modifier l’équilibre stratégique régional, voire continental. Et pour cause : il peut atteindre des cibles entre 3 000 et 5 500 km.

Une vitesse supérieure à 13 000 km/h

Orechnik n’entre pas dans la catégorie des missiles intercontinentaux qui ont une portée de plus de 5 500 km. Mais s’il est tiré depuis l’Extrême-Orient russe, il pourrait théoriquement toucher des cibles sur la côte ouest des États-Unis. «L’Orechnik peut menacer la quasi-totalité de l’Europe», avait relevé en 2024 Pavel Podvig, chercheur à l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement à Genève, dans un entretien au média Ostorozhno Novosti.

Selon Vladimir Poutine, ce missile hypersonique peut atteindre la vitesse de Mach 10, «soit 2,5 à 3 kilomètres par seconde» (environ 12 350 km/h) et «la température des éléments percutants atteint 4.000°C», soit «presque autant», selon lui, qu’à «la surface du soleil».

D’après le renseignement militaire ukrainien (GUR), la vitesse atteinte par le missile fin novembre 2024 «sur la partie finale de la trajectoire» était «supérieure à Mach 11» (environ 13 600 km/h).

L’Orechnik serait aussi muni de têtes multiples qui suivent chacune une trajectoire indépendante lors de leur entrée dans l’atmosphère, ce qui augmenterait encore la difficulté d’interception, a affirmé le président russe. Ce missile hypersonique est donc «inarrêtable» par les moyens de défense actuellement utilisés….  

Les craintes d’une nouvelle escalade

L’existence de cet engin balistique avait été révélée le 21 novembre 2024, lorsqu’il avait frappé une grande usine militaire dans la ville de Dnipro, dans le centre de l’Ukraine. Cette frappe avait alors été présentée par Moscou comme une réponse aux attaques ukrainiennes menées à l’époque contre la Russie avec des missiles américains et britanniques ATACMS et Storm Shadow. Moscou a depuis annoncé le début de sa production en série et la Biélorussie, pays allié de la Russie situé aux portes de l’UE, a indiqué qu’il a été déployé sur son territoire mi-décembre 2025.

Alors que la Russie signale désormais sa volonté de pointer ses armes les plus sophistiquées vers l’Europe, les perspectives d’une paix négociée avec l’Ukraine semblent de plus en plus lointaines, renforçant les craintes d’une nouvelle escalade et d’une instabilité prolongée dans toute la région. Les Européens pousseront Zelensky à combattre jusqu’à la capitulation ? Mais d’ici là, que resterait-il de l’Ukraine ? 

L’article Un missile russe «menace la quasi-totalité de l’Europe» est apparu en premier sur Kapitalis.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Pénurie de certains médicaments vitaux en Tunisie

12. Januar 2026 um 14:04

La secrétaire générale du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop), Dr Thouraya Ennaifer, a déclaré, ce lundi 12 janvier 2026, que les pharmacies privées manquaient de plusieurs médicaments vitaux (ou médicaments d’intérêt thérapeutique majeur, MITM) et que certains de ses collègues puisaient dans des stocks datant de l’année dernière, l’approvisionnement de ces médicaments étant interrompu depuis deux mois.

Dr Ennaifer a expliqué, dans une déclaration à l’agence de presse Tunis Afrique Presse (Tap), que les médicaments manquants concernent le traitement des atteintes de la thyroïde, des troubles bipolaires et de l’hyperactivité, ainsi que des analgésiques pour les patients atteints de cancer, comme la morphine. Elle a indiqué que la plupart de ces médicaments sont importés et n’ont pas d’équivalent générique dans l’industrie pharmaceutique locale.

Dr Ennaifer a exprimé ses regrets concernant le manque de ces médicaments, qui ne peuvent être remplacés par d’autres pour le patient, notant que le Cnop a contacté l’Agence nationale des médicaments et des produits de santé pour s’enquérir du manque de ces médicaments et des moyens pour s’approvisionner, étant donné qu’ils sont inexistants chez les fournisseurs des pharmacies privées.

Ces pénuries de médicaments sont dues à une crise de liquidités financières au niveau de la Pharmacie centrale, qui monopolise l’importation et la commercialisation des produits pharmaceutiques, et qui a du mal à payer ses fournisseurs étrangers.

I. B.

L’article Pénurie de certains médicaments vitaux en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

Salon | Ifsa 2026 au service de l’agroalimentaire africain

12. Januar 2026 um 13:41

La Tunisie accueillera la quatrième édition de l’International Food Show Africa (Ifsa), le Salon international de l’industrie alimentaire pour l’Afrique, se tiendra du 9 au 11 juin 2026 au parc des expositions de Kram, au nord de Tunis.

Cet événement vise à rassembler les acteurs du secteur agroalimentaire africain et international pour présenter les innovations dans les domaines de la transformation alimentaire, des équipements industriels et des solutions d’emballage, et à favoriser le networking et les partenariats stratégiques. 

Cette édition devrait bénéficier d’une large participation d’entreprises et d’exposants de divers pays africains et de partenaires internationaux, dans un secteur qui occupe une place centrale dans l’activité économique et commerciale.

Ce sera une plateforme africaine de premier plan qui rassemblera les acteurs des secteurs industriel et alimentaire (producteurs, exportateurs et investisseurs), ainsi que les représentants des structures de soutien à l’innovation et à la recherche, afin de renforcer la coopération régionale et de contribuer au développement des chaînes de valeur alimentaires sur le continent africain.

Le programme comprend une série d’ateliers techniques, de séminaires scientifiques et de réunions professionnelles qui aborderont de multiples sujets, notamment la sécurité alimentaire, la numérisation industrielle, l’innovation dans l’emballage, la transition énergétique et les opportunités d’exportation des produits agroalimentaires sur le marché africain.

Des séances de réseautage et de partenariat seront également organisées entre les acteurs économiques, les jeunes entreprises et les organismes de financement afin d’explorer les moyens de renforcer l’intégration industrielle entre les pays africains.

Les organisateurs estiment que l’Afrique est aujourd’hui l’un des marchés émergents les plus importants du secteur agroalimentaire, grâce à une demande intérieure croissante et à des investissements en hausse dans la transformation, le conditionnement et la distribution.

En organisant cet événement économique, la Tunisie cherche à renforcer sa position de centre régional d’innovation et de commerce dans le secteur de l’industrie agroalimentaire, en tirant parti de sa situation géographique stratégique et de son réseau d’accords avec les pays africains et européens.

I. B.

L’article Salon | Ifsa 2026 au service de l’agroalimentaire africain est apparu en premier sur Kapitalis.

Gabès célèbre le Nouvel an amazigh  

12. Januar 2026 um 13:08

Les villages de montagne du gouvernorat de Gabès, et plus particulièrement Tamezret, Taoujout et Zeraoua dans la région de Matmata, se préparent aux célébrations du Nouvel an amazigh, qui se déroulent chaque année du 10 au 14 janvier. (Ph. Village amazigh de Tamezret, Gabès).

Cet événement culturel vise à promouvoir le patrimoine matériel et immatériel de la région et à y redynamiser le tourisme en attirant des visiteurs de différentes régions tunisiennes, ainsi que ceux venant de Libye et d’Algérie

Dans les pays du Maghreb, ces célébrations varient. En Algérie, elles sont officielles et sont organisées dans la wilaya de Béni Abbès. Et alors que le Maroc reconnaît ce jour comme un jour férié officiel depuis 2023, les célébrations en Tunisie, en Libye et en Mauritanie ont conservé leur caractère populaire lié au calendrier agricole et aux coutumes ancestrales, sans véritable reconnaissance officielle.

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a renforcé la dimension internationale de cet événement en inscrivant les célébrations du Nouvel an amazigh sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, reconnaissant ainsi son ancrage dans une tradition historique ancestrale.

Cette reconnaissance internationale inclut également l’alphabet tifinagh et le couscous maghrébin, conférant à ce patrimoine une valeur partagée par tous.

Historiquement, le calendrier amazigh est lié à un événement majeur remontant à 950 avant J.-C., que les historiens considèrent comme commémorant la victoire du roi amazigh Shoshenq sur les pharaons et l’établissement de la XXIIe dynastie. De ce fait, le calendrier amazigh a 950 ans d’avance sur le calendrier grégorien, et le nouvel an est étroitement lié au calendrier agricole et aux périodes des semailles et des récoltes.

Les appellations de cette fête varient selon les dialectes et les régions, car elle est appelée Idh Ouskas, Ikhf Ouskas ou Hakouza, et c’est l’une des plus anciennes célébrations que les peuples d’Afrique du Nord organisent depuis la nuit du 11 au 12 janvier du calendrier grégorien.

I. B.

L’article Gabès célèbre le Nouvel an amazigh   est apparu en premier sur Kapitalis.

La police de l’immigration est-elle devenue une milice de Trump ?

12. Januar 2026 um 08:59

Alors que le monde entier a les yeux rivés sur l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et la politique de prédation actuelle du président Donald Trump, la situation interne des États-Unis est tout aussi préoccupante. En fait, une série d’incidents révèle le bilan effroyable des abus commis par des agents du Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (Immigration and Customs Enforcement, ICE) notamment des meurtres, des passages à tabac et des enlèvements, dans le cadre de l’application de la politique anti-immigration intransigeante du président américain. Les critiques affirment que cette politique a conféré à l’agence une couverture politique sans précédent.

Imed Bahri

Le meurtre mercredi 7 janvier 2026 de Renee Goode, une Américaine de 37 ans, par un agent de l’ICE a mis en lumière ce qui a été qualifié de comportement débridé de l’agence. En dépit de ce drame, l’administration Trump continue d’insister sur le fait que les agents de l’agence doivent continuer de bénéficier d’une immunité totale dans l’exercice de leurs fonctions. 

The Times a enquêté sur ce climat délétère qui ne cesse de s’accentuer et d’inquiéter et c’est par ces mots que l’enquête dans l’État du nord des États-Unis a commencé : «Sous le ciel couvert de Minneapolis, dans le Minnesota, où la glace recouvre les trottoirs, ce n’est plus seulement le froid qui coupe le souffle mais aussi le choc et le sentiment de bouleversement».  

Dans cet État surnommé «Nice Minnesota» pour la politesse, la discrétion et la tranquillité de ses habitants, des barricades de poubelles et de sapins de Noël abandonnés ont été érigées et les rassemblements de manifestants se sont transformés en une sorte de sit-in ouvert.

Les manifestants érigent des barricades

Les manifestations ont éclaté après la mort de Renee Nicole Goode, une mère de trois enfants de 37 ans. Elle a été abattue à bout portant alors qu’elle tentait de fuir en voiture des agents de l’ICE qui l’avaient encerclée. Ils ont affirmé qu’elle leur barrait la route.

Will Pavia, correspondant du Times à New York, qui a mené l’enquête au cœur de Minneapolis décrit comment l’incident qui a secoué la ville a déclenché une vague de protestations sans précédent, révélant une nouvelle facette d’une communauté longtemps réputée pour son calme et sa retenue.

Pavia décrit ce dont il a été témoin à Minneapolis le lendemain du meurtre. Ce soir-là, le journaliste a vu des étudiants apporter les dernières touches à une barricade qu’ils avaient érigée dans la rue à l’aide de poubelles et de sapins de Noël.

Lorsqu’un jeune homme s’est approché pour inspecter la barricade, il a dit aux étudiants : «Assurez-vous qu’elle soit solide». Une étudiante a soupiré : «Beaucoup de gens ici ne savent pas comment monter une barricade».

Le lendemain, des points de contrôle de la circulation avaient été mis en place, des tables chargées de pizzas étaient dressées et le propriétaire d’un vieux camion de glaces distribuait du café et du chocolat chaud aux manifestants. Une pancarte sur un lampadaire proclamait : «Nous ne sommes plus le Minnesota paisible que nous étions».

Devant le bâtiment de l’ICE, des manifestants se sont retrouvés face à une rangée d’agents en uniforme militaire.

La colère publique s’intensifie

Selon le journaliste du quotidien britannique, de légers affrontements ont eu lieu, au cours desquels des manifestants ont affirmé avoir été aspergés de gaz poivre. Le Département de la Sécurité intérieure a annoncé l’arrestation de 11 personnes pour avoir tenté de bloquer l’accès au bâtiment.

Les manifestations se sont poursuivies et des agents fédéraux armés de pistolets à gaz poivre et de gaz lacrymogène ont affronté une foule importante de manifestants près d’une installation gouvernementale à Fort Snelling, près de Minneapolis.

Will Pavia constate que la colère publique s’intensifie face à la poursuite des opérations de l’ICE dans la ville, suite à la décision du FBI de reprendre l’enquête sur la mort de Goode après avoir exclu les agences de l’État de l’accès aux preuves et de la participation aux interrogatoires.

Le Times indique qu’il y a un contraste saisissant entre les versions de l’incident présentées par l’administration américaine et les autorités de l’État du Minnesota.

Le président Trump et la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem ont décrit la victime comme une «agitatrice proactive» et une «terroriste de l’intérieur» qui a renversé un agent de l’ICE dans l’exercice de ses fonctions.

Immunité totale des agents de l’ICE

Le vice-président J.D. Vance a, quant à lui,  qualifié la mort de Goode de tragédie personnelle tout en affirmant que son meurtrier avait agi en légitime défense. Vance a insisté à ce que les agents de l’ICE continuent de bénéficier d’une immunité totale les mettant à l’abri de toute poursuite judiciaire. 

À l’inverse, le gouverneur du Minnesota Tim Walz a rejeté ces interprétations, mettant en doute l’intégrité de l’enquête fédérale après l’exclusion des autorités locales.

Cependant dans la rue où des barricades ont été érigées, la scène est tout autre, selon le correspondant du journal, qui cite Julie Stoll, une femme de 51 ans, debout près d’une barricade : «Le Minnesota est connu pour sa générosité et sa gentillesse mais qui se passe est humiliant». Un autre habitant, Peter Zlebek, 35 ans, ajoute : «Nous sommes gentils mais nous n’acceptons pas d’être piétinés. Ce qui s’est passé est terrible».

Alors que la foule se rassemble jour après jour, Zlebek résume l’état d’esprit général : «La situation pourrait empirer et il semble qu’un tournant se profile. Je ne préconise pas cette voie mais je la comprendrais».

Fusillades et agressions lors d’opérations de l’ICE

Plusieurs villes américaines ont été le théâtre de fusillades et d’agressions lors d’opérations menées par les hommes de l’ICE masqués en uniformes de type militaire, notamment des raids contre des lieux de culte, des écoles, des hôtels, des restaurants, des fermes et des magasins. Vingt-quatre heures après la mort de Goode, des agents de la police des frontières ont blessé par balle deux personnes à Portland, attisant encore davantage l’indignation publique.

Le Minnesota Immigration Law Center a déclaré que des communautés entières étaient terrorisées par des hommes armés qui harcelaient et enlevaient des personnes dans les écoles, les lieux de travail, les rues et les domiciles. Le sénateur Jeff Merkley a affirmé que l’ICE n’a rien fait pour améliorer la sécurité des communautés, appelant à une enquête approfondie et à la fin de ces opérations dangereuses.

ProPublica (site spécialisé dans le journalisme d’enquête) a également documenté de graves violences physiques contre des citoyens américains et des détenus, notamment des passages à tabac, l’utilisation de pistolets à impulsion électrique et des fusillades, ainsi que des allégations d’agressions sexuelles dans les centres de détention. Des manifestants, des enseignants et des étudiants ont été victimes de gaz lacrymogène lors de raids menés près d’écoles et de commerces.

Instauration d’un «règne de la terreur»

Face à ces agissements, des parlementaires ont entrepris de restreindre le fonctionnement de l’agence, notamment en proposant d’exiger des mandats d’arrêt, d’interdire le port de masques lors des opérations et de limiter les fonctions des agents de la police des frontières. La représentante Robin Kelly a annoncé son intention de déposer une motion de destitution contre la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, l’accusant d’instaurer un «règne de la terreur».

La représentante Alexandria Ocasio-Cortez a averti que l’ICE était devenue «irresponsable», déclarant: «C’est un cauchemar. Ils agissent en toute impunité. Nous les avons vus assassiner de sang-froid une citoyenne américaine en pleine rue. Cette agence doit être encadrée».

L’article La police de l’immigration est-elle devenue une milice de Trump ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Les Etats-Unis, un pays hors-la-loi

12. Januar 2026 um 08:01

L’enlèvement sans précédent dans les annales du monde, par la manière dont cela s’est produit, du président vénézuélien Nicolas Maduro, constitue non seulement une intervention militaire dans un pays souverain et indépendant en violation des principes du droit international, mais aussi un avertissement clair à la planète entière. Un avertissement à tout dirigeant insubordonné de chaque pays.

Isidoros Karderinis *

Lors d’une conférence de presse concernant l’opération militaire et l’«arrestation» de Maduro, le 3 janvier 2026, Donald Trump a proféré des menaces contre le président colombien Gustavo Petro, déclarant : «Il ferait bien d’être prudent».

Dans le même temps, le président américain a laissé entendre que Cuba pourrait être un sujet de discussion dans le cadre de la politique américaine plus large dans la région, soulignant ainsi la capacité de Washington à étendre son champ d’action au-delà du Venezuela.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui est originaire de Cuba, a même déclaré que le gouvernement cubain devrait s’inquiéter après l’arrestation de Maduro. Il a notamment affirmé : «Si je vivais à La Havane et que j’étais membre du gouvernement, je serais au moins inquiet», ajoutant que «Cuba est un désastre» et que le pays est «dirigé par des hommes incompétents et dépravés».

400 interventions à l’étranger depuis 1776

L’histoire des États-Unis est par ailleurs marquée par de nombreuses interventions impérialistes. Plus précisément, on dénombre environ 400 interventions depuis 1776, date à laquelle le Second Congrès continental adopta la Déclaration du 4 juillet, proclamant l’indépendance des treize colonies américaines vis-à-vis de l’Empire britannique, un événement qui marqua la fondation officielle des États-Unis d’Amérique.

Qui pourrait oublier que, du 15 au 19 avril 1961, 1 400 combattants anticastristes, entraînés et financés par la CIA, tentèrent de débarquer à la baie des Cochons, à 250 kilomètres de La Havane, sans parvenir à renverser le régime communiste cubain. Ces combats firent une centaine de morts de chaque côté.

«Avec la victoire de Salvador Allende aux élections du 4 septembre 1970 au Chili et la présence déjà de Fidel Castro à Cuba, nous allons nous retrouver avec un sandwich rouge en Amérique latine qui deviendra inévitablement entièrement rouge», craignait Richard Nixon, et sa crainte fut bientôt confirmée par les résultats des élections.

Face à cette réalité déplaisante pour les États-Unis, une solution s’était imposée. Elle fut trouvée le matin du 11 septembre 1973, lorsqu’un coup d’État militaire fut fomenté sous la direction du général Augusto Pinochet, avec le soutien des États-Unis, mais aussi du Brésil, dont le régime militaire était parfaitement ami et coopératif avec les États-Unis. Les putschistes ont encerclé, bombardé et pris d’assaut le palais présidentiel. Allende et ses proches collaborateurs furent tués après une résistance acharnée.

Les États-Unis ont également envahi le Panama à la mi-décembre 1989, sous la présidence de George Bush père. L’objectif de cette invasion militaire était de destituer le dirigeant de facto du Panama, le général Manuel Noriega, accusé par les autorités américaines d’extorsion et de trafic de drogue.

Ainsi, si l’on cherche un parallèle historique où les Américains ont arrêté le dirigeant de facto d’un pays et l’ont extradé vers les États-Unis pour y être jugé, l’affaire Noriega est la plus caractéristique. Et cela s’est produit après une véritable invasion militaire, c’est-à-dire dans le contexte d’une intervention armée coordonnée.

Noriega parvint à s’échapper et se réfugia à l’ambassade du Vatican à Panama, la capitale du pays, où il resta onze jours. Il y subit une intense guerre psychologique pour le contraindre à se rendre. L’armée américaine installa un mur de son assourdissant devant l’ambassade. Une flotte de Humvees équipés de haut-parleurs diffusait en permanence du hard rock et, parfois, du heavy metal. On y passait notamment le titre ‘‘Panama’’ du groupe Van Halen.

Le Saint-Siège s’en est plaint à juste titre auprès du président Bush, et la guerre musicale prit fin après trois jours. Le 3 janvier 1990, le général accepta de se rendre.

Les vraies raisons d’une intervention militaire

Mais quelles sont les raisons profondes de l’intervention militaire américaine au Venezuela et du renversement du régime insubordonné en place ?

Le Venezuela possède, on le sait, les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à environ 303,8 milliards de barils en 2021. À titre de comparaison, les principaux pays producteurs de pétrole disposent de réserves plus modestes. L’Arabie saoudite, par exemple, en possède environ 267 milliards de barils et le Koweït 101,5 milliards.

Dans le même temps, les réserves prouvées de gaz naturel du pays ont dépassé 5,6 billions de mètres cubes en 2021. Il convient de noter, par ailleurs, que dans l’hémisphère occidental, seuls les États-Unis disposaient de réserves plus importantes.

Les réserves totales de minerai de fer du Venezuela sont estimées à 4,5 milliards de tonnes et le pays se classe deuxième dans la région après le Brésil pour ses réserves en ce métal.

Enfin, le Venezuela possède certaines des plus importantes réserves mondiales de bauxite, un minerai utilisé pour la production d’aluminium. Ses réserves totales de ce minerai s’élèvent à 950 millions de tonnes.

Il est donc clair pour tout observateur objectif que les États-Unis convoitent les ressources naturelles du Venezuela. Des ressources qu’ils ne peuvent obtenir avec le régime actuel, partenaire politique et militaire et allié de Moscou, Pékin et Téhéran, mais aussi principal fournisseur de pétrole de la Chine.

Pour les États-Unis, la solution pour asseoir leur suprématie dans la compétition internationale impitoyable réside dans le renversement du régime vénézuélien actuel et l’installation d’un président et d’un gouvernement parfaitement complaisants et à leur service. Le reste – à savoir la légalité d’une intervention militaire – leur importe peu.

Que conclure de cette affaire sinon que les dirigeants d’un pays ne doivent être renversés que par leur peuple, c’est-à-dire par des soulèvements populaires et des révolutions, comme cela s’est produit dans divers pays par le passé. Ils ne doivent pas être renversés par l’intervention militaire d’une puissance étrangère.

Par conséquent, l’invasion militaire américaine du Venezuela et l’enlèvement de son président sont absolument condamnables pour tout citoyen du monde attaché à la démocratie et à la liberté de pensée.

* Journaliste grec.

L’article Les Etats-Unis, un pays hors-la-loi est apparu en premier sur Kapitalis.

«Terre des puits» |  Projet de restauration de Bir Ettin à Kebili  

11. Januar 2026 um 13:38

Situé dans le gouvernorat de Kebili, le projet «Terre des puits», du collectif Bled el Abar, pour la restauration d’une source d’eau dans le Sahara figure, est l’un des 40 finalistes du Prix de l’Union européenne d’architecture contemporaine ou Prix Mies van der Rohe, selon la sélection annoncée par la Commission européenne et la Fondation Mies van der Rohe.

«Terre des puits» est un projet de petite envergure mais concret de réhabilitation du paysage et de régénération dans le Sahara tunisien : la réhabilitation du puits de Bir Ettin, dans les dunes du Grand Erg Oriental, à plus de 30 km du village habité le plus proche, le long des anciennes routes de transhumance nord-africaines.

Le projet a été attribué au collectif Bled el Abar, dirigé par Mounir Ayoub, Vanessa Lacaille et Hamed Kriouane, et le «client» est la communauté de Sabria.

Selon le cahier des charges, le projet consiste en une série d’actions essentielles et reproductibles : le désensablement, le nettoyage et la restauration du puits et de l’abreuvoir, la protection contre les vents chargés de sable par des barrières de feuilles de palmier dattier, et la construction d’un abri ombragé en bois de palmier.

Le choix du puits à restaurer s’est fait par le biais de réunions et de visites sur site, afin de garantir son utilisation et son entretien efficaces à un coût abordable ; Bir Ettin est présenté comme ayant été sélectionné «avec» les bergers et les nomades de la région.

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un travail plus vaste mené par le collectif sur le patrimoine hydrique du désert, qui comprend l’archivage et la cartographie des puits ainsi que des actions de diffusion, notamment des expositions à Tunis.

«Terre des Puits» n’est pas un bâtiment emblématique, mais un projet d’infrastructure micro-environnementale et paysagère : il restaure un point d’eau et ses protections avec des matériaux locaux, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à documenter et à réactiver les puits sahariens.

La Tunisie est membre du programme Europe créative de l’UE, qui soutient la coopération et l’innovation dans les secteurs culturels et créatifs.

Le jury a sélectionné 40 projets répartis dans 36 villes, 30 régions et 18 pays, offrant un panorama représentatif de l’architecture européenne contemporaine des deux dernières années.

La sélection couvre un large éventail de contextes, des grandes métropoles aux villes de taille plus modeste, illustrant la diversité des échelles, des usages et des approches architecturales à travers le continent.

Conformément au calendrier des prix, les projets finalistes seront annoncés en février 2026, suivis des lauréats en avril 2026. Les Journées des Prix EUmies se tiendront en mai 2026 à Barcelone et proposeront des conférences, des débats, des expositions et la cérémonie officielle de remise des prix au Pavillon Mies van der Rohe.

De mai à juin 2026, le programme Out&About offrira des visites, des rencontres et des expositions itinérantes afin de mieux faire découvrir les projets sélectionnés au public.

Les Prix EUmies sont organisés par la Fondation Mies van der Rohe et la Commission européenne dans le cadre du programme Europe créative, en collaboration avec le Conseil des architectes d’Europe et l’Association européenne pour l’enseignement de l’architecture.

I. B. (avec Ansamed).

L’article «Terre des puits» |  Projet de restauration de Bir Ettin à Kebili   est apparu en premier sur Kapitalis.

Polémique en Tunisie sur la natalité des migrants subsahariens

11. Januar 2026 um 12:48

En tenant des propos jugés racistes sur les migrants subsahariens en Tunisie dans le talkshow ‘‘Rendez-vous 9’’ de la chaîne privée Attessia, la journaliste Imen Jelassi ne croyait pas que ses propos allaient susciter une polémique sur les réseaux sociaux et l’indignation d’une partie de la société civile, remettant la migration irrégulière au cœur du débat national. (Ph. Camp de migrants subsahariens à El Amra, Sfax).

Latif Belhedi

Imen Jelassi a appelé, en toute crédulité, dans le cadre d’un débat sur l’immigration irrégulière, à «empêcher les femmes africaines [subsahariennes] d’accoucher en Tunisie», car en faisant beaucoup d’enfants, elles aggravent les problèmes économiques du pays, a-t-elle expliqué.  

Ces propos, relayés par les médias, ont provoqué une vague d’indignation, donnant lieu à des accusations de racisme et d’incitation à la discrimination.

Sur les réseaux sociaux, le médecin et activiste Abdelmajid Mselmi, le journaliste Fahem Boukadous et l’avocat Sami Ben Ghazi ont contesté la légitimité et la conformité éthique et juridique du sujet abordé à la télévision.

Rhétorique de la «menace démographique»

Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) est également intervenu dans le débat, dénonçant les propos d’Imen Jelassi comme «graves», «racistes» et s’inscrivant dans une tendance plus large à la banalisation des discours de haine. Dans une déclaration signée par son président Abderrahmane Hedhili, le Forum a également établi un lien entre la rhétorique de la «menace démographique » et des pratiques et politiques qui, selon lui, ont durci le regard public sur les migrations et légitimé des mesures punitives et discriminatoires. D’où l’appel à la responsabilité des institutions dans la lutte contre le racisme et la stigmatisation des migrants.

«Volant au secours» de la journaliste, des commentateurs  ont cru devoir rappeler que la politique de contrôle des naissances ou de planification familiale a été appliquée aux Tunisiennes dès le milieu des années 1960, afin d’éviter l’explosion démographique et que, dans ce même cadre, le droit à l’avortement a été accordée aux Tunisiennes dès cette époque et bien avant beaucoup d’Européennes. Il n’y a donc rien d’offensant dans les propos d’Imen Jelassi ont-ils affirmé.

D’autres commentateurs ont répliqué aux indignés par les propos de Mme Jelassi : «Et si des citoyens européens avaient tenu les mêmes propos que Mme Jelassi à l’égard des migrants irréguliers tunisiens en Europe, n’auraient-ils pas crié à la discrimination et au racisme ?»   

Sur le plan législatif, la contestation a porté sur la loi tunisienne contre la discrimination raciale : la loi n° 50 de 2018, qui prévoit des sanctions pour les comportements et les propos discriminatoires, ainsi que des mesures contre l’incitation à la haine. Ce texte est considéré comme une référence essentielle pour toute plainte relative à un contenu médiatique.

«Cette affaire met en lumière une fracture structurelle qui traverse désormais le débat tunisien sur les migrants, notamment subsahariens. D’un côté, les milieux et les acteurs proches du discours souverainiste et pro-présidentiel tendent à interpréter l’augmentation du nombre de migrants irréguliers comme un problème de sécurité et de ressources publiques, et réclament des rapatriements accélérés et des mesures plus sévères, parfois même soumises à référendum. De l’autre côté, les groupes d’opposition, les journalistes, les juristes et la société civile insistent sur le respect du droit, la proportionnalité et la protection de la dignité humaine, arguant que la gestion des migrations doit rester ancrée dans les normes et les accords, sans pour autant verser dans le contrôle physique ou la stigmatisation ethnique», analyse Paolo Paluzzi dans Ansamed.

Tensions sociales et théories du complot

Le confrère italien, dont le pays est confronté au même problème de la migration irrégulière, ajoute : «Le contexte politique actuel accentue la sensibilité de ce sujet. En février 2023, les déclarations du président Kaïs Saïd sur les migrants subsahariens, perçues par les observateurs internationaux et les médias comme un discours alimentant les tensions et les théories du complot, ont marqué un tournant dans le débat public et une polarisation accrue. Dans le même temps, les organisations de défense des droits humains ont décrit un durcissement des politiques migratoires et un climat plus hostile, avec des répercussions sur la sécurité des migrants et leur exposition à la violence et aux abus.»

Sur le terrain, en 2025, les autorités ont mené des opérations de démantèlement des campements informels de migrants dans la région de Sfax, notamment à El Amra et Jebeniana. Selon les forces de sécurité, ces opérations ont toujours respecté les droits humains, mais dans un contexte marqué par des tensions locales et des pressions visant à endiguer les départs vers le côtes italiennes. La Tunisie demeure un partenaire clé de l’Union européenne en matière de coopération migratoire, suite au mémorandum d’entente signé en juillet 2023. Ce mémorandum continue de faire l’objet d’interprétations divergentes entre partisans et détracteurs, notamment concernant l’équilibre entre contrôle des frontières, assistance et garanties des droits.

«Dans ce contexte, la controverse autour d’Attessia risque de se transformer en affaire politico-juridique : d’une part, les médias et les autorités de régulation sont soumis à une pression croissante pour clarifier les normes et les responsabilités ; d’autre part, la tentation est grande d’instrumentaliser la question sur le plan identitaire, dans un pays où la migration est devenue un enjeu crucial dans le débat entre le discours présidentiel et l’opposition», conclut Paolo Paluzzi. 

L’article Polémique en Tunisie sur la natalité des migrants subsahariens est apparu en premier sur Kapitalis.

❌
❌